Cinéma, Compositeurs, Compositrices, Divers

QUELQUES COMPOSITEURS SUISSES

On connaît généralement peu de ce côté des Alpes les compositrices et compositeurs suisses. Pourtant, on gagne à écouter leurs musiques. Je vous en propose ici une petite sélection.

Caroline BOISSIER-BUTINI est née à Genève en 1786. D’abord pianiste, sa réputation dépasse vite les frontières de la Suisse. En 1818, elle se rend à Londres et à Paris et a l’occasion de se confronter aux meilleurs pianistes de sa génération. Son œuvre est essentiellement pianistique, mais elle a également écrit des concertos (pour piano) et des symphonies. Elle meurt près de Genève en 1836.

Boissier-Butini Sonate pour piano n° 2Cliquez sur la pianiste

Louis NIEDERMEYER est né en 1802 à Nyon. Après des études à vienne et à Rome, il compose son premier opéra pour Naples en 1820, à l’âge de 18 ans. Il s’installe à Paris en 1836, ville où il écrit encore trois opéras, avant d’écrire une Messe solennelle et de se tourner vers la musique sacrée. Il dirige ainsi l’école de musique religieuse de Paris, dont la mission était de séparer la musique religieuse et la musique profane, école plus connue aujourd’hui d’école Niedermeyer de Paris. Parmi les professeurs qui y ont enseigné figure SAINT-SAËNS, qui y a eu comme élèves FAURÉ et MESSAGER.

Niedermeyer le Lac (de Lamartine)Cliquez sur le Lac (de Lamartine)

Émile JAQUES-DALCROZE est né en 1865. Il suit ses études musicales au Conservatoire de Genève avant de les poursuivre à Paris, auprès de FAURÉ et DELIBES, et à Vienne auprès de BRUCKNER. Il est l’inventeur d’une méthode d’enseignement de la musique basée sur l’étude physique de la rythmique, méthode toujours en vigueur aujourd’hui et qui porte son nom. Il meurt à Genève en 1950.

Jaques-Dalcroze la VeilléeCliquez sur l’image

Ernest BLOCH est né à Genève en 1880. Il suit ses études à Genève, notamment avec Jaques-Dalcroze, puis à Bruxelles, Francfort et Paris. En 1904, il compose un opéra, Macbeth, d’après SHAKESPEARE. En 1913, il s’installe aux États-Unis où il enseigne la composition à Cleveland, avant de prendre la direction du Conservatoire de San Francisco. Son œuvre est nourrie d’inspirations juives, comme dans la suite hébraïque Schelomo. Il meurt à Portland en 1959.

Bloch SchelomoCliquez sur le célèbre violoncelliste.

Franck MARTIN naît à Genève en 1890. Il travaille la musique en cachette de ses parents et en 1926, il fonde la Société de musique de chambre de Genève. Il enseigne aussi à l’institut Jaques-Dalcroze et au Conservatoire de Genève. Parmi ses œuvres, on peut noter des pièces religieuses, mais aussi un opéra Der Sturm, d’après la Tempête de Shakespeare. Il meurt aux Pays-Bas en 1974.

Martin Messe pour double chœur a capellaCliquez sur l’image

Arthur HONEGGER, né en 1892 au Havre et mort à Paris en 1955 est le plus français des compositeurs suisses. Il étudie la musique à Zurich avant d’entrer au Conservatoire de Paris. Il fait partie du groupe des Six. Plus tard, il enseignera au Conservatoire de Paris où il aura comme élève notamment Olivier MESSIAEN. Il est l’auteur de musique symphonique, d’oratorios, d’opéras (l’Aiglon d’après ROSTAND), mais aussi de nombreuses musiques de film, dont le Napoléon d’Abel GANCE ou Regain de PAGNOL, et de l’opérette le Roi Pausole.

Honegger l'AiglonCliquez sur l’image

Willy BURCKARD est né dans le canton de Berne en 1900. Il poursuit ses études de musique à Leipzig, Munich et Paris, avant d’enseigner lui-même la composition et le piano à Berne. Il meurt en 1955 à Zurich.

Burckard Concertino pour violoncelleCliquez sur l’image

Heinrich SUTERMEISTER naît en 1910 et commence ses études de musique à Bâle. Plus tard, il travaillera à Paris et à Munich, où il rencontrera Carl ORFF. Sutermeister est surtout connu pour ses opéras, dont Raskolnikov d’après DOSTOÏEVSKI, Madame Bovary d’après FLAUBERT, ou encore Romeo und Julia d’après Shakespeare. Il meurt en 1995 à Sorges.

Sutermeister Romeo und JuliaCliquez sur l’image

Bernard REICHEL est né en 1901 à Neuchâtel. Après des études au Conservatoire de Bâle, il suit l’enseignement de Jaques-Dalcroze à Genève, puis passe un an à Paris. Il enseigne ensuite la musique au Conservatoire de Genève où il côtoie Franck Martin. Son œuvre comporte de la musique pour orgue (il était organiste), de la musique de chambre et de la musique religieuse. Il meurt en 1922 à Lutry.

Reichel MagnificatCliquez sur l’image

On pourrait encore citer dans cette liste Rolf LIEBERMANN (1910 – 1999) qui, outre ses fonctions de directeur de l’Opéra de Paris de 1973 -1980, a lui-même composé des opéras. C’est lui qui a convaincu Messiaen d’écrire son opéra Saint-François d’Assise.

(Un grand merci à Béatrice et Christiane, mes deux amies choristes [et suisses] de l’ensemble « Les Vocalistes européens », qui m’ont aidé à établir cette liste.)

(merci également à Sergio Belluz pour m’avoir suggéré quelques corrections ou ajouts https://www.sergiobelluz.com/ )

Contes et légendes, Divers, Fantaisie, littérature, Mythologie, Philosophie, Premier avril

LA FÉE NOMMÉE MÈNE AU LOGIS DE L’ESPRIT

Cette fée qui nous mène au logis est nommée Morgane. Morgane est la sœur du roi Arthur, et son royaume est l’île d’Avalon.

Morgane, donc, aurait soigné son frère blessé sur son île, avant qu’il ne reparte réunir les Celtes. Plus tard, quand le roi Arthur sera blessé à mort, c’est à Avalon qu’elle le mènera pour rejoindre son dernier logis. Avalon était une île située aux confins du monde, hors du temps même, et aisément assimilable à l’île des morts. On peut ainsi considérer que la fée nommée mène au logis de l’esprit (d’Arthur). C’est du moins la thèse qu’a défendue le philosophe HEGEL dans son célèbre traité datant de 1807. Initialement, Friedrich voulait l’intituler « la Fée nommée Morgane mène à son dernier logis l’esprit d’Arthur« , mais son éditeur, trouvant ce titre trop long, lui a suggéré « la fée nommée mène au logis de l’esprit« .

La geste d’Arthur réunissant les Celtes nous est narrée dans King Arthur, de PURCELL.

purcell king arthur cold song nomiCliquez sur le génie du froid

La fée Morgane aurait inspiré un grand amour à Merlin l’enchanteur, qui lui a enseigné beaucoup de ses enchantements. Dans les versions plus tardives de la geste arthurienne, c’est la fée Viviane, le double antithétique de Morgane, qui joue ce rôle.

Alors que Viviane, vierge et voulant le rester ne s’intéresse qu’au bien de Lancelot (c’est elle qui est à l’origine du roman la Dame du lac de Walter SCOTT),

Rossini la donna del lago Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Morgane, elle, se livre à sa sensualité et perturbe les Chevaliers de la Table ronde (un peu comme la pécheresse Kundry dans Parsifal de WAGNER.)

Wagner Parsifal KundryCliquez sur Kundry

Arnoldo POIVRIERI a écrit l’opera-seria Fata Morgana (en italien, la fée Morgane s’appelle fata Morgana) sur un livret de son fidèle Lorenzo Da Ponte. Le rôle-titre a été pensé pour sa chanteuse favorite, Julia Wanga. La partition en est malheureusement perdue, brûlée dans l’incendie de l’opéra de Saint-Glinglin comme presque toute l’œuvre de Poivrieri. Heureusement, on peut se faire une idée de cette musique en écoutant le Tarare de SALIERI, dont les critiques de l’époque n’ont pas manqué de souligner la ressemblance avec celle de son rival.

Salieri Tarare Ami, ton courage m'éclaireCliquez sur l’image

C’est cet opéra que les joyeux duettistes qu’étaient HAVRE & CAUMARTIN ont remanié, en mettant en relief la rivalité entre Morgane et Viviane, pour proposer à OFFENBACH un sujet d’opérette. Malheureusement, Offenbach était occupé à son seul opéra sérieux, les Contes d’Hoffmann, et il est mort avant d’avoir pu se consacrer à ce projet. C’est certainement un grand dommage pour l’histoire de la musique.

Parmi les opéras qui ont représenté ces personnages, il y en a un, peu joué, qui est le Roi Arthus de CHAUSSON. Il se dit dans les milieux bien informés que l’accident de bicyclette qui a coûté la vie de Chausson en 1898 a été provoqué par Morgane, mécontente de ne pas figurer dans cet opéra qui traite de la rivalité amoureuse entre Lancelot et Arthus.

Chausson le roi Arthus finalCliquez sur l’image

Et on retrouve fata Morgana dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV.

Prokofiev 3 oranges anathèmeCliquez sur fata Morgana

[Sources principales : Encyclopedia Universalis 2017,

Dictionnaire des personnages (1960), éditions Robert LAFFONT, collections Bouquins (1999)]

Et si vous avez été sages, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez été sages

Divers

LETTRES ET MISSIVES – DEUXIÈME TOURNÉE

Je vous présentais il n’y a guère un ensemble de lettres et missives écrites ou lues à l’opéra. Devant l’abondance du sujet, le facteur va sonner une deuxième fois en vous proposant une nouvelle tournée. (Note, il y a un truc, le facteur sonne TOUJOURS deux fois.)

Dans Lucia di Lammermoor de DONIZETTI, Normann le scélérat intercepte les lettres qu’Edgar écrit à Lucia, pour faire croire à celle-ci que son amoureux l’a oubliée. Il va jusqu’à produire un faux prouvant son infidélité, causant ainsi le désespoir de Lucia.

Donizetti Lucia di Lammermoor Appressati, Lucia... Il pallor funesto orrendoCliquez sur Enrico et Lucia

Au 1er acte de Macbeth de VERDI, Lady Macbeth lit une lettre de son mari lui annonçant les prophéties des 3 sorcières, à savoir que son destin est de devenir roi d’Écosse (et donc elle reine d’Écosse.)

Verdi MAcbeth Acte I scene 5 Nel di della vittoriaCliquez sur Lady Macbeth

Au 1er acte de Carmen de BIZET, on voit arriver la jeune Micaëla porteuse d’une lettre de la mère de Don José pour celui-ci.

Bizet Carmen Parle moi de ma mèreCliquez sur Micaëla et Don Jose

Dans la Khovantchina de MOUSSORGSKI, le boyard Chakloviti écrit une lettre de dénonciation des princes Khovanski.

Moussorgski la Khovantchina extrait pour la lettreCliquez sur l’image

L’importance des lettres dans The Turn of the Screw de BRITTEN est manifeste, puisque la gouvernante ne communique avec le tuteur des malheureux enfants que par correspondance. Mais la lettre qu’elle lui écrit pour le prévenir des choses étranges qui se passent est volée par le jeune garçon, sous l’emprise du fantôme de Quint.

Britten The Turn of the screw The Letter, Miss ! Miss ! A letter for youCliquez sur l’image

À la fin de L’affaire Makropoulos, fantastique opéra fantastique de JANACEK, l’héroïne est confondue quand on compare les lettres qu’elle a pu écrire au cours des siècles, qui sont toutes de la même écriture (et avec les mêmes initiales EM.)

Janacek l'Affaire Makropoulos Act III finale part 1Cliquez sur l’mage

Et si vous voulez encore une lettre, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez encore une lettre

point-dinterrogation(Hihihi)

Compositrices, Couleurs, Divers, Nature

VERT

En ce jour du printemps, quoi de plus naturel que de vous parler du vert, couleur assez facilement associée à cette saison ?

Avant d’aller plus loin, voyons ce que nous en dit le grand spécialiste en couleurs Arthur Arc-en-ciel RIMBAUD, dans son Sonnet des voyelles :

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides

Pour Rimbaud, donc, la lettre associée au vert est le U, et dans son sonnet, il y a associé le vert de la mer ainsi que celui des pâtures.

Revenons à ce terme : viride. Selon le CNRTL, il signifie « qui tire sur le vert, verdissant ». On le retrouve dans la notion de « viriditas », la force de la germination, omniprésente dans l’œuvre d’Hildegarde von BINGEN.

Hildegard von Bingen O viriditas digiti deiCliquez sur l’image

Le vert de la nature est chanté par Ruggiero dans Alcina de HAENDEL, avec l’air « Verdi pratti » (Vertes prairies).

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur Bradamante, Morgana et Ruggiero

Le vert, c’est aussi la couleur de l’espérance. Ainsi, si vous mélangez le bleu et le jaune qui composent le drapeau de l’Ukraine, vous obtenez le vert de l’espérance, espérance que ce pays se sorte de l’agression ignoble dont il est en ce moment victime.

Pierre HENRY, la mort verte.

Dans la symbolique chrétienne, le vert est la couleur de l’espoir de la délivrance, et le Graal est réputé être vert émeraude. Je vous propose ici d’écouter « l’enchantement du Vendredi saint, extrait du Parsifal de WAGNER.

Wagner Parsifal Prélude acte III et enchgantement du vendredi saintCliquez sur le prélude de l’acte III et l’enchantement du Vendredi saint

Le vert est la couleur de Vénus, la déesse de l’Amour comme le rouge est la couleur de Mars, le dieu de la guerre. Son surnom « anadyomène » signifie « celle qui sort de l’eau », d’où la couleur verte qui lui est associée.

Blow Vénus & AdonisCliquez sur Vénus et son Adonis

Le vert, symbole de la renaissance et de la vigueur de la nature, se trouve également associé à la vigueur du sexe, ainsi le surnom de « Vert galant » donné au roi Henry IV. Mais vous souveniez-vous que dans l’histoire de l’opéra, c’est le mariage d’Henry IV et de Marie de Médicis en 1600 qui a donné le la (415) à l’opéra ? ce mariage fut l’occasion de représentations fastueuses données à Florence, avec la création musicale d’une œuvre de Giacopo PERI, l’Euridice. De retour à Mantoue, le duc de cette ville, employeur de MONTEVERDI, demanda à ce dernier une œuvre capable de rivaliser en faste avec l’Euridice. Monteverdi répondra avec son Orfeo, considéré comme le premier opéra de l’histoire.

Monteverdi Orfeo Acte ICliquez sur les nymphes

(Source principale pour la partie symbolique : Encyclopédie des symboles, le livre de poche, collection la Pochothèque, 1996).

Retrouvez d’autres nuances de VERT sur le blog « Nervures et entailles » de Joséphine.

Et retrouvez mes autres billets consacrés aux couleurs :

Blanc

Bleu

Rouge

Rose

Divers, Maria Callas

SIX CENTIÈME BILLET DU BLOG

Eh oui, ce billet est le 600e que je publie sur ce blog consacré, de manière très ouverte, à l’opéra et à la littérature !

À ce jour, vous avez été plus de 44 000 visiteurs cumulés, venus de 130 pays, pour regarder plus de 91 000 vues sur ce blog, en presque quatre ans.

J’ai consacré 96 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo (1607) de MONTEVERDI à Like Flesh (2022) de Sivan ELDAR, ou de Aïda de VERDI à Zoroastre de RAMEAU.

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’acte de naissance de l’Opéra

Le plus regardé est toujours celui consacré aux Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, devant Le Barbier de Séville de ROSSINI.

barcarolleCliquez sur l’image

J’ai également consacré 59 billets à des compositeurs, dont 5 à des compositrices, de Monteverdi à BRITTEN. Le compositeur qui vous a le plus intéressé reste Franz SCHUBERT.

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 45 écrivains passés à ma moulinette, de ESCHYLE à ECHENOZ, le plus consulté étant celui consacré à Victor HUGO.

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… Une de mes (petites) joies est l’accueil réservé à mes fantaisies sur le nom de MALLARMÉ (Mallarmuche pour les intimes 🙂), qui cumulent presque 2400 vues !

Dans ces catégories moins conventionnelles, les billets les plus regardés restent « Magical Maestro (Tex Avery) » « Des opéras pour les enfants« , « les Onomatopées« , et « ils ou elles ont écrit des Ave Maria ».

Fin 2020, j’ai commencé une nouvelle série sur l’emploi de musique classique par les réclamiers et, à ma grande surprise, cette série marche très fort puisque le premier billet, toutes catégories confondues, est celui qui vient en tête avec déjà plus de 1800 vues.

Une des vidéos les plus regardées (si j’excepte les réclames) est « l’Ave Maria » de BACH interprétée par Maria CALLAS.

Schubert Ave Maria CallasCliquez sur l’image

Elle est suivie de près par « Comic Strip » de Serge GAINSBOURG.

Gainsbourg Comic stripCliquez sur l’image

J’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de la musique et de la littérature !

Et pour finir ce billet, un grand classique, interprété par une des plus grandes cantatrices de tous les temps.

callas casta divaCliquez sur l’une des plus grandes cantatrices de tous les temps

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, et si vous aimez la musique et la littérature, parlez de mon blog à vos amis, et si vous n’aimez pas, parlez-en à ceux que vous n’aimez pas ! 🙂

Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (5e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques. Après la quatrième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Jimmy PAGE CHOPIN Prélude n° 4

Jimmy Chopin page prélude n 4Cliquez sur Jimmy Chopin

J.-S.BACH Tocatta et fugue Sinfonity

J.S.Bach Sinfonity Toccata et fugueCliquez sur Jean-Sébastien Sinfonicity

BEETHOVEN Deep Purple 9e Symphonie

Beethoven Deep Purple 9e symphonieCliquez sur Deep Beethoven Purple

Peter Ustinov cantate de BACH : (avec l’aimable participation de Julie les mots https://wordpress.com/read/blogs/62080455/posts/19278#comment-11978 )

Bach - Ustinov cantateCliquez sur l’image

Sandra NKAKÉ interprète FAURÉ.

Fauré Après un rêve (Sandra Nkaké)Cliquez sur Gabriel Nkaké

Et trouvé sur le site de « Nemo auditur« , ce plagiat du Canon de Palchelbel.

Pachelbel Marron 5 Canon MemoriesCliquez sur le Canon Memories de Pachelbel Canon 5

Lara Fabian Adio del passato (oreilles sensibles s’abstenir).

Verdi Traviata Adio del Passato (Lara Fabian)Cliquez sur l’image

Et puisque je vous parlais il n’y a guère de GRIEG, il y a cette version de la chanson de Solveig interprétée par Jane BIRKIN.

Grieg Peer Gynt Birkin Lost songCliquez sur Edvard Birkin

Divers

QUELQUES DUOS D’AMOUR POUR LA SAINT VALENTIN

Il ne vous a certainement pas échappé, avec la pression mise par les réclamiers de toutes sortes, que le 14 février, jour de la Saint-Valentin, est la fête des amoureux.

À l’opéra, qui dit amoureux dit duos d’amour ! Je vais donc vous proposer une nouvelle sélection de ces duos parmi les plus beaux que les compositeurs nous ont offerts.

À la fin du Couronnement de Poppée, de MONTEVERDI, Néron couronne Pompée en tant qu’épouse et impératrice. Duo « Pur ti miro ».

Monteverdi le Couronnement de Poppée Pur ti miroCliquez sur Pompée et Néron

À la fin de Zoroastre de RAMEAU, Zoroastre vainqueur des forces du mal peut enfin régner avec Amélite. Duo « Que ces nœuds sont charmants ».

Rameau Zoroastre Que ces nœuds sont charmantsCliquez sur l’image

Dans Cosi fan Tutte, MOZART fait chanter la double sérénade entre les deux jeunes hommes et les deux jeunes femmes. « Secondata, aurette amiche ».

Mozart Cosi fan Tutte Secondate, aurette amicheCliquez sur l’image

Dans La Cenerentola (Cendrillon) de ROSSINI, c’est le coup de foudre assuré quand le prince rencontre Cendrillon. Duo « Un soave non so che. »

ROSSINI La Cenerentola Un soave non soche

Cliquez sur Don Ramiro et Cendrillon

Rossini encore avec dans Guillaume Tell avec le duo « Oui, vous l’arrachez à mon âme » où Arnold avoue son amour à Mathilde.

Rossini guillaume Tell Oui, vous l'arrachez à mon âme

Cliquez sur Arnold et Mathilde

Dans Don Pasquale, DONIZETTI nous offre ce beau duo entre Ernesto et Dorina « Tornami a dir che m’ami ».

Donizetti Don Pasquele Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Dorina

Enfin (pour cette livraison) dans ZE opéra of ZE amour, Tristan und Isolde, WAGNER consacre presque tout le second acte à ce qui doit être le plus long duo d’amour de l’histoire de l’opéra.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Clicken Sie über Tristan und Isolde

J’ai encore tout plein de duos d’amour à vous proposer, mais en attendant et si vous voulez encore, des duos d’amour, cliquez donc sur les liens cidsous :

Les plus beaux duos d’amour (XVIIIe siècle).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1800 – 1850).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1850 – 1880).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1880 – 1915).

Couleurs, Divers

ROUGE

Carré rouge sur fond rouge, d’après Malevitch

Après le bleu et le blanc, continuons cette série des couleurs avec le rouge.

Voyons d’abord ce que nous en dit le grand spécialiste en couleurs Arthur Arc-en-ciel RIMBAUD, dans son Sonnet des voyelles : « I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles dans la colère ou les ivresses pénitentes. »

Arrivé là, je pourrais m’arrêter car l’homme aux semelles de vent a déjà tout dit (ou presque) du rouge : la pourpre, le sang, les lèvres, la colère, l’ivresse. Mais si je m’arrête là, il n’y aura pas de zizique dans mon billet ! Détaillons donc.

Le rouge est une couleur ambivalente par les sentiments qu’elle inspire. En effet, le rouge, c’est le sang, c’est le feu, mais le feu, on l’a vu, c’est aussi la passion ! Une illustration de ce caractère est la Vestale (1807), de SPONTINI. Les vestales étaient dans l’antiquité des vierges gardiennes du feu sacré. Dans l’opéra de Spontini, la vestale Julia est amoureuse de Licinius. Alors qu’il la rejoint dans le temple, Julia laisse s’éteindre le feu pendant qu’elle perd sa virginité (ce qui lui vaut un double carton rouge.) Elle est condamnée à mort, mais un miracle final lui accorde le pardon des dieux.

Spontini la Vestale Feu créateur, âme du mondeCliquez sur l’image

Parmi les planètes de notre système solaire, il en est une qui nous apparaît rouge, à cause de la présence d’oxyde de fer à sa surface, même à l’œil nu. Aussi les anciens l’ont-ils appelée Mars, lui donnant le nom du dieu de la guerre, qui avait le rouge comme attribut. Quelques noms de mois ayant une origine latine, le mois de mars vient de ce dieu. Cinq-Mars est le nom d’un opéra peu connu de GOUNOD datant de 1877.

Gounod Cinq-Mars À vous ma mèreCliquez sur l’image

Au début du sulfureux Salomé de STRAUSS, les soldats sont en admiration devant la princesse Salomé et comparent la lune, qui est rouge ce soir-là, avec Salomé. Salomé représente, au début du XXe siècle, la femme fatale emportée par des pulsions morbides et criminelles.

Strauss Salome scène 1 La lune est rouge ce soir Wie schön ist die Prinzessin Salome heute NachtCliquez sur l’image

Dans sa nouvelle le Masque de la mort rouge, Edgar Allan POE décrit les invités à un bal masqué qui se tient dans un château bien isolé du dehors, où la peste sévit. Survient un inconnu, porteur d’un masque rouge, survient. Il s’agit de la peste qui s’est ainsi invitée. CAPLET, un élève de DEBUSSY a mis ce conte en musique.

Caplet le Masque de la mort rougeCliquez sur l’image

Le rouge, c’est aussi le symbole de la révolution, que l’on trouve donc sur de nombreux drapeaux de pays, comme le drapeau chinois. Il y en a une belle représentation dans l’opéra Nixon in China de GLASS.

Adams Nixon in China METCliquez sur l’image

Autre pays se réclamant de l’idéal révolutionnaire, la Russie accumule le rouge, avec sa place rouge à Moscou ou son armée rouge et ses célèbres chœurs.

Hvorostovsky et Netrebkjo sur la place rougeLaissez-vous emporter sur la place rouge avec Dima et Anna

Si le rouge est la couleur de l’interdit ou du danger, avec les feux rouges ou les cartons rouges, c’est aussi une couleur qui évoque le luxe, comme ces théâtres ou opéras aux fauteuils de velours et aux rideaux de scène rouges.

À propos de la symbolique de la rose rouge, je vous ai déjà présenté un extrait de Iolanta de TCHAÏKOVSKI dans l’article consacré au blanc. Je vais donc vous proposer aujourd’hui un autre air, celui extrait de l’opérette Monsieur Vaucaire.

Opérette monsieur Vaucaire la Rose rougeCliquez sur l’image

Et si vous voulez un bonus surprise mystère, yakacliquer.

point-dinterrogationYakacliquer pour avoir un bonus surprise mystère

Retrouvez d’autres articles consacrés aux couleurs :

Vert

Rose

Contes et légendes, Divers

VOYAGE ET ERRANCE

Je vous ai présenté il n’y a guère le Voyage d’hiver (Der Winterreise) de SCHUBERT. On retrouve souvent le thème du voyage ou de l’errance dans l’opéra.

Schubert Winterreise ErstarrungCliquez sur la partition

Restons un moment avec Schubert qui a également écrit pour le piano une extraordinaire Wanderer Fantasie (Fantaisie du Voyageur).

Schubert Wander Fantasie (Pollini)Cliquez sur le voyageur observant la montagne au-dessus des nuages

Dès les débuts de l’opéra, on y voit passer un fameux voyageur, puisqu’Ulysse, victime du courroux de Poséidon, a erré pendant 10 ans avant de pouvoir rejoindre Ithaque, sa patrie où la fidèle Pénélope l’attendait. MONTEVERDI mettra en musique ce Retour d’Ulysse dans sa patrie en 1640.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse finalCliquez sur Pénélope et Ulysse enfin réunis après dix ans

WAGNER a mis en scène de grandes figures d’errants, à commencer en 1842 par celle du Hollandais volant (der Fliegende Holländer), qui reprend le thème d’un marin condamné à errer sans fin sur les mers pour avoir défié Dieu dans une tempête.

wagner vaisseau fantome ouvertureCliquez sur le vaisseau fantôme

Wagner reprend ce thème de l’errance dans Siegfried où Wotan incognito se fait appeler Der Wanderer (le voyageur) pour interroger Mime dans la forêt.

Wagner Siegfried Wotan der WandererCliquez sur Wotan et Mime

On peut rester dans l’univers wagnérien avec Le Voyage artistique à Bayreuth, écrit à la fin du XIXe siècle par LAVIGNAC, qui est une somme indispensable sur cet univers, et comporte notamment une explication très détaillée des livrets de ses opéras et des leitmotivs qui parcourent la musique.

ROSSINI a écrit en 1825, pour le sacre du roi Charles X, le Voyage à Reims.

Rossini le Voyage à Reims sextuorCliquez sur le sextuor d’élite

En 1969, dans leur opéra-rock Tommy, THE WHO font vivre à leur héros un voyage halluciné avec « the amazing journey ».

The Who Tommy Amazing journeyCliquez sur la pochette culte de l’album culte

En 1983, au second acte de son seul opéra, Saint François d’Assise, MESSIAEN fait intervenir un impressionnant Ange voyageur. Voyons ce que Messiaen lui-même nous en dit dans le programme de la création à l’Opéra de Paris. « L’Ange voyageur » Un chemin en forêt, au mont de la Verna. L’Ange apparaît sur le chemin. Son magnifique costume et ses ailes quinticolores sont vus seulement par les spectateurs. Les autres personnages le prennent pour un voyageur. L’Ange frappe à la porte du couvent et cela fait un bruit terrible qui symbolise l’irruption de la grâce.

Messiaen Saint-François d'Assise l'Ange voyageurCliquez sur l’image

Et parmi les âmes damnées, condamnées à errer sans pouvoir mourir, citons Rusalka de DVORAK, qui a perdu sa condition d’ondine pour l’amour d’un homme.

Dvorak Rusalka Mladosti své pozbavenaCliquez sur Rusalka

Une autre de ces âmes damnées est la nourrice dans La Femme sans ombre de STRAUSS, qui est ainsi condamnée pour un trafic d’ombre.

Divers

LA SOLUCE DU CALENDRIER DE L’APPRÊT

Le 1er janvier, je publiais le calendrier de l’apprêt, vous proposant 24 morceaux de musique parmi mes préférés. Maintenant que vous avez eu le loisir de découvrir chacun de ces morceaux, et pour le Gibulène’s day, je voudrais prolonger le plaisir en les resituant dans leur environnement.

1er janvier : À tout seigneur, tout honneur je me suis fait un devoir de commencer par le premier opéra de l’histoire, l’Orfeo de MONTEVERDI.

2 janvier : C’était l’« Ave Maria » de BACH, chanté par Maria Callas.

3 janvier : « Je crois entendre encore », la romance de Nadir, extraite des Pêcheurs de perles, de BIZET.

4 janvier : Prélude de Lohengrin, de WAGNER

5 janvier : « Adio del passato », extrait de la Traviata de VERDI.

6 janvier : chœur « Va pensiero », extrait de Nabucco de Verdi.

7 janvier : « Il y a deux mondes », air du médecin maure extrait de Iolanta de TCHAÏKOVSKI.

8 janvier : Ouverture du Barbier de Séville de ROSSINI

9 janvier : Les trompettes d’Aïda, de Verdi.

10 janvier : la « Barcarolle » des Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH.

11 janvier : Chœur des prisonniers du Fidelio de BEETHOVEN

12 janvier : Air « When I am laid in earth », extrait de Didon et Enée de PURCELL

13 janvier : Duo « Nuit paisible et sereine  » extrait de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ.

14 janvier : Ouverture du Freischütz de WEBER

15 janvier : Air de la lettre, extrait d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski

16 janvier : Chœur des pèlerins de Tannhäuser de Wagner

17 janvier : « Andante » du Trio op. 100 de SCHUBERT

18 janvier : « Duo des fleurs », extrait de Lakmé de DELIBES

19 janvier : Air « Sol da te » d’Orlando furioso de VIVALDI

20 janvier : Air « Pourquoi me réveiller » de Werther de MASSENET.

21 janvier : « Oui, c’est elle, c’est la déesse » Duo des Pêcheurs de perles de Bizet

22 janvier : Air « Voi che sapete » (« mon cœur soupire ») des Noces de Figaro de MOZART

23 janvier : Duo « Son nata a lagrimar » de Jules César en Égypte de HAENDEL

24 janvier : Air « Hymne à la lune » de Rusalka de DVORAK.

Et pour le Gibulène’s day, pourquoi ne cliqueriez-vous pas sur le bonus surprise mystère ?

point-dinterrogationPourquoi ne cliqueriez-vous pas sur le bonus surprise mystère