Cinématographe, Divers

LE FESTIN DE BABETTE, de Gabriel AXEL (1987)

Cet article est ma contribution à l’Agenda Ironique de novembre 2020.

Ce merveilleux film danois de Gabriel Axel se passe à la fin du XIXe siècle, sur les côtes désolées du Jutland. Il fait partie du top 10 de mes films préférés. L’histoire est tirée d’une nouvelle de Karen BLIXEN.

Ce BERGMAN optimiste a reçu l’Oscar du meilleur film étranger en 1988.

Le Festin de Babette Bande-annonceCliquez sur Babette

La première partie du film se déroule dans une communauté luthérienne tenue par le pasteur du village, aidé par ses deux jeunes (et jolies) filles. L’une, Martine, est courtisée par Lorens, un officier de l’armée danoise envoyé quelques temps à l’isolement dans ce village perdu pour lui faire réfléchir à l’inanité de sa conduite légère. Il finit par la quitter quand il comprend que dans cette communauté rigoriste, son amour n’a aucune chance. Lors d’une scène de bal à Stockholm (sur une valse de BRAHMS), on le voit décider de se consacrer désormais à sa carrière militaire afin de prendre sa place dans le monde.

Brahms Valse opus 39 n° 15Cliquez sur la partition

L’autre fille, Philippa, a une voix superbe. Achille Papin, un ténor de l’opéra de Paris qui passait par là, on l’entend dans l’air « Deh vieni alla finestra » du Don Giovanni de MOZART chanté à l’opéra de Stockholm découvre, part en villégiature dans le village et découvre sa voix « de Diva » à l’église.

Mozart Don Giovanni deh vieni alla finestraCliquez sur l’image

Achille se met en devoir de donner des cours de chant à Philippa, espérant la faire un jour triompher à l’opéra de Paris. Après une scène où ils interprètent en duo l’air « La ci darem la mano » de Don Giovanni, la jeune femme, troublée, décide d’interrompre ses leçons de chant, et Achille repart à Paris.

Mozart Don Giovanni la ci darem la manoCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Secundo, on voit arriver quelques années plus tard dans le village une jeune femme (Babette) ayant fui la France après la commune de Paris, munie d’une lettre de recommandation de la part d’Achille Papin. Elle se met au service des deux sœurs, qui font vivre la mémoire de leur père décédé auprès de la petite communauté villageoise. On voit Babette s’intégrer petit à petit à cette communauté.

Troisièmement, 14 ans plus tard Babette, dont les seuls liens avec la France sont ceux d’un ami qui lui prend, tous les ans, un billet de la loterie nationale, apprend qu’elle a gagné le prix de 10 000 francs (de l’époque). Elle demande aux deux sœurs qui s’appétaient à célébrer lors d’un repas le centième anniversaire de leur père de la laisser préparer ce repas, par un repas « à la française ». D’abord réticentes, les sœurs finissent par accepter, persuadées que Babette, devenue riche, va ensuite les quitter.

Cette dernière partie, qui fait presque la moitié du film, est consacrée aux préparatifs du festin de Babette, puis à la préparation du repas à la cuisine, alors que les invités, ne sachant trop ce qu’on va leur faire manger (ils se méfient de la cuisine du diable), ont juré de ne commenter aucun des plats qu’on leur servira. Lorens, qui est devenu général, se pose des questions sur le sens de sa vie : a-t-il bien fait de renoncer à son amour de jeunesse pour épouser les vanités de la gloire militaire ? Il se fait inviter au festin et est le seul à se rendre compte de la qualité des mets et des vins qu’on leur sert. Il y a au menu de la soupe de tortue, des « cailles en sarcophage », le tout arrosé des meilleurs vins et du nectar de Bretzel liquide.

À la fin du repas, aidé par les boissons, toutes les dissensions qui existaient dans la communauté se dissolvent et tout le monde se réconcilie. Lorens avoue à Martina qu’il l’a toujours aimée, chaque jour de sa vie. Il a compris qu’il y a un temps pour aimer, un temps pour briller en société, et un temps pour se souvenir.

Le Festin de Babette chanson danoiseCliquez sur l’image

Je terminerai l’évocation de ce film par quelques citations :

Babette, en réponse aux deux sœurs qui déplorent qu’elle ait dépensé tout son argent pour leur repas (maintenant, vous serez toujours pauvre) : Un artiste n’est jamais pauvre.

Lorens, faisant ses adieux à Martine : J’ai appris ce soir que dans notre beau monde, tout est possible.

Les villageois faisant la ronde sous les étoiles au sortir du repas : L’horloge sonne, et le temps passe, l’éternité approche.

Achille Papin : Un cri jailli du cœur de l’artiste retentit dans le monde entier. donnez moi une chance de me surpasser.

Et pour trouver une autre contribution à l’Agenda Ironique, c’est ici : Un voyage en huit étapes.

Cinématographe, Divers, Fantaisie

L’HUMOUR EN MUSIQUE (partie 2)

Après une première série d’exemples d’humour en musique, et à la demande générale, en voici une nouvelle.

Jean-Philippe RAMEAU, dans Platée, a écrit un superbe air pour la Folie.

Rameau Platée la FolieCliquez sur la Folie

Josef HAYDN, dans sa symphonie La Surprise, donne un violent coup de timbale pour réveiller l’auditeur. L’Anglais Gerard HOFFNUNG s’amusera à amplifier ce mouvement de surprise par toutes sortes de bruits.

Haydn la Surprise (par Hoffnung)

Cliquez sur ce pauvre Haydn

Il existe une sorte d’humour qui est l’humour involontaire ! L’Américaine Florence Foster Jenkins était veuve d’un milliardaire américain et se piquait d’être chanteuse. Sa vie a inspiré deux films, le film éponyme avec Meryl STREEP et Marguerite avec Catherine FROT. Écoutons-la massacrer bravement l’air de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée de MOZART.

Florence Foster Jenkins

La musique de ROSSINI est naturellement alerte. Écoutons les King’s Singers dans l’ouverture du Barbier de Séville.

Rossini ouverture du Barbier de Séville King's SingersCliquez sur l’image

Si, on l’a vu dans la première série, VERDI s’est mis sur le tard à la comédie, WAGNER s’est également essayé au genre avec les Maîtres chanteurs de Nuremberg. La fin de l’acte II est particulièrement savoureuse, quand le Maître-chanteur en chef, le cordonnier Hans Sachs, entreprend de corriger la chanson du ridicule Beckmesser en marquant les fautes par des coups de marteau sur la chaussure qu’il est en train de fabriquer. Finalement, le bruit provoqué par ces coups de marteau réveille villageois et apprentis, qui descendent dans la rue et provoquent un beau chahut.

Wagner les Maîtres Chanteurs final acte IICliquez sur le chahut final de l’acte II

Et OFFENBACH (le roi de l’opérette) ne manque pas non plus d’humour, par exemple la scène de la mouche dans Orphée aux enfers.

duo de la moucheCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS s’est certainement bien amusé en écrivant son Carnaval des animaux, où il représente (musicalement) les pianistes faisant leurs gammes, alors que l’orchestre cherche à les faire taire.

Saint-Saëns Carnaval des animaux pianistesCliquez sur l’image

L’Anglais Gerard HOFFNUNG a fait un travail remarquable pour dynamiter la musique classique. Ainsi de son opéra Let’s fake an opera (The Tales of Hoffnung), qui mélange les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Don Giovanni, Les Pêcheurs de perles, Carmen, Otello…

Hoffnung Let's fake an operaCliquez sur l’image

Pour finir, je vais vous dévoiler le secret des chefs de chœur pour faire monter les sopranos dans les aigus.

copyright SERRE

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres exemples d’humour en musique.

Divers

LES ENFANTS À L’OPÉRA

Je vous l’avais annoncé dans le billet « Des opéras pour les enfants« , puis un peu mis de côté. Voici donc comme promis un billet qui nous parle des enfants héros d’opéras.

Avant MOZART, les enfants ne chantaient pas à l’opéra. Par exemple, dans Alceste (1767 – 1776) de GLUCK, la reine Alceste paraît accompagnée de ses enfants, mais ceux-ci ont un rôle muet.

Gluck Alceste acte I scène IICliquez sur les fils d’Alceste

C’est MOZART qui, dans La Flûte enchantée (1791), donne à un trio d’enfants un rôle important pour le déroulement de l’histoire.

Mozart la Flûte enchantée les enfantsCliquez sur les enfants

Après Mozart, il faudra attendre MOUSSORGSKI pour faire intervenir les enfants de Boris : Fédor et Xénia, dans Boris Godounov (1872).

Moussorgski Boris Godounov Fédor et XeniaCliquez sur Xénia et Fédor

Peu après, BIZET lancera la mode des chœurs d’enfants avec le chœur des gamins de Carmen (1875).

Bizet Carmen Chœur des gaminsCliquez sur les gamins

On retrouvera ainsi des chœurs de ce type en 1881 chez RIMSKY-KORSAKOV et son Snegourotchka, en 1892 chez TCHAÏKOVSKI et sa Dame de Pique (1890), en 1895 chez PUCCINI et sa Bohème (1895), voire chez LEONCAVALLO et son Paillasse (1892).

Tchaïkovski La Dame de pique chœur d'enfantsCliquez sur l’image

Puccini La Bohème début acte IICliquez sur les gamins

Et dans Werther (1887) de MASSENET les enfants ouvrent l’œuvre avec leur répétition des chants pour Noël.

Massenet Werther Jésus vient de naîtreCliquez sur l’image

BRITTEN (1913 – 1976) ira plus loin en confiant les rôles principaux de son génial Tour d’écrou (The turn of the screw) (1954) à deux enfants.

britten the turn of the screw maloCliquez sur Miles

On peut aussi parler des opéras écrits POUR les enfants, tels que L’enfant et les sortilèges (1924) de RAVEL (1875 – 1937), La petite renarde rusée (1923) de JANACEK (1854 – 1928), ou encore Le petit ramoneur (1949) de BRITTEN.

Britten encore lui, écrit un ravissant chœur de fées pour enfants dans son Songe d’une nuit d’été (1960).

Britten a midsummer night's dream final (chœur des fées)Cliquez sur le chœur des fées

Divers, Fantaisie, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE DE NOVEMBRE 2020

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a co-proposé pour animer l’Agenda Ironique de novembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style.

Votre AI devra être inspiré du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire ci-dessous jusqu’au 26 novembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 novembre.

Je vous en livre ici quelques extraits, mais vous pouvez piocher dedans, en retirer, en rajouter (surtout en rajouter).

Un temps pour naître et un temps pour mourir…

Un temps pour pleurer et un temps pour rire…

Un bel exemple de participation par anticipation est celui du groupe les Portes, dans leur titre « Prends les choses comme elles viennent ! ».

The Doors Take it as it comesCliquez sur Jim

Mais comme ils ont posté leur participation trop tôt (c’était en 1967), ils sont hors concours.

Comme contrainte, je vous demande de faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi que d’employer l’expression « Bretzel liquide » !

Laurence m’a suggéré de vous rappeler que l’anapodoton est une variété d’anacoluthe, vous pourrez en trouver la définition à l’adresse suivante: https://www.cnrtl.fr/definition/anapodoton

Vous pouvez aussi aller voir dans le dernier livre de ma femme :  » Marie-France CLAEREBOUT – S’entraîner au Certificat Voltaire », PUF éditions, septembre 2020, page 203 (publicité gratuite)

Voilà, à vous de jouer.

Divers, Fantaisie

UN VOYAGE EN HUIT ÉTAPES

Le billet d’aujourd’hui s’inscrit dans l’Agenda Ironique du mois d’octobre (2020) de Victorhugotte. Les contraintes à respecter sont de raconter un voyage en huit étapes menant vers la source d’une forte odeur, en introduisant les mots suivants : « la escalera », « el paraguas », « el catrin », et « el tambor ».

Je vais donc vous emmener dans un petit voyage en musique

Première étape (mars): Le Paraguay baroque. On le sait peu, mais les jésuites missionnaires en Amérique du Sud ont importé là-bas la musique baroque, et il existe tout un répertoire de musique religieuse indigène. Ainsi de cet ensemble Paraguay Barocco (petit rappel, on dit un Paraguay, des Paraguas, mais ça, peu de gens le savent ! [Note: en vrai, c’est pas vrai 😉])

Paraguay BarrocoCliquez sur la Cathédrale

Deuxième étape (avril): dans le prologue de l’Orient approximatif des Indes galantes de RAMEAU, Bellone, la déesse de la guerre fait résonner les tambours pour attirer les jeunes gens vers la gloire de la guerre, et ainsi les détourner des joies de l’amour que Hébé leur promettait.

Rameau les Indes galantes PrologueCliquez sur l’image

Troisième étape (mai): la Russie, à la cour de El Catrin II de Russie (plus connue sous son nom de Catherine II de Russie).

Amoureuse des livres et de la culture, notamment française, elle entretient une correspondance avec VOLTAIRE et fait venir à sa cour DIDEROT et GRIMM. Grâce à l’ambassadeur de France, le comte de SÉGUR, elle fait venir de Paris sa troupe d’opéra. Le comte de Ségur était lui-même un chansonnier et un goguettier.

Quatrième étape (juin) : L’Italie et plus particulièrement Milan, et son célèbre opéra, la Scala di Milano. On peut y entendre par exemple l’opéra de ROSSINI l’Échelle de soie (la Scala di seta) datant de 1812.

Rossini l'échelle de soieCliquez sur l’image

Cinquième étape (juillet) : Un passage par la France s’impose, avec La Fille du tambour-major (1879), de Jacques OFFENBACH.

Offenbach la fille du tambour-majorCliquez sur Griolet

Sixième étape (août) : Partons à présent en Espagne, et plus particulièrement à Séville, où le Don Giovanni de MOZART est toujours aux aguets de « l’odor di femmina », (« l’odeur de la femme »). Mais non, cette odeur, c’est plus un effluve qu’une forte odeur, continuons notre voyage pour trouver l’origine de cette forte odeur.

Mozart Don Giovanni Air du CatalogueCliquez sur Leporello

Septième étape (septembre) : Passons à présent au Pays des merveilles et contemplons les Borogoves tout flivoreux en train de vaguer.

Talbot Alice's Adventures in WonderlandCliquez sur l’image

Huitième étape (octobre) : Restons en Espagne, près des remparts de Séville, où Don José restera imprégné de la forte odeur de la fleur que Carmen lui avait jetée.

Bizet Carmen La Fleur que tu m'avais jetéeCliquez sur Don José

Divers

L’HUMOUR EN MUSIQUE (partie 1)

Copyright GELUCK

Pour trop de gens, le rituel associé aux concerts de musique dite classique, voire de l’opéra (on imagine les soirées de gala, où il faut se rendre en « tenue de soirée ») est austère, voire ennuyeux. Pourtant, les musiciens, compositeurs ou interprètes, savent rire. Je vais vous en proposer quelques exemples.

Un peu de terminologie pour commencer. L’opéra-comique n’est pas comique, c’est seulement de l’opéra qui comporte des parties parlées. L’opera buffa (en italien) ou l’opéra bouffe (en français), au contraire, se veulent comiques. C’est aussi le cas de l’opérette.

À peu près tous les compositeurs se sont un jour ou l’autre essayés au genre comique. C’est le cas de RAMEAU avec sa comédie Platée.

rameau platée grenouillesCliquez sur le chœur des grenouilles

C’est aussi le cas de VERDI qui a attendu la fin de sa carrière pour écrire, enfin, une vraie comédie, Falstaff.

Verdi Falstaff finalCliquez sur le final de Falstaff

Même WAGNER s’y est mis, avec les Maîtres chanteurs de Nuremberg.

Josef HAYDN, dans sa symphonie La Surprise, donne un violent coup de timbale (pour réveiller l’auditeur?)

Haydn la SurpriseCliquez sur l’orchestre

On prête à ROSSINI (le roi de l’opéra bouffe) ce « Duo des chats ».

Duo des chatsCliquez sur Vriska et Virgule

Et OFFENBACH (le roi de l’opérette) ne manque pas non plus d’humour, jusque dans son seul opéra « sérieux » les Contes d’Hoffmann.

Offenbach Les Contes d'Hoffmann les zoziaux dans la charmilleCliquez sur Olympia

SAINT-SAËNS s’est certainement bien amusé en écrivant son Carnaval des animaux, où il représente (musicalement) les critiques comme des ânes.

Saint-Saëns le Carnaval des animaux les personnages à longues oreillesCliquez sur l’image

L’Anglais Gerard HOFFNUNG a fait un travail remarquable pour dynamiter la musique classique. Ainsi de son opéra Let’s fake an opera (The Tales of Hoffnung), qui mélange les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Don Giovanni, Les Pêcheurs de perles, Carmen, Otello…

Hoffnung Let's fake an operaCliquez sur l’image

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres exemples d’humour en musique.

Cinématographe, Divers, Grands chœurs

QUELQUES GRANDS CHŒURS RUSSES

Je vous ai présenté il n’y a guère quelques grands chœurs de TCHAÏKOVSKI. Alors que pendant près de deux siècles, l’opéra s’est chanté soit en italien, soit en français, le réveil des écoles nationales vers le milieu du XIXe siècle a permis l’expression de l’âme russe en musique, et particulièrement à l’opéra.

Le « père » de la musique russe est GLINKA (1804 – 1857), qui a écrit principalement deux opéras, Ruslan et Ludmila et Une Vie pour le tsar (Ivan Soussanine). Voici le chœur final de Ruslan et Ludmila (1837 – 1842).

Glinka Rouslan et Ludmila Chœur final

Cliquez sur l’image

Un des successeurs de Glinka, le plus grand peut-être pour avoir su allier la musicalité de la langue russe et ses racines musicales, est MOUSSORGSKI. Dans son Boris Godounov (1869 – 1872), le chœur, fidèle en cela à la tragédie grecque, représente le peuple, et accompagne de bout en bout le drame qui se joue.

Moussorgski Boris Godounov Scène du couronnementCliquez sur la scène du couronnement

J’ai déjà parlé des chœurs de Tchaïkovski, mais je ne peux résister au plaisir de vous (re)présenter l’hymne des Chérubins, extrait des Liturgies de saint Jean Chrisostome.

Tchaïkovski Hymn of the CherubimCliquez sur l’image

De BORODINE, je vous propose les danses polovtsiennes du Prince Igor.

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennesCliquez sur les polovtsiennes

De RIMSKI-KORSAKOV, le « ciment » du Groupe des cinq, je vous propose le Notre Père :

Rimski-Korsakov Notre pèreCliquez sur l’image

RACHMANINOFF a également été inspiré par la liturgie orthodoxe. Écoutons un extrait des Vêpres.

Rachmaninov les VêpresCliquez sur le chœur

PROKOFIEV a écrit des opéras (j’y reviendrai), mais aussi des musiques pour les films d’EISENSTEIN. Il a ainsi composé une musique impressionnante pour Alexandre Nevsky.

Prokofiev Alexandre NevskyCliquez sur l’image

Divers, Religion

L’ASSOMPTION – 15 AOÛT

J’ai déjà consacré un billet il y a presque un an aux « Ave Maria » (Je vous salue Marie), cette prière que les catholiques font à la mère de Dieu pour lui demander d’intercéder pour le salut de leurs âmes auprès de Dieu.

L’assomption est une fête catholique célébrée le 15 août, en mémoire de la Vierge Marie, qui serait montée directement au Ciel, sans passer par la case « mort ».

Les cinq chants adressés à la Vierge Marie sont l’Ave Maria, le Magnificat, le Stabat Mater, le Regina Caeli et le Salve Regina.

Je vous propose de commencer par écouter une version grégorienne du Salve Regina (vers 1250) :

Grégorien Salve Regina

Le Magnificat est proclamé par Marie à Elisabeth sa cousine qu’elle vient aider dans les derniers mois de sa grossesse tardive du futur Jean le Baptiste, soit la Visitation. (Le texte latin peut se traduire par « Mon âme exalte le Seigneur ».) De très nombreux compositeurs ont écrit des Magnificats. J’ai une affection particulière pour le Magnificat allemand, (le Deutsche Magnificat) d’Heinrich SCHÜTZ (1585 – 1672) (une des toutes premières œuvres que j’ai eu l’occasion de chanter.)

Schütz Magnificat Meine Seele

Cliquez sur la partition

Les compositeurs classiques n’ont pas manqué de mettre en musique les prières adressées à la mère de Dieu, et ce dès MONTEVERDI avec ses Vespro della beata Vergine (1610).

Monteverdi Vespro della beata Vergine

Cliquez sur l’image

Trois siècles plus tard, BRITTEN a écrit A Hymn to the Virgin (1930).

Britten A Hymn to the Virgin

Cliquez sur l’image

Dans son opéra Jenufa (1893 – 1903), Janacek fait chanter à son héroïne, inquiète de ne pas voir son enfant à son réveil, une prière à la Vierge.

Janacek Jenufa Zdravas KralovnoCliquez sur Jenufa

Le Stabat Mater Dolorosa correspond au chant de déploration de Marie, en pleurs devant la croix où se trouve Jésus crucifié. Là aussi, de très nombreux compositeurs ont écrit des Stabat Mater, de PERGOLÈSE à POULENC en passant par VIVALDI, ou BONONCINI. Je publierai (un jour) un billet consacré uniquement aux Stabat Mater.

schubert-stabat-materCliquez sur l’image

Cinématographe, Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (2e SÉRIE)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est également vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques.

Comme pour le premier billet, commençons par Francis BLANCHE, avec sa version de la Cinquième symphonie de BEETHOVEN (dite « la Pince à linge ») interprétée par les QUATRE BARBUS.

4 Barbus la Pince à lingeCliquez sur la Pince à linge

Richard ANTHONY a mis des paroles sur le Concierto de Aranjuez (de RODRIGO).

Anthony Rodrigo concerto de AranjuezCliquez sur Anthony Rodrigo

Nana MOUSKOURI nous a chanté un « chœur des esclaves », extrait du Nabucco de VERDI, vibrant d’émotion.

Nana Mouskouri Verdi NabuccoCliquez sur Nana Verdi

Pendant le confinement, Marie-Paule BELLE nous offrait tous les jours une chanson interprétée de chez elle. Écoutons « Wolfgang et moi ».

Belle Wolfgang et moiCliquez sur Marie-Paule Mozart

Henri TACHAN a chanté « Comme dans un opéra », bel hommage à l’opéra.

Tachan Comme dans un opéraCliquez sur l’image

Et Henri SALVADOR, avec Juanita Banana, rend hommage à VERDI et l’air Caro nome de son Rigoletto. (Dans le film Le Goût des autres d’Agnès JAOUI, le héros interprété par Jean-Pierre BACRI, un homme plutôt inculte qui cherche à se faire accepter par un groupe d’artistes est tout content de montrer qu’il connaît cet opéra en citant Salvador et Juanita Banana.)

Verdi Salvador Juanita BananaCliquez sur Giuseppe Salvador

Poursuivons avec Barbra STREISAND : « Après un rêve », de FAURÉ

Fauré Streisand Après un rêveCliquez sur Barbra Fauré

Serge GAINSBOURG avait une bonne culture musicale, et il s’en est servi pour ses chansons. Par exemple, la chanson « Baby alone in Babylon » est bâtie sur la troisième symphonie de BRAHMS.

Brahms Birkin Symphonie n 3 Baby alone in BabylonCliquez sur Johannes Birkin

Après Symphonicity, un album de reprise de ses grands succès accompagné avec un orchestre symphonique (je vous le conseille !), STING a enregistré un album consacré à John DOWLAND (1523 – 1626).

Dowland Come again with StingCliquez sur Sting Dowland

Voilà, c’est tout pour cette livraison. Si vous êtes sages et que vous le demandez gentiment, j’en ai déjà une troisième de prête.

Divers, Nature

VOICI DES ROSES

De toutes les fleurs, la rose est peut-être la plus universelle pour l’être humain, et chaque type de rose porte un sens différent suivant sa couleur.

Je vous propose ici un bouque d’airs parfumés à la rose.

« Mignonne allons voir si la rose »…

En 1821, dans le Freischütz de WEBER, Agathe et ses demoiselles d’honneur chantent devant le bouquet de roses blanches d’Agathe.

Weber Der Freischütz Cavatine d'AgatheCliquez sur Agathe

En 1846, c’est BERLIOZ qui fait chanter à Méphistophélès « Voici des roses » dans sa Damnation de Faust.

voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, avec « le Spectre de la rose », extrait des Nuits d’été.

Berlioz Nuits dété NormanCliquez sur l’image

En 1883, MASSENET dans Manon fait chanter le duo : « À nous les amours et les roses. »

Massenet Manon A nous les amours et les rosesCliquez sur l’image

Dans Iolanta (1892) de TCHAÏKOVSKY, c’est quand il comprend que Iolanta ne voit pas les couleurs et qu’elle ne peut lui offrir que des roses blanches au lieu de la rose rouge qu’il lui demande en souvenir d’elle que Godefroy se rend compte de la cécité de Iolanta.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur le final de Iolanta

En 1911, dans Le Chevalier à la rose de  STRAUSS, la scène de la présentation de la rose d’argent aux fiancés est une des scènes majeures de l’opéra.

Parmi les mélodies de FAURE figure « Les Roses d’Ispahan » (1894), sur un poème de LECONTE DE LISLE.

Fauré Les roses d'IspahanCliquez sur la pochette de disque