Compositeurs, Compositrices, littérature

Pauline VIARDOT (1821 – 1910)

Figure incontournable de la vie musicale en France au XIXe siècle, Pauline VIARDOT (1821 – 1910), née GARCIA, était cantatrice et compositrice. Issue d’une famille de musiciens, elle était la sœur d’une autre cantatrice célèbre, La Malibran.

Elle débute comme pianiste (elle était élève de LISZT), mais après la mort de sa sœur en 1836 elle se tourne sur ses traces dès 1837. En 1839 elle fait ses débuts à l’opéra dans l’Otello de ROSSINI. L’année suivante, elle épouse le directeur du Théâtre Italien, Louis VIARDOT. Amie de George SAND et de CHOPIN, elle fréquente le milieu intellectuel parisien, qu’elle reçoit dans son salon. George Sand lui dédiera d’ailleurs son roman Consuelo.

BERLIOZ adaptera à sa voix de mezzo elle le rôle d’Orphée dans la reprise qu’il fera de l’Orphée et Eurydice de GLUCK et MEYERBEER adaptera pour elle son opéra le Prophète.

Gluck Orphée et Eurydice j'ai perdu mon EurydiceCliquez sur Orphée

Elle fait la connaissance de GOUNOD à Rome quand il était à la villa Médicis. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Paris et Gounod écrit pour elle son opéra Sapho.

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur Sapho

Lors d’un de ses séjours parisiens, TCHAÏKOVSKI la rencontre, et elle lui montre le manuscrit original du Don Giovanni de MOZART.

Comme son ami Liszt, elle fait beaucoup pour aider les jeunes musiciens, et c’est grâce à son aide que MASSENET peut monter son oratorio Marie-Magdeleine, alors que SAINT-SAËNS lui dédie son Samson et Dalila.

Massenet Marie-Magdeleine Ô mes soeursCliquez sur Marie-Magdeleine

Elle a l’occasion de chanter à l’opéra de Saint-Pétersbourg, ce qui lui permettra avec son mari de faire connaître la musique russe en occident. L’écrivain russe TOURGUENIEV tombera ainsi amoureux d’elle en 1843. Il restera ami du couple Viardot pendant quarante ans. Pauline le présentera d’ailleurs à George Sand.

En tant qu’interprète, BRAHMS, SCHUMANN ou FAURÉ ont écrit des mélodies pour elle.

Brahms les Bohémiennes (Viardot)

Quand à partir de 1863 elle perd ses aigus, elle doit quitter les scènes d’opéra, ne chantant plus qu’en privé, et se consacre à l’enseignement et à la composition musicale, écrivant de nombreuses mélodies et opéras.

Polyglotte, elle a écrit des mélodies françaises, des lieder allemands, des chansons espagnoles ou des romances russes. Par exemple, elle a déposé des vers sur les mazurkas de son ami Chopin.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur la célèbre cantatrice

La plupart de ses opéras ont été écrits sur des livrets de son ami Tourguéniev.

Viardot Berceuse cosaqueCliquez sur l’image

En 1870, elle a encore l’occasion de créer la Rhapsodie pour alto de Brahms.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’alto

En 1872, Saint-Saëns introduit le jeune Gabriel FAURÉ dans le salon des Viardot. (Cinq ans plus tard, il y aura un projet de mariage entre Fauré et Marianne, une des filles de Pauline, musicienne comme sa mère.) Fauré dédiera une de ses premières mélodies à Pauline (on trouve une mise en musique de ce même poème dans les Nuits d’été de Berlioz).

Fauré la chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Opéras : Trop de femmes (opérette) (1867) l’Ogre (1868), l’opérette le dernier Sorcier (1869)

Viardot le dernier SorcierCliquez sur l’image

le Miroir (1869) Cendrillon (1904). La Nuit de la Saint-Sylvestre.

Viardot CendrillonCliquez sur la fée

Pauline Viardot meurt en 1910 à Paris.

Compositeurs, Compositrices

LILI BOULANGER (1893 – 1918)

Triste destin que celui de Lili BOULANGER, morte à 24 ans alors que commençait pour elle une carrière qui l’aurait placée aux premiers rangs des compositeurs et compositrices du XXe siècle. En effet, elle est atteinte très jeune d’une maladie des poumons qui la laissera toujours faible et l’emportera à l’âge de 24 ans.

Née à Paris en 1893 dans une famille d’artistes, son père était professeur au Conservatoire de Paris et sa mère cantatrice, elle grandit naturellement dans un milieu musical où figurent GOUNOD, MASSENET ou FAURÉ. Sa sœur aînée est Nadia BOULANGER, également compositrice et surtout extraordinaire pédagogue de la musique, qui a vu passer dans sa classe tout ce que le monde a pu connaître comme compositeurs pendant quelques décennies !

À six ans, Lili sait lire les partitions et commence à apprendre l’harmonie. Polyinstrumentiste, elle apprend le piano, le violon, le violoncelle et la harpe, tout en commençant à écrire quelques pièces musicales.

À seize ans, elle choisit sa voie, elle sera compositrice.

À dix-neuf ans, elle remporte le Grand Prix de Rome, devenant la première femme à remporter ce prestigieux prix, et la plus jeune lauréate. Son sujet : une cantate sur le second livre de Faust de GOETHE, Faust et Hélène. (Et encore, elle a dû renoncer à concourir l’année précédente, à cause de son état de santé !)

Lili Boulanger Faust et HélèneCliquez sur l’image

Elle part donc à la villa Médicis début 1914, mais n’y restera pas les trois ans « réglementaires » de sa résidence d’artiste. Malade, elle rentre en France en 1916.

Au cours de sa brève carrière, elle écrira des pièces pour piano,

Lili Boulanger pianoCliquez sur le pianiste

de la musique chorale et des cantates,

Lili Boulanger Du Fond de l'abîme (psaume 130)Cliquez sur l’image

des mélodies,

Lili boulanger Reflets (mélodie)Cliquez sur l’image

de la musique de chambre,

Lili Boulanger Nocturne violon pianoCliquez sur le nocturne pour violon et piano

et laissera inachevé un opéra, la Princesse Maleine, d’après l’œuvre de MAETERLICNK.

En 1918, elle dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre à sa sœur Nadia : Pie Jesu. Elle meurt quelques jours avant Claude DEBUSSY.

Lili Boulanger Pie JesuCliquez sur le Pie Jesu

Retrouvez un autre article où je vous ai présenté de la musique composée par Lili Boulanger.

Ondines et naïades.

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017)

Retrouvez d’autres compositeurs (et bientôt d’autres compositrices) chroniqués sur ce blog.

 

Compositrices, Fantaisie, Oulipo

QUELQUES AUTRES HAÏKAÏS (3e SÉRIE)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Voici donc une troisième livraison de haïkaïs, dont certains écrits par vous (merci, merci, merci.)

Sur un haïkaï de John DUFF

Dans cet air très beau

Pretty s’est mise à chanter

Elle m’a fait pleurer

Verdi la Traviata Pretty Yende

Sur un haïkaï, en anagramme de confinement, réalisé dans le cadre du challenge #haikuchallenge

Ce confit ne ment

Et finement ne t’enfonce

En ce net moment

Alfano Cyrano (avec Placide Domingue)Cliquez sur l’image

Sur un hommage à JANKÉLÉVITCH

FAURÉ – DEBUSSY

Wladimir Jankélévitch

RIMSKI-KORSAKOV

Fauré Après un rêve

Sur un haïkaï de Marie-Anne

Vaisselle en musique

Concerto pour violon et

Torchon à carreaux

Beethoven concerto pour violon 3e mvtCliquez sur l’image

Sur une proposition de Philippe :

Chant de la sirène

Sur la plage désertée

Elle attend l’été

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Luciole

Beauté de Psyché

Cupidon est en émoi

Décoche une flèche

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Citations :
Concerto pour violon : Troisième mouvement du concerto pour violon de BEETHOVEN. (Pour ce mouvement, Beethoven a repris un chant révolutionnaire français, « Mieux vaut la mort que l’esclavage, c’est la devise des français ».)
Pretty s’est mise à chanter : La soprano Pretty YENDE s’est récemment illustrée dans la Traviata de VERDI. (Vous pourrez voir sa Traviata samedi 9 mai sur la 5.)
Ce confit ne ment : Pour illustrer cette terre du confit (d’oie ou de canard), j’ai choisi Cyrano de Bergerac de Franco ALFANO (celui-là même qui a achevé la partition de Turandot de PUCCINI.)
Fauré : Laissons-nous emporter par sa mélodie « Après un rêve ».
Chant de la sirène : Pour illustrer ce chant de la sirène, j’ai choisi « les Sirènes », une pièce de Lili BOULANGER, grande compositrice morte trop jeune.
Psyché : Je vous propose d’écouter un extrait de Psyché, de LULLY.
Retrouvez d’autre haïkaïs en cliquant sur le lien.
Bande dessinée, Compositrices, Grandes maisons d'Opéra, littérature, Oulipo

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – semaine du 4 au 10 mai

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 4 au 10 mai 2020.

Au sommaire quelques classiques, de Don Giovanni de MOZART à La Bohème de PUCCINI, mais aussi un opéra contemporain avec L’Amour de loin, de la compositrice finlandaise Kaija SAARIAHO sur un livret d’Amin MAALOUF, et une rareté : Hamlet d’Ambroise THOMAS.

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 4 Mai Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Les Noces de Figaro Sull aria

 

Mardi 5 Mai Thomas Hamlet

HAMLET 1600x685.jpg

Mercredi 6 mai Kaija Saariaho L’Amour de Loin.

 

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Jeudi 7 mai STRAUSS Capriccio

 

Strauss Cappriccio METCliquez sur l’image

Vendredi 8 mai Puccini La Bohème

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur l’image

Samedi 9 mai un documentaire sur l’histoire du MET.

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Dimanche 10 mai deux opéras véristes MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

 

Leoncavallo Pagliacci METCliquez sur l’image

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans mentionner la passionnante étude de Georges PEREC consacrée à Marcel GOTLIB, parue dans Cantatrix Sopranica sous le titre  « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, littérature, Théâtre

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE PARIS…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC!

Après Venise, Vienne et Prague, poursuivons avec Paris notre visite des grandes villes dont l’histoire se confond avec celle de l’opéra.

Si Paris occupe une place importante dans le monde de l’opéra depuis LULLY, et surtout au milieu du XIXe siècle, avec le GOf (le grand Opéra à la française), qui faisait qu’un compositeur qui voulait « réussir » dans l’opéra devait se faire jouer à Paris, Paris a aussi sa place comme lieu où se passent un certain nombre d’opéras.

Mais d’abord, je vous propose de retrouver tous ceux qui ont fait la grandeur de Paris en musique :  En flânant dans le quartier de l’Opéra.

À tout seigneur, tout honneur, commençons avec Esmeralda, l’adaptation de Notre-Dame de Paris de notre poète national Victor HUGO, qui a écrit lui-même le livret de cet opéra de Louise BERTIN.

Bertin Esmeralda Esmeralda dans son cachot

Autre adaptation d’un écrivain français, La Traviata (1853) de VERDI est tiré de La Dame aux camélias d’Alexandre DUMAS, une pièce que Verdi avait eu l’occasion de voir lors d’un de ses séjours à Paris.

Verdi la Traviata Libiamo

Paris, c’est aussi la fête et les p’tit’s femmes, qu’OFFENBACH a mises en musique dans la Vie Parisienne.

Offenbach la Vie parisienne final

En 1881, Offenbach situe à Paris le premier acte, l’acte d’Olympia, de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

offenbach les contes d'hoffmann olympia

En 1883, c’est MASSENET qui met en musique Manon, d’après le roman de l’abbé Prévost.

Massenet Manon Nous vivrons à Paris

Moins de dix ans plus tard, c’est au tour de PUCCINI de mettre ce drame en musique avec son Manon Lescaut (1893).

Puccini Manon Lescaut Sola, perduta, abbandonata

 

Dans La Dame de Pique (1890) de TCHAÏKOVSKI, la vieille comtesse se rappelle sa jeunesse passée à Paris, quand elle fréquentait le comte de Saint-Germain, en chantant un vieil air de GRÉTRY, qu’elle chantait à cette époque.

Tchaïkovski La Dame de pique air de la comtesse

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, ce billet est déjà assez riche, mais si vous êtes sages et que vous me le demandez gentiment, je vous parlerais une autre fois de la Veuve joyeuse de LEHAR, de la Rondine de Puccini, des Mariés de la Tour Eiffel du presque GROUPE DES SIX, de Lulu de BERG ou de Capriccio de Richard STRAUSS.

Vous pouvez retrouver un autre article de cette série consacrée aux grandes villes avec New York.

 

Compositeurs, Compositrices, Historique, littérature, Oulipo, Uncategorized

QUELQUES (AUTRES) FEMMES COMPOSITRICES

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale des Femmes (en France, on ajoute des droits des Femmes) qu’il faut en conclure que les 365 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs (😉)

Après, donc, une première sélection de femmes compositrices parue en 2019, en voici une nouvelle avec des compositrices tout aussi passionnantes.

Hildegarde de BINGEN (1098 – 1179) est une des premières femmes compositrices recensée. Son activité ne se limitait pas à la composition, c’était aussi une femme de lettres et une théologienne, récemment reconnue comme Docteur de l’Église (une des quatre femmes à obtenir cette reconnaissance).

hildegarde von Bingen O JerusalemCliquez sur l’image

Maria Theresia von PARADIS (1759 – 1824) était une pianiste, chanteuse et compositrice viennoise pour qui MOZART aurait composé son dix-huitième concerto pour piano.

Von Paradis SicilienneCliquez sur l’image

Louise FARRENC (1804 – 1875), élève de CLEMENTI, REICHA ET HUMMEL, a enseigné le piano au Conservatoire de Paris.

Farrenc symphonie n 3 finalCliquez sur l’image

Augusta HOLMÈS (1847 – 1903) a publié ses premières partitions sous un pseudonyme masculin. Elle a écrit un opéra, la Montagne noire. Camille SAINT-SAËNS lui demande de l’épouser, mais c’est avec le poète Catulle MENDÈS qu’elle a une liaison et ses enfants.

Holmès BarcarolleCliquez sur l’image

Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931) a écrit, avant Francis POULENC, une musique pour les Mamelles de Tirésias, d’APOLLINAIRE. Proche du mouvement Dada, elle a écrit de la musique Dada.

Germaine Albert Birot Dada 3Cliquez sur Dada

Kaija SAARIHAO, Finlandaise née en 1952, est l’auteure (notamment) de quatre opéras, dont deux écrits sur un livret d’Amin MAALOUF : Adriana Mater et l’Amour de loin. Elle a aussi écrit Graal Théâtre, un concerto de violon d’après l’œuvre du mathématicien et écrivain oulipien Jacques ROUBAUD.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur le livre

Pour en savoir plus :

Hildegarde von BINGEN

Louise FARRENC

 

 

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Guillaume APOLLINAIRE (1880 – 1918)

Né à Rome en 1880, Guillaume Apollinaire de KOSTROWITSKY est un poète du début du XXe siècle, proche des avant-gardes de son époque. Sa mère, d’origine polonaise, s’installe à Monaco, puis en France, où le petit Guillaume fait donc ses études.

En 1900, Guillaume (qui s’appelait encore Wilhelm) s’installe à Paris où, dès 1901, il publie des poèmes. Très vite, il prend son cinquième prénom, Apollinaire, comme pseudonyme, et signe donc Guillaume Apollinaire.

En 1907, PICASSO lui fait rencontrer Marie LAURENCIN, avec qui il entretient une liaison tumultueuse. Ses autres amis peintres s’appellent, DERAIN, de VLAMYNK ou le douanier ROUSSEAU. Marie lui inspirera le poème « Marie », publié dans le recueil Alcools.

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

En 1911, il publie son premier recueil de poésies, le Bestiaire ou le Cortège d’Orphée qui sera mis plus tard en musique par POULENC.

Poulenc Apollinaire le bestiaireCliquez sur le Bestiaire

En 1913, il publie son recueil Alcools. Arthur HONEGGER en tirera six mélodies entre 1915 et 1917.

Honegger Apollinaire les SaltimbanquesCliquez sur les Saltimbanques

En 1914, il veut s’engager dans l’armée française, mais doit d’abord faire une demande de naturalisation pour y arriver. Il fait la connaissance de celle qu’il appellera Lou, et les poèmes qu’il lui envoie dans ses lettres seront publiés sous le titre Poèmes à Lou. En mars 1916, il est gravement blessé à la tête et doit être évacué à Paris, où il est opéré.

En 1917, il crée le terme « surréaliste » pour le programme du ballet Parade, de SATIE, COCTEAU et Picasso, monté par les Ballets russes. Cette même année, il écrit la pièce féministe (ou pas !) Les mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue. Cette pièce sera mise en musique par la compositrice Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931), avant que Poulenc ne produise sa propre version en 1947.

Poulenc Apollinaire les Mamelles de TirésiasCliquez sur l’image

En 1918 paraît un nouveau recueil de poésie, les Calligrammes, pour lesquels la typographie même contribue à donner du sens au poème.

Apollinaire Calligramme

 

Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole.

Et je vous propose, pour mieux découvrir le poème « Sanglots » extrait des Banalités mises en musique par Poulenc, une classe de maître extrêmement intéressante :

 

Compositeurs, Compositrices, littérature, Poésie

Francis POULENC (1899 – 1963)

Francis POULENC est né en 1899 dans une riche famille d’industriels du Rhône (eh oui, il était du Rhône, Poulenc), sa mère lui apprend le piano alors qu’il est âgé de cinq ans. Très rapidement, il a l’occasion de rencontrer des artistes comme SATIE, RAVEL ou DEBUSSY.

En 1917, sa Rhapsodie nègre attire l’attention de STRAVINSKY.

Outre les musiciens déjà cités, Poulenc fréquente également l’avant-garde littéraire : APOLLINAIRE, Max JACOB, ÉLUARD et COCTEAU.

En 1918, il met en musique Le Bestiaire ou le cortège d’Orphée sur des textes d’Apollinaire. C’est de cette époque que date la création du groupe des six (Poulenc, Georges AURIC, Arthur HONEGGER, Darius MILHAUD, Louis DUREY et Germaine TAILLEFER). En 1921, il collabore ainsi aux Mariés de la tour Eiffel, une œuvre commune à ce groupe.

Poulenc mariés tour EiffelCliquez sur l’image

Élève de KOECHLIN (lui-même élève de FAURÉ), il compose en 1923 une pièce pour les Ballets russes de DIAGHILEV, avec décors et costumes de Marie LAURENCIN : Les Biches.

les biches poulencCliquez sur les biches

En 1926, il rencontre le baryton Pierre BERNAC qui, devenu son compagnon, créera 90 de ses 145 mélodies.

Poulenc Banalités SanglotsCliquez sur l’image

En 1928, il écrit le Concert Champêtre, pour clavecin et orchestre, dédié à la claveciniste Maria LANDOWSKA.

Suite à un pèlerinage à Rocamadour, il se rapproche de la religion catholique, et dès lors alternera musique sacrée et musique profane. Pour cela, on lui a collé le qualificatif de « Moine et Voyou ». En 1936, il compose les Litanies à la Vierge noire, qui seront suivies des Quatre motets pour un temps de pénitence.

En 1947, il compose Les Mamelles de Tyrésias, d’après la comédie d’Apollinaire. Cette comédie lyrique est créée à l’Opéra-Comique avec Denise DUVAL.

Poulenc mamelles de tirésiasCliquez sur l’image

Il compose alors des mélodies, des chœurs profanes (huit chansons françaises), des pièces religieuses (Stabat Mater, Salve Regina).

Poulenc Adieu tristesseCliquez sur la partition

En 1953, il aborde Le dialogue des Carmélites, de BERNANOS. Il achève cette œuvre en 1955. Le dialogue des Carmélites est créé à Milan en 1957, avant que d’être donné à l’Opéra de Paris (avec Régine Crespin et Denise Duval).

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

En 1958, il compose un monologue lyrique, La voix humaine, sur un texte de Cocteau datant de 1930.

Poulenc La Voix humaineCliquez sur « Elle »

Enfin, en 1961, on crée son Gloria.

Poulenc Gloria 1er mouvementCliquez sur l’image

Il meurt en 1963, et sa sonate pour piano et clarinette sera créée par Benny GOODMAN et Léonard BERNSTEIN.

Retrouvez ici un éclairage particulier sur le Poulenc mystique.

Écrivains, Cinématographe, Compositrices, Fables de la Fontaine, littérature, Poésie

CE BON MONSIEUR DE LA FONTAINE (1621 – 1695)

Jean de la FONTAINE (1621 – 1695) est contemporain de RACINE, MOLIÈRE, CORNEILLE, BOILEAU, mais aussi de QUINAULT, le librettiste phare de LULLY.

Il est connu essentiellement pour ses fables, dont certaines sont des adaptations du fabuliste ÉSOPE, mais il est également auteur de contes licencieux qui lui ont valu quelques problèmes. Sur la fin de sa vie, il s’essaiera aussi à l’opéra, mais ce n’est pas pour ces essais qu’il est resté à la postérité.

Retrouvez en fin de ce billet quelques fables musicalisées par mes soins.

En 1674, donc, il rédige le livret de Daphné pour Lully, mais celui-ci le refuse ce qui provoquera chez La Fontaine un vif ressentiment. Une autre tragédie musicale, Astrée et Céladon, sera mise en musique par COLLASSE, un élève de Lully, en 1691, mais ne connaîtra pas le succès. (Pour les cinéphiles, Éric ROHMER en tirera son dernier film en 2006).

Le XVIIIe siècle verra beaucoup d’opéras-comiques signés par les maîtres du genre qu’étaient DAUVERGNE, PHILIDOR ou DALAYRAC.

RAMEAU écrit Les Paladins (1760) d’après le conte Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries.

rameau les paladinsCliquez sur l’image

GLUCK écrit l’Ivrogne corrigé (1760) d’après la fable l’Ivrogne et sa femme, ainsi que L’Arbre enchanté, ou le Tuteur dupé (1775).

gluck l'ivrogne corrigéCliquez sur l’image

Le prolifique GRÉTRY écrit le Magnifique (1773) d’après un de ses contes et le Comte d’Albert (1786).

grétry le magnifiqueCliquez sur le superbe cheval

Au XIXe siècle, GOUNOD met en musique des fables et écrit La Colombe, d’après la fable le Faucon.

gounod la colombeCliquez sur l’image

OFFENBACH met en musique six fables, avant d’écrire Le Financier et le Savetier (1856).

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

La Fontaine continuera à être largement mis en musique au XXe siècle, avec notamment le ballet Les Animaux modèles de POULENC ou les œuvres d’Isabelle ABOULKER qui écrit un opéra de poche Jean de la Fontaine parmi nous, ainsi qu’une fabl’opéra La Fontaine et le Corbeau.

aboulker la fontaine et le corbeauCliquez sur l’image

Outre les opéras, ses fables ont été mises en musique par de très nombreux compositeurs.

Parmi eux/elles, citons

Pauline VIARDOT-GARCIA avec le Chêne et le Roseau

Charles LECOQ (six fables)

Camille SAINT-SAËNS (La Cigale et la Fourmi)

MESSAGER (Les deux pigeons)

André CAPLET (Le Corbeau et le renard, la Cigale et la Fourmi, le Loup et l’Agneau)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur l’image

VILLA-LOBOS, ALBENIZ, TUTTI & QUANTI

Il y aurait de quoi écrire un billet de ce blog rien que sur ces mises en musique.

Je vais laisser le mot de la fin à Pierre PERRET et sa version très personnelle du Corbeau et du Renard, Le Corbaque et le Frometon.

pierre perret le corbeau et le renardCliquez sur l’image

Avec sa morale :

… Et entonnant « Rigoletto » il laissa choir son calendo.

On doit reconnaître en tout cas
Que grâce à Monsieur Jean de La Fontaine
Très peu de chanteurs d’opéra
Chantent aujourd’hui la bouche pleine.

(Principales sources : Hérodote.net le média de l’Histoire. https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2476&ID_dossier=500

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard, 1992

Amin MAALOUF, un Fauteuil sur la Seine, éditions Grasset, 2016)

Le Lion et le Rat

Le Loup et l’Agneau.

 

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

LES LIBRETTISTES

On connaît généralement bien dans l’univers de l’opéra les compositeurs, les chanteurs et les chefs d’orchestre, voire les metteurs en scène (en bien ou en mal), mais il y a une catégorie dont on parle peu : les auteurs des livrets, encore appelés librettistes (de l’italien libretto = livret). Et pourtant, sans eux, pas d’histoire et sans histoire, pas d’opéra.

Certains auteurs, et non des moindres, se sont prêtés au jeu d’écrire des poèmes (c’est ainsi qu’on appelait les livrets, car jusqu’au XIXe siècle, ils étaient écrits en vers, tout comme les pièces de théâtre) pour les compositeurs de leur époque.

Ainsi, LULLY (1632 – 1687) a commencé ses comédies-ballets avec MOLIÈRE et Molière s’associera avec CORNEILLE et QUINAULT pour le livret de Psyché (1671). Plus tard, après la brouille entre Molière et Lully, Quinault deviendra le librettiste attitré de Lully, alors que Marc-Antoine CHARPENTIER écrira les musiques de Molière.

Le successeur de Lully en France, RAMEAU (1683 – 1764) commence sa carrière à l’opéra avec un livret de VOLTAIRE, Samson (vers 1732). Le rival de Voltaire, ROUSSEAU, écrit lui-même le livret de son opéra Le Devin du village (1752). Rameau a écrit un autre ouvrage en collaboration avec Voltaire, La Princesse de Navarre (1745), dont une reprise fut confiée à … Rousseau dès la fin de cette année 1745.

Pendant ce temps en Italie, MÉTASTASE (Pietro METASTASIO) (1678 – 1782) écrivait des livrets d’opéra. Plus de 1000 opéras seront écrits sur les 27 poèmes de Métastase. MOZART lui-même les mettra en musique : Il Re pastore (1775) et La Clémence de Titus (1791). Mozart travaillera également avec un autre librettiste, Lorenzo DA PONTE pour sa « trilogie Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni.

À propos des Noces de Figaro, BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) a écrit son propre opéra, Tarare, qui sera mis en musique par SALIERI., le « rival » de Mozart.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Victor HUGO a adapté lui-même son œuvre Notre-Dame de Paris pour le Esmeralda de Louise BERTIN.

La première moitié du XIXe siècle en France est celle d’Eugène SCRIBE (1791- 1861). La liste des compositeurs pour qui il a écrit est impressionnante, de BOÏELDIEU et sa Dame blanche (1825), ROSSINI et le Comte ORY (1828), MEYERBEER et Robert le diable (1831), HALEVY avec La Juive (1835) ou DONIZETTI avec La Fille du régiment (1840).

boïeldieu la dame blanche ouvertureCliquez sur Boïeldieu

Mais c’est avec D.F.E. AUBER que sa collaboration a été la plus féconde, puisqu’ils ont travaillé ensemble sur 38 opéras ou opéras-comiques, dont La Muette de Portici (1828) ou Gustave III, roi de Suède (1833). Les livrets de Scribe ont été souvent réutilisés, par exemple Le Philtre (1831) écrit pour Auber est devenu l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le vaudeville La Somnambule (1819) servira de trame à l’opéra du même nom de BELLINI en 1831, et le Gustave III servira de support au Bal masqué (1859) de VERDI. Scribe a d’ailleurs écrit le livret du premier opéra écrit par Verdi pour l’opéra de Paris : Les Vêpres siciliennes (1855).

verdi les vêpres siciliennesCliquez sur l’image

Certains compositeurs soucieux de l’équilibre entre texte et musique ont écrit eux-mêmes leurs livrets. C’est le cas notamment de WAGNER (1813 – 1883).

Sur la fin de sa vie, Verdi a travaillé avec Arrigo BOÏTO, lui-même auteur d’opéras (Hamlet, Mefistofele). Ils écriront ensemble Otello (1884) et Falstaff (1890). Outre Verdi, Boïto a écrit le livret du premier opéra composé par PUCCINI (La Villi [1884]) et celui de La Gioconda (1876) de PONCHIELLI.

Les librettistes se sont parfois mis à deux pour écrire leurs textes. Le duo le plus connu est celui formé par MEILHAC et HALÉVY, les auteurs de La belle Hélène (1864) pour OFFENBACH, Carmen (1875) pour BIZET ou encore Manon (1881) pour MASSENET.

À propos de Carmen, on peut noter que le librettiste Ludovic Halévy était  le cousin de la femme de Bizet, Geneviève Halévy, elle-même fille du compositeur Halévy, auteur de La Juive et professeur de Bizet au conservatoire.

J’ai lu récemment sur un blog consacré à l’opéra un article sur un autre duo de librettistes, celui formé par HAVRE et CAUMARTIN, duo injustement tombé dans l’oubli.

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Au XXe siècle, on peut noter la collaboration fructueuse de Richard STRAUSS et HOFFMANNSTAHL. À la mort d’Hoffmannstahl, Strauss se tournera vers d’autres librettistes, notamment Stefan ZWEIG qui lui écrira La Femme silencieuse (1935).

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COLETTE a écrit pour RAVEL le livret de l’Enfant et les sortilèges, mais ce n’est pas la seule femme librettiste. Découvrez-en plus avec Aliette de LALEU, de France Musique.

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