littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Théâtre

ELEKTRA, de STRAUSS (1907 – 1908)

Premier des opéras de Richard STRAUSS sur un livret de Hugo von HOFFMANNSTAHL, Elektra a été composé en 1908, d’après la tragédie de SOPHOCLE, et créé à Dresde en 1909. C’est, aussitôt après Salomé (créé en 1905), le deuxième opéra mettant en scène une femme quasi hystérique, et la danse finale d’Elektra n’est pas sans rappeler la « danse des sept voiles » de Salomé. Le rôle-titre est souvent considéré comme un des plus éprouvants (pour la chanteuse) du répertoire, dans son post-wagnérisme outrancier.

Cette œuvre ne comporte qu’un acte.

Le pitch : Après le meurtre d’Agamemnon par sa femme Clytemnestre, Électre, sa fille, n’aspire qu’à la vengeance de la mort de son père. Au retour de son frère Oreste, elle pousse celui-ci à accomplir leur vengeance commune.

Argument : Dans son palais à Mycènes, les servantes commentent l’attitude d’Électre, enfermée dans sa solitude.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Électre

Chrysothémis, la sœur d’Électre, vient la prévenir que Clytemnestre et son amant Egisthe veulent la jeter au cachot. Elle lui demande de renoncer à sa vengeance et de reprendre une vie normale. Électre s’enfuit comme arrive la reine.

Clytemnestre paraît, hantée par son crime qui l’empêche de dormir. Elle demande à sa fille comment elle pourrait retrouver le sommeil. Électre lui suggère un sacrifice, le sien propre, tuée de la main d’Oreste, son fils. Emportée par son désir de vengeance, Électre va jusqu’à lui annoncer sa mort, tuée par la hache même qui a servi à assassiner Agamemnon.

Strauss Elektra ClytemnestreCliquez sur Électre et Clytemnestre

Une servante les interrompt pour glisser un mot à l’oreille de Clytemnestre. Celle-ci éclate d’un mauvais rire, et entre dans le palais, laissant Électre dans l’expectative.

Clytemnestre ressort du palais, annonçant la mort d’Oreste. D’abord incrédule, Électre décide d’accomplir elle-même sa vengeance avec l’aide de sa sœur. Mais, Chrysothémis refusant un tel acte, elle se rend compte qu’elle devra le faire seule.

Un étranger arrive, qui cherche à parler Clytemnestre. Électre lui dit qui elle est. L’étranger lui révèle alors qu’Oreste n’est pas mort.

Des serviteurs, qui ont reconnu l’étranger, se jettent à ses pieds. Électre reconnaît alors son frère Oreste.

Strauss Elektra OresteCliquez sur Oreste

Leurs retrouvailles, sur fond de désir de venger leur père, sont interrompues par le précepteur d’Oreste, qui vient lui dire qu’il est l’heure. Il entre alors au palais, laissant seul Électre. On entend à l’intérieur un cri de Clytemnestre. Électre incite Oreste à frapper encore.

Egisthe arrive à son tour. Comme il entre dans le palais, il est frappé à son tour par Oreste. Chrysothémis sort du palais et raconte à Électre le double meurtre qui vient d’avoir lieu, mais Électre, vengée, n’est déjà plus là, elle danse jusqu’à ce qu’elle tombe morte au sol.

Oreste quitte le palais, seul et en silence.

Strauss Elektra FinalCliquez sur Électre

(Source principale : les notes de Patrice CHÉREAU pour sa mise en scène du festival d’Aix en 2013 [et le DVD de ce spectacle].)

Agenda Ironique, Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Théâtre

LES MAMELLES DE TIRÉSIAS, D’APOLLINAIRE (1917)

Cet article s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de mars 2021, hébergé par Joséphine LANESEM sur son blog « Nervures et entailles« . Le thème en est : « Nous sommes le courage l’une de l’autre« . Quelques règles stylistiques : une ou plusieurs amphores anaphores, et quelques chiasmes; et glisser « Nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie » serait bien vu ».

Les Mamelles de Tirésias est un drame surréaliste de Guillaume APOLLINAIRE qui date de ses jeunes années (en 1903, Guillaume avait 23 ans) et achevé en 1916. La première représentation a eu lieu en 1917, et c’est pour cette œuvre qu’il a inventé le mot surréaliste, terme qui sera emprunté plus tard par André BRETON et sa bande.

Dans le domaine de la musique, on connaît (ou pas) l’adaptation musicale faite par Francis POULENC, mais on ignore assez généralement que la création de 1917 s’est faite avec une musique de scène de Germaine ALBERT-BIROT. Germaine Albert-Birot (1877 – 1931), née Germaine Reynaud d’Arc de Surville, fait partie de ces compositrices totalement méconnues, que l’on confond souvent avec son mari. Elle semble n’exister sur le net que dans les articles consacrés à Pierre Albert-Birot, et ne figure pas (encore) dans CLARA, le répertoire des compositrices.

Albert-Birot les Mamelles de Tirésias

Le pitch : Thérèse, refusant le rôle de procréatrice que lui assignent les hommes, se métamorphose en homme et prend le nom de Tirésias (du nom de Tirésias, dont Ovide nous relate les aventures dans le livre 3 de ses Métamorphoses [cf. ci-dessous]). Dès lors, c’est un homme, le mari de Thérèse/Tirésias, qui portera les enfants. On assiste donc à un entrelacement femme/homme – homme/femme, où les maris/femmes femmes/maris ne sont pas le courage l’une de l’autre (sauf à la fin 😉).

(On dit que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et Junon prétendait le contraire. Ils ont fait appel au devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir.)

Ce thème « Faites des enfants » qui revient tout au long de la pièce est une véritable anaphore, puisqu’on pourrait la résumer ainsi, du prologue : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère », au final : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère, cher public faites des enfants ».

Francis Poulenc a assisté à la création de 1917, et est resté très fidèle à la pièce dans son adaptation. L’idée de prendre les Mamelles de Tirésias comme sujet de son premier opéra lui vient dès 1938. Il achève sa partition en 1945, mais l’œuvre ne sera créée qu’en 1947, le temps pour Poulenc de trouver la chanteuse idéale (Denise DUVAL). Les Mamelles de Poulenc étaient une de ses œuvres favorites.


Prologue : Le directeur du théâtre annonce le sujet de l’opéra : le problème de la dépopulation. « Écoutez, ô Français, la leçon de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère. »

Poulenc Les Mamelles de Tirésias PrologueCliquez sur le prologue

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Pardonnez moi cher publicCliquez sur le prologue et le début du 1er acte

Acte I : L’action se passe dans un Zanzibar d’opérette. Thérèse, une féministe, refuse le rôle de procréatrice que veulent lui imposer les hommes, et réclame de pouvoir être, soldat, artiste, députée, sénatrice, ministre, et même directrice de la chose publique (en latin, la Res Publica).

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Non monsieur mon mariCliquez sur Francis Poulenc et Denise Duval

Elle se transforme en homme en faisant exploser ses mamelles. À son mari qui arrive, elle annonce qu’elle n’est plus sa femme et qu’elle a masculinisé son nom en Tirésias. Le Mari apparaît « habillé en femme et les mains ligotées. » Il se fait courtiser par le Gendarme à qui il/elle plaît bien. Dès lors, il ôte ses vêtements de femme et annonce que puisque la femme ne veut plus faire d’enfants, il les fera tout seul !

Entr’acte : Les choristes : « Voyez l’impondérable ardeur naître du changement de sexes », alors qu’un chœur de nouveau-nés se fait entendre à l’orchestre.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias EntracteCliquez sur l’entracte

Acte II : Le même jour, au même endroit. La scène est encombrée de berceaux et le Mari est fier de sa nombreuse progéniture (40049 enfants). Un Journaliste parisien vient l’interviewer pour connaître son secret, mais il se fait chasser. Le Mari veut faire d’un des fils un journaliste, mais vite celui-ci veut le faire chanter pour avoir un peu d’argent de poche.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

Le Gendarme survient et lui reproche d’affamer la population de Zanzibar avec ses 40049 enfants. Le Mari conseille alors d’acheter des cartes de rationnement chez la Cartomancienne. Celle-ci arrive et glorifie la procréation, la véritable source de richesses. Le Gendarme veut l’arrêter, mais elle l’étrangle. Le Mari reconnaît sa femme Thérèse sous les voiles de la Cartomancienne et ils retombent amoureux l’un de l’autre, tandis que le Gendarme ressuscite.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias FinalCliquez sur le final

Retrouvez ma participation à l’A.I. d’avril ici : Cause toujours, tu m’intéresses.

Écrivains, littérature, Mythologie, Théâtre

SOPHOCLE (- 495, – 406)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Sophocle a écrit plus de cent pièces, mais seules huit d’entre elles nous sont parvenues.

Trois d’entre elles font partie de la mythologie associée à la ville de Thèbes (Antigone, Œdipe roi et Œdipe à Colone) et trois autres à la guerre de Troyes (Ajax, Électre, Philoctète).

Antigone (- 441) est certainement la pièce de Sophocle la plus connue de nos jours. Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste (Jocaste étant elle-même la mère d’Œdipe se trouve donc être à la fois la mère et la grand-mère d’Antigone). Elle est aussi la sœur d’Étéocle, Polynice et Ismène. À la mort d’Œdipe, les deux frères Étéocle et Polynice se disputent le trône laissé par leur père, et meurent dans un combat fratricide. Leur oncle Créon ordonne que le corps d’Étéocle ne soit pas enseveli comme le voudrait la loi divine, ce qu’Antigone refuse. Elle se fait surprendre alors qu’elle enterre le corps de son frère, et est condamnée à être emmurée vivante. Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone intervient auprès de son oncle qui se laisse fléchir et gracie Antigone, mais trop tard, Antigone s’est pendue dans la grotte où elle devait être emmurée.

Cette pièce a inspiré de très nombreux artistes, notamment COCTEAU et Anouilh au XXe siècle et a inspiré moult opéras.

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

Dans Œdipe roi, l’action se passe à Thèbes ravagée par la peste. Œdipe, devenu roi, cherche à savoir d’où vient la malédiction qui frappe et sa famille, et Thèbes. Il demande au devin Tirésias, qui refuse de répondre. Devant la colère d’Œdipe, il finit par lui révéler qu’il est à la fois le meurtrier de son père et l’époux de sa mère. Devant cette horrible découverte, il se crève les yeux, et demande à partir en exil, après avoir confié ses filles, Antigone et Ismène, à Créon.

Une adaptation à l’opéra de cette tragédie est Œdipus Rex, de STRAVINKY, sur un livret de Jean Cocteau.

Stravinsky Oedipus rexCliquez sur la toile de Max Ernst

Le troisième volet de la trilogie thébaine est Œdipe à Colone. Après s’être crevé les yeux et avoir quitté Thèbes, Œdipe se trouve à Colone, une ville proche d’Athènes. Seules ses filles le soutiennent tandis qu’il cherche à se disculper. Créon, averti par les dieux que la victoire sera à ceux qui seront avec lui veut le ramener à Thèbes, aidé de ses fils Étéocle et Polynice. Aidé par Thésée, le roi d’Athènes, il se retire dans une cachette où il disparaît, après avoir promis sa protection à Athènes.

Le texte a inspiré plusieurs œuvres, dont un opéra d’Antonio Sacchini datant de 1786 (Œdipe à Colone), ainsi qu’une pièce chorale de Iannis Xenakis, À Colone (1977). Le compositeur roumain ENESCO (1881 – 1955) a écrit au début du XXe siècle un Œdipe reprenant les deux pièces de Sophocle.

Enescu œdipeCliquez sur l’image

Dans Les Trachiniennes, Sophocle nous raconte la mort d’Héraclès, tué par sa femme Déjanire qui, jalouse, a enduit la tunique de Nessus (un centaure vaincu par Héraclès dans ses douze travaux) du sang de l’hydre de Lerne (un autre monstre tué par Héraclès), pour le rendre fidèle. Malheureusement, c’est en revêtant cette tunique empoisonnée que le héros trouve la mort. Déjanire se tuera quand elle comprendra son erreur.

Cette légende de Déjanire a été portée à l’opéra par Camille SAINT-SAËNS en 1898 aux arènes de Béziers. (Attention, rareté !)

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

La trilogie liée à la guerre de Troie commence avec Ajax (- 445). Ajax veut se venger des Atrides, mais Athéna trouble sa raison, et dans un accès de folie, il massacre du bétail. Revenu à lui, et se rendant compte du ridicule auquel il s’est soumis, il se suicide. Ulysse réussit toutefois à persuader Agamemnon de sa vaillance et lui obtient une sépulture digne.

Vient ensuite Électre (- 415). À Mycènes, Électre attend le retour de son frère Oreste. Quand elle apprend la mort de celui-ci, elle envisage de tuer elle-même Clytemnestre qui avait tué son mari Agamemnon (le père d’Électre). Quand finalement Oreste revient, elle l’exhorte à assassiner leur mère Clytemnestre et son amant Egisthe.

Parmi les nombreuses adaptations de ce drame, on peut noter l’Elektra de Richard STRAUSS.

Strauss ElektraCliquez sur Elektra

Vient ensuite Philoctète (- 409). Philoctète est ce héros qui a allumé le bûcher d’Héraclès pour mettre fin à ses souffrances, empoisonné par la tunique de Nessus que sa femme Déjanire lui avait envoyée pour le rendre fidèle. En récompense, Hercule lui légua ses flèches magiques trempées dans le sang de l’hydre de Lerne. Mordu par un serpent, Ulysse le laissa seul sur une île. Le jeune Néoptolème, fils d’Achille, est envoyé par Ulysse pour le ramener à Troie, lui et ses précieuses flèches. Mais le jeune homme ne peut se résoudre à tromper Philoctète, et lui révèle les desseins d’Ulysse. Dès lors Philoctète veut reprendre son arc pour tuer ce dernier. Il faut une apparition d’Héraclès pour le convaincre d’aller à Troie, où il sera guéri. Dès lors, c’est avec une de ses flèches qu’il tuera Pâris, mettant ainsi fin à la guerre de Troie.

Le personnage de Philoctète apparaît dans le Déjanire (1898) de Camille SAINT-SAËNS (cf. cidsus)

Il y a encore une œuvre de Sophocle, les Limiers, dont on a retrouvé des fragments au début du XXe siècle. Le sujet traite du vol des troupeaux d’Apollon par Hermès, tout juste né. À la fin, Apollon et Hermès se réconcilient grâce à la lyre de ce dernier.

Cette pièce a inspiré Albert ROUSSEL (1869 – 1937) avec son conte lyrique La Naissance de la lyre, créé en 1925.

Roussel La Naissance de la lyreCliquez sur l’enregistrement historique (1930)

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont, 1999)

littérature, Mythologie, Théâtre

ANTIGONE

Antigone est certainement la pièce de SOPHOCLE la plus connue de nos jours. Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste (Jocaste étant elle-même la mère d’Œdipe se trouve donc être à la fois la mère et la grand-mère d’Antigone). Elle est aussi la sœur d’Étéocle, Polynice et Ismène. À la mort d’Œdipe, les deux frères Étéocle et Polynice se disputent le trône laissé par leur père, et meurent dans un combat fratricide. Leur oncle Créon ordonne que le corps d’Étéocle ne soit pas enseveli comme le voudrait la loi divine, ce qu’Antigone, partagée entre la loi humaine et la loi divine, refuse. Elle se fait surprendre alors qu’elle enterre le corps de son frère, et est condamnée à être emmurée vivante. Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone intervient auprès de son oncle qui se laisse fléchir et gracie Antigone, mais trop tard, Antigone s’est pendue dans la grotte où elle devait être emmurée.

Cette pièce a inspiré de très nombreux dramaturges, dont Jean RACINE dans la Thébaïde (1664) et jusqu’à Jean COCTEAU et Jean ANOUILH ou Bertold BRECHT au XXe siècle et a suscité moult opéras.

C’est ainsi qu’on peut noter un certain nombre d’opéras baroques, dont l’Antigona de TRAETTA (1772),

Traetta Antigona Piangi, o TebeCliquez sur l’image

une musique de scène de Mendelssohn pour la pièce de Sophocle,

Mendelssohn AntigoneCliquez sur l’image

une musique de scène de SAINT-SAËNS pour la pièce de Sophocle,

la tragédie musicale de HONEGGER sur un livret de Cocteau,

Honegger Cocteau AntigoneCliquez sur l’image

La trilogie d’Antigone de RAITIO (1922)

Raitio Antigone TrilogyCliquez sur l’image

la Sinfonia de Antigona de Carlos CHAVEZ (1933)

Chavez Sinfonia de AntigonaCliquez sur l’image

ou encore l’Antigonae (1949) de Karl ORFF (oui, celui des Carmina Burana)

Orff AntigonaeCliquez sur Antigone

et jusqu’à l’Antigone d’Ezra Donner

Ezra Donner Antigone PrologueCliquez sur l’image

Sophocle est revenu à la fin de sa vie sur le personnage d’Antigone dans son Œdipe à Colone, un prequel d’Antigone. Cette pièce représente l’arrivée d’Œdipe à Colone, une ville proche d’Athènes. Il s’est crevé les yeux après avoir découvert l’épouvante de son forfait et est rejeté de tous. Seules ses filles le soutiennent alors qu’il cherche à se disculper. Créon veut s’emparer de lui et de ses filles. Aidé par Thésée, le roi d’Athènes, il se retire dans une cachette.

Ce texte a inspiré plusieurs œuvres, dont un opéra de SACCHINI Œdipe à Colone (1786),

Sacchini Oedipe à Colone Trio de l'acte IIICliquez sur l’image

une musique de scène de Mendelssohn,

Mendelssohn Oedipus in KolonosCliquez sur le chœur

ainsi qu’une pièce chorale de XENAKIS, À Colone (1977).

J’aurai l’occasion de revenir prochainement sur le mythe d’Œdipe.

Écrivains, littérature, Mythologie, Théâtre

EURIPIDE (- 480 , – 403)

EURIPIDE (- 480, – 403) fait partie, avec ESCHYLE et SOPHOCLE de ceux qu’on appelle les tragiques Grecs. On connaît peu de choses fiables de sa vie, mais il semble qu’il ait été ami avec SOCRATE. Les tragédies grecques portaient sur les récits mythologiques de l’époque, que ce soit la Guerre de Troie ou le destin des Atrides.

Historiquement, l’opéra cherchant à retrouver l’art de la tragédie grecque, il n’est pas surprenant que les pièces d’Euripide aient fait l’objet d’adaptations musicales, et ce plus de 2 000 ans après leur écriture !

Parmi ses tragédies ayant inspiré les compositeurs, on peut noter :

Andromaque. Andromaque est l’épouse d’Hector, le prince troyen, et est un modèle de l’époque fidèle. Sa descendance littéraire est due à RACINE, qui a écrit son Andromaque en adaptant la pièce d’Euripide. Parmi les œuvres lyriques inspirées par la tragédie de Racine, on peut citer :

  • Andromaque, une tragédie lyrique de GRÉTRY représentée en 1780.
  • Andromaca, un opéra de Giovanni PAÏSIELLO de 1797
  • Ermione, un opéra de ROSSINI créé en 1819.
  • et Andromaque, une musique de scène de SAINT-SAËNS datant de 1903.

Grétry Andromaque Murs sacrésCliquez sur Andromaque

Iphigénie à Aulis qui est comme pour Andromaque la source de l’Iphigénie de Racine, dont GLUCK s’est servi pour son Iphigénie en Aulide (1774). Iphigénie est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, et la sœur d’Électre et d’Oreste (et de Chrysothémis, moins connue).

Gluck Iphigénie en AulideCliquez sur Iphigénie

Électre est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, et la sœur d’Iphigénie et d’Oreste. C’est elle qui pousse Oreste à tuer leur mère pour venger le meurtre d’Agamemnon. Son histoire a inspiré un grand nombre d’œuvres dont :

Elektra, opéra de Richard STRAUSS (1909) (son librettiste HOFFMANSTAHL s’est en fait plutôt servi de l’Électre de Sophocle).

Electra, opéra en deux actes de Mikis THEODORAKIS (1993).

Théodorakis ElectraCliquez sur Électre

Oreste, dont HAENDEL a tiré l’opéra Oreste (1737).

Haendel OresteCliquez sur l’image

Iphigénie en Tauride qui a inspiré CAMPRA (1704), Iphigénie en Tauride de Gluck (1779) et son rival PICCINNI (1781) en France et de nombreux autres opéras en Italie (GALUPPI en 1768, JOMMELLI en 1771).

Alceste qui a inspiré LULLY et l’Alceste de Gluck. Alceste, épouse du roi Admète, se sacrifie pour prendre la place de son mari aux Enfers. Héraclès, amoureux d’elle, va la rechercher et la rend à son mari.

Gluck Alceste finalCliquez sur Alceste

Médée. Médée, fille du roi de Colchide, tombe amoureuse de Jason venu chercher la Toison d’Or. Elle propose de l’aider dans les tâches imposées par son père pour conquérir ladite toison. Elle quitte la Colchide avec Jason, mais un peu plus tard, Jason tombe amoureux d’une autre. Prise de folie meurtrière, elle sacrifie les deux enfants qu’elle a eus avec Jason. (Je vous le fais simple, mais toute son histoire est jalonnée de meurtres horribles).

L’histoire de cette mère infanticide est de loin celle qui a le plus été représentée sur les scènes lyriques, avec notamment la Médée de CHARPENTIER (1693), celle de CHERUBINI (1797), la Siuote pour orchestre de D’INDY (1898), un opéra de MILHAUD (1939), un de BARBER (1946), un de Theodorakis (1991) jusqu’à DUSAPIN (1992) et REVERDY (2003).

Charpentier Médée Noires DivinitésCliquez sur l’image

Et enfin Hippolyte qui a donné Hippolyte et Aricie de RAMEAU.

Hippolyte est le fils de Thésée et de la reine des Amazones (rien à voir avec une entreprise multinationale dont le but est de supprimer le maximum d’emplois à valeur ajoutée partout à travers le monde pour les remplacer par des emplois à très faible valeur ajoutée, au niveau mondial, on estime que cette entreprise crée un emploi chaque fois qu’il en supprime 2,5 ailleurs.) Quand plus tard, Thésée se remarie avec Phèdre, celle-ci tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte, et ça se passe très mal !

Rameau Hippolyte et Aricie Trio des Parques (Quelle soudaine horreur)Cliquez sur le Trio des Parques (et tremblez)

Retrouvez prochainement sur ce blog des articles consacrés aux petits camarades d’Euripide : Sophocle et Eschyle.

Bande dessinée, Compositrices, littérature, Mythologie, Théâtre

ALCESTE (et ADMÈTE)

Avant que d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines de confiture dans Le Petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY, Alceste était une tragédie d‘EURIPIDE. Sa trame a inspiré beaucoup d’opéras, dont bon nombre se sont dissipés dans les méandres du temps et de l’oubli.

Le pitch : La tragédie d’Euripide peut être résumée ainsi – Admète, roi de Thessalie, est en train de livrer son dernier combat, celui contre la mort. Apollon, qui avait trouvé refuge chez lui après avoir été chassé de l’Olympe pour avoir tué les Cyclopes, a obtenu des trois Parques qu’à l’heure de sa mort, Admète puisse rester en vie si une personne se dévoue pour mourir à sa place. Sa femme Alceste se sacrifie pour lui et meurt. Hercule, l’ami d’Admète parvient à arracher Alceste à la mort et à la rendre à son époux (d’après CALZABIGI, le librettiste de GLUCK pour la version italienne).

Parmi les adaptations à l’opéra de ce mythe figure l’Antigona delusa da Alceste, de AURELIS, dont HAENDEL se servira pour son Admeto re di Tessaglia (1727).

Haendel Admeto, Re di TessagliaCliquez sur l’image

Dans les versions encore jouées de nos jours figurent l’Alceste de LULLY (1673), et celles de Gluck (version italienne en 1767 et version française en 1776).

Lully Alceste Alceste vous pleurezCliquez sur l’image

Par rapport à la version italienne, relativement fidèle à Euripide, la version française a été très resserrée sur les drames intérieurs d’Alceste et de son mari Admète, ce qui n’a pas contribué au succès de cette œuvre. Peu de temps après, on a rajouté le personnage d’Hercule (présent chez Euripide) pour pimenter un peu l’action et la rendre plus agréable au public, mais c’est GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ), qui a fait ces rajouts ultérieurs dans la partition de Gluck.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur Alceste

Au XXe siècle, on peut encore noter l’Alceste (Alkestis) (1922) de BOUGHTON et celui de WELLESZ (1924) sur un livret de Hugo von HOFFMANNSTAHL.

Boughton Alceste (Alkestis)Cliquez sur Rutland Boughton

En 1960 encore, la compositrice Vivian FINE écrira l’œuvre pour orchestre en quatre mouvements Alcestis.

Fine AlcestisCliquez sur l’image

Un très grand merci à l’ami Totor Berlioz qui m’a donné l’idée de ce billet (il a consacré de très belles pages à l’Alceste de Gluck dans son ouvrage À travers chant).

Cinématographe, Compositeurs, littérature, Shakespeare, Théâtre

Antonio SALIERI (1750 – 1825)

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Antonio SALIERI ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

Né dans la région de Vérone en 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Venise. En 1766, il suit son maître à Vienne où il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est nommé compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra les Danaïdes sous son propre nom, avant de révéler que Salieri en est l’auteur.

Parmi ses élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Salieri était à Vienne en même temps que Mozart, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles de Wolfgang Amadeus. En fait, Salieri admirait l’œuvre de son cadet. Il a écrit plusieurs opéras sur des livrets de Lorenzo DA PONTE, et il a confié à Mozart le livret du Cosi fan Tutte que Da Ponte avait écrit pour lui, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner ce dernier. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Mozart et Salieri (1830), reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1898).

Rimsky-Korsakov Mozart et SalieriCliquez sur l’image

Au XXe siècle, Peter SCHOFFER en a fait une pièce, Amadeus, brillamment portée à l’écran par Milos FORMAN.

Forman Amadeus affiche

Ne cliquez par sur l’affiche

Parmi les nombreux opéras de Salieri, on peut citer un Don Quichotte (Don Chisciotte alle nozze di Gamace) (1771) d’après CERVANTES,

Salieri Don QuichotteCliquez sur l’image

un Armida (1771) d’après Le TASSE,

Salieri ArmidaCliquez sur l’image

la Locandiera d’après GOLDONI,

Salieri la LocandieraCliquez sur l’image

Semiramide sur un livret de Métastase et les Horaces (1786), d’après CORNEILLE,

Salieri les horacesCliquez sur l’image

Tarare (1787) sur un livret de BEAUMARCHAIS,

Salieri tarareCliquez sur l’image

ou encore Falstaff (1799) d’après SHAKESPEARE.

Salieri FalstaffCliquez sur l’image

Avec le XIXe siècle, Salieri se consacre de la musique pour son employeur, l’empereur François II, et à de la musique religieuse (Te Deum, Requiem). Il devient malade en 1820. Il prend sa retraite et meurt en 1825.

Écrivains, littérature, Théâtre

Alexandre OSTROVSKI (1823 – 1886)

On connaît peu en France le dramaturge Alexandre Nicolaïevitch OSTROVSKI. Pourtant, considéré comme le père du théâtre russe, auteur de plus de cinquante pièces où il décrit le milieu des marchands (avides) ou la cruauté des relations familiales, il est en Russie aussi célèbre que peut l’être un MOLIÈRE chez nous.

Après des études de droit, Ostrovski entre au tribunal de commerce de Moscou, ce qui lui permet de devenir familier avec l’univers des marchands.

Il publie sa première pièce, Tableau de famille, en 1847. Cette pièce qui décrit une faillite frauduleuse est interdite par la censure impériale. En 1851, il est poussé à démissionner du tribunal ce qui lui permet de se consacrer à temps plein à l’écriture.

En 1864, le jeune TCHAÏKOSVKI, encore au conservatoire, écrit une ouverture pour une de ses pièces, l’Orage (1859). L’œuvre ne sera publiée qu’après sa mort.

Tchaïkovski l'OrageCliquez sur l’image

Cherchant un sujet pour son premier opéra, il demande un livret sur l’Orage à OSTROVSKI, mais celui-ci l’ayant déjà promis à un autre compositeur, lui propose une autre de ses pièces, le Voïévode (ou Voïvode). En 1867, Tchaïkovski travaille sur le livret qu’Ostrovski lui a fourni. Devant le peu de succès rencontré, il détruit sa partition (qui a été reconstituée depuis d’après les fragments ou le matériel d’orchestre retrouvés.)

Tchaïkovsky le voïvodeCliquez sur l’image

Anton ARENSKI (1861 – 1906), un élève de RIMSKI-KORSAKOV écrira lui aussi un opéra, Un rêve sur la Volga (1888), d’après le Voïvode.

En 1873, Tchaïkovski (encore lui) écrit une musique de scène pour une autre de ses pièces, Snegourotchka, la fille des neiges. C’est à partir de cette même pièce que RIMSKY-KORSAKOV écrira son Snegourotchka en 1881.

Rimsky-Korsakov Snegourotchka scène finaleCliquez sur l’image

Une autre des œuvres d’Ostrovki, Ne vis pas comme tu veux, mais comme Dieu l’a ordonné a été adaptée à l’opéra sous le nom La puissance du mal (1871), mise en musique par SÉROV.

On retrouvera L’orage au siècle suivant avec son adaptation par JANACEK en 1921, sous le titre de Katia Kabanova.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur l’image

littérature, Mythologie, Philosophie, Poésie, Théâtre

LE MYTHE DE DON JUAN

Comme le mythe d’Orphée ou le mythe de Faust, le mythe associé au personnage de Don Juan, a inspiré les écrivains et les musiciens au cours des siècles.

Apparu en Espagne en 1630 dans la pièce de TIRSO de MOLINA El Burlador de Sevilla y Convidado di piedra (Le Trompeur de Séville et l’Invité de pierre), on le retrouve en Italie vers 1650 avec deux pièces Le convive de pierre (Il convitato di pietra) et le Festin de pierre (Il convito de pietra). De l’Italie, le personnage et son mythe arrivent en France avec MOLIÈRE et son Dom Juan ou le Festin de pierre (1665).

L’Italien GOLDONI écrira lui aussi un Don Juan en 1730.

En 1761, GLUCK écrit un ballet sur le Don Juan de Molière, un an avant son Orfeo ed Euridice.

Gluck Don JuanCliquez sur l’image

Autre adaptation de la pièce de Molière avec le Don Giovanni (1788) de MOZART et DA PONTE, un des opéras les plus fameux du répertoire.

Mozart Don Giovanni La ci darem la mano

 

Au XIXe siècle, les romantiques donnent un autre tour à Don Juan, qui perd son côté libertin, au sens ancien du terme, c’est-à-dire de libre penseur. Ainsi pour l’Anglais Lord BYRON, Don Juan n’est plus qu’une victime de la séduction qu’il suscite chez les femmes et le côté religieux, ou plutôt le rejet de la religion disparaît.

E.T.A. HOFFMANN, en bon admirateur de Mozart, écrira en 1813 Don Juan, une fantaisie, dans laquelle une cantatrice chante un air de Don Giovanni. Cette fantaisie fait partie des pièces qui ont été mises en musique 70 ans plus tard par OFFENBACH dans ses Contes d’Hoffmann.

Offenbach Les contes d'Hoffmann Stella

En 1830, c’est le Russe POUCHKINE qui s’empare du mythe, dans son Convive de pierre. Ce Convive de Pierre sera adapté pour l’opéra par DARGOMIJSKI (1813 – 1869), créé en 1872 après avoir été fini par CUI et RIMSKY-KORSAKOV.

Dargomyjsky Le convive de pierre

Le héros continue sa carrière littéraire en France avec BALZAC (1830), MÉRIMÉE (1834) ou DUMAS.

En 1844, l’Allemand LENAU commence un don Juan, pour qui le héros est à la recherche de l’Éternel féminin, ou de la femme qui le représenterait. Ce poème sera publié après sa mort, en 1851, et c’est lui qui a inspiré à Richard STRAUSS son poème symphonique (1887).

Strauss don JuanCliquez sur l’image

Retour en Russie avec le Don Juan de TOLSTOÏ (1862), pour lequel TCHAÏKOVSKI écrira cette « sérénade de Don Juan ».

Tchaïkovski sérénade de don JuanCliquez sur l’image

(Merci à Johan de m’avoir fait découvrir cette pièce sur son blog.

https://lespetitesanalyses.com/2020/05/29/coeur-de-chien-mikhail-boulgakov/)

MAHLER lui-même y est allé de sa Sérénade de Don Juan (publiée en 1909), une œuvre de jeunesse d’après l’œuvre originale de Tirso de Molina.

Mahler Serenade aus Don Juan

Au XXe siècle, Don Juan continue à inspirer les écrivains, comme Edmond ROSTAND avec sa dernière pièce La dernière Nuit de don Juan (1921) ou MONTHERLANT en 1958.

(Sources principales [pour la partie littéraire]

Dictionnaire des Personnages, 1960, Bouquins LAFFONT,

Encyclopaedia Universalis 2017.)

Écrivains, Cinématographe, littérature, Poésie, Théâtre

Jean COCTEAU (1888 – 1963) – DEUXIÈME PARTIE

Poursuivons les aventures musicales de Jean COCTEAU, commencées dans la première partie qui lui a été consacrée.

En 1927, il renoue avec STRAVINSKY pour qui il écrit l’opéra Oedipus Rex. Cette même année, il donne le titre Opéra à un recueil de ses poèmes (écrits sous l’influence de l’opium.)

Stravinsky Oedipus RexCliquez sur l’image et écoutez Cocteau nous présenter sa pièce

En 1929, il compose une pièce, La voix humaine, qui deviendra un opéra en 1959 avec une musique de Poulenc (et aussi un film de ROSSELLINI.) 1929 est aussi l’année d’écriture de la pièce Les Enfants terribles.

En 1930, il tourne un film surréaliste, Le sang d’un poète, exact contemporain de L’âge d’or de Luis BUNUEL (et commandé par le même mécène, le vicomte de Noailles.) La musique en est de Georges Auric. Il écrit une Cantate pour un jeune prince russe arrivé à Paris, Igor MARKÉVITCH (qui de nos jours est plus connu pour sa carrière de chef d’orchestre.)

Auric Le Sang d'un poèteCliquez sur l’image

En 1933 il écrit la pièce la Machine infernale, une nouvelle adaptation pour le théâtre du mythe d’Œdipe.

En 1934, c’est Blancharmure, préfiguration des Chevaliers de la Table ronde, pour laquelle Markevitch voulait écrire la musique.

En 1938, il écrit la pièce Les Parents terribles dont il fera un film en 1948.

Pendant la guerre, Cocteau est la cible de la presse collabo. Ainsi en 1941, L.F. CÉLINE appelle, dans le journal Je suis partout, à la liquidation pure et simple du « décadent » COCTEAU, au nom supérieur de la préservation de la « race ».

1943 est l’année de la création à la Comédie française de sa pièce Renaud et Armide, d’après la Jérusalem délivrée du Tasse.

En 1944, c’est l’Aigle à deux têtes, avec une musique d’Auric (création en 1946.) Cette pièce fera l’objet d’un film en 1948 avec les mêmes acteurs (Jean MARAIS, Edwige FEUILLÈRE).

Cocteau se tourne alors vers le cinéma, avec La belle et la bête (1945), avant que d’adapter le mythe fondateur de l’opéra avec Orphée en 1950.

En 1950, il écrit l’argument d’un ballet commandé par Auric pour l’Opéra : Phèdre.

Auric PhèdreCliquez sur l’image

En 1955, lui qui avait eu tant de mal à se faire jouer à la Comédie française entre à l’Académie française.

En 1959, la Voix humaine, mise en musique par Poulenc, entre au répertoire de l’Opéra-comique. ZEFFIRELLI met en scène le Poète et sa Muse, avec une musique de MENOTTI.

Poulenc La Voix humaineCliquez sur la Voix

En 1960, après la mort de Paul FORT, il reçoit le titre de Prince des poètes, titre qu’avaient porté avant lui notamment VERLAINE et MALLARMÉ.

Cocteau meurt en 1963, le même jour qu’Édith PIAF.