littérature, Mythologie, Théâtre

ANTIGONE

Antigone est certainement la pièce de SOPHOCLE la plus connue de nos jours. Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste (Jocaste étant elle-même la mère d’Œdipe se trouve donc être à la fois la mère et la grand-mère d’Antigone). Elle est aussi la sœur d’Étéocle, Polynice et Ismène. À la mort d’Œdipe, les deux frères Étéocle et Polynice se disputent le trône laissé par leur père, et meurent dans un combat fratricide. Leur oncle Créon ordonne que le corps d’Étéocle ne soit pas enseveli comme le voudrait la loi divine, ce qu’Antigone, partagée entre la loi humaine et la loi divine, refuse. Elle se fait surprendre alors qu’elle enterre le corps de son frère, et est condamnée à être emmurée vivante. Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone intervient auprès de son oncle qui se laisse fléchir et gracie Antigone, mais trop tard, Antigone s’est pendue dans la grotte où elle devait être emmurée.

Cette pièce a inspiré de très nombreux dramaturges, dont Jean RACINE dans la Thébaïde (1664) et jusqu’à Jean COCTEAU et Jean ANOUILH ou Bertold BRECHT au XXe siècle et a suscité moult opéras.

C’est ainsi qu’on peut noter un certain nombre d’opéras baroques, dont l’Antigona de TRAETTA (1772),

Traetta Antigona Piangi, o TebeCliquez sur l’image

une musique de scène de Mendelssohn pour la pièce de Sophocle,

Mendelssohn AntigoneCliquez sur l’image

une musique de scène de SAINT-SAËNS pour la pièce de Sophocle,

la tragédie musicale de HONEGGER sur un livret de Cocteau,

Honegger Cocteau AntigoneCliquez sur l’image

La trilogie d’Antigone de RAITIO (1922)

Raitio Antigone TrilogyCliquez sur l’image

la Sinfonia de Antigona de Carlos CHAVEZ (1933)

Chavez Sinfonia de AntigonaCliquez sur l’image

ou encore l’Antigonae (1949) de Karl ORFF (oui, celui des Carmina Burana)

Orff AntigonaeCliquez sur Antigone

et jusqu’à l’Antigone d’Ezra Donner

Ezra Donner Antigone PrologueCliquez sur l’image

Sophocle est revenu à la fin de sa vie sur le personnage d’Antigone dans son Œdipe à Colone, un prequel d’Antigone. Cette pièce représente l’arrivée d’Œdipe à Colone, une ville proche d’Athènes. Il s’est crevé les yeux après avoir découvert l’épouvante de son forfait et est rejeté de tous. Seules ses filles le soutiennent alors qu’il cherche à se disculper. Créon veut s’emparer de lui et de ses filles. Aidé par Thésée, le roi d’Athènes, il se retire dans une cachette.

Ce texte a inspiré plusieurs œuvres, dont un opéra de SACCHINI Œdipe à Colone (1786),

Sacchini Oedipe à Colone Trio de l'acte IIICliquez sur l’image

une musique de scène de Mendelssohn,

Mendelssohn Oedipus in KolonosCliquez sur le chœur

ainsi qu’une pièce chorale de XENAKIS, À Colone (1977).

J’aurai l’occasion de revenir prochainement sur le mythe d’Œdipe.

Écrivains, littérature, Mythologie, Théâtre

EURIPIDE (- 480 , – 403)

EURIPIDE (- 480, – 403) fait partie, avec ESCHYLE et SOPHOCLE de ceux qu’on appelle les tragiques Grecs. On connaît peu de choses fiables de sa vie, mais il semble qu’il ait été ami avec SOCRATE. Les tragédies grecques portaient sur les récits mythologiques de l’époque, que ce soit la Guerre de Troie ou le destin des Atrides.

Historiquement, l’opéra cherchant à retrouver l’art de la tragédie grecque, il n’est pas surprenant que les pièces d’Euripide aient fait l’objet d’adaptations musicales, et ce plus de 2 000 ans après leur écriture !

Parmi ses tragédies ayant inspiré les compositeurs, on peut noter :

Andromaque. Andromaque est l’épouse d’Hector, le prince troyen, et est un modèle de l’époque fidèle. Sa descendance littéraire est due à RACINE, qui a écrit son Andromaque en adaptant la pièce d’Euripide. Parmi les œuvres lyriques inspirées par la tragédie de Racine, on peut citer :

  • Andromaque, une tragédie lyrique de GRÉTRY représentée en 1780.
  • Andromaca, un opéra de Giovanni PAÏSIELLO de 1797
  • Ermione, un opéra de ROSSINI créé en 1819.
  • et Andromaque, une musique de scène de SAINT-SAËNS datant de 1903.

Grétry Andromaque Murs sacrésCliquez sur Andromaque

Iphigénie à Aulis qui est comme pour Andromaque la source de l’Iphigénie de Racine, dont GLUCK s’est servi pour son Iphigénie en Aulide (1774). Iphigénie est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, et la sœur d’Électre et d’Oreste (et de Chrysothémis, moins connue).

Gluck Iphigénie en AulideCliquez sur Iphigénie

Électre est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, et la sœur d’Iphigénie et d’Oreste. C’est elle qui pousse Oreste à tuer leur mère pour venger le meurtre d’Agamemnon. Son histoire a inspiré un grand nombre d’œuvres dont :

Elektra, opéra de Richard STRAUSS (1909) (son librettiste HOFFMANSTAHL s’est en fait plutôt servi de l’Électre de Sophocle).

Electra, opéra en deux actes de Mikis THEODORAKIS (1993).

Théodorakis ElectraCliquez sur Électre

Oreste, dont HAENDEL a tiré l’opéra Oreste (1737).

Haendel OresteCliquez sur l’image

Iphigénie en Tauride qui a inspiré CAMPRA (1704), Iphigénie en Tauride de Gluck (1779) et son rival PICCINNI (1781) en France et de nombreux autres opéras en Italie (GALUPPI en 1768, JOMMELLI en 1771).

Alceste qui a inspiré LULLY et l’Alceste de Gluck. Alceste, épouse du roi Admète, se sacrifie pour prendre la place de son mari aux Enfers. Héraclès, amoureux d’elle, va la rechercher et la rend à son mari.

Gluck Alceste finalCliquez sur Alceste

Médée. Médée, fille du roi de Colchide, tombe amoureuse de Jason venu chercher la Toison d’Or. Elle propose de l’aider dans les tâches imposées par son père pour conquérir ladite toison. Elle quitte la Colchide avec Jason, mais un peu plus tard, Jason tombe amoureux d’une autre. Prise de folie meurtrière, elle sacrifie les deux enfants qu’elle a eus avec Jason. (Je vous le fais simple, mais toute son histoire est jalonnée de meurtres horribles).

L’histoire de cette mère infanticide est de loin celle qui a le plus été représentée sur les scènes lyriques, avec notamment la Médée de CHARPENTIER (1693), celle de CHERUBINI (1797), la Siuote pour orchestre de D’INDY (1898), un opéra de MILHAUD (1939), un de BARBER (1946), un de Theodorakis (1991) jusqu’à DUSAPIN (1992) et REVERDY (2003).

Charpentier Médée Noires DivinitésCliquez sur l’image

Et enfin Hippolyte qui a donné Hippolyte et Aricie de RAMEAU.

Hippolyte est le fils de Thésée et de la reine des Amazones (rien à voir avec une entreprise multinationale dont le but est de supprimer le maximum d’emplois à valeur ajoutée partout à travers le monde pour les remplacer par des emplois à très faible valeur ajoutée, au niveau mondial, on estime que cette entreprise crée un emploi chaque fois qu’il en supprime 2,5 ailleurs.) Quand plus tard, Thésée se remarie avec Phèdre, celle-ci tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte, et ça se passe très mal !

Rameau Hippolyte et Aricie Trio des Parques (Quelle soudaine horreur)Cliquez sur le Trio des Parques (et tremblez)

Retrouvez prochainement sur ce blog des articles consacrés aux petits camarades d’Euripide : Sophocle et Eschyle.

Bande dessinée, Compositrices, littérature, Mythologie, Théâtre

ALCESTE (et ADMÈTE)

Avant que d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines de confiture dans Le Petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY, Alceste était une tragédie d‘EURIPIDE. Sa trame a inspiré beaucoup d’opéras, dont bon nombre se sont dissipés dans les méandres du temps et de l’oubli.

Le pitch : La tragédie d’Euripide peut être résumée ainsi – Admète, roi de Thessalie, est en train de livrer son dernier combat, celui contre la mort. Apollon, qui avait trouvé refuge chez lui après avoir été chassé de l’Olympe pour avoir tué les Cyclopes, a obtenu des trois Parques qu’à l’heure de sa mort, Admète puisse rester en vie si une personne se dévoue pour mourir à sa place. Sa femme Alceste se sacrifie pour lui et meurt. Hercule, l’ami d’Admète parvient à arracher Alceste à la mort et à la rendre à son époux (d’après CALZABIGI, le librettiste de GLUCK pour la version italienne).

Parmi les adaptations à l’opéra de ce mythe figure l’Antigona delusa da Alceste, de AURELIS, dont HAENDEL se servira pour son Admeto re di Tessaglia (1727).

Haendel Admeto, Re di TessagliaCliquez sur l’image

Dans les versions encore jouées de nos jours figurent l’Alceste de LULLY (1673), et celles de Gluck (version italienne en 1767 et version française en 1776).

Lully Alceste Alceste vous pleurezCliquez sur l’image

Par rapport à la version italienne, relativement fidèle à Euripide, la version française a été très resserrée sur les drames intérieurs d’Alceste et de son mari Admète, ce qui n’a pas contribué au succès de cette œuvre. Peu de temps après, on a rajouté le personnage d’Hercule (présent chez Euripide) pour pimenter un peu l’action et la rendre plus agréable au public, mais c’est GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ), qui a fait ces rajouts ultérieurs dans la partition de Gluck.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur Alceste

Au XXe siècle, on peut encore noter l’Alceste (Alkestis) (1922) de BOUGHTON et celui de WELLESZ (1924) sur un livret de Hugo von HOFFMANNSTAHL.

Boughton Alceste (Alkestis)Cliquez sur Rutland Boughton

En 1960 encore, la compositrice Vivian FINE écrira l’œuvre pour orchestre en quatre mouvements Alcestis.

Fine AlcestisCliquez sur l’image

Un très grand merci à l’ami Totor Berlioz qui m’a donné l’idée de ce billet (il a consacré de très belles pages à l’Alceste de Gluck dans son ouvrage À travers chant).

Cinématographe, Compositeurs, littérature, Shakespeare, Théâtre

Antonio SALIERI (1750 – 1825)

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Antonio SALIERI ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

Né dans la région de Vérone en 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Venise. En 1766, il suit son maître à Vienne où il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est nommé compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra les Danaïdes sous son propre nom, avant de révéler que Salieri en est l’auteur.

Parmi ses élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Salieri était à Vienne en même temps que Mozart, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles de Wolfgang Amadeus. En fait, Salieri admirait l’œuvre de son cadet. Il a écrit plusieurs opéras sur des livrets de Lorenzo DA PONTE, et il a confié à Mozart le livret du Cosi fan Tutte que Da Ponte avait écrit pour lui, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner ce dernier. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Mozart et Salieri (1830), reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1898).

Rimsky-Korsakov Mozart et SalieriCliquez sur l’image

Au XXe siècle, Peter SCHOFFER en a fait une pièce, Amadeus, brillamment portée à l’écran par Milos FORMAN.

Forman Amadeus affiche

Ne cliquez par sur l’affiche

Parmi les nombreux opéras de Salieri, on peut citer un Don Quichotte (Don Chisciotte alle nozze di Gamace) (1771) d’après CERVANTES,

Salieri Don QuichotteCliquez sur l’image

un Armida (1771) d’après Le TASSE,

Salieri ArmidaCliquez sur l’image

la Locandiera d’après GOLDONI,

Salieri la LocandieraCliquez sur l’image

Semiramide sur un livret de Métastase et les Horaces (1786), d’après CORNEILLE,

Salieri les horacesCliquez sur l’image

Tarare (1787) sur un livret de BEAUMARCHAIS,

Salieri tarareCliquez sur l’image

ou encore Falstaff (1799) d’après SHAKESPEARE.

Salieri FalstaffCliquez sur l’image

Avec le XIXe siècle, Salieri se consacre de la musique pour son employeur, l’empereur François II, et à de la musique religieuse (Te Deum, Requiem). Il devient malade en 1820. Il prend sa retraite et meurt en 1825.

 

Écrivains, littérature, Théâtre

Alexandre OSTROVSKI (1823 – 1886)

On connaît peu en France le dramaturge Alexandre Nicolaïevitch OSTROVSKI. Pourtant, considéré comme le père du théâtre russe, auteur de plus de cinquante pièces où il décrit le milieu des marchands (avides) ou la cruauté des relations familiales, il est en Russie aussi célèbre que peut l’être un MOLIÈRE chez nous.

Après des études de droit, Ostrovski entre au tribunal de commerce de Moscou, ce qui lui permet de devenir familier avec l’univers des marchands.

Il publie sa première pièce, Tableau de famille, en 1847. Cette pièce qui décrit une faillite frauduleuse est interdite par la censure impériale. En 1851, il est poussé à démissionner du tribunal ce qui lui permet de se consacrer à temps plein à l’écriture.

En 1864, le jeune TCHAÏKOSVKI, encore au conservatoire, écrit une ouverture pour une de ses pièces, l’Orage (1859). L’œuvre ne sera publiée qu’après sa mort.

Tchaïkovski l'OrageCliquez sur l’image

Cherchant un sujet pour son premier opéra, il demande un livret sur l’Orage à OSTROVSKI, mais celui-ci l’ayant déjà promis à un autre compositeur, lui propose une autre de ses pièces, le Voïévode (ou Voïvode). En 1867, Tchaïkovski travaille sur le livret qu’Ostrovski lui a fourni. Devant le peu de succès rencontré, il détruit sa partition (qui a été reconstituée depuis d’après les fragments ou le matériel d’orchestre retrouvés.)

Tchaïkovsky le voïvodeCliquez sur l’image

Anton ARENSKI (1861 – 1906), un élève de RIMSKI-KORSAKOV écrira lui aussi un opéra, Un rêve sur la Volga (1888), d’après le Voïvode.

En 1873, Tchaïkovski (encore lui) écrit une musique de scène pour une autre de ses pièces, Snegourotchka, la fille des neiges. C’est à partir de cette même pièce que RIMSKY-KORSAKOV écrira son Snegourotchka en 1881.

Rimsky-Korsakov Snegourotchka scène finaleCliquez sur l’image

Une autre des œuvres d’Ostrovki, Ne vis pas comme tu veux, mais comme Dieu l’a ordonné a été adaptée à l’opéra sous le nom La puissance du mal (1871), mise en musique par SÉROV.

On retrouvera L’orage au siècle suivant avec son adaptation par JANACEK en 1921, sous le titre de Katia Kabanova.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur l’image

littérature, Mythologie, Philosophie, Poésie, Théâtre

LE MYTHE DE DON JUAN

Comme le mythe d’Orphée ou le mythe de Faust, le mythe associé au personnage de Don Juan, a inspiré les écrivains et les musiciens au cours des siècles.

Apparu en Espagne en 1630 dans la pièce de TIRSO de MOLINA El Burlador de Sevilla y Convidado di piedra (Le Trompeur de Séville et l’Invité de pierre), on le retrouve en Italie vers 1650 avec deux pièces Le convive de pierre (Il convitato di pietra) et le Festin de pierre (Il convito de pietra). De l’Italie, le personnage et son mythe arrivent en France avec MOLIÈRE et son Dom Juan ou le Festin de pierre (1665).

L’Italien GOLDONI écrira lui aussi un Don Juan en 1730.

En 1761, GLUCK écrit un ballet sur le Don Juan de Molière, un an avant son Orfeo ed Euridice.

Gluck Don JuanCliquez sur l’image

Autre adaptation de la pièce de Molière avec le Don Giovanni (1788) de MOZART et DA PONTE, un des opéras les plus fameux du répertoire.

Mozart Don Giovanni La ci darem la mano

 

Au XIXe siècle, les romantiques donnent un autre tour à Don Juan, qui perd son côté libertin, au sens ancien du terme, c’est-à-dire de libre penseur. Ainsi pour l’Anglais Lord BYRON, Don Juan n’est plus qu’une victime de la séduction qu’il suscite chez les femmes et le côté religieux, ou plutôt le rejet de la religion disparaît.

E.T.A. HOFFMANN, en bon admirateur de Mozart, écrira en 1813 Don Juan, une fantaisie, dans laquelle une cantatrice chante un air de Don Giovanni. Cette fantaisie fait partie des pièces qui ont été mises en musique 70 ans plus tard par OFFENBACH dans ses Contes d’Hoffmann.

Offenbach Les contes d'Hoffmann Stella

En 1830, c’est le Russe POUCHKINE qui s’empare du mythe, dans son Convive de pierre. Ce Convive de Pierre sera adapté pour l’opéra par DARGOMIJSKI (1813 – 1869), créé en 1872 après avoir été fini par CUI et RIMSKY-KORSAKOV.

Dargomyjsky Le convive de pierre

Le héros continue sa carrière littéraire en France avec BALZAC (1830), MÉRIMÉE (1834) ou DUMAS.

En 1844, l’Allemand LENAU commence un don Juan, pour qui le héros est à la recherche de l’Éternel féminin, ou de la femme qui le représenterait. Ce poème sera publié après sa mort, en 1851, et c’est lui qui a inspiré à Richard STRAUSS son poème symphonique (1887).

Strauss don JuanCliquez sur l’image

Retour en Russie avec le Don Juan de TOLSTOÏ (1862), pour lequel TCHAÏKOVSKI écrira cette « sérénade de Don Juan ».

Tchaïkovski sérénade de don JuanCliquez sur l’image

(Merci à Johan de m’avoir fait découvrir cette pièce sur son blog.

https://lespetitesanalyses.com/2020/05/29/coeur-de-chien-mikhail-boulgakov/)

MAHLER lui-même y est allé de sa Sérénade de Don Juan (publiée en 1909), une œuvre de jeunesse d’après l’œuvre originale de Tirso de Molina.

Mahler Serenade aus Don Juan

Au XXe siècle, Don Juan continue à inspirer les écrivains, comme Edmond ROSTAND avec sa dernière pièce La dernière Nuit de don Juan (1921) ou MONTHERLANT en 1958.

(Sources principales [pour la partie littéraire]

Dictionnaire des Personnages, 1960, Bouquins LAFFONT,

Encyclopaedia Universalis 2017.)

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Jean COCTEAU (1888 – 1963) – DEUXIÈME PARTIE

Poursuivons les aventures musicales de Jean COCTEAU, commencées dans la première partie qui lui a été consacrée.

En 1927, il renoue avec STRAVINSKY pour qui il écrit l’opéra Oedipus Rex. Cette même année, il donne le titre Opéra à un recueil de ses poèmes (écrits sous l’influence de l’opium.)

Stravinsky Oedipus RexCliquez sur l’image et écoutez Cocteau nous présenter sa pièce

En 1929, il compose une pièce, La voix humaine, qui deviendra un opéra en 1959 avec une musique de Poulenc (et aussi un film de ROSSELLINI.) 1929 est aussi l’année d’écriture de la pièce Les Enfants terribles.

En 1930, il tourne un film surréaliste, Le sang d’un poète, exact contemporain de L’âge d’or de Luis BUNUEL (et commandé par le même mécène, le vicomte de Noailles.) La musique en est de Georges Auric. Il écrit une Cantate pour un jeune prince russe arrivé à Paris, Igor MARKÉVITCH (qui de nos jours est plus connu pour sa carrière de chef d’orchestre.)

Auric Le Sang d'un poèteCliquez sur l’image

En 1933 il écrit la pièce la Machine infernale, une nouvelle adaptation pour le théâtre du mythe d’Œdipe.

En 1934, c’est Blancharmure, préfiguration des Chevaliers de la Table ronde, pour laquelle Markevitch voulait écrire la musique.

En 1938, il écrit la pièce Les Parents terribles dont il fera un film en 1948.

Pendant la guerre, Cocteau est la cible de la presse collabo. Ainsi en 1941, L.F. CÉLINE appelle, dans le journal Je suis partout, à la liquidation pure et simple du « décadent » COCTEAU, au nom supérieur de la préservation de la « race ».

1943 est l’année de la création à la Comédie française de sa pièce Renaud et Armide, d’après la Jérusalem délivrée du Tasse.

En 1944, c’est l’Aigle à deux têtes, avec une musique d’Auric (création en 1946.) Cette pièce fera l’objet d’un film en 1948 avec les mêmes acteurs (Jean MARAIS, Edwige FEUILLÈRE).

Cocteau se tourne alors vers le cinéma, avec La belle et la bête (1945), avant que d’adapter le mythe fondateur de l’opéra avec Orphée en 1950.

En 1950, il écrit l’argument d’un ballet commandé par Auric pour l’Opéra : Phèdre.

Auric PhèdreCliquez sur l’image

En 1955, lui qui avait eu tant de mal à se faire jouer à la Comédie française entre à l’Académie française.

En 1959, la Voix humaine, mise en musique par Poulenc, entre au répertoire de l’Opéra-comique. ZEFFIRELLI met en scène le Poète et sa Muse, avec une musique de MENOTTI.

Poulenc La Voix humaineCliquez sur la Voix

En 1960, après la mort de Paul FORT, il reçoit le titre de Prince des poètes, titre qu’avaient porté avant lui notamment VERLAINE et MALLARMÉ.

Cocteau meurt en 1963, le même jour qu’Édith PIAF.

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Jean COCTEAU (1888 – 1963) – PREMIÈRE PARTIE

Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi !

Issu d’un milieu aisé, (son grand-père a connu ROSSINI dont il a reçu un piano en legs,) le jeune COCTEAU a eu l’occasion d’entendre le violoniste Pablo de SARASATE jouer en quatuor avec ce grand-père.

Il n’a pas vingt ans qu’il tient déjà salon, où viennent DEBUSSY et Reynaldo HAHN, mais aussi de jeunes poètes ou des peintres comme BONNARD.

Poète précoce, Jean COCTEAU fréquente très jeune PROUST ou les ballets russes de DIAGHILEV. Il se tiendra toujours aux avant-postes de la modernité, passant de Dada au cubisme, mais rejeté par les surréalistes.

Dès 1910, Reynaldo Hahn (1874 – 1947), l’auteur de Ciboulette, met en musique un « mensonge en un acte » de Cocteau : La patience de Pénélope.

Après la présentation à Paris au début du siècle d’œuvres de RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908)  (Schéhérazade, Le coq d’or), Diaghilev et ses ballets russes attaquent les années ’10 avec trois ballets de STRAVINSKY (1882 – 1971) : L’oiseau de feu (1910), Pétrouchka (1911) et surtout la déflagration provoquée par Le Sacre du printemps (1913).

Stravinsky le sacre du printempsCliquez sur l’image

Soucieux de se tourner vers ce milieu parisien où il triomphe, Diaghilev commande en 1912 une pièce à Cocteau. Ce sera Le dieu bleu, sur une musique de Hahn. En 1914, Cocteau travaille avec Stravinsky sur un projet de ballet : David.

En 1915, il met en chantier un Songe d’une nuit d’été, dont la musique sera confiée à Eric SATIE (1866 – 1925). Cette même année, le créateur de la musique concrète Edgar VARÈSE (1883 – 1965), qui avait dirigé la création du Songe, le présente à PICASSO. Cocteau confie la musique de David à Satie. En 1916, Cocteau demande à Picasso de réaliser le rideau de scène pour ce ballet, qui change de nom et devient Parade. En 1917, la création du ballet Parade réunit donc Cocteau, Satie, Picasso et Diaghilev ! (Excusez du peu.)

Satie ParadeCliquez sur l’image

En 1920, Cocteau détourne Le bœuf sur le toit de Darius MILHAUD (1892 – 1974), souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors sont de Raoul DUFY et la chorégraphie de MASSINE.

Milhaud Le Bœuf sur le toit

Il compose aussi le livret de Paul et Virginie, un opéra-comique prévu pour Satie.

En 1921, il écrit Les Mariés de la Tour Eiffel, musique du Groupe des six (enfin, cinq d’entre eux).

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur l’image

Cette même année, il écrit le Gendarme incompris, avec une musique de Francis POULENC.

En 1922, Arthur HONEGGER (1892 – 1955) lui écrit une musique de scène pour sa pièce Antigone. Les décors sont de Picasso et les costumes de CHANEL.

En 1924, il écrit Roméo et Juliette, avec une musique de Roger DÉSORMIÈRES. Dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes, le Train bleu avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleuCliquez sur l’image

Et retrouvez sur ce blog la suite des aventures musicales de Jean Cocteau.

(Source principale : Pierre BERGÉ, Album COCTEAU de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.)

 

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HIPPOLYTE ET ARICIE, de RAMEAU (1733)

Tragédie lyrique de RAMEAU, inspirée du Phèdre (1676) de RACINE (la première version de cette pièce s’appelait Phèdre et Aricie). Elle a été créée en 1733 à l’Académie Royale de Musique de Paris.

C’est à la création de cette œuvre qu’a commencé la Querelle des Lullystes et des Ramistes.

Prologue : Diane et Amour se disputent pour savoir laquelle régnera sur le cœur des habitants de la forêt d’Erymanthe. (Duo : « Non, je ne souffrirai pas »). Jupiter paraît et tranche pour Amour. Il demande à Diane de respecter les arrêts du Destin. Elle accepte de protéger Hippolyte et Aricie.

Acte I : Dans le temple de Diane, Aricie s’apprête à prononcer ses vœux à Diane (Air : « Temple sacré, séjour tranquille ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Temple sacré

Hippolyte, qui aime Aricie, cherche à l’en dissuader. (Les prêtresses de Diane devaient être vierges et le rester.) L’entendant, Aricie comprend que son amour sera perdu après ses vœux, et les deux jeunes gens prient Diane de veiller sur eux (Duo : « Tu règnes sur nos cœurs ».) La reine Phèdre, épouse de Thésée et amoureuse de son beau-fils Hippolyte (Hippolyte est le fils de Thésée et d’une amazone), soupçonnant Aricie d’aimer Hippolyte en retour, ordonne que l’on détruise le temple (Air : « Périsse la vaine puissance ».) Diane apparaît pour protéger les deux amoureux (Air : « Ne vous alarmez pas … ».) Un messager annonce que Thésée est descendu aux Enfers. La reine entrevoit que si son amour pour Hippolyte devient possible, elle joue à quitte ou double ou l’amour ou la mort.

Acte II : Aidé par son père Neptune, Thésée est descendu aux Enfers porter secours à son ami Pirithoüs (Air : « Puisque Pluton est inflexible ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puisque Pluton est inflexible

Thésée s’oppose à une furie, puis à Pluton et sa cour infernale. Pluton condamne le héros à partager les supplices de son ami. Thésée, prêt à partager le sort de Pirithoüs, invoque son père, qui lui avait offert trois vœux à exaucer, pour retrouver le jour. Mercure vient rappeler à Pluton le serment de Neptune. Pluton accepte donc de laisser partir Thésée, mais il ordonne aux Parques de lui révéler son destin (Trio : « Quelle soudaine horreur ton destin nous inspire ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Quelle soudaine horreur

Acte III : Phèdre attend Hippolyte et veut lui déclarer son amour (Air : « Cruelle reine des amours ».) Hippolyte avoue son amour pour Aricie, déclenchant la fureur jalouse de la reine (Duo : « [Ma fureur va tout/ Gardez-vous de rien] entreprendre ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final Ma fureur va tout entreprendre

Comprenant alors les sentiments de sa belle-mère, Hippolyte réclame aux dieux un châtiment pour elle. Phèdre lui demande de la tuer pour tuer son amour coupable.

De retour des Enfers, Thésée demande des explications. Hippolyte ne peut répondre, ne voulant pas accuser Phèdre. La confidente de la reine accuse Hippolyte et Thésée réclame à Neptune un châtiment pour son fils (air : « Puissant maître des flots ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puissant maître des flots

Acte IV : Dans un bois, Hippolyte se lamente (Air : « Ah, faut-il en un jour… ».) Aricie le rejoint. Les deux jeunes gens demandent à Diane de bénir leur union (Duo : « Nous allons nous jurer … ».) Les sujets de Diane se réjouissent quand soudain, Neptune envoie un monstre marin qui emporte Hippolyte. Phèdre attirée par les cris se sent coupable (Air : « Quelle plainte en ces lieux m’appelle? ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final acte IV

Acte V : Thésée a vu Phèdre mourir, mais avant de se donner la mort, elle a lui dévoilé la vérité et il veut se jeter à la mer. Neptune l’en empêche et lui révèle qu’Hippolyte a en fait été sauvé par Diane. Il condamne Thésée à ne plus jamais revoir son fils. Dans la forêt, Aricie se lamente, avant que Diane ne lui annonce l’arrivée d’un héros, qui n’est autre qu’Hippolyte (Duo : « Est-ce vous que je vois? ») Les habitants de la forêt se réjouissent (Chœur : « Chantons sur la musette »)

Rameau Hippolyte et Aricie Chantons sur la musette

et Diane clôt l’œuvre (Air et chœur : « Que tout soit heureux sous les lois ».)

(source : article écrit en regardant le DVD du concert d’Astrée.)

Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, littérature, Théâtre

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE PARIS…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC!

Après Venise, Vienne et Prague, poursuivons avec Paris notre visite des grandes villes dont l’histoire se confond avec celle de l’opéra.

Si Paris occupe une place importante dans le monde de l’opéra depuis LULLY, et surtout au milieu du XIXe siècle, avec le GOf (le grand Opéra à la française), qui faisait qu’un compositeur qui voulait « réussir » dans l’opéra devait se faire jouer à Paris, Paris a aussi sa place comme lieu où se passent un certain nombre d’opéras.

Mais d’abord, je vous propose de retrouver tous ceux qui ont fait la grandeur de Paris en musique :  En flânant dans le quartier de l’Opéra.

À tout seigneur, tout honneur, commençons avec Esmeralda, l’adaptation de Notre-Dame de Paris de notre poète national Victor HUGO, qui a écrit lui-même le livret de cet opéra de Louise BERTIN.

Bertin Esmeralda Esmeralda dans son cachot

Autre adaptation d’un écrivain français, La Traviata (1853) de VERDI est tiré de La Dame aux camélias d’Alexandre DUMAS, une pièce que Verdi avait eu l’occasion de voir lors d’un de ses séjours à Paris.

Verdi la Traviata Libiamo

Paris, c’est aussi la fête et les p’tit’s femmes, qu’OFFENBACH a mises en musique dans la Vie Parisienne.

Offenbach la Vie parisienne final

En 1881, Offenbach situe à Paris le premier acte, l’acte d’Olympia, de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

offenbach les contes d'hoffmann olympia

En 1883, c’est MASSENET qui met en musique Manon, d’après le roman de l’abbé Prévost.

Massenet Manon Nous vivrons à Paris

Moins de dix ans plus tard, c’est au tour de PUCCINI de mettre ce drame en musique avec son Manon Lescaut (1893).

Puccini Manon Lescaut Sola, perduta, abbandonata

Dans La Dame de Pique (1890) de TCHAÏKOVSKI, la vieille comtesse se rappelle sa jeunesse passée à Paris, quand elle fréquentait le comte de Saint-Germain, en chantant un vieil air de GRÉTRY, qu’elle chantait à cette époque.

Tchaïkovski La Dame de pique air de la comtesse

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, ce billet est déjà assez riche, mais si vous êtes sages et que vous me le demandez gentiment, je vous parlerais une autre fois de la Veuve joyeuse de LEHAR, de la Rondine de Puccini, des Mariés de la Tour Eiffel du presque GROUPE DES SIX, de Lulu de BERG ou de Capriccio de Richard STRAUSS.

Vous pouvez retrouver un autre article de cette série consacrée aux grandes villes avec New York.