littérature, Oulipo, Poésie

CLAIR DE LUNE, de VERLAINE (1869)

Après « Marie » d’APOLLINAIRE, j’ai choisi ce mois-ci pour mon poème mis en musique « Clair de Lune », publié dans les Fêtes galantes de Paul VERLAINE.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques

Debussy Suite bergamasque Clair de luneCliquez sur le pianiste
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse Mortal, tutto confidaCliquez sur Télémaque et Ulysse

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Beethoven Sonate 14 Clair de lune Adagio sostenutoCliquez sur le pianiste

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Satie DaphénéoCliquez sur le n’oisetier

Et sangloter d’extase les jets d’eau,

Liszt les Jeux d'eau de la villa d'EsteCliquez sur l’image
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

Don Giovanni finalCliquez sur l’homme de marbre

Citations musicales :

Masques et bergamasques : DEBUSSY Masques et bergamasques – Clair de lune.

Déguisements : MONTEVERDI Le Retour d’Ulysse dans sa Patrie.

Clair de lune : BEETHOVEN Sonate n°14, dite Clair de lune (1er mouvement adagio sostenuto).

Les oiseaux dans les arbres : SATIE Dapheneo.

Les jets d’eau : LISZT Les jeux d’eau de la villa d’Este.

Les marbres : MOZART Don Giovanni Scène finale.

Et si vous aimez les bonus surprise mystère, cliquez donc sur le gros point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le gros point d’interrogation si vous aimez les bonus surprise mystère.

Écrivains, littérature, Théâtre

Philippe QUINAULT (1635-1688)

image Quinault

Philippe QUINAULT était contemporain de MOLIÈRE, RACINE ou CORNEILLE et, à son époque, connaissait les mêmes succès qu’eux. Pourtant il n’est plus guère connu de nos jours, sauf par les amateurs de lyrique.

Quinault naît à Paris le 3 juin 1635. Fils d’un boulanger, il fait des études de droit, avant de fréquenter les salons parisiens. Il écrit sa première comédie, les Rivales, en 1653 qui signe le début de son succès.

En 1660, il se marie avec une jeune veuve avec la dot de laquelle il achète la charge de « valet de chambre ordinaire du roi », charge qui lui confère un titre de noblesse et lui permet de s’approcher de Louis XIV. Ceci ne l’empêche pas de poursuivre sa carrière d’écrivain jusqu’à sa pièce Bellérophon (1671).

En parallèle de cette carrière, Quinault écrit des arguments pour des ballets ou des mascarades (on se souvient que Loulou XIV était friand de ballet.) Dès 1656, il écrit Armide et Renaud pour une comédie mise en musique par Michel LAMBERT. Il collabore aussi avec Molière pour le Ballet des muses (1666-1667) ainsi que pour Psyché (1671) de LULLY.

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

En 1670, Quinault entre à l’Académie française (un an avant PERRAULT).

En 1672, quand Lully rachète le privilège de l’Académie royale de musique, c’est vers Quinault qu’il se tourne pour l’écriture de ses livrets, après sa brouille avec Molière. Cette collaboration démarre avec les Fêtes de l’Amour et de Bacchus (1672) suivi par la tragédie en musique Cadmius et Hermione (1673). En 1674, c’est Alceste, qui désarçonne le public. La FONTAINE, Racine et BOILEAU tentent alors de prendre sa place, et Quinault est mis sous la tutelle artistique de la « petite académie », un cercle restreint de poètes mis en place par COLBERT pour gérer le mécénat artistique du roi.

Dès lors, Lully et Quinault produisent une tragédie lyrique par an, avec Thésée (1675), Atys (1676), Isis (1677). L’insuccès de cette dernière le fait remplacer par Thomas Corneille, mais après la disgrâce de la Maintenon, l’attelage Lully / Quinault peut redémarrer.

Lully Atys songes funestesCliquez sur l’image

Suivent alors Proserpine (1680), Persée (1682), Phaëton (1683), Amadis (1684), Roland (1685) et Armide (1686) ainsi que des ballets.

Lully Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur Armide

Quand Louis XIV commence à s’occuper plus de son salut que de la vie mondaine, laissant ces plaisirs au Dauphin, Quinault, malade, décide de prendre sa retraite et de songer à son salut.

Quinault meurt à Paris le 26 novembre 1688, à l’âge de 53 ans, mais ses livrets, de par la perfection de leurs constructions, connaîtront encore une vie longtemps après sa mort, et c’est ainsi que Jean-Chrétien BACH (un des fils de Jean-Sébastien) écrira son propre Amadis des Gaules en1779.

Bach J.-C. Amadis de Gaule Venez, dans de plus doux asilesCliquez sur l’image

Lors de la querelle des gluckistes et des piccinnistes, GLUCK sera amené à écrire son Armide en 1777 alors que l’année suivante PICCINNI reprendra le livret de Roland (et en 1780 celui d’Atys.)

Gluck Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur l’image

Piccinni Atys OuvertureCliquez sur Piccinni

(Sources principales : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, Fayard 1992).

Compositeurs, Compositrices, littérature

César FRANCK (1822-1890)

image César Franck

César FRANCK est né le 10 décembre 1822 à Liège. Son père rêve d’en faire un enfant prodige, à l’instar d’un MOZART ou d’un LISZT, et le fait entrer à 8 ans au Conservatoire de Liège. César y remporte les grands prix de piano et d’harmonie à l’âge de 12 ans.

En 1835, sa famille vient à Paris, mais il doit attendre d’être naturalisé pour entrer au Conservatoire de cette ville. Ce sera chose faite fin 1837, et en 1838, il emporte un grand prix extraordinaire de piano. Sous la férule de son père, il donne des concerts au cours desquels il rencontre d’autres virtuoses comme Liszt ou ALKAN.

Il écrit son opus 1 en 1941 : trois Trios concertants que son père fera publier en 1843.

En 1843, il écrit un opéra, Stradella et l’année suivante Ruth, un oratorio. Son amitié avec GOUNOD, dont on connaît l’aspect mystique, le poussera à œuvrer dans ce genre de l’oratorio. (Rappel, un oratorio est une espèce d’opéra dont le sujet, tiré de la bible, empêche la représentation sur la scène d’un théâtre.) De ces musiques d’inspiration religieuses, il lui restera le surnom amical de Pater Seraphicus.

En 1846, Franck s’éprend de Félicité, une de ses élèves, ce que son père ne voit pas d’un bon œil. César quitte alors la maison paternelle et deux ans plus tard, en 1848, il épouse Félicité (ils auront quatre enfants, dont deux mourront en bas âge). Entre-temps, en 1847, il avait composé le poème symphonique Ce qu’on entend sur la montagne, d’après Victor HUGO. Il reviendra à Hugo avec les Djinns, en 1884. (Il peut être intéressant de noter que ce poème a été écrit deux ans avant celui de Franz Liszt, qui est pourtant considéré comme étant le créateur du genre.)

Franck Ce qu'on entend sur la montagneCliquez sur l’image

Après la création de ce poème symphonique, il écrit les brillantes Variations symphoniques pour piano et orchestre (1885).

Franck Variations symphoniquesCliquez sur le pianiste

En 1856, César Franck devient titulaire des grandes orgues de Sainte-Clotilde à Paris. Une part importante de sa production musicale sera réservée à cet instrument.

En 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique avec SAINT-SAËNS et FAURÉ.

Entre 1871 et 1872, il écrit Rédemption, une œuvre hybride entre l’opéra, l’oratorio et le poème symphonique.

Franck RédemptionCliquez sur l’image

En 1872, César Franck dirige la classe d’orgue au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves, outre Henri DUPARC, Ernest CHAUSSON et Vincent d’INDY, on peut aussi citer les compositrices Augusta HOLMES et Mel BONIS.

En 1879, Franck achève son oratorio les Béatitudes, sur lequel il a travaillé près de dix ans, et en 1880, il compose son Quintette.

Franck Les BéatitudesCliquez sur l’image

Franck quintetteCliquez sur le quintette

En 1881, il écrit un nouvel oratorio, Rebecca, et un poème symphonique, le Chasseur maudit.

Franck le Chasseur mauditCliquez sur l’image

En 1886, c’est Psyché et la Symphonie en ré mineur.

Franck Symphonie en ré mineur 2ème partieCliquez sur l’image

La même année, César Franck écrit sa Sonate pour piano et violon, qui servira de modèle à PROUST pour la Sonate de Vinteuil de la Recherche du temps perdu. Cette sonate est dédiée au compositeur et violoniste Eugène ISAYE et lui est offerte en cadeau de mariage.

Franck Sonate piano violonCliquez sur le violoniste et la pianiste

Sur la fin de sa vie, il travaille encore à deux opéras, Hulda et Ghiselle, restés inachevés à sa mort.

César Franck meurt à Paris le 8 novembre 1890, à l’âge de 67 ans.

littérature, Oulipo, Poésie

MARIE, de Guillaume APOLLINAIRE (1913)

Après « le Nuage » de Mallarmé, j’ai choisi ce mois-ci pour mon poème mis en musique « Marie », de Guillaume APOLLINAIRE.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Rachmaninov les clochesCliquez sur l’image

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Debussy MasquesCliquez sur l’image

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Berlioz Damnation de Faust chœur des soldats et des étudiantsCliquez sur l’image

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Fauré Automne d'Armand SylvestreCliquez sur l’image

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Paradis et Chedid la SeineCliquez sur l’image

Citations musicales :

les cloches : RACHMANINOV les Cloches.

les masques : DEBUSSY Masques.

Des soldats passent : BERLIOZ la Damnation de Faust double chœur des soldats et des étudiants.

Feuilles de l’automne : FAURÉ Automne.

la Seine : Vanessa PARADIS et Matthieu CHEDID la Seine.

Et si ce poème vous plaît, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si ce poème vous a plu

Bande dessinée, littérature, Mythologie

EN RELISANT LES AVENTURES D’ASTÉRIX LE GAULOIS

Qu’elle est dure, la vie de blogueur ! Après avoir relu tous les albums des aventures de Tintin, de HERGÉ, et ceux de Blake et Mortimer, de JACOBS, ce sont les aventures d’Astérix le Gaulois que je viens de relire, en y cherchant les citations musicales que GOSCINNY et UDERZO ont pu glisser. En fait, elles sont moins nombreuses que ce que j’attendais, mais il y a quand même quelques évocations musicales, sans même parler du barde Assurancetourix, dont le répertoire est plus proche de notre chanson musicale populaire.

Dans Astérix gladiateur, justement, Assurancetourix entonne dans l’arène de Rome « Salut, o mon dernier latin », référence directe au « Salut, o mon dernier matin » du Faust de GOUNOD.

Astérix Salut o mon dernier latinCliquez sur Assurancetourix

Dans le Tour de Gaule d’Astérix, quand nos héros passent à Massiglia, ils rencontrent César Labeldecadix.

César LabeldecadixCliquez sur César Labeldecadix

Je n’ai pas trouvé de citation musicale directe dans Astérix et Cléopâtre, mais comment ne pas penser à Jules César en Égypte, de HAENDEL ?

Astérix, César et CléopatreCliquez sur Cléopâtre et César (Jules)

Dans La Zizanie, on trouve un sénateur nommé Stradivarius, qui parle « de sa voix bien modulée habituée à faire vibrer les foules ».

Astérix et StradivariusCliquez sur le sénateur Stradivarius

Dans Astérix en Helvétie, les auteurs font un clin d’œil à la légende de Guillaume Tell.

Astérix et Guillaume TellCliquez sur le petit garçon à la pomme sur la tête

Dans Astérix en Corse, le chef corse s’appelle Ocatarinabellatchitchix, alors que d’autres s’appellent Symphonix ou Violoncellix.

Astérix et OcatarinetabellatchixtchixCliquez sur les chefs corses

Dans Astérix en Hispanie, on voit passer Don Quichotte et Sancho Pança.

Astérix et Don QuichotteCliquez sur l’image

Dans la grande Traversée, une femme s’appelle Gudrun, et on trouve des allusions à la petite sirène et à Hamlet (il y a quelque chose de pourri dans mon royaume).

Astérix et HamletCliquez sur l’image

Dans Astérix chez les Belges, le légat s’appelle Wolfgangamadeus et un légionnaire SaintLouisblus !

Astérix et WolfgangamadeuxCliquez sur l’image

Dans Astérix et la Traviata (ça ne s’invente pas), il y a un romain qui s’appelle Romeomontaigus.

astérix et la traviataCliquez sur l’alboum

On retrouve la légende de Roméo et Juliette dans le grand Fossé, alors que l’héroïne nommée Fanzine menace de se faire vestale !

Astérix et la VestaleCliquez sur Fanzine

Enfin dans l’Odyssée d’Astérix, les légionnaires de César chantent « Pour faire un brave légionnaire », transposition directe de l’air « Pour faire un bon mousquetaire », extrait des Mousquetaires au couvent.

Les Mousquetaires au couvent Pour faire un brave mousquetaireCliquez sur l’image

(P.S. toutes les illustrations extraites des albums sont sous copyright Dargaud ou les éditions Albert René.)

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie, Uncategorized

« LE NUAGE », de MALLARMÉ

Après En envoyant un pot de fleurs de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Nuage, un autre poème de jeunesse datant de 1859.

Nuage es-tu l’écume

De l’océan céleste au flot limpide et pur ?

Es-tu la blanche plume

Que détacha la brise, en traversant l’azur,

De l’aile d’un des anges ?

Berlioz les Nuits d'été 6 - l'île inconnueCliquez sur l’image

Es-tu, quand nos louanges,

Volent avec l’encens aux pieds d’Adonaï

Bernstein Chichester Psalms Adonaï ro-iCliquez sur le garçon soprano

Le parfum que balance

Dans l’urne en feu, l’enfant devant la croix ravi?

Du ciel ou de la France

As-tu pris ton essor ?

As-tu vu bien des flots, mainte verte prairie ?

As-tu bercé ton ombre au marbre blanc où dort

Du grand sommeil Marie,

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur le tombeau sombre et silenci-eux

Où la brise aux cyprès murmure un chant de mort ?

« Oh : silence, silence !  » alors dit le nuage :

« Je suis l’envoyé du Seigneur.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur l’image

Je porte sur mon sein un blond enfant, de l’âge

Où l’on ne sait pas que l’on meurt.

Je le pris : il dormait sur le sein de sa mère :

L’aile d’un ange est son suaire ! »

Citations :

De l’aile d’un des anges : BERLIOZ Les Nuits d’été, l’île inconnue.

Au marbre blanc où dort : GOUNOD Roméo et Juliette, Salut, tombeau sombre et silencieux

Adonaï : BERNSTEIN, Chichester Psalms, Adonaï ro-i.

L‘envoyé du Seigneur : POULENC Salve Regina.

littérature, Théâtre

Carlo GOLDONI (1707 – 1793)

image Goldoni

Carlo Goldoni est un dramaturge né à Venise le 25 février 1707. Il s’initie très tôt aux joies du théâtre en jouant aux marionnettes. C’est ainsi qu’il écrit sa première « pièce » à l’âge de 8 ans pour son théâtre de marionnettes.

Son père médecin aurait voulu qu’il suive sa voie, mais le jeune Carlo fugue pour suivre une troupe de comédiens. Il revient toutefois assez vite à Venise. Un de ses oncles le convainc alors de suivre des études de droit, ce qu’il fait à Pavie, puis à Modène. Il revient à Venise pour exercer son métier d’avocat.

Assez vite, il met de côté cette carrière pour pouvoir écrire des pièces de théâtre. Après plusieurs tragédies qui n’ont pas connu le succès, il se lance dans la comédie, sous l’influence de MOLIÈRE et de la commedia dell’arte.

Ainsi en 1735, il écrit à Venise la tragi-comédie Don Giovanni Tenorio. Toujours à Venise, il fournit le livret de deux opéras à son compatriote VIVALDI, dont Griselda en 1735.

Vivaldi Griselda Agitata da due ventiCliquez sur l’image

En 1740, il noue notamment une collaboration extrêmement fructueuse avec le compositeur GALUPPI, collaboration commencée en 1740 avec Gustave Ier, roi de Suède, Gustavo primo, re di Svezia en V.O. Ils travaillent ensemble jusqu’en 1754 avec des œuvres comme Il Mondo della Luna (1750) ou Il Filosofo di campagna, le Philosophe de campagne en V.F. (1754).

Galuppi Il filosofo di Campagna Son pien di giubiloCliquez sur l’image

Le Monde de la lune a inspiré à PICCINNI l’opéra il finto Astrologo en 1765. Mais c’est la version de Joseph HAYDN, datant de 1777 qui est de nos jours la plus connue de Il Mondo della Luna.

Haydn Il Mondo della LunaCliquez sur l’image

En 1745, il écrit Arlequin,serviteur de deux maîtres, une de ses pièces les plus connues. En 1752, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, la Locandiera, qui fera l’objet d’un opéra composé par SALIERI en 1773 pour Vienne. En 1792, CHERUBINI écrira des pièces musicales pour accompagner cette œuvre au théâtre. Une autre adaptation est celle du tchèque MARTINU en 1954, sous le nom de Mirandolina.

Salieri la Locandiera (Goldoni)Cliquez sur Salieri

Martinu Mirandolina (la Locandiera)Cliquez sur l’image

En 1762, lassé des critiques incessantes dont il était victime en Italie, il se rend à Paris pour travailler pour le Théâtre-italien. En 1765, il entre à la Cour, et il enseigne l’italien aux jeunes princesses.

En 1768, le jeune MOZART alors âgé de 12 ans écrit la Finta semplice (le faux Innocent) d’après une pièce de Goldoni.

En 1787, il fait paraître ses Mémoires pour servir à l’histoire de ma vie et celle du théâtre.

Goldoni meurt à Paris le 6 février 1793, à l’âge de 85 ans.

Il est à noter que le compositeur italien Ermanno WOLF-FERRARI (1876-1948) a écrit plusieurs opéras sur des pièces de Goldoni.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« EN ENVOYANT UN POT DE FLEURS », de MALLARMÉ

Après le Pitre châtié de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose En envoyant un pot de fleurs, un poème de jeunesse datant de 1859.

Minuit au vieux beffroi : l’ombre dort, et la lune

Debussy le Diable dans le beffroi

Se joue en l’aile noire et morne dont la nuit,

Sombre corbeau, nous voile. Au ciel l’étoile fuit.

Slatkin the RavenCliquez sur the Raven

– Mille voix du plaisir voltigent à moi : l’une

M’apporte ris, baisers, chants de délire : suit

Une fanfare où Strauss fait tournoyer la brune

Au pied leste, au sein nu, que sa jupe importune.

Strauss Concert du nouvel an Vienne 2011

Tes masques ! carnaval ! tes grelots ! joyeux bruit ! –

Schumann Carnaval de VienneCliquez sur la pianiste

Et moi, je dors d’un œil, et je vous dis, Marie,

Qu’en son vase embaumé votre fleur est ravie

voici des rosesCliquez sur l’image

D’éclore sous vos mains et tressaille au bonheur

De vivre et se faner un soir sur votre cœur !

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur l’image

– Ah ! d’une aurore au soir dût s’envoler ma vie

Comme un rêve, fleurette, oui, ton sort, je l’envie !

Fauré Après un rêveCliquez sur l’image

Citations musicales :

Minuit au vieux beffroi : Le Diable dans le beffroi est un opéra inachevé de DEBUSSY, d’après le conte d’Edgar Allan POE.

Sombre corbeau : Restons avec Poe (dont on se souvient qu’il a été traduit en français par Mallarmé). Le chef d’orchestre américain Léonard SLATKIN a mis en musique le poème the Raven (le Corbeau).

Strauss : Concert du Nouvel An à Vienne 1981 : Aus der Ferne Polka Mazur, Op. 270.

Tes masques ! carnaval ! Restons à Vienne avec Robert SCHUMANN et son Carnaval de Vienne.

son vase embaumé : BERLIOZ La Damnation de Faust « Voici des roses ».

se faner un soir : Restons avec Berlioz et ses Nuits d’été dans « le Spectre de la rose ».

Comme un rêve : FAURÉ Après un rêve.

littérature, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« CHANSON D’AUTOMNE », de VERLAINE

Après Art Poétique de Paul VERLAINE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et je mets en correspondance les images évoquées par ce poème avec des images musicales qui me viennent à l’esprit.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Chanson d’automne, un poème datant de 1866 paru dans les Poèmes saturniens.

Les sanglots longs
Des violons

De l’automne

Ravel KaddishCliquez sur l’image

Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Verdi la Traviata Addio del passato (Callas)Cliquez sur l’image

Tout suffocant
Et blême
, quand
Sonne l’heure,

Thomas Hamlet Spectre infernalCliquez sur l’image

Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Gluck Orfeo e Euridice Che faro senza EuridiceClqiuez sur l’image

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Chausson la dernière FeuilleCliquez sur l’image

Citations musicales :

Les sanglots longs des violons : Maurice RAVEL, Kaddish, pour violon et piano.

D’une langueur monotone : Giuseppe VERDI, la Traviata « Addio del Passato ».

Tout suffocant et blême : Albert THOMAS, Hamlet, scène du spectre.

Je pleure : GLUCK Orfeo ed Euridice « Che faro senza Euridice » (« J’ai perdu moin Eurydice »)

La feuille morte : Ernest CHAUSSON la dernière feuille.

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous en voulez un peu plus

Écrivains, littérature, Poésie

Pierre de RONSARD (1524-1585)

image Ronsard

Pierre de RONSARD est né en septembre 1524 dans le Vendômois. On ne connaît pas la date exacte de sa naissance. Il est considéré comme un des poètes les plus importants du XVIe siècle.

Son père, fait chevalier pour ses services pendant les guerres d’Italie (celles de François 1er) travaillait au service du Dauphin. Il essaiera d’ailleurs d’attacher son fils Pierre au service du Dauphin, puis à la mort de celui-ci à son frère Charles, duc d’Orléans. Au mariage de leur sœur Madeleine avec le roi Jacques d’Écosse, Ronsard est attaché à son service, puis après la mort de Madeleine à l’âge de 16 ans, à celui du roi Jacques, ce qui lui valut de passer 3 ans en Écosse ou à Londres.

En 1539, il revient en France et se met au service du duc d’Orléans.

À la suite d’une maladie qui le rend à moitié sourd, il arrête sa carrière diplomatique pour se consacrer aux études.

En 1547, il rencontre du BELLAY avec qui il va fonder, avec quelques autres poètes, la Pléiade qui avait pour but de surpasser les auteurs italiens (DANTE, BOCCACE, PÉTRARQUE).

En 1549, il publie quelques poèmes, mais c’est surtout avec ses Odes, à partir de 1550, qu’il commence à se fait connaître. Il est intéressant de noter que dès cette époque, Ronsard concevait sa production poétique pour être chantée.

Sa première ode à avoir été mise en musique est Ma petite Colombelle, par MURET, en 1552.

Muret ma petite colombelle (Ronsard)Cliquez sur l’image

En 1552, ce sont les Amours de Cassandre et il est nommé « prince des poètes ». Surtout, cette année-là, la parution des Amours de Pierre de Ronsard vandomoys est accompagnée d’un « supplément musical » de dix œuvres à 4 voix, signées par les meilleurs compositeurs de l’époque, comme JANEQUIN, GOUDIMEL ou CERTON. L’éditeur donne même les indications pour que des sonnets d’une même structure puissent être chantés sur la même musique que celle du poème d’origine. C’est de l’OuLiPo avant la lettre !

Ronsard Mignonne allons voir si la roseCliquez sur l’image

Goudimel Quand j'aperçois (Ronsard)Cliquez sur l’image

Le succès de ses poésies, le pousse à chercher une place de poète à la cour et il devient poète du roi Charles IX. En 1565, le roi lui offre le prieuré de Saint-Cosme. Ronsard écrit la Franciade, une fresque historique relatant l’Histoire de France.

En 1585, il publie encore les Sonnets pour Hélène, mais miné par la maladie, il finit par mourir le 25 décembre 1586 dans son prieuré de Saint-Cosme.

Dès lors, il tombera dans l’oubli pendant environ deux siècles avant qu’on ne redécouvre son œuvre.

Par exemple, le jeune WAGNER mettra en musique le fameux « Mignonnes, allons voir si la rose ».

Wagner Mignonne allons voir si la rose (Ronsard)Clqiuez sur Wagner

Il sera suivi au XIXe siècle par GOUNOD, BIZET, ou GOUVY.

Le XXe siècle continuera les hommages musicaux à Ronsard, avec notamment, à l’occasion du 400e anniversaire de sa naissance, la publication d’un numéro spécial de la Revue musicale qui lui est entièrement consacré. Le 15 mai aura alors eu lieu un concert Ronsard, dont les musique étainet signées DUKAS, ROUSSEL, AUBERT, CAPLET, HONEGGER, MANUEL, DELAGE et RAVEL.

Roussel Ciel, aer et vens (Ronsard)Cliquez sur l’image

Ravel Ronsard à son âme (Ronsard)Cliquez sur l’image

Plus tard, ce sera POULENC qui écrira « Cinq mélodies de Ronsard ».

Poulenc Je n'ai plus les os (Ronsard)Cliquez sur l’image

Et la mise en musique de Ronsard continue encore de nos jours…

(Sources: un texte aimablement fourni par Pascal BERGERAULT, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Tours.)