Mes opéras préférés, Mythologie

ERCOLE AMANTE, de BEMBO (1707)

Pour écrire son Ercole amante (Hercule amoureux), Antonia Bembo a repris le livret de celui de son maître Cavalli , fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche en 1662.

Elle n’a toutefois pas conservé le prologue à la gloire de Loulou XIV

Le pitch : Hercule est amoureux de Iole, qui aime son fils Hyllus. Il est aidé dans ses visées par Vénus, la déesse de l’amour, alors que Junon, qui défend la moralité, s’oppose à ces amours. Déjanire, la femme bafouée d’Hercule, donne à Hercule la tunique de Nessus, croyant ainsi retrouver l’amour de son mari. Mais la tunique est empoisonnée, et Hercule meurt, brûlé d’un feu intérieur.

Acte I : Hercule, marié à Déjanire, est tombé amoureux de Iole, la fiancée de son fils Hyllus. Il a enlevé la jeune fille après avoir tué son père, le roi Eutyre. Le héros invincible se désespère de voir la force de son amour pour la jeune fille résister à la fidélité de Iole. (Air : « Come si beffa amor ».)

Cliquez sur Hercule

Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces. La déesse de l’amour lui promet de l’aider à séduire lole, alors que Junon, furieuse, veille à ce que cela ne se réalise pas (Air : « E vuol dunque ciprigna ».) Junon part pour la grotte du sommeil pour faire échouer le projet de Vénus et Hercule.

Acte II : Hyllus et Iole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs (Duo : « Amor ardor piu cari »

Cliquez sur Iole et Hyllus

Hyllus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas.

Cliquez sur le page

Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule. À cette occasion, on apprend qu’Hercule a tué Eutyre, le père d’Iole, car contrairement à sa promesse de donner sa fille à Hercule, Eutyre a préféré la donner à Hyllus.

Lychas court dévoiler ce secret à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».) Elle craint que la fureur d’Hercule ne le pousse à tuer leur propre fils. Lychas lui conseille d’être prudente face à Hercule.

Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet d’Hercule, Junon emporte le Sommeil sur son char, comptant sur lui pour empêcher Hercule et sauver les liens de son mariage.

Acte III : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Iole et d’Hyllus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.

Quand Iole arrive, accompagnée d’Hyllus, elle commence par se révolter, mais Vénus fait apparaître un siège magique qui envoûte Iole, qui fait alors une déclaration d’amour à Hercule, au grand étonnement d’Hyllus. Celui-ci révèle à son père son amour pour Yole et Hercule chasse son fils.

Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Iole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Hyllus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Iole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Iole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pour lui pourraient changer s’il épargne Hyllus.

Hercule envoie Déjanire en exil et fait emprisonner son fils dans une tour.

Déjanire et Hyllus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)

Acte IV : Hyllus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule pour lui sauver la vie. Une tempête se lève et Hyllus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Hyllus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus (Air : « Congedo agl’orridi »). Hyllus monte sur le char de Junon.

Cliquez sur Vénus

Dans son exil, Déjanire songe à se suicider. Elle se lamente sur son sort quand Iole arrive pour se recueillir sur la tombe de son père. Le monument funéraire s’ouvre, et le spectre d’Eutyre dit sa colère de voir Iole mariée avec Hercule, son assassin. Déjanire annonce qu’elle a vu Hyllus se jeter à la mer. Iole pense au suicide, mais Lychas l’en empêche. Il conseille à Déjanire de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, revêtue d’un onguent qui rendrait son mari fidèle (Nessus est un centaure qu’Hercule a tué lors de ses douze travaux).

Acte V : Aux enfers, les anciennes victimes d’Hercule, réunies par Eutyre, complotent contre le héros.

Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend l’horrible vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Hyllus, sauvé des eaux par miracle, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon descend du ciel et annonce qu’Hercule n’est pas mort, mais qu’il est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Iole, Hylus et Déjanire remercient Vénus.

Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va apporter la prospérité.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

BRUNDIBÁR, de KRÁSA (1938)

Brundibár est un opéra pour enfants écrit en 1938 par Hans Krása, sur un livret d’Adolph Hoffmeister, créé clandestinement à Prague en 1942, puis recréé au camp de Theresienstadt le 29 septembre 1943.

C’était le fruit d’un concours d’opéras organisé par le ministère de l’Éducation. Malheureusement, l’occupation de la Bohème-Moravie par les Allemands a empêché l’aboutissement du projet, et Brundibár ne sera créé que clandestinement à Prague en 1942.

En effet, Krása était juif, et Hoffmeister communiste. Si Hoffmeister a réussi à s’enfuir, Krása a été déporté à Terezin (Theresientadt) en août 1942. Terezin était l’antichambre du camp d’extermination d’Auschwitz. Les Allemands étaient soucieux de montrer à la Croix-Rouge que les prisonniers étaient bien traités, et favorisaient les activités culturelles à l’intérieur du camp. Krása a dû réorchestrer Brundibár en fonction des instrumentistes présents, et l’œuvre a été jouée cinquante-quatre fois, dont une fois devant une délégation de la Croix-Rouge. Les interprètes changeaient régulièrement, au fur et à mesure qu’ils étaient envoyés à Auschwitz. Krása lui-même, y est mort le 17 octobre 1944.

Le pitch : Pour acheter le lait qui soignera leur mère malade, deux enfants vont à la ville. Ils chantent pour gagner l’argent qui leur permettra d’acheter le lait.

Acte I : La maman de Pepíček et Aninka est malade. Le médecin lui dit de prendre du lait pour guérir. Les enfants partent en acheter à la ville. Sur la place, ils voient le marchand de glace, le laitier et le boulanger qui vendent leurs produits, mais les enfants n’ont pas d’argent. Survient Brundibar, un joueur d’orgue de barbarie. Les villageois lui jettent de l’argent. Les enfants ont l’idée de chanter, pour gagner eux aussi de l’argent, mais Brundibar et le policier les en empêchent.

Cliquez sur l’acte I

Acte II : La nuit tombe, et Pepíček et Aninka ont peur. Un oiseau, un chat et un chien leur promettent de réunir beaucoup d’autres enfants pour les aider. Pepíček et Aninka s’endorment. Au matin, quand Brundibar arrive, il est attaqué par les trois animaux. Tous les enfants rassemblés par les animaux chantent avec Pepíček et Aninka une berceuse.

Cliquez sur la berceuse

Les villageois leur donnent de l’argent, assez d’argent pour acheter le lait salvateur. Les enfants s’unissent contre l’horrible Brundibar. Ils entonnent un chant de victoire : « Brundibar est vaincu; le tyran est perdu, on n’s’est pas laissé faire, on a gagné la guerre. »

Cliquez sur le chœur final

(Source principale : les représentations de l’Opéra-Comique en 2026, et le programme associé.)

Divers

PRÉSENTATION DE LA SAISON 2026-2027 DE L’ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING

Ce 9 juin 2026 a été présentée par son directeur, Enrique Thérain, la saison 2026-2027 de l’Atelier lyrique de Tourcoing. Cette nouvelle saison s’annonce très riche en concerts (34), opéras (6) et spectacles (14), en s’adressant notamment au (très) jeune public.

L’Atelier lyrique s’appuie sur des compagnies en résidence, dont l’ensemble Il Caravaggio dirigé par Camille Delaforge, l’ensemble Aedes de Matthieu Romano, l’ensemble Hémiola, l’ensemble Miroirs étendus pour la musique contemporaine, la grande Écurie et la Chambre du Roi, fondée par Jean-Claude Malgoire, et l’orchestre les Siècles pour les concerts.

La saison s’ouvrira sur cinq concerts en participation libre, avec notamment la Symphonie du Nouveau Monde et le Concerto pour violoncelle de Dvorak.

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Pour l’opéra, nous aurons :

Une nouvelle production de Pinocchio de Philippe Boesmans, dix ans après la création de cet opéra.

Un opéra de jeunesse de Bizet, Don Procopio.

Une version chambriste du Fidelio de Beethoven.

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Une version participative de La Fille du régiment, de Donizetti.

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Une rare opérette de Reynaldo Hahn, le Temps daimer.

Un classique du baroque avec Platée, de Rameau.

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Les concerts nous permettront notamment d’entendre, outre Dvorak, un programme BrahmsSchumann (Robert), deux symphonies de Beethoven, un concert autour de Philip Glass, un concert Tchaïkovski ainsi que des musiques du monde et du jazz.

Début juin aura lieu la biennale Là Haut, avec notamment un spectacle « jeunesse » d’Othman Louati, Victor Bang.

La saison se terminera fin juin avec le festival Chants libres, trois jours axés autour de la musique chorale.

Et pour en savoir plus, allez donc sur le site de l’Atelier lyrique de Tourcoing.

Mythologie, Nature

UN DÉLUGE DE DÉLUGES

Le Déluge est un archétype que l’on trouve dans pratiquement toutes les civilisations. Il s’agit, dans beaucoup de cas, d’un châtiment divin destiné à punir les hommes de leur impiété.

La plus ancienne description du déluge semble être la version Babylonnienne, datant de 1700 av. J.-C. Notre Noé s’appelait alors Atrahasis le Supersage, ou Utnapishtim, ou encore Ziuzudra.

On retrouve le mythe du déluge en Inde où le dieu Vishnu sauve du déluge, sous la forme d’un poisson, le père de l’humanité. Dans le Mahabharata, l’ascète Manu est averti par un poisson du déluge, et lui conseille de se construire un bateau. Quand le déluge arrive, le poisson tire le bateau jusqu’à une montagne où Manu débarque. De la descendance de Manu provient le genre humain.

Chez les gréco-romains, c’est Jupiter qui veut rayer l’humanité de la carte. Cet épisode nous est conté par Ovide dans le livre 1 des Métamorphoses. Toutefois Jupiter, ému par un couple de vieillards pieux, Deucalion et Pyrrha, décide de les sauver. Cette légende a été mise en musique par Berton et Giraud en 1755, dans un ballet qui porte ce nom.

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Une autre version est l’opéra-comique Deucalion et Pyrrha (1855), de Montfort, sur un livret de Barbier et Carré.

Dans la religion chrétienne, le déluge est connu par l’épisode de la Genèse, ou dieu demande à Noé et sa famille de construire une arche dans laquelle il recueillerait un couple de chacune des bestioles qui peuplent la Terre et de les embarquer. Après quoi, Dieu fait pleuvoir quarante jours et quarante nuits, inondant ainsi complètement la terre. Après cette période diluvienne, la pluie cesse de tomber et Noé envoie d’abord un corbeau, puis une colombe, chercher une trace de terre émergente. Le corbeau revient sans avoir rien trouvé, et la colombe revient avec un rameau d’olivier, preuve qu’ils pourront bientôt aborder la terre ferme.

Une des premières adaptations en musique est l’oratorio il Diluvio universale (1682), de Falvetti.

Sous le même titre il Diluvio universale, Gaetano Donizetti a écrit un opéra en 1830.

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En 1875, c’est Camille Saint-Saëns qui compose l’oratorio le Déluge.

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Une autre adaptation en musique de cette légende biblique est lArche de Noé, un opéra pour enfants de Benjamin Britten.

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On trouve d’autres occurrences du mythe du déluge en Chine ou au Mexique.

Compositrices

Nadia BOULANGER (1887-1969)

Nadia Boulanger est née le 16 septembre 1887 à Paris, dans une famille de musiciens. Sa mère était chanteuse et son père compositeur et professeur de chant. Parmi les amis de ses parents que la jeune Nadia a pu rencontrer à la maison figurent Massenet, Saint-Saëns ou Fauré.

Nadia suit ses études au Conservatoire de Paris où, entre 1898 et 1904, elle collectionnes les prix : Harmonie, solfège, contrepoint, mais aussi orgue et accompagnement. Ses professeurs s’appellent Gabriel Fauré, Louis Vierne ou Georges Enesco. Nadia tente le Prix de Rome, qui venait de s’ouvrir aux femmes (en 1903), mais abandonne en 1909, laissant à sa petite sœur Lili l’honneur d’être la première compositrice à obtenir ce prix prestigieux, en 1913.

Nadia Boulanger n’abandonne pas la composition, notamment de mélodies, et commence en parallèle une activité de chef d’orchestre.

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Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de Verlaine, Heine, Hugo ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de Gabriele d’Annunzio. Le début de la Première Guerre mondiale en a empêché la création, et il faudra attendre presque un siècle pour qu’il soit créé, en 2005.

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En 1918, Lili Boulanger lui dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre, un Pie Jesu. La mort de Lili affecte profondément Nadia et elle arrête la composition, pour ne plus que diriger, faire connaître l’œuvre de sa petite sœur, et surtout se consacrer à ce qui sera son grand œuvre, l’enseignement.

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En 1919 ; le pianiste Alfred Cortot lui offre un poste d’enseignement à l’École normale de musique de Paris, qu’il venait de fonder.

En 1921, Nadia Boulanger est nommée professeur d’harmonie au Conservatoire américain de Fontainebleau. En 1924-1925, elle part pour une tournée de deux mois aux États-Unis.

Au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de mille élèves, dont les compositeurs Léonard Bernstein, Aaron Copland, Vladimir Cosma, Philip Glass, Pierre Henry, Michel Legrand, Lazlo Schiffrin ou Vítězslava Kapràlovà.

En 1932, Nadia Boulanger est nommée chevalier de la Légion d’honneur. (Elle obtiendra le grade de Grand officier en 1977).

En 1936 et 1937, elle donne des conférences à Londres et en 1938, une nouvelle tournée aux États-Unis.

Nadia Boulanger meurt le 22 octobre 1979 à Paris, à l’âge de 92 ans.

littérature, Oulipo, Poésie

« LES ERREURS », de Jean Tardieu

Après « Étude en de mineur », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Tardieu, « Les Erreurs », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

(La première voix est ténorisante, maniérée,
prétentieuse ; l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

— Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

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Quelle est cette femme exquise
qui savoure des cerises
?

 C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah ! que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe !

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 C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

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Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime Ô ma fiancée !

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Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’suis pressée
laissez-moi passer !

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Citations musicales :

un gros éléphant : Francis Poulenc, Histoire de Babar, le petit éléphant.

Cette colombe : Muret, ma Petite Colombelle, d’après Ronsard.

Cest un ivrogne : Ambroise Thomas, Hamlet, « Ô vin, dissipe la tristesse ».

Ô ma fiancée : Ambroise Thomas, Hamlet « Doute de la lumière ».

Je suis vieille : Léos Janacek, L’Affaire Makropoulos.

Compositrices

Charlotte SOHY (1887-1955)

Charlotte Durey naît le 7 juillet 1887 à Paris dans un milieu aisé. Un de ses cousins, Louis Durey, fera partie du Groupe des Six.

Charlotte étudie à la Schola Cantorum auprès de Louis Vierne pour l’orgue et de Vincent d’Indy pour la composition. Là, elle rencontre celui qui deviendra son mari, Marcel Labey, chef d’orchestre et compositeur avec qui ils auront sept enfants. Charlotte et Marcel organisent des concerts dans leur appartement.

Consciente qu’un nom féminin risquait de la desservir dans sa carrière, elle adopte le nom de son grand-père, Charles Sohy, pour signer ses compositions.

Cliquez sur la berceuse opus 1

En 1909-1910, Charlotte Sohy écrit sa Sonate pour piano, et en 1910 Trois Chants nostalgiques avec orchestre.

Cliquez sur la sonate pour piano

En 1912, elle écrit pour son mari le livret du drame lyrique Bérengère.

En 1912-1913, elle écrit la cantate les Quatre Rencontres de Bouddha et en 1914-1917 sa Symphonie, qui ne sera créée qu’un siècle plus tard, en 2019.

Cliquez sur la symphonie opus 10

De 1917 à 1921, Charlotte Sohy compose le drame lyrique l’Esclave couronnée, dont elle écrit le livret d’après Selma Lagerlöf. L’Esclave couronnée sera créé en 1949.

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Dans son catalogue relativement restreint, on peut encore noter une Danse mystique (1922) pour orchestre, le Trio pour violon, violoncelle et piano (1931), ainsi que deux quatuors à cordes en 1934 et 1949.

Cliquez sur le trio opus 24

Charlotte Sohy meurt le 18 décembre 1955 à l’âge de 68 ans.

(Source principale : la fiche biographique du site « Présence compositrices ».)

Divers

LES ÉCRIVAINS ALLEMANDS MIS EN MUSIQUE PAR DES COMPOSITEURS FRANÇAIS

Cet article est écrit pour illustrer une conférence que je donnerai en octobre prochain pour l’association Amitiés internationales de Lambersart, qui vise à rapprocher culturellement les villes jumelées avec Lambersart, soit Viersen en Allemagne et Southborough en Angleterre.

Dans ce cadre, je me suis intéressé aux écrivains allemands qui ont été mis en musique par des compositeurs français.

Des quatre écrivains dont je vais parler, Goethe est certainement le plus connu. Goethe naît à Francfort en 1749. En 1774, pour se guérir d’une passion amoureuse malheureuse, il écrit les Souffrances du jeune Werther. Werther sera mis en musique par Massenet.

Cliquez sur Werther

En 1777, Goethe écrit les livrets de deux opérettes, qui n’auront aucun succès. Surtout, en 1780, il rédige son premier livre de Faust. En France, Faust sera mis en musique par Berlioz avec la Damnation de Faust, et par Gounod.

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En 1797, Goethe écrit la ballade l’Apprenti sorcier, qui sera mpse en musique un siècle plus tard par Paul Dukas.

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En 1809, il écrit les Affinités électives, roman qui sera adapté par Ambroise Thomas sous le titre de Mignon.

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Goethe meurt en 1832.

Parmi les amis poètes de Goethe figurait Heinrich Schiller. Schiller naît en 1759. Chantre de l’amitié entre les peuples et de la libération de ceux-ci, Schiller se voit attribuer la nationalité française par la Révolution, en récompense de ses écrits en faveur de la liberté des peuples. Parmi ses pièces, on peut noter la Pucelle d’Orléans, sur Jeanne d’Arc qui boutera l’anglois hors de France, ou Guillaume Tell, ce héros qui se battra contre l’occupant autrichien. En 1829, l’Italien Rossini, installé à Paris depuis plusieurs années, écrit pour l’Opéra de Paris un Guillaume Tell inspiré de la pièce de Schiller.

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Schiller meurt en 1805.

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann naît en 1776. Il est connu aujourd’hui essentiellement par ses contes et nouvelles fantastiques, notamment le conte Casse-Noisette et le roi des souris (1816). Ce conte sera traduit par Alexandre Dumas en 1844, et c’est d’après la version de Dumas que Tchaïkovski écrira son ballet Casse-Noisette (1891).

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Une nouvelle, lHomme de sable (1817), a inspiré Delibes pour son ballet Coppélia.

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Le principal apport d’Hoffmann dans le monde de l’opéra français est le seul opéra « sérieux », de Jacques Offenbach, les contes d’Hoffmann. Offenbach, né en 1819 à Cologne, vient vite travailler à Paris ; il se fera d’ailleurs naturaliser français en 1860. Les contes d’Hoffmann met en scène le poète Hoffmann, partagé entre l’amour des femmes et sa muse, la poésie.

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Heinrich Heine est né en 1797 à Düsseldorf. En 1831, las des tracasseries administratives que sa situation de Juif lui vaut, il part en France et s’installe à Paris où il fréquente les salons, y rencontrant Berlioz, Chopin, Sand ou Dumas. Il francise son prénom et se fait appeler Henri. Comme Beethoven, il admire le Napoléon d’avant le coup d’État de brumaire. On trouve des traces de cet engouement dans le poème die Beide Grenadieren (les deux Grenadiers), qui sera mis en musique par Robert Schumann (avec citation de la Marseillaise) et par Wagner (en français !) Heine écrit une nouvelle qui inspirera Wagner, en route pour Paris, pour son fliegende Höllander (le Vaisseau fantôme).

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Compositrices, Mes opéras préférés

LA MONTAGNE NOIRE (1885)

La Montagne noire est le quatrième opéra d’Augusta Holmès, et le seul à avoir été représenté sur scène. Écrit en 1885, il est proposé par Augusta Holmès à l’Opéra-Comique qui le refuse, l’effectif orchestral et vocal dépassant les capacités de la salle Favart. C’est finalement au palais Garnier que la Montagne noire est créé le 8 février 1895. Si la critique a descendu l’œuvre, le public, lui, l’a appréciée. La Montagne noire quittera rapidement l’affiche, et il faudra attendre 2024 pour une reprise à l’Opéra de Dortmund, avant celle de l’Opéra de Bordeaux en 2026, soit 131 ans après les représentations de la création.

La montagne noire dont il est question ici est le Monte Negro, et l’action se passe au moment où chrétiens et Turcs se battent pour le pouvoir sur cette région.

Cliquez sur la bande annonce

Acte I (acte héroïque) : Dans un village du Monténégro, les femmes prient pour le retour victorieux des hommes partis au combat. Helena attend ainsi Mirko, le chef de l’armée. Alors qu’Helena pense à son amour avec Mirko, Dara, la mère de celui-ci ne pense qu’à son honneur.

Les soldats vainqueurs font une entrée triomphale, et Mirko et Aslar, qui se sont aidés pendant les combats, se jurent une amitié éternelle, bénie par le père Sava.

Ces réjouissances sont interrompues par l’arrivée d’une Turque, Yamina, amenée de force par la troupe. Mirko, qui est troublé par son charme, demande à sa mère de la prendre comme esclave à son service pour la sauver du courroux du peuple.

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Pendant le banquet qui célèbre le retour victorieux des combattants, Mirko ne pense qu’à Yamina, ne s’occupant pas de sa femme Helena.

Acte II : La garnison défend le village contre un retour de l’ennemi. Mirko n’a pas la tête à son devoir, obsédé qu’il est par le souvenir de Yamina. Il voit les femmes du village au travail, menées par Dara et Helena qui critiquent le travail de Yamina. Yamina se plaint de sa nouvelle condition, affirmant que chez elle, les femmes n’ont pas à se soumettre aux hommes, et qu’elle-même a le pouvoir de les envoûter (Air : « Près des flots d’une mer bleue. ».)

Helena, voyant son mari, craint que ses sentiments pour elle n’aient disparus. Mirko la rassure et renouvelle ses vœux de mariage. Yamina, qui a assisté à la scène, entreprend d’envoûter Mirko. Elle parvient à ses fins et le convainc de quitter son village pour la suivre de l’autre côté de la montagne (noire), en Turquie. Mirko finit par accepter, sous les yeux de sa femme qui assiste ainsi à sa double trahison.

Acte III : Mirko et Yamina, épuisés, font une halte (Duo nocturne : « Repose-toi sur mon bras qui t’enlace. »). La jeune femme s’assoupit sur son amant quand Aslar les rejoint. L’ami Aslar les a suivis et tente de faire entendre raison à Mirko. Celui-ci reprend ses esprits et est prêt à rentrer chez lui quand Yamina se réveille. Elle se sert encore de ses charmes et Mirko change à nouveau d’avis, voulant la suivre, elle. Aslar et Mirko se battent en duel quand Yamina, se saisissant du poignard de Mirko, frappe Aslar qui s’écroule au sol.

Les soldats chrétiens arrivent, et Aslar sauve l’honneur de son ami en accusant Yamina, qui s’enfuit en jurant de se venger.

Acte IV : Mirko et Yamina ont trouvé refuge en Turquie où ils vivent, enivrés de vin et d’amour.

Aslar les retrouve une nouvelle fois, cherchant toujours à sauver l’honneur de son ami, mais Mirko est bien trop attachée à Yamina. Aslar finit par tuer son ami, avant de se suicider.

Alors que l’armée monténégrine a battu les Turcs, ils trouvent sur le chemin le corps des deux amis, réunis dans la mort. Le père Sava bénit cette amitié sacrée.

(Source principale : les représentations de Bordeaux en mai 2026, et le programme associé.)

Cliquez sur l’interview du chef d’orchestre
Divers

LES SOIRÉES BAROQUES DE MONFLANQUIN 2026

Cette année, le festival de musique baroque de Monflanquin célèbre son XXVe anniversaire, et à cette occasion met les petits plats dans les grands avec un programme Splendeurs baroques, un florilège d’œuvres baroques majeures. Il se terminera avec deux concerts où le chœur, qui aura travaillé les partitions pendant le stage, sera accompagné de solistes (Sophie Pattey, Jean-Laurent Coëzi,…), et de l’ensemble orchestral les Passions de Montauban sous la direction de Jacques Charpentier et Pierre Goumare.

Au programme :

Haendel : Coronation AnthemsZadok the priest et extrait du Dixit Dominus

Purcell : Extraits de King Arthur

Cliquez sur l’extrait de King Arthur

Vivaldi : Extrait du Magnificat

J.-S. Bach : extraits de la Messe en Si et du Magnificat

Cliquez sur le Magnificat

Charpentier (Marc-Antoine, pas Jacques) : Te Deum

Cliquez sur le Te Deum

Pachelbel : Canon.

Cliquez sur le célébrissime Canon

Buxtehude : Alleluia

Cliquez sur l’Alleluia

Zelenka : Miserere

Cliquez sur le Miserere

Carissimi : Jephte

Cliquez sur Jephte

Lully : Exaudiat te Dominus (extrait) et Marche pour la cérémonie des Turcs.

et plein d’autres surprises.

Cliquez sur le point d’interrogation si vous aimez les surprises

Trouvez ici toute la programmation du festival.

Si vous passez à Monflanquin les 30 ou 31 juillet, n’hésitez pas à venir nous écouter, nous vous attendons.