Fantaisie, littérature

HAVRE & CAUMARTIN

Qui étaient HAVRE & CAUMARTIN me demandais-je récemment dans mon billet sur D.F.E. AUBER ?

Quelques recherches sur la toile vont me permettre aujourd’hui d’apporter un éclairage sur ces joyeux duettistes.

Daniel François Henri HAVRE est né au Havre (ça ne s’invente pas) le 1er avril 1830 et est mort à Paris en 1897.

Ludovic CAUMARTIN est né à Paris, dans le quartier de l’opéra, le 29 février 1833 et est mort à Paris en 1908.

Ils se rencontrent dans le milieu littéraire des années 1850, et très vite décident de travailler ensemble pour écrire des pièces à quatre mains, soit pour le théâtre, soit pour le genre à la mode, l’opéra-comique.

C’est ainsi qu’ils signent leur première production commune, le Duo des Chats de ROSSINI.

havre caumartin duo des chatsCliquez sur l’image

Si un certain goût de la mystification de leur part fait que leurs œuvres ne sont plus très connues aujourd’hui, ils ont quand même travaillé pour des compositeurs aussi célèbres que GOUNOD, OFFENBACH, BIZET ou MASSENET.

Ainsi en 1858, ils écrivent le livret du Médecin malgré lui pour Gounod, mais très vite les critiques découvrent la supercherie et réattribuent le texte d’origine à MOLIÈRE.

gounod médecin malgré lui glouglouCliquez sur l’image

De même, ils proposent à Bizet le livret d’un opéra, les Pêcheurs de poissons, mais celui-ci ne plaît pas, et c’est finalement un autre opéra, sur un sujet proche, que Bizet écrira : les Pêcheurs de perles.

bizet pêcheurs de perleCliquez sur l’image

Enfin, il faut noter que Havre – Caumartin ont également été piratés. Ainsi, écoutez le texte de la Vocalise de RACHAMANINOFF. Il a intégralement été pompé sur un des textes de nos joyeux compères !

rachmaninoff vocaliseCliquez sur l’image

De même pour le texte de la célèbre méditation de Thaïs de Massenet,

massenet méditation thaisCliquez sur l’image

qui a été intégralement repris par John CAGE dans son immortel 4 min 33 s.

john cage 4 mn 33 sCliquez sur l’image

(Note à benêts, ce billet a été composé avec toute la rigueur musicologique dont vous me savez capable en vue d’être publié ce 1er avril 2019.)

Écrit le 2 avril 2019 : Vous l’aviez peut-être compris, ce billet est un poisson d’avril, et donc toute la partie musicologique est rigoureusement fausse. Par contre, les vidéos ont été soigneusement choisies pour illustrer mon propos.

La station Havre-Caumartin tire son nom du fait qu’elle se trouve à la croisée du passage du Havre (proximité avec la Gare Saint-Lazare oblige, puisque la Gare Saint-Lazare est la gare qui dessert la Normandie, et que Le Havre est une ville de Normandie), et la rue Caumartin (ne me demandez pas qui était Caumartin, faut pas pousser.)

 

 

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Animation 1, Fantaisie, littérature

DILILI À PARIS

Dilili à Paris

À l’occasion de la sortie en DVD de Dilili à Paris, de Michel OCELOT, je voudrais revenir sur ce très beau dessin animé, qui se passe dans le Paris de la Belle-Époque.

L’héroïne, une petite fille kanake arrivée à Paris, se trouve confrontée à tous les préjugés que l’on peut avoir vis-à-vis:

  • de la couleur de sa peau,
  • de son statut de femme dans un monde gouverné par les hommes,
  • de petite fille face au monde des adultes,

Mais si les choses sont dites, c’est toujours avec légèreté et humour.

L’histoire est donc celle de Dilili et de son ami  Orel qui enquêtent sur une mystérieuse organisation qui enlève les petites filles. Ce sera pour eux l’occasion de rencontrer des figures comme RENOIR, RODIN, Camille CLAUDEL, MONET , TOULOUSE-LAUTREC ou Suzanne VALADON, Anna de NOAILLES, COLETTE ou Marcel PROUST, mais aussi pour la musique DEBUSSY, Emma CALVÉ, Erik SATIE ou Reynaldo HAHN, et encore Louis PASTEUR et Marie CURIE ou Sarah BERNHARDT.

satie dapheneoCliquez sur l’image

hahn l'heure exquiseCliquez sur l’image

On y entend la cantatrice Emma CALVÉ (1858 – 1942) chanter un air du Pelléas et Mélisande de Debussy, et à l’occasion, on voit une affiche annonçant sa participation à Carmen , un rôle qu’elle chanté mille fois, de BIZET.

Pelléas cheveuxCliquez sur l’image

dilili affiche carmenCliquez sur l’image

Une partie de l’action se passe dans l’Opéra (le palais Garnier), notamment dans les sous-sols sur le mystérieux lac qui serait sous l’opéra, comme dans le Fantôme de l’opéra de Gaston LEROUX. Et le moyen de se déplacer sur ce lac est une très jolie barque en forme de cygne, en hommage au Lohengrin de WAGNER.

Si vous ne connaissez pas ce film, il faut absolument le voir, c’est tout public grâce aux différents niveaux de lecture, et les décors sont magnifiquement restitués.

 

Animation 1, Fantaisie

Les onomatopées

Ono m’a topé, aurait déclaré John LENNON après sa rencontre avec Yoko. Pour le plaisir, écoutons Imagine !

Si l’on chante beaucoup à l’opéra (c’est un peu le concept, d’ailleurs), on y crie aussi, et les onomatopées n’y manquent pas.

Parmi les précurseurs figure Clément JANEQUIN (1485 – 1558) qui met en musique Les Cris de Paris, le Chant des oiseaux ou encore la Guerre qui imite en musique les bruits de la bataille.

Plus tard RAMEAU mettra en musique le coassement des grenouilles dans sa comédie Platée.

rameau platée grenouillesCliquez sur les grenouilles

À la fin de la Damnation de Faust, après la chevauchée fantastique ponctuée des hop hop de Méphisto, BERLIOZ fait chanter aux esprits de l’enfer un pandémonium sur des onomatopées de son invention (has irimiru karabrao…).

WAGNER n’a pas lésiné non plus sur les onomatopées avec le Hoyotoho Heya Heya dans cette autre chevauchée fantastique qu’est la chevauchée des Walkyries.

Dans le Coq d’or, RIMSKY-KORSAKOV fait chanter son coq en russe, ce qui nous donne Kikeriki koko koko (alors que chacun sait que le coq anglais fait cock-a-doodle-doo).

tex avery cock a doodle doCliquez sur l’image

Le Rataplan du 3e acte de La Force du destin du VERDI est aussi un bon exemple d’onomatopées qui doit être amusant à chanter.

Verdi La forza Acte III RataplanCliquez sur l’image

Sur les conseils de Camille (merci Camille), j’intègre ici la légende de Kleinzach et ses clic clac, cric crac, flic flac, extraite des Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH.

kleinzachCliquez sur l’image

Et en marge de l’opéra, je ne peux résister au plaisir de vous présenter la stripsody de la grande Cathy Berberian. Cathy Berberian pour qui la musique des Beatles (voir l’intro de ce billet) était de la musique contemporaine n’a pas hésité à enregistrer un disque de leur musique.

Stripsody qu’il est facile de rapprocher du titre de Gainsbourg Comic Strip (et ça fait Shebam, plop, wizz…).

Et puisque j’étais il n’y a guère à Bastille pour les Huguenots de MEYERBEER, j’ai sursauté en entendant dans l’air de Marcel du 1er acte PIF, PAF, POUF (sic). (C’est ce qui m’a donné envie d’écrire ce billet).

Divers, Fantaisie

La vie est un songe…

… nous apprenait CALDERON en 1635.

« Life is a dream » told us Calderon in 1635.

a midsummer night dream                                                                          source

Sans surprise, songes et rêves ont inspiré les compositeurs, à commencer par la comédie Le Songe d’une nuit d’été (1595) de SHAKESPEARE, adaptée ou mise en musique par PURCELL (The fairy Queen – 1692), WEBER (Oberon – 1826), Ambroise THOMAS (1850) ou BRITTEN (1960).

A l’époque baroque, on trouve de beaux airs de songe, notamment dans Atys (1676) de LULLY, avec sa belle scène du sommeil. Les songes funestes viennent ensuite le prévenir de ne pas mépriser l’amour de Cybèle.

lully atysCliquez sur l’image

Dans Les Boréades (1763) de RAMEAU, l’héroïne Alphise a fait un songe où le dieu Borée détruisait son royaume. Elle évoque ce rêve dans l’air Songe affreux, image cruelle.

Le XIXe siècle n’est pas avare en songes et en rêves, à commencer par le Freischütz (1821) de WEBER, où Agathe au début de l’acte III chante un rêve funeste qu’elle a eu.

weber fresischutz cavatine d'agatheCliquez sur Agathe

Dix ans après, dans Norma de BELLINI, le général romain Pollione raconte son rêve: son amour à Rome avec sa nouvelle maîtresse était brisé par Norma, son ancienne maîtresse.

En 1864, dans La belle Hélène, OFFENBACH fait chanter Hélène et Pâris qui l’a rejointe dans sa chambre, alors qu’Hélène croit rêver.

offenbach belle helene ce n'est qu'un reveCliquez sur l’image

Et en 1867, dans Roméo et Juliette, GOUNOD fait chanter à Mercutio, l’ami de Roméo l’air de la reine Mab (la reine des songes est la reine des mensonges). Peu après, c’est au tour de Juliette de déclarer vouloir profiter de sa liberté avant ses fiançailles (Je veux vivre dans ce rêve).

gounod roméo et juliette je veux vivreCliquez sur Juliette

 

 

Écrivain, Cinématographe, Fantaisie, littérature

Walter SCOTT

Je vous l’avais promis il n’y a guère, voici donc un billet traitant du cas Walter SCOTT.

(Walter SCOTT is one of the most famous scottish romantic writer. He was know all around Europe, and inspired a lot of operas).

Walter Scott (1771 – 1832) est un des écrivains romantiques les plus importants de son époque. L’œuvre de cet auteur de romans historiques, puisant son inspiration dans les légendes écossaises, se situe à la lisière entre le roman gothique et le romantisme et inspirera beaucoup d’opéras.  ivanhoé TV                                                                             source

Quand j’étais petit, on chantait dans la cour de récréation de l’école Ivanhoé, d’après un ancien feuilleton télé (avec Roger MOORE), dernier vestige de la célébrité de Scott.

Le roman Ivanhoé (1819) a donc connu plusieurs adaptations à l’opéra, la première étant un opéra de ROSSINI en 1826, suivie de peu par le Templier et la Juive de MARSCHNER (1829) et encore par le Templier (1840) de NICOLAÏ.

Outre Ivanhoé, il faut citer La Dame du lac (1819) de ROSSINI, La Dame blanche de BOÏELDIEU (pour l’extrait, j’ai trouvé un air magnifiquement chanté par le ténor Michael Spyres que j’ai découvert récemment dans l’opéra gothique La Nonne sanglante de GOUNOD).

Enfin, il serait dommage de ne pas mentionner dans cette liste Lucia di Lammermoor de DONIZETTI, et encore La jolie Fille de Perth de BIZET.

Divers, Fantaisie

Gastronomie et opéra

Eh non, je ne vais pas parler ici d’opéra bouffe, mais je vais plutôt essayer de vous mettre l’eau à la bouche avec quelques spécialités culinaires issues de l’univers de l’opéra.

À tout seigneur tout honneur, commençons par ROSSINI (1792 – 1868) et son célèbre tournedos, recette que ce bon vivant de Rossini à inventée, et qui consiste à poêler une tranche de foie gras sur une tranche de filet de bœuf.

 tournedos rossini                                                                 tournedos Rossini

Le compositeur MEYERBEER (1791 – 1864) a laissé son nom à une manière de présenter les œufs au plat, avec des rognons d’agneau et des truffes.

oeufs Meyerbeer                                                                   œufs Meyerbeer

En 1864, le chef Auguste ESCOFFIER a créé un dessert qu’il a appelé Poire Belle Hélène, en hommage à l’opéra bouffe d’OFFENBACH (1819 – 1880).

En 1887, la cantatrice Nelly MELBA commence une carrière internationale. Écoutons-la dans un enregistrement de 1910. En 1893, le même Escoffier crée pour elle un dessert qu’il appelle, en son honneur, pêche Melba.

 pêche Melba                                                                      pêche Melba

 

La pâtisserie appelée « opéra » a été créée non en l’honneur du genre opéra, mais pour un de ses sous-produits qui est la danse, et plus précisément pour les petits rats de l’opéra.

Selon l’excellent site Hérodote.net, toute l’histoire en un clic, une de nos spécialités fromagères les plus connues, La Vache qui rit ®, a pour origine un dessin du dessinateur animalier Benjamin RABIER (l’auteur de Gédéon le canard), qui représentait, pendant la première guerre mondiale, une Wachkyrie.

rabier-wachkyrieAprès la guerre, le fromager BEL, qui avait vu ce dessin sur les camions de ravitaillement, s’en est inspiré pour créer son fromage La Vache qui rit, demandant à Rabier d’en dessiner l’étiquette.

Divers, Fantaisie, littérature

En flânant dans le quartier de l’Opéra

Station de métro Opéra, gare de RER Auber, rues GLUCK, AUBER, MEYERBEER, GRETRY, FAVART, SCRIBE place BOÏELDIEU. Tout un monde de musiciens, chansonniers (Favart) ou librettiste (Scribe) se trouve réuni dans un petit périmètre, allant de l’opéra Garnier à la salle Favart (alias Opéra-Comique). rue FavartFavart (1710 – 1792) était un chansonnier, c’est à dire quelqu’un qui écrivait des chansons. Il est membre fondateur de l’Opéra-Comique. À ce titre, on appelle Salle Favart le théâtre de l’Opéra-Comique.

  rue GluckGLUCK (1714 – 1787) était un musicien autrichien venu à la cour de sa compatriote Marie-Antoinette. Il a écrit en France des opéras en français.  rue GrétryGRETRY (1742 – 1813) était un compositeur français, né à Liège.

place BoïeldieuBOÏELDIEU (1775 – 1824) était un compositeur incroyablement populaire en son temps, auteur notamment de La Dame blanche.

rues Halévy MeyerbeerHALEVY (1799 – 1862) était avec MEYERBEER (1791 – 1864), un Allemand venu à Paris pour créer ce qu’on appellera le Grand Opéra à la française (c’est  moi qui rajoute les majuscules pour en imposer un peu plus). Le GOf était un genre d’opéra spectacle total, avec des décors somptueux, des ballets obligatoires, des chœurs volumineux, bref, fallait qu’ça pète comme on dirait aujourd’hui. rues Scribe et AuberEnfin AUBER (1782 – 1871) était un compositeur lui aussi créateur du GOf, et il a travaillé avec le bien-nommé SCRIBE, l’un des librettistes les plus féconds de son temps, qui a fourni des livrets à pratiquement tout ce que la place comportait de compositeurs.

Et pour illustrer cette promenade dans ce beau quartier de Paris, je vous propose une belle balade dans Paris : Les gens de mon quartier, de Las Torres.

On peut aussi faire une partie de cette promenade avec Jacques ROUBAUD, dans son Ode à la ligne 29 des autobus parisiens (2014), où il décrit tout ce que voit un voyageur qui emprunte cette ligne qui va de Saint-Lazare à la porte de Montempoivre.

Très vite, il passe à côté de l’opéra (Garnier) où il évoque Falstaff et Don Juan. On le retrouve un peu plus loin passer à côté de Bastille, mais je reviendrai plus tard sur Jacques ROUBAUD.