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Mes opéras préférés

HAMLET, d’Ambroise THOMAS (1868)

Hamlet, d’Ambroise THOMAS, date de 1868. Il a été créé à l’Opéra de Paris, deux ans après Mignon, autre grand succès de Thomas, créé à l’Opéra-comique. Le livret en est du duo BARBIER / CARRÉ, déjà connus pour être auteurs du livret du Faust de GOUNOD en 1858.

Suivant la classification de G.B. SHAW, nous sommes ici en présence d’un étonnant (B+S+M) où le héros, Hamlet chanté par un baryton et non pas par un ténor, aime Ophélie la soprano, alors que la mezzo Gertrude favorise cet amour.

On peut noter que c’est dans Hamlet qu’on trouve pour la première fois l’utilisation du saxophone, récemment inventé, dans un opéra.

Le pitch : On a tué le roi du Danemark, le père d’Hamlet. Le père d’Ophélie, la fiancée d’Hamlet, ayant participé au complot, Hamlet demande à Ophélie de partir au couvent. Devenue folle, elle se suicide. Le spectre du père demande à Hamlet de le venger, ce que celui-ci fait.

Acte I : À Elseneur, au Danemark, la foule se réjouit du mariage entre le roi Claudius et Gertrude, la femme de son frère assassiné deux mois plus tôt.

Hamlet, le fils de Gertrude et de l’ancien roi, voyant sa mère se remarier après seulement deux mois de deuil, médite sur l’infidélité des femmes. Ophélie, sa fiancée, le rejoint et le presse de lui faire dire son amour. La scène se termine par un beau duo (« Doute de la lumière ».)

Thomas Hamlet Doute de la lumièreCliquez sur Ophélie et Hamlet

Ils sont interrompus par Laërte, le frère d’Ophélie, qui vient leur annoncer qu’il est envoyé en Norvège et qu’il confie sa sœur à Hamlet (un peu comme Valentin, le frère de Marguerite, dans le Faust de Gounod.) (Air : « Pour mon pays ».)

Une fanfare annonce le début des festivités du mariage. Hamlet choisit de s’éloigner. Horatio, un ami d’Hamlet, cherche celui-ci pour lui dire qu’on a vu le spectre de son père la nuit précédente sur les remparts.

Sur l’esplanade du château, la nuit, Horatio et Marcellus attendent, se demandant s’ils verront à nouveau le fantôme du roi. Hamlet arrive et apprend la nouvelle. Alors que minuit sonne, le spectre fait son apparition. Il s’adresse à Hamlet et lui apprend qu’il a été assassiné par son frère Claudius. Il demande à Hamlet de le venger.

Thomas Hamlet Scène de l'esplanadeCliquez sur l’image

Acte II : Ophélie est seule dans les jardins du palais. Elle est inquiète, car Hamlet semble l’ignorer.

Thomas Hamlet Sa main depuis hier...Cliquez sur Ophélie

Elle confie son trouble à Gertrude qui prend peur : se pourrait-il que son fils ait découvert la vérité ? Le roi essaye de la calmer.

Thomas Hamlet l'âme de votre filsCliquez sur Claudius et Gertrude

Au cours d’une fête, après une chanson bachique (Ô vin, dissipe la tristesse), Hamlet fait jouer une pièce relatant l’assassinat d’un roi par son frère.

Thomas HAmlet Ô vin dissipe la tristesseCliquez sur Hamlet

Devant le trouble de Claudius, Hamlet l’accuse publiquement et lui arrache sa couronne.

Acte III : Hamlet se demande pourquoi il n’a pas frappé le roi quand il le pouvait. (Air : « Être ou ne pas être ».)

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Quand Claudius arrive, Hamlet se cache derrière une tenture, prêt à le frapper, mais le roi est pris de remords, et demande à son frère de prier pour lui.

Thomas Hamlet Je t'implore, ô mon frèreCliquez sur Claudius

Hamlet ne veut pas le frapper quand il prie, il veut le tuer sur le trône usurpé. Polonius, le père d’Ophélie, arrive. De l’échange qu’ils ont avec le roi, Hamlet comprend que Polonius est complice du meurtre de son père.

Gertrude arrive avec Ophélie, demandant à Hamlet de se marier avec la pauvre fille. Hamlet feint la froideur vis-à-vis de la fille d’un des meurtriers de son père, lui recommandant de partir au couvent et provoquant le désarroi d’Ophélie.

Se tournant vers sa mère, Hamlet l’accuse d’avoir versé le poison dans l’oreille de son mari. Elle titube, s’effondre, mais le spectre apparaît à Hamlet, lui demandant d’épargner sa mère.

Acte IV : Ophélie, désemparée, erre dans la campagne quand elle voit une fête campagnarde. Elle se joint aux jeunes filles, avant de sombrer dans la folie. Elle se penche au-dessus du fleuve, glisse et se noie.

Thomas Hamlet Des larmes de la nuitCliquez sur Ophélie

Acte V : Au cimetière, les fossoyeurs préparent une tombe. Hamlet, qui fuit les assassins de son père à ses trousses, médite sur la vanité de la vie. Laërte arrive, et l’accuse de n’avoir pas veillé sur sa sœur. Quand le cortège funéraire arrive, Hamlet comprend tout : Ophélie est morte. Il veut mourir avec elle quand Claudius et Gertrude arrivent. Le spectre rappelle Hamlet à son serment. Hamlet tue le roi et la reine et, à la demande du spectre de son père, devient roi du Danemark.

(Sources principales : La production de l’Opéra-Comique de 2018, et le livret associé, ainsi que le DVD enregistré au Gran Teatre del Liceu de 2003.)

Compositrices

BARBARA STROZZI (1619 – 1677)

barbara-strozzi

Après Francesca CACCINI, la première femme compositrice d’opéras, voici Barbara STROZZI, une autre figure féminine de la musique baroque.

Barbara, née le 6 août 1619 à Venise, est la fille de la servante d’un célèbre librettiste d’opéras, Giulio Strozzi, et d’un père inconnu. Le fait que Giulio l’adopte comme sa « fille élective » peut nous faire supposer qu’il serait son père, mais tout ceci ne nous regarde pas. En tout cas, avoir pour père adoptif un poète et librettiste mis en musique par MONTEVERDI ou CAVALLI peut aider à se faire connaître.

Dès ses quinze ans, elle est connue pour ses talents de chanteuse, capable de s’accompagner elle-même au luth. Son père l’introduit dans les milieux littéraires de Venise, où elle se fait remarquer en composant des musiques sur les textes qu’on lui propose.

Élève de Francesco Cavalli, un des plus fameux compositeurs d’opéras de l’époque, elle publie son premier recueil de madrigaux, il primo libro di madrigali, en 1644.

Strozzi Primo libro de madrigali - Dolicissimi respiriCliquez sur l’image

Strozzi Primo libro de madrigali - Silentio nocivoCliquez sur l’image

Suivront jusqu’en 1664 sept autres volumes de cantates, d’ariettes ou de motets. Son opus 2, publié en 1651, est un recueil d’ariettes (petits airs) à une, ou deux voix.

Strozzi L'amante segreto (voglio morire)Cliquez sur l’image

Son opus 3, daté de 1654, contient des cantates et des pièces à une, deux ou trois voix. L’opus 4 est perdu, et le cinquième volume de ses œuvres est consacré à la musique sacrée (1655).

Ses deux derniers volumes sont les Diporti di Euterpe et les Arie a voce sola. Ils datent de 1664.

Strozzi Lagrime mieCliquez sur le « Lagrime mie » de l’opus 7

Dans son essai Mozart était une femme, Aliette de LALEU nous conseille l’air « Che si puo fare » de l’opus 8, et elle a bien raison.

Strozzi Che si puo fareCliquez sur l’image

Dans sa vie privée, on peut noter que Barbara Strozzi ne s’est pas mariée, et a élevé seule ses quatre enfants. Elle meurt le 11 novembre 1677 à Padoue.

(P.S. Comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portrait de Barbara STROZZI à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise ou un cadeau personnalisé, c’est ici : Adrian Mercure (adrian- )

littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« LE PITRE CHÂTIÉ », de MALLARMÉ

Après M’introduire dans ton histoire de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Le Pitre châtié, un poème datant de 1866 paru seulement en 1887.

Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître

rossini la dame du lac trioCliquez sur la dame du lac

Autre que l’histrion qui du geste évoquais

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Vesti la giubbaCliquez sur l’histrion

Comme plume la suie ignoble des quinquets

J’ai troué dans le mur de toile une fenêtre.

De ma jambe et des bras limpide nageur traître,

À bonds multipliés, reniant le mauvais

Hamlet ! c’est comme si dans l’onde j’innovais

Mille sépulcres pour y vierge disparaître.

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Hilare or de cymbale à des poings irrité,

Tout à coup le soleil frappe la nudité

Qui pure s’exhala de ma fraîcheur de nacre,

Schubert An die Sonne D. 439Cliquez sur l’hymne au soleil

Rance nuit de la peau quand sur moi vous passiez,

Ne sachant pas, ingrat ! que c’était tout mon sacre,

Ce fard noyé dans l’eau perfide des glaciers.

Thomas Hamlet Air de la folie (Callas)Cliquez sur Ophélie au moment où elle va se noyer

Citations musicales :

lacs : ROSSINIla Donna del lago (la Dame du lac)

l’histrion : LEONCAVALLO – Paillasse – « Vesti la giubba »

Hamlet : Ambroise THOMASHamlet – « Être ou ne pas être »

le soleil : SCHUBERT – « An die Sonne » (« Au Soleil« )

fard noyé : Thomas – Hamlet – « Air de la folie »

Et si vous voulez relire ce poëme sans avoir à subir mes élucubrations musicales, le voici dans toute sa splendeur mallarméenne :

Mallamré le Pitre châtié

Agenda Ironique

LE RESULTAT DES VOTES DE JUILLET 2022

A voté !

Les résultats de la votation de juillet 2022 pour l’Agenda Ironique sont tombés.

Votre texte préféré est celui d’Adrienne : H comme Histoire musicales. à égalité avec Carnets Paresseux : Le Lion de Denfert se rêve. Suivent de près Donald et Mijoroy : Stridulations polyphoniques.

Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. d’août 2022, l’Ornithorynque se distingue, suivi par Photonanie et Adrienne, que l’on applaudit bien fort 👏.

Pour l’Agenda Ironique d’août, vous trouverez le sujet de l’Ornithorynque (un voyage vers mars) en cliquant sur le lien.

Et laissez-moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à mes contraintes, souvent avec beaucoup d’ingéniosité.

Agenda Ironique

QUI TIENDRA L’AGENDA IRONIQUE D’AOÛT 2022

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique de juillet 2022, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier le sujet. Place donc aux votes de fin de mois.

Voici le récapitulatif des participations pour cet Agenda de juillet :

Gibulène : à notre portée : https://laglobule2.wordpress.com/2022/07/05/a-notre-portee-a-i-juillet-2022/

Victorhugotte : Bagatelle https://victorhugotte.com/2022/07/07/bagatelle/

Tout l’opéra (ou presque) : Domicile à sol facile à cirer https://toutloperaoupresque655890715.com/2022/07/09/domicile-a-sol-facile-a-cirer/

La Licorne Notes de l’été https://filigrane1234.blogspot.com/2022/07/notes-de-lete.html

Adrienne : H comme Histoire musicale : https://adrienne414873722.wordpress.com/2022/07/10/h-comme-histoire-musicale/

Isabelle Marie d’Angèle https://isabellemariedangele.com/2022/07/10/agenda-ironique-juillet-2022/

Mijoroy : Stridulations polyphoniques

Donald https://photonanie.com/2022/07/11/quand-je-sers-de-relais-pour-lagenda-ironique-2/

Carnets paresseux le Lion de Denfert se rêve https://carnetsparesseux.wordpress.com/2022/07/15/le-lion-de-denfert-se-reve/

Photonanie https://photonanie.com/2022/07/20/lagenda-ironique-de-juillet-2/

L’ornytho : Doremi l’acido https://lonithorynque.wordpress.com/2022/07/26/do-re-mi-fa-sol-la-si-do-lagenda-ironique-de-juillet-2022-doremi-lacido/

Carnets paresseux : !dragons au grand air https://carnetsparesseux.wordpress.com/2022/07/27/dragons-au-grand-air/

John Duff : l’escalier du diable

Et maintenant, place au vote (2 choix possibles) :

Et à qui souhaitez vous confier les rennes du traîneau de l’A.I. d’août 2022 ?

Le vote est désormais clos, les résultats sont ici.

Compositeurs, Compositrices

QUELQUES COMPOSITEURS FINLANDAIS

La Finlande est un pays étonnant ! Ce pays petit par la taille comme par le nombre d’habitants a donné à la musique et au sport automobile bon nombre de prodiges. Voici donc une brève histoire des compositeurs et trices finlandais et daises.

Le plus connu d’entre eux doit être SIBELIUS (1865 – 1957), qualifié par un musicologue en verve de « plus mauvais compositeur de l’histoire de la musique » (je précise que ce musicologue aurait certainement été incapable d’écrire d’aussi bonnes musiques que la victime de sa hargne et son courroux. Auteur de sept symphonies, son œuvre la plus célèbre est certainement son Concerto pour violon, mais c’est le poème symphonique Finlandia que je choisis ici de vous faire écouter.

Sibelius FinlandiaCliquez sur l’image

Plus près de nous, j’aime beaucoup la musique d’Einojuhani RAUTAVAARA, de qui j’ai eu plusieurs fois l’occasion de chanter la Suite de Lorca.

Rautavaara Suite de LorcaCliquez sur le Chœur de chambre

Encore plus près de nous, puisqu’elle est toujours en activité et fait régulièrement la Une des gazettes musicales, est Kaija SAARIAHO, née en 1952. Son dernier opéra, Innocence, a été créé au festival d’Aix en Provence en 2021. Le plus connu de ses opéras est l’Amour de loin (2000), sur un livret d’Amin MAALOUF.

Saariaho L'AMour de loin Si tu t'appelles AmourCliquez sur l’image

Elle a pour complice musical Esa-Pekka SALONEN (né en 1958), connu pour ses talents de chef d’orchestre, mais également compositeur.

Salonen Concerto pour piano mvt 1Cliquez sur l’image

Fantaisie

L’HUMOUR EN MUSIQUE (Partie 3)

Poursuivons notre série sur l’humour en musique, que j’avais laissée un peu sur le côté ces derniers temps.

(Rappel : la deuxième partie était ici.)

Dans les années 1990, Luciano Pavarotti, Placindo Domingo et José Carreras s’étaient associés sous le nom des Trois Ténors pour faire des mégas concerts.

Les contre-ténors de l’époque ont fait de même sous le nom des Trois Contre-Ténors, et le résultat est assez réjouissant !

Les Contre-TénorsCliquez sur les Contre-Ténors

En 2014, l’humoriste (et pas que…) Marc JOLIVET a présenté un spectacle appelé Comic Symphonic où il était accompagné par un orchestre symphonique. Sa fable sur l’état de notre planète, sur fond de Symphonie pastorale de BEETHOVEN vaut à elle seule le déplacement pour voir le spectacle.

Jolivet Comic SymphonicCliquez sur Marc Jolivet

Charles TRENET a rendu hommage à ROSSINI avec sa chanson Les Bœufs.

Charles Rossini les bœufs de la calomnieCliquez sur Charles Rossini

Quant à Rowan ATKINSON, il nous livre une interprétation très personnelle de l’hymne européen, l’Ode à la Joie de Beethoven.

Beethoven Atkinson Ode à la JoieCliquez sur Rowan Beethoven

Les fameux King’s Singers avaient à leur répertoire Masterpiece, un titre modeste pour une pièce aux prétentions modestes.

King's Singers MasterpieceCliquez sur les King’s Singers

Le comédien Peter Ustinov était un homme d’une grande culture musicale. Écoutons-le ici dans une parodie de la Tribune des critiques de disques, l’émission culte de France Musique (à qui je dois une bonne partie de ce qui me sert de culture.)

Ustinov la tribune des critiques de disques 1Cliquez sur l’image

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Paul VERLAINE (1844 – 1896)

Paul VERLAINE est né à Metz le 30 mars 1844.

Son père était militaire, d’où de nombreux déménagements de la famille pendant la jeunesse de Paul. Sa mère, qui avait fait deux fausses couches, adorera son fils et lui passera tout. Ses parents adopteront aussi une cousine orpheline, Élisa, qui sera le premier amour du jeune homme.

Verlaine père démissionne de l’armée avec le grade de capitaine, et la famille s’installe à Paris, où Paul suit ses études dans une pension privée et au lycée Condorcet. Peu intéressé par les études, il semble plus attiré par certains de ses jeunes condisciples.

Il publie son premier recueil de poésie, les Poèmes saturniens, à l’âge de 22 ans, en 1866. On peut y lire une certaine influence baudelairienne.

Brassens Chanson d'automneCliquez sur la Chanson d’automne

À l’occasion de cette sortie, un jeune poète, un certain MALLARMÉ, lui écrit pour lui signifier l’admiration qu’il porte à ses poèmes. Peu intéressé par les études, Verlaine fréquente les cafés littéraires, et commence à boire (beaucoup) d’alcool, notamment de l’absinthe, boisson qui, selon les procédés de fabrication de l’époque, recélait du méthanol, un alcool attaquant le cerveau.

Dans le groupe des Vilains Bonshommes, lié aux Parnassiens, il fait la connaissance de Charles de SIVRY, un compositeur ami de CHABRIER avec qui ils ont des projets d’opérettes, Vaucochard et Fils 1er et Fisch-ton-Kan. Et c’est de Sivry qui présentera sa sœur Mathilde à Verlaine. Plus étonnant encore, après la commune, de Sivry se retrouva emprisonné, et en prison c’est lui qui donnera l’adresse de sa mère à un garde national qui cherchait un professeur de piano pour son fils. Ce fils s’appelait Claude Achille DEBUSSY, et fait partie des nombreux compositeurs qui ont déposé de la musique sous les vers de Verlaine.

Inquiet pour l’avenir de son fils, Verlaine père le fait entrer en 1864 comme employé de bureau à l’Hôtel de ville de Paris. Entretemps, son amour de jeunesse, Élisa s’est mariée à un riche industriel sucrier. en 1869, il publie le recueil Fêtes galantes, inspiré par une exposition des peintres du XVIIIe siècle qui avait eu lieu au Louvre.

Fauré Clair de LuneCliquez sur l’image

Debussy Colloque sentimentalCliquez sur le Colloque sentimental

Après la mort de son père, Verlaine continue de vivre chez sa mère qui le pousse à se marier avec Mathilde de neuf ans sa cadette. Le mariage se fera en 1870 et ils auront un fils, Georges, en 1871. Son amour pour Mathilde inspirera plusieurs poèmes de la bonne Chanson, qui paraîtra en 1871 après la guerre de 1870 et la Commune.

Hahn l'Heure exquiseCliquez sure l’Heure exquise

En 1871, justement, Verlaine reçoit une lettre qui bouleversera sa vie. Un jeune homme de Charleville, Arthur RIMBAUD, lui écrit qu’il souhaite quitter sa ville de province où il s’ennuie mortellement pour rejoindre la capitale. Après quelques hésitations, Verlaine l’invite à Paris. Cette rencontre est capitale tant il retrouve chez le jeune homme de 17 ans des idées qu’il porte en lui depuis longtemps. Dès lors, il se désintéresse de sa jeune femme pourtant enceinte. Verlaine et Rimbaud partent ensemble en Angleterre et en Belgique. Un jour, Verlaine tirera un coup de feu sur Rimbaud, ce qui lui vaudra une condamnation à deux ans de prison. Les poèmes écrits pendant cette période figurent dans les Romances sans paroles (1874).

Fauré SpleenCliquez sur l’image

En prison, il retrouve la foi catholique de son enfance et compose le recueil Sagesse (1880).

Boulanger (Nadia) un grand Sommeil noirCliquez sur le grand Sommeil noir

À sa sortie de prison, il retrouve brièvement, Rimbaud qui lui confie le manuscrit des Illuminations, que Verlaine fera imprimer quelques années plus tard.

En 1875, il est professeur à Londres avant de rentrer en France, où il enseigne dans un collège de jésuites. Il se prend d’affection pour un de ses jeunes élèves, Lucien. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Londres, avant de s’installer chez les parents de Lucien. La mort de celui-ci en 1883 bouleversera Verlaine qui écrira plusieurs poèmes que l’on trouve dans le recueil Amour.

Il rentre à Paris en 1882 et renoue avec le milieu littéraire. en 1884, Il publie son essai sur les Poètes maudits ainsi que le recueil Jadis et naguère, dans lequel on trouve son fameux « Art poétique ».

Mais son alcoolisme est toujours là, provoquant chez lui des épisodes de grande violence, il ira même jusqu’à essayer d’étrangler sa mère. Après un nouveau séjour en prison, il finira dans la déchéance, presque clochard, et meurt de pneumonie le 8 janvier 1896 à Paris.

Malgré son côté « asocial » ses talents de poètes ont été reconnus par les siens, et il a porté le titre de « prince des poètes », titre que portera Mallarmé après sa mort.

Liste des œuvres

(Source principale : Henri TROYAT – Verlaine – Flammarion 1993.)

Compositeurs

Baldassare GALUPPI (1706 – 1785)

Image Galuppi

Baldassare (Balthazar) GALUPPI est un compositeur vénitien né à Burano le 18 octobre 1706.

Son père lui apprend les bases de la musique et à 16 ans, il part à Venise exercer ses talents. Il apprend la composition auprès de MARCELLO, organiste à la basilique Saint-Marc. Il s’essaie à la composition d’opéra dès cet âge, mais sa première œuvre la Fede nell’incostanza ne rencontre pas les faveurs du public. Une autre œuvre, Dorinda (1729) lui vaudra plus de succès.

Comme son aîné VIVALDI (1678 – 1741), il est maître de musique dans un des hospices de charité de Venise, l’Ospedale dei Mendicanti, poste qu’il occupe de 1740 à 1753. En 1762, il devient Maître de musique de Saint-Marc et en 1766, il est maître des chœurs de l’Ospedale degli Incurabile (hospice des Incurables), poste qu’il occupera jusqu’en 1776.

Cependant, Galuppi voyageait beaucoup, se rendant à Vienne et à Berlin, puis à Londres en 1741 où il restera deux ans, y composant trois opéras. À cette époque, HAENDEL avait arrêté sa production d’opéras pour se consacrer à de la musique religieuse. L’oratorio Le Messie date précisément de 1741.

Même la Russie appelle Galuppi et en 1765 Catherine II le fait venir à Saint-Pétersbourg où il devient compositeur de la cour. Ses employeurs vénitiens l’ont laissé partir, lui laissant même ses émoluments, à condition qu’il fournisse chaque année un Gloria et un Credo pour la messe de Noël.

Galuppi Magnificat (Gloria)Cliquez sur le Gloria

Sa production d’opéras, genre majeur dans la Venise de l’époque, est assez impressionnante. Il nouera notamment une collaboration extrêmement fructueuse avec le dramaturge Carlo GOLDONI, collaboration commencée en 1740 avec Gustave Ier, roi de Suède, Gustavo primo, re di Svezia en V.O. (eh non, il ne s’agit pas de Gustave III, roi de Suède dont je vous parlais il n’y a guère.) Ils travaillèrent ensemble jusqu’en 1754 avec des œuvres comme Il Mondo della Luna (1750) ou Il Filosofo di campagna, le Philosophe de campagne en V.F. (1754). (Il existe une autre version plus connue de Il Mondo della Luna, c’est celle écrite par Joseph HAYDN en 1777.

Galuppi Il filosofo di Campagna Son pien di giubiloCliquez sur l’image

Bien évidemment pour l’époque, il s’est aussi frotté aux drames de MÉTASTASE (Pietro METASTASIO), mettant en musique Artaserse (1749), la Clemenza di Tito (1760) ou Il Re pastore (1762). Ces quelques opéras de Galuppi font partie de 1000 opéras (!) écrits sur les 27 poèmes de Métastase. On peut noter également la version de MOZART de Il Re pastore en 1775 et de La Clemenza di Tito en 1791.

Galuppi La Clemenzia di Tito Del piu sublime soglioCliquez sur Titus

Sur la fin de sa vie, Baldassare se consacrera à de la musique pour clavier

Galuppi sonate en Do majeurCliquez sur le pianiste

et à de nombreuses œuvres religieuses.

Galuppi Dixit Dominus en Sol mineurCliquez sur l’image

Galuppi meurt à Venise le 3 janvier 1785, à l’âge de 78 ans.

(Sources principales : les notes de l’édition du Dixit Dominus, Edizioni del Centro di Musica Antiqua della Fondazione Ghislieri, 2019).

Et cliquez ici pour avoir la liste des compositeurs et compositrices chroniqué(e)s sur ce blog.

Divers

LE RIRE (SCÈNES DE LIESSE À L’OPÉRA)

Pour rompre un peu avec la série sur les larmes à l’opéra commencée il y a peu, je vous propose un intermède plus réjouissant avec le(s) rire(s) mis en musique.

En 1689, PURCELL mettait en scène dans Didon et Enée des sorcières au rire tout à fait diabolique dans l’air « But ere we this perform ».

Purcell didon et Enée But ere we this performCliquez sur les sorcières au rire tout à fait diabolique

Passons au XIXe siècle avec le Freischütz (1821) de WEBER. Au début du 2e acte, Ännchen ne pense qu’à rire alors qu’Agathe s’inquiète pour son Max bien adoré.

Weber Der Freischütz Duo Agathe Ännchen du 2nd acte Schelm, Halt FestCliquez sur Agathe et Ännchen

Dans L’Élixir d’amour (1832) de DONIZETTI, les villageois font la fête à l’idée du mariage qui se prépare.

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur la liesse villageoise

En 1846, au début de la Damnation de Faust de BERLIOZ, on entend la joyeuse ronde des paysans chantant et riant.

Berlioz La Damnation de Faust Ronde des paysansCliquez sur la joyeuse ronde des paysans chantant et riant

En 1854, dans l’Or du Rhin (Rheingold) de WAGNER, le rire des filles du Rhin se moquant du nain difforme Alberich va provoquer le drame. Pour se venger, Alberich va voler l’or du Rhin que les étourdies étaient censées garder.

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur l’image

On retrouve une scène de rire à la fin de la tétralogie dans le Crépuscule des dieux, quand les soldats de Hagen comprennent sa fine plaisanterie.

Wagner Crépuscule Ihr GibischsmannenCliquez sur les soldats de Hagen en liesse (à 6 mn 8 s dans la vidéo)

Si le rire des sorcières de Didon était diabolique, le rire de Méphistophélès dans le Faust de GOUNOD est proprement méphistophélique dans l’air « Vous qui faites l’endormie ».

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur Méphisto

Quittons le XIXe siècle avec La Chauve-souris (Die Fledermaus) de STRAUSS (1874) et sa scène de liesse finale.

Strauss J Fledermaus O Fledermaus (final)Cliquez sur la scène de liesse finale

Retrouvez prochainement la suite des aventures du rire à l’opéra, avec le rire au XXe siècle.