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FÊTE DE LA SCIENCE 2021

La Fête de la Science se déroule cette année du 1er au 11 octobre 2021 pour la France métropolitaine.

Après vous avoir parlé en 2019 de la représentation des scientifiques sur les scènes d’opéra, je vous propose maintenant, d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses, et sur l’utilisation ingénieuse des découvertes scientifiques pour l’éclairage, la machinerie ou les effets spéciaux.

Historiquement, l’éclairage des théâtres se faisait à la chandelle. C’est d’ailleurs ce qui fixait la durée d’un acte, qui était limitée à la durée de la chandelle avant qu’elle ne s’éteigne. À partir de 1720, l’usage de la chandelle a été remplacé par de l’huile, que l’on brûlait dans des appareils spéciaux appelés quinquets. Sous Louis XVIII, on est passé à l’éclairage au gaz, dans l’opéra Aladin et la lampe merveilleuse (1822). Puis, le progrès aidant, l’éclairage est devenu électrique, avec la création des orgues électriques pour pouvoir faire varier les éclairages, les couleurs, ou les rampes d’éclairages sur telle ou telle partie des décors ou sur les chanteurs.

L’application de l’électricité au théâtre ou à l’opéra a donné lieu à des inventions aussi subtiles qu’étranges.

Ainsi, les bijoux électriques de M. TROUVÉ illuminaient les fleurs et les bijoux que portaient les actrices ou les danseuses. Par exemple, aux Folies Bergères en 1884 avec le spectacle les Fleurs lumineuses. Le procédé en est l’emploi de lampes à incandescence et de petites piles portatives de son invention, dont le poids est insignifiant.

En 1893 à Monte-Carlo, lors de la création en version scénique de la Damnation de Faust de BERLIOZ, le ballet des sylphes a fait forte impression, avec le corsage des danseuses orné d’une rose électrique.

Berlioz Damnation de Faust Ballet des SylphesCliquez sur le sylphe

En 1890, dans Ascanio de SAINT-SAËNS, Phébus apparaît au milieu des muses en tenant à la main un flambeau de Génie. M Trouvé a eu ici l’idée de dissimuler une lampe à incandescence sous des pierreries de couleur et de dissimuler les accumulateurs dans le corps du flambeau.

Saint-Saëns AscanioCliquez sur l’image

Faust, de GOUNOD, s’est prêté à bien des trouvailles. Ainsi à Francfort les spectateurs médusés ont pu voir une fiole qui se balançait dans les airs, d’abord informe, puis se transformant peu à peu en figure humaine. Celle-ci n’est autre qu’une poupée en caoutchouc repliée sur elle-même que l’on déplie petit à petit à l’aide d’un fil. À Londres, c’est l’usage de l’étincelle électrique qui permettait de rendre lumineuses les épées et les cuirasses des personnages en train de se battre en duel. Les épées étaient reliées à des batteries et produisaient des étincelles chaque fois qu’elles se touchaient !

Gounod Faust le duelCliquez sur le duel

Dans le Freischütz de WEBER, on voyait des têtes de mort s’élever du sol en lançant des étincelles par les yeux et la bouche. Le procédé utilisé est celui de petits fils de fer placés dans ces têtes, et reliés à des piles électriques. Quand le contact est mis, le fil de fer devient incandescent et produit ces étincelles aussi spectaculaires que fantomatiques.

Weber der Freischutz Gorge aux loupsCliquez sur l’image

Et dans la scène de la forge de Siegfried de WAGNER, les coups de marteau sur l’enclume donnent l’imitation parfaite d’une vraie forge. La surface en bois de l’enclume était recouverte d’une plaque de fonte et parcourue d’un réseau de fils métalliques, reliés au circuit électrique du théâtre. Quand Siegfried frappe sur l’enclume, un court-circuit se forme et produit ces milliers d’étincelles caractéristiques de la forge !

Wagner Siegfried NothungCliquez sur Siegfried reforgeant Nothung, son épée

L’incandescence a été utilisée dans la Flûte enchantée de MOZART pour illuminer le diadème de la reine de la Nuit.

Mozart Zauberflöte Air de la reine de la nuitCliquez sur la reine de la Nuit

Je terminerai pour aujourd’hui (mais il y aura une suite) avec l’évocation du théâtrophone, cette invention qui permettait assister au théâtre chez soi, par la double utilisation de microphones pour la captation et du téléphone pour la transmission, à une époque ou ni radio ni télévision n’existaient encore. On sait que Marcel PROUST était un utilisateur de ce théâtrophone.

Et pour tout savoir sur la Fête de la science, et ce qui se passe dans votre région, un seul lien : Fête de la science.

(Source principale : La science au théâtre – étude sur les procédés scientifiques en usage au théâtre moderne, par A. de VAULABELLE et Ch. HÉMARDINQUER, Paris, Henry Paulin éditeur, 1905)

P.S. si je me suis servi pour cet article d’in livre datant de plus de cent ans, les metteurs en scène et les décorateur d’aujourd’hui se servent évidemment des moyens techniques à leur disposition, comme dans le récent Idoménée de CAMPRA monté à l’opéra de Lille.

Campra Idoménée scénographieCliquez sur la scénographie

Divers, Jazz, Nature

BLEU

Un récent commentaire sur le blog de Lazuli Biloba sur les aspects debussystes de ses magnifiques photos de fleurs bleues m’a amené à me poser la question de la représentation du bleu en musique.

Dans la nature, le bleu est la couleur du ciel (le jour) et de l’eau, soit symboliquement, une couleur rattachée à l’air et à l’eau. Dans la religion chrétienne, on associe le bleu aux vêtements de Marie.

Rachmaninoff Ave MariaCliquez sur l’Ave Maria de Rachmaninov

Bien sûr, en musique quand on dit bleu, on pense assez vite au Beau Danube bleu de Johann STRAUSS, ou encore à la Rhapsody in blue, de Georges GERSHWIN.

Strauss An der schönen blauen DonauCliquez sur la version chantée du beau Danube bleu

Gershwin Rhapsody in bluePuis cliquez sur la rhapsody in blue

Un peu moins évidentes sont les références à Barbe bleue, et donc aux cinq opéras (au moins) mettant en scène ce personnage, dont la légende nous vient de Gilles de RAY, maréchal de France, compagnon de guerre de Jeanne d’Arc et zigouilleur de petits enfants.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur Douce et Barbe-bleue

Maurice RAVEL, dont on connaît le goût pour les sonorités nouvelles du jazz intitulera le deuxième mouvement de sa sonate pour violon et piano « Blues ».

Ravel Sonate violon piano bluesCliquez sur la violoniste et le pianiste

Pour Olivier MESSIAEN, qui était synesthète (il associait des couleurs aux accords sonores), le bleu s’apparente à la sonorité de la flûte. Il a par ailleurs écrit, dans son catalogue d’oiseaux, le Merle bleu.

Messiaen le Merle bleuCliquez sur Yvonne Loriod

Autre synesthète, Alexandre SCRIABINE et son « clavier à lumière », sorte d’orgue qui projetait des couleurs pendant qu’on exécutait son œuvre, telle que Prométhée ou le poème du feu.

À propos de Scriabine, ce compositeur qui associait musique et peinture faisait partie du mouvement « Der Blaue Reiter » (« le Cavalier bleu »), mouvement artistique fondé autour de KANDINSKY et de l’expressionnisme en 1911 et 1912. Un autre compositeur a fait partie du « Blau Reiter », c’est Arnold SCHÖNBERG, qui était aussi peintre et a écrit un article et une partition pour ce groupe, sur un texte du poète MAETERLINCK.

Schönberg Herzgewächse op 20Cliquez sur l’opus 20 de Schönberg

Bien entendu, le blues, c’est aussi une part important de la musique de jazz (dont je ne suis pas spécialiste). Parmi les grands classiques du jazz figure Kind of Blues de Miles DAVIS.

Miles Davis Kind of BlueCliquez sur un album de légende du jazz

Dans le Sonnet des voyelles de RIMBAUD, le « O » est associé à la couleur bleu. Pour le caractériser dans la suite du poème, il écrit : « O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, ».

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraiteCliquez sur les strideurs étranges du suprême clairon

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, je vous propose un bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DE LA VARIÉTÉ

Alors que certains chanteurs de variété ne dédaignent pas interpréter des airs classiques, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs classiques ne dédaignent pas interpréter des airs de variété.

Ainsi Jonas KAUFFMANN dans le Parrain :

Jonas Kauffmann le ParainCliquez sur Jonas

Après qu’elle eut mis fin à sa carrière lyrique, la grande Nathalie DESSAY a continué à chanter et on lui doit des albums consacrés à Michel LEGRAND ou Claude NOUGARO.

Nougaro dessayCliquez sur Nathalie

Le très italien Luciano PAVAROTTI aimait bien chanter Funiculi funicula, un air populaire composé pour l’inauguration du funiculaire du Vésuve.

Funicula funiculaCliquez sur Luciano

Le grand baryton russe Dimitri HVOROSTOVSKY aimait particulièrement les airs populaires russes.

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur Dima

La soprano Cathy BERBERIAN (la femme du compositeur Luigi NONO) a enregistré un album des chansons de BEATLES, à une époque où ce mélange des genres ne se faisait pas encore.

The Beatles I want to hold your hand (Berberian)Cliquez sur Cathy

Roberto ALAGNA, le plus « pipole » de nos ténors, n’hésite jamais à pousser la chansonnette, y compris avec sa fille Malèna.

Alagna besame muchoCliquez sur Roberto

Quant à Montserrat CABALLÉ, elle n’a pas hésité à marier sa voix à celle de Freddy MERCURY pour chanter Barcelone.

Caballé Mercury BarcelonaCliquez sur Freddy et Montserrat

Et qui sait que Placido DOMINGO a chanté BREL en duo avec ZAZ ?

Brel la Chanson des vieux amants (Domingo + ZAZ)Cliquez sur Zaz et Placido

Pour ceux (ou celles) qui en veulent encore, il y a ce cadeau bonus !

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous faites partie de ceux (ou celles) qui en veulent encore

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 2 – le XXe siècle

Je vous ai proposé récemment sur ce blog quelques rhapsodies du XIXe siècle. Place maintenant au XXe siècle.

Le XXe siècle a commencé en 1901. Cette année-là, ENESCO écrit sa Rhapsodie roumaine n° 1.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, c’est RAVEL qui écrit sa Rapsodie espagnole (sans h).

Ravel Rapsodie espagnole (Munch)Cliquez sur cet autre enregistrement de légende

En 1921, JANACEK écrit une pièce d’inspiration russe, Tarass Boulba, rhapsodie pour orchestre.

Janacek Tarass BoulbaCliquez sur l’image

En 1924, c’est GERSHWIN qui écrit sa Rhapsodie in blue pour piano et orchestre.

Gershwin Rhapsody in blue (Yuja Wang)Cliquez sur la pianiste

En 1934 RACHMANINOV écrit sa Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 34 pour piano et orchestre.

Rachmaninov Rhapsodie sur un thème de Pagananini op 43 variation 18Cliquez sur le piano et l’orchestre

Et si vous voulez une rhapsodie bonus, cliquez sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une rhapsodie bonus

Voilà, rendez-vous à la fin du siècle, pour faire un point sur les rhapsodies qui auront été écrites dans les années 2000?

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 1 – Le XIXe siècle

Puisque je vous ai proposé dans mon article sur le Danube la Rhapsodie roumaine d’ENESCO, je me propose de revenir sur cette notion de rhapsodie en musique. Étymologiquement, la rhapsodie vient du mot rhapsode. Le rhapsode était dans l’antiquité grecque un chanteur / acteur qui allait de ville en ville pour chanter / déclamer / dire des poèmes, par exemple l’Odyssée. Il ne faisait qu’interpréter, souvent sous forme d’improvisation, des textes écrits par d’autres, car le rhapsode n’avait pas reçu des dieux le don de créer, au contraire de l’aède qui, comme HOMÈRE, possédait ce don.

En musique, la rhapsodie est une forme libre, i.e. qui ne répond pas aux schémas classiques que sont la symphonie, la sonate, le concerto… Elle date du XIXe siècle, quand les compositeurs ont commencé à sortir de ces schémas, pour trouver plus de liberté dans leurs formes musicales. Elles ressortent souvent de la musique folklorique ou ethnomusicologique.

Franz LISZT, qui avait déjà « inventé » le poème symphonique, a popularisé ce genre avec ses Rhapsodies hongroises, souvent d’une très grande difficulté pianistique. Elles sont écrites sur des thèmes du folklore hongrois.

Liszt rhapsodie hongroise n 2Cliquez sur la pianiste

En 1869, Johannes BRAHMS écrit pour le mariage d’une fille de Clara et Robert SCHUMANN la Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, œuvre qui sera créée par Pauline VIARDOT.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’enregistrement de légende

En 1874 Anton DVORAK, si proche musicalement de Brahms, écrit ses Rhapsodies slaves.

Dvorak Rhapsodie slaveCliquez sur l’image

En 1879, Édouard LALO écrit sa Rhapsodie norvégienne sur des airs populaires norvégiens.

Lalo rhapsodie norvégienneCliquez sur l’image

La célèbre pièce España d’Emmanuel CHABRIER est une rhapsodie pour orchestre, écrite suite à un voyage en Espagne qu’il avait fait en famille.

Chabrier EspanaCliquez sur l’image

En 1884 Camille SAINT-SAËNS, qui avait déjà écrit des Rhapsodies bretonnes pour orgue, écrit la Rhapsodie d’Auvergne.

Saint-Saëns rhapsodie d'AuvergneCliquez sur l’image

Le XXe siècle connaîtra son lot de rhapsodies, ne manquez donc pas sur ce blog, l’article « Rhapsodes et rhapsodies – Partie 2 – le XXe siècle« .

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ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (4e série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques. Après la troisième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

On a déjà rencontré sur ce blog Klaus NOMI chantant l’air du génie du froid, extrait du King Arthur de PURCELL. Il a aussi chanté l’air « Mon cœur s’ouvre à ta voix », extrait du Samson et Dalila de Camille SAINT-SAËNS. Retrouvons-le dans la mort de Didon, extrait de Didon & Enée de PURCELL.

Purcell Didon et Enée la mort de didon Klaus NomiCliquez sur Klaus Purcell

Boris VIAN a déposé des paroles sur La marche turque de MOZART.

Mozart-Vian marche turqueCliquez sir Wolfgang Amadeus Vian

Quand j’étais (beaucoup) plus jeune (eh oui, je n’ai pas toujours été jeune, j’ai aussi été très jeune), je ne connaissais pas le Canon de PACHELBEL, mais j’écoutais Rain and Tears, la version que VANGELIS avait composée pour Aphrodite’s Child et Demis ROUSSOS.

Pachelbel Vangelis Rain and tearsCliquez sur Johann Pachelbel Roussos

Encore un tube avec Carmen de BIZET : « l’amour est un oiseau rebelle ». Écoutons-le interprété par Nolwenn LEROY.

Nolwen Bizet Carmen l'amour est un oiseau rebelleCliquez sur Nolwen Bizet

Nana MOUSKOURI a chanté le classique du XXe siècle Like a bridge over troubled water de SIMON & GARFUNKEL.

Nana Mouskouri Like a bridge over troubled waterCliquez sur Nana Simon & Garfunkel

La chanteuse libanaise FAYROUZ chante son amour pour sa ville, Beyrouth, sur l’air du Concerto de Aranjuez, de RODRIGO.

Rodrigo Fairouz Aranjuez Li BeyrouthCliquez sur Fayrouz Rodrigo

On connaît parfois le duo Montserrat CABALLE et Freddy MERCURY, mais connaissiez-vous celui formé par Luciano PAVAROTTI et le chanteur de QUEEN ? Écoutons-les dans « Nessun Dorma », extrait de Turandot de PUCCINI.

Puccini turandot Nessun dorma (Pavarotti et Mercury)Cliquez sur Luciano Mercury

Et je terminerai ce billet avec STING, dans « la Complainte de Mackie », extrait de l’Opéra de quat’sous de WEILL et BRECHT.

Weill la complainte de Mackie (Sting)Cliquez sur Sting Weill

Et si vous n’en avez pas encore assez, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous n’en avez pas encore assez

Divers

LES NOTAIRES À L’OPÉRA

Après avoir traité il n’y a guère du thème « Droit et opéra« , dans un billet consacré aux avocats et aux jugements, place maintenant à la représentation du notaire à l’opéra.

Le rôle du notaire, le plus souvent, est de faire signer un contrat de mariage. Il peut également apparaître pour faire exécuter des dispositions testamentaires. Il peut intervenir à la demande d’un vieux barbon qui veut épouser une jeunesse. Ce classique de la comédie est déjà le sujet de l’École des femmes, de MOLIÈRE.

Je vous propose ici quelques rôles de notaires (vrais ou faux).

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le rôle du notaire était surtout de faire signer les contrats de mariage. Ainsi, dans Cosi fan Tutte (1789) de MOZART, la servante Despina se déguise en notaire pour célébrer les noces des deux jeunes inconstantes avec les beaux Albanais qu’on leur a tendus sur un plateau.

Mozart Cosi fan Tutte le notaireCliquez sur Despina déguisée en notaire

En 1816, dans le Barbier de Séville (Il Barbieri di Siviglia) de ROSSINI, le vieux Bartolo qui veut se marier avec sa jeune pupille Rosine fait venir le notaire pour sceller cette union.

Rossini le Barbier de Séville finalCliquez sur la plume du notaire

Après Rossini, les as du bel canto italien feront la part belle à ces notaires qui sont là juste pour faire signer un contrat de mariage.

Ainsi, dans la Somnambule (1831) de BELLINI, dans l’Élixir d’amour (l’Elisir d’amore) (1832) de DONIZETTI, dans Lucia di Lammermoor (1835), toujours de Donizetti ou encore dans la Fille du régiment (1840) (encore de Donizetti).

Le dernier avatar bel cantiste est Don Pasquale (1843) de l’incontournable Donizetti. Don Pasquale est un de ces vieux barbons qui veut se marier avec une jeune femme, Norina, après avoir déshérité son neveu Ernesto. Le notaire qui rédige le contrat de mariage est en fait un cousin, qui veille sur les amours de Norina et Ernesto. Le faux contrat signé, Norina va rendre la vie impossible à son faux mari, jusqu’à ce que celui-ci soit content d’apprendre qu’il n’est pas vraiment marié.

Donizetti Don Pasquale Fra da una parte ecceteraCliquez sur l’air du (faux) notaire

Un peu plus tard, on retrouvera un notaire dans La Périchole (1868) d’OFFENBACH.

Offenbah la Périchole Chœur des notairesCliquez sur le chœur des notaires

Au XXe siècle, on ne demande plus aux notaires de faire signer ces contrats, et leur rôle (à l’opéra) est de faire respecter des dispositions testamentaires.

Ainsi dans Gianni Schicchi (1918) de PUCCINI. L’histoire est celle d’une famille triste non d’avoir perdu un oncle qui vient de mourir, mais d’apprendre l’existence d’un testament léguant toute la fortune du défunt à un monastère. La famille fait alors appel à Gianni Schicchi, qui va prendre la place du mort dans son lit et, faisant venir un notaire, dicter un autre testament. Tout se passerait bien si l’ingénieux Schicchi jouant les mourants ne se mettait à léguer tous ses biens à… Gianni Schicchi !

Puccini Gianni SchicchiCliquez sur la bande-annonce

On trouve encore un notaire dans l’inattendu Testament de la tante Caroline (1933), une opérette d’Albert ROUSSEL. Dans cette œuvre, la tante Caroline meurt en laissant derrière elle 40 millions, qu’elle lègue à la première de ses trois vieilles sœurs qui aura un enfant, pendant l’année qui va s’écouler, faute de quoi la fortune serait léguée à l’armée du Salut !

Roussel le Testament de la tante CarolineCliquez sur les trois vieilles tantes sans descendance

(Source principale : Le Notaire à l’Opéra, Michel BERETTI, Caisse des Dépots et Consignations, 1987.)

Contes et légendes, Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 7 – LA PARESSE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, et la colère, la paresse est donc le septième péché capital.

Bizarrement, j’ai trouvé peu de scènes de paresseux dans l’histoire de l’opéra, et j’aurai peut-être du mal à écrire un deuxième billet sur ce sujet, au contraire de la luxure, la jalousie ou la colère.

Au début du Tannhaüser de WAGNER, le héros paresse voluptueusement chez la déesse Vénus.

Wagner Tannhauser VenusbergCliquez sur le Venusberg

Une des plus grandes paresseuses de l’opéra est Brünnehilde, qui s’endort à la fin de la Walkyrie pour ne se réveiller qu’à la fin de l’opéra suivant, Siegfried, une vingtaine d’années plus tard.

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur Wotan (en colère) qui va endormir sa fille

Elle est toutefois largement battue par la Belle au bois dormant de PERRAULT, qui elle va faire une petite sieste de cent ans, et dont TCHAÏKOVSKI tirera un de ses plus fameux ballets.

Tchaïkovsky La Belle au bois dormantCliquez sur le ballet

Au tournant du siècle dernier, dans l’opéra Jenufa de JANACEK, le héros Steva passe plus de temps à ne rien faire en buvant avec ses amis qu’à travailler., ce qui n’est pas du goût de sa future belle-mère.

Janacek Jenufa Dusa moja, Stevo, StevuskoCliquez sur l’image

L’enfant et les Sortilèges de RAVEL et COLETTE commence par une déclaration de l’enfant, qui n’a pas envie de faire sa page, mais plutôt d’aller se promener (et accessoirement de tirer la queue du chat.)

Ravel l'Enfant et les sortilèges j'ai pas envie de faire ma pageCliquez sur l’enfant paresseux

En 1933, Kurt WEILL écrit le ballet Les sept péchés capitaux avec l’aide de son complice Bertold BRECHT.

Weill les 7 Péchés capitaux la paresseCliquez sur l’image

André MESSAGER, un ami de FAURÉ (ils étaient tous deux élèves de SAINT-SAËNS à l’école Niedermeyer), est connu pour ses opérettes, comme Ciboulette. Dans son opérette RIP, il nous offre ce « Vive la paresse ».

Messager RIP Vive la paresseCliquez sur les années TSF !

Dans ses Banalités, sur des textes d’APOLLINAIRE, Francis POULENC nous offre cet « Hôtel », où la chanteuse (ou le chanteur) ne veut pas travailler, mais veut fumer.

Poulenc Banalités Hôtel (Crespin)Cliquez sur l’image

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, félicitations, vous avez gagné le droit de cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si (et seulement si) vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Agenda Ironique, Divers

PLAN PLAN RATAPLAN, C’EST LE BRUIT DU TAMBOUR

Quelques jours avant la célébration de la fête nationale française, et des marches martiales qui l’accompagnent, intéressons-nous au bruit du tambour.

L’onomatopée qui représente (en français) le bruit du tambour est ran plan plan, ran rataplan. On peut d’ailleurs en entendre dans mon article consacré aux onomatopées. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, le thème de l’Agenda Ironique de juillet 2021 est précisément onomatopées, répétitions et accumulations, comme il est dit cidsous.

 » Tchachacha, froufrou, splat, et scouic. « 

 » Je vous propose d’utiliser onomatopées, répétitions et accumulations pour relater une étape de la vie d’une personne, ou un moment particulier, comme par exemple les préparatifs du matin, ou du soir. Quelques borborygmes seraient aussi les bienvenus. « 

 » Vous avez jusqu’au 26 juillet, et puis après on vote. Clap clap clap ! « 

AGENDA IRONIQUE DE JUILLET! | Grain de sable (victorhugotte.com)

 » Si vous êtes nouveau ou nouvelle, vous postez votre texte sur votre blog, shlak!, et puis hop, vous copiez-collez le lien dans les commentaires ci-dessous.
Tic toc, tic toc…
« 

Et donc (roulement de 🥁), place au son du tambour !

Roulements de tambourCliquez sur le roulement de tambour

Commençons par Henry PURCELL, qui a composé en 1695 cette émouvante Musique pour les funérailles de la reine Marie, pour tambours et cuivres.

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

On trouve de nombreuses scènes avec des soldats à l’opéra, et les compositeurs se sont fait un malin plaisir à faire chanter aux chœurs des plan plan rataplan, ou des rataplan plan plan.

Ainsi en 1832, dans l’Élixir d’amour, DONIZETTI fait arriver la garnison du sergent Belcore au son des tambours :

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

En 1836, MEYERBEER va plus loin dans ses Huguenots en faisant chanter Rataplan plan plan au chœur.

Meyerbeer les huguenots C'est le jour RataplanCliquez sur l’image

Dans La Fille du régiment (1840) de Donizetti, on peut entendre l’air avec chœur « Au bruit de la guerre ».

Donizetti La Fille du régiment au bruit de la guerreCliquez sur la fille du régiment

On trouve une répétition de cette trame, réutilisée en 1879 par OFFENBACH dans son opérette la Fille du tambour-major. (Offenbach était familier des onomatopées puisqu’une de ses opérettes à pour titre Ba-Ta-Clan, titre qui a donné son nom à la salle de spectacle parisienne.)

Offenbach la Fille du tambour-majorCliquez sur la fille du tambour-major

En 1862, c’est VERDI qui nous propose un « rataplan rataplan » dans La Force du destin (La Forza del destino).

Verdi La forza Acte III RataplanCliquez sur l’image

Et si vous avez eu le courage ou la patience d’arriver jusqu’ici, cliquez donc sur le lien cidsous, vous pourriez être surpris(e).

Point d'interrogation

Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 6 – LA COLÈRE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, la luxure, l’avarice et la jalousie, la colère est donc le sixième péché capital.

On trouve des scènes de colère dans toute l’histoire de l’opéra, et les dieux se montrent aussi irascibles que les humains.

Jean-Philippe RAMEAU avait mauvais caractère. Au cours de sa vie, il a participé à trois « querelles » importantes dans l’histoire des idées de son siècle : La querelle des lullistes et des ramistes, la querelle des bouffons et la querelle des encyclopédistes. Est-ce pour cela que l’on trouve tant de personnages irascibles dans ses opéras ?

Ainsi dans les Indes galantes de RAMEAU, Huascar, le grand prêtre du soleil, prétend que la colère divine se manifeste alors qu’il simule une éruption volcanique pour faire fléchir les héros Phani et Carlos.

indes galantes 2Cliquez sur Huascar

Dans Zoroastre, c’est le couple formé par Érinice et Abramane qui est emporté par la fureur presque du début à la fin de l’œuvre.

Et dans les Boréades, c’est Borée, le dieu du vent, qui ne peut contenir sa colère quand il voit la reine Alphise renoncer à son trône pour n’avoir pas à choisir entre ses fils (les Boréades) comme époux.

La reine de la nuit, dans la Flûte enchantée de MOZART, exprime toute sa colère contre Zarastro dans l’air « der hölle Rache ».

Flûte enchantée Reine de la nuitCliquez sur la reine de la nuit

Chez WAGNER, c’est Fricka, l’épouse de Wotan, le dieu en chef, qui se met en colère dans La Walkyrie quand elle apprend que son mari veut favoriser un « champion », au mépris des lois qu’il est censé protéger.

Wagner die Walküre FrickaCliquez sur Fricka

Chez VERDI, c’est dans Otello que le héros, poussé par sa jalousie, pique une colère meurtrière qui lui fait tuer sa femme, Desdémone.

Verdi Otello Dio Mi potevi scagliarCliquez sur Otello

Dans L’Enfant et les Sortilèges, de COLETTE et RAVEL, l’enfant se fait punir par sa mère parce qu’il n’a pas fait ses devoirs. Il se met alors en colère et déchire tout ce qu’il trouve.

Ravel l'Enfant et les Sortilèges débutCliquez sur l’enfant

Dans la scène des énigmes de Turandot de PUCCINI, la princesse de Chine, qui veut venger le viol de sa grand-mère en faisant mettre à mort tous ses prétendants, propose ses énigmes à Calaf. Celui-ci trouve les réponses, faisant croître la colère de Turandot.

Puccini Turandot Straniero, ascoltaCliquez sur Turandot

Il y a une autre colère très populaire dans la musique classique, c’est un des thèmes principaux des Requiems : Dies Irae, dies illa… (Jours de colère que ces jours-là.)

Verdi Requiem Dies IraeCliquez sur l’image

Il y a d’autres scènes de colère dans l’opéra, mais il faut savoir se limiter. En tout cas ne manquez pas le dernier billet de cette série, celui sur la paresse.