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Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE LILLE

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Séville, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Lille.

L’opéra de Lille a été construit juste avant la Révolution française. Si vous voulez en savoir plus sur son histoire, je vous invite à consulter le site de Nemorino, qui la raconte très bien.

En 1790, Le Chevalier de SAINT-GEORGES part à Lille, et c’est pour cette ville qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

Le compositeur Pierre BAUMANN (1796 – 1872) fut altiste et professeur de composition au conservatoire de Lille.

Nettement plus connu est son élève le compositeur Édouard LALO (1823 – 1892). Entré au conservatoire de Lille à l’âge de dix ans, il part ensuite à Paris pour parfaire sa formation musicale. Ses œuvres les plus connues restent probablement la Symphonie espagnole, son Concerto pour violon, son opéra le Roi d’Ys et la musique du ballet Namouna.

Lalo Le roi d'Ys Vainement ma bien aiméeCliquez sur l’image

Gustave NADAUD, chansonnier roubaisien (1820 – 1893), membre du Caveau et auteur de Pandore et les deux gendarmes.

Nadaud Pandore et les deux gendarmesCliquez sur les deux gendarmes

Parmi les compositeurs nés dans la métropole lilloise, il y a en a un qui me plaît particulièrement. Albert ROUSSEL (1869 – 1937) est né à Tourcoing. Marin de formation, il décide de quitter la marine pour se consacrer à la musique. Au début influencé par DEBUSSY ou d’INDY, il trouve vite sa voix et sa voie, pour écrire des compositions aux rythmes hardis et aux orchestrations subtiles. Dans le domaine de l’opéra, il a écrit Padmâvatî, influencé par l’Inde et pour le ballet : le Festin de l’araignée.

Roussel Padmâvatî préludeCliquez sur l’image

Le baryton belge Edgard P. JACOBS, plus connu pour son rôle dans l’histoire de la bande dessinée franco-belge, entre à l’opéra de Lille en 1929. Las, la crise de 1929 – 1930 font que les Français restreignent drastiquement les emplois occupés par des étrangers, et il doit retourner en Belgique.

jacobs méphisto

Roubaix a vu naître le poète symboliste Albert SAMAIN (1858 – 1900). Très célèbre à son époque, ses poèmes ont inspiré de nombreuses mises en musique, dont l’opéra Polyphème du breton Jean CRAS

Cras Polyphème Elle dort...Cliquez sur l’image

ou encore FAURÉ ou Nadia BOULANGER.

Boulanger (NAdia) Ilda (Samain)Cliquez sur Nadia

Un autre roubaisien mondialement connu est Georges DELERUE (1925 – 1992). Certes, ce ne sont pas ses quatre opéras qui lui ont valu cette notoriété, ce sont ses musiques de films, pour lesquelles il reçut trois Césars et un Oscar. Il a travaillé avec des cinéastes comme RESNAIS, TRUFFAUT, LAUTNER ou de BROCA.

Delerue La Nuit américaineCliquez sur l’image

Et si vous voulez plus de musique d’un de ses compositeurs, cliquez sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez plus de musique d’un de ces compositeurs

Divers, Maria Callas

DRAMES DE LA JALOUSIE À L’OPÉRA

Je vous en avais parlé dans ma série sur les sept péchés capitaux, on rencontre beaucoup d’histoires d’amour à l’opéra. Malheureusement ces histoires d’amour sont parfois accompagnées par ce revers de la médaille amoureuse qu’est la jalousie.

Voici donc une deuxième série de drames provoqués par la jalousie sur les scènes d’opéras (je ne parle évidemment pas ici des tensions et rivalités qui peuvent exister entre les chanteurs et les chanteuses.)

Ainsi dans l’Orlando furioso (1727) de VIVALDI, le héros Orlando est jaloux de Médor, que la magicienne Alcina a ramené à la vie.

Vivaldi Orlando furioso Troppô é fiero,il nume arcieroCliquez sur l’image

Peu de temps après, son contemporain HAENDEL met en musique le même drame tiré de l’ARIOSTE avec son Alcina. À la fin du deuxième acte, Alcina se plaint d’avoir été trahie par l’homme qu’elle aime.

Haendel Alcina Ombre pallide et mi restano le lagrimaCliquez sur Alcina

La même année (1735) en France, RAMEAU met en scène la jalousie de Tacmas dans la troisième entrée des Indes galantes. Heureusement, tout se termine bien et les quatre protagonistes joignent leur voix pour chanter le bonheur retrouvé.

indes galantes 3

Retour en Angleterre en 1738 avec Xerxès (Serse) de Haendel et cette scène où Romilda qui se croit trahie par son fiancé chante sa jalousie.

Haendel Serse E gelosia quella tirannaCliquez sur Romilda

Changeons de siècle et de pays avec La Somnambule (La Sonnambula) (1831) de BELLINI, où Elvino, jaloux des avances faites à sa fiancée Adina, lui fait une scène avant que les amoureux ne se réconcilient.

Bellini la Sonnambula Son geloso del zefiro erranteCliquez sur Adina

35 ans plus tard, dans Aïda (1870) de VERDI, Amnéris laisse éclater sa fureur jalouse quand elle se rend compte que son cher Radamès aime l’esclave Aïda.

Verdi Aïda Pieta ti prendra del mio dolorCliquez sur l’image

Et vers la fin du siècle, c’est LEONCAVALLO dans son Paillasse (1892) qui fait chanter à son héros trompé cet air où il exprime tout son malheur.

Leoncavallo Paillasse No Pagliaccio non sonCliquez sur Paillasse

Et comme il me reste quelques opéras traitant de la jalousie, vous en aurez peut-être prochainement une nouvelle série.

Mes opéras préférés

ALCINA (1735), de HAENDEL

Alcina est un des derniers opéras écrits par HAENDEL, d’après Orlando Furioso de l’ARIOSTE. Il a été créé à Londres en 1735. Comme son nom l’indique, la figure centrale de cette œuvre est Alcina, une magicienne (ou sorcière) qui avait la funeste habitude de transformer en rochers ou en bêtes furieuses les hommes qui abordaient son île. Un jour, le chevalier Ruggiero aborde sur cette île mais, tombée amoureuse, Alcina use de ses enchantements pour le retenir auprès d’elle au lieu de le transformer.

Parmi les sorcières que l’on peut rencontrer à l’opéra, Alcina en est une des plus tragiques, et son amour pour Ruggiero s’exprime sous toutes les formes, l’amour heureux (Ah, mio cor), l’amour réconfort (Si, son quella), l’amour vengeur (Ombre pallide) jusqu’à l’amour désespéré (Mi restano le lagrime).

Le pitch : Bradamante aime Ruggiero, retenu prisonnier par les sorts de la magicienne Alcina. Partie à la recherche de Ruggiero avec l’aide de Melisso, Bradamante aborde l’île de la magicienne. Morgana, la sœur d’Alcina, tombe amoureuse de Bradamante, qui s’était déguisée en homme (Ricciardo) pour le voyage. Après moult qui pro quo dus au travestissement de Bradamante, les sorts d’Alcina sont brisés et tout finit bien pour les deux amants.

ACTE I : La belle Bradamante, qui se fait passer pour son cousin Ricciardo, et Melisso, le tuteur de Ruggiero, sont partis à la recherche de celui-ci. Pris dans un naufrage, ils abordent sur l’île de la magicienne Alcina. Bradamante et Melisso sont découverts par Morgana, la sœur d’Alcina. (Il s’agit là de la Fata Morgana, en français la Fée Morgane, que l’on retrouve dans bien des légendes, dont celle du Graal et du roi Arthur.) Morgana est attirée par Ricciardo, Bradamante déguisée en homme. Un chœur chante les délices de ces lieux quand arrive la magicienne Alcina, accompagnée de Ruggiero, sous le charme d’Alcina. Oberto, un jeune homme, recherche son père, une ancienne victime des sorts d’Alcina. Ruggiero, amoureux d’Alcina, a oublié Bradamante.

Oronte, l’ancien amant de Morgana, menace Bradamante dont il est jaloux. Bradamante se défend (Air : « È gelosia ») et Morgana la prend sous sa protection.

Haendel Alcina È gelosiaCliquez sur Bradamante

Pour se venger, Oronte révèle à Ruggiero qu’Alcina s’est éprise de Bradamante, et le raille de croire à son amour. Ruggiero se plaint auprès d’Alcina d’avoir été abandonné, mais Alcina s’en défend (Air : « Si, son quella »).

Haendel Alcina Si son quellaCliquez sur Alcina

Bradamante se dévoilant essaie de convaincre Ruggiero qu’elle est sa fiancée, mais Ruggiero ne la croit pas. Il se précipite chez Alcina pour la convaincre de changer en bête celui qu’il croit être son rival. Pour la sauver, Morgana presse Bradamante de quitter l’île. Bradamante feint de céder à Morgana, qui lui a déclaré son amour (Air : « Tornami a vagheggiar »).

Haendel Alcina Tornami a vagheggiarCliquez sur Morgana

Acte II : Melisso reproche à Ruggiero son attitude ingrate, puis lui donne un anneau magique, capable de détruire les sorts d’Alcina. Ruggiero est immédiatement libéré et pense à sa Bradamante. Celle-ci paraît, mais comme elle a toujours l’apparence de Ricciardo, Ruggiero croit qu’il s’agit d’un nouveau sortilège d’Alcina. Bradamante insiste, et Ruggiero finit par la croire.

Alcina veut changer Ricciardo en bête, mais Ruggiero et Morgana réussissent à la convaincre de ne pas le faire (Air : « Ama, sospira, ma non ti offende ».)

Haendel Alcina Ama, sospiro... Un momento di contenteCliquez sur Morgana et Oronte (ou Ricciardo ?)

Afin de s’échapper, Ruggiero convainc Alcina de le laisser partir à la chasse, en lui promettant, non sans duplicité, d’être fidèle à celle qu’il aime (air : « Mio bel tesoro ».)

Haendel Alcina Mio bel tesoroCliquez sur l’image

Oberto entre. Il cherche toujours son père, et Alcina lui promet qu’il le retrouvera bientôt. Oronte vient rapporter à Alcina que Ruggiero s’apprête à s’enfuir. Alcina se lamente d’avoir été trahie (Air : « Ah, mio cor ! schemito sei ! »).

Haendel Alcina Ah ! mio cor, schernito seiCliquez sur Alcina

Oronte prévient Morgana que son nouvel amant l’abandonne, mais Morgana le laisse seul à sa déception (Air : « E un folle, è un vile affato »). Ruggiero et Bradamante se déclarent leur amour, mais Morgana les surprend et leur reproche leur trahison. Ruggiero, qui s’apprête à rompre les sorts d’Alcina, chante une dernière fois la verte nature qui va ainsi perdre sa beauté factice (Air : « Verdi prati »).

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur Bradamante, Morgana et Ruggiero

Dans une grotte, Alcina invoque les esprits pour se venger, tout en se plaignant de la trahison dont elle se sent victime (Air : « Ombre pallide »).

Haendel Alcina Ombre pallide et mi restano le lagrimaCliquez sur Alcina

Acte III : Morgana réussit à se faire pardonner d’Oronte (Air : « Credete al mio dolore »).

Haendel Alcina Credete al mio coreCliquez sur Morgana

Alcina tente encore de retenir Ruggiero. Ruggiero s’apprête à détruire les monstres et les enchantements d’Alcina (Air : « Sta nell’Ircana »).

Haendel Alcina Sta nell'Ircana pietrosa tanaCliquez sur Ruggiero

Alcina et Oronte n’ont plus qu’à constater la victoire de Ruggiero (Air : « Mi restano le lagrima »)

Haendel Alcina Mi restano le lagrimeCliquez sur Alcina

quand Oberto paraît, cherchant toujours son père. Alcina lui demande de tuer une bête fauve, mais Oberto comprend qu’il s’agit de son père et se tourne contre Alcina (Air : « Barbara ! Io ben lo so ».) Après une dernière tentative pour séparer Bradamante et Ruggiero (Trio : « Non è amor, nè gelosia »),

Haendel Alcina Non è amor, nè gelosiaCliquez sur l’image

ce dernier détruit l’urne magique qui abrite tous les sorts d’Alcina. Aussitôt, tous les chevaliers prisonniers de ces sorts sont libérés et retrouvent leur forme humaine (Chœur : « Dall’orror di notte cieca »).

Haendel Alcina Dall'orro di notte ciecaCliquez sur Georges Frédéric

(source : moi-même d’après le livret, une diffusion sur ARTE le 10/07/2015 et une interview du chef Christophe Rousset)

Agenda Ironique

PLUIE EN NOVEMBRE, NOËL EN DÉCEMBRE

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est embarqué chez Laurence Délis, et voici ce qu’elle nous propose comme thème.

https://palettedexpressions.wordpress.com/2021/11/01/y-a-de-la-joie-par-dessus-les-toits-agenda-ironique/

Aussi pour pour parer aux jours gris de novembre, novembre de brume et de mélancolie, je vous propose de débuter votre récit par une phrase empruntée à Charles Trenet « Y a de la joie […] par-dessus les toits […] du soleil dans les ruelles » à laquelle j’ajoute et novembre.

Ce qui donne la phrase suivante : « Y a de la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles et novembre… »  

À vous d’écrire une suite où il sera question de ce mois novembre. Que fait novembre ou que faire de novembre ou que faire en novembre, avec qui ou quoi… bref, c’est à vous de le dire, comme bon vous plaira avec un zeste d’ironie agenda oblige.

Il faudra ajouter trois mots à votre inspiration du mois  :

un puits – le passage – se taire

Avec lui, y a d’la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles, et novembre et sa pluie sera vite oubliée ! Voyons celà.

Comme le dit l’adage populaire, « Pluie en novembre, Noël en décembre ». Et comme nous avons eu un peu de pluie en ce mois de novembre, il y a de fortes chances que nous ayons Noël en décembre. 🎅

Le 22 novembre 1913 naissait Benjamin BRITTEN, un de mes compositeurs préférés du XXe siècle. En 1942, à son retour des États-Unis, il écrit A Ceremony of Carols, une sublime cantate pour chœur d’enfants et harpe, pour le temps de Noël.

Britten A Ceremony of CarolsCliquez sur le chœur de jeunes

Deux siècles avant lui, c’était HAENDEL qui chantait la joie de la venue de l’Enfant Jésus sur Terre, dans son oratorio le Messie (1741).

Haendel Messiah For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Entre eux deux, WEBER, né le 18 novembre 1786 a composé cette Nuit de Noël :


Weber Weinacht ist's im ganzen LandCliquez sur l’image

Et dans sa quelque peu mystique Turangalila Symphonie, MESSIAEN fait pleuvoir les notes dans le passage intitulé « Joie du Sang des étoiles ».

Messiaen Turangalila Symphonie Joie du sang des étoiles

Mais de nos jours, le caractère sacré de Noël est un peu oublié et Noël, dans le genre profane, c’est aussi le père Noël qui arrive par les toits apporter de la joie aux enfants. Avec lui, y a d’la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles, et novembre et sa pluie est vite oubliée !

Retrouvez le frère de Tom NOVEMBRE interpréter en duo avec ELSA cette chanson de Graeme ALLWRIGHT.

Allwright Petit garçonCliquez sur le père Noël

Voilà, après une prestation aussi capillo-tractée, il n’y a plus qu’à se taire. Et puisque Laurence veut un puits, écoutons Lawrence (Dale) chanter la complainte de Joseph, jeté dans un puits par ses méchants frères, dans l’opéra Joseph, de MÉHUL.

joseph laurence daleCliquez sur Joseph

Compositeurs

Alban BERG (1885 – 1935)

Alban BERG naît à Vienne le 9 février 1885 dans une famille aisée de cette ville.

Sans formation musicale particulière, il compose de nombreux lieder. En 1904, il rencontre Arnold SCHOENBERG et il suit ses cours pendant six ans. Il pratique donc la musique sérielle, puis dodécaphonique. Avec Anton WEBERN, le trio compose la seconde école de Vienne (la première étant celle de Haydn, Mozart et Beethoven). Malgré l’utilisation des techniques arides du dodécaphonisme, BERG sait toujours sortir du carcan de la forme, et rester lyrique dans ses compositions.

En 1908 paraît sa Sonate pour piano Opus n° 1.

De ses nombreux lieder de jeunesse, il en retient sept datant de 1905 à 1908 en un cycle (sieben frühe Lieder), qui seront orchestrés en 1928.

Berg Sieben frühe Lieder Die NachtigallCliquez sur l’image

En 1914, à la création viennoise du Woyzeck de Georg BÜCHNER, Berg est bouleversé et « sent » qu’il doit mettre ce drame en musique.

Il compose donc Wozzeck, dont il achève le livret en 1917, et la partition en 1922. Wozzeck est créé en 1925 à Berlin, sous la direction d’Erich Kleiber, et est considéré comme une des œuvres lyriques phares du XXe siècle (billet à venir).

Berg Wozzeck extraitsCliquez sur l’image

La même année, il compose la Suite lyrique, suivant les méthodes dodécaphoniques, qui sera créée en 1927, et dans la partition de laquelle il dissimule son amour pour Hanna Fuchs. D’abord écrite pour quatuor à cordes, il en existe également une version pour orchestre à cordes.

berg Suite lyriqueCliquez sur l’orchestre à cordes

En 1929, il commence l’opéra Lulu, adaptation de deux pièces de Franck WEDEKIND. Berg a écrit lui-même le livret, à partir de L’esprit de la terre (1895) et La boîte de Pandore (1902). Mais, en 1935, il s’interrompt pour écrire un Concerto pour violon, dédié à la mémoire de Manon Gropius, la fille d’Alma MAHLER et de l’architecte Walter GROPIUS (fondateur du Bauhaus), morte à l’âge de dix-huit ans. C’est le Concerto à la mémoire d’un ange. (Femme de Gustav Mahler, Alma s’était remariée après la mort de celui-ci avec Gropius, le fondateur du mouvement Bauhaus.)

Berg Concerto à la mémoire d'un angeCliquez sur le portrait d’Alban Berg

Ayant délaissé Lulu pour son concerto, il n’a pas le temps de terminer son opéra, qu’il laisse inachevé à sa mort d’une septicémie le 24 décembre 1935. Lulu sera terminé en 1979 par un de ses élèves, Friedrich CERHA.

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Cinéma, littérature, Woody Allen

GUERRE ET AMOUR, de Woody ALLEN (1975)

Guerre et amour (Love and Death), qui date de 1975, est le premier film de Woody Allen que j’ai vu, et je considère qu’il reste, quarante-cinq ans après, parmi les plus drôles de ses films.

Très librement inspiré de Guerre et Paix de TOLSTOÏ et de DOSTOÏEVSKI, ce film se passe en grande partie pendant l’invasion de la Russie par Napoléon et ses troupes.

Boris (Woody Allen) est amoureux de sa cousine Sonja (Diane KEATON). Quand les troupes de Napoléon envahissent l’Autriche, Boris se trouve enrôlé dans l’armée russe. Il est désespéré quand sa cousine se marie avec un riche marchand de harengs, qu’elle trompera allègrement. On la voit ainsi jouer la sonate le Printemps de BEETHOVEN avec un de ses amants.

Beethoven Sonate le PrintempsCliquez sur l’image

Avant de partir au combat, les soldats ont droit à une permission. Boris va ainsi à l’opéra écouter la Flûte enchantée de MOZART avec son oncle et sa tante (les parents de Sonja). Pendant l’ouverture, il esquisse une scène de flirt avec une belle comtesse qui est dans la salle.

Mozart_magic_fluteCliquez sur l’image

Les hasards de la guerre font de Boris un héros (bien involontaire). Il retrouve la comtesse lors d’un bal, mais ayant offensé le mari de la comtesse, il doit se battre en duel contre lui.

Boccherini quintette op 13 menuetCliquez sur l’image

Devenu veuve, Sonja accepte de se marier avec lui, pensant qu’il serait tué le lendemain lors du duel.

Le hasard faisant décidément bien les choses chez Woody Allen, il s’en sort, et le couple doit désormais partager une vie commune.

Napoléon envahit la Russie, et Sonja échafaude un plan, celui de faire tuer Napoléon par Boris alors qu’elle fera semblant de séduire l’empereur des Français. Suite à cette tentative ratée, Sonja réussit à s’échapper alors que Boris est condamné à mort, ce qui permet à Woody Allen de parodier la fameuse scène avec la Mort du Septième Sceau de BERGMAN.

La plus grande partie de la musique est donc de PROKOFIEV (qui au passage a lui-même adapté le Guerre et Paix de Tolstoï sous forme d’un opéra). Dès le générique, on peut ainsi entendre la Suite du Lieutenant Kijé,

Prokofiev Lieutenant Kijé

suivie dans la première scène par la musique que Prokofiev a écrite pour Alexandre Nevski, le formidable film d’EISENSTEIN. On peut également entendre la marche de l’Amour des trois oranges.

Prokofiev Alexandre NevskiCliquez sur une scène du formidable film de Sergeï Eisenstein

Outre ces citations musicales, c’est dans ce film qu’on trouve le dialogue suivant entre le héros et son père, dialogue qui cite à peu près tous les romans de Dostoïevski.

Tu te rappelles notre jeune voisin, Raskolnikov ?

Oui.

Il a tué deux femmes.

Non, quelle terrible histoire !

C’est Bobick qui me l’a dit. Les frères Karamazov le lui ont dit.

Il a dû être possédé !

Il était immature.

Immature ! C’était un idiot.

Et il a joué la carte de l’offensé.

C’était un joueur.

Allen War and Death the EndCliquez sur l’image finale

Écrivains, Cinéma, littérature, Woody Allen

Féodor DOSTOÏEVSKI (1821 – 1881)

(c) Adrian Mercure 2021

Féodor DOSTOÏEVSKI est un des plus grands écrivains russes du XIXe siècle. Il est né à Moscou il y a deux cents ans, le 11 novembre 1821. Lors de sa jeunesse dans la Russie tsariste, il fréquente les milieux progressistes, ce qui lui vaut une arrestation et une condamnation à mort, à l’âge de 18 ans. Après un simulacre d’exécution, il est déporté au bagne en Sibérie pour une période de quatre ans. Plus tard, il relatera ses souvenirs dans Souvenirs de la maison des morts. À son retour du bagne, il quitte l’armée (il avait un grade de sous-officier, mais avait été rétrogradé au rang de simple soldat) pour se consacrer à la littérature.

On peut distinguer trois périodes dans son œuvre. Les années romantiques, qui se terminent avec son séjour au bagne, les années où son socialisme est prêt à remplacer Dieu, et enfin le retour aux racines russes et à l’orthodoxie.

Dostoïevski meurt à Saint-Pétersbourg le 9 février 1881.

Ses œuvres principales sont Souvenirs de la Maison des morts (1860 – 1862), Crime et Châtiment (1866), le Joueur (1866), l’Idiot (1868 – 1869), et les Frères Karamazov (1880). La plupart de ces romans ont été adaptés à l’opéra.

Ainsi, Souvenirs de la Maison des morts a été porté à l’opéra par JANACEK sous le titre de la Maison des morts (Z Mrtvého Domu) en 1928.

Janacek De la maison des morts (Z mrtveho domu)Cliquez sur l’image

Dans Crime et Châtiment, le héros, Raskolnikov est un étudiant qui vit dans la misère. Il décide de tuer, presque au nom de la morale, une riche veuve qui prête avec usure de l’argent pour les gens comme lui. Mais, alors qu’il se croyait tout puissant, il doit vivre désormais avec le poids de son crime. Avec ses questions métaphysiques, c’est certainement un des romans de Dostoïevski qui a suscité le plus d’œuvres dérivées, que ce soit au cinéma ou en musique.

En 1942, le compositeur allemand Boris BLACHER écrit un oratorio, le grand Inquisiteur d’après ce roman.

Blacher le grand InquisiteurCliquez sur l’image

Il a aussi fait l’objet d’une adaptation sous le titre Raskolnikov par le compositeur suisse SUTERMEISTER en 1948, d’un ballet de Ronaldo CADEU en 2009,

Cadeu Crime et ChâtimentCliquez sur l’image

et d’un opéra rock russe en 1984. On trouve ainsi son influence chez Woody ALLEN dans son film Crimes et Délits (1990).

Polymedia Crime et ChâtimentCliquez sur l’image

Le joueur est un roman en partie autobiographique, puisque Dostoïevski était un joueur invétéré, qui a perdu beaucoup d’argent pour satisfaire sa passion du jeu. PROKOFIEV s’y est pris à deux fois pour l’adaptation du Joueur, avec une première version en 1916, remaniée en 1927.

Prokofiev le JoueurCliquez sur la bande-annonce

Le prince Mychkine, le personnage principal de L’Idiot, est un être fondamentalement bon, sa bonté confinant même à l’idiotie. À travers Mychkine, Dostoïevski nous dépeint un personnage quasiment christique. L’Idiot a fait l’objet d’un opéra écrit en 2013 par le compositeur russe WEINBERG.

Weinberg l'IdiotCliquez sur l’image

(P.S. Comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portrait de Dostoïevski à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, illustrer vos cartes de vœux, c’est ici : Adrian Mercure (adrian- )

Mes opéras préférés

DE LA MAISON DES MORTS, de JANACEK (1927 – 1928)

De la Maison des morts (Z mrtvého domu) est le dernier opéra de JANACEK, qui est mort pendant la révision de son œuvre avant sa publication. Le texte est de Janacek lui-même, qui a choisi dans l’œuvre de DOSTOÏEVSKI (Souvenirs de la maison des morts), de quoi composer son livret. L’œuvre fut créée à Prague en 1931, avant de disparaître jusqu’en 1958. Il n’y a pas réellement d’histoire dans cette pièce, mais plutôt la juxtaposition de scènes, de fragments, les prisonniers exposant chacun leur tour ce qui les a conduits au bagne.

Janacek De la maison des morts (Z mrtveho domu)Cliquez sur l’ouverture

Acte I : Dans un bagne en Sibérie, les prisonniers sortent d’un baraquement. Certains s’amusent avec un aigle dont l’aile est brisée, pendant que d’autres se disputent. On annonce l’arrivée d’un noble parmi eux. Goriantchikov entre. Le commandant ordonne qu’on lui rase le crâne et qu’on l’enchaîne. Il lui demande son crime, Goriantchikov répond qu’il est prisonnier politique. Furieux, le commandant le condamne à cent coups de fouet.

Janacek De la maison des morts acte I arrivé de GorantchovCliquez sur l’image

Le petit et le grand prisonnier jouent avec l’aigle blessé. Le grand prisonnier dit que l’aigle ne s’habitue pas à la prison. Le petit prisonnier répond que ce n’est pas comme l’homme. Louka et Skouratov se souviennent de leur passé en discutant. Louka raconte qu’il était dans un régiment ukrainien, mais qu’un jour, suite à une injustice, il a tué son commandant. C’est pour cela qu’il se retrouve au bagne. Goriantchikov revient, il a été battu par les gardes.

Janacek De la maison des morts fin acte ICliquez sur l’image

Acte II : Quelques mois plus tard, Goriantchikov entre avec Aléia, un jeune prisonnier avec qui il s’est lié d’amitié, et Skouratov. Goriantchikov demande à Aléia s’il a une sœur. Aléia répond que oui, et aussi que sa mère a dû mourir de chagrin en le sachant au bagne. Goriantchikov lui propose de lui apprendre à lire et à écrire.

Janacek De la maison des morts Acte II Goriantchov et AleiaCliquez sur Aléia et Goriantchikov

Une cloche sonne, les prisonniers arrêtent le travail, c’est jour de fête. On annonce l’arrivée du général, qui inspecte toute la Sibérie. Skouratov dit qu’il est ici à cause de l’amour d’une femme. On lui demande son histoire. Il était en garnison dans une ville pleine d’Allemands, et une jeune femme, Louisa, lui avait plu. Mais elle a cessé de le voir, parce qu’on l’avait promise à un Allemand, un beau parti. Un jour, il est allé la voir, son fiancé était là, et il l’a tué d’un coup de pistolet. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé au bagne. Quand il a fini son histoire, on annonce la représentation d’un opéra, l’histoire de Kedril et Don Juan, suivie de la pantomime de la belle meunière. Quand la représentation est terminée, les prisonniers rentrent dans leur baraquement, une prostituée s’éloigne avec un prisonnier. Une querelle s’élève entre Goriantchikov et un prisonnier, Aléia est blessé en voulant s’interposer.

Acte III : À l’infirmerie de la prison. Aléia est allongé, fiévreux. Chapkine raconte son histoire. Il a participé à un cambriolage, mais il s’est fait prendre. Au commissariat, le commissaire lui a tiré les oreilles si fort qu’elles sont restées décollées, et depuis il souffre des oreilles. Il est interrompu par Skouratov en proie au délire qui pense à sa Louisa. Les autres le forcent à se recoucher. C’est au tour de Chichkov de raconter son histoire. Il connaissait un riche fermier, qui avait une fille, Akoulina. Filka, son valet de ferme, pour se venger de son maître, l’a quitté en déclarant qu’il avait déshonoré sa fille et qu’il le fera savoir partout.

Janacek De la maison des morts Acte III air de ChichkovCliquez sur Chichkov

Un jour qu’il était pris de boisson, sa mère l’a marié à Akoulina, mais le soir de la noce, dans la chambre, il se rend compte que sa femme était vierge. Plus tard, il s’est rendu compte que sa femme aime toujours Filka. Il promet de la tuer. Pendant qu’il raconte son histoire, Louka meurt et on se rend compte qu’il s’agit de son ennemi Filka.

On appelle Goriantchikov. Le commandant lui fait des excuses : il est libre. Goriantchikov demande qu’on relâche l’aigle, dont l’aile est guérie. Les prisonniers chantent la liberté.

(Sources principales : la production de l’opéra de Paris en 1988 et le programme associé, et la production du festival d’Aix-en-Provence de 2007 avec la mise en scène de Patrice Chéreau [DVD Deutsche Gramophon, 2008].)

littérature, Mes opéras préférés

LES ÉCLAIRS, d’HERSANT (et ECHENOZ), 2021

J’ai assisté ce 2 novembre à la création, mondiale, du drame joyeux les Éclairs, une commande de l’Opéra Comique de Paris au romancier Jean ECHENOZ (prix Médicis en 1983 et prix Goncourt en 1999) et mis en musique par Philippe HERSANT.

Les Éclairs est le fruit d’une commande du directeur du Théâtre de l’Opéra Comique à Jean Echenoz, qui avait quartier libre pour le sujet. Il a alors choisi d’adapter le troisième volume de son cycle des vies imaginaires (après Ravel, 2006 et Courir, 2008), le roman Des Éclairs (2010), une biographie très librement inspirée de la vie de Nikola TESLA. En recevant peu après le livret, déjà tout découpé, le directeur l’a proposé au compositeur Philippe Hersant, qu’il rêvait de voir écrire un opéra pour sa vénérable institution.

Philippe Hersant est né en 1948. Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il est pensionnaire de la Villa Médicis de 1978 à 1980. Le catalogue de ses œuvres est riche de plus de cent numéros d’opus, dont trois opéras (Le Château des Carpathes en 1992 et le Moine noir en 2002).

Hersant Missa Brevis KyrieCliquez sur le Kyrie de la Missa Brevis de Philippe HERSANT

Pour son livret, Echenoz a gardé la trame générale de son roman, mais il a ajouté un personnage féminin, la journaliste Betty, ce qui lui permet de transformer le style du roman : une narration par l’auteur pratiquement sans dialogues, par une narration par un des personnages de l’œuvre. Un personnage secondaire masculin, Angus Napier, disparaît.

Le travail a ensuite commencé entre le librettiste et le compositeur pour « faire » véritablement un opéra, avec des airs, des duos, des chœurs, bref tout ce qui fait un opéra.

Hersant Echenoz des éclairs duettoCliquez sur Philippe Hersant et Jean Echenoz

Le pitch : L’histoire raconte, de façon très libre et romancée, la vie de Nikola Tesla (appelé ici Gregor), prototype du savant fou et asocial et inventeur du courant alternatif.

Hersant Les Éclairs Bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Acte I : l’ingénieur Gregor a quitté l’Europe pour tenter sa chance aux États-Unis. Le paquebot transatlantique sur lequel il fait la traversée connaît une panne de sa dynamo, plongeant les gens de la compagnie maritime dans le désespoir, mais Gregor se propose de réparer cette dynamo. Tout le monde est heureux, y compris Betty, une journaliste qui faisait la traversée sur ce même bateau. L’arrivée à New York se fait sur une très subtile citation de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK.

Muni d’une recommandation, il va voir l’inventeur Edison et lui propose d’améliorer son générateur. Il réussit, mais Edison, vexé, n’honore pas son contrat. Il renvoie Gregor, en lui promettant qu’il ne trouvera plus de travail.

Gregor travaille maintenant sur un chantier. Betty le retrouve et lui propose de rencontrer Parker (Westinghouse), un riche entrepreneur et rival d’Edison. Gregor lui soumet son idée de produire du courant alternatif, là où Edison se polarisait sur le courant continu.

Acte II : avec l’argent gagné chez Parker, Gregor vit désormais dans le luxe et fréquente la haute société. Il fait la rencontre de Norman Axelrod, un philanthrope, et de sa femme Ethel.

Chez les Axelrod

Jaloux du succès de Gregor, et soucieux de ses intérêts propres, Edison décide monter l’opinion publique contre l’invention de son rival. Il commence par faire une rafle des animaux de compagnie pour les électrocuter, et montrer ainsi les dangers du courant alternatif. Puis il passe à la vitesse supérieure en électrocutant une éléphante du zoo. Puis, il passe à l’homme, en inventant la chaise électrique et en en faisant une démonstration où il convoque la presse. Malgré les basses manœuvres d’Edison, l’opinion publique reste toujours avec Gregor.

Acte III : Quelques années plus tard, on retrouve Gregor au Colorado, où il est parti poursuivre ses travaux au calme. Il a inventé une machine capable de produire l’énergie librement, et ainsi de contribuer au bien de l’humanité. Il est en outre persuadé qu’il existe des civilisations extraterrestres, et pense pouvoir entrer en communication avec eux.

Betty

Il revient à New York pour mettre en œuvre ses travaux, mais ses idées commencent à le faire passer pour excentrique, et le monde commence à se détourner de lui. Seule Ethel, secrètement amoureuse de Gregor, continue à le défendre devant les hommes. Les idées généreuses de Gregor de faire bénéficier les hommes gratuitement d’une énergie libre ne plaisent pas à Parker, qui finit par rompre son contrat.

Acte IV : Le soir de Noël, les Axelrod attendent Gregor. Celui-ci arrive, disant que sans le soutien financier de Parker, ses affaires vont de plus en plus mal.

Gregor, chez lui, est de plus en plus seul. Ethel vient lui déclarer (enfin) son amour et lui proposer de partir avec lui en Europe, mais Gregor, par fidélité à Norman, refuse sa proposition.

Gregor est désormais sans argent. Il ne vit plus que pour les pigeons qu’il nourrit, ses seuls vrais amis. Ethel vient lui dire une dernière fois son amour avant de le quitter définitivement, mais Gregor n’est déjà plus là pour l’entendre. Il est désormais « ailleurs ».

(Sources principales :

Jean Echenoz, Des Éclairs, roman, éditions de minuit 2010.

Le spectacle de création à l’Opéra comique le 2 novembre 2021, et le programme associé

À l’exception de la première photo, les clichés photographiques sont issus du site de l’opéra Comique et sont sous copyright de Stefan Brion)

Divers

QUAND ON S’ENDORT À L’OPÉRA…

Non, il ne va pas être question ici de Chris, le héros de Match Point de Woody ALLEN, qui a bien du mal à cacher qu’il s’endort quand il accompagne à l’opéra la famille riche dans laquelle il veut entrer.

En fait, le songe est un charme puissant, et il arrive souvent que ces périodes de sommeil, naturel ou artificiel, soient illustrées musicalement, soit par des berceuses pour accompagner la venue du sommeil, soit par des révélations qui surviennent pendant ycelui.

Ainsi, dans le Couronnement de Pompée (1643), de MONTEVERDI, la nourrice de Pompée lui chante une berceuse pour l’endormir (Air: « Oblivion Soave ».)

Monteverdi le Couronnement de Poppée Oblivion soave

En 1676, dans Atys de LULLY, la déesse Cybèle plonge Atys dans le sommeil pour lui révéler son amour. Mais le sommeil d’Atys est troublé de songes funestes.

Lully Atys songes funestesCliquez sur les songes funestes

En 1763, dans les Les Boréades, RAMEAU fait chanter à Alphise l’air : « Songe affreux, image cruelle » où son cœur balance entre un songe tragique qu’elle a fait et les charmes de l’amour.

Rameau les Boréades songe affreux, image cruelleCliquez sur Alphise

En 1846 dans la Damnation de Faust de BERLIOZ, Méphistophélès endort Faust et convoque ses créatures pour le bercer dans son sommeil.

Berlioz Damnation de Faust Voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, en 1867, au début de son Roméo et Juliette. À Roméo qui s’inquiète d’un songe qu’il a eu, son ami Mercutio lui répond par l’air de la reine Mab, « la reine des mensonges, préside aux songes… »

Berlioz Roméo et Juliette La reine MabCliquez sur la ballade de la reine Mab

Et comme je le mentionnais dans mon billet sur les berceuses et chansons pour les enfants , on trouve une berceuse dans Wozzeck (1917 – 1922) de BERG, où Marie chante une berceuse à son enfant pour l’endormir.

Berg Wozzeck WiegendliedCliquez sur Marie et son enfant

Le fameux « Summertime » du Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN n’est autre qu’une berceuse que Clara chante à son baby au début de l’opéra. À la fin, c’est Bess qui le chante au bébé de Clara, après la mort de celle-ci.

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas ne pas parler du Songe d’une nuit d’été (1960) de BRITTEN. À la fin du 1er acte, Tytania demande à ses fées de chanter une berceuse pour endormir Lysandre.

Britten le songe d'une nuit d'été What thou seest when thou dost wakeCliquez sur l’image