Divers, Histoire de l'opéra

SONNEZ TROMPETTES

J’aurais pu appeler ce billet « TROMPEZ SONNETTES », mais je serais arrivé à un tout autre texte, déplorant la dérive journalistique observée depuis quelques années, où l’important n’est plus d’informer, mais de faire coûte que coûte du buzz, et ceci au mépris de la vérité et de l’information.

Eh bien, il ne sera ici question ni de sonnettes ni de sornettes mais bel et bien de trompettes.

La trompette est certainement un des instruments de musique les plus anciens, avec la flûte (à partir d’os ou de roseaux), et les percussions.

L’Égypte antique en attribue l’invention au dieu Osiris, les Hébreux la font dériver du schofar, une corne de bélier où l’on soufflait à l’approche des ennemis. Plus tard, ils en réservent l’usage à leurs prêtres. Chez les Romains ou les Grecs, c’est l’aspect martial qui prédomine, pour mener les armées au combat.

Tout d’abord, et ce n’est pas anodin, je vous propose la toccata d’ouverture de l’Orfeo de MONTEVERDI, le premier opéra de l’histoire (1607).

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’image

Ce n’est qu’au XVIIe siècle que l’antique instrument commence à ressembler à celui que l’on connaît aujourd’hui.

La musique baroque nous apporte ainsi de très beaux concertos pour trompette (et même pour deux, voire quatre trompettes).

Ainsi de celui de VIVALDI (pour deux trompettes.)

Vivaldi concerto pour 2 trompettesCliquez sur l’image

Ou de celui de CORELLI (pour 4 trompettes.)

Corelli Concerto pour 4 trompettesCliquez sur l’image

On peut aussi noter l’air, accompagné de la trompette, du Messie de HAENDEL « The Trumpet shall sound ».

Haendel Messiah The Trumpet shall soundCliquez sur le trompettiste

Quoi de mieux que la trompette pour ouvrir un Te Deum (une œuvre d’action de grâces jouée pour célébrer un événement, mariage ou victoire militaire).

Charpentier (Marc-Antoine) Te DeumCliquez sur l’ouverture du Te Deum de M.-A. CHARPENTIER et reconnaissez un air connu.

Au début du XIXe siècle, la trompette se dote de pistons, qui permettent toute une gamme de sons supplémentaires.

Hummel concerto pour trompetteCliquez sur l’image

Dans notre musique classique, les trompettes peuvent aussi représenter le Jugement dernier, et c’est l’usage que l’on trouve dans certains Requiems notamment dans les « Tuba mirum ».

Berlioz requiem tuba mirumCliquez sur les trompettes du jugement dernier (version Berlioz)

Verdi Requiem Tuba mirumCliquez sur les trompettes du Jugement dernier (version Verdi)

À l’opéra, on entend souvent les trompettes quand il y a une fanfare ou un défilé militaire. Les plus célèbres sont celles d’Aïda de VERDI.

aida illustr 2Cliquez sur la célèbre marche triomphale de l’armée égyptienne au son des trompettes

WAGNER confie aux trompettes le puissant motif de la Foi dans son drame sacré Parsifal.

Wagner Parsifal Ouverture la FoiCliquez sur le leitmotiv de la Foi dans l’ouverture de Parsifal

Peut-être sont-ce ces trompettes tout haut d’or pâmées sur le vélin que chante Mallarmé dans son Hommage à Richard Wagner, mais bien plus probablement sont-ce ces appels de fanfares qui appellent le public quand la représentation va commencer. (À Bayreuth, ce n’est pas une bête sonnerie qui avertit le public qu’il doit rejoindre ses places, mais une fanfare de l’orchestre, qui joue les principaux thèmes qui seront joués.)

Wagner Parsifal fanfare de BayreuthCliquez sur les cuivres de l’orchestre du Festival de Bayreuth

Au XXe siècle, on écrit encore pour la trompette, notamment JANACEK qui glisse 14 trompettes dans l’instrumentation de sa Sinfonietta.

Janacek SinfoniettaCliquez sur la vidéo

André JOLIVET a écrit son Concertino pour trompette en 1948.

Jolivet Concertino pour trompetteCliquez sur la partition

Bien entendu, la trompette est aussi un instrument important dans le jazz, de Louis ARMSTRONG à Winston MARSALIS, ou de Miles DAVIS à Ibrahim MAALOUF, mais il y aurait un billet à écrire rien que pour cette thématique.

Et si vous voulez encore un peu de trompette, cliquez donc sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus mystère si vous voulez encore un peu de trompette

Divers, Histoire de l'opéra, Mallarmé

LE SILENCE EN MUSIQUE

« Le silence déjà funèbre d’une moire » ainsi commence l’hommage à Richard WAGNER que MALLARMÉ a composé en 1865.

Liszt la gondole funèbreCliquez sur la gondole

En solfège, le silence représente une pause dans la musique, un moment où aucune note n’est jouée, pause qui prend la valeur d’une ronde. Il existe des subdivisions du silence, dont le soupir dont la valeur correspond à une noire, soit le quart d’un silence.

De tout temps donc, le silence est consubstantiel à la musique. Il faut laisser des pauses pour laisser résonner la musique précédemment jouée.

C’est ainsi qu’il faut comprendre l’aphorisme de Sacha GUITRY, quand il déclarait « Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de MOZART, le silence qui lui succède est encore de Mozart« .

Mozart Requiem LacrimosaCliquez sur l’image

Selon Wladimir JANKELEVITCH dans la Musique et l’ineffable, l’évolution musicale de LISZT va du tumulte romantique des années de sa jeunesse à un effacement progressif : C’est ainsi que l’œuvre de Liszt, toute bruissante d’héroïsme, d’épopées et d’éclats triomphants, se voit aux approches de la vieillesse envahie peu à peu par le silence… de longues pauses viennent interrompre le récitatif, des mesures blanches espacent et raréfient les notes: la musique de la Messe basse, des Valses oubliées, de la Gondole funèbre et du poème symphonique Du berceau à la tombe devient de plus en plus discontinue, les sables du néant envahissent la mélodie et en tarissent la verve.

Liszt Valse oubliée n° 3Cliquez sur l’image

L’étape suivante de la néantisation de la musique est signée Alphonse ALLAIS. Déjà inventeur, bien avant MALEVITCH, des monochromes, comme ses tableaux Combat de nègres pendant la nuit (1882) ou Première communion de jeunes filles par temps de neige (1883), il a aussi composé la première musique entièrement silencieuse, avec sa Marche funèbre composée pour les funérailles pour un grand homme sourd (1897).

Allais Marche funèbre composée pour les funérailles d'un grand homme sourdCliquez sur la partition

Il faudra attendre presque 70 ans pour que ce concept soit repris par John CAGE avec sa pièce pour piano en trois mouvements intitulée 4 mn 33 s. En fait, Cage avait eu l’occasion de visiter une chambre anéchoïde, c’est à dire qui absorbe tous les bruits extérieurs, et s’attendait à trouver le silence absolu. Il avait été frappé de se trouver confronté à tous les bruits provoqués par son propre corps, des battements de cœur au souffle de sa respiration. Et donc la musique sous-tendue par 4 mn 33s, durée pendant laquelle le pianiste ne produit pas une seule note, est en fait le bruit provoqué par le public même, et par le pianiste, pendant cette attente interminable de 4 minutes et 33 secondes. Il existe des transcriptions de cette œuvre pour orchestre ou pour chœur. Vous ayant déjà présenté ce morceau par ailleurs, c’est la version orchestrale que je choisis de vous faire entendre aujourd’hui.

Cage 4 mn 33 s version pour orchestreCliquez sur l’image

« Musicienne du silence », ainsi se termine le poème Sainte, écrit par Mallarmé en 1886 sur un vitrail représentant Sainte Cécile, patronne des musiciens.

Gounod Messe de Sainte Cécile Sanctus (Alagna)Cliquez sur le Sanctus de la messe de Saint Cécile de GOUNOD

Et pour prolonger le son du silence, je vous propose de cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez prolonger le son du silence.

Histoire de l'opéra, Religion

LES LEÇONS DE TÉNÈBRES

Les leçons de Ténèbres correspondent à un genre musical très particulier, réservé aux trois jours précédant Pâques. Le texte biblique est tiré des Lamentations de Jérémie et évoque la destruction du temple de Jérusalem à cause des péchés d’Israël.

Même si ce genre a préexisté à la période baroque française, notamment en Italie, c’est en France et sous Louis XIV que ce genre s’est développé.

À l’origine, donc, on les chantait aux matines des trois jours précédents Pâques, mais sous Louis XIV, ces matines étant célébrées au milieu de la nuit, donc trop tard pour beaucoup de gens, on a pris l’habitude de les donner l’après-midi précédent, soit les mercredi, jeudi et vendredi saints.

Sur trois jours, chaque office comprend trois nocturnes qui comportent chacun trois psaumes, les lamentations étant chantées pendant le premier nocturne.

Ces leçons sont vite devenues un événement mondain de la cour du roi, pour devenir un style de musique typiquement français. En effet, pendant la semaine sainte, on ne pouvait pas donner de représentations théâtrales ou d’opéras. Les chanteurs et instrumentistes en vogue à l’époque se tournaient donc vers ces musiques religieuses. Pendant le déroulement de ces pièces, on éteignait les chandelles au fur et à mesure, et l’office se terminait donc dans le noir complet. Plutôt théâtral comme effet, non ?

Les principaux auteurs de Leçons de Ténèbres sont Michel LAMBERT, Sébastien BROSSARD, François COUPERIN, Marc-Antoine CHARPENTIER ou encore Michel-Richard DELALANDE.

(Source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard, 1997)

Voici donc une petite sélection de leçons de Ténèbres.

Marc-Antoine Charpentier Réponse de la seconde leçon du Mercredy

Charpentier Deuxième leçon de Ténèbres du mercredi Tristis est anima meaCliquez sur l’image

Charpentier Troisème leçon de Ténèbres du mercredi

Sébastien Brossard Première leçon du Vendredy

Brossard Première leçon des mortsCliquez sur l’image

François Couperin Troisième leçon de Ténèbres à 2 voix

Couperin Troisème leçon de Ténèbres à 2 voixCliquez sur l’image

Michel Lambert Première leçon de Ténèbres du Jeudy

Lambert Première leçon de Ténèbres du Jeudi saint

Cliquez sur l’image

Michel-Richard Delalande Troisième leçon du Jeudy

Delalande Troisième leçon de Ténèbres du Jeudi saintCliquez sur l’image

Cliquez sur le bonus surprise si vous voulez encore des leçons de Ténèbres.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez plus de leçons de Ténèbres

Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 1

Aliette de Laleu à la librairie Place ronde, à Lille, le 25 février 2022

Cette année, mon sujet pour la journée internationale des femmes (en France, on dit la journée internationale des droits de la femme) est tout trouvé. En effet, la journaliste musicale Aliette de LALEU, que j’ai déjà citée sur ce blog, vient de sortir un essai passionnant sur la place des femmes dans la musique classique : Mozart était une femme.

Je vous propose donc de le lire ensemble, et en musique.

Chapitre 1 : « Des noms et des visages ». Ce premier chapitre est consacré aux premières femmes musiciennes, en commençant par Sappho (Sapho). Poétesse, et donc musicienne, ayant vécu sur l’île de Lesbos six siècles avant J.-C., elle a été surnommée la dixième muse par PLATON. Elle a fondé un temple dédié à Aphrodite. Son nom est resté dans l’histoire de la littérature et de la poésie et, à l’époque romantique encore, a continué faire parler d’elle. Ne pouvant vous faire entendre sa musique, je vous propose ici un air de l’opéra Sapho, que GOUNOD a écrit en 1851 pour la cantatrice Pauline VIARDOT (que l’on retrouvera plus loin dans le livre d’Aliette.)

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur l’image

Montons dans notre chronoscaphe et faisons un bond dans le temps pour admirer Hildegarde von BINGEN (1098-1179). Musicienne, religieuse, herboriste (et donc guérisseuse), Hildegarde a occupé une place très importante à son époque.

Hildegard von BingenCliquez sur l’image

Chapitre 2 : « Les stars du baroque »

Le chapitre commence à Venise au XVIIe siècle, avec ses hospices consacrés aux nécessiteux et aux enfants orphelins ou abandonnés. C’est dans un de ces hospices réservés aux jeunes filles qu’œuvrait VIVALDI, et une grande partie de sa musique a donc été écrite pour des femmes, chanteuses ou instrumentistes. On peut se faire une idée de l’atmosphère qui régnait dans ce milieu dans le roman Consuelo de George SAND.

Aliette développe ensuite ses stars du baroque avec Barbara STROZZI (billet à venir), Francesca CACCINI et Elizabeth Jacquet de la Guerre.

Strozzi Che si puo fareCliquez sur l’image

Chapitre 3 : « Les révolutionnaires du classique »

Au début de ce chapitre, Aliette nous apprend qu’il y a eu une très grande production d’opéras écrits par des femmes en France autour de la période révolutionnaire puisque ce sont 54 opéras écrits par 23 compositrices ou librettistes qui ont été recensés entre 1770 et 1820.

Gail N'est-ce pas d'elleCliquez sur l’image

Elle nous parle ensuite du remplacement progressif des castrats, surtout en France, par des femmes. C’est le cas de La MALIBRAN (Maria), la grande sœur de la cantatrice et compositrice Pauline VIARDOT.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur l’image

Elle évoque aussi la figure d’Hélène de MONTGEROULT, grande pianiste et auteure d’une méthode de piano dont on se demande pourquoi elle n’est pas plus connue.

de Montgeroult par Aliette de LaleuCliquez sur Aliette de Laleu nous parlant d’Hélène de Montgeroult dans sa chronique sur France Musique

La partie consacrée à Maria Anna MOZART, dite Nannerl explique le titre de ce livre.

Chapitre 4 : « Les guerrières romantiques »

Dans ce chapitre, Aliette de Laleu évoque quelques figures de femmes compositrices dont le talent a été empêché par des hommes, pères frères ou maris.

Tout d’abord Fanny MENDELSSOHN, la grande sœur de Félix. Très proche de son frère, c’est son père qui a freiné son envie de faire de la musique. On sait que certaines des mélodies publiées par Félix sont en fait de Fanny, ce qui le faisait souffrir dans son orgueil quand on le complimentait pour des musiques qui n’étaient pas de lui. Je reviendrai sur Fanny le 14 mai prochain pour le 175e anniversaire de sa mort.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

Ensuite, Clara SCHUMANN, la femme de Robert, qui a sacrifié sa carrière de compositrice pour mieux servir son mari, même si ses talents de pianiste étaient reconnus (c’était souvent grâce à eux qu’elle faisait « bouillir la marmite », les revenus de Robert n’étant pas suffisants pour faire vivre la famille.)

Clara Schumann Trio opus 17 AndanteCliquez sur l’image

Enfin Alma MAHLER, la femme de Gustav, qui par contrat a dû s’engager à cesser d’écrire de la musique quand elle s’est mariée, pour ne pas faire d’ombre à son mari.

Alma Mahler HymneCliquez sur l’image

Il m’aurait fallu aussi parler de Louise FARENC, Louise BERTIN et Mel BONIS, mais je vais m’arrêter là pour l’instant (j’ai déjà été un peu long par rapport à mes billets habituels), mais rassurez-vous, il y a ici la suite des Aventures d’Aliette au pays des femmes dans la musique classique. Et puis si vous n’avez pas la patience d’attendre, courez donc chez votre libraire préféré(e) acheter le livre !

Cinéma, Géographie, histoire, opéra russe, Politique

UKRAINE – RUSSIE, QUAND MOUSSORGSKI NOUS DONNE UNE LECON DE GÉOPOLITIQUE

La récente agression de l’Ukraine par l’armée russe nous a désemparés et sidérés. C’est pourtant un classique de l’histoire que ces annexions de pays voisins par l’ogre russe, que MOUSSORGSKI aborde par deux fois dans ses opéras, Boris Godounov et la Khovantchina.

Dans Boris Godounov, c’est à la frontière avec la Lituanie que se passe le tableau central, quand Grigori pourchassé par la police du tsar cherche à passer cette frontière pour échapper à la police. (Rappel Boris Godounov se passe vers 1600.)

Moussorgski Boris Godounov prologue scene 1Cliquez sur le peuple russe se lamentant sur son triste sort

Dans la Khovantchina, les troubles intérieurs à la Russie fomentés par la politique du tsar Pierre le Grand en 1682 ont des répercussions sur les peuples satellites, tatars ou ukrainiens. Ainsi au début du second acte, le prince Golitsine se glorifie-t-il d’avoir « abattus les Polonais pleins de morgue, et arrachés de la gueule des Ukrainiens avides les terres où l’histoire (de la Russie) est née ».

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur l’image

Pour savoir se qui s’est passé dans ces régions, je vous propose d’aller visiter le site de John Duff, l’éminent vexillologue. https://touslesdrapeaux.xyz/ukraine.html. Il nous rappelle que l’actuel drapeau bleu et jaune vient de l’Etmanat cosaque qui de 1649 à 1764 s’est battu contre ses puissants voisins, avant de n’être absorbé dans l’empire russe qu’en 1764. Mais avant cette période, il y avait un pouvoir très important à l’époque de la Pologne Lituanie, vaste région qui s’étendait sur les actuels pays baltes, la Pologne et l’Ukraine. Ce bloc coupait (déjà) l’accès aux principaux ports à la Russie, vaste bloc continental.

Dans ses Tableaux d’une exposition, un des plus beaux tableaux (mais ils sont tous beaux) est « la grande porte de Kiev ».

Moussorgski Tableaux d'une exposition la grande porte de KievCliquez sur la pianiste

La Symphonie n°2 de TCHAÏKOVSKI est aussi surnommée « Petite Russie » comme on appelait aussi l’Ukraine à cette époque. Elle porte ce surnom car Tchaïkovski y a incorporé plusieurs mélodies du folklore ukrainien.

Tchaïkovski Symphonie n°2 petite RussieCliquez sur l’orchestre

PROKOFIEV est né en Ukraine, et la célèbre marche de l’Amour des trois oranges a certainement des origines folkloriques ukrainiennes.

Prokofiev 3 oranges marcheCliquez sur l’image

En 1938, il signe la musique d’Alexandre Nevski, un film d’EISENSTEIN commandé par STALINE évoquant la force du peuple russe se défendant contre le danger nazi. L’histoire se passe à l’époque du prince Alexandre Nevski qui écrase la coalition des Teutons et des Livoniens, la Livonie correspondant peu ou prou à l’Ukraine de l’époque. Mais autant l’Histoire nous aide à comprendre ces efforts pour battre les nazis, autant la rhétorique du président démocratiquement élu de la Russie actuelle, justifiant l’intervention de son armée pour « dénazifier » l’Ukraine, est nauséabonde et révoltante.

Prokofiev Alexandre NevskiCliquez sur l’image

Et puis, puisque je suis en Ukraine aujourd’hui, ce sera l’occasion aussi de vous parler de Rheinhold GLIERE (1874-1956), important compositeur ukrainien pas très connu chez nous, malgré une production relativement intéressante.

Glière concerto pour harpe mvt 1Cliquez sur l’image

Et pour savoir ce que je pense de tout ça, cliquez donc sur le bonus surprise.


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Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 2 – le XXe siècle

Je vous ai proposé récemment sur ce blog quelques rhapsodies du XIXe siècle. Place maintenant au XXe siècle.

Le XXe siècle a commencé en 1901. Cette année-là, ENESCO écrit sa Rhapsodie roumaine n° 1.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, c’est RAVEL qui écrit sa Rapsodie espagnole (sans h).

Ravel Rapsodie espagnole (Munch)Cliquez sur cet autre enregistrement de légende

En 1921, JANACEK écrit une pièce d’inspiration russe, Tarass Boulba, rhapsodie pour orchestre.

Janacek Tarass BoulbaCliquez sur l’image

En 1924, c’est GERSHWIN qui écrit sa Rhapsodie in blue pour piano et orchestre.

Gershwin Rhapsody in blue (Yuja Wang)Cliquez sur la pianiste

En 1934 RACHMANINOV écrit sa Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 34 pour piano et orchestre.

Rachmaninov Rhapsodie sur un thème de Pagananini op 43 variation 18Cliquez sur le piano et l’orchestre

Et si vous voulez une rhapsodie bonus, cliquez sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une rhapsodie bonus

Voilà, rendez-vous à la fin du siècle, pour faire un point sur les rhapsodies qui auront été écrites dans les années 2000?

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 1 – Le XIXe siècle

Puisque je vous ai proposé dans mon article sur le Danube la Rhapsodie roumaine d’ENESCO, je me propose de revenir sur cette notion de rhapsodie en musique. Étymologiquement, la rhapsodie vient du mot rhapsode. Le rhapsode était dans l’antiquité grecque un chanteur / acteur qui allait de ville en ville pour chanter / déclamer / dire des poèmes, par exemple l’Odyssée. Il ne faisait qu’interpréter, souvent sous forme d’improvisation, des textes écrits par d’autres, car le rhapsode n’avait pas reçu des dieux le don de créer, au contraire de l’aède qui, comme HOMÈRE, possédait ce don.

En musique, la rhapsodie est une forme libre, i.e. qui ne répond pas aux schémas classiques que sont la symphonie, la sonate, le concerto… Elle date du XIXe siècle, quand les compositeurs ont commencé à sortir de ces schémas, pour trouver plus de liberté dans leurs formes musicales. Elles ressortent souvent de la musique folklorique ou ethnomusicologique.

Franz LISZT, qui avait déjà « inventé » le poème symphonique, a popularisé ce genre avec ses Rhapsodies hongroises, souvent d’une très grande difficulté pianistique. Elles sont écrites sur des thèmes du folklore hongrois.

Liszt rhapsodie hongroise n 2Cliquez sur la pianiste

En 1869, Johannes BRAHMS écrit pour le mariage d’une fille de Clara et Robert SCHUMANN la Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, œuvre qui sera créée par Pauline VIARDOT.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’enregistrement de légende

En 1874 Anton DVORAK, si proche musicalement de Brahms, écrit ses Rhapsodies slaves.

Dvorak Rhapsodie slaveCliquez sur l’image

En 1879, Édouard LALO écrit sa Rhapsodie norvégienne sur des airs populaires norvégiens.

Lalo rhapsodie norvégienneCliquez sur l’image

La célèbre pièce España d’Emmanuel CHABRIER est une rhapsodie pour orchestre, écrite suite à un voyage en Espagne qu’il avait fait en famille.

Chabrier EspanaCliquez sur l’image

En 1884 Camille SAINT-SAËNS, qui avait déjà écrit des Rhapsodies bretonnes pour orgue, écrit la Rhapsodie d’Auvergne.

Saint-Saëns rhapsodie d'AuvergneCliquez sur l’image

Le XXe siècle connaîtra son lot de rhapsodies, ne manquez donc pas sur ce blog, l’article « Rhapsodes et rhapsodies – Partie 2 – le XXe siècle« .

Divers, Histoire de l'opéra

CONTRALTOS ET CONTRE-TÉNORS

Vous avez été plusieurs à me manifester le plaisir de découvrir le même air, « Che faro senza Euridice » de GLUCK, interprété soit par une voix de contralto (femme) soit par une voix de contre-ténor (homme). Voici donc un petit point sur la ressemblance et la différence entre ces deux voix.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur Orfeo (senza Euridice)

Dans les registres vocaux de la voix humaine (cf. la tessiture), la voix de contralto est la voix la plus grave des femmes alors que la voix de contre-ténor (ou haute-contre) est la voix la plus aiguë des hommes. En pratique, il peut y avoir recouvrement voire dépassement, et un contre-ténor dans les aigus chantera plus haut qu’une contralto dans les graves.

Voyons ce que nous dit le volume « Musique » de l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT (en respectant l’orthographe de l’époque).

Contralto, mot italien qui répond à notre mot haute-contre, mais les deux voix ne sont pourtant pas les mêmes, & leur diapason est assez différent. Le contralto italien est exécuté par des castrati à qui l’âge a rendu la voix plus grave ou par des femmes qui ont particulièrement cultivé les cordes (vocales) basses, & qui sont proprement, ce que nous appellons des bas-dessus.

La haute-contre, au contraire est la voix d’un homme dans toute l’étendue du terme, à qui la nature a donné une voix claire & s’élevant facilement dans le haut. Plusieurs, pour parvenir aux sons les plus aigus, sont obligés de forcer leurs moyens naturels en se resserrant le gozier; mais ils perdent ainsi en agrément(*) ce qu’ils gagnent en étendue, car ces sons étranglés manquent de douceur et de pureté.

À considérer le diapason de la clef d’ut qui sert aux deux espèces de voix, il est évident que ce sont les Français qui emploient la véritable haute-contre, & que les contralti italiens ne sont que des second-dessus… mais cette voix, les italiens l’appellent tenore sans la distinguer de cette autre dont le son est plus grave et plus nourri… On en peut donc conclure que les Italiens ne connaissent pas leurs chœurs la haute-contre, & qu’ils lui ont substitué le second-dessus, en continuant de le nommer contralto. Quelle peut en être la raison ? Je n’en vois pas d’autre que cette foule de malheureux castrati qui abondent en Italie, & qui, à un certain âge, ne sont plus en état de chanter le dessus. Comme le chant est néanmoins leur unique ressource, on a taché d’en tirer parti, & on les a placés dans le chœur, en leur donnant une partie de second-dessus analogue à leur voix…

Les hommes qui chantent le fausset, participent aux deux voix, & peuvent servir de liaison entre la haute-contre française et le contralto italien.

(*) agrément : On appelle ainsi dans la musique française certains tours de gosier & autres ornements affectés aux notes qui sont dans telle ou telle position, selon les règles prescrites par le goût du chant.

Voilà, c’est un peu technique, excusez-moi, mais j’adore me plonger dans ces vieux livres écrits presque en vieux françois !

Que retenir de cela ? Surtout et déjà qu’entre les Français et les Italiens, il n’y avait pas accord (ce qui est un comble pour des musiciens) sur les appellations des voix. Il faut dire qu’à l’époque de l’Encyclopédie, la Querelle des Bouffons n’était close que depuis peu de temps (disons une trentaine d’années). Cette querelle visait à trancher laquelle, de la musique française ou de la musique italienne, était le plus à même de porter l’émotion par le chant. RAMEAU défendait les couleurs de la musique française alors que JJ.ROUSSEAU défendait la musique italienne.

La Querelle des Bouffons étant partie d’une représentation de la Servante maîtresse de PERGOLÈSE en 1752, je vous propose d’écouter l’œuvre phare de ce musicien mort à 26 ans : le Stabat Mater, interprété ici par une soprano et un haute-contre.

Pergolèse stabat materCliquez sur l’image

250 ans plus tard, que peut-on encore dire sur ce sujet ?

Au XVIIIe siècle, il y avait encore une tradition assez forte « d’opérer » avant la puberté de jeunes garçons pour en faire des castrats (castrati en italien), qui gardaient ainsi une voix très aiguë. Dans les opéras, les rôles de femmes pouvaient être chantés par des hommes, les fameux castrats, alors que les rôles de très jeunes gens (typiquement des pages au service de la noblesse) pouvaient être chantés par des femmes.

Ceci peut s’illustrer par exemple dans le Jules César en Égypte de HAENDEL, où le rôle de César étant interprété à l’origine par un castrat doit de nos jours être chanté par un contre-ténor ou par une femme. Ceci nous donne le très beau duo « Son nata a lagrimar » entre César et Cornélie, où la voix d’homme est au-dessus de la voix de femme.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur César et Cornélie

De même dans Orlando furioso de VIVALDI, le rôle d’Orlando (Roland) étant chanté par un castrat est aujourd’hui chanté par une contralto.

Vivaldi Orlando furioso (Lemieux)Cliquez sur Orlando

Pour ce qui est des rôles de jeunes hommes, l’exemple le plus connu est certainement celui de Chérubin, dans les Noces de Figaro de MOZART.

Mozart le Nozze di Figaro Voi che sapeteCliquez sur Chérubin

Cette tradition de rôle travesti dure au moins jusqu’à Richard STRAUSS, puisque dans son Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier), le rôle d’Octavian, le jeune amant de la Maréchale, est chanté par une femme.

Strauss Rosenkavalier duo Octavian SophieCliquez sur Sophie et Octavian

Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés, Mythologie

ZOROASTRE, de RAMEAU (1749)

Zoroastre est une tragédie lyrique de RAMEAU, sur un livret de Louis de Cahusac, créée en 1749.

Le sujet, maçonnique, en est l’affrontement entre les forces du bien, représentées par Zoroastre et Amélite, et les forces du mal, représentées par Abramane et Erinice. La version de 1749, trop novatrice pour son époque, n’a connu qu’un succès d’estime et Rameau a remis son ouvrage sur le métier en 1756 (année de naissance de MOZART). C’est cette version qui a connu le plus grand succès. On peut noter que c’est dans cet opéra qu’apparaissent pour la première fois les clarinettes dans l’orchestre.

Zoroastre est une préfiguration de ce que sera la Flûte enchantée, composée par Mozart quarante ans plus tard, et dont le héros a pour nom Sarastro. Il faut dire qu’on était à la grande époque de la franc-maçonnerie, franc-maçonnerie qui joue un grand rôle dans la Comtesse de Rudolstadt de George SAND, roman qui est censé se passer au cours de ces mêmes années 1750.

Le pitch : Zoroastre, représentant le bien, aime Amélite, qui est enlevée par Abramane, représentant le mal. Erinice, l’alliée d’Abramane, aime Zoroastre. À la fin, Zoroastre bat Erinice et Abramane.

Suivant la typologie de G.B.SHAW, nous sommes là avec un schéma (S+T/A+B) où un ténor (voire un contre-ténor), Zoroastre, et une soprano, Amélite, voient leur amour contrarié par une basse, Abramane, et une alto, Erinice.

Contrairement à la tradition lullienne, il n’y a pas de prologue à Zoroastre, Rameau commençant son opéra directement par une ouverture.

Rameau Zoroastre OuvertureCliquez sur l’Ouverture de Zoroastre

Acte I : Le tyran Abramane et ses prêtres ont vaincu. Abramane qui aime Amélite en veut à celle-ci de lui avoir préféré son rival Zoroastre, alors qu’Erinice, qui aime Zoroastre, en veut à celui-ci de lui avoir préféré Amélite. Abramane et Amélite se mettent alors d’accord pour régner ensemble, en abandonnant l’amour et faire régner le mal (on reconnaît là le thème de la Tétralogie de WAGNER, écrite un siècle plus tard) (Duo : « Unissons nos fureurs »).

Ils se retirent comme Amélite paraît, avec sa suivante Céphise. Amélite se plaint de l’ennui que lui cause l’absence de Zoroastre. Céphise lui fait valoir que les retrouvailles seront douces. Soudain, la terre tremble, la nuit tombe ! C’est Erinice qui invoque les Esprits cruels qui font régner la terreur et le désespoir. Ils s’emparent d’Amélite.

Acte II : Dans le palais d’Oromasès, le maître des bons esprits, Zoroastre soupire, car Amélite est loin de lui. Oromasès lui apprend qu’en dehors du palais, un monstre faisant régner la terreur sur terre s’est emparé d’Amélite. Zoroastre doit délivrer la terre du pouvoir d’Abramane. Oromasès demande aux cieux de s’ouvrir, et confiant les Livres de Vie (livres sacrés) à Zoroastre, l’envoie sur terre.

Rameau Zoroastre acte IICliquez sur Oromasès

On retrouve Amélite aux mains des Esprits cruels. Erinice s’apprête à la tuer quand Zoroatre apparaît. Erinice retient son bras, et lui avoue son amour pour lui. Zoroastre la rejette. Alors, au comble de la fureur, Erinice projette de les tuer tous deux. (Air : « Je confondrai dans ma fureur »). Zoroastre rompt l’enchantement et le jour revient. Le peuple chante son allégresse. Zoroastre a chassé les dieux criminels, les malheurs vont cesser et les plaisirs renaître (Ensemble : « Tendres amants, formez les plus beaux nœuds »).

Acte III : Abramane reproche à Erinice de n’avoir pas su frapper Amélite quand elle le pouvait. Il la fait disparaître pour assouvir sa vengeance. (Air : « Osons achever de grands crimes »). Le jour se lève. Zoroastre, Amélite et leurs suites se préparent au mariage. (Air : « Ô lumière vive et pure »).

Rameau Zoroastre Accourez jeunesses brillantes (Acte III)Cliquez sur Zoroastre

Les jeunes filles et les jeunes gens se préparent à l’hymen. Au moment où ils vont prononcer leur serment, le tonnerre retentit, le jour disparaît, c’est Abramane qui vient les accabler de son feu. Amélite tombe, foudroyée. Zoroastre déclare que seul l’amour d’Amélite peut lui rendre courage. Il appelle les Esprits bienfaisants pour qu’ils s’occupent d’Amélite, puis court secourir le peuple que menace Abramane.

Rameau Zoroastre Mille rayons brillantsCliquez sur l’image

Acte IV : Dans un temple souterrain, Abramane est en proie à sa propre noirceur (Air : « Cruels tyrans, qui régnez dans mon cœur »).

Rameau Zoroastre Cruels tyransCliquez sur Abramane

Ses prêtres lui annoncent que Zoroastre triomphe. Erinice regrette d’avoir uni son destin à celui d’Abramane, mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot. Il fait un sacrifice à son dieu Ariman et fait venir la Vengeance, la Haine et le Désespoir. Tous ensemble, dans une extraordinaire messe noire, s’apprêtent à répandre la terreur et la mort.

Rameau Zoroastre Ah, nos fureurs ne sont point vaines Acte IV scène VICliquez sur la Vengeance

Acte V : Erinice cherche Zoroastre, mais son cœur hésite toujours.

Rameau Zoroastre Quel tourment (Acte V)Cliquez sur l’image

Zoroastre paraît. Elle lui exprime son amour, mais comme le peuple chante les louanges d’Amélite, elle se reprend et retourne à sa haine. Les chants se transforment en pleurs : Erinice a enlevé Amélite. Abramane, face à Zoroastre, lui dit que s’il le frappe, il fera tomber Amélite sous les coups de ses sujets infernaux. Zoroastre le frappe quand même, confiant dans la justice du ciel. Abramane tombe, et les Esprits bienveillants libèrent Amélite. Oromasès lui annonce qu’il a passé la dernière épreuve, et que désormais il peut régner avec Amélite. L’œuvre se termine dans un dernier duo d’amour, accompagné du chœur (Duo : « Que ces nœuds sont charmants »).

(Source principale : je me suis servi pour rédiger ce billet du très beau DVD enregistré au théâtre de Drottningholm en 2006 (et le hasard faisant décidément bien les choses, c’est dans ce même bijou d’opéra que BERGMAN a enregistré sa Flûte enchantée [Trollflöjten]! 🙂)

Compositeurs, histoire

Nicolas MÉHUL (1763 – 1817)

Étienne Nicolas MÉHUL est né à Givet dans les Ardennes le 22 juin 1763. Formé par les franciscains de Givet, il gagne Paris en 1779 avec une lettre de recommandation pour GLUCK. Pour le resituer dans l’histoire musicale, il était quasi contemporain de BEETHOVEN (1770 – 1827).

Il commence sa carrière musicale par des adaptations d’airs d’opéras populaires. À vingt ans, il publie sa première partition, un recueil de trois sonates pour piano-forte. Un deuxième recueil paraît cinq ans plus tard, en 1788.

Méhul sonate opus 1 n 3Cliquez sur le pianiste

Encouragé par Gluck, il se tourne vers l’opéra et entreprend son premier ouvrage lyrique, Cora, en 1785, mais celui-ci n’est créé qu’en 1791. Sa première œuvre dramatique montée sur scène est Euphrosine (1790).

En parallèle de cette activité lyrique, la carrière de Méhul se déploie sous la révolution avec sa collaboration aux fêtes civiques, par différentes pièces patriotiques, dont le fameux Chant du départ (1794) ou encore le Chant national du 14 juillet 1800, écrit à la demande de Bonaparte.

Méhul le Chant du départCopier l’image

Ces travaux lui vaudront les honneurs de l’Institut de France, puis un poste d’inspecteur au Conservatoire de Paris à la création de celui-ci en 1795. avec GRÉTRY et GOSSEC.

Méhul Euphrosine OuvertureCliquez sur l’ouverture d’ Euphrosine

En 1797, il écrit le jeune Henri (ou la Chasse du jeune Henri), sur un livret de BOUILLY. Bouilly est resté dans l’histoire de l’opéra par sa pièce Léonore, ou l’amour conjugal (1798), qui inspirera Beethoven pour son Fidelio.

Méhul le jeune Henri ouvertureCliquez sur l’image

Méhul écrit une trentaine d’opéras, dont l’Irato (1801), une réponse au premier consul qui prétendait que l’opéra bouffe était réservé à l’Italie. Méhul écrira donc un faux opéra italien, et ne dévoilera qu’il en était l’auteur qu’après que celui-ci eut remporté le succès. En 1806, il écrit Uthal, d’après les écrits apocryphes de MAC PHERSON sur les poésies d’OSSIAN.

mehuk uthalCliquez sur l’image

Son plus grand succès restera l’opéra biblique Joseph (1807) qui connaît un grand triomphe y compris en Allemagne et en Italie.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur Joseph et Jacob

Napoléon apprécie son œuvre, mais ceci n’aura pas d’influence sur sa carrière à la Restauration, et il sera nommé au conservatoire de Paris en 1816. Outre sa production d’opéras et d’œuvres patriotiques, Méhul est également l’auteur de cinq symphonies.

Méhul meurt de la tuberculose à Paris le 18 octobre 1817.