Anniversaire, Divers, Histoire de l'opéra, Valse

LES ANNIVERSAIRES DE 2019

Voici quelques anniversaires que l’on pourra célébrer en 2019 (ou quelques événements que l’on pourra commémorer) :

Il y a 350 ans, en 1669, l’abbé PERRIN obtenait le privilège royal d’établir une Académie d’Opéra pour « y représenter et chanter en Public des Opera & Représentations en Musique & vers François, pareilles & semblables à celles d’Italie ». Cette Académie d’Opéra existe encore de nos jours sous le nom d’Opéra de Paris.

Il y a 275 ans décédait André Campra (1660 – 1744), l’auteur du premier opéra-ballet avec l’Europe galante.

campra

Il y a 200 ans naissait Jacques OFFENBACH (1819 – 1880), le roi de l’opérette.

offenbach

1819 est aussi l’année de composition de l’Invitation à la valse de WEBER et de la Dame du Lac (La Donna del lago), de ROSSINI.

En 1844, il y a 175 ans, naissait Nicolas RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908).

rimski-korsakov

1844 est aussi l’année de création de I due Foscari de VERDI et de l’ouverture du Carnaval romain de BERLIOZ. Restons avec Berlioz puisque celui-ci est mort il y a 150 ans, en 1869.

berlioz(Hector Berlioz, ouverture du carnaval romain)

Son contemporain, moins connu en France, DARGOMYJSKI (1813 – 1869) a écrit Esméralda (1839), d’après Victor HUGO, La Rusalka (1855), d’après POUCHKINE, et son chef-d’œuvre que la mort laisse inachevé Le Convive de Pierre, d’après le Don Juan de POUCHKINE, et qui sera terminé par CUI et Rimski-Korsakov.

dargomyjski.pngDargomyjski

1869 est aussi l’année de la première version de Boris Godounov, de MOUSSORGSKI, et de Roméo et Juliette de GOUNOD.

En 1894, il y a 125 ans, mourrait CHABRIER (1841 – 1894), l’auteur de l’Étoile.

1894 est aussi l’année où DEBUSSY a commencé Pelléas et Mélisande, et écrit son Prélude à l’après-midi d’un faune, alors que MASSENET écrit Thaïs et Cendrillon.

En 2019, nous célébrerons le centenaire de la mort de LEOCAVALLO (1857 – 1919), l’auteur de Paillasse (Pagliacci) en 1892.

Ce seront aussi les centenaires de l’Amour des 3 oranges de PROKOFIEV, du début de Katia Kabanova de JANACEK ainsi que de l’Enfant et les sortilèges de RAVEL. Le même Ravel écrit La Valse alors que l’on a créé La Femme sans ombre de Richard STRAUSS (écrit en 1917).

Enfin, il y a 75 ans, Benjamin BRITTEN réinventait l’opéra anglais avec Peter Grimes alors qu’il y a 50 ans, d’autres Anglais, les WHO, donnaient naissance à leur opéra-rock Tommy.

tommy the who.pngTommy Overture

Et pour les anniversaires de 2020, c’est ici.

Divers, Valse

VOUS CHANTIEZ ? EH BIEN, VALSEZ MAINTENANT !

.. comme ne l’a pas dit ce bon monsieur de La FONTAINE, auteur de fables et de contes, pas que pour les enfants.

Pour bien passer le changement d’année, je vous propose quelques valses telles que l’on peut les entendre à l’opéra.

La valse, cette danse populaire à 3 temps typiquement viennoise a gagné ses lettres de noblesse vers la fin du XVIIIe siècle. Dès lors, les plus grands des compositeurs n’ont pas hésité à en écrire.

Sans surprise, les romantiques ouvrent le bal (sic !) et le très viennois SCHUBERT a ainsi écrit des valses, valses nobles, valses sentimentales, valses tout court. CHOPIN et LISZT ont aussi sacrifié à la valse, alors que WEBER, l’auteur du Freischütz a écrit une Invitation à la valse (pour piano), plus tard orchestrée par BERLIOZ.

liszt valses

LISZT et ses Méphisto-valses.

Très vite, les opéras ont intégré des valses. C’est le cas du Faust (1859) de GOUNOD avec « Ainsi que la brise légère ». Lors de la kermesse du village, Méphisto présente Marguerite à Faust. Faust invite Marguerite pour une valse, mais celle-ci refuse.

Gouno Faust la ValseCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, le roi de la valse, Johann STRAUSS, nous en livre une dans La Chauve-souris (die FlederMaus) (1874).

Autre valse célèbre, celle de l’acte II d’Eugène Onéguine (1878) de TCHAÏKOVSKI (Vot tak surpriz). Lors du bal, les vieilles cancanent sur l’attitude d’Onéguine et de Tatiana. Lassé par ces commérages, Onéguine invite alors à danser Olga, la fiancée de son ami Lenski. Jaloux, celui-ci finit par provoquer Onéguine en duel.

valse d'onéguine.pngcliquez sur l’image

En 1881, au premier acte de son seul opéra « sérieux », Les Contes d’Hoffman, OFFENBACH fait tomber amoureux son héros Hoffmann d’une poupée mécanique, Olympia, des lunettes magiques lui fait faisant croire qu’il s’agit d’une vraie femme. Après un air virtuose d’Olympia, Hoffmann et la poupée se mettent à valser.

En 1905, dans l’opérette La Veuve joyeuse (die Lustige Witwe), le très viennois Franz LEHAR, nous entraîne avec ses valses.

La valse est également omniprésente dans le crépusculaire Chevalier à la rose (Rosenkavalier) (1910) de Richard STRAUSS. Écoutons, dans le final, le mariage miraculeux de trois belles voix et de l’orchestre d’un raffinement inouï.

rosenkavalier valseCliquez sur l’image

Au XXe siècle, la valse subit les transformations que toute la musique vit. Ainsi, La Valse (1919) de RAVEL n’a plus rien d’une valse de salon. Ravel cherche plutôt à rendre l’essence de la valse. Il a également écrit, pour le piano, des Valses nobles et sentimentales.

Écoutons encore CHOSTAKOVICH et sa Valse n° 2 rendue célèbre grâce à une publicité.

Terminons enfin par une réinvention de la valse par Jacques BREL et sa Valse à 1000 temps.

Mes opéras préférés

WERTHER, de MASSENET (1887 – 1892)

Adapté des Souffrances du jeune Werther (1774), le livre du grand GOETHE qui a « lancé » le romantisme et provoqué une vague de suicide dans toute l’Europe, cet opéra s’ouvre et se ferme par des chants de Noël.

MASSENET en achève la partition en 1887, mais, refusée à Paris (!), c’est à Vienne que Werther est représenté pour la première fois en 1892, grâce au succès de Manon.

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut dire qu’on est dans un schéma (S+T/B) puisqu’une soprano (Charlotte) et un ténor (Werther) s’aiment, amour qui est empêché par un baryton (Albert).

Acte I : Le Bailli, un veuf, est en train de faire répéter à ses six plus jeunes enfants des chants pour Noël (Jésus vient de naître). Werther arrive, il vient chercher la fille aînée, Charlotte, pour l’accompagner au bal (Air : « Je ne sais si je veille »).

Massenet Werther Je ne sais si je veille KraussCliquez sur Werther

Charlotte descend, habillée pour le bal. Les enfants, dont Charlotte s’est occupée depuis la mort de leur mère, accourent vers elle et l’entourent. On présente Werther à Charlotte, et ils partent au bal. Le Bailli part rejoindre ses amis au cabaret.

Albert apparaît. Il discute avec Sophie de son mariage prochain avec Charlotte, qu’il aime tant.

De retour du bal, Charlotte et Werther se séparent, mais Werther ne peut se résoudre à la quitter, et il lui déclare sa flamme. Le Bailli annonce à Charlotte qu’Albert est de retour. Charlotte, qui était sur le point de céder à Werther lui explique alors qu’elle a juré à sa mère mourante d’épouser Albert. Werther lui dit qu’il en mourra. 

Acte II : Les gens du village se dirigent vers l’église pour assister à la messe. Les amis du Bailli, éméchés, chantent un hymne à Bacchus. Arrivent Charlotte et Albert, mariés depuis déjà trois mois. Werther, seul, désespéré, les observe (Air : « J’aurais sur ma poitrine »).

Massenet Werther J'aurais sur ma poitrine ThillCliquez sur Werther

Voyant Werther, Albert cherche à le consoler. Charlotte sort de l’église. Elle va voir Werther, mais celui-ci ne peut lui parler que de son amour pour elle. Elle le gronde, car désormais elle est mariée et lui demande de s’éloigner, lui ordonnant de ne pas revenir avant Noël. Resté seul, il se résout à partir, mais des pensées morbides le hantent. Sophie revient et invite Werther à se joindre à eux, mais celui-ci s’enfuit, disant qu’il ne reviendra jamais.

 Acte III : Le soir de Noël, chez Charlotte et Albert. Charlotte pense à Werther. Elle relit ses lettres, inquiète par la dernière, où il lui demande de le pleurer s’il ne revient pas. Sophie entre, inquiète pour Charlotte (Air : « Les larmes qu’on ne pleure pas »).

werther sophie kochcliquez sur l’image

La porte s’ouvre. C’est Werther, qui n’a pu résister au désir de revoir Charlotte. Ils se rappellent leur passé, et Werther lui lit les vers du barde Ossian, sur le vain retour du printemps (Air : « Pourquoi me réveiller ».)

Massenet Werther Pourquoi me réveiller AlagnaCliquez sur Werther et Charlotte

Charlotte le prie de s’arrêter, mais sa voix la trahit. Werther la presse de révéler ses sentiments. Après une vaine résistance, elle tombe dans les bras de Werther, avant de se reprendre et de s’enfuir, en lui interdisant de la revoir. Albert paraît alors. Charlotte le rejoint, troublée par la scène qui vient de se dérouler. Un domestique apporte un mot de Werther, annonçant qu’il part pour un long voyage, et qu’il souhaite emprunter les pistolets d’Albert. Albert demande à Charlotte de confier ses pistolets au domestique.

Acte IV : La nuit de Noël, Werther est étendu chez lui, mortellement blessé. Charlotte fait irruption en l’appelant quand soudain elle le voit. Pouvant encore parler, il demande pardon à Charlotte. Elle veut aller chercher de l’aide, mais il la retient. Charlotte peut désormais lui avouer son amour, cherchant un dernier baiser. On entend dehors le chant des enfants tandis que Werther agonise.

Divers

C’EST NOËL (2018) !

Joyeux Noël, Merry Christmas.

En ce jour de Noël, voyons quelle représentation de Noël on peut trouver à l’opéra et plus généralement dans la musique dite classique.

Mais avant cela, rendons hommage à un des plus grands compositeurs de notre musique occidentale, Jean-Sébastien BACH et son  Oratorio de Noël. J.S. Bach n’a pas écrit d’opéra, il a écrit essentiellement de la musique sacrée, cantates, oratorios, messes, et aussi un peu de musique instrumentale (concertos brandebourgeois, suites pour violoncelle seul, …). Son onzième fils a écrit un opéra, en français, Amadis des Gaules, mais j’y reviendrai dans l’article « Ils sont fous ces gaulois » (à paraître).

J.S.Bach Weinacht oratorio Jauchzet FrohlocketCliquez sur l’image

Avant Bach, il y avait eu Heinrich SCHÜTZ, le chaînon manquant entre MONTEVERDI et Bach, et son Histoire de la Nativité (1664).

Schütz histoire de la NativitéCliquez sur les angelots

HAENDEL, contemporain de Bach a écrit en 1741 dans son oratorio Messiah (Le Messie) un magnifique « For unto us a child is born » (déjà cité dans Georges PEREC, La Disparition).

Haendel Messiah For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Noël est à l’honneur dans Werther (1887) de MASSENET, écrit d’après les Souffrances du jeune Werther du grand GOETHE. En effet, l’action se passe dans le laps de temps qui sépare deux Noëls. Au début du premier acte, un veuf fait répéter les chants pour Noël à ses six enfants. L’œuvre se termine un an après, quand Werther se suicide pendant la nuit de Noël.

Massenet Werther Jésus vient de naîtreCliquez sur l’image

En 1894, RIMSKY-KORSAKOV compose La Nuit de Noël, un opéra écrit d’après POUCHKINE.

Rimsky-Korsakov la nuit de NoëlCliquez sur l’image

Enfin pour terminer ce billet, place à l’opéra-rock, et à un des plus grands succès du genre, Tommy (1969) des WHO. Dans le morceau Christmas, (Noël), on se demande comment un garçon (Tommy) qui ne peut ni voir ni entendre ni prier et qui ne sait pas qui est Jésus, peut être sauvé ?

The Who Tommy ChristmasCliquez sur la rock-star

Et allez, parce que c’est Noël, un dernier bonbon, le concert des 3 ténors (Pavarotti, Domingo, Carreras) à Vienne en 1999 😉🍾🎼.

Retrouvez d’autres morceaux inspirés par Noël dans l’édition 2019.

Animation 1, Divers, Mythologie

LES SORCIÈRES À L’OPÉRA

De tout temps, les sorcières ont occupé une bonne place à l’opéra, depuis le Didon et Enée (1689) de PURCELL jusqu’aux Diables de Loudun (1969) de PENDERECKI.

Parmi les plus marquantes figurent, outre celles de Didon et Enée déjà citées, la sorcière Alcina de l’Orlando furioso (Roland furieux) de l’ARIOSTE, et ses nombreuses adaptations dans le monde lyrique (Orlando furioso (1727) de VIVALDI, Alcina (1735) de HAENDEL,…)

Purcell Didon & Enée Sorcières

Cliquez sur l’image

Au XIXe siècle, on trouve encore la présence de sorcières dans le Macbeth de VERDI, ou la Naïna de Ruslan et Ludmila (1842), le premier opéra russe, écrit par GLINKA, le père de la musique russe. Il y a aussi la sorcière mangeuse d’enfants de Hänsel et Gretel (1893) d’HUMPERDINCK.

Humperdinck Hansel und Gretel

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Dans le folklore russe, la figure de la Baba Yaga peut être assimilée à celle d’une fée ou d’une sorcière. On en trouve une dans Les Tableaux d’une exposition de MOUSSORGSKI, dans le morceau La cabane sur des pattes de poule.

moussorgski Tableaux d'une exposition Baba Yaga

Cliquez sur l’image

En 1900, dans Rusalka (1900) de DVORAK, c’est Jezibaba la sorcière qui aide l’héroïne à entrer dans le monde des humains, puis qui la maudit quand elle refuse de tuer le prince qu’elle aime, mais qui l’a rejetée.

Dvorak Rusalka Jezibaba

Cliquez sur Jezibaba

Et pour le XXe siècle, on trouve la Fata Morgana (la Fée Morgane) dans l’Amour des trois oranges (1919) de PROKOFIEV, ainsi que les Diables de Loudun déjà cité.

Et comme vous commencez à me connaître, j’adore l’univers du dessin animé, je ne peux donc pas résister à vous mettre l’Apprenti sorcier de Paul DUKAS, extrait du Fantasia de DISNEY, où l’on voit Mickey serrer la main du chef d’orchestre STOKOWSKI.

Divers, Nature, Shakespeare

LES QUATRE SAISONS (1) : L’HIVER.

Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui

Stéphane Mallarmé, Le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

Aujourd’hui c’est l’hiver qui commence, au jour le plus court de l’année et à partir duquel les jours vont rallonger jusqu’à l’été. À cette occasion, j’ai imaginé une série de 4 billets qui illustreront les 4 saisons. Voici le premier.

Évidemment, quand on dit 4 saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI. (Si on disait 4 saisons et nourriture, on penserait aussitôt « pizza », mais ça, je le laisse à d’autres blogueurs. 😉)

Vivaldi l'hiver 1Cliquez sur l’image

Avant Vivaldi, PURCELL avait déjà évoqué un génie du froid dans son King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song OrlinskiCliquez sur le génie du Froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur, qui se remémore différentes étapes de sa vie avant d’avoir des hallucinations (Drei Nebensonnen) puis de croiser sur sa route un étrange vieillard qui vient le chercher, mais pour aller où (Der Leiermann) ?

… Wunderlicher Alter, mit dir soll ich gehn?
Merveilleux vieillard, avec toi dois-je aller?

Schubert Winterreise der LeiermannCliquez sur l’image

Au début de La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust chante le changement de saison (Le vieil hiver a fait place au printemps).

Berlioz Damnation le vieil hiverCliquez sur l’image

Dans l’opéra Snegourotchka (la Fille de neige) (1881) de RIMSKI-KORSAKOV, l’héroïne se trouve être la fille de l’Hiver et du Printemps, menacée de mort par le soleil. Son sort est proche de celui de Rusalka puisqu’elle part vivre chez les humains, et finit par déclarer son amour à l’un d’entre eux, et là, paf ! un rayon de soleil apparaît et la fille de neige s’évanouit.

Autre présence de l’hiver dans l’opéra Jenufa (1903) de JANACEK. Dans cet opéra dont le sujet aurait pu être vériste s’il avait été italien, l’héroïne Jenufa a conçu un enfant en dehors des liens du mariage. L’existence de cet enfant caché ruine les projets de mariage entre Jenufa et son fiancé officiel, ce pour quoi la future belle-mère enlève l’enfant et le jette dans la rivière gelée. Au printemps suivant, on retrouve au moment du mariage le cadavre du bébé gelé lors de la fonte des neiges, révélant le scandale au grand jour.

DEBUSSY a mis en musique l’hiver dans son Yver vous n’estes qu’un villain extrait des 3 Chansons de Charles d’Orléans. Il a également écrit dans ses préludes « impressionnistes » le n° 6, Des pas sur la neige.

Debussy Yver vous n'êtes qu'un vilainCliquez sur Debussy

Autre compositeur français du XXe siècle à avoir gâté les chœurs avec ses très belles pièces, POULENC a écrit La blanche neige, dans ses 7 chansons pour chœur a cappella.

Dernier avatar de l’hiver, l’adaptation à l’opéra par BOESMANS en 2000 du conte d’hiver de SHAKESPEARE.

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérer que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)

P.P.S. : Retrouvez d’autres musiques sur le thème de l’hiver en cliquant sur le lien.

Cinéma, Divers, Poésie, Shakespeare, Woody Allen

LES DOUZE COUPS DE MINUIT

Une fois, par un minuit lugubre, comme je m’appesantissais faible et fatigué
Sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié…
Edgar Allan POE (Trad. MALLARMÉ)

Minuit : une journée qui finit, une journée qui commence. C’est l’heure favorable pour le dénouement des actions, ou au contraire pour le début de nouvelles. Aussi n’est-ce pas un hasard si de nombreuses scènes d’opéra se déroulent à minuit.

Dans Le Freischütz (1821) de WEBER, la fameuse scène de la fonte des balles maudites à la Gorge aux Loups se déroule à minuit.

Dans Gustave III (1833) d’AUBER, la devineresse Arvedson donne rendez-vous à l’héroïne Amélie à minuit au pied d’un gibet pour y cueillir une plante maléfique dont les racines la délivreront d’un amour coupable.

Auber Gustave III minuitCliquez sur la pochette du disque

On retrouve l’intrigue de Gustave III dans Le Bal masqué (1859) de VERDI, puisque c’est le même livret de SCRIBE qui a été adapté pour Verdi. La censure qui sévissait en Italie rendant impossible de montrer un régicide sur scène, l’action a été transposée aux Amériques. La devineresse s’appelle alors Ulrica, et Amélie Amélia.

Dans Le Songe d’une nuit d’été (1850) d’Ambroise THOMAS, qui met en scène Falstaff et  la reine Elizabeth I en amoureuse secrète de SHAKESPEARE (sic), on trouve une scène dans la forêt royale de Richmond, avec  un chasseur maudit qui apparaît à minuit. (Air: dans l’ombre de la nuit).

En 1868, dans Hamlet, Thomas fait intervenir le spectre du père du héros à minuit, pour lui demander de venger son assassinat.

Thomas Hamlet le spectreCliquez sur l’image

Verdi était un habitué des douze coups de minuit puisque dans Rigoletto (1851), c’est dans une auberge que se noue le sort de Gilda, la fille cachée de Rigoletto. Celui-ci a commandité l’assassinat du duc à minuit, mais les assassins décident de lui laisser la vie sauve si un voyageur se présente à la porte avant l’heure fatale. Gilda, amoureuse du duc, se sacrifie et entre dans l’auberge où elle meurt sous les coups des reîtres payés par son père.

Verdi Rigoletto scène finaleCliquez sur la scène finale de Rigoletto

Verdi récidive dans Don Carlos (1867), où le héros a rendez-vous à minuit avec Elisabeth de Valois, pour lui déclarer sa flamme. Et dans son dernier opéra, Falstaff (créé en 1892), on joue une farce à Falstaff en lui donnant un rendez-vous galant à minuit dans le parc royal. Mais c’est un coup monté qui l’attend quand sonnent les douze coups de minuit, les villageois déguisés provoquent un sabbat destiné à le punir en lui faisant peur (Air et chœur: Sul fil d’un soffio etesio).

Dans La Chauve-souris (1874) de J.STRAUSS, ce ne sont pas les douze coups de minuit que l’on entend, mais les six coups qui marquent six heures du matin, et qui signifient que la folle fête est terminée.

Dans Midnight in Paris (2011) de Woody ALLEN, on peut entendre la barcarolle des Contes d’Hoffmann, ainsi qu’un french cancan de La Vie parisienne, d’OFFENBACH.

Divers, histoire, littérature

LA RÉVOLUTION FRANCAISE (1)

Puisque Les feuillets du patrimoine a eu l’amabilité de me citer récemment, je me suis dit rendons lui la pareille en rebondissant sur son billet sur la Révolution (ou plutôt sur le « rien » du journal de Louis XVI au 14 juillet 1789). Ceci me permet en outre de tester les liens inter-blogs (j’espère que ça va fonctionner 😀).

La Révolution française a inspiré directement ou indirectement maints opéras ou sujets d’opéra.

La pièce Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, est considérée comme un préfigurateur de la Révolution. Elle a inspiré notamment le chef-d’œuvre mozartien Les Noces de Figaro. Sur l’aspect prérévolutionnaire, voir l’air « Se vuol ballare… » (Le comte a des vues sur la fiancée de son valet Figaro, qui lui chante [je traduis approximatif : Si le baron veut danser, je saurais l’accompagner à la guitare…])

Mozart Le nozze Se vuol ballareCliquez sur Figaro

Beethoven

Le plus connu des opéras inspirés par la Révolution française est Fidélio (1814), de BEETHOVEN (1770 – 1827). Beethoven était épris de liberté, et les idéaux de la Révolution française avaient une résonance en lui. Aussi choisit-il Léonore ou l’amour conjugal, une pièce française inspirée d’un fait divers de la Révolution, pour sujet de son unique opéra.

Beethoven Fidélio choeur des prisonniersCliquez sur les prisonniers

À l’époque où il écrivait la première version de Fidélio, Beethoven composait sa 3e symphonie, initialement dédiée à Bonaparte, le sauveur des idées de la Révolution française. Quand il apprend en 1804 que Bonaparte se fait couronner empereur, Beethoven déchire la dédicace, et renomme sa symphonie Héroïque.

Parmi les compositeurs ayant écrit pour la Révolution figure MÉHUL (1763 – 1817), dont le Chant du départ nous est resté. Méhul a composé une trentaine d’opéras, dont Joseph (1807), qui a connu le succès dans toute l’Europe. (Si vous écoutez bien la vidéo du Chant du départ, vous pourrez m’entendre dans le chœur 😀.)

Méhul le Chant du départCliquez sur l’image

Le destin tragique du poète révolutionnaire André CHÉNIER (1760 – 1794) a servi de trame à l’opéra vériste Andrea Chénier (1896) de l’italien GIORDANO.

Enfin, last but not LISZT comme disent les musiciens, il faut noter le poignant Dialogues des Carmélites (1953), de POULENC (1899 – 1963), d’après BERNANOS, qui raconte l’histoire de religieuses qui finissent guillotinées par les révolutionnaires pour n’avoir pas voulu abjurer leur foi. Écoutons la poignante scène finale où les religieuses chantent le Salve Regina en montant à l’échafaud, leur chant s’éteignant petit à petit au fur et à mesure que tombe le couperet de la guillotine.

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

Retrouvez ici d’autres musiques composées pour la révolution française.

Post-Scriptum : j’allais oublier l’opéra-rock La Révolution française (1973) de Claude Michel SCHÖNBERG, un des plus gros succès de la comédie musicale française.

Compositeurs, Shakespeare

Ambroise THOMAS (1811 – 1896)

Enfant prodige, Ambroise THOMAS (1811 – 1896) est contemporain de Franz LISZT (1811 – 1886).

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Il est né le 5 août 1811 à Metz..

Au Conservatoire, il a comme professeur LE SUEUR, un des maîtres de BERLIOZ. Prix de Rome en 1832, il a l’occasion de rencontrer Berlioz (1802 – 1869) à la villa Médicis (Berlioz avait obtenu le prix de Rome en 1830).

De retour à Paris, le petit Ambroise se tourne vers le genre à succès de son époque : l’Opéra. Il compose notamment une des dernières adaptations de La Jérusalem délivrée de l’ARIOSTE avec Angélique et Médor (1843). Il écrira également un Songe d’une nuit d’été (1850), d’après SHAKESPEARE. (J’ai eu l’occasion de chanter dans les chœurs une reprise de cette œuvre, d’où est tirée la vidéo qui suit.)

Thomas SongeCliquez sur l’image

En 1851, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts, devant Berlioz qui n’obtient pas une seule voix. Sa célébrité au XIXe siècle n’a d’égal que l’oubli où il est tombé aujourd’hui.

Ses plus grands succès seront Mignon (1866), d’après l’œuvre de GOETHE,

Thomas Mignon connais-tu le paysCliquez sur l’image

et Hamlet (1868) d’après Shakespeare, très grand succès à son époque mais un peu oublié depuis, et que l’on a pu voir récemment à l’Opéra-Comique.

Thomas Hamlet chanson d'OphélieCliquez sur Ophélie

Nommé professeur au Conservatoire de Paris (1856), il a comme élève MASSENET.

En 1871, le directeur du Conservatoire Daniel François Esprit AUBER, un des fondateurs du GOf, meurt dans ses bras et Thomas le remplace à la Direction du Conservatoire. Ainsi, Thomas fait le lien entre Auber qui fut son prédécesseur et Massenet qui fut son élève. Mettant alors de côté sa carrière de compositeur, il écrira encore un Françoise de Rimini (1874), d’après DANTE et un ballet, La Tempête (1889), toujours d’après Shakespeare. (Le Francesca da Rimini de Tchaïkovski date de 1876).

Ambroise Thomas meurt le 12 février 1896.

Cinéma, Mes opéras préférés

DON GIOVANNI, de MOZART (1788)

Opéra de la maturité de MOZART, Don Giovanni est une commande de l’opéra de Prague. C’est le deuxième de la trilogie Mozart – Da Ponte, commencée avec Les noces de Figaro et complétée avec Cosi fan Tutte. Le livret a été écrit d’après le Don Juan de MOLIÈRE. Les chanteurs étant mécontents de ne pas avoir assez de grands airs pour se mettre en valeur, Mozart en a rajouté plusieurs pour la création viennoise en 1788.

Ouverture.

Acte I : Don Giovanni s’est introduit de nuit dans la maison de Donna Anna afin de la séduire. Dehors, son valet Leporello l’attend en se plaignant de la vie que lui fait mener son maître (Air : Notte e giorno faricar). Don Giovanni sort en courant de la maison, poursuivi par Donna Anna et son père, le Commandeur. Le Commandeur défie Don Giovanni, mais celui-ci le blesse mortellement avant de s’enfuir avec Leporello. Donna Anna revient avec son fiancé, Don Ottavio, et ils découvrent le corps sans vie du Commandeur. Donna Anna fait promettre à son fiancé qu’il vengera son père.

Plus tard, Don Giovanni et son valet croisent sur leur route Donna Elvira, qui se plaint d’avoir été séduite puis abandonnée par Don Giovanni. Celui-ci, qui ne l’a pas reconnue, veut la séduire mais quand il la reconnaît, il s’éloigne et laisse Leporello lui lire le catalogue des conquêtes de son maître (Air du catalogue : Madamina, il catalogo e questo).

Mozart Don Giovanni Air du catalogueCliquez sur Dona Elvira et Leporello

Le maître et son valet croisent ensuite un groupe de paysans qui vont fêter les noces de
Zerlina et Masetto. Don Giovanni les invite à son château et reste seul avec Zerlina (Duo : « La ci darem la mano ») avant que Donna Elvira n’arrive.

don giovanni la ci daremCliquez sur l’image

Celle-ci prévient Zerlina du danger qu’elle coure et s’éloigne avec elle. Donna Anna et Don Ottavio arrivent à leur tour. Ils viennent demander à Don Giovanni de les aider à trouver le meurtrier du Commandeur. Donna Anna reconnait Don Giovanni à sa voix et réclame vengeance à Don Ottavio (Air : « Or sai chi l’honore ».) Leporello revient et informe son maître que la noce est arrivée au château, et qu’il a réussi à se débarrasser de Donna Elvira. Don Giovanni invite tout le monde à boire (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Donna Elvira, Donna Anna et Don Ottavio arrivent masqués au château et se font inviter à la fête (Septuor : « Bisogna aver corragio ».)

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Don Giovanni essaie à nouveau de séduire Zerlina, mais celle-ci appelle à l’aide. Don Giovanni essaie de faire porter le chapeau à Leporello, mais les trois invités, retirant leur masque, accusent Don Giovanni qui prend la fuite.

Acte II : Le soir, Leporello annonce à son maître qu’il va le quitter. Don Giovanni calme sa mauvaise conscience avec de l’argent. Il veut séduire la femme de chambre de Donna Elvira, et pour ce faire, il échange ses vêtements avec ceux de son valet. Sous ce déguisement, il chante une romance à sa nouvelle proie (Air : « Deh vieni alla finestra »), pendant que Leporello détourne l’attention de sa maîtresse.

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Masetto arrive avec une petite troupe de paysans, ils cherchent le séducteur pour le tuer. Don Ottavio, Zerlina et Masetto découvrent Leporello portant les habits de son maître. Ils veulent le châtier, mais finissent par reconnaître le valet.

À la tombée de la nuit, le maître et son valet se retrouvent dans un cimetière. Don Giovanni se vante de ses nouvelles aventures quand on entend une voix sortir de la tombe du commandeur. Don Giovanni, par forfanterie, invite la statue à souper. Celle-ci accepte.

Don Giovanni est en train de souper chez lui. Donna Elvira lui demande de se repentir, ce qu’il ne fait pas. En sortant, elle pousse un grand cri en croisant la statue du Commandeur qui arrive et frappe à la porte. Leporello va ouvrir et revient terrorisé annoncer la venue de la statue. Le Commandeur demande à Don Giovanni de se repentir (Air : « Don Giovanni, a cenar teco »), mais ce dernier refuse encore. Il tend vers la main vers la statue qui la prend et l’entraîne dans les flammes de l’enfer.

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Les principaux personnages donnent la morale de l’histoire, Leporello se dit prêt à servir un meilleur maître, Donna Anna se décide à épouser son fiancé, Donna Elvira se retire au couvent et Zerlina et Mazetto vont célébrer leurs noces.

Enfin, pour les cinéphiles, je me dois de mentionner le très beau Don Giovanni tourné par Joseph LOSEY.