Animation 1, Écrivains, Compositrices, Contes et légendes, littérature

Charles PERRAULT (1628 – 1703)

Charles PERRAULT était un écrivain et homme de loi, né à Paris en 1628. Ce protégé de COLBERT a été membre de la commission chargée de « rédiger les inscriptions » sur les monuments publics (la future « Académie des Inscriptions et Belles Lettres ») et fut élu à l’Académie française en 1671. Il prit part à la Querelle des Anciens et des Modernes, soutenant que le XVIIe siècle était de loin supérieur à l’antiquité. En musique, il défendit ainsi la musique de Lully par rapport à la musique antique.

Après avoir écrit Peau d’Âne en 1694, c’est en 1697 qu’il fait paraître son œuvre qui reste la plus connue de nos jours, le recueil de contes les Contes de ma mère l’Oye.

Peau d’Âne a été adapté dans un opéra-comique par Raoul LAPARRA en 1899. Plus près de nous, la compositrice Graciane FINZI en a fait en 2015 un conte (musical) pour enfants.

Finzi Peau d'Ane

Dans les Contes de ma mère l’Oye, on trouve :

La Belle au bois dormant dont TCHAÏKOVSKI a fait un de ses ballets les plus célèbres.

Tchaïkovsky La Belle au bois dormantCliquez sur le célèbre ballet de Tchaïkovski

L’Italien Otorino RESPIGHI a écrit un opéra en 1922 La bella addormentata nel bosco.

Respighi La Bella dormente Nel boscoCliquez sur la Belle au bois dormant

Tex AVERY n’a pas été le seul à adapter Le Petit Chaperon rouge. Il y a eu un opéra-comique de BOÏELDIEU, écrit en 1818, et plus près de nous, Georges APERGHIS en a fait un conte musical pour enfants en 2001.

Aperghis le petit Chaperon rougeCliquez sur le petit Chaperon rouge

Les œuvres inspirées par La Barbe bleue ont déjà fait l’objet d’un article sur ce blog, « Jeanne-d’Arc et Barbe-bleue« .

Le Maître chat ou le Chat botté a été adapté à l’opéra par César CUI, un membre du Groupe des cinq.

Cui le Chat bottéCliquez sur l’image

Les Fées. Je n’ai pas trouvé d’opéra directement inspiré par ce conte, mais pourtant les fées ont inspiré un grand nombre d’œuvres musicales.

Les adaptations de Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre ont déjà fait l’objet d’un billet sur ce blog, « Cendrillon, Cinderella, la Cenerentola« .

Riquet à la houppe qui a fait l’objet d’une adaptation dans un opéra-comique de Georges HÜE en 1928.

Le Petit Poucet

En 1908, Maurice RAVEL écrit Ma mère l’Oye un ensemble de cinq pièces pour le piano à quatre mains destiné à des enfants de ses amis. Les deux premières pièces de cet ensemble sont « Pavane de la Belle au bois dormant » et « le petit Poucet ». Les trois autres sont tirées d’autres livres de contes.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains

Retrouvez ici d’autres opéras pour enfants.

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, j’ai fait appel pour le portait de Perrault à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co )

Écrivains, littérature, Mythologie, Théâtre

SOPHOCLE (- 495, – 406)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Sophocle a écrit plus de cent pièces, mais seules huit d’entre elles nous sont parvenues.

Trois d’entre elles font partie de la mythologie associée à la ville de Thèbes (Antigone, Œdipe roi et Œdipe à Colone) et trois autres à la guerre de Troyes (Ajax, Électre, Philoctète).

Antigone (- 441) est certainement la pièce de Sophocle la plus connue de nos jours. Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste (Jocaste étant elle-même la mère d’Œdipe se trouve donc être à la fois la mère et la grand-mère d’Antigone). Elle est aussi la sœur d’Étéocle, Polynice et Ismène. À la mort d’Œdipe, les deux frères Étéocle et Polynice se disputent le trône laissé par leur père, et meurent dans un combat fratricide. Leur oncle Créon ordonne que le corps d’Étéocle ne soit pas enseveli comme le voudrait la loi divine, ce qu’Antigone refuse. Elle se fait surprendre alors qu’elle enterre le corps de son frère, et est condamnée à être emmurée vivante. Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone intervient auprès de son oncle qui se laisse fléchir et gracie Antigone, mais trop tard, Antigone s’est pendue dans la grotte où elle devait être emmurée.

Cette pièce a inspiré de très nombreux artistes, notamment COCTEAU et Anouilh au XXe siècle et a inspiré moult opéras.

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

Dans Œdipe roi, l’action se passe à Thèbes ravagée par la peste. Œdipe, devenu roi, cherche à savoir d’où vient la malédiction qui frappe et sa famille, et Thèbes. Il demande au devin Tirésias, qui refuse de répondre. Devant la colère d’Œdipe, il finit par lui révéler qu’il est à la fois le meurtrier de son père et l’époux de sa mère. Devant cette horrible découverte, il se crève les yeux, et demande à partir en exil, après avoir confié ses filles, Antigone et Ismène, à Créon.

Une adaptation à l’opéra de cette tragédie est Œdipus Rex, de STRAVINKY, sur un livret de Jean Cocteau.

Stravinsky Oedipus rexCliquez sur la toile de Max Ernst

Le troisième volet de la trilogie thébaine est Œdipe à Colone. Après s’être crevé les yeux et avoir quitté Thèbes, Œdipe se trouve à Colone, une ville proche d’Athènes. Seules ses filles le soutiennent tandis qu’il cherche à se disculper. Créon, averti par les dieux que la victoire sera à ceux qui seront avec lui veut le ramener à Thèbes, aidé de ses fils Étéocle et Polynice. Aidé par Thésée, le roi d’Athènes, il se retire dans une cachette où il disparaît, après avoir promis sa protection à Athènes.

Le texte a inspiré plusieurs œuvres, dont un opéra d’Antonio Sacchini datant de 1786 (Œdipe à Colone), ainsi qu’une pièce chorale de Iannis Xenakis, À Colone (1977). Le compositeur roumain ENESCO (1881 – 1955) a écrit au début du XXe siècle un Œdipe reprenant les deux pièces de Sophocle.

Enescu œdipeCliquez sur l’image

Dans Les Trachiniennes, Sophocle nous raconte la mort d’Héraclès, tué par sa femme Déjanire qui, jalouse, a enduit la tunique de Nessus (un centaure vaincu par Héraclès dans ses douze travaux) du sang de l’hydre de Lerne (un autre monstre tué par Héraclès), pour le rendre fidèle. Malheureusement, c’est en revêtant cette tunique empoisonnée que le héros trouve la mort. Déjanire se tuera quand elle comprendra son erreur.

Cette légende de Déjanire a été portée à l’opéra par Camille SAINT-SAËNS en 1898 aux arènes de Béziers. (Attention, rareté !)

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

La trilogie liée à la guerre de Troie commence avec Ajax (- 445). Ajax veut se venger des Atrides, mais Athéna trouble sa raison, et dans un accès de folie, il massacre du bétail. Revenu à lui, et se rendant compte du ridicule auquel il s’est soumis, il se suicide. Ulysse réussit toutefois à persuader Agamemnon de sa vaillance et lui obtient une sépulture digne.

Vient ensuite Électre (- 415). À Mycènes, Électre attend le retour de son frère Oreste. Quand elle apprend la mort de celui-ci, elle envisage de tuer elle-même Clytemnestre qui avait tué son mari Agamemnon (le père d’Électre). Quand finalement Oreste revient, elle l’exhorte à assassiner leur mère Clytemnestre et son amant Egisthe.

Parmi les nombreuses adaptations de ce drame, on peut noter l’Elektra de Richard STRAUSS.

Strauss ElektraCliquez sur Elektra

Vient ensuite Philoctète (- 409). Philoctète est ce héros qui a allumé le bûcher d’Héraclès pour mettre fin à ses souffrances, empoisonné par la tunique de Nessus que sa femme Déjanire lui avait envoyée pour le rendre fidèle. En récompense, Hercule lui légua ses flèches magiques trempées dans le sang de l’hydre de Lerne. Mordu par un serpent, Ulysse le laissa seul sur une île. Le jeune Néoptolème, fils d’Achille, est envoyé par Ulysse pour le ramener à Troie, lui et ses précieuses flèches. Mais le jeune homme ne peut se résoudre à tromper Philoctète, et lui révèle les desseins d’Ulysse. Dès lors Philoctète veut reprendre son arc pour tuer ce dernier. Il faut une apparition d’Héraclès pour le convaincre d’aller à Troie, où il sera guéri. Dès lors, c’est avec une de ses flèches qu’il tuera Pâris, mettant ainsi fin à la guerre de Troie.

Le personnage de Philoctète apparaît dans le Déjanire (1898) de Camille SAINT-SAËNS (cf. cidsus)

Il y a encore une œuvre de Sophocle, les Limiers, dont on a retrouvé des fragments au début du XXe siècle. Le sujet traite du vol des troupeaux d’Apollon par Hermès, tout juste né. À la fin, Apollon et Hermès se réconcilient grâce à la lyre de ce dernier.

Cette pièce a inspiré Albert ROUSSEL (1869 – 1937) avec son conte lyrique La Naissance de la lyre, créé en 1925.

Roussel La Naissance de la lyreCliquez sur l’enregistrement historique (1930)

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont, 1999)

Écrivains, littérature, Mythologie, Théâtre

EURIPIDE (- 480 , – 403)

EURIPIDE (- 480, – 403) fait partie, avec ESCHYLE et SOPHOCLE de ceux qu’on appelle les tragiques Grecs. On connaît peu de choses fiables de sa vie, mais il semble qu’il ait été ami avec SOCRATE. Les tragédies grecques portaient sur les récits mythologiques de l’époque, que ce soit la Guerre de Troie ou le destin des Atrides.

Historiquement, l’opéra cherchant à retrouver l’art de la tragédie grecque, il n’est pas surprenant que les pièces d’Euripide aient fait l’objet d’adaptations musicales, et ce plus de 2 000 ans après leur écriture !

Parmi ses tragédies ayant inspiré les compositeurs, on peut noter :

Andromaque. Andromaque est l’épouse d’Hector, le prince troyen, et est un modèle de l’époque fidèle. Sa descendance littéraire est due à RACINE, qui a écrit son Andromaque en adaptant la pièce d’Euripide. Parmi les œuvres lyriques inspirées par la tragédie de Racine, on peut citer :

  • Andromaque, une tragédie lyrique de GRÉTRY représentée en 1780.
  • Andromaca, un opéra de Giovanni PAÏSIELLO de 1797
  • Ermione, un opéra de ROSSINI créé en 1819.
  • et Andromaque, une musique de scène de SAINT-SAËNS datant de 1903.

Grétry Andromaque Murs sacrésCliquez sur Andromaque

Iphigénie à Aulis qui est comme pour Andromaque la source de l’Iphigénie de Racine, dont GLUCK s’est servi pour son Iphigénie en Aulide (1774). Iphigénie est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, et la sœur d’Électre et d’Oreste (et de Chrysothémis, moins connue).

Gluck Iphigénie en AulideCliquez sur Iphigénie

Électre est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, et la sœur d’Iphigénie et d’Oreste. C’est elle qui pousse Oreste à tuer leur mère pour venger le meurtre d’Agamemnon. Son histoire a inspiré un grand nombre d’œuvres dont :

Elektra, opéra de Richard STRAUSS (1909) (son librettiste HOFFMANSTAHL s’est en fait plutôt servi de l’Électre de Sophocle).

Electra, opéra en deux actes de Mikis THEODORAKIS (1993).

Théodorakis ElectraCliquez sur Électre

Oreste, dont HAENDEL a tiré l’opéra Oreste (1737).

Haendel OresteCliquez sur l’image

Iphigénie en Tauride qui a inspiré CAMPRA (1704), Iphigénie en Tauride de Gluck (1779) et son rival PICCINNI (1781) en France et de nombreux autres opéras en Italie (GALUPPI en 1768, JOMMELLI en 1771).

Alceste qui a inspiré LULLY et l’Alceste de Gluck. Alceste, épouse du roi Admète, se sacrifie pour prendre la place de son mari aux Enfers. Héraclès, amoureux d’elle, va la rechercher et la rend à son mari.

Gluck Alceste finalCliquez sur Alceste

Médée. Médée, fille du roi de Colchide, tombe amoureuse de Jason venu chercher la Toison d’Or. Elle propose de l’aider dans les tâches imposées par son père pour conquérir ladite toison. Elle quitte la Colchide avec Jason, mais un peu plus tard, Jason tombe amoureux d’une autre. Prise de folie meurtrière, elle sacrifie les deux enfants qu’elle a eus avec Jason. (Je vous le fais simple, mais toute son histoire est jalonnée de meurtres horribles).

L’histoire de cette mère infanticide est de loin celle qui a le plus été représentée sur les scènes lyriques, avec notamment la Médée de CHARPENTIER (1693), celle de CHERUBINI (1797), la Siuote pour orchestre de D’INDY (1898), un opéra de MILHAUD (1939), un de BARBER (1946), un de Theodorakis (1991) jusqu’à DUSAPIN (1992) et REVERDY (2003).

Charpentier Médée Noires DivinitésCliquez sur l’image

Et enfin Hippolyte qui a donné Hippolyte et Aricie de RAMEAU.

Hippolyte est le fils de Thésée et de la reine des Amazones (rien à voir avec une entreprise multinationale dont le but est de supprimer le maximum d’emplois à valeur ajoutée partout à travers le monde pour les remplacer par des emplois à très faible valeur ajoutée, au niveau mondial, on estime que cette entreprise crée un emploi chaque fois qu’il en supprime 2,5 ailleurs.) Quand plus tard, Thésée se remarie avec Phèdre, celle-ci tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte, et ça se passe très mal !

Rameau Hippolyte et Aricie Trio des Parques (Quelle soudaine horreur)Cliquez sur le Trio des Parques (et tremblez)

Retrouvez prochainement sur ce blog des articles consacrés aux petits camarades d’Euripide : Sophocle et Eschyle.

Écrivains, littérature

George SAND (1804 – 1876)

La musique dit tout ce que l’âme rêve et pressent de plus mystérieux et de plus élevé. C’est la manifestation d’un ordre d’idées et de sentiments supérieurs à ce que la parole humaine pourrait exprimer. 

Georges SAND – Consuelo.

La petite Amantine Aurore Lucile DUPIN est née à Paris en 1804. Femme de lettres, elle connaissait le milieu de la culture, pas seulement les écrivains, mais aussi les peintres et les musiciens.

Elle se marie à dix-huit à Casimir DUDEVANT.

Héritière d’un domaine (et d’un château) à Nohant, dans le Berry, George y fera de fréquents séjours, y invitant tous ses amis, dont BALZAC, Alexandre DUMAS fils, DELACROIX, Gustave FLAUBERT, Théophile GAUTIER ou encore TOURGUENIEV.

Elle est connue, outre par son œuvre littéraire (romans, correspondances…), par ses liaisons, dont celles avec Frédéric CHOPIN et avec Alfred de MUSSET.

En 1830, elle commence une liaison avec Jules SANDEAU, dont elle tirera son pseudonyme de SAND. En 1831, elle fait la connaissance de BALZAC. Elle écrit Une conspiration en 1537, texte qu’elle donnera plus tard à MUSSET qui en fera la pièce Lorenzaccio.

En 1832, elle écrit son premier roman, Indiana. En 1833, elle va à l’opéra avec MÉRIMÉE, qui deviendra son amant. Elle commence une correspondance avec Alfred de Musset, et très vite, ils deviennent amants.

Parmi les amis musiciens de Sand figuraient BERLIOZ et MEYERBEER. Berlioz, qui a écrit Lélio, ou le retour à la vie (1832), une suite à sa fameuse Symphonie fantastique, a trouvé le nom Lélio dans un roman de Sand.

Berlioz Lélio ou le retour à la vie Chant de bonheur

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En 1834, Musset présente à Sand un jeune homme de 23 ans, Franz LISZT, (qui avait une liaison secrète avec la comtesse Marie d’AGOULT). Très vite le courant passe entre Liszt et Sand, qui adorait écouter Liszt, allongée sous le piano.

En 1836, elle part avec Franz LISZT et Marie d’AGOULT en Suisse. On trouve des traces de ce voyage dans la première année de Pèlerinage de Liszt, consacrée à la Suisse.

Liszt la Vallée d'Obermann

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À leur retour de Suisse, George Sand, qui avait abandonné son pied-à-terre parisien, logera quelque temps chez Marie, et c’est là qu’elle fera la connaissance d’un certain Frédéric CHOPIN.

En 1837, c’est le second séjour de Liszt et Marie d’Agoult à Nohant.

En 1838, c’est le début de sa liaison avec CHOPIN. En fin d’année, ils partent à Majorque. C’est à la Chartreuse de Valldemosa que Chopin écrit son fameux prélude « à la goutte d’eau ».

Chopin prélude op 28 n 15

Cliquez sur le pianiste

En 1840, elle fait un voyage avec Louis VIARDOT, avec qui elle fondera la Revue indépendante en 1841, et sa femme la cantatrice Pauline GARCIA (alias Pauline VIARDOT).

En 1842, elle publie Consuelo, l’histoire d’une cantatrice. Ce roman, paru en feuilleton, est dédié à Pauline. En 1843, elle en publie la suite La Comtesse de Rudolstadt.

En 1847, c’est la rupture avec Chopin (qui meurt en 1849). Une partie de la relation entre George Sand et Chopin sert de trame au roman Lucrezia Floriani (1847) bien que George s’en soit défendue.

Politiquement, George était marquée à gauche, proche des saint-simoniens et défendant la démocratie. En 1848, elle fonde un journal pour la république.

En 1853, elle écrit Les Maîtres sonneurs, roman sur les ménétriers (les musiciens de village).

Musset meurt en 1857. En 1859 paraît Elle et lui, roman inspiré de la liaison de George et Alfred.

1863, parution de Mademoiselle La Quintinie, dont l’anticléricalisme de la préface lui vaut une mise à l’index de l’ensemble de son œuvre.

1869, création de La petite Fadette à l’Opéra-Comique (musique de SEMET).

Ne cliquez pas sur la partition

Georges SAND meurt en 1876, et Victor HUGO écrira son oraison funèbre :

Je pleure une morte, et je salue une immortelle. Je l’ai aimée, je l’ai admirée, je l’ai vénérée ; aujourd’hui dans l’auguste sérénité de la mort, je la contemple. Je la félicite parce que ce qu’elle a fait est grand et je la remercie parce que ce qu’elle a fait est bon.

(Source principale : La Pléiade – Georges SAND – romans [2 volumes])

Et pour en savoir plus sur les relations entre Sand, Liszt et Marie d’Agoult : http://www.lisztomanias.fr/portraits/george-sand/

Écrivains, littérature

LE TASSE (TORQUATO TASSO) (1544 – 1595)

Auteur adulé à son époque, le Tasse (1544 – 1595) écrit son œuvre majeure La Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata) entre 1566 et 1575, sans la publier. Elle est publiée par ses admirateurs entre 1580 et 1581, et deviendra vite une œuvre de référence pendant plus de deux siècles.

Né dans la province de Parme en 1544, le jeune Torquato étudie le droit à Padoue, puis la philosophie à Bologne. À 18 ans, il dédie son poème Renaud (Rinaldo), inspiré du Roland furieux de l’ARIOSTE, au cardinal d’ESTE, suivant en cela l’exemple de son père, homme de cour et poète. Torquato entre alors à la cour du cardinal, où les princesses d’Este, Eleonora et Lucrezia, lui inspirent des vers enflammés. La parution de son œuvre majeure lui vaut des ennuis avec l’Église, et il passe sept ans en prison, à Saint-Anne de Ferrare.

En 1590, il est l’invité du cénacle d’intellectuels florentins dont on peut dire que l’opéra est indirectement issu.

GOETHE écrira en 1790 une pièce d’après la vie du Tasse (où il brode sur la passion impossible du poète avec la princesse Eleonora d’Este), pièce qui inspirera à LISZT le deuxième de ses poèmes symphoniques (Tasso, lamento e triompho).

Liszt Tasso, lamento e TrionfoCliquez sur l’orchestre

Le poète Lord BYRON a publié Les Lamentations du Tasse où il imagine notre héros à Sainte-Anne.

Le compositeur italien Gaetano DONIZETTI a composé un opéra intitulé Torquato Tasso s’inspirant des écrits de Goethe et Byron (et d’autres…)

Donizetti Torquato TassoCliquez sur Torquato

La Jérusalem délivrée a inspiré de nombreux compositeurs, et ce dès 1624 avec MONTEVERDI et son Combat de Tancrède et Clorinde (Il Combattimento di Tancredi i Clorinda).

Monteverdi Le combat de Tancrède et ClorindeCliquez sur Tancrède et Clorinde

Mais parmi les personnages qui ont le plus inspiré les compositeurs est la magicienne Armide (Armida), et outre l’Armide de LULLY, on trouve des opéras portant ce titre chez VIVALDI (1718),

Vivaldi ArmidaCliquez sur Armida

Giuseppe SCARLATTI (1766), HAYDN (1784), SALIERI (1771), CHERUBINI (1782), GLUCK (1777) (sur le livret de Quinault qui avait servi à Lully), ROSSINI (1817) et DVORAK (1904). (Je reviendrai sur Armide dans un billet qui lui sera spécifiquement consacré.)

Dvorak ArmidaCliquez sur l’image

HAENDEL, lui, fait le choix d’appeler son opéra d’après la Jérusalem délivrée : Rinaldo.

Haendel Lascia ch'io pianga imageCliquez sur l’image

Écrivains, littérature, Philosophie

François LISZT : JANKÉLÉVITCH ET LA MUSIQUE (3)

Parmi les compositeurs de prédilection de Wladimir JANKÉLÉVITCH figure Franz LISZT. Et ça tombe bien, Liszt figure aussi parmi mes compositeurs préférés (avec quelques autres.) Je vous propose donc ici une relecture de l’œuvre de Jankélévitch, avec quelques citations sur l’œuvre de celui qu’il appelle François Liszt. (On sait que Jankélévitch a perdu une grande partie de sa famille dans les camps de concentration nazis, ce pourquoi, il a résolu de se détourner de l’Allemagne et de ses intellectuels, qui n’ont pas su dire non au nazisme. Dès lors, il traduit le prénom d’origine de Liszt, Ferenc en hongrois, par François, plutôt que par l’allemand Franz.)

On peut lire dans le tome 2 du Je-ne-sais-quoi et le presque-rien (la Méconnaissance et le malentendu) :

Au sujet des « Variétés de la sous-estimation en musique »

1) Le Boris Godounov original de MOUSSORGSKI ne rendra jamais inutile la version si bien pensante de RIMSKI-KORSAKOV ==> méconnaissance de l’un par rapport à l’autre.

2) Beaucoup de grands compositeurs ne devinrent célèbres non pas grâce à leur œuvre créatrice mais grâce à leur virtuosité technique. C’est le cas de Liszt, mais aussi de BUSONI pianiste dont on méconnaît son Cahier indien et surtout son Turandot. Pareil pour ENESCO violoniste célèbre mais auteur méconnu d’Œdipe ou de la 2e sonate en fa dièse mineur.

3) Le grand homme est souvent reconnu pour d’autres œuvres que ses chefs-d’œuvre. Cas de Liszt connu pour ses premières rhapsodies hongroises, mais pas les dernières,

Liszt Rhapsodie hongroise n° 19Cliquez sur l’image

mais pas le Prélude funèbre et la marche funèbre (1885), ni les grandes constructions géniales, dont le Psaume XIII.

Liszt Psaume XIIICliquez sur l’image

Idem pour RACHMANINOV : qui connaît Les Cloches op. 35 d’après Edgar POE, et sa IIIe Symphonie en la mineur op. 44 et la IIe sonate pour piano op. 36.

Rachmaninov Les ClochesCliquez sur les Cloches

Page 101 : Liszt, si fêté, si comblé par l’admiration universelle et par la renommée, a voulu être chevalier de ces causes perdues : héros et martyrs sont, chez lui, frères en malheur; Prométhée, Tasso et Mazeppa d’une part, Sainte Élisabeth et Sainte Cécile d’autre part se rencontrent dans une même « Héroïde funèbre ». Mais si Mazeppa tombe et se relève roi, sainte Cécile ne se relève pas reine : car elle est sainte et martyre.

Page 143 : La musique de Liszt a presque toujours mis l’accent sur le moment affirmatif du moment suprême… Liszt nous invite lui-même à reconnaitre dans son Prométhée le poème symphonique de la « désolation triomphante ». Moins triomphant peut-être, le « Trionfo » terminal du poème symphonique Tasso exprime que le héros persécuté connaitra, dans la mort, une revanche presque immédiate. Lamento et Trionfo ! Mort et… Transfiguration.

Liszt Tasso, lamento e trionfoCliquez sur l’orchestre

Force et douleur se rejoignent chez Liszt dans la Bataille des Huns, où le choral grégorien « Crux fidelis » surgit brusquement, pianissimo des clameurs barbares…

Le Christus de Liszt est dans toute sa seconde partie un long et grandiose Alleluia à la gloire de l’église de Pierre.

Liszt Christus 2e partieCliquez sur l’image

Page 192 : L’erreur n’est pas d’admirer Liszt en général, mais de l’admirer comme pianiste et virtuose alors qu’il est avant tout le merveilleux architecte de la Messe de Gran et de la Faust-Symphonie.

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Et dans La musique et l’ineffable, page 72 : la musique ne suit pas mot à mot le poème, elle crée une atmosphère générale. Tel est le cas par exemple de la Lénore de Liszt. Ce qu’on vient de dire des poèmes, des livrets et des « mélodrames » pourrait se redire des « programmes » de Liszt : ne cherchez à retrouver dans le poème symphonique Orphée ni la robe étoilée du mage, ni les lions ravis, ni Eurydice délivrée… et pourtant la musique d’Orphée exprime bien … le triomphe de l’Harmonie civilisatrice.

Page 73 Liszt consacrant un poème symphonique à la vie du TASSE, ne raconte pas les événements successifs qui en forment la trame : car quelle musique serait narrative en ce sens ? Mais il détache de ce récit quelques épisodes caractéristiques : le chant du gondolier sur la lagune de Venise; Torquato Tasso persécuté hantant la cour de Ferrare, l’apothéose du poète à Rome; et ce panorama, simplifié, se réduit lui-même à un diptyque, le diptyque du Lamento et du Triumfo.

Page 74 Dans les Préludes Liszt, à la suite de LAMARTINE, évoque quatre scènes exemplaires… de la destinée humaine : l’amour, les orages de l’existence, la vie pastorale, la guerre.

Liszt les PréludesCliquez sur l’image

Plus diffluent et plus austère, le triptyque Du berceau à la tombe évoque, de part et d’autre de la  » Lutte pour l’existence « , la berceuse enfantine et la berceuse de la mort.

Liszt du Berceau jusqu'à la tombeCliquez sur la pochette du disque

Page 78 : Liszt, qui annonce à l’avance son « programme », pénètre l’âme et le cœur par quelque chose d’autre que les poèmes de ses poétes, par je ne sais quoi de divin et de troublant que ne contenaient ni le Faust de Goethe ni les Sonnets de Pétrarque, ni le Mazeppa de Victor HUGO, mais qui après tout, mais qui en somme aura exprimé l’essence la plus profonde de ces textes.

Liszt MazeppaCliquez sur l’orchestre

Puis, page 104 : Liszt … cite volontiers en épigraphe les textes qui inspirent ses poèmes : un sonnet de Pétrarque, le chapitre des Fioretti sur la prédication aux oiseaux, quelques lignes de Lamartine, Ce qu’on entend sur la montagne de VH; mais quand le piano ou l’orchestre à leur tour élèvent la voix, quelque chose qui est d’un tout autre ordre nous pénètre, quelque chose de diffluent et de brumeux où la voix de la nature et celle de l’humanité sont encore indistinctes… ce quelque chose est l’ordre efficace et irrationnel de la musique.

Page 166 : C’est ainsi que l’œuvre de Liszt, toute bruissante d’héroïsme, d’épopées et d’éclats triomphants, se voit aux approches de la vieillesse envahie peu à peu par le silence… de longues pauses viennent interrompre le récitatif, des mesures blanches espacent et raréfient les notes: la musique de la Messe basse, des Valses oubliées, de la Gondole funèbre et du poème symphonique Du berceau à la tombe devient de plus en plus discontinue, les sables du néant envahissent la mélodie et en tarissent la verve.

Liszt la gondole funèbreCliquez sur la gondole (funèbre)

Page 186 : les Valses oubliées, chez François Liszt, surgissent des brumes de la mémoire.

Liszt Valses oubliéesCliquez sur le pianiste

(Sources : Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-Rien, éditions du Seuil, 1980

La Musique et l’Ineffable, éditions du Seuil, 1983)

Retrouvez ici l’article Gabriel FAURÉ relu par Jankélévitch.

Écrivains, littérature, Théâtre

Alexandre OSTROVSKI (1823 – 1886)

On connaît peu en France le dramaturge Alexandre Nicolaïevitch OSTROVSKI. Pourtant, considéré comme le père du théâtre russe, auteur de plus de cinquante pièces où il décrit le milieu des marchands (avides) ou la cruauté des relations familiales, il est en Russie aussi célèbre que peut l’être un MOLIÈRE chez nous.

Après des études de droit, Ostrovski entre au tribunal de commerce de Moscou, ce qui lui permet de devenir familier avec l’univers des marchands.

Il publie sa première pièce, Tableau de famille, en 1847. Cette pièce qui décrit une faillite frauduleuse est interdite par la censure impériale. En 1851, il est poussé à démissionner du tribunal ce qui lui permet de se consacrer à temps plein à l’écriture.

En 1864, le jeune TCHAÏKOSVKI, encore au conservatoire, écrit une ouverture pour une de ses pièces, l’Orage (1859). L’œuvre ne sera publiée qu’après sa mort.

Tchaïkovski l'OrageCliquez sur l’image

Cherchant un sujet pour son premier opéra, il demande un livret sur l’Orage à OSTROVSKI, mais celui-ci l’ayant déjà promis à un autre compositeur, lui propose une autre de ses pièces, le Voïévode (ou Voïvode). En 1867, Tchaïkovski travaille sur le livret qu’Ostrovski lui a fourni. Devant le peu de succès rencontré, il détruit sa partition (qui a été reconstituée depuis d’après les fragments ou le matériel d’orchestre retrouvés.)

Tchaïkovsky le voïvodeCliquez sur l’image

Anton ARENSKI (1861 – 1906), un élève de RIMSKI-KORSAKOV écrira lui aussi un opéra, Un rêve sur la Volga (1888), d’après le Voïvode.

En 1873, Tchaïkovski (encore lui) écrit une musique de scène pour une autre de ses pièces, Snegourotchka, la fille des neiges. C’est à partir de cette même pièce que RIMSKY-KORSAKOV écrira son Snegourotchka en 1881.

Rimsky-Korsakov Snegourotchka scène finaleCliquez sur l’image

Une autre des œuvres d’Ostrovki, Ne vis pas comme tu veux, mais comme Dieu l’a ordonné a été adaptée à l’opéra sous le nom La puissance du mal (1871), mise en musique par SÉROV.

On retrouvera L’orage au siècle suivant avec son adaptation par JANACEK en 1921, sous le titre de Katia Kabanova.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur l’image

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Jean COCTEAU (1888 – 1963) – DEUXIÈME PARTIE

Poursuivons les aventures musicales de Jean COCTEAU, commencées dans la première partie qui lui a été consacrée.

En 1927, il renoue avec STRAVINSKY pour qui il écrit l’opéra Oedipus Rex. Cette même année, il donne le titre Opéra à un recueil de ses poèmes (écrits sous l’influence de l’opium.)

Stravinsky Oedipus RexCliquez sur l’image et écoutez Cocteau nous présenter sa pièce

En 1929, il compose une pièce, La voix humaine, qui deviendra un opéra en 1959 avec une musique de Poulenc (et aussi un film de ROSSELLINI.) 1929 est aussi l’année d’écriture de la pièce Les Enfants terribles.

En 1930, il tourne un film surréaliste, Le sang d’un poète, exact contemporain de L’âge d’or de Luis BUNUEL (et commandé par le même mécène, le vicomte de Noailles.) La musique en est de Georges Auric. Il écrit une Cantate pour un jeune prince russe arrivé à Paris, Igor MARKÉVITCH (qui de nos jours est plus connu pour sa carrière de chef d’orchestre.)

Auric Le Sang d'un poèteCliquez sur l’image

En 1933 il écrit la pièce la Machine infernale, une nouvelle adaptation pour le théâtre du mythe d’Œdipe.

En 1934, c’est Blancharmure, préfiguration des Chevaliers de la Table ronde, pour laquelle Markevitch voulait écrire la musique.

En 1938, il écrit la pièce Les Parents terribles dont il fera un film en 1948.

Pendant la guerre, Cocteau est la cible de la presse collabo. Ainsi en 1941, L.F. CÉLINE appelle, dans le journal Je suis partout, à la liquidation pure et simple du « décadent » COCTEAU, au nom supérieur de la préservation de la « race ».

1943 est l’année de la création à la Comédie française de sa pièce Renaud et Armide, d’après la Jérusalem délivrée du Tasse.

En 1944, c’est l’Aigle à deux têtes, avec une musique d’Auric (création en 1946.) Cette pièce fera l’objet d’un film en 1948 avec les mêmes acteurs (Jean MARAIS, Edwige FEUILLÈRE).

Cocteau se tourne alors vers le cinéma, avec La belle et la bête (1945), avant que d’adapter le mythe fondateur de l’opéra avec Orphée en 1950.

En 1950, il écrit l’argument d’un ballet commandé par Auric pour l’Opéra : Phèdre.

Auric PhèdreCliquez sur l’image

En 1955, lui qui avait eu tant de mal à se faire jouer à la Comédie française entre à l’Académie française.

En 1959, la Voix humaine, mise en musique par Poulenc, entre au répertoire de l’Opéra-comique. ZEFFIRELLI met en scène le Poète et sa Muse, avec une musique de MENOTTI.

Poulenc La Voix humaineCliquez sur la Voix

En 1960, après la mort de Paul FORT, il reçoit le titre de Prince des poètes, titre qu’avaient porté avant lui notamment VERLAINE et MALLARMÉ.

Cocteau meurt en 1963, le même jour qu’Édith PIAF.

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Jean COCTEAU (1888 – 1963) – PREMIÈRE PARTIE

Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi !

Issu d’un milieu aisé, (son grand-père a connu ROSSINI dont il a reçu un piano en legs,) le jeune COCTEAU a eu l’occasion d’entendre le violoniste Pablo de SARASATE jouer en quatuor avec ce grand-père.

Il n’a pas vingt ans qu’il tient déjà salon, où viennent DEBUSSY et Reynaldo HAHN, mais aussi de jeunes poètes ou des peintres comme BONNARD.

Poète précoce, Jean COCTEAU fréquente très jeune PROUST ou les ballets russes de DIAGHILEV. Il se tiendra toujours aux avant-postes de la modernité, passant de Dada au cubisme, mais rejeté par les surréalistes.

Dès 1910, Reynaldo Hahn (1874 – 1947), l’auteur de Ciboulette, met en musique un « mensonge en un acte » de Cocteau : La patience de Pénélope.

Après la présentation à Paris au début du siècle d’œuvres de RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908)  (Schéhérazade, Le coq d’or), Diaghilev et ses ballets russes attaquent les années ’10 avec trois ballets de STRAVINSKY (1882 – 1971) : L’oiseau de feu (1910), Pétrouchka (1911) et surtout la déflagration provoquée par Le Sacre du printemps (1913).

Stravinsky le sacre du printempsCliquez sur l’image

Soucieux de se tourner vers ce milieu parisien où il triomphe, Diaghilev commande en 1912 une pièce à Cocteau. Ce sera Le dieu bleu, sur une musique de Hahn. En 1914, Cocteau travaille avec Stravinsky sur un projet de ballet : David.

En 1915, il met en chantier un Songe d’une nuit d’été, dont la musique sera confiée à Eric SATIE (1866 – 1925). Cette même année, le créateur de la musique concrète Edgar VARÈSE (1883 – 1965), qui avait dirigé la création du Songe, le présente à PICASSO. Cocteau confie la musique de David à Satie. En 1916, Cocteau demande à Picasso de réaliser le rideau de scène pour ce ballet, qui change de nom et devient Parade. En 1917, la création du ballet Parade réunit donc Cocteau, Satie, Picasso et Diaghilev ! (Excusez du peu.)

Satie ParadeCliquez sur l’image

En 1920, Cocteau détourne Le bœuf sur le toit de Darius MILHAUD (1892 – 1974), souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors sont de Raoul DUFY et la chorégraphie de MASSINE.

Milhaud Le Bœuf sur le toit

Il compose aussi le livret de Paul et Virginie, un opéra-comique prévu pour Satie.

En 1921, il écrit Les Mariés de la Tour Eiffel, musique du Groupe des six (enfin, cinq d’entre eux).

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur l’image

Cette même année, il écrit le Gendarme incompris, avec une musique de Francis POULENC.

En 1922, Arthur HONEGGER (1892 – 1955) lui écrit une musique de scène pour sa pièce Antigone. Les décors sont de Picasso et les costumes de CHANEL.

En 1924, il écrit Roméo et Juliette, avec une musique de Roger DÉSORMIÈRES. Dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes, le Train bleu avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleuCliquez sur l’image

Et retrouvez sur ce blog la suite des aventures musicales de Jean Cocteau.

(Source principale : Pierre BERGÉ, Album COCTEAU de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.)

 

Écrivains, littérature, Philosophie

Gabriel FAURÉ : Wladimir JANKÉLÉVITCH ET LA MUSIQUE (2)

On le sait, le philosophe Wladimir JANKÉLÉVITCH était également musicologue (et pianiste averti). Aussi n’hésite-t-il pas à convoquer ses compositeurs préférés quand il s’agit de donner des exemples sur, par exemple, la notion d’ineffabilité. Un de ses auteurs de prédilection était Gabriel FAURÉ, et on peut relever, au fil de la lecture de la trilogie Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien les citations suivantes :

 Lu dans Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien :

« Cette divine éternité d’un quart d’heure » qui s’appelle Ballade en fa dièse de Gabriel Fauré.

Fauré Ballade en Fa dièse opus 19

« Ce désir de choses inexistantes » par lequel Gabriel Fauré caractérise la divine phrase de l’adagio de son 2e quatuor.

Fauré 2e Quatuor adagio

« Le « message » que le Sanctus du Requiem nous transmet, Fauré ne le formule ni ne l’exprime, mais il le dit en arpèges. » (Ailleurs, il écrit : « celui qui n’a pas entendu à l’orchestre ses pianissimos surnaturels, le murmure de ses harpes, la sereine et stellaire effusion de ses chœurs et l’apaisante cantilène de ses archets, et ses feintes modulations, et tout ce je-ne-sais-quoi qui est en sourdine… celui-là ne sait même pas le commencement du premier mot d’un charme que seuls les butors peuvent écrire à l’avance. »)

Fauré requiem sanctus

« L’essence est capable de se faire invisible… comme la très secrète splendeur de la musique de Fauré parmi les roucoulements des cantatrices » (à propos de son opéra Pénélope).

Fauré Pénélope Prélude

« La musique de Fauré représente à la fois le verbe immédiat et le chiffre complexe, et toute interprétation est méprise qui lui fait exprimer ceci ou cela; car elle suggère un état d’âme en général sans rien exprimer en particulier. Et de là que tous les commentaires imagés qu’on donne d’un Nocturne sont vrais ensemble ou faux ensemble. »

Fauré nocturne no 6

La Musique est l’Ineffable s’ouvre sur la question suivante: « Qu’est-ce que la musique? se demande Gabriel Fauré à la recherche du « point intraduisible », de la très réelle chimère qui nous élève « au-dessus de ce qui est ». »

Et plus loin, il nous parle du mystère de la mélodie fauréenne.

Fauré mélodie Nocturne

« Dans la pièce appelée Tendresse, les deux pianistes de Dolly dialoguent canoniquement sans échanger des idées précises, on dirait une âme silencieuse qui monologue avec elle-même. »

Fauré Dolly tendresse

Sources : Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien tome I La manière et l’occasion, éditions du seuil, 1980

Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien tome 2 La méconnaissance, le malentendu, éditions du seuil, 1980

La Musique et l’Ineffable, éditions du Seuil, 1983.