Divers, Nature

IL FAUT CULTIVER NOTRE JARDIN – Partie 1 – le jardin le jour.

« Il faut cultiver notre jardin », telle est la conclusion en forme de morale du conte Candide de VOLTAIRE. Mais quelle est la place du (des) jardin(s) dans le monde merveilleux de l’opéra (et plus généralement de la musique dite classique) ?

Dans son opéra Xerxes (Serse), HAENDEL confie un de ses plus beaux airs à son héros, près d’un platane dans son jardin : « Ombra mai fu ».

Haendel xerxes Serse ombra mai fuCliquez sur le célèbre contre-ténor

Une bonne partie du Cosi fan tutte de MOZART se passe dans un jardin. Au premier acte, les deux sœurs Dorabella et Fiordiligi chantent leur bonheur d’aimer et d’être aimées quand survient Don Alfonso qui leur apprend que leurs fiancés doivent partir à la guerre.

Mozart Cosi fan Tutte Soave sia il ventoCliquez sur Dorabella, Fiordiligi et Don Alfonso

Au premier acte du trop rare Fierrabras de SCHUBERT, Emma et Eginhard chantent un duo passionné dans le jardin.

Schubert Fierrabras Der abend sinkt auf stiller FlurCliquez sur l’image

Dans Iolanta de Tchaïkovski, l’héroïne, aveugle de naissance, vit dans une maison isolée et entourée d’un jardin. C’est dans ce jardin qu’elle va rencontrer l’amour en la personne de Vaudémont.

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Vaudémont

Alors qu’il y a une belle scène de nuit dans le jardin des Capulet dans le Roméo et Juliette de GOUNOD, il y a également une scène de jour quand, le lendemain, le page revient chercher Roméo dans le jardin (Air : « Que fais-tu, blanche tourterelle ».)

Gounod Roméo et Juliette Que fais-tu blanche tourterelleCliquez sur le page

Au début d’Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI, madame Larine et la nourrice de ses deux filles sont dans le jardin en début de soirée et devisent du passé quand on entend un le chœur des paysans qui célèbrent la fin des moissons.

Tchaïkovski Eugène Onéguine Chœur et danse des paysans

À l’acte II de Parsifal de WAGNER, le magicien (noir) Klingsor fait apparaître son jardin enchanté, et ses filles-fleurs chargées détourner les chevaliers du Graal du droit chemin.

Wagner Parsifal Filles-fleursCliquez sur la fille-fleur

Avant de terminer ce billet, écoutons Olivier MESSIAEN et sa fauvette des jardins, un catalogue de chants d’oiseaux retranscrits pour le piano.

Messiaen la fauvette des jardinsCliquez sur la fauvette des jardins

Mais revenons à notre cher Candide avec l’opérette éponyme de Léonard BERNSTEIN et son final « Let our garden grow » (« Cultivons notre jardin ».)

Bernstein Candide Make our Garden GrowCliquez sur Lenny

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous avez gagné le droit de cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Et ne ratez pas, prochainement sur ce blog, la seconde partie des jardins avec les jardins la nuit.

littérature, Oulipo, Poésie

« LES PHARES », de Charles BAUDELAIRE

Après avoir wagnerisé, puis debussysé le poème « La Musique » de Charles BAUDELAIRE, je vous propose aujourd’hui d’illustrer musicalement le poème « Les Phares », où Baudelaire rend hommage aux grands peintres qui constituent son panthéon.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Ce billet a été réalisé avec l’aide amicale de John DUFF, qui en plus d’être un éminent vexillologue est également un éminent baudelairien.

Rubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s’agite sans cesse,
Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer ;

Wagner Tannhäuser BacchanaleCliquez sur la bacchanale

Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l’ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement ;

Michel-Ange, lieu vague où l’on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;

Don Giovanni finalCliquez sur le fantôme puissant venant chercher Don Giovanni en étirant les doigts

Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand coeur gonflé d’orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats,

Debussy Prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’après-midi d’un faune impudent

Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;

Berlioz Symphonie fantastique Un BalCliquez sur l’image

Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De foetus qu’on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d’enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;

De Falla Goyescas Los RequiebrosCliquez sur le pianiste

Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;

Weber Berlioz l'invitation à la valseCliquez sur la pochette du disque

Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C’est pour les coeurs mortels un divin opium !

Berlioz Te DeumCliquez sur le Te Deum

C’est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C’est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

Citations :

Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer : WAGNER, Tannhaüser, Bacchanale. Baudelaire a fait partie des premiers admirateurs français de Wagner, et il a écrit Wagner et Tannhauser à Paris en 1861, après la création française de cet opéra.

Des fantômes puissants qui dans les crépuscules : MOZART, Don Giovanni, scène finale.

impudences de faune : DEBUSSY, Prélude à l’après-midi d’un faune (d’après un poème de MALLARMÉ).

Qui versent la folie à ce bal tournoyant : BERLIOZ Symphonie Fantastique « Un bal »

Goya, cauchemar plein de choses inconnues : GRANADOS, Goyescas. Dans son œuvre Goyescas, Granados s’est attaché à traduire en musique ce que lui inspiraient les peintures de GOYA.

comme un soupir étouffé de Weber : WEBER, l’Invitation à la Valse, orchestrée par Berlioz.

Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum : Berlioz Te Deum.

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES MISES EN SCÈNES MODERNES POUR DES OPÉRAS CLASSIQUES CHEZ VOUS – Semaine du 7 au 13 juin.


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 7 au 13 juin 2021.

Cette semaine, le MET nous propose des opéras qui ont fait l’objet de podcasts.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

LUNDI 7 juin VERDI Rigoletto

Verdi Rigoletto Caro nome (Met 2013)Cliquez sur Gilda

MARDI 8 juin GOUNOD Faust

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Méphisto

MERCREDI 9 juin BELLINI La Sonnambula (La Somnambule)

Bellini La Sonnambula (MET) DessayCliquez sur Amina

JEUDI 10 juin HAENDEL Agrippina

Haendel Agrippina DiDonato (MET 2020)Cliquez sur Agrippine

Vendredi 11 juin ADÈS The Tempest (La Tempête)

Adès La Tempête METCliquez sur Prospero

Samedi 12 juin Verdi Falstaff

Verdi falstaff metCliquez sur Nanetta

Dimanche 13 juin MOZART Così fan tutte

Mozart Cosi fan tutte MetCliquez sur Fiordiligi, Arabella et Don Alfonso

Voilà, c’est tout pour cette fois. See you a next ouike pour célébrer la fête des Pères avec le MET.

Divers, Fantaisie

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (3e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la deuxième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Et comme pour le premier billet, je commence par Francis BLANCHE, avec sa version de l’ouverture du Barbier de Séville de ROSSINI interprétée par les QUATRE BARBUS.

rossini 4 barbusCliquez sur les quatre barbus

Joan BAEZ nous fait admirer la qualité et la pureté de sa voix dans la Bachianas Brasileiras n° 5 de VILLA-LOBOS.

Villa-lobos Baez Bachianas Brasileiras n 5Cliquez sur Joan Villa-Lobos

On a déjà rencontré sur ce blog Klaus NOMI chantant l’air du génie du froid, extrait du King Arthur de PURCELL. Il a aussi chanté l’air Mon cœur s’ouvre à ta voix, extrait du Samson et Dalila de Camille SAINT-SAËNS.

Saint-Saëns Samson et Dalila mon cœur s'ouvre à ta voix Klaus NomiCliquez sur Klaus Saint-Saëns

(il a aussi chanté la mort de Didon, mais c’est ça, ce sera pour le prochain billet consacré à ces chanteurs qui ont chanté du classique).

Les DOORS ont chanté Asturias d’ALBENIZ sur leur album « Waiting for the sun ».

The Doors Spanish CaravanCliquez sur les Portes d’Asturies

Mireille MATHIEU a sorti un album de « classiques » intitulé « Mes classiques ». (Oreilles sensibles s’abstenir)

Mathieu Schubert Ave MariaCliquez sur Mireille SCHUBERT si vos oreilles ne sont pas trop sensibles

Écoutez Barbra STREISAND dans « Memory », extrait de Cats de Andrew LLOYD WEBER.

Barbra Streisand LLoyd Weber MemoryCliquez sur Barbra Lloyd Weber

Henri TACHAN a rendu un bel hommage à Beethoven dans sa chanson « Ludwig »

Beethoven Tachan LudwigCliquez sur Henri Beethoven

Anne SYLVESTRE a chanté la Lettre à Élise de BEETHOVEN.

Beethoven Sylvestre Lettre à ÉliseCliquez sur Anne van Beethoven

Michel DELPECH a composé sa chanson « Tête de Turc » sur la Marche turque de MOZART.

Mozart Delpech tête de turcCliquez sur Wolfgang Amadeus Delpech

À bientôt pour une nouvelle série de morceaux classiques interprétés d’une façon moins classique avec des versions rocks, voir hard rocks.

Et si vous êtes joueurs ou joueuses, vous pouvez cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus (si vous êtes joueurs ou joueuses)

Mes opéras préférés, opéra russe

LE PRINCE IGOR, de BORODINE (1869 – 1890)

S’il fut créé en 1890 (la même année qu’Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI), le Prince Igor a occupé son compositeur Alexandre BORODINE de 1869 à 1887, année de sa mort. (1869 est l’année du Boris Godounov de MOUSSORGSKI, autre pièce maîtresse de l’histoire de l’opéra russe). Le livret du Prince Igor a été écrit par Borodine d’après une ancienne épopée russe, le Dit de l’ost Igor (XVe siècle). Resté inachevé, le Prince Igor a été complété et orchestré par GLAZOUNOV et RIMSKI-KORSAKOV à partir du matériel musical laissé par Borodine. Il existe donc plusieurs versions de cet opéra, et le troisième acte, considéré comme n’étant pas de Borodine, est rarement joué. [J’ai comparé le déroulement de la version vue à l’opéra de Paris en 2019 et celle proposée par le MET, malgré quelques changements dans l’ordre des scènes, l’histoire reste (heureusement) la même.]

Le pitch : le prince (russe) Igor part faire la guerre en Polovtsie, confiant sa femme Iaroslavna à son beau-frère le prince Galitski. Les Russes sont battus et Igor est fait prisonnier. Un Polovtsien converti à la chrétienté lui propose de s’évader, mais c’est contraire à son sens de l’honneur et il refuse. Kontchak, le chef polovtsien, admire son courage et lui propose de devenir son ami. Iaroslavna se lamente dans sa ville dévastée par l’ennemi, quand deux cavaliers arrivent. C’est Igor et Ovlour qui viennent libérer la ville.

Ouverture.

Borodine le Prince Igor OuvertureCliquez sur l’orchestre

Première partie : Dans la ville de Poutivl, le prince Igor s’apprête à partir combattre les polovtsiens, des barbares de l’Asie centrale. Une éclipse de soleil survient, ce qui est un mauvais présage, mais Igor persiste dans son idée de partir bouter le polovtsien hors de Russie, malgré le pressentiment de sa femme Iaroslavna. Igor confie sa femme à son beau-frère, le prince Galitski. Deux soldats, Skoula et Iérochka désertent, préférant la vie de débauche qui règne à la cour de Galitski aux dangers de la guerre.

Deuxième partie : Après le départ d’Igor, Galitski manœuvre pour devenir prince à la place du prince. Il se sert de Skoula et Iérochka et la cour de Galitski est vite devenue un lieu de plaisirs, pour essayer de gagner le cœur de la population. Mais la soldatesque enlève les plus belles femmes. Des jeunes filles viennent supplier Galitski qu’on leur rende une de leurs amies enlevée, mais on se moque d’elles.

Iaroslavna se désespère de n’avoir pas de nouvelles de son Igor de mari quand les jeunes filles viennent se plaindre à elle.

Borodine le Prince Igor IaroslavnaCliquez sur Iaroslavna

Elles s’enfuient quand Galitski arrive, mais Iaroslavna ordonne à son frère de libérer les filles enlevées et le chasse.

Une mauvaise nouvelle arrive. L’armée russe a été battue et Igor et son fils Vladimir sont prisonniers du khan Kontchak. Le tocsin sonne, car l’ennemi approche.

Troisième partie : Dans le camp polovtsien, les amies de Kontchakovna, la fille de Kontchak font la fête. Kontchakovna attend Vladimir, car les deux jeunes gens s’aiment.

Borodine le Prince Igor VladimirCliquez sur Vladimir

Leur duo est interrompu par Igor qui se plaint de son sort. Ovlour, un Polovtsien converti à la religion catholique lui propose de s’évader, mais ceci est contraire au sens de l’honneur d’Igor, qui refuse. Kontchak, qui a entendu leur entretien admire la force de caractère d’Igor et lui propose son amitié, ce qu’Igor refuse également.

Borodine le Prince Igor Igor et KontchakCliquez sur Igor et Kontchak

Pour le distraire, Kontchak organise une fête (les fameuses « danses polovtsiennes » du Prince Igor.)

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennesCliquez sur les polovtsiennes

Quatrième partie : À Poutivl, Iaroslava se lamente après la prise de la ville par les barbares, quand on voit un nuage de poussière dans le lointain. C’est Igor et Ovlour qui sont venus délivrer la ville.

Les deux traîtres Skoula et Iérochka, sentant le vent tourner, font sonner le tocsin pour prévenir la population, et être ainsi les premiers à annoncer le retour du prince. Igor et Iaroslavna sont réunis et tout le monde se réjouit.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2019, et son livret)

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES OPÉRAS PODCASTÉS CHEZ VOUS – Semaine du 31 mai eu 6 juin.


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 31 mai au 6 juin 2021.

Cette semaine, le MET nous propose des opéras qui ont fait l’objet de podcasts.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 31 mai PUCCINI Turandot

Puccini Turandot Nessun dorma (MET)Cliquez sur Calaf

Mardi 1er juin SAINT-SAËNS Samson et Dalila

Saint-Saëns Samson er Dalila (MET)Cliquez sur Samson et Dalila

Mercredi 2 juin BIZET Carmen

Bizet Carmen Rachvelishvili (MET)Cliquez sur Carmen

Jeudi 3 juin DONIZETTI La Fille du Régiment

Donizetti La fille du régiment (MET)Cliquez sur Marie

Vendredi 4 juin GERSHWIN Porgy and Bess

Gershwin Porgy and Bess (MET 2020)Cliquez sur Bess and Porgy

Samedi 5 juin VERDI Macbeth

Verdi Macbeth METCliquez sur MacDuff et Lady Macbeth

Dimanche 6 juin GLASS Akhnaten

Glass Akhnaten (Met 2019)Cliquez sur l’image

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des visions modernes d’opéras classiques.

Animation 1, Contes et légendes

PONYO SUR LA FALAISE, d’Hayao MIYAZAKI (2008)

Ponyo sur la falaise est le dixième anime (long métrage d’animation) d’Hayao MIYAZAKI, sorti en 2008 et produit par le studio Ghibli. C’est, comme souvent chez le maître japonais, une fable écologique mettant en opposition la nature et la folie destructrice de l’homme, comme dans Nausicaä de la Vallée du vent (1984) ou Princesse Mononoke (1997).

L’héroïne en est un poisson rouge, Ponyo, fille de Granmamare, la déesse de la mer et de Fujimoto, un sorcier homme.

Hisaichi Ponyo sur la falaise génériqueCliquez sur Ponyo

Pour sa fable, Miyazaki s’est inspiré du mythe de la petite Sirène, qui nous est connu au travers du conte d’ANDERSEN. Dans le conte d’Andersen, en effet, la sirène tombe amoureuse d’un homme et est prête à renoncer à sa sirénitude pour obtenir une âme éternelle. Elle va voir une sorcière qui transforme sa queue de poisson en jambes humaines, mais pour cela, il y a un prix à payer : la perte de sa voix, et des souffrances terribles quand elle marche. De plus, si elle ne réussit pas à se faire aimer par l’homme de son choix, elle sera condamnée à n’être plus que de l’écume sur la mer.

On reconnaît là évidemment le thème de Rusalka de DVORAK.

Ponyo, donc, a quitté sa maison sous la mer et se trouve jetée sur une plage, emprisonnée dans un bocal qui traînait. Un petit garçon de cinq ans, Sosuke la trouve et la libère, mais il se coupe.

Hisaichi Ponyo sur la falaise Ponyo dans le bocalCliquez sur Ponyo dans son bocal

Hisaichi Ponyo sur la falaise première rencontre Sosuke PonyoCliquez sur Sosuke

Ponyo lui lèche sa plaie qui guérit immédiatement, mais se faisant, elle absorbe du sang humain qui transforme son ADN. Fujimoto réussit à récupérer Ponyo, au grand désespoir de Sosuke.

Hisaichi Ponyo sur la falaise rencontre Sosuke PonyoCliquez sur Ponyo

Fujimoto fait la leçon à Ponyo, dont on apprend que le vrai nom est Brünnehilde (comme la Walkyrie), mais celle-ci déclare qu’elle aime Sosuke et qu’elle veut devenir humaine. Elle commence à se faire pousser des bras et des jambes à partir de ses nageoires.

Hisaichi Ponyo sur la falaise FujimotoCliquez sur Fujimoto

Elle réussit à s’échapper, et chevauchant des créatures aquatiques, cherche à rejoindre Sosuke et sa mère Lisa. Et là, Joe HISAICHI, le compositeur habituel des musiques de Miyazaki, nous fait un détournement de la Chevauchée des Walkyries de WAGNER.

Hisaichi Ponyo sur la falaiseCliquez sur Ponyo

Ponyo finit par rejoindre son ami, et ils se réfugient dans la maison sur la falaise. Lisa profite d’une accalmie pour aller à la maison de retraite où elle travaille, laissant les enfants seuls.

Pendant ce temps, Granmamare et Fujimoto discutent, le sorcier est effrayé par les événements déclenchés par Ponyo, mais la déesse de la mer lui rappelle une vieille légende racontant que si Sosuke reste fidèle à son amie et si Ponyo renonce à ses pouvoirs magiques, l’équilibre du monde peut être rétabli.

Le lendemain matin, le soleil est revenu, mais la mer a submergé presque toute la terre. Sosuke et Ponyo partent sur un bateau jouet à la recherche de Lisa.

Les épreuves des deux enfants commencent. Comme dans la Flûte enchantée de MOZART, ils doivent traverser un tunnel sombre. Pendant cette traversée, Ponyo s’endort et commence à se retransformer en poisson. Sosuke réussit à la traîner hors de l’eau. Quand Fujimoto lui demande de l’aider à sauver le monde, Sosuke se méfie, mais le sorcier envoie ses créatures marines chercher les enfants. Granmamare explique la situation, disant que le seul moyen de sauver le monde, c’est que Sosuke accepte Ponyo pour ce qu’elle est. Sosuke répond qu’il aime Ponyo, et qu’il l’aimera toujours, humaine ou poisson. Ponyo, quant à elle, doit abandonner la magie, ce qu’elle accepte bien évidemment.

Miyazaki Granmamare GifCliquez sur Granmamare

Le monde est sauvé et Ponyo reste définitivement une petite fille.

Parmi les emprunts à la musique classique occidentale, Hisaichi glisse quelques mesures de référence à l’air « Lascia ch’io panga », extrait de Rinaldo de HAENDEL.

Haendel Lascia ch'io pianga imageCliquez sur le fameux contre-ténor

Vous l’aurez compris, voici un film que je recommande chaudement, pour les petits et les grands. C’est, avec mon Voisin Totoro, un des films de Miyazaki que l’on peut mettre sous les yeux des plus petits, qui adoreront ce petit poisson tout à fait craquant.

Compositrices

Clara SCHUMANN (1819 – 1896)

Clara SCHUMANN fait partie de ces femmes artistes dont le talent a été éclipsé par celui d’un homme, en l’occurrence l’homme de sa vie, le compositeur Robert SCHUMANN.

Fille d’un professeur de piano, Friedrich WIECK, celui-ci la fait travailler très tôt pour en faire une virtuose, et comme les pères de MOZART ou BEETHOVEN, la lance encore enfant dans une série de tournées et de concerts.

Elle n’a que neuf ans quand elle rencontre Robert SCHUMANN, un élève de son père de 9 ans son aîné. Très vite une amitié se noue entre eux et ce jeune homme épris de littérature lui apprend à connaître ses contemporains poètes, les JEAN-PAUL (RICHTER), HEINE, E.T.A. HOFFMANN. De cette époque datent les premières compositions de Clara, les quatre polonaises opus 1.

Clara Schumann 4 polonaises opus 1Cliquez sur l’image

Avec le temps, l’amitié va se transformer en amour, mais cet amour n’est pas du goût du père, tyran domestique, qui a d’autres ambitions pour sa fille et reproche à Robert de ne pouvoir lui assurer un train de vie correct en cas de mariage.

Le talent de pianiste de Clara a été reconnu par ses contemporains, comme LISZT ou PAGANINI.

Après des années où le père interdit aux jeunes gens de se voir, voire de s’écrire, quand Clara devient majeure, elle veut imposer son mariage contre la volonté de son père, qui intente alors un procès aux jeunes gens pour faire interdire ce mariage, accusant Robert de fainéantise et d’alcoolisme. Heureusement, les nombreux amis du jeune couple, dont Félix MENDELSSOHN, viennent témoigner en leur faveur.

Malgré l’amour et l’admiration que Clara a pour son Robert de mari, la situation est compliquée pour la musicienne qu’elle est. Robert monopolise souvent le piano familial pour ses compositions, et Clara doit jouer les maîtresses de maison, et très vite les mères au foyer, puisque huit enfants naîtront de leur union. « Heureusement » pour Clara, ce ne sont pas les revenus de Robert qui permettent au foyer de vivre, et Clara doit régulièrement donner des concerts, lui permettant d’exercer sa vraie vie, la musique, le piano, les concerts et elle fait ainsi des tournées dans toute l’Europe.

Le couple était proche du violoniste Joseph JOACHIM, qui apprend à Clara l’art d’interpréter la musique de Beethoven. C’est pour lui qu’elle écrit les trois Romances pour violon et piano.

Clara schumann trois romances pour violon et piano opus 22

En 1853, un jeune homme vient se placer sous leur amicale protection, Johannes BRAHMS, avec qui ils font de la musique dans une collaboration féconde.

Malheureusement, après dix ans de mariage, Robert sombre dans la folie. En 1854, il se jette dans le Rhin et, repêché, demande à être placé à l’asile. Il y restera plus de deux ans avant de mourir, sans que Clara ne puisse le revoir.

Dès lors, elle vit dans le souvenir de son mari, et se rapproche de Brahms. Elle continue à écrire, essentiellement pour le piano, donne des leçons de piano et continue ses séries de concerts jusqu’à la fin de sa vie.

Le catalogue de ses œuvres comprend de la musique pour piano, des lieder, de la musique chorale, et quelques pièces pour piano et orchestre.

Clara Schumann Abendfeier in VenedigCliquez sur le chœur

Clara Schumann Ich stand in dunklen TraümenCliquez sur l’image

(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, et pour Charles PERRAULT, j’ai fait appel pour le portrait de Clara Schumann à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, et à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).

Divers, Histoire de l'opéra

CONTRALTOS ET CONTRE-TÉNORS

Vous avez été plusieurs à me manifester le plaisir de découvrir le même air, « Che faro senza Euridice » de GLUCK, interprété soit par une voix de contralto (femme) soit par une voix de contre-ténor (homme). Voici donc un petit point sur la ressemblance et la différence entre ces deux voix.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur Orfeo (senza Euridice)

Dans les registres vocaux de la voix humaine (cf. la tessiture), la voix de contralto est la voix la plus grave des femmes alors que la voix de contre-ténor (ou haute-contre) est la voix la plus aiguë des hommes. En pratique, il peut y avoir recouvrement voire dépassement, et un contre-ténor dans les aigus chantera plus haut qu’une contralto dans les graves.

Voyons ce que nous dit le volume « Musique » de l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT (en respectant l’orthographe de l’époque).

Contralto, mot italien qui répond à notre mot haute-contre, mais les deux voix ne sont pourtant pas les mêmes, & leur diapason est assez différent. Le contralto italien est exécuté par des castrati à qui l’âge a rendu la voix plus grave ou par des femmes qui ont particulièrement cultivé les cordes (vocales) basses, & qui sont proprement, ce que nous appellons des bas-dessus.

La haute-contre, au contraire est la voix d’un homme dans toute l’étendue du terme, à qui la nature a donné une voix claire & s’élevant facilement dans le haut. Plusieurs, pour parvenir aux sons les plus aigus, sont obligés de forcer leurs moyens naturels en se resserrant le gozier; mais ils perdent ainsi en agrément(*) ce qu’ils gagnent en étendue, car ces sons étranglés manquent de douceur et de pureté.

À considérer le diapason de la clef d’ut qui sert aux deux espèces de voix, il est évident que ce sont les Français qui emploient la véritable haute-contre, & que les contralti italiens ne sont que des second-dessus… mais cette voix, les italiens l’appellent tenore sans la distinguer de cette autre dont le son est plus grave et plus nourri… On en peut donc conclure que les Italiens ne connaissent pas leurs chœurs la haute-contre, & qu’ils lui ont substitué le second-dessus, en continuant de le nommer contralto. Quelle peut en être la raison ? Je n’en vois pas d’autre que cette foule de malheureux castrati qui abondent en Italie, & qui, à un certain âge, ne sont plus en état de chanter le dessus. Comme le chant est néanmoins leur unique ressource, on a taché d’en tirer parti, & on les a placés dans le chœur, en leur donnant une partie de second-dessus analogue à leur voix…

Les hommes qui chantent le fausset, participent aux deux voix, & peuvent servir de liaison entre la haute-contre française et le contralto italien.

(*) agrément : On appelle ainsi dans la musique française certains tours de gosier & autres ornements affectés aux notes qui sont dans telle ou telle position, selon les règles prescrites par le goût du chant.

Voilà, c’est un peu technique, excusez-moi, mais j’adore me plonger dans ces vieux livres écrits presque en vieux françois !

Que retenir de cela ? Surtout et déjà qu’entre les Français et les Italiens, il n’y avait pas accord (ce qui est un comble pour des musiciens) sur les appellations des voix. Il faut dire qu’à l’époque de l’Encyclopédie, la Querelle des Bouffons n’était close que depuis peu de temps (disons une trentaine d’années). Cette querelle visait à trancher laquelle, de la musique française ou de la musique italienne, était le plus à même de porter l’émotion par le chant. RAMEAU défendait les couleurs de la musique française alors que JJ.ROUSSEAU défendait la musique italienne.

La Querelle des Bouffons étant partie d’une représentation de la Servante maîtresse de PERGOLÈSE en 1752, je vous propose d’écouter l’œuvre phare de ce musicien mort à 26 ans : le Stabat Mater, interprété ici par une soprano et un haute-contre.

Pergolèse stabat materCliquez sur l’image

250 ans plus tard, que peut-on encore dire sur ce sujet ?

Au XVIIIe siècle, il y avait encore une tradition assez forte « d’opérer » avant la puberté de jeunes garçons pour en faire des castrats (castrati en italien), qui gardaient ainsi une voix très aiguë. Dans les opéras, les rôles de femmes pouvaient être chantés par des hommes, les fameux castrats, alors que les rôles de très jeunes gens (typiquement des pages au service de la noblesse) pouvaient être chantés par des femmes.

Ceci peut s’illustrer par exemple dans le Jules César en Égypte de HAENDEL, où le rôle de César étant interprété à l’origine par un castrat doit de nos jours être chanté par un contre-ténor ou par une femme. Ceci nous donne le très beau duo « Son nata a lagrimar » entre César et Cornélie, où la voix d’homme est au-dessus de la voix de femme.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur César et Cornélie

De même dans Orlando furioso de VIVALDI, le rôle d’Orlando (Roland) étant chanté par un castrat est aujourd’hui chanté par une contralto.

Vivaldi Orlando furioso (Lemieux)Cliquez sur Orlando

Pour ce qui est des rôles de jeunes hommes, l’exemple le plus connu est certainement celui de Chérubin, dans les Noces de Figaro de MOZART.

Mozart le Nozze di Figaro Voi che sapeteCliquez sur Chérubin

Cette tradition de rôle travesti dure au moins jusqu’à Richard STRAUSS, puisque dans son Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier), le rôle d’Octavian, le jeune amant de la Maréchale, est chanté par une femme.

Strauss Rosenkavalier duo Octavian SophieCliquez sur Sophie et Octavian

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LE MET INVITE DES PERLES RARES CHEZ VOUS – Semaine du 24 au mai


Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 24 au 30 mai 2021.

Cette semaine, le MET nous propose des petits bijoux (rares) d’opéras !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 24 mai MASSENET Thaïs, d’après A.FRANCE

Massenet Thaïs Dis moi que je suis belleCliquez sur Thaïs

Mardi 25 mai BORODINE Le Prince Igor

Borodine Prince Igor METCliquez sur l’image

Mercredi 26 mai ROSSINI La Donna del Lago (la Dame du lac), d’après Walter SCOTT.

Rossini la Donna del Lago Cielo in quasi estasi (MET 2015)Cliquez sur Uberto et Elena

Jeudi 27 mai CHOSTAKOVITCH The Nose (Le Nez), d’après GOGOL

Chostakovitch The Nose (MET)Cliquez sur l’image

Vendredi 28 mai GIORDANO Fedora, d’après SARDOU

Giordano Fedora (MET 1997)Cliquez sur Fedora

Samedi 29 mai STRAUSS Capriccio

Strauss Cappriccio METCliquez sur la comtesse

Dimanche 30 mai Rossini Le Comte Ory, sur un livret de SCRIBE

Rossini Comte Ory METCliquez sur Ory, Isolier et Adèle

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des opéras podcastés.