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Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés, Mythologie

ZOROASTRE, de RAMEAU (1749)

Zoroastre est une tragédie lyrique de RAMEAU, sur un livret de Louis de Cahusac, créée en 1749.

Le sujet, maçonnique, en est l’affrontement entre les forces du bien, représentées par Zoroastre et Amélite, et les forces du mal, représentées par Abramane et Erinice. La version de 1749, trop novatrice pour son époque, n’a connu qu’un succès d’estime et Rameau a remis son ouvrage sur le métier en 1756 (année de naissance de MOZART). C’est cette version qui a connu le plus grand succès. On peut noter que c’est dans cet opéra qu’apparaissent pour la première fois les clarinettes dans l’orchestre.

Zoroastre est une préfiguration de ce que sera la Flûte enchantée, composée par Mozart quarante ans plus tard, et dont le héros a pour nom Sarastro. Il faut dire qu’on était à la grande époque de la Franc-maçonnerie, franc-maçonnerie qui joue un grand rôle dans la Comtesse de Rudolstadt de George SAND, roman qui est censé se passer au cours de ces mêmes années 1750.

Le pitch : Zoroastre, représentant le bien, aime Amélite, qui est enlevée par Abramane, représentant le mal. Erinice, l’alliée d’Abramane, aime Zoroastre. À la fin, Zoroastre bat Erinice et Abramane.

Suivant la typologie de G.B.SHAW, nous sommes là avec un schéma (S+T/A+B) où un ténor (voire un contre-ténor), Zoroastre, et une soprano, Amélite, voient leur amour contrarié par une basse, Abramane, et une alto, Erinice.

Contrairement à la tradition lullienne, il n’y a pas de prologue à Zoroastre, Rameau commençant son opéra directement par une ouverture.

Rameau Zoroastre OuvertureCliquez sur l’Ouverture de Zoroastre

Acte I : Le tyran Abramane et ses prêtres ont vaincu. Abramane qui aime Amélite en veut à celle-ci de lui avoir préféré son rival Zoroastre, alors qu’Erinice, qui aime Zoroastre, en veut à celui-ci de lui avoir préféré Amélite. Abramane et Amélite se mettent alors d’accord pour régner ensemble, en abandonnant l’amour et faire régner le mal (on reconnaît là le thème de la Tétralogie de WAGNER, écrite un siècle plus tard) (Duo : « Unissons nos fureurs »).

Ils se retirent comme Amélite paraît, avec sa suivante Céphise. Amélite se plaint de l’ennui que lui cause l’absence de Zoroastre. Céphise lui fait valoir que les retrouvailles seront douces. Soudain, la terre tremble, la nuit tombe ! C’est Erinice qui invoque les Esprits cruels qui font régner la terreur et le désespoir. Ils s’emparent d’Amélite.

Acte II : Dans le palais d’Oromasès, le maître des bons esprits, Zoroastre soupire, car Amélite est loin de lui. Oromasès lui apprend qu’en dehors du palais, un monstre faisant régner la terreur sur terre s’est emparé d’Amélite. Zoroastre doit délivrer la terre du pouvoir d’Abramane. Oromasès demande aux cieux de s’ouvrir, et confiant les Livres de Vie (livres sacrés) à Zoroastre, l’envoie sur terre.

Rameau Zoroastre acte IICliquez sur Oromasès

On retrouve Amélite aux mains des Esprits cruels. Erinice s’apprête à la tuer quand Zoroatre apparaît. Erinice retient son bras, et lui avoue son amour pour lui. Zoroastre la rejette. Alors, au comble de la fureur, Erinice projette de les tuer tous deux. (Air : « Je confondrai dans ma fureur »). Zoroastre rompt l’enchantement et le jour revient. Le peuple chante son allégresse. Zoroastre a chassé les dieux criminels, les malheurs vont cesser et les plaisirs renaître (Ensemble : « Tendres amants, formez les plus beaux nœuds »).

Acte III : Abramane reproche à Erinice de n’avoir pas su frapper Amélite quand elle le pouvait. Il la fait disparaître pour assouvir sa vengeance. (Air : « Osons achever de grands crimes »). Le jour se lève. Zoroastre, Amélite et leurs suites se préparent au mariage. (Air : « Ô lumière vive et pure »).

Rameau Zoroastre Accourez jeunesses brillantes (Acte III)Cliquez sur Zoroastre

Les jeunes filles et les jeunes gens se préparent à l’hymen. Au moment où ils vont prononcer leur serment, le tonnerre retentit, le jour disparaît, c’est Abramane qui vient les accabler de son feu. Amélite tombe, foudroyée. Zoroastre déclare que seul l’amour d’Amélite peut lui rendre courage. Il appelle les Esprits bienfaisants pour qu’ils s’occupent d’Amélite, puis court secourir le peuple que menace Abramane.

Rameau Zoroastre Mille rayons brillantsCliquez sur l’image

Acte IV : Dans un temple souterrain, Abramane est en proie à sa propre noirceur (Air : « Cruels tyrans, qui régnez dans mon cœur »).

Rameau Zoroastre Cruels tyransCliquez sur Abramane

Ses prêtres lui annoncent que Zoroastre triomphe. Erinice regrette d’avoir uni son destin à celui d’Abramane, mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot. Il fait un sacrifice à son dieu Ariman et fait venir la Vengeance, la Haine et le Désespoir. Tous ensemble, dans une extraordinaire messe noire, s’apprêtent à répandre la terreur et la mort.

Rameau Zoroastre Ah, nos fureurs ne sont point vaines Acte IV scène VICliquez sur la Vengeance

Acte V : Erinice cherche Zoroastre, mais son cœur hésite toujours.

Rameau Zoroastre Quel tourment (Acte V)Cliquez sur l’image

Zoroastre paraît. Elle lui exprime son amour, mais comme le peuple chante les louanges d’Amélite, elle se reprend et retourne à sa haine. Les chants se transforment en pleurs : Erinice a enlevé Amélite. Abramane, face à Zoroastre, lui dit que s’il le frappe, il fera tomber Amélite sous les coups de ses sujets infernaux. Zoroastre le frappe quand même, confiant dans la justice du ciel. Abramane tombe, et les Esprits bienveillants libèrent Amélite. Oromasès lui annonce qu’il a passé la dernière épreuve, et que désormais il peut régner avec Amélite. L’œuvre se termine dans un dernier duo d’amour, accompagné du chœur (Duo : « Que ces nœuds sont charmants »).

(Source principale : je me suis servi pour rédiger ce billet du très beau DVD enregistré au théâtre de Drottningholm en 2006 (et le hasard faisant décidément bien les choses, c’est dans ce même bijou d’opéra que BERGMAN a enregistré sa Flûte enchantée [Trollflöjten]! 🙂)

Grandes maisons d'Opéra

L’OPÉRA DE VIENNE INVITE JANACEK CHEZ VOUS (du 23 au 25 février)

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, l’Opéra d’État de Vienne (Wiener Staatsoper) a repris sa programmation « en ligne ». Comme pour le MET, les opéras sont visibles pour une période de 24 heures, allant de 19 heures un jour à 19 heures le lendemain, à l’adresse ci-dessous :

Wiener Staatsoper (wiener-staatsoper.at)

Cette semaine, nous avons droit à trois opéras de JANACEK, dans des styles très différents. Katya Kabanova, un drame vériste, l’Affaire Makropoulos, un opéra fantastique, et la Petite Renarde rusée, un conte pour enfants.

Voici le programme JANACEK pour la période allant du 23 au 25 février 2021 (à partir de 19 heures)

Le 23 février : Katya Kabanova. Une sombre histoire entre une mère trop possessive et sa belle-fille Katia, qui se terminera mal pour la malheureuse Katia (mais quelle musique !)

Janacek Katya Kabanova (Vienne 2017)Cliquez sur l’image

Le 24 Février : l’Affaire Makropoulos (Vec Makropulos). Une histoire fantastique d’après une pièce de Karel CAPEK (l’inventeur du mot « robot » dans une de ses nouvelles.)

Janacek l'Affaire Makropoulos (Vienne 2015)Cliquez sur la mystérieuse EM

Le 25 février : la Petite Renarde rusée

Janacek La Petite renarde rusée (Vienne 2016)Cliquez sur les animaux

Mais comment je vais faire pour regarder tout ça, moi ?

Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 2 – LA GOURMANDISE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, le deuxième péché capital est la gourmandise. On pourrait même le qualifier de péché capiteux.

Si on boit beaucoup à l’opéra, le péché de chère y est aussi représenté. (Le péché de chair également, mais ça, ce sera pour la luxure, troisième billet, encore à venir, de cette série.)

Commençons donc par un « classique » du XVe siècle, le Tourdion de Pierre ATTAIGNANT, une chanson à boire et à manger, qui se chante en canon.

Attaignant TourdionCliquez sur les gras jambons

Dans le Don Giovanni de MOZART, le héros invite la statue du commandeur à souper. C’est lors de ce souper qu’il perdra la vie, entraîné dans les flammes de l’enfer.

Mozart Don Giovanni final (le souper)Cliquez sur le souper final

L’acte II de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ se déroule aux cuisines pendant qu’un festin se déroule en coulisses. Les serviteurs se plaignent d’avoir à servir les hôtes, pendant que ceux-ci improvisent un chœur à boire.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Au début de Manon de MASSENET, les voyageurs appellent en vain l’hôtelier pour se faire servir à manger.

Massenet Manon Holà Monsieur l'hôtelierCliquez sur l’image

Le plus « beau » personnage de gourmand de l’opéra est Falstaff, qui a inspiré à Verdi son dernier chef-d’œuvre. Falstaff de VERDI. L’action débute à l’auberge où Falstaff et ses valets ont laissé une lourde ardoise.

Verdi Falstaff début Act ICliquez sur Sir John à l’auberge

Dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, Truffaldino, assoiffé, ouvre les 3 oranges dérobées à la cuisinière de la sorcière, ce qu’il n’aurait pas dû faire.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges les 3 orangesCliquez sur les 3 oranges et découvrez ce qui va se passer…

Dans le conte pour enfants Hänsel und Gretel, d’HUMPERDINCK, les deux enfants ont tort de céder à leur gourmandise en mangeant la maison en pain d’épices de la sorcière.

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur l’image

Enfin, les compositeurs étant parfois eux aussi attirés par la bonne chère, certains d’entre eux ont laissé leur nom dans le domaine de la gastronomie.

Et voilà, à bientôt pour un nouveau péché : la luxure !

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DMITRI HVOROSTOVSKY CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 février 2021.

Cette semaine, le MET nous propose quelques-uns des grands rôles de Dmitri HVOROSTOVSKY, le regretté baryton russe mort en 2017. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 22 février VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore il balen del suo sorriso (MET 2011)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Mardi 23 février TCHAÏKOVSKI La Dame de pique

Tchaïkovsky la Dame de pique (MET 1999)Cliquez sur Lisa

Mercredi 24 février Tchaikovsky Eugène Onéguine

Tchaïkovski Eugène Onéguine air d'Onéguine de l'acte I (MET 2007)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Jeudi 25 février Verdi Ernani

Verdi Ernani (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Vendredi 26 février Verdi La Traviata

Verdi La Traviata Sempre libera (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky (dans le fond)

Samedi 27 février Verdi Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué)

Verdi Un ballo in maschera Eri Tu (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Dimanche 28 février Verdi Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore Qual voce (MET 2015)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike.

Et puis, parce que c’est vous, je vous ai réservé une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation 🙂

Compositeurs

BEETHOVEN (1770 – 1827) – Partie 2 – LE DIEU

Suivant l’avis de Franz LISZT, on distingue trois époques dans les compositions de Ludwig van Beethoven : l’enfance (ou la jeunesse), l’homme (ou la maturité), le dieu (le génie).

On a vu dans la première partie de ces articles consacrés à BEETHOVEN les années de jeunesse et celles de la maturité. Alors que ses œuvres de jeunesse sonnent encore comme du MOZART (les deux premières symphonies ou les premières sonates pour piano) ou comme du HAYDN (les six premiers quatuors), Beethoven trouve assez vite sa propre voix en même temps que sa propre voie, avec les symphonies 3 à 8, les quatuors 7 à 11, et tout le corps des sonates avant les cinq dernières, et son opéra Fidelio.

Au début des années 1820, il commence ses ultimes œuvres, poussant la musique dans des contrées encore inexplorées, et ceci malgré sa surdité devenue totale : ce seront les dernières sonates pour piano, les derniers quatuors, et la neuvième Symphonie avec chœur. Pour moi, c’est le propre des génies que de créer les formes dont ils ont besoin quand les formes préexistantes ne leur suffisent plus.

Côté piano, il a épuisé la forme sonate héritée Mozart et Haydn, et il attaque des œuvres comme la Hammerklavier (Clavier à marteaux) opus 106 (1819), vaste monument du piano, avant que de terminer par les opus 109, 110 et 111 (respectivement 30e, 31e et 32e sonates), laissant la 32e inachevée, le son s’éteignant après l’extraordinaire deuxième mouvement.

Beethoven opus 111 (Pollini)Fermez les volets, coupez le téléphone et cliquez sur le pianiste et embarquez pour un extraordinaire voyage au bout de la musique

Dès lors, il faudra un Liszt pour oser reprendre cette forme après lui avec la Sonate en si bémol mineur. Bien heureusement, de nombreux compositeurs continueront ensuite à en composer, notamment SCHUMANN et BRAHMS. (Et je n’oublie pas qu’à cette même époque, SCHUBERT écrivait lui aussi des sonates qui restent des chefs-d’œuvre du genre.)

Côté quatuors à cordes, c’est en 1825 qu’il porte cette forme au-delà de tout ce qui avait été fait avant lui, avec le 12e, opus 127, les 13e, 14e et 15e, opus 130, 131 et 132 et le 16e opus 135, ouvrant ainsi la voie au XXe siècle, avec un siècle d’avance sur son temps. L’éditeur de Beethoven, effrayé par la hardiesse de la fugue de l’opus 130, lui demanda de la changer, ce que fit Beethoven, pour la remplacer par quelque chose de plus léger. Qu’importe, il la reprit sous le titre de Grande fugue, opus 133, publié juste après sa mort.

Beethoven Grande fugue opus 133Cliquez sur la Grande fugue

Pour ce qui est de la symphonie, il doit aussi inventer, dépasser le cadre rigide de la forme « symphonie », et il écrit sa neuvième symphonie en y introduisant des chœurs, sur l’Ode à la joie de SCHILLER. Il a pour cela repris une partie du matériau musical de sa Fantaisie chorale opus 80.

Beethoven 9e symphonieCliquez sur l’image

Il meurt en 1827 laissant un catalogue impressionnant de 9 symphonies, 16 quatuors à cordes, 5 concertos pour piano et un pour violon, 32 sonates pour piano, des trios, des messes, des lieder, etc…

Beethoven Fantaisie choraleCliquez sur l’ébauche de la 9e symphonie

Et je vous propose de terminer cette évocation par la dernière œuvre de Beethoven, le 16e quatuor opus 135, et son annotation métaphysique de Beethoven « Muss es sein? » (« Est-ce que cela doit être ? »)

Beethoven 16e quatuor opus 135Cliquez sur le dernier quatuor

Cinématographe

LES OPÉRAS PORTÉS À L’ÉCRAN

Depuis les débuts du cinéma, les trames d’opéras ont inspiré les réalisateurs.

On sait peu que la première musique écrite spécifiquement pour un film était de Camille SAINT-SAËNS, pour L’assassinat du Duc de Guise, en 1906.

Carmen, un des opéras les plus populaires, est aussi celui qui a inspiré le plus de films. Il a été adapté (en muet !) dès 1909. La liste des cinéastes ayant réalisé leur Carmen est impressionnante : Cecil B. DeMILLE, Charlie CHAPLIN, Ernst LUBITSCH, mais aussi Otto PREMINGER avec Carmen Jones, qui transpose l’histoire dans les milieux noirs états-uniens. Carlos SAURA, Jean-Luc GODARD, Francesco ROSI, Peter BROOK ont aussi eu leur Carmen, sans oublier le ballet Carmen à Pékin de Jean YANNE dans Les chinois à Paris. La version la plus célèbre est certainement celle de Rosi, avec Julia MIGENES JOHNSON dans le rôle-titre.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

D’autres opéras ont fait l’objet d’adaptation au cinéma, parmi lesquels on peut citer La Flûte enchantée, de MOZART, adaptée en suédois par Ingmar BERGMAN et filmée dans le petit bijou qu’est le théâtre de Dronningholm. De Mozart, on peut aussi citer l’admirable Don Giovanni, de Joseph LOSEY,

Mozart don Giovanni trio des masquesCliquez sur le trio des masques

ou encore Les Noces de Figaro, filmé par Jean-Pierre PONNELLE d’après une version montée par KARAJAN au Festival de Salzbourg. La version de 1962 du Festival de Salzbourg du Chevalier à la Rose a fait l’objet d’un superbe film, où Elizabeth SCHWARZKOPF tenait un de plus beaux rôles.

Strauss Rosenkavalier filmCliquez sur le trio final

VERDI a également été bien servi, notamment avec La Traviata et Otello filmés par Franco ZEFFIRELLI,

Verdi Traviata ZeffirelliCliquez sur la fête chez Violetta

ou Macbeth filmé par Claude d’ANNA. Il y a également un très kitsch Le Trouvère mis en scène par Karajan.

WAGNER, l’exact contemporain de Verdi a été servi, par Karajan encore (Rheingold), mais aussi dans le film de SYBERBERG Parsifal.

Wagner Parsifal filmCliquez sur l’image

Le réalisateur Benoit JACQUOT a mis en scène et filmé Werther et Tosca. alors que Frédéric MITTERAND a réalisé son Madame BUTTERFLY.

Pour le XXe siècle, il existe une belle version de Porgy and Bess, filmée par Otto Preminger.

Gershwin Porgy and Bess Summertime (film)Cliquez sur l’image

Et plus près de nous, la comédie musicale West side Story de BERNSTEIN a fait l’objet d’une magistrale version cinématographique (le film aux 10 oscars!)

Bernstein West Side Story MariaCliquez sur Tony

alors que l’opéra-rock Tommy a été porté à l’écran par Ken RUSSELL.

The Who Tommy le filmCliquez sur la bande-annonce

Cinématographe, Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE ZEFFIRELLI CHEZ VOUS – Semaine du 15 au 21 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 15 au 21 février 2021.

Cette semaine, le MET nous propose quelques-unes des grandes mises en scène de Franco ZEFFIRELLI, un des metteurs en scène les plus intéressants de l’histoire de l’opéra. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Zeffirelli (1923 – 2019) était un homme de théâtre, de cinéma et un spécialiste des mises en scène d’opéras. On lui doit notamment des opéras filmés, notamment une splendide Traviata.

Lundi 15 février PUCCINI La Bohème

Puccini La Bohème final acte IICliquez sur les quatre amis

Mardi 16 février VERDI Falstaff

Verdi Falstaff E sogno o realtaCliquez sur Falstaff

Mercredi 17 février MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Mascagni Pagliacci (MET 1978)Cliquez sur Paillasse et …

Jeudi 18 février Puccini Tosca

Puccini Tosca (MET 1985)Cliquez sur Tosca et Cavaradossi

Vendredi 19 février MOZART Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant le corps de son père lâchement assassiné

Samedi 20 février BIZET Carmen

Bizet Carmen La fleur que tu m'avais jetée (MET 1997)Cliquez sur Don José

Dimanche 21 février Puccini Turandot

Puccini Turandot finalCliquez sur la scène finale de Turandot

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour un hommage à Dmitri Hvorostovsky, ça va encore être bien !

littérature, Oulipo, Poésie

À UNE DAME CRÉOLE, de BAUDELAIRE

Après La Musique de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de cet auteur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales que m’inspirent ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc À une dame créole, écrit pour sa maîtresse Jeanne DUVAL.

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Bizet les Pêcheurs de Perles Je crois entendre encore (Alagna)Cliquez sur le ténor

 

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Rameau Hippolyte et Aricie Que tout soit heureux sous les lois (Diane)Cliquez sur l’image

 

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Lully Alceste PrologueCliquez sur Loulou XIV, le Héros de la nymphe de la Seine

 

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

 

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur le toréador

Citations:

Et de palmiers : BIZET, les Pêcheurs de perles, « Je crois entendre encore » (caché sous les palmiers)

comme une chasseresse : RAMEAU, Hippolyte et Aricie. À la fin de cet opéra, Diane la chasseresse se réjouit de ce que tout se termine bien (Que tout heureux sous les lois…)

la Seine : LULLY, Alceste, dans le prologue de cet opéra, la nymphe de la Seine déclare à Louis XIV qu’il est son héros !

grands yeux noirs : Bizet, Carmen, dans l’air Toréador, un œil noir le regarde.

Et en bonus pour ces yeux noirs, une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation pour accéder au bonus surprise

Compositeurs

Mikhaïl GLINKA (1804 – 1857)

Né en 1804 en Russie, fils d’un capitaine de l’armée russe, Mikhaïl GLINKA est considéré comme étant le « père de la musique russe ».

Il commence le violon et le piano à l’âge de dix ans. À treize ans, on l’envoie en pension à Saint-Pétersbourg. Il y rencontre Alexandre POUCHKINE, avec qui il restera ami jusqu’à la mort de celui-ci.

De santé fragile, il fait un séjour pour se soigner en Italie de 1830 à 1833. Il perfectionne son art musical et, rencontrant BELLINI et DONIZETTI, il prend conscience de la différence entre la musique du Sud, plutôt insouciante, et la musique russe, plus sombre. Il songe à ce que pourrait être un opéra russe.

Il poursuit ses études musicales à Berlin de 1833 à 1834 et, de retour en Russie, il se décide à écrire une musique inspirée des airs populaires russes. Il met en chantier Ivan Soussanine ou Une vie pour le tsar, qui est représenté en 1836. (Opéra et politique : sous le régime soviétique, l’opéra Une vie pour le tsar a repris le titre original de Ivan Soussanine ,car il n’était pas question de glorifier le régime tsariste.)

Glinka Une Vie pour le tsar ouvertureCliquez sur la partition de l’ouverture

Glinka Une Vie pour le tsar finalCliquez sur le chœur final

En 1837, Glinka est nommé Maître de la Chapelle Impériale, poste dont il démissionne en 1839.

En 1844, il rencontre BERLIOZ à Paris, qui écrit des articles élogieux sur sa musique. Il écrit Rouslan et Ludmila (1842) d’après une œuvre de son ami Pouchkine. Ce second opéra connaît moins de succès que le premier, qui glorifiait la dynastie des tsars.

Glinka Russlan et Ludmilla OuvertureCliquez sur l’ouverture

Glinka Russlan et Ludmilla scène persanneCliquez sur la scène persanne

Glinka Russlan et Ludmilla FinalCliquez sur la fermeture

En 1845 – 1847, il voyage en Espagne, où il écrit deux ouvertures ibériques.

Glinka Nuit d'été à MadridCliquez sur la deuxième ouverture ibérique (Nuit d’été à Madrid)

Il influence DARGOMISKY (1813 – 1869) [Esméralda (1839), d’après Victor HUGOLa roussalka (1855), d’après Pouchkine, et son chef-d’œuvre que la mort laisse inachevé Le festin de Pierre, d’après le Don Juan de Pouchkine, et qui sera terminé par CUI et RIMSKY-KORSAKOV]

En 1855, il rencontre BALAKIREV, en qui il reconnaît son successeur musical.

Glinka meurt à Berlin en 1857.

En tant que « père de la musique russe », il faut noter son influence sur le Groupe des cinq (Balakirev, MOUSSORGSKI, Cui, BORODINE, Rimski-Korsakov).

De Une vie pour le Tsar vont découler Le Prince Igor de Borodine, Boris Godounov, de Moussorgski, Ivan le Terrible de Rimsky-Korsakov jusqu’à La guerre et la Paix de PROKOFIEV. De Rouslan et Ludmila découleront Kitège et Le coq d’or de Rimsky-Korsakov, jusqu’à L’amour des trois oranges de Prokofiev.

Glinka est l’exact contemporain de Mendelssohn (1809 – 1847), ce qui se perçoit bien dans son style musical.

Grandes maisons d'Opéra

L’OPÉRA DE VIENNE INVITE MOZART CHEZ VOUS DU 9 AU 13 FÉVRIER !

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, l’Opéra d’État de Vienne (Wiener Staatsoper) a repris sa programmation « en ligne ». Comme pour le MET, les opéras sont visibles pour une période de 24 heures, allant de 19 heures un jour à 19 heures le lendemain, à l’adresse ci-dessous :

Wiener Staatsoper (wiener-staatsoper.at)

Voici le programme MOZART pour la période allant du 9 au 13 février 2021.

Mardi 9 février Don Giovanni

Mozart don Giovanni Or sai, chi l'onore (Wien 2015)Cliquez sur Dona Anna

Mercredi 10 février la Clemanza di Tito (la Clémence de Titus)

Jeudi 11 février Le Nozze di Figaro (les Noces de Figaro)

Mozart Les Noces de Figaro Sull'aria (Ponnelle)Cliquez sur Suzanne et la comtesse

Vendredi 12 février Die Zauberflöte (la Flûte enchantée)

Mozart Zauberflöte bande annonce (Wien 2015)Cliquez sur Papageno

Samedi 13 février Die Entführung aus dem serail (l’Enlèvement au sérail)

Mozart L'Enlèvement ai sérail Martern aller Arten (Vienne 2020)Cliquez sur l’image