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L’AMOUR DES TROIS ORANGES de PROKOFIEV

Pour ceux qui voudraient regarder l’Amour des 3 oranges sur le site de l’Opéra de Stuttgart (jusqu’au 27 mars), voici un descriptif de ce chouette opéra de Prokofiev.

L’Amour des 3 oranges (1919) de PROKOFIEV (1891 – 1953) est issu d’une commande du directeur de l’Opéra de Chicago. Cet opéra est adapté d’une pièce de la commedia dell’arte du XVIIIe siècle. La mort du commanditaire en retarde la création et c’est finalement sous l’impulsion de Mary GARDEN, la créatrice du rôle de Mélisande dans Pelléas et Mélisande de DEBUSSY (1862 – 1918), que l’opéra sera créé en français et en 1921. C’est ainsi que l’on arrive à un opéra écrit en français sur un sujet italien par un Russe émigré aux États-Unis.

Prologue : La foule se dispute pour savoir quel type de pièce il faut monter, tragédie ou comédie. Les spectateurs sont invités à assister à un nouveau genre de spectacle : l’Amour des 3 Oranges. Ce chœur des tragiques et des comiques ponctuera de ses interventions et commentaires tout le déroulement de l’opéra.

Acte I : Le prince, fils du roi de trèfle, souffre d’une hypocondrie incurable. Le roi, inquiet de voir sa nièce Clarisse monter sur le trône après lui, demande à Truffaldino, son fou, de faire rire le prince pour le sortir de sa mélancolie. Il appelle Léandre, son Premier ministre, qui n’aime pas le prince. Clarisse promet le mariage à Léandre quand elle aura accédé au trône, après la mort du Prince. Léandre lui dit que pour ce faire, il empoisonne petit à petit son esprit avec de la poésie tragique. Clarisse, elle, pense à des moyens plus radicaux, l’opium ou une balle.

Sméraldine, esclave de la sorcière Fata Morgana (la fée Morgane) vient les prévenir que le prince bénéficie de l’appui du mage Tchélio, mais que Fata Morgana les aidera (Trio : Fata Morgana). Tchélio et Fata Morgana jouent le destin de Léandre et du roi aux cartes. La sorcière l’emporte.

Acte II : Les efforts de Truffaldino pour faire rire le prince échouent face à son hypocondrie. On traîne le prince au spectacle (« marche »), qui le laisse pourtant impassible.

Prokofiev 3 oranges marche

Durant le spectacle, Truffaldino s’en prend à Fata Morgana qui s’était invitée et la ridiculise, provoquant le rire du prince. Fata Morgana lui lance un anathème qui le condamne à subir l’amour de trois oranges et partir à leur recherche.

Prokofiev 3 oranges anathème

Le prince, sous l’emprise du sort de Fata Morgana et contre la volonté de son père, veut partir tout de suite chez la sorcière Créonte qui les retient captives.

Acte III : Tchélio invoque le mage Farfarello pour savoir où sont passés le prince et Truffaldino. Celui-ci dit qu’il a envoyé le prince et Truffaldino chez Créonte dans le désert en soufflant sur eux. Les ayant rejoints, Tchélio met en garde le prince contre l’horrible cuisinière qui garde les trois oranges. Il lui donne un ruban magique, et lui recommande de n’ouvrir les oranges que près d’une source.

Les voyageurs arrivant au château de Créonte, se rendent à la cuisine. La cuisinière se dresse devant eux. Pendant que Truffaldino détourne son attention avec le ruban magique, le prince dérobe les trois oranges.

Prokofiev 3 oranges creonte

Le prince et Truffaldino sont à nouveau dans le désert, avec les oranges, devenues énormes. Le Prince, épuisé, s’endort. Truffaldino assoiffé, ouvre une orange pour se désaltérer puis une autre. Il en sort des princesses, qui réclament à boire avant de mourir soif. Truffaldino fuit et le prince reste seul avec la troisième orange, d’où sort la princesse Ninette.

Prokofiev 3 oranges Ninette

L’intervention des Ridicules (du prologue) qui apportent de l’eau la sauve de la mort. Le prince déclare son amour à Ninette et veut l’emmener au palais, mais la princesse ne veut pas y aller habillée comme elle est. Le prince part à la recherche d’une robe digne d’une princesse. Pendant son absence, Sméraldine et Fata Morgana la transforment en rat et Sméraldine prend la place de Ninette. Le prince revient avec le roi qui, trompé par les apparences, oblige son fils à se marier avec la fausse Ninette.

Prokofiev 3 oranges adieux ninette

Acte IV : Tchélio et Fata Morgana se battent à coups d’éclairs et de tonnerre. Les « figures de rêve » interviennent, neutralisent la sorcière et envoient Tchélio sauver le Prince.

La cour salue le roi, le Prince et sa fiancée, mais quand on ouvre le baldaquin, on découvre un gros rat. C’est Ninette, qui ne veut pas céder sa place à l’usurpatrice.

Prokofiev 3 oranges le rat

Tchélio lui rend sa forme humaine. Le roi ordonne que l’on pende Sméraldine, Léandre et Clarice. Fata Morgana vient les chercher et les entraîne dans les entrailles de la Terre. Le peuple se réjouit et célèbre le roi, le prince et la princesse Ninette.

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TANNHAÜSER, de WAGNER

Il existe deux versions de l’opéra Tannhaüser. La première, écrite en 1845, est créée à Dresde. Wagner s’est inspiré pour le livret de vrais personnages, Wolfram von ESCHENBACH étant un vrai troubadour, qui a écrit un Parzifal que l’on retrouvera dans la geste wagnérienne, et de légendes anciennes. Cette légende avait été reprise notamment par Heinrich HEINE, qui avait déjà fourni l’argument du Vaisseau fantôme.

Une seconde version est composée pour l’Opéra de Paris en 1859, pour répondre aux canons de l’Opéra de Paris, et donnée en 1861. Les membres du Jockey Club avaient en effet l’habitude de venir voir leurs petites amies danser. WAGNER rajoute donc une scène entre l’ouverture et le premier acte, représentant une bacchanale chez Vénus. Mais les membres du Jockey Club qui avaient l’habitude d’arriver au deuxième acte, après avoir soupé, sont furieux de ne pas voir leurs petites amies du ballet danser, et montent une cabale contre lui. Malgré le soutien de Napoléon III, cette production fut un échec (il n’y eut que trois représentations), mais c’est elle qui fera découvrir Wagner aux artistes parisiens (BAUDELAIRE & Co). C’est cette version « rallongée » qui est le plus souvent donnée.

Ouverture : L’ouverture présente les principaux leitmotivs (motifs conducteurs) de l’opéra, soit le thème des pèlerins, puis le Vénusberg, suivi du chant passionné de Tannhaüser, accompagné de la menace des chevaliers.

wagner tannhauser ouvertureCliquez sur l’image

Acte I : Au Vénusberg (mont de Vénus), le poète Tannhaüser a cédé aux voluptés de Vénus, rompant avec l’amour courtois qu’il chantait auparavant. Mais au bout d’un an passé près de Vénus, il se rappelle le charme du printemps revenant sur terre, et songe à partir. Vénus essaie de l’en empêcher, mais finalement, face aux charmes de Vénus, il choisit la vierge Marie. À cette invocation, le Vénusberg disparaît.

Dans un frais vallon, au pied d’une statue de la Vierge, un pâtre chante le printemps tandis qu’une procession de pèlerins implore la protection de Marie sur le chemin qui les conduira à Rome, où ils vont chercher la rémission de leurs pêchés. Après leur départ Tannhaüser reste au pied de la statue. Des chevaliers et des chanteurs arrivent et le trouvent en prière. Ils le reconnaissent. Alors qu’il cherche à partir, Wolfram von Eschenbach lui parle d’Elisabeth, et lui apprend que depuis qu’il les a quittés, Elisabeth s’est isolée, et qu’elle ne participe plus aux tournois de poésie. Tannhaüser demande qu’on le conduise auprès d’Elisabeth.

Acte II : Elisabeth, ayant appris le retour de Tannhaüser, retrouve la joie qu’elle avait perdue.

Wagner Tannhaüser dich, teure HalleCliquez sur Elisabeth

Quand ils se retrouvent, Tannhaüser explique ce qui faisait le prix de ses poèmes lors des joutes poétiques qui avaient lieu : il chantait son amour pour Elizabeth. Celle-ci en est enchantée, mais Wolfram, qui a tout entendu, l’est moins. Le père d’Elizabeth, heureux de voir celle-ci revenir dans la grande salle des concours qu’elle avait désertée, lui demande ce qui lui arrive. Elle ne peut répondre. Il espère alors que le chant va permettre de révéler son secret. Il a en effet organisé un concours de chant. Ses invités arrivent pour le tournoi, dont le thème sera : dévoiler le mystère de l’amour.

Wagner Tannhaüser marche 2e acteCliquez sur les invités

Wolfram commence, célébrant une vision courtoise de l’amour, ce à quoi Tannhaüser répond par une célébration de l’amour voluptueux. Devant le scandale que son chant provoque, Tannhaüser va plus loin, et révèle que pendant son absence, c’est chez Vénus qu’il était parti. Tous se récrient, et veulent le tuer, mais Elisabeth s’interpose. Elle aime Tannhaüser. Le père bannit Tannhaüser et lui demande de se joindre aux pèlerins qui se rassemblent pour aller à Rome demander le pardon de leurs péchés.

Acte III : Quelques mois plus tard, Elisabeth prie au pied d’une statue de la Vierge, quand les pèlerins reviennent de Rome (« deuxième chœur des pèlerins »).

Wagner Tannhaüser 2e chœur des pélerinsCliquez sur l’image

Tannhaüser n’est pas avec eux. Wolfram, qui observait Elisabeth, supplie l’étoile du berger de veiller sur elle (« Romance à l’étoile ».)

Wagner Tannhaüser Oh du mein holder AbendsternCliquez sur Wolfram

Tannhaüser paraît. À Wolfram qui lui demande ce qu’il vient faire, puisqu’ il n’a pas obtenu le pardon, il répond qu’il vient chercher le chemin qui le ramènera au Vénusberg. Après avoir raconté comment la grâce lui a été refusée (son espérance de rédemption ne refleurira pas plus que son bâton de pèlerin,) il persiste dans son souhait de revoir Vénus. Vénus vient alors le chercher. Il est sur le point de succomber lorsqu’on apprend qu’Elisabeth est morte pendant qu’elle priait pour lui. On apporte son corps, et Tannhaüser s’écroule devant elle et meurt. Un miracle a eu lieu, son bâton de pèlerin a refleuri, signe qu’il est pardonné.

Wagner Tannhaüser finalCliquez sur l’image

Cette fin est une rédemption par l’amour, un thème cher à Wagner, que l’on trouvait déjà dans son premier « grand » opéra, le Vaisseau fantôme (der Fliegende Höllander), et qu’on retrouvera jusqu’à son dernier opéra, Parsifal.

Mes opéras préférés, Shakespeare

FALSTAFF de VERDI

La pièce Les Joyeuses Commères de Windsor de SHAKESPEARE, où apparaît le personnage de Falstaff, a inspiré bien des compositeurs.

Parmi eux, citons SALIERI, ce contemporain de MOZART qui a écrit un très mozartien Falstaff en 1799.

Salieri Falsatff HighlightsCliquez sur le très mozartien Falstaff de Salieri

Dans son amusant Songe d’une nuit d’été, Ambroise THOMAS fait intervenir les personnages de Falstaff et de Shakespeare himself, dont la reine Élizabeth aurait été secrètement amoureuse.

Mais le plus connu des opéras consacrés à Falstaff est celui de VERDI. Après la collaboration fructueuse de Verdi et BOÏTO sur Otello, le librettiste propose au compositeur une adaptation des Joyeuses Commères de Windsor, de Shakespeare. Le compositeur, qui approche des 80 ans, accepte avec enthousiasme, enchanté à l’idée d’écrire, enfin, une comédie. Dernier opéra écrit par Verdi, il est créé avec succès à La Scala de Milan début 1893, et repris très rapidement sur les principales scènes lyriques.

Acte I : À l’auberge de la Jarretière, où Falstaff et ses valets Pistole et Bardolfe sont attablés, le docteur Cajus les accuse de l’avoir volé. Les valets nient et Falstaff se moque de lui. Cajus sort, et l’aubergiste présente la note à Falstaff, dont la bourse est vide. Falstaff dévoile à ses valets ses projets : il veut tenter sa chance auprès d’Alice Ford et Meg Page. Il demande à Pistole et Bardolfe de porter à chacune une lettre d’amour, mais ceux-ci refusent au nom de leur honneur. Falstaff confie les lettres à un page et congédie ses valets en raillant leur sens de l’honneur.

Alice et Meg se rendent compte qu’elles ont reçu la même lettre d’amour. Elles décident alors de jouer un tour à Falstaff, avec l’aide de Quickly et de Nanetta, la fille d’Alice et Ford.

Verdi Falstaff Fulgida Alice ! Amor t'offroCliquez sur l’image

Le quatuor de femmes sort et entrent Ford, Cajus, Fenton ainsi que les deux valets congédiés qui, pour se venger, révèlent à Ford les projets amoureux de Falstaff. Pendant que les femmes préparent leur coup, les hommes trament une autre vengeance : Ford ira voir Falstaff sous un faux nom et lui tendra un piège. Pendant ce temps, Nanetta vit son amour avec Fenton. (Duo : « Bocca baciata non perde ventura ».)

Acte II : Les valets faussement repentants reviennent auprès de Falstaff. Ils font entrer Quickly, qui joue l’entremetteuse entre Falstaff et Alice. À la sortie de Quickly, c’est Ford qui arrive, sous le nom de Fontana. Il demande à Falstaff de séduire Alice dont il est amoureux, mais qui le dédaigne, pour vaincre sa chasteté et créer ainsi un précédent dont il pourrait ensuite profiter. Falstaff accepte, révélant qu’il a déjà rendez-vous avec Alice le jour même et qu’il va cocufier son mari. Resté seul, Ford enrage de se voir ainsi trompé (Air : « É sogno ? O realtà ? ».)

Verdi Falstaff E sogno O realtàCliquez sur Ford

Quickly fait à Alice et Meg le récit de sa rencontre avec Falstaff. Nanetta arrive, malheureuse parce que son père veut la marier à Cajus. Alice lui dit que ce mariage ne se fera pas. Les femmes préparent leur piège. Falstaff arrive à son rendez-vous et tente de séduire Alice. Interrompu par l’arrivée de Meg, Falstaff se cache derrière un paravent. Meg annonce l’arrivée de Ford, furieux. Ford entre en effet avec Cajus, Fenton, les deux valets et des voisins. Pendant qu’ils fouillent la maison, les femmes cachent Falstaff dans le panier à linge. Ford et Cajus, pensant trouver Falstaff et Alice, interrompent Fenton et Nanetta qui s’étaient isolés pour se dire leur amour. Alice profite de la diversion pour faire jeter le panier à linge dans la Tamise.

Acte III : À l’auberge, Falstaff trempé se plaint sur son sort. Quickly arrive et lui dit qu’Alice veut le revoir et lui fixe rendez-vous à minuit dans le parc royal. Il devra être déguisé en Chasseur Noir. Quickly distribue les rôles pour le soir. Dehors, Ford rappelle à Cajus sa promesse de le marier à sa fille le soir même, mais Quickly qui les a entendus veille.

Fenton chante une chanson pour sa belle (Air : « Dal labbre il canto »). Minuit sonne et Falstaff entre dans la forêt, des bois de cerfs sur la tête. Alice arrive et Falstaff commence ses manœuvres. On entend des cris, Alice s’enfuit, disant que le sabbat commence. Falstaff se jette au sol. Nanette, déguisée en fée, invoque les esprits (Air et chœur : « Sul fil d’un soffio etesio »).

Verdi Falstaff Sul fil d'un soffio etesioCliquez sur l’image

Toute la bande déguisée tourmente Falstaff, le pinçant et le piquant. Falstaff se repent. Découvrant alors la vérité, il l’accepte de bon cœur. Ford annonce qu’il va marier sa fille. Alice lui demande de marier également un autre couple déguisé. À l’issue de la cérémonie, il se rend compte qu’il a marié Fenton à Nanetta et Cajus à Bardolphe. Ford comprend qu’il a été dupé, et bénit le mariage de sa fille. Avant de partir festoyer chez Falstaff, tous se retrouvent dans un extraordinaire « octuor avec chœur » digne du Rossini du début du siècle.

Verdi Falstaff finalCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

TURANDOT, de PUCCINI

Dernier opéra de PUCCINI, inachevé à la mort du compositeur en 1924, Turandot est terminé par Franco ALFANO, à la demande du chef Arturo TOSCANINI, qui avait commencé à travailler à cette partition avant la mort de l’auteur. Il existe une autre version, celle complétée par Luciano BERIO en 2001. La lune tient une grande place dans cette œuvre, comparée qu’elle est à la tête tranchée des prétendants à la main de la princesse Turandot.

L’argument est inspiré d’une légende perse :

Acte I : Dans un Pékin antique et légendaire, un héraut annonce que la princesse Turandot n’acceptera de se marier qu’à un prince qui saura résoudre ses trois énigmes. Si un prétendant échoue, il aura la tête tranchée. Le dernier à avoir essayé, le prince de Perse, doit pour cela être décapité à la prochaine pleine lune. Dans la foule qui attend ce spectacle se cachent Timour, roi des Tartares en exil et aveugle, et Liu, son esclave qui l’accompagne. Un jeune homme le reconnaît, c’est Calaf, son fils. Timour lui apprend que, après sa défaite, Liu l’a secouru et soigné. La foule assoiffée de sang implore la lune (chœur : « Perché tarda la luna »). Quand le prince de Perse arrive, le peuple saisi par sa beauté demande sa grâce, mais Turandot, qui ne connaît pas la pitié, reste inflexible. Calaf, séduit par la beauté de Turandot, veut passer l’épreuve des trois énigmes. Timour, puis les trois ministres chinois, Pim, Pam et Poum, Ping, Pang et Pong tentent de l’en dissuader. Liu à son tour révèle son amour  pour Calaf, mais en vain (Air : « Signore, ascolta ».)

Puccini Turandot Signore, ascoltaCliquez sur l’image

Calaf s’avance et frappe le gong, signe qu’il demande à passer la redoutable épreuve.

Acte II : Ping, Pang et Pong, faisant le sinistre décompte des victimes de la princesse, se désolent de son comportement. Sans descendance, ce sera la fin de la dynastie royale et de la Chine. Ils souhaitent que Turandot rencontre enfin l’amour.

Sur la place de Pékin, devant le palais impérial, la foule s’est rassemblée pour assister à l’épreuve des énigmes. L’empereur tente une nouvelle fois de dissuader Calaf, qui par trois fois demande à affronter l’épreuve. Turandot paraît et révèle les raisons de sa rigueur : autrefois, un prince étranger s’est rendu coupable d’un crime envers son aïeule, et elle veut la venger la mort de son ancêtre (air : « In questa reggia ».)

Puccini turandot In questa reggiaCliquez sur Turandot et Calaf

Turandot énonce ses énigmes, mais Calaf répond à chaque fois, faisant croître la colère de Turandot. Quand Calaf a répondu aux trois énigmes, Turandot supplie son père de ne pas la forcer au mariage, mais l’empereur lui répond que c’est la loi. Calaf déclare alors qu’il n’obligera pas Turandot à se marier contre son gré. Il propose à son tour une énigme : si elle réussit à trouver son nom avant l’aube, il acceptera de mourir comme les prétendants précédents.

Acte III : Turandot a ordonné que nul ne dorme cette nuit, car il faut trouver le nom de l’inconnu (Chœur : Cosi commande Turandot). Calaf, sûr de lui, songe à sa princesse (Air : « Nessun dorma ».)

Turandot puccini Nessun Dorma PavarotttiCliquez sur Calaf

Ping, Pang et Pong vont le voir, le tentent avec des femmes ou des richesses et l’exhortent à fuir, mais Calaf reste, car seule Turandot l’intéresse. On amène Timour et Liu, qu’on a vu parler avec le prince la veille, pour les faire parler sous la torture. Liu déclare qu’elle est la seule à connaître le nom cherché. Intriguée, Turandot lui demande ce qui la fait résister. Liu répond que c’est l’amour. En se taisant, elle se condamne et lègue son amour à Turandot. Arrachant un poignard, elle se suicide (Air : « Tu che di gel sei cinta ».)

Puccini Turandot Tu che di gel sei cintaCliquez sur la Callas

Timour et le peuple déplorent sa mort. Restés seuls, Calaf embrasse Turandot. La princesse reconnaît alors qu’elle l’aime, mais lui demande pourtant de quitter Pékin. Alors que l’aube va poindre, Calaf révèle son nom à Turandot, mettant ainsi sa vie entre ses mains.

Au matin, Turandot annonce à son père qu’elle connaît le nom de l’étranger : son nom est… Amour ! Calaf et Turandot s’embrassent.

Puccini Turandot finalCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

FIDÉLIO, de BEETHOVEN

L’argument de Fidélio, de BEETHOVEN, est issu de Léonore, ou l’amour conjugal, une pièce française tirée d’un fait divers sous la révolution française, représentée en 1798, et qui exalte les notions de liberté et de fraternité, deux thèmes chers à Beethoven.

Mise en chantier en 1803, l’œuvre est achevée et donnée en 1805, sous le titre Léonore. Devant le mauvais accueil du public, Beethoven remanie son opéra, et en donne une deuxième version en 1806. Mais Beethoven se fâche avec le directeur du théâtre et reprend sa partition après la deuxième représentation. Il faudra alors attendre 1814 pour avoir la version définitive, titrée Fidélio.

À l’occasion de ces remaniements, Beethoven a écrit plusieurs ouvertures, qui sont encore jouées au concert (dont celle dite de Léonore III.)

Stylistiquement, Beethoven a suivi la voie ouverte par Mozart en 1791 avec sa Flûte enchantée, un des premiers opéras écrits en langue allemande, et Fidélio préfigure l’opéra romantique allemand, qui n’allait pas tarder à venir avec le Freischütz (1821) de Weber.

Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes là en présence d’une structure du type (S+T)/B.

Acte I : Marceline, la fille de Rocco, le geôlier, repousse les avances de Jacquino, l’assistant de son père. Marceline est amoureuse de Fidélio, un gardien qui vient d’arriver (Air : « O wär ich schon ».)

Beethoven Fidélio O wär ich schonCliquez sur l’image

Rocco arrive avec Fidélio pour faire les comptes de la prison. Il est content de son travail, et verrait bien un mariage entre sa fille et Fidélio. Marceline se laisse aller à son amour pour Fidélio, ce qu’il/elle ne supporte pas (il/elle chante en aparté qu’il/elle est Léonore, la femme de Florestan, un prisonnier politique qu’elle est venue délivrer), Rocco approuve les sentiments de sa fille, alors que Jacquino croie être dans un mauvais rêve (Quatuor : « Mir ist so wunderbar ».)

Beethoven Fidélio Mir ist so wunderbarCliquez sur le quatuor

Fidélio réussit à faire dire à Rocco qu’il y a un prisonnier qui est là sur l’ordre d’un supérieur et demande à le voir, mais Rocco lui dit qu’il doit avoir la permission de Pizzaro, le gouverneur. On annonce la venue d’un ministre qui vient inspecter la prison.

Entrent Pizzaro et sa garde (« marche militaire »). Pizzaro ordonne que l’on fasse tuer Florestan avant la venue du ministre. Fidélio qui a tout entendu chante son indignation (Air : « Komm Hoffnung ».) À la demande de Fidélio, Jacquino permet aux prisonniers de sortir pour la promenade. Ils chantent leur joie de respirer à l’air libre (Chœur : « O welche Lust ».)

Beethoven Fidélio O welche LustCliquez sur le chœur 

Rocco informe Fidélio que Pizzaro lui a donné la permission de l’embaucher comme assistant et de descendre avec lui aux cachots, mais pour creuser une tombe pour Florestan. Pizzaro revient, fâché qu’on ait laissé sortir les prisonniers. Rocco s’excuse et les fait rentrer (« Quintette avec chœur ».) Pizzaro lui dit que quand la tombe sera creusée, il descendra dans le cachot et tuera Florestan.

Acte II : Dans son cachot, Florestan chante sa solitude, expliquant qu’il est au cachot pour avoir dit la vérité, mais que ce qui le soutient, c’est la conscience d’avoir fait son devoir (Air : « Gott, Welch Dunkel hier ».) Il évoque son amour pour Léonore avant de s’endormir.

Beethoven Fidélio Gott welch Dunkel hierCliquez sur Florestan

Rocco et Fidélio arrivent. Tout d’abord, ils croient Florestan mort, avant de se rendre compte qu’il dort. Rocco ordonne à Fidélio de vider une citerne où on jettera le corps de Florestan. Le travail fini, Florestan se réveille. Rocco lui donne à boire, mais quand Florestan apprend qu’il est au cachot sur l’ordre de Pizzaro, il se sent perdu et demande qu’on prévienne sa femme, Léonore (« Trio »).

Rocco appelle Pizzaro, qui arrive et dit à Florestan qu’il va le tuer. Léonore se dévoile alors et menace Pizzaro avec un pistolet. À ce moment, des trompettes annoncent l’arrivée du ministre. Pizzaro s’enfuit. Les deux époux se retrouvant expriment l’amour qui les unit (Duo : « O namenlose Freude ».)

beethoven fidelio o namenlose freudeCliquez sur Florestan et Léonore

Les prisonniers et le peuple lancent au ministre un appel à la liberté. Rocco lui raconte toute l’histoire et le ministre demande à Léonore d’ôter elle-même les chaînes de son époux. Tous rendent gloire à dieu (« Sextuor & chœur : Heil sei dem Tag ».)

Beethoven Fidélio finale Heil sei dem TagCliquez sur l’image

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SAMSON & DALILA, de SAINT-SAËNS

À l’origine, Camille SAINT-SAËNS voulait adapter sous forme d’oratorio Samson, un livret d’opéra que VOLTAIRE avait écrit pour RAMEAU. C’est LEMAIRE, son librettiste, qui lui propose d’en faire un opéra biblique. Saint-Saëns en commence l’écriture dès 1859 et il destinait le rôle de Dalila à Pauline VIARDOT.

Il a été créé en 1877 sous l’impulsion de Franz Liszt, à Weimar et en allemand, et ne sera créé en France, au théâtre des Arts de Rouen, que quinze ans plus tard.

En traitant ce sujet Saint-Saëns, déjà intéressé par l’Orient, surfait sur la vague d’orientalisme de son époque (que l’on songe à DELACROIX en peinture, ou à FLAUBERT dont le Salammbô est exactement contemporain de la genèse de Samson et Dalila.)

Acte I  : Le peuple hébreu, sous la domination des Philistins, lance une prière à son dieu (Chœur : « Dieu d’Israël ».) Samson essaie de donner du courage à ses frères. Abimelech, le satrape de Gaza, arrive et raille le dieu d’Israël qui n’a pas su les protéger. Samson, invoquant son dieu, le tue.

Saint-Saens Samson et Dalila dieu d'IsraelCliquez sur l’image

Le grand prêtre de Dagon, le dieu des Philistins, sort du temple et demande aux Philistins de prendre les armes. Un messager annonce l’arrivée de Samson et des Hébreux et le grand prêtre fuit avec les Philistins (Air : « Maudite soit à jamais la race »).

Saint-Saens Samson et Dalila maudite soit à jamais la raceCliquez sur l’image

Comme les Hébreux se réjouissent de la victoire (Chœur des Hébreux : « Hymne de joie, hymne de délivrance »).

Saint-Saens Samson et Dalila hymne de joieCliquez sur l’image

Les femmes philistines, guidées par Dalila, arrivent. Dalila veut séduire Samson (Air : « Printemps qui commence ».) Un vieillard juif cherche à prévenir Samson de la malignité de Dalila.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur Maria Callas

Acte II  : Dalila attend Samson dans sa maison (Air : « Amour, viens aider ma faiblesse ».)

Saint-Saens Samson et Dalila amour, viens aider ma faiblesseCliquez sur Elina Garanca

Le grand prêtre vient lui demander de venger son peuple des juifs qui, libérés de leurs chaînes, ont pris leur ville. Il lui offre de l’or, mais Dalila ne veut que se venger de Samson (Duo : Il faut / je veux pour assouvir ma haine.) Celui-ci arrive, décidé à dire adieu à Dalila, que pourtant il aime. Dalila lui fait le coup de la séduction (Air : « Mon cœur s’ouvre à ta voix »), et Samson cède à son amour.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Olga Borodina et Placido Domingo

Dalila réussit à lui faire dire le secret de sa force, qui réside dans sa chevelure jamais coupée. Dalila triomphante appelle les Philistins qui, après avoir coupé les cheveux de Samson, le font prisonnier.

Acte III : Samson est enchaîné, et le peuple hébreu lui reproche sa trahison, qui les a conduits à l’esclavage (Chœur : « Samson, qu’as-tu fait de tes frères ? ») Dans le temple de Dagon, les Philistins se livrent à une Bacchanale.

Saint-Saens Samson et Dalila bacchanaleCliquez sur la bacchanale

On amène Samson, toujours enchaîné, et les Philistins se moquent de lui avant de le donner en sacrifice à Dagon. Avant de mourir, il adresse une prière à Dieu, lui demandant son pardon pour avoir cédé devant Dalila et ainsi condamné son peuple.

Dieu lui rend alors ses forces, et Samson, tirant sur ses chaînes, fait s’écrouler le temple sur les Philistins.

 

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PORGY & BESS, de GERSHWIN

Remarquable fusion entre l’opéra et la musique noire (jazz et spiritual), Porgy and Bess a été composé par GERSHWIN en 1935, deux ans avant sa mort. Cet opéra est relativement difficile à monter sur scène parce que par disposition testamentaire de George et Ira (son frère), il ne doit être joué que par des noirs.

Il existe une version cinématographique jouée par des noirs, dont l’acteur Sidney POITIER, mais les droits en sont actuellement bloqués par la famille qui estime que cette version n’est pas fidèle à l’original.

Acte I : Par un soir d’été, Clara chante une berceuse à son bébé (Air : « Summertime »).

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur Clara berçant son bébé

Les hommes se préparent à jouer aux dés. Serena, la femme de Robbins a un mauvais pressentiment. Porgy, l’infirme, les rejoint. L’assemblée se moque de lui, et de son intérêt pour Bess. Crown, un docker, arrive avec son amie, Bess. Sporting Life, le dealer, lui fournit de la drogue. Crown, battu aux dés, s’en prend à Robbins, le gagnant, et le tue. La foule se disperse avant que la police n’arrive. Sporting Life propose à Bess qui lui a demandé de la drogue de le suive à New York, mais elle refuse. Porgy recueille chez lui Bess qui ne sait où aller.

La communauté pleure la mort de Robbins (Chœur : « Where is broder Robbins »).

Gershwin Porgy and Bess where is broder RobbinsCliquez sur le théâtre

Une quête est organisée pour payer l’enterrement, Porgy arrive avec Bess, mais on refuse l’argent de celle-ci avant qu’elle n’annonce qu’elle n’est plus avec Crown, mais avec Porgy. La police arrive et accuse Peter. Celui-ci dénonce Crown et est embarqué au poste en tant que témoin, le temps que la police attrape Crown.

Le croque-mort arrive, et commence par refuser d’enterrer Robbins pour si peu d’argent, avant de se laisser convaincre. Bess entonne un spiritual et Serena chante son chagrin.

Acte II : Plus tard, Clara chante sa crainte à l’approche de la saison des ouragans. Jake dit son intention d’aller en bateau aux Blackfish Banks. Porgy chante (Air : « I got plenty o’ nuttin’ »), et Clara fait remarquer à quel point il a changé depuis qu’il est avec Bess.

Gershwin Porgy and Bess I got plenty o'Nuttin'Cliquez sur Porgy

Le dealer se fait chasser par la tenancière. Un avocat cupide paraît pour arranger le divorce de Crown et Bess, mais il se fait payer plus cher quand il apprend qu’ils n’étaient pas mariés ! Archdale annonce à Porgy qu’il va payer la caution de Peter. La communauté s’apprête à partir en pique-nique, mais Bess préfère rester seule. Le dealer l’encourage dans cette voie, et lui propose de la drogue. Elle refuse mais il insiste. Porgy le menace, mais il rit de son infirmité avant de partir. Duo d’amour entre Porgy et Bess (Duo : « Bess, you is my woman now ») où Porgy demande à Bess d’aller au pique–nique et de s’amuser.

Gershwin Porgy and Bess Bess, you is my Woman nowCliquez sur Porgy et Bess

Sur l’île, le pique-nique bat son plein. Le dealer donne une lecture blasphématoire de la bible (« It ain’t necessary so… »), reprise par le chœur.

Gershwin Porgy and Bess It ain't necessarily soCliquez sur Cab Calloway

Ils sont interrompus par Serena qui leur reproche leur impiété et leur hypocrisie. Mais déjà il est l’heure de prendre le bateau pour rentrer. Bess est interpellée par Crown, qui avait trouvé refuge sur l’île. Il lui dit qu’il reviendra la chercher et assure son emprise sur Bess, qui rate le bateau.

Une semaine plus tard, Jake s’apprête à prendre la mer. Bess, revenue après 48 heures et malade depuis une semaine est en proie au délire. On voit arriver Peter, sorti de prison. Serena prie Jésus pour la guérison de Bess (« Oh, Dr. Jesus »).

Gershwin Porgy and Bess Oh Doctor Jesus Ella FitzgeraldCliquez sur Ella Fitzgerald

Les commerçants se succèdent pour vendre leurs marchandises et pour essayer de sortir Bess de son état. Bess appelle Porgy à son chevet. Porgy lui dit qu’il sait qu’elle a revu Crown. Elle répond qu’il va venir la chercher et qu’elle est trop faible pour lui résister (elle l’a dans la peau). Porgy demande « et s’il n’existait pas ». Bess répond qu’alors elle resterait avec lui parce que c’est lui qu’elle aime.

On retrouve Clara qui attend sur l’embarcadère son mari Jake. La cloche annonçant l’ouragan sonne. La communauté se rassemble et prie (reprise de : « Oh, Dr.Jesus »). Clara reprend la prière pour son enfant (sur l’air de « Summertime »). Porgy demande à Bess ce qui la préoccupe, et lui dit que personne ne peut survivre sur l’île dans cette tempête. Des coups sont frappés à la porte. Les superstitieux pensent que c’est la mort, mais en fait c’est Crown qui arrive. Il est revenu chercher Bess, qui lui répond que son nouvel homme, c’est Porgy. Crown porte la main sur Bess, Porgy veut intervenir, mais il est repoussé par Crown. À Clara qui le menace du châtiment divin, il répond en blasphémant. Clara voit par la fenêtre le bateau dérivant de Jack. Elle sort dans la tempête, suivie de Crown qui lance un défi à Porgy.

Acte III : Après la tempête, on enterre Clara (Chœur : « Clara, Clara »). Sporting Life est le seul à ne pas s’affliger.

Gershwin Porgy and Bess Clara, ClaraCliquez sur l’image

Bess s’occupe du bébé de Clara (Summertine). Le soir, Crown réapparaît et s’approche de la maison de Porgy. Porgy le tue.

Des policiers arrivent et veulent voir Serena. Elle fait croire qu’elle est alitée depuis trois jours. Ils interrogent alors Porgy et lui demandent de venir identifier le corps de Crown. Sporting Life lui fait peur en lui disant que si son regard porte sur Crown, ses blessures se remettront à saigner, révélant ainsi sa culpabilité. Après le départ de Porgy, Sporting Life donne de la drogue à Bess et tente de la convaincre de le suivre à New York.

Une semaine plus tard, Porgy revient, la police n’a rien pu retenir contre lui. Il explique qu’il a gagné beaucoup d’argent en prison grâce a ses dés et distribue des cadeaux à ses amis. Il appelle Bess, mais nul sinon l’écho ne répond à sa voix. Voyant le bébé dans les bras de Serena, il se précipite dans sa maison qu’il trouve vide. Les femmes lui disent qu’elle a suivi Sporting Life à New-York. Il part la chercher à New York (Oh lawd, I’m on my way).