Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE KIEV…

… comme ne l’a pas chanté Julien Clerc.

Kiev (Kyiv) est la capitale de l’Ukraine. C’est une ville qui a plus de mille cinq cents ans, au passé souvent changeant, mais à peu près toujours en conflit avec la Russie. On trouve une trace de cette tradition de pillage dans la Khovantchina de Moussorgski où au début du second acte, le prince Golitsine se glorifie d’avoir « abattus les Polonais pleins de morgue, et arrachés de la gueule des Ukrainiens avides les terres où l’histoire (de la Russie) est née ».

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On retrouve Moussorgski avec ses Tableaux d’une exposition et le tableau « la grande porte de Kiev ».

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Lors de l’ouverture de l’opéra de Kiev, en 1901, on a joué la cantate Kiev de Harteveld. Je vous propose ici une marche militaire de ce compositeur.

Attention à la marche

C’est à Kiev que le compositeur ukrainien Boris Lyatoshynski est mort, le 15 avril 1968.

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littérature, Poésie

LE ROI DES AULNES (ERLKÖNIG), de GOETHE (1782)

Le Roi des Aulnes, en allemand Erlkönig est une ballade de Goethe, écrite d’après une légende danoise. Le titre, un peu mystérieux, vient d’une erreur de traduction et se dit, en danois, le roi des elfes. Dans la nuit, un père chevauche portant son fils dans les bras. Celui-ci, malade, croit voir des créatures fantomatiques. Le père essaye de calmer son enfant, disant que ce n’est que le brouillard et le vent dans les branches. Mais les visions de l’enfant se précisent : c’est le roi des aulnes qui vient le chercher. À la fin, le roi des aulnes se saisit de l’enfant et le père met son cheval au galop, mais quand il arrive à la maison, il est trop tard, son jeune fils est mort.

Cette ballade a été mise en musique par de nombreux compositeurs, le premier étant Reichardt en 1794.

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En 1815, Schubert écrit la version musicale la plus célèbre.

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Berlioz en fait une orchestration géniale (1860), alors que Liszt, lui, en fait deux transcriptions pour piano seul.

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Trois ans après Schubert, Carl Loewe écrit son propre Roi des aulnes (1818).

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Et Émilie Mayer, une élève de Loewe, écrit sa version en 1842.

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Louis Spohr a écrit son Roi des aulnes en 1856.

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Enfin, dans le domaine de la littérature, signalons que Michel Tournier a obtenu le prix Goncourt en 1970 avec son roman le Roi des aulnes.

Contes et légendes, Mes opéras préférés

LA FEMME SANS OMBRE, de R. STRAUSS (1919)

La Femme sans ombre (Die Frau ohne Schatten) est un opéraen quatre actes de Richard Strauss créé le 10 octobre 1919 à Vienne. La possibilité d’écrire cette histoire fut évoquée des 1911, après la création du Chevalier à la rose. Hofmannsthal rêvait d’écrire un opéra qui serait à la Flûte enchantée, ce que le Chevalier à la Rose était aux Noces de Figaro.

L’élaboration de l’argument, particulièrement complexe, dura de 1911 à 1916. L’œuvre, qui prend ses sources dans les Contes de Grimm, les Mille et une nuits ou la Flûte enchantée et les mêle au symbolisme viennois de l’époque, fut achevée en 1917, mais ne fut représentée au Staatsoper de Vienne qu’en 1919, après la guerre.

Le pitch : La fille du seigneur des esprits a été capturée, sous la forme d’une gazelle, par l’empereur. Une fois mariée à l’empereur, devenue mortelle, il lui reste à devenir humaine mais pour cela, et pour pouvoir donner des enfants à l’empereur, il lui faut gagner l’ombre qu’elle n’a pas.

Acte I : Un messager de Keikobad, le seigneur des esprits, demande à la nourrice de l’impératrice si sa maîtresse a obtenu une ombre. Fille de Keikobad et d’une humaine, l’impératrice ne peut ni avoir d’enfants ni porter une ombre. Devant la réponse négative, il lui apprend alors que si elle ne se dote pas d’une ombre sous trois jours, elle devra retourner dans le monde des esprits avec la nourrice, tandis que l’empereur sera pétrifié.

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En sortant de la chambre de son épouse, l’Empereur annonce à la nourrice son intention d’aller chasser. Il se souvient de la façon dont il a conquis l’impératrice pour en faire son épouse : alors qu’il chassait une gazelle blanche qui ne projetait aucune ombre, les ailes de son faucon de chasse rouge ont aveuglé la gazelle. Lorsqu’elle est tombée et qu’il l’a attaquée avec une lance, l’animal s’est transformé en femme. Le faucon blessé était perdu. La rusée nourrice apprend que l’Empereur sera absent pendant trois jours. Il lui recommande de veiller sur sa femme et s’en va.

À son réveil, l’impératrice regrette la perte de son talisman, qui lui permettait de se métamorphoser. Elle se souvient du temps où elle vivait sous la forme d’une gazelle, et comment un faucon l’a blessée. Elle voit le faucon de l’empereur, qui lui annonce que son absence d’ombre condamne son époux à être pétrifié. Elle demande à sa nourrice de l’aider à se trouver une ombre. Celle-ci la prévient que pour cela, elles auront à descendre chez les terribles humains.

Descendues sur terre, elles arrivent chez le teinturier Barak. La femme de celui-ci se dispute avec les frères de son mari, réclamant qu’ils quittent la maison. Barak et sa femme sont mariés depuis trois ans, mais le teinturier ne lui a pas donné d’enfant, ce qu’il regrette. Barak quitte la maison.

L’impératrice et sa nourrice, déguisées en servantes, se présentent, et la nourrice, lui offrant bijoux et beaux habits, réussit à convaincre la femme de Barak de renoncer à son ombre et à sa descendance à venir.

Barak rentre à la maison, et la nourrice et l’impératrice quittent la femme, lui promettant de revenir la servir pendant trois jours, après quoi son ombre leur appartiendra, alors qu’elle pourra avoir en échange tout ce qu’elle veut. Elles sortent et on entend la voix des enfants à naître la suppliant de les laisser venir. Barak rentre et sa femme lui annonce que deux tantes viendront lui tenir compagnie, puis elle va se coucher.

Dehors, on entend le veilleur rappelant aux couples mariés qu’ils doivent transmettre le flambeau de la vie.

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Acte II : Le lendemain matin, une fois Barak parti, la nourrice et l’impératrice incitent la femme à tromper le teinturier avec un beau jeune homme que la nourrice fait apparaître par magie. Barak rentre du marché, étonné d’avoir fait des affaires inespérées, et interrompt la rencontre entre sa femme et le beau jeune homme. Heureux de sa bonne fortune, il invite les passants à manger chez lui, mais son épouse refuse sa nourriture.

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L’Empereur cherche sa femme, qui n’est pas au palais. Il retrouve son faucon rouge qui le mène jusqu’au palais, vide, ce qui éveille ses soupçons. Quand il voit rentrer discrètement l’impératrice et la nourrice, sa jalousie se renforce et il veut tuer sa femme.

La nourrice endort Barak et invoque l’esprit du jeune homme avec qui la femme du teinturier doit tromper son mari. Cette dernière crie, réveillant son époux, et elle lui reproche de ne pas savoir la protéger. L’impératrice, prise de compassion et voyant qu’elle met le couple en danger déclare que c’est elle qui devrait être pétrifiée. La femme de Barak révèle alors à son époux qu’elle a vendu son ombre et sa maternité. Et en effet, sa femme n’a plus d’ombre. Barak menace de tuer sa femme. L’impératrice renonce alors à cette ombre mal acquise. La terre s’ouvre, séparant Barak de son épouse, tandis que la nourrice met l’impératrice en lieu sûr.

La troisième nuit est venue. La nourrice craint d’avoir encouru la colère de Keikobad, mais le démon du mal la pousse à poursuivre ses manigances. L’Impératrice a réfléchi : elle veut rester chez les humains. La femme du teinturier se jette sur Barak en lui avouant son infidélité. Barak et ses frères constatent que la femme n’est plus la même : elle a vendu son âme et son ombre. Furieux, le teinturier veut la tuer, mais ses frères le retiennent. La nourrice encourage l’impératrice à voler l’ombre désormais sans propriétaire, mais l’impératrice refuse, car elle a acquis une émotion humaine, la compassion. La Nourrice ramène l’Impératrice dans le monde des esprits. Barak et son Épouse restent en arrière, déconcertés.

Cliquez sur l’acte II

Acte III : Barak et sa femme sont séparés par un mur très épais dans une grotte. La femme entend les voix des enfants non nés. Son époux l’encourage à ne pas faiblir, leur amour est toujours vivant. Des voix lointaines les incitent à grimper sur des rochers, d’où ils pourront voir le promontoire sur lequel la nourrice et l’impératrice se sont réfugiées, grâce à une barque magique.

La nourrice essaie à nouveau de séparer Barak et sa femme, ce pour quoi le messager la condamne à errer sans fin. L’impératrice refuse de boire l’eau aux reflets d’or qui lui permettrait d’avoir une ombre. Elle préfère appartenir au genre humain. L’empereur lui apparaît : il est presque entièrement pétrifié, à l’exception d’un œil avec lequel il essaie encore de la contempler. Il l’enjoint de ne pas le sauver au détriment des deux humains. Ce renoncement provoque un miracle, une ombre s’étend à ses pieds, et l’empereur revient à la vie. La voix des enfants non nés se joint avec allégresse à celle de Barak et de sa femme.

Cliquez sur l’acte III
Compositrices

Émilie MAYER (1812-1883)

Émilie Mayer naît le 14 mai 1812 à Friedland.

À un an près, elle est l’exacte contemporaine de Wagner (1813-1883).

Sa mère meurt quand Émilie a deux ans. Émilie prend ses premières leçons de musique à l’âge de cinq ans. Ensuite, Émilie suit une partie de ses études au Collège Louis le Grand, à Paris.

Ce n’est qu’en 1840, après le suicide de son père, qu’elle se met sérieusement à l’apprentissage de la musique, auprès de Carl Loewe à Stettin.

En 1842, elle écrit ce Erlkönig d’après Goethe

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Vers 1842, elle écrit son seul opéra, die Fischerin.

Après Stettin, Émilie Mayer part se perfectionner à Berlin, où ses professeurs signalent les qualités de ses premières symphonies.

À partir de 1847, Émilie Mayer donne régulièrement des concerts publics à Berlin, ainsi que des concerts privés à son domicile.

Symphonie n° 1 (1847) :

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En 1856, elle joue sa musique de chambre devant l’archiduchesse Sophie d’Autriche.

Trio avec piano en ré majeur vers 1856.

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Quatuor à cordes avec piano en sol majeur (1860).

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Symphonie n° 7 (1862) :

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En 1862, elle revient à Stettin, où elle résidera jusqu’en 1875, avant de retourner à Berlin où elle crée sa Faust-Overture en 1880.

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Émilie Mayer meurt le 10 avril 1883 à Berlin, à l’âge de 70 ans.

Le catalogue d’Émile Mayer comporte une importante partie symphonique (huit symphonies et un concerto pour piano (1850), de la musique de chambre et des lieders.

Agenda Ironique

17 OCTOBRE 2026 (A.I. d’OCTOBRE 2026)

Ce mois-ci, c’est chez Tiniak que se passe l’Agenda Ironique. Et koukinousdmande ? Tiniak, et bien voici :

Chez Tiniak : Octobre, bouge ! —A.I. — — poLétique et tocs

Je ne développe pas davantage.
Je réponds à la nécessité — notamment celle de prolonger l’activité de notre bel atelier d’écriture, L’Agenda Ironique…

L’ironie me semble être aujourd’hui, d’une impérieuse nécessité.
Je vous invite à la manifester sur un mode poésique.
Oui, poésique…
Comme matière à opposer à la violence du moment, une autre dialectique, un regard alerte, indigné peut-être, mais paisible et bienveillant.
Pour mettre de la poésie au cœur de la situation tendue qui nous afflige.

Aucun mot imposé ! À vous de surligner, dans vos textes, ceux que vous tenez pour importants.


Un seul souci (pas si simple, en fait) : pourriez-vous mettre en regard, dans la forme qui vous convient le mieux, quelque chose de pénible, voire qui vous insupporte, avec — qui sait ? une fleur, une odeur, un geste, une musique, un moment paisible… ? Ou un oxymore…

Un souhait encore (facultatif) : ce serait sympa d’ajouter, pour illustrer ou enrichir votre propos, une musique, une chanson, un poème… (un « lien vers » ou un « insert », à vous de voir).

Thèse : Si il y a une chose qui m’insupporte, c’est le niveau d’incompétence crasse auquel est arrivée la classe politique de mon pays (et d’autres pays alentour d’ailleurs). Ce niveau n’est que le résultat de dix ans (au moins) d’ultralibéralisme (je vous file le tuyau : si vous voulez avoir l’air sérieux, mettez des ultras un peu partout dans vos textes), ultralibéralisme qui se manifeste par l’abandon de tout ce qui ne permet pas d’enrichir des actionnaires, et par la mise sur le marché privé des exercices régaliens de l’état. Au bout de suffisamment de temps, on arrive à un système à bout de souffle.

Cliquez sur la B.O.

Prothèse : Un système à bout de souffle où on meurt aux urgences, où la culture est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité (et puis, c’est dangereux la culture, ça peut faire réfléchir…) et où les élèves n’ont plus de profs, ont froid en hiver dans des classes non chauffées et crèvent de chaud en été dans ces mêmes classes, non isolées. Depuis quelque temps déjà, les lycéens réclament et manifestent pour avoir le droit d’étudier dans des conditions décentes. (Au passage, cela fait des années que le personnel enseignant réclame les mêmes choses).

Là, face à ses revendications, je suis stupéfait et indigné de la manière dont est traitée et méprisée la jeunesse de notre pays. Bon d’accord, ces jeunes ne votent pas, donc ils n’existent pas, mais comment la classe politique dans son ensemble a-t-elle pu oublier que la jeunesse, c’est l’avenir du pays ? Que si il y a un endroit où il faut investir, c’est bien dans la jeunesse. Face à un mouvement de protestation qui va s’amplifiant, la journée du 17 octobre (2026) devait être un moment important, annoncé par tous les toutologues qui se pavanent sur les chaînes de désinformation continue.

Cliquez sur la Pavane pour une jeunesse en train de défuncter

Et qu’a-t-on vu ce jour là, des policiers gazant des lycéens mabifestant pacifiquement pendant que les ultras (droite et gauche réunie) s’en prenaient aux symboles de la république.

Quel scandale ! C’est l’ensemble du gouvernement qui devrait démissionner.

Antithèse : Arrivés là de votre lecture, vous devez vous demander « mais qu’est-ce qui lui prend, à monsieur toutl’op ? ». Et bien voilà, sachez que ce 17 octobre (2026), alors que je prenais le métro en direction de Roubaix et Tourcoing, je me suis trouvé en présence de trois jeunes gens, d’une quatorzaine d’années. À un moment, le plus jeune d’entre eux, qui chantonnait, m’adresse la parole et me demande, eh monsieur, vous connaissez cette chanson ? Et de me chanter « je m’baladais, sur ml’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu… ». Bien sûr, lui répondijes alors, c’est les Champs Élysées, de Joe Dassin.

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La conversation s’engagea alors, les jeunes me demandant :

– Connaissez-vous tel film? et le chanteur arménien qui a raccourci son nom.

– Oui, c’est Charles Aznavour. – Ah oui c’est ça, on l’a appris au collège !

Cliquez sur la chanson de Charles Aznavourian

Du coup, je leur demande leur âge, il avaient quatore et quinze ans et étaient soit en troisième soit en seconde.

À mon tour, je leur pose des questions :

– qu’est-ce que vous voulez faire plus tard ?

– moi architecte, me répond l’un d’eux (le plus jeune), moi infirmier en Suisse, me répond un autre (celui qui est en seconde) qui m’apprend que dans son lycée, à propos d’une manifestation autorisée par les autorités, les lycéens avaient été gazés par la police !

Quelques instants de silence, et le plus jeune me demande :

– Quel conseil vous pouvez nous donner pour notre vie, monsieur ?

– J’ai répondu « Soyez vous-même, et croyez en vous ! » Ils sont descendus quelques stations plus loin, et sont sortis en me serrant la main et en me souhaitant une bonne journée. Brèfle, une rencontre que l’on ne fait pas tous les jours. Mais que j’ai été heureux de les avoir croisés, et de voir que tout n’est pas foutu, que l’espoir est encore là !

Synthèse : La jeunesse, c’est l’avenir, sacrifier la jeunesse, c’est sacrifier l’avenir.

Cinéma, Woody Allen

MANHATTAN, de Woody ALLEN (1979)

Manhattan est un film de Woody Allen datant de 1979, tourné dans un noir et blanc magnifique. Il s’agit d’une déclaration d’amour de Woody à sa ville.

Le pitch : Isaac (Woody Allen), un Juif de 42 ans deux fois divorcé, a une liaison avec Tracy (Muriel Hemingway), une étudiante de 17 ans. Yale, son meilleur ami, a une liaison avec Mary. Mais petit à petit, Isaac va se rapprocher de Mary, rendant de plus en plus difficile sa liaison avec Tracy.

Manhattan commence par une longue série de clichés de Manhattan, au son de la Rhapsody in blue, de Gershwin. La musique de Gershwin irriguera d’ailleurs tout le film.

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Parmi les citations musicales, Mary et Yale s’amusent à dresser le club des célébrités surévaluées, club où figurent Mozart et Mahler.

Un peu plus loin, nos héros se procurent des places pour un concert Vivaldi, puis parlent du concert à venir du flûtiste Jean-Pierre Rampal.

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Nous retrouvons le quatuor Isaac, Mary, Yale et Connie (la femme de Yale) à un concert où ils écoutent la quarantième symphonie de Mozart.

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Vers la fin du film, Isaac liste les choses qui font que la vie vaut d’être vécue. À côté de Groucho Marx, Franck Sinatra et l’Éducation sentimentale de Flaubert, Isaac fait figurer le second mouvement de la symphonie Jupiter de Mozart.

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Et si vous voulez retrouver les films de Woody Allen des années ’70, c’est ici.

Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE BERLIN

Quelle drôle d’idée ! comme ne l’a pas chanté Julien Clerc.

M’étant rendu récemment à Berlin pour y assister à une représentation de Mittwoch aus Licht, de Stockhausen, je me suis intéressé à l’histoire musicale de cette ville, ancienne capitale de la Prusse.

Au XVIIIe siècle, Berlin était un des points de passage obligés pour les compositeurs faisant leur tour d’Europe. Ainsi, on a pu y entendre Baldassare Galuppi ou Jean-Chrétien Bach. Pour ce dernier, Jean-Chrétien y a été recueilli par son grand frère Carl Philip Emmanuel à la mort de Jean-Sebastien, et c’est donc à Berlin qu’il s’est perfectionné dans l’art de la composition.

Né Jakob Liebmann Meyer Beer à Berlin le 5 septembre 1791, Meyerbeer est le fils d’un riche banquier israélite. Il accole son troisième prénom à son nom de famille, devenant Meyerbeer, pour pouvoir toucher un héritage. Jakob apprend le piano très jeune, notamment auprès de Muzio Clementi, un pianiste proche de Beethoven. Il joue en public dès ses onze ans. Il apprend également la composition au Conservatoire de Berlin et sa première œuvre scénique est créée en 1810.

Née à Hambourg le 14 novembre 1805, Fanny Mendelssohn, la sœur de l’autre, s’installe à Berlin avec sa famille en 1811, et c’est à Berlin qu’elle disparaît le 14 mai 1847.

Comme sa grande sœur Fanny, Félix Mendelssohn, né le 3 février 1809 à Hambourg, arrive en 1811 à Berlin, où il peut jouir d’une éducation de qualité.

Autre compositeur passé par Berlin, Glinka, le « père de la musique russe » y séjourne de 1833 à 1834. De retour en Russie, il se décide à écrire une musique inspirée des airs populaires russes.

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Après la Seconde Guerre mondiale, Berlin sera séparé en deux parties Berlin-Est et Berlin-Ouest. Cette séparation a inspiré Wim Wenders pour son film les Ailes du désir (der Himmel ûber Berlin), prix de la mise en scène à Cannes en 1987. Ce film a lui-même été transposé l’opéra par Othman Louati.

Les Ailes du Désir d’Othman Louati, sur un livret de Gwendoline Soublin est une adaptation du merveilleux film de Wim Wenders. L’œuvre a été créée le 9 novembre 2023 à Dunkerque.

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Bien sûr, pour les gens de ma génération, Berlin est associé au célèbre orchestre philharmonique, dirigé pendant des décennies par le chef Herbert von Karajan.

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Mais il y a d’autres institutions musicales à Berlin comme le Staatsoper Unter den Linden (opéra d’état sous les Tilleuls), construit à la demande de Frédéric II de Prusse et inauguré en 1742.

En 1849, Otto Nicolaï y crée ses Joyeuses Commères de Windsor, d’après Shakespeare.

Nicolai les joyeuses commères de Windsor

Cette tradition de créations perdure, puisque c’est à Berlin que le Viennois Alban Berg crée Wozzeck en 1925 à Berlin, sous la direction d’Erich Kleiber. Wozzeck est considéré comme une des œuvres lyriques phares du XXe siècle.

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Et en 1930, Darius MILHAUD y crée son Christophe Colomb, d’après Paul CLAUDEL.

Milhaud Christophe Colomb

Outre le Staatsoper, il y a également le Deusche Oper Berlin ainsi que le Komische Oper (Opéra-Comique) de Berlin, dédié à l’opérette.

Compositeurs

Béla BARTÓK (1881-1945)

Béla Bartók naît le 25 mars 1881 en Roumanie.

Sa mère, pianiste, lui donne ses premières leçons de piano quand il a cinq ans. Il écrit sa première pièce pour piano à l’âge de neuf ans, et se produit en public à onze ans.

Sa famille s’installe à Bratislava, où il suit l’enseignement de Laslo Erkel et d’Ernö Dohnany.

À dix-sept ans, Béla entre à l’Académie royale de Budapest, où il rencontre Zoltan Kodaly, avec qui ils accompliront plus tard un important travail d’ethnomusicologie, parcourant dès 1906 les campagnes pour y recueillir des mélodies populaires hongroises ou roumaines.

Par exemple, il y avait en Hongrie depuis la fin du XVIIIe siècle une forme de danse dite du recrutement, que les militaires recruteurs jouaient dans les villages pour faire danser (et boire) les jeunes hommes et ensuite les recruter dans l’armée. Ces danses s’appelaient les verbunkos. Bartók dans ses travaux d’ethnomusicologie en a recueillis. Je vous propose ici un de ses Verbunkos :

Bartok VerbunkosCliquez sur l’image

Amoureux de la Hongrie, Béla Bartok mettra en musique le Danube dans son étude n° 1 de l’opus 18.

Bartok Étude opus 18 n 1Cliquez sur le pianiste

En 1907, Béla Bartók enseigne le piano à l’Académie royale de Budapest. Il écrit, pour les jeunes pianistes, Mikrokosmos. L’année suivante, il écrit son premier quatuor à cordes. En 1909, il épouse Martha, une de ses élèves, avec qui ils auront un fils, Béla, dès l’année suivante.

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En 1911, Bartók compose son seul opéra, Le Château de Barbe-Bleue, d’après le drame de Maeterlinck. Suivront les ballets le Prince des bois et le Mandarin merveilleux.

En 1923, Béla et Martha divorcent, et Bartok se marie avec Ditta, une autre de ses élèves, avec qui ils auront un fils, Peter, l’année suivante. Béla et Ditta font des tournées en Europe où ils donnent des concerts de piano à quatre mains.

En 1936, il reçoit la commande de la Musique pour cordes, percussions et célesta où l’importance musicale est donnée plus à l’aspect rythmique qu’à l’aspect mélodique.

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Quand le régime hongrois se rallie à l’idéologie nazie, Bartok demande que ses œuvres fassent partie de l’art dégénéré, et a refusé toute compromission avec le régime en place. En 1940, il part aux États-Unis, où il mourra presque dans la misère en 1945, vivant des commandes que ses amis, comme Yehudi Menuhin, lui passaient.

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C’est ainsi qu’il crée la Sonate pour violon seul, une commande de Yehudi Menuhin, le troisième concerto pour piano ou encore son Concerto pour orchestre.

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Béla Bartók meurt d’une leucémie le 26 septembre 1945 à New York, à l’âge de 64 ans.

Mes opéras préférés, Mythologie

ROLAND, de LULLY (1684)

Roland est une des dernières tragédies lyriques de Lully, composée en 1684 sur un livret de Quinault, d’après l’Orlando Furioso de l’Arioste. Elle fut créée à Versailles le 8 janvier 1685.

Le pitch : Roland aime Angélique, qui aime Médor. Apprenant leur mariage, Roland devient fou, avant que de partir chercher la gloire des combats.

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Prologue : Démégorgon, le roi des fées, chante les louanges du roi Louis XIV, et se propose de raconter les exploits de Roland, comparant ainsi le roi au héros fameux de l’histoire de France.

Acte I : Roland aime Angélique, la fille du roi de Cathay, mais Angélique aime Médor, qu’elle a sauvé de la mort et qui l’aime en retour. Médor n’est pas noble, aussi Angélique hésite-t-elle entre l’amour et la gloire. Elle convainc Médor de renoncer à elle, mais regrette aussitôt son choix. Zilante offre à Angélique un bracelet de la part de Roland.

Acte II : La fontaine enchantée de l’amour. Pour se détacher de l’amour de Médor, Angéliqque cherche la fontaine de la haine, mais c’est la fontaine de l’amour qu’elle trouve dans la forêt. Témire chante le feu de l’amour, aussi facile à allumer que difficile à éteindre.

Apercevant Roland, Angélique se sert d’un anneau enchanté qui la rend invisible. Roland se désole de ne pas voir sa belle et se plaint auprès de Témire. Survient Médor, qui veut se suicider par amour pour Angélique. Elle se révèle alors à lui, et lui confie son amour. Toutes sortes de créatures telles qu’amours, sylvains et autres nymphes se réjouissent du bonheur d’Angélique et Médor.

Acte III : Un port de mer. Témire dit à Médor de craindre la colère de Roland. Angélique laisse croire à Roland qu’elle l’aime, au grand désespoir de Médor qui l’a entendue. Roland parti, elle rassure Médor sur ses sentiments pour lui. Elle projette de partir à Cathay et d’y présenter Médor aux habitants comme leur futur roi.

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Acte IV : Une grotte au milieu d’un bocage. Roland erre dans la forêt à la recherche d’Angélique. Il trouve des vers gravés sur la paroi d’une grotte, témoignage de l’amour d’Angélique et de Médor. Des bergers lui annoncent qu’ils se sont mariés. Il en devient fou.

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Acte V : Le palais de la fée Logistille. La fée Logistille fait apparaître en songe à Roland une troupe de héros, qui lui font comprendre que la gloire des combats est préférable à l’amour. Quand il se réveille, il renonce à l’amour et retourne à sa vocation de héros. La Gloire, la Renommée et la terreur viennent convaincre Roland de reprendre les armes et d’aller délivrer son pays. Logistille et le chœur des fées se réjouissent et chantent ensemble la gloire de Roland.

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littérature, Poésie

« L’INVITATION AU VOYAGE » de BAUDELAIRE

Parmi les poèmes de Baudelaire, l’Invitation au voyage est certainement un de ceux le plus mis en musique :

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir ;
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes
.

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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

 

Citations musicales :

De tes traîtres yeux, brillant à travers leurs larmes : Ravel Schéhérazade.

La splendeur orientale : Lully le Bourgeois gentilhomme « Marche pour la cérémonie des Turcs ».

Vois sur ces canaux dormir ces vaisseaux : Fauré l’Horizon chimérique « Vaisseaux, nous vous aurons aimés ».

Et puisque je disais en préambule à cet article que ce poème avait été mis en musique, en voici deux versions :

Duparc :

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Chabrier :

Chabrier Baudelaire l'invitation au voyage

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