Mes opéras préférés, Mythologie

ROLAND, de LULLY (1684)

Roland est une des dernières tragédies lyriques de Lully, composée en 1684 sur un livret de Quinault, d’après l’Orlando Furioso de l’Arioste. Elle fut créée à Versailles le 8 janvier 1685.

Le pitch : Roland aime Angélique, qui aime Médor. Apprenant leur mariage, Roland devient fou, avant que de partir chercher la gloire des combats.

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Prologue : Démégorgon, le roi des fées, chante les louanges du roi Louis XIV, et se propose de raconter les exploits de Roland, comparant ainsi le roi au héros fameux de l’histoire de France.

Acte I : Roland aime Angélique, la fille du roi de Cathay, mais Angélique aime Médor, qu’elle a sauvé de la mort et qui l’aime en retour. Médor n’est pas noble, aussi Angélique hésite-t-elle entre l’amour et la gloire. Elle convainc Médor de renoncer à elle, mais regrette aussitôt son choix. Zilante offre à Angélique un bracelet de la part de Roland.

Acte II : La fontaine enchantée de l’amour. Pour se détacher de l’amour de Médor, Angéliqque cherche la fontaine de la haine, mais c’est la fontaine de l’amour qu’elle trouve dans la forêt. Témire chante le feu de l’amour, aussi facile à allumer que difficile à éteindre.

Apercevant Roland, Angélique se sert d’un anneau enchanté qui la rend invisible. Roland se désole de ne pas voir sa belle et se plaint auprès de Témire. Survient Médor, qui veut se suicider par amour pour Angélique. Elle se révèle alors à lui, et lui confie son amour. Toutes sortes de créatures telles qu’amours, sylvains et autres nymphes se réjouissent du bonheur d’Angélique et Médor.

Acte III : Un port de mer. Témire dit à Médor de craindre la colère de Roland. Angélique laisse croire à Roland qu’elle l’aime, au grand désespoir de Médor qui l’a entendue. Roland parti, elle rassure Médor sur ses sentiments pour lui. Elle projette de partir à Cathay et d’y présenter Médor aux habitants comme leur futur roi.

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Acte IV : Une grotte au milieu d’un bocage. Roland erre dans la forêt à la recherche d’Angélique. Il trouve des vers gravés sur la paroi d’une grotte, témoignage de l’amour d’Angélique et de Médor. Des bergers lui annoncent qu’ils se sont mariés. Il en devient fou.

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Acte V : Le palais de la fée Logistille. La fée Logistille fait apparaître en songe à Roland une troupe de héros, qui lui font comprendre que la gloire des combats est préférable à l’amour. Quand il se réveille, il renonce à l’amour et retourne à sa vocation de héros. La Gloire, la Renommée et la terreur viennent convaincre Roland de reprendre les armes et d’aller délivrer son pays. Logistille et le chœur des fées se réjouissent et chantent ensemble la gloire de Roland.

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Mythologie

JEPHTÉ ET IPHISE

Jephté était un des douze juges d’Israël. Avant de combattre les Ammonites, Jephté fait le vœu (imprudent) d’offrir à Dieu la première personne qui viendrait à sa rencontre après la victoire. C’est sa fille Iphise qui se présente à lui, et Jephté se voit obligé de la sacrifier. Cette histoire nous rappelle celle du roi de Crête Idoménée qui, pour se sauver d’une tempête, fait le vœu de sacrifier à Poséidon la première personne qu’il rencontrerait en rentrant chez lui. Las, c’est son propre fils, Idamante, qui vient à sa rencontre, et Idoménée se voit obligé de le sacrifier. Comme pour Jephté, la légende d’Idoménée a été souvent portée à l’opéra, notamment par Campra et par Mozart.

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Mais revenons à Jephté. Carissimi écrit en 1648 un oratorio, l’Histoire de Jephté (Historia di Jephte).

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Moins connu est l’oratorio de Draghi, Historia di Jephte, créé à Vienne en 1687.

En France, on trouve des traductions musicales chez Élisabeth Jacquet de la Guerre avec sa cantate Jephté (1711).

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En 1732, c’est Michel Pignolet de Montéclair qui écrit la tragédie lyrique Jephté, peut-être son chef-d’œuvre dans le domaine de l’opéra.

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En 1752, c’est l’inévitable Haendel qui compose l’oratorio Jephta.

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Mythologie

IPHIGÉNIE

Iphigénie est la fille d’Agamemnon, lui-même petit-fils de Tantale (celui du supplice). En tant que descendante de Tantale, elle est victime de la malédiction des Atrides, qui veut que ses descendants s’entretuent. C’est ainsi qu’elle doit être sacrifiée par son père Agamemnon pour apaiser la colère de Diane, et permettre ainsi aux Grecs de commencer la guerre de Troie.

La légende d’Iphigénie nous est parvenue par Euripide avec ses deux tragédies Iphigénie à Aulis et Iphigénie en Tauride.

En France, Racine écrit son Iphigénie en 1674, tragédie qui se déroule au moment du fameux sacrifice. C’est sur la base de cette pièce que Gluck écrit en 1774 son premier opéra pour Paris, Iphigénie en Aulide.

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En 1785, Ignace Pleyel écrit une Ifigenia in Aulide

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En 1788, cest Cherubini qui écrit son Ifigenia in Aulide.

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En Allemagne, c’est Goethe qui s’inspire du personnage d’Iphigénie dans son Iphigénie en Tauride (1779-1786), où l’on retrouve Iphigénie dix ans plus tard, au service de la déesse Diane qui l’a sauvée du sacrifice en la remplaçant par une biche et en la transportant dans un de ses temples, en Tauride.

Cette partie de l’histoire, qui avait déjà été mise en musique par Campra en 1704, sera également portée par Gluck en 1779 dans son Iphigénie en Tauride.

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En Espagne, José de Nebra écrit la zarzuela Iphigenia en Tracia (1747).

Zarzuela Philippe IV
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Iphigénie en Tauride a été mis en musique en France par Piccinni en 1781

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et en Italie par Galuppi en 1768 et par Jomelli en 1771 et par Ignace Pleyel en 1785.

Mes opéras préférés, Mythologie

ERCOLE AMANTE, de BEMBO (1707)

Pour écrire son Ercole amante (Hercule amoureux), Antonia Bembo a repris le livret de celui de son maître Cavalli , fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche en 1662.

Elle n’a toutefois pas conservé le prologue à la gloire de Loulou XIV

Le pitch : Hercule est amoureux de Iole, qui aime son fils Hyllus. Il est aidé dans ses visées par Vénus, la déesse de l’amour, alors que Junon, qui défend la moralité, s’oppose à ces amours. Déjanire, la femme bafouée d’Hercule, donne à Hercule la tunique de Nessus, croyant ainsi retrouver l’amour de son mari. Mais la tunique est empoisonnée, et Hercule meurt, brûlé d’un feu intérieur.

Acte I : Hercule, marié à Déjanire, est tombé amoureux de Iole, la fiancée de son fils Hyllus. Il a enlevé la jeune fille après avoir tué son père, le roi Eutyre. Le héros invincible se désespère de voir la force de son amour pour la jeune fille résister à la fidélité de Iole. (Air : « Come si beffa amor ».)

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Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces. La déesse de l’amour lui promet de l’aider à séduire lole, alors que Junon, furieuse, veille à ce que cela ne se réalise pas (Air : « E vuol dunque ciprigna ».) Junon part pour la grotte du sommeil pour faire échouer le projet de Vénus et Hercule.

Acte II : Hyllus et Iole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs (Duo : « Amor ardor piu cari »

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Hyllus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas.

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Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule. À cette occasion, on apprend qu’Hercule a tué Eutyre, le père d’Iole, car contrairement à sa promesse de donner sa fille à Hercule, Eutyre a préféré la donner à Hyllus.

Lychas court dévoiler ce secret à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».) Elle craint que la fureur d’Hercule ne le pousse à tuer leur propre fils. Lychas lui conseille d’être prudente face à Hercule.

Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet d’Hercule, Junon emporte le Sommeil sur son char, comptant sur lui pour empêcher Hercule et sauver les liens de son mariage.

Acte III : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Iole et d’Hyllus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.

Quand Iole arrive, accompagnée d’Hyllus, elle commence par se révolter, mais Vénus fait apparaître un siège magique qui envoûte Iole, qui fait alors une déclaration d’amour à Hercule, au grand étonnement d’Hyllus. Celui-ci révèle à son père son amour pour Yole et Hercule chasse son fils.

Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Iole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Hyllus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Iole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Iole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pour lui pourraient changer s’il épargne Hyllus.

Hercule envoie Déjanire en exil et fait emprisonner son fils dans une tour.

Déjanire et Hyllus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)

Acte IV : Hyllus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule pour lui sauver la vie. Une tempête se lève et Hyllus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Hyllus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus (Air : « Congedo agl’orridi »). Hyllus monte sur le char de Junon.

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Dans son exil, Déjanire songe à se suicider. Elle se lamente sur son sort quand Iole arrive pour se recueillir sur la tombe de son père. Le monument funéraire s’ouvre, et le spectre d’Eutyre dit sa colère de voir Iole mariée avec Hercule, son assassin. Déjanire annonce qu’elle a vu Hyllus se jeter à la mer. Iole pense au suicide, mais Lychas l’en empêche. Il conseille à Déjanire de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, revêtue d’un onguent qui rendrait son mari fidèle (Nessus est un centaure qu’Hercule a tué lors de ses douze travaux).

Acte V : Aux enfers, les anciennes victimes d’Hercule, réunies par Eutyre, complotent contre le héros.

Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend l’horrible vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Hyllus, sauvé des eaux par miracle, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon descend du ciel et annonce qu’Hercule n’est pas mort, mais qu’il est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Iole, Hylus et Déjanire remercient Vénus.

Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va apporter la prospérité.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Mythologie, Nature

UN DÉLUGE DE DÉLUGES

Le Déluge est un archétype que l’on trouve dans pratiquement toutes les civilisations. Il s’agit, dans beaucoup de cas, d’un châtiment divin destiné à punir les hommes de leur impiété.

La plus ancienne description du déluge semble être la version Babylonnienne, datant de 1700 av. J.-C. Notre Noé s’appelait alors Atrahasis le Supersage, ou Utnapishtim, ou encore Ziuzudra.

On retrouve le mythe du déluge en Inde où le dieu Vishnu sauve du déluge, sous la forme d’un poisson, le père de l’humanité. Dans le Mahabharata, l’ascète Manu est averti par un poisson du déluge, et lui conseille de se construire un bateau. Quand le déluge arrive, le poisson tire le bateau jusqu’à une montagne où Manu débarque. De la descendance de Manu provient le genre humain.

Chez les gréco-romains, c’est Jupiter qui veut rayer l’humanité de la carte. Cet épisode nous est conté par Ovide dans le livre 1 des Métamorphoses. Toutefois Jupiter, ému par un couple de vieillards pieux, Deucalion et Pyrrha, décide de les sauver. Cette légende a été mise en musique par Berton et Giraud en 1755, dans un ballet qui porte ce nom.

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Une autre version est l’opéra-comique Deucalion et Pyrrha (1855), de Montfort, sur un livret de Barbier et Carré.

Dans la religion chrétienne, le déluge est connu par l’épisode de la Genèse, ou dieu demande à Noé et sa famille de construire une arche dans laquelle il recueillerait un couple de chacune des bestioles qui peuplent la Terre et de les embarquer. Après quoi, Dieu fait pleuvoir quarante jours et quarante nuits, inondant ainsi complètement la terre. Après cette période diluvienne, la pluie cesse de tomber et Noé envoie d’abord un corbeau, puis une colombe, chercher une trace de terre émergente. Le corbeau revient sans avoir rien trouvé, et la colombe revient avec un rameau d’olivier, preuve qu’ils pourront bientôt aborder la terre ferme.

Une des premières adaptations en musique est l’oratorio il Diluvio universale (1682), de Falvetti.

Sous le même titre il Diluvio universale, Gaetano Donizetti a écrit un opéra en 1830.

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En 1875, c’est Camille Saint-Saëns qui compose l’oratorio le Déluge.

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Une autre adaptation en musique de cette légende biblique est l’Arche de Noé, un opéra pour enfants de Benjamin Britten.

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On trouve d’autres occurrences du mythe du déluge en Chine ou au Mexique.

Mes opéras préférés, Mythologie, Philosophie

SATYAGRAHA, de Philip GLASS (1980)

Satyagraha est un opéra en trois actes de Philip Glass. Le livret, rédigé en sanscrit, est de Constance de Jong, d’après la Bhagavad-Gita. Satyagraha a été créé à Rotterdam le 5 septembre 1980. C’est le deuxième de la trilogie des grands penseurs qui ont changé le monde, après Einstein on the beach (1976) et avant Akhnaten (1984).

Satyagraha vient du mot sanscrit qui signifie « la force véritable » et s’inspire des années que Gandhi a passées en Afrique du Sud dans sa jeunesse, où il a commencé à élaborer sa théorie de la non-violence. Le premier acte est placé sous la figure tutélaire de Tolstoï, le second sur celle du poète indien Rabindranath Tagore et le troisième sur celle de Martin Luther King.

La Bhagavad Gita est extraite du Mahabharata, vaste épopée/cosmogonie hindoue plurimillénaire, qui relate la guerre entre les clans des cousins germains Pandava et Kaurava. On peut dire que le Mahabharata est pour l’Inde ce que le Livre du Graal est à l’occident chrétien ou les Mille et une nuits au monde arabo-persan.

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Acte I : Tolstoï

Scène 1 : On the Kuru Field of Justice. La bataille de Kuru est un épisode de la Bhagavad Gita relatant la bataille entre les Kuruva et les Pandava. Le dieu Ganghi échange avec Krishna et Arjuna sur le dilemme entre combattre par honneur ou ne pas combattre pour accéder au paradis.

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Scène 2 : La ferme de Tolstoï. Dans la ferme de Tolstoï (avec qui Gandhi a échangé une correspondance pendant des années), on découvre les Satyagrahas, une communauté pacifiste. Il faut se détacher du désir dans l’action pour avoir une vie morale.

Scène 3 : Le Vœu. En 1906, les Indiens d’Afrique du Sud sont obligés de se faire enregistrer, alors qu’une loi restreignait leur liberté de déplacement dans le pays.

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Acte II : Tagore

Scène 1 : Confrontation and rescue. En 1896, Gandhi rendait compte dans les journaux des conditions de vie de ses compatriotes. Il est menacé et pris à partie par les Afrikaners.

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Scène 2. Indian opinion. Indian opinion est le nom d’un journal fondé par Gandhi où il dénonçait le racisme des Afrikaners vis-à-vis des Indiens et des Noirs.

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Scène 3 : Protest. En 1908, en signe de protestation, les Indiens brûlent leurs papiers d’identité.

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Acte III : (scène unique) Cette scène fait référence à une grande marche de Martin Luther King en 1913, et fait la part belle au chœur et à un ensemble de six solistes. Le Seigneur renaît, âge après âge, au cours du temps, pour protéger le bien et repousser le mal.

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(Sources principales, les représentations de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Écrivains, littérature, Mythologie

VIRGILE (70-19, av. J.-C.)

Publius Vergilius Maro, dit Virgile, est un poète latin, né en 70 en Lombardie avant J.-C.

À 35 ans, il publie un petit recueil de poèmes, les Bucoliques, glorifiant l’empereur Auguste. Les Bucoliques seront suivies d’un second recueil, les Géorgiques. Les Géorgiques, ou les travaux de la terre, au sens large, est une commande de Mécène, son protecteur qui a laissé son nom au mécénat. Beethoven s’inspirera des Géorgiques dans sa Symphonie Pastorale et sa tempête.

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On trouve également dans les Géorgiques le thème d’Orphée et Eurydice.

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Mais le grand œuvre de Virgile est l’Énéide, qui occupera les dernières années de sa vie. L’Énéide raconte l’histoire du prince Énée, depuis la guerre de Troie jusqu’à la fondation d’une « nouvelle Troie », en Italie. Dans son périple, il aborde à Carthage où la reine Didon tombe amoureuse de lui, mais ne peut le retenir, car son destin est de fonder une « nouvelle Troie » en Italie.

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Virgile meurt à Brindisi en 19 avant J.-C.

Virgile était un des poètes les plus célèbres de son époque, et il le restera après sa mort, entrant dans la légende. On le trouve par exemple dans la Divine Comédie de Dante Alighieri, où il accompagne le poète en Enfer et au Purgatoire.

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Mes opéras préférés, Mythologie

LES TROYENS, de BERLIOZ (1858)

Les Troyens est un vaste opéra de Berlioz. Berlioz, qui connaissait très bien l’Énéide de Virgile, en compose lui-même le livret. Commande de l’opéra de Paris, la partition des Troyens est jugée injouable par l’orchestre, et la première représentation, partielle, a lieu le 4 novembre 1863 au Théâtre lyrique. Il faudra attendre 1899 pour que la première partie, la Prise de Troie, soit donnée à l’Opéra et 1919 pour l’exécution de la deuxième partie, les Troyens à Carthage.

La prise de Troie.

Acte 1 : À Troie, les Troyens s’apprêtent à faire la fête, car après dix ans de siège, les Grecs sont partis et la cité est sauve. La famille du roi Priam est prête, mais seule Cassandre ne cède pas à la liesse. Elle a le pressentiment d’un danger pour la ville, mais personne ne l’écoute. Même son fiancé, Chorèbe, n’arrive pas à la comprendre.

Cliquez sur Chorèbe
Cliquez sur Cassandre

Priam décide une cérémonie funèbre à la mémoire de son fils Hector, tué pendant la guerre de Troie. Énée n’accepte pas le gouvernement de Priam et rêve d’autre chose pour la ville de Troie. Il verrait bien son fils Ascagne comme héritier du régime, mais c’est Astyanax, le fils d’Hector et Andromaque, que Priam choisit pour lui succéder.

Les Grecs ont laissé en partant une offrande rituelle à la porte de la ville : un immense cheval de bois. Les Troyens s’apprêtent à la faire entrer dans la ville quand Énée apporte une terrible nouvelle. Le prêtre Laocoon, qui se méfiait des Grecs, même porteurs de présents, a été assassiné. Priam et son entourage sont frappés de stupeur, mais ils décident quand même d’accepter le cadeau des Grecs (octuor et double chœur : « Châtiment effroyable ».)

Cliquez sur l’octuor et le double chœur

Seule Cassandre continue à jouer les Cassandre en prédisant un grand malheur, mais les Troyens n’en ont cure et font entrer le cheval géant dans la ville.

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Acte II :

Le cheval de Troie n’était qu’un piège grossier de la part des Grecs, piège dans lequel les Troyens ont plongé. Des soldats étaient cachés à l’intérieur du cheval. Ils en sortent pendant la nuit et ouvrent les portes de Troie à l’armée grecque. Priam et sa femme Hécube sont tués. Créuse, la femme d’Énée, se suicide.

Énée cherche à la ramener à la vie quand il voit le fantôme d’Hector qui l’exhorte à quitter Troie et à se rendre en Italie pour y fonder une nouvelle Troie. Panthée, un ami d’Énée et Chorèbe lui demandent de prendre les armes contre les Grecs.

Les femmes troyennes reconnaissent que Cassandre avait eu raison et regrettent de ne pas l’avoir écoutée. Cassandre leur demande de la rejoindre de la mort pour ne pas tomber aux mains des soldats grecs. Elle se suicide et Énée fuit la ville en flammes.

Cliquez sur le chœur des Troyennes

Les Troyens à Carthage.

Acte III :

À la suite de l’assassinat de son mari, la reine Didon a quitté Tyr et se retrouve à Carthage.

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Anna, sa sœur, lui dit que sa vie n’est pas finie, et qu’elle peut encore se remarier, ce que Didon refuse de faire par fidélité à son mari.

Énée et ses compagnons abordent à Carthage. Ascagne présente les Troyens à Didon. On apprend qu’un féroce Africain, Iarbas, menace Didon et Carthage. Énée offre ses services pour les défendre contre l’Africain.

Cliquez sur le final de l’acte III

Acte IV :

Didon semble éprouver de l’amour pour Énée, ce qu’Anna voit d’un bon œil. Didon demande à Énée de lui parler de Troie. Énée lui dit qu’Andromaque a épousé Pyrrhus, le fils du meurtrier de son époux et lui-même meurtrier de Priam et Hécube. Didon sent faiblir sa fidélité à son défunt mari Sychée et elle perd sa bague de mariage (Duo: « Nuit d’ivresse et d’extase infinie »).

Cliquez sur Didon et Énée

Mais Énée ne peut rester, car il entend les fantômes des Troyens morts qui lui ordonnent de quitter Carthage pour accomplir son destin, fonder une nouvelle Troie en Italie.

Acte V :

Énée hésite à partir sans un ultime adieu à Didon (Air: « Inutiles regrets »).

Cliquez sur Énée

Il entend à nouveau les fantômes qui l’exhortent à partir quand Didon entre, bouleversée par cet abandon. Énée essaye de s’expliquer et lui demande son pardon, mais Didon le conjure de ne pas l’abandonner. Énée part, maudit par Didon.

Didon demande à Anna d’aller voir Énée pour le retenir, mais il est trop tard, Énée et sa troupe ont déjà repris la mer.

Furieuse, Didon ordonne qu’on les poursuive pour la venger, mais finalement, elle se donne la mort.

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(Source principale : les représentations de l’Opéra de Paris en 2019, et le programme associé.)

littérature, Mythologie

DIDON, AVEC OU SANS ÉNÉE

L’histoire de Didon, reine de Carthage, nous a été racontée par Virgile dans son Énéide. Comme Didon achevait d’édifier la ville de Carthage, Énée et ses compagnons sont jetés sur le rivage à la suite d’une tempête. Didon accueille les étrangers, mais ce petit coquin de Cupidon la fait tomber amoureuse du bel étranger. Malheureusement, le destin que les dieux avaient réservé à Énée était de fonder l’Italie, et le jeune homme refuse d’épouser Didon, pour reprendre la mer et accomplir ce destin. Folle de douleur devant cette trahison, Didon se donne la mort. (source : Dictionnaire des personnages, Laffont – Bompani, Robert Laffont, collection Bouquins, 1999.)

Cette légende a été adaptée à l’opéra dès 1649 par Cavalli avec sa Didone, représentée à Venise en 1641.

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De nombreuses œuvres musicales ont suivi, la plus connue d’entre elles étant l’opéra baroque Didon et Énée (Dido and Aeneas) d’Henry Purcell, datant de 1689. Il contient un des plus beaux airs du répertoire baroque avec les adieux de Didon à la vie (Air : « When I am laid in earth ».)

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En France, en 1793, Desmarest écrit l’opéra Didon.

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En France encore, et en 1709, Michel Pignolet de Montéclair écrit la cantate la Mort de Didon.

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En 1724, l’Italien Métastase (Pietro Metastasio) écrit son premier livret d’opéra : Didon abandonnée (Didone Abbandonnata), qui sera un des plus adaptés à l’opéra, puisqu’on en compte plus de cinquante, dont celui de Porpora (1725), celui de Galuppi (1740), celui de Jomelli (1747), celui de Piccinni (1770), et jusqu’à celui de Mercadante (1823).

Jommelli Didone abbandonata
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Revenons en France et au XIXe siècle, avec Les Troyens de Berlioz. Adapté de l’Énéide, cet opéra monumental se décompose en deux parties, la Prise de Troie et les Troyens à Carthage.

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Mythologie

LES NYMPHES

Ces nymphes, je les veux perpétuer… (Mallarmé)

Après les muses, les nymphes. Ces semi-divinités personnifiant les forces vives de la nature (selon le CNRTL) abondent dans les opéras, surtout à l’époque baroque.

On peut entendre des nymphes chanter dès le premier opéra, puisque dans l’Orfeo de Monteverdi (1607), il y a de nombreux chœurs de bergers et de nymphes.

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En 1673, dans le prologue d’Alceste de Lully, on entend la nymphe de la Seine (sic) déplorer le départ du héros (entendre Loulou XIV) à la guerre.

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Dans Polifemo, de Porpora, les deux nymphes Galatée et Calypso imaginent les peines et les joies qui vont enfler leurs cœurs, quand ils s’ouvriront à l’amour. Polyphème survient, brûlant d’amour pour Galatée. Il veut la couvrir de cadeaux, mais la nymphe se refuse à lui (Air : « M’accendi in sen col guardo »).

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Dans un des plus célèbres opéras de Rameau, Platée (1745), l’héroïne éponyme n’est autre qu’une nymphe des marais.

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Attention spoiler: À la fin des Boréades (1763) de Rameau, on apprend que le héros est le fils d’Apollon et d’une nymphe, et qu’il est donc d’origine divine.

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La légende de Céphale et de la nymphe Procrys a fait l’objet de nombreux opéras, dont celui de Keiser dès 1674, celui de Grétry en 1773 (que j’ai eu l’occasion de chanter Salle Favart), mais aussi celui de l’espagnol Araja qui a écrit en 1755 sur le sujet le premier opéra chanté en russe.

En 1876, Léo Delibes écrit le ballet : Sylvia, ou la nymphe de Diane.

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Dans Rusalka de Dvorak, Rusalka est une naïade c’est-à-dire une nymphe des eaux, mais on rencontre également des dryades, qui sont des nymphes des bois.

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Dans Ariane à Naxos (1911) de Richard Strauss, un trio de nymphes chantent les qualités de Bacchus.

On trouve également beaucoup de nymphes dans le N’allez pas au bois d’Ormonde de Ravel : naïades, ménades, thyades, dryades, hamadryades, à côté d’une foule d’autres créatures légendaires.

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Enfin, je ne peux résister au plaisir de citer l’Après-midi d’un faune, de mon pote Mallarmé, et son premier vers: Ces nymphes, je les veux perpétuer. Ce poëme a été mis en musique par Debussy sous le titre Prélude à l’après-midi d’un faune.

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