littérature, Théâtre

Carlo GOLDONI (1707 – 1793)

image Goldoni

Carlo Goldoni est un dramaturge né à Venise le 25 février 1707. Il s’initie très tôt aux joies du théâtre en jouant aux marionnettes. C’est ainsi qu’il écrit sa première « pièce » à l’âge de 8 ans pour son théâtre de marionnettes.

Son père médecin aurait voulu qu’il suive sa voie, mais le jeune Carlo fugue pour suivre une troupe de comédiens. Il revient toutefois assez vite à Venise. Un de ses oncles le convainc alors de suivre des études de droit, ce qu’il fait à Pavie, puis à Modène. Il revient à Venise pour exercer son métier d’avocat.

Assez vite, il met de côté cette carrière pour pouvoir écrire des pièces de théâtre. Après plusieurs tragédies qui n’ont pas connu le succès, il se lance dans la comédie, sous l’influence de MOLIÈRE et de la commedia dell’arte.

Ainsi en 1735, il écrit à Venise la tragi-comédie Don Giovanni Tenorio. Toujours à Venise, il fournit le livret de deux opéras à son compatriote VIVALDI, dont Griselda en 1735.

Vivaldi Griselda Agitata da due ventiCliquez sur l’image

En 1740, il noue notamment une collaboration extrêmement fructueuse avec le compositeur GALUPPI, collaboration commencée en 1740 avec Gustave Ier, roi de Suède, Gustavo primo, re di Svezia en V.O. Ils travaillent ensemble jusqu’en 1754 avec des œuvres comme Il Mondo della Luna (1750) ou Il Filosofo di campagna, le Philosophe de campagne en V.F. (1754).

Galuppi Il filosofo di Campagna Son pien di giubiloCliquez sur l’image

Le Monde de la lune a inspiré à PICCINNI l’opéra il finto Astrologo en 1765. Mais c’est la version de Joseph HAYDN, datant de 1777 qui est de nos jours la plus connue de Il Mondo della Luna.

Haydn Il Mondo della LunaCliquez sur l’image

En 1745, il écrit Arlequin,serviteur de deux maîtres, une de ses pièces les plus connues. En 1752, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, la Locandiera, qui fera l’objet d’un opéra composé par SALIERI en 1773 pour Vienne. En 1792, CHERUBINI écrira des pièces musicales pour accompagner cette œuvre au théâtre. Une autre adaptation est celle du tchèque MARTINU en 1954, sous le nom de Mirandolina.

Salieri la Locandiera (Goldoni)Cliquez sur Salieri

Martinu Mirandolina (la Locandiera)Cliquez sur l’image

En 1762, lassé des critiques incessantes dont il était victime en Italie, il se rend à Paris pour travailler pour le Théâtre-italien. En 1765, il entre à la Cour, et il enseigne l’italien aux jeunes princesses.

En 1768, le jeune MOZART alors âgé de 12 ans écrit la Finta semplice (le faux Innocent) d’après une pièce de Goldoni.

En 1787, il fait paraître ses Mémoires pour servir à l’histoire de ma vie et celle du théâtre.

Goldoni meurt à Paris le 6 février 1793, à l’âge de 85 ans.

Il est à noter que le compositeur italien Ermanno WOLF-FERRARI (1876-1948) a écrit plusieurs opéras sur des pièces de Goldoni.

Compositrices, littérature, Théâtre

PELLÉAS ET MÉLISANDE, de MAETERLINCK (1893)

Pelléas et Mélisande (1893) est une pièce de théâtre du dramaturge et poète symboliste Maurice MAETERLINCK.

Cette histoire universelle, on a du mal à la situer ailleurs que dans un passé et un lieu difficilement identifiables, met en scène ce qui semble (é)mouvoir les humains depuis la nuit des temps : l’amour et la jalousie.

Acte I : Golaud, le maître du château, rencontre dans une forêt où il s’était perdu une jeune fille en pleurs. Cette jeune fille, qui s’appelle Mélisande, a perdu sa couronne dans une fontaine. Elle refuse que Golaud la lui retrouve et ne répond à aucune de ses questions sur son origine. Golaud emmène Mélisande et se dirige vers son château, où vit également son père, Arkel, et son demi-frère, Pelléas.

Golaud a écrit une lettre à Pelléas, il s’est marié avec Mélisande, dont il ne connaît toujours pas le passé, mais il a peur des réactions de son père. Il demande à Pelléas ce que son père pense de son mariage. Son bateau est au large du château et Pelléas doit allumer une torche si Arkel l’approuve, en quel cas Golaud rentrera au château avec Mélisande. Dans le cas contraire, il poursuivra son chemin pour ne plus jamais revenir.

Pelléas a reçu une autre lettre. Son ami Marcellus va mourir, et lui demande de venir le voir avant sa fin prochaine. Arkel lui demande de rester jusqu’au retour de Golaud.

À l’entrée du château, Pelléas accueille Mélisande.

Acte II : Pelléas et Mélisande devisent près d’une fontaine. Mélisande se penche et laisse tomber son alliance dans la fontaine.

Mélisande soigne Golaud qui a fait une chute de cheval. Elle lui déclare qu’elle ne peut plus vivre dans ce château sans lumière, qu’elle y étouffe, et qu’elle mourra si elle reste. Golaud lui prend les mains, et remarque qu’elle a perdu sa bague. Troublée, Mélisande répond qu’elle a dû la perdre le matin, en ramassant des coquillages dans une grotte qui donne sur la mer. Golaud lui dit que cette bague est très importante pour lui, et lui demande d’aller la rechercher. Mélisande a peur, mais Golaud lui demande de se faire accompagner par Pelléas.

Acte III : Pelléas et Mélisande attendent le retour de la chasse de Golaud. La nuit va tomber quand Yniold, le fils du premier mariage de Golaud, entre. Il a peur que Mélisande ne quitte le château. Golaud arrive enfin, et constate que Mélisande et Pelléas ont pleuré.

À sa fenêtre, Mélisande arrange sa chevelure pour la nuit. Elle chante. Pelléas arrive au pied de la tour. Il vient annoncer qu’il part le lendemain , et demande à Mélisande de lui tendre la main pour l’embrasser. Les cheveux de Mélisande se dénouent, se répandant sur Pelléas qui s’enroule amoureusement dedans. Survient Golaud qui les surprend dans leurs jeux.

Golaud a amené Pelléas dans les souterrains du château. Il parle de la mort qui y règne, et qui pourrait emporter Pelléas. En sortant, Golaud prévient Pelléas qu’il les a surpris dans ce qu’il appelle des jeux d’enfants, et lui demande de ne pas recommencer. Plus tard, il veut faire parler Yniold sur ce qui se passe entre Mélisande et Pelléas quand ils sont ensemble, mais Yniold répond qu’il ne se passe rien entre eux, que Mélisande ne veut pas qu’il sorte car elle a peur de se retrouver seule avec Pelléas.

Acte IV : Le père de Pelléas, qui était malade, va mieux, et exhorte Pelléas à voyager. Pelléas donne rendez-vous à Mélisande dans le parc.

Le soir, Pelléas et Mélisande se retrouvent dans le parc. Pelléas avoue à Mélisande que s’il doit partir, c’est parce qu’il l’aime. Mélisande lui répond qu’elle aussi l’aime. Ils s’embrassent quand Golaud arrive. Il frappe Pelléas de son épée. Mélisande se sauve et Golaud la poursuit.

Acte V : Les servantes discutent de ce qui s’est passé pendant la nuit. On a trouvé Golaud et Mélisande devant la porte, et maintenant Mélisande se meurt.

Dans la chambre de Mélisande, Arkel et le docteur discutent. Golaud arrive, plein de remords pour son geste fou. Il demande qu’on le laisse seul avec sa femme et lui demande de le pardonner. Mais il est repris par sa jalousie et veut savoir si « il s’est passé » quelque chose entre Pelléas et Mélisande. Devant les dénégations de Mélisande, il se remet en colère. Quand il voit que Mélisande est en train de s’évanouir, il dit à Arkel et au docteur de rentrer. Mais il est trop tard, il ne saura jamais.

On présente à Mélisande son enfant né trois jours avant, et elle meurt en contemplant cette pauvre petite chose qu’elle a mise au monde.

Une telle histoire a inspiré bien des compositeurs, et non des moindres.

La mise en musique la plus célèbre est celle de DEBUSSY, pour un opéra très fidèle au texte de Maeterlinck (1902).

Debussy Pelléas et Mélisande Scène de la fontaineCliquez sur la scène de la fontaine

Auparavant, en 1898, FAURÉ avait composé une musique de scène.

Fauré Pelléas et Mélisande SicilienneCliquez sur le flûtiste

WALLACE a écrit sa propre musique de scène en 1900.

Peu après Debussy, c’est SCHÖNBERG qui a écrit en 1903 un poème symphonique sur cette histoire.

Schoenberg Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Deux ans plus tard, en 1905, SIBELIUS a lui aussi écrit une musique de scène.

Sibelius Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Un peu plus tard, en 1923, la compositrice Mel BONIS intitulera une de ses pièces pour piano Mélisande.

Bonis MélisandeCliquez sur le pianiste

Enfin, beaucoup plus près de nous, le compositeur de musique de film Alexandre DESPLAT a intitulé Pelléas et Mélisande sa Suite pour flûte et orchestre.

Desplat Pelléas et MélisandeCliquez (encore) sur le flûtiste

Et si vous voulez encore un peu de musique, cliquez donc sur le bonus surprise.

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Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Maurice MAETERLINCK (1862-1949)

image Maeterlinck

Maurice MAETERLINCK est né le 29 août 1862 à Gand. Poète et surtout dramaturge, il est considéré comme étant le chef de file des symbolistes.

Comme d’autres poètes de son époque, il suit des études de droit avant de se consacrer à la littérature. Dès 1885, il publie des poèmes d’inspiration parnassienne, ce mouvement poétique qui a suivi le romantisme, visant à promouvoir « l’art pour l’art » comme l’écrivait GAUTIER.

Il décide de partir à Paris où il fait la connaissance de MALLARMÉ ou VILLIERS de L’ISLE-ADAM. Il découvre les idéalistes allemands, HEGEL et SCHOPENHAUER ainsi que SCHLEGEL, préfigurateur du symbolisme.

En 1889, il publie Serres chaudes, un recueil de poèmes qui sera mis en musique par CHAUSSON et Lili BOULANGER.

Chausson Serres chaudesCliquez sur l’image

Boulanger Lile RefletsCliquez sur l’image

En 1889, il publie sa première pièce de théâtre, la Princesse Maleine. Lili Boulanger en a tiré un opéra, dont le manuscrit est perdu.

Suivront en 1890 l’Intruse, portée à l’opéra par RIEMANN, et les Aveugles, qui a inspiré trois opéras, et en 1891 les Sept princesses.

1892 est l’année de son œuvre peut-être la plus connue, Pelléas et Mélisande, qui a fait l’objet d’au moins cinq adaptations musicales signées DEBUSSY, FAURÉ, SCHÖNBERG, SIBELIUS, WALLACE et Mel BONIS.

En 1894, ce sera une série de trois petites pièces : Alladine et Palomides, pièce qui fera l’objet de trois opéras et Intérieurs (deux opéras), ainsi que la Mort de Tintagiles (trois opéras). Je reviendrai dans un billet spécifique à ces mises en musique de Pelléas et Mélisande.

En 1895, il fait la connaissance de l’actrice Georgette LEBLANC (la sœur de Maurice LEBLANC, le créateur du personnage d’Arsène Lupin.) Ils s’installent en concubinage notoire à Passy, près de Paris, au grand dam de leurs familles respectives, toutes les deux très catholiques. Ensemble, ils tiendront un salon fort couru où on pouvait rencontrer Oscar WILDE, Stéphane Mallarmé, Auguste RODIN ou encore Camille SAINT-SAËNS. Maurice et Georgette vivront ensemble jusqu’en 1918.

En 1896, Maeterlinck publie un second recueil de poésies, Douze chansons, dont certaines seront mises en musique par ZEMLINSKY. Pour le théâtre, il écrit Aglavaine et Sélysette (mis en musique par HONEGGER) et le Trésor des humbles.

Honegger Aglavaine et SélysetteCliquez sur l’image

En 1901, ce sera Ariane et Barbe bleue, mis en musique par DUKAS et par BARTOK (Le Château de Barbe bleue) et Sœur Béatrice (quatre opéras). Dans cet opéra, on retrouve les prénoms de Mélisande, Sélysette et Alladine pour les premières femmes de Barbe bleue.

Dukas Ariane et Barbe bleueCliquez sur les cinq premières femmes de Barbe bleue

Bartok le Château de Barbe bleueCliquez sur la pauvre Judith

En 1902, il écrit Mona Vanna qui sera porté quatre fois à l’opéra, dont un opéra inachevé de RACHMANINOV. En 1908, ce sera l’Oiseau bleu, porté à l’opéra par WOLFF.

Rachmaninov Monna VannaCliquez sur l’image

En 1911, Maeterlinck est lauréat du prix Nobel de littérature.

En 1918, il se marie avec une autre actrice, Renée DAHON.

En 1930, il rachète un bâtiment de luxe, conçu pour être un casino, et en fait sa villa qu’il appelle Orlamonde (comme dans Ariane et Barbe bleue ou une des Douze chansons.)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie aux États-Unis. Il revient à Nice en 1947 et c’est dans sa villa d’Orlamonde qu’il meurt, le 6 mai 1949.

Outre ses poésies et ses pièces de théâtre, Maeterlinck a aussi écrit des essais sur la biologie tels que la Vie des abeilles, la Vie des termites ou la Vie des fourmis, ainsi que des écrits mystiques.

Cinéma, littérature, Théâtre

Patrice CHÉREAU ET L’OPÉRA

Alors que le film Les Amandiers de Valeria BRUNI-TEDESCHI vient d’être présenté à Cannes, film où il est question de la promotion d’acteurs sous la direction de Patrice CHÉREAU, il m’a semblé intéressant de raconter quel grand metteur en scène d’opéras Chéreau a été.

Patrice CHÉREAU (1944 – 2013) était un homme de scène complet. Acteur, metteur en scène de théâtre et d’opéra, scénariste et réalisateur de films.

Son goût pour le théâtre s’est manifesté très tôt puisqu’il date de ses années de lycéens où, jouant dans la troupe du lycée, il se met très vite à la mise en scène et à la direction d’acteurs.

Il prend la direction du théâtre de Sartrouville en 1996, à seulement 22 ans. C’est à Sartrouville qu’il rencontrera le décorateur Richard PEDUZZI, avec qui il signera quelques-uns de ses plus beaux spectacles.

En 1969, il part au piccolo théâtre de Mila, où il a l’occasion de travailler avec Giorgio STRELER, en qui il reconnaîtra un maître.

De 1971 à 1977, il dirige le TNP de Villeurbanne avec Roger PLANCHON.

De 1982 à 1990, il dirige le théâtre des Amandiers à Nanterre.

Il réalise son premier film, la Chair de l’orchidée d’après J.H.CHASE, en 1974. Suivront d’autres films comme la Reine Margot (1994) ou Ceux qui m’aiment prendront le train (1998).

Son travail de metteur en scène d’opéra commence dès 1969 avec l’Italienne à Alger de ROSSINI, suivi quelques années plus tard par les Contes d’Hoffmann. Mais son grand « truc », celui qui le fera connaître dans le monde entier, c’est le Ring de WAGNER, monté à Bayreuth en 1976, pour le centième anniversaire du festival voulu par Wagner pour la représentation de ses œuvres. C’est Pierre BOULEZ qui l’a appelé pour cette production, où Chéreau transpose l’action dans l’Allemagne industrielle du début du XIXe siècle. Cette production a causé un immense scandale dans le milieu plutôt conservateur qui fréquentait le festival. Au lever de rideau du dernier acte du Crépuscule des dieux, le public s’est mis à siffler et à hurler, couvrant complètement l’orchestre ! Boulez ne s’est pas démonté, et a continué à diriger, et au bout de quelques minutes, on a pu entendre la musique qui s’élevait de la fosse d’orchestre. (Il m’en souvient parfaitement, j’assistais en direct à ce brouhaha qui était retransmis dans le monde entier, et sur France Musique pour la France.) En raison des coûts importants, les productions sont souvent jouées plusieurs années de suite. C’était le cas pour le Ring, qui a été monté de 1976 à 1980. Cinq ans plus tard, le public s’était habitué à cette mise en scène, certes non conventionnelle, mais très respectueuse du texte, et en 1980, pour la dernière représentation, l’équipe artistique a eu droit à 101 levers de rideau et 85 minutes de rappel !

image Patrice ChéreauCliquez sur Chéreau racontant son expérience à Bayreuth

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur le prélude de l’Or du Rhin

En 1979, l’Opéra de Paris confie à Boulez la direction de la version intégrale de Lulu de BERG. (Lulu est une œuvre laissée inachevée à sa mort par son auteur, et c’est un autre compositeur, Friedrich SERRA, qui a terminé le 3e acte.) Tout naturellement, c’est à Chéreau que Boulez pense pour cet événement.

Berg Lulu PrologueCliquez sur le prologue de Lulu

En 1992, il monte Wozzeck de Berg sous la direction de BARENBOÏM pour le théâtre du Châtelet à Paris, production qui sera reprise à Berlin et à Tokyo.

Berg Wozzeck le CapitaineCliquez sur Wozzeck et le capitaine

De MOZART, il monte Don Giovanni, toujours avec Barenboïm et un Cosi fan Tutte extraordinaire d’intelligence avec Daniel Harding à la direction pour le festival d’Aix-en-Provence.

Mozart Cosi fan Tutte E amore un ladroncelloCliquez sur Dorabella

En 2007, il travaille de nouveau avec Boulez pour de la Maison des morts de JANACEK à Vienne et Aix, et avec Barenboïm pour Tristan und Isolde de Wagner à la Scala de Milan.

Janacek De la maison des morts acte I arrivé de GorantchovCliquez sur les prisonniers

Wagner Tristan und Isolde (Chéreau)

Sa dernière mise en scène (last but not Liszt comme disent les musiciens) est celle d’Elektra de STRAUSS à Aix-en-Provence.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Elektra

Pour être un peu plus complet, Chéreau a également mis en scène l’opéra de jeunesse Lucio Silla, de Mozart, mais je n’en ai pas trouvé trace sur le net.

Mes opéras préférés, Théâtre

KATIA KABANOVA, de JANACEK (1919 – 1921)

Katia Kabanova est un opéra écrit par JANACEK d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI. Créé à Brno en 1921 et repris à Prague dès 1922. Contemporain des avancées sur la psychologie humaine dues à FREUD, cet opéra nous propose une héroïne partagée entre son sens du devoir moral et sa psyché.

Après le succès (tardif) de Jenufa en 1916, Janacek renoue avec une héroïne dont l’amour est contrarié par une femme plus âgée et autoritaire, qui fera finalement son malheur.

Classification selon G.B.SHAW : Suivant la classification de George Bernard SHAW, nous sommes ici en présence d’un opéra du type très original (S+T/S+T), où une soprano (Katia) et un ténor (Boris) s’aiment alors que leur amour est contrarié par une soprano (la mère) et un ténor (Tichon).

Le pitch : Dans la maison des Kabanov, Kabanicha, la mère, fait régner la terreur dans sa famille par crainte du qu’en-dira-t-on. Elle régente la vie de son fils, Tichon, et de sa belle-fille Katia, qui étouffe et a perdu toute joie de vivre en entrant dans cette maison. Alors que Tichon est en déplacement à la foire de Kazan, l’inconcevable se produit, Katia trompe son mari avec le beau et jeune Boris. Au retour de son mari, Katia, déchirée entre ses devoirs envers son mari, et son amour toujours vivant pour Boris, avoue son crime et se suicide.

Ouverture :

Janacek Katia Kabanova OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Un dimanche après-midi, sur les bords de la Volga. Koudriach, l’instituteur contemple la nature quand il entend le vieux Dikoï gronder son neveu Boris, qu’il juge bon à rien. Boris confie à Koudriach qu’il est venu de Moscou pour obéir à Dikoï, condition pour obtenir son héritage que ses parents ont confié à Dikoï. Les Kabanov sortent de l’église et se dirigent vers leur maison. Il y a là Marfa Kabanova, son fils Tichon et sa belle-fille Katia. Marfa reproche à son fils de ne plus aimer sa mère depuis qu’il est marié. Comme Katia répond en lui déclarant qu’elle l’aime comme sa propre mère, elle se fait remettre sèchement à sa place. Elle n’a pas à se mêler d’une discussion entre la mère et le fils ! Katia rentrée à la maison, Marfa prédit à son fils que sa femme le fera un jour cocu.

Dans sa chambre, Katia évoque avec Varvara la servante de la maison les jours heureux de sa jeunesse, avant qu’elle n’entre dans cette famille où toute joie est interdite. Insouciante, elle passait son temps à arroser les fleurs, à rêver de voler comme un oiseau, et elle aimait aller à la messe où elle se croyait au paradis. Mais maintenant, quand elle rêve de vol, elle chute, entraînée par le poids du péché. Elle aime et désire un autre homme que son mari, Boris. Tichon entre avec ses valises, il va partir deux semaines à la foire de Kazan, où il est envoyé par sa mère. Katia le supplie de ne pas la laisser seule, mais Tichon n’entend pas derrière ses mots la détresse de sa femme. (Air et dialogue : »Vis co mi napadlo » « Ce serait beau si nous pouvions voler comme les oiseaux ».)

Janacek Katia Kabanova acte 1 scène 2 Vis, co mi napadloCliquez sur Katia

Marfa entre et ordonne à Tichon de partir à la foire de Kazan, en lui demandant d’ordonner à sa femme de lui être obéissante pendant son absence, de ne pas rester à rien faire, de ne pas regarder les autres hommes. Katia s’effondre au sol, puis dit durement à Tichon de partir.

Acte II : Dans la maison des Kabanov, le soir, Marfa reproche à Katia d’avoir laissé partir son mari sans éprouver de peine. Même si elle n’en éprouve pas, elle aurait pu faire semblant, ça aurait été plus convenable. Varvara dit discrètement à Katia qu’avec la chaleur qu’il fait, elle peut dormir dans la véranda. Elle s’arrangera pour faire venir Boris et lui confie la clé d’une petite porte qui donne sur la véranda. Katia commence par refuser, puis petit à petit cède à l’idée de voir Boris, de lui parler, telle l’Isolde de WAGNER, mais sans l’aide d’un philtre d’amour : « C’est le destin, je mourrai si je ne le vois pas et je sais que je devrai mourir si je le vois » (Air: « Ne, ne, nidko » « rien, rien, personne ».)

Janacek Katia Kabanova Acte II Ne, ne, nidkoCliquez sur Katia

Katia sort, Marfa rentre avec Dikoï, qui est ivre et cherche à la séduire. Ils ressortent ensemble.

Devant la petite porte, Koudriach se promène et chante une chanson d’amour en attendant Varvara. Boris arrive alors que Varvara répond à la chanson de Koudriach. Katia arrive à son tour et Boris cherche à lui parler, à lui prendre la main. Il lui déclare son amour.

Janacek Katia Kabanova Acte 2 scène 2Cliquez sur l’image

Katia répond qu’elle est mariée, que tout cela va les mener vers un grand malheur. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, mais quand Boris parle d’amour, Katia parle de mort. Varvara et Koudriach reviennent et leur disent d’aller sur le sentier. Ils les préviendront quand ce sera l’heure de rentrer.

Acte III : Devant les ruines d’un bâtiment, Koudriach discute avec un ami sous l’orage. (l’Orage était le titre de la pièce originale d’Ostrovski). Dikoï arrive, mais il ne veut pas que Koudriach lui adresse la parole.

Janacek Katia Kabanova Acte 3 scène 1 la tempêteCliquez sur la tempête

Varvara entre et déclare que Tichon est rentré, et que Katia qui ne pourra plus voir Boris et est en train de perdre la raison. Katia arrive, quand elle voit Boris, elle s’accuse devant Marfa et Tichon d’avoir trompé son mari, malgré le serment qu’elle avait fait de ne pas parler à d’autres hommes pendant l’absence de Tichon.

Varvara et Koudriach disent qu’ils vont partir à Moscou. Sur le bord de la Volga, Katia erre, n’ayant plus goût à rien. Boris entre, ils s’étreignent. Boris dit que son oncle veut l’envoyer en Sibérie. Katia lui demande de penser à elle, de faire l’aumône sur son chemin de sa part. Quand Boris part, elle se jette dans le fleuve. Devant son corps que l’on a tiré du fleuve, Tichon accuse sa mère de l’avoir tuée, avant de retomber dans sa soumission à sa mère.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur Katia

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris de 1988, et le programme associé.)

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Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

Edmond ROSTAND (1868 – 1918)

Edmond ROSTAND naît à Marseille le 1er avril 1868. Issu d’une famille riche, il passe les premières années de sa vie à Marseille, puis à Bagnères-de-Luchon. Après de brillantes études à Marseille, puis à Paris, son père lui fait suivre des études de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers l’écriture et la poésie.

En 1890, il se marie avec la poétesse Rosemonde GÉRARD, qui aura MASSENET comme témoin à son mariage. Ils auront deux fils, Maurice né en 1891 et Jean né en 1894. Jean Rostand se fera un nom dans le domaine de la biologie.

Edmond commence sa carrière littéraire par différentes pièces de poésie, dont l’Ode à la musique (1890) qui sera mise en musique par CHABRIER.

Chabrier - Rostand Ode à la musiqueCliquez sur l’image

En 1894, il réussit à faire jouer la pièce les Romanesques à la Comédie-Française. Peu connue en France, elle est très populaire dans les pays anglo-saxons, et a fait l’objet en 1960 d’une comédie musicale sous le nom The Fantasticks ! La musique en est de SCHMIDT et les paroles de Tom JONES.

Rostand The FantasticksCliquez sur l’image, il se pourrait que vous reconnaissiez un air qui a servi pour la réclame d’un café

En 1895, c’est la Princesse lointaine, dont une version lyrique de WITKOWSKI sera créée à l’Opéra de Paris en 1934.

Suivront, pour les succès, la Samaritaine (1897), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).

La Samaritaine fera l’objet d’une adaptation par Max d’OLLONE en 1929, créée à l’Opéra-Comique en 1937.

Cyrano de Bergerac fera l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1936. (Alfano est le compositeur qui a terminé Turandot, œuvre restée inachevée à la mort de PUCCINI.)

Alfano (Rostand) Cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano

Ils se mettront à deux, IBERT et HONEGGER pour adapter l’Aiglon, en 1937.

Honegger Ibert (Rostand) l'AiglonCliquez sur l’image

En 1901, Rostand est élu à l’Académie française.

En 1910, il fait jouer sa dernière pièce : Chanteclerc. Celle-ci, qui met en scène des animaux ne rencontre pas les succès éclatants qu’ont connus Cyrano et de l’Aiglon.

Rostand meurt de la grippe espagnole à Paris le 2 décembre 1918.

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Écrivains, Bande dessinée, littérature, Poésie, Politique, Théâtre

Alphonse de LAMARTINE (1790 – 1869)

Alphonse de LAMARTINE est un poète romantique, écrivain et homme politique français, né à Mâcon le 21 octobre 1790.

Il commence très jeune à écrire de la poésie et, à 21 ans, fait son « voyage en Italie » au cours duquel il rencontre une jeune fille qui lui inspirera plus tard son roman Graziella.

À 21 ans, son père la fait nommer maire de sa commune et en 1814, il fait partie des gardes du corps de Louis XVIII et doit se réfugier en Suisse pendant les Cent jours. Rentré chez lui, il mène une vie de gentilhomme campagnard.

En 1816, pour des raisons de santé, il va prendre les eaux à Aix-les-Bains. Là, il fait la connaissance de Julie CHARLES, une femme mariée atteinte de phtisie galopante. Julie meurt en 1817, et son souvenir inspire à Lamartine son premier recueil de poésie, les Méditations poétiques (1820) qui rencontrent un grand succès. C’est en songeant à elle qu’il écrit un de ses poèmes les plus fameux, le Lac. (« Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence », ou encore « Ô temps, suspends ton vol ».)

Niedermeyer Lamartine le LacCliquez sur le pianiste et le ténor

Il se marie à une artiste peintre anglaise, Mary-Ann et est nommé attaché à l’ambassade de France à Naples. Il publie les nouvelles Méditations poétiques (1823), la Mort de Socrate (1823), et le dernier chant du pèlerinage d’Harold (1825).

Liszt les préludesCliquez sur l’image

C’est dans les nouvelles Méditations poétiques que figure le poème les Préludes, qui inspirera LISZT pour son poème symphonique du même nom.

En 1825, il publie les Harmonies poétiques et religieuses, qui influenceront également Liszt.

Liszt Harmonies poétiques et religieusesCliquez sur la pochette de disque

En 1830, il se rallie à la Monarchie de Juillet. En 1832, il effectue un voyage en Orient, mais la mort de sa fille Julia (née en 1822) l’affecte profondément.

En 1833, il est élu député de Bergues, dans le Nord. Humaniste profond, il appartiendra à la Société française pour l’abolition de l’esclavage, et militera pour l’abolition de la peine de mort. Lors des élections de 1837, il devient député de Mâcon, siège où il sera réélu en 1842. Entre-temps, en 1836, il publie son roman Jocelyn.

Godard Jocelyn berceuseCliquez sur le ténor

En 1848, il fait partie du premier gouvernement de la 2nde république où, en tant que ministre des Affaires étrangères, il signe le décret abolissant l’esclavage. À la fin de cette année, il est candidat à l’élection présidentielle, mais c’est Louis-Napoléon BONAPARTE qui emporte ce scrutin.

Il cesse alors sa carrière politique pour ne plus se consacrer qu’à la littérature. Il écrit son roman Graziella en 1849, ainsi que des recueils de poésie, des livres d’histoire ou de politique.

Lamartine meurt à Paris le 28 février 1869.

Représentant des romantiques, ses poésies ont été abondamment mises en musique.

BIZET le Grillon

Bizet Lamartine le grillonCliquez sur la partition

BERLIOZ Prière du matin

Berlioz Lamartine Prière du matinCliquez sur la pochette de disque

GOUNOD Au Rossignol

Gounod Lamartine Au RossignolCliquez sur le pianiste et le ténor

SAINT-SAËNS le Matin

Saint-Saëns Lamartine le MatinCliquez sur la pochette de disque

Cinéma, littérature, Mythologie, Théâtre

ÉLECTRE, ELEKTRA, ELECTRA, ELLETRA

Électre, fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, est un des personnages importants de la mythologie grecque, et le dernière représentante de la famille des Atrides. (Ce n’est pas un hasard si Franck HERBERT donné le nom d’Atréis au héros de son space opera Dune, héros dont le second prénom est Oreste, comme le frère d’Électre !)

Le pitch : Électre est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, la sœur d’Iphigénie et d’Oreste (et aussi de Chrysothémis, moins connue). Clytemnestre ayant tué son mari avec l’aide d’Egisthe, son amant, Électre mettra son frère à l’abri, avant de le pousser à venger leur père quelques années plus tard en tuant leur mère.

Cette tragédie a été racontée par les trois grands tragiques grecs que sont ESCHYLE, SOPHOCLE et EURIPIDE. Plus près de nous, RACINE puis VOLTAIRE s’en sont emparée. En Italie ALFIERI, en Irlande O’NEILL, en Autriche HOFFMANSTAHL se sont également emparé du mythe, alors qu’en France au XXe siècle, GIRAUDOUX, ANOUILH, SARTRE et YOURCENAR l’ont également transposé.

Devant la force dramatique du personnage, il n’est donc pas surprenant de retrouver Électre à l’opéra.

Ainsi, en 1712, André CAMPRA écrivait son Idoménée, dont le livret servira largement à MOZART soixante-dix ans plus tard pour son Idomeneo. Dans cet opéra Électre s’est réfugiée en Crète, et est amoureuse d’Idamante, le fils du roi. Or, Idoménée demande à son fils de reconduire Électre chez elle à Argos, ce qui déclenche la fureur de Neptune.

Campra Idoménée Laissez nous sortir d'esclavageCliquez sur l’image

Et donc en 1780, MOZART écrit son Idomeneo, re di Creta (Idoménée) qui s’inspire de l’Idoménée de Campra.

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre (pas très contente)

Le compositeur (méconnu) Christian CANNABICH écrira son Electra dans la foulée de Mozart.

Cannabich Electra (Bernius)Cliquez sur le génial chef de chœur

En 1782, Jean-Baptiste MOYNE écrit Électre, une tragédie lyrique de MOYNE (1782).

La même année 1782 voit l’Électre de l’infatigable GRÉTRY 1782 Électre, d’après Euripide.

Parmi les œuvres issues de la collaboration de Hugo von HOFFMANSTAHL et Richard STRAUSS figurent ELEKTRA.

Strauss ElektraCliquez sur Elektra

Enfin, le compositeur grec, récemment disparu, Mikis THEODORAKIS a écrit son opéra Electra en 1993. (À noter qu’il avait déjà écrit la musique du film la Mort d’Agamemnon (1962) de Michael CACOYANNIS).

Theodorakis Electra Woe is me, the wrtechedCliquez sur l’image

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

LES TRAGIQUES GRECS – 1 – ESCHYLE (- 525, – 456)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Eschyle est l’aîné de nos trois tragédiens, peut-être est-ce pour cela qu’il fait plus intervenir les dieux que les humains dans ses tragédies. Il a écrit plus de cent pièces, mais seules cinq d’entre elles nous sont parvenues.

Les Perses. Cette pièce, écrite en – 472, évoque la victoire des Grecs contre les Perses à la bataille de Salamine. C’est la plus ancienne pièce de théâtre conservée.

Les sept contre Thèbes. Cette pièce écrite en – 467 décrit le siège et l’attaque de la ville de Thèbes contre sept chefs d’Argos, dans le combat fratricide entre Étéocle et Polynice, les fils d’œdipe et frères d’Antigone. L’action se déroule donc avant les multiples versions de la tragédie Antigone.

Les Suppliantes, qui date d’environ – 460, raconte l’histoire des 50 Danaïdes (les filles de Danaos, lui-même descendant de Zeus et Io) qui devaient épouser les 50 fils d’Égyptos. Ne voulant pas de ce mariage, elles se réfugient avec leur père à Argos, le berceau de leur race, où elles demandent l’asile. Le roi d’Argos accepte de les protéger. Je reviendrai dans un billet spécifique sur l’histoire des Danaïdes, et de leur aînée, Hypermnestre.

En 1941, HONEGGER écrit une musique de scène pour cette pièce

L’Orestie , qui date de – 458 est une trilogie composée de Agamemnon, les Choéphores et les Euménides. L’Orestie sera adapté par Darius MILHAUD sur un livret de Paul CLAUDEL.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

En 1966, c’est le compositeur grec Xenakis qui met en musique l’Orestie.

Xenakis OresteïaCliquez sur l’Oresteïa

Et en 2011, la compositrice polonaise écrit le drame lyrique Oresteia.

Il reste une autre pièce, Prométhée enchaîné dont la date est incertaine. Je reviens également dans un billet spécifique sur Prométhée, ce héros de la mythologie grecque, qui ayant volé le feu pour le donner aux hommes, se trouve cloué sur un rocher. Immortel, il est condamné à avoir le foie mangé chaque jour par un aigle, jusqu’à ce qu’il cède et révèle à Zeus un secret, mais Prométhée tient bon.

Honegger a écrit en 1946 une musique de scène pour ce Prométhée enchaîné d’Eschyle.

Et si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques, cliquez sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques.

Compositrices, Mythologie, Théâtre

OEDIPE

Sujet complexe que celui d’Œdipe. On connaît ce héros essentiel de la mythologie grecque grâce aux deux pièces Œdipe roi et Œdipe à Colone de SOPHOCLE.

Œdipe était le fils de Laïos et Jocaste, abandonné à sa naissance parce qu’un oracle avait prédit à Laïos que son fils le tuerait. Recueilli par le roi Polybe, et ayant appris qu’il devait tuer son père, il quitte la cour de son père adoptif et se dirige vers Thèbes. En chemin, il croise Laïos et le tue. Arrivé à Thèbes, et après avoir résolu l’énigme du sphynx (voire de la sphynge), il épouse sa mère, la reine Jocaste, qui lui donnera quatre enfants, Antigone, Ismène, Étéocle et Polynice. Lorsqu’il apprend son forfait du devin Tirésias, il se crève les yeux et quitte Thèbes.

En 1786, SACCHINI a composé un opéra, Œdipe à Colone.

Sacchini Oedipe à Colone

À la même époque, le prolifique GRÉTRY avait entamé un Œdipe à Colonne qu’il n’achèvera pas.

En 1845, Félix MENDELSSOHN, le frère de la compositrice Fanny, écrit une musique de scène pour Œdipe à Colone.

Mendelssohn Oedipe à ColoneCliquez sur le chœur

En 1861, c’est MOUSSORGSKI qui écrit Œdipe à Athènes, une musique de scène pour une pièce de OZEROV.

Moussorgski OedipeCliquez sur l’image

En 1927, STRAVINSKY écrit son Œdipus Rex, sur un livret de COCTEAU.

Stravinsky Oedipus RexCliquez sur l’image

Le compositeur LEONCAVALLO n’aura pas la chance de voir la création de son opéra Œdipe-roi (Edipo Re) en 1930, un an après sa mort.

Leoncavallo Oedipe roi (Edipo Re)Cliquez sur l’image

alors qu’en 1931, le trop méconnu ENESCO achève son opéra Œdipe, qui reprend toute la vie du personnage.

Enesco Oedipe Voyez, Thébains, voyez !Cliquez sur l’image

Antigone, une des filles d’Œdipe, connaîtra le même succès que son père. Voir ici https://toutloperaoupresque655890715.com/2020/12/29/antigone/le billet qui lui est consacré.

(P.S. De nos jours, Œdipe est généralement connu par le « complexe d’Œdipe » théorisé par le médecin viennois Sigmund FREUD. En effet, en 1897, alors qu’il avait commencé à élaborer sa théorie de la psychanalyse, il s’est rendu compte qu’il y avait en lui un désir pour sa mère doublé d’une jalousie envers son père. Privé de repères externes, il en a déduit, à l’encontre de toute rationalité scientifique, que ces envies étaient communes à tous les enfants !)