(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Je rêve de vers doux et d’intimes ramages, De vers à frôler l’âme ainsi que des plumages,
De vers blonds où le sens fluide se délie Comme sous l’eau la chevelure d’Ophélie,
Cliquez sur Ophélie
De vers silencieux, et sans rythme et sans trame Où la rime sans bruit glisse comme une rame,
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De vers d’une ancienne étoffe, exténuée, Impalpable comme le son et la nuée,
De vers de soir d’automne ensorcelant les heures Au rite féminin des syllabes mineures.
Cliquez sur la violoniste
De vers de soirs d’amour énervés de verveine, Où l’âme sente, exquise, une caresse à peine,
Cliquez sur l’heure exquise
Et qui au long des nerfs baignés d’ondes câlines Meurent à l’infini en pâmoisons félines, Comme un parfum dissous parmi des tiédeurs closes,
Après « Il pleure dans mon cœur », de Paul Verlaine, je vous propose ce mois-ci un poème de Maeterlinck, « Offrandes obscures », paru en 1887 dans le recueil Parnasse de la jeune Belgique.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
J’apporte mon mauvais ouvrage Analogue aux songes des morts, Et la lune éclaire l’orage
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Sur la faune de mes remords :
Sur la faune de mes remords :
Les serpents violets des rêves Qui s’enlacent dans mon sommeil, Mes désirs couronnés de glaives,
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Des lions noyés au soleil,
Des lys au fond des eaux lointaines Et des mains closes sans retour, Et les tiges rouges des haines Entre les deuils verts de l’amour
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Seigneur, ayez pitié du verbe !
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Laissez mes mornes oraisons Et la lune éparse dans l’herbe Faucher la nuit aux horizons.
Citations musicales :
La lune éclaire l’orage : Weber, le Freischütz, « scène de la gorge aux loups ».
Edward Bulwer-Lytton est né le 25 mai 1803 à Londres. Son père, Lord Bulwer, était général et meurt en 1807. Sa mère, Elysabeth Barbara Lytton, prend alors le nom de Bulwer-Lytton et élève seule ses trois enfants. Elle restera près de son troisième fils, Edward, jusqu’à sa mort en 1843.
En 1822, Edward entre au Trinity College de Cambridge, mais à cette époque, il avait déjà publié un ensemble de poèmes, salué par Walter Scott.
En 1825, il obtient un prix pour son recueil Sculptures. Il s’essaye aussi au roman avec Rupert de Lindsay (1825) et Devereux (1829).
En 1827, Edward se marie avec Rosina Doyle Weeler, elle-même femme de lettres. Ils ont un fils en 1831, mais le couple se séparera en 1836.
En 1829, Edward Bulwer-Lytton entre en politique et est élu au parlement anglais. Intéressé par l’histoire, il écrit une Histoire de l’Angleterre (1833), son œuvre aujourd’hui la plus connue, les Derniers Jours de Pompeï (1834), Rienzi (1835) et Athènes, grandeur et décadence (1837). Rienzi sera mis en musique par Wagner dès 1842, sous le titre Rienzi, der letzte der Tribunen (Rienzi, le dernier des tribuns).
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Les Derniers jours de Pompeï donnera en 1858 Jone, ossia l’ultimo giorno di Pompeï, avec une musique de Petrella.
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En 1838, Edward écrit Leyla, or the Siege of Granada, qui fournira le sujet de L’Ebreo (1855), un opéra d’Apolloni.
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En 1836, après la séparation d’avec Rosina, il revient vivre au château familial auprès de sa mère, dont il hérite du titre de baron. Après la poésie et le roman historique, Bulwer-Lytton se tourne vers la dramaturgie et il écrit the Lady of Lyons (1838) ou Richelieu, or the Conspiracy (1839). En 1841, il quitte son siège au parlement. Entretemps, les Communes ont mis fin à l’esclavage en Angleterre. The Lady of Lyons a donné lieu à l’opéra Pauline en 1876 sur une musique de Cowen et à l’opérette Der Bettelstudent (1882) de Millöcker.
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En 1848, il publie un nouveau roman historique, Harold, sur la conquête de l’Angleterre par les Normands. Ce roman est à l’origine de l’opéra de VerdiAroldo (1857).
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En 1852, Edward entre à nouveau au Parlement, où il restera jusqu’en 1866. À l’issue de ces mandats, il est nommé pair de la Couronne et entre donc à la Chambre des Lords.
En 1871, il écrit un roman futuriste the coming Race (la race futuriste).
Edward Bulwer-Lytton meurt le 18 janvier 1873 à Torquay, à l’âge de 69 ans.
Après « Les Erreurs », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un poème de Paul Verlaine, « Il pleure dans mon cœur », paru en 1874 dans le recueil Romances sans paroles.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ?
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Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s’ennuie, Ô le chant de la pluie !
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Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s’écœure. Quoi! nulle trahison ?… Ce deuil est sans raison.
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C’est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon cœur a tant de peine!
Citations musicales :
Quelle est cette langueur : VerdiLa Traviata « Adio del passato ».
Ô le chant de la pluie : Debussy Jardins sous la pluie.
Ce deuil est sans raison : Verdi Otello « Niun mi tema ».
Bien avant mes divagations poético-musicales, ce poème avait inspiré Gabriel Fauré, sous le titre Spleen
Théophile Gautier est né à Tarbes le 30 août 1811.
Théophile a trois ans quand sa famille déménage à Paris. Il suit des études classiques à Louis le Grand, puis à Charlemagne. Là, il rencontre celui qui se fera appeler, plus tard, Gérard de Nerval.
En 1829, Théophile rencontre Victor Hugo et adhère alors au romantisme, participant à la Bataille d’Hernani en 1830. Il se détourne alors de sa première vocation, la peinture, pour commencer à écrire des poèmes.
En 1835, Gautier publie son premier roman, Mademoiselle deMaupin. En 1836, il a une liaison avec une jeune voisine, Eugénie Fort, avec qui ils auront un enfant.
En 1836, Théophile Gautier est sollicité par Balzac pour écrire des critiques d’art et de spectacles. Ce métier de critique l’amènera à voyager dans toute l’Europe.
En 1838, il publie la nouvelle Une nuit de Cléopâtre qui fera l’objet d’un opéra de Victor Massé en 1885. 1838 est aussi l’année du recueil de poèmes Comédie de la mort qui contient les six poèmes mis en musique par Berlioz sous le nom de Nuits d’été.
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Ces poèmes ont été mis en musique par bien d’autres compositeurs.
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En 1841, Théophile rencontre une danseuse, Carlotta Grisi pour qui il éprouve une vive passion. Il écrit pour elle le livret de Giselle, un ballet sur une musique d’Adam.
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En 1843, il écrit un autre livret de ballet, la Péri, qui rencontrera moins de succès. Théophile se met en ménage avec la sœur de Carlotta, la cantatrice Ernesta Grisi, avec qui ils auront deux enfants.
En 1844, Théophile Gautier fait partie des fondateurs du « Club des haschischins » (les fumeurs de haschich qui y trouvaient l’inspiration). Parmi les membres de ce club se trouvaient Delacroix, Baudelaire, Balzac, de Nerval ou Dumas.
En 1851, son ballet-pantomime Pâquerette est donné à l’opéra.
En 1852, Théophile publie le recueil Émaux et camées, recueil qui est salué (Baudelaire lui dédiera ses Fleurs du Mal). Émaux et Camées est le manifeste de « l’Art pour l’art ».
Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien. Tout ce qui est utile est laid.
En 1857, il surfe sur la vague de l’égyptologie qui a suivi après la découverte de la pierre de Rosette et au déchiffrage des hiéroglyphes par Champollion, avec le Roman de la Momie. Le Roman de la momie a fait l’objet d’une comédie musicale.
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En 1863, Théophile Gautier écrit un roman de cape et d’épée, dans le style Dumas, le Capitaine Fracasse. Le capitaine Fracasse fera l’objet d’une comédie lyrique de Levadé en 1929. En septembre 1863, il passe quelques jours chez George Sand à Nohant.
Gautier fréquente les salons du Second Empire et il écrit sur des musiciens (Berlioz, Wagner, Gounod…) ou sur des peintres (Delacroix, Manet…).
Théophile Gautier est mort à Neuilly le 23 octobre 1872, à l’âge de 61 ans.
Outre les Nuits d’été de Berlioz, déjà citées, de très nombreux compositeurs ont mis les poèmes de Gautier en musique.
Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui s’y colle pour l’Agenda Ironique.
Et kouakil nous demande, Max-Louis ? Et bien voilà :
Le thème de A.I. juin 2026 : Animal J’explique : l’animal (au sens très large et propre ou au figuré), par ce mot est un éventail qui ne devrait pas vous laisser indifférent. En effet, qui de nous n’a pas eu affaire un jour ou l’autre à l’animal? Qu’il soit de tous les jours, ou par le hasard d’une rencontre, de l’enfance ou de l’adulte, il est celui qui fait partie de notre environnement.
Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie — long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…), le tout… Ironique.
Et pour « faire » bonne mesure, cinq mots imposés : – Demi-lieue – Héros – Émail – Emberlificoter – Bulle (vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).
Après « Étude en de mineur », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Tardieu, « Les Erreurs », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
(La première voix est ténorisante, maniérée, prétentieuse ; l’autre est rauque, cynique et dure.)
Je suis ravi de vous voir bel enfant vêtu de noir.
— Je ne suis pas un enfant je suis un gros éléphant.
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Quelle est cette femme exquise qui savoure des cerises?
—C’est un marchand de charbon qui s’achète du savon.
Ah ! que j’aime entendre à l’aube roucouler cette colombe !
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—C’est un ivrogne qui boit dans sa chambre sous le toit.
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Mets ta main dans ma main tendre je t’aime Ô ma fiancée !
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Je n’suis point vot’ fiancée je suis vieille et j’suis pressée laissez-moi passer !
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Citations musicales :
un gros éléphant : Francis Poulenc, Histoire de Babar, le petit éléphant.
Cette colombe : Muret, ma Petite Colombelle, d’après Ronsard.
C’est un ivrogne : Ambroise Thomas, Hamlet, « Ô vin, dissipe la tristesse ».
Ô ma fiancée : Ambroise Thomas, Hamlet « Doute de la lumière ».
Satyagraha est un opéra en trois actes de Philip Glass. Le livret, rédigé en sanscrit, est de Constance de Jong, d’après la Bhagavad-Gita. Satyagraha a été créé à Rotterdam le 5 septembre 1980. C’est le deuxième de la trilogie des grands penseurs qui ont changé le monde, après Einstein on the beach (1976) et avant Akhnaten (1984).
Satyagraha vient du mot sanscrit qui signifie « la force véritable » et s’inspire des années que Gandhi a passées en Afrique du Sud dans sa jeunesse, où il a commencé à élaborer sa théorie de la non-violence. Le premier acte est placé sous la figure tutélaire de Tolstoï, le second sur celle du poète indien Rabindranath Tagore et le troisième sur celle de Martin Luther King.
La Bhagavad Gita est extraite du Mahabharata, vaste épopée/cosmogonie hindoue plurimillénaire, qui relate la guerre entre les clans des cousins germains Pandava et Kaurava. On peut dire que le Mahabharata est pour l’Inde ce que le Livre du Graal est à l’occident chrétien ou les Mille et une nuits au monde arabo-persan.
Cliquez sur l’image pour avoir un résumé (!) du Mahabharata
Acte I :Tolstoï
Scène 1 : On the Kuru Field of Justice. La bataille de Kuru est un épisode de la Bhagavad Gita relatant la bataille entre les Kuruva et les Pandava. Le dieu Ganghi échange avec Krishna et Arjuna sur le dilemme entre combattre par honneur ou ne pas combattre pour accéder au paradis.
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Scène 2 : La ferme de Tolstoï. Dans la ferme de Tolstoï (avec qui Gandhi a échangé une correspondance pendant des années), on découvre les Satyagrahas, une communauté pacifiste. Il faut se détacher du désir dans l’action pour avoir une vie morale.
Scène 3 : Le Vœu. En 1906, les Indiens d’Afrique du Sud sont obligés de se faire enregistrer, alors qu’une loi restreignait leur liberté de déplacement dans le pays.
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ActeII: Tagore
Scène 1 : Confrontation and rescue. En 1896, Gandhi rendait compte dans les journaux des conditions de vie de ses compatriotes. Il est menacé et pris à partie par les Afrikaners.
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Scène 2. Indian opinion. Indian opinion est le nom d’un journal fondé par Gandhi où il dénonçait le racisme des Afrikaners vis-à-vis des Indiens et des Noirs.
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Scène 3 : Protest. En 1908, en signe de protestation, les Indiens brûlent leurs papiers d’identité.
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ActeIII : (scène unique) Cette scène fait référence à une grande marche de Martin Luther King en 1913, et fait la part belle au chœur et à un ensemble de six solistes. Le Seigneur renaît, âge après âge, au cours du temps, pour protéger le bien et repousser le mal.
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(Sources principales, les représentations de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)
Après « Ses purs ongles très haut dédiant leur inox », de Mallarmuche, je vous propose ce mois-ci un autre poème, de Jean Tardieu, « Étude en de mineur », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Le ciel était de nuit
la nuit était de plainte
la plainte était d’espoir,
Les yeux étaient de lèvres
les lèvres étaient d’aube
la source était de neige
Cliquez sur la blanche neige
Ma vie était de flamme
ma flamme était de fleuve
le fleuve était de bronze
Cliquez sur l’image
le bronze était d’aiguille
l’aiguille était d’horloge
l’horloge était d’hier :
Cliquez sur l’horloge
elle est de maintenant.
Maintenant est de terre
maintenant est de pierre
maintenant est de pluie.
Cliquez sur les jeux d’eau (sous la pluie)
Ma rive est de silence
mes mains sont de feuillage
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ma mémoire est d’oubli.
Citations musicales :
de neige : Francis Poulenc Sept chansons « la blanche neige »
de bronze : Hector Berlioz Benvenuto Cellini scène de la fonte de la statue « Du métal ! du métal ! »
On a retrouvé récemment, dans la bibliothèque de l’Opéra de Saint-Glinglin, un inédit de Mallarmuche. Il s’agit de la première version du sonnet en « IX », datée du 1er avril 1868. Dans ce premier jet, Mallarmé avait choisi des rimes en « OX » et non les fameuses rimes en « IX » comme de la version qu’il a finalement retenue.
Ses purs ongles très haut dédiant leur inox,
Cliquez sur l’inox
L’angoise ce minuit soutient, lampe au phosphore,
Maint rêve vespéral brûlé par le botox,
Que ne recueille pas de cinéraire en or.
Sur les crédences, au salon vide, nulle infox
Cliquez sur la calomnie
Aboli bibelot d’inanité encore
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Stox,
avec ce seul objet dont le néant sonore.)
Mais proche la croisée au nord vacante, un tort
Agonise selon peut-être le trésor
Cliquez sur le trésor
des licornes ruant du feu sur le fort Knox
Elle, défunte nue, en ce miroir si belle
Cliquez sur Marguerite riant de se voir si belle en ce miroir