littérature, Oulipo, Poésie

L’HOMME ET LA MER, de Charles BAUDELAIRE

Homme libre toujours tu chériras la mer !

Année BAUDELAIRE oblige, je continue mes poèmes mis en musique façon OuLiPo, après La musique de Charles BAUDELAIRE, par un classique de cet écrivain : L’Homme et la Mer.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un autre classique : L’Homme et la Mer.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’image

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Debussy la Cathédrale engloutie (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

 

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

Wagner der Fliegende Holländer ouvertureCliquez sur l’image
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Citations :

ton esprit n’est pas un gouffre : LALO le roi d’Ys ouverture. Cet opéra du Lillois Édouard Lalo reprend la légende de la ville d’Ys, engloutie par les eaux.

Au bruit de cette plainte : La mer de DEBUSSY.

nul n’a sondé le fond de tes abîmes : Peter Grimes de BRITTEN. Dans cet opéra, le héros Peter Grimes, en butte à l’hostiilité des villageois finit par aller se perdre en mer avec son bateau.

nul ne connaît tes richesses intimes : Debussy la Cathédrale engloutie

voilà des siècles innombrables : Le Vaisseau fantôme de WAGNER. Dans cet opéra, le Hollandais est condamné à errer éternellement (ou presque) sur les flots déchaînés.

Pour vous permettre de relire ce poème sans avoir à subir mes divagations musicales, je vous propose de le retrouver dans son jus.

Et si vous voulez un supplément de musique, cliquez donc sur le bonus surprise !

Point d'interrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un supplément de musique !

Agenda Ironique, Mallarmé, Oulipo

AGENDA IRONIQUE DE SEPTEMBRE 2021

Hop hop hop, on ne bouge plus, on écoute (ou plutôt on lit.)

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a proposé (en second) pour animer l’Agenda Ironique de septembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style (hihihi, tant pis pour vous.)

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

J’ai fait un POC (Proof of Concept) pour tester la solidité de ma proposition en demandant à mon ami Stéphane ce qu’il en pensait, il m’a immédiatement répondu en me proposant deux textes, que je vous livre ici à titre d’exemple.

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Aboli bibelot d’inanité sonore.

J’ai donc considéré que le concept était valide et je vous le soumets. Je vous rassure, mon ami Stéph’ sera hors concours, d’autant que ses amphibolies ne sont pas si jolies que ça !

À vos blogs ! 🙂

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire cidsous jusqu’au 26 septembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 septembre.

Mallarmé, Oulipo, Poésie

REMÉMORATION D’AMIS BELGES, de MALLARMÉ

Après La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose « Remémoration d’amis belges », un poème de 1893 en hommage aux poètes belges du cercle Excelsior de Bruges, où Mallarmé avait été invité à donner une conférence en1890.

Les quatrains évoquent la ville de Bruges, sombre et vétuste, alors que les tercets évoquent l’aube, d’où des cygnes surgissant des canaux noirs de la cité prennent leur envol en toute liberté, comme la poésie permet de s’abstraire de la médiocrité de la vie au quotidien.

À des heures et sans que tel souffle l’émeuve

Toute la vétusté presque couleur encens

Comme furtive d’elle et visible je sens

Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve

Boulez Pli selon pliCliquez sur l’image

Flotte ou semble par soi n’apporter une preuve

Sinon d’épandre pour baume antique le temps

Nous immémoriaux quelques-uns si contents

Sur la soudaineté de notre amitié neuve

Verdi La Forza del destino Amici in vita e in morteCliquez sur l’image

Ô très chers rencontrés en le jamais banal

Bruges multipliant l’aube au défunt canal

Grisar Le Carillonneur de BrugesCliquez sur le carillonneur de Bruges

Avec la promenade éparse de maint cygne

Saint-Saëns Carbnaval des animaux le cygneCliquez sur l’image

Quand solennellement cette cité m’apprit

Lesquels entre ses fils un autre vol désigne

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit.

Schubert Scwanengesang StändchenCliquez sur l’image

Citations musicales :

Pli selon pli : BOULEZ Pli selon pli, hommage à Mallarmé. Cette œuvre; commencée en 1957 a connu, comme nombre d’œuvres de Boulez plusieurs remaniements, et ce jusqu’en 1990. Elle est construite sur une mise en musique de cinq poëmes de Mallarmé, dont le fameux « Le Vierge le vivace et le bel aujourd’hui« , description d’un malheureux cygne pris dans les glaces à Paris lors d’un hiver très rigoureux.

notre amitié : VERDI La Force du destin, Duo « Amici in vita e in morte ». Dans cet opéra de Verdi, le héros Alvaro sauve son ennemi (sans le reconnaître) sur le champ de bataille. Ils se jurent une amitié à la vie et à la mort.

Bruges : Il existe un opéra de Albert GRISAR intitulé le Carillonneur de Bruges (1852).

de maint cygne : SAINT-SAËNS, le Carnaval des animaux, « le Cygne ».

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit : SCHUBERT Schwanengesang (le Chant du cygne), « Ständchen ».

Agenda Ironique, Fables de la Fontaine, Oulipo

LE CHÊNE ET LE CORPS BEAU, d’après La FONTAINE

ESOPE RESTE ICI ET SE REPOSE

Ce palindrome mériterait de figurer sur la tombe du fabuliste ÉSOPE, un des inspirateurs de ce bon monsieur de La FONTAINE, l’ineffable homme à fables. La fable qui suit, très librement inspirée du corpus La Fontainien, est donc ma contribution à l’Agenda Ironique d’août 2021, dont le thème est proposé par l’affable Max-Louis.

Le thème : Fable

J’explique : la fable est de tout temps parmi nous entre le mensonge et l’imaginaire en passant par l’érotisme et le pamphlet, elle couvre tous les pans de la société. Le récit nous transporte où nous enfonce qu’importe la fable est la chair de notre chair sans nous en rendre compte, qu’elle soit anodine ou prégnante.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :

« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus » Edmond Jabès : Le Livre des Questions Tome 2

Agenda Ironique Août 2021 | Le dessous des mots (wordpress.com)

La raison du plus fort n’est toujours la meilleure

Nous l’allons montrer tout à l’heure

Le chêne un jour dit au corps beau

Blow Vénus & AdonisCliquez sur l’image

Que vous êtes joli, que vous me semblez beau

Sans mentir, tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilea

Mais que faisiez-vous au temps chaud ?

Vous chantiez, j’en suis fort aise

et bien dansez maintenant

Rameau les Indes galantes Forêts paisiblesCliquez sur les danseurs

À ces mots, le corps beau ne se sent plus de joie

Il pousse un large contre-ut

Donizetti La Fille du régiment pour mon âme quel destinCliquez sur « l’air aux neuf contre-ut »

En vain le chêne lutte

Le corps beau souffle si fort qu’à la fin il déracine

Celui de qui la tête au Ciel était voisine

C’en est fini de lui

Une lettre se détache de son nom, le chne n’est déjà plus

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées.

Citations : le corps beau, ce ne peut-être que celui d’Adonis, mis en musique par John BLOW dans son masque Venus & Adonis.

Dansez maintenant : RAMEAU Les Indes galantes Air : « Forêts paisibles »

un large contre-ut : DONIZETTI La Fille du régiment air : « pour mon âme »

Tout me semble zéphyr : MOZART Idoménée air « Zeffireti lusinghieri ».

Et si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici, vous pouvez cliquer sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici

littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

LA CHEVELURE VOL D’UNE FLAMME A L’EXTRÊME, de MALLARMÉ

Après Renouveau de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « La chevelure vol d’une flamme à l’extrême », un poème de 1887 qui est une allégorie de l’idée mallarméenne de la femme, « cette divinité qui n’est que soi ».

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Debussy Pelléas et Mélisande Mes longs cheveux descendentCliquez sur Mélisande

Occident de désirs pour la tout éployer

Se pose (je dirais mourir un diadème)

Haendel Giulio Cesare Caro Bella Piu amabile beltaCliquez sur l’image

Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vive nue

L’ignition du feu toujours intérieur

Berlioz Béatrix et Bénedict l'amour est un flambeau l'amour est une flamme (Domingo)Cliquez sur l’image

Originellement la seule continue

Dans le joyau de l’œil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame

Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur Marguerite

Rien qu’à simplifier avec gloire la femme

Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche

Ainsi qu’un joyeuse et tutélaire torche

Citations musicales :

La chevelure : DEBUSSY Pelléas et Mélisande air : « Mes longs cheveux descendent » de l’acte III.

un diadème : HAENDEL Giulio CESARE in Egitto duo « Caro ! Bella ! Piu amabile belta ». À la fin de cet opéra, César remet le diadème royal à Cléopâtre et ils se déclarent leur amour.

L’ignition du feu toujours intérieur : BERLIOZ Béatrix et Bénédict, air « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

ne mouvant astre ni feux : GOUNOD Faust Air des bijoux.

Et pour vous permettre d’apprécier ce poème sans être géné(e) par mes disgressions musicales, le voici dans sa version originale.

littérature, Oulipo, Poésie

« LES PHARES », de Charles BAUDELAIRE

Après avoir wagnerisé, puis debussysé le poème « La Musique » de Charles BAUDELAIRE, je vous propose aujourd’hui d’illustrer musicalement le poème « Les Phares », où Baudelaire rend hommage aux grands peintres qui constituent son panthéon.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Ce billet a été réalisé avec l’aide amicale de John DUFF, qui en plus d’être un éminent vexillologue est également un éminent baudelairien.

Rubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s’agite sans cesse,
Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer ;

Wagner Tannhäuser BacchanaleCliquez sur la bacchanale

Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l’ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement ;

Michel-Ange, lieu vague où l’on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;

Don Giovanni finalCliquez sur le fantôme puissant venant chercher Don Giovanni en étirant les doigts

Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand coeur gonflé d’orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats,

Debussy Prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’après-midi d’un faune impudent

Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;

Berlioz Symphonie fantastique Un BalCliquez sur l’image

Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De foetus qu’on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d’enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;

De Falla Goyescas Los RequiebrosCliquez sur le pianiste

Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;

Weber Berlioz l'invitation à la valseCliquez sur la pochette du disque

Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C’est pour les coeurs mortels un divin opium !

Berlioz Te DeumCliquez sur le Te Deum

C’est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C’est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

Citations :

Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer : WAGNER, Tannhaüser, Bacchanale. Baudelaire a fait partie des premiers admirateurs français de Wagner, et il a écrit Wagner et Tannhauser à Paris en 1861, après la création française de cet opéra.

Des fantômes puissants qui dans les crépuscules : MOZART, Don Giovanni, scène finale.

impudences de faune : DEBUSSY, Prélude à l’après-midi d’un faune (d’après un poème de MALLARMÉ).

Qui versent la folie à ce bal tournoyant : BERLIOZ Symphonie Fantastique « Un bal »

Goya, cauchemar plein de choses inconnues : GRANADOS, Goyescas. Dans son œuvre Goyescas, Granados s’est attaché à traduire en musique ce que lui inspiraient les peintures de GOYA.

comme un soupir étouffé de Weber : WEBER, l’Invitation à la Valse, orchestrée par Berlioz.

Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum : Berlioz Te Deum.

littérature, Oulipo, Poésie

LA MUSIQUE, de Charles BAUDELAIRE (2 – DEBUSSY)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de BAUDELAIRE, je vous propose une autre version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version debussysée.

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur l’image


Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Debussy Préludes VoilesCliquez sur Arthur-Benoît Michel-Ange

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Debussy Nocturnes NuagesCliquez sur l’image

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Debussy Préludes Ce qu' vu le vent d'ouestCliquez sur le champion du monde de piano toutes catégories

Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

Citations musicales :

ma pâle étoile : Nuit d’étoiles, cette mélodie est la première œuvre éditée de Claude-Achille !

La voile : « Voiles », deuxième morceau du premier livre des Préludes.

la nuit me voile : Premier mouvement des Nocturnes : « Nuages ».

Le bon vent, la tempête et ses convulsions : « Ce qu’a vu le vent d’ouest », septième morceau du premier livre des Préludes.

Calme plat, grand miroir : DEBUSSY, premier mouvement du poème symphonique la Mer, « De l’aube à midi sur la mer ».

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

RENOUVEAU, de MALLARMÉ

Après Apparition de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « Renouveau », un poème de jeunesse (1866) écrit alors qu’après un hiver fécond (celui où il a commencé à travailler à Hérodiade), Mallarmé s’était trouvé en panne d’inspiration poétique.

Le printemps maladif a chassé tristement

l’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur l’image

Et dans mon être à qui le sang morne préside

L’impuissance s’étire en un long baillement

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau,

Berlioz la Damnation de Faust Merci, doux crépusculeCliquez sur l’image

Et, triste, j’erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane

Fauré Après un rève (Devieilhe)Cliquez sur l’image

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

Thomas Hamlet le chant des fossoyeursCliquez sur l’image

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…

Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil

De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Messiaen Saint-François d'Assise le prêche aux oiseauxCliquez sur la volière

Citations musicales :

Le printemps maladif : BERLIOZ La Damnation de Faust, « Le vieil hiver a fait place au printemps ».

Des crépuscules : Berlioz La Damnation de Faust, « Voici qu’au crépuscule ».

J’erre après un rêve : FAURÉ « Après un rêve » (mélodie).

Creusant de ma face un fosse : Thomas, Hamlet, « chant des fossoyeurs »

Oiseaux en fleur gazouillant au soleil : MESSIAEN Saint-François d’Assise « le prêche aux oiseaux ».

littérature, Oulipo, Poésie

À UNE DAME CRÉOLE, de BAUDELAIRE

Après La Musique de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de cet auteur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales que m’inspirent ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc À une dame créole, écrit pour sa maîtresse Jeanne DUVAL.

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Bizet les Pêcheurs de Perles Je crois entendre encore (Alagna)Cliquez sur le ténor

 

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Rameau Hippolyte et Aricie Que tout soit heureux sous les lois (Diane)Cliquez sur l’image

 

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Lully Alceste PrologueCliquez sur Loulou XIV, le Héros de la nymphe de la Seine

 

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites
Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

 

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur le toréador

Citations:

Et de palmiers : BIZET, les Pêcheurs de perles, « Je crois entendre encore » (caché sous les palmiers)

comme une chasseresse : RAMEAU, Hippolyte et Aricie. À la fin de cet opéra, Diane la chasseresse se réjouit de ce que tout se termine bien (Que tout heureux sous les lois…)

la Seine : LULLY, Alceste, dans le prologue de cet opéra, la nymphe de la Seine déclare à Louis XIV qu’il est son héros !

grands yeux noirs : Bizet, Carmen, dans l’air Toréador, un œil noir le regarde.

Et en bonus pour ces yeux noirs, une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation pour accéder au bonus surprise

Fables de la Fontaine, littérature, Oulipo, Poésie

LE CORBEAU ET LE RENARD

Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine, dont on célèbre cette année le 400e anniversaire de la naissance. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre des substantifs de ce poème par des citations musicales que m’évoque ce substantif.)

Aujourd’hui, un classique des classiques, le Corbeau et le Renard.

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

rabier-wachkyrieCliquez sur la Vache qui rit

Maître Renard, par l’odeur alléché,

Janacek la petite renarde rusée Acte II scène IICliquez sur le renard et la renarde

Lui tint à peu près ce langage :

« Hé, bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli, que vous me semblez beau!

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Flûte enchantée Papageno PapagenaCliquez sur Papageno et Papagena

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

À ces mots, le Corbeau ne se sent plus de joie;

Et pour montrer sa belle voix,

Donizetti L'Élixir d'amour Une furtiva lagrima (Caruso)Cliquez sur le ténor

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le renard s’en saisit et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l’écoute :

Lully Atys PrologueCliquez sur le prologue d’Atys ou Louis XIV est comparé à un dieu !

Cette leçon vaut bien un fromage , sans doute. »

Le corbeau, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Citations :

un fromage : WAGNER, la Walkyrie, Chevauchée des Walkyries.

Maître Renard : JANACEK, La petite Renarde rusée.

votre plumage : MOZART La Flûte enchantée, duo de Papageno et Papagena

sa belle voix : DONIZETTI, l’Élixir d’amour, Una furtiva lagrima interprété par Enrico CARUSO (mort il y a cent ans en 1921).

tout flatteur : LULLY, prologue d’Atys, tout à la gloire de Loulou XIV, comparé dans ce prologue à un dieu.