Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LE VÉRISME CHEZ VOUS – Semaine du 8 au 14 mars.

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 8 au 14 mars 2021.

Cette semaine, le MET nous propose une sélection de chefs-d’œuvre du vérisme, dont deux nouveautés, Fedora et Andrea Chénier.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 8 mars PUCCINI Manon Lescaut

Puccini Manon Lescaut final (MET 1980)Cliquez sur Manon et Des Grieux

Mardi 9 mars MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Mascagni Cavalleria Rusticana Bada, SantuzzaCliquez sur Turridu et Santuzza

Mercredi 10 mars CILEA Adriana Lecouvreur

Cilea Adriana Lecouvreur (MET 2019)Cliquez sur Adrienne Lecouvreur

Jeudi 11 mars ZANDONAI Francesca da Rimini

Zandonai Francesca da Rimini (MET)Cliquez sur l’image

Vendredi 12 mars GIORDANO Fedora (Nouveau !)

Giordano Fedora (MET 1997)Cliquez sur Fedora

Samedi 13 mars GIORDANO Andrea Chénier (Nouveau !)

Giordano Andrea Chenier (MET 1996)Cliquez sur André Chénier

Dimanche 14 mars Puccini Tosca

Puccini Tosca Vissi d'arte METCliquez sur Tosca

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike.

Écrivains, littérature, Mythologie, Théâtre

SOPHOCLE (- 495, – 406)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Sophocle a écrit plus de cent pièces, mais seules huit d’entre elles nous sont parvenues.

Trois d’entre elles font partie de la mythologie associée à la ville de Thèbes (Antigone, Œdipe roi et Œdipe à Colone) et trois autres à la guerre de Troyes (Ajax, Électre, Philoctète).

Antigone (- 441) est certainement la pièce de Sophocle la plus connue de nos jours. Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste (Jocaste étant elle-même la mère d’Œdipe se trouve donc être à la fois la mère et la grand-mère d’Antigone). Elle est aussi la sœur d’Étéocle, Polynice et Ismène. À la mort d’Œdipe, les deux frères Étéocle et Polynice se disputent le trône laissé par leur père, et meurent dans un combat fratricide. Leur oncle Créon ordonne que le corps d’Étéocle ne soit pas enseveli comme le voudrait la loi divine, ce qu’Antigone refuse. Elle se fait surprendre alors qu’elle enterre le corps de son frère, et est condamnée à être emmurée vivante. Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone intervient auprès de son oncle qui se laisse fléchir et gracie Antigone, mais trop tard, Antigone s’est pendue dans la grotte où elle devait être emmurée.

Cette pièce a inspiré de très nombreux artistes, notamment COCTEAU et Anouilh au XXe siècle et a inspiré moult opéras.

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

Dans Œdipe roi, l’action se passe à Thèbes ravagée par la peste. Œdipe, devenu roi, cherche à savoir d’où vient la malédiction qui frappe et sa famille, et Thèbes. Il demande au devin Tirésias, qui refuse de répondre. Devant la colère d’Œdipe, il finit par lui révéler qu’il est à la fois le meurtrier de son père et l’époux de sa mère. Devant cette horrible découverte, il se crève les yeux, et demande à partir en exil, après avoir confié ses filles, Antigone et Ismène, à Créon.

Une adaptation à l’opéra de cette tragédie est Œdipus Rex, de STRAVINKY, sur un livret de Jean Cocteau.

Stravinsky Oedipus rexCliquez sur la toile de Max Ernst

Le troisième volet de la trilogie thébaine est Œdipe à Colone. Après s’être crevé les yeux et avoir quitté Thèbes, Œdipe se trouve à Colone, une ville proche d’Athènes. Seules ses filles le soutiennent tandis qu’il cherche à se disculper. Créon, averti par les dieux que la victoire sera à ceux qui seront avec lui veut le ramener à Thèbes, aidé de ses fils Étéocle et Polynice. Aidé par Thésée, le roi d’Athènes, il se retire dans une cachette où il disparaît, après avoir promis sa protection à Athènes.

Le texte a inspiré plusieurs œuvres, dont un opéra d’Antonio Sacchini datant de 1786 (Œdipe à Colone), ainsi qu’une pièce chorale de Iannis Xenakis, À Colone (1977). Le compositeur roumain ENESCO (1881 – 1955) a écrit au début du XXe siècle un Œdipe reprenant les deux pièces de Sophocle.

Enescu œdipeCliquez sur l’image

Dans Les Trachiniennes, Sophocle nous raconte la mort d’Héraclès, tué par sa femme Déjanire qui, jalouse, a enduit la tunique de Nessus (un centaure vaincu par Héraclès dans ses douze travaux) du sang de l’hydre de Lerne (un autre monstre tué par Héraclès), pour le rendre fidèle. Malheureusement, c’est en revêtant cette tunique empoisonnée que le héros trouve la mort. Déjanire se tuera quand elle comprendra son erreur.

Cette légende de Déjanire a été portée à l’opéra par Camille SAINT-SAËNS en 1898 aux arènes de Béziers. (Attention, rareté !)

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

La trilogie liée à la guerre de Troie commence avec Ajax (- 445). Ajax veut se venger des Atrides, mais Athéna trouble sa raison, et dans un accès de folie, il massacre du bétail. Revenu à lui, et se rendant compte du ridicule auquel il s’est soumis, il se suicide. Ulysse réussit toutefois à persuader Agamemnon de sa vaillance et lui obtient une sépulture digne.

Vient ensuite Électre (- 415). À Mycènes, Électre attend le retour de son frère Oreste. Quand elle apprend la mort de celui-ci, elle envisage de tuer elle-même Clytemnestre qui avait tué son mari Agamemnon (le père d’Électre). Quand finalement Oreste revient, elle l’exhorte à assassiner leur mère Clytemnestre et son amant Egisthe.

Parmi les nombreuses adaptations de ce drame, on peut noter l’Élektra de Richard STRAUSS.

Strauss ElektraCliquez sur Elektra

Vient ensuite Philoctète (- 409). Philoctète est ce héros qui a allumé le bûcher d’Héraclès pour mettre fin à ses souffrances, empoisonné par la tunique de Nessus que sa femme Déjanire lui avait envoyée pour le rendre fidèle. En récompense, Hercule lui légua ses flèches magiques trempées dans le sang de l’hydre de Lerne. Mordu par un serpent, Ulysse le laissa seul sur une île. Le jeune Néoptolème, fils d’Achille, est envoyé par Ulysse pour le ramener à Troie, lui et ses précieuses flèches. Mais le jeune homme ne peut se résoudre à tromper Philoctète, et lui révèle les desseins d’Ulysse. Dès lors Philoctète veut reprendre son arc pour tuer ce dernier. Il faut une apparition d’Héraclès pour le convaincre d’aller à Troie, où il sera guéri. Dès lors, c’est avec une de ses flèches qu’il tuera Pâris, mettant ainsi fin à la guerre de Troie.

Le personnage de Philoctète apparaît dans le Déjanire (1898) de Camille SAINT-SAËNS (cf. cidsus)

Il y a encore une œuvre de Sophocle, les Limiers, dont on a retrouvé des fragments au début du XXe siècle. Le sujet traite du vol des troupeaux d’Apollon par Hermès, tout juste né. À la fin, Apollon et Hermès se réconcilient grâce à la lyre de ce dernier.

Cette pièce a inspiré Albert ROUSSEL (1869 – 1937) avec son conte lyrique La Naissance de la lyre, créé en 1925.

Roussel La Naissance de la lyreCliquez sur l’enregistrement historique (1930)

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont, 1999)

Cinématographe, Divers

Serge GAINSBOURG (1928 – 1991)

Ce 2 mars, nous célébrons le trentième anniversaire de la mort de Serge GAINSBOURG.

Né Lucien GINSBURG à Paris en 1928, il prend le nom de Serge Gainsbourg comme nom d’artiste. D’abord peintre, il découvre la musique (la chanson) grâce à Boris VIAN, avec qui ils ont des points communs (amour du jazz, goût de la provocation.) De formation classique en musique, il joue du piano dans les bars, tout en composant des chansons. Très vite, il entre dans l’écurie de Jacques CANETTI dans son cabaret des Trois Baudets.

Hommes à femmes, il écrit des chansons pour Juliette GRÉCO (La Javanaise), Pétula CLARK (la Gadoue), Françoise HARDY (Comment te dire adieu), France GALL (Poupée de cire, poupée de son), Brigitte BARDOT (Bonnie and Clyde ou Comic Strip), avant de rencontrer Jane BIRKIN (Je t’aime, moi non plus) avec qui il restera un certain temps.

Vous avez été plusieurs à me faire remarquer que Gainsbourg avait utilisé le premier mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK pour sa chanson « Initials B.B ». Je vais à présent vous proposer un petit tour de ses emprunts à la musique classique.

Dvorak Nouveau mondeCliquez sur l’affiche

Gainsbourg Initials BBCliquez sur Brigitte B.

Un de ses premiers tubes, « Poupée de cire, poupée de son », écrit pour France GALL serait inspiré de la Sonate n° 1 pour piano de BEETHOVEN (dernier mouvement).

Gainsbourg dédiera également à sa nouvelle compagne le titre Jane B, au thème musical largement inspiré par le prélude en mi mineur Opus 28 no 4, de Frédéric CHOPIN.

Chopin Prélude op 28 no 4Cliquez sur le pianiste

Gainsbourg Jane BCliquez sur Jane B.

La chanson « Baby alone in Babylone » est bâtie sur la 3e Symphonie de BRAHMS.

Brahms Symphonie no 3 3ème mouvementCliquez sur Johannes B.

Gainsbourg Baby Alone in BabyloneCliquez sur Jane Birkin

Le « Lost song » se base sur la « Chanson de Solveig », extraite du Peer Gynt de GRIEG.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur Solveig (Marita Solberg)

Gainsbourg Lost SongCliquez sur Jane

« Ma Lou Marilou » doit beaucoup au premier mouvement de la 23e Sonate, Appassionata de Beethoven.

Beethoven Sonate no 23 1er mvtCliquez sur le pianiste

Gainsbourg Ma Lou MarilouCliquez sur l’homme à la tête de chou

On retrouve la Symphonie du Nouveau Monde, le dernier mouvement cette fois, pour la chanson « Requiem pour un con », extraite du film Le Pacha de LAUTNER, où Gainsbourg joue son propre rôle.

Dvorak Symphonie du nouveau monde mvt 4Cliquez sur Anton D.

Gainsbourg requiem pour un conCliquez sur Serge G.

La chanson « Lemon incest« , interprétée avec sa fille Charlotte est bâtie sur l’Étude n° 3 de l’opus 10 de Chopin.

Chopin études opus 10 n 3Cliquez sur les mains du pianiste

Gainsbourg Lemon incestCliquez sur charlotte G.

Cliquez sur Charlotte G.

Serge Gainsbourg meurt d’une crise cardiaque le 2 mars 1991 à Paris.

Et pour en savoir un peu plus, un lien vers le site de France Musique qui m’a un peu aidé dans mes recherches pour écrire ce billet.

https://www.francemusique.fr/chanson/10-morceaux-de-serge-gainsbourg-inspires-du-classique-33502

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DES FEMMES D’EXCEPTION CHEZ VOUS – Semaine du 1er au 7 mars

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 1er au 7 mars 2021.

Pour la première semaine du mois des femmes dans l’histoire (Women’s History Month), le MET rend hommage à quelques artistes femmes dont la contribution à l’art de l’opéra a été remarquable, sur scène ou dans l’ombre. Appréciez ces performances de Beverly Sills, Leontine Pryce, Renée Fleming, Patricia Racette, et d’autres.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 1er mars DONIZETTI Don Pasquale

Donizetti Don Pasquale Com'é genti (MET 1979)Cliquez sur Beverly Sills

MARDI 2 mars VERDI Falstaff

Verdi Falstaff E sogno o realtaCliquez sur Falstaff

Mercredi 3 mars WAGNER Die Walküre (La Walkyrie)

Wagner die Walküre O hehrstes Wunder (MET 1989)Cliquez sur Brünnhilde (Hildegarde Behrens) et Sieglinde (Jessye Norman)

Jeudi 4 mars MOZART Die Zauberflöte (La Flûte enchantée)

Mozart Zauberflöte (MET 2017)Cliquez sur Papageno (Markus Werba) et Papagena (Golda Schultz)

Vendredi 5 mars BRITTEN Peter Grimes

Britten Peter Grimes METCliquez sur les villageois

Samedi 6 mars DVORAK Rusalka

Dvorak Rusalka METCliquez sur Rusalka Fleming

Dimanche 7 mars Verdi La Forza del Destino (La Force du destin)

Verdi La Forza del destino Pace, mio Dio (MET 1984)Cliquez sur Leontine Pryce (Leonora)

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des passions véristes.

Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés, Mythologie

ZOROASTRE, de RAMEAU (1749)

Zoroastre est une tragédie lyrique de RAMEAU, sur un livret de Louis de Cahusac, créée en 1749.

Le sujet, maçonnique, en est l’affrontement entre les forces du bien, représentées par Zoroastre et Amélite, et les forces du mal, représentées par Abramane et Erinice. La version de 1749, trop novatrice pour son époque, n’a connu qu’un succès d’estime et Rameau a remis son ouvrage sur le métier en 1756 (année de naissance de MOZART). C’est cette version qui a connu le plus grand succès. On peut noter que c’est dans cet opéra qu’apparaissent pour la première fois les clarinettes dans l’orchestre.

Zoroastre est une préfiguration de ce que sera la Flûte enchantée, composée par Mozart quarante ans plus tard, et dont le héros a pour nom Sarastro. Il faut dire qu’on était à la grande époque de la Franc-maçonnerie, franc-maçonnerie qui joue un grand rôle dans la Comtesse de Rudolstadt de George SAND, roman qui est censé se passer au cours de ces mêmes années 1750.

Le pitch : Zoroastre, représentant le bien, aime Amélite, qui est enlevée par Abramane, représentant le mal. Erinice, l’alliée d’Abramane, aime Zoroastre. À la fin, Zoroastre bat Erinice et Abramane.

Suivant la typologie de G.B.SHAW, nous sommes là avec un schéma (S+T/A+B) où un ténor (voire un contre-ténor), Zoroastre, et une soprano, Amélite, voient leur amour contrarié par une basse, Abramane, et une alto, Erinice.

Contrairement à la tradition lullienne, il n’y a pas de prologue à Zoroastre, Rameau commençant son opéra directement par une ouverture.

Rameau Zoroastre OuvertureCliquez sur l’Ouverture de Zoroastre

Acte I : Le tyran Abramane et ses prêtres ont vaincu. Abramane qui aime Amélite en veut à celle-ci de lui avoir préféré son rival Zoroastre, alors qu’Erinice, qui aime Zoroastre, en veut à celui-ci de lui avoir préféré Amélite. Abramane et Amélite se mettent alors d’accord pour régner ensemble, en abandonnant l’amour et faire régner le mal (on reconnaît là le thème de la Tétralogie de WAGNER, écrite un siècle plus tard) (Duo : « Unissons nos fureurs »).

Ils se retirent comme Amélite paraît, avec sa suivante Céphise. Amélite se plaint de l’ennui que lui cause l’absence de Zoroastre. Céphise lui fait valoir que les retrouvailles seront douces. Soudain, la terre tremble, la nuit tombe ! C’est Erinice qui invoque les Esprits cruels qui font régner la terreur et le désespoir. Ils s’emparent d’Amélite.

Acte II : Dans le palais d’Oromasès, le maître des bons esprits, Zoroastre soupire, car Amélite est loin de lui. Oromasès lui apprend qu’en dehors du palais, un monstre faisant régner la terreur sur terre s’est emparé d’Amélite. Zoroastre doit délivrer la terre du pouvoir d’Abramane. Oromasès demande aux cieux de s’ouvrir, et confiant les Livres de Vie (livres sacrés) à Zoroastre, l’envoie sur terre.

Rameau Zoroastre acte IICliquez sur Oromasès

On retrouve Amélite aux mains des Esprits cruels. Erinice s’apprête à la tuer quand Zoroatre apparaît. Erinice retient son bras, et lui avoue son amour pour lui. Zoroastre la rejette. Alors, au comble de la fureur, Erinice projette de les tuer tous deux. (Air : « Je confondrai dans ma fureur »). Zoroastre rompt l’enchantement et le jour revient. Le peuple chante son allégresse. Zoroastre a chassé les dieux criminels, les malheurs vont cesser et les plaisirs renaître (Ensemble : « Tendres amants, formez les plus beaux nœuds »).

Acte III : Abramane reproche à Erinice de n’avoir pas su frapper Amélite quand elle le pouvait. Il la fait disparaître pour assouvir sa vengeance. (Air : « Osons achever de grands crimes »). Le jour se lève. Zoroastre, Amélite et leurs suites se préparent au mariage. (Air : « Ô lumière vive et pure »).

Rameau Zoroastre Accourez jeunesses brillantes (Acte III)Cliquez sur Zoroastre

Les jeunes filles et les jeunes gens se préparent à l’hymen. Au moment où ils vont prononcer leur serment, le tonnerre retentit, le jour disparaît, c’est Abramane qui vient les accabler de son feu. Amélite tombe, foudroyée. Zoroastre déclare que seul l’amour d’Amélite peut lui rendre courage. Il appelle les Esprits bienfaisants pour qu’ils s’occupent d’Amélite, puis court secourir le peuple que menace Abramane.

Rameau Zoroastre Mille rayons brillantsCliquez sur l’image

Acte IV : Dans un temple souterrain, Abramane est en proie à sa propre noirceur (Air : « Cruels tyrans, qui régnez dans mon cœur »).

Rameau Zoroastre Cruels tyransCliquez sur Abramane

Ses prêtres lui annoncent que Zoroastre triomphe. Erinice regrette d’avoir uni son destin à celui d’Abramane, mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot. Il fait un sacrifice à son dieu Ariman et fait venir la Vengeance, la Haine et le Désespoir. Tous ensemble, dans une extraordinaire messe noire, s’apprêtent à répandre la terreur et la mort.

Rameau Zoroastre Ah, nos fureurs ne sont point vaines Acte IV scène VICliquez sur la Vengeance

Acte V : Erinice cherche Zoroastre, mais son cœur hésite toujours.

Rameau Zoroastre Quel tourment (Acte V)Cliquez sur l’image

Zoroastre paraît. Elle lui exprime son amour, mais comme le peuple chante les louanges d’Amélite, elle se reprend et retourne à sa haine. Les chants se transforment en pleurs : Erinice a enlevé Amélite. Abramane, face à Zoroastre, lui dit que s’il le frappe, il fera tomber Amélite sous les coups de ses sujets infernaux. Zoroastre le frappe quand même, confiant dans la justice du ciel. Abramane tombe, et les Esprits bienveillants libèrent Amélite. Oromasès lui annonce qu’il a passé la dernière épreuve, et que désormais il peut régner avec Amélite. L’œuvre se termine dans un dernier duo d’amour, accompagné du chœur (Duo : « Que ces nœuds sont charmants »).

(Source principale : je me suis servi pour rédiger ce billet du très beau DVD enregistré au théâtre de Drottningholm en 2006 (et le hasard faisant décidément bien les choses, c’est dans ce même bijou d’opéra que BERGMAN a enregistré sa Flûte enchantée [Trollflöjten]! 🙂)

Grandes maisons d'Opéra

L’OPÉRA DE VIENNE INVITE JANACEK CHEZ VOUS (du 23 au 25 février)

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, l’Opéra d’État de Vienne (Wiener Staatsoper) a repris sa programmation « en ligne ». Comme pour le MET, les opéras sont visibles pour une période de 24 heures, allant de 19 heures un jour à 19 heures le lendemain, à l’adresse ci-dessous :

Wiener Staatsoper (wiener-staatsoper.at)

Cette semaine, nous avons droit à trois opéras de JANACEK, dans des styles très différents. Katya Kabanova, un drame vériste, l’Affaire Makropoulos, un opéra fantastique, et la Petite Renarde rusée, un conte pour enfants.

Voici le programme JANACEK pour la période allant du 23 au 25 février 2021 (à partir de 19 heures)

Le 23 février : Katya Kabanova. Une sombre histoire entre une mère trop possessive et sa belle-fille Katia, qui se terminera mal pour la malheureuse Katia (mais quelle musique !)

Janacek Katya Kabanova (Vienne 2017)Cliquez sur l’image

Le 24 Février : l’Affaire Makropoulos (Vec Makropulos). Une histoire fantastique d’après une pièce de Karel CAPEK (l’inventeur du mot « robot » dans une de ses nouvelles.)

Janacek l'Affaire Makropoulos (Vienne 2015)Cliquez sur la mystérieuse EM

Le 25 février : la Petite Renarde rusée

Janacek La Petite renarde rusée (Vienne 2016)Cliquez sur les animaux

Mais comment je vais faire pour regarder tout ça, moi ?

Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 2 – LA GOURMANDISE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, le deuxième péché capital est la gourmandise. On pourrait même le qualifier de péché capiteux.

Si on boit beaucoup à l’opéra, le péché de chère y est aussi représenté. (Le péché de chair également, mais ça, ce sera pour la luxure, troisième billet, encore à venir, de cette série.)

Commençons donc par un « classique » du XVe siècle, le Tourdion de Pierre ATTAIGNANT, une chanson à boire et à manger, qui se chante en canon.

Attaignant TourdionCliquez sur les gras jambons

Dans le Don Giovanni de MOZART, le héros invite la statue du commandeur à souper. C’est lors de ce souper qu’il perdra la vie, entraîné dans les flammes de l’enfer.

Mozart Don Giovanni final (le souper)Cliquez sur le souper final

L’acte II de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ se déroule aux cuisines pendant qu’un festin se déroule en coulisses. Les serviteurs se plaignent d’avoir à servir les hôtes, pendant que ceux-ci improvisent un chœur à boire.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Au début de Manon de MASSENET, les voyageurs appellent en vain l’hôtelier pour se faire servir à manger.

Massenet Manon Holà Monsieur l'hôtelierCliquez sur l’image

Le plus « beau » personnage de gourmand de l’opéra est Falstaff, qui a inspiré à Verdi son dernier chef-d’œuvre. Falstaff de VERDI. L’action débute à l’auberge où Falstaff et ses valets ont laissé une lourde ardoise.

Verdi Falstaff début Act ICliquez sur Sir John à l’auberge

Dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, Truffaldino, assoiffé, ouvre les 3 oranges dérobées à la cuisinière de la sorcière, ce qu’il n’aurait pas dû faire.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges les 3 orangesCliquez sur les 3 oranges et découvrez ce qui va se passer…

Dans le conte pour enfants Hänsel und Gretel, d’HUMPERDINCK, les deux enfants ont tort de céder à leur gourmandise en mangeant la maison en pain d’épices de la sorcière.

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur l’image

Enfin, les compositeurs étant parfois eux aussi attirés par la bonne chère, certains d’entre eux ont laissé leur nom dans le domaine de la gastronomie.

Et voilà, à bientôt pour un nouveau péché : la luxure !

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE DMITRI HVOROSTOVSKY CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 février 2021.

Cette semaine, le MET nous propose quelques-uns des grands rôles de Dmitri HVOROSTOVSKY, le regretté baryton russe mort en 2017. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 22 février VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore il balen del suo sorriso (MET 2011)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Mardi 23 février TCHAÏKOVSKI La Dame de pique

Tchaïkovsky la Dame de pique (MET 1999)Cliquez sur Lisa

Mercredi 24 février Tchaikovsky Eugène Onéguine

Tchaïkovski Eugène Onéguine air d'Onéguine de l'acte I (MET 2007)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Jeudi 25 février Verdi Ernani

Verdi Ernani (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Vendredi 26 février Verdi La Traviata

Verdi La Traviata Sempre libera (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky (dans le fond)

Samedi 27 février Verdi Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué)

Verdi Un ballo in maschera Eri Tu (MET 2012)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Dimanche 28 février Verdi Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore Qual voce (MET 2015)Cliquez sur Dmitri Hvorostovsky

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des femmes d’exception.

Et puis, parce que c’est vous, je vous ai réservé une petite surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le point d’interrogation 🙂

Compositeurs

BEETHOVEN (1770 – 1827) – Partie 2 – LE DIEU

Suivant l’avis de Franz LISZT, on distingue trois époques dans les compositions de Ludwig van Beethoven : l’enfance (ou la jeunesse), l’homme (ou la maturité), le dieu (le génie).

On a vu dans la première partie de ces articles consacrés à BEETHOVEN les années de jeunesse et celles de la maturité. Alors que ses œuvres de jeunesse sonnent encore comme du MOZART (les deux premières symphonies ou les premières sonates pour piano) ou comme du HAYDN (les six premiers quatuors), Beethoven trouve assez vite sa propre voix en même temps que sa propre voie, avec les symphonies 3 à 8, les quatuors 7 à 11, et tout le corps des sonates avant les cinq dernières, et son opéra Fidelio.

Au début des années 1820, il commence ses ultimes œuvres, poussant la musique dans des contrées encore inexplorées, et ceci malgré sa surdité devenue totale : ce seront les dernières sonates pour piano, les derniers quatuors, et la neuvième Symphonie avec chœur. Pour moi, c’est le propre des génies que de créer les formes dont ils ont besoin quand les formes préexistantes ne leur suffisent plus.

Côté piano, il a épuisé la forme sonate héritée Mozart et Haydn, et il attaque des œuvres comme la Hammerklavier (Clavier à marteaux) opus 106 (1819), vaste monument du piano, avant que de terminer par les opus 109, 110 et 111 (respectivement 30e, 31e et 32e sonates), laissant la 32e inachevée, le son s’éteignant après l’extraordinaire deuxième mouvement.

Beethoven opus 111 (Pollini)Fermez les volets, coupez le téléphone et cliquez sur le pianiste et embarquez pour un extraordinaire voyage au bout de la musique

Dès lors, il faudra un Liszt pour oser reprendre cette forme après lui avec la Sonate en si bémol mineur. Bien heureusement, de nombreux compositeurs continueront ensuite à en composer, notamment SCHUMANN et BRAHMS. (Et je n’oublie pas qu’à cette même époque, SCHUBERT écrivait lui aussi des sonates qui restent des chefs-d’œuvre du genre.)

Côté quatuors à cordes, c’est en 1825 qu’il porte cette forme au-delà de tout ce qui avait été fait avant lui, avec le 12e, opus 127, les 13e, 14e et 15e, opus 130, 131 et 132 et le 16e opus 135, ouvrant ainsi la voie au XXe siècle, avec un siècle d’avance sur son temps. L’éditeur de Beethoven, effrayé par la hardiesse de la fugue de l’opus 130, lui demanda de la changer, ce que fit Beethoven, pour la remplacer par quelque chose de plus léger. Qu’importe, il la reprit sous le titre de Grande fugue, opus 133, publié juste après sa mort.

Beethoven Grande fugue opus 133Cliquez sur la Grande fugue

Pour ce qui est de la symphonie, il doit aussi inventer, dépasser le cadre rigide de la forme « symphonie », et il écrit sa neuvième symphonie en y introduisant des chœurs, sur l’Ode à la joie de SCHILLER. Il a pour cela repris une partie du matériau musical de sa Fantaisie chorale opus 80.

Beethoven 9e symphonieCliquez sur l’image

Il meurt en 1827 laissant un catalogue impressionnant de 9 symphonies, 16 quatuors à cordes, 5 concertos pour piano et un pour violon, 32 sonates pour piano, des trios, des messes, des lieder, etc…

Beethoven Fantaisie choraleCliquez sur l’ébauche de la 9e symphonie

Et je vous propose de terminer cette évocation par la dernière œuvre de Beethoven, le 16e quatuor opus 135, et son annotation métaphysique de Beethoven « Muss es sein? » (« Est-ce que cela doit être ? »)

Beethoven 16e quatuor opus 135Cliquez sur le dernier quatuor

Cinématographe

LES OPÉRAS PORTÉS À L’ÉCRAN

Depuis les débuts du cinéma, les trames d’opéras ont inspiré les réalisateurs.

On sait peu que la première musique écrite spécifiquement pour un film était de Camille SAINT-SAËNS, pour L’assassinat du Duc de Guise, en 1906.

Carmen, un des opéras les plus populaires, est aussi celui qui a inspiré le plus de films. Il a été adapté (en muet !) dès 1909. La liste des cinéastes ayant réalisé leur Carmen est impressionnante : Cecil B. DeMILLE, Charlie CHAPLIN, Ernst LUBITSCH, mais aussi Otto PREMINGER avec Carmen Jones, qui transpose l’histoire dans les milieux noirs états-uniens. Carlos SAURA, Jean-Luc GODARD, Francesco ROSI, Peter BROOK ont aussi eu leur Carmen, sans oublier le ballet Carmen à Pékin de Jean YANNE dans Les chinois à Paris. La version la plus célèbre est certainement celle de Rosi, avec Julia MIGENES JOHNSON dans le rôle-titre.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

D’autres opéras ont fait l’objet d’adaptation au cinéma, parmi lesquels on peut citer La Flûte enchantée, de MOZART, adaptée en suédois par Ingmar BERGMAN et filmée dans le petit bijou qu’est le théâtre de Dronningholm. De Mozart, on peut aussi citer l’admirable Don Giovanni, de Joseph LOSEY,

Mozart don Giovanni trio des masquesCliquez sur le trio des masques

ou encore Les Noces de Figaro, filmé par Jean-Pierre PONNELLE d’après une version montée par KARAJAN au Festival de Salzbourg. La version de 1962 du Festival de Salzbourg du Chevalier à la Rose a fait l’objet d’un superbe film, où Elizabeth SCHWARZKOPF tenait un de plus beaux rôles.

Strauss Rosenkavalier filmCliquez sur le trio final

VERDI a également été bien servi, notamment avec La Traviata et Otello filmés par Franco ZEFFIRELLI,

Verdi Traviata ZeffirelliCliquez sur la fête chez Violetta

ou Macbeth filmé par Claude d’ANNA. Il y a également un très kitsch Le Trouvère mis en scène par Karajan.

WAGNER, l’exact contemporain de Verdi a été servi, par Karajan encore (Rheingold), mais aussi dans le film de SYBERBERG Parsifal.

Wagner Parsifal filmCliquez sur l’image

Le réalisateur Benoit JACQUOT a mis en scène et filmé Werther et Tosca. alors que Frédéric MITTERAND a réalisé son Madame BUTTERFLY.

Pour le XXe siècle, il existe une belle version de Porgy and Bess, filmée par Otto Preminger.

Gershwin Porgy and Bess Summertime (film)Cliquez sur l’image

Et plus près de nous, la comédie musicale West side Story de BERNSTEIN a fait l’objet d’une magistrale version cinématographique (le film aux 10 oscars!)

Bernstein West Side Story MariaCliquez sur Tony

alors que l’opéra-rock Tommy a été porté à l’écran par Ken RUSSELL.

The Who Tommy le filmCliquez sur la bande-annonce