Agenda Ironique, Fantaisie

UNE QUESTION DE LANGUE

Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui nous propose le thème de l’Agenda Ironique, sur le thème de la langue :

Agenda Ironique Juin 2021 ‹ Le dessous des mots ‹ Reader — WordPress.com

Max-Louis explique : la langue organe de communication parmi d’autres est protéiforme dont les voies portent les voix d’actions parfois inattendues. Voici des exemples : langue bien pendue, donner sa langue au chat, sur le bout de la langue, avoir la langue déliée, avoir un cheveu sur la langue, langue de vipère, tenir sa langue… etc., etc.

Il nous propose donc de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– Insomniaque
– Chouette
– Frigoriste
– Narine

Le secret avait été bien gardé. Pour le 500e billet de son blog, monsieur Toutl’op ! s’apprêtait à mettre les petits opéras dans les grands en organisant une grande fête. Tout le monde dans son entourage avait su tenir sa langue.

Seul Papageno avait la langue bien pendue, mais trois très étranges dames étaient venues lui mettre un cadenas sur la bouche avant qu’il n’en dise trop.

Mozart La Flûte enchantée Hm Hm HmCliquez sur Tamino et Papageno

Petit appétit, les invités arrivaient dans la salle de concert. Il y avait là nos héros favoris, Faust et Marguerite, Tristan et Isolde, Violetta et Alfredo, Roméo et Juliette, Carmen et Don José,… qui devisaient plus ou moins gaiement de leurs aventures.

Un deuxième groupe arriva, il s’agissait des habitués de l’Agenda Ironique? Il y a avait là Onésime et Anapodoton, ainsi qu’Arnoldo POIVRIERI accompagné de Yuja. Onésime était suivi par un poussin qui n’avait pas la langue dans sa poche et qui pioutait à qui mieux mieux.

Mozart marche turqueCliquez sur Yuja

Les conversations allaient bon train.

« Sais-tu pourquoi GOUNOD était fâché avec VERDI ? », demandait Faust à Otello.

« Euh, je ne sais pas, je donne ma langue au chat« , répondait Otello.

« C’est parce que chaque fois que Gounod voulait laver Maria, Verdi ôtait l’eau », s’esclaffait alors Faust en lui tirant la langue.

C’est alors que Iago, une vraie langue de vipère, fit remarquer à Otello que Desdémone semblait prendre langue avec un toréador qui venait d’entrer.

otello credi un un dio crudeleCliquez sur ce traître de Iago

Aussitôt, cette mauvaise langue de Basile enchaîna sur son fameux « air de la Calomnie » pour charger cette malheureuse Desdémone de tout un tas de rencontres infondées.

Rossini le barbier de Sévilla La CalunniaCliquez sur Basile

Le poussin, fatigué d’avoir tant piouté, voulait dormir. « Si tu veux faire un somme n’y a qu’à te mettre dans un coin », lui conseilla Onésime.

ROSSINI qui, le succès arrivé, avait troqué son piano de compositeur contre un piano de cuisine donnait sa recette de langue de bœuf à Verdi, autre gastronome qui lui préférait les langues de chat.

STRAVINSKY racontait à qui voulait l’entendre que dans les années 1915 – 1920, il s’était installé dans le canton de Vaud et c’est là qu’avec RAMUZ, il écrivit, en langue de Vaud, l’Histoire du Soldat (1918).

Stravinsky Histoire du soldatCliquez sur l’image

Quant à CHOSTAKOVITCH, il racontait comment lui était venu l’idée d’écrire un opéra d’après le conte le Nez de GOGOL.

Chostakovitch le NezCliquez sur les narines géantes

Voilà, à ce moment de mon histoire, j’ai encore quelque chose sur le bout le la langue, mais ça ne me revient pas. C’est le moment alors de signaler que le chouette duo de frigoristes constitué par Jean Yanne et Tito TOPIN avait écrit un ouvrage ultime sur la conservation des langoustes par le froid. Son titre : La Langue, ouste, ne passera pas !

Divers, Fantaisie

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (3e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la deuxième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Et comme pour le premier billet, je commence par Francis BLANCHE, avec sa version de l’ouverture du Barbier de Séville de ROSSINI interprétée par les QUATRE BARBUS.

rossini 4 barbusCliquez sur les quatre barbus

Joan BAEZ nous fait admirer la qualité et la pureté de sa voix dans la Bachianas Brasileiras n° 5 de VILLA-LOBOS.

Villa-lobos Baez Bachianas Brasileiras n 5Cliquez sur Joan Villa-Lobos

On a déjà rencontré sur ce blog Klaus NOMI chantant l’air du génie du froid, extrait du King Arthur de PURCELL. Il a aussi chanté l’air Mon cœur s’ouvre à ta voix, extrait du Samson et Dalila de Camille SAINT-SAËNS.

Saint-Saëns Samson et Dalila mon cœur s'ouvre à ta voix Klaus NomiCliquez sur Klaus Saint-Saëns

(il a aussi chanté la mort de Didon, mais c’est ça, ce sera pour le prochain billet consacré à ces chanteurs qui ont chanté du classique).

Les DOORS ont chanté Asturias d’ALBENIZ sur leur album « Waiting for the sun ».

The Doors Spanish CaravanCliquez sur les Portes d’Asturies

Mireille MATHIEU a sorti un album de « classiques » intitulé « Mes classiques ». (Oreilles sensibles s’abstenir)

Mathieu Schubert Ave MariaCliquez sur Mireille SCHUBERT si vos oreilles ne sont pas trop sensibles

Écoutez Barbra STREISAND dans « Memory », extrait de Cats de Andrew LLOYD WEBER.

Barbra Streisand LLoyd Weber MemoryCliquez sur Barbra Lloyd Weber

Henri TACHAN a rendu un bel hommage à Beethoven dans sa chanson « Ludwig »

Beethoven Tachan LudwigCliquez sur Henri Beethoven

Anne SYLVESTRE a chanté la Lettre à Élise de BEETHOVEN.

Beethoven Sylvestre Lettre à ÉliseCliquez sur Anne van Beethoven

Michel DELPECH a composé sa chanson « Tête de Turc » sur la Marche turque de MOZART.

Mozart Delpech tête de turcCliquez sur Wolfgang Amadeus Delpech

À bientôt pour la quatrième série de morceaux classiques interprétés d’une façon moins classique avec des versions rocks, voir hard rocks.

Et si vous êtes joueurs ou joueuses, vous pouvez cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus (si vous êtes joueurs ou joueuses)

Agenda Ironique, Fantaisie, Mythologie

POLYPHÈME (ET ULYSSE…)

Ce mois-ci, l’A.I. est organisé par Laurence Délis sur son blog Palettes d’expressions.

Pour l’agenda ironique que j’accueille avec plaisir ce mois-ci, je vous propose « Un bruit étrange et beau »

De cette phrase tirée du titre du roman graphique de ZEP, vous avez toute latitude pour écrire ce qu’elle vous inspire, sous la forme qui vous convient : récit, poésie, article, dialogue, photo, collage, conte, légende, ou toute autre idée qui vous traverse. Deux contraintes seront cependant à intégrer :

« Un bruit étrange et beau »

ainsi que trois mots : cyclo-pousse – île – poirier.

Voir le lien cidsous :

Un bruit étrange et beau (agenda ironique) | Palette d’expressions-Laurence Délis (wordpress.com)

Sur son île, dans sa caverne, le cyclope Polyphème entendit un bruit étranger, beau comme le chant aviné de marins en goguette. C’était Ulysse et ses compagnons qui s’étaient aventurés dans sa grotte, et avaient festoyé sur place avec la nourriture du cyclope, buvant force amphores de vins aigrelets et vidant moult pots à rillettes.

Wagner Le Vaisseau fantôme Steuermann, lass die WachtCliquez sur les marins en goguette

Polyphème, fort courroucé, roula une pierre devant son antre, et demanda son nom à Ulysse, qui répondit « Personne » (il est futé, Ulysse). Ulysse l’enivra et, profitant de son sommeil, lui creva l’œil à l’aide d’un épieu rougi au feu. On entendit alors crier le cyclope « Oussque t’es, Personne ? montre-toi si tu es un homme ». Mais personne ne lui répondit. Ulysse et ceux de ses compagnons qui n’avaient pas encore été boulottés par Polyphème réussirent à sortir de la caverne, en se cachant sous le ventre de ses moutons, quand ceux-ci sortirent de la grotte.

Cette histoire nous est contée à peu près dans ces termes par HOMÈRE dans son Odyssée, qui raconte les heurs et malheurs d’Ulysse lors de son retour dans sa patrie. La dernière partie de ce périple nous est racontée par MONTEVERDI dans son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (Il ritorno d’Ulisse in patria sua).

Monteverdi Le retour d'Ulysse dans sa patrie Illustratevi O CieliCliquez sur Pénélope et Ulysse

C’est un autre épisode de la vie de Polyphème, rapporté par OVIDE dans ses Métamorphoses, que LULLY met en musique dans sa pastorale héroïque Acis et Galatée. Le cyclope, amoureux de la néréide Galathée, est jaloux d’Acis et l’écrase sous un rocher.

Lully Acis et Galatée Marche pour l'entrée de PolyphèmeCliquez sur l’image

En 1700, c’est CLÉRAMBAULT qui publie sa cantate Poliphème.

Clérambault PoliphèmeCliquez sur le terrible cyclope

Alors que HAENDEL écrit, lui aussi, une pastorale : Acis and Galatea (1732) toujours d’après Ovide.

Haendel Acis and Galatea O ruddier than the cherryCliquez sur le terrible cyclope

Plus près de nous, le Breton Jean CRAS écrit le rare opéra Polyphème (1914).

Cras Polyphème Acte I Elle dortCliquez sur l’image

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont 1984.)

Cinéma, Compositeurs, Fantaisie

Arnoldo POIVRIERI (1750 – 1825)

(c) Adrian Mercure 2021

Dans la trop longue liste des compositeurs qui ont connu un grand succès de leur vivant, avant que de disparaître complètement aux yeux de la communauté, il en est un dont le sort m’apitoie particulièrement.

Il s’agit de Arnoldo POIVRIERI, un compositeur vénitien venu exercer ses talents à Vienne puis à Paris, ville où il mourra. Et il n’a même pas sa rue dans le quartier de l’opéra !

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Arnoldo Poivrieri ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

Né dans la région de Venise le 4 mai 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Vienne. En 1766, il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est en rivalité avec SALIERI pour le poste de compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage alors en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra, le Tonneau, sous son propre nom, avant de révéler que Poivrieri en est l’auteur.

À Vienne, Poivrieri entre à la loge maçonnique déjà fréquentée par Mozart et HAYDN, et des contemporains ont avancé l’hypothèse que la musique funèbre maçonnique de Mozart aurait en fait été co-écrite par Mozart et Poivrieri.

Mozart Musqiue funèbre maçonniqueCliquez sur l’image

Il écrit pour la cantatrice Consuelo La Festa d’Imeneo, titre qui lui sera honteusement piqué par son contemporain PORPORA, comme le relate George SAND dans son roman La Comtesse de Rudolstadt.

Porpora la festa d'imeneo vaghi amori

Parmi ses illustres élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Poivrieri vivait à Vienne en même temps que Schubert, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles d’ycelui. En fait, Poivrieri admirait l’œuvre de son élève et cadet. Il a écrit plusieurs opéras pour le Théâtre impérial et il a dû confier à Schubert le livret de Fierrabras, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Schubert FierrabrasCliquez sur l’image

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner Schubert. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Schubert et Poivrieri (1830), nouvelle reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1899).

Après son succès avec Amadeus (1984), Milos FORMAN avait été pressenti pour adapter cette nouvelle au cinéma, sous le titre Franz Peter, mais il a dû décliner cette offre pour se consacrer à son Valmont, une adaptation des Liaisons dangereuses. (Il a certainement eu raison.)

En 1820, alors qu’il s’était installé à Paris, il écrit Il pescatori di pesce, d’après un roman de son exact contemporain Pietro LOTTI (1750 – 1823), opéra qu’il fait représenter au Théâtre des Italiens, sans grand succès. L’intérêt de cet opéra réside surtout dans le fait qu’il a probablement inspiré BIZET pour ses Pêcheurs de perles.

Bizet les pêcheurs de perle je crois entendre encore GilmourCliquez sur l’image

Aujourd’hui totalement disparu, le souvenir de Poivrieri à Vienne était encore suffisamment présent à Vienne 50 ans après son décès le 1er avril 1825 pour que les parents de SCHÖNBERG donnent son prénom à leur enfant. (Et il est amusant de constater que le livret de Moses und Aron (1930 – 1932) est assez proche de celui de Mosè e Aronne (1815), un opéra « viennois » de Poivrieri.

Schönberg Moïse et AaronCliquez sur l’image

Enfin, il faut noter qu’outre ses dons musicaux, Poivrieri avait une autre passion, la vexillologie. Et dans cette Europe aux frontières sans cesse mouvantes, il s’est livré à un passionnant travail sur l’évolution des drapeaux qui accompagnait ces nations changeantes !

Voilà, vous en savez autant que moi sur Arnoldo Poivrieri. Et si vous avez eu le courage de me lire jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur la vidéo bonus

P.S. Si vous avez aimé le portrait d’Arnoldo Poivrieri qui ouvre ce billet, il a été réalisé par un jeune artiste d’après une gravure d’époque. Si vous aussi, vous souhaitez avoir votre portrait numérique, ou celui d’un de vos proches, vous pouvez passer commande à Adrian Mercure à l’adresse suivante : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co

Retrouvez ici d’autres articles publiés un 1er avril :

HAVRE & CAUMARTIN

L’opéra de Saint-Glinglin s’invite chez vous.

Agenda Ironique, Fantaisie

FAFNER DANS LA VILLE ÉTRANGÈRE

Cet article s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de Février 2021, A.I. dont le cahier des charges se trouve ici :

Hydres et chimères (Agenda ironique de février) ‹ In the Writing Garden ‹ Reader — WordPress.com

Pour faire simple, le narrateur doit être un dragon venant s’emparer de l’objet de sa convoitise, mais importuné par un moins que rien venu lui en contester la jouissance.

Le dragon doit alors se débarrasser du fâcheux, mais sans se servir de l’arme galvaudée des dragons qui consiste à calciner ses adversaires !

Ceux qui connaissent mon appétence pour la musique dite classique, voire pour l’opéra, m’auront vu venir avec mes gros sabots, mon héros s’appellera Fafner !

Je m’présente, je m’appelle Fafner, j’aimerai bien, réussir ma vie, être aimé-é ! Je suis le frère de Fasolt. Nous étions deux gentils géants gérants d’un petite entreprise de construction qui marchait plutôt bien. Mes problèmes ont commencé quand, avec mon frère, nous avons reçu une grosse commande pour la construction d’une ville destinée à recevoir les héros morts au combat. Notre client était le dieu en chef, un certain Wotan (en emporte le vent) qui voulait l’habiter avec les autres dieux. Mais v’là-t’y pas qu’au moment de nous payer, il y a eu un léger problème. Nous devions recevoir en paiement Freia, la belle-sœur de Wotan. Ça nous intéressait, parce que Freia faisait pousser des pommes qui donnaient la jeunesse à ceux qui les mangeaient. Et rogntudju ! ce scélérat de Wotan n’a pas voulu tenir sa promesse, alors même qu’il tenait sa légitimité de dieu en chef par le respect de sa parole.

Wagner Rheingold FreiaCliquez sur mon frère et moi transigeant pour savoir si on garde Freia ou pas

Bref, on a transigé, et accepté de recevoir en paiement l’Or du Rhin, un trésor volé par un nain lubrique laid comme un pou qui avait abjuré l’amour. Le seul problème, c’est que cet or était maudit, et que celui ou celle qui serait en sa possession s’exposerait à des ennuis terribles. En effet, nous n’avions pas plus tôt été payés qu’une fâcheuse dispute s’en est suivie avec mon frère Fasolt, et que j’ai dû le tuer un petit peu (un petit peu beaucoup même), pour rester seul possesseur de l’or. Dès lors, j’ai pris une forme de dragon, et suis allé veiller sur mon or dans une caverne perdue au fin fond de la forêt.

Wagner Rheingold HAlt, du GierigerCliquez sur la dispute fâcheuse entre moi et mon frère

J’m’ennuie tout seul dans ma caverne. J’irai bien visiter la ville que nous avons construite, mon frère et moi. Walhalla City, qu’elle s’appelle ! Et qui sait, peut-être y rencontrerai-je l’amour. Je me suis donc retransformé en humain et ai pris la route pour Walhalla City. Le gardien, un certain Onésime, m’a fait visiter. Je n’ai rien reconnu. Ils ont fait des aménagements, cette ville m’est devenue étrangère.

D’abord, ils ont transformé le portail d’entrée en arc-en-ciel, deuxièmement, ils ont réservé un coin arboré où Freia cultive ses pommes magiques. Quand je la vois, c’est à me faire regretter de l’avoir abandonnée il n’y a guère en échange de l’or ! Tertio, il y a aussi une sorte d’espèce de caserne sur une esplanade qui n’était pas sur nos plans. C’est là qu’ils logent tous les héros morts au combat. Comme ils viennent des quatre coins du globe, ils s’expriment dans un véritable baragouin pour se faire comprendre. Ils ont appelé ça Esplanade des Invalides.

Mais revenons à mon sujet. Onésime m’a appris que dans ma forêt, il y a une vierge endormie sur un rocher, protégée par un cercle de feu, et qui attend le héros qui viendra la réveiller.

Wagner die Walküre scène du feuCliquez sur le rocher protégé par le feu

À sa description, je me suis senti devenir prince charmant, je l’aime déjà ! Je serai ce héros ! Je suis donc retourné à mon antre, et après un bon repas, me suis octroyé une petite pause postprandiale, avant que de me mettre à la recherche de ma bien-aimée. Eh bien non, pas moyen de se reposer en paix. V’là t’y pas qu’un jeune freluquet, vêtu d’une peau de buffle et à l’haleine méphitique est venu me chercher noise.

Wagner Siegfried Fafner, Erwache, WurmCliquez sur le jeune freluquet

Il avait entendu parler de mon trésor, et entendait me le dérober, ainsi que le nouvel objet de ma convoitise. Mais je ne me suis pas laissé faire, et ai usé de tous les moyens de la dialectique pour l’en dissuader. Comme il avait un cor, je lui ai demandé d’en jouer, et l’ai flatté bassement sur son jeu de cor.

« Hé, bonjour, monsieur Siegfried. Sans mentir, si votre jeu se rapporte à votre peau de buffle, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois ».

Wagner Siegfried Combat contre le dragonCliquez sur le jeune freluquet venant me réveiller

La flatterie, ça marche à tous les coups, et il est tombé dans le panneau. Il a décidé de postuler pour l’emploi de premier cor solo dans l’orchestre de l’opéra de Walhalla City, le Festspielhaus comme on l’appelle là-bas, et m’a laissé tranquille. J’ai enfin pu partir à la quête de ma belle endormie.

Wagner Siegfried Fanfare d'appelCliquez sur les cuivres du Festspielhaus

Et ce qui s’est passé après, c’est une autre histoire !

Note 1 : Aucun dragon n’a été blessé ni maltraité pour la rédaction du présent billet.

Note 2 : Pour les ceusses qui voudraient en savoir plus sur l’histoire de Fafner, se reporter aux billets suivants:

Rheingold (L’Or du Rhin)

Die Walküre (La Walkyrie)

Siegfried (Siegfried)

Et Richard WAGNER, si du haut de ton Walhalla tu me vois, pardonne-moi.

Agenda Ironique, Fantaisie

LA VILLE DE MAHAGONNY ET LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX

Ce billet s’inscrit dans l’Agenda Ironique de Janvier 2021, dont le thème est proposé par Carnets Paresseux.

Il s’agit de raconter la première semaine dans une ville, en utilisant les mots réverbère et Onésime, et si possible avec une liste en sept points (et non pas une coccinelle à sept points).

Pour tout savoir sur cet Agenda Ironique, c’est ici :

En villes étrangères (agenda ironique de janvier) ‹ Carnets Paresseux ‹ Reader — WordPress.com

Voici donc ma relation de ma première semaine passée dans la ville de Mahagonny, la ville de tous les péchés dont Bertold BRECHT et Kurt WEILL ont chanté la grandeur et la décadence.

Le lundi, en arrivant, j’ai été pris de jalousie pour les habitants de cette merveilleuse ville de Mahagonny.

Verdi Otello final de l'acte IICliquez sur Otello

Le mardi, devant les splendeurs de la ville, c’est l’orgueil qui m’a dominé.

Rossini Cenerentola Questo è un nodo avviluppatoCliquez sur l’ébouriffant sextuor final célébrant la victoire de la beauté sur l’orgueil

Le mercredi soir, constatant que les réverbères n’étaient pas encore allumés, la colère m’a pris.

Bellini la Somambule D'un pensiero e d'un accentoCliquez sur Elvino et Amina

Le jeudi, j’ai cédé à mon péché mignon, la gourmandise. Au menu, Onésime a préparé un Tournedos ROSSINI, des œufs MEYERBEER, et des Poires Belle Hélène et Dames blanches. C’est un bon cuisinier, Onésime.

poire belle-hélèneCliquez sur la poire Belle Hélène

Le vendredi a été consacré à la luxure.

Weill the Doors Alabama SongCliquez sur les portes

Le samedi, comme je n’avais plus beaucoup d’argent pour finir la semaine, un accès d’avarice m’a pris.

Rachmaninov le Chevalier avareCliquez sur l’image

Et enfin, le dimanche, traditionnellement jour de repos, je me suis offert une petite journée de paresse.

Poulenc Banalités HôtelCliquez sur l’image de ma chambre d’hôtel

Citations musicales :

la jalousie : Parmi les grands jaloux représentés à l’opéra, Otello est une figure majeure (notons qu’il concourrait également dans la catégorie colère.)

l’orgueil : à la fin de Cenerentola (Cendrillon) de ROSSINI, tous célèbrent la victoire de la beauté (de Cendrillon) face à l’orgueil de ses demi-sœurs.

la colère : Dans la Sonnambula (la Somnambule) de BELLINI, Elvino, trompé par les apparences (il trouve la femme qu’il aime dans le lit d’un autre), se met en colère contre celle-ci.

la gourmandise : les compositeurs d’opéras (du moins ceux qui étaient célèbres et riches) n’étaient pas les derniers à apprécier les plaisirs de bouche.

la luxure : Dans Grandeur et Décadence de la Ville de Mahagonny, de Weill, les pensionnaires du bordel chantent cette chanson, connue sous le nom de Alabama Song.

l’avarice : Le Chevalier avare est un opéra de RACHMANINOV.

la paresse : Dans « Hôtel », extrait des Banalités de POULENC, la cantatrice chante qu’elle veut rester dans sa chambre à ne rien faire, juste fumer.

(P.S. je consacrerai des billets spécifiques à chacun des sept péchés capitaux, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère, la paresse, ainsi qu’à Brecht et Weill).

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie

UN TEMPS POUR JOUER, ET UN TEMPS POUR VOTER

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique de novembre 2020, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier les clés.

L’heure est venue de vous révéler qui était Anna Peau d’Othon, qui vous a laissé pour la plupart perplexe. Figure marquante de la mythologie scandinave, Anna Peau d’Othon était la belle-sœur du roi du Danemark Harald à la Dent bleue (910 – 986), l’inventeur de la technologie Bluetooth (et ça, ça ne s’invente pas !) Intrigante à la Cour du Danemark, elle a eu la peau d’Othon, son mari et frère d’Harald. Puis se vêtant de cette peau de bête (Othon n’était pas très futé), elle est à l’origine de l’expression : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » que l’on entendait souvent sur son passage. Le grand Bill, SHAKESPEARE, s’en est souvenu quand il a écrit son drame Hamlet !

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur un bouleversant Hamlet

Après cette petite explication que je vous devais bien, place aux votes de fin de mois difficiles (ce sont les votes qui sont difficiles, pas les foins de mois [enfin, j’espère]).

C’est l’heure du récapitulatif pour l’Agenda de novembre :

Max-Louis nous propose :

Compréhension toute éberluée, le menton relevé | Le dessous des mots (wordpress.com)

Le Flying bum nous propose:

Un temps pour chaque chose – Le retour du Flying Bum

Victorhugotte trouve le temps de lancer des pierres :

“Un temps pour lancer des pierres…” | Grain de sable (victorhugotte.com)

Tout l’opéra ou presque (c’est moi) s’est penché sur le Destin de Babette :

LE FESTIN DE BABETTE, de Gabriel AXEL (1987) – Tout l’opéra (ou presque) (toutloperaoupresque655890715.com)

Solène nous propose un poème :

Crénom, sœurette !… Suivi par « Un temps pour tout » ‹ LE MONDE DE SOLÈNE ‹ Reader — WordPress.com

Gibulène fait rimer Onésime et anapodoton :

Onésime et l’Anapodoton (Agenda Ironique de Novembre 2020) – Gibulène le Petit Escargot – la suite (wordpress.com)

Laurence nous plonge avec délice dans le monde d’Alice :

Le monde d’Alice | Palette d’expressions-Laurence Délis (wordpress.com)

Jean-Pierre Lacombe nous a écrit un fort joli petit poème :

Des Arts et Des Mots (constantinescu685249153.blog)

Et Carnets Paresseux s’est penché sur le sort d’un petit poussin insouciant :

S’en fiche, le poussin, de l’anapodoton ! – Carnets Paresseux (wordpress.com)

Quant à Vérojardine, elle étire le temps le temps d’un slam :

Poésie de nature (poesie-de-nature.com)

John Duff, qui n’a pas de blog, mais un site extrêmement bien fait sur les drapeaux du monde (à l’adresse tri alphabétique des drapeaux> (touslesdrapeaux.xyz) ), nous propose son texte sous forme de commentaire :

J’aurais aimé participer mais :
Premièrement je ne sais pas ce qu’est un anapodoton
Secundo je ne dis que des jurons du capitaine Haddock, je ne peux donc utiliser « Bretzel liquide »
Enfin si je m’amuse à ces bêtises je n’aurai pas le temps de débarrasser le lave-vaisselle.

Emmanuel nous fait descendre dans l’arène :

L’arène (emmanuelglais.blogspot.com)

Enfin, Photonanie nous propose un texte plein d’humour et d’optimisme :

L’agenda ironique – Photonanie

Et maintenant, place aux votants :

Wagner Die Walküre les adieux de Wotan

Pour voter, c’est cidsous :

Et pour savoir qui hébergera l’Agenda Ironique de décembre 2020 :

Les résultats, c’est là : un temps pour résulter.

Cinéma, Divers, Fantaisie

L’HUMOUR EN MUSIQUE (partie 2)

Après une première série d’exemples d’humour en musique, et à la demande générale, en voici une nouvelle.

Jean-Philippe RAMEAU, dans Platée, a écrit un superbe air pour la Folie.

Rameau Platée la FolieCliquez sur la Folie

Josef HAYDN, dans sa symphonie La Surprise, donne un violent coup de timbale pour réveiller l’auditeur. L’Anglais Gerard HOFFNUNG s’amusera à amplifier ce mouvement de surprise par toutes sortes de bruits.

Haydn la Surprise (par Hoffnung)

Cliquez sur ce pauvre Haydn

Il existe une sorte d’humour qui est l’humour involontaire ! L’Américaine Florence Foster Jenkins était veuve d’un milliardaire américain et se piquait d’être chanteuse. Sa vie a inspiré deux films, le film éponyme avec Meryl STREEP et Marguerite avec Catherine FROT. Écoutons-la massacrer bravement l’air de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de MOZART.

Florence Foster Jenkins

La musique de ROSSINI est naturellement alerte. Écoutons les King’s Singers dans l’ouverture du Barbier de Séville.

Rossini ouverture du Barbier de Séville King's SingersCliquez sur l’image

Si, on l’a vu dans la première série, VERDI s’est mis sur le tard à la comédie, WAGNER s’est également essayé au genre avec les Maîtres chanteurs de Nuremberg. La fin de l’acte II est particulièrement savoureuse, quand le Maître-chanteur en chef, le cordonnier Hans Sachs, entreprend de corriger la chanson du ridicule Beckmesser en marquant les fautes par des coups de marteau sur la chaussure qu’il est en train de fabriquer. Finalement, le bruit provoqué par ces coups de marteau réveille villageois et apprentis, qui descendent dans la rue et provoquent un beau chahut.

Wagner les Maîtres Chanteurs final acte IICliquez sur le chahut final de l’acte II

Et OFFENBACH (le roi de l’opérette) ne manque pas non plus d’humour, par exemple la scène de la mouche dans Orphée aux enfers.

duo de la moucheCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS s’est certainement bien amusé en écrivant son Carnaval des animaux, où il représente (musicalement) les pianistes faisant leurs gammes, alors que l’orchestre cherche à les faire taire.

Saint-Saëns Carnaval des animaux pianistesCliquez sur l’image

L’Anglais Gerard HOFFNUNG a fait un travail remarquable pour dynamiter la musique classique. Ainsi de son opéra Let’s fake an opera (The Tales of Hoffnung), qui mélange les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Don Giovanni, Les Pêcheurs de perles, Carmen, Otello…

Hoffnung Let's fake an operaCliquez sur l’image

Pour finir, je vais vous dévoiler le secret des chefs de chœur pour faire monter les sopranos dans les aigus.

copyright SERRE

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres exemples d’humour en musique.

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE DE NOVEMBRE 2020

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a co-proposé pour animer l’Agenda Ironique de novembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style.

Votre AI devra être inspiré du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire ci-dessous jusqu’au 26 novembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 novembre.

Je vous en livre ici quelques extraits, mais vous pouvez piocher dedans, en retirer, en rajouter (surtout en rajouter).

Un temps pour naître et un temps pour mourir…

Un temps pour pleurer et un temps pour rire…

Un bel exemple de participation par anticipation est celui du groupe les Portes, dans leur titre « Prends les choses comme elles viennent ! ».

The Doors Take it as it comesCliquez sur Jim

Mais comme ils ont posté leur participation trop tôt (c’était en 1967), ils sont hors concours.

Comme contrainte, je vous demande de faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi que d’employer l’expression « Bretzel liquide » !

Laurence m’a suggéré de vous rappeler que l’anapodoton est une variété d’anacoluthe, vous pourrez en trouver la définition à l’adresse suivante: https://www.cnrtl.fr/definition/anapodoton

Vous pouvez aussi aller voir dans le dernier livre de ma femme :  » Marie-France CLAEREBOUT – S’entraîner au Certificat Voltaire », PUF éditions, septembre 2020, page 203 (publicité gratuite)

Voilà, à vous de jouer.

Le formulaire pour le vote est disponible ici :

Un temps pour jouer, et un temps pour voter.

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie

UN VOYAGE EN HUIT ÉTAPES

Le billet d’aujourd’hui s’inscrit dans l’Agenda Ironique du mois d’octobre (2020) de Victorhugotte. Les contraintes à respecter sont de raconter un voyage en huit étapes menant vers la source d’une forte odeur, en introduisant les mots suivants : « la escalera », « el paraguas », « el catrin », et « el tambor ».

Je vais donc vous emmener dans un petit voyage en musique

Première étape (mars): Le Paraguay baroque. On le sait peu, mais les jésuites missionnaires en Amérique du Sud ont importé là-bas la musique baroque, et il existe tout un répertoire de musique religieuse indigène. Ainsi de cet ensemble Paraguay Barocco (petit rappel, on dit un Paraguay, des Paraguas, mais ça, peu de gens le savent ! [Note: en vrai, c’est pas vrai 😉])

Paraguay BarrocoCliquez sur la Cathédrale

Deuxième étape (avril): dans le prologue de l’Orient approximatif des Indes galantes de RAMEAU, Bellone, la déesse de la guerre fait résonner les tambours pour attirer les jeunes gens vers la gloire de la guerre, et ainsi les détourner des joies de l’amour que Hébé leur promettait.

Rameau les Indes galantes PrologueCliquez sur l’image

Troisième étape (mai): la Russie, à la cour de El Catrin II de Russie (plus connue sous son nom de Catherine II de Russie).

Amoureuse des livres et de la culture, notamment française, elle entretient une correspondance avec VOLTAIRE et fait venir à sa cour DIDEROT et GRIMM. Grâce à l’ambassadeur de France, le comte de SÉGUR, elle fait venir de Paris sa troupe d’opéra. Le comte de Ségur était lui-même un chansonnier et un goguettier.

Quatrième étape (juin) : L’Italie et plus particulièrement Milan, et son célèbre opéra, la Scala di Milano. On peut y entendre par exemple l’opéra de ROSSINI l’Échelle de soie (la Scala di seta) datant de 1812.

Rossini l'échelle de soieCliquez sur l’image

Cinquième étape (juillet) : Un passage par la France s’impose, avec La Fille du tambour-major (1879), de Jacques OFFENBACH.

Offenbach la fille du tambour-majorCliquez sur Griolet

Sixième étape (août) : Partons à présent en Espagne, et plus particulièrement à Séville, où le Don Giovanni de MOZART est toujours aux aguets de « l’odor di femmina », (« l’odeur de la femme »). Mais non, cette odeur, c’est plus un effluve qu’une forte odeur, continuons notre voyage pour trouver l’origine de cette forte odeur.

Mozart Don Giovanni Air du CatalogueCliquez sur Leporello

Septième étape (septembre) : Passons à présent au Pays des merveilles et contemplons les Borogoves tout flivoreux en train de vaguer.

Talbot Alice's Adventures in WonderlandCliquez sur l’image

Huitième étape (octobre) : Restons en Espagne, près des remparts de Séville, où Don José restera imprégné de la forte odeur de la fleur que Carmen lui avait jetée.

Bizet Carmen La Fleur que tu m'avais jetéeCliquez sur Don José