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LES FEUX DE LA SAINT-JEAN

La nuit de la Saint-Jean correspond au solstice d’été, c’est-à-dire au jour le plus long dans l’hémisphère nord.

Il était de tradition d’allumer un grand feu, le feu de la Saint-Jean, autour duquel villageois et villageoises se réunissaient pour danser toute la nuit. Mais qui est ce Saint-Jean que l’on fête le 24 juin, c’est-à-dire six mois avant Noël, date de la naissance du Christ, au solstice d’hiver ? Il ne s’agit pas de Saint-Jean l’évangéliste, mais de Saint-Jean-Baptiste, le prophète qui a baptisé Jésus dans les eaux du Jourdain.

Saint-Jean-Baptiste s’est attiré les foudres d’Hérode pour avoir critiqué sa liaison avec Hérodiade, l’épouse de son demi-frère. Hérode le fait arrêter et jeter en prison. Un jour, au cours d’une fête, Salomé, la fille d’Hérodiade, danse pour Hérode qui pour la remercier lui promet de lui offrir ce qu’elle demandera. Salomé lui demande alors la tête de Saint-Jean-Baptiste et Hérode, obligé d’honorer sa promesse, fait décapiter le prophète. Cette histoire, qui a beaucoup intéressé les symbolistes au milieu du XIXe siècle, a été mise en musique par Richard Strauss dans son opéra sulfureux Salomé.

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Bien avant lui, Stradella a composé l’oratorio San Giovanni Battista (1673) et Louis-Nicolas Clérambault le Motet pour Saint-Jean-Baptiste Vox clamantis in deserto (1733).

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Mais revenons à la thématique « Feux de la Saint-Jean ».

Cécile Chaminade a écrit le chœur pour voix de femmes les Feux de la Saint-Jean.

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En 1901, Richard Strauss écrit un opéra en un acte, Feuersnot, qui se passe autour de la tradition des feux de la Saint-Jean, où les amants se jurent fidélité en sautant au-dessus du feu.

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Mes opéras préférés

RIENZI, de WAGNER (1842)

En 1837, Richard Wagner était directeur musical du théâtre de Riga. Il avait déjà deux opéras de jeunesse à son actif, les Fées (1833) et la Défense d’aimer (1836), quand il a eu l’idée d’un opéra plus ambitieux, Rienzi, d’après un roman de Bulwer Lytton.

Les deux premiers actes étaient achevés quand Wagner se met en route pour Paris, dans l’espoir de s’y faire jouer. C’est pendant la traversée que son bateau subit une grosse tempête, et dut faire une halte pour s’en protéger. Le chant des marins lui donne alors l’idée d’un autre opéra, le Vaisseau fantôme. Arrivé à Paris après une halte à Londres, il reçoit le soutien de Meyerbeer, mais le directeur de l’opéra de Paris ne veut pas de sa musique. C’est à Paris que Wagner termine Rienzi. Il envoie la partition à Dresde, et c’est dans cette ville que Rienzi est créé le 20 octobre 1842.

Rienzi va entrer au répertoire du Festspielhaus à l’été 2026, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire du festival Wagner.

L’action se passe à Rome, au XIVe siècle, sur fond de lutte entre deux familles patriciennes, les Orsini et les Colonna.

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Acte I : Paolo Orsini essaye d’enlever Irène Rienzi, la sœur du tribun Riensi, notaire du pape. Adriano Colonna défend la jeune fille, provoquant ainsi une bagarre à laquelle la population romaine est mêlée. Adriano libère Irène quand Rienzi survient, demandant aux deux familles rivales de faire la paix. Il annonce que le pape va bientôt quitter Avignon pour revenir à Rome, et promet la fin de la toute-puissance des grandes familles. Voyant que l’amour entre Irène et Adriano est partagé, il confie sa sœur au jeune homme.

Acte II : Rienzi annonce la paix et la liberté au peuple romain, mais les grandes familles, qui ont perdu leurs prérogatives, complotent contre lui. Orsini tente d’assassiner le tribun, mais son action échoue. Les comploteurs sont condamnés à mort, mais Adriano et Irène demandent leur grâce, suivis en cela par Rienzi.

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Acte III : Le peuple commence à être mécontent de Rienzi. En effet, les nobles graciés se sont enfuis, et commencent à attaquer la ville. Rienzi réussit une fois de plus à calmer le peuple. Adriano est partagé entre son amour pour la sœur de Rienzi, et son devoir familial. Irène essaye de l’empêcher de participer aux combats, mais les amis de Rienzi lancent l’offensive contre les factieux. Le peuple fait un triomphe au tribun, alors qu’on apporte les dépouilles mortelles de Paolo Orsini et Steffano Collona. Adriano fait le serment de venger la mort de son père.

Acte IV : Nouveau revirement du peuple vis-à-vis de Rienzi. L’Allemagne et l’empereur du Saint Empire romain germanique se méfient de lui, et même l’Église lui retire son soutien. Adriano complote contre le tribun. Quand celui-ci se dirige vers l’église pour entendre un Te Deum composé en son honneur, on lui en refuse l’accès. Pire, Rienzi est finalement excommunié et tout le monde se détourne de lui, sauf sa sœur qui lui reste fidèle.

Acte V : Rienzi s’est retiré au Capitole. Il implore le secours divin (« Prière de Rienzi »).

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Le Capitole est pris d’assaut par la foule qui y met le feu. Adriano essaye de persuader sa sœur de le suivre. Il essaye de la soustraire à l’incendie provoqué par la foule, mais il meurt avec Rienzi et Irène, enseveli sous les ruines fumantes du Capitole.

(Source principale : Albert Lavignac, le Voyage artistique à Bayreuth, éditions Delagrave, 1898.)

Écrivains, littérature, Poésie

THÉOPHILE GAUTIER (1811-1872)

Théophile Gautier est né à Tarbes le 30 août 1811.

Théophile a trois ans quand sa famille déménage à Paris. Il suit des études classiques à Louis le Grand, puis à Charlemagne. Là, il rencontre celui qui se fera appeler, plus tard, Gérard de Nerval.

En 1829, Théophile rencontre Victor Hugo et adhère alors au romantisme, participant à la Bataille d’Hernani en 1830. Il se détourne alors de sa première vocation, la peinture, pour commencer à écrire des poèmes.

En 1835, Gautier publie son premier roman, Mademoiselle de Maupin. En 1836, il a une liaison avec une jeune voisine, Eugénie Fort, avec qui ils auront un enfant.

En 1836, Théophile Gautier est sollicité par Balzac pour écrire des critiques d’art et de spectacles. Ce métier de critique l’amènera à voyager dans toute l’Europe.

En 1838, il publie la nouvelle Une nuit de Cléopâtre qui fera l’objet d’un opéra de Victor Massé en 1885. 1838 est aussi l’année du recueil de poèmes Comédie de la mort qui contient les six poèmes mis en musique par Berlioz sous le nom de Nuits d’été.

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Ces poèmes ont été mis en musique par bien d’autres compositeurs.

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En 1841, Théophile rencontre une danseuse, Carlotta Grisi pour qui il éprouve une vive passion. Il écrit pour elle le livret de Giselle, un ballet sur une musique d’Adam.

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En 1843, il écrit un autre livret de ballet, la Péri, qui rencontrera moins de succès. Théophile se met en ménage avec la sœur de Carlotta, la cantatrice Ernesta Grisi, avec qui ils auront deux enfants.

En 1844, Théophile Gautier fait partie des fondateurs du « Club des haschischins » (les fumeurs de haschich qui y trouvaient l’inspiration). Parmi les membres de ce club se trouvaient Delacroix, Baudelaire, Balzac, de Nerval ou Dumas.

En 1851, son ballet-pantomime Pâquerette est donné à l’opéra.

En 1852, Théophile publie le recueil Émaux et camées, recueil qui est salué (Baudelaire lui dédiera ses Fleurs du Mal). Émaux et Camées est le manifeste de « l’Art pour l’art ».

Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien. Tout ce qui est utile est laid.

En 1857, il surfe sur la vague de l’égyptologie qui a suivi après la découverte de la pierre de Rosette et au déchiffrage des hiéroglyphes par Champollion, avec le Roman de la Momie. Le Roman de la momie a fait l’objet d’une comédie musicale.

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En 1863, Théophile Gautier écrit un roman de cape et d’épée, dans le style Dumas, le Capitaine Fracasse. Le capitaine Fracasse fera l’objet d’une comédie lyrique de Levadé en 1929. En septembre 1863, il passe quelques jours chez George Sand à Nohant.

Gautier fréquente les salons du Second Empire et il écrit sur des musiciens (Berlioz, Wagner, Gounod…) ou sur des peintres (Delacroix, Manet…).

Théophile Gautier est mort à Neuilly le 23 octobre 1872, à l’âge de 61 ans.

Outre les Nuits dété de Berlioz, déjà citées, de très nombreux compositeurs ont mis les poèmes de Gautier en musique.

Ainsi Pauline Viardot avec cette Sérénade.

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Ou encore, en 1910, de Falla et ses Trois mélodies sur des poèmes de Théophile.

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Agenda Ironique, Oulipo

LA POISSONNE ET L’OISEAU

Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui s’y colle pour l’Agenda Ironique.

Et kouakil nous demande, Max-Louis ? Et bien voilà :

Le thème de A.I. juin 2026 : Animal
J’explique : l’animal (au sens très large et propre ou au figuré), par ce mot est un éventail qui ne devrait pas vous laisser indifférent. En effet, qui de nous n’a pas eu affaire un jour ou l’autre à l’animal? Qu’il soit de tous les jours, ou par le hasard d’une rencontre, de l’enfance ou de l’adulte, il est celui qui fait partie de notre environnement.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…), le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, cinq mots imposés :
– Demi-lieue
– Héros
– Émail
– Emberlificoter
– Bulle
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Mais tout cela est tellement mieux esspliqué chez lui : Agenda Ironique de juin 2026.

Une petite poissonne, sans doute une demi-lieue,

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Aimait un tit’ oiseau, sans doute un colibri.

Mais comment s’y prendre, pensait la poissonne qui faisait des bulles, quand on est dans l’eau ?

Mais comment s’y prendre, disait l’oiseau, quand on est si haut ?

La petite poissonne alla voir Jezibaba la sorcière.

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Rien de plus simple dit la sorcière : de nos jours, il vous faut communiquer par é-mail.

La poissonne et l’oiseau prirent ainsi rendez-vous.

Nos deux héros s’emberlificotèrent si bien

Que croyez-vous qu’il arriva de cette union virtuelle ?

Une créature virtuelle, une jolie sirène, au corps d’oiseau et à la queue de poisson.

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Citations musicales :

La petite poissonne : Boby Lapointe, la Maman des poissons.

Jezibaba : Dvorak, Rusalka

La jolie sirène : Lili Boulanger, Sirènes.

Et si vous voulez prolonger cet Agenda Ironique, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le point d’interrogation si vous voulez prolonger cet agenda Ironique
Mes opéras préférés, Mythologie

ERCOLE AMANTE, de BEMBO (1707)

Pour écrire son Ercole amante (Hercule amoureux), Antonia Bembo a repris le livret de celui de son maître Cavalli , fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche en 1662.

Elle n’a toutefois pas conservé le prologue à la gloire de Loulou XIV

Le pitch : Hercule est amoureux de Iole, qui aime son fils Hyllus. Il est aidé dans ses visées par Vénus, la déesse de l’amour, alors que Junon, qui défend la moralité, s’oppose à ces amours. Déjanire, la femme bafouée d’Hercule, donne à Hercule la tunique de Nessus, croyant ainsi retrouver l’amour de son mari. Mais la tunique est empoisonnée, et Hercule meurt, brûlé d’un feu intérieur.

Acte I : Hercule, marié à Déjanire, est tombé amoureux de Iole, la fiancée de son fils Hyllus. Il a enlevé la jeune fille après avoir tué son père, le roi Eutyre. Le héros invincible se désespère de voir la force de son amour pour la jeune fille résister à la fidélité de Iole. (Air : « Come si beffa amor ».)

Cliquez sur Hercule

Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces. La déesse de l’amour lui promet de l’aider à séduire lole, alors que Junon, furieuse, veille à ce que cela ne se réalise pas (Air : « E vuol dunque ciprigna ».) Junon part pour la grotte du sommeil pour faire échouer le projet de Vénus et Hercule.

Acte II : Hyllus et Iole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs (Duo : « Amor ardor piu cari »

Cliquez sur Iole et Hyllus

Hyllus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas.

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Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule. À cette occasion, on apprend qu’Hercule a tué Eutyre, le père d’Iole, car contrairement à sa promesse de donner sa fille à Hercule, Eutyre a préféré la donner à Hyllus.

Lychas court dévoiler ce secret à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».) Elle craint que la fureur d’Hercule ne le pousse à tuer leur propre fils. Lychas lui conseille d’être prudente face à Hercule.

Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet d’Hercule, Junon emporte le Sommeil sur son char, comptant sur lui pour empêcher Hercule et sauver les liens de son mariage.

Acte III : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Iole et d’Hyllus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.

Quand Iole arrive, accompagnée d’Hyllus, elle commence par se révolter, mais Vénus fait apparaître un siège magique qui envoûte Iole, qui fait alors une déclaration d’amour à Hercule, au grand étonnement d’Hyllus. Celui-ci révèle à son père son amour pour Yole et Hercule chasse son fils.

Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Iole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Hyllus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Iole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Iole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pour lui pourraient changer s’il épargne Hyllus.

Hercule envoie Déjanire en exil et fait emprisonner son fils dans une tour.

Déjanire et Hyllus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)

Acte IV : Hyllus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule pour lui sauver la vie. Une tempête se lève et Hyllus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Hyllus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus (Air : « Congedo agl’orridi »). Hyllus monte sur le char de Junon.

Cliquez sur Vénus

Dans son exil, Déjanire songe à se suicider. Elle se lamente sur son sort quand Iole arrive pour se recueillir sur la tombe de son père. Le monument funéraire s’ouvre, et le spectre d’Eutyre dit sa colère de voir Iole mariée avec Hercule, son assassin. Déjanire annonce qu’elle a vu Hyllus se jeter à la mer. Iole pense au suicide, mais Lychas l’en empêche. Il conseille à Déjanire de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, revêtue d’un onguent qui rendrait son mari fidèle (Nessus est un centaure qu’Hercule a tué lors de ses douze travaux).

Acte V : Aux enfers, les anciennes victimes d’Hercule, réunies par Eutyre, complotent contre le héros.

Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend l’horrible vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Hyllus, sauvé des eaux par miracle, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon descend du ciel et annonce qu’Hercule n’est pas mort, mais qu’il est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Iole, Hylus et Déjanire remercient Vénus.

Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va apporter la prospérité.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

BRUNDIBÁR, de KRÁSA (1938)

Brundibár est un opéra pour enfants écrit en 1938 par Hans Krása, sur un livret d’Adolph Hoffmeister, créé clandestinement à Prague en 1942, puis recréé au camp de Theresienstadt le 29 septembre 1943.

C’était le fruit d’un concours d’opéras organisé par le ministère de l’Éducation. Malheureusement, l’occupation de la Bohème-Moravie par les Allemands a empêché l’aboutissement du projet, et Brundibár ne sera créé que clandestinement à Prague en 1942.

En effet, Krása était juif, et Hoffmeister communiste. Si Hoffmeister a réussi à s’enfuir, Krása a été déporté à Terezin (Theresientadt) en août 1942. Terezin était l’antichambre du camp d’extermination d’Auschwitz. Les Allemands étaient soucieux de montrer à la Croix-Rouge que les prisonniers étaient bien traités, et favorisaient les activités culturelles à l’intérieur du camp. Krása a dû réorchestrer Brundibár en fonction des instrumentistes présents, et l’œuvre a été jouée cinquante-quatre fois, dont une fois devant une délégation de la Croix-Rouge. Les interprètes changeaient régulièrement, au fur et à mesure qu’ils étaient envoyés à Auschwitz. Krása lui-même, y est mort le 17 octobre 1944.

Le pitch : Pour acheter le lait qui soignera leur mère malade, deux enfants vont à la ville. Ils chantent pour gagner l’argent qui leur permettra d’acheter le lait.

Acte I : La maman de Pepíček et Aninka est malade. Le médecin lui dit de prendre du lait pour guérir. Les enfants partent en acheter à la ville. Sur la place, ils voient le marchand de glace, le laitier et le boulanger qui vendent leurs produits, mais les enfants n’ont pas d’argent. Survient Brundibar, un joueur d’orgue de barbarie. Les villageois lui jettent de l’argent. Les enfants ont l’idée de chanter, pour gagner eux aussi de l’argent, mais Brundibar et le policier les en empêchent.

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Acte II : La nuit tombe, et Pepíček et Aninka ont peur. Un oiseau, un chat et un chien leur promettent de réunir beaucoup d’autres enfants pour les aider. Pepíček et Aninka s’endorment. Au matin, quand Brundibar arrive, il est attaqué par les trois animaux. Tous les enfants rassemblés par les animaux chantent avec Pepíček et Aninka une berceuse.

Cliquez sur la berceuse

Les villageois leur donnent de l’argent, assez d’argent pour acheter le lait salvateur. Les enfants s’unissent contre l’horrible Brundibar. Ils entonnent un chant de victoire : « Brundibar est vaincu; le tyran est perdu, on n’s’est pas laissé faire, on a gagné la guerre. »

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(Source principale : les représentations de l’Opéra-Comique en 2026, et le programme associé.)

Divers

PRÉSENTATION DE LA SAISON 2026-2027 DE L’ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING

Ce 9 juin 2026 a été présentée par son directeur, Enrique Thérain, la saison 2026-2027 de l’Atelier lyrique de Tourcoing. Cette nouvelle saison s’annonce très riche en concerts (34), opéras (6) et spectacles (14), en s’adressant notamment au (très) jeune public.

L’Atelier lyrique s’appuie sur des compagnies en résidence, dont l’ensemble Il Caravaggio dirigé par Camille Delaforge, l’ensemble Aedes de Matthieu Romano, l’ensemble Hémiola, l’ensemble Miroirs étendus pour la musique contemporaine, la grande Écurie et la Chambre du Roi, fondée par Jean-Claude Malgoire, et l’orchestre les Siècles pour les concerts.

La saison s’ouvrira sur cinq concerts en participation libre, avec notamment la Symphonie du Nouveau Monde et le Concerto pour violoncelle de Dvorak.

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Pour l’opéra, nous aurons :

Une nouvelle production de Pinocchio de Philippe Boesmans, dix ans après la création de cet opéra.

Un opéra de jeunesse de Bizet, Don Procopio.

Une version chambriste du Fidelio de Beethoven.

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Une version participative de La Fille du régiment, de Donizetti.

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Une rare opérette de Reynaldo Hahn, le Temps daimer.

Un classique du baroque avec Platée, de Rameau.

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Les concerts nous permettront notamment d’entendre, outre Dvorak, un programme BrahmsSchumann (Robert), deux symphonies de Beethoven, un concert autour de Philip Glass, un concert Tchaïkovski ainsi que des musiques du monde et du jazz.

Début juin aura lieu la biennale Là Haut, avec notamment un spectacle « jeunesse » d’Othman Louati, Victor Bang.

La saison se terminera fin juin avec le festival Chants libres, trois jours axés autour de la musique chorale.

Et pour en savoir plus, allez donc sur le site de l’Atelier lyrique de Tourcoing.

Mythologie, Nature

UN DÉLUGE DE DÉLUGES

Le Déluge est un archétype que l’on trouve dans pratiquement toutes les civilisations. Il s’agit, dans beaucoup de cas, d’un châtiment divin destiné à punir les hommes de leur impiété.

La plus ancienne description du déluge semble être la version Babylonnienne, datant de 1700 av. J.-C. Notre Noé s’appelait alors Atrahasis le Supersage, ou Utnapishtim, ou encore Ziuzudra.

On retrouve le mythe du déluge en Inde où le dieu Vishnu sauve du déluge, sous la forme d’un poisson, le père de l’humanité. Dans le Mahabharata, l’ascète Manu est averti par un poisson du déluge, et lui conseille de se construire un bateau. Quand le déluge arrive, le poisson tire le bateau jusqu’à une montagne où Manu débarque. De la descendance de Manu provient le genre humain.

Chez les gréco-romains, c’est Jupiter qui veut rayer l’humanité de la carte. Cet épisode nous est conté par Ovide dans le livre 1 des Métamorphoses. Toutefois Jupiter, ému par un couple de vieillards pieux, Deucalion et Pyrrha, décide de les sauver. Cette légende a été mise en musique par Berton et Giraud en 1755, dans un ballet qui porte ce nom.

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Une autre version est l’opéra-comique Deucalion et Pyrrha (1855), de Montfort, sur un livret de Barbier et Carré.

Dans la religion chrétienne, le déluge est connu par l’épisode de la Genèse, ou dieu demande à Noé et sa famille de construire une arche dans laquelle il recueillerait un couple de chacune des bestioles qui peuplent la Terre et de les embarquer. Après quoi, Dieu fait pleuvoir quarante jours et quarante nuits, inondant ainsi complètement la terre. Après cette période diluvienne, la pluie cesse de tomber et Noé envoie d’abord un corbeau, puis une colombe, chercher une trace de terre émergente. Le corbeau revient sans avoir rien trouvé, et la colombe revient avec un rameau d’olivier, preuve qu’ils pourront bientôt aborder la terre ferme.

Une des premières adaptations en musique est l’oratorio il Diluvio universale (1682), de Falvetti.

Sous le même titre il Diluvio universale, Gaetano Donizetti a écrit un opéra en 1830.

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En 1875, c’est Camille Saint-Saëns qui compose l’oratorio le Déluge.

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Une autre adaptation en musique de cette légende biblique est lArche de Noé, un opéra pour enfants de Benjamin Britten.

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On trouve d’autres occurrences du mythe du déluge en Chine ou au Mexique.

Compositrices

Nadia BOULANGER (1887-1969)

Nadia Boulanger est née le 16 septembre 1887 à Paris, dans une famille de musiciens. Sa mère était chanteuse et son père compositeur et professeur de chant. Parmi les amis de ses parents que la jeune Nadia a pu rencontrer à la maison figurent Massenet, Saint-Saëns ou Fauré.

Nadia suit ses études au Conservatoire de Paris où, entre 1898 et 1904, elle collectionnes les prix : Harmonie, solfège, contrepoint, mais aussi orgue et accompagnement. Ses professeurs s’appellent Gabriel Fauré, Louis Vierne ou Georges Enesco. Nadia tente le Prix de Rome, qui venait de s’ouvrir aux femmes (en 1903), mais abandonne en 1909, laissant à sa petite sœur Lili l’honneur d’être la première compositrice à obtenir ce prix prestigieux, en 1913.

Nadia Boulanger n’abandonne pas la composition, notamment de mélodies, et commence en parallèle une activité de chef d’orchestre.

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Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de Verlaine, Heine, Hugo ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de Gabriele d’Annunzio. Le début de la Première Guerre mondiale en a empêché la création, et il faudra attendre presque un siècle pour qu’il soit créé, en 2005.

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En 1918, Lili Boulanger lui dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre, un Pie Jesu. La mort de Lili affecte profondément Nadia et elle arrête la composition, pour ne plus que diriger, faire connaître l’œuvre de sa petite sœur, et surtout se consacrer à ce qui sera son grand œuvre, l’enseignement.

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En 1919 ; le pianiste Alfred Cortot lui offre un poste d’enseignement à l’École normale de musique de Paris, qu’il venait de fonder.

En 1921, Nadia Boulanger est nommée professeur d’harmonie au Conservatoire américain de Fontainebleau. En 1924-1925, elle part pour une tournée de deux mois aux États-Unis.

Au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de mille élèves, dont les compositeurs Léonard Bernstein, Aaron Copland, Vladimir Cosma, Philip Glass, Pierre Henry, Michel Legrand, Lazlo Schiffrin ou Vítězslava Kapràlovà.

En 1932, Nadia Boulanger est nommée chevalier de la Légion d’honneur. (Elle obtiendra le grade de Grand officier en 1977).

En 1936 et 1937, elle donne des conférences à Londres et en 1938, une nouvelle tournée aux États-Unis.

Nadia Boulanger meurt le 22 octobre 1979 à Paris, à l’âge de 92 ans.

littérature, Oulipo, Poésie

« LES ERREURS », de Jean Tardieu

Après « Étude en de mineur », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Tardieu, « Les Erreurs », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

(La première voix est ténorisante, maniérée,
prétentieuse ; l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

— Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

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Quelle est cette femme exquise
qui savoure des cerises
?

 C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah ! que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe !

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 C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

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Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime Ô ma fiancée !

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Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’suis pressée
laissez-moi passer !

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Citations musicales :

un gros éléphant : Francis Poulenc, Histoire de Babar, le petit éléphant.

Cette colombe : Muret, ma Petite Colombelle, d’après Ronsard.

Cest un ivrogne : Ambroise Thomas, Hamlet, « Ô vin, dissipe la tristesse ».

Ô ma fiancée : Ambroise Thomas, Hamlet « Doute de la lumière ».

Je suis vieille : Léos Janacek, L’Affaire Makropoulos.