Anniversaire, Divers

HUITIÈME ANNIVERSAIRE DU SITE

Voilà déjà huit ans que je me suis lancé dans cette aventure d’un site consacré à la musique et à la littérature. En huit ans, j’ai publié presque 1100 articles. Au début, j’en publiais beaucoup pour enrichir ma base de connaissances, et maintenant je suis arrivé à un rythme d’un article tous les 3 jours (sauf événement spécial).

Vous vous êtes mis à plus de 200 000 visiteurs cumulés, venus de 168 pays ou régions, pour voir plus de 300 000 vues sur ce site.

J’ai consacré 173 articles à mes opéras préférés, de l’Orfeo de Monteverdi aux Ali de Filastine, Ben Selim et Arnold, ou d’Adrienne Lecouvreur de Cilea à Zoroastre de Rameau. Le plus lu est celui consacré à Jules César en Égypte, de Haendel, juste devant Norma, de Bellini.

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J’ai également consacré 118 articles à des compositeurs ou des compositrices, d’Hildegarde von Bingen à Camille Pépin. Le compositeur qui vous a le plus intéressés est Franz Schubert. Parmi ces articles, 35 concernent des compositrices, pour la plupart injustement méconnues.

Schubert FierrabrasCliquez sur Fierrabras (de Schubert)

Ces chiffres de 173 opéras et 118 compositeurs (ou compositrices) chroniqués sont à rapprocher de mon objectif initial, quand j’ai commencé mon livre sur l’opéra (livre qui s’est transformé au cours du temps en ce site), de retenir 99 opéras et 49 compositeurs (j’avais en tête, pour la structure de ce livre, La vie mode d’emploi de Perec).

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 75 écrivains passés à ma moulinette, d’Homère à Échenoz, le billet le plus consulté étant celui consacré à Victor Hugo.

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma (pas encore assez par rapport à mon objectif initial), à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé…

Une catégorie très prisée est celle sur les publicités se servant de musique classique pour vendre pâtes, lessive ou autres grosses ouatures. Cette catégorie très populaire vient en tête des vues puisque l’article le plus consulté est « De l’emploi de la musique classique dans la pub » suivi de près par « la Musique de Vivaldi dans la publicité« , avec environ 5500 vues pour chacun de ces 2 articles.

Un sujet de satisfaction pour moi est la catégorie « poème mis en musique à ma façon », où je prends un poème parmi mes préférés, que j’illustre musicalement par analogie entre les images que suscite en moi le poème et les musiques qui peuvent illustrer ces images. Grâce à cette catégorie, les poèmes de Mallarmé que j’ai ainsi traités ont été lus plus de 7000 fois sur mon site, la palme revenant à « Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change (le tombeau d’Edgar Poe) » avec près de 1600 lectures.

La liste de ces poèmes est disponible ici.

Côté classique, la vidéo la plus regardée est l’Ave Maria de Schubert interprété par Maria Callas.

Schubert Ave Maria CallasCliquez sur la Callas

Après mon premier livre, Compositeurs et compositrices, très beau et pas cher, paru en septembre 2022, pour lequel j’avais fait une petite sélection de 57 compositeurs et compositrices (il m’en reste une quarantaine d’exemplaires, donc vous pouvez encore le commander), j’ai publié fin 2025 mon opus 2, consacré aux Écrivains, dramaturges et librettistes. Vous pouvez le commander en librairie ou grande surface culturelle, ou directement auprès de moi via le formulaire contact du site.

À la sortie de ce livre, je suis passé dans le poste, et vous pouvez trouver cidsous le podcast de l’émission.

image podcast
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Et pour finir ce billet, je vous propose de retrouver une de mes vidéos préférées, l’Ode à la lune extraite de Rusalka de Dvorak.

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Et si vous voulez souhaiter un bon anniversaire au blog, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Point d'interrogation

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L’ENSEMBLE IL BURANELLO

L’ensemble « Il Buranello » est un ensemble de musique baroque créé en 2015 par la soprano Stéphanie Révillion. Son principal secteur d’activité est la région Hauts de France et la région Grand Est. L’ensemble tire son nom du compositeur baroque italien Baldassare Galuppi, surnommé Il Buranello car natif de Burano, près de Venise.

Dans ses productions, l’ensemble s’attache à marier musique et littérature. Il a de nombreux programmes à son répertoire.

Lamento d’Arianna & autres madrigaux de Monteverdi (2019).

À tout seigneur, tout honneur, ce programme est dédié à la musique de Claudio Monteverdi, le « père » de l’opéra avec l’Orfeo (1607). « Lamentations, lettres d’amour, amoureux qui se cherchent, il s’agit d’émouvoir le spectateur ».

À la découverte du maître de Venise, Claudio Monteverdi (2020).

Dans l’écriture de Monteverdi, le compositeur cherche à traduire en musique les mouvements de l’âme, et met la musique au service de l’expression poétique. Alors, « Prima la musica ? »

Le Monde entier est un théâtre : Henry Purcell & William Shakespeare (2021).

« Poésie et musique ont le même Dieu, dit la fable : toutes deux ont le même amoureux, car toutes deux vivent en toi. » (William Shakespeare.)

Ce spectacle propose une alternance de textes de Shakespeare, y compris certains sonnets, et de musiques de Purcell, pour nous plonger dans un univers de rêve où vivent des personnages fantastiques, une grande reine ou un amant éconduit…

Près de la croix (2023)

Près de la croix de Jésus se tenait sa mère… Vous aurez reconnu le début du Stabat Mater dolorosa. Ce programme est dédié aux figures de Marie et de Marie-Madeleine. Il Buranello nous fait revivre la manière dont les compositeurs italiens ont traité les émotions de ces femmes.

Charivari ! Opéra féérique d’après Henry Purcell (2022).

Cinq chanteurs / acteurs et leurs complices instrumentistes interprètent les personnages des pièces du grand Bill, dans un jeu burlesque où se fondent raison et déraison, sur des musiques d’Henry Purcell.

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Tea Time, Henry Purcell (2022)

​Spectacle comique autour du quotidien d’un vieux couple anglais, sur des airs d’Henry Purcell.​

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Le Mercure (pas) galant. Rivalités à la Cour du Roi-Soleil (2023).

Accompagnée d’un clavecin, une cantatrice italienne prend des leçons auprès de Jean-Baptiste Lully et Paolo Lorenzani. Une manière pour Il Buranello de nous faire découvrir les différences entre les styles italiens et français, à travers la musique qui se jouait à la Cour de Loulou XIV.

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Les Amours de Vénus, sur des musiques de Barbara Strozzi (2024).

​Trois petits Cupidons volent au secours de Vénus, abandonnée par son amant Adonis. Ce spectacle peut être joué partout sur les territoires, permettant d’aller à la rencontre des habitants pour qui la musique baroque est loin « d’aller de soi », le tout sur une musique de Barbara Strozzi.

Donc, vous l’avez compris, si vous avez l’occasion d’aller voir un pestacle d’Il Buranello, courez-y ! Pour connaître les dates de leurs spectacles, cliquez sur l’Agenda.

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DIX QUESTIONS À BARBARA ECKLE

©Ayse Yavas

Barbara Eckle est la directrice de l’Opéra de Lille depuis la saison 2025-2026.

Elle a aimablement accepté de répondre à mes questions.

Q1 – Quel a été votre parcours pour devenir directrice de l’Opéra de Lille ?

R1 – Tout au long de mes études, il y avait le théâtre et la musique comme « vérité » pour moi. Très jeune, j’ai pu jouer des rôles, et pratiqué le chant et le violon. J’ai suivi des études de latin et de grec à Oxford, et aimé ce côté créatif de redonner du sens à des fragments littéraires en les traduisant dans une langue contemporaine.

Alors que j’enseignais le latin à New York, j’ai rencontré Lorin Maazel qui travaillait sur son opéra 1984, et j’ai été engagée pour travailler avec lui. Après, j’ai fait mes propres mises en scène, aux États-Unis, avant un retour en Europe, pour une création. Là, je me suis rendu compte que, dans la musique contemporaine, le metteur en scène a un nouveau rôle, celui de rendre vivante une partition dans un nouveau langage.

Après des expériences au cinéma (documentaires sur la musique) et à la radio (émissions sur la musique contemporaine), j’ai été chargée de la programmation des concerts symphoniques et de la construction des saisons à l’Opéra de Stuttgart. J’ai également pris le poste de directrice de la production musicale au festival Ruhrtriennale.

En 2023, pour sa dernière année à ce festival, il y avait une création de Georges Aperghis, Die Erdfabrik, qui traitait de la mine dans cette région minière qu’est la Ruhr, et l’Opéra de Lille s’est montré intéressé par une coproduction de cette œuvre, la région Nord étant également une région minière. Je me suis alors renseignée sur cette maison d’opéra. Quelques mois plus tard, il y a eu l’annonce que l’Opéra de Lille cherchait une directrice, et j’ai répondu à cette annonce.

Q2 – Y a-t-il une différence entre le public allemand et le public français ?

R2 – Aujourd’hui, il est plus juste de parler non pas du public, mais des publics, multiples par leur diversité. C’est le cas à Lille, où j’ai trouvé des publics très ouverts, curieux et chaleureux.

En Allemagne, les publics sont formatés par le Regietheater (NDLR, quand la mise en scène prend le pas sur la musique). Les critiques se concentrent alors beaucoup sur la mise en scène qui propose un parti pris contemporain sur les œuvres. Cela nourrit les publics mais tend aussi à les polariser.

À Lille, j’ai rencontré des publics déjà habitués à des propositions variées, curieux de découvrir la diversité des écritures artistiques et des répertoires.

Q3 – Comment construit-on une saison ?

R3 – Avec Miron Hakenbeck, directeur de la programmation et de la dramaturgie, avec qui je travaillais déjà à Stuttgart, nous programmons un système de quatre œuvres lyriques, avec une programmation riche de concerts et formats variés rassemblés en constellation autour de chacune de ces œuvres lyriques. Pour le choix de ces quatre productions, nous sommes à la recherche d’un équilibre pour présenter l’opéra dans tout ce qu’il peut être : époque, styles musicaux … Il y a toujours une œuvre contemporaine, et toujours un grand titre connu d’un large public ». Pour le choix des metteurs en scène, nous cherchons des metteurs en scène qui peuvent porter un regard contemporain sur des œuvres du passé.

Q4 – Comment recrutez-vous les artistes pour vos productions ?

R4 – Je travaille avec Boris Ignatov, conseiller en distribution avec qui j’ai déjà travaillé à Stuttgart et à la Ruhrtriennale. Boris a une grande connaissance et une réelle sensibilité pour les talents émergents. Nous faisons souvent des auditions où nous rencontrons de jeunes chanteurs qui sont parfois des révélations dans le paysage lyrique français. Mais pour choisir une distribution, la vision du metteur en scène est aussi très importante, car elle permet d’assurer une réelle cohérence artistique.

Q5 – Quelle place attribuez-vous aux compositrices dans vos programmations ?

R5 – C’est un sujet important, qui ne devrait plus être sujet à débat aujourd’hui. Il y a autant de compositrices brillantes que de compositeurs. La saison prochaine, nous mettrons d’ailleurs en lumière le travail de l’une d’entre elles dans une œuvre lyrique que nous avons cocommandée et coproduite avec l’Irish National Opera.

Q6 – Nous voyons cette année une ouverture à un public le plus large possible. Quelle est votre politique ?

R6 – N’étant pas une maison de répertoire, avec des spectacles différents chaque jour, nous avons fait le constat que l’Opéra est souvent fermé, alors que l’on voudrait que le bâtiment soit ouvert à tout le monde, le plus régulièrement possible. C’est pourquoi nous avons créé les Open Weeks, où l’opéra est ouvert pendant une semaine de 18h à 22h, où le public peut venir gratuitement pour visiter, découvrir, et pratiquer des activités diverses. Ces Open Weeks ont lieu deux ou trois semaines avant la première de l’œuvre lyrique de la constellation en cours, avec des sujets en lien avec cette œuvre, ou la problématique soulevée par l’œuvre. Nous présentons notamment les artistes de la production en cours, et travaillons en lien avec des associations de la ville (médiathèques, action sociale…).

De plus, l’Opéra de Lille est le seul opéra d’une région au territoire très vaste. Nous avons donc mis en place le format d’un opéra itinérant pour aller à la rencontre des publics dans la région. Les habitants des communes lointaines n’ont pas tous la possibilité de venir à Lille assister à nos spectacles. Ces opéras itinérants sont des spectacles immersifs où le public est au plus près des chanteurs ou des instrumentistes. Cette année, l’opéra itinérant était Le Château de Barbe-bleue de Bela Bartok.

Q7 – Quel dispositif vers les jeunes ?

R7 – Nous poursuivons certains des dispositifs couronnés de succès mis en place par ma prédécesseuse Caroline Sonrier, comme les temps forts Happy Days, Opéra Games ainsi que les ateliers Finoreille. Pour des jeunes de 14 à 20 ans, nous avons constitué le Jury « Premier regard », à qui nous donnons le moyen d’affûter leur esprit critique, de défendre leur point de vue, via la découverte de huit spectacles d’opéras et de danse au cours de la saison, et de rencontres privilégiées avec les équipes artistiques et techniques.

Q8 – Quel est votre cahier des charges vis-à-vis de la mairie ?

R8 – Il y a une politique culturelle dans la ville et la région qui met la culture très haut sur la liste des priorités, ce qui est important et précieux pour nous permettre de développer un projet exigeant et novateur. Nous répondons à cette exigence culturelle avec un projet innovant et accessible à tous.

Q9 – Face aux coûts de production, comment envisagez-vous la coproduction avec d’autres maisons d’opéra ?

R9 – La baisse de l’activité engendrée par les tensions budgétaires fragilise les marges de manœuvre des maisons et de nos potentiels de coproduction. Nous arrivons toutefois à trouver des partenaires avec qui nous partageons de mêmes visions artistiques. Les Enfants terribles est une coproduction avec l’Opéra de Darmstadt, et nous aurons l’année prochaine une création en coproduction avec l’Irish National Opera.

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Nous avons également un partenariat de long terme avec l’Opéra de Flandres en Belgique, avec une coproduction par an et des échanges de public.

Q10 – Parlez-nous d’un de vos plus beaux souvenirs de cette saison à l’Opéra de Lille.

R10 – J’ai été surprise et heureuse de voir l’intérêt et le réel enthousiasme qu’a suscité une proposition aussi inconnue que l’opéra L’Écume des jours d’Edison Denisov avec lequel nous avons ouvert notre première saison.

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LA PASSION SELON SAINT-JEAN, de J.-S. BACH

La Passion selon Saint-Jean, de Jean-Sébastien Bach, date de 1724. Elle a été composée pour le Vendredi saint. Si elle a été jouée plusieurs fois du vivant du Cantor de Leipzig, elle s’est perdue après la mort de celui-ci. À cette époque, on jouait de la musique vivante, c’est-à-dire écrite par des compositeurs vivants, et bien souvent les musiques n’étaient plus jouées après la mort de leur compositeur. Il faudra attendre 1833, soit plus d’un siècle, pour que Félix Mendelssohn ne découvre la partition et la fasse exécuter à nouveau.

Le texte mis en musique par Bach est celui de l’Évangile selon Saint-Jean.

La Passion est composée de deux parties, chacune d’elles s’ouvrant et se clôturant par un chœur ou un choral.

Elle s’ouvre sur le chœur « Herr, Herr, unser Herrscher » (« Seigneur, Seigneur, notre maître »).

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Elle se poursuit par une alternance entre les récitatifs de l’évangéliste et de réponses du chœur, et d’interventions des solistes.

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Cliquez sur le chœur final de la première partie

Entre les deux parties, le prêtre prononçait le sermon.

La seconde partie s’ouvre donc sur un choral : « Christts, der uns selig macht » (« Christ, toi qui nous rends heureux »).

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La Passion selon Saint-Jean se termine par ce choral : « Ach Herr, dein lieb engelein » (Ah, Seigneur, laisse ton ange emporter mon âme »).

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ÉCRIVAINS, DRAMATURGES ET LIBRETTISTES

Écrivains, dramaturges et librettistes est le titre de mon opus 2, paru en novembre 2025 aux éditions Le Lys bleu.

À l’occasion de la sortie de ce livre, j’ai été interviewé par Françoise Objois sur RCF Hauts de France. Vous pouvez écouter cet entretien ici.

Je serai en dédicace au magasin Cultura de Lomme le 28 mars à 10 heures, et, à cette occasion, proposerai une animation en musique pour présenter ce livre.

De tout temps, l’évolution des histoires racontées en musique a suivi l’évolution de la littérature. Il n’est pas inintéressant de remarquer que l’invention de l’opéra, avec l’Orfeo de Monteverdi en 1607, est contemporaine de l’invention du théâtre moderne avec Shakespeare (1564-1616) et celle du roman moderne avec le Don Quichotte (1605) de Cervantès.

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À l’époque baroque, les sujets des opéras étaient tirés de la mythologie telle qu’a pu nous la rapporter Ovide et ses Métamorphoses.

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Les pièces de Shakespeare sont porteuses d’une dramaturgie telle que des centaines d’œuvres lyriques ont été créées d’après elles.

Cliquez sur Ophélie

Vers la fin du XVIIIe siècle, le roman gothique anglais a donné lieu à des opéras gothiques, comme le Vampire, de Marschner.

Quand le mouvement gothique s’est transformé en romantisme littéraire, l’opéra a naturellement suivi avec l‘opéra romantique. Ainsi, l’acte de naissance du romantisme français avec la « bataille » d’Hernani (1830) où Verdi a écrit son Ernani dès 1844.

Victor Hugo et Louise Bertin

Plus loin dans le siècle, le naturalisme de Zola a donné lieu à des opéras naturalistes, avec Louise de Charpentier, et surtout la version italienne du naturalisme qu’est le vérisme.

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Pratiquement toutes les pièces du symboliste Maeterlinck ont été traduites à l’opéra. L’opéra le plus connu de cette descendance est Pelléas & Mélisande de Debussy.

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Au XXe siècle, l’exploration de la psychologie, voire de la psychanalyse, en littérature, fournira des sujets à Berg avec son  Wozzeck ou sa Lulu.

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Agenda Ironique, Divers

LE DOUZE DANS TOUS SES ÉTATS

J’avais déjà commencé à écrire cet article quand le sujet de l’Agenda Ironique de mars 2026 est tombé. J’ai donc décidé de le réorienter de manière à ce qu’il réponde au cahier des charges proposé par Amélie (voir cidsous).

Ce mois-ci, c’est Plume dans la main (Amélie) qui nous propose le sujet de l’Agenda Ironique. Et kwaquèle nous demande, Plume dans la main ? Elle nous demande d’accueillir le printemps (c’est de saison) : nouveau départ, recommencement, nouvelle ère, bref, nouveauté ! sous forme de cercle circulaire, ou à la rigueur, de rond, et avec « des émojis qui n’existent toujours pas en 2026 alors qu’on n’en peut plus de les réclamer ! » comme :

– le drapeau breton alors que chacun sait que s’il y a du public, il y a un drapeau breton.

– la framboise alors que qui se sert de l’émoji tête d’ail ?

– l’entonnoir alors que c’est quand même un must have.

– le rein parce qu’on a tous un pote néphrologue.

– le pangolin parce que rendez-nous 2018. 

Et pour les plus joueurs, essayer de faire quelque chose de l’émoji tête d’ail dont on se demande bien pourquoi à quoi il peut servir, à part tenir à distance les vampires et garnir les émojis gigots.

Donc, en bref, du nouveau, du cercle, des émojis et une tête d’ail.

Comme d’habitude, c’est mieux expliqué chez Plume dans la mainouskil faudra aller déposer, dans les commentaires, les liens des textes, comme d’habitude.

Le douze est souvent considéré comme le symbole d’un cycle achevé. On le retrouve donc dans les douze mois de l’année ou dans les douze signes du zodiaque (cycles annuels). Un exemple de constellation dont l’explication se trouve dans un opéra est la constellation des Gémeaux, avec l’opéra Castor et Pollux de Rameau.

Cliquez sur les jumeaux Castor et Pollux

Le douze est aussi à la base de la décomposition d’un temps plus présent. Ainsi, la journée est décomposée en deux fois douze heures, chaque heure étant décomposée en cinq fois douze minutes, chaque minute étant décomposée en cinq fois douze secondes. Le douzième coup de minuit, qui marque à la fois la fin d’une journée et le début d’une nouvelle, est souvent associé à des scènes infernales, comme dans le Freischütz de Weber, ou encore dans cette scène du Vampire de Marschner (un conseil, munissez vous d’une gousse d’ail avant de regarder la vidéo.)

Ne cliquez sur l’image que si vous vous êtes munis d’une gousse d’ail

Toujours en symbolique, douze est le produit de trois et de quatre, le trois représentant l’univers céleste (voir la Sainte Trinité de la chrétienté) et le quatre l’univers terrestre, délimité par les quatre points cardinaux.

En mythologie, on trouve le douze notamment dans les douze travaux d’Hercule. Hercule est un de ces personnages de la mythologie qui a été abondamment porté à l’opéra. Claude Terrasse a ainsi écrit ses Travaux d’Hercule (1901).

Cliquez sur les travaux d’Hercule

Douze est aussi le nombre d’apôtres de Jésus. Das liebesmahl der apolstel (la Cène des apôtres) est une cantate de Wagner écrite en 1853 à Dresde pour célébrer la Pentecôte.

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En musique, douze est le nombre de degrés de la gamme chromatique occidentale (Do – Do dièse – Ré – Ré dièse – Mi – Fa – Fa dièse – Sol – Sol dièse – La – La dièse – Si – Do).

Au début du XXe siècle, quand l’évolution de notre musique savante a fait disparaître la notion de tonalité en vigueur depuis de nombreux siècles, Arnold Schönberg a appelé dodécaphonisme la manière d’écrire une musique où aucune hiérarchie ne s’imposait entre les douze sons de la gamme. Douze est aussi le nombre de temps du blues, qui associe ainsi rythmes binaires et rythmes ternaires.

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En géométrie, le dodécaèdre régulier est un des cinq solides de Platon. Il est très joli et je n’arrive pas à comprendre pourquoi il n’a pas droit à son émoji.

Je suis désolé, mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil depuis la géniale invention de l’alexandrin, ce vers de douze pieds qui sied si bien à la prosodie française. Que seraient les tragédies de Racine ou de Corneille sans la perfection de leurs alexandrins, genre « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » ou encore « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » !

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VOUS AVEZ DIT PHILOSOPHIE ?

Vous avez dit philosophie ? Rassurez-vous, il n’y aura pas de gros mot dans cet article, seulement de la belle musique.

Un des premiers philosophes à apparaître à l’opéra est Sénèque, dans Le couronnement de Poppée de Monteverdi.

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Autre philosophe à mourir sous la plume d’un compositeur, Socrate, dans la Mort de Socrate, de Satie.

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Parmi les jeunes gens désargentés de la Bohème, de Puccini, figure Colline le philosophe.

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Wagner a été sous l’influence de Schopenhauer et Nietzche, et on trouve trace de cette influence dans l’Anneau du Niebelung, à la fin du Crépuscule des dieux, avec la disparition de ceux-ci. Wagner a à son tour provoqué l’admiration de Nietzche.

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Une des œuvres les plus célèbres de Frédéric le moustachu est Ainsi parla Zaratoustra. Cet essai a inspiré à Richard Strauss un poème symphonique du même nom.

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Le pianiste Paul Wittgenstein, le frère du philosophe auteur du Tractatus logico-philosophicus (bon, d’accord, j’avais dit « pas de gros mot »), avait perdu un bras lors de la guerre 14-18. Il a commandé aux principaux compositeurs de son époque, Ravel, Prokofiev, Britten, Korngold, Richard Strauss et Hindemith, des œuvres pour la main gauche.

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Et puis, vous me connaissez, je ne peux pas terminer un article parlant de philosophie sans citer mon cher Wladimir Jankélévitch, qui a si bien su utiliser le mystère de la musique pour illustrer sa pensée philosophique.

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WAGNER ET LA FRANCE

Après mon article sur Verdi et la France, il m’est apparu intéressant d’étudier les rapports entre Wagner et la France.

En 1839, Wagner, alors directeur musical à Riga, avait achevé les deux premiers actes de Rienzi.

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L’espoir de faire jouer Rienzi à Paris, capitale de l’opéra, le pousse à s’embarquer pour Londres, première étape de son voyage vers la capitale française. Las, une tempête oblige le navire à s’arrêter dans une crique, et ce sont les chants de l’équipage qui lui donnent l’idée de mettre en musique un texte de Heine sur la légende du Hollandais volant. Ceci nous donnera le premier « grand » opéra de Wagner, connu en France sous le nom de Vaisseau fantôme.

Arrivé en France, il fait la connaissance de Meyerbeer, qui lui promet de l’aider et l’introduit auprès du directeur de l’Opéra de Paris. Malheureusement, celui-ci refuse Rienzi. Les finances s’asséchant, Wagner se voir obligé de faire des travaux alimentaires, notamment en composant la musique d’un vaudeville, la Descente de la courtille.

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C’est de cette époque que date aussi les deux Grenadiers, sur un texte de Heinrich Heine, ainsi que trois mélodies sur des poèmes de Pierre de Ronsard et de Victor Hugo.

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En 1840, il retrouve Meyerbeer qui le met à nouveau en contact avec le directeur de l’opéra, à qui Wagner propose le Vaisseau fantôme. Le directeur trouve le livret intéressant, et propose de l’acheter pour le faire mettre en musique par un autre que Wagner. En 1842, Wagner quitte Paris pour rentrer en Allemagne, où il fait jouer Rienzi et le Vaisseau fantôme.

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En 1859, Wagner, n’arrivant pas à faire jouer Tristan en Allemagne, se rend à Paris avec l’espoir de l’y faire représenter. Il songe aussi à Tannhaüser et à Lohengrin traduits en français. En 1861 enfin, Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser à Paris. Mais pour être joué à cette époque, il fallait un ballet. Wagner ajoute donc la scène du Vénusberg, mais pour ne pas rompre la progression dramatique de son œuvre, il l’a placée dès le début, aussitôt après l’ouverture. Ceci mécontente les membres du Jockey Club, qui avaient l’habitude d’aller voir danser leurs petites amies au IIe acte, ce qui leur donnait le temps de souper avant le spectacle. Ils s’arrangèrent alors pour faire tomber l’œuvre, qui ne dépassa pas trois représentations. Charles Baudelaire se désolidarisera de l’accueil des Français dans une lettre où il écrit « Je veux être distingué de tous ces imbéciles ».

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Plus tard, après l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth et la création de la Tétralogie, la France saura reconnaître le génie de Wagner. En 1898, Albert Lavignac écrit le Voyage artistique à Bayreuth, un indispensable vademecum destiné à ceux qui feraient le pèlerinage vers la colline sacrée (je m’en suis servi pour écrire cet article).

Parmi ceux-ci, on peut relever les noms de Gabriel Fauré et André Messager qui ont écrit, à leur retour de Bayreuth, de très amusants Souvenirs de Bayreuth.

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Et que penser de l’invitation faite à Pierre Boulez et Patrice Chéreau de monter la Tétralogie pour le centième anniversaire du festival, rompant ainsi avec une tradition de mises en scène ronronnantes ?

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(Source principale : Albert Lavignac, le Voyage artistique à Bayreuth, librairie Ch. Delagrave, 2e édition, 1898.)

Divers

MON ANNÉE LYRIQUE 2025

Mon année lyrique 2025 a débuté le 18 janvier avec Montag aus Licht, de Karlheinz Stockhausen, à l’opéra de Lille.

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Le 28 janvier, La Petite Renarde rusée de Janacek à l’opéra Bastille.

Le 23 février, Castor et Pollux de Rameau au palais Garnier.

Le 27 février, le Barbier de Séville de Rossini à l’opéra de Lille.

Le 2 mars, le Carnaval de Venise de Campra à l’Atelier lyrique de Tourcoing.

Le 6 avril, Il Viaggio, Dante de Dusapin au palais Garnier.

Le 25 avril, Don Carlos de Verdi à Bastille.

Le 5 mai 2025, un fabuleux Faust de Gounod à l’Opéra de Lille.

Le 20 mai, à l’Opéra royal de Wallonie, à Liège, Don Pasquale de Donizetti.

Le 24 mai, au Zénith de Lille, Molière, l’opéra urbain de Dove Attia.

Le 12 octobre à Garnier, Ariodante de Haendel.

Le 2 novembre à la Monnaie de Bruxelles, Ali, de Filastine, ben Selim et Arnold.

Le 5 novembre à l’Opéra de Lille, L’Écume des jours d’Edison Denisov, d’après le roman de Boris Vian.

Le 22 novembre, Cendrillon d’après Pauline Viardot à l’Atelier lyrique de Tourcoing.

Soit 14 représentations, dont une écrite par une compositrice (Pauline Viardot), deux créations (Il Viaggio, Dante et Ali) et quelques raretés (Montag aus Licht, le Carnaval de Venise, l’Écume des jours, Cendrillon).

Compositrices, Divers, Historique, littérature

LES FEMMES ET LA MUSIQUE AU MOYEN ÂGE, d’Anne IBOS-AUGÉ. 2 – Les musiciennes dans l’univers profane.

Vous connaissez mon intérêt pour les compositrices aussi, quand Françoise Objois m’a parlé de la conférence d’Anne Ibos-Augé sur « les femmes et la musique au Moyen Âge », je n’ai pas pu ne pas y assister. Son livre, divisé en trois parties, est une mine d’informations sur le Moyen Âge.

Après l’article consacré aux actrices du monde religieux, je vous propose la deuxième partie, la musique dans l’univers profane.

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II.1 la poétesse compositrice

Le saviez-vous ? (moi, je l’ignorais), le féminin de troubadour est trobairitz.

La première d’entre elles est Azalaïs de Porcairagues, autrice d’une seule canso, Ar em al freg temp vengut (voici venu le temps du froid). Malheureusement, cette poésie est parvenue jusqu’à nous sans musique et les musiciens d’aujourd’hui doivent recourir à d’autres mélodies pour pouvoir la restituer au mieux. Le principe était d’ailleurs connu (et pratiqué) au Moyen Âge !

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Qu’est-ce que l’amour courtois, chanté par les troubadours et les trobairitz ? C’est un « idéal de vie, où l’homme courtois doit posséder des manières distinguées et un esprit fin… et par-dessus tout, il doit aimer de fin’amor, d’amour courtois » (pp. 108-109). L’amour courtois est exclusif et constant.

Les trouveresses en France d’Oïl et au-delà. Parmi les compositrices en langue d’oïl, on trouve Blanche de Castille, la mère de Saint-Louis, autrice d’une Chanson à la Vierge.

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II.2 la ménestrelle

Parisa était, avec son mari Janin, ménestriers de bouche. Les ménestrels, ou ménestriers, représentaient à l’époque tout type de musicien. Les chanteurs étaient appelés ménestriers de bouche, alors que les musiciens militaires étaient appelés ménestriers de guerre.

Parisa et Janin ont exercé leur métier de musiciens à la cour de Savoie autour de l’année 1400. Le métier de ces ménestriers était d’animer en musique les nombreuses fêtes de la cour, mais aussi d’accompagner les seigneurs en voyage ou à la guerre. (On retrouvera plus tard cette fonction chez les chansonniers, comme Charles Favart qui était chansonnier du duc de Saxe.)

II.3 La mécène

La comtesse Marie de Champagne (1145-vers 1202) est la première fille d’Aliénor d’Aquitaine et du roi Louis VII. Elle soutient les lettres et de la musique comme sa mère, et plusieurs auteurs de son époque, dont Chrétien de Troyes, lui dédicacent certains de leurs écrits.

III – Fictions et représentations

La troisième partie traite de la représentation des femmes dans les fictions de l’époque.

III.1 la femme sujet

Ainsi de Marion, dans le Jeu de Robin et Marion, d’Adam de la Halle. Les jeux étaient une forme de théâtre mêlé de musique, préfigurant (de loin) l’opéra (cf. l’arbre phylogénétique de l’opéra).

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III.2 la musicienne de fiction

On connaît généralement l’Yseut de la légende de Tristan et Yseut, mais quelle découverte que l’aspect musicienne d’Yseut. Dans la version de Gottfried de Strasbourg, Yseut est une musicienne et compositrice accomplie. Elle écrit au moins trois lais, dont une lettre poème destinée à être chantée par Tristan quand il la lira.

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Bien sûr, il y a encore beaucoup d’autres choses dans ce livre, alors le mieux, c’est quand même de le lire.

(Source : Les Femmes et la musique au Moyen Âge de Anne Ibos-Augé, éditions du Cerf, 2025.)