Compositrices, Mythologie, Théâtre

OEDIPE

Sujet complexe que celui d’Œdipe. On connaît ce héros essentiel de la mythologie grecque grâce aux deux pièces Œdipe roi et Œdipe à Colone de SOPHOCLE.

Œdipe était le fils de Laïos et Jocaste, abandonné à sa naissance parce qu’un oracle avait prédit à Laïos que son fils le tuerait. Recueilli par le roi Polybe, et ayant appris qu’il devait tuer son père, il quitte la cour de son père adoptif et se dirige vers Thèbes. En chemin, il croise Laïos et le tue. Arrivé à Thèbes, et après avoir résolu l’énigme du sphynx (voire de la sphynge), il épouse sa mère, la reine Jocaste, qui lui donnera quatre enfants, Antigone, Ismène, Étéocle et Polynice. Lorsqu’il apprend son forfait du devin Tirésias, il se crève les yeux et quitte Thèbes.

En 1786, SACCHINI a composé un opéra, Œdipe à Colone.

Sacchini Oedipe à Colone

À la même époque, le prolifique GRÉTRY avait entamé un Œdipe à Colonne qu’il n’achèvera pas.

En 1845, Félix MENDELSSOHN, le frère de la compositrice Fanny, écrit une musique de scène pour Œdipe à Colone.

Mendelssohn Oedipe à ColoneCliquez sur le chœur

En 1861, c’est MOUSSORGSKI qui écrit Œdipe à Athènes, une musique de scène pour une pièce de OZEROV.

Moussorgski OedipeCliquez sur l’image

En 1927, STRAVINSKY écrit son Œdipus Rex, sur un livret de COCTEAU.

Stravinsky Oedipus RexCliquez sur l’image

Le compositeur LEONCAVALLO n’aura pas la chance de voir la création de son opéra Œdipe-roi (Edipo Re) en 1930, un an après sa mort.

Leoncavallo Oedipe roi (Edipo Re)Cliquez sur l’image

alors qu’en 1936, le trop méconnu ENESCO écrit son opéra Œdipe, qui reprend toute la vie du personnage.

Enesco Oedipe Voyez, Thébains, voyez !Cliquez sur l’image

Antigone, une des filles d’Œdipe, connaîtra le même succès que son père. Voir ici https://toutloperaoupresque655890715.com/2020/12/29/antigone/le billet qui lui est consacré.

(P.S. De nos jours, Œdipe est généralement connu par le « complexe d’Œdipe » théorisé par le médecin viennois Sigmund FREUD. En effet, en 1897, alors qu’il avait commencé à élaborer sa théorie de la psychanalyse, il s’est rendu compte qu’il y avait en lui un désir pour sa mère doublé d’une jalousie envers son père. Privé de repères externes, il en a déduit, à l’encontre de toute rationalité scientifique, que ces envies étaient communes à tous les enfants !)

littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

LA CHEVELURE VOL D’UNE FLAMME A L’EXTRÊME, de MALLARMÉ

Après Renouveau de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « La chevelure vol d’une flamme à l’extrême », un poème de 1887 qui est une allégorie de l’idée mallarméenne de la femme, « cette divinité qui n’est que soi ».

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Debussy Pelléas et Mélisande Mes longs cheveux descendentCliquez sur Mélisande

Occident de désirs pour la tout éployer

Se pose (je dirais mourir un diadème)

Haendel Giulio Cesare Caro Bella Piu amabile beltaCliquez sur l’image

Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vive nue

L’ignition du feu toujours intérieur

Berlioz Béatrix et Bénedict l'amour est un flambeau l'amour est une flamme (Domingo)Cliquez sur l’image

Originellement la seule continue

Dans le joyau de l’œil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame

Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur Marguerite

Rien qu’à simplifier avec gloire la femme

Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche

Ainsi qu’un joyeuse et tutélaire torche

Citations musicales :

La chevelure : DEBUSSY Pelléas et Mélisande air : « Mes longs cheveux descendent » de l’acte III.

un diadème : HAENDEL Giulio CESARE in Egitto duo « Caro ! Bella ! Piu amabile belta ». À la fin de cet opéra, César remet le diadème royal à Cléopâtre et ils se déclarent leur amour.

L’ignition du feu toujours intérieur : BERLIOZ Béatrix et Bénédict, air « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

ne mouvant astre ni feux : GOUNOD Faust Air des bijoux.

Et pour vous permettre d’apprécier ce poème sans être géné(e) par mes disgressions musicales, le voici dans sa version originale.

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Edgar Allan POE (1809 – 1849)

Edgar Allan POE est un écrivain américain, né à Boston en 1809 et mort à Baltimore en 1849. Romancier, nouvelliste, poète, journaliste, critique littéraire, Poe est un des premiers écrivains américains.

Il commence sa carrière littéraire en 1817 par une livraison de poèmes qu’il ne signe pas. Il entre dans un journal comme critique littéraire et publie en 1838 les Aventures d’Arthur Gordon Pym (qui sera traduit en français par BAUDELAIRE en 1858.)

Les Aventures d’Arthur Gordon Pym a fait l’objet d’une pièce musicale d’Einojuhani RAUTAVAARA, On the last Frontier, en 1997. (Vous, je ne sais pas, mais moi, j’adore la musique de Rautavaara.)

Rautavaara On the last FrontierCliquez sur l’image

Baudelaire traduira également les Histoires extraordinaires (1856) et les nouvelles Histoires extraordinaires (1857), et surtout le fantastique poème The Raven (le Corbeau) dont l’original date de 1845. The Raven a fait l’objet d’une transcription musicale de la part du chef d’orchestre américain Léonard SLATKIN.

Une fois par un minuit lugubre,

comme je m’appesantissais, faible et fatigué,

sur maint curieux et bizarre volume,

de savoir oublié.

Je dodelinais de la tête

quand soudain se fit un heurt,

soudain se fit un heurt,

à la porte de ma chambre…

(Je m’arrête là, mais il y aura peut-être un jour un billet sur ce fabuleux Corbeau d’Edgar Poe.)

Un autre traducteur en français de Poe sera MALLARMÉ, qui publiera sa propre traduction du Corbeau en 1875. L’édition de cette traduction se fera avec un frontispice de MANET.

Et je rappelle que Mallarmé a écrit un de ses plus beaux poèmes à la mémoire d’Edgar Allan Poe : « Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change« .

Pour certains, Poe est considéré comme l’inventeur du roman policier. En effet, dans les nouvelles recueillies dans les Histoires extraordinaires se trouve un personnage, le chevalier DUPIN, qui est considéré comme l’ancêtre des détectives qui résolvent les énigmes en faisant fonctionner leurs petites cellules grises. Dupin apparaît dans les trois nouvelles que sont le Double assassinat dans la rue Morgue (1841), le Mystère de Marie ROGET (1843) et la Lettre volée (1844).

Parmi ses Histoires extraordinaires figurent :

Le diable dans le beffroi (1902 – 1912) : opéra inachevé de Claude DEBUSSY.

Debussy le Diable dans le beffroiCliquez sur la pochette de disque

Gérard PESSON en a fait un de ses Trois contes (2019)

Pesson Le Diable dans le beffroiCliquez sur le beffroi

La Chute de la maison USHER, opéra inachevé de DEBUSSY (1908 – 1917)

Debussy la Chute de la maison UsherCliquez sur l’image

L’Américain Philip GLASS a écrit sa propre version de The Fall of the House of Usher en 1978.

Glass The Fall of the House UsherCliquez sur l’image (et obtenez la version Debussy en prime)

En 1923, André CAPLET, un disciple de Debussy, écrit Le masque de la mort rouge , un conte musical pour quatuor à cordes et harpe.

Caplet le Masque de la mort rougeCliquez sur le quatuor à cordes et la harpe

RACHMANINOV écrit Les Cloches (1912 – 1913), une symphonie chorale d’après le poème éponyme (traduit en français par Mallarmuche) qui représente les quatre âges de la vie.

Rachmaninov les Cloches (The bells)Cliquez sur l’image

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Poe à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ].



littérature, Oulipo, Poésie

« LES PHARES », de Charles BAUDELAIRE

Après avoir wagnerisé, puis debussysé le poème « La Musique » de Charles BAUDELAIRE, je vous propose aujourd’hui d’illustrer musicalement le poème « Les Phares », où Baudelaire rend hommage aux grands peintres qui constituent son panthéon.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Ce billet a été réalisé avec l’aide amicale de John DUFF, qui en plus d’être un éminent vexillologue est également un éminent baudelairien.

Rubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s’agite sans cesse,
Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer ;

Wagner Tannhäuser BacchanaleCliquez sur la bacchanale

Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l’ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement ;

Michel-Ange, lieu vague où l’on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;

Don Giovanni finalCliquez sur le fantôme puissant venant chercher Don Giovanni en étirant les doigts

Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand coeur gonflé d’orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats,

Debussy Prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’après-midi d’un faune impudent

Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;

Berlioz Symphonie fantastique Un BalCliquez sur l’image

Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De foetus qu’on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d’enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;

De Falla Goyescas Los RequiebrosCliquez sur le pianiste

Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;

Weber Berlioz l'invitation à la valseCliquez sur la pochette du disque

Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C’est pour les coeurs mortels un divin opium !

Berlioz Te DeumCliquez sur le Te Deum

C’est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C’est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

Citations :

Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer : WAGNER, Tannhaüser, Bacchanale. Baudelaire a fait partie des premiers admirateurs français de Wagner, et il a écrit Wagner et Tannhauser à Paris en 1861, après la création française de cet opéra.

Des fantômes puissants qui dans les crépuscules : MOZART, Don Giovanni, scène finale.

impudences de faune : DEBUSSY, Prélude à l’après-midi d’un faune (d’après un poème de MALLARMÉ).

Qui versent la folie à ce bal tournoyant : BERLIOZ Symphonie Fantastique « Un bal »

Goya, cauchemar plein de choses inconnues : GRANADOS, Goyescas. Dans son œuvre Goyescas, Granados s’est attaché à traduire en musique ce que lui inspiraient les peintures de GOYA.

comme un soupir étouffé de Weber : WEBER, l’Invitation à la Valse, orchestrée par Berlioz.

Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum : Berlioz Te Deum.

Animation 1, Écrivains, Compositrices, Contes et légendes, littérature

Charles PERRAULT (1628 – 1703)

Charles PERRAULT était un écrivain et homme de loi, né à Paris en 1628. Ce protégé de COLBERT a été membre de la commission chargée de « rédiger les inscriptions » sur les monuments publics (la future « Académie des Inscriptions et Belles Lettres ») et fut élu à l’Académie française en 1671. Il prit part à la Querelle des Anciens et des Modernes, soutenant que le XVIIe siècle était de loin supérieur à l’antiquité. En musique, il défendit ainsi la musique de Lully par rapport à la musique antique.

Après avoir écrit Peau d’Âne en 1694, c’est en 1697 qu’il fait paraître son œuvre qui reste la plus connue de nos jours, le recueil de contes les Contes de ma mère l’Oye.

Peau d’Âne a été adapté dans un opéra-comique par Raoul LAPARRA en 1899. Plus près de nous, la compositrice Graciane FINZI en a fait en 2015 un conte (musical) pour enfants.

Finzi Peau d'Ane

Dans les Contes de ma mère l’Oye, on trouve :

La Belle au bois dormant dont TCHAÏKOVSKI a fait un de ses ballets les plus célèbres.

Tchaïkovsky La Belle au bois dormantCliquez sur le célèbre ballet de Tchaïkovski

L’Italien Otorino RESPIGHI a écrit un opéra en 1922 La bella addormentata nel bosco.

Respighi La Bella dormente Nel boscoCliquez sur la Belle au bois dormant

Tex AVERY n’a pas été le seul à adapter Le Petit Chaperon rouge. Il y a eu un opéra-comique de BOÏELDIEU, écrit en 1818, et plus près de nous, Georges APERGHIS en a fait un conte musical pour enfants en 2001.

Aperghis le petit Chaperon rougeCliquez sur le petit Chaperon rouge

Les œuvres inspirées par La Barbe bleue ont déjà fait l’objet d’un article sur ce blog, « Jeanne-d’Arc et Barbe-bleue« .

Le Maître chat ou le Chat botté a été adapté à l’opéra par César CUI, un membre du Groupe des cinq.

Cui le Chat bottéCliquez sur l’image

Les Fées. Je n’ai pas trouvé d’opéra directement inspiré par ce conte, mais pourtant les fées ont inspiré un grand nombre d’œuvres musicales.

Les adaptations de Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre ont déjà fait l’objet d’un billet sur ce blog, « Cendrillon, Cinderella, la Cenerentola« .

Riquet à la houppe qui a fait l’objet d’une adaptation dans un opéra-comique de Georges HÜE en 1928.

Le Petit Poucet

En 1908, Maurice RAVEL écrit Ma mère l’Oye un ensemble de cinq pièces pour le piano à quatre mains destiné à des enfants de ses amis. Les deux premières pièces de cet ensemble sont « Pavane de la Belle au bois dormant » et « le petit Poucet ». Les trois autres sont tirées d’autres livres de contes.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains

Retrouvez ici d’autres opéras pour enfants.

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, j’ai fait appel pour le portait de Perrault à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co )

littérature, Oulipo, Poésie

LA MUSIQUE, de Charles BAUDELAIRE (2 – DEBUSSY)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de BAUDELAIRE, je vous propose une autre version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version debussysée.

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur l’image


Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Debussy Préludes VoilesCliquez sur Arthur-Benoît Michel-Ange

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Debussy Nocturnes NuagesCliquez sur l’image

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Debussy Préludes Ce qu' vu le vent d'ouestCliquez sur le champion du monde de piano toutes catégories

Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

Citations musicales :

ma pâle étoile : Nuit d’étoiles, cette mélodie est la première œuvre éditée de Claude-Achille !

La voile : « Voiles », deuxième morceau du premier livre des Préludes.

la nuit me voile : Premier mouvement des Nocturnes : « Nuages ».

Le bon vent, la tempête et ses convulsions : « Ce qu’a vu le vent d’ouest », septième morceau du premier livre des Préludes.

Calme plat, grand miroir : DEBUSSY, premier mouvement du poème symphonique la Mer, « De l’aube à midi sur la mer ».

Compositeurs, Jazz, littérature, Mythologie

Igor STRAVINSKY (1882 – 1971)

Il y a 50 ans ce 6 avril 2021 disparaissait Igor STRAVINSKY, une des figures majeures de la musique du XXe siècle.

Je dois avouer que quand j’ai commencé mon travail sur l’opéra, le nom de STRAVINSKY ne s’est pas spontanément imposé à moi. Et pourtant, ses compositions dans le domaine des histoires racontées en musique sont importantes.

Compositeur né en Russie, élève de RIMSKI-KORSAKOV, il vient à Paris en 1910 où il se fait très vite reconnaître par ses musiques écrites pour les ballets russes de DIAGHILEV. Dès 1910, c’est l’Oiseau de feu,

Stravinsky l'Oiseau de feuCliquez sur la danse infernale du roi Katscheï

suivi en 1911 par Petrouchka, et surtout en 1913 le Sacre du Printemps, qui provoque un énorme scandale lors de sa création au Théâtre des Champs-Élysées tout récemment inauguré.

Stravinsky le Sacre du prinyemps (Béjart)Cliquez sur le ballet

Contemporain de ces ballets qui sont peut-être les œuvres les plus connues de Stravinsky, il écrit un conte lyrique, Le Rossignol (1908 – 1914).

Outre ces trois classiques, Stravinsky a eu par ailleurs dès 1910 un projet de ballet avec COCTEAU, David, ballet qui deviendra finalement Parade, avec une musique de SATIE.

Après ses « années de jeunesse » où le bouillant Stravinsky a révolutionné la manière d’aborder les rythmes, le compositeur prend un virage pour revenir à des musiques qualifiées de néo-classiques. C’est ainsi que pour Pulcinella (1920), il s’inspire d’un thème de PERGOLÈSE (1710 – 1736.)

Stravinsky PulcinellaCliquez sur l’image

Après la révolution russe de 1917, il vit en France et en Suisse, et il écrit l’Histoire du soldat (1918) d’après RAMUZ, les Noces (1917 – 1923), un opéra-bouffe : Mavra (1922) d’après POUCHKINE, Oedipus Rex (1927) d’après SOPHOCLE et sur un livret de Cocteau, et Perséphone (1934) sur un livret de GIDE.

Pour les chœurs, il écrit la majestueuse Symphonie de Psaumes (1929 – 1930).

Stravinsky Symphonie de PsaumesCliquez sur l’orchestre

En 1940, il émigre aux États-Unis comme beaucoup de compositeurs européens, et il prendra d’ailleurs la nationalité américaine. En musique symphonique, il écrit la délicieuse Symphonie en trois mouvements (1945).

Stravinsly Symphonie en trois mouvementsCliquez sur le first movement

Cette même année, il écrit pour le clarinettiste de jazz Woody HERMAN le Concerto pour clarinette « Ebony concerto ».

Stravinsky Ebony concertoCliquez sur le chef d’orchestre et le clarinettiste

Sa période néoclassique s’achève vers 1950, après The Rake’s Progress (1948) sur un livret de W.H.AUDEN, un des librettistes de BRITTEN.

Stravinsky The Rake's ProgressCliquez sur Tom Rakewell et Ann Trulove

Il commence alors sa troisième période, plus formelle, où il se rapproche d’un sérialisme à la WEBERN.

Stravinsky meurt le 6  avril 1971 à New York.

Le MET s'invite chez vous, littérature

LE MET INVITE LES CHEFS-D’ŒUVRE LITTÉRAIRES CHEZ VOUS – Semaine du 5 au 11 avril.


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 5 au 11 avril 2021.

Cette semaine, le MET met en scène des adaptations à l’opéra des grands drames littéraires.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

De DANTE à SHAKESPEARE ou GOGOL, des siècles de dramaturges ont vu leurs œuvres adaptées à l’opéra. Cette semaine vous présente une extraordinaire galerie d’opéras inspirés par les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature.

Lundi 5 avril GOUNOD Faust d’après GOETHE.

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Méphisto

Mardi 6 avril VERDI Rigoletto d’après Victor HUGO.

Verdi Rigoletto Addio addio (MET 1981)Cliquez sur l’image

Mercredi 7 avril TCHAÏKOVSKI Eugene Onegin (Eugène Onéguine) d’après POUCHKINE.

Tchaïkovski eugène Onéguine (MET 2017)Cliquez sur Tatiana

Jeudi 8 avril ZANDONAI Francesca da Rimini d’après DANTE.

Zandonai Francesca da Rimini final (MET 1984)Cliquez sur l’image

VENDREDI 9 avril CHOSTAKOVITCH The Nose (Le Nez) d’après GOGOL.

Chostakovitch The Nose (MET)Cliquez sur l’image

Samedi 10 avril Gounod Roméo et Juliette d’après SHAKESPEARE.

Gounod Roméo et Juliette Trailer (MET)Cliquez sur Juliette et Roméo

Dimanche 11 avril Verdi Luisa Miller d’après SCHILLER.


Verdi Luisa Miller METCliquez sur Rodolfo et Luisa

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, See you a next ouike pour des « Il était une fois« .

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

RENOUVEAU, de MALLARMÉ

Après Apparition de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « Renouveau », un poème de jeunesse (1866) écrit alors qu’après un hiver fécond (celui où il a commencé à travailler à Hérodiade), Mallarmé s’était trouvé en panne d’inspiration poétique.

Le printemps maladif a chassé tristement

l’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur l’image

Et dans mon être à qui le sang morne préside

L’impuissance s’étire en un long baillement

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau,

Berlioz la Damnation de Faust Merci, doux crépusculeCliquez sur l’image

Et, triste, j’erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane

Fauré Après un rève (Devieilhe)Cliquez sur l’image

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

Thomas Hamlet le chant des fossoyeursCliquez sur l’image

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…

Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil

De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Messiaen Saint-François d'Assise le prêche aux oiseauxCliquez sur la volière

Citations musicales :

Le printemps maladif : BERLIOZ La Damnation de Faust, « Le vieil hiver a fait place au printemps ».

Des crépuscules : Berlioz La Damnation de Faust, « Voici qu’au crépuscule ».

J’erre après un rêve : FAURÉ « Après un rêve » (mélodie).

Creusant de ma face un fosse : Thomas, Hamlet, « chant des fossoyeurs »

Oiseaux en fleur gazouillant au soleil : MESSIAEN Saint-François d’Assise « le prêche aux oiseaux ».

littérature

BÉATRIX, de BALZAC (1839)

L’idée d’écrire le roman Béatrix est venue à BALZAC lors d’un séjour à Nohant, chez George SAND, séjour au cours duquel il a rencontré le couple formé par Franz LISZT et Marie d’AGOULT. À son retour à Paris, il a mis ce roman en chantier, dans lequel il s’inspire, très librement, de la liaison entre Liszt et Marie D’Agoult.

Béatrix est paru en 1839 et fait partie, dans la Comédie Humaine, des « Études de mœurs – Scènes de la vie privée ». Se passant dans un monde musical et mondain, on y retrouve les stars de l’époque, ROSSINI et DONIZETTI pour l’opéra, mais aussi Liszt et PAGANINI comme virtuoses.

La première partie se passe à Guérande chez les du Guénic, une famille de la vieille noblesse bretonne. Calyste, le jeune homme de la famille, est attiré par Camille Maupin (personnage inspiré de George Sand, ce qui nous vaut une très belle description de cette dernière), ce que sa famille voit avec effroi. Calyste a un rival, car Camille a un amant, l’écrivain Claude Vignon.

On apprend que Camille a eu autrefois une liaison avec Conti, un musicien (Franz Liszt), pour lequel elle a écrit deux livrets d’opéras. Justement, la marquise Béatrix de Rochefide (Marie d’Agoult) arrive au château de Camille avec Conti, qui est devenu son amant. Camille favorise la relation entre Calyste et Béatrix, avec qui il vit un grand amour. Mais Conti lui arrache Béatrix et prend la fuite avec elle.

La deuxième partie se passe à Paris. Camille a arrangé un mariage entre Calyste et une jeune noble, Sabine de Grandlieu, avant de se retirer au couvent (George Sand au couvent, ça, c’est du roman !) Tout serait pour le mieux pour le jeune couple si Béatrix, abandonnée par Conti, ne décidait de récupérer Calyste en exerçant ses charmes sur lui.

Dans Béatrix, Balzac nous livre de très beaux portraits de femmes, ainsi qu’une description de la vie mondaine à Paris dans les années 1830.

Dans la partie consacrée à la description de Camille Maupin, le nom de plume de Félicité Destouches, on apprend (page 690) qu’elle a fait venir à Nantes le pianiste STEIBELT pour apprendre le piano, et qu’elle jouait couramment les sonates de BEETHOVEN (page 691).

Steibelt Andante CantabileCliquez sur l’Andante Cantabile de Steibelt

La rencontre de Camille et Calyste se fait alors que Camille est en train de chanter la cavatine « Grâce pour toi, grâce pour moi » de Robert le Diable, de MEYERBEER et le « Restez » du Guillaume Tell de Rossini (pages 708 et 709.)

Meyerbeer Robert le diable Robert, toi que j'aimeCliquez sur l’image

Un peu plus loin, Balzac nous dresse un portrait de son héros Conti (Page 717) : Conti a beaucoup d’esprit, il a du talent comme compositeur… Sans Meyerbeer et Rossini, peut-être eût-il passé pour un homme de génie. Il est en musique vocale ce qu’est Paganini sur un violon, Liszt sur le piano.

Paganini Liszt La CampanellaCliquez sur la pianiste

Lors de la première rencontre de Béatrix et Calyste, elle chante en duo avec Conti « Dunque il mio bene tu mia sarai », le dernier duo du Roméo et Juliette de ZINGARELLI, et Balzac cite le passage « Di tanti palpiti », du Tancrède de Rossini. (page 746)

Zingarelli Giulietta e RomeoCliquez sur l’image

Pages 825 – 826 : Conti est amoureux de Mlle FALCON, de l’opéra (Balzac avait pu l’entendre dans les Huguenots et dans la Juive.) Puis Conti chante « Pria che spuniti l’aurora », « le plus grand chef-d’œuvre musical qui existe pour les exécutants », extrait du Matrimonio segreto de CIMAROSA.

Cimarosa Il matrimonio Segreto Pria che spunti in ciel l'auroraCliquez sur l’image

Page 883, Sabine craque (de jalousie) en entendant Rubini chanter l’air « Il mio cor si divide » d’Otello.

Rossini Otello Ah vieni neltuo sangueCliquez sur la « battle » de ténors

Page 921 : C’est à un dîner chez Mme Schontz que Paganini déclara n’avoir jamais fait pareille chère chez aucun souverain, ni bu de tels vins chez aucun prince, ni entendu conversation si spirituelle, ni vu de luxe si coquet.

Page 922 : Sois tranquille, dans dix minutes, il te chantera l’air d’Isabelle dans Robert le Diable « Je suis à tes genoux ».

Meyerbeer Robert le diable Robert, toi que j'aime je suis à tes genouxCliquez sur Isabelle

Page 929 : À une représentation de la Lucia qui finit, comme on sait, par un des plus beaux triomphes de Rubini. C’est lors de cette représntation que la trame ourdie pour séparer Calyste de Béatrix se noue.

Donizetti Lucia di Lammermoor cavatine finaleCliquez sur l’image

(Source : Honoré de Balzac, La Comédie humaine, tome II, Bibliothèque de la Pléiade, 1976, pages 599 à 941)