Cinéma, littérature, Théâtre

Patrice CHÉREAU ET L’OPÉRA

Alors que le film Les Amandiers de Valeria BRUNI-TEDESCHI vient d’être présenté à Cannes, film où il est question de la promotion d’acteurs sous la direction de Patrice CHÉREAU, il m’a semblé intéressant de raconter quel grand metteur en scène d’opéras Chéreau a été.

Patrice CHÉREAU (1944 – 2013) était un homme de scène complet. Acteur, metteur en scène de théâtre et d’opéra, scénariste et réalisateur de films.

Son goût pour le théâtre s’est manifesté très tôt puisqu’il date de ses années de lycéens où, jouant dans la troupe du lycée, il se met très vite à la mise en scène et à la direction d’acteurs.

Il prend la direction du théâtre de Sartrouville en 1996, à seulement 22 ans. C’est à Sartrouville qu’il rencontrera le décorateur Richard PEDUZZI, avec qui il signera quelques-uns de ses plus beaux spectacles.

En 1969, il part au piccolo théâtre de Mila, où il a l’occasion de travailler avec Giorgio STRELER, en qui il reconnaîtra un maître.

De 1971 à 1977, il dirige le TNP de Villeurbanne avec Roger PLANCHON.

De 1982 à 1990, il dirige le théâtre des Amandiers à Nanterre.

Il réalise son premier film, la Chair de l’orchidée d’après J.H.CHASE, en 1974. Suivront d’autres films comme la Reine Margot (1994) ou Ceux qui m’aiment prendront le train (1998).

Son travail de metteur en scène d’opéra commence dès 1969 avec l’Italienne à Alger de ROSSINI, suivi quelques années plus tard par les Contes d’Hoffmann. Mais son grand « truc », celui qui le fera connaître dans le monde entier, c’est le Ring de WAGNER, monté à Bayreuth en 1976, pour le centième anniversaire du festival voulu par Wagner pour la représentation de ses œuvres. C’est Pierre BOULEZ qui l’a appelé pour cette production, où Chéreau transpose l’action dans l’Allemagne industrielle du début du XIXe siècle. Cette production a causé un immense scandale dans le milieu plutôt conservateur qui fréquentait le festival. Au lever de rideau du dernier acte du Crépuscule des dieux, le public s’est mis à siffler et à hurler, couvrant complètement l’orchestre ! Boulez ne s’est pas démonté, et a continué à diriger, et au bout de quelques minutes, on a pu entendre la musique qui s’élevait de la fosse d’orchestre. (Il m’en souvient parfaitement, j’assistais en direct à ce brouhaha qui était retransmis dans le monde entier, et sur France Musique pour la France.) En raison des coûts importants, les productions sont souvent jouées plusieurs années de suite. C’était le cas pour le Ring, qui a été monté de 1976 à 1980. Cinq ans plus tard, le public s’était habitué à cette mise en scène, certes non conventionnelle, mais très respectueuse du texte, et en 1980, pour la dernière représentation, l’équipe artistique a eu droit à 101 levers de rideau et 85 minutes de rappel !

image Patrice ChéreauCliquez sur Chéreau racontant son expérience à Bayreuth

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur le prélude de l’Or du Rhin

En 1979, l’Opéra de Paris confie à Boulez la direction de la version intégrale de Lulu de BERG. (Lulu est une œuvre laissée inachevée à sa mort par son auteur, et c’est un autre compositeur, Friedrich SERRA, qui a terminé le 3e acte.) Tout naturellement, c’est à Chéreau que Boulez pense pour cet événement.

Berg Lulu PrologueCliquez sur le prologue de Lulu

En 1992, il monte Wozzeck de Berg sous la direction de BARENBOÏM pour le théâtre du Châtelet à Paris, production qui sera reprise à Berlin et à Tokyo.

Berg Wozzeck le CapitaineCliquez sur Wozzeck et le capitaine

De MOZART, il monte Don Giovanni, toujours avec Barenboïm et un Cosi fan Tutte extraordinaire d’intelligence avec Daniel Harding à la direction pour le festival d’Aix-en-Provence.

Mozart Cosi fan Tutte E amore un ladroncelloCliquez sur Dorabella

En 2007, il travaille de nouveau avec Boulez pour de la Maison des morts de JANACEK à Vienne et Aix, et avec Barenboïm pour Tristan und Isolde de Wagner à la Scala de Milan.

Janacek De la maison des morts acte I arrivé de GorantchovCliquez sur les prisonniers

Wagner Tristan und Isolde (Chéreau)

Sa dernière mise en scène (last but not Liszt comme disent les musiciens) est celle d’Elektra de STRAUSS à Aix-en-Provence.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Elektra

Pour être un peu plus complet, Chéreau a également mis en scène l’opéra de jeunesse Lucio Silla, de Mozart, mais je n’en ai pas trouvé trace sur le net.

Mes opéras préférés, Théâtre

KATIA KABANOVA, de JANACEK (1919 – 1921)

Katia Kabanova est un opéra écrit par JANACEK d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI. Créé à Brno en 1921 et repris à Prague dès 1922. Contemporain des avancées sur la psychologie humaine dues à FREUD, cet opéra nous propose une héroïne partagée entre son sens du devoir moral et sa psyché.

Après le succès (tardif) de Jenufa en 1916, Janacek renoue avec une héroïne dont l’amour est contrarié par une femme plus âgée et autoritaire, qui fera finalement son malheur.

Classification selon G.B.SHAW : Suivant la classification de George Bernard SHAW, nous sommes ici en présence d’un opéra du type très original (S+T/S+T), où une soprano (Katia) et un ténor (Boris) s’aiment alors que leur amour est contrarié par une soprano (la mère) et un ténor (Tichon).

Le pitch : Dans la maison des Kabanov, Kabanicha, la mère, fait régner la terreur dans sa famille par crainte du qu’en-dira-t-on. Elle régente la vie de son fils, Tichon, et de sa belle-fille Katia, qui étouffe et a perdu toute joie de vivre en entrant dans cette maison. Alors que Tichon est en déplacement à la foire de Kazan, l’inconcevable se produit, Katia trompe son mari avec le beau et jeune Boris. Au retour de son mari, Katia, déchirée entre ses devoirs envers son mari, et son amour toujours vivant pour Boris, avoue son crime et se suicide.

Ouverture :

Janacek Katia Kabanova OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Un dimanche après-midi, sur les bords de la Volga. Koudriach, l’instituteur contemple la nature quand il entend le vieux Dikoï gronder son neveu Boris, qu’il juge bon à rien. Boris confie à Koudriach qu’il est venu de Moscou pour obéir à Dikoï, condition pour obtenir son héritage que ses parents ont confié à Dikoï. Les Kabanov sortent de l’église et se dirigent vers leur maison. Il y a là Marfa Kabanova, son fils Tichon et sa belle-fille Katia. Marfa reproche à son fils de ne plus aimer sa mère depuis qu’il est marié. Comme Katia répond en lui déclarant qu’elle l’aime comme sa propre mère, elle se fait remettre sèchement à sa place. Elle n’a pas à se mêler d’une discussion entre la mère et le fils ! Katia rentrée à la maison, Marfa prédit à son fils que sa femme le fera un jour cocu.

Dans sa chambre, Katia évoque avec Varvara la servante de la maison les jours heureux de sa jeunesse, avant qu’elle n’entre dans cette famille où toute joie est interdite. Insouciante, elle passait son temps à arroser les fleurs, à rêver de voler comme un oiseau, et elle aimait aller à la messe où elle se croyait au paradis. Mais maintenant, quand elle rêve de vol, elle chute, entraînée par le poids du péché. Elle aime et désire un autre homme que son mari, Boris. Tichon entre avec ses valises, il va partir deux semaines à la foire de Kazan, où il est envoyé par sa mère. Katia le supplie de ne pas la laisser seule, mais Tichon n’entend pas derrière ses mots la détresse de sa femme. (Air et dialogue : »Vis co mi napadlo » « Ce serait beau si nous pouvions voler comme les oiseaux ».)

Janacek Katia Kabanova acte 1 scène 2 Vis, co mi napadloCliquez sur Katia

Marfa entre et ordonne à Tichon de partir à la foire de Kazan, en lui demandant d’ordonner à sa femme de lui être obéissante pendant son absence, de ne pas rester à rien faire, de ne pas regarder les autres hommes. Katia s’effondre au sol, puis dit durement à Tichon de partir.

Acte II : Dans la maison des Kabanov, le soir, Marfa reproche à Katia d’avoir laissé partir son mari sans éprouver de peine. Même si elle n’en éprouve pas, elle aurait pu faire semblant, ça aurait été plus convenable. Varvara dit discrètement à Katia qu’avec la chaleur qu’il fait, elle peut dormir dans la véranda. Elle s’arrangera pour faire venir Boris et lui confie la clé d’une petite porte qui donne sur la véranda. Katia commence par refuser, puis petit à petit cède à l’idée de voir Boris, de lui parler, telle l’Isolde de WAGNER, mais sans l’aide d’un philtre d’amour : « C’est le destin, je mourrai si je ne le vois pas et je sais que je devrai mourir si je le vois » (Air: « Ne, ne, nidko » « rien, rien, personne ».)

Janacek Katia Kabanova Acte II Ne, ne, nidkoCliquez sur Katia

Katia sort, Marfa rentre avec Dikoï, qui est ivre et cherche à la séduire. Ils ressortent ensemble.

Devant la petite porte, Koudriach se promène et chante une chanson d’amour en attendant Varvara. Boris arrive alors que Varvara répond à la chanson de Koudriach. Katia arrive à son tour et Boris cherche à lui parler, à lui prendre la main. Il lui déclare son amour.

Janacek Katia Kabanova Acte 2 scène 2Cliquez sur l’image

Katia répond qu’elle est mariée, que tout cela va les mener vers un grand malheur. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, mais quand Boris parle d’amour, Katia parle de mort. Varvara et Koudriach reviennent et leur disent d’aller sur le sentier. Ils les préviendront quand ce sera l’heure de rentrer.

Acte III : Devant les ruines d’un bâtiment, Koudriach discute avec un ami sous l’orage. (l’Orage était le titre de la pièce originale d’Ostrovski). Dikoï arrive, mais il ne veut pas que Koudriach lui adresse la parole.

Janacek Katia Kabanova Acte 3 scène 1 la tempêteCliquez sur la tempête

Varvara entre et déclare que Tichon est rentré, et que Katia qui ne pourra plus voir Boris et est en train de perdre la raison. Katia arrive, quand elle voit Boris, elle s’accuse devant Marfa et Tichon d’avoir trompé son mari, malgré le serment qu’elle avait fait de ne pas parler à d’autres hommes pendant l’absence de Tichon.

Varvara et Koudriach disent qu’ils vont partir à Moscou. Sur le bord de la Volga, Katia erre, n’ayant plus goût à rien. Boris entre, ils s’étreignent. Boris dit que son oncle veut l’envoyer en Sibérie. Katia lui demande de penser à elle, de faire l’aumône sur son chemin de sa part. Quand Boris part, elle se jette dans le fleuve. Devant son corps que l’on a tiré du fleuve, Tichon accuse sa mère de l’avoir tuée, avant de retomber dans sa soumission à sa mère.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur Katia

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris de 1988, et le programme associé.)

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littérature, Oulipo, Poésie

SED NON SATIATA, de BAUDELAIRE (1857)

Après l’Homme et la Mer, de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème des Fleurs du Mal, datant de 1857, mis en musique par mes soins.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Bizarre déité, brune comme les nuits,

Au parfum mélangé de musc et de havane,

Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Méphisto

Sorcière au flanc d’ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l’opium, au nuits,

L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane;

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima (Alagna)Cliquez sur Nemorino

Fauré PavaneCliquez sur l’image

Quand vers moi mes désirs partent en caravane,

Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur les yeux noirs

Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme;

Je ne suis pas le Styx pour t’embrasser neuf fois,

Lully Alceste il faut passer tôt ou tardCliquez sur l’image

Hélas, et je ne puis, Mégère libertine,

Chostakovitch la Mégère apprivoiséeCliquez sur la mégère apprivoisée

Pour briser ton courage et te mettre aux abois,

Dans l’enfer de ton lit devenir Proserpine !

Paisiello Proserpine OuvertureCliquez sur l’image

 

Citations musicales : 

Le Faust : GOUNOD : Faust prologue.

L’élixir… où ta bouche: DONIZETTI L’Élixir d’amour « Una furtiva lagrima ».

se pavane : FAURÉ, Pavane.

Grands yeux noirs : les Yeux noirs, air traditionnel russe.

Le Styx : LULLY Alceste, air de Charon « Il faut passer tôt ou tard ».

Mégère libertine : CHOSTAKOVITCH la Mégère apprivoisée.

Proserpine : Si Lully a écrit Proserpine en 1680, c’est l’ouverture de l’opéra de PAÏSIELLO (1803) que j’ai choisi ici de vous faire écouter.

Et si vous voulez lire le poème débarrassé de mes incongruités musicales, c’est ici :

Écrivains, littérature

Léon TOLSTOÏ (1828 – 1910)

Léon TOLSTOÏ est un des plus fameux écrivains russes du XIXe siècle. Il est né le 9 septembre 1828 à Iasnaïa Poliana. Il est issu d’une famille de l’aristocratie russe et grandit à la campagne. Sa mère meurt alors qu’il a à peine 2 ans.

Alors qu’il est âgé d’environ 8 ans, sa famille s’installe à Moscou, mais son père meurt d’un coup de sang dans la rue alors que Léon n’a que 9 ans. Il est alors mis sous tutelle d’une de ses tantes, qui elle-même meurt quatre ans plus tard.

À 16 ans, Tolstoï s’inscrit à l’université étudiant les langues orientales, puis le droit, mais il n’a pas réellement de goût pour des études qu’il interrompt rapidement.

Après un passage dans l’armée (il se bat au Caucase), il rédige en 1852 ses souvenirs d’enfance, Enfance, qui connaissent le succès. Enfance est suivi par Adolescence (1854) et Jeunesse (1855).

Après ces succès littéraires, il rejoint l’armée et participe à la bataille de Sébastopol, en Crimée.

Fin 1855, il est envoyé à Saint-Pétersbourg, où il fait la rencontre de TOURGUÉNIEV, qui lui fait rencontrer son cercle littéraire.

Il fait ensuite le tour de l’Europe : France, Suisse, Allemagne, Italie, Angleterre. En 1858, il écrit la nouvelle un Musicien déchu, où il compare les émotions que peuvent apporter la musique ou la littérature.

En 1862, il rencontre Sophie BEHRS, une jeune femme qui avait seize ans de moins que lui, et le (presque) vieil homme solitaire tombe amoureux à 34 ans. Ils se marient en septembre de cette même année.

Ils se retirent alors à Iasnaïa Poliana, et Tolstoï peut se consacrer à l’écriture. Après les Cosaques (1863), il s’attelle à Guerre et Paix, vaste fresque historique qui l’occupera de 1863 à 1869, qui se passe pendant l’invasion de la Russie par les armées de Napoléon. Ce roman a inspiré Woody ALLEN pour son film Guerre et amour.

Prokofiev Guerre et PaixCliquez sur l’image

En 1873, il commence Anna Karénine, roman qu’il terminera en 1877. Sa rédaction a été retardée par une succession de drames familiaux, puisqu’il perd un de ses fils à l’âge de dix-huit mois, et le suivant à l’âge d’un an. Anna Karénine fera l’objet d’un ballet de CHTCHEDRINE.

Chtchédrine Anna KarénineCliquez sur l’image

En 1876, il fait la connaissance de TCHAÏKOVSKI et au cours d’un concert, éclate en sanglots pendant l’andante du quatuor en ré majeur de celui-ci.

Tchaïkovski Quatuor en ré majeur AndanteCliquez sur le quatuor

En 1879, il se tourne vers un christianisme non violent, ce qui l’amènera à correspondre avec GANDHI ou Romain ROLLAND.

En 1889, il publie la Sonate à Kreuzer, roman sur les rapports hommes / femmes dans le couple, qui reflète des positions que l’on qualifierait aujourd’hui de machistes. Sa femme Sophie qui, en effet, est restée à la maison pour s’occuper des tâches domestiques et élever ses 13 enfants répondra à cette vision par À qui la faute et Romance sans paroles.

Beethoven Sonate à KreutzerCliquez sur l’image

Si le titre est directement inspiré de la Sonate à Kreuzer de BEETHOVEN, œuvre que jouent deux des protagonistes du roman, il a également inspiré le titre du premier quatuor de JANACEK.

Janacek Quatuor n° 1 sonate à KreutzerCliquez sur le quatuor

En 1899, il écrit le roman Résurrection, qui servira d’argument à Albert ROUSSEL en 1903 pour sa première œuvre symphonique.

Roussel RésurrectionCliquez sur l’image

Résurrection fera également l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1904.

Alfano ResurrezioneCliquez sur l’image

Tolstoï meurt d’une pneumonie le 20 novembre 1910, à l’âge de 82 ans.

Contes et légendes, Divers, Fantaisie, littérature, Mythologie, Philosophie, Premier avril

LA FÉE NOMMÉE MÈNE AU LOGIS DE L’ESPRIT

Cette fée qui nous mène au logis est nommée Morgane. Morgane est la sœur du roi Arthur, et son royaume est l’île d’Avalon.

Morgane, donc, aurait soigné son frère blessé sur son île, avant qu’il ne reparte réunir les Celtes. Plus tard, quand le roi Arthur sera blessé à mort, c’est à Avalon qu’elle le mènera pour rejoindre son dernier logis. Avalon était une île située aux confins du monde, hors du temps même, et aisément assimilable à l’île des morts. On peut ainsi considérer que la fée nommée mène au logis de l’esprit (d’Arthur). C’est du moins la thèse qu’a défendue le philosophe HEGEL dans son célèbre traité datant de 1807. Initialement, Friedrich voulait l’intituler « la Fée nommée Morgane mène à son dernier logis l’esprit d’Arthur« , mais son éditeur, trouvant ce titre trop long, lui a suggéré « la fée nommée mène au logis de l’esprit« .

La geste d’Arthur réunissant les Celtes nous est narrée dans King Arthur, de PURCELL.

purcell king arthur cold song nomiCliquez sur le génie du froid

La fée Morgane aurait inspiré un grand amour à Merlin l’enchanteur, qui lui a enseigné beaucoup de ses enchantements. Dans les versions plus tardives de la geste arthurienne, c’est la fée Viviane, le double antithétique de Morgane, qui joue ce rôle.

Alors que Viviane, vierge et voulant le rester ne s’intéresse qu’au bien de Lancelot (c’est elle qui est à l’origine du roman la Dame du lac de Walter SCOTT),

Rossini la donna del lago Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Morgane, elle, se livre à sa sensualité et perturbe les Chevaliers de la Table ronde (un peu comme la pécheresse Kundry dans Parsifal de WAGNER.)

Wagner Parsifal KundryCliquez sur Kundry

Arnoldo POIVRIERI a écrit l’opera-seria Fata Morgana (en italien, la fée Morgane s’appelle fata Morgana) sur un livret de son fidèle Lorenzo Da Ponte. Le rôle-titre a été pensé pour sa chanteuse favorite, Julia Wanga. La partition en est malheureusement perdue, brûlée dans l’incendie de l’opéra de Saint-Glinglin comme presque toute l’œuvre de Poivrieri. Heureusement, on peut se faire une idée de cette musique en écoutant le Tarare de SALIERI, dont les critiques de l’époque n’ont pas manqué de souligner la ressemblance avec celle de son rival.

Salieri Tarare Ami, ton courage m'éclaireCliquez sur l’image

C’est cet opéra que les joyeux duettistes qu’étaient HAVRE & CAUMARTIN ont remanié, en mettant en relief la rivalité entre Morgane et Viviane, pour proposer à OFFENBACH un sujet d’opérette. Malheureusement, Offenbach était occupé à son seul opéra sérieux, les Contes d’Hoffmann, et il est mort avant d’avoir pu se consacrer à ce projet. C’est certainement un grand dommage pour l’histoire de la musique.

Parmi les opéras qui ont représenté ces personnages, il y en a un, peu joué, qui est le Roi Arthus de CHAUSSON. Il se dit dans les milieux bien informés que l’accident de bicyclette qui a coûté la vie de Chausson en 1898 a été provoqué par Morgane, mécontente de ne pas figurer dans cet opéra qui traite de la rivalité amoureuse entre Lancelot et Arthus.

Chausson le roi Arthus finalCliquez sur l’image

Et on retrouve fata Morgana dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV.

Prokofiev 3 oranges anathèmeCliquez sur fata Morgana

[Sources principales : Encyclopedia Universalis 2017,

Dictionnaire des personnages (1960), éditions Robert LAFFONT, collections Bouquins (1999)]

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Compositrices, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 2

Je m’étais arrêté dans ma lecture en musique de Mozart était une femme, le brillant essai de la sémillante Aliette de LALEU sur la présence des femmes dans la musique classique au milieu du chat pitre 4. Je vous propose donc de poursuivre cette lecture.

Chapitre 4 (suite) : « Comment les femmes meurent à l’opéra ». Aliette souligne à quel point les femmes souffrent et meurent à l’opéra (bon d’accord, les hommes aussi, mais moins.) Elle nous en donne quelques exemples particulièrement bouleversants.

DONIZETTI, Lucia di Lammermoor Scène de la folie de Lucia (« il dolce suono »).

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dulce suono (Damrau)Cliquez sur Lucia

VERDI La Traviata « Adio del passato ».

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur Violetta

PUCCINI Tosca « Vissi d’arte » par la Callas

Puccini Tosca Vissi d'arte CallasCliquez sur Flora Tosca

Puccini Madama Butterfly « Un bel di vedremo ».

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur Cio Cio San

Aliette aborde ensuite le personnage de Médée, et celui de Tirésias / Thérèse dans les Mamelles de Tirésias d’APOLLINAIRE. Et là, il y avait une nouvelle injustice à soulever. En effet, la musique de scène lors de la création de la pièce était signée Germaine BIROT, encore une femme totalement disparue des radars, confondue le plus souvent avec son mari, et la version musicale que l’on connaît est celle écrite bien plus tard par POULENC.

Le chapitre se termine par le sort réservé aux femmes instrumentistes, certains instruments leur étant interdits, par exemple les instruments à vent parce qu’ils enlaidissent la femme, ou le violoncelle qui, se jouant les jambes écartées, a quelque chose de choquant.

Chapitre 5 : « Les modernes confiantes ».

Le chapitre cinq commence par une évocation du destin des sœurs Nadia et Lili BOULANGER.

Viennent ensuite la carrière de trois instrumentistes du XXe siècle.

La pianiste Clara HASKIL.

Beethoven Sonte n 17 la Tempête (Haskil)Cliquez sur la pianiste

La violoncelliste Jacqueline DU PRÉ

Elgar Concerto pour violoncelle (DuPré)Cliquez sur la violoncelliste

Et la violoniste Ginette NEVEU

Ravel Tzigane (Neveu)Cliquez sur la violoniste

Aliette nous parle ensuite des orchestres féminins, notamment celui de Jane EVRARD, et l’on apprend que c’est pour cet orchestre que ROUSSEL a écrit sa Sinfonietta.

Roussel Sinfonietta (Evrard)Cliquez sur la pochette de disque

Elle nous parle aussi des chanteuses noires qui ont eu longtemps le double handicap d’être femmes et de couleur, citant ainsi Marianne ANDERSON, Jessye NORMAN, Shirley VERRETT, Léontine PRICE ou Katthleen BATTLE, ainsi que la Française Christiane EDA-PIERRE.

Purcell Didon NormanCliquez sur Jessye Norman

Berlioz Béatrice et Bénédict Vous soupirez, madame... Nuit paisible et sereine (Eda-Pierre)Cliquez sur l’image

Chapitre 6 : Les dégâts du XXe siècle.

Dans ce dernier chapitre, après l’évocation de la suffragette Ethel SMYTH, Aliette nous parle de l’extraordinaire recul de la présence de femmes compositrices au XXe siècle, en prenant l’exemple de Germaine TAILLEFER, la seule femme du Groupe des six, qui selon les mots de Poulenc était ravissante avant d’être compositrice.

Smyth March of the WomenCliquez sur la Marche des Femmes

Tailleferre Trio pour violon, violoncelle et pianoCliquez sur l’image

Conclusion : Je ne vais pas vous espoiler le livre d’Aliette de Laleu en vous racontant la fin, courez donc chez votre libraire préféré(e) pour vous le procurer ! Sachez seulement qu’on a à présent l’occasion d’écouter des opéras écrits par des femmes. Je songe ici à Like Flesh de Sivan ELDAR créé à Lille au début de cette année, ou à l’Amour de loin, de Kaija SAARIAHO.

Saariaho L'AMour de loin Si tu t'appelles AmourCliquez sur Clémence

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la Bande-annonce de Like Flesh

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Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

MOZART ÉTAIT UNE FEMME, de Aliette de LALEU (2022) – partie 1

Aliette de Laleu à la librairie Place ronde, à Lille, le 25 février 2022

Cette année, mon sujet pour la journée internationale des femmes (en France, on dit la journée internationale des droits de la femme) est tout trouvé. En effet, la journaliste musicale Aliette de LALEU, que j’ai déjà citée sur ce blog, vient de sortir un essai passionnant sur la place des femmes dans la musique classique : Mozart était une femme.

Je vous propose donc de le lire ensemble, et en musique.

Chapitre 1 : « Des noms et des visages ». Ce premier chapitre est consacré aux premières femmes musiciennes, en commençant par Sappho (Sapho). Poétesse, et donc musicienne, ayant vécu sur l’île de Lesbos six siècles avant J.-C., elle a été surnommée la dixième muse par PLATON. Elle a fondé un temple dédié à Aphrodite. Son nom est resté dans l’histoire de la littérature et de la poésie et, à l’époque romantique encore, a continué faire parler d’elle. Ne pouvant vous faire entendre sa musique, je vous propose ici un air de l’opéra Sapho, que GOUNOD a écrit en 1851 pour la cantatrice Pauline VIARDOT (que l’on retrouvera plus loin dans le livre d’Aliette.)

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur l’image

Montons dans notre chronoscaphe et faisons un bond dans le temps pour admirer Hildegarde von BINGEN (1098-1179). Musicienne, religieuse, herboriste (et donc guérisseuse), Hildegarde a occupé une place très importante à son époque.

Hildegard von BingenCliquez sur l’image

Chapitre 2 : « Les stars du baroque »

Le chapitre commence à Venise au XVIIe siècle, avec ses hospices consacrés aux nécessiteux et aux enfants orphelins ou abandonnés. C’est dans un de ces hospices réservés aux jeunes filles qu’œuvrait VIVALDI, et une grande partie de sa musique a donc été écrite pour des femmes, chanteuses ou instrumentistes. On peut se faire une idée de l’atmosphère qui régnait dans ce milieu dans le roman Consuelo de George SAND.

Aliette développe ensuite ses stars du baroque avec Barbara STROZZI (billet à venir), Francesca CACCINI et Elizabeth Jacquet de la Guerre.

Strozzi Che si puo fareCliquez sur l’image

Chapitre 3 : « Les révolutionnaires du classique »

Au début de ce chapitre, Aliette nous apprend qu’il y a eu une très grande production d’opéras écrits par des femmes en France autour de la période révolutionnaire puisque ce sont 54 opéras écrits par 23 compositrices ou librettistes qui ont été recensés entre 1770 et 1820.

Gail N'est-ce pas d'elleCliquez sur l’image

Elle nous parle ensuite du remplacement progressif des castrats, surtout en France, par des femmes. C’est le cas de La MALIBRAN (Maria), la grande sœur de la cantatrice et compositrice Pauline VIARDOT.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur l’image

Elle évoque aussi la figure d’Hélène de MONTGEROULT, grande pianiste et auteure d’une méthode de piano dont on se demande pourquoi elle n’est pas plus connue.

de Montgeroult par Aliette de LaleuCliquez sur Aliette de Laleu nous parlant d’Hélène de Montgeroult dans sa chronique sur France Musique

La partie consacrée à Maria Anna MOZART, dite Nannerl explique le titre de ce livre.

Chapitre 4 : « Les guerrières romantiques »

Dans ce chapitre, Aliette de Laleu évoque quelques figures de femmes compositrices dont le talent a été empêché par des hommes, pères frères ou maris.

Tout d’abord Fanny MENDELSSOHN, la grande sœur de Félix. Très proche de son frère, c’est son père qui a freiné son envie de faire de la musique. On sait que certaines des mélodies publiées par Félix sont en fait de Fanny, ce qui le faisait souffrir dans son orgueil quand on le complimentait pour des musiques qui n’étaient pas de lui. Je reviendrai sur Fanny le 14 mai prochain pour le 175e anniversaire de sa mort.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

Ensuite, Clara SCHUMANN, la femme de Robert, qui a sacrifié sa carrière de compositrice pour mieux servir son mari, même si ses talents de pianiste étaient reconnus (c’était souvent grâce à eux qu’elle faisait « bouillir la marmite », les revenus de Robert n’étant pas suffisants pour faire vivre la famille.)

Clara Schumann Trio opus 17 AndanteCliquez sur l’image

Enfin Alma MAHLER, la femme de Gustav, qui par contrat a dû s’engager à cesser d’écrire de la musique quand elle s’est mariée, pour ne pas faire d’ombre à son mari.

Alma Mahler HymneCliquez sur l’image

Il m’aurait fallu aussi parler de Louise FARENC, Louise BERTIN et Mel BONIS, mais je vais m’arrêter là pour l’instant (j’ai déjà été un peu long par rapport à mes billets habituels), mais rassurez-vous, il y a ici la suite des Aventures d’Aliette au pays des femmes dans la musique classique. Et puis si vous n’avez pas la patience d’attendre, courez donc chez votre libraire préféré(e) acheter le livre !

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

M’INTRODUIRE DANS TON HISTOIRE, de MALLARMÉ (1886)

Après Remémorations d’amis belges de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose M’introduire dans ton histoire, un poème de 1886 évoquant ses relations (fantasmées ?) avec Méry LAURENT.

M’introduire dans ton histoire
C’est en héros effarouché
S’il a du talon nu touché
Quelque gazon de territoire

la belle HélèneCliquez sur le défilé des héros de la Grèce antique

À des glaciers attentatoire
Je ne sais le naïf péché
Que tu n’auras pas empêché
De rire très haut sa victoire

Janacek Jenufa Acte 3Cliquez sur l’image

Dis si je ne suis pas joyeux
Tonnerre et rubis aux moyeux
De voir en l’air que ce feu troue

Berlioz la Damnation de Faust (MET 2008)Cliquez sur les feux-follets


Avec des royaumes épars
Comme mourir pourpre la roue
Du seul vespéral de mes chars.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur le char du Soleil

Citations musicales :

du talon nu : Vous je ne sais pas, mais moi quand j’entends « Héros » et « Talon », je pense à Achille (et pas à Achille Talon qui est aussi un héros, mais de bande dessinée, excellent par ailleurs). OFFENBACH l’a mis en scène dans La belle Hélène et ses couplets des rois.

À des glaciers attentatoire : JANACEK troisième acte de Jenufa,. Alors que l’héroïne va se marier avec Laca, on découvre sous les glaces fondant au printemps le cadavre d’un nouveau-né noyé ! Il s’agit de l’enfant illégitime qu’avait eu Jenufa, et dont la marâtre, pour sauver l’honneur de la famille, avait fait disparaître pendant la fièvre de Jenufa. Cette lecture me semble aller avec le sens caché du poème de Mallarmuche, avec ses désirs cachés pour Méry.

Tonnerre et rubis : BERLIOZ La Damnation de Faust – Feux et Tonnerre – menuet des feux follets.

Du seul vespéral de mes chars : SAINT-SAËNS, Phaéton. Les deux derniers tercets peuvent se lire comme la course du char solaire jusqu’à son couchant. Saint-Saëns a mis en musique cette histoire de Phaéton volant sur le char solaire de Phoebus, son père, mais incapable d’en diriger les chevaux. Se rapprochant trop près du soleil et mettant la Terre en danger, Phoebus est obligé de l’abattre en plein vol pour sauver la planète.

Et pour ceux et celles qui voudraient relire ce poème sans subir mes divagations musicales, retrouvez-le tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.

Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

Edmond ROSTAND (1868 – 1918)

Edmond ROSTAND naît à Marseille le 1er avril 1868. Issu d’une famille riche, il passe les premières années de sa vie à Marseille, puis à Bagnères-de-Luchon. Après de brillantes études à Marseille, puis à Paris, son père lui fait suivre des études de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers l’écriture et la poésie.

En 1890, il se marie avec la poétesse Rosemonde GÉRARD, qui aura MASSENET comme témoin à son mariage. Ils auront deux fils, Maurice né en 1891 et Jean né en 1894. Jean Rostand se fera un nom dans le domaine de la biologie.

Edmond commence sa carrière littéraire par différentes pièces de poésie, dont l’Ode à la musique (1890) qui sera mise en musique par CHABRIER.

Chabrier - Rostand Ode à la musiqueCliquez sur l’image

En 1894, il réussit à faire jouer la pièce les Romanesques à la Comédie-Française. Peu connue en France, elle est très populaire dans les pays anglo-saxons, et a fait l’objet en 1960 d’une comédie musicale sous le nom The Fantasticks ! La musique en est de SCHMIDT et les paroles de Tom JONES.

Rostand The FantasticksCliquez sur l’image, il se pourrait que vous reconnaissiez un air qui a servi pour la réclame d’un café

En 1895, c’est la Princesse lointaine, dont une version lyrique de WITKOWSKI sera créée à l’Opéra de Paris en 1934.

Suivront, pour les succès, la Samaritaine (1897), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).

La Samaritaine fera l’objet d’une adaptation par Max d’OLLONE en 1929, créée à l’Opéra-Comique en 1937.

Cyrano de Bergerac fera l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1936. (Alfano est le compositeur qui a terminé Turandot, œuvre restée inachevée à la mort de PUCCINI.)

Alfano (Rostand) Cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano

Ils se mettront à deux, IBERT et HONEGGER pour adapter l’Aiglon, en 1937.

Honegger Ibert (Rostand) l'AiglonCliquez sur l’image

En 1901, Rostand est élu à l’Académie française.

En 1910, il fait jouer sa dernière pièce : Chanteclerc. Celle-ci, qui met en scène des animaux ne rencontre pas les succès éclatants qu’ont connus Cyrano et de l’Aiglon.

Rostand meurt de la grippe espagnole à Paris le 2 décembre 1918.

Si vous avez été sages, vous pouvez cliquer sur l’image pour obtenir un bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur l’image pour voir le bonus surprise (si vous avez été sages)

Maria Callas, Oulipo, Poésie

TOUJOURS DES HAÏKUS (5e série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.

Opéra mystique

C’est : Dialogue des Carmélites

Bernanos, Poulenc.

Poulenc Dialogue des Carmélites Salve ReginaCliquez sur l’image

Opéra biblique

C’est : Samson et Dalila

de Camille Saint-Saëns.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur l’image

Sur un haïkaï d’Ada : Bach – Concerto en do mineur, BWV 981 ‹ pour une seule note ‹ Reader — WordPress.com

Sous les pas de Bach,
Les feuilles mortes se poussent ;
La voie est offerte.

Bach Concerto en ut mineur BWV 981Cliquez sur la voie jonchée de feuilles mortes

Sur un haïkaï de Régis : Divers Haïkus d’hiver ‹ Maux & Cris ‹ Reader — WordPress.com

Des pas dans la neige

Une histoire est passée là

Rien n’en restera.

Debussy Des pas sur la neigeCliquez sur le pianiste

Sur un haïkaï de Tim : Deux amants assis – Haïku trilingue ‹ Le Mot Sensible ‹ Reader — WordPress.com

La terre, l’eau, le ciel –

Deux amants sont assis là

Sur le bord du lac.

Rossini la Dame du lac Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Solène : AINSI FONT… | EN VERS ET CONTRE TOUT (wordpress.com)

Les oiseaux de mer
sont ivres de liberté
dans le bleu du ciel

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image

Citations musicales :

Dialogues des Carmélites, de POULENC, « Salve Regina » final.

Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, « Printemps qui commence ».

Les feuilles mortes : J.-S. BACH Concerto en ut mineur BWV 981.

Des pas dans la neige : DEBUSSY Des pas sur la neige.

le bord du lac : ROSSINI La Dame du lac.

ivres de liberté : BRITTEN Peter Grimes 4 interludes.

Et pour retrouver livraison précédente de haïkaïs mis en musique, c’est ici : « Encore des haïkus (4e série)« .