Le Roi des Aulnes, en allemand Erlkönig est une ballade de Goethe, écrite d’après une légende danoise. Le titre, un peu mystérieux, vient d’une erreur de traduction et se dit, en danois, le roi des elfes. Dans la nuit, un père chevauche portant son fils dans les bras. Celui-ci, malade, croit voir des créatures fantomatiques. Le père essaye de calmer son enfant, disant que ce n’est que le brouillard et le vent dans les branches. Mais les visions de l’enfant se précisent : c’est le roi des aulnes qui vient le chercher. À la fin, le roi des aulnes se saisit de l’enfant et le père met son cheval au galop, mais quand il arrive à la maison, il est trop tard, son jeune fils est mort.
Cette ballade a été mise en musique par de nombreux compositeurs, le premier étant Reichardt en 1794.
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En 1815, Schubert écrit la version musicale la plus célèbre.
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Berlioz en fait une orchestration géniale (1860), alors que Liszt, lui, en fait deux transcriptions pour piano seul.
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Trois ans après Schubert, Carl Loewe écrit son propre Roi des aulnes (1818).
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Et Émilie Mayer, une élève de Loewe, écrit sa version en 1842.
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Louis Spohr a écrit son Roi des aulnes en 1856.
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Enfin, dans le domaine de la littérature, signalons que Michel Tournier a obtenu le prix Goncourt en 1970 avec son roman le Roi des aulnes.
Parmi les poèmes de Baudelaire, l’Invitation au voyage est certainement un de ceux le plus mis en musique :
Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble ! Aimer à loisir, Aimer et mourir ; Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes.
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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants, Polis par les ans, Décoreraient notre chambre ; Les plus rares fleurs Mêlant leurs odeurs Aux vagues senteurs de l’ambre, Les riches plafonds, Les miroirs profonds, La splendeur orientale, Tout y parlerait À l’âme en secret Sa douce langue natale.
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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux Dormir ces vaisseaux Dont l’humeur est vagabonde ; C’est pour assouvir Ton moindre désir Qu’ils viennent du bout du monde. – Les soleils couchants Revêtent les champs, Les canaux, la ville entière, D’hyacinthe et d’or ; Le monde s’endort Dans une chaude lumière.
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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Citations musicales :
De tes traîtres yeux, brillant à travers leurs larmes : RavelSchéhérazade.
La splendeur orientale : Lullyle Bourgeois gentilhomme « Marche pour la cérémonie des Turcs ».
Vois sur ces canaux dormir ces vaisseaux : Faurél’Horizon chimérique « Vaisseaux, nous vous aurons aimés ».
Et puisque je disais en préambule à cet article que ce poème avait été mis en musique, en voici deux versions :
Nicolas Gogol est né le 1er avril 1809 à Veliky Sorotchintsy, en Ukraine, dans une famille de la petite noblesse. Son père lui a transmis le goût de la littérature, et sa grand-mère le goût de la culture et des chansons ukrainiennes.
Après des études à Nyjin, où Nicolas pratique le théâtre, il part à Saint-Pétersbourg en 1828 pour entrer dans l’administration. À côté de son gagne-pain dans différents ministères, Gogol s’essaye à la poésie et écrit des nouvelles inspirées du folklore ukrainien. En 1830, il fait paraître la nouvelle la Nuit de la Saint-Jean, qui servira d’argument à Moussorgski pour sa Nuit sur le mont Chauve.
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En 1831, Gogol quitte l’administration pour un emploi de professeur et publie un premier recueil de nouvelles, les soirées du hameau, qui comporte, outre la Nuit de la Saint-Jean, la Foire de Sorotchintsy, une Nuit de mai et la Dépêche disparue. La nuit de la Saint-Jean a fait l’objet d’un opéra, inachevé, de Moussorgski, alors que une Nuit de mai sera portée à l’opéra par Rimski-Korsakov en 1878. Gogol fait la connaissance de Pouchkine.
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Devant le succès des Soirées du hameau, Gogol fait paraître un second recueil de nouvelles en 1832, recueil qui contient une Nuit de Noël. Une nuit de Noël a fait l’objet d’un opéra de Tchaïkovski, Vakoula le forgeron (1874) et de Rimski-Korsakov la Nuit de Noël (1895).
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En 1834, Gogol est nommé professeur d’histoire à l’université de Saint-Pétersbourg. En 1835, il publie une première version du roman Tarass Boulba et la nouvelle fantastique le Nez, parue dans le recueil les Nuits de Pétersbourg. Tarass Boulba a inspiré Janacek, alors que le Nez a été adapté à l’opéra par Chostakovitch.
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En 1836, sa nouvelle le Revizor, dont le sujet lui avait été fourni par Pouchkine, fait scandale. Le Revizor a fait l’objet d’un opéra de Werner Egk en 1957.
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Nicolas Gogol entreprend alors un voyage de douze ans en Europe, séjournant en Allemagne, en Suisse, en France et en Italie. C’est lors de ce voyage qu’il achève la première partie de son roman les Âmes mortes. Il rentre en Russie en 1842-1843, fait paraître les Âmes mortes et repart pour l’Europe. En 1842, il fait jouer une pièce de théâtre, le Mariage, écrite une dizaine d’années plus tôt. Le Mariage a fait l’objet d’un opéra-comique de Gretchaninov en 1946.
En 1843, Gogol publie la nouvelle fantastique le Manteau et la pièce de théâtre les Joueurs. Chostakovitch a commencé une adaptation à l’opéra des Joueurs, mais laissera son œuvre inachevée.
Gogol revient définitivement en Russie en 1848. Sa foi orthodoxe vire au mysticisme et Gogol se donne pour mission de sauver, moralement, la Russie.
Nicolas Gogol meurt le 4 mars 1852 à Moscou, à l’âge de 42 ans.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Je rêve de vers doux et d’intimes ramages, De vers à frôler l’âme ainsi que des plumages,
De vers blonds où le sens fluide se délie Comme sous l’eau la chevelure d’Ophélie,
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De vers silencieux, et sans rythme et sans trame Où la rime sans bruit glisse comme une rame,
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De vers d’une ancienne étoffe, exténuée, Impalpable comme le son et la nuée,
De vers de soir d’automne ensorcelant les heures Au rite féminin des syllabes mineures.
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De vers de soirs d’amour énervés de verveine, Où l’âme sente, exquise, une caresse à peine,
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Et qui au long des nerfs baignés d’ondes câlines Meurent à l’infini en pâmoisons félines, Comme un parfum dissous parmi des tiédeurs closes,
Après « Il pleure dans mon cœur », de Paul Verlaine, je vous propose ce mois-ci un poème de Maeterlinck, « Offrandes obscures », paru en 1887 dans le recueil Parnasse de la jeune Belgique.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
J’apporte mon mauvais ouvrage Analogue aux songes des morts, Et la lune éclaire l’orage
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Sur la faune de mes remords :
Sur la faune de mes remords :
Les serpents violets des rêves Qui s’enlacent dans mon sommeil, Mes désirs couronnés de glaives,
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Des lions noyés au soleil,
Des lys au fond des eaux lointaines Et des mains closes sans retour, Et les tiges rouges des haines Entre les deuils verts de l’amour
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Seigneur, ayez pitié du verbe !
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Laissez mes mornes oraisons Et la lune éparse dans l’herbe Faucher la nuit aux horizons.
Citations musicales :
La lune éclaire l’orage : Weber, le Freischütz, « scène de la gorge aux loups ».
Edward Bulwer-Lytton est né le 25 mai 1803 à Londres. Son père, Lord Bulwer, était général et meurt en 1807. Sa mère, Elysabeth Barbara Lytton, prend alors le nom de Bulwer-Lytton et élève seule ses trois enfants. Elle restera près de son troisième fils, Edward, jusqu’à sa mort en 1843.
En 1822, Edward entre au Trinity College de Cambridge, mais à cette époque, il avait déjà publié un ensemble de poèmes, salué par Walter Scott.
En 1825, il obtient un prix pour son recueil Sculptures. Il s’essaye aussi au roman avec Rupert de Lindsay (1825) et Devereux (1829).
En 1827, Edward se marie avec Rosina Doyle Weeler, elle-même femme de lettres. Ils ont un fils en 1831, mais le couple se séparera en 1836.
En 1829, Edward Bulwer-Lytton entre en politique et est élu au parlement anglais. Intéressé par l’histoire, il écrit une Histoire de l’Angleterre (1833), son œuvre aujourd’hui la plus connue, les Derniers Jours de Pompeï (1834), Rienzi (1835) et Athènes, grandeur et décadence (1837). Rienzi sera mis en musique par Wagner dès 1842, sous le titre Rienzi, der letzte der Tribunen (Rienzi, le dernier des tribuns).
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Les Derniers jours de Pompeï donnera en 1858 Jone, ossia l’ultimo giorno di Pompeï, avec une musique de Petrella.
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En 1838, Edward écrit Leyla, or the Siege of Granada, qui fournira le sujet de L’Ebreo (1855), un opéra d’Apolloni.
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En 1836, après la séparation d’avec Rosina, il revient vivre au château familial auprès de sa mère, dont il hérite du titre de baron. Après la poésie et le roman historique, Bulwer-Lytton se tourne vers la dramaturgie et il écrit the Lady of Lyons (1838) ou Richelieu, or the Conspiracy (1839). En 1841, il quitte son siège au parlement. Entretemps, les Communes ont mis fin à l’esclavage en Angleterre. The Lady of Lyons a donné lieu à l’opéra Pauline en 1876 sur une musique de Cowen et à l’opérette Der Bettelstudent (1882) de Millöcker.
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En 1848, il publie un nouveau roman historique, Harold, sur la conquête de l’Angleterre par les Normands. Ce roman est à l’origine de l’opéra de VerdiAroldo (1857).
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En 1852, Edward entre à nouveau au Parlement, où il restera jusqu’en 1866. À l’issue de ces mandats, il est nommé pair de la Couronne et entre donc à la Chambre des Lords.
En 1871, il écrit un roman futuriste the coming Race (la race futuriste).
Edward Bulwer-Lytton meurt le 18 janvier 1873 à Torquay, à l’âge de 69 ans.
Après « Les Erreurs », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un poème de Paul Verlaine, « Il pleure dans mon cœur », paru en 1874 dans le recueil Romances sans paroles.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ?
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Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s’ennuie, Ô le chant de la pluie !
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Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s’écœure. Quoi! nulle trahison ?… Ce deuil est sans raison.
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C’est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon cœur a tant de peine!
Citations musicales :
Quelle est cette langueur : VerdiLa Traviata « Adio del passato ».
Ô le chant de la pluie : Debussy Jardins sous la pluie.
Ce deuil est sans raison : Verdi Otello « Niun mi tema ».
Bien avant mes divagations poético-musicales, ce poème avait inspiré Gabriel Fauré, sous le titre Spleen
Théophile Gautier est né à Tarbes le 30 août 1811.
Théophile a trois ans quand sa famille déménage à Paris. Il suit des études classiques à Louis le Grand, puis à Charlemagne. Là, il rencontre celui qui se fera appeler, plus tard, Gérard de Nerval.
En 1829, Théophile rencontre Victor Hugo et adhère alors au romantisme, participant à la Bataille d’Hernani en 1830. Il se détourne alors de sa première vocation, la peinture, pour commencer à écrire des poèmes.
En 1835, Gautier publie son premier roman, Mademoiselle deMaupin. En 1836, il a une liaison avec une jeune voisine, Eugénie Fort, avec qui ils auront un enfant.
En 1836, Théophile Gautier est sollicité par Balzac pour écrire des critiques d’art et de spectacles. Ce métier de critique l’amènera à voyager dans toute l’Europe.
En 1838, il publie la nouvelle Une nuit de Cléopâtre qui fera l’objet d’un opéra de Victor Massé en 1885. 1838 est aussi l’année du recueil de poèmes Comédie de la mort qui contient les six poèmes mis en musique par Berlioz sous le nom de Nuits d’été.
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Ces poèmes ont été mis en musique par bien d’autres compositeurs.
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En 1841, Théophile rencontre une danseuse, Carlotta Grisi pour qui il éprouve une vive passion. Il écrit pour elle le livret de Giselle, un ballet sur une musique d’Adam.
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En 1843, il écrit un autre livret de ballet, la Péri, qui rencontrera moins de succès. Théophile se met en ménage avec la sœur de Carlotta, la cantatrice Ernesta Grisi, avec qui ils auront deux enfants.
En 1844, Théophile Gautier fait partie des fondateurs du « Club des haschischins » (les fumeurs de haschich qui y trouvaient l’inspiration). Parmi les membres de ce club se trouvaient Delacroix, Baudelaire, Balzac, de Nerval ou Dumas.
En 1851, son ballet-pantomime Pâquerette est donné à l’opéra.
En 1852, Théophile publie le recueil Émaux et camées, recueil qui est salué (Baudelaire lui dédiera ses Fleurs du Mal). Émaux et Camées est le manifeste de « l’Art pour l’art ».
Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien. Tout ce qui est utile est laid.
En 1857, il surfe sur la vague de l’égyptologie qui a suivi après la découverte de la pierre de Rosette et au déchiffrage des hiéroglyphes par Champollion, avec le Roman de la Momie. Le Roman de la momie a fait l’objet d’une comédie musicale.
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En 1863, Théophile Gautier écrit un roman de cape et d’épée, dans le style Dumas, le Capitaine Fracasse. Le capitaine Fracasse fera l’objet d’une comédie lyrique de Levadé en 1929. En septembre 1863, il passe quelques jours chez George Sand à Nohant.
Gautier fréquente les salons du Second Empire et il écrit sur des musiciens (Berlioz, Wagner, Gounod…) ou sur des peintres (Delacroix, Manet…).
Théophile Gautier est mort à Neuilly le 23 octobre 1872, à l’âge de 61 ans.
Outre les Nuits d’été de Berlioz, déjà citées, de très nombreux compositeurs ont mis les poèmes de Gautier en musique.
Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui s’y colle pour l’Agenda Ironique.
Et kouakil nous demande, Max-Louis ? Et bien voilà :
Le thème de A.I. juin 2026 : Animal J’explique : l’animal (au sens très large et propre ou au figuré), par ce mot est un éventail qui ne devrait pas vous laisser indifférent. En effet, qui de nous n’a pas eu affaire un jour ou l’autre à l’animal? Qu’il soit de tous les jours, ou par le hasard d’une rencontre, de l’enfance ou de l’adulte, il est celui qui fait partie de notre environnement.
Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie — long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…), le tout… Ironique.
Et pour « faire » bonne mesure, cinq mots imposés : – Demi-lieue – Héros – Émail – Emberlificoter – Bulle (vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).
Après « Étude en de mineur », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Tardieu, « Les Erreurs », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
(La première voix est ténorisante, maniérée, prétentieuse ; l’autre est rauque, cynique et dure.)
Je suis ravi de vous voir bel enfant vêtu de noir.
— Je ne suis pas un enfant je suis un gros éléphant.
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Quelle est cette femme exquise qui savoure des cerises?
—C’est un marchand de charbon qui s’achète du savon.
Ah ! que j’aime entendre à l’aube roucouler cette colombe !
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—C’est un ivrogne qui boit dans sa chambre sous le toit.
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Mets ta main dans ma main tendre je t’aime Ô ma fiancée !
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Je n’suis point vot’ fiancée je suis vieille et j’suis pressée laissez-moi passer !
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Citations musicales :
un gros éléphant : Francis Poulenc, Histoire de Babar, le petit éléphant.
Cette colombe : Muret, ma Petite Colombelle, d’après Ronsard.
C’est un ivrogne : Ambroise Thomas, Hamlet, « Ô vin, dissipe la tristesse ».
Ô ma fiancée : Ambroise Thomas, Hamlet « Doute de la lumière ».