Après « Ses purs ongles très haut dédiant leur inox », de Mallarmuche, je vous propose ce mois-ci un autre poème, de Jean Tardieu, « Étude en de mineur », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Le ciel était de nuit
la nuit était de plainte
la plainte était d’espoir,
Les yeux étaient de lèvres
les lèvres étaient d’aube
la source était de neige
Cliquez sur la blanche neige
Ma vie était de flamme
ma flamme était de fleuve
le fleuve était de bronze
Cliquez sur l’image
le bronze était d’aiguille
l’aiguille était d’horloge
l’horloge était d’hier :
Cliquez sur l’horloge
elle est de maintenant.
Maintenant est de terre
maintenant est de pierre
maintenant est de pluie.
Cliquez sur les jeux d’eau (sous la pluie)
Ma rive est de silence
mes mains sont de feuillage
Cliquez sur l’image
ma mémoire est d’oubli.
Citations musicales :
de neige : Francis Poulenc Sept chansons « la blanche neige »
de bronze : Hector Berlioz Benvenuto Cellini scène de la fonte de la statue « Du métal ! du métal ! »
Voilà déjà huit ans que je me suis lancé dans cette aventure d’un site consacré à la musique et à la littérature. En huit ans, j’ai publié presque 1100 articles. Au début, j’en publiais beaucoup pour enrichir ma base de connaissances, et maintenant je suis arrivé à un rythme d’un article tous les 3 jours (sauf événement spécial).
Vous vous êtes mis à plus de 200 000 visiteurs cumulés, venus de 168 pays ou régions, pour voir plus de 300 000 vues sur ce site.
J’ai consacré 173 articles à mes opéras préférés, de l’Orfeo de Monteverdi aux Ali de Filastine, Ben Selim et Arnold, ou d’Adrienne Lecouvreur de Cilea à Zoroastre de Rameau. Le plus lu est celui consacré à Jules César en Égypte, de Haendel, juste devant Norma, de Bellini.
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J’ai également consacré 118 articles à des compositeurs ou des compositrices, d’Hildegarde von Bingen à Camille Pépin. Le compositeur qui vous a le plus intéressés est Franz Schubert. Parmi ces articles, 35 concernent des compositrices, pour la plupart injustement méconnues.
Ces chiffres de 173 opéras et 118 compositeurs (ou compositrices) chroniqués sont à rapprocher de mon objectif initial, quand j’ai commencé mon livre sur l’opéra (livre qui s’est transformé au cours du temps en ce site), de retenir 99 opéras et 49 compositeurs (j’avais en tête, pour la structure de ce livre, La vie mode d’emploi de Perec).
Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 75 écrivains passés à ma moulinette, d’Homère à Échenoz, le billet le plus consulté étant celui consacré à Victor Hugo.
Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma (pas encore assez par rapport à mon objectif initial), à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé…
Une catégorie très prisée est celle sur les publicités se servant de musique classique pour vendre pâtes, lessive ou autres grosses ouatures. Cette catégorie très populaire vient en tête des vues puisque l’article le plus consulté est « De l’emploi de la musique classique dans la pub » suivi de près par « la Musique de Vivaldi dans la publicité« , avec environ 5500 vues pour chacun de ces 2 articles.
Un sujet de satisfaction pour moi est la catégorie « poème mis en musique à ma façon », où je prends un poème parmi mes préférés, que j’illustre musicalement par analogie entre les images que suscite en moi le poème et les musiques qui peuvent illustrer ces images. Grâce à cette catégorie, les poèmes de Mallarmé que j’ai ainsi traités ont été lus plus de 7000 fois sur mon site, la palme revenant à « Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change (le tombeau d’Edgar Poe) » avec près de 1600 lectures.
Après mon premier livre, Compositeurs et compositrices, très beau et pas cher, paru en septembre 2022, pour lequel j’avais fait une petite sélection de 57 compositeurs et compositrices (il m’en reste une quarantaine d’exemplaires, donc vous pouvez encore le commander), j’ai publié fin 2025 mon opus 2, consacré aux Écrivains, dramaturges et librettistes. Vous pouvez le commander en librairie ou grande surface culturelle, ou directement auprès de moi via le formulaire contact du site.
À la sortie de ce livre, je suis passé dans le poste, et vous pouvez trouver cidsous le podcast de l’émission.
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Et pour finir ce billet, je vous propose de retrouver une de mes vidéos préférées, l’Ode à la lune extraite de Rusalka de Dvorak.
Cliquez sur Rusalka
Et si vous voulez souhaiter un bon anniversaire au blog, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.
Curieux destin que celui de Christine de Suède. Fille de Gustave II Adolphe Vasa, elle monte sur le trône à l’âge de six ans, à la mort de son père.
Un astrologue ayant prédit à son père qu’il aurait un fils, le père a toujours considéré Christine comme un garçon. Elle ne reçoit donc pas une éducation de princesse et travaille tout le temps. À dix-huit ans, elle est couronnée reine.
Polymathe, elle parlait huit langues, dont l’hébreu. Elle fait venir à sa cour des musiciens français, italiens et allemands.
Après deux ans de correspondance avec René Descartes, elle le fait venir à Stockholm, mais celui-ci, arrivé en hiver, attrape une pneumonie et meurt. On peut donc considérer, avec un point de vue complotiste, que Christine de Suède est à l’origine de la mort de Descartes, en 1650. À la demande de Christine, Descartes compose même le livret d’un ballet.
Son attitude peu féminine, elle n’est as marée et proclame qu’elle ne se mariera jamais, choque son peuple, et Christine abdique à l’âge de 28 ans. Elle part à Bruxelles, où elle se convertit au catholicisme, puis à Innsbruck. À Innsbruck, le Grand Duc donne des fêtes pour célébrer la conversion de Christine, et commande un opéra à Cesti, l’Argia.
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À Bruxelles, elle fait jouer le premier opéra en Belgique, Ulysse dans l’île de Circé, de Zamponi.
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Christine arrive enfin à Rome où le pape « valide » sa conversion. Elle s’y installe, prend des leçons de musique auprès de Corelli, et crée une académie de musique. Corelli lui dédie sa première œuvre publiée, son opus 1.
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En 1659, elle quitte Rome pour la Cour de France, où elle assiste au premier ballet écrit par Lully et où elle voit le jeune Loulou XIV danser.
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Après des voyages dans toute l’Europe, Christine retourne à Rome où elle s’installe définitivement (elle y meurt en 1689), elle se constitue un orchestre, et ouvre le premier théâtre public romain, ce qui était jusqu’alors interdit par l’Église. Tous les compositeurs viendront s’y produire.
Elle y fait jouer les opéras vénitiens de Cavalli ou Cesti et fait venir Stradella, qui écrit pour elle des cantates. Dans son orchestre, on trouve Corelli comme premier violon alors que Scarlatti est au clavecin.
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Curieuse de tout, Christine de Suède fait également jouer à Rome les dramaturges français tels que Racine, Corneille ou Molière.
La bonne musique ne se trompe pas, et va droit au fond de l’âme chercher le chagrin qui nous dévore. (Stendhal).
Henry Beyle, dit Stendhal, naît à Grenoble le 23 janvier 1783. Il perd sa mère, qu’il adorait, à l’âge de sept ans. Il fait ses études à Grenoble, avant de partir à Paris pour préparer, à seize ans, le concours d’entrée à l’école Polytechnique.
Henry est attiré par l’écriture, il veut écrire des comédies et même, pourquoi pas, des opéras. Mais il lui faut gagner sa vie, et il entre au ministère de la Guerre.
En 1800, Henry Beyle rejoint la grande Armée pour la campagne d’Italie. Il découvre alors l’Opéra italien, avec le Mariage secret de Cimarosa. Après cette représentation, il écrit : « Je venais de voir distinctement où était le bonheur ». Puis, il arrive à Mila où il est émerveillé par son opéra, la Scala.
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En 1802, il revient à Paris et au milieu de l’année, démissionne de l’armée. En 1806, il part pour l’Allemagne, où il découvre la musique de Mozart. Il écrit alors que « nul ouvrage de littérature ne peut lui donner plus vif contentement que Don Giovanni».
Cliquez sur le trio des masques
De retour à Paris, il est nommé auditeur au Conseil d’État en 1810, poste où il s’ennuie ferme.
En 1811, il repart à Milan. Il visite l’Italie, Bologne, Florence, Rome. À Florence, à l’église Santa Croce, il éprouve une sorte d’extase, qui sera plus tard nommée « Syndrome de Stendhal ». À la fin de l’année, il commence à écrire une Histoire de la peinture en Italie.
En 1812, Henry est appelé pour la campagne de Russie. Il revient à Paris début 1813. En 1814, après la chute de Napoléon, Henry retourne à Milan où il écrit, sous pseudonyme, son premier livre publié : les Lettres écrites de Vienne en Autriche sur le célèbre compositeur Joseph Haydn suivies d’une viede Mozart et de considérations sur Métastase et l’état présent de la musique en France et en Italie. En 1815, il termine son Histoire de la peinture en Italie.
En 1816, il découvre les écrits de Lord Byron et a la révélation que « le véritable romantisme n’est pas allemand, il est anglais ! »
En 1817, Henry Beyle prend le pseudonyme de Stendhal pour publier Rome, Naples et Florence. En 1818, il fait la connaissance de Matilde Dombrowski, une patriote italienne qui deviendra son grand amour malheureux. Matilde inspirera la Mathilde de le Rouge et le Noir (1830), un de ses romans les plus célèbres.
En 1823, Stendhal fait paraître une Vie de Rossini et, en 1827, son premier roman, Armance. Armance sera suivi par Le Rouge et le Noir en 1830. Le Rouge et le noir a fait l’objet d’un opéra rock en 2016, d’un opéra de Barcaroli en 2019, et d’un ballet de Lacotte en 2021, sur une musique de Massenet.
Cliquez sir l’image
Cliquez sur la ballerine
En 1831, Stendhal est nommé consul à Civitavecchia, ville où il s’ennuie ferme. Il y commence Lucien Leuwen (1834) et Vie de Henry Brulard (1835). En 1836, il prend un congé de trois ans et retourne à Paris, où il écrit la Chartreuse de Parme (1839) qui, enfin, connaît un grand succès public. La Chartreuse de Parme a fait l’objet d’un opéra de Henri Sauguet en 1938.
Cliquez sur le final de la Chartreuse de Parme
Dans ses Mêmoires, Stendhal prétend être un « musicien manqué » et dans sa jeunesse, il s’est essayé au piano et au chant, mais sans résultats probants.
Stendhal meurt à Paris le 23 mars 1842, à l’âge de 59 ans.
Ce mois-ci, c’est Tiniak qui est aux manettes de l’Agenda Ironique. Et quel en est le sujet, de cet A.I. ? Et bien voilà :
Au mois d’avril, dit-On (ce fameux konkidirapa son nom) : “ne te découvre pas d’un fil”. Et si c’était là, belle et bien bonne occasion de se poser cette question : “Perdu le fil, que ferait-On ?” Pardon, pour les marris, comme j’en suis, d’avoir un parent frappé d’Alzheimer. En fait, je pensais à Raymond (que si ? Quenaud ! Mais, si !).
Lors, imaginez un peu : perdre le fil de son histoire, par exemple en se brossant les dents -et, pour comble ! devant son miroir…
Je vous ai perdu.e.s ? Tant mieux. C’est tout l’enjeu de ce mois-ci, ayant pour thème générique : “miroir sans fil”.
Partez donc en vrille(s), Agendaironistes, avec certains de ces quelques mots de ma liste – bon, pas simplistes, j’en conviens, et qu’ faut s’asseoir dessus pour les placer : tasse Mobil (hin hin), Tchao Pantin (ou “Ciao.. du même blase”), nombril du monde, Cunégonde (pour la rime), “Et mon courroux coucou !” (sic), pâte-fix, remix (et/ou) slam, bam, amstamgram, Pamella et blâme. Et puismiroir… pour finir ?
Rien que les mots sans italique, nous sommes raccords ? J’en demande quatre. Plus OK, mais pas moins. Avec en sus, quand même, la mention en toutes lettres : “perdu[,] le fil”.
Avez-vous le formidable roman la Passe-miroir, de Christelle Dabos ? J’espère que oui, sinon vous pouvez toujours vous rattraper en lisant les quatre volumes qui constituent cette série, ou encore en lisant l’adaptation en bande dessinée par Vanyda dont le premier volume vient de paraître chez Gallimard Bande dessinée (voir la dédicace cidsous.).
Parmi les airs que chante l’héroïne figure, ou pas, le grand air des bijoux du Faust de Gounod : « Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir ». Cet air a été popularisé par Hergé et sa fameuse Bianca Castafiore.
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Un autre personnage de la Passe-miroir est Cunégonde. Cunégonde apparaît dans le deuxième volume, et c’est une mirage qui a créé des endroits appelés imaginoires. Peut-être est-ce dans un de ses endroits que l’Apprenti sorcier vole le balai magique de son maître, balai qu’il essaye, en vain, de domestiquer à grands coups d’amstramgram.
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Même atmosphère de magie pour Petrouchka, de Stravinsky, où un vieux mage anime par magie un pantin de bois, Petrouchka.
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L’Apprenti sorcier et Petrouchka font partie du répertoire de base de la maison d’opéra fondée par Raymond Queneau à Saint-Glinglin, le fameux Opéra de Saint-Glinglin.
Dans Guillaume Tell, drame de Schiller mis en musique par Rossini, le héros suisse exprime son courroux coucou (suisse) contre l’envahisseur autrichien.
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Arrivé à cet endroit de mon histoire, vous aurez peut-être perdu le fil, mais n’ayez crainte, je vais vous en faire un remix accéléré : pantin, passe-miroir, Cunégonde, courroux coucou, perdu le fil, remix.
Hänsel und Gretel est un opéra pour enfants d’Engelbert Humperdinck (1854-1921), d’après un conte de Grimm. Le livret est d’Adelheid Wette. Hänsel und Gretel a été créé le 23 décembre 1893 à Weimar, sous la direction de Richard Strauss. Partition d’inspiration wagnérienne ou straussienne.
J’ai eu l’occasion de le voir dans la série « Opéra en famille » de l’Atelier lyrique de Tourcoing, avec un public très jeune, dont une petite fille qui, sur les genoux de sa maman, n’arrêtait pas de nous espoiler l’histoire, genre « Moi, je crois que la sorcière va manger les enfants ». C’était charmant.
Le pitch : Hänsel et Gretel ont faim et essaient de l’oublier en chantant et en dansant. Quand leur mère renverse le lait qui devait servir de repas pour le soir, elle envoie ses enfants chercher des fraises dans la forêt. Le père rentre avec des victuailles, mais il s’alarme quand il apprend que ses enfants sont seuls dans la forêt.
Les enfants, qui se sont endormis le soir, se réveillent au matin et découvrent une maison en pain d’épices. Affamés, ils commencent à la boulotter quand la propriétaire, la sorcière, arrive et les capture pour les manger.
Les enfants prennent la sorcière à son propre piège et la jettent dans le four. Elle est transformée en pain d’épices quand les parents retrouvent leurs enfants sains et saufs.
Cliquez sur la bande-annonce
Acte I : Peter, un pauvre fabricant de balais, et Gertrud, sa femme, ont deux enfants, Hänsel et Gretel. Ils vivent pauvrement et les enfants doivent aider leurs parents, Hänsel en fabriquant des balais avec son père, Gretel en aidant sa mère pour le ménage. Comme beaucoup d’enfants, Hänsel et Gretel préfèrent jouer et danser (Duo : « Brüderchen komm tanz mit mir »). Gretel a dit à son frère qu’elle a découvert un pot de lait que sa mère a caché, sans doute pour faire un gâteau. Hänsel veut goûter au lait, mais Gretel l’en empêche.
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Quand la mère arrive, elle est furieuse de voir ses enfants danser au lieu de travailler. (Air : « Was ist das für eine Geschichte ! »). Elle renverse malencontreusement le pot de lait, et envoie les enfants dans la forêt chercher des fraises. Elle s’endort en se lamentant sur sa triste condition.
Le père entre à la maison, un peu ivre. Il est content, car il a réussi à vendre des balais et a ainsi pu acheter de la nourriture pour sa famille (Air : « Ach wir armen armen Leute ».) Il réveille sa femme pour lui apprendre la bonne nouvelle, mais quand celle-ci lui apprend qu’elle a envoyé les enfants dans la forêt, il prend peur car il sait qu’au plus profond de cette forêt vit une sorcière qui transforme les enfants en pain d’épices pour les manger (Air : « Eine Hex Stein alt haust tief im Wald ».) Les parents se précipitent dans la forêt pour retrouver leurs enfants.
Acte II : Gretel, qui a rempli son panier de fraises, fait une pause (Air : « Ein Männlein steht im Walde ».) Hänsel en fait autant. Ils écoutent les oiseaux, spécialement le coucou dont on reconnaît le chant. Mais la nuit tombe et ils commencent à avoir peur. Le marchand de sable passe et les endort (Berceuse : « Der kleine Sandmann bin ich ».)
Cliquez sur le marchand de sable
Acte III : Le lendemain matin, l’Homme à la rosée les éveille (Air : « Der kleine Taumann heiss’ ich ».) Les enfants se mettent en route et arrivent à une clairière où se trouve une maison en pain d’épice. Ils commencent à la grignoter quand une voix se fait entendre : (Air : « Knusper Knusper Knäuschen ? ». « Qui grignote ma maison ? »). C’est une vieille femme qui leur propose d’entrer pour manger des sucreries (Air : « Ich bin Rosine Leckermaul »), mais les enfants se méfient. La vieille femme se transforme alors en sorcière et sort sa baguette pour jeter un sort aux enfants (Air : « Hokus Pokus Hexenschuss »).
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Elle les paralyse et enferme Hänsel dans une cage. Elle déparalyse Gretel pour lui faire faire le ménage, avant de s’envoler sur son balai. Gretel s’empare de la baguette et déparalyse son frère.
La sorcière revient et trouve qu’Hänsel est trop maigre pour être mangé, il faut l’engraisser un peu. Elle demande alors à Gretel si le four est assez chaud. Gretel ne sait pas comment faire, alors la sorcière lui montre en se penchant devant le four. Les enfants la poussent alors dans le four et en ferment la porte.
Les enfants sortent dans la cour, et avec la baguette magique, désensorcellent tous les enfants qui avaient été transformés en pain d’épice par la méchante sorcière. C’est alors que les parents arrivent, juste pour le happy end. On ouvre la porte du four et on trouve la sorcière transformée en pain d’épice. Le père chante alors la morale de l’histoire, suivi par toute la famille (Air et chœur : « Kinder schaut das Wunder an ».)
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(Source principale : la représentation de l’Atelier lyrique de Tourcoing de 2026, et le programme associé.)
Jocy de Oliveira est née le 11 avril 1936 à Curitiba, au Brésil.
Jocy débute ses études musicales à Sao Paulo, avant de venir à Paris, où elle travaille avec la pianiste Marguerite Long. Elle part ensuite à Saint-Louis, aux États-Unis, où elle obtient son diplôme de compositrice.
Elle se marie avec le chef d’orchestre brésilien Eleazar de Carvalho, avec qui elle créera plusieurs de ses compositions.
Jocy de Oliveira entretient une longue relation musicale avec Igor Stravinsky, et note dans son journal tous les moments qu’elle a pu passer avec lui. En 2010, elle crée le spectacle Revisita do Stravinsky.
Partageant sa vie entre le Brésil et les États-Unis, elle rencontre John Cage à Tanglewood (une ville à une centaine de kilomètres de Boston, où se tient en été un festival de musique). John Cage lui apprend que « il n’y a pas de division entre la vie et l’art ». Sous son influence, elle se lance dans la musique conceptuelle, et trouve même que le concept est plus important que le résultat musical (c’est assez oulipien, comme démarche). Elle compose ainsi Nocturno do um piano, une installation avec vidéo et arrangements électroacoustiques dans laquelle elle jette un piano à la mer, avec une pianiste enchaînée au piano, pianiste qui joue pendant six heures, tout en étant filmée et enregistrée.
Cliquez sur le piano à la mer
Un autre compositeur avec lequel Jocy de Oliveira a travaillé est Luciano Berio. Elle crée ainsi Berio sem Censura), spectacle avec Cathy Berberian, et des musiques de Berio et Jocy de Oliveira.
En 1961, elle crée Apague meu spotlight, la première pièce de musique électronique jouée au Brésil.
Cliquez sur Apague meu spotlight
Jocy de Oliveira est extrêmement célèbre au Brésil, où ses neuf opéras spectacles ont connu un grand succès. Parmi eux, on peut noter une trilogie sur la question des femmes, dont l’opéra la Malibran où elle s’interroge sur le rôle des femmes à l’époque de la Malibran et sur les conditions de vie des divas. Sur ce même thème, Jocy a également écrit Who cares if she cries (2007) (qu’importe si elle pleure) et A Prostituta sagrada (la Prostituée sacrée) pour lequel elle se rend en Inde.
Cliquez sur Who cares if she cries
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Outre ses activités de pianiste, de compositrice et de vidéaste, Jocy de Oliveira a écrit quatre livres, dont celui où elle publie sa correspondance avec tous les grands créateurs qu’elle a connus, Berio, Cage, Stravinsky, Villa-Lobos, Messiaen : Dialogue avec mes lettres.
À propos de Messiaen, Jocy a joué la plupart de ses œuvres pour piano.
(Sources principales : un grand merci à Sophie Lacaze qui m’a fait découvrir Jocy de Oliveira, et m’a envoyé les liens vers les podcasts de France Musique qui m’ont servi pour écrire cet article.
L’ensemble « Il Buranello » est un ensemble de musique baroque créé en 2015 par la soprano Stéphanie Révillion. Son principal secteur d’activité est la région Hauts de France et la région Grand Est. L’ensemble tire son nom du compositeur baroque italien Baldassare Galuppi, surnommé Il Buranello car natif de Burano, près de Venise.
Dans ses productions, l’ensemble s’attache à marier musique et littérature. Il a de nombreux programmes à son répertoire.
Lamento d’Arianna & autres madrigaux de Monteverdi (2019).
À tout seigneur, tout honneur, ce programme est dédié à la musique de Claudio Monteverdi, le « père » de l’opéra avec l’Orfeo (1607). « Lamentations, lettres d’amour, amoureux qui se cherchent, il s’agit d’émouvoir le spectateur ».
À la découverte du maître de Venise, Claudio Monteverdi (2020).
Dans l’écriture de Monteverdi, le compositeur cherche à traduire en musique les mouvements de l’âme, et met la musique au service de l’expression poétique. Alors, « Prima la musica ? »
Le Monde entier est un théâtre : Henry Purcell & William Shakespeare (2021).
« Poésie et musique ont le même Dieu, dit la fable : toutes deux ont le même amoureux, car toutes deux vivent en toi. » (William Shakespeare.)
Ce spectacle propose une alternance de textes de Shakespeare, y compris certains sonnets, et de musiques de Purcell, pour nous plonger dans un univers de rêve où vivent des personnages fantastiques, une grande reine ou un amant éconduit…
Près de la croix (2023)
Près de la croix de Jésus se tenait sa mère… Vous aurez reconnu le début du Stabat Mater dolorosa. Ce programme est dédié aux figures de Marie et de Marie-Madeleine. Il Buranello nous fait revivre la manière dont les compositeurs italiens ont traité les émotions de ces femmes.
Charivari ! Opéra féérique d’après Henry Purcell (2022).
Cinq chanteurs / acteurs et leurs complices instrumentistes interprètent les personnages des pièces du grand Bill, dans un jeu burlesque où se fondent raison et déraison, sur des musiques d’Henry Purcell.
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Tea Time, Henry Purcell (2022)
Spectacle comique autour du quotidien d’un vieux couple anglais, sur des airs d’Henry Purcell.
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Le Mercure (pas) galant. Rivalités à la Cour du Roi-Soleil (2023).
Accompagnée d’un clavecin, une cantatrice italienne prend des leçons auprès de Jean-Baptiste Lully et Paolo Lorenzani. Une manière pour Il Buranello de nous faire découvrir les différences entre les styles italiens et français, à travers la musique qui se jouait à la Cour de Loulou XIV.
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Les Amours de Vénus, sur des musiques de Barbara Strozzi (2024).
Trois petits Cupidons volent au secours de Vénus, abandonnée par son amant Adonis. Ce spectacle peut être joué partout sur les territoires, permettant d’aller à la rencontre des habitants pour qui la musique baroque est loin « d’aller de soi », le tout sur une musique de Barbara Strozzi.
Donc, vous l’avez compris, si vous avez l’occasion d’aller voir un pestacle d’Il Buranello, courez-y ! Pour connaître les dates de leurs spectacles, cliquez sur l’Agenda.
Les Mousquetaires au couvent est une opérette de Louis Varney, sur un livret de Ferrier et Prével. Elle a été créée aux Bouffes-Parisiens le 16 mars 1880.
L’action se passe en Touraine, sous le règne de Louis XIII.
Acte I : Devant l’hôtellerie du Mousquetaire gris, des marchandes proposent leurs marchandises, gâteaux ou fleurs, badinant avec les hommes, civils ou mousquetaires.
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L’armée se prépare à recevoir le cardinal Richelieu, de retour du siège de La Rochelle. L’abbé Bridaine cherche son ancien élève, le mousquetaire Gontran de Solanges. Son capitaine, Narcisse de Brissac, l’a averti que Gontran est tombé amoureux d’une jeune pensionnaire du couvent des Ursulines, Marie, la nièce du gouverneur de Touraine.
L’abbé Bridaine, qui est le seul homme à pouvoir entrer au couvent, accepte de remettre une lettre de Gontran à Marie., mais le gouverneur demande à l’abbé d’aller prévenir ses deux nièces, Marie et Louise, qu’elles doivent prendre le voile.
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Le gouverneur oblige Pichard, l’aubergiste, a héberger deux moines mendiants, chargés de prêcher la renonciation aux pensionnaires des Ursulines. Quand Bridaine apprend à Gontran que Marie doit prendre le voile, Brissac a une idée pour entrer dans le couvent. Avec Gontran, ils se déguisent en moines.
Acte II : Les pensionnaires du couvent s’apprêtent à faire une dictée.
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La mère supérieure leur annonce l’arrivée de deux moines envoyés par le gouverneur. Elle demande aux jeunes filles de faire leur examen de conscience avant la confession. Alors que Gontran se fait reconnaître par Marie, Brissac est, lui, intéressé par Louise. Brissac trouve dans le pupitre de Marie son examen de conscience, dans lequel elle avoue son amour pour Gontran.
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Brissac demande à la mère supérieure un bon repas, afin d’être en forme pour son sermon. Bridaine demande à Marie d’écrire à Gontran qu’elle prenne le voile, mais il reconnaît les faux moines. Gontran est troublé par la lettre de Marie, car il sait que la jeune fille l’aime. Brissac, lui, complètement ivre, fait un prêche sur l’amour, prêche qui ravit les jeunes filles et épouvante les religieuses.
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Acte III : Dans la cour du couvent, Gontran et Brissac organisent la fuite des jeunes filles. Brissac est de plus en plus épris de Louise.
Simone, la servante de l’auberge, vient demander à Bridaine où se trouve Brissac, et ce qu’il convient de faire des pèlerins découverts saucissonnés dans leur chambre. Alors que Gontran prépare l’exfiltration de Marie, Louise exige d’être enlevée avec sa sœur. Les deux couples d’apprêtent à fuir avec une échelle (Quintette de l’échelle).
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Bridaine arrive, suivi du gouverneur en personne. Ils cherchent les moines mendiants qui se sont révélés être de dangereux complotistes. Brissac et Gontran reviennent en habits de mousquetaires et disent avoir capturés les pèlerins. En récompense de cette action, le gouverneur leur accorde la main de ses nièces.
(Source principale : les représentations de l’Opéra-Comique de 2015, et le programme associé.)
On a retrouvé récemment, dans la bibliothèque de l’Opéra de Saint-Glinglin, un inédit de Mallarmuche. Il s’agit de la première version du sonnet en « IX », datée du 1er avril 1868. Dans ce premier jet, Mallarmé avait choisi des rimes en « OX » et non les fameuses rimes en « IX » comme de la version qu’il a finalement retenue.
Ses purs ongles très haut dédiant leur inox,
Cliquez sur l’inox
L’angoise ce minuit soutient, lampe au phosphore,
Maint rêve vespéral brûlé par le botox,
Que ne recueille pas de cinéraire en or.
Sur les crédences, au salon vide, nulle infox
Cliquez sur la calomnie
Aboli bibelot d’inanité encore
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Stox,
avec ce seul objet dont le néant sonore.)
Mais proche la croisée au nord vacante, un tort
Agonise selon peut-être le trésor
Cliquez sur le trésor
des licornes ruant du feu sur le fort Knox
Elle, défunte nue, en ce miroir si belle
Cliquez sur Marguerite riant de se voir si belle en ce miroir