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Grandes maisons d'Opéra

LE MET INVITE LES STARS CHEZ VOUS – Semaine du 30 novembre au 5 décembre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 30 novembre au 5 décembre 2020.

Cette semaine, le MET nous propose des stars de l’art lyrique dans des rôles qu’ils ou elles ont marqué de leur empreinte.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 30 novembre TCHAÏKOVSKI Eugene Onegin (Eugène Onéguine)

Tchaïkovski eugène Onéguine scène finaleCliquez sur Renée Fleming et Dmitri Hvorostovsky

Mardi 1er décembre VERDI Aïda

Verdi Aïda Price Cossoto METCliquez sur Léontine Pryce et Simon Estes

Mercredi 2 décembre WAGNER Parsifal

Wagner Parsifal Nur eine Waffe taugt (MET 2013)Cliquez sur Jonas Kaufmann

Jeudi 3 décembre VERDI Macbeth

Verdi Macbeth METCliquez sur Joseph Calleja et Anna Netrebko

Vendredi 4 décembre BIZET Carmen

Bizet Carmen METCliquez sur Roberto Alagna et Elina Garanca

Samedi 5 décembre STRAUSS Ariadne auf Naxos

Strauss Ariane à Naxos Norman METCliquez sur Jessye Norman

Dimanche 6 décembre PUCCINI Tosca

Puccini Tosca E lucevan le stelle Pavarotti (MET)Cliquez sur Luciano Pavarotti

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike !

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie

UN TEMPS POUR JOUER, ET UN TEMPS POUR VOTER

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique de novembre 2020, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier les clés.

L’heure est venue de vous révéler qui était Anna Peau d’Othon, qui vous a laissé pour la plupart perplexe. Figure marquante de la mythologie scandinave, Anna Peau d’Othon était la belle-sœur du roi du Danemark Harald à la Dent bleue (910 – 986), l’inventeur de la technologie Bluetooth (et ça, ça ne s’invente pas !) Intrigante à la Cour du Danemark, elle a eu la peau d’Othon, son mari et frère d’Harald. Puis se vêtant de cette peau de bête (Othon n’était pas très futé), elle est à l’origine de l’expression : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » que l’on entendait souvent sur son passage. Le grand Bill, SHAKESPEARE, s’en est souvenu quand il a écrit son drame Hamlet !

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur un bouleversant Hamlet

Après cette petite explication que je vous devais bien, place aux votes de fin de mois difficiles (ce sont les votes qui sont difficiles, pas les foins de mois [enfin, j’espère]).

C’est l’heure du récapitulatif pour l’Agenda de novembre :

Max-Louis nous propose :

Compréhension toute éberluée, le menton relevé | Le dessous des mots (wordpress.com)

Le Flying bum nous propose:

Un temps pour chaque chose – Le retour du Flying Bum

Victorhugotte trouve le temps de lancer des pierres :

“Un temps pour lancer des pierres…” | Grain de sable (victorhugotte.com)

Tout l’opéra ou presque (c’est moi) s’est penché sur le Destin de Babette :

LE FESTIN DE BABETTE, de Gabriel AXEL (1987) – Tout l’opéra (ou presque) (toutloperaoupresque655890715.com)

Solène nous propose un poème :

Crénom, sœurette !… Suivi par « Un temps pour tout » ‹ LE MONDE DE SOLÈNE ‹ Reader — WordPress.com

Gibulène fait rimer Onésime et anapodoton :

Onésime et l’Anapodoton (Agenda Ironique de Novembre 2020) – Gibulène le Petit Escargot – la suite (wordpress.com)

Laurence nous plonge avec délice dans le monde d’Alice :

Le monde d’Alice | Palette d’expressions-Laurence Délis (wordpress.com)

Jean-Pierre Lacombe nous a écrit un fort joli petit poème :

Des Arts et Des Mots (constantinescu685249153.blog)

Et Carnets Paresseux s’est penché sur le sort d’un petit poussin insouciant :

S’en fiche, le poussin, de l’anapodoton ! – Carnets Paresseux (wordpress.com)

Quant à Vérojardine, elle étire le temps le temps d’un slam :

Poésie de nature (poesie-de-nature.com)

John Duff, qui n’a pas de blog, mais un site extrêmement bien fait sur les drapeaux du monde (à l’adresse tri alphabétique des drapeaux> (touslesdrapeaux.xyz) ), nous propose son texte sous forme de commentaire :

J’aurais aimé participer mais :
Premièrement je ne sais pas ce qu’est un anapodoton
Secundo je ne dis que des jurons du capitaine Haddock, je ne peux donc utiliser « Bretzel liquide »
Enfin si je m’amuse à ces bêtises je n’aurai pas le temps de débarrasser le lave-vaisselle.

Emmanuel nous fait descendre dans l’arène :

L’arène (emmanuelglais.blogspot.com)

Enfin, Photonanie nous propose un texte plein d’humour et d’optimisme :

L’agenda ironique – Photonanie

Et maintenant, place aux votants :

Wagner Die Walküre les adieux de Wotan

Pour voter, c’est cidsous :

Et pour savoir qui hébergera l’Agenda Ironique de décembre 2020 :

Divers

400e BILLET DU BLOG

Eh oui, ce billet est le 400e que je publie sur ce blog consacré, de manière très ouverte, à l’opéra et à la littérature !

À ce jour, vous avez été plus de 12 000 visiteurs cumulés, venus de 111 pays, pour regarder plus de 35 000 vues sur ce blog, en deux ans et demi.

J’ai consacré 70 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à La Mort à Venise de BRITTEN, ou de Aïda de VERDI à Werther de MASSENET.

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’acte de naissance de l’Opéra

Le plus regardé est toujours celui consacré aux Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, devant Roméo et Juliette de GOUNOD.

barcarolleCliquez sur l’image

J’ai également consacré 47 billets à des compositeurs, dont 3 à des compositrices, de Monteverdi à Britten. Le compositeur qui vous a le plus intéressé est Franz SCHUBERT.

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 33 écrivains passés à ma moulinette, de l’ARIOSTE à ECHENOZ, le plus consulté étant celui consacré à Raymond QUENEAU (!!!).

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… Une de mes (petites) joies est l’accueil réservé à mes fantaisies sur le nom de Mallarmé (Mallarmuche pour les intimes 🙂), qui cumulent presque 800 vues !

Dans ces catégories, les billets les plus regardés restent « Magical Maestro (Tex Avery) » « Des opéras pour les enfants« , « les Onomatopées« , ou encore « les Oiseaux à l’opéra« .

Le billet le moins regardé, avec 2 vues (!), est un des tout premiers (il date de mai 2018, comme ce blog). Il s’agit de l’opération « Tous à l’opéra » de cette année 2018.

Une des vidéos les plus regardées est « la légende de Kleinzack », extraite des Contes d’Hoffmann.

kleinzachCliquez sur Hoffmann

Elle est suivie de près par « Comic Strip » de Serge GAINSBOURG.

Gainsbourg Comic stripCliquez sur l’image

J’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de l’opéra !

Et pour finir ce billet, un grand classique, interprété par une des plus grandes cantatrices de tous les temps.

Bellini Norma Casta diva (Callas)Cliquez sur la Callas

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, et si vous aimez musique et littérature, parlez de mon blog à vos amis, et si vous n’aimez pas, parlez-en à ceux que vous n’aimez pas ! 🙂

Cinématographe, Grandes maisons d'Opéra

LE MET INVITE LES DRAMES FAMILIAUX CHEZ VOUS – Semaine du 23 au 29 novembre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 23 au 29 novembre 2020.

Cette semaine, le MET s’intéresse aux drames familiaux portés à l’opéra.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 23 novembre VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi Il trovatore Trio (MET 2011)Cliquez sur le comte Di Luna

Mardi 24 novembre MUHLY Marnie (Oui, il s’agit bien de Pas de printemps pour Marnie, d’HITCHCOCK, porté à l’opéra).

Muhly Marnie I see ForioCliquez sur Marnie

Mercredi 25 novembre THOMAS Hamlet

Thomas Hamlet Hamlet, ma douleur est immense (MET 2010)Cliquez sur la reine et sur Hamlet

Jeudi 26 novembre STRAUSS Elektra

Strauss Elektra (MET 2016)Cliquez sur l’image

Vendredi 27 novembre DONIZETTI Lucia di Lammermoor

Donizetti Lucia di Lammermoor final acte II (MET)Cliquez sur Lucia

Samedi 28 novembre WAGNER Die Walküre (la Walkyrie)

Wagner Die Walküre chevauchée (Met 2019)Cliquez sur une Walkyrie

Dimanche 29 novembre Verdi Simon Boccanegra

Verdi Simon Boccanegra Plebe, Patrizi, Popolo (MET 1995)Cliquez sur Simon Tête noire

Voilà, c’est tout pour cette semaine. Prenez soin de vous. See you a nexte ouike pour retrouver les stars du lyrique dans des rôles qu’ils ont marqués.

Compositrices, littérature, Poésie

Louise BERTIN (1805 – 1877)

Louise BERTIN était la fille de Louis-François BERTIN, directeur du Journal des débats, un titre important au début du XIXe siècle et de Geneviève-Aimée-Victoire BOUTARD, pianiste qui lui donnera ses premières leçons de musique. La famille Bertin vivait donc dans un milieu culturel riche (INGRES faisait partie de leurs amis et a réalisé leurs portraits).

La petite fille, victime de séquelles d’une poliomyélite (elle marchait avec des béquilles, et était surnommée « la boiteuse ») se forme à la musique auprès des maîtres de son époque, FÉTIS et REICHA, Reicha qui avait eu pour élèves non moins que BERLIOZ et LISZT.

Dès ses vingt ans, elle compose deux opéras comiques Guy Mannering (1825), d’après Walter SCOTT et le très gothique Loup-garou (1827), ainsi qu’un opéra, Fausto (1831), d’après le Faust de GOETHE.

En 1836, elle compose pour l’Académie royale de musique son œuvre la plus marquante, Esmeralda, d’après Notre Dame de Paris, dont le livret est rédigé par Victor HUGO lui-même (c’est le seul livret d’opéra que composera VH, qui par ailleurs lui dédiera un des poèmes des Chants du Crépuscule). Hélas, la situation et les querelles politiques font que cette œuvre tombe rapidement, non pas pour des raisons musicales, mais par hostilité envers Louis Bertin et les positions politiques conservatrices défendues dans le Journal des débats. Et pourtant Berlioz, qui a dirigé les répétition d’Esmeralda, reconnaît une grande œuvre dans Esmeralda, alors que Liszt en fera la transcription complète pour voix et piano ! Les adversaires de Bertin, dont Alexandre DUMAS, iront même jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz.

Bertin la EsmeraldaCliquez sur le disque

Après cet échec, elle ne composera plus que très peu, quelques mélodies, des ballades pour piano, des Fantaisies de chambre.

Revenons brièvement à Berlioz pour souligner qu’il a dédicacé ses Nuits d’été à Louise Bertin.

Berlioz Nuits d'été AbsenceCliquez sur l’image

Bertin mélodie Ah dors en paix mon bel enfantCliquez sur le disque

Elle se consacre dès lors à la poésie et publiera deux recueils, récompensés par l’Académie française. Son poème « Si la mort est le but » a été mis en musique par GOUNOD.

Gounod (Bertin) Si la mort est le but.Cliquez sur le disque

Louise Bertin meurt en 1877.

Agenda Ironique, Cinématographe, Divers

LE FESTIN DE BABETTE, de Gabriel AXEL (1987)

Cet article est ma contribution à l’Agenda Ironique de novembre 2020.

Ce merveilleux film danois de Gabriel Axel se passe à la fin du XIXe siècle, sur les côtes désolées du Jutland. Il fait partie du top 10 de mes films préférés. L’histoire est tirée d’une nouvelle de Karen BLIXEN.

Ce BERGMAN optimiste a reçu l’Oscar du meilleur film étranger en 1988.

Le Festin de Babette Bande-annonceCliquez sur Babette

La première partie du film se déroule dans une communauté luthérienne tenue par le pasteur du village, aidé par ses deux jeunes (et jolies) filles. L’une, Martine, est courtisée par Lorens, un officier de l’armée danoise envoyé quelques temps à l’isolement dans ce village perdu pour lui faire réfléchir à l’inanité de sa conduite légère. Il finit par la quitter quand il comprend que dans cette communauté rigoriste, son amour n’a aucune chance. Lors d’une scène de bal à Stockholm (sur une valse de BRAHMS), on le voit décider de se consacrer désormais à sa carrière militaire afin de prendre sa place dans le monde.

Brahms Valse opus 39 n° 15Cliquez sur la partition

L’autre fille, Philippa, a une voix superbe. Achille Papin, un ténor de l’opéra de Paris qui passait par là, on l’entend dans l’air « Deh vieni alla finestra » du Don Giovanni de MOZART chanté à l’opéra de Stockholm découvre, part en villégiature dans le village et découvre sa voix « de Diva » à l’église.

Mozart Don Giovanni deh vieni alla finestraCliquez sur l’image

Achille se met en devoir de donner des cours de chant à Philippa, espérant la faire un jour triompher à l’opéra de Paris. Après une scène où ils interprètent en duo l’air « La ci darem la mano » de Don Giovanni, la jeune femme, troublée, décide d’interrompre ses leçons de chant, et Achille repart à Paris.

Mozart Don Giovanni la ci darem la manoCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Secundo, on voit arriver quelques années plus tard dans le village une jeune femme (Babette) ayant fui la France après la commune de Paris, munie d’une lettre de recommandation de la part d’Achille Papin. Elle se met au service des deux sœurs, qui font vivre la mémoire de leur père décédé auprès de la petite communauté villageoise. On voit Babette s’intégrer petit à petit à cette communauté.

Troisièmement, 14 ans plus tard Babette, dont les seuls liens avec la France sont ceux d’un ami qui lui prend, tous les ans, un billet de la loterie nationale, apprend qu’elle a gagné le prix de 10 000 francs (de l’époque). Elle demande aux deux sœurs qui s’appétaient à célébrer lors d’un repas le centième anniversaire de leur père de la laisser préparer ce repas, par un repas « à la française ». D’abord réticentes, les sœurs finissent par accepter, persuadées que Babette, devenue riche, va ensuite les quitter.

Cette dernière partie, qui fait presque la moitié du film, est consacrée aux préparatifs du festin de Babette, puis à la préparation du repas à la cuisine, alors que les invités, ne sachant trop ce qu’on va leur faire manger (ils se méfient de la cuisine du diable), ont juré de ne commenter aucun des plats qu’on leur servira. Lorens, qui est devenu général, se pose des questions sur le sens de sa vie : a-t-il bien fait de renoncer à son amour de jeunesse pour épouser les vanités de la gloire militaire ? Il se fait inviter au festin et est le seul à se rendre compte de la qualité des mets et des vins qu’on leur sert. Il y a au menu de la soupe de tortue, des « cailles en sarcophage », le tout arrosé des meilleurs vins et du nectar de Bretzel liquide.

À la fin du repas, aidé par les boissons, toutes les dissensions qui existaient dans la communauté se dissolvent et tout le monde se réconcilie. Lorens avoue à Martina qu’il l’a toujours aimée, chaque jour de sa vie. Il a compris qu’il y a un temps pour aimer, un temps pour briller en société, et un temps pour se souvenir.

Le Festin de Babette chanson danoiseCliquez sur l’image

Je terminerai l’évocation de ce film par quelques citations :

Babette, en réponse aux deux sœurs qui déplorent qu’elle ait dépensé tout son argent pour leur repas (maintenant, vous serez toujours pauvre) : Un artiste n’est jamais pauvre.

Lorens, faisant ses adieux à Martine : J’ai appris ce soir que dans notre beau monde, tout est possible.

Les villageois faisant la ronde sous les étoiles au sortir du repas : L’horloge sonne, et le temps passe, l’éternité approche.

Achille Papin : Un cri jailli du cœur de l’artiste retentit dans le monde entier. donnez moi une chance de me surpasser.

Et pour trouver une autre contribution à l’Agenda Ironique, c’est ici : Un voyage en huit étapes.

Mes opéras préférés, Mythologie

ALCESTE, de GLUCK (1767 [Vienne], 1776 [Paris])

Comme pour Orphée, la version d’Alceste de GLUCK qui nous est parvenue est une adaptation pour la France d’un opéra en italien écrit pour Vienne dix ans auparavant. L’action en a été resserrée pour l’adaptation française, ce qui donne une œuvre proche de la tragédie grecque, avec l’omniprésence du chœur qui souligne l’action. L’aspect austère de cette version française a rebuté le public, et on a rajouté le personnage d’Hercule, qui pourtant était présent dans la version italienne, et retiré pour la France. C’est GOSSEC, un des maîtres de BERLIOZ, qui a procédé à cet ajout.

Acte I : Le peuple se lamente car Admète, le roi de Thessalie, va mourir (Chœur : Dieux, rendez-nous notre roi).

Gluck Alceste Dieux, rendez-nous notre roiCliquez sur le peuple qui se lamente

La reine Alceste entre, accompagnée de ses enfants. Elle espère que les dieux, émus par sa souffrance, auront pitié d’elle et de ses enfants (Air : Grands dieux, du destin qui m’accable).

 Le grand prêtre accompagné du peuple demande aux dieux d’écarter la mort du trône (Air & chœur : Dieu puissant, écarte du trône). Le grand prêtre annonce que le dieu va se manifester.

La reine revient implorer Apollon (Air : immortel Apollon). Apollon accède aux prières des humains, il accepte de sauver Admète si quelqu’un offre sa vie pour sauver celle du roi. Le peuple fuit, laissant la reine seule. Elle décide alors de mourir à la place de son mari (Air : Non, ce n’est point un sacrifice). Le grand prêtre rentre, annonçant que le roi va vivre, mais que quand arriveront les ténèbres de la nuit, Alceste devra rejoindre le royaume des morts. (Air : Divinités du Styx, je n’implorerai point votre pitié.)

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur Alceste

Acte II : Le peuple se réjouit, Admète est vivant. Le roi arrive et remercie son peuple. Il veut savoir par quel miracle il est revenu à la vie. On lui explique qu’un héros inconnu s’est sacrifié pour lui. Le roi demande à voir sa femme. Alceste revient une dernière fois avant la nuit, mais ne peut se réjouir avec le roi et le peuple, qui croient que c’est seulement grâce à ses prières qu’Admète est sauvé. Elle va devoir se résoudre à avouer la vérité (Air : Grands dieux, soutenez mon courage).

Gluck Alceste Grand dieux, soutenez mon courageCliquez sur Alceste

Admète lui demande de sécher ses pleurs (Air : Bannis la crainte). Alarmé par les pleurs d’Alceste, il demande à voir ses enfants, Alceste répond qu’ils vont bien. Enfin, elle dévoile la vérité. Admète refuse le sacrifice d’Alceste et veut mourir avec elle, car à quoi bon vivre si l’objet de son amour n’est plus !

Gluck Alceste Aux cris de la douleur devenez accessibleCliquez sur Alceste et Admète

Le peuple se lamente à nouveau sur le sort d’Alceste, qui partage ses pleurs avant de le faire taire (Air : Ah malgré moi mon faible cœur).

Gluck Alceste Ah malgré moiCliquez sur Alceste

Acte III : Alceste va mourir, et Admète ne lui survivra pas. Le chœur pleure (Chœur : Pleure, oh patrie). Hercule paraît, et demande pourquoi l’on pleure. Informé, il déclare qu’il va aller en enfer chercher Alceste (Air : Au pouvoir de la mort, je saurai la ravir).

Gluck Alceste Au pouvoir de la mort je saurai la ravirCliquez sur Hercule

Alceste, arrivant sur les rives des enfers chante (Divinités implacables). L’amour lui donne une force nouvelle pour aller jusqu’au bout. Mais Admète arrive à son tour et la supplie, pour ses enfants, de rester (Air : Alceste, au nom des dieux). Alceste persiste dans sa volonté de mourir. La trompe de Charon résonne, les enfers réclament leur dû. Alceste est attirée vers les ténèbres.

Admète veut la suivre, mais Hercule arrive et ramène Alceste. Apollon descend du ciel (c’est un deus ex machina) et libère Alceste de ses vœux, on le remercie (Trio : Reçois, dieu bienfaisant) avant que le peuple ne chante pour les fortunés époux.

Gluck Alceste finalCliquez une dernière fois sur Alceste

(Source : Je me suis essentiellement servi pour rédiger ce billet du (très beau) DVD de John Eliot GARDINER, avec la mise en scène hiératique de Robert Wilson. J’ai vu que c’est disponible sur Youtube, mais je ne sais pas si c’est légal).

Grandes maisons d'Opéra

LE MET INVITE YANNICK CHEZ VOUS – Semaine du 16 au 22 novembre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 16 au 22 novembre 2020.

Cette semaine, le MET met à l’honneur des productions dirigées par le chef d’orchestre Yannik Nézet-Séguin avec des classiques du XIXe et du XXe siècles. Bref, encore que des belles choses…

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 16 novembre VERDI Don Carlo

Verdi Don Carlo MetCliquez sur Rodrigue et Don Carlo

Mardi 17 novembre GOUNOD Faust

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Méphisto

Mercredi 18 novembre DVORAK Rusalka

Dvorak Rusalka METCliquez sur Rusalka

Jeudi 19 novembre VERDI La Traviata

Verdi La Traviata Damrau (MET 2018)Cliquez sur Violetta

Vendredi 20 novembre POULENC Le dialogues des Carmélites

Poulenc Dialogue des Carmélites METCliquez sur les Carmélites

Samedi 21 novembre PUCCINI Turandot

Puccini Turandot Nessun dorma (MET)Cliquez sur Calaf

Dimanche 22 novembre BERG Wozzeck

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur Wozzeck et Marie

Voilà, très bonne semaine à tous zet à toutes. See you a next ouike.

Bande dessinée, Compositrices, littérature, Mythologie, Théâtre

ALCESTE (et ADMÈTE)

Avant que d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines de confiture dans Le Petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY, Alceste était une tragédie d’EURIPIDE. Sa trame a inspiré beaucoup d’opéras, dont bon nombre se sont dissipés dans les méandres du temps et de l’oubli.

Le pitch : La tragédie d’Euripide peut être résumée ainsi – Admète, roi de Thessalie, est en train de livrer son dernier combat, celui contre la mort. Apollon, qui avait trouvé refuge chez lui après avoir été chassé de l’Olympe pour avoir tué les Cyclopes, a obtenu des trois Parques qu’à l’heure de sa mort, Admète puisse rester en vie si une personne se dévoue pour mourir à sa place. Sa femme Alceste se sacrifie pour lui et meurt. Hercule, l’ami d’Admète parvient à arracher Alceste à la mort et à la rendre à son époux (d’après CALZABIGI, le librettiste de GLUCK pour la version italienne).

Parmi les adaptations à l’opéra de ce mythe figure l’Antigona delusa da Alceste, de AURELIS, dont HAENDEL se servira pour son Admeto re di Tessaglia (1727).

Haendel Admeto, Re di TessagliaCliquez sur l’image

Dans les versions encore jouées de nos jours figurent l’Alceste de LULLY (1673), et celles de Gluck (version italienne en 1767 et version française en 1776).

Lully Alceste Alceste vous pleurezCliquez sur l’image

Par rapport à la version italienne, relativement fidèle à Euripide, la version française a été très resserrée sur les drames intérieurs d’Alceste et de son mari Admète, ce qui n’a pas contribué au succès de cette œuvre. Peu de temps après, on a rajouté le personnage d’Hercule (présent chez Euripide) pour pimenter un peu l’action et la rendre plus agréable au public, mais c’est GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ), qui a fait ces rajouts ultérieurs dans la partition de Gluck.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur Alceste

Au XXe siècle, on peut encore noter l’Alceste (Alkestis) (1922) de BOUGHTON et celui de WELLESZ (1924) sur un livret de Hugo von HOFFMANNSTAHL.

Boughton Alceste (Alkestis)Cliquez sur Rutland Boughton

En 1960 encore, la compositrice Vivian FINE écrira l’œuvre pour orchestre en quatre mouvements Alcestis.

Fine AlcestisCliquez sur l’image

Un très grand merci à l’ami Totor Berlioz qui m’a donné l’idée de ce billet (il a consacré de très belles pages à l’Alceste de Gluck dans son ouvrage À travers chant).

Cinématographe, Divers, Fantaisie

L’HUMOUR EN MUSIQUE (partie 2)

Après une première série d’exemples d’humour en musique, et à la demande générale, en voici une nouvelle.

Jean-Philippe RAMEAU, dans Platée, a écrit un superbe air pour la Folie.

Rameau Platée la FolieCliquez sur la Folie

Josef HAYDN, dans sa symphonie La Surprise, donne un violent coup de timbale pour réveiller l’auditeur. L’Anglais Gerard HOFFNUNG s’amusera à amplifier ce mouvement de surprise par toutes sortes de bruits.

Haydn la Surprise (par Hoffnung)

Cliquez sur ce pauvre Haydn

Il existe une sorte d’humour qui est l’humour involontaire ! L’Américaine Florence Foster Jenkins était veuve d’un milliardaire américain et se piquait d’être chanteuse. Sa vie a inspiré deux films, le film éponyme avec Meryl STREEP et Marguerite avec Catherine FROT. Écoutons-la massacrer bravement l’air de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de MOZART.

Florence Foster Jenkins

La musique de ROSSINI est naturellement alerte. Écoutons les King’s Singers dans l’ouverture du Barbier de Séville.

Rossini ouverture du Barbier de Séville King's SingersCliquez sur l’image

Si, on l’a vu dans la première série, VERDI s’est mis sur le tard à la comédie, WAGNER s’est également essayé au genre avec les Maîtres chanteurs de Nuremberg. La fin de l’acte II est particulièrement savoureuse, quand le Maître-chanteur en chef, le cordonnier Hans Sachs, entreprend de corriger la chanson du ridicule Beckmesser en marquant les fautes par des coups de marteau sur la chaussure qu’il est en train de fabriquer. Finalement, le bruit provoqué par ces coups de marteau réveille villageois et apprentis, qui descendent dans la rue et provoquent un beau chahut.

Wagner les Maîtres Chanteurs final acte IICliquez sur le chahut final de l’acte II

Et OFFENBACH (le roi de l’opérette) ne manque pas non plus d’humour, par exemple la scène de la mouche dans Orphée aux enfers.

duo de la moucheCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS s’est certainement bien amusé en écrivant son Carnaval des animaux, où il représente (musicalement) les pianistes faisant leurs gammes, alors que l’orchestre cherche à les faire taire.

Saint-Saëns Carnaval des animaux pianistesCliquez sur l’image

L’Anglais Gerard HOFFNUNG a fait un travail remarquable pour dynamiter la musique classique. Ainsi de son opéra Let’s fake an opera (The Tales of Hoffnung), qui mélange les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Don Giovanni, Les Pêcheurs de perles, Carmen, Otello…

Hoffnung Let's fake an operaCliquez sur l’image

Pour finir, je vais vous dévoiler le secret des chefs de chœur pour faire monter les sopranos dans les aigus.

copyright SERRE

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres exemples d’humour en musique.