Compositrices, littérature, Poésie

Louise BERTIN (1805 – 1877)

Louise BERTIN était la fille de Louis-François BERTIN, directeur du Journal des débats, un titre important au début du XIXe siècle et de Geneviève-Aimée-Victoire BOUTARD, pianiste qui lui donnera ses premières leçons de musique. La famille Bertin vivait donc dans un milieu culturel riche (INGRES faisait partie de leurs amis et a réalisé leurs portraits).

La petite fille, victime de séquelles d’une poliomyélite (elle marchait avec des béquilles, et était surnommée « la boiteuse ») se forme à la musique auprès des maîtres de son époque, FÉTIS et REICHA, Reicha qui avait eu pour élèves non moins que BERLIOZ et LISZT.

Dès ses vingt ans, elle compose deux opéras comiques Guy Mannering (1825), d’après Walter SCOTT et le très gothique Loup-garou (1827), ainsi qu’un opéra, Fausto (1831), d’après le Faust de GOETHE.

En 1836, elle compose pour l’Académie royale de musique son œuvre la plus marquante, Esmeralda, d’après Notre Dame de Paris, dont le livret est rédigé par Victor HUGO lui-même (c’est le seul livret d’opéra que composera VH, qui par ailleurs lui dédiera un des poèmes des Chants du Crépuscule). Hélas, la situation et les querelles politiques font que cette œuvre tombe rapidement, non pas pour des raisons musicales, mais par hostilité envers Louis Bertin et les positions politiques conservatrices défendues dans le Journal des débats. Et pourtant Berlioz, qui a dirigé les répétition d’Esmeralda, reconnaît une grande œuvre dans Esmeralda, alors que Liszt en fera la transcription complète pour voix et piano ! Les adversaires de Bertin, dont Alexandre DUMAS, iront même jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz.

Bertin la EsmeraldaCliquez sur le disque

Après cet échec, elle ne composera plus que très peu, quelques mélodies, des ballades pour piano, des Fantaisies de chambre.

Revenons brièvement à Berlioz pour souligner qu’il a dédicacé ses Nuits d’été à Louise Bertin.

Berlioz Nuits d'été AbsenceCliquez sur l’image

Bertin mélodie Ah dors en paix mon bel enfantCliquez sur le disque

Elle se consacre dès lors à la poésie et publiera deux recueils, récompensés par l’Académie française. Son poème « Si la mort est le but » a été mis en musique par GOUNOD.

Gounod (Bertin) Si la mort est le but.Cliquez sur le disque

Louise Bertin meurt en 1877.

Bande dessinée, Compositrices, littérature, Mythologie, Théâtre

ALCESTE (et ADMÈTE)

Avant que d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines de confiture dans Le Petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY, Alceste était une tragédie d’EURIPIDE. Sa trame a inspiré beaucoup d’opéras, dont bon nombre se sont dissipés dans les méandres du temps et de l’oubli.

Le pitch : La tragédie d’Euripide peut être résumée ainsi – Admète, roi de Thessalie, est en train de livrer son dernier combat, celui contre la mort. Apollon, qui avait trouvé refuge chez lui après avoir été chassé de l’Olympe pour avoir tué les Cyclopes, a obtenu des trois Parques qu’à l’heure de sa mort, Admète puisse rester en vie si une personne se dévoue pour mourir à sa place. Sa femme Alceste se sacrifie pour lui et meurt. Hercule, l’ami d’Admète parvient à arracher Alceste à la mort et à la rendre à son époux (d’après CALZABIGI, le librettiste de GLUCK pour la version italienne).

Parmi les adaptations à l’opéra de ce mythe figure l’Antigona delusa da Alceste, de AURELIS, dont HAENDEL se servira pour son Admeto re di Tessaglia (1727).

Haendel Admeto, Re di TessagliaCliquez sur l’image

Dans les versions encore jouées de nos jours figurent l’Alceste de LULLY (1673), et celles de Gluck (version italienne en 1767 et version française en 1776).

Lully Alceste Alceste vous pleurezCliquez sur l’image

Par rapport à la version italienne, relativement fidèle à Euripide, la version française a été très resserrée sur les drames intérieurs d’Alceste et de son mari Admète, ce qui n’a pas contribué au succès de cette œuvre. Peu de temps après, on a rajouté le personnage d’Hercule (présent chez Euripide) pour pimenter un peu l’action et la rendre plus agréable au public, mais c’est GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ), qui a fait ces rajouts ultérieurs dans la partition de Gluck.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur Alceste

Au XXe siècle, on peut encore noter l’Alceste (Alkestis) (1922) de BOUGHTON et celui de WELLESZ (1924) sur un livret de Hugo von HOFFMANNSTAHL.

Boughton Alceste (Alkestis)Cliquez sur Rutland Boughton

En 1960 encore, la compositrice Vivian FINE écrira l’œuvre pour orchestre en quatre mouvements Alcestis.

Fine AlcestisCliquez sur l’image

Un très grand merci à l’ami Totor Berlioz qui m’a donné l’idée de ce billet (il a consacré de très belles pages à l’Alceste de Gluck dans son ouvrage À travers chant).

Divers, Fantaisie, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE DE NOVEMBRE 2020

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a co-proposé pour animer l’Agenda Ironique de novembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style.

Votre AI devra être inspiré du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire ci-dessous jusqu’au 26 novembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 novembre.

Je vous en livre ici quelques extraits, mais vous pouvez piocher dedans, en retirer, en rajouter (surtout en rajouter).

Un temps pour naître et un temps pour mourir…

Un temps pour pleurer et un temps pour rire…

Un bel exemple de participation par anticipation est celui du groupe les Portes, dans leur titre « Prends les choses comme elles viennent ! ».

The Doors Take it as it comesCliquez sur Jim

Mais comme ils ont posté leur participation trop tôt (c’était en 1967), ils sont hors concours.

Comme contrainte, je vous demande de faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi que d’employer l’expression « Bretzel liquide » !

Laurence m’a suggéré de vous rappeler que l’anapodoton est une variété d’anacoluthe, vous pourrez en trouver la définition à l’adresse suivante: https://www.cnrtl.fr/definition/anapodoton

Vous pouvez aussi aller voir dans le dernier livre de ma femme :  » Marie-France CLAEREBOUT – S’entraîner au Certificat Voltaire », PUF éditions, septembre 2020, page 203 (publicité gratuite)

Voilà, à vous de jouer.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

VICTORIEUSEMENT FUI LE SUICIDE BEAU, de MALLARMÉ.

Je suis passé la semaine dernière au centre de Lille, sur la Grand-place, et vraiment je ne comprends pas ! J’ai l’impression qu’il y a des bulles où la COVID ne sévit pas. Où les jeunes peuvent s’entasser sur les terrasses des cafés, sans aucune distanciation et, pour la majorité d’entre eux, sans masque. Alors amis jeunes, si vous voulez mourir, faites-le, mais dans votre coin et sans mettre en danger la vie d’autrui, et pensez un peu au personnel soignant, qui lui se met en danger en permanence pour sauver des gens comme vous.

Après Le Tombeau de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Ce poème, qui figure dans l’édition de ses poésies entre le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, et Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx, date de 1885. Le suicide dont il est question n’est pas celui d’une jeunesse inconséquente, mais celui du soleil qui se plonge dans la mer au moment du couchant.

Aujourd’hui, je vous propose donc Victorieusement fui le suicide beau.

Victorieusement fui le suicide beau

Puccini Turandot Tu che di gel sei cinta (Domnique Gless)Cliquez sur Liu 


Tison de gloire, sang par écume, or, tempête !
Ô rire si là-bas une pourpre s’apprête
À ne tendre royal que mon absent tombeau.

Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau
S’attarde, il est minuit, à l’ombre qui nous fête
Excepté qu’un trésor présomptueux de tête
Verse son caressé nonchaloir sans flambeau,

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

La tienne si toujours le délice ! la tienne
Oui seule qui du ciel évanoui retienne
Un peu de puéril triomphe en t’en coiffant

Moussorgski Boris Godounov couronnement (Bryn Terfel)

Avec clarté quand sur les coussins tu la poses
Comme un casque guerrier d’impératrice enfant
Dont pour te figurer il tomberait des roses.

voici des rosesCliquez sur l’image

Citations:

Le suicide beau : dans Turandot de PUCCINI, la jeune esclave Liu se suicide pour favoriser l’amour de son maître Calaf et de la princesse Turandot.

Sans flambeau : BERLIOZ Béatrice et Bénédict « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

puéril triomphe en t’en coiffant : MOUSSORGSKI Boris Godounov, et sa scène du couronnement de Boris.

il tomberait des roses : Berlioz, la Damnation de Faust, « Voici des roses ».

Animation 1, Cinématographe, Compositeurs, littérature, Politique

Sergeï PROKOFIEV (1891 – 1953)

Né en Ukraine en 1891, le petit Sergeï (Serge) est issu d’une famille modeste. Il est initié très jeune à la musique par sa mère, et donne son premier opéra à l’âge de neuf ans !

Génie précoce, à 12 ans, il a déjà écrit 4 opéras, une symphonie et 2 sonates.

Il entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg en 1904 où il a pour professeurs RIMSKY-KORSAKOV et LIADOV. Il obtient un grand prix de piano en 1913 en jouant son propre Concerto n°1.

En 1908, il collabore aux soirées musicales de DIAGHILEV à Moscou, où il rencontre STRAVINSKY et DEBUSSY.

En 1915, il écrit des ballets pour les ballets russes de Diaghilev, dont Chout le bouffon créé en 1921 et Ala et Lolli, un ballet qui ne sera finalement jamais monté, dont il tirera la Suite scythe.

Prokofiev suite ScytheCliquez sur le chef d’orchestre

En 1917, il écrit la Symphonie Classique, brillante parodie des symphonies classiques. Il écrit aussi un opéra, Le Joueur, une commande d’après le roman de DOSTOÏEVSKY qui n’aboutit pas.

Prokofiev Symphonie classiqueCliquez sur la cheffe d’orchestre

À la suite de la révolution de 1917, Prokofiev part en exil de 1918 à 1933.

Arrivé en Amérique, les créations américaines de son Concerto de piano et de la Suite scythe connaissent un tel succès que l’Opéra de Chicago lui commande un opéra. Ce sera L’amour des trois oranges écrit en 1919 et créé à Chicago en 1921.

Après l’Amérique, il s’installe à Paris où il révise Chout et où il achève son 3e Concerto de piano.

Prokofiev 3e concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

En 1933, il décide de revenir en URSS, et il compose de la musique labellisée soviétique. Il écrit son ballet Roméo et Juliette (1935).

Prokofiev Roméo et Juliette Danse des chevaliersCliquez sur la danse des chevaliers

En 1936, il écrit le célèbre conte pour enfants Pierre et le Loup.

Prokofiev Pierre et le loupCliquez sur Pierre

Il fait la connaissance du cinéaste Sergeï EISENSTEIN, pour qui il écrit les musiques d’Alexandre Nevski (1938) et Ivan le Terrible (1946). Ceci ne l’empêche pas d’être accusé de « formalisme bourgeois », et d’être mis sur les listes noires d’artistes, à côté notamment de CHOSTAKOVITCH. Son monumental opéra Guerre et Paix (1941 – 1943), d’après TOLSTOÏ, ne sera pas monté de son vivant.

Il rentre en grâce en 1951 avec son oratorio La Garde de la Paix, qui lui vaut le prix Staline.

Il décède d’une hémorragie cérébrale en 1953, le même jour que Staline, ce qui fait que le monde mettra plusieurs jours à apprendre sa mort.

Outre les œuvres déjà citées, Prokofiev est surtout connu pour sa musique pour piano : 9 sonates et cinq concertos dont le Concerto pour la main gauche, écrit comme celui de RAVEL pour le pianiste Paul WITTGENSTEIN (le frère de l’autre) qui avait perdu son bras droit à la guerre, et encore deux opéras, l’Ange de feu (1922 – 1927) et les Fiançailles au couvent (1940 – 1946).

Prokofiev concerto pour la main gaucheCliquez sur l’image

Opéra et cinéma : Woody ALLEN a illustré son film Guerre et Amour avec des musiques de Prokofiev, notamment l’amour des trois oranges .

Et pour finir ce billet, je vous propose cette Toccata par Yuja WANG :

Prokofiev toccata Wang
Cliquez sur la pianiste

littérature, Oulipo, Poésie

LA MUSIQUE, de Charles BAUDELAIRE (1 – WAGNER)

Après L’albatros, de Baudelaire, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans ses poèmes.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un classique qui trouve toute sa place sur ce blog : La Musique.

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur Wolfram


Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Wagner Tristan und Isolde Acte 1 scène 1 Frisch weht der WindCliquez sur l’image

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Wagner Tristan und Isolde O sink hernieder, Nacht der LiebeCliquez sur la partition

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Wagner Der fliegende Holländer OuvertureCliquez sur l’orchestre

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Citations musicales :

ma pâle étoile : Romance à l’étoile extraite du Tannhäuser de Richard WAGNER.

Je mets à la voile : au début de Tristan und Isolde de Wagner, un marin chante …

Que la nuit me voile : Extrait de la nuit d’amour au deuxième acte de Tristan.

D’un vaisseau qui souffre… : Ouverture du Vaisseau fantôme de Wagner, qui décrit la tempête, puis la mer qui se calme quand le vent tombe.

Je me suis limité pour cet exercice aux musiques de Wagner, des admirateurs de qui Baudelaire faisait partie, mais vous aurez prochainement droit à une seconde version, qui sera illustrée par des musiques de DEBUSSY.

Cinématographe, Contes et légendes, littérature, Mallarmé, Mythologie, Poésie

LES MILLE ET UNE NUITS (L’ORIENT À L’OPÉRA [2])

J’avais il n’y a guère consacré un billet à l’orientalisme à l’opéra, en vous promettant un zoume sur les Mille et une nuits, ce recueil de contes d’origines persane, arabe voire indienne.

Les mille et une nuit est donc un recueil de contes dont la plus ancienne trace écrite (un feuillet) date de 879. L’orientaliste français Antoine GALLAND a traduit ces contes au début des années 1700, et c’est à partir de cette version française qu’ils se sont ensuite répandus à travers toute l’Europe.

Début 1893, un jeune homme arrive chez Stéphane MALLARMÉ qui, ayant lu dix ans auparavant les 1 001 nuits dans une version anglaise, cherchait quelqu’un pour la retraduire en français. Ce jeune homme, c’est Joseph-Charles MARDRUS, qui deviendra ainsi le deuxième traducteur important des 1 001 nuits. (Et pour ceux et celles qui aiment la poésie, c’est suite à son mariage avec lui que la poétesse Lucie DELARUE s’est appelée Lucie DELARUE-MARDRUS.)

Dès 1783, PICCINI met en musique Calife pour un jour, sur un livret de MARMONTEL.

En 1800, c’est BOÏELDIEU qui écrit son Calife de Bagdad, sur un livret de SAINT-JUST.

Boïeldieu le Calife de Bagdad OuvertureCliquez sur l’orchestre

Ce même livret sera repris en 1813 par ROSSINI et par Manuel GARCIA (le grand-père de Pauline GARCIA-VIARDOT !).

En 1833, c’est Ali-Baba que CHERUBINI choisit de porter à l’opéra.

Shéhérazade est l’héroïne principale des 1 001 Nuits. Le roi de Perse ayant été trompé par sa femme, il a décidé de se venger en épousant chaque jour une vierge et en la faisant exécuter au matin. Shéhérazade trouve un moyen de faire cesser le massacre en racontant chaque nuit une histoire au roi, et en s’arrêtant au matin à un moment où elle ne peut pas interrompre son histoire. Curieux de connaître la suite, le roi lui accorde chaque jour une journée supplémentaire.

Shéhérazade a inspiré de nombreux compositeurs comme SCHUMANN (dans son Album für die Jugend, Album pour la jeunesse),

Schumann SheherazadeCliquez sur la partition

ou RIMSKI-KORSAKOV (1888). C’est par le ballet éponyme de l’ami Rimski que les Ballets russes se sont fait connaître à Paris.

Rimski-Korsakov ShererazadeCliquez sur le violon solo

Le Shéhérazade de RAVEL (1904) est un cycle de mélodies sur des poèmes de Tristan KLINGSOR.

Ravel Shérérazade AsieCliquez sur la soprano

En 1914, Henry RABAUD écrit sa seule œuvre à être restée au répertoire, Mârouf, Savetier du Caire.

Rabaud Mârouf Savetier du CaireCliquez sur l’image

Un autre conte célèbre, celui « d’Aladin et la lampe merveilleuse », a fait l’objet de nombreuses mises en musique. On peut citer celles du Danois Carl NIELSEN en (1918 – 1919) ou celle de Nino ROTA, connu pour avoir écrit la musique de la plupart des films de FELLINI, et qui a écrit le conte lyrique Aladin et la lampe merveilleuse.

Rota Aladino e la lampada magicaCliquez sur l’image

(Source principale : Margaret SIRONVAL, album de la Pléiade Mille et une nuits, éditions Gallimard, 2005)

En 1979, l’azerbaïdjanais Fikret AMIROV écrit un ballet, Mille et une nuits, dans lequel on retrouve Sinbad, Aladin ou Ali-Baba et les quarante voleurs.

Amirov mille et une nuitsCliquez sur le ballet

Compositeurs, Compositrices, littérature

Pauline VIARDOT (1821 – 1910)

Figure incontournable de la vie musicale en France au XIXe siècle, Pauline VIARDOT (1821 – 1910), née GARCIA, était cantatrice et compositrice. Issue d’une famille de musiciens, elle était la sœur d’une autre cantatrice célèbre, La Malibran.

Elle débute comme pianiste (elle était élève de LISZT), mais après la mort de sa sœur en 1836 elle se tourne sur ses traces dès 1837. En 1839 elle fait ses débuts à l’opéra dans l’Otello de ROSSINI. L’année suivante, elle épouse le directeur du Théâtre Italien, Louis VIARDOT. Amie de George SAND et de CHOPIN, elle fréquente le milieu intellectuel parisien, qu’elle reçoit dans son salon. George Sand lui dédiera d’ailleurs son roman Consuelo.

BERLIOZ adaptera à sa voix de mezzo elle le rôle d’Orphée dans la reprise qu’il fera de l’Orphée et Eurydice de GLUCK et MEYERBEER adaptera pour elle son opéra le Prophète.

Gluck Orphée et Eurydice j'ai perdu mon EurydiceCliquez sur Orphée

Elle fait la connaissance de GOUNOD à Rome quand il était à la villa Médicis. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Paris et Gounod écrit pour elle son opéra Sapho.

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur Sapho

Lors d’un de ses séjours parisiens, TCHAÏKOVSKI la rencontre, et elle lui montre le manuscrit original du Don Giovanni de MOZART.

Comme son ami Liszt, elle fait beaucoup pour aider les jeunes musiciens, et c’est grâce à son aide que MASSENET peut monter son oratorio Marie-Magdeleine, alors que SAINT-SAËNS lui dédie son Samson et Dalila.

Massenet Marie-Magdeleine Ô mes soeursCliquez sur Marie-Magdeleine

Elle a l’occasion de chanter à l’opéra de Saint-Pétersbourg, ce qui lui permettra avec son mari de faire connaître la musique russe en occident. L’écrivain russe TOURGUENIEV tombera ainsi amoureux d’elle en 1843. Il restera ami du couple Viardot pendant quarante ans. Pauline le présentera d’ailleurs à George Sand.

En tant qu’interprète, BRAHMS, SCHUMANN ou FAURÉ ont écrit des mélodies pour elle.

Brahms les Bohémiennes (Viardot)

Quand à partir de 1863 elle perd ses aigus, elle doit quitter les scènes d’opéra, ne chantant plus qu’en privé, et se consacre à l’enseignement et à la composition musicale, écrivant de nombreuses mélodies et opéras.

Polyglotte, elle a écrit des mélodies françaises, des lieder allemands, des chansons espagnoles ou des romances russes. Par exemple, elle a déposé des vers sur les mazurkas de son ami Chopin.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur la célèbre cantatrice

La plupart de ses opéras ont été écrits sur des livrets de son ami Tourguéniev.

Viardot Berceuse cosaqueCliquez sur l’image

En 1870, elle a encore l’occasion de créer la Rhapsodie pour alto de Brahms.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’alto

En 1872, Saint-Saëns introduit le jeune Gabriel FAURÉ dans le salon des Viardot. (Cinq ans plus tard, il y aura un projet de mariage entre Fauré et Marianne, une des filles de Pauline, musicienne comme sa mère.) Fauré dédiera une de ses premières mélodies à Pauline (on trouve une mise en musique de ce même poème dans les Nuits d’été de Berlioz).

Fauré la chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Opéras : Trop de femmes (opérette) (1867) l’Ogre (1868), l’opérette le dernier Sorcier (1869)

Viardot le dernier SorcierCliquez sur l’image

le Miroir (1869) Cendrillon (1904). La Nuit de la Saint-Sylvestre.

Viardot CendrillonCliquez sur la fée

Pauline Viardot meurt en 1910 à Paris.

littérature

LA COMTESSE DE RUDOLSTADT, de George SAND

Après ses aventures à Vienne, nous retrouvons Consuelo à Berlin, à la cour de FRÉDÉRIC II, où celui-ci l’a fait venir pour chanter dans son opéra royal. Dès le premier chapitre, nous l’entendons chanter un air de la Clemenza di Tito, de HASSE, sur un livret de METASTASE.

Hasse La Clemenza di TitoCliquez sur l’image

(On connaît mieux de nos jours l’opéra que MOZART a écrit en 1791, d’après ce même livret.

Mozart La Clemenza di Tito Parto, finalCliquez sur l’image

Il y a moins de musique dans la Comtesse que dans Consuelo. En effet, George SAND transporte son héroïne à la cour du roi de Prusse et en profite pour faire des descriptions de cette cour, et des idées qui s’y échangeaient. On y trouve un certain VOLTAIRE (oui, oui, celui que vous connaissez). Le despote éclairé la fait mettre en prison pour avoir refusé de trahir les secrets de sa sœur la princesse, et elle sort de cette prison à l’aide d’un groupe mystérieux, les Invisibles, groupe auquel appartient le Comte de Saint-Germain, mais aussi l’imposteur Cagliostro.

Plus avant dans le roman (feuilleton), alors que Consuelo se trouve dans un enfermement plus ou moins volontaire près du château des Invisibles, elle se rappelle les chansons qu’elle a composées quand elle était dans la prison de Frédéric II de Prusse, et elle se met à chanter le sublime « Lascia ch’io pianga », extrait de Rinaldo de HAENDEL.

Haendel Lascia ch'io pianga imageCliquez sur l’image

Les Invisibles l’initient aux rites de leur société secrète, société qui ressemble à la Franc-Maçonnerie.

On retrouve Haendel quand, vers la fin du livre, Consuelo se rend à une fête où elle entend chanter « Chantons la gloire de Juda vainqueur » extrait de l’oratorio Judas Macchabée.

Haendel Judas Macchabée See, the conqu'ring hero comesCliquez sur l’image

À la fin de son initiation, et emportée par son émotion, elle reprend l’air « I cieli immensi narrano » de MARCELLO, que l’on avait déjà entendu dans la première partie.

Marcello I cieli immensi narranoCliquez sur l’image

Moyennant un léger anachronisme, il me plaît d’imaginer qu’elle aurait pu entendre cette Marche funèbre maçonnique de Mozart ! (Mozart est né en 1756, alors que le roman est censé se passer dans les années 1750.)

Mozart Musique funèbre maçonniqueCliquez sur l’image

Enfin, pour célébrer les retrouvailles de Consuelo et Albert, tout le monde chante « O hymen, o hyménée », écrit pour l’occasion par Porpora.

Porpora la festa d'imeneo vaghi amoriCliquez sur l’image

littérature

CONSUELO, de George SAND (Partie 3 – Vienne)

Troisième partie : Vienne.

J’avais laissé nos héros Consuelo et Joseph HAYDN sur les routes de Bohème, en direction de Vienne.

Nos héros arrivent enfin à Vienne où Consuelo retrouve son maître PORPORA, passablement aigri de voir que sa gloire est désormais passée. Heureusement, Porpora renoue avec Consuelo dès qu’il l’entend chanter. Une des premières scènes de Vienne se passe dans les salons d’une ambassadrice où se trouvent réunis outre Porpora, HOLZBAUER, BONONCINI (un rival de HAENDEL à Londres quelques décennies avant), et le castrat CAFARELLI, un ancien élève de Porpora. C’est donc par un duo avec Cafarelli que Consuelo commence sa « carrière » à Vienne.

Porpora Polifemo Alto GioveCliquez sur l’image

Sa deuxième apparition publique se fait devant l’impératrice Marie-Thérèse. Elle chante l’oratorio Betulia liberata de REUTER, sur un livret du librettiste METASTASIO, qui était poète impérial (poeta cesareo) de la Cour. (De nos jours, le Betulia liberata qui est connu est celui que MOZART a composé sur ce même livret de Métastase.)

Mozart Betulia liberataCliquez sur l’image

Au chat pitre suivant, justement, Porpora emmène Consuelo chez Métastase pour lui faire entendre son élève, et essayer de trouver auprès de lui un livret d’opéra qui le relancerait dans sa carrière de compositeur. Consuelo, chantant un air d’Achille in Sciro mis en musique par CALDARA, réussit à arracher des larmes au poète cacochyme, valétudinaire et hypocondriaque.

Pendant ce temps, Josef Haydn, qui voulait bénéficier des leçons de musique de Porpora alors que ce dernier ne veut plus prendre d’élèves, entre au service de Porpora comme valet en espérant qu’un jour celui-ci se ravisera et lui enseignera la musique (ce qui finira par arriver.)

L’occasion pour Consuelo de chanter au théâtre impérial arrive enfin, et c’est dans Antigono de HASSE qu’elle débute.

Hasse AntigonoCliquez sur l’image

Puis, elle a l’occasion de chanter le premier rôle (celui de prima donna [la première Dame]) dans Zénobie de PREDIERI.

Predieri Zenobia PAce una voltaCliquez sur l’image

(Attention spoiler : si, comme je l’espère, vous avez l’intention de lire Consuelo, ne lisez pas ce dernier paragraphe.)

Peu après, elle quitte, avec Porpora, Vienne pour Berlin où on leur a fait des propositions mirifiques, laissant Josef seul à Vienne. (Je vous rassure, il s’en sortira très bien.) Ils se font leurs adieux.

Haydn Symphonie les AdieuxCliquez sur la symphonie les Adieux

Après quelques péripéties, au cours desquelles elle a l’occasion de rencontrer Frédéric II de Prusse, elle arrive à Prague, où on vient la chercher pour assister à l’agonie d’Albert, avec qui elle se marie juste avant qu’il ne meure.

Et je laisserai le mot de la fin à l’amie George :

Ceux de nos lecteurs qui ne sont pas trop fatigués à suivre Consuelo parmi tant de périls et d’aventures, peuvent maintenant se reposer. Ceux, moins nombreux sans doute, qui se sentent encore quelque courage, apprendront dans un prochain roman, la suite de ses pérégrinations, et ce qui advint du comte Albert après sa mort.

La suite, c’est dans La Comtesse de Rudolstadt.