Cinématographe, Mes opéras préférés

TOMMY des WHO

Créé en 1969, l’opéra-rock Tommy, des WHO, comporte bon nombre de classiques du rock, de « Amazing Journey » à « Pinball Wizard » en passant par « See me, feel me ».

Après l’enregistrement de l’album, les Who l’ont joué en tournée dans le monde entier pendant près de 2 ans, notamment au festival de Woodstock. Il y a également eu une version jouée avec le London Symphony Orchestra, ainsi qu’un film de Ken Russell, dans lequel joue une pléiade d’artistes pop, d’Elton JOHN à Éric CLAPTON en passant par Tina TURNER.

The Who Tommy le filmCliquez sur la bande-annonce du film

Dans les années 1990, Tommy a été également adapté en comédie musicale.

Acte I : L’opéra-rock commence traditionnellement par une ouverture (Overture) très wagnérienne en ce qu’elle expose les principaux leitmotivs qui serviront tout au long de l’œuvre.

The Who Tommy OvertureCliquez sur la pochette du disque

À la fin de la guerre 14 – 18, le capitaine Walker n’est pas revenu et ne connaîtra donc pas son fils qui doit naître (« It’s a boy). Quand il rentre à la maison trois ans plus tard, il tue d’amant de sa femme devant les yeux du petit Tommy, à qui on demande de ne jamais rien dire de ce qu’il a vu et entendu. traumatisé, Tommy devient sourd, muet et aveugle (« Deaf, dumb and blind boy »).

Enfermé dans son inconscient, Tommy traduit musicalement ses impressions (« Amazing Journey »). Ses parents l’emmènent voir le prêcheur d’une secte pour essayer de le guérir. (« You talk about your woman ») (« Eyesight to the blind »). À l’occasion de Noël, les parents se demandent comment un enfant qui ne peut ni voir, ni entendre, ni parler pourrait découvrir la grâce de Jésus et donc être sauvé de la damnation éternelle (« Christmas »).

The Who Tommy ChristmasCliquez sur Keith MOON

On entend la première exposition des fameux thèmes « Tommy can you see me » et « See me, feel me ».

The Who Tommy See Me Feel Me WoodstockCliquez sur l’image

Après différentes expériences malheureuses, le premier acte se termine par une Underture.

Acte II : Ses parents confient Tommy à son oncle Ernie, un vieux pervers alcoolique, qui l’abuse sexuellement (« Fiddle about »).

Tommy se découvre un génie pour le flipper (« Pinball wizard »), il devient champion et célèbre.

The Who Tommy Pinball WizardCliquez sur l’image

Nouvelle tentative de le guérir (« There’s a doctor ») (« See me, feel me »). Le docteur déclare que les sens de Tommy fonctionnent bien, mais qu’il a un blocage psychosomatique. La mère de tommy essaye d’entrer en contact avec lui (« Tommy can you hear me ? »), mais celui-ci reste à se contempler dans le miroir. La mère brise le miroir (« Smash the Mirror »).

Le bris du miroir sort Tommy de sa prison intérieure, et il se sent enfin libre (« Sensation »). Sa guérison fait la une des journaux (« Miracle cure »), et Tommy gagne un statut de gourou. Désormais, il va essayer de mener les gens à son niveau d’expérience. Lors d’un de ses discours, « Sally Simpson », une pauvre petite fille de riche qui veut essayer de toucher le nouveau Messie, se fait rudoyer par le service d’ordre. Tommy essaye de guider ses disciples (« I’m free »). Devant l’affluence de gens qui veulent suivre Tommy, Tommy fait construire un camp pour les accueillir (« Tommy’s Holidays Camp »). C’est l’oncle Ernie qui est chargé de les accueillir.

Tommy demande à ses disciples de devenir sourds, muets et aveugles pour atteindre son niveau spirituel, mais la foule ne le suit pas, et Tommy se retrouve seul. (« We’re not gonna take it »). The Who Tommy We're not gonna take itCliquez sur l’image

Curieusement, le thème de Tommy est très proche d’un autre opéra-rock anglais, le fameux The Wall (1979) de Pink Floyd (le père qui n’est pas revenu de la guerre, le héros coupé du monde derrière le mur mental qu’il s’est forgé,…)

 

 

Historique, Mes opéras préférés

TOSCA, DE PUCCINI

Œuvre phare du vérisme écrite en 1899 et créée à Rome en 1900, Tosca, chef-d’œuvre de PUCCINI, est tirée d’une pièce de théâtre du Français Victorien SARDOU, et se passe à Rome en 1800, pendant la République romaine mise en place par Napoléon, la veille et le jour de la bataille de Marengo. Après un accueil très froid de la critique, Scarpia étant l’un des rares vrais « méchants » représentés à l’opéra, l’œuvre rencontre très vite un grand succès populaire.

Acte I : Dans une église à Rome où le peintre Mario Cavaradossi achève un tableau arrive Angelotti, ancien consul de la République romaine installée par Napoléon, qui s’est échappé du château Saint-Ange, où il était prisonnier politique. Il se cache dans une chapelle quand le sacristain arrive, bientôt suivi par Cavaradossi. Ils discutent du tableau que le peintre est en train de faire, où il a donné à Marie-Madeleine les traits d’une inconnue qui vient prier tous les jours (Air : « Recondita armonia »).

Puccini Tosca Recondita armoniaCliquez sur Cavaradossi

Angelottti sort de sa cachette quand le sacristain s’en va. Cavaradossi lui donne le panier de son repas. Mais Angelotti retourne se cacher quand arrive Floria Tosca, une cantatrice qui est la maîtresse du peintre. Ils se donnent rendez-vous pour le soir après le concert (Air : « Non sospira la nostra casetta »), mais découvrant le tableau de Mario représentant la belle Romaine qui lui a servi de modèle, Tosca laisse éclater sa jalousie. Mario réussit à la calmer (Air : « Quale occhio al mondo »).

Au départ de Tosca, Cavaradossi rejoint Angelotti, qui lui apprend que sa sœur a caché des vêtements de femme dans la chapelle pour sa fuite. Le peintre propose de le cacher chez lui, en attendant qu’il puisse sortir de la ville. Un coup de canon de la forteresse retentit, signalant l’évasion d’un prisonnier. Les deux hommes fuient. Le sacristain arrive avec la maîtrise de l’église. Ils nous apprennent que Napoléon a été battu, et qu’il va y avoir une fête le soir. Scarpia, le chef de la police, arrive à son tour. Il découvre la porte de la chapelle ouverte et l’éventail de la sœur d’Angelotti qui traîne. Découvrant le portrait de celle-ci sur le mur, il demande au sacristain qui en est le peintre. Le sacristain lui dit que c’est Cavaradossi, et que le panier de son repas est vide. Scarpia en conclut que Cavaradossi va aider Angelotti à s’enfuir. Tosca revient pour dire à son amant qu’elle ne pourra pas se rendre à leur rendez-vous du soir. Scarpia excite sa jalousie avec le portrait et l’éventail. Furieuse, elle se précipite chez le peintre pour le surprendre avec sa maîtresse. Scarpia la fait suivre pour découvrir où se cache Angelotti et se réjouit d’avoir instillé le venin de la jalousie dans le cœur de la belle Romaine, tout en commençant à la séduire. Pendant ce temps, le peuple entonne un Te Deum pour célébrer la victoire.

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia

Acte II : Au palais Farnese, chez Scarpia. Celui-ci écrit un billet à Tosca, l’invitant à se rendre chez lui. Spoletta, le chef des gardes arrive et lui annonce qu’il a suivi Tosca, mais qu’Angelotti reste introuvable. En revanche, on a arrêté Cavaradossi.

Scarpia interroge Cavaradossi pour savoir où est le fugitif, mais le peintre ne répond pas. Son concert fini, Tosca arrive. Mario lui demande de garder le silence. Scarpia envoie le peintre et son bourreau dans une pièce voisine, pour que Tosca entende les cris de son amant sous la torture. Il veut faire parler Tosca, qui commence par se taire, mais ne pouvant supporter les cris de Cavaradossi qui se font de plus en plus forts, elle révèle la cachette d’Angelotti. Scarpia apprend alors à Cavaradossi la trahison de Tosca. Le peintre la maudit. Un agent vient annoncer la victoire de Bonaparte à Marengo. Cavaradossi laisse éclater sa joie, et Scarpia le condamne à mort. Devant les pleurs de Tosca qui réclame la libération de son amant, Scarpia accepte de le libérer si elle lui accorde une nuit avec lui. Elle se rappelle sa vie vouée à l’art (Air : « Vissi d’arte ») avant de céder au chantage de Scarpia.

Puccini Tosca Vissi d'arteCliquez sur Floria Tosca

Spoletta arrive et annonce qu’Angelotti s’est donné la mort. Pour ne pas se déjuger devant lui, Scarpia dit qu’il va organiser un simulacre d’exécution, avec des balles à blanc. Avant de se livrer au chef de la police, Tosca exige un sauf-conduit pour le peintre. Dès que celui-ci est signé, Tosca frappe le chef de la police avec un couteau et le tue.

Acte III : Le lendemain à l’aube, au château Saint-Ange. On entend les cloches de Rome sonner les matines, dans un extraordinaire prélude orchestral.

Puccini Tosca les cloches de RomeCliquez sur l’image

Cavaradossi, sur le point d’être exécuté, se souvient des bons moments passés avec Tosca et demande à lui écrire un dernier mot (Air : « E lucevan le stelle »).

Puccini Tosca e lucevan le stelleCliquez sur l’image

Tosca arrive avec le laissez-passer et lui raconte les événements de la veille. Cavaradossi bénit ces mains qui ont tué Scarpia (Air : « O dolci mani »). Tosca lui explique qu’il doit faire semblant de tomber au sol quand le peloton d’exécution tirera sur lui.

Le peloton arrive, l’exécution a lieu, Mario s’effondre. Mais quand Tosca s’approche de son amant, elle découvre avec horreur que Scarpia lui a menti et que Mario est mort. Entre temps, on a découvert le meurtre de Scarpia. Quand les gardes arrivent pour arrêter Tosca, elle se suicide en se jetant du haut des remparts.

Mes opéras préférés

LA LÉGENDE DE JOSEPH EN ÉGYPTE

Parmi les musiciens « révolutionnaires » dont je parlais dans mon billet précédent figure Nicolas MÉHUL. Parmi ses opéras figure la Légende de Joseph en Égypte, créé en 1807 d’après la légende biblique de Joseph. Cet opéra a une place particulière pour moi, puisque j’ai eu l’occasion de le chanter (dans les chœurs) en 1989, l’année de la célébration du bicentenaire de la Révolution française. C’était une grande première pour moi, surtout si l’on sait que dans la distribution figurait une jeune débutante prometteuse, une certaine Nathalie DESSAY (!) et que nous avons chanté sur les Champs-Élysées (au théâtre du Rond-Point) le 16 juillet 1989 !

Acte I : Dans son palais en Égypte, Joseph, qui a pris le nom de Cléophas, songe à son destin. Il raconte à son confident Utobal que quand il était enfant ses frères, jaloux de l’amour que lui portait leur père Jacob, l’ont vendu à un marchand d’esclaves (Air : « À peine au sortir de l’enfance »). Il était bien vu par son maître, mais la femme de celui-ci, madame Putiphar, lui a fait des avances auxquelles il n’a pas répondu. Furieuse, elle l’a dénoncé faussement et on l’a alors jeté en prison. Là, ayant su interpréter les rêves obscurs de Pharaon, celui-ci en a fait son ministre.

On annonce l’arrivée d’un groupe d’Hébreux. Ce sont les frères de Joseph, envoyés en Égypte par Jacob avec leur plus jeune frère Benjamin. La famine n’y sévit pas, grâce à Joseph qui a su constituer des stocks de nourriture quand celle-ci était abondante. Siméon, le principal responsable de la déchéance de Joseph est pris de remords et voudrait dire la vérité, mais ses frères lui recommandent de se taire.

Méhul Joseph partie 1Cliquez sur l’image

Joseph les reconnaît aussitôt, et il leur demande des nouvelles de leur père. Sans se faire reconnaître, il leur demande d’aller le chercher, leur offrant l’asile (Air : « Allez tous au devant d’un père »).

Acte II : Les Hébreux se sont installés aux portes de la ville. Ils chantent la prière du matin (Chœur : « Dieu d’Israël »), Joseph demande à Benjamin de rencontrer Jacob (Air : « Allez tous au-devant d’un père »). Benjamin explique à Joseph, qu’il n’a pas reconnu, comment la perte de Joseph a affecté Jacob. Jacob se réveille, il a vu Joseph vivant dans un songe.

Méhul Joseph partie 2Cliquez sur Joseph

Utobal vient dire à Joseph que le peuple veut lui faire un triomphe pour l’avoir protégé de la famine. Joseph fait monter Jacob et Benjamin avec lui sur le char triomphal. Ils reconnaissent alors Cléophas.

Acte III : Joseph offre un festin à sa famille. Seul Siméon est absent, rongé par la honte d’avoir vendu son frère Joseph. Des jeunes filles chantent un hymne à la nature (Air et chœur : « Aux accents de notre harmonie »).

Méhul Joseph aux accents de notre harmonieCliquez sur l’image

Utobal vient dire à Joseph que le pharaon lui reproche d’avoir donné de tels honneurs à des étrangers. Joseph part s’expliquer auprès de pharaon. Les frères reviennent avec Siméon, qui avoue son forfait à son père. Jacob les maudit tous, à l’exception de Benjamin. Joseph revient et s’agenouille devant son père en se faisant reconnaître comme Joseph et lui demande de pardonner à ses fils. Jacob, ému, pardonne. Pharaon offre l’hospitalité aux hébreux.

Méhul Joseph partie 3Cliquez sur l’image

P.S. Les vidéos présentées ici ne correspondent pas complètement au spectacle donné en 1989. Il s’agit d’un film tourné en 1991 et destiné à présenter le Théâtre Impérial de Compiègne qui allait ouvrir ses portes (j’y étais aussi, dans Gustave III, roi de Suède de D.F.E. AUBER, mais ça, c’est une autre histoire). C’est pourquoi on ne voit pas les choristes dans ce film, mais des figurants.

 

Mes opéras préférés

LA FORCE DU DESTIN (LA FORZA DEL DESTINO)

En 1859 Giuseppe VERDI, pris par la politique (il était entré au parlement italien), arrête la composition musicale. Mais fin 1860, il reçoit une commande du théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Ce sera La Force du destin (La Forza del destino), opéra créé en 1862. Par rapport à cette version russe, la version la plus jouée aujourd’hui est le remaniement que Verdi en a fait pour les scènes italiennes en 1867. Si la Force du destin n’est pas l’œuvre la plus connue de Verdi, son ouverture est très célèbre.

Verdi La forza ouvertureCliquez sur la tour Eiffel

Suivant le classement de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence d’une structure (S+T/B+B) puisqu’une Soprano (Léonora) et un Ténor (Alvaro) s’aiment et il y a les Barytons Basses (le père de Léonora, puis son frère) qui cherchent à les en empêcher.

Acte I : Dans son palais à Séville, le marquis de Calatrava demande à sa fille Léonora de ne plus penser à un étranger qui lui tourne autour, avant d’aller se coucher. Léonora est troublée, car elle compte fuir pendant la nuit avec l’étranger, Alvaro, et se marier en secret. Alvaro entre et la presse de partir, mais Léonora voudrait voir son père avant de partir. Ils chantent leur amour (Duo : seguirti fino agli ultimi).

Le marquis qui a entendu du bruit entre dans la chambre de sa fille et provoque Alvaro. Celui-ci jette son pistolet au sol, mais le coup part accidentellement et tue le marquis.

Acte II : Quelque temps plus tard, dans une auberge, Léonora est en fuite, déguisée en homme. Elle reconnaît parmi les hôtes son frère Carlos, à la recherche du couple fugitif. Une gitane captive l’assistance avec une chanson sur la guerre que doit mener l’Italie (Air : al suon del tamboro). Tout le monde s’agenouille pour prier quand un groupe de pèlerins passe.

Carlos presse l’aubergiste de questions sur l’identité d’un de ses hôtes, resté dans sa chambre. Il prétend être le camarade d’un certain Vargas, qu’il aide à poursuivre l’assassin de son père, en fuite avec sa sœur (Air Son Pereda, son ricco d’onore).

Verdi La forza Acte II Son PeredaCliquez sur l’image

Léonora qui a repris sa fuite arrive aux portes d’un couvent où elle demande asile. Le père supérieur lui permet de rester, déguisée en homme, mais elle ne doit recevoir aucune visite autre que la sienne (Air : La vergine degli Angeli).

Verdi La forza Acte II La Vergine degli AngeliCliquez sur l’image

Acte III : En Italie, Alvaro se bat contre l’oppresseur autrichien. Il se rappelle Léonora, qu’il croit morte (Air: Oh, tu che in seno agli angeli). Dans la bataille, il secourt un officier en danger. Il s’agit de Carlos, et les deux hommes se jurent une amitié à la vie à la mort (Amici in vita, in morte).

Alvaro, gravement blessé, demande à Carlos de brûler sans les lire les lettres qu’il porte sur lui si jamais il mourait (Duo: Solenne in quest’ora).

Verdi La forza Acte III Sollene in quest'oraCliquez sur l’image

Carlos lui propose la décoration de l’ordre de Calatrava, ce qu’Alvaro refuse, éveillant ainsi ses soupçons. Quand il découvre un médaillon représentant sa sœur Léonora dans la poche d’Alvaro, Carlos exulte, il a enfin retrouvé son ennemi. Il faut qu’Alvaro vive pour qu’il puisse le tuer de ses propres mains.

Une fois Alvaro guéri, Carlos le provoque en duel. Alvaro proteste de son innocence, mais quand Carlos dit qu’il va aussi tuer Léonora, Alvaro sort son épée. On sépare les deux hommes et Alvaro part, à la recherche d’un monastère où il pourra finir ses jours.

Acte IV : Dans le couvent où Léonora vit en secret, le frère portier donne la soupe aux pauvres qui se présentent en louant la gentillesse de Frère Raffaello. Il s’agit d’Alvaro qui s’est réfugié là. Un étranger arrive qui demande à voir ce Frère Raffaello. C’est Carlos qui a retrouvé la trace d’Alvaro. Il le provoque en duel (duo Col sangue).

Dans sa retraite, Léonora prie pour retrouver sa sérénité que son amour pour Alvaro lui a fait perdre (Air: pace, pace, mio dio) quand elle entend le bruit d’un duel.

Verdi La forza Acte IV Pace, pace, mio dioCliquez sur l’image

Alvaro arrive et lui demande les derniers sacrements pour un mourant. Il la reconnaît sous son déguisement de moine, et indique son frère Carlos, mortellement blessé. Elle se dirige vers lui quand on entend un cri. Carlos, poursuivant sa vengeance jusqu’au bout, a poignardé sa sœur ! Alvaro maudit le ciel et le Père supérieur emmène Léonora. Les prières de Léonora mourante réussissent à le ramener au calme.

Mes opéras préférés

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX (GÖTTERDÄMMERUNG)

Troisième pièce de la trilogie avec prologue de WAGNER L’anneau du Niebelung, le Crépuscule des Dieux, terminé en 1874, est créé lors du premier Festival de Bayreuth en 1876.

J’avais donc laissé, à la fin de Siegfried, notre héros sur son rocher avec Brünnhilde qu’il vient de tirer du sommeil où Wotan l’avait plongée.

Prologue : Au lever du rideau, les Nornes, filles d’Erda, tressent les fils du destin. Elles rappellent le passé et commencent à voir l’avenir, quand la corde qu’elles tressent se rompt.

Le jour se lève sur le rocher de Brünnhilde et Siegfried. Siegfried s’apprête à partir pour de nouvelles aventures, et il donne l’Anneau à Brünnhilde, en gage de fidélité, avant de s’éloigner sur le Rhin.

Wagner Crépuscule voyage sur le RhinCliquez sur l’image

Acte I : Dans leur palais, Gunther, roi des Burgondes et sa sœur Gutrune discutent avec leur demi-frère Hagen. Hagen dit qu’il connaît la femme qui conviendra à Gunther. C’est Brünnhilde, mais seul Siegfried est capable de franchir le cercle de feu qui la protège. Il se propose, par l’usage de filtres, de tromper Siegfried pour qu’il leur ramène Brünnhilde.

Siegfried descendant le Rhin arrive au palais. Il est accueilli par Gunther, qui lui fait boire un filtre d’oubli. À la demande de Gunther, Siegfried propose de l’accompagner jusqu’au rocher de la Walkyrie, où il pourra trouver une femme.

Waltraute, une des walkyries, vient voir sa sœur Brünnhilde sur son rocher. Elle lui donne des nouvelles de Wotan leur père, et du Walhalla. Depuis que Wotan est rentré avec sa lance brisée par Siegfried, il s’est retiré au Walhalla, refusant les pommes de Freia, qui empêchent les dieux de vieillir. Il envoie ses corbeaux en espion de par le monde. Waltraute supplie Brünnhilde de rendre l’Anneau aux Filles du Rhin pour faire cesser sa malédiction. Brünnhilde refuse de se séparer de ce cadeau de Siegfried et Waltraute s’en va, déçue.

Wagner Crépuscule Waltraute et BrunnhildeCliquez sur l’image

Siegfried revient. Il a revêtu le Tarnhelm, le heaume magique qui permet de prendre la forme que l’on veut (cf. L’Or du Rhin) et a pris l’apparence de Gunther. Il demande Brünnhilde comme épouse. Celle-ci refuse, mais Siegfried la force et lui prend l’Anneau.

Acte II : Hagen dort sur le bord du Rhin, en attendant le retour de Siegfried et Gunther. Alberich, son père, le réveille et le pousse à récupérer l’Anneau.

Wagner Crépuscule Schläfst du HagenCliquez sur le rideau de scène

Siegfried et Brünnhilde arrivent au palais. Hagen demande à ses hommes de s’armer pour préparer les noces de Brünnhilde et de Gunther.

Wagner Crépuscule Ihr GibischsmannenCliquez sur les Gibichsmannen

Brünnhilde, voyant Siegfried qui a repris sa forme normale porter l’Anneau comprend que c’est lui qui est venu l’enlever pour le compte de Gunther. Elle veut se venger. Devant sa colère, Hagen lui propose de tuer Siegfried. Brünnhilde révèle alors que le seul moyen de le tuer est de le frapper dans le dos, car le héros ne peut pas fuir devant un adversaire.

Acte III : Les filles du Rhin attendent le héros qui leur rendra l’or. Au loin, on entend le cor de Siegfried qui se rapproche. Quand il arrive près d’elles, elles lui réclament l’Anneau, évoquant sa malédiction. Siegfried se moque d’elles et garde l’Anneau.

Siegfried retrouve ses compagnons de chasse. Profitant d’une halte, il leur raconte sa jeunesse. Arrivé au moment que le philtre lui a fait oublier, Hagen lui en donne un autre, qui lui fait retrouver la mémoire. Il poursuit donc son histoire, comment il a trouvé Brünnhilde endormie sur un rocher entouré de feu, et comment il l’a réveillée d’un baiser. À ce moment, les corbeaux de Wotan passent dans le ciel. Siegfried les regarde, et Hagen en profite pour le frapper dans le dos. Siegfried meurt, se rappelant Brünnhilde. On pose son corps dans une barque pour le conduire au palais.

Dans le palais, Gutrune est inquiète. Hagen arrive, et lui annonce la mort de Siegfried, tué par un sanglier. Gutrune devine la vérité. Hagen avoue que c’est lui qui a frappé Siegfried. Il réclame l’Anneau. Gunther veut intervenir, mais Hagen le tue à son tour. Au moment où il s’approche du corps de Siegfried pour voler l’anneau, les mains du héros se dressent, et il recule. Brünnhilde paraît, triomphante. Elle annonce que sa vengeance est presque accomplie. Brünnhilde fait construire un bûcher où on dépose le cadavre de Siegfried. Elle chante les louanges de son héros, passe l’Anneau à son doigt, puis met le feu au bûcher. Elle demande aux corbeaux de Wotan d’annoncer à leur maître que la fin des dieux est proche, et saute dans le feu avec son cheval. À ce moment, le Rhin déborde et s’approche du bûcher. Les filles du Rhin récupèrent enfin leur bien. Hagen cherche à les en empêcher, mais elles l’entraînent dans les flots.

Wagner Crépuscule finalCliquez sur Brünnhilde

Voilà, il ne me restera plus qu’à vous raconter le début de l’histoire, avec l’Or du Rhin, et la tétralogie (autre nom de la trilogie avec prologue) sera terminée. Et puis peut-être un jour, parlerais-je des liens entre cette œuvre et le Seigneur des anneaux de TOLKIEN.

 

Mes opéras préférés, Mythologie

IPHIGÉNIE EN TAURIDE

Tragédie-opéra de GLUCK créée en 1779 à l’académie royale de musique, c’est la dernière tragédie lyrique de Gluck. Il y a recyclé beaucoup d’airs de sa période italienne. Gluck avait déjà mis en scène Iphigénie dans son Iphigénie en Aulide, d’après RACINE, en 1774.

Iphigénie a été envoyée en Tauride par Diane, afin de la protéger d’un sacrifice voulu par son père Agamemnon, pour gagner la guerre de Troie. Quand l’œuvre commence, elle est donc en Tauride (pays imaginaire que l’on peut situer vers l’actuelle Crimée)  depuis quinze ans, sans nouvelles de sa famille.

Acte I : Après une ouverture symphonique évoquant la tempête, Iphigénie se souvient de son cauchemar de la nuit, lui rappelant la malédiction dont sa famille est victime depuis Tantale. Elle a vu sa mère Clytemnestre tuer Agamemnon son père et elle-même tuant son frère Oreste.

Gluck iphigénie en Tauride o toi qui prolongeas mes joursCliquez sur l’image

Le roi des Scythes, Thoas, apparaît. Un oracle lui ayant prédit qu’il mourrait tué par un étranger, il fait mettre à mort tout étranger qui débarque sur son île. Le peuple chante un chant barbare, réclamant du sang pour expier les crimes passés. Deux étrangers sont rejetés par la tempête sur le rivage. Le peuple est content, ils feront de bonnes victimes. On les interroge, mais ils taisent leur nom. Thoas les condamne à mort.

Acte II : Les deux étrangers enchaînés dans leur cellule attendent la mort. Il s’agit d’Oreste et Pylade. Oreste regrette d’avoir entraîné son ami Pylade à la mort (Air : Dieux qui me poursuivez). Pylade essaie de le calmer.

Gluck Iphigénie en Tauride unis dès la plus tendre enfanceCliquez sur Pylade

On les sépare. Oreste se calme avant de s’endormir.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Dans son sommeil, il voit les Euménides, qui l’accusent d’avoir tué sa mère. Iphigénie entre, mais Oreste, dans son trouble, ne la reconnaît pas et croit voir apparaître Clytemnestre. Elle lui demande d’où il vient. Il répond qu’il vient de Mycènes. Elle demande alors des nouvelles d’Agamemnon, et Oreste lui raconte toute la tragédie des Atrides. Iphigénie se rend compte que son cauchemar est devenu réalité.

Gluck Iphigénie en Tauride O malheureuse IphigénieCliquez sur Iphigénie

Acte III : Iphigénie veut prévenir sa sœur Électre. Elle a pitié des condamnés, dont un lui rappelle son frère Oreste, qui aurait le même âge (Air : D’une image hélas trop chérie). Mise en présence des deux hommes, elle discute avec Oreste et Pylade, et se résout à sauver l’un des deux. Elle choisit Oreste et lui donne un message pour sa sœur Électre. Les deux amis se disputent l’honneur de mourir pour l’autre. Oreste décide de rester pour sauver Pylade, et c’est Pylade qui part. Oreste lui recommande de porter ses derniers soupirs à sa sœur.

Acte IV : Iphigénie doit sacrifier Oreste, mais elle est partagée entre son devoir et l’horreur du sacrifice.

Gluck iphigénie en Tauride je t'implore et je trembleCliquez sur l’image

Au moment de mourir, Oreste qui croit sa sœur morte en Aulide, déclare : Ainsi périt Iphigénie en Aulide, lui révélant ainsi qu’elle est sa sœur. Elle tombe dans ses bras.

Thoas, qui a appris la fuite de Pylade, vient s’assurer du sacrifice d’Oreste. Iphigénie lui révèle que le captif est son frère, et qu’elle ne peut le frapper. Les prêtresses de Diane défendent Oreste, mais Thoas, furieux, veut tuer et le frère et la sœur. Pylade arrive avec une troupe grecque et tue Thoas. Diane paraît. Elle pardonne à Oreste d’avoir tué sa mère, et lui enjoint de retourner à Mycènes pour monter sur le trône d’Agamemnon. Elle renvoie également Iphigénie en Grèce. Tout le monde se réjouit de cette fin heureuse (Chœur : Les dieux, longtemps en courroux).

 

Mes opéras préférés

LE CHEVALIER À LA ROSE (DER ROSENKAVALIER)

Le chevalier à la rose (Der Rosenkavalier) est le deuxième opéra fruit de la collaboration de Richard STRAUSS et Hugo von HOFFMANNSTHAL. Écrit en 1910, il est représenté au théâtre de la cour à Dresde en 1911.

Avec cette « comédie en musique » voulue par les auteurs comme un hommage aux Noces de Figaro de MOZART, Strauss se défait de son wagnérisme initial. Tout en raffinement, un charme crépusculaire baigne la partition.

Acte I : Dans la chambre de la maréchale, au matin. Celle-ci est avec son jeune amant, le comte Octavian. Ils prennent leur petit-déjeuner ensemble quand un bruit leur fait craindre le retour du maréchal. Octavian cherchant à se cacher prend les vêtements de la femme de chambre. Un cousin de la maréchale, le baron Ochs, entre. Le baron, séduit par Octavian, l’empêche de partir et lui fait des avances. À la maréchale qui s’en étonne, il s’explique par une profession de foi de jouisseur impénitent avant de revenir à son propos initial : il est venu parler de son mariage avec Sophie, la fille du marchand Faninal récemment anobli. Il vient demander à la Maréchale qui serait susceptible de porter la rose d’argent à sa fiancée Sophie, suivant une coutume de l’époque. La Maréchale qui a remarqué l’attrait qu’exerce Octavian dans ses habits de femme sur le baron Ochs, propose Octavian.

La cour de la Maréchale entre alors pour préparer son lever. Le baron Ochs et le notaire discutent du contrat de mariage à établir. La Maréchale fait sortir tout le monde. Deux intrigants proposent leurs services à Ochs pour obtenir de la jeune servante un rendez-vous.

Restée seule, la Maréchale qui se sent vieillir et sentant que son charme va bientôt passer se laisse aller à la mélancolie. Octavian revient habillé en homme, et elle lui prédit que tôt ou tard, il la quittera pour une femme plus jeune et plus jolie.

strauss rosenkavalieract I die Zeit ist ein sonderbar DingCliquez sur la maréchale et Octavian

Il proteste de sa fidélité. Pourtant, comme elle lui refuse un moment avec elle, il la quitte. Elle cherche à le faire revenir, mais trop tard, il est parti sans même qu’elle ait pu lui dire au revoir. Elle demande à son laquais de porter l’écrin de la rose d’argent à Octavian.

Acte II : Chez monsieur de Faninal, le jour des fiançailles, tout le monde se réjouit, Sophie chante son émotion. Octavian paraît, porteur de la rose d’argent. Il s’avance vers Sophie et la lui remet. Les deux jeunes gens se sentent immédiatement attirés l’un par l’autre.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur Sophie et Octavian

Le baron Ochs arrive à son tour. Sa grossièreté (il lui rappelle son origine bourgeoise et la chance qu’elle a de se marier avec un représentant de la vraie noblesse), heurte Sophie. Elle le compare à un maquignon qui viendrait l’acheter. Quand Faninal demande au baron Ochs de venir signer le contrat de mariage, le baron confie Sophie à Octavian pour lui tenir compagnie.

Sophie demande à Octavian de la secourir et Octavian lui propose son aide ce qui les rapproche encore. Les deux intrigants ont tout vu et veulent prévenir Ochs. Ochs refuse de prendre au sérieux les révélations d’Octavian, qui lui annonce que Sophie ne l’aime pas et qu’il doit renoncer à elle. Mais le ton montant, il le provoque en duel et, tirant son épée, le blesse au bras. Le baron se met à crier et tout le monde crie au scandale. Faninal renvoie Octavian, et menace d’envoyer au couvent sa fille qui refuse de se marier avec Ochs. Le baron se fait soigner par les serviteurs de Faninal en préparant sa revanche contre Octavian et Sophie.

Le baron reçoit un petit mot de billet. C’est la servante remarquée chez la maréchale qui lui propose un rendez-vous galant, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Il feint toutefois d’ignorer les appels à récompense de l’entremetteuse.

Acte III : Dans l’auberge où il a donné rendez-vous à Ochs, Octavian prépare, avec les deux intrigants déçus par le comportement du baron, une mise en scène destinée à discréditer celui-ci, afin d’empêcher son mariage avec Sophie.

Ochs arrive à ce qu’il croit être un souper galant mais, troublé par la ressemblance entre la servante et Octavian, se sent mal à l’aise. Octavian livre ses réflexions sur le temps qui passe, dans une parodie des réflexions de la maréchale au premier acte. Quand le piège ourdi contre lui se déclenche, le baron Ochs appelle l’aubergiste, mais c’est l’intrigante qui apparaît, prétendant être la femme abandonnée du baron. Octavian envoie discrètement chercher Faninal, pendant que le baron appelle la police, qui arrive. Ochs tente de s’expliquer, disant qu’il était en train de souper avec sa fiancée. Le commissaire croit alors qu’Octavian, déguisé en femme, est la fille de Faninal, ce que celui-ci dément. Il envoie chercher Sophie qui attend dehors quand des enfants font irruption et entourent le baron en l’appelant « papa ». Le scandale est complet.

Octavian met le commissaire dans la confidence, avant de se retirer pour remettre ses vêtements d’homme. La Maréchale, avertie, arrive et comprend tout. Elle fait comprendre à Ochs qu’il serait bon qu’il parte, ce qu’il fait sans bien comprendre ce qui lui arrive, au grand désespoir de ses domestiques qui cherchent à se faire payer. Sophie, voyant l’attitude d’Octavian vis-à-vis de la Maréchale, croit son amour perdu.

Quand le calme est revenu, la Maréchale comprend que le moment qu’elle redoutait est arrivé. Octavian déclare son amour à Sophie, et la Maréchale rapproche les deux jeunes gens avant que de se retirer avec noblesse. Les deux jeunes gens n’osent croire à leur bonheur !

strauss rosenkavalier trio final

 

Opéra viennois, la partition repose bien évidemment sur la valse. Il existe même une version orchestrale qui est souvent donnée en concert.

strauss rosenkavalier suite orchestraleCliquez sur l’image

Et puis, une fois n’est pas coutume, je vous présente ici une deuxième version de la présentation de la rose à Sophie, quand l’amour naît entre elle et Octavian.

strauss rosenkavalier duo 2e acte Dessay von OtterCliquez (encore) sur Sophie et Octavian