littérature, Mallarmé, Oulipo, poésie

LE TOMBEAU DE CHARLES BAUDELAIRE

Après Hommage, écrit à la mémoire de Richard WAGNER, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Le tombeau de Charles BAUDELAIRE, écrit en hommage à son ainé, mort en 1867. Comme Baudelaire, MALLARMÉ faisait partie des premiers admirateurs de Wagner en France, et ils avaient en commun une grande admiration pour Edgar Allan POE. Il peut être intéressant de comparer leurs traductions respectives de son poème le Corbeau (the Raven) (« Une fois, par un minuit lugubre… »)

(Rappel, j’ai déjà traité le poème le tombeau d’Edgar POE sur ce blog.)

 

Le temple enseveli divulgue par la bouche

Debussy La Cathédrale engloutieCliquez sur le temple enseveli

Sépulcrale d’égout bavant boue et rubis

Abominablement quelque idole Anubis

Tout le museau flambé comme un aboi farouche

Verdi Aïda Possente Fthà (Anubis)Cliquez sur Anubis

 

Ou que le gaz récent torde la mèche louche

Essuyeuse on le sait des opprobres subis

Il allume hagard un immortel pubis

Dont le vol selon le réverbère découche

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

 

Quel feuillage séché dans les cités sans soir

Votif pourra bénir comme elle se rasseoir

Contre le marbre vainement de Baudelaire

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur Roméo devant le tombeau de Juliette

 

Au voile qui la ceint absente avec frissons

Celle de son Ombre même un poison tutélaire

Toujours à respirer si nous en périssons

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

 

Citations :

Le temple enseveli : par ce temple enseveli, j’entends la Cathédrale engloutie de DEBUSSY, autre ami de Mallarmé, qui a mis en musique notamment son Prélude à l’après-midi d’un faune.

l’idole ANUBIS me propulse par la pensée en Égypte, par exemple pour écouter Aïda de VERDI. Si on y célèbre le dieu Ptah, c’est en définitive le dieu de la mort Anubis qui triomphe, puisque Aïda et son amant Radamès meurent emmurés dans une caverne.

un immortel pubis : si on considère que ce second quatrain évoque la prostitution, un des thèmes récurrents apparaissant dans l’œuvre de Baudelaire, cet immortel pubis pourrait être celui de Lulu (prononcer Loulou), l’héroïne vénéneuse de l’opéra de BERG.

le marbre : les deux tercets du sonnet se rapportent au tombeau de BAUDELAIRE, et le marbre est donc celui de son monument funéraire. Je vous propose donc ici de vous recueillir, comme le faisait Roméo, sur le tombeau de Juliette qu’il croyait morte, dans le Roméo et Juliette de GOUNOD.

un poison tutélaire : Dans le Couronnement de Poppée (l’Incoronazione di Poppea) de MONTEVERDI, le philosophe Sénèque est condamné à mort par Néron. Il fait ses adieux à ses amis avant de boire le poison, pendant que ses amis le pleurent.

 

Animation 1, Fables de la Fontaine, Fantaisie, littérature, Oulipo, poésie

LE LOUP ET L’AGNEAU

Après Le Lion et le Rat, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, un classique des classiques, le Loup et l’Agneau.

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.

Audran La MascotteCliquez sur l’image

Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.

Prokofiev Pierre et le loup part 2Cliquez sur l’image

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;

Bellini La somnambule Ah! Perché non posso odiartiCliquez sur Rodolfo

Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

Gounod Roméo et Juliette Dieu qui fis l'homme à ton imageCliquez sur l’image

– Je n’en ai point.
– C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.

Monteverdi Orfeo Nymphes et bergersCliquez sur Orfeo et son chœur de nymphes et de bergers

On me l’a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts

Rameau les Indes galantes forêts paisiblesCliquez sur des forêts pas si paisibles que ça !

Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Citations :

Un agneau : AUDRAN La Mascotte Duo « J’aime bien mes dindons / j’aime bien mes moutons » (désolé je n’ai pas trouvé d’agneau, alors j’ai pris un mouton.)

Un loup : PROFOFIEV Pierre et le Loup (retrouvez ici la version DISNEY de Pierre et le Loup)

En colère : À la fin du premier acte de La somnambule de BELLINI, Elvino trompé par les apparences se met en colère contre le comportement d’Amina.

Ton frère : GOUNOD Roméo et Juliette Frère Laurent « Dieu de bonté ».

Vos bergers : Au début de l’Orfeo de MONTEVERDI, le Chœur des nymphes et des bergers célèbre les noces d’Orfeo et Euridice (Orphée et Eurydice.)

Au fond des forêts : Dans Les Indes galantes de RAMEAU, la quatrième entrée se terminent dans une réconciliation autour du calumet de la paix (Danse et air « Forêts paisibles ».)

 

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QUELQUES AUTRES HAÏKAÏS (3e SÉRIE)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Voici donc une troisième livraison de haïkaïs, dont certains écrits par vous (merci, merci, merci.)

Sur un haïkaï de John DUFF

Dans cet air très beau

Pretty s’est mise à chanter

Elle m’a fait pleurer

Verdi la Traviata Pretty Yende

Sur un haïkaï, en anagramme de confinement, réalisé dans le cadre du challenge #haikuchallenge

Ce confit ne ment

Et finement ne t’enfonce

En ce net moment

Alfano Cyrano (avec Placide Domingue)Cliquez sur l’image

Sur un hommage à JANKÉLÉVITCH

FAURÉ – DEBUSSY

Wladimir Jankélévitch

RIMSKI-KORSAKOV

Fauré Après un rêve

Sur un haïkaï de Marie-Anne

Vaisselle en musique

Concerto pour violon et

Torchon à carreaux

Beethoven concerto pour violon 3e mvtCliquez sur l’image

Sur une proposition de Philippe :

Chant de la sirène

Sur la plage désertée

Elle attend l’été

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Luciole

Beauté de Psyché

Cupidon est en émoi

Décoche une flèche

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Citations :
Concerto pour violon : Troisième mouvement du concerto pour violon de BEETHOVEN. (Pour ce mouvement, Beethoven a repris un chant révolutionnaire français, « Mieux vaut la mort que l’esclavage, c’est la devise des français ».)
Pretty s’est mise à chanter : La soprano Pretty YENDE s’est récemment illustrée dans la Traviata de VERDI. (Vous pourrez voir sa Traviata samedi 9 mai sur la 5.)
Ce confit ne ment : Pour illustrer cette terre du confit (d’oie ou de canard), j’ai choisi Cyrano de Bergerac de Franco ALFANO (celui-là même qui a achevé la partition de Turandot de PUCCINI.)
Fauré : Laissons-nous emporter par sa mélodie « Après un rêve ».
Chant de la sirène : Pour illustrer ce chant de la sirène, j’ai choisi « les Sirènes », une pièce de Lili BOULANGER, grande compositrice morte trop jeune.
Psyché : Je vous propose d’écouter un extrait de Psyché, de LULLY.
Retrouvez d’autre haïkaïs en cliquant sur le lien.
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LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – semaine du 4 au 10 mai

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 4 au 10 mai 2020.

Au sommaire quelques classiques, de Don Giovanni de MOZART à La Bohème de PUCCINI, mais aussi un opéra contemporain avec L’Amour de loin, de la compositrice finlandaise Kaija SAARIAHO sur un livret d’Amin MAALOUF, et une rareté : Hamlet d’Ambroise THOMAS.

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 4 Mai Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Les Noces de Figaro Sull aria

 

Mardi 5 Mai Thomas Hamlet

HAMLET 1600x685.jpg

Mercredi 6 mai Kaija Saariaho L’Amour de Loin.

 

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Jeudi 7 mai STRAUSS Capriccio

 

Strauss Cappriccio METCliquez sur l’image

Vendredi 8 mai Puccini La Bohème

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur l’image

Samedi 9 mai un documentaire sur l’histoire du MET.

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Dimanche 10 mai deux opéras véristes MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

 

Leoncavallo Pagliacci METCliquez sur l’image

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans mentionner la passionnante étude de Georges PEREC consacrée à Marcel GOTLIB, parue dans Cantatrix Sopranica sous le titre  « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

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LE MET S’INVITE CHEZ VOUS, SEMAINE DU 17 AVRIL AU 3 MAI

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 27 avril au 3 mai 2020.

On y trouve la trilogie des STUART, de DONIZETTI, mais aussi VERDI et surtout le Prince Igor de BORODINE !

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 27 avril Donizetti Anna Bolena

Donizetti Anna Bolena METTuesday, April 28 Donizetti Maria Stuarda

Donizetti Maria Stuarda MET

Mercredi 29 avril Donizetti Roberto Devereux

Donizetti Roberto Devereux MET

Jeudi 30 avril Nico Muhly Marnie
Cette œuvre est une adaptation à l’opéra du roman qui avait déjà été adapté au cinéma par HITCHCOCK sous le titre français Pas de Printemps pour Marnie. Elle a été créée à Londres en 2017, et il s’agit ici de la reprise de 2018.

Muhly Marnie I see Forio

Vendredi 1er mai Le choix des regardeurs : Verdi Aïda

Verdi Aïda Price Cossoto MET

Samedi 2 mai Verdi Luisa Miller

Verdi Luisa Miller MET

Dimanche 3 mai Borodine Le Prince Igor

Borodine Prince Igor MET

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans rappeler qu’une partie des études recensées par PEREC dans la bibliographie de son étude sur l’influence tomatotopique sur le hurlement des sopranos a été faite dans cette maison d’Opéra :

Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

 

 

Contes et légendes, Divers, Fantaisie, Oulipo, poésie

QUELQUES HAÏKAÏS (2)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Après un premier billet consacré aux haïkus, voici une deuxième série de haïkaïs créés sur le thème de l’opéra.

La Travia-ta

Et la Dame aux camélias

Est la même personne.

Verdi la Traviata Pretty YendeCliquez sur la Traviata

 

Sur une suggestion de Max-Louis :

Couleurs d’opéra

Aïda, Tannhaüser

VERDI et WAGNER.

 Verdi Aïda marche Met      Wagner Tannhauser ouverture Karajan

Cliquez sur les images ci-dessus

Sur une suggestion de Marie-Anne :

Le piano rit

du rire carnassier de

ses quatre-vingts touches.

 

Schubert Liszt Yuja WangCliquez sur les touches

Sur un haïkaï de Luciole :

Le chat de Noël

Devant ces mille lumières

Rêve-t-il aussi?

Cats the musical MemoryCliquez sur le chat

Sur un haïkaï de Solène :

Au-dessus du pont

La pleine lune luit

Dans la nuit, tranquille

Le pont by SolèneCliquez sur l’image

 

Hansel und Gretel

Un opéra d’HUMPERDINCK

Un conte pour enfants

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur Hänsel et Gretel

Vous pouvez encore m’envoyer des haïkaïs si le cœur vous en dit 😀 !

Et retrouvez une nouvelle série en cliquant, sur ce lien.

 

Fantaisie, Histoire de l'opéra, littérature, Mallarmé, Oulipo

L’OPÉRA DE SAINT-GLINGLIN S’INVITE CHEZ VOUS

Saint-Glinglin est le titre d’un roman (1948) de Raymond QUENEAU, et est la refonte de deux romans précédents : Gueule de pierre (1934) et les Temps mêlés (1941). Son Opéra, de renommée mondiale, s’est donné pour mission de monter les œuvres tirées de Queneau et de ses amis, oulipiens ou autres.

Son riche catalogue de pestacles est disponible sans limites dans le temps sur son site Error404Pagenotfound :

https://Error404Pagenotfound

Au programme vous pouvez trouver :

Le ballet La croqueuse de diamants de Queneau et DAMASE (avec une chorégraphie de Roland PETIT)

Damase la rue Montorgueil (la croqueuse de diamants)Cliquez sur l’image

Les exercices de style chantés par les Frères Jacques.

Exercices de style Botanique

Le Dimanche de la vie : Ce roman de Queneau a vu un projet d’opéra coécrit par Queneau et son ami Boris VIAN. Cette œuvre n’ayant malheureusement pas vu le jour, l’Opéra de Saint-Glinglin a décidé de mettre le film qui a été tiré du roman à disposition sur son site.

Queneau le dimanche de la vie (film)Cliquez sur l’image

L’opéra qui a été écrit pas Edison DENISOV à partir de l’Écume des jours de Boris Vian est également disponible.

Denisov l'écume des joursCliquez sur l’image

De Jaques Prévert, on trouve L’Opéra de la lune et l’Opéra des girafes.

Mayoud Prévert l'Opéra de la luneCliquez sur la lune et la girafe

On trouve également les ébauches de Pierre BOULEZ pour les Cent mille milliards de poèmes. Boulez est malheureusement décédé avant d’avoir pu terminer la mise en musique de l’intégralité de ces 100 000 000 000 000 de poèmes.

William CHRISTIE a été tout excité quand il a appris qu’on avait trouvé dans les archives du musée national d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye les manuscrits de DEBUSSY pour une adaptation en musique du poème « Le Corbeau » (« the Raven ») d’Edgar Allan POE, traduit par MALLARMÉ. Les écrits de Mallarmuche étant une sorte « d’étalon » pour tester les contraintes littéraires de l’OuLiPo, il était naturel que ce soit à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il en assurât la création mondiale.

De Georges PEREC , on trouve La Disparition, seul opéra écrit sans qu’apparaisse la note MI (en notation anglaise ou allemande, la note MI est représentée par la lettre E.) Queneau étant né au Havre, il a semblé opportun de demander aux célèbres duettistes HAVRE et CAUMARTIN le livret de cette adaptation.

De Perec également, c’est évidemment à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il a prononcé sa fameuse conférence sur l’influence tomatotopique du lancer de tomates sur les sopranos, et on peut naturellement y découvrir l’enregistrement de Cantatrix Sopranica L., sa célèbre étude.

Cantatrix Sopranica L

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QUELQUES (AUTRES) FEMMES COMPOSITRICES

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale des Femmes (en France, on ajoute des droits des Femmes) qu’il faut en conclure que les 365 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs (😉)

Après, donc, une première sélection de femmes compositrices parue en 2019, en voici une nouvelle avec des compositrices tout aussi passionnantes.

Hildegarde de BINGEN (1098 – 1179) est une des premières femmes compositrices recensée. Son activité ne se limitait pas à la composition, c’était aussi une femme de lettres et une théologienne, récemment reconnue comme Docteur de l’Église (une des quatre femmes à obtenir cette reconnaissance).

hildegarde von Bingen O JerusalemCliquez sur l’image

Maria Theresia von PARADIS (1759 – 1824) était une pianiste, chanteuse et compositrice viennoise pour qui MOZART aurait composé son dix-huitième concerto pour piano.

Von Paradis SicilienneCliquez sur l’image

Louise FARRENC (1804 – 1875), élève de CLEMENTI, REICHA ET HUMMEL, a enseigné le piano au Conservatoire de Paris.

Farrenc symphonie n 3 finalCliquez sur l’image

Augusta HOLMÈS (1847 – 1903) a publié ses premières partitions sous un pseudonyme masculin. Elle a écrit un opéra, la Montagne noire. Camille SAINT-SAËNS lui demande de l’épouser, mais c’est avec le poète Catulle MENDÈS qu’elle a une liaison et ses enfants.

Holmès BarcarolleCliquez sur l’image

Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931) a écrit, avant Francis POULENC, une musique pour les Mamelles de Tirésias, d’APOLLINAIRE. Proche du mouvement Dada, elle a écrit de la musique Dada.

Germaine Albert Birot Dada 3Cliquez sur Dada

Kaija SAARIHAO, Finlandaise née en 1952, est l’auteure (notamment) de quatre opéras, dont deux écrits sur un livret d’Amin MAALOUF : Adriana Mater et l’Amour de loin. Elle a aussi écrit Graal Théâtre, un concerto de violon d’après l’œuvre du mathématicien et écrivain oulipien Jacques ROUBAUD.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur le livre

Pour en savoir plus :

Hildegarde von BINGEN

Louise FARRENC

 

 

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« HOMMAGE », de STÉPHANE MALLARMÉ

Après Sainte, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Hommage, écrit en hommage à Richard WAGNER, dont Mallarmé était un des admirateurs français.

Le silence déjà funèbre d’une moire

Liszt la gondole funèbreCliquez sur la gondole funèbre

Dispose plus qu’un pli seul sur le mobilier
Que doit un tassement du principal pilier
Précipiter avec le manque de mémoire.

 

Notre si vieil ébat triomphal du grimoire,

Berlioz Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur l’image

Hiéroglyphes dont s’exalte le millier

Glass Akhnaten HymnCliquez sur l’image

À propager de l’aile un frisson familier !
Enfouissez-le-moi plutôt dans une armoire.

 

Du souriant fracas originel haï

Haydn Die Schöpfung

Entre elles de clartés maîtresses a jailli
Jusque vers un parvis né pour leur simulacre,

 

Trompettes tout haut d’or pâmé sur les vélins

Wagner fanfare bayreuthCliquez sur les trompettes

Le dieu Richard Wagner irradiant un sacre
Mal tu par l’encre même en sanglots sibyllins.

 

Citations :

Le silence déjà funèbre : le beau-père et ami de Wagner, Franz LISZT, a écrit cette Gondole funèbre (ou lugubre gondole), à la mémoire son ami et gendre.

ébat triomphal du grimoire : Quand je pense à ce grimoire, je pense au vieux docteur Faust qui a passé sa vie le nez dans les grimoires, et que le printemps finit pas réveiller à la vie dans la Damnation de Faust de BERLIOZ.

Hiéroglyphes : Pour évoquer ces hiéroglyphes, je vous ai choisi l’hymne de Akhnaten (Akhénaton) de Philip GLASS. (En fait, par hiéroglyphes [les glyphes sacrés], Mallarmuche entendait les notes de musique déposées sur la partition)

Fracas originel : Début de la Création, de HAYDN. Après un prélude orchestral figurant le chaos, les voix s’extirpant des ténèbres originelles figurent la lumière (à 7 min 28 s).

Trompettes tout haut d’or : Au festival de Bayreuth, l’appel du public ne se fait pas avec une bête sonnerie, les cuivres d’orchestre se mettent au balcon et appellent le public en jouant un leitmotiv. La grande classe ! (Vous pouvez jouer à trouver les opéras représentés en fonction des thèmes joués.)

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Raymond QUENEAU – Partie 2

Poursuivons notre lecture de la vie et de l’œuvre de Raymond QUENEAU, le dernier encyclopédiste (?), lecture abordée sous un angle musical.

En 1951 paraît le roman hégélien le Dimanche de la vie. Un projet d’adaptation en opéra, écrit en collaboration avec Boris VIAN, ne verra finalement pas le jour. C’est dans ce roman que le héros, Valentin Bru, raconte son passage à Bayreuth : « Une ville où on joue de la musique ».

Wagner Lohengrin (Bayreuth)Cliquez sur l’image

En 1955, son ami le cinéaste René CLÉMENT fait appel à Queneau pour écrire les chansons de son film Gervaise, inspiré de l’Assommoir de ZOLA, avec une musique de Georges AURIC.

Auric GervaiseCliquez sur Gervaise

En 1958, il travaille à Zazie dans le métro, et son fameux Doukipudonktan inaugural, qui paraît début 1959. Dans Zazie, un des personnages s’appelle Turandot, comme l’opéra de PUCCINI et l’oncle hormosessuel de Zazie, qui a un numéro de travesti dans un cabaret de Pigalle, exécute son numéro de danse favori : la mort du cygne. Zazie dans le métro sera adapté dès 1960 au cinéma par Louis MALLE.

Puccini Turandot finalCliquez sur le final (heureux) de Turandot

En 1960, il crée avec François le Lionnais (et d’autres) l’OuLiPo (l’Ouvroir de Littérature Potentielle), une sous-commission de Collège de Pataphysique.

En 1961 paraît une de ses œuvres oulipiennes majeures, Cent mille milliards de poèmes.

En 1961 encore, il écrit avec Johnny HALLYDAY la chanson « Je te tuerai d’amour ».

Queneau Halliday je te tuerai d'amourCliquez sur Johnny (même si ici c’est Zizi JEANMAIRE qui chante)

En 1965 paraît un des ses romans les plus achevés, l’étourdissant les Fleurs bleues, et en 1968, son dernier roman, le Vol d’Icare.

Parallèlement, il publie trois recueils de poésie complémentaires, Courir les rues (1967), Battre la campagne (1968) et Fendre les flots (1969) avant de terminer par son dernier recueil, Morales élémentaires (1975).

En 1967, Georges PEREC entre à l’OuLiPo et deviendra un des amis de Queneau. Ses plus grosses contributions à l’OuLiPo sont la Disparition, un lipogramme en E de 312 pages, et La Vie mode d’emploi.

Outre ses activités littéraires, Queneau a également travaillé pour le cinéma (Monsieur RIPOIS de René Clément, Landru de Claude CHABROL [où il apparaît], le Chant du styrène de Alain RESNAIS [Ô temps suspend ton bol…], Jean-Pierre MOCKY, mais aussi Orson WELLES ou Luis BUNUEL.

Peintre lui-même, il a côtoyé les plus grands de son siècle, de PICASSO à MIRO, en passant par ARP ou DUBUFFET.

Je suis bien conscient au travers de ces deux billets de n’avoir fait qu’effleurer le personnage de Queneau, j’aurais pu parler de ses travaux mathématiques, ou de son écriture pour le théâtre (à la demande d’Albert CAMUS), mais j’espère seulement vous avoir donné l’envie d’en savoir plus sur lui.

Sources : Album Queneau de la Pléiade, éditions Gallimard, 2002.

Queneau œuvres complètes, tome III, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.