Artistes, Divers, Grandes voix

IN MEMORIAM CHRISTA LUDWIG (1928 – 2021)

La grande cantatrice Christa LUDWIG nous a quittés le 24 avril 2021.

Fille d’un ténor et d’une mezzo, Christa Ludwig fait ses débuts sur scène à l’âge de 18 ans, dans le rôle d’Orlovski de la Chauve-souris (die Fledermaus) à Francfort.

En 1954, elle débute au Festival de Salzbourg dans le rôle de Chérubin des Noces de Figaro (le Nozze di Figaro), sous la direction de Karl BÖHM (pour les plus jeunes de mes lecteurs, Karl Böhm était un des trois grands chefs qui ont marqué ma jeunesse, avec Herbert von KARAJAN et Georg SOLTI.)

En 1955, elle rejoint la troupe du prestigieux Wiener Staatsoper (opéra d’état de Vienne), où elle chantera pendant 30 ans.

En 1959, elle fait ses débuts aux États-Unis, notamment au MET où elle chante le rôle de Chérubin. Sa carrière internationale est ainsi définitivement lancée.

En 1966, elle est invitée au Festival de Bayreuth, où elle chante le rôle de Brangäne dans Tristan und Isolde.

Avec l’âge, sa voix lui permet d’aborder un répertoire plus vaste, incluant Carmen, Kundry de Parsifal de WAGNER ou encore Dalila dans Samson et Dalila de SAINT-SAËNS.

Wagner Parsifal (Christa Ludwig)Cliquez sur Kundry

Outre les rôles déjà cités, elle a aussi interprété Ottavia dans le Couronnement de Poppée de MONTEVERDI, Iphigénie dans Iphigénie en Aulide de GLUCK, Léonore dans Fidelio de BEETHOVEN, Vénus dans Tannhaüser, Fricka dans la Tétralogie, la Maréchale dans le Rosenkavalier de STRAUSS, mais également des rôles dans des créations contemporaines (L’École des femmes, de Rolf LIEBERMANN).

Beethoven Fidelio (Christa Ludwig)Cliquez sur Léonore

Une autre corde vocale à son arc musical était la mélodie, et elle s’est illustrée notamment par ses interprétations de SCHUBERT, SCHUMANN, BRAHMS ou MAHLER.

Schubert An die Musik (Christa Ludwig)Cliquez sur Christa Ludwig interprétant Schubert

Schumann Liederkreis (Christa Ludwig)Cliquez sur Christa Ludwig interprétant Schumann

Brahms Rhapsodie pour alto (Christa Ludwig)Cliquez sur Christa Ludwig interprétant Brahms (avec orchestre)

Mahler Lieder eines fahrenden Gesellen (Christa Ludwig)Cliquez sur Christa Ludwig interprétant Mahler (avec orchestre)

(Source principale : Wikipedia)

Et pour conclure cet hommage, un petit cadeau bonus pour ceux et celles d’entre vous qui ont eu le courage d’arriver jusqu’ici :

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Divers

TROISIÈME ANNIVERSAIRE DU BLOG

Voilà déjà trois ans que je me suis lancé dans cette aventure d’un blog consacré à la musique et à la littérature. En trois ans, j’ai publié presque 500 billets. Au début, j’en publiais beaucoup pour enrichir ma base de connaissances, et maintenant je suis arrivé à un rythme d’un billet tous les 3 jours (sauf événement spécial), plus le MET qui s’invite chez nous toutes les semaines.

Vous vous êtes mis à plus de 24 500 visiteurs cumulés, venus de 118 pays, pour voir 57 000 vues sur ce blog.

J’ai consacré 82 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à Death in Venice de BRITTEN, ou de Aïda de VERDI à Zoroastre de RAMEAU. Le plus regardé est celui consacré aux Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, juste devant Le Barbier de Séville de ROSSINI.

Rossini Il Barbiere di Siviglia Largo al factotumCliquez sur Figaro

J’ai également consacré 51 billets à des compositeurs, de Monteverdi à BRITTEN. Le compositeur qui vous a le plus intéressé est Franz SCHUBERT. J’ai aussi cette année créé une nouvelle catégorie où l’on trouve des compositrices, pour la plupart injustement méconnues.

Schubert FierrabrasCliquez sur Fierrabras (de Schubert)

Ces chiffres de 81 opéras et 51 compositeurs (ou compositrices) chroniqués sont à rapprocher de mon objectif initial, quand j’ai commencé mon livre sur l’opéra (livre qui s’est transformé au cours du temps en ce blog), de retenir 99 opéras et 49 compositeurs (j’avais en tête pour la structure du livre La vie mode d’emploi de PEREC.)

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 35 écrivains passés à ma moulinette, de SOPHOCLE à ECHENOZ, le billet le plus consulté étant celui consacré à Victor HUGO.

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma (pas encore assez par rapport à mon objectif initial), à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé…

La vidéo la plus regardée est, d’une manière assez inattendue celle-ci :

Point d'interrogationCliquez sur la vidéo la plus regardée, et ce d’une manière assez inattendue

Côté classique, la vidéo la plus regardée est l’Ave Maria de Schubert interprété par Maria CALLAS.

Schubert Ave Maria CallasCliquez sur la Callas

J’espère que vous resterez nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de l’opéra !

Et pour finir ce billet, je vous propose de retrouver une de mes vidéos préférées, Nathalie Stutzmann et Philip Jaroussky dans un duo de HAENDEL.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur Philippe Jaroussky et Nathalie Stutzmann

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise

Post Scriptum : qu’il me soit permis ici de rendre un hommage à la très grande cantatrice qu’était Christa LUDWIG, décédée le 24 avril2021 à l’âge de 93 ans. (Et que penseriez-vous d’un billet qui lui serait consacré ?)

Brahms Von ewiger Liebe (Christa Ludwig)Cliquez sur l’hommage

Divers

ET DU CHAOS JAILLIRA LA LUMIÈRE

J’aurais pu intituler ce billet « Quand l’obscurité fait place à la lumière », mais ce titre aurait été moins percutant.

Un des premiers airs qui me vient à l’esprit sur ce thème est la cantate Aus der Tiefen rufe ich zu dir (Du fond des ténèbres, je crie vers toi, Seigneur), une des premières cantates de J.S.BACH, datée de 1707.

Bach (Jean-Séb) Aus der Tiefen rufe ich su dirCliquez sur l’image

Quelques décennies plus tard, Joseph HAYDN, dans son oratorio La Création (die Schöpfung) décrit de manière très contrastée le chaos originel duquel Dieu fait surgir la lumière.

Haydn la Création début chaos lumièreCliquez sur l’image

Dans la Flûte enchantée (Zauberflöte), de MOZART, le héros doit vaincre symboliquement l’obscurité pour parvenir à la lumière de la connaissance. À la fin, la reine de la Nuit et Monostatos sont rejetés dans les ténèbres, alors que Pamina et Tamina accèdent à la lumière de la Connaissance.

Mozart Zuberflöte la Flûte enchantée finalCliquez sur la scène finale

Dans Fidelio de BEETHOVEN, les prisonniers célèbrent la lumière quand on les tire de l’obscurité du cachot où ils croupissent.

Beethoven Fidelio O welche lust (MET 2000)Cliquez sur les prisonniers

On trouve un effet semblable au début du dernier mouvement de la 9e symphonie de Beethoven où, après une sorte de chaos orchestral, une phrase lumineuse surgit et prend le dessus (jusqu’à devenir le thème qui sera repris par le chœur dans l’Ode à la Joie, de SCHILLER.)

Beethoven 9e symphonie 4e mouvementCliquez sur l’orchestre et le chœur

Dans son très théâtral Requiem, BERLIOZ crée un effet terrible dans le mouvement « Tuba mirum ». Ce mouvement correspond aux trompettes du jugement dernier, annonçant le Juge suprême qui donnera à chacun la place qu’il aura méritée suite à son séjour sur terre. Il commence donc par les fameuses trompettes, sonnant aux quatre coins de l’église, suivies d’un roulement de timbales crescendo, avant que le chœur n’exprime la lumière du rédempteur effaçant les ténèbres.

Berlioz Requiem tuba mirumCliquez sur le chœur annonçant la lumière surgissant du chaos et des ténèbres

Qu’il me soit permis ici de citer une anecdote vécue dans ma folle jeunesse. Je participais à une production un peu mégalo du Requiem (cf. cliché photographique cidsous, je suis dans le cercle rouge au fond), avec deux cents instrumentistes et sept cents choristes. Derrière le chœur se trouvaient HUIT paires de timbales et le nombre de cuivres qui convenait pour les accompagner, le tout jouant fortississimo. Quand le chœur a commencé à chanter pour s’extraire du chaos, je n’ai RIEN entendu. J’ai regardé autour de moi, ai vu tous ces choristes bouches grand ouvertes, mais pas le moindre son n’arrivait à percer les ténèbres. Le chef a dû se résoudre à demander aux instrumentistes de faire un fortissimo au lieu d’un fortississimo !

requiem

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 4 – L’AVARICE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, et la luxure, l’avarice est donc le quatrième péché capital.

L’avarice, c’est ce péché qui consiste à ne pas vouloir se départir de ses biens ou de son argent. À ce titre, on peut dire que l’avare se prive de tout pour ne pas se priver de son argent.

[Il y a de cela fort longtemps, les avares cachaient leur « épargne » dans des bas de laine, et on disait qu’ils faisaient de la contention de cet argent. C’est de là que vient l’expression « un bas de contention pour l’avarice ». (Ce jeu de mots a été homologué par la LDDDJDMP ! 🤣)]

Plus sérieusement, dans notre culture, l’Avare, c’est d’abord Harpagon, le personnage de la pièce de MOLIÈRE datant de 1668. Cette pièce a été mise en musique à plusieurs reprises, par ANFOSSI en 1775, ASTARITA en 1776, ORLANDI en 1801. On peut aussi noter une musique de scène écrite par Maurice JARRE, le père de Jean-Michel.

En 1787, le compositeur italien CAMBIN écrit pour Paris l’opéra bouffon le Tuteur avare.

Avant Molière, SHAKESPEARE avait mis en scène dans le Marchand de Venise (1597) le personnage de Shylock, un riche usurier juif dont l’avidité à recouvrir ses prêts peut être vue comme de l’avarice. Cette pièce a fait l’objet en 1935 d’un charmant opéra de Reynaldo HAHN (1874 – 1947).

Hahn le Marchand de VeniseCliquez sur l’image

Dans l’Or du Rhin (Rheingold) (1854), WAGNER met en scène deux personnages qui perdent tout pour avoir voulu mettre la main sur l’Or du Rhin. Il s’agit des géants Fasolt et Fafner, qui se disputent pour posséder l’anneau magique forgé avec l’Or du Rhin. Pour l’obtenir, Fafner tue son frère Fasolt et va se réfugier dans une caverne, sous la forme d’un dragon qui lui permet de veiller tranquillement (et stérilement) sur son or.

Wagner das Rheingold Fafner und FasoltCliquez sur l’image

En 1836, POUCHKINE écrit Le Chevalier avare, pièce qui sera portée à l’opéra par RACHMANINOV en 1904.

Rachmaninov le Chevalier avareCliquez sur l’image

Et on retrouve évidemment l’avarice dans le ballet Les sept péchés capitaux (1933) de Kurt WEILL.

Weill les sept péchés capitaux l'avariceCliquez sur l’image

Retrouvez prochainement le cinquième péché capital, la jalousie.

Compositrices, Divers

LE REQUIEM DE FAURÉ (1888 – 1893)

Je vous l’annonçais dans mon billet sur Gabriel FAURÉ, son Requiem est une de mes œuvres préférées, et c’est probablement celle que j’ai le plus chantée en concert.

En opposition aux deux autres grands Requiems du XIXe siècle, ceux de BERLIOZ et de VERDI qui avaient perdu tout sens religieux, Fauré a voulu revenir a une forme plus retenue et plus intime. La structure de son Requiem est donc plus légère, et ne comporte que sept parties :

I – Introït et Kyrie

II – Offertoire (Offertorium)

III – Sanctus

IV – Pie Jesu

V – Agnus Dei et Lux Aeterna

VI – Libera me

VII – In Paradisum.

On n’y trouve donc pas ce morceau de bravoure obligé qu’est le Dies Irae (Jour de colère).

Lully Dies IraeCliquez sur le Dies Irae de Lully

La première ébauche date de 1877 avec le Libera me, une œuvre écrite pour baryton et orgue. En 1887, Fauré à l’idée d’écrire une messe des morts (un requiem, donc)

La première exécution date du début 1888 en l’église de La Madeleine, à Paris, sans l’Offertorium ni le Libera Me, et avec un effectif orchestral relativement réduit, pas de cordes sauf un violon solo. Les deux derniers morceaux sont achevés rapidement, et dès 1893, c’est avec cette structure qu’est donné le Requiem, toujours à La Madeleine. C’est la version de 1893, dite pour orchestre de chambre.

Ensuite, Fauré confia à son élève Roger DUCASSE le soin d’écrire une réduction pour piano (celle que les choristes ont le plus souvent en main quand ils le chantent), mais Ducasse ira plus loin en fournissant aussi une version pour orchestre complet. C’est cette version de 1900 – 1901 qui deviendra vite populaire et sera jouée un peu partout dans le monde.

Il faudra attendre environ un siècle pour que les musicologues retrouvent les versions originales à la BNF et établissent une version critique de la partition. J’ai eu la chance de la travailler sous la direction de Jean-Michel NECTOUX, un des musicologues qui a réalisé cette édition critique (et par ailleurs auteur d’un livre, Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, paru chez Flammarion en 1990 et tout à fait remarquable).

Et donc pour moi, le Requiem de Fauré, c’est :

La première œuvre que j’ai chantée, au cours d’un stage dirigé par Michel PIQUEMAL en 1986. Nous l’avions donné à l’époque notamment à Pamiers, ville natale de Fauré.

Je l’ai également travaillée plusieurs fois avec l’ensemble vocal Intermezzo, dirigé par Claire MARCHAND, et donnée à La Madeleine, mais aussi aux Invalides et dans différentes autres églises de Paris ou de la région parisienne.

C’est enfin, une œuvre travaillée avec Jean-Michel NECTOUX, et donnée dans sa version de chambre dans les salons de l’hôtel particulier du prince de Polignac, dans le XVIe arrondissement parisien.

Bref, que des souvenirs extraordinaires !

Mais assez parlé de moi, revenons à la musique.

I – « Introït » : Requiem aeternam…

Fauré Requiem IntroïtCliquez sur le chœur

II – « Offertorium »

Fauré requiem OffertoriumCliquez sur le disque

III – « Sanctus »

Fauré Requiem Sanctuscliquez sur l’image

IV – « Pie Jesu » (pour la soprano)

Fauré Requiem Pie JesuCliquez sur la soprano

V – « Agnus Dei » & « Lux Aeterna »

Fauré Requiem Agnus DeiCliquez sur l’image

VI – « Libera me » (pour le baryton et le chœur). Attention, écoutez bien de 1 mn 57 s à 2 mn 50 s, vous avez les seules 17 mesures « forte » de la partition.

Fauré Requiem Libera meCliquez sur le baryton et la cheffe

VII – Le séraphique « In Paradisum » (pour les sopranos, ou de jeunes garçons) avec léger accompagnement du chœur.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur l’image

Voilà, normalement après ce morceau, il n’y a plus de place que pour le silence, mais comme aujourd’hui, le printemps est revenu (il revient toujours le printemps), je vous propose un petit cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 3 – LA LUXURE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, la luxure est donc le troisième péché capital. Comme la gourmandise, on pourrait la qualifier de péché capiteux.

La luxure, c’est la recherche sans retenue du plaisir sexuel.

En 1746, l’Anglais FIELDING publie Tom Jones, enfant trouvé dans lequel on trouve deux lords luxurieux. Ce roman très riche a été adapté par PHILIDOR dès 1765 dans son opéra-comique Tom Jones.

Philidor Tom JonesCliquez sur Tom Jones et ses compagnons

Il précède de peu MOZART et son héros libertin, Don Giovanni. Au XVIIe siècle, le libertin, c’était le libre penseur, celui qui s’affranchissait de Dieu. Au XVIIIe siècle, le sens avait déjà évolué vers une personne qui cherchait le plaisir, et s’était donc rapproché de la luxure.

Mozart Don Giovanni Madamina, il catalogoCliquez sur Leporello lisant le catalogue des conquêtes de son maître à Dona Elvira

Le duel entre l’amour physique et l’amour courtois est au cœur du dilemme qui s’impose à Tannhaüser, le héros de WAGNER. En effet, ayant succombé à l’ivresse de la luxure au Mont de Vénus, comment pourra-t-il, revenu chez les humains, retrouver l’amour d’Élisabeth ?

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au Venusberg

MASSENET semble s’être fait une spécialité des femmes luxurieuses, avec Manon qui veut « vivre pleinement sa jeunesse », ou Thaïs, la prostituée qui fait perdre la tête au moine Abigaïl.

Massenet Manon Profitons bien de la jeunesseCliquez sur Manon

Massenet Thaïs Oh mon miroir fidèle (Acte II)et cliquez sur Thaïs

Le XXe siècle n’est pas avare non plus en scène de luxure. Ainsi du personnage de Lulu mis en musique par Alban BERG.

Berg Lulu HanniganCliquez sur Lulu

BRECHT et WEILL ont écrit, outre le ballet les sept Péchés capitaux, l’opéra Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny. Retrouvons Lotte LENIA, la créatrice de la chanson « Alabama song ».

Weill Mahagonny Alabama SongCliquez sur l’image

Pour écrire son Rake’s progress (la Carrière d’un libertin), STRAVINSKY s’est inspiré d’une série de peintures de HOGARTH.

Stravinsky The Rake's ProgressCliquez sur Tom Rakewell et Ann Trulove

Enfin, la Lady Macbeth de Mzensk de CHOSTAKOVITCH, insatisfaite avec son mari, trouve le plaisir dans les bras d’un autre.

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur le lit

Et pour finir, je vous propose un petit bijou d’Erik SATIE, « Je te veux ».

Satie je te veux

À bientôt pour un nouveau péché capital, l’avarice.

Cinématographe, Divers

Serge GAINSBOURG (1928 – 1991)

Ce 2 mars, nous célébrons le trentième anniversaire de la mort de Serge GAINSBOURG.

Né Lucien GINSBURG à Paris en 1928, il prend le nom de Serge Gainsbourg comme nom d’artiste. D’abord peintre, il découvre la musique (la chanson) grâce à Boris VIAN, avec qui ils ont des points communs (amour du jazz, goût de la provocation.) De formation classique en musique, il joue du piano dans les bars, tout en composant des chansons. Très vite, il entre dans l’écurie de Jacques CANETTI dans son cabaret des Trois Baudets.

Hommes à femmes, il écrit des chansons pour Juliette GRÉCO (La Javanaise), Pétula CLARK (la Gadoue), Françoise HARDY (Comment te dire adieu), France GALL (Poupée de cire, poupée de son), Brigitte BARDOT (Bonnie and Clyde ou Comic Strip), avant de rencontrer Jane BIRKIN (Je t’aime, moi non plus) avec qui il restera un certain temps.

Vous avez été plusieurs à me faire remarquer que Gainsbourg avait utilisé le premier mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK pour sa chanson « Initials B.B ». Je vais à présent vous proposer un petit tour de ses emprunts à la musique classique.

Dvorak Nouveau mondeCliquez sur l’affiche

Gainsbourg Initials BBCliquez sur Brigitte B.

Un de ses premiers tubes, « Poupée de cire, poupée de son », écrit pour France GALL serait inspiré de la Sonate n° 1 pour piano de BEETHOVEN (dernier mouvement).

Gainsbourg dédiera également à sa nouvelle compagne le titre Jane B, au thème musical largement inspiré par le prélude en mi mineur Opus 28 no 4, de Frédéric CHOPIN.

Chopin Prélude op 28 no 4Cliquez sur le pianiste

Gainsbourg Jane BCliquez sur Jane B.

La chanson « Baby alone in Babylone » est bâtie sur la 3e Symphonie de BRAHMS.

Brahms Symphonie no 3 3ème mouvementCliquez sur Johannes B.

Gainsbourg Baby Alone in BabyloneCliquez sur Jane Birkin

Le « Lost song » se base sur la « Chanson de Solveig », extraite du Peer Gynt de GRIEG.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur Solveig (Marita Solberg)

Gainsbourg Lost SongCliquez sur Jane

« Ma Lou Marilou » doit beaucoup au premier mouvement de la 23e Sonate, Appassionata de Beethoven.

Beethoven Sonate no 23 1er mvtCliquez sur le pianiste

Gainsbourg Ma Lou MarilouCliquez sur l’homme à la tête de chou

On retrouve la Symphonie du Nouveau Monde, le dernier mouvement cette fois, pour la chanson « Requiem pour un con », extraite du film Le Pacha de LAUTNER, où Gainsbourg joue son propre rôle.

Dvorak Symphonie du nouveau monde mvt 4Cliquez sur Anton D.

Gainsbourg requiem pour un conCliquez sur Serge G.

La chanson « Lemon incest« , interprétée avec sa fille Charlotte est bâtie sur l’Étude n° 3 de l’opus 10 de Chopin.

Chopin études opus 10 n 3Cliquez sur les mains du pianiste

Gainsbourg Lemon incestCliquez sur charlotte G.

Cliquez sur Charlotte G.

Serge Gainsbourg meurt d’une crise cardiaque le 2 mars 1991 à Paris.

Et pour en savoir un peu plus, un lien vers le site de France Musique qui m’a un peu aidé dans mes recherches pour écrire ce billet.

https://www.francemusique.fr/chanson/10-morceaux-de-serge-gainsbourg-inspires-du-classique-33502

Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 2 – LA GOURMANDISE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, le deuxième péché capital est la gourmandise. On pourrait même le qualifier de péché capiteux.

Si on boit beaucoup à l’opéra, le péché de chère y est aussi représenté. (Le péché de chair également, mais ça, ce sera pour la luxure, troisième billet, encore à venir, de cette série.)

Commençons donc par un « classique » du XVe siècle, le Tourdion de Pierre ATTAIGNANT, une chanson à boire et à manger, qui se chante en canon.

Attaignant TourdionCliquez sur les gras jambons

Dans le Don Giovanni de MOZART, le héros invite la statue du commandeur à souper. C’est lors de ce souper qu’il perdra la vie, entraîné dans les flammes de l’enfer.

Mozart Don Giovanni final (le souper)Cliquez sur le souper final

L’acte II de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ se déroule aux cuisines pendant qu’un festin se déroule en coulisses. Les serviteurs se plaignent d’avoir à servir les hôtes, pendant que ceux-ci improvisent un chœur à boire.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Au début de Manon de MASSENET, les voyageurs appellent en vain l’hôtelier pour se faire servir à manger.

Massenet Manon Holà Monsieur l'hôtelierCliquez sur l’image

Le plus « beau » personnage de gourmand de l’opéra est Falstaff, qui a inspiré à Verdi son dernier chef-d’œuvre. Falstaff de VERDI. L’action débute à l’auberge où Falstaff et ses valets ont laissé une lourde ardoise.

Verdi Falstaff début Act ICliquez sur Sir John à l’auberge

Dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, Truffaldino, assoiffé, ouvre les 3 oranges dérobées à la cuisinière de la sorcière, ce qu’il n’aurait pas dû faire.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges les 3 orangesCliquez sur les 3 oranges et découvrez ce qui va se passer…

Dans le conte pour enfants Hänsel und Gretel, d’HUMPERDINCK, les deux enfants ont tort de céder à leur gourmandise en mangeant la maison en pain d’épices de la sorcière.

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur l’image

Enfin, les compositeurs étant parfois eux aussi attirés par la bonne chère, certains d’entre eux ont laissé leur nom dans le domaine de la gastronomie.

Et voilà, à bientôt pour un nouveau péché : la luxure !

Divers

LE CHOEUR DE CHAMBRE SEPTENTRION A BESOIN DE VOUS

Le Chœur de Chambre Septentrion

Dans le cadre du projet de création de son nouveau spectacle musical, le Chœur de chambre Septentrion, basé à Lens dans les Hauts de France, a mis en place un financement participatif pour réaliser une résidence d’artistes qui lui permettra de créer et de finaliser ce spectacle, appelé Vice Versa. et une captation vidéo de ce spectacle à destination des milieux fermés (hôpitaux, EHPAD,…)

Au travers de ce spectacle, le Chœur de Chambre Septentrion vise à faire apparaître des passerelles entre une musique dite « savante » et les airs et chansons qui font partie de notre patrimoine musical.

Voici une présentation de ce spectacle par Victoria DUHAMEL, la metteuse en scène du spectacle.

Duhamel VictoriaCliquez sur Victoria

Ainsi que la présentation par Rémi AGUIRRE ZUBIRI, le directeur artistique.

Aguirre Zubiri RémiCliquez sur Rémi

Au programme, vous pourrez entendre des extraits des Huit Chansons françaises de Francis POULENC.

Poulenc Les TisserandsCliquez sur la partition

Arthur H se réappropriant la première gnossienne de SATIE.

Satie Gnossienne no 1 pour 50 guitaresCliquez sur les 50 guitaristes

Arthur H La Chanson de SatieCliquez sur Arthur H

L’opus 62 de BRAHMS.

Brahms opus 62 RosemarinCliquez sur la partition

Ou encore les ponts jetés entre la musique classique et la chanson par Serge GAINSBOURG.

Brahms Symphonie no 3 3ème mouvementCliquez sur Johannes

Gainsbourg Baby Alone in BabyloneCliquez sur Jane

Et bien d’autre choses encore…

Pour tout savoir (ou presque) sur Septentrion, c’est ici : Le Choeur de Chambre Septentrion (wixsite.com)

Vous pouvez les aider à créer ce beau projet en faisant un don : proarti : Vice Versa

Je compte sur vous ! 🙂

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LES ANNIVERSAIRES DE 2021 – Partie 2 – les écrivains et les musiques que c’est pas de l’opéra.

Après les compositeurs et les opéras que l’on pourra célébrer en 2021, voici deux nouvelles catégories d’anniversaires célébrables en cette année qui commence.

Dans la catégorie « autres musiques qui ne sont pas de l’opéra mais que j’aime bien » sont nommés :

Entre 1820 et 1822, BEETHOVEN achevait ses sonates pour piano avec les trois dernières, formidables, (formidable dans ses deux sens : qui est grand et qui fait peur !), les opus 109, 110 et 111. L’opus 110 date de 1821.

Beethoven opus 110Cliquez sur la pianiste

Le Rouet d’Omphale de Saint-Saëns (1871)

Saint-Saëns le Rouet d'OmphaleCliquez sur l’image

Jeux d’enfants de Bizet (1871)

Bizet Jeux d'enfantsCliquez sur la partition

Chout le bouffon, de Prokofiev (1921)

BRAHMS Schicksalslied (1871), d’après HÖLDERLIN, assez proche dans l’esprit et dans le style du Requiem allemand (1871).

Brahms SchicksalsliedCliquez sur l’image

Dans la catégorie « écrivains dont les œuvres ont inspiré de la musique » sont nommés :

Jean de LA FONTAINE (1621 – 1695)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur la soprano

Walter SCOTT (1771 – 1832)

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur cette malheureuse Lucia

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)

Duparc Baudelaire Invitation au voyageCliquez sur l’Invitation au voyage

Gustave FLAUBERT (1821 – 1880)

Massenet HérodiadeCliquez sur Hérodiade