Compositeurs, Compositrices

LILI BOULANGER (1893 – 1918)

Triste destin que celui de Lili BOULANGER, morte à 24 ans alors que commençait pour elle une carrière qui l’aurait placée aux premiers rangs des compositeurs et compositrices du XXe siècle. En effet, elle est atteinte très jeune d’une maladie des poumons qui la laissera toujours faible et l’emportera à l’âge de 24 ans.

Née à Paris en 1893 dans une famille d’artistes, son père était professeur au Conservatoire de Paris et sa mère cantatrice, elle grandit naturellement dans un milieu musical où figurent GOUNOD, MASSENET ou FAURÉ. Sa sœur aînée est Nadia BOULANGER, également compositrice et surtout extraordinaire pédagogue de la musique, qui a vu passer dans sa classe tout ce que le monde a pu connaître comme compositeurs pendant quelques décennies !

À six ans, Lili sait lire les partitions et commence à apprendre l’harmonie. Polyinstrumentiste, elle apprend le piano, le violon, le violoncelle et la harpe, tout en commençant à écrire quelques pièces musicales.

À seize ans, elle choisit sa voie, elle sera compositrice.

À dix-neuf ans, elle remporte le Grand Prix de Rome, devenant la première femme à remporter ce prestigieux prix, et la plus jeune lauréate. Son sujet : une cantate sur le second livre de Faust de GOETHE, Faust et Hélène. (Et encore, elle a dû renoncer à concourir l’année précédente, à cause de son état de santé !)

Lili Boulanger Faust et HélèneCliquez sur l’image

Elle part donc à la villa Médicis début 1914, mais n’y restera pas les trois ans « réglementaires » de sa résidence d’artiste. Malade, elle rentre en France en 1916.

Au cours de sa brève carrière, elle écrira des pièces pour piano,

Lili Boulanger pianoCliquez sur le pianiste

de la musique chorale et des cantates,

Lili Boulanger Du Fond de l'abîme (psaume 130)Cliquez sur l’image

des mélodies,

Lili boulanger Reflets (mélodie)Cliquez sur l’image

de la musique de chambre,

Lili Boulanger Nocturne violon pianoCliquez sur le nocturne pour violon et piano

et laissera inachevé un opéra, la Princesse Maleine, d’après l’œuvre de MAETERLICNK.

En 1918, elle dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre à sa sœur Nadia : Pie Jesu. Elle meurt quelques jours avant Claude DEBUSSY.

Lili Boulanger Pie JesuCliquez sur le Pie Jesu

Retrouvez un autre article où je vous ai présenté de la musique composée par Lili Boulanger.

Ondines et naïades.

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017)

Retrouvez d’autres compositeurs (et bientôt d’autres compositrices) chroniqués sur ce blog.

 

Compositrices, Fantaisie, Oulipo

QUELQUES AUTRES HAÏKAÏS (3e SÉRIE)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Voici donc une troisième livraison de haïkaïs, dont certains écrits par vous (merci, merci, merci.)

Sur un haïkaï de John DUFF

Dans cet air très beau

Pretty s’est mise à chanter

Elle m’a fait pleurer

Verdi la Traviata Pretty Yende

Sur un haïkaï, en anagramme de confinement, réalisé dans le cadre du challenge #haikuchallenge

Ce confit ne ment

Et finement ne t’enfonce

En ce net moment

Alfano Cyrano (avec Placide Domingue)Cliquez sur l’image

Sur un hommage à JANKÉLÉVITCH

FAURÉ – DEBUSSY

Wladimir Jankélévitch

RIMSKI-KORSAKOV

Fauré Après un rêve

Sur un haïkaï de Marie-Anne

Vaisselle en musique

Concerto pour violon et

Torchon à carreaux

Beethoven concerto pour violon 3e mvtCliquez sur l’image

Sur une proposition de Philippe :

Chant de la sirène

Sur la plage désertée

Elle attend l’été

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Luciole

Beauté de Psyché

Cupidon est en émoi

Décoche une flèche

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Citations :
Concerto pour violon : Troisième mouvement du concerto pour violon de BEETHOVEN. (Pour ce mouvement, Beethoven a repris un chant révolutionnaire français, « Mieux vaut la mort que l’esclavage, c’est la devise des français ».)
Pretty s’est mise à chanter : La soprano Pretty YENDE s’est récemment illustrée dans la Traviata de VERDI. (Vous pourrez voir sa Traviata samedi 9 mai sur la 5.)
Ce confit ne ment : Pour illustrer cette terre du confit (d’oie ou de canard), j’ai choisi Cyrano de Bergerac de Franco ALFANO (celui-là même qui a achevé la partition de Turandot de PUCCINI.)
Fauré : Laissons-nous emporter par sa mélodie « Après un rêve ».
Chant de la sirène : Pour illustrer ce chant de la sirène, j’ai choisi « les Sirènes », une pièce de Lili BOULANGER, grande compositrice morte trop jeune.
Psyché : Je vous propose d’écouter un extrait de Psyché, de LULLY.
Retrouvez d’autre haïkaïs en cliquant sur le lien.
bande dessinée, Compositrices, Grandes maisons d'Opéra, littérature, Oulipo

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – semaine du 4 au 10 mai

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 4 au 10 mai 2020.

Au sommaire quelques classiques, de Don Giovanni de MOZART à La Bohème de PUCCINI, mais aussi un opéra contemporain avec L’Amour de loin, de la compositrice finlandaise Kaija SAARIAHO sur un livret d’Amin MAALOUF, et une rareté : Hamlet d’Ambroise THOMAS.

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 4 Mai Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Les Noces de Figaro Sull aria

 

Mardi 5 Mai Thomas Hamlet

HAMLET 1600x685.jpg

Mercredi 6 mai Kaija Saariaho L’Amour de Loin.

 

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Jeudi 7 mai STRAUSS Capriccio

 

Strauss Cappriccio METCliquez sur l’image

Vendredi 8 mai Puccini La Bohème

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur l’image

Samedi 9 mai un documentaire sur l’histoire du MET.

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Dimanche 10 mai deux opéras véristes MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

 

Leoncavallo Pagliacci METCliquez sur l’image

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans mentionner la passionnante étude de Georges PEREC consacrée à Marcel GOTLIB, parue dans Cantatrix Sopranica sous le titre  « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Compositeurs, littérature, Mallarmé

Maurice RAVEL (1875 – 1937)

Maurice RAVEL est né à Ciboure, dans les Pyrénées, en 1875 (quatre jours après la création de Carmen.)

Sa famille s’installe à Paris alors qu’il est âgé de 3 mois. Il entre au Conservatoire à l’âge de 14 ans. Un peu plus tard, il a FAURÉ comme professeur de composition, avec qui il se lie d’amitié. Fauré le défendra face au scandale causé par les échecs répétés de Ravel au grand Prix de Rome.

Pianiste, et orchestrateur raffiné, on le range à côté de DEBUSSY parmi les musiciens « impressionnistes », et ce dès 1901 avec ses Jeux d’eau, pour piano.

Ravel Jeux d'eau

Sa production de mélodies s’étale sur toute sa carrière, avec Schéhérazade (1903), sur des poèmes de Tristan KLINGSOR, les Histoires naturelles (1906), d’après Jules RENARD, les trois Poëmes de Stéphane Mallarmé (1913), les deux mélodies hébraïques (1914), les 3 chansons madécasses (malgaches) (1925 – 1926) et Don Quichotte à Dulcinée (1932 – 1933) sur des textes de Paul MORAND.

Ravel Schéhérazade Asie

 

Parmi ses œuvres pour piano figurent des pièces comme Gaspard de la nuit (1908) ou le Tombeau de Couperin (1917).

Ravel Gaspard de la nuit Scarbo

Pour le ballet, il compose Daphnis et Chloé (1909) pour les ballets russes de DIAGHILEV. Suivront La Valse (1919) et le fameux Boléro (1928).

Ravel la Valse Bernstein

Dans sa production lyrique figurent L’heure espagnole (1907), sur un texte de Franc NOHAIN, et surtout la mise en musique d’un conte pour enfants écrit par COLETTE : L’enfant et les sortilèges (1919 – 1925).

Dans ses pièces pour orchestre, il faut noter une impressionnante orchestration des Tableaux d’une exposition de MOUSSORGSKI, qui est aujourd’hui plus connue que la version originale pour piano, ainsi que deux concertos pour piano, dont un pour la main gauche commandé par le pianiste Paul WITTGENSTEIN (le frère du philosophe auteur du Tractatus logico-philsophicus,) qui avait perdu un bras pendant la guerre de 14 – 18.

Ravel Concerto pour la main gauche

En 1928, il entreprend une tournée triomphale aux États-Unis, où il a l’occasion de fréquenter les clubs de jazz et de rencontrer GERSHWIN. Ravel avait d’ailleurs bien perçu l’apport du jazz dans le développement de la musique classique et on en trouve dans L’enfant et les Sortilèges comme dans ses concertos pour piano, ou dans sa sonate pour violon.

En 1934, il est atteint d’une tumeur au cerveau qui le contraint au silence musical (lui naguère si maniaque sur l’exécution de ses œuvres ne reconnaissait même plus ses propres partitions quand il les entendait). Il meurt en 1937.

(Si Ravel est un des compositeurs abondamment analysés par Wladimir JANKÉLÉVITCH, les dix dernières années de sa vie ont fait l’objet d’un roman de Jean ECHENOZ.)

Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, littérature, Théâtre

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE PARIS…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC!

Après Venise, Vienne et Prague, poursuivons avec Paris notre visite des grandes villes dont l’histoire se confond avec celle de l’opéra.

Si Paris occupe une place importante dans le monde de l’opéra depuis LULLY, et surtout au milieu du XIXe siècle, avec le GOf (le grand Opéra à la française), qui faisait qu’un compositeur qui voulait « réussir » dans l’opéra devait se faire jouer à Paris, Paris a aussi sa place comme lieu où se passent un certain nombre d’opéras.

Mais d’abord, je vous propose de retrouver tous ceux qui ont fait la grandeur de Paris en musique :  En flânant dans le quartier de l’Opéra.

À tout seigneur, tout honneur, commençons avec Esmeralda, l’adaptation de Notre-Dame de Paris de notre poète national Victor HUGO, qui a écrit lui-même le livret de cet opéra de Louise BERTIN.

Bertin Esmeralda Esmeralda dans son cachot

Autre adaptation d’un écrivain français, La Traviata (1853) de VERDI est tiré de La Dame aux camélias d’Alexandre DUMAS, une pièce que Verdi avait eu l’occasion de voir lors d’un de ses séjours à Paris.

Verdi la Traviata Libiamo

Paris, c’est aussi la fête et les p’tit’s femmes, qu’OFFENBACH a mises en musique dans la Vie Parisienne.

Offenbach la Vie parisienne final

En 1881, Offenbach situe à Paris le premier acte, l’acte d’Olympia, de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

offenbach les contes d'hoffmann olympia

En 1883, c’est MASSENET qui met en musique Manon, d’après le roman de l’abbé Prévost.

Massenet Manon Nous vivrons à Paris

Moins de dix ans plus tard, c’est au tour de PUCCINI de mettre ce drame en musique avec son Manon Lescaut (1893).

Puccini Manon Lescaut Sola, perduta, abbandonata

 

Dans La Dame de Pique (1890) de TCHAÏKOVSKI, la vieille comtesse se rappelle sa jeunesse passée à Paris, quand elle fréquentait le comte de Saint-Germain, en chantant un vieil air de GRÉTRY, qu’elle chantait à cette époque.

Tchaïkovski La Dame de pique air de la comtesse

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, ce billet est déjà assez riche, mais si vous êtes sages et que vous me le demandez gentiment, je vous parlerais une autre fois de la Veuve joyeuse de LEHAR, de la Rondine de Puccini, des Mariés de la Tour Eiffel du presque GROUPE DES SIX, de Lulu de BERG ou de Capriccio de Richard STRAUSS.

Vous pouvez retrouver un autre article de cette série consacrée aux grandes villes avec New York.

 

Compositeurs, littérature

Modeste MOUSSORGSKI (1839 – 1881)

Modeste MOUSSORGSKI est né en 1839 dans une famille de la petite noblesse russe.

En 1851, il entre dans une école d’aspirants de la garde. En musique, il découvre les modes liturgiques anciens.

En 1856, il sort de l’école militaire avec le grade de lieutenant.

Toute sa vie, il souffrira de crises de nerfs et d’épilepsie, et il connaîtra de sérieux problèmes d’alcoolisme.

En 1857, il rencontre les compositeurs BALAKIREV et CUI. Il se met à étudier sérieusement la musique. Il compose Souvenirs d’enfance pour piano.

En 1859, il quitte l’armée pour se consacrer à la musique. Il fait la connaissance de BORODINE. En 1861, RIMSKI-KORSAKOV entre dans le groupe de Balakirev.

En 1862, c’est la naissance officielle du Groupe des cinq : Balakirev, Cui, Moussorgski, Rimski-Korsakov et Borodine.

En 1863, il entre dans l’administration des Ponts et Chaussées, tout en composant des mélodies. C’est à cette époque qu’il travaille à une adaptation du Salammbô de FLAUBERT.

Moussorgski Salammbô

En 1867, il écrit Une nuit sur le mont Chauve, pour orchestre. Il est renvoyé de l’administration.

Moussorgski Une nuit sur le Mont chauve

En 1869, il termine une première version de Boris Godounov d’après POUCHKINE, qui sera refusée par la censure impériale. Le groupe des cinq se sépare en 1870. Dans cette œuvre, Moussorgski réussit à merveille à décrire l’âme russe au travers de sa musique, notamment par la place prépondérante donnée au chœur.

En 1871 – 1872, il compose une deuxième version de Boris Godounov et commence la Khovantchina.

Moussorgski la Khovantchina ouverture

En 1874, première représentation complète de Boris. Il écrit, pour le piano, les Tableaux d’une exposition. (On en connaît aujourd’hui surtout la version orchestrée par RAVEL.)

Moussorgski Tableaux d'une exposition Richter

En 1875, il écrit le cycle de mélodies Chants et danses de la mort.

Moussorgski chants et danses de la mort - Berceuse

(Dans la berceuse ci-dessus, la mère berce son bébé malade, et la mort déguisée en nourrice l’endort pour un sommeil éternel !)

En 1876, il souffre de solitude et son alcoolisme commence à lui poser des problèmes.

En 1879, l’opéra La Khovantchina est presque terminé. (Il sera achevé après sa mort par l’infatigable Rimski-Korsakov.)

En 1881, après une crise de delirium tremens, il meurt à l’hôpital militaire de Saint-Pétersbourg.

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QUELQUES (AUTRES) FEMMES COMPOSITRICES

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale des Femmes (en France, on ajoute des droits des Femmes) qu’il faut en conclure que les 365 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs (😉)

Après, donc, une première sélection de femmes compositrices parue en 2019, en voici une nouvelle avec des compositrices tout aussi passionnantes.

Hildegarde de BINGEN (1098 – 1179) est une des premières femmes compositrices recensée. Son activité ne se limitait pas à la composition, c’était aussi une femme de lettres et une théologienne, récemment reconnue comme Docteur de l’Église (une des quatre femmes à obtenir cette reconnaissance).

hildegarde von Bingen O JerusalemCliquez sur l’image

Maria Theresia von PARADIS (1759 – 1824) était une pianiste, chanteuse et compositrice viennoise pour qui MOZART aurait composé son dix-huitième concerto pour piano.

Von Paradis SicilienneCliquez sur l’image

Louise FARRENC (1804 – 1875), élève de CLEMENTI, REICHA ET HUMMEL, a enseigné le piano au Conservatoire de Paris.

Farrenc symphonie n 3 finalCliquez sur l’image

Augusta HOLMÈS (1847 – 1903) a publié ses premières partitions sous un pseudonyme masculin. Elle a écrit un opéra, la Montagne noire. Camille SAINT-SAËNS lui demande de l’épouser, mais c’est avec le poète Catulle MENDÈS qu’elle a une liaison et ses enfants.

Holmès BarcarolleCliquez sur l’image

Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931) a écrit, avant Francis POULENC, une musique pour les Mamelles de Tirésias, d’APOLLINAIRE. Proche du mouvement Dada, elle a écrit de la musique Dada.

Germaine Albert Birot Dada 3Cliquez sur Dada

Kaija SAARIHAO, Finlandaise née en 1952, est l’auteure (notamment) de quatre opéras, dont deux écrits sur un livret d’Amin MAALOUF : Adriana Mater et l’Amour de loin. Elle a aussi écrit Graal Théâtre, un concerto de violon d’après l’œuvre du mathématicien et écrivain oulipien Jacques ROUBAUD.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur le livre

Pour en savoir plus :

Hildegarde von BINGEN

Louise FARRENC

 

 

Compositeurs, littérature

Sergeï RACHMANINOV (1873 – 1943)

Né en 1873 dans la province de Novgorod, en Russie, Sergeï RACHMANINOV manifesta très tôt des dons pour la musique. Son esthétique musicale, très marquée par les mélodies russes et les chants orthodoxes, se coule dans la continuité de celle de TCHAÏKOVSKI.

Après des études de piano suivies dès son plus jeune âge, il se forme aux Conservatoires de Saint-Pétersbourg puis de Moscou. Ses premières compositions sont pour le piano, mais dès 1892, il compose un opéra en un acte, Aleko, d’après les Tsiganes de POUCHKINE.

Rachmaninov alekoCliquez sur l’image

En 1893, marqué par la mort de Tchaïkovski, il écrit un trio élégiaque à sa mémoire.

Rachmaninov trio élégiaqueCliquez sur l’image

L’échec de sa première symphonie le découragera profondément, et il faudra attendre l’immense succès de son très tchaïkovskien deuxième concerto de piano (1900 – 1901) pour qu’il reprenne goût à la vie. Dès lors, il vit une vie heureuse, partagée entre la composition et les concerts.

Rachmaninov 2e concerto de piano GrimaudCliquez sur l’image

En 1903 – 1904, il écrit l’opéra Le Chevalier avare, toujours d’après Pouchkine, et en 1904 – 1905, Francesca di Rimini, d’après l’Enfer de DANTE, sur un livret de Modeste Tchaïkovski (le frère de l’autre, le compositeur Piotr Illitch qui a écrit lui aussi un Francesca da Rimini.)

En 1906, il travaille sur un projet de Salammbô, d’après FLAUBERT, projet qui ne sera finalement pas achevé.

En 1909, il crée un autre de ses tubes, le troisième concerto pour piano. Et en 1912, il écrit sa fameuse Vocalise.

Rachmaninov vocalise

En 1913, il écrit Les Cloches, une Symphonie chorale, d’après l’œuvre d’Edgar Allan POE.

Rachmaninov les clochesCliquez sur l’image

En 1915, il écrit une de ses pièces préférées, les Vêpres, un impressionnant recueil de chants liturgiques orthodoxes a cappella.

Rachmaninov les VêpresCliquez sur l’image

En 1917, suite à la révolution d’Octobre, il émigre aux États-Unis, et ne remettra plus les pieds dans sa chère Russie. Sa carrière de pianiste virtuose prend alors le pas sur sa carrière de compositeur. C’est quand même aux États-Unis qu’il écrit un autre de ses grands succès, la Rhapsodie sur un thème de PAGANINI.

Parmi ses autres ébauches d’opéra, on peut citer un Esmeralda (1888), d’après Victor HUGO, ainsi que de la musique pour Boris Godounov d’après Pouchkine (encore) et même un Monna Vana d’après le dramaturge symboliste MAETERLINCK (merci Wikipédia pour ces informations.)

Il meurt en 1943 d’un cancer du poumon.

Comme d’habitude, je n’ai pas la place sur ce blog pour vous présenter TOUT l’œuvre de ce compositeur, mais si vous avez l’occasion de prêter l’oreille à ses symphonies, largement méconnues chez nous, ou encore à ce chef-d’œuvre qu’est l’Île des morts, inspiré par le tableau de BÖCKLIN, n’hésitez pas !

Compositeurs, Contes et légendes, histoire

François-Adrien BOÏELDIEU

Le petit François-Adrien BOÏELDIEU (en France, n’oubliez pas le tréma sur le I) naît à Rouen fin 1775. Il suit ses premières études musicales à la cathédrale de Rouen où il est enfant de chœur.

Il compose son premier opéra-comique, la Fille coupable en 1793, à l’âge de 17 ans. Cette oeuvre est montée au Théâtre des Arts de Rouen. (Le théâtre des Arts à Rouen était une des seules scènes à donner encore des spectacles lyriques pendant la Terreur.) L’année suivante, Boïeldieu publie ses premières romances.

En 1796 il s’installe à Paris et commence à écrire des opéras-comiques pour la Salle Favart.

En 1798, il devient professeur au tout nouveau Conservatoire de musique de Paris (créé en 1795), tout en assurant une abondante production d’opéras, comme le Calife de Bagdad (1800).

Boïeldieu le Calife de Bagdad OuvertureCliquez sur le portrait de Boïeldieu

En 1803, il devient directeur de l’opéra français à la cour impériale de Saint-Pétersbourg où il reste jusque fin 1810. Ses œuvres de l’époque, comme les Voitures versées, sont donc créées là-bas. Certaines seront adaptées ultérieurement pour les scènes françaises.

Boïeldieu Les Voitures verséesCliquez sur l’image

En 1808, il écrit une musique de scène pour Athalie, de Jean RACINE.

En 1815, il devient musicien de la Cour, et en 1818, il succède à MÉHUL à l’académie des Beaux-arts. En 1818, il écrit un Petit Chaperon rouge, d’après le conte de PERRAULT.

En 1825, il compose Pharamond à l’occasion du couronnement de Charles X, mais surtout son œuvre la plus célèbre (encore aujourd’hui), la Dame blanche, sur un livret de l’incontournable SCRIBE, d’après Walter SCOTT. La Dame blanche est ainsi considéré comme un des premiers opéras gothiques.

Boïeldieu la Dame blanche Viens, gentille dameCliquez sur l’image

Les plus tintinophiles d’entre vous se souviendront que c’est un air de la Dame blanche que Tintin, enivré par les vapeurs d’alcool, chante dans l’album « le Crabe aux pinces d’or ».

Tintin et Boïeldieu

Vers la fin de sa vie, Boïeldieu a de sérieux ennuis de santé, doublés par la perte de ses revenus après la faillite de l’Opéra-comique et la chute de la royauté en 1830 (Charles X lui versait une pension). THIERS décide de lui faire verser une pension en remplacement.

Il meurt en 1834.

Outre son abondante production d’opéras comiques et de romances, Boïeldieu est aussi l’auteur de deux concertos pour harpe que l’on joue encore de nos jours.

Boïeldieu Concerto pour harpe en UtCliquez sur l’image

 

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Camille SAINT-SAËNS

Camille SAINT-SAËNS est né à Paris en 1835. Son père meurt quand il a deux mois, et il est élevé par sa mère, peintre, qui veut faire de son fils un artiste. Il apprend le piano avec une grand-tante, et se révèle vite être un enfant prodige. À onze ans, il donne son premier concert, où il joue le 3concerto de Beethoven. Il entre au Conservatoire de Paris en 1848, où il a GOUNOD comme professeur de composition. Il se distingue de ses petits camarades compositeurs français en n’obtenant pas le Grand Prix de Rome, et il sort du Conservatoire avec un prix d’orgue.

En 1853, à la sortie du Conservatoire, il est titulaire de l’orgue de Saint-Merri, où il se fait remarquer par BERLIOZ et LISZT. Avec un tel parrainage, il n’est pas étonnant qu’il se soit distingué plus tard avec ses poèmes symphoniques (Liszt est considéré comme « l’inventeur » du poème symphonique.) En 1857, il prend les commandes des grandes orgues de La Madeleine à Paris, où il restera 20 ans.

En 1861, il est professeur de piano dans une école de musique à Paris, où il a comme élève Gabriel FAURÉ et André MESSAGER. Pour le piano, il écrit cinq concertos, dont un en dix-sept jours seulement pour permettre à son ami Anton RUBINSTEIN d’avoir quelque chose de neuf à jouer lors d’un séjour à Paris. En 1870, il s’installe en Angleterre et a l’occasion de jouer devant la reine Victoria. Il produit également de la musique de chambre (sonate pour piano et violoncelle, rondo capricioso pour violon [1870]).

Saint-Saëns sonate piano violoncelle no 1Cliquez sur la pianiste et le violoncelliste (et la tourneuse de pages)

En 1871, de retour en France, il fédère autour de lui un groupe de jeunes musiciens français, et fonde la Société nationale de musique, pour défendre une musique conforme au génie français (on sortait alors de la guerre perdue contre la Prusse), société à laquelle adhèrent notamment César FRANCK ou son élève Gabriel Fauré.

En 1872, il compose un premier opéra, La Princesse Jaune, qui est un échec. Ses poèmes symphoniques qui datent de la même décennie connaissent plus de succès (Le rouet d’Omphale en 1871, Phaéton [1873] d’après les Métamorphoses d’OVIDE, La Danse Macabre en 1874…)

Saint-Saëns PhaetonCliquez sur l’image

En 1875, il se marie, mais son mariage est un échec. Après la mort de ses deux enfants en 1878, il se sépare de sa femme et assume désormais son homosexualité. 1875 est aussi l’année de sa première tournée à Saint-Pétersbourg, où il dirige La Danse Macabre.

Saint-Saëns la danse macabreCliquez sur l’orchestre

En 1877, il reçoit une forte somme de la part d’un mécène, qui meurt cette même année. Il écrit son chef-d’œuvre (pour l’opéra) Samson & Dalila (créé par Liszt en 1877 à Weimar).

Saint-Saëns Samson et Dalila Printemps qui commenceCliquez sur Dalila

En 1878, il crée son Requiem à la mémoire de son mécène. Il fait jouer les poèmes symphoniques de son ami Liszt en France.

Dans les années 1880, il entre à l’Académie des beaux-arts et reçoit la Légion d’honneur. En 1883, il compose l’opéra Henry VIII, et en 1886, sa monumentale Symphonie avec orgue, (dédiée à la mémoire de Liszt) et le délicieux Carnaval des animaux.

Saint-Saëns symphonie avec orgueCliquez sur l’organiste

Saint-Saëns le carnaval des animauxCliquez sur les animaux

À partir de 1888, après la mort de sa mère, il se met à voyager, notamment en Algérie et en Égypte, où il subit l’influence des musiques orientales (son cinquième concerto de piano est appelé « l’égyptien »).

En 1906, lui qui a déjà joué partout en Europe part en tournée aux États-Unis. En 1908, il est également le premier compositeur de musique de film (L’assassinat du duc de Guise). Il meurt à Alger en 1921.

Saint-Saëns autographe(autographe de Saint-Saëns, collection de l’auteur de ce blog)