2 - compositeurs

André Ernest Modeste GRÉTRY (1741 – 1813)

André Ernest Modeste est né à Liège en 1741. Son père est violoniste à l’église Saint-Denis de Liège, église où GRÉTRY devient enfant de chœur.

Il fait partie de ces compositeurs extrêmement célèbres à leur époque et qui ne sont plus aujourd’hui joués qu’occasionnellement.

Auteur d’une messe à 18 ans, il reçoit une bourse pour aller étudier à Rome, où il part en 1760. Il y compose six quatuors à cordes. Il quitte l’Italie en 1766 pour Genève, où il donne des cours de musique. Là, il a l’occasion d’écouter des œuvres françaises. Il se trouve donc au cœur de l’opposition entre l’école italienne et l’école française, peu après la querelle des Bouffons. Il fait la connaissance de VOLTAIRE qui le pousse à venir à Paris.

Il arrive à Paris en 1767, sous le règne de Louis XV. Il commence une collaboration avec MARMONTEL, qui débute avec Le Huron (1768), d’après l’Ingénu de Voltaire. Cette pièce conduit immédiatement Grétry au succès. Suivront, toujours avec Marmontel avec qui il travaille jusqu’en 1777, Zémire et Azor (1771) qui a un tel succès qu’il obtient une rente royale.

Grétry Zémire et AzorCliquez sur l’image

En 1773 Céphale et Procris est donné à l’Académie Royale de Musique.

Grétry Céphale et ProcrisCliquez sur l’image

(Qu’il me soit permis ici d’évoquer un souvenir personnel puisque c’est avec cette œuvre que j’ai eu la seule occasion de ma vie de chanter sur la scène de l’Opéra-Comique à Paris.)

1773 est également l’année de composition du Magnifique, d’après La FONTAINE.

Auteur prolifique, il compose en 1776 un Pygmalion, d’après les Métamorphoses d’OVIDE, un Andromaque d’après RACINE en 1780, un Électre d’après EURIPIDE en 1782 et un Amphitryon d’après MOLIÈRE en 1786.

En 1783, il avait écrit son « opéra égyptien« , la Caravane du Caire. En 1789, c’est Raoul Barbe-bleue.

Grétry la Caravane du CaireCliquez sur la pochette du disque

Le goût prononcé de Marie-Antoinette pour les opéras comiques donne l’occasion à Grétry de se faire une place à la cour, et il devient maître de clavecin de la reine. Il écrit ce qui est considéré comme son chef d’œuvre, Richard Cœur de Lion, en 1784 (dont un des airs, « Je sens mon cœur qui bat », est repris par TCHAÏKOVSKI dans La Dame de Pique).

Grétry Richard cœur de lion je crains de lui parler la nuitCliquez sur la version originale de « Je sens mon cœur qui bat »

Il perd ses trois filles et se retire petit à petit de la vie musicale parisienne, pour se consacrer à la littérature.

En 1791, il compose encore un Guillaume Tell.

Grétry Guillaume Tell ouvertureCliquez sur l’image

En 1795, à la création de l’Institut de France, il représente la musique dans les classes des Beaux-Arts, avec MÉHUL et GOSSEC.

En 1802, Napoléon le décore de la Légion d’honneur.

Il finit par se retirer dans l’Ermitage de J.J.Rousseau qu’il a racheté après la mort de celui-ci à Montmorency, et où il meurt en 1813. On lui fait des funérailles nationales.

(source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard 1992)

17 réflexions au sujet de “André Ernest Modeste GRÉTRY (1741 – 1813)”

  1. Merci pour ton article qui me sert de piqure de rappel !

    Je ne me rappelais plus qu’il avait été adoubé de son vivant avant de tomber dans les oubliettes de l’Histoire. Ceci dit, ici à Liège, il y a une multitude de choses qui ont l’empreinte de Gretry (rues, statue, académie, musée, etc.) et il est encore bien souvent joué à l’OPRL.

    A bientôt,
    Johan

    Aimé par 1 personne

    1. Bonsoir Johan.
      Je me demandais d’où tu étais, en Belgique. Je connais un peu Liège, car mon enfant y a fait ses études pendant trois ans, et de ce fait, j’allais régulièrement à Liège. (C’est aussi le berceau de ma famille, côté de mon grand-père paternel.) Du coup, la statue de Grétry devant l’Opéra royal de Wallonie Belgique, je la connais bien !
      Et quand j’ai fait mes recherches sur internet pour trouver des extraits sympas des œuvres de Grétry, je suis souvent tombé sur l’OPRL !
      Bonne soirée à toi.

      Aimé par 1 personne

  2. Merci Jean-Louis pour cette découverte. Je connais déjà la rue Grétry dans le quartier de l’Opéra à Paris, pour y avoir travaillé (j’avais aussi lu ton billet sur les rues de ce quartier 😊).
    Je me suis mis un rappel pour Télématin demain 😉
    Bonne journée !

    Aimé par 1 personne

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