Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Nature

LIKE FLESH, de Sivan ELDAR (2022)

Grande émotion en ce mois de janvier 2022 à l’Opéra de Lille avec la création mondiale de l’opéra Like Flesh, de la compositrice israélienne Sivan ELDAR, sur un livret de la Britannique Cordelia LYNN. L’équipe artistique était complétée par la metteuse en scène italienne Silvia COSTA et le chef d’orchestre français Maxime PASCAL.

Like Flesh présentation opéra de LilleCliquez sur Caroline SONRIER, directrice de l’Opéra de Lille

Commandé par les opéras de Lille, Montpellier et Nancy en 2018, Like Flesh est donc l’aboutissement de plus de 3 ans de travail, pour lequel la compositrice a dû mettre en musique les mots de la librettiste, alors que la metteuse en scène a dû pour une fois, non pas déconstruire une histoire déjà connue de tous (ou presque) pour en proposer une autre lecture, mais au contraire nous proposer une scénographie nous permettant de comprendre une histoire que nous ne connaissons a priori pas déjà. Pour cela, elle s’est appuyée sur les avancées permises par la technologie, notamment avec un dispositif s’appuyant sur une intelligence artificielle pour animer les vidéos qui accompagnent le déroulement de l’action.

Eldar Like Flesh inteview Silvia CostaCliquez sur l’image pour entendre Silvia COSTA

La musique est composée pour un orchestre de chambre amplifié (sonorisé) et un second « orchestre » de 64 haut-parleurs disséminés dans la salle pour permettre au public d’être immergé dans le son des arbres.

Eldar Like Flesh Teaser de l'IRCAMCliquez sur la bande-annonce de l’IRCAM 

Eldar Like Flesh Maxime PascalCliquez sur l’image pour entendre Maxime PASCAL

Les personnages principaux de Like Flesh sont la Forêt, le Forestier (qui coupe les arbres), sa femme et une étudiante venue dans la forêt pour apprendre.

Le pitch : La Femme est malheureuse en mariage et aspire à un monde au-delà des frontières de la chair. L’arrivée dans la forêt de l’étudiante va lui faire découvrir un autre amour, et la poussera à se métamorphoser en arbre. Mais le monde est dur même pour les arbres, et après sa métamorphose, elle sera encore convoitée par le forestier pour l’argent qu’il pourra tirer de son bois et par l’amante qui continue à l’aimer.

Le thème de la métamorphose en arbre est librement inspiré des Métamorphoses d’OVIDE, et notamment de la légende de Daphné qui, poursuivie par Apollon, se transforme en laurier pour lui échapper.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la bande-annonce de l’Opéra de Lille

La construction narrative se fait suivant une alternance de scènes où la forêt (représentée par le chœur) s’exprime et d’autres où les humains parlent.

I : Ce que savait la forêt. La forêt nous raconte son passé depuis les temps immémoriaux.

II : Les oiseaux ne viennent plus ici. Pendant que le forestier expose sa vision de la forêt : du capital, la femme se désole de voir tout bétonné et la vie – plantes, insectes et oiseaux – qui s’en va.

III : Ce qu’ont fait les arbres. Les arbres annoncent la désertification de la Terre.

IV : La couleur rouge. L’étudiante arrive pour essayer de comprendre la vie, les arbres, la communion entre tous les arbres.

V : Leçons qu’apprend la gentillesse. La femme demande à son mari ce que ressentent les arbres quand il les coupe.

VI : Ce qu’a fait l’humain. L’humain est venu dans la forêt avec une hache, et nous avons crié de joie : « Regardez, le manche est des nôtres ! ».

VII : Le troisième rêve. La femme et l’étudiante découvrent leur amour naissant. La femme se métamorphose en arbre.

VIII : Ce qu’a fait l’humain après. Dans un crépitement de mots, la forêt égrène une litanie de tous les objets que créent les humains.

IX : Donc. Ta femme s’est changée en arbre. L’étudiante a appris au forestier que sa femme s’est changé en arbre. L’homme voit déjà le bénéfice qu’il pourra en tirer.

X : Regrets. Le forestier et sa femme discutent. Il se demande comment il aurait dû faire pour que leur amour perdure.

XI . Ce qu’a vu la forêt. La forêt sait la violence dont sont capables les hommes. Elle a la mémoire des juifs pendus à ses branches.

XII : Un arbre se souvient. L’étudiante et l’arbre discutent. Le forestier dit que l’étudiante dort dans les branches de son arbre. Mais les machines humaines arrivent , qui vont tout dévaster.

XIII : Entrelacement. Dans ce duo forêt, femme/arbre, la femme répond à la forêt que l’étudiante l’a blessée en voulant graver son amour sur l’écorce.

XIV : Comportement du bois. Le forestier et l’étudiante échangent leur perception de la femme devenue arbre.

XV : L’hiver, à nouveau. Le forestier et l’étudiante concluent. L’étudiante a cherché à devenir arbre, comme son aimée, mais n’a pas réussi, alors elle en a fendu le tronc pour venir s’y loger/lover alors que le forestier, lui, ne cherche qu’à entretenir ce bois qu’il pourra un jour couper pour le vendre.

La forêt a le dernier mot : Écoutez. La vie, pleine d’espoir se forme dans les failles. Nos racines poussent en chantant, trouvent d’étranges fossiles : un arbre, un squelette, une hache.

(Sources principales : le dossier de presse de l’Opéra de Lille, la présentation par l’équipe artistique le 12 janvier, et bien sûr la création le 21 janvier 2022.)

Compositeurs

Édouard LALO (1823 – 1892)

Édouard LALO est né à Lille le 27 janvier 1823. Il entre au conservatoire de cette ville à l’âge de dix ans, et apprend le violon.

En 1839 il descend à Paris pour se perfectionner. Il a HABENECK comme professeur et fait la connaissance de Pablo de SARASATE, compositeur et violoniste réputé, avec qui il se lie d’amitié.

En 1856, il entre dans un quatuor et, en tant que compositeur, se consacre à la mélodie française et à des œuvres de musique de chambre. Il écrit notamment sur des poèmes de Victor HUGO, de MUSSET, de LAMARTINE ou encore de BÉRANGER.

Lalo Puisqu'ici bas toute âmeCliquez sur l’image

En 1866, il finit de composer Fiesque, son premier opéra, écrit d’après une pièce de SCHILLER. Malgré l’appui de GOUNOD pour le faire monter, cet opéra ne sera jamais joué du vivant de Lalo.

Ses œuvres les plus connues aujourd’hui, celles qui sont restées au répertoire, datent des années 1870. Il s’agit de la Symphonie espagnole (1874), dont les parties de violon solo ont été écrites pour son ami de Sarasate,

Lalo Symphonie espagnoleCliquez sur le violoniste au milieu de l’orchestre

et de son opéra le Roi d’Ys, achevé en 1881.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’orchestre

On peut encore citer un beau Concerto pour violoncelle (1876).

Lalo Concerto pour violoncelle mouvement finalCliquez sur le violoncelliste au milieu de l’orchestre

En 1882, l’Opéra de Paris lui commande un ballet, Namouna, qui ne rencontre pas le succès du public, même s’il est reconnu par ses pairs, notamment DEBUSSY.

Lalo Namouna Parade et Fête foraineCliquez sur l’orchestre

Lalo meurt à Paris le 22 avril 1892.

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE LILLE

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Séville, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Lille.

L’opéra de Lille a été construit juste avant la Révolution française. Si vous voulez en savoir plus sur son histoire, je vous invite à consulter le site de Nemorino, qui la raconte très bien.

En 1790, Le Chevalier de SAINT-GEORGES part à Lille, et c’est pour cette ville qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

Le compositeur Pierre BAUMANN (1796 – 1872) fut altiste et professeur de composition au conservatoire de Lille.

Nettement plus connu est son élève le compositeur Édouard LALO (1823 – 1892). Entré au conservatoire de Lille à l’âge de dix ans, il part ensuite à Paris pour parfaire sa formation musicale. Ses œuvres les plus connues restent probablement la Symphonie espagnole, son Concerto pour violoncelle, son opéra le Roi d’Ys et la musique du ballet Namouna.

Lalo Le roi d'Ys Vainement ma bien aiméeCliquez sur l’image

Gustave NADAUD, chansonnier roubaisien (1820 – 1893), membre du Caveau et auteur de Pandore et les deux gendarmes.

Nadaud Pandore et les deux gendarmesCliquez sur les deux gendarmes

Parmi les compositeurs nés dans la métropole lilloise, il y a en a un qui me plaît particulièrement. Albert ROUSSEL (1869 – 1937) est né à Tourcoing. Marin de formation, il décide de quitter la marine pour se consacrer à la musique. Au début influencé par DEBUSSY ou d’INDY, il trouve vite sa voix et sa voie, pour écrire des compositions aux rythmes hardis et aux orchestrations subtiles. Dans le domaine de l’opéra, il a écrit Padmâvatî, influencé par l’Inde et pour le ballet : le Festin de l’araignée.

Roussel Padmâvatî préludeCliquez sur l’image

Le baryton belge Edgard P. JACOBS, plus connu pour son rôle dans l’histoire de la bande dessinée franco-belge, entre à l’opéra de Lille en 1929. Las, la crise de 1929 – 1930 font que les Français restreignent drastiquement les emplois occupés par des étrangers, et il doit retourner en Belgique.

jacobs méphisto

Roubaix a vu naître le poète symboliste Albert SAMAIN (1858 – 1900). Très célèbre à son époque, ses poèmes ont inspiré de nombreuses mises en musique, dont l’opéra Polyphème du breton Jean CRAS

Cras Polyphème Elle dort...Cliquez sur l’image

ou encore FAURÉ ou Nadia BOULANGER.

Boulanger (NAdia) Ilda (Samain)Cliquez sur Nadia

Un autre roubaisien mondialement connu est Georges DELERUE (1925 – 1992). Certes, ce ne sont pas ses quatre opéras qui lui ont valu cette notoriété, ce sont ses musiques de films, pour lesquelles il reçut trois Césars et un Oscar. Il a travaillé avec des cinéastes comme RESNAIS, TRUFFAUT, LAUTNER ou de BROCA.

Delerue La Nuit américaineCliquez sur l’image

Enfin, Lille continue sa tradition de ville musicale puisque le 21 janvier 2022 a vu la création de Like Flesh, un opéra de Sivan ELDAR.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur l’image

Et si vous voulez plus de musique d’un de ses compositeurs, cliquez sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez plus de musique d’un de ces compositeurs

Compositeurs

Alban BERG (1885 – 1935)

Alban BERG naît à Vienne le 9 février 1885 dans une famille aisée de cette ville.

Sans formation musicale particulière, il compose de nombreux lieder. En 1904, il rencontre Arnold SCHOENBERG et il suit ses cours pendant six ans. Il pratique donc la musique sérielle, puis dodécaphonique. Avec Anton WEBERN, le trio compose la seconde école de Vienne (la première étant celle de Haydn, Mozart et Beethoven). Malgré l’utilisation des techniques arides du dodécaphonisme, BERG sait toujours sortir du carcan de la forme, et rester lyrique dans ses compositions.

En 1908 paraît sa Sonate pour piano Opus n° 1.

De ses nombreux lieder de jeunesse, il en retient sept datant de 1905 à 1908 en un cycle (sieben frühe Lieder), qui seront orchestrés en 1928.

Berg Sieben frühe Lieder Die NachtigallCliquez sur l’image

En 1914, à la création viennoise du Woyzeck de Georg BÜCHNER, Berg est bouleversé et « sent » qu’il doit mettre ce drame en musique.

Il compose donc Wozzeck, dont il achève le livret en 1917, et la partition en 1922. Wozzeck est créé en 1925 à Berlin, sous la direction d’Erich Kleiber, et est considéré comme une des œuvres lyriques phares du XXe siècle (billet à venir).

Berg Wozzeck extraitsCliquez sur l’image

La même année, il compose la Suite lyrique, suivant les méthodes dodécaphoniques, qui sera créée en 1927, et dans la partition de laquelle il dissimule son amour pour Hanna Fuchs. D’abord écrite pour quatuor à cordes, il en existe également une version pour orchestre à cordes.

berg Suite lyriqueCliquez sur l’orchestre à cordes

En 1929, il commence l’opéra Lulu, adaptation de deux pièces de Franck WEDEKIND. Berg a écrit lui-même le livret, à partir de L’esprit de la terre (1895) et La boîte de Pandore (1902). Mais, en 1935, il s’interrompt pour écrire un Concerto pour violon, dédié à la mémoire de Manon Gropius, la fille d’Alma MAHLER et de l’architecte Walter GROPIUS (fondateur du Bauhaus), morte à l’âge de dix-huit ans. C’est le Concerto à la mémoire d’un ange. (Femme de Gustav Mahler, Alma s’était remariée après la mort de celui-ci avec Gropius, le fondateur du mouvement Bauhaus.)

Berg Concerto à la mémoire d'un angeCliquez sur le portrait d’Alban Berg

Ayant délaissé Lulu pour ce concerto, il n’a pas le temps de terminer son opéra, qu’il laisse inachevé à sa mort d’une septicémie le 24 décembre 1935. Lulu sera terminé en 1979 par un de ses élèves, Friedrich CERHA.

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Compositrices

Francesca CACCINI (1587 – 1641)

Contemporaine de MONTEVERDI, première femme à avoir écrit un opéra, Francesca CACCINI est née le 18 septembre 1587 à Florence. Son père, chanteur et compositeur, faisait partie de la Camerata fiorentina, un cénacle d’intellectuels visant à retrouver l’art tel qu’il se pratiquait dans la Grèce antique. Il travaillait à la cour des MÉDICIS.

À ce titre, il compose en 1600 à l’occasion du mariage de Marie de Médicis et d’Henry IV une pièce musicale chantée, Euridice, sur le même livret que son collègue de la Camerata, Jacopo PERI. C’est à la suite de ces représentations que Claudio Monteverdi « inventera » la forme opéra, avec son Orfeo de 1607.

Pour en savoir un peu plus sur cette époque, vous pouvez cliquer sur le lien « Histoire de l’opéra, les années 1600« .

On connaît de Giulio un très bel Ave Maria, même si les recherches musicologiques récentes ont tendance à l’attribuer à un autre compositeur.

Caccini ave MariaCliquez sur l’image

La petite Francesca apprend de son père la musique : le chant, le clavecin, la composition.

De 1604 à 1605, le père, sa femme et ses deux filles sont invités à Paris par Henry IV et Marie de Médicis, où ils raviront les courtisans, notamment par la qualité du chant de Francesca.

En 1607, elle se marie et entre au service des Médicis au grand-duché de Toscane en tant que musicienne, et a été à une époque la musicienne la mieux payée.

En 1618, elle publie son premier livre de musique : Il primo libro delle musiche a una, e due voci (Le premier livre de musique à une et deux voix.)

Caccini Francesca Maria, dolce MariaCliquez sur l’image

Caccini Ch'amor sia nudoCliquez sur l’image

Caccini Chi desiaCliquez sur l’image

Caccini O che nuovo stuporCliquez sur l’image

Caccini francesca ChaconneCliquez sur la chaconne

Caccini Lasciatemo qui soloCliquez sur l’image

Francesca est restée dans l’histoire de la musique en tant que première femme compositrice d’opéras. En effet, en 1625 elle écrit la liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Roger de l’île d’Alcina), d’après l’Orlando furioso de l’ARIOSTE.

Caccini Francesca La liberazione di Ruggiero dall' isola d'Alcina Ahi, MelissaCliquez sur l’image

Elle écrit aussi un Rinaldo inamorato dont la partition est malheureusement perdue.

On ne connaît pas exactement la date de sa mort, probablement survenue après 1641.

Dans mes recherches pour écrire cet article, je suis tombé sur la page suivante (en anglais) très intéressante: https://www.youtube.com/watch?v=DmHhvpbxoNM.

Et si vous voulez encore de la musique de Francesca Caccini, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez encore un peu de musique de Francesca Caccini.

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Francesca Caccini à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

LES TRAGIQUES GRECS – 1 – ESCHYLE (- 525, – 456)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Eschyle est l’aîné de nos trois tragédiens, peut-être est-ce pour cela qu’il fait plus intervenir les dieux que les humains dans ses tragédies. Il a écrit plus de cent pièces, mais seules cinq d’entre elles nous sont parvenues.

Les Perses. Cette pièce, écrite en – 472, évoque la victoire des Grecs contre les Perses à la bataille de Salamine. C’est la plus ancienne pièce de théâtre conservée.

Les sept contre Thèbes. Cette pièce écrite en – 467 décrit le siège et l’attaque de la ville de Thèbes contre sept chefs d’Argos, dans le combat fratricide entre Étéocle et Polynice, les fils d’œdipe et frères d’Antigone. L’action se déroule donc avant les multiples versions de la tragédie Antigone.

Les Suppliantes, qui date d’environ – 460, raconte l’histoire des 50 Danaïdes (les filles de Danaos, lui-même descendant de Zeus et Io) qui devaient épouser les 50 fils d’Égyptos. Ne voulant pas de ce mariage, elles se réfugient avec leur père à Argos, le berceau de leur race, où elles demandent l’asile. Le roi d’Argos accepte de les protéger. Je reviendrai dans un billet spécifique sur l’histoire des Danaïdes, et de leur aînée, Hypermnestre.

En 1941, HONEGGER écrit une musique de scène pour cette pièce

L’Orestie , qui date de – 458 est une trilogie composée de Agamemnon, les Choéphores et les Euménides. L’Orestie sera adapté par Darius MILHAUD sur un livret de Paul CLAUDEL.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

En 1966, c’est le compositeur grec Xenakis qui met en musique l’Orestie.

Xenakis OresteïaCliquez sur l’Oresteïa

Et en 2011, la compositrice polonaise écrit le drame lyrique Oresteia.

Il reste une autre pièce, Prométhée enchaîné dont la date est incertaine. Je reviens également dans un billet spécifique sur Prométhée, ce héros de la mythologie grecque, qui ayant volé le feu pour le donner aux hommes, se trouve cloué sur un rocher. Immortel, il est condamné à avoir le foie mangé chaque jour par un aigle, jusqu’à ce qu’il cède et révèle à Zeus un secret, mais Prométhée tient bon.

Honegger a écrit en 1946 une musique de scène pour ce Prométhée enchaîné d’Eschyle.

Et si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques, cliquez sur le bonus surprise.

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Compositeurs

Bedrich SMETANA (1824 – 1884)

Bedrich SMETANA est un compositeur tchèque né en Bohème le 2 mars 1824.

Dans le bouillonnement des nationalismes du milieu du XIXe siècle, il est considéré comme le « père » de la musique tchèque.

Musicien précoce, il apprend le piano et le violon et compose sa première œuvre à l’âge de huit ans. Il part ensuite étudier la musique à Prague. Il a l’occasion de rencontrer Robert et Clara SCHUMANN et Franz LISZT. C’est le soutien financier de Liszt en 1848 qui lui permet d’ouvrir une école de musique et de publier ses premières œuvres.

Il se marie à une pianiste en 1849 mais perd rapidement trois de ses quatre filles.

En 1856, il part à Göteborg en Suède, où il enseigne la musique, est chef d’orchestre et pratique la musique de chambre.

Il revient à Prague en 1863, où il ouvre une autre école de musique dans le but de promouvoir la musique tchèque. Il est alors chef d’orchestre de l’Opéra de Prague en 1866, orchestre dans lequel joue DVORAK et avec qui il se lie d’amitié.

Smetana a écrit une dizaine d’opéras. Le premier, Les Brandebourgeois en Bohème (Braniboři v Čechách) (1863) est le premier opéra écrit en langue tchèque.

Smetana les Brandeb ourgeois de BohèmeCliquez sur l’image

La plus connue de ses œuvres lyriques est La fiancée vendue (Prodaná nevěsta), écrit en 1864 – 1866 et créé en 1866. Après différentes révisions, il obtient un succès mondial à partir de 1870. Son ouverture fait partie des ouvertures d’opéras que les orchestres aiment bien programmer en première partie de leurs concerts.

Smetana la fiancée vendue (Prodana nevesta) ouvertureCliquez sur l’orchestre

Syphilitique, sa maladie lui cause une surdité totale en 1874. Il doit alors mettre fin à sa carrière de chef d’orchestre et se consacre désormais uniquement à la composition.

De 1874 à 1879, il compose Ma Patrie (Ma Vlast), un ensemble de poèmes symphoniques célébrant son pays, la Bohème. Le deuxième de ces poèmes est la Moldau (Vltava), du nom du fleuve qui traverse Prague. Cette pièce est certainement l’œuvre la plus connue de Smetana.

Smetana la Moldau (Vltava)Cliquez sur l’image

Sa santé décline et il est interné en 1883. Il meurt à Prague le 12 mai 1884.

Parmi ses œuvres, outre sa dizaine d’opéras, il nous laisse de la musique de chambre : trois quatuors à cordes et un trio piano, violon violoncelle, de la musique pour piano et des poèmes symphoniques.

Quatuor à cordes n° 1 : De ma vie (1876).

Smetana Quatuor 1 De ma vie 1er mouvementCliquez sur le quatuor

Trio piano, violon violoncelle.

Smetana Trio piano violon violoncelleCliquez sur le trio

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Et pour rester encore un peu avec Smetana, cliquez sur le bonus surprise :

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise pour rester un peu avec Smetana

Compositrices, Mythologie, Théâtre

OEDIPE

Sujet complexe que celui d’Œdipe. On connaît ce héros essentiel de la mythologie grecque grâce aux deux pièces Œdipe roi et Œdipe à Colone de SOPHOCLE.

Œdipe était le fils de Laïos et Jocaste, abandonné à sa naissance parce qu’un oracle avait prédit à Laïos que son fils le tuerait. Recueilli par le roi Polybe, et ayant appris qu’il devait tuer son père, il quitte la cour de son père adoptif et se dirige vers Thèbes. En chemin, il croise Laïos et le tue. Arrivé à Thèbes, et après avoir résolu l’énigme du sphynx (voire de la sphynge), il épouse sa mère, la reine Jocaste, qui lui donnera quatre enfants, Antigone, Ismène, Étéocle et Polynice. Lorsqu’il apprend son forfait du devin Tirésias, il se crève les yeux et quitte Thèbes.

En 1786, SACCHINI a composé un opéra, Œdipe à Colone.

Sacchini Oedipe à Colone

À la même époque, le prolifique GRÉTRY avait entamé un Œdipe à Colonne qu’il n’achèvera pas.

En 1845, Félix MENDELSSOHN, le frère de la compositrice Fanny, écrit une musique de scène pour Œdipe à Colone.

Mendelssohn Oedipe à ColoneCliquez sur le chœur

En 1861, c’est MOUSSORGSKI qui écrit Œdipe à Athènes, une musique de scène pour une pièce de OZEROV.

Moussorgski OedipeCliquez sur l’image

En 1927, STRAVINSKY écrit son Œdipus Rex, sur un livret de COCTEAU.

Stravinsky Oedipus RexCliquez sur l’image

Le compositeur LEONCAVALLO n’aura pas la chance de voir la création de son opéra Œdipe-roi (Edipo Re) en 1930, un an après sa mort.

Leoncavallo Oedipe roi (Edipo Re)Cliquez sur l’image

alors qu’en 1936, le trop méconnu ENESCO écrit son opéra Œdipe, qui reprend toute la vie du personnage.

Enesco Oedipe Voyez, Thébains, voyez !Cliquez sur l’image

Antigone, une des filles d’Œdipe, connaîtra le même succès que son père. Voir ici https://toutloperaoupresque655890715.com/2020/12/29/antigone/le billet qui lui est consacré.

(P.S. De nos jours, Œdipe est généralement connu par le « complexe d’Œdipe » théorisé par le médecin viennois Sigmund FREUD. En effet, en 1897, alors qu’il avait commencé à élaborer sa théorie de la psychanalyse, il s’est rendu compte qu’il y avait en lui un désir pour sa mère doublé d’une jalousie envers son père. Privé de repères externes, il en a déduit, à l’encontre de toute rationalité scientifique, que ces envies étaient communes à tous les enfants !)

Compositeurs

Claude DEBUSSY ( 1862 – 1918)

Achille-Claude DEBUSSY naît en 1862 à Saint-Germain-en-Laye, de parents commerçants.

La famille s’installe à Paris en 1867. En 1870, madame Debussy part à Cannes avec ses enfants pendant que son mari reste à Paris. C’est à Cannes que le petit Claude reçoit ses premières leçons de piano. À la fin de la Commune, la famille rentre à Paris mais le père, communard, est mis en prison. Là, il se lie d’amitié avec un autre prisonnier, le beau-frère de Paul Verlaine. Cet ami lui conseille de confier Claude à sa mère, excellente pianiste. Au bout d’un an, celle-ci recommande aux parents de le faire entrer au conservatoire de Paris, ce qu’il fait en 1872. Il a LAVIGNAC, wagnérien de la première heure, comme professeur de solfège.

Après des années d’études pas toujours couronnées de succès, son professeur de piano, MARMONTEL, le recommande à une riche veuve russe, qui cherchait un pianiste pour l’accompagner durant l’été. Il s’agit de Nadejda von MECK, que nous avons déjà rencontrée à propos de TCHAÏKOVSKI. En 1880, elle s’installe pour l’été avec ses enfants à Interlaken, en Suisse, où Debussy les rejoint. Après la Suisse, ils s’installent à Arcachon, puis partent en voyage à travers la France et l’Italie. C’est de cette époque que datent les premières compositions de Debussy, dont une transcription pour piano du Lac des Cygnes de Tchaïkovski commandée par Nadejda. À l’automne, il rentre à Paris et au Conservatoire.

Debussy le Lac des CygnesCliquez sur l’image

Il suit la classe d’orgue de César FRANCK et, pour gagner sa vie, devient accompagnateur dans un cours de chant. Là, il rencontre une femme mariée et mère de deux enfants, Marie VASNIER, dont il s’éprend. Il compose alors des mélodies pour Marie. Il écrit néanmoins à Nadejda von Meck pour passer un nouveau séjour avec sa famille, et elle l’invite à Moscou, où il passe deux mois, avant de partir à Florence avec la famille von Meck. Il rentre à Paris en décembre 1881, mais passe plus de temps chez les Vasnier qu’au Conservatoire. Il publie sa première œuvre, la mélodie Nuit d’étoiles.

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur l’image

Après deux échecs au concours du Grand-Prix de Rome, il est reçu en 1884, et part pour la Villa Médicis. Il découvre la musique de PALESTRINA, comme GOUNOD l’avait fait quelques années auparavant.

Au bout de deux ans (au lieu de trois), il donne sa démission et rentre à Paris. Il s’installe rue de Londres avec Gabrielle DUPONT, avec qui il vit pendant près de 10 ans. En 1887, on le voit fréquenter les mardis de Stéphane MALLARMÉ. En 1888, il fait le voyage à Bayreuth, où il entend Les Maîtres Chanteurs, Tristan et Parsifal. En 1890, il compose sa première œuvre à succès, la Suite bergamasque. En 1893, c’est son quatuor à cordes, et en 1894, le Prélude à l’après-midi d’un faune, une mise en musique des impressions laissées par le poëme de Mallarmé.

Debussy Prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’image

En 1894, il commence son opéra Pelléas et Mélisande, d’après l’œuvre de MAETERLINCK. Après un long travail de composition, Pelléas est représenté à l’Opéra-Comique en 1902. La première est catastrophique, mais au bout de quelques représentations, la situation évolue et l’opéra triomphe.

Debussy Pelléas et MélisandeCliquez sur Mélisande

En 1897, il met en musique trois chansons de Bilitis, sur des poèmes (érotiques) de son ami Pierre LOUYS.

Debussy Trois chansons de Bilitis la chevelureCliquez sur l’image

En 1899, il quitte Gabrielle Dupont pour épouser Rosalie TEXIER. Il passe l’été avec elle dans l’Yonne de 1902 à 1904, et c’est là, au cœur des terres, qu’il écrit son poème symphonique La Mer.

Debussy la Mer Dialogue du vent et de la merCliquez sur l’orchestre

Il rencontre Emma, l’épouse d’un banquier avec qui il a une relation, ce qui provoque une tentative de suicide de sa femme. Il divorce pour se marier avec Emma en 1908. En attendant, ils avaient déjà eu une fille en 1905, surnommée Chouchou, à qui il dédie la suite pour piano Children’s Corner.

Debussy Children's CornerCliquez sur Debussy

En 1908, il signe un contrat avec le Metropolitan Opéra de New York, lui réservant la première d’un opéra, La Chute de la Maison Usher, d’après Edgar Allan POE. Il y travaille en 1909, mais un cancer, diagnostiqué en 1910, commence à le faire souffrir. Il travaille à son nouvel opéra jusque vers 1916 – 1917, mais le laisse inachevé à sa mort en 1918.

En 1912, il écrit Jeux, pour DIAGHILEV et ses ballets russes, pièce qui sera créée en 1913, la même année que le Sacre du Printemps, de STRAVINSKY. Enfin, parmi ses autres chefs-d’œuvre, notons les deux livres de Préludes pour le piano, écrits entre 1909 et 1913, musique souvent qualifiée d’impressionniste, ses pièces portant des titres tels que « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir », « Les fées sont d’exquises danseuses », ou encore « Ce qu’a vu le vent d’ouest ». En 1915, il publie également un cahier d’Études pour le piano.

Debussy La Cathédrale engloutieCliquez sur la cathédrale engloutie

En 1921 paraît un recueil de ses articles de critiques musicales, Monsieur Croche antidilettante.

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Compositrices, Historique

LA MARSEILLAISE

La Marseillaise est l’hymne national français depuis 1795. Elle a été écrite par ROUGER DE LILLE en 1792 sous le titre Chant de marche de l’Armée du Rhin.

En tant qu’hymne révolutionnaire, elle a été citée par bien des compositeurs.

Ainsi, dès 1799, SALIERI la citera dans sa cantate Der Tyroler Landsturm.

2021-07-13_22h20_04Cliquez sur Salieri

La version la plus connue de nos jours est celle orchestrée par BERLIOZ en 1830.

Robert SCHUMANN (le mari de Clara) a écrit le lied « les deux Grenadiers » sur un poème de HEINE datant de 1822, décrivant les mésaventures de deux grenadiers de l’armée napoléonienne en déroute. (Robert citera également la Marseillaise dans son Carnaval de Vienne.)

Schumann les deux grenadiersCliquez sur l’image

En 1861, VERDI compose l’hymne des Nations pour faire connaître la jeune Italie, qui sera créé à l’Exposition universelle de Londres en 1862. Cette cantate reprend la plupart des hymnes nationaux, dont évidemment la Marseillaise pour la France.

Verdi Hymne des nationsCliquez sur Toscanini

En 1880, c’est TCHAÏKOVSKI qui se sert de la Marseillaise dans son ouverture 1812 célébrant la victoire des Russes contres les armées napoléoniennes.

Tchaïkovski Ouverture 1812Cliquez sur l’image

En 1913, DEBUSSY conclut ses Feux d’artifices par une citation de quelques notes de la Marseillaise.

Debussy Feux d'artifice finalCliquez sur le pianiste

Plus tars, STRAVINSKY a écrit cette transcription pour violon :

Stravinsky la MarseillaiseCliquez sur l’image

Et en 1967, ce sont les BEATLES qui la citent en ouverture du célèbre « All you need is love ».

The Beatles All you need is loveCliquez sur le Yellow Submarine

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