Compositrices

Nadia BOULANGER (1887-1969)

Nadia Boulanger est née le 16 septembre 1887 à Paris, dans une famille de musiciens. Sa mère était chanteuse et son père compositeur et professeur de chant. Parmi les amis de ses parents que la jeune Nadia a pu rencontrer à la maison figurent Massenet, Saint-Saëns ou Fauré.

Nadia suit ses études au Conservatoire de Paris où, entre 1898 et 1904, elle collectionnes les prix : Harmonie, solfège, contrepoint, mais aussi orgue et accompagnement. Ses professeurs s’appellent Gabriel Fauré, Louis Vierne ou Georges Enesco. Nadia tente le Prix de Rome, qui venait de s’ouvrir aux femmes (en 1903), mais abandonne en 1909, laissant à sa petite sœur Lili l’honneur d’être la première compositrice à obtenir ce prix prestigieux, en 1913.

Nadia Boulanger n’abandonne pas la composition, notamment de mélodies, et commence en parallèle une activité de chef d’orchestre.

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Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de Verlaine, Heine, Hugo ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de Gabriele d’Annunzio. Le début de la Première Guerre mondiale en a empêché la création, et il faudra attendre presque un siècle pour qu’il soit créé, en 2005.

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En 1918, Lili Boulanger lui dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre, un Pie Jesu. La mort de Lili affecte profondément Nadia et elle arrête la composition, pour ne plus que diriger, faire connaître l’œuvre de sa petite sœur, et surtout se consacrer à ce qui sera son grand œuvre, l’enseignement.

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En 1919 ; le pianiste Alfred Cortot lui offre un poste d’enseignement à l’École normale de musique de Paris, qu’il venait de fonder.

En 1921, Nadia Boulanger est nommée professeur d’harmonie au Conservatoire américain de Fontainebleau. En 1924-1925, elle part pour une tournée de deux mois aux États-Unis.

Au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de mille élèves, dont les compositeurs Léonard Bernstein, Aaron Copland, Vladimir Cosma, Philip Glass, Pierre Henry, Michel Legrand, Lazlo Schiffrin ou Vítězslava Kapràlovà.

En 1932, Nadia Boulanger est nommée chevalier de la Légion d’honneur. (Elle obtiendra le grade de Grand officier en 1977).

En 1936 et 1937, elle donne des conférences à Londres et en 1938, une nouvelle tournée aux États-Unis.

Nadia Boulanger meurt le 22 octobre 1979 à Paris, à l’âge de 92 ans.

Compositrices

Charlotte SOHY (1887-1955)

Charlotte Durey naît le 7 juillet 1887 à Paris dans un milieu aisé. Un de ses cousins, Louis Durey, fera partie du Groupe des Six.

Charlotte étudie à la Schola Cantorum auprès de Louis Vierne pour l’orgue et de Vincent d’Indy pour la composition. Là, elle rencontre celui qui deviendra son mari, Marcel Labey, chef d’orchestre et compositeur avec qui ils auront sept enfants. Charlotte et Marcel organisent des concerts dans leur appartement.

Consciente qu’un nom féminin risquait de la desservir dans sa carrière, elle adopte le nom de son grand-père, Charles Sohy, pour signer ses compositions.

Cliquez sur la berceuse opus 1

En 1909-1910, Charlotte Sohy écrit sa Sonate pour piano, et en 1910 Trois Chants nostalgiques avec orchestre.

Cliquez sur la sonate pour piano

En 1912, elle écrit pour son mari le livret du drame lyrique Bérengère.

En 1912-1913, elle écrit la cantate les Quatre Rencontres de Bouddha et en 1914-1917 sa Symphonie, qui ne sera créée qu’un siècle plus tard, en 2019.

Cliquez sur la symphonie opus 10

De 1917 à 1921, Charlotte Sohy compose le drame lyrique l’Esclave couronnée, dont elle écrit le livret d’après Selma Lagerlöf. L’Esclave couronnée sera créé en 1949.

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Dans son catalogue relativement restreint, on peut encore noter une Danse mystique (1922) pour orchestre, le Trio pour violon, violoncelle et piano (1931), ainsi que deux quatuors à cordes en 1934 et 1949.

Cliquez sur le trio opus 24

Charlotte Sohy meurt le 18 décembre 1955 à l’âge de 68 ans.

(Source principale : la fiche biographique du site « Présence compositrices ».)

Compositrices, Mes opéras préférés

LA MONTAGNE NOIRE (1885)

La Montagne noire est le quatrième opéra d’Augusta Holmès, et le seul à avoir été représenté sur scène. Écrit en 1885, il est proposé par Augusta Holmès à l’Opéra-Comique qui le refuse, l’effectif orchestral et vocal dépassant les capacités de la salle Favart. C’est finalement au palais Garnier que la Montagne noire est créé le 8 février 1895. Si la critique a descendu l’œuvre, le public, lui, l’a appréciée. La Montagne noire quittera rapidement l’affiche, et il faudra attendre 2024 pour une reprise à l’Opéra de Dortmund, avant celle de l’Opéra de Bordeaux en 2026, soit 131 ans après les représentations de la création.

La montagne noire dont il est question ici est le Monte Negro, et l’action se passe au moment où chrétiens et Turcs se battent pour le pouvoir sur cette région.

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Acte I (acte héroïque) : Dans un village du Monténégro, les femmes prient pour le retour victorieux des hommes partis au combat. Helena attend ainsi Mirko, le chef de l’armée. Alors qu’Helena pense à son amour avec Mirko, Dara, la mère de celui-ci ne pense qu’à son honneur.

Les soldats vainqueurs font une entrée triomphale, et Mirko et Aslar, qui se sont aidés pendant les combats, se jurent une amitié éternelle, bénie par le père Sava.

Ces réjouissances sont interrompues par l’arrivée d’une Turque, Yamina, amenée de force par la troupe. Mirko, qui est troublé par son charme, demande à sa mère de la prendre comme esclave à son service pour la sauver du courroux du peuple.

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Pendant le banquet qui célèbre le retour victorieux des combattants, Mirko ne pense qu’à Yamina, ne s’occupant pas de sa femme Helena.

Acte II : La garnison défend le village contre un retour de l’ennemi. Mirko n’a pas la tête à son devoir, obsédé qu’il est par le souvenir de Yamina. Il voit les femmes du village au travail, menées par Dara et Helena qui critiquent le travail de Yamina. Yamina se plaint de sa nouvelle condition, affirmant que chez elle, les femmes n’ont pas à se soumettre aux hommes, et qu’elle-même a le pouvoir de les envoûter (Air : « Près des flots d’une mer bleue. ».)

Helena, voyant son mari, craint que ses sentiments pour elle n’aient disparus. Mirko la rassure et renouvelle ses vœux de mariage. Yamina, qui a assisté à la scène, entreprend d’envoûter Mirko. Elle parvient à ses fins et le convainc de quitter son village pour la suivre de l’autre côté de la montagne (noire), en Turquie. Mirko finit par accepter, sous les yeux de sa femme qui assiste ainsi à sa double trahison.

Acte III : Mirko et Yamina, épuisés, font une halte (Duo nocturne : « Repose-toi sur mon bras qui t’enlace. »). La jeune femme s’assoupit sur son amant quand Aslar les rejoint. L’ami Aslar les a suivis et tente de faire entendre raison à Mirko. Celui-ci reprend ses esprits et est prêt à rentrer chez lui quand Yamina se réveille. Elle se sert encore de ses charmes et Mirko change à nouveau d’avis, voulant la suivre, elle. Aslar et Mirko se battent en duel quand Yamina, se saisissant du poignard de Mirko, frappe Aslar qui s’écroule au sol.

Les soldats chrétiens arrivent, et Aslar sauve l’honneur de son ami en accusant Yamina, qui s’enfuit en jurant de se venger.

Acte IV : Mirko et Yamina ont trouvé refuge en Turquie où ils vivent, enivrés de vin et d’amour.

Aslar les retrouve une nouvelle fois, cherchant toujours à sauver l’honneur de son ami, mais Mirko est bien trop attachée à Yamina. Aslar finit par tuer son ami, avant de se suicider.

Alors que l’armée monténégrine a battu les Turcs, ils trouvent sur le chemin le corps des deux amis, réunis dans la mort. Le père Sava bénit cette amitié sacrée.

(Source principale : les représentations de Bordeaux en mai 2026, et le programme associé.)

Cliquez sur l’interview du chef d’orchestre
Compositrices

JOCY DE OLIVEIRA (née en 1936)

Jocy de Oliveira est née le 11 avril 1936 à Curitiba, au Brésil.

Jocy débute ses études musicales à Sao Paulo, avant de venir à Paris, où elle travaille avec la pianiste Marguerite Long. Elle part ensuite à Saint-Louis, aux États-Unis, où elle obtient son diplôme de compositrice.

Elle se marie avec le chef d’orchestre brésilien Eleazar de Carvalho, avec qui elle créera plusieurs de ses compositions.

Jocy de Oliveira entretient une longue relation musicale avec Igor Stravinsky, et note dans son journal tous les moments qu’elle a pu passer avec lui. En 2010, elle crée le spectacle Revisita do Stravinsky.

Partageant sa vie entre le Brésil et les États-Unis, elle rencontre John Cage à Tanglewood (une ville à une centaine de kilomètres de Boston, où se tient en été un festival de musique). John Cage lui apprend que « il n’y a pas de division entre la vie et l’art ». Sous son influence, elle se lance dans la musique conceptuelle, et trouve même que le concept est plus important que le résultat musical (c’est assez oulipien, comme démarche). Elle compose ainsi Nocturno do um piano, une installation avec vidéo et arrangements électroacoustiques dans laquelle elle jette un piano à la mer, avec une pianiste enchaînée au piano, pianiste qui joue pendant six heures, tout en étant filmée et enregistrée.

Cliquez sur le piano à la mer

Un autre compositeur avec lequel Jocy de Oliveira a travaillé est Luciano Berio. Elle crée ainsi Berio sem Censura), spectacle avec Cathy Berberian, et des musiques de Berio et Jocy de Oliveira.

En 1961, elle crée Apague meu spotlight, la première pièce de musique électronique jouée au Brésil.

Cliquez sur Apague meu spotlight

Jocy de Oliveira est extrêmement célèbre au Brésil, où ses neuf opéras spectacles ont connu un grand succès. Parmi eux, on peut noter une trilogie sur la question des femmes, dont l’opéra la Malibran où elle s’interroge sur le rôle des femmes à l’époque de la Malibran et sur les conditions de vie des divas. Sur ce même thème, Jocy a également écrit Who cares if she cries (2007) (qu’importe si elle pleure) et A Prostituta sagrada (la Prostituée sacrée) pour lequel elle se rend en Inde.

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Outre ses activités de pianiste, de compositrice et de vidéaste, Jocy de Oliveira a écrit quatre livres, dont celui où elle publie sa correspondance avec tous les grands créateurs qu’elle a connus, Berio, Cage, Stravinsky, Villa-Lobos, Messiaen : Dialogue avec mes lettres.

À propos de Messiaen, Jocy a joué la plupart de ses œuvres pour piano.

(Sources principales : un grand merci à Sophie Lacaze qui m’a fait découvrir Jocy de Oliveira, et m’a envoyé les liens vers les podcasts de France Musique qui m’ont servi pour écrire cet article.

Jocy de Oliveira, compositrice et pianiste (1/2) | France Musique et

Jocy de Oliveira, compositrice et pianiste (2/2) | France Musique

Et il y a aussi son site sur lequel on trouve pas mal d’informations : https://www.jocydeoliveira.com/

Compositrices, Grandes voix

CATHY BERBERIAN (1925-1983)

Cathy Berberian, cantatrice au répertoire aussi varié qu’original, naît le 4 juillet 1925 à Attleboro, aux États-Unis.

En 1949 Cathy Berberian profite d’une bourse pour approfondir ses études de chant à Milan.

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Au conservatoire de Milan, Cathy rencontre un étudiant en composition, Luciano Berio, avec qui elle se mariera. Luciano écrira pour elle Visage en 1961, pour voix et bande magnétique ou Sequenza III en 1966, où le couple explore toutes les possibilités de la voix humaine.

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Cathy Berberian n’aura donc de cesse d’approfondir la technique vocale, en accord avec les compositeurs d’avant-garde qu’elle fréquente, tels John Cage (Aria en 1958) ou Igor Stravinsky.

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Mais Cathy Berberian ne se limitait pas à la création d’œuvres contemporaines. Sa technique lui permettait de chanter des compositeurs plus classiques, comme Gershwin et son « Summertime », ou Saint-Saëns et sa Danse macabre.

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Cliquez sur la Danse macabre

En 1966, Cathy Berberian interprète, façon cantatrice, les Beatles, pour faire aimer cette musique aux parents de ceux qui les écoutaient.

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Elle est également l’autrice de Stripsody (1966), une rhapsodie mettant en musique différentes onomatopées, et ceci un an avant le Comic Strip de Serge Gainsbourg.

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Cathy Berberian décède le 6 mars 1983 à Rome, à l’âge de 57 ans.

Compositrices

AMY BEACH (1867-1944)

Amy Cheney est née le 5 septembre 1867 à Herriker, aux États-Unis.

À l’âge de six ans, elle reçoit ses premiers cours de piano de la part de sa mère. En 1875, sa famille déménage pour Boston, et Amy approfondit son piano. Elle prend également des cours de contrepoint et de composition. Elle écrit ses premières compositions en 1877, mais il faut attendre 1883 pour voir sa première œuvre publiée, la mélodie the Rainy Day.

C’est en 1883 également qu’elle fait ses débuts de pianiste concertiste, à Boston. En 1885, c’est avec le prestigieux Orchestre symphonique de Boston qu’elle donne le Concerto en fa mineur de Chopin.

En 1885, Amy épouse le docteur Beach et doit interrompre sa carrière de pianiste. Elle a quand même le droit de se consacrer à la composition (et de jouer dans deux concerts caritatifs par an). Elle signera ses œuvres Mrs H.H.H.A. Beach. Ne pouvant se perfectionner auprès de professionnels, elle complète sa formation de compositrice en autodidacte. Elle développe alors de grandes formes dont la Messe en mi bémol majeur (1890), créée en 1892, ou sa Symphonie gaélique (1896), la première symphonie composée et publiée par une Américaine. Elle écrit aussi des mélodies et de la musique de chambre.

Cliquez sur le Kyrie de la Grande messe
Cliquez sur la symphonie gaélique

En 1893, le succès de sa mélodie Ecstasy lui permet d’acheter un terrain à Cape Cod, dans le Massachusetts.

Cliquez sur Ecstasy

En 1900, Amy Beach crée elle-même son propre Concerto pour piano avec l’Orchestre symphonique de Boston.

Son mari meurt en 1910, et Amy Beach peut reprendre sa carrière de pianiste, avec notamment une grande tournée en Europe.

Au début de la Première Guerre mondiale, Amy retourne aux États-Unis, où elle partage son temps entre New York et sa propriété de Cape Cod.

En 1925, Amy Beach fonde la Society of American Women composers.

En 1932, elle compose un opéra : Cabildo.

Cliquez sur le duo d’amour de Cabildo

Amy Beach décède le 27 décembre 1944 à New York, à l’âge de 77 ans.

Cliquez sur Extase

Compositrices

MADDALENA CASULANA (1544-1590)

Maddalena Casulana est née vers 1544, probablement à Casole ou à Vicence, près de Sienne en Toscane.

Compositrice, luthiste et chanteuse, elle est la deuxième compositrice à avoir été publiée. (La première étant Gracia Baptista, une religieuse espagnole de la même époque, dont une composition, Conditor Alme, a été publiée dans une anthologie de compositeurs ibériques où elle était la seule femme.)

Au début des années 1550, Maddalena se marie et a deux enfants. Elle se sépare de son mari, alchimiste, qu’elle accuse de gaspiller l’argent du ménage, puis part à Venise où elle cherche l’appui des Médicis.

En 1566, Maddalena écrit sa première composition, quatre madrigaux.

En 1568, c’est à Maddalena Casulana qu’on fait appel pour l’écriture d’un motet composé à l’occasion du mariage de Guillaume V de Bavière et de Marie de Lorraine. Ce motet, aujourd’hui perdu, sera dirigé par le très célèbre Roland de Lassus.

En 1568 également, elle fait paraître, sous son nom, un livre de madrigaux à quatre voix, Il primo libro di madrigali a quatro vocci, dédié à Isabelle de Médicis. Dans cette dédicace, elle fait remarquer à quel point les hommes font erreur quand ils s’attribuent l’usage exclusif du talent.

Je veux révéler au monde la vaine erreur des hommes, qui se croient maîtres des dons de l’intellect au point qu’il leur semble impossible de partager ces derniers avec les femmes.

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En 1570, elle fait paraître son Secundo libro di madrigali a qutro voci.

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À Venise, Maddalena Casulana se lie avec un comédien musicien, à qui elle enseigne le contrepoint. Sa réputation grandit en Europe et, en 1571, on la trouve à la cour de Maximilien II à Vienne, avant qu’elle ne se rende à la cour du roi de France en 1572.

En 1579, Maddalena se marie à un signor Mezari, dont on ignore à peu près tout. Maddalena signe dès lors « Maddalena Mezari detta Casaluna ».

En 1583, elle fait paraître son Primo libro di madrigali a cinque voci.

Cliquez sur le madrigal à cinq voix

Maddalena Casulana meurt vers 1590.

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(Source principale : le site « Présence compositrices » https://www.presencecompositrices.com/compositrice/casulana-maddalena/).

Compositrices

ELSA BARRAINE (1910-1999)

Elsa Barraine naît le 13 février 1910 à Paris. Son père, Matthieu Barraine, était violoncelliste solo dans l’orchestre de l’Opéra de Paris et sa mère chantait dans le chœur de la Société des concerts du conservatoire (l’ancêtre de l’Orchestre de Paris).

Elsa suit ses études musicales au Conservatoire supérieur de musique de Paris à l’âge de neuf ans. À dix-sept ans, elle entre dans la classe de composition de Paul Dukas, où elle a comme camarades Olivier Messian et Maurice Duruflé. Elle compose ce Premier prélude et fugue sur un chant israélite.

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En 1929, Elsa Barraine obtient le grand Prix de Rome avec sa cantate la Vierge guerrière, en hommage à Jeanne d’Arc. Elle compose également le poème symphonique Harald Harfagar. C’est de la villa Médicis, où elle séjourne de 1930 à 1933, qu’elle assiste à la montée du fascisme en Italie. Elle compose alors Pogromes d’après André Spires.

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En 1931, elle écrit l’opéra-comique le Roi bossu.

À son retour en France, Elsa Barraine est chef de chant à l’Orchestre national de la radiodiffusion française (l’ancêtre de l’Orchestre national de France).

En 1938, en réponse à une commande de l’État d’une pièce symphonique, Elsa Barraine écrit sa Symphonie n° 2, Voïna, ce qui signifie la guerre en russe. À la suite des accords de Munich, elle adhère au parti communiste.

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En 1940, son père, qui était juif, est renvoyé de l’orchestre de l’Opéra de Paris. En 1941, c’est au tour d’Elsa d’être exclue de toutes ses fonctions, et elle entre dans la Résistance. À la fin de l’année 1944, elle tient la rubrique musicale du journal l’Humanité.

De 1944 à 1946, Elsa Barraine est directrice de l’Orchestre national. Elle est aussi directrice pour la France de la maison de disques « le Chant du monde », une maison d’origine soviétique qui publiait des œuvres régionalistes ou ethnomusicographiques du monde entier.

En 1948, elle compose une cantate sur des poèmes de son ami Paul Éluard, Poésie ininterrompue.

En 1949, suite au congrès de Prague, elle fonde l’Association française des musiciens progressistes.

En 1952, Elsa Barraine retourne au Conservatoire de Paris, en tant que professeur de déchiffrage. Elle y a notamment comme élève Graciane Finzi. En 1969, Elsa succède à Olivier Messiaen pour la classe d’analyse musicale.

Intéressée par la culture chinoise, Elsa Barainne apprend le chinois et en 1971 écrit Musique rituelle, une œuvre inspirée par le Livre des morts tibétain.

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Elsa Barraine meurt le 20 mars 1999 à Strasbourg, à l’âge de 89 ans.

Compositrices, Divers, Historique, littérature

LES FEMMES ET LA MUSIQUE AU MOYEN ÂGE, d’Anne IBOS-AUGÉ. 2 – Les musiciennes dans l’univers profane.

Vous connaissez mon intérêt pour les compositrices aussi, quand Françoise Objois m’a parlé de la conférence d’Anne Ibos-Augé sur « les femmes et la musique au Moyen Âge », je n’ai pas pu ne pas y assister. Son livre, divisé en trois parties, est une mine d’informations sur le Moyen Âge.

Après l’article consacré aux actrices du monde religieux, je vous propose la deuxième partie, la musique dans l’univers profane.

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II.1 la poétesse compositrice

Le saviez-vous ? (moi, je l’ignorais), le féminin de troubadour est trobairitz.

La première d’entre elles est Azalaïs de Porcairagues, autrice d’une seule canso, Ar em al freg temp vengut (voici venu le temps du froid). Malheureusement, cette poésie est parvenue jusqu’à nous sans musique et les musiciens d’aujourd’hui doivent recourir à d’autres mélodies pour pouvoir la restituer au mieux. Le principe était d’ailleurs connu (et pratiqué) au Moyen Âge !

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Qu’est-ce que l’amour courtois, chanté par les troubadours et les trobairitz ? C’est un « idéal de vie, où l’homme courtois doit posséder des manières distinguées et un esprit fin… et par-dessus tout, il doit aimer de fin’amor, d’amour courtois » (pp. 108-109). L’amour courtois est exclusif et constant.

Les trouveresses en France d’Oïl et au-delà. Parmi les compositrices en langue d’oïl, on trouve Blanche de Castille, la mère de Saint-Louis, autrice d’une Chanson à la Vierge.

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II.2 la ménestrelle

Parisa était, avec son mari Janin, ménestriers de bouche. Les ménestrels, ou ménestriers, représentaient à l’époque tout type de musicien. Les chanteurs étaient appelés ménestriers de bouche, alors que les musiciens militaires étaient appelés ménestriers de guerre.

Parisa et Janin ont exercé leur métier de musiciens à la cour de Savoie autour de l’année 1400. Le métier de ces ménestriers était d’animer en musique les nombreuses fêtes de la cour, mais aussi d’accompagner les seigneurs en voyage ou à la guerre. (On retrouvera plus tard cette fonction chez les chansonniers, comme Charles Favart qui était chansonnier du duc de Saxe.)

II.3 La mécène

La comtesse Marie de Champagne (1145-vers 1202) est la première fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi Louis VII. Elle soutient les lettres et de la musique comme sa mère, et plusieurs auteurs de son époque, dont Chrétien de Troyes, lui dédicacent certains de leurs écrits.

III – Fictions et représentations

La troisième partie traite de la représentation des femmes dans les fictions de l’époque.

III.1 la femme sujet

Ainsi de Marion, dans le Jeu de Robin et Marion, d’Adam de la Halle. Les jeux étaient une forme de théâtre mêlé de musique, préfigurant (de loin) l’opéra (cf. l’arbre phylogénétique de l’opéra).

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III.2 la musicienne de fiction

On connaît généralement l’Yseut de la légende de Tristan et Yseut, mais quelle découverte que l’aspect musicienne d’Yseut. Dans la version de Gottfried de Strasbourg, Yseut est une musicienne et compositrice accomplie. Elle écrit au moins trois lais, dont une lettre poème destinée à être chantée par Tristan quand il la lira.

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Bien sûr, il y a encore beaucoup d’autres choses dans ce livre, alors le mieux, c’est quand même de le lire.

(Source : Les Femmes et la musique au Moyen Âge de Anne Ibos-Augé, éditions du Cerf, 2025.)

Compositrices

Cécile CHAMINADE (1857-1944)

Cécile Louise Stéphanie Chaminade naît le 8 août 1857 à Paris. C’est sa mère, très bonne pianiste, qui s’aperçoit de son talent pour la musique et lui donne ses premiers cours.

Alors que son père a fait construire une villa au Vésinet, près de Paris, les Chaminade se rapprochent de Georges Bizet, un ami de la famille, qui conseille d’inscrire Cécile au Conservatoire. Mais le père refuse, le rôle d’une jeune femme de la bourgeoisie étant d’être une bonne épouse et une bonne mère. Finalement, Bizet trouve un arrangement en faisant suivre à Cécile des cours privés.

En 1880, Cécile Chaminade écrit son opus 1, un trio pour piano, violon et violoncelle.

En 1882, lors d’une soirée musicale donnée par son père pour ses amis, on joue la Sévillane (opus 32), un opéra-comique en un acte. Malgré le succès de cette soirée, l’œuvre ne sera jamais jouée sur scène, et la partition en est aujourd’hui perdue. Il n’en reste que des extraits, dont l’ouverture, qui avait été donnée en concert par Jules Pasdeloup, ou cette sérénade.

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En 1884, elle écrit ces Feux de la Saint-Jean pour voix de femmes.

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En 1888, elle écrit la musique du ballet Callirhoë, créé à Marseille, et une symphonie avec chœurs, les Amazones, créée à Anvers.

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En 1892, elle écrit les Sylvains, opus 60.

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En 1901, Cécile épouse l’éditeur de musique Louis-Mathieu Carbonel. Louis-Mathieu décède en 1907, et le couple n’aura pas d’enfant.

Pianiste concertante, Cécile Chaminade donne de nombreuses tournées, notamment en Angleterre, où elle est reçue par la reine Victoria, et aux États-Unis.

En 1913, Cécile Cheminade est la première compositrice à recevoir la Légion d’honneur.

Pendant la guerre de 1914-1918, elle arrête la musique et dirige un hôpital à Londres. Après la guerre, elle ne reprend pas son activité de concertiste, mais continue de composer.

À sa mort, elle nous laisse plus de 400 pièces musicales, dont 200 pièces écrites pour le piano et 150 mélodies. Je vous propose ici l’Ondine, opus 101 (1900).

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Cécile Chaminade meurt le 13 avril 1944 à Monte-Carlo, à l’âge de 86 ans.