Divers, Histoire de l'opéra

CONTRALTOS ET CONTRE-TÉNORS

Vous avez été plusieurs à me manifester le plaisir de découvrir le même air, « Che faro senza Euridice » de GLUCK, interprété soit par une voix de contralto (femme) soit par une voix de contre-ténor (homme). Voici donc un petit point sur la ressemblance et la différence entre ces deux voix.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur Orfeo (senza Euridice)

Dans les registres vocaux de la voix humaine (cf. la tessiture), la voix de contralto est la voix la plus grave des femmes alors que la voix de contre-ténor (ou haute-contre) est la voix la plus aiguë des hommes. En pratique, il peut y avoir recouvrement voire dépassement, et un contre-ténor dans les aigus chantera plus haut qu’une contralto dans les graves.

Voyons ce que nous dit le volume « Musique » de l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT (en respectant l’orthographe de l’époque).

Contralto, mot italien qui répond à notre mot haute-contre, mais les deux voix ne sont pourtant pas les mêmes, & leur diapason est assez différent. Le contralto italien est exécuté par des castrati à qui l’âge a rendu la voix plus grave ou par des femmes qui ont particulièrement cultivé les cordes (vocales) basses, & qui sont proprement, ce que nous appellons des bas-dessus.

La haute-contre, au contraire est la voix d’un homme dans toute l’étendue du terme, à qui la nature a donné une voix claire & s’élevant facilement dans le haut. Plusieurs, pour parvenir aux sons les plus aigus, sont obligés de forcer leurs moyens naturels en se resserrant le gozier; mais ils perdent ainsi en agrément(*) ce qu’ils gagnent en étendue, car ces sons étranglés manquent de douceur et de pureté.

À considérer le diapason de la clef d’ut qui sert aux deux espèces de voix, il est évident que ce sont les Français qui emploient la véritable haute-contre, & que les contralti italiens ne sont que des second-dessus… mais cette voix, les italiens l’appellent tenore sans la distinguer de cette autre dont le son est plus grave et plus nourri… On en peut donc conclure que les Italiens ne connaissent pas leurs chœurs la haute-contre, & qu’ils lui ont substitué le second-dessus, en continuant de le nommer contralto. Quelle peut en être la raison ? Je n’en vois pas d’autre que cette foule de malheureux castrati qui abondent en Italie, & qui, à un certain âge, ne sont plus en état de chanter le dessus. Comme le chant est néanmoins leur unique ressource, on a taché d’en tirer parti, & on les a placés dans le chœur, en leur donnant une partie de second-dessus analogue à leur voix…

Les hommes qui chantent le fausset, participent aux deux voix, & peuvent servir de liaison entre la haute-contre française et le contralto italien.

(*) agrément : On appelle ainsi dans la musique française certains tours de gosier & autres ornements affectés aux notes qui sont dans telle ou telle position, selon les règles prescrites par le goût du chant.

Voilà, c’est un peu technique, excusez-moi, mais j’adore me plonger dans ces vieux livres écrits presque en vieux françois !

Que retenir de cela ? Surtout et déjà qu’entre les Français et les Italiens, il n’y avait pas accord (ce qui est un comble pour des musiciens) sur les appellations des voix. Il faut dire qu’à l’époque de l’Encyclopédie, la Querelle des Bouffons n’était close que depuis peu de temps (disons une trentaine d’années). Cette querelle visait à trancher laquelle, de la musique française ou de la musique italienne, était le plus à même de porter l’émotion par le chant. RAMEAU défendait les couleurs de la musique française alors que JJ.ROUSSEAU défendait la musique italienne.

La Querelle des Bouffons étant partie d’une représentation de la Servante maîtresse de PERGOLÈSE en 1752, je vous propose d’écouter l’œuvre phare de ce musicien mort à 26 ans : le Stabat Mater, interprété ici par une soprano et un haute-contre.

Pergolèse stabat materCliquez sur l’image

250 ans plus tard, que peut-on encore dire sur ce sujet ?

Au XVIIIe siècle, il y avait encore une tradition assez forte « d’opérer » avant la puberté de jeunes garçons pour en faire des castrats (castrati en italien), qui gardaient ainsi une voix très aiguë. Dans les opéras, les rôles de femmes pouvaient être chantés par des hommes, les fameux castrats, alors que les rôles de très jeunes gens (typiquement des pages au service de la noblesse) pouvaient être chantés par des femmes.

Ceci peut s’illustrer par exemple dans le Jules César en Égypte de HAENDEL, où le rôle de César étant interprété à l’origine par un castrat doit de nos jours être chanté par un contre-ténor ou par une femme. Ceci nous donne le très beau duo « Son nata a lagrimar » entre César et Cornélie, où la voix d’homme est au-dessus de la voix de femme.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur César et Cornélie

De même dans Orlando furioso de VIVALDI, le rôle d’Orlando (Roland) étant chanté par un castrat est aujourd’hui chanté par une contralto.

Vivaldi Orlando furioso (Lemieux)Cliquez sur Orlando

Pour ce qui est des rôles de jeunes hommes, l’exemple le plus connu est certainement celui de Chérubin, dans les Noces de Figaro de MOZART.

Mozart le Nozze di Figaro Voi che sapeteCliquez sur Chérubin

Cette tradition de rôle travesti dure au moins jusqu’à Richard STRAUSS, puisque dans son Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier), le rôle d’Octavian, le jeune amant de la Maréchale, est chanté par une femme.

Strauss Rosenkavalier duo Octavian SophieCliquez sur Sophie et Octavian

Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés, Mythologie

ZOROASTRE, de RAMEAU (1749)

Zoroastre est une tragédie lyrique de RAMEAU, sur un livret de Louis de Cahusac, créée en 1749.

Le sujet, maçonnique, en est l’affrontement entre les forces du bien, représentées par Zoroastre et Amélite, et les forces du mal, représentées par Abramane et Erinice. La version de 1749, trop novatrice pour son époque, n’a connu qu’un succès d’estime et Rameau a remis son ouvrage sur le métier en 1756 (année de naissance de MOZART). C’est cette version qui a connu le plus grand succès. On peut noter que c’est dans cet opéra qu’apparaissent pour la première fois les clarinettes dans l’orchestre.

Zoroastre est une préfiguration de ce que sera la Flûte enchantée, composée par Mozart quarante ans plus tard, et dont le héros a pour nom Sarastro. Il faut dire qu’on était à la grande époque de la franc-maçonnerie, franc-maçonnerie qui joue un grand rôle dans la Comtesse de Rudolstadt de George SAND, roman qui est censé se passer au cours de ces mêmes années 1750.

Le pitch : Zoroastre, représentant le bien, aime Amélite, qui est enlevée par Abramane, représentant le mal. Erinice, l’alliée d’Abramane, aime Zoroastre. À la fin, Zoroastre bat Erinice et Abramane.

Suivant la typologie de G.B.SHAW, nous sommes là avec un schéma (S+T/A+B) où un ténor (voire un contre-ténor), Zoroastre, et une soprano, Amélite, voient leur amour contrarié par une basse, Abramane, et une alto, Erinice.

Contrairement à la tradition lullienne, il n’y a pas de prologue à Zoroastre, Rameau commençant son opéra directement par une ouverture.

Rameau Zoroastre OuvertureCliquez sur l’Ouverture de Zoroastre

Acte I : Le tyran Abramane et ses prêtres ont vaincu. Abramane qui aime Amélite en veut à celle-ci de lui avoir préféré son rival Zoroastre, alors qu’Erinice, qui aime Zoroastre, en veut à celui-ci de lui avoir préféré Amélite. Abramane et Amélite se mettent alors d’accord pour régner ensemble, en abandonnant l’amour et faire régner le mal (on reconnaît là le thème de la Tétralogie de WAGNER, écrite un siècle plus tard) (Duo : « Unissons nos fureurs »).

Ils se retirent comme Amélite paraît, avec sa suivante Céphise. Amélite se plaint de l’ennui que lui cause l’absence de Zoroastre. Céphise lui fait valoir que les retrouvailles seront douces. Soudain, la terre tremble, la nuit tombe ! C’est Erinice qui invoque les Esprits cruels qui font régner la terreur et le désespoir. Ils s’emparent d’Amélite.

Acte II : Dans le palais d’Oromasès, le maître des bons esprits, Zoroastre soupire, car Amélite est loin de lui. Oromasès lui apprend qu’en dehors du palais, un monstre faisant régner la terreur sur terre s’est emparé d’Amélite. Zoroastre doit délivrer la terre du pouvoir d’Abramane. Oromasès demande aux cieux de s’ouvrir, et confiant les Livres de Vie (livres sacrés) à Zoroastre, l’envoie sur terre.

Rameau Zoroastre acte IICliquez sur Oromasès

On retrouve Amélite aux mains des Esprits cruels. Erinice s’apprête à la tuer quand Zoroatre apparaît. Erinice retient son bras, et lui avoue son amour pour lui. Zoroastre la rejette. Alors, au comble de la fureur, Erinice projette de les tuer tous deux. (Air : « Je confondrai dans ma fureur »). Zoroastre rompt l’enchantement et le jour revient. Le peuple chante son allégresse. Zoroastre a chassé les dieux criminels, les malheurs vont cesser et les plaisirs renaître (Ensemble : « Tendres amants, formez les plus beaux nœuds »).

Acte III : Abramane reproche à Erinice de n’avoir pas su frapper Amélite quand elle le pouvait. Il la fait disparaître pour assouvir sa vengeance. (Air : « Osons achever de grands crimes »). Le jour se lève. Zoroastre, Amélite et leurs suites se préparent au mariage. (Air : « Ô lumière vive et pure »).

Rameau Zoroastre Accourez jeunesses brillantes (Acte III)Cliquez sur Zoroastre

Les jeunes filles et les jeunes gens se préparent à l’hymen. Au moment où ils vont prononcer leur serment, le tonnerre retentit, le jour disparaît, c’est Abramane qui vient les accabler de son feu. Amélite tombe, foudroyée. Zoroastre déclare que seul l’amour d’Amélite peut lui rendre courage. Il appelle les Esprits bienfaisants pour qu’ils s’occupent d’Amélite, puis court secourir le peuple que menace Abramane.

Rameau Zoroastre Mille rayons brillantsCliquez sur l’image

Acte IV : Dans un temple souterrain, Abramane est en proie à sa propre noirceur (Air : « Cruels tyrans, qui régnez dans mon cœur »).

Rameau Zoroastre Cruels tyransCliquez sur Abramane

Ses prêtres lui annoncent que Zoroastre triomphe. Erinice regrette d’avoir uni son destin à celui d’Abramane, mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot. Il fait un sacrifice à son dieu Ariman et fait venir la Vengeance, la Haine et le Désespoir. Tous ensemble, dans une extraordinaire messe noire, s’apprêtent à répandre la terreur et la mort.

Rameau Zoroastre Ah, nos fureurs ne sont point vaines Acte IV scène VICliquez sur la Vengeance

Acte V : Erinice cherche Zoroastre, mais son cœur hésite toujours.

Rameau Zoroastre Quel tourment (Acte V)Cliquez sur l’image

Zoroastre paraît. Elle lui exprime son amour, mais comme le peuple chante les louanges d’Amélite, elle se reprend et retourne à sa haine. Les chants se transforment en pleurs : Erinice a enlevé Amélite. Abramane, face à Zoroastre, lui dit que s’il le frappe, il fera tomber Amélite sous les coups de ses sujets infernaux. Zoroastre le frappe quand même, confiant dans la justice du ciel. Abramane tombe, et les Esprits bienveillants libèrent Amélite. Oromasès lui annonce qu’il a passé la dernière épreuve, et que désormais il peut régner avec Amélite. L’œuvre se termine dans un dernier duo d’amour, accompagné du chœur (Duo : « Que ces nœuds sont charmants »).

(Source principale : je me suis servi pour rédiger ce billet du très beau DVD enregistré au théâtre de Drottningholm en 2006 (et le hasard faisant décidément bien les choses, c’est dans ce même bijou d’opéra que BERGMAN a enregistré sa Flûte enchantée [Trollflöjten]! 🙂)

Compositeurs, histoire

Nicolas MÉHUL (1763 – 1817)

Étienne Nicolas MÉHUL est né à Givet dans les Ardennes en 1763. Formé par les franciscains de Givet, il gagne Paris en 1779 avec une lettre de recommandation pour GLUCK. Pour le resituer dans l’histoire musicale, il était quasi contemporain de BEETHOVEN (1770 – 1827).

Il commence sa carrière musicale par des adaptations d’airs d’opéras populaires. À vingt ans, il publie sa première partition, un recueil de trois sonates pour piano-forte. Un deuxième recueil paraît cinq ans plus tard, en 1788.

Méhul sonate opus 1 n 3Cliquez sur le pianiste

Encouragé par Gluck, il se tourne vers l’opéra et entreprend son premier ouvrage lyrique, Cora, en 1785, mais celui-ci n’est créé qu’en 1791. Sa première œuvre dramatique montée sur scène est Euphrosine (1790).

En parallèle de cette activité lyrique, la carrière de Méhul se déploie sous la révolution avec sa collaboration aux fêtes civiques, par différentes pièces patriotiques, dont le fameux Chant du départ (1794) ou encore le Chant national du 14 juillet 1800, écrit à la demande de Bonaparte.

Méhul le Chant du départCopier l’image

Ces travaux lui vaudront les honneurs de l’Institut de France, puis un poste d’inspecteur au Conservatoire de Paris à la création de celui-ci en 1795. avec GRÉTRY et GOSSEC.

Méhul Euphrosine OuvertureCliquez sur l’ouverture d’ Euphrosine

En 1797, il écrit le jeune Henri (ou la Chasse du jeune Henri), sur un livret de BOUILLY. Bouilly est resté dans l’histoire de l’opéra par sa pièce Léonore, ou l’amour conjugal (1798), qui inspirera Beethoven pour son Fidelio.

Méhul le jeune Henri ouvertureCliquez sur l’image

Méhul écrit une trentaine d’opéras, dont l’Irato (1801), une réponse au premier consul qui prétendait que l’opéra bouffe était réservé à l’Italie. Méhul écrira donc un faux opéra italien, et ne dévoilera qu’il en était l’auteur qu’après que celui-ci eut remporté le succès. En 1806, il écrit Uthal, d’après les écrits apocryphes de MAC PHERSON sur les poésies d’OSSIAN.

mehuk uthalCliquez sur l’image

Son plus grand succès restera l’opéra biblique Joseph (1807) qui connaît un grand succès y compris en Allemagne et en Italie.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur Joseph et Jacob

Napoléon apprécie son œuvre, mais ceci n’aura pas d’influence sur sa carrière à la Restauration et il sera nommé au conservatoire de Paris en 1816. Outre sa production d’opéras et d’œuvres patriotiques, Méhul est également l’auteur de cinq symphonies.

Méhul meurt de la tuberculose à Paris en 1817.

Cinéma, Elle voulait qu'on l'appelle..., Géographie, Grandes villes, Histoire de l'opéra

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE NEW YORK…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Paris, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui New York.

Pays jeune, les États-Unis d’Amérique n’ont pas une longue tradition d’opéras ou de musique dite classique.  Toutefois, de nombreux compositeurs européens ont été invités à diriger aux U.S.A.

Un des premiers « grands » compositeurs à traverser l’Atlantique a été TCHAÏKOVSKI, qui a été invité au Carnegie HALL de New York pour son inauguration. Il y a dirigé, le 5 mai 1891, sa Marche solennelle du couronnement.

Tchaïkovski Marche solenelle du couronnementCliquez sur l’image

Le Tchèque Antonin DVORAK l’a suivi de peu. On lui a confié la direction du Conservatoire de New York, où il sera également professeur de composition de 1892 à 1895. La découverte des musiques et rythmes américains lui inspirera sa neuvième symphonie, dite « du nouveau Monde », ou son Quatuor américain

Dvorak Quatuor américain lentoCliquez sur le quatuor

En 1907, Giacomo PUCCINI vient en Amérique où il assiste à la création américaine de Madame Butterfly au Metropolitan Opera (le MET). Il a l’occasion de voir la pièce The Girl of the Golden West de David BELASCO (également l’auteur de la pièce dont il s’était inspiré pour Butterfly), ce qui lui donne l’idée d’écrire un opéra-western. Ce sera La Fanciulla del West (la Fille du Far West) dont la création mondiale aura lieu au MET en 1910, sous la direction de TOSCANINI.

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur Dick Johnson (Jonas Kaufmann)

L’autrichien Gustav MAHLER a été chef du MET de New York en 1908, mais il est reparti à Vienne au bout d’un an.

Suite à la révolution russe de 1917, on voit partir aux Amériques les deux Sergeï, PROKOFIEV (en 1918) et RACHMANINOV. L’exil de Rachmaninov, coupé de ses racines slaves, tarira une partie de sa verve créatrice. Prokofiev, lui, fera le choix de retourner en URSS au début des années ’30. Son opéra l’Amour des trois oranges est une commande de l’opéra de Chicago.

Maurice RAVEL fera une tournée à travers tous les États-Unis. Ce sera pour lui l’occasion de faire la connaissance de Georges GERSHWIN. Cette tournée aux États-Unis occupe une bonne partie du Ravel de Jean ECHENOZ.

Côté austro-allemand, nombreux sont les musiciens, souvent d’origine juive, qui ont été chassés par le régime nazi comme des artistes dégénérés. Ne pouvant se faire jouer, presque tous ont dû fuir l’Allemagne.

Ainsi, Alexandre ZEMLINSKY (1871 – 1942), digne héritier de Richard STRAUSS, Arnold SCHÖNBERG (1874 – 1951), Erich KORNGOLD (1897 – 1957) et le Tchèque Ernst KRENEK (1900 – 1991) ont dû migrer aux U.S.A, et leur production musicale (hormis celle de Schönberg), pourtant reconnue avant 1933, est aujourd’hui pratiquement inconnue.

Le Hongrois Béla BARTÓK (1881 – 1945) a lui aussi dû migrer aux States en 1940. Il vit, pauvrement, des commandes que ses confrères admiratifs lui passent, et c’est ainsi qu’il crée la sonate pour violon seul, une commande de Yehudi MENUHIN, le 3e concerto pour piano ou encore son concerto pour orchestre. Il meurt à New York en 1945.

Bartok sonate pour violon seulCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas écrire un billet sur New York sans mentionner la comédie musicale West Side Story, ce Roméo et Juliette contemporain dont la musique est signée Léonard BERNSTEIN.

Bernstein West Side Story PrologueCliquez sur l’image

Et puisque je suis au cinéma, je ne peux pas résister à l’ouverture du génial Manhattan (1979) de Woody ALLEN.

Gershwin Rhapsody in blue ManhattanCliquez sur Manhattan

Divers, Histoire de l'opéra

PORT DU MASQUE RECOMMANDÉ – Partie 1

En ces temps où le port du masque est recommandé dans l’espace public, je me suis interrogé sur le thème « Masque et opéra ».

Un peu d’histoire pour commencer. Pendant la période élisabéthaine, il y avait une forme de théâtre appelée le masque, mélange de théâtre, de musique et de ballets. Le premier opéra anglais est ainsi Le Siège de Rhodes (1656) de William DAVENANT. Les semi-opéras de PURCELL, écrits une trentaine d’années après, dérivent de ces masques.

Faisons à présent un saut dans le temps avec des opéras où les héros sont masqués.

En 1788, dans son Don Giovanni, MOZART fait apparaître un trio de vengeurs masqués, arrivant au château de Don Giovanni pour lui faire payer ses crimes.

Mozart don Giovanni trio des masquesCliquez sur le trio des masques

En 1833, dans son Gustave III, roi de Suède, D.F.E. AUBER écrit une des plus brillantes scènes de bal masqué.

Auber Gustave III finalCliquez sur l’image (et écoutez moi chanter dans les chœurs)

Dans Benvenuto Cellini (1834 – 1837), BERLIOZ nous fait assister à un brillant carnaval romain.

Berlioz Benvenuto Cellini CarnavalCliquez sur le carnaval romain

Le livret que SCRIBE avait écrit pour Auber a resservi à VERDI pour son Bal masqué (Un ballo in maschera), mais la censure autrichienne a exigé que l’intrigue soit modifiée pour que l’on ne voit pas un régicide sur scène.

Verdi Un ballo in mascheraCliquez sur l’image

Dans le Masque de la Mort rouge (The mask of the Red Death) (1845), Edgar Allan POE fait intervenir la Mort rouge, symbole de la peste qui sévit à l’extérieur d’un château où un Prince et ses courtisans se sont réfugiés pendant l’épidémie. Ce conte, traduit en français par BAUDELAIRE, a inspiré une partition (1923) à André CAPLET, un disciple de DEBUSSY.

Caplet Conte fantastique le Masque de la mort rougeCliquez sur l’image

Au premier acte de Roméo et Juliette  (1867) de GOUNOD, Roméo et ses amis assistent, masqués, à la réception que le père de Juliette donne pour les 18 ans de sa fille. C’est le coup de foudre entre les deux jeunes gens.

Gounod Roméo et Juliette extraits (masques)Cliquez sur l’image

Sept ans plus tard, en 1874, c’est Johann STRAUSS qui orchestre une scène masquée, dans la Chauve-Souris (Die Fledermaus), où Rosalinde, sous le masque d’une comtesse hongroise, piège son mari, incurable coureur de femmes.

trauss Der fledermaus la comtesse hongroiseCliquez sur la comtesse hongroise

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres masques (plus légers) dans « Port du masque recommandé – Partie 2« .

Divers, histoire

BERCEUSES ET CHANSONS POUR LES ENFANTS

Après les opéras pour les enfants, je parlerai aujourd’hui des chansons pour enfants (vous comprendrez pourquoi à la fin de ce billet.)

Une des chansons pour enfants les plus populaires doit être « Au clair de la lune », mais sait-on toujours que l’auteur en est LULLY ?

lully au clair de la lune

Un autre classique est le canon « Frère Jacques », dont l’auteur serait RAMEAU. MAHLER a transformé ce thème en une envoutante marche funèbre dans sa première symphonie.

Mahler Symphonie 1 3e mvt (Frère Jacques)

En 1780, FABRE D’ÉGLANTINE écrit son fameux « Il pleut, il pleut, bergère » dans un opéra-comique, la bergère en question représentant la reine Marie-Antoinette, déjà impopulaire, et l’orage qu’on entend gronder préfigure la Révolution française.

On trouve quelques berceuses à l’opéra, et ce dès l’origine du genre puisque dans le Couronnement de Poppée (1642) de MONTEVERDI, la nourrice chante à Poppée un air pour l’endormir (Air : « Oblivion soave ».)

Monteverdi Couronnement de Poppée Oblivion soave

Dans la Damnation de Faust de BERLIOZ, Méphisto chante un air pour endormir Faust et lui faire apparaître en songe Marguerite (Air : « voici des roses ».)

voici des roses

On trouve une autre berceuse dans Wozzeck (1917 – 1922) de BERG, où Marie chante une berceuse à son enfant pour l’endormir.

Berg Wozzeck Wiegendlied

Le fameux « Summertime » du Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN n’est autre qu’une berceuse que Clara chante à son baby au début de l’opéra. À la fin, c’est Bess qui le chante au bébé de Clara, après la mort de celle-ci.

Gershwin Porgy & Bess Summertime

À la fin du premier acte du Songe d’une nuit d’été (1960) de BRITTEN, Tytania demande à ses fées de chanter une berceuse pour endormir Lysandre.

Vous me connaissez, je ne rate jamais une occasion de mettre du BRAHMS sur mon blog, même s’il n’a pas écrit d’opéra, alors voici sa célèbre Berceuse.

Brahms Berceuse (Lullaby)

Et maintenant voici le moment de dévoiler le pourquoi de ce billet consacré aux chansons pour enfants. Il s’agit d’une vidéo-karaoké, réalisée en temps de confinement par les Vocalistes européens, dans laquelle vous pouvez voir monsieur T-shirt rouge.

Vous y retrouverez « Frères Jacques » et « Il pleut, il pleut, bergère » avec d’autre titres, dans un arrangement plutôt sympa !

Vous aimez le Karaoké des Vocalistes Européens et vous chantez les Comptines avec eux devant votre écran ?

Si vous souhaitez vous retrouver à leur côté dans leur prochain Karaoké, enregistrez une vidéo sur les paroles des Comptines Confinées et envoyez la à :

les.vocalistes.europeens@gmail.com

Humour, fantaisie, mime poétique… toutes les vidéos artistiques sont possibles.

Il suffit juste d’être synchronisé au mieux avec les images et les paroles.

Vous pouvez enregistrer votre vidéo seul, en famille ou entre amis…les vidéos sélectionnées seront incrustées dans le prochain Karaoké des Vocalistes Européens.

Envoyez vos vidéos avant le vendredi 1er 8 mai 22:00. Merci!!!

Vous pouvez aussi la voir sur YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=BA2VWFABUn8 .

 

Fantaisie, Histoire de l'opéra, littérature, Mallarmé, Oulipo

L’OPÉRA DE SAINT-GLINGLIN S’INVITE CHEZ VOUS

Saint-Glinglin est le titre d’un roman (1948) de Raymond QUENEAU, et est la refonte de deux romans précédents : Gueule de pierre (1934) et les Temps mêlés (1941). Son Opéra, de renommée mondiale, s’est donné pour mission de monter les œuvres tirées de Queneau et de ses amis, oulipiens ou autres.

Son riche catalogue de pestacles est disponible sans limites dans le temps sur son site Error404Pagenotfound :

https://Error404Pagenotfound

Au programme vous pouvez trouver :

Le ballet La croqueuse de diamants de Queneau et DAMASE (avec une chorégraphie de Roland PETIT)

Damase la rue Montorgueil (la croqueuse de diamants)Cliquez sur l’image

Les exercices de style chantés par les Frères Jacques.

Exercices de style Botanique

Le Dimanche de la vie : Ce roman de Queneau a vu un projet d’opéra coécrit par Queneau et son ami Boris VIAN. Cette œuvre n’ayant malheureusement pas vu le jour, l’Opéra de Saint-Glinglin a décidé de mettre le film qui a été tiré du roman à disposition sur son site.

Queneau le dimanche de la vie (film)Cliquez sur l’image

L’opéra qui a été écrit pas Edison DENISOV à partir de l’Écume des jours de Boris Vian est également disponible.

Denisov l'écume des joursCliquez sur l’image

De Jaques Prévert, on trouve L’Opéra de la lune et l’Opéra des girafes.

Mayoud Prévert l'Opéra de la luneCliquez sur la lune et la girafe

On trouve également les ébauches de Pierre BOULEZ pour les Cent mille milliards de poèmes. Boulez est malheureusement décédé avant d’avoir pu terminer la mise en musique de l’intégralité de ces 100 000 000 000 000 de poèmes.

William CHRISTIE a été tout excité quand il a appris qu’on avait trouvé dans les archives du musée national d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye les manuscrits de DEBUSSY pour une adaptation en musique du poème « Le Corbeau » (« the Raven ») d’Edgar Allan POE, traduit par MALLARMÉ. Les écrits de Mallarmuche étant une sorte « d’étalon » pour tester les contraintes littéraires de l’OuLiPo, il était naturel que ce soit à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il en assurât la création mondiale.

De Georges PEREC , on trouve La Disparition, seul opéra écrit sans qu’apparaisse la note MI (en notation anglaise ou allemande, la note MI est représentée par la lettre E.) Queneau étant né au Havre, il a semblé opportun de demander aux célèbres duettistes HAVRE et CAUMARTIN le livret de cette adaptation.

De Perec également, c’est évidemment à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il a prononcé sa fameuse conférence sur l’influence tomatotopique du lancer de tomates sur les sopranos, et on peut naturellement y découvrir l’enregistrement de Cantatrix Sopranica L., sa célèbre étude.

Cantatrix Sopranica L

Bande dessinée, Grandes maisons d'Opéra, histoire, Histoire de l'opéra

LA MONNAIE / DE MUNT DE BRUXELLES S’INVITE CHEZ VOUS

Comme Paris, Londres, Vienne, Berlin ou New York, Le Théâtre Royal de la Monnaie / De Munt de Bruxelles nous offre, pendant la période de confinement liée au coronavirus, une riche sélection de ses spectacles, disponibles sur son site internet.

https://www.lamonnaie.be/fr/sections/388-mm-channel

Sont ainsi disponibles, jusqu’au 19 avril :

  • Aïda de Verdi

Verdi Aïda De Munt Celeste AÏdaCliquez sur l’image

  • Lucio SILLA de MOZART
  • La Gioconda de PONCHIELLI
  • Frankenstein de Mark GREY, création d’après le roman gothique de Mary SHELLEY.

Grey Frankenstein De MuntCliquez sur l’image

Rimsky le tsar Saltan De MuntCliquez sur l’image

  • Macbeth underworld de Pascal DUSAPIN (création)

Dusapin Macbeth underworldCliquez sur l’image

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« Maison fédérale d’Opéra au sein de la capitale de l’Europe », la tradition d’opéra de Bruxelles remonte à 1700, quand on y a représenté Atys de Lully.

En 1818, on construit une nouvelle salle, qui est inaugurée avec une représentation de La Caravane du Caire, de GRÉTRY.

En 1830, lors d’une représentation de la Muette de Portici de D.F.E. AUBER, l’air « Amour sacré de la patrie » fit se lever la foule qui sortit dans la rue, donnant le la à la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

Auber la Muette de Portici amour sacréCliquez sur l’image

Le bâtiment actuel date de 1855, après l’incendie qui avait détruit le précédent.

En 1921, un jeune baryton, Edgar P. JACOBS, entre comme choriste à la Monnaie / De Munt. Il se fera plus un nom dans la Bande dessinée en tant que créateur de Blake et Mortimer.

 

Grandes maisons d'Opéra, Histoire de l'opéra

LA FENICE DE VENISE S’INVITE CHEZ VOUS

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, il Teatro de la Fenice de Venise, plus communément appelé « La Fenice » est fermé et nous propose ses grands spectacles via sa chaîne YouTube.

State a casa, vi veniamo a trovare noi!

Vous pouvez accéder à son programme « Io resto a la casa » en suivant le lien :

https://www.youtube.com/user/TeatroFeniceVenezia

Depuis le 12 mars, on peut ainsi voir Don Carlo de VERDI.

Verdi Don Carlo FeniceCliquez sur l’image

Depuis le 20 mars, Semiramide de ROSSINI.

Rossini Semiramide FeniceCliquez sur l’image

Depuis le 23 mars, on peut voir un très beau Orlando furioso de VIVALDI.

Vivaldi Orlando Furioso FeniceCliquez sur l’image

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Venise est, on le sait, une ville riche en histoire pour l’opéra.

Le théâtre de La Fenice date de 1792. Sa construction a été décidée suite à un incendie qui avait ravagé le quartier où il est construit. Son nom signifie le Phénix, comme l’oiseau légendaire qui toujours renaît de ses cendres. De fait, cet opéra a connu plusieurs incendies, dont le dernier date de 1996.

Parmi les créations qui ont eu lieu à La Fenice, citons Tancredi (1813) et Semiramide (1823) de Rossini, des opéras de BELLINI ou DONIZETTI, et surtout Rigoletto (1851) et la Traviata (1853) de VERDI.

Cette tradition de commandes d’opéras aux plus grands compositeurs continuera au XXe siècle, avec la création du Rake’s progress (1951) de STRAVINKY et de The Turn of the screw (1954) de BRITTEN.

britten the turn of the screw maloCliquez sur l’image

On peut encore signaler (même si je ne connais pas ces œuvres), Intolleranza (1960) de Luigi NONO ou Lorenzaccio (1972) de BUSSOTTI.

 

Grandes maisons d'Opéra, Histoire de l'opéra

LE BAYERISCHE STAATSOPER DE MUNICH S’INVITE CHEZ VOUS

Comme bien d’autres grandes maisons d’Opéra, fermées pour cause de coronavirus, le Bayerische Staatsoper de Munich nous propose ses spectacles gratuitement en ligne, sur sa chaîne TV, disponibles ici :

https://www.staatsoper.de/stream.html

Le menu est alléchant :

Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI, du 25 mars au 8 avril.

Donizetti Lucia di Lammermoor BSOcliquez sur l’image

Il Trovatore de VERDI du 14 mars au 28 mars.

Verdi Il trovatore BSOCliquez sur l’image

Parsifal, de WAGNER du 28 mars au 11 avril.

Wagner Parsifal BSOCliquez sur la merveilleuse scène finale de PArsifal

Plus une série de « concerts du lundi », du 18 mars au 1er avril, du 25 mars au 8 avril, usw…

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Prestigieuse maison d’Opéra, l’opéra d’état de Bavière a vu de nombreuses créations comme Idoménée (1781) de MOZART,

Mozart Idoménée BSM

Abu Hassan (1811) de WEBER,

Weber Abu Hassan Ouverture WSM

ou encore les opéras de WAGNER représentés sur ordre de Louis II de Bavière : Tristan und Isolde (1865), les Maîtres chanteurs de Nüremberg (1868), L’Or du Rhin (Rheingold) (1869) la Walkyrie (Die Walküre) (1870), et encore Capriccio de Richard STRAUSS en 1942.

Strauss Capriccio Sextuor (pour WSM)

Après guerre, cette tradition de créations perdure avec Lear (1982) de REIMANN ou Lou Salomé de Giuseppe SINOPOLI.

Reimann Lear BSM