littérature, Mes opéras préférés

LES ÉCLAIRS, d’HERSANT (et ECHENOZ), 2021

J’ai assisté ce 2 novembre à la création, mondiale, du drame joyeux les Éclairs, une commande de l’Opéra Comique de Paris au romancier Jean ECHENOZ (prix Médicis en 1983 et prix Goncourt en 1999) et mis en musique par Philippe HERSANT.

Les Éclairs est le fruit d’une commande du directeur du Théâtre de l’Opéra Comique à Jean Echenoz, qui avait quartier libre pour le sujet. Il a alors choisi d’adapter le troisième volume de son cycle des vies imaginaires (après Ravel, 2006 et Courir, 2008), le roman Des Éclairs (2010), une biographie très librement inspirée de la vie de Nikola TESLA. En recevant peu après le livret, déjà tout découpé, le directeur l’a proposé au compositeur Philippe Hersant, qu’il rêvait de voir écrire un opéra pour sa vénérable institution.

Philippe Hersant est né en 1948. Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il est pensionnaire de la Villa Médicis de 1978 à 1980. Le catalogue de ses œuvres est riche de plus de cent numéros d’opus, dont trois opéras (Le Château des Carpathes en 1992 et le Moine noir en 2002).

Hersant Missa Brevis KyrieCliquez sur le Kyrie de la Missa Brevis de Philippe HERSANT

Pour son livret, Echenoz a gardé la trame générale de son roman, mais il a ajouté un personnage féminin, la journaliste Betty, ce qui lui permet de transformer le style du roman : une narration par l’auteur pratiquement sans dialogues, par une narration par un des personnages de l’œuvre. Un personnage secondaire masculin, Angus Napier, disparaît.

Le travail a ensuite commencé entre le librettiste et le compositeur pour « faire » véritablement un opéra, avec des airs, des duos, des chœurs, bref tout ce qui fait un opéra.

Hersant Echenoz des éclairs duettoCliquez sur Philippe Hersant et Jean Echenoz

Le pitch : L’histoire raconte, de façon très libre et romancée, la vie de Nikola Tesla (appelé ici Gregor), prototype du savant fou et asocial et inventeur du courant alternatif.

Hersant Les Éclairs Bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Acte I : l’ingénieur Gregor a quitté l’Europe pour tenter sa chance aux États-Unis. Le paquebot transatlantique sur lequel il fait la traversée connaît une panne de sa dynamo, plongeant les gens de la compagnie maritime dans le désespoir, mais Gregor se propose de réparer cette dynamo. Tout le monde est heureux, y compris Betty, une journaliste qui faisait la traversée sur ce même bateau. L’arrivée à New York se fait sur une très subtile citation de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK.

Muni d’une recommandation, il va voir l’inventeur Edison et lui propose d’améliorer son générateur. Il réussit, mais Edison, vexé, n’honore pas son contrat. Il renvoie Gregor, en lui promettant qu’il ne trouvera plus de travail.

Gregor travaille maintenant sur un chantier. Betty le retrouve et lui propose de rencontrer Parker (Westinghouse), un riche entrepreneur et rival d’Edison. Gregor lui soumet son idée de produire du courant alternatif, là où Edison se polarisait sur le courant continu.

Acte II : avec l’argent gagné chez Parker, Gregor vit désormais dans le luxe et fréquente la haute société. Il fait la rencontre de Norman Axelrod, un philanthrope, et de sa femme Ethel.

Chez les Axelrod

Jaloux du succès de Gregor, et soucieux de ses intérêts propres, Edison décide monter l’opinion publique contre l’invention de son rival. Il commence par faire une rafle des animaux de compagnie pour les électrocuter, et montrer ainsi les dangers du courant alternatif. Puis il passe à la vitesse supérieure en électrocutant une éléphante du zoo. Puis, il passe à l’homme, en inventant la chaise électrique et en en faisant une démonstration où il convoque la presse. Malgré les basses manœuvres d’Edison, l’opinion publique reste toujours avec Gregor.

Acte III : Quelques années plus tard, on retrouve Gregor au Colorado, où il est parti poursuivre ses travaux au calme. Il a inventé une machine capable de produire l’énergie librement, et ainsi de contribuer au bien de l’humanité. Il est en outre persuadé qu’il existe des civilisations extraterrestres, et pense pouvoir entrer en communication avec eux.

Betty

Il revient à New York pour mettre en œuvre ses travaux, mais ses idées commencent à le faire passer pour excentrique, et le monde commence à se détourner de lui. Seule Ethel, secrètement amoureuse de Gregor, continue à le défendre devant les hommes. Les idées généreuses de Gregor de faire bénéficier les hommes gratuitement d’une énergie libre ne plaisent pas à Parker, qui finit par rompre son contrat.

Acte IV : Le soir de Noël, les Axelrod attendent Gregor. Celui-ci arrive, disant que sans le soutien financier de Parker, ses affaires vont de plus en plus mal.

Gregor, chez lui, est de plus en plus seul. Ethel vient lui déclarer (enfin) son amour et lui proposer de partir avec lui en Europe, mais Gregor, par fidélité à Norman, refuse sa proposition.

Gregor est désormais sans argent. Il ne vit plus que pour les pigeons qu’il nourrit, ses seuls vrais amis. Ethel vient lui dire une dernière fois son amour avant de le quitter définitivement, mais Gregor n’est déjà plus là pour l’entendre. Il est désormais « ailleurs ».

(Sources principales :

Jean Echenoz, Des Éclairs, roman, éditions de minuit 2010.

Le spectacle de création à l’Opéra comique le 2 novembre 2021, et le programme associé

À l’exception de la première photo, les clichés photographiques sont issus du site de l’opéra Comique et sont sous copyright de Stefan Brion)

11 réflexions au sujet de “LES ÉCLAIRS, d’HERSANT (et ECHENOZ), 2021”

    1. C’était très chouette et j’ai passé une très bonne soirée.
      Comme je le disais à Régis, les séances de ce soir et du 8 novembre feront l’objet d’une captation vidéo. L’opéra sera diffusé sur France Musique le 1er décembre et ultérieurement sur TV5Monde et sur le site OperaVision.
      Bonne soirée, John Duff.

      Aimé par 2 personnes

  1. Philippe Hersant est mon compositeur contemporain préféré. Je trouve que sa musique n’est pas trop avant-gardiste et pas non plus passéiste – sa modernité me plait. J’aime bien Echenoz aussi et l’idée de lui faire écrire un opéra est excellente. Bref, je t’envie beaucoup d’avoir vu cet opéra « en vrai ». Bonne journée Jean-Louis 🙂

    Aimé par 1 personne

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