histoire, Histoire de l'opéra

FAVART le chansonnier et l’opéra-comique

La tradition du chansonnier est fort ancienne en France. Sa première formalisation en est la fondation en 1730 du Caveau par PIRON et Crébillon fils. Leurs réunions bimensuelles étaient l’occasion de chanter et/ou de pratiquer l’épigramme. On trouve parmi les membres de ce cercle Jean-Philippe RAMEAU. La tradition du caveau se perpétue de nos jours avec le Caveau de la République, célèbre repère de chansonniers.

Un autre chansonnier célèbre est Charles-Simon FAVART (1710 – 1792). Favart a commencé très jeune une carrière de compositeur d’opéras-comiques, de vaudevilles ou de parodies. Écoutons-le dans une parodie d’Hippolyte et Aricie de Rameau.

Le genre opéra-comique date de 1714. En 1697, la Comédie-Italienne avait fermé sous la pression de la Comédie-Française, jalouse de cette concurrence. Les comédiens-italiens se sont alors installés sur les foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, au Théâtre de la Foire. On y donnait des pastiches, de l’italien pasticcio, c’est-à-dire des paroles nouvelles chantées sur des airs déjà connus. Mais la Comédie-Française, toujours soucieuse de défendre son privilège royal de spectacles dialogués, empêche les représentations parlées. De même, l’Académie royale de musique, qui avait le privilège royal pour la musique chantée, limite à deux le nombre de voix autorisées dans les spectacles. En 1714, le Théâtre de la Foire obtient le privilège de Louis XIV pour un nouveau genre : l’opéra-comique, qui alterne des parties parlées et des parties chantées, et le Théâtre de la Foire devient le Théâtre de l’Opéra-Comique. Malgré son nom, il n’est donc pas question d’humour dans l’opéra-comique.

Après une succession d’interdictions et de relances, l’institution reprend en 1752, et notre Favart devient codirecteur de l’Opéra-Comique. C’est en son honneur qu’aujourd’hui encore le Théâtre de l’Opéra-Comique porte le nom de Salle Favart.

Dès 1753, DAUVERGNE fait jouer un opéra-comique, la Coquette trompée, qui met en scène madame Favart.

Dauvergne la Coquette trompéeCliquez sur l’image

Notons que Madame Favart est également un opéra-comique d’OFFENBACH, qui sera représenté à… l’Opéra-Comique en juin 2019.

Offenbach Madame Favart OuvertureCliquez sur madame Favart

Arrivé là, ce billet devrait être terminé, mais pourquoi ce titre Favart le chansonnier ? En fait, vers 1750, Favart dirigeait la troupe de comédiens-chanteurs qui accompagnaient le Maréchal de Saxe en campagne. Et Favart était donc le Chansonnier du Maréchal. Q.E.D. On reste dans le vaudeville quand on sait que le Maréchal de Saxe ayant des vues sur madame Favart, le couple a dû s’enfuir !

Et pour en savoir plus sur Charles Favart, cliquez sur le lien.

Mes opéras préférés, Mythologie

TRISTAN UND ISOLDE, de WAGNER (1859)

Tristan und Isolde est le premier opéra que j’ai eu la chance de voir à Bayreuth, en 1986. La photo ci-dessus est une carte postale de cette représentation, qui reste pour moi un de ces moments magiques que l’on a parfois l’occasion de vivre dans une vie.

En 1854 WAGNER, qui vit en exil à Zurich après avoir fait le coup de poing sur les barricades avec BAKOUNINE en 1849, fait la connaissance du riche couple WESENDONCK. Très vite, une attirance mutuelle naîtra entre Richard Wagner et Mathilde Wesendonck, et Wagner devra s’éloigner de Zurich en 1858. De leur rencontre naîtront deux chefs d’œuvre, les Wesendonck Lieder (1857 – 1858), une mise en musique de poèmes de Mathilde par Richard, et Tristan und Isolde (1858 – 1859). Certains thèmes musicaux de la première œuvre se retrouvent dans la deuxième.

Il est difficile d’isoler tel ou tel air de la partition, l’opéra figurant un long poème musical continu, écrit par Wagner d’après une légende celtique bien connue. Citons toutefois les deux extrêmes de la partition: le prélude et la « mort d’Isolde ».

Wagner Tristan und Isolde préludeCliquez sur le prélude

L’opéra a été créé en 1865 à Munich, sous les auspices de Louis II de Bavière.

Acte I : La scène se passe sur le pont d’un navire qui conduit Isolde en Cornouailles où l’attend son fiancé le roi Marke. Entendant une chanson de marins qui lui rappelle sa destinée, elle veut mourir. Sa servante Brangäne ne réussit pas à la calmer. Isolde voit Tristan tenir le gouvernail du bateau et elle demande à Brangäne d’aller le chercher. Tristan refuse, son devoir étant de gouverner le bateau. Kurwenal, l’écuyer de Tristan chante une chanson cornouaillaise rappelant le combat où Tristan a tué Morold, le fiancé d’Isolde. En entendant ce chant, le désespoir d’Isolde éclate et elle raconte à Brangäne comment peu après la mort de Morold, elle  a soigné un chevalier blessé qui s’est avéré être l’assassin de son fiancé. Elle a voulu le tuer, mais quand leurs regards se sont croisés, elle n’a pu achever son geste. Cet homme qu’elle a soigné et guéri a arrangé pour elle un mariage avec son maître, le roi Marke. Isolde demande à Brangäne un filtre de mort pour elle et Tristan. Quand le bateau arrive, Tristan se présente à Isolde pour la mener auprès du roi. Isolde lui tend la coupe de la réconciliation, mais Brangäne a substitué au philtre de mort un philtre d’amour. Quand Tristan commence à boire, Isolde lui arrache la coupe, pour mourir avec lui. Les deux héros se regardent, éperdus, ils ont changé de monde !

Le chœur des matelots chante son salut au roi Marke.

Acte II : Dans son jardin, Isolde attend la nuit. On entend au loin des trompes de chasse qui s’éloignent. Isolde demande à Brangäne d’éteindre la torche qui les éclaire. C’est un signal pour Tristan. Commence alors un (très) long duo d’amour, d’abord sur le thème du jour maudit et de la nuit bénie. Ils entonnent l’hymne « Descends sur nous, nuit de l’amour »  (« Sink hernieder, Nacht der Liebe ») où les deux voix se mêlent.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Cliquez sur Tristan und Isolde

Du haut d’une tour, Brangäne qui surveille leur lance un avertissement. Le duo continue, évolue et l’amour de passion devient mystique. Maintenant, les deux amants veulent s’unir dans la mort. Brangäne lance un autre avertissement, le jour se lève, il faut finir, mais les deux amants continuent leur duo extatique. Soudain, la scène est envahie par des chasseurs conduits par Melot. Marke est avec eux. Il chante une longue plainte sur la trahison de Tristan. Tristan se tourne vers Isolde, le suivra-t-elle vers le pays obscur ? Isolde est prête à le suivre n’importe où. Tristan et Melot se battent en duel, et Tristan s’effondre au sol. Isolde se précipite sur lui. La nuit cède la place au jour.

Acte III : Tristan est étendu, blessé, dans son château. Kurwenal veille sur lui. On entend la plainte du chalumeau (un instrument à vent) d’un pâtre, qui veille avec Kurwenal. Ils guettent une voile sur l’océan, celle du bateau qui doit conduire Isolde auprès de Tristan. Tristan se réveille et délire. Soudain le chalumeau se fait joyeux, un navire arrive. Tristan se lève et va à la rencontre d’Isolde. Elle se précipite vers lui, mais il meurt dans ses bras. Un deuxième bateau arrive. C’est celui du roi Marke, à qui Brangäne  a expliqué l’interversion des philtres, et qui vient unir les deux amants. Kurwenal et Melot se battent et meurent. Le silence se fait quand soudain Isolde ouvre les yeux. Son chant s’élève, c’est la célèbre mort d’Isolde qui git sur le corps de Tristan, morte d’extase, morte d’amour, morte de fidélité.

Wagner Tristan und Isolde mort d'Isolde (Norman)Cliquez sur Isolde

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut ranger Tristan un Isolde dans la catégorie (T+S)/B.

Animation 1

Walt DISNEY (1901-1966)

Walt DISNEY and classical music.

Après le studio Ghibli, et avant l’univers de Tex AVERY, je vais vous parler aujourd’hui de Walt DISNEY. Disney est connu pour son apport majeur au dessin animé. (Il est aussi l’inventeur du parc à thème). Il crée ses premiers dessins animés au début des années 20, et en 1928, le personnage de Mickey. En 1929, il lance les Silly Symphonies, des dessins animés sur un thème musical. En 1937, il produit le premier dessin animé long métrage, Blanche Neige (le premier long métrage d’animation est dû à Lotte REINIGER).

L’univers créé par Walt Disney contient de nombreuses références au monde de l’opéra (et de la danse).

Dès 1936, Disney avait mis en musique l’univers de l’opéra avec le cartoon Mickey’s Grand Opera.

mickey's grand opera

Ne cliquez pas sur l’image

En 1940, il sort Fantasia, soit une suite d’adaptations en dessin animé de morceaux classiques (il a fait une suite en 2000 avec Fantasia 2000. Dans Fantasia, on peut voir Mickey serrer la main du chef d’orchestre Léopold Stokowski et on trouve une version complètement allumée de la danse des heures, ballet extrait de La Gioconda de Ponchielli,

Ponchielli ma Gioconda Danse des heures Fantasia

et une très belle version de La nuit sur le Mont chauve de Moussorgski, ainsi que Casse-Noisette de Tchaïkovski. Il y a aussi Mickey en Apprenti sorcier, d’après Paul Dukas.

En 1946, il adapte Pierre et le Loup, de Prokofiev.

Prokofiev Pierre et le loup Disney

Cliquez sur l’image

En 1948, dans Melody Time, il nous offre une interprétation très personnelle du Vol du bourdon de Rimsky-Korsakov.

Dans Les Aristochats (1970), long métrage qui se passe en France, un des jeunes chatons s’appelle Berlioz, en hommage à l’ami Hector.

Disney les Aristochats

Tchaïkovski a encore été mis en image par les studios Disney, avec La Belle au bois dormant (1959).

Et je peux rappeler ici la version Disney du Fantôme de l’opéra, de Gaston Leroux.

Le sujet de La petite Sirène (1990), d’après le conte d’Andersen se trouve assez proche de celui de Rusalka, le génial (et méconnu) opéra de Dvorak, dont le livret combine les thèmes de l’Ondine d’E.T.A. Hoffmann et du conte d’Andersen.

À propos de son dessin animé la Reine des neiges (2013) et son tube Libérée, délivrée. Il convient de ne pas le confondre avec la Fille de neige (Snegourotchka), de Rimsky-Korsakov, moins connu, mais très bien aussi !

Enfin, Disney a servi de héros à Philip Glass, qui raconte ses derniers jours dans l’opéra The perfect american (2012).

Compositeurs

Jean-Philippe RAMEAU (1683 – 1764)

Compositeur majeur du XVIIIe siècle, RAMEAU est né à Dijon le 25 septembre 1683 (pour mémoire, LULLY est mort en 1687).

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Le petit Jean-Philippe apprend très tôt la musique et, comme pour MOZART, on a dit de lui qu’il a appris ses notes avant ses lettres.

À 18 ans, il part pour l’Italie et s’arrête à Milan où il travaille dans un théâtre. Suivent quelques années d’errance entre Clermont et Paris. Il est organiste et écrit pour le clavier (clavecin et orgue). C’est de ses années que datent ses œuvres religieuses que sont les Grands Motets.

Rameau In ConvertendoCliquez sur l’image

En parallèle, Rameau rédige des ouvrages théoriques sur la musique, où il fixe les bases du système harmonique. Le succès de son Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels le ramène à Paris, où il écrit des airs pour le théâtre de la foire. Il fait partie de la société du Caveau, le repère des chansonniers, pour lesquels il aurait écrit le canon Frère Jacques.

En 1731, il rencontre Le RICHE de la POUPLINIERE, qui deviendra son mécène, et dont il dirigera l’orchestre pendant 20 ans. Il a alors l’occasion de côtoyer DIDEROT, D’ALEMBERT et VOLTAIRE, et aussi JJ.ROUSSEAU. En 1733, il écrit un premier opéra, Samson, sur un livret de Voltaire. Censurée, cette œuvre ne sera jamais représentée. La même année, il écrit Hippolyte & Aricie, qui délivre enfin le drame lyrique français du cadre rigide laissé par Lully derrière lui.

Rameau Hippolyte et Aricie Temple sacréCliquez sur l’image

La création de cet ouvrage engendre une première querelle, celle des lullystes et des ramistes (aujourd’hui, on dirait des anciens et des modernes). Dans les années qui suivent, il écrit l’opéra-ballet Les Indes galantes (1735), Castor et Pollux (1737) et Dardanus (1739).

rameau indes galantesCliquez sur l’image

Sa nomination comme compositeur de la musique du roi correspond à de nouvelles productions: La Princesse de Navarre (1745), Platée (1745), Pygmalion (1748), Zoroastre (1749).

rameau folieCliquez sur l’image

Ces opéras vont engendrer une deuxième querelle, la querelle des bouffons. Déclenchée à l’occasion d’une représentation de La Servante maîtresse de l’italien PERGOLÈSE en 1752, elle opposa les partisans du drame lyrique français, respectueux de l’harmonie chère à Rameau et ceux de l’opéra bouffe italien, valorisant la mélodie. Elle fut alimentée par Rousseau, lui-même auteur de l’opéra Le Devin du village (1752) et qui n’avait pas apprécié les critiques assassines de Rameau. Il décréta que le français n’était pas une langue faite pour être chantée, à l’inverse de l’italien. La querelle des bouffons marque la limite entre l’opéra baroque et l’opéra classique.

JJ.ROUSSEAUCliquez sur JJ.Rousseau

Fréquentant les encyclopédistes, Rameau développe sa théorie de la musique avec le soutien de Diderot et d’Alembert. Suite à la publication en 1754 de ses Observations sur notre instinct pour la musique commence une troisième querelle, celle des encyclopédistes. Le personnage querelleur de Rameau a été moqué par Diderot dans son roman Le Neveu de Rameau.

Le génie créateur de Rameau ne tarit pas et il écrit encore Les Paladins (1760), d’après un conte de la FONTAINE, et Les Boréades (1763). Rameau meurt à Paris d’une fièvre putride juste avant les répétitions des Boréades, le 12 septembre 1764.

Liste des opéras de Rameau :

Samson (1733)

Hippolyte et Aricie (1733)

Les Indes galantes (1735)

Castor et Pollux (1737)

Dardanus (1739)

La Princesse de Navarre (1745)

Platée (1745)

Pygmalion (1745)

Zoroastre (1749)

Les Paladins (1760)

Les Boréades (1763)

Écrivains, littérature, Oulipo

LA VIE MODE D’EMPLOI (Georges PEREC – 2)

Georges PEREC : Life, a user’s manual.

Après La Disparition, je vais vous parler de La Vie mode d’emploi, un des romans les plus connus de Georges PEREC écrit en 1978. Ce roman oulipien est bâti sur plusieurs contraintes. Il se passe dans un immeuble découpé en 100 pièces (10 étages comportant 10 pièces chacun), et chaque chapitre décrit ce qui se passe dans une des pièces. On passe d’un chapitre au suivant, donc d’une pièce à la suivante, selon le déplacement d’un cavalier qui se déplacerait sur un échiquier 10×10 (un damier, quoi !) sans passer deux fois sur la même case. À chaque case, donc dans chaque pièce, un bi-carré latin d’ordre 10 permet d’associer deux termes pris dans deux listes de dix, termes que l’on retrouve donc régulièrement en suivant le parcours du roman.

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Parmi les fantaisies que l’on peut croiser dans ce roman, j’aime particulièrement l’explication apportée par Perec pour justifier qu’il n’y a que 99 chapitres, et non 100. En effet, le chapitre manquant se trouve dans un coin de l’immeuble, et comme dans le chapitre précédent, il y a une petite fille qui mange un petit LU, elle a commencé, comme le font tous les enfants, par en manger un coin, d’où la disparition du chapitre !

Un certain nombre d’opéras sont cités par Perec dans La Vie mode d’emploi, notamment le Rake’s Progress de STRAVINSKY,

Stravinsky The rake's progressCliquez sur l’image

l’Enfant et les sortilèges de RAVEL (la version que je vous propose ici vaut vraiment le clic!, voir notamment l’arithmétique à 3min20 et le duo des chats à 6min20),

Ravel Enfant et Sortilège tiquetiquetiqueCliquez sur l’arithmétique

l’Enlèvement au sérail de MOZART ou le Coq d’or de RIMSKI-KORSAKOV, ainsi que d’autres moins connus, voire inventés, tels que Assuérus de MONPOU (Hippolyte, pas Federico), ou Orlando d’ARCONATI (compositeur fictif emprunté à Jules VERNE).

Retrouvez sur ce blog Je me souviens (Georges — Perec 3) et ne manquez pas le billet sur Cantatrix Sopranica L. 

Il y aura aussi les Vœux de Perec à ses amis, dont une série a été consacrée à la musique. C’est comme d’habitude érudit et à mourir de rire.

 

 

2 - Liste des compositeurs, Compositeurs, Compositrices

COMPOSITEURS ET COMPOSITRICES

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les billets enregistrés dans la catégorie « Compositeurs », destiné à vous faciliter la recherche par thème.

image-hildegarde-von-bingen

Monteverdi par Adrian

Heinrich Schütz

francesca-caccini-par-adrian

barbara-strozzi

lully

Purcell

image Jacquet de la Guerre
Vivaldo
Rameau

haendel

Image Nicola Porpora

Image Galuppi

gluck image

image Haydn

image Jean-Chrétien Bach

Statue de Grétry à Liège

Chevalier de Saint-Georges portrait

Salieri la Locandiera

arnoldo-poivrieri-petit-format

Mozart par Adrian

mecc81hul-par-adrian
Beethoven

boieldieu

DFE Auber

Weber portrait

Meyerbeer

rossini
Schubert image
Donizetti

Bellini

berlioz

Glinka

image Louise Farrenc

Louise BERTIN

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Felix Mendelssohn par Adrian

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liszt

ambroise thomas

wagner

Verdi par Adrian

Gounod

offenbach

Clara Schumann Adrian Mercure 2021

image César Franck

lalo-portrait

VIARDOT

Smetana par Adrian

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borodine-par-adrian

Brahms Fest und Gedenkspruche opus 109

Camille Saint-Saëns

bizet

Moussorgski

tchaikovsky

tchaikovsky le retour

DVORAK

massenet

Grieg

Rimski-Korsakov
Fauré

Image Augusta Holmès

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janacek

Mel Bonis par Adrian

image Ethel Smyth

Puccini

image Boïto

debussy-par-adrian

Richard Strauss portrait

image Dukas

image Erik Satie

image Roussel

rachmaninov

Ravel

image De Falla

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Stravinsky

Berg portrait

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Prokofiev

image Tailleferre

Lili Boulanger

Gershwin

Francis POULENC

image olivier Messiaen

Britten

bernstein-young-peoples-concert-the-anatomy-of-a-symphony-orchestra

bartok-musqiue-pour-cordes-percussions-et-celesta

Image Jolas

image Aboulker

image Claire Renard

image Saariaho

image Louati

image Camille Pépin,

1 - Mes opéras préférés

MES OPÉRAS PRÉFÉRÉS

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les billets enregistrés dans la catégorie « Mes opéras préférés ». Vous trouverez deux autres méta-billets consacrés aux compositeurs et aux écrivains.

This is not a post, it is a meta-post which is the summary of the posts written in the category « My favourite operas » (with links).

monteverdi

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse in patria prologue

monteverdi couronnement de Poppée Sénèque

Lully Atys prélude

Lully Armide le perfide Renaud me fuit

Charpentier David et Jonathas Retirez-vous affreux tonnerre

Malena Ernman

affiche roi Arthur 5

charpentier-medee-acte-iv-noires-divinites

  • LE CARNAVAL DE VENISE, de CAMPRA (1699) (à venir)
  • JULES CÉSAR EN ÉGYPTE  (GIULIO CESARE IN EGITTO), de HAENDEL (1724)
Haendel Jules Va tacito e nascoto

Vivaldi Orlando furioso Sol da te Jaroussky

Rameau Hippolyte et Aricie Temple sacré

Pergolèse la Servante maîtresse Ah, quanto mi sta male et Son imbrogliato io

Vivaldi l'Olimpiade Gemo in un punto e fremo

Affiche Polifemo

Haendel Alcina Si son quella

indes galantes 2

Rameau Castor et Pollux Que tout gémisse

Haendel Sémélé O sleep, why dost thou leave me

Haendel Hercules Ye sons of Trachin, mourn you valiant chief

Rameau Platée air de la Folie

Rameau Zoroastre acte II

Rameau les Paladins Esclave contentez mes désirs curieux

Rameau les Boréades

Gluck Orphée et Eurydice Che faro senza Euridice

Gluck Alceste Dieux, rendez-nous notre roi

saluts-2024-02-04-zemire-et-azor

Gluck Armide Venz, venez, haine implacable

Gluck Iphigénie en Tauride O malheureuse Iphigénie

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sento

Mozart l'Enlèvement au sérail Ach, Belmonte ! Ach, mein Leben !

mozart

Don Giovanni

Mozart Cosi very final

Mozart_magic_flute

Beethoven Fidélio O welche Lust

joseph laurence dale

Rossini l'Italienne à Alger Septuor de la fin du 1er acte

rossini-il-turco-in-italia-bella-italia-alfin-ti-miro

Rossini La Donna del lago final acte 1 Quanto a quest'alma amante

Weber Freischutz Acte II duo Schelm, halt fest

rossini una voce poco fa

Rossini la Cenerentola Questo è un nodo avviluppato

Schubert Fierrabras final

Rossini Guillaume Tell Ouverture par Disney

Bellini la Sonnambula Ah non credea mirarti

Bellini norma Meco all'altar di Venere

l'élixir d'amour

bellini-beatrice-di-tenda-choeur-duo-agnese-orombello

Auber Gustave III Acye IV quintette

Donizetti Maria Stuarda Quando di luce rosea

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono

Meyerbeer les huguenots Septuor du duel

bertin-esmeralda-actes-i-et-ii

Donizetti La Fille du régiment pour mon âme quel destin

Verdi Nabucco Mio furor, non pi costretto

Wagner Vaissau fantôme ouverture

Donizetti Don Pasquale (Pretty Yende)
Wagner Lohengrin duo Elsa Ortrud Acte II

Wagner Tannhaüser marche 2e acte

la damnation de Faust

Verdi Macbeth La luce langue

Verdi Rigoletto Mio Padre Tutte le feste
le trouvère
astérix et la traviata 2

Wagner Rheingold prélude Boulez

Gounod la nonne sanglante Acte II Voici l'heure... du seigneur pâle fiancé

walkyries

Wagner siegfried tue le dragon

Verdi Simon Boccanegra Plebe ! Patrizi !

Offenbach Orphée aux enfers Moi, je suis Aristée
tristan und isolde
castafiore

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser Walther acte I

Verdi La forza Acte IV Pace, pace, mio dio

Bizet Les Pêcheurs de perles Je frémis, je chancelle

Offenbach la belle Hélène On me nomme Hélène la blonde

Gounod Roméo et Juliette Salut tombeau sombre

offenbach-la-perichole-couplets-de-lincognito

Thomas Hamlet Des larmes de la nuit

boris godounov

aida illustr 2

Moussorgski la Khovantchina Danses persanes

Wagner Crépuscule des dieux fin du final

Strauss J Fledermaus O Fledermaus (final)

carmen rosi

Saint-Saens Samson et Dalila bacchanale

Eugène Onéguine

Wagner Parsifal Prélude acte I

contes d'hoffmann olympia

massenet manon je suis encore tout étourdie

otello nun mi tema

werther

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennes

dame de pique comtesse

Mascagni Cavalleria rusticana O Lola ch'ai di latti la cammisa

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) No, pagliaccio non son

Verdi Falstaff final

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta Vaudémont

Janacek Jenufa Zdravas kralovno (Ave Maria)

Debussy Pelléas mes longs cheveux descendent Mary Garden

Puccini La Bohème Donde lieta usci

Massenet Cendrillon (MET 2018)

Puccini Tosca Vissi d'arte

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Acte III scène 2 Merci Tsar Saltan

rusalka

Cilea Adriana Lecouvreur

Puccini Butterfly Con onor muore

strauss-salome-danse-des-7-voiles

Strauss Elektra Allein

Lehar La Veuve joyeuse Les p'tites femmes frivoles

Dukas Ariane et Barbe-Bleue Acte I prélude, l'avez-vous vue dans son carosse

puccini-la-fanciulla-del-west-duo-damour-du-2e-acte

massenet-don-quichotte-acte-v

strauss act II mir ist die Ehre widerfahren

Berg Wozzeck Act III scene 5
Bartok le château de Barbe-bleue la cinquième porte

Janacek Katia Kabanova Final

Puccini Turandot In questa reggia (MET 2016)

Prokofiev 3 oranges creonte

Zemlinsky Der Zwerg Lied von der blutenden Orange

Janacek la petite renarde rusée Acte III final

Janacek l'Affaire Makropoulos Acte III Vsecko vam povim... Citila jsem...

Lehar Le pays du sourire Dans l'ombre balnche des pommiers en fleurs

Janacek De la maison des morts fin acte I

Chostakovitch le Nez Acte III scène 2

Berg Lulu Final

Enesco Oedipe Acte I

Chostakovitch lady Macbeth acte II

Gershwin Porgy and Bess Summertime

Strauss Capriccio Scène finale

Britten Peter Grimes Now the great bear

britten-le-viol-de-lucrece-prologue

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Non monsieur mon mari

Poulenc Dialogue des Carmélites MET

Britten Gloriana Acte I scène I (fin)

the turn of the screw

affiche West Side Story

Britten A Misummer night's dream How now my love

The Who Tommy Overture

Britten Death in Venice jeux sur la plage
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Pink Floyd The Wall Thin Ice

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Adams Nixon in china The People are the Heroes now

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Hersant Les Éclairs Bande annonce

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de Lille
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Waksman Protonic Games

histoire, Mes opéras préférés, Mythologie

KING ARTHUR, de PURCELL (1691)

Dans l’arbre phylogénétique de l’opéra, les œuvres de PURCELL occupent un rameau à part. En effet, King Arthur est un semi-opéra, un genre qui dérive du masque de cour élisabéthain, qui consistait à donner des représentations chantées et dansées par les nobles de la cour de la reine Élisabeth 1re, environ un siècle avant Purcell. Les héros ne chantent pas eux-mêmes, ce sont plutôt des génies ou des divinités qui chantent, soutenus par un chœur omniprésent.

Pour avoir chanté King Arthur il n’y a guère, et dans de très bonnes conditions artistiques, je peux affirmer que c’est un vrai bonheur pour un choriste que de chanter cette œuvre (voir l’affiche du concert en tête de ce billet).

King Arthur, donc, a été créé en 1691, deux ans après Didon et Enée et ressort de l’épopée arthurienne.

Acte I : L’armée saxonne offre à ses dieux, Wotan et Freïa, un sacrifice avant la bataille. Mais alors que les saxons se livrent à une beuverie, les bretons les provoquent avec un Come if you dare (Viens si tu l’oses en français).

purcell king arthur come if you dareCliquez sur l’image

Acte II : Le roi Arthur et ses troupes poursuivent les saxons. À une croisée de chemins, ils doivent choisir entre les indications de Philidel, qui les mèneraient en lieu sûr, et celles de Grimbold, qui les perdraient dans les marécages. Ils font le bon choix, et la musique s’adoucit (We brethren of air).

Les villageois donnent une fête pour distraire Emmeline, la fiancée d’Arthur (ensemble et chœur : How blest are shepherds).

Acte III : Le génie du froid veut geler les hommes (célébrissime Cold Song: What power art thou), mais Cupidon fait de la résistance et réclame que son empire règne sur tous les cœurs.

purcell king arthur cold song nomiCliquez sur Klaus NOMI

Acte IV : Un duo de sirènes cherche à vamper Arthur, suivi d’un magnifique air célébrant les délices suprêmes de l’amour (How happy the lover). Alors qu’aucun mortel ne peut résister au chant des sirènes, Arthur résiste.

Purcell King Arthur How happy the loversCliquez sur l’image

Acte V : L’enchanteur Merlin invoque Éole. Le dieu du vent calme la mer déchaînée tandis qu’une île surgit des flots, où trône Britannia.

Un chœur exalte la pêche et l’agriculture, sources de richesses dans un pays enfin pacifié (Round thy coasts).

Enfin, Vénus arrive qui personnifie la beauté parfaite de l’Angleterre (Fairest Isle).

Purcell King Arthue Fairest IsleCliquez sur l’image

Divers, Fantaisie, littérature, Shakespeare, Théâtre

LA VIE EST UN SONGE…

… nous apprenait CALDERON en 1635.

« Life is a dream » told us Calderon in 1635.

a midsummer night dream                                                                          source

Sans surprise, songes et rêves ont inspiré les compositeurs, à commencer par la comédie Le Songe d’une nuit d’été (1595) de SHAKESPEARE, adaptée ou mise en musique par PURCELL (The fairy Queen – 1692), WEBER (Oberon – 1826), Ambroise THOMAS (1850) ou BRITTEN (1960).

A l’époque baroque, on trouve de beaux airs de songe, notamment dans Atys (1676) de LULLY, avec sa belle scène du sommeil. Les songes funestes viennent ensuite le prévenir de ne pas mépriser l’amour de Cybèle.

lully atysCliquez sur l’image

Dans Les Boréades (1763) de RAMEAU, l’héroïne Alphise a fait un songe où le dieu Borée détruisait son royaume. Elle évoque ce rêve dans l’air Songe affreux, image cruelle.

Le XIXe siècle n’est pas avare en songes et en rêves, à commencer par le Freischütz (1821) de WEBER, où Agathe au début de l’acte III chante un rêve funeste qu’elle a eu.

weber fresischutz cavatine d'agatheCliquez sur Agathe

Dix ans après, dans Norma de BELLINI, le général romain Pollione raconte son rêve: son amour à Rome avec sa nouvelle maîtresse était brisé par Norma, son ancienne maîtresse.

En 1864, dans La belle Hélène, OFFENBACH fait chanter Hélène et Pâris qui l’a rejointe dans sa chambre, alors qu’Hélène croit rêver.

offenbach belle helene ce n'est qu'un reveCliquez sur l’image

Et en 1867, dans Roméo et Juliette, GOUNOD fait chanter à Mercutio, l’ami de Roméo l’air de la reine Mab (la reine des songes est la reine des mensonges). Peu après, c’est au tour de Juliette de déclarer vouloir profiter de sa liberté avant ses fiançailles (Je veux vivre dans ce rêve).

Gounod Roméo et Juliette je veux vivre dans ce rêveCliquez sur Juliette

Écrivains, littérature, Oulipo

LA DISPARITION (Georges PEREC – 1)

La Disparition (1969) est un roman oulipien écrit par G.org.s P.R.C qui réussit le tour de force d’écrire un roman en français de plus de 300 pages sans utiliser la lettre E, qui est pourtant la lettre la plus courante en français.

Rappelons que l’OULIPO (OUvroir de LIttérature POtentielle) est une société regroupant gens de lettres et/ou scientifiques dans le but de produire de la littérature sous contrainte. Dans le cas de la Disparition, la contrainte est donc de ne pas faire apparaître de E, mais une deuxième contrainte oulipienne veut que le texte produit cite la contrainte. Ainsi toute la disparition n’est qu’une longue enquête visant à trouver « quelque chose » qui manque, ce quelque chose pouvant être, par exemple, le cinquième volume dans une série de vingt-six.

Perec qui semblait s’y connaître en musique nous régale donc avec des :

  • Stich-Randall chantait un air d’Aïda.
  • Haig chanta d’abord « Unto us a child is born ».
  • Fricsay l’initia au plain chant, Solti au canon, Von Karajan au tutti, Krips à l’unisson. Sir Adrian Boult assista à l’audition.
  • Douglas Haig, baryton, chantait Don Giovanni (dirigé par Karl Böhm).
  • Il chantait dans Don Juan la partition du commandant.
  • Un ocarina jouant l’Or du Rhin.
  • Haig s’aussitôt livra à sa passion du chant, trouvant dans MOZART, dans BACH, dans SCHUMANN ou dans FRANCK moult satisfactions.

Décryptage :

Theresa Stich-Randall (1927 – 2007) était une soprano américaine extrêmement célèbre à l’époque de La Disparition. Elle s’est illustrée dans les grands rôles mozartiens. Je vous propose de l’écouter chanter Aïda sous la direction de Toscanini (document rare) en 1947.

Verdi Aïda ToscaniniCliquez sur Toscanini

Unto us a child is born (Pour nous un enfant est né) est tiré de l’oratorio Le Messie de Haendel.

Haendel Messie For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Ferenc Fricsay, Sir Georg Solti, Herbert von Karajan, Joseph Krips et sir Adrian Boult étaient des chefs d’orchestre.

Don Giovanni (ou Don Juan en français) est un opéra de MOZART d’après l’œuvre de Molière. Par la partition du « commandant » il faut comprendre le « commandeur ». Perec cite également « l’uomo di marbro », ou « l’uomo bianco », (l’homme de marbre, l’homme blanc) qui sont deux noms que Leporello, le valet de Don Juan, donne à la statue du commandeur venue chercher Don Giovanni pour le conduire en enfer. Et puisque j’ai mis Toscanini pour Aïda, soyons fous et mettons Furtwängler pour Don Giovanni.

Mozart Don Giovanni commandeur furtwanglerCliquez sur Don Giovanni et le commandeur

L’Or du Rhin (Rheingold) est le titre du prologue de l’Anneau du Nibelung de WAGNER, et l’ocarina est un instrument à vent très ancien, une sorte de flûte ovoïde. Les amateurs de jeux vidéos se souviennent certainement d’un des meilleurs Zelda: Ocarina of time.

Wagner Rheingold débutCliquez sur l’image

Quant à Schumann, s’il ne cite pas une œuvre en particulier, il me plaît d’imaginer qu’il s’agit de son opéra Genoveva, qu’il aurait pu écrire Gainofaifa (ou Guaino fait Fa) ! Peut-être saurez-vous écrire Genoveva sans E : à vos commentaires !

Et si vous avez aimé cet article, ne manquez pas sur ce blog :

La Vie mode d’emploi (Georges Perec — 2) et Je me souviens (Georges Perec — 3) et Cantatrix sopranica L. (Georges Perec — 4).