littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

RENOUVEAU, de MALLARMÉ

Après Apparition de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « Renouveau », un poème de jeunesse (1866) écrit alors qu’après un hiver fécond (celui où il a commencé à travailler à Hérodiade), Mallarmé s’était trouvé en panne d’inspiration poétique.

Le printemps maladif a chassé tristement

l’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur l’image

Et dans mon être à qui le sang morne préside

L’impuissance s’étire en un long baillement

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau,

Berlioz la Damnation de Faust Merci, doux crépusculeCliquez sur l’image

Et, triste, j’erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane

Fauré Après un rève (Devieilhe)Cliquez sur l’image

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

Thomas Hamlet le chant des fossoyeursCliquez sur l’image

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…

Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil

De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Messiaen Saint-François d'Assise le prêche aux oiseauxCliquez sur la volière

Citations musicales :

Le printemps maladif : BERLIOZ La Damnation de Faust, « Le vieil hiver a fait place au printemps ».

Des crépuscules : Berlioz La Damnation de Faust, « Voici qu’au crépuscule ».

J’erre après un rêve : FAURÉ « Après un rêve » (mélodie).

Creusant de ma face un fosse : Thomas, Hamlet, « chant des fossoyeurs »

Oiseaux en fleur gazouillant au soleil : MESSIAEN Saint-François d’Assise « le prêche aux oiseaux ».

littérature, Oulipo, Poésie

À UNE DAME CRÉOLE, de BAUDELAIRE

Après La Musique de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de cet auteur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales que m’inspirent ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc À une dame créole, écrit pour sa maîtresse Jeanne DUVAL.

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Bizet les Pêcheurs de Perles Je crois entendre encore (Alagna)Cliquez sur le ténor

 

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Rameau Hippolyte et Aricie Que tout soit heureux sous les lois (Diane)Cliquez sur l’image

 

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Lully Alceste PrologueCliquez sur Loulou XIV, le Héros de la nymphe de la Seine

 

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

 

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur le toréador

Citations:

Et de palmiers : BIZET, les Pêcheurs de perles, « Je crois entendre encore » (caché sous les palmiers)

comme une chasseresse : RAMEAU, Hippolyte et Aricie. À la fin de cet opéra, Diane la chasseresse se réjouit de ce que tout se termine bien (Que tout heureux sous les lois…)

la Seine : LULLY, Alceste, dans le prologue de cet opéra, la nymphe de la Seine déclare à Louis XIV qu’il est son héros !

grands yeux noirs : Bizet, Carmen, dans l’air Toréador, un œil noir le regarde.

Et en bonus pour ces yeux noirs, une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation pour accéder au bonus surprise

Fables de la Fontaine, littérature, Oulipo, Poésie

LE CORBEAU ET LE RENARD

Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine, dont on célèbre cette année le 400e anniversaire de la naissance. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre des substantifs de ce poème par des citations musicales que m’évoque ce substantif.)

Aujourd’hui, un classique des classiques, le Corbeau et le Renard.

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

rabier-wachkyrieCliquez sur la Vache qui rit

Maître Renard, par l’odeur alléché,

Janacek la petite renarde rusée Acte II scène IICliquez sur le renard et la renarde

Lui tint à peu près ce langage :

« Hé, bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli, que vous me semblez beau!

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur Papageno et Papagena

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

À ces mots, le Corbeau ne se sent plus de joie;

Et pour montrer sa belle voix,

Donizetti L'Élixir d'amour Une furtiva lagrima (Caruso)Cliquez sur le ténor

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le renard s’en saisit et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l’écoute :

Lully Atys PrologueCliquez sur le prologue d’Atys ou Louis XIV est comparé à un dieu !

Cette leçon vaut bien un fromage , sans doute. »

Le corbeau, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Citations :

un fromage : WAGNER, la Walkyrie, Chevauchée des Walkyries.

Maître Renard : JANACEK, La petite Renarde rusée.

votre plumage : MOZART La Flûte enchantée, duo de Papageno et Papagena

sa belle voix : DONIZETTI, l’Élixir d’amour, Una furtiva lagrima interprété par Enrico CARUSO (mort il y a cent ans en 1921).

tout flatteur : LULLY, prologue d’Atys, tout à la gloire de Loulou XIV, comparé dans ce prologue à un dieu.

Cinématographe, littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

APPARITION, de Stéphane MALLARMÉ

Après Victorieusement fui le suicide beau de MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, ce sera Apparition, un poème de jeunesse :

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs

Tchaïkovski Hymn of the CherubimCliquez sur les Chérubins (désolé, je n’ai pas trouvé de séraphins)

Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots
glissant sur l’azur des corolles.

Marais (Sainte-Colombe) les Pleurs SavallCliquez sur les Pleurs de la viole de M. de Sainte-Colombe


— C’était le jour béni de ton premier baiser.

Gounod Roméo et Juliette Ange adorableCliquez sur Juliette et Roméo qui vont échanger leur premier baiser

Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse


La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue

Donizetti l'Élixir d'amour quanto e bellaCliquez sur Nemorino découvrant sa belle au soleil de midi


Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la Fée

Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Citations musicales :

Des séraphins en pleurs : Hymne des Chérubins de TCHAÏKOVSKI.

… de mourantes violes De blancs sanglots… : Marin MARAIS les Pleurs, tirés du film Tous les matins du monde d’Alain CORNEAU.

Le jour béni de ton premier baiser : Duo « Ange adorable » extrait du Roméo et Juliette de GOUNOD.

Du soleil aux cheveux : Au début de l’Élixir d’amour de DONIZETTI, le héros chante son amour pour sa belle sous la chaleur du soleil de midi en été.

La fée au chapeau de clarté : La fée, la marraine de Cendrillon, dans l’opéra du même nom de MASSENET.

littérature, Oulipo, Poésie

ENCORE DES HAÏKUS (4e série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Voici une nouvelle série de haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par les idées musicales qui me viennent en le lisant.

Sur un haïkaï de Solène : HAÏKUS ( Défi ) – LE MONDE DE SOLÈNE (wordpress.com)

Et quand je m’endors

Le train du sommeil me prend

Gare de ton corps

Honegger Pacific 231Cliquez sur l’orchestre

D’après un texte de Isaia Berlin (1933), cité par l’Oulipo : Isaia Berlin :    http://berlin.wolf.ox.ac.uk/published_works/singles/bib9.pdf

Abbé, cédez ! Euh…

F., j’ai hachis ! Gikaël

Aime Éno, pécu…

Mozart l'alphabetCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Régis : https://wordpress.com/read/blogs/122969003/posts/2029

C’est une ballade
Au printemps, mode mineur,
Mais pour les majeurs

Brahms ballade opus 118 (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Sur un haïkaï de Tout l’opéra ou presque (😉)

La Carmencita

Près des remparts de Séville

Danse la séguedille

Bizet Carmen Près des remparts de SévilleCliquez sur la Carmencita

Sur un haïkaï de Luciole : https://wordpress.com/read/blogs/121462464/posts/49

Fleurs de la Minuit
Sur le sapin de Noël
Du jardin d’hiver

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta dans son jardin d’hiver

Citations musicales :

Le train : Arthur HONEGGER Pacific 231

Abbé, cédez : MOZART l’alphabet

une ballade : BRAHMS ballade opus 118 n° 3

Près des remparts de Séville : BIZET Carmen « Séguedille »

Du jardin d’hiver : TCHAÏKOVSKI Iolanta « Air du jardin et des roses »

Voilà, c’est tout pour cette série. Retrouvez des haïkus en cliquant sur ce lien « troisième série ».

Vous pouvez encore m’en envoyer, et n’oubliez pas de voter pour l’Agenda Ironique de novembre 2020.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

VICTORIEUSEMENT FUI LE SUICIDE BEAU, de MALLARMÉ.

Je suis passé la semaine dernière au centre de Lille, sur la Grand-place, et vraiment je ne comprends pas ! J’ai l’impression qu’il y a des bulles où la COVID ne sévit pas. Où les jeunes peuvent s’entasser sur les terrasses des cafés, sans aucune distanciation et, pour la majorité d’entre eux, sans masque. Alors amis jeunes, si vous voulez mourir, faites-le, mais dans votre coin et sans mettre en danger la vie d’autrui, et pensez un peu au personnel soignant, qui lui se met en danger en permanence pour sauver des gens comme vous.

Après Le Tombeau de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Ce poème, qui figure dans l’édition de ses poésies entre le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, et Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx, date de 1885. Le suicide dont il est question n’est pas celui d’une jeunesse inconséquente, mais celui du soleil qui se plonge dans la mer au moment du couchant.

Aujourd’hui, je vous propose donc Victorieusement fui le suicide beau.

Victorieusement fui le suicide beau

Puccini Turandot Tu che di gel sei cinta (Domnique Gless)Cliquez sur Liu 


Tison de gloire, sang par écume, or, tempête !
Ô rire si là-bas une pourpre s’apprête
À ne tendre royal que mon absent tombeau.

Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau
S’attarde, il est minuit, à l’ombre qui nous fête
Excepté qu’un trésor présomptueux de tête
Verse son caressé nonchaloir sans flambeau,

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

La tienne si toujours le délice ! la tienne
Oui seule qui du ciel évanoui retienne
Un peu de puéril triomphe en t’en coiffant

Moussorgski Boris Godounov couronnement (Bryn Terfel)

Avec clarté quand sur les coussins tu la poses
Comme un casque guerrier d’impératrice enfant
Dont pour te figurer il tomberait des roses.

voici des rosesCliquez sur l’image

Citations:

Le suicide beau : dans Turandot de PUCCINI, la jeune esclave Liu se suicide pour favoriser l’amour de son maître Calaf et de la princesse Turandot.

Sans flambeau : BERLIOZ Béatrice et Bénédict « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

puéril triomphe en t’en coiffant : MOUSSORGSKI Boris Godounov, et sa scène du couronnement de Boris.

il tomberait des roses : Berlioz, la Damnation de Faust, « Voici des roses ».

Découvrez « Apparition« , un poème de jeunesse de Mallarmé.

littérature, Oulipo, Poésie

LA MUSIQUE, de Charles BAUDELAIRE (1 – WAGNER)

Après L’albatros, de Baudelaire, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans ses poèmes.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un classique qui trouve toute sa place sur ce blog : La Musique.

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur Wolfram


Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Wagner Tristan und Isolde Acte 1 scène 1 Frisch weht der WindCliquez sur l’image

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Wagner Tristan und Isolde O sink hernieder, Nacht der LiebeCliquez sur la partition

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Wagner Der fliegende Holländer OuvertureCliquez sur l’orchestre

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Citations musicales :

ma pâle étoile : Romance à l’étoile extraite du Tannhäuser de Richard WAGNER.

Je mets à la voile : au début de Tristan und Isolde de Wagner, un marin chante …

Que la nuit me voile : Extrait de la nuit d’amour au deuxième acte de Tristan.

D’un vaisseau qui souffre… : Ouverture du Vaisseau fantôme de Wagner, qui décrit la tempête, puis la mer qui se calme quand le vent tombe.

Je me suis limité pour cet exercice aux musiques de Wagner, des admirateurs de qui Baudelaire faisait partie, mais vous aurez prochainement droit à une seconde version, qui sera illustrée par des musiques de DEBUSSY.

Retrouvez un autre poème de Baudelaire avec « À une dame créole« .

littérature, Oulipo, Poésie

ULTIME, de Jacques BENS

Après L’albatros, écrit par Charles BAUDELAIRE, je vous propose un nouveau poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici parmi les 41 sonnets irrationnels de Jacques BENS.

Le sonnet irrationnel est une forme oulipienne inventée par Jacques Bens. C’est un sonnet en ce qu’il comporte 14 vers, et il est qualifié d’irrationnel parce que la répartition de ces vers s’établit suivant le rythme 3 1 4 1 5, soit le début des décimales de Pi.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Ultime.

Avec le dernier-né, s’achève la carrière
De cette poésie gracile et roturière
Qui tente d’animer des sonnets sans éclat.

Messiaen Saint-François d'Assise Musique et PoésieCliquez sur l’image

Car je n’ai pas beaucoup de goût pour l’éloquence.

« Sans éclat », ce serait presque un apostolat,
La victoire en chantant, la trompette guerrière,
Si j’avais un petit la fibre aventurière,
Et quelques dons physiques pour le pugilat,

Méhul le chant du départCliquez sur l’image

Sans compter un revenez-y pour l’éloquence.

Il n’en est pas question. Je n’ai pas la patience
Au temple parnassien de jouer les Samson,

Saint-Saëns Samson et Dalila Vois ma misère hélasCliquez sur Samson


Ni les bras, ni le poil, ni-ni l’impertinence.
Au demeurant, tout ça se veut sans conséquence,
Comme un vent du matin et comme une chanson.

Mozart Idoménée Zefiretti lusinghieriCliquez sur l’image

Citations :

De cette poésie gracile : À la fin de Saint-François d’Assise de MESSIAEN, Saint-François déclare « Seigneur, Musique et Poésie m’ont conduite vers Toi » juste avant que de mourir.

La victoire en chantant, la trompette guerrière. La référence ici est directe au Chant du départ de MÉHUL.

Au temple parnassien de jouer les Samson : Comment ne pas penser à Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, opéra qui se termine par la destruction du temple par Samson.

Comme un vent du matin et comme une chanson : Dans Idoménée de MOZART, Ilia, la fille de Priam prend la nature à témoin de sa douleur. (Zéphir léger et charmant.)

Agenda Ironique, Fantaisie, Oulipo, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE D’AOÛT 2020

Ce mois-ci c’est Max-Louis qui nous donne le thème de l’agenda ironique :

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la plage de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaira (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique …) le tout … Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
Flot
Argile
Perche
Monoï
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Voici donc ma contribution participative à l’édification de ce monument de la littérature qu’est l’Agenda Ironique, contribution qui sera faite sous la forme de haïkus.

Sur la plage B

De cet ancien disque usé

Carmen a chanté.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

+ + +

Assis sur la plage

Eischenbach songe au destin

La Mort à Venise.

Britten The death in Venice la plageCliquez sur Eischenbach face aux flots

+ + +

La plage chauffée,

Au soleil une fille s’est

Mise à danser (Brel)

Brel sur la placeCliquez sur Jacques BREL

+ + +

Haïkaï ou haïkus

Poésie en kïmono

Pauvre Cio-Cio-San.

Puccini madama Butterfly Un bel di vedremo CallaCliquez sur le kimono de Cio-Cio-San

+ + +

Colosse, pied d’argile

Benvenuto Cellini

Statue de Persée.

Berlioz Benvenuto Cellini Si la terre aux beaux jours se couronneCliquez sur l’image

+ + +

Renard et corbeau

Un corbeau perché sur l’arbre

Fable de La Fontaine.

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

Citations :

Carmen, de BIZET : « L’amour est un oiseau rebelle ».

La Mort à Venise, de BRITTEN.

Sur la place, de Jacques Brel.

Madame Butterfly, de PUCCINI : « Un bel di vedremo ».

Benvenuto Cellini, de BERLIOZ : « Chœur des ciseleurs ».

OFFENBACH, Six fables de la Fontaine, « le Corbeau et le renard ».

 

littérature, Oulipo, Poésie

L’ALBATROS, de Charles BAUDELAIRE

Après Le tombeau de Charles BAUDELAIRE, écrit par Stéphane MALLARMÉ à la mémoire de Baudelaire, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de… Baudelaire (comme quoi le hasard fait parfois bien les choses).

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un classique des classiques : L’Albatros.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

Wagner Vaisseau fantôme ouverture (Janowski)Cliquez sur l’image

 

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Schubert Wanderer FantasieCliquez sur le pianiste

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

Zemlinsky le Nain finalCliquez sur l’image

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Purcell King Arthur Fairest IsleCliquez sur l’image

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’image

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

Citations :

Ce navire glissant sur les gouffres, ce peut être le Vaisseau fantôme (der fliegende Holländer) de Richard WAGNER, bateau condamné à errer sans fin dans la tempête, jusqu’à ce que son capitaine trouve l’amour absolu capable de le délivrer de sa malédiction.

Ce voyageur ailé m’évoque la Wanderer Fantasie (Fantaisie du Voyageur), de SCHUBERT, ce poète qui s’exprimait en musique et qui a traversé sa courte vie à peu près totalement incompris par ses contemporains.

Cet être comique et laid pourrait être Le Nain (der Zwerg) de ZEMLINSKY. Par jeu, on a fait croire à ce petit être difforme que la princesse, à qui il a été offert pour son anniversaire, pourrait être amoureuse de lui. L’opéra finira très mal pour lui et il meurt foudroyé par la vérité aux pieds de la princesse.

Le prince des nuées ! À l’acte V du King Arthur de PURCELL, l’enchanteur Merlin convoque Éole, le prince des nuées, pour calmer la tempête. Une île surgit des flots, Britannia !

L’archer peut-être Guillaume Tell, héros de l’opéra de ROSSINI.

Et puis quand il y a matière, il y a matière, alors pour célébrer le mois d’août qui commence, voici une deuxième lecture de l’Albatros de Baudelaire.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

Verdi Otello ouvertureCliquez sur l’image

 

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Schubert Winterreise EstarrungCliquez sur la partition

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

Verdi Rigoletto La MaledizioneCliquez sur Rigoletto

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Rameau les Boréades Borée en fureur (Acte III)Cliquez sur Borée en fureur

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Monteverdi le retour d'Ulysse dans sa patrieCliquez sur Ulysse

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Citations :

Ce navire glissant sur les gouffres pourrait être celui du général vénitien Otello rentrant après sa victoire sur les Turcs, et pris dans une tempête en arrivant à Chypre, dans l’opéra de VERDI.

Ce voyageur ailé m’évoque le Voyage d’hiver (Winterreise) de Schubert, ce poète qui s’exprimait en musique et qui a traversé sa courte vie à peu près totalement incompris par ses contemporains.

Cet être comique et laid, ce pourrait être Rigoletto, dans l’opéra de VERDI portant ce nom.

Le prince des nuées pourrait être Borée, le dieu du vent, dans les Boréades de RAMEAU. À la fin de l’acte III, Borée fait éclater sa fureur et provoque une tempête qui emportera la reine Alphise, qui dédaigne ses fils.

Et l’archer pourrait être Ulysse. Au deuxième acte du retour d’Ulysse dans sa patrie (Il Ritorno d’Ulisse in Patria) de MONTEVERDI, Pénélope, pressée par ses prétendants de choisir un nouveau mari, déclare qu’elle choisira celui qui saura bander l’arc d’Ulysse. Seul Ulysse, que personne n’a encore reconnu, réussit cet exploit et tue les prétendants.

Et en bonus, retrouvez l’albatros mis en musique par Ernest CHAUSSON.

Chausson Baudelaire l'AlbatrosCliquez sur l’image