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A.I. DE SEPTEMBRE 2021, LE TEMPS DU VOTE

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique de septembre 2021, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier les clés.

Place donc aux votes de fin de mois difficiles (rappel, il fallait placer une amphibolie ou une hypallage.)

Voici le récapitulatif des participations pour cet Agenda de septembre :

Gibulène le petit escargot nous propose une enquête d’Onésime, pimentée à la jumeleine.

Tout l’opéra (ou presque) s’est intéressé aux origines du livre et du film 2001 Odyssée de l’Espace en nous livrant quelques éclairages inédits sur la naissance de cette histoire.

John Duff nous propose une aventure d’Arnoldo POIVRIERI et de son assistante Ioulia, à la recherche de météorites pour préparer des tisanes (ça ne s’invente pas.)

https://touslesdrapeaux.xyz/agenda_ironique.html

Prokofiev Sonate n 8Cliquez sur la jeune et non moins talentueuse assistante d’Arnoldo Poivrieri

Max-Louis du blog Le dessous des mots nous livre un conte à sa façon : J’ai le bibelot du carafon qui tinte.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Et Carnets paresseux revisite une fable de ce bon monsieur de La FONTAINE, où il est question de corbeau et de piaf, mais aussi de trois petites pommes…

Et maintenant, place aux votes :

Et encore un petit effort pour savoir qui organisera l’Agenda Ironique d’octobre 2021 (vous pouvez proposer des candidats qui ne figurent pas sur cette liste) :

Et allez, un petit bonus surprise avant de nous quitter.

Point d'interrogation

Divers, Jazz, Nature

BLEU

Un récent commentaire sur le blog de Lazuli Biloba sur les aspects debussystes de ses magnifiques photos de fleurs bleues m’a amené à me poser la question de la représentation du bleu en musique.

Dans la nature, le bleu est la couleur du ciel (le jour) et de l’eau, soit symboliquement, une couleur rattachée à l’air et à l’eau. Dans la religion chrétienne, on associe le bleu aux vêtements de Marie.

Rachmaninoff Ave MariaCliquez sur l’Ave Maria de Rachmaninov

Bien sûr, en musique quand on dit bleu, on pense assez vite au Beau Danube bleu de Johann STRAUSS, ou encore à la Rhapsody in blue, de Georges GERSHWIN.

Strauss An der schönen blauen DonauCliquez sur la version chantée du beau Danube bleu

Gershwin Rhapsody in bluePuis cliquez sur la rhapsody in blue

Un peu moins évidentes sont les références à Barbe bleue, et donc aux cinq opéras (au moins) mettant en scène ce personnage, dont la légende nous vient de Gilles de RAY, maréchal de France, compagnon de guerre de Jeanne d’Arc et zigouilleur de petits enfants.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur Douce et Barbe-bleue

Maurice RAVEL, dont on connaît le goût pour les sonorités nouvelles du jazz intitulera le deuxième mouvement de sa sonate pour violon et piano « Blues ».

Ravel Sonate violon piano bluesCliquez sur la violoniste et le pianiste

Pour Olivier MESSIAEN, qui était synesthète (il associait des couleurs aux accords sonores), le bleu s’apparente à la sonorité de la flûte. Il a par ailleurs écrit, dans son catalogue d’oiseaux, le Merle bleu.

Messiaen le Merle bleuCliquez sur Yvonne Loriod

Autre synesthète, Alexandre SCRIABINE et son « clavier à lumière », sorte d’orgue qui projetait des couleurs pendant qu’on exécutait son œuvre, telle que Prométhée ou le poème du feu.

À propos de Scriabine, ce compositeur qui associait musique et peinture faisait partie du mouvement « Der Blaue Reiter » (« le Cavalier bleu »), mouvement artistique fondé autour de KANDINSKY et de l’expressionnisme en 1911 et 1912. Un autre compositeur a fait partie du « Blau Reiter », c’est Arnold SCHÖNBERG, qui était aussi peintre et a écrit un article et une partition pour ce groupe, sur un texte du poète MAETERLINCK.

Schönberg Herzgewächse op 20Cliquez sur l’opus 20 de Schönberg

Bien entendu, le blues, c’est aussi une part important de la musique de jazz (dont je ne suis pas spécialiste). Parmi les grands classiques du jazz figure Kind of Blues de Miles DAVIS.

Miles Davis Kind of BlueCliquez sur un album de légende du jazz

Dans le Sonnet des voyelles de RIMBAUD, le « O » est associé à la couleur bleu. Pour le caractériser dans la suite du poème, il écrit : « O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, ».

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraiteCliquez sur les strideurs étranges du suprême clairon

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, je vous propose un bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Cinéma, littérature, Mythologie, Théâtre

ÉLECTRE, ELEKTRA, ELECTRA, ELLETRA

Électre, fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, est un des personnages importants de la mythologie grecque, et le dernière représentante de la famille des Atrides. (Ce n’est pas un hasard si Franck HERBERT donné le nom d’Atréis au héros de son space opera Dune, héros dont le second prénom est Oreste, comme le frère d’Électre !)

Le pitch : Électre est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, la sœur d’Iphigénie et d’Oreste (et aussi de Chrysothémis, moins connue). Clytemnestre ayant tué son mari avec l’aide d’Egisthe, son amant, Électre mettra son frère à l’abri, avant de le pousser à venger leur père quelques années plus tard en tuant leur mère.

Cette tragédie a été racontée par les trois grands tragiques grecs que sont ESCHYLE, SOPHOCLE et EURIPIDE. Plus près de nous, RACINE puis VOLTAIRE s’en sont emparée. En Italie ALFIERI, en Irlande O’NEILL, en Autriche HOFFMANSTAHL se sont également emparé du mythe, alors qu’en France au XXe siècle, GIRAUDOUX, ANOUILH, SARTRE et YOURCENAR l’ont également transposé.

Devant la force dramatique du personnage, il n’est donc pas surprenant de retrouver Électre à l’opéra.

Ainsi, en 1712, André CAMPRA écrivait son Idoménée, dont le livret servira largement à MOZART soixante-dix ans plus tard pour son Idomeneo. Dans cet opéra Électre s’est réfugiée en Crète, et est amoureuse d’Idamante, le fils du roi. Or, Idoménée demande à son fils de reconduire Électre chez elle à Argos, ce qui déclenche la fureur de Neptune.

Campra Idoménée Laissez nous sortir d'esclavageCliquez sur l’image

Et donc en 1780, MOZART écrit son Idomeneo, re di Creta (Idoménée) qui s’inspire de l’Idoménée de Campra.

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre (pas très contente)

Le compositeur (méconnu) Christian CANNABICH écrira son Electra dans la foulée de Mozart.

Cannabich Electra (Bernius)Cliquez sur le génial chef de chœur

En 1782, Jean-Baptiste MOYNE écrit Électre, une tragédie lyrique de MOYNE (1782).

La même année 1782 voit l’Électre de l’infatigable GRÉTRY 1782 Électre, d’après Euripide.

Parmi les œuvres issues de la collaboration de Hugo von HOFFMANSTAHL et Richard STRAUSS figurent ELEKTRA.

Strauss ElektraCliquez sur Elektra

Enfin, le compositeur grec, récemment disparu, Mikis THEODORAKIS a écrit son opéra Electra en 1993. (À noter qu’il avait déjà écrit la musique du film la Mort d’Agamemnon (1962) de Michael CACOYANNIS).

Theodorakis Electra Woe is me, the wrtechedCliquez sur l’image

Compositrices

Francesca CACCINI (1587 – 1641)

Contemporaine de MONTEVERDI, première femme à avoir écrit un opéra, Francesca CACCINI est née le 18 septembre 1587 à Florence. Son père, chanteur et compositeur, faisait partie de la Camerata fiorentina, ce cénacle d’intellectuels visant à retrouver l’art tel qu’il se pratiquait dans la Grèce antique. Il travaillait à la cour des MÉDICIS.

À ce titre, il compose en 1600 à l’occasion du mariage de Marie de Médicis et d’Henry IV une pièce musicale chantée, Euridice, sur le même livret que son collègue de la Camerata, Jacopo PERI. C’est à la suite de ces représentations que Claudio MONTEVERDI « inventera » la forme opéra, avec son Orfeo de 1607.

Pour en savoir un peu plus sur cette époque, vous pouvez cliquer sur le lien « Histoire de l’opéra, les années 1600« .

On connaît de Giulio un très bel Ave Maria, même si les recherches musicologiques récentes ont tendance à l’attribuer à un autre compositeur.

Caccini ave MariaCliquez sur l’image

La petite Francesca apprend de son père la musique : le chant, le clavecin, la composition.

De 1604 à 1605, le père, sa femme et ses deux filles sont invités à Paris par Henry IV et Marie de Médicis, où ils raviront les courtisans, notamment par la qualité du chant de Francesca.

En 1607, elle se marie et entre au service des Médicis au grand-duché de Toscane en tant que musicienne, et a été à une époque la musicienne la mieux payée.

En 1618, elle publie son premier livre de musique : Il primo libro delle musiche a una, e due voci (Le premier livre de musique à une et deux voix.)

Caccini Francesca Maria, dolce MariaCliquez sur l’image

Caccini Ch'amor sia nudoCliquez sur l’image

Caccini Chi desiaCliquez sur l’image

Caccini O che nuovo stuporCliquez sur l’image

Caccini francesca ChaconneCliquez sur la chaconne

Caccini Lasciatemo qui soloCliquez sur l’image

Francesca est restée dans l’histoire de la musique en tant que première femme compositrice d’opéras. En effet, en 1625 elle écrit la liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Roger de l’île d’Alcina), d’après l’Orlando furioso de l’ARIOSTE.

Caccini Francesca La liberazione di Ruggiero dall' isola d'Alcina Ahi, MelissaCliquez sur l’image

Elle écrit aussi un Rinaldo inamorato dont la partition est malheureusement perdue.

On ne connaît pas exactement la date de sa mort, probablement survenue après 1641.

Dans mes recherches pour écrire cet article, je suis tombé sur la page suivante (en anglais) très intéressante: https://www.youtube.com/watch?v=DmHhvpbxoNM.

Et si vous voulez encore de la musique de Francesca Caccini, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez encore un peu de musique de Francesca Caccini.

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Francesca Caccini à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Écrivains, littérature

DANTE ALIGHIERI (1265 – 1321)

Dante ALIGHIERI est souvent considéré comme le père de la langue italienne moderne. Il est l’auteur de la Divine comédie, un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale.

Dante naît à Florence en juin 1265, en plein conflit entre les guelfes (partisans du pape) et les gibelins (partisans de l’empereur). En 1274, il rencontre Béatrice, dont il tombe amoureux et qui deviendra son amour virtuel. En 1282, ce sont les Vêpres siciliennes (dont Verdi tirera un opéra).

En 1283, il commence à écrire sa Vita Nova (Vie nouvelle).

Le 8 juin 1290, Béatrice meurt, mais pour Dante, elle restera toujours sa muse.

Autour de l’année 1300, Dante effectue des missions diplomatiques, notamment à Rome.

Entre 1304 et 1321, il écrit la Divine Comédie. Dans cette Divine Comédie, le poète VIRGILE lui fait descendre les neuf cercles de l’enfer, avant de monter les sept gradins du purgatoire. Arrivé aux portes du paradis, Virgile ne peut plus le guider, et c’est Béatrice qui prend le relais, pour lui faire visiter les neuf sphères du paradis.

Dante Alighieri meurt le 14 septembre 1321 à Ravenne.

Quelques années avant l’invention de l’opéra, Vincenzo Galilei (le père de Galileo Galilei) met en musique les Lamentations d’Ugolin (1586).

Comme les œuvres de l’ARIOSTO (l’ARIOSTE) et de il TASSO (le TASSE), la Divine Comédie a fait partie pendant des siècles des œuvres que le public lettré se devait de connaître et d’avoir lues. Ainsi, au XIXe siècle, Franz LISZT rendra hommage à Dante.

Une première fois en 1837 avec sa pièce pour piano Après une lecture de Dante, qui sera recueillie vingt ans plus tard dans le deuxième volume des Années de Pèlerinage.

Liszt Après une lecture de DanteCliquez sur le pianiste

Une deuxième fois en 1857 avec sa Dante Symphonie.

Liszt Dante-Symphonie AlléluiaCliquez sur l’image

Dans le cinquième chant de l’Enfer, comme il arrive au second cercle (celui de la luxure), Dante nous conte l’histoire de Francesca da Rimini, la fille d’un seigneur de Ravenne mariée à Jean le Boiteux, un jeune homme valeureux mais difforme. Très vite, Francesca se mit à tromper son mari avec le frère de celui-ci, Paul le Beau. Surpris ensemble, ils furent assassinés par Jean. Et c’est en Enfer que Dante nous les présente, mais un enfer étrangement calme, au milieu d’une cour d’autres victimes de l’amour, Sémiramis, Didon, Cléopâtre, Hélène de Troie, Achille, Pâris, Tristan.

Cette histoire a été illustrée musicalement par TCHAÏKOVSKI en 1876,

Tchaïkovski Francesca da RiminiCliquez sur l’orchestre

par Ambroise THOMAS en 1882 dans son opéra Françoise de Rimini

Thomas Françoise de RiminiCliquez sur l’image

par RACHMANINOV en 1906

Rachmaninov Francesca da RiminiCliquez sur l’image

et par ZANDONAÏ en1914.

Zandonai Francesca da Rimini final (MET 1984)Cliquez sur l’image

Une autre histoire évoquée dans l’Enfer est celle de Gianni Schicchi, cet homme roué qui réussit à détourner un héritage à son profit. PUCCINI a écrit un opéra en un acte sur ce thème en 1918.

Pucccini Gianni Schicchi O mio babbino caroCliquez sur l’image

Enfin, au chant XXXIII de l’Enfer, Dante nous parle des malheurs d’Ugolin. Ugolin, tyran de Pise, a trahi la cause des gibelins. Une conspiration le renverse et il se trouve en prison avec ses fils et ses petits-fils. Alors qu’ils mouraient de faim, ils le supplièrent de se nourrir de leur chair quand ils seraient morts. Cette légende a été mise en musique par DONIZETTI dans sa cantate Il conte Ugolino qui date de 1826.

Donizetti Il Conte UgolinoCliquez sur l’image

Les compositeurs ne sont pas les seuls artistes à avoir été inspirés par l’œuvre de Dante.

Ainsi RODIN et sa monumentale Porte de l’enfer.

Ou encore la série de gravures de Gustave Doré pour la Divine Comédie.

(Source principale : Dante, œuvres complètes, la Pléiade, éditions Gallimard, 1983)

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Dante à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DE LA VARIÉTÉ

Alors que certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs classiques, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs classiques ne dédaignent pas interpréter des airs de variété.

Ainsi Jonas KAUFFMANN dans le Parrain :

Jonas Kauffmann le ParainCliquez sur Jonas

Après qu’elle eut mis fin à sa carrière lyrique, la grande Nathalie DESSAY a continué à chanter et on lui doit des albums consacrés à Michel LEGRAND ou Claude NOUGARO.

Nougaro dessayCliquez sur Nathalie

Le très italien Luciano PAVAROTTI aimait bien chanter Funiculi funicula, un air populaire composé pour l’inauguration du funiculaire du Vésuve.

Funicula funiculaCliquez sur Luciano

Le grand baryton russe Dimitri HVOROSTOVSKY aimait particulièrement les airs populaires russes.

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur Dima

La soprano Cathy BERBERIAN (la femme du compositeur Luigi NONO) a enregistré un album des chansons de BEATLES, à une époque où ce mélange des genres ne se faisait pas encore.

The Beatles I want to hold your hand (Berberian)Cliquez sur Cathy

Roberto ALAGNA, le plus « pipole » de nos ténors, n’hésite jamais à pousser la chansonnette, y compris avec sa fille Malèna.

Alagna besame muchoCliquez sur Roberto

Quant à Montserrat CABALLÉ, elle n’a pas hésité à marier sa voix à celle de Freddy MERCURY pour chanter Barcelone.

Caballé Mercury BarcelonaCliquez sur Freddy et Montserrat

Et qui sait que Placido DOMINGO a chanté BREL en duo avec ZAZ ?

Brel la Chanson des vieux amants (Domingo + ZAZ)Cliquez sur Zaz et Placido

Pour ceux (ou celles) qui en veulent encore, il y a ce cadeau bonus !

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous faites partie de ceux (ou celles) qui en veulent encore

Agenda Ironique, Cinéma

CALME BLOC ICI-BAS CHU D’UN DÉSASTRE OBSCUR

Ceci est ma contribution à l’agenda Ironique de septembre 2021, dont le thème nous a été proposé par Tout l’Opéra (ou presque) (c’est moi). Voici donc le thème, détaillé ici.

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

Une légende urbaine prétend qu’en 1968, l’écrivain de S.F. Arthur C. CLARK s’était rendu à Baltimore avec le réalisateur Stanley KUBRICK pour discuter d’un projet de film d’animation qu’ils avaient ensemble. Passant devant le tombeau d’un de leur héros, l’écrivain Edgar Allan POE, ils se recueillirent devant l’étrange monolithe que les humains avaient déposé sur sa tombe, pour leur tranquillité que son esprit n’en ressorte jamais. C’est alors que l’écrivain fantastique instilla dans leur esprit, l’histoire suivante.

Il y a de cela fort longtemps, avant que l’homme ne devienne l’animal sage et avisé que l’on connaît aujourd’hui, vivait sur Terre une tribu d’hominidés, qui subsistaient comme ils pouvaient en cherchant la rare nourriture qu’ils trouvaient. David Guetteur de Lune était leur « chef ».

La tribu était régulièrement la proie d’un léopard, bestiole contre laquelle ils étaient mal armés. Une nuit, un aboli bibelot d’inanité sonore se fit entendre. Au matin, en sortant de la grotte où la tribu se réfugiait pendant la nuit, ils se trouvèrent en présence d’un calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Kubrick le monolithe (début)Cliquez sur le calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur

David Guetteur de lune fixa alors l’étrange bloc, sans savoir qu’en face, le monolithe le scrutait attentivement. Après ce contact avec une intelligence extraterrestre, David Guetteur eut l’idée de se servir d’os d’animaux pour massacrer ses ennemis. On peut considérer qu’il s’agissait là de l’acte fondateur de la civilisation.

Brel les SingesCliquez sur le grand artiste belge

Mais retrouvons nos amis humains quelques millions d’années plus tard. L’Homme s’est lancé dans la conquête de l’espace, mais v’là t’y pas qu’il a trouvé une anomalie magnétique sur le cratère de Tycho, sur la Lune. En creusant, il a trouvé un étrange monolithe noir qui, lors de son excavation, a émis un mystérieux signal vers Jupiter (pour les habitués de mon blog, je dois préciser que par Jupiter, je ne désigne pas le dieu grec déjà mainte fois mentionné ici, mais d’une planète de notre système solaire).

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’alignement des astres

Il (l’Homme) décide alors d’envoyer une mission tout là-haut, pour trouver la cible de ce mystérieux signal. Deux astronautes sont envoyés vers Jupiter, accompagnés d’un ordinateur doté d’une Intelligence Artificielle, HAL. (Pour le fun, essayez de translater d’une place chacune des lettres du mot HAL, et vous trouverez l’origine du nom de l’ordinateur.)

Les choses se gâtent vite quand l’ordinateur estime que les deux hommes qui l’accompagnent dans sa mission vont plus le gêner qu’autre chose. Il se débarrasse habilement de l’un deux, l’envoyant dans l’espace pour réparer une (fausse) panne qu’il a signalée. Quand le deuxième astronaute voit son collègue passer par le hublot, il décide de sortir pour essayer de le secourir.

Strauss le beau Danube bleu (Kubrick)Cliquez sur l’image d’un célèbre film

Il n’y parvient pas, mais heureusement pour lui, il réussit à déconnecter HAL, carte après carte (et l’on voit alors l’ordinateur perdre la tête, retomber en enfance, avant que de s’éteindre définitivement.)

Le cosmonaute restant poursuit alors son voyage vers Jupiter, où se trouve un autre monolithe en orbite autour de la planète. Comme il s’en approche, il se sent aspiré et part pour un fabuleux voyage dans le temps et dans l’espace. Malheureusement, la communication télépathique entre Poe et Clarke et Kubrick s’est arrêtée là, et on ne comprend donc pas très bien la fin de l’histoire.

En tout cas, cette rencontre ne fut pas vaine, car Arthur C. Clarke a relaté cet événement dans un de ses livres les plus connus, 2001, Odyssée de l’espace (2001, a Space Odyssey), alors que Stanley Kubrick en a tiré un de ses films, portant le même nom.

Agenda Ironique, Mallarmé, Oulipo

AGENDA IRONIQUE DE SEPTEMBRE 2021

Hop hop hop, on ne bouge plus, on écoute (ou plutôt on lit.)

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a proposé (en second) pour animer l’Agenda Ironique de septembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style (hihihi, tant pis pour vous.)

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

J’ai fait un POC (Proof of Concept) pour tester la solidité de ma proposition en demandant à mon ami Stéphane ce qu’il en pensait, il m’a immédiatement répondu en me proposant deux textes, que je vous livre ici à titre d’exemple.

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Aboli bibelot d’inanité sonore.

J’ai donc considéré que le concept était valide et je vous le soumets. Je vous rassure, mon ami Stéph’ sera hors concours, d’autant que ses amphibolies ne sont pas si jolies que ça !

À vos blogs ! 🙂

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire cidsous jusqu’au 26 septembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 septembre.

Mes opéras préférés

DON PASQUALE, de DONIZETTI (1843)

Dernier avatar du bel canto, Don Pasquale de DONIZETTI est une farce créée à Paris en 1843. Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence du cas classique (S+T)/B où une soprano (Norina) et un ténor (Ernesto) s’aiment, mais voient leur amour contrarié par un baryton/basse (Don Pasquale).

Le pitch : Don Pasquale est un vieux barbon qui veut se marier avec une jeune femme, Norina, après avoir déshérité son neveu Ernesto. Le notaire qui rédige le contrat de mariage est en fait un cousin, qui veille sur les amours de Norina et Ernesto. Le faux contrat signé, Norina va rendre la vie impossible à son faux mari, jusqu’à ce que celui-ci soit content d’apprendre qu’il n’est pas vraiment marié.

Acte I : Don Pasquale, un vieux célibataire, se désole de voir son neveu Ernesto préférer une jeune femme sans fortune, Norina, au mariage avantageux qu’il lui propose. Il décide alors de déshériter son neveu et de se marier lui-même. Il demande à Malatesta, son médecin, de lui trouver une femme. Malatesta lui propose Sophronia, sa propre sœur. Sentant monter en lui un feu insolite suite à la description de Malatesta, Don Pasquale laisse éclater sa joie (air : « Un foco insolito »).

Donizetti Don Pasquale Un foco insolitoCliquez sur Don Pasquale

Il convoque alors son neveu pour lui demander une dernière fois d’accepter une jeune fille riche, mais celui-ci refuse à nouveau. Don Pasquale annonce alors à Ernesto qu’alors, c’est lui qui va se marier avec la sœur de Malatesta. Privé d’argent, Ernesto se désole de devoir renoncer à son amour pour Norina (Air [et duo] : « Sogno soave e casto »).

Donizetti Don Pasquale Sogno soave e castoCliquez sur Ernesto

En attendant l’arrivée de Malatesta, Norina lit un roman d’amour qui la fait bien rire. Elle se targue de connaître aussi le secret du regard qui chavire le cœur des hommes (Air : « So anch’io la virtu magica ».)

Donizetti Don Pasquale (Pretty Yende)Cliquez sur Norina

On lui apporte un petit mot de billet de la part d’Ernesto qui l’informe du projet de mariage de Don Pasquale, qui le déshérite. Il veut quitter l’Europe. Heureusement, Malatesta arrive à point nommé pour informer Norina de son plan : il lui demande de jouer le rôle de Sofronia, sa sœur, pour faire un faux mariage devant un faux notaire, mettant ainsi Don Pasquale dans leur poche.

Acte II : Ernesto est prêt à partir et exprime une dernière fois son amour pour Norina (Air : Povero Ernesto).

Donizetti Don Pasquale Povero ErnestoCliquez sur ce pauvre Ernesto

Malatesta arrive avec sa « sœur », voilée, pour la présenter à Don Pasquale. Norina joue la vierge effarouchée, tout juste sortie du couvent pour aguicher son futur mari. Elle fait monter la pression amoureuse et quand enfin, elle ôte son voile, Don Pasquale n’en peut plus, il réclame un notaire immédiatement. (Trio : « Via, da brava ».)

Donizetti Don Pasquale Via da bravaCliquez sur Don Pasquale, Malatesta et Norina/Sofronia

Le docteur, qui avait tout prévu fait entrer son faux notaire. Subjugué, Don Pasquale fait mettre dans le contrat de mariage que Sofronia sera la maîtresse de la maison. Mais sitôt le contrat signé, le caractère de la rouée jeune femme change. Elle repousse Don Pasquale, jugé trop vieux pour l’accompagner en ville, et choisit Ernesto, revenu dire adieu à son oncle, pour l’accompagner. Ernesto comprend alors la ruse des deux compères et s’en réjouit, alors que Malatesta joue les étonnés.

Acte III : Dans la maison de Don Pasquale, ou plutôt de Sofronia, le train de vie a changé qui a embauché de nouveaux serviteurs et achète tout ce dont elle a envie. Don Pasquale n’en peut plus et cherche à la retenir quand elle s’apprête à aller au théâtre.

Dans la dispute qui s’ensuite, Sofronia gifle le pauvre Don Pasquale ! Avant de sortir, elle laisse tomber comme par mégarde un billet d’Ernesto lui fixant un rendez-vous la nuit dans le jardin. Don Pasquale cherche l’avis du docteur sur l’attitude à tenir. Après avoir prévenu Ernesto du rôle qu’il aurait à tenir la nuit, Malatesta suggère à Don Pasqual de surprendre les jeunes gens dans leur rendez-vous galant.

La nuit dans le jardin, Ernesto donne la sérénade à Norina, qui lui répond en duo (Duo : « Tornami a dir che m’ami ».)

Donizetti Don Pasquale Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Norina (en civil)

C’est le moment où Don Pasquale et le docteur surgissent. Ernesto a le temps de se cacher, mais Norina doit répondre aux deux hommes. Malatesta réussit enfin à convaincre que le seul moyen de mettre fin à cette situation est de marier son neveu à sa Norina. (Trio : « Eccoli : attenti ben ».)

Ernesto revient, Norina révèle sa véritable identité, et Malatesta explique la situation à Don Pasquale qui, bon joueur, pardonne et bénit les deux jeunes amoureux.

Donizetti Don Pasquale finalCliquez sur le final

Et si vous voulez un petit plus, cliquez donc sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez donc sur le cadeau bonus si vous voulez un petit plus

Mallarmé, Oulipo, Poésie

REMÉMORATION D’AMIS BELGES, de MALLARMÉ

Après La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose « Remémoration d’amis belges », un poème de 1893 en hommage aux poètes belges du cercle Excelsior de Bruges, où Mallarmé avait été invité à donner une conférence en1890.

Les quatrains évoquent la ville de Bruges, sombre et vétuste, alors que les tercets évoquent l’aube, d’où des cygnes surgissant des canaux noirs de la cité prennent leur envol en toute liberté, comme la poésie permet de s’abstraire de la médiocrité de la vie au quotidien.

À des heures et sans que tel souffle l’émeuve

Toute la vétusté presque couleur encens

Comme furtive d’elle et visible je sens

Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve

Boulez Pli selon pliCliquez sur l’image

Flotte ou semble par soi n’apporter une preuve

Sinon d’épandre pour baume antique le temps

Nous immémoriaux quelques-uns si contents

Sur la soudaineté de notre amitié neuve

Verdi La Forza del destino Amici in vita e in morteCliquez sur l’image

Ô très chers rencontrés en le jamais banal

Bruges multipliant l’aube au défunt canal

Grisar Le Carillonneur de BrugesCliquez sur le carillonneur de Bruges

Avec la promenade éparse de maint cygne

Saint-Saëns Carbnaval des animaux le cygneCliquez sur l’image

Quand solennellement cette cité m’apprit

Lesquels entre ses fils un autre vol désigne

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit.

Schubert Scwanengesang StändchenCliquez sur l’image

Citations musicales :

Pli selon pli : BOULEZ Pli selon pli, hommage à Mallarmé. Cette œuvre; commencée en 1957 a connu, comme nombre d’œuvres de Boulez plusieurs remaniements, et ce jusqu’en 1990. Elle est construite sur une mise en musique de cinq poëmes de Mallarmé, dont le fameux « Le Vierge le vivace et le bel aujourd’hui« , description d’un malheureux cygne pris dans les glaces à Paris lors d’un hiver très rigoureux.

notre amitié : VERDI La Force du destin, Duo « Amici in vita e in morte ». Dans cet opéra de Verdi, le héros Alvaro sauve son ennemi (sans le reconnaître) sur le champ de bataille. Ils se jurent une amitié à la vie et à la mort.

Bruges : Il existe un opéra de Albert GRISAR intitulé le Carillonneur de Bruges (1852).

de maint cygne : SAINT-SAËNS, le Carnaval des animaux, « le Cygne ».

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit : SCHUBERT Schwanengesang (le Chant du cygne), « Ständchen ».