Écrivain, littérature, Oulipo

La Disparition (Georges PEREC — 1)

La Disparition (1969) est un roman oulipien écrit par G.org.s P.R.C qui réussit le tour de force d’écrire un roman en français de plus de 300 pages sans utiliser la lettre E, qui est pourtant la lettre la plus courante en français.

Rappelons que l’OULIPO (OUvroir de LIttérature POtentielle) est une société regroupant gens de lettres et/ou scientifiques dans le but de produire de la littérature sous contrainte. Dans le cas de la Disparition, la contrainte est donc de ne pas faire apparaître de E, mais une deuxième contrainte oulipienne veut que le texte produit cite la contrainte. Ainsi toute la disparition n’est qu’une longue enquête visant à trouver « quelque chose » qui manque, ce quelque chose pouvant être, par exemple, le cinquième volume dans une série de vingt-six.

Perec qui semblait s’y connaître en musique nous régale donc avec des :

  • Stich-Randall chantait un air d’Aïda.
  • Haig chanta d’abord « Unto us a child is born« .
  • Fricsay l’initia au plain chant, Solti au canon, Von Karajan au tutti, Krips à l’unisson. Sir Adrian Boult assista à l’audition.
  • Douglas Haig, baryton, chantait Don Giovanni (dirigé par Karl Böhm).
  • Il chantait dans Don Juan la partition du commandant.
  • Un ocarina jouant l’Or du Rhin.
  • Haig s’aussitôt livra à sa passion du chant, trouvant dans MOZART, dans BACH, dans SCHUMANN ou dans FRANCK moult satisfactions.

Décryptage :

Theresa Stich-Randall (1927 – 2007) était une soprano américaine extrêmement célèbre à l’époque de La Disparition. Elle s’est illustrée dans les grands rôles mozartiens. Je vous propose de l’écouter chanter Aïda sous la direction de Toscanini (document rare) en 1947.

Unto us a child is born (Pour nous un enfant est né) est tiré de l’oratorio Le Messie de Haendel.

Ferenc Fricsay, Sir Georg Solti, Herbert von Karajan, Joseph Krips et sir Adrian Boult étaient des chefs d’orchestre.

Don Giovanni (ou Don Juan en français) est un opéra de MOZART d’après l’œuvre de Molière. Par la partition du « commandant » il faut comprendre le « commandeur ». Perec cite également « l’uomo di marbro », ou « l’uomo bianco », (l’homme de marbre, l’homme blanc) qui sont deux noms que Leporello, le valet de Don Juan, donne à la statue du commandeur venue chercher Don Giovanni pour le conduire en enfer. Et puisque j’ai mis Toscanini pour Aïda, soyons fous et mettons Furtwängler pour Don Giovanni.

L’Or du Rhin (Rheingold) est le titre du prologue de l’Anneau du Nibelung de WAGNER, et l’ocarina est un instrument à vent très ancien, une sorte de flûte ovoïde. Les amateurs de jeux vidéos se souviennent certainement d’un des meilleurs Zelda: Ocarina of time.

Quant à Schumann, s’il ne cite pas une œuvre en particulier, il me plaît d’imaginer qu’il s’agit de son opéra Genoveva, qu’il aurait pu écrire Gainofaifa (ou Guaino fait Fa) ! Peut-être saurez-vous écrire Genoveva sans E : à vos commentaires !

Et si vous avez aimé cet article, ne manquez pas sur ce blog :

La Vie mode d’emploi (Georges Perec — 2) et Je me souviens (Georges Perec — 3) et prochainement Cantatrix sopranica (Georges Perec — 4).

 

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4 réflexions au sujet de “La Disparition (Georges PEREC — 1)”

  1. Dans les citations musicales du même livre (La disparition), il me semble que l’on interprète également « For unto us a child is born », tiré du Messie de Haendel.
    Une dimension oulipienne supplémentaire avec l’utilisation de l’anglais…
    Christian (du même nom que l’auteur du blog)

    Aimé par 1 personne

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