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LES PÊCHEURS DE PERLES, de BIZET (1863)

Les Pêcheurs de perles est un opéra de jeunesse, écrit par BIZET à l’âge de 25 ans, en 1863, soit douze ans avant Carmen. Hector BERLIOZ a souligné la qualité de cette musique.

Acte I : L’action se déroule sur la plage des pêcheurs de perles, à Ceylan (Sri Lanka). Les pêcheurs donnent la fête rituelle qui débute la saison de la pêche aux perles. Au cours de cette fête, ils doivent chasser les démons pour que la pêche soit bonne. Zurga arrive et leur rappelle qu’ils doivent choisir leur chef, à qui ils devront obéissance. Tous lui jurent fidélité. Un nouveau venu, Nadir, arrive. C’est un ancien ami de Zurga, et quand ils étaient jeunes, ils étaient tous les deux amoureux de Leïla, la belle prêtresse. Au nom de leur amitié, ils s’étaient promis tous les deux de résister à leur amour.

Bizet Les Pêcheurs de perles Au fond du temple saintCliquez sur Nadir et Zurga

Le grand prêtre Nourabad et Leïla arrivent en pirogue. Elle doit passer la nuit à chanter pour chasser les mauvais sorts. Elle grimpe au temple saint et se met à chanter. Malgré son voile, Nadir reconnaît sa voix et décide de la rejoindre.

bizet spyresCliquez sur Nadir qui croit entendre encore…

Acte II : Au matin, Leïla se repose dans le temple. Nourabad lui rappelle l’importance de ses vœux sacrés pour le bien du village. Leïla lui raconte alors que quand elle était jeune, elle a eu l’occasion de sauver un jeune étranger qui, pour la remercier, lui a donné le collier qu’elle porte.

Restée seule, elle se met à rêver à Nadir.

Bizet Les Pêcheurs de perles Me voilà seule dans la nuitCliquez sur Leïla

Nadir vient la rejoindre, les deux jeunes gens sont enfin réunis.

Bizet Les Pêcheurs de perles De mon amie, fleur endormieCliquez sur l’image

Mais une tempête se lève. Nourabad les surprend et les condamne à mort. Mais Zurga veut les protéger avant que, découvrant que Nadir a trahi son serment, il les condamne lui aussi à mort.

Acte III : Après la tempête, la colère de Zurga est retombée, et il songe amèrement à ce qui vient de se passer. Leïla vient le voir et le supplie de sauver Nadir, offrant sa vie en échange. Mais l’amour qu’elle affiche ainsi ne fait que réveiller sa jalousie.

Bizet Les Pêcheurs de perles Je frémis, je chancelleCliquez sur Zurga et Leïla

Leïla lui confie alors son collier, lui demandant de le donner à sa mère après sa mort. En voyant le collier, il reconnaît celui-ci, qu’il avait autrefois offert à Leïla pour la remercier de lui avoir sauvé la vie. Il décide alors de sauver les deux amants en favorisant leur fuite du village.

Le bûcher a été dressé pour l’immolation des deux amants.

Bizet Les Pêcheurs de perles Sombres divinitésCliquez sur l’image

Soudain, Zurga arrive et déclare que le village des pêcheurs brûle. Tout le monde se précipite pour essayer de sauver les enfants restés au village, et Zurga libère Leïla et Nadir qui prennent la fuite (non sans avoir remercié Zurga).

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LA BELLE HÉLÈNE, d’OFFENBACH (1864)

La belle Hélène est un opéra-bouffe écrit par OFFENBACH en 1864 sur un livret des joyeux duettistes MEILHAC et HALÉVY, et créé avec succès en décembre de cette même année. Repris un peu partout dans le monde dès l’année suivante (Vienne, Berlin, Prague, …). En l’honneur de cet opéra, le chef Auguste ESCOFFIER a créé le dessert qui porte son nom.

poire belle-hélèneCliquez sur ce délicieux dessert !

Acte I : Sparte s’apprête à célébrer les fêtes d’Adonis. On célèbre Vénus, qui a battu Junon et Minerve dans le concours de beauté du mont Ida, grâce au berger Pâris. Hélène questionne Calchas, le grand augure de Jupiter, sur « l’affaire du mont Ida ». Pour remercier Pâris, Vénus lui a offert en récompense la plus belle femme du monde, Hélène. Le neveu d’Hélène, Oreste paraît, mais Calchas l’empêche d’entrer dans le temple où Hélène s’est réfugiée.

Pâris débarque déguisé en berger et remet à Calchas une lettre de Vénus où elle demande à l’augure d’aider Pâris à séduire Hélène. Pâris lui raconte le jugement de Pâris (Air : Au mont Ida). Calchas accepte. Hélène apparaît et tombe sous le charme du faux berger.

Offenbach la belle Hélène Au mont IdaCliquez sur Pâris

Le cortège des rois arrive pour la fête d’Adonis (Chœur : Voici les rois de la Grèce).

la belle HélèneCliquez sur les rois de la Grèce

Celle-ci s’accompagne d’un concours consacré aux « choses de l’intelligence » : une charade, un calembour et des bouts rimés. Pâris remporte facilement l’épreuve et peut ainsi recevoir le trophée. Il se fait reconnaître comme étant Pâris, fils de Priam, le roi de Troie. Hélène, enchantée, le couronne. Dans le tonnerre, Calchas, obéissant à Vénus, rend son oracle. Il faut que Ménélas aille passer quatre semaines en Crète, laissant Hélène seule.

Acte II : Les quatre semaines se sont écoulées, et Hélène résiste toujours à son amour (Air : On me nomme Hélène la blonde). Pâris, impatient, lui décrit les trois moyens d’arriver au cœur d’une femme : l’amour, la violence et la ruse.

Offenbach la belle Hélène On me nomme Hélène la blondeCliquez sur Hélène la blonde

Les rois arrivent chez la reine pour une partie de jeu de l’oie (sic !) Calchas, trichant, rafle la mise mais éveille les soupçons des rois. Il est obligé de rendre la moitié de ses gains. Hélène, torturée par son amour naissant, lui demande de voir Pâris en rêve, puisqu’elle fuit le vrai. La reine s’endort. Pâris entre dans sa chambre et Hélène croit que c’est son rêve (Duo : Oui, c’est un rêve).

Offenbach la belle Hélène Ce n'est qu'un rêveCliquez sur Hélène et Pâris

Alors que Ménélas rentre de Crête, il trouve Pâris dans le lit de son épouse, et ameute les autres rois qui devaient veiller sur son honneur. Hélène rejette la faute sur Ménélas : un mari doit avoir la bienséance, lorsqu’il s’absente, de prévenir sa femme de son retour (Air : Un mari sage). Tout le monde s’accorde pour chasser Pâris de la ville.

Acte III : Oreste et le peuple célèbrent Vénus, mécontente de l’attitude de Ménélas (Air & chœur : En repoussant Pâris). Ménélas jaloux cherche à comprendre pourquoi Hélène a parlé de rêve quand il l’a trouvée au lit avec Pâris. Hélène, clame son innocence, et agacée, finit par le menacer de lui donner de vraies raisons de se plaindre (Air : Là, vrai, je ne suis pas coupable).

Agamemnon et Calchas font remarquer à Ménélas qu’il n’est pas bon de s’opposer au vœu d’une déesse, mais il s’entête : il ne cédera pas à sa femme (Trio : Lorsque la Grèce).

Offenbach la belle Hélène Trio patriotiqueCliquez sur le trio (patriotique)

Il fait venir de Cythère le grand augure de Vénus, qui débarque alors et rend son oracle : Hélène doit accompagner l’augure à Cythère. Ménélas pousse Hélène à accepter. Mais elle ne veut pas faire ce voyage pour Ménélas, puisque c’est lui le responsable du courroux de la déesse. Le grand augure lui révèle alors qu’il est Pâris. Ils s’embarquent tous deux pour Cythère.

Ils sont déjà hors de portée quand la supercherie est dévoilée. Hélène a été enlevée par Pâris. La guerre de Troie peut commencer.

Offenbach la belle Hélène FinalCliquez sur Pâris

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LUCIA DI LAMMERMOOR, de DONIZETTI (1835)

Opéra romantique de DONIZETTI, créé en 1835, d’après un roman de Walter SCOTT. L’argument en est un « Roméo et Juliette » dans l’Écosse du XVIe siècle. Cette œuvre a connu d’emblée le succès et a été remaniée en 1839, pour une version en français.

C’est dans Lucia di Lammermoor que se trouve un des airs les plus célèbres du bel canto, la « scène de la folie » de Lucia. FLAUBERT l’évoque dans son Madame Bovary, et il sera encore célèbre au XXIIIe siècle puisqu’on peut l’entendre dans le 5e élément de Luc BESSON.

Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici dans une structure [(S+T)/(B+B)], puisqu’une soprano (Lucia) aime un ténor (Edgardo) alors qu’un baryton (Enrico) et une basse (Raimondo) cherchent à les séparer.

Acte I : Les hommes d’Enrico Ashton évoquent sa famille ruinée. Enrico entre. Dans un dialogue avec son veneur, Normann, on apprend qu’il voudrait que sa sœur Lucia accepte un mariage avec Lord Arturo, ce qu’elle refuse. Elle est en effet amoureuse d’Edgardo de Ravenswood, qui lui a sauvé la vie, mais dont la famille est rivale des Ashton.

Donizetti Lucia di Lammermoor Cruda funesta smaniaCliquez sur Enrico

Dans le parc du château, Lucia confie à son amie Alisa qu’elle a vu le spectre d’une jeune femme tuée par son amant, un Ravenswood. Son corps aurait été jeté dans la fontaine du parc.

Donizetti Lucia di Lammermoor Regnava nel silenzioCliquez sur Lucia i Alisa

Alisa comprend que cette vision est prémonitoire et conjure Lucia de renoncer à son amour.  Edgardo arrive et dit à Lucia qu’il doit partir le lendemain pour la France. Il compte demander sa main à son frère, mais Lucia craint ses réactions. Furieux, Edgardo lui rappelle son serment de vengeance contre les Ashton, responsables de la mort de son père.

Donizetti Lucia di Lammermoor Lucia perdona... Sulla tomba...Cliquez sur Lucia i Edgardo

Lucia le calme, et il s’éloigne, après qu’ils aient scellé leur amour avec un anneau nuptial. (Duo: « Verranno a te sull’aure ».)

Acte II : Enrico attend Lucia en tremblant. Pour que sa famille retrouve la fortune, il a arrangé un mariage entre sa sœur et Arturo Bucklaw, mais il craint qu’elle ne refuse. Normann lui dit qu’il a intercepté toutes les lettres qu’Edgardo lui envoie, pour qu’elle croie que celui-ci l’a oubliée. Les invités et Arturo arrivent au château lorsque Lucia entre, pâle. Elle reproche à son frère son manque d’humanité et les tourments qu’il lui inflige. Elle lui rappelle qu’elle a promis sa main  à Edgardo. Enrico lui montre alors une fausse lettre censée prouver l’infidélité d’Edgardo. Elle veut mourir en voyant cette trahison. Enrico lui explique que si elle ne se résout pas au mariage, c’est lui qui va mourir, car la situation politique a changé en Écosse avec l’arrivée au pouvoir de la reine Mary. Le chapelain, évoquant la mémoire de sa mère et le devoir qu’elle a envers son frère,  réussit à convaincre Lucia d’épouser Arturo. (Duo : « Ah, cedi, cedi ! »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Ebben di tua speranzaCliquez sur Lucia i Arturo

Arturo est accueilli par un chœur. Il se présente en sauveur de la famille et demande où est Lucia. Enrico le prépare à la réaction de sa sœur. Cette dernière arrive et signe le contrat de mariage comme si elle signait son arrêt de mort. Edgardo survient, réclamant sa fiancée. Enrico, Arturo et Edgardo s’apprêtent à se battre lorsque le chapelain Raimondo produit le contrat de mariage signé de la main de Lucia. Edgardo reprend l’anneau de sa fiancée et part en la maudissant. (Sextuor « Chi mi frena in tal momento? »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Chi mi frena (sextuor)Cliquez sur le sextuor d’élites

Acte III : Enrico rendu fou de rage par l’intrusion d’Edgardo chez lui se rend chez celui-ci et, attisant sa jalousie, le provoque en duel pour le lendemain à l’aube.

Alors que se déroulent les festivités du mariage, Raimondo bouleversé surgit et annonce que Lucia est devenue folle et vient de tuer Arturo. La jeune fille arrive, hagarde. Elle songe à son mariage avec Edgardo, et se revoit près de la fontaine, où le spectre qu’elle a vu vient s’interposer entre elle et Edgardo. (Scène de la folie.)

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur Lucia

Enrico qui revient de chez Edgardo apprend la nouvelle du meurtre d’Arturo et, sans se rendre compte de l’état de sa sœur, la menace d’une peine exemplaire. Lucia prenant son frère pour son bien aimé Edgardo implore son pardon avant de le prier de veiller sur sa tombe. Elle s’effondre et on l’emporte, inanimée.

Edgardo attend Enrico avec l’intention de se jeter sur l’épée de son ennemi, croyant toujours à la trahison de Lucia. Les hommes d’Enrico lui apprennent le sort tragique de la jeune femme. Dans sa démence elle le réclame avant de mourir. Entendant sonner le glas, il comprend que Lucia est morte, ce que le chapelain confirme. Désespéré, Edgardo se donne la mort, non sans avoir évoqué une dernière fois son aimée, cet ange monté au ciel.

Donizetti Lucia di Lammermoor Tu che a Dio spiegasti l'aliCliquez sur Edgardo

Comme je ne peux pas terminer comme ça ce billet concernant un joyau du bel canto, retrouvons le prélude à l’air de la Folie, interprété par Maria CALLAS.

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono callasCliquez sur Lucia

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IOLANTA, de TCHAÏKOVSKI (1892)

Dernier opéra de TCHAÏKOVSKI, composé sur un livret de son frère Modeste, cet opéra en un acte est écrit et créé en 1892, en même temps que le ballet Casse-Noisette (d’après E.T.A. HOFFMANN).

Tchaïkovski Casse-Noisette danse de la fée dragéeCliquez sur la fée Dragée

Moins connu que Eugène Onéguine ou la Dame de pique, Iolanta est un authentique chef-d’œuvre de Tchaïkovski, tiré de la pièce La Fille du roi René (1853) du Danois Henrik HERTZ.

Acte I : Iolanta, la fille du roi René, est aveugle de naissance, mais ignore son infirmité car son père a interdit à son entourage de lui en parler. Elle mène une vie protégée, ne connaissant que l’univers des sons, des odeurs, du goût et du toucher. (Air : « Pourquoi n’ai-je pas souffert autrefois ? »)

Tchaïkovski Iolanta Pourquoi n'ai je pas souffert autrefoisCliquez sur Iolanta

Le roi fait venir un médecin maure pour guérir sa fille. (Air du roi René : « Seigneur, si j’ai péché »).

Tchaikovski Iolanta Seigneur si j'ai péchéCliquez sur le roi René

Celui-ci déclare qu’il le peut à une condition, qu’on lui révèle son infirmité à Iolanta. Dans un discours sur l’inséparabilité des mondes spirituels et charnels, il déclare qu’avant d’ouvrir les yeux à la lumière, il faut que l’âme soit prête à découvrir ce sens (Air du docteur : « Il y a deux mondes », un petit bijou d’émotion !).

Tchaikovski Iolanta air du docteur il y a deux mondesCliquez sur le docteur

Mais le roi refuse et déclare que celui qui révélera son infirmité à sa fille devra mourir.

Deux chevaliers qui se sont perdus lors d’une partie de chasse arrivent. Il s’agit de Robert, duc de Bourgogne, et de Godefroid, comte de Vaudémont. Robert est promis de longue date à Iolanta, qu’il ne connaît pas, mais il est tombé amoureux d’une autre femme, Mathilde, et voudrait rompre ses fiançailles. (Air de Robert « Qui peut égaler ma Mathilde ? »)

Tchaikovski Iolanta air de Robert qui peut égaler ma MathildeCliquez sur Robert

Malgré l’interdiction qui figure à l’entrée du jardin, ils entrent et découvrent Iolanta endormie. Godefroid en tombe immédiatement amoureux (Air de Godefroid « Non ! Les charmes de la beauté agitée ne me disent rien »).

Tchaikovski Iolanta air de Godefroid non la beauté...Cliquez sur Godefroid de Vaudémont

Iolanta se réveille, mais ne reconnaît pas leurs voix. Ils disent être des chevaliers perdus. Robert part, laissant Godefroid seul. Iolanta lui offre à boire. Godefroid lui déclare sa passion, mais elle le repousse. Avant de partir, il demande à Iolanta de cueillir pour lui une rose rouge, qu’il gardera en souvenir d’elle. Mais par deux fois, elle cueille une rose blanche. Godefroid comprend alors qu’elle ne voit pas. Il s’efface, la laissant seule et désemparée. Quand il revient, il veut sécher ses pleurs. Lui demandant à quoi servent les yeux, elle répond qu’ils servent à pleurer. Elle demande ce qu’est la lumière, et il répond que c’est la première merveille de la création (Duo : « Je ne comprends pas ton silence »).

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Godefroid

Le roi arrive avec sa suite. Ils découvrent que Iolanta n’est plus seule dans le jardin. Il est mécontent qu’on ait dévoilé à sa fille son infirmité, mais le docteur dit que c’est peut-être là le salut de sa fille. Le roi dit à Iolanta qu’il est venu avec son médecin pour la guérir, si elle le veut. Pour la convaincre, il use d’un subterfuge, et rappelant que ceux qui entrent dans le jardin encourent la mort, déclare que Godefroid mourra si Iolanta ne retrouve pas la vue.

Iolanta se déclare alors prête et demande ce qu’elle doit faire. Le docteur déclare qu’il lui suffit de désirer ardemment la lumière. Elle se confie aux mains du médecin.

Robert arrive au secours de son camarade ! Godefroid lui rappelle qu’il doit tout avouer au roi, mais Robert a changé d’avis, et se dit prêt à honorer sa promesse, mais que son cœur restera fidèle à Mathilde. Le roi le libère de sa parole donnée, et accepte de donner sa fille à Godefroid si elle recouvre la vue. On annonce que l’opération a réussi et que Iolanta n’est plus aveugle. Bien sûr, quand elle ouvre les yeux, elle ne reconnaît pas ce qu’elle n’a déjà vu. Le médecin lui demande de lever les yeux au ciel. Découvrant le monde, elle demande à son père d’être son protecteur, mais il répond qu’il est trop vieux, et que ce sera Godefroid son protecteur.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur l’image

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ARMIDE, de LULLY (1686)

Armide est le dernier opéra de LULLY composé sur un livret de QUINAULT, en 1686. Il est considéré comme étant le grand chef d’œuvre issu de la collaboration entre les deux hommes. Son livret est tiré de la Jérusalem délivrée, (la Gerusalemme liberata) du TASSE, et il a servi un siècle plus tard pour un « concours » entre GLUCK et PICCINI, où les deux compositeurs étaient invités à réécrire un opéra en se servant de ce livret.

Prologue : La Gloire et la Sagesse louent le Héros (c’est à dire Louis XIV) qui incarne ces deux qualités. Elles proposent de raconter l’histoire du chevalier Renaud.

Acte I : La magicienne Armide confie à ses deux suivantes, Phénice et Sidonie, le trouble de son cœur. Si elle a vaincu l’armée des croisés, le chevalier Renaud lui résiste (Air : « Un Songe affreux « ). Lui, pour qui elle devrait n’avoir que haine, a enflammé son cœur. Hydraot, un magicien oncle d’Armide, sentant venir la fin de ses jours, presse sa nièce de se marier.

Lully Armide Armide est encore plus aimableCliquez sur l’image

Armide ne veut pas des chaînes du mariage. Si elle se marie un jour, c’est la Gloire qui choisira son mari : ce sera le vainqueur de Renaud, s’il existe. Alors que l’on célèbre la victoire d’Armide, un messager arrive, un homme, seul, a délivré tous les prisonniers que l’on emmenait. Cet homme, c’est Renaud.

Acte II : Artémidore, un des chevaliers libérés par Renaud, voudrait le suivre, mais Renaud, banni par Godefroid, veut poursuivre seul son chemin. Hydraot et Armide préparent un charme pour tromper Renaud (Duo : « Esprit de haine et de rage »).

Lully Armide Esprit de haine et de rageCliquez sur l’image

Renaud, s’avançant le long d’une rivière, est victime de ce charme. Il ne veut plus partir.

Lully Armide Plus j'observe ces lieuxCliquez sur l’image

Au contraire, il s’endort, et les démons invoqués par les magiciens, déguisés en zéphirs et en bergers, lui chantent les plaisirs de l’amour. Armide paraît pour tuer Renaud, mais quand elle le voit ainsi endormi, elle est subjuguée par l’amour.

Lully Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur Armide

Honteuse de ne pouvoir le tuer, elle demande à ses démons de les transporter tous deux au bout de l’univers.

Acte III : Armide s’interroge : comment a-t-elle pu devenir dépendante de Renaud ? Comme ses suivantes se réjouissent de la victoire d’Armide sur Renaud, Armide chante son trouble. Ce n’est que par un charme artificiel que Renaud l’aime. Entre un amour faux et la haine, Armide choisit la haine, qu’elle invoque. La Haine surgit de l’enfer pour arracher l’Amour qui est dans le cœur d’Armide, mais au dernier moment, celle-ci renvoie la Haine en Enfer, et préfère garder son amour. La Haine la condamne à aimer Renaud toujours.

Acte IV : Le Chevalier Danois, accompagné d’Ubalde porteur d’un sceptre et d’un bouclier magiques capables de dissiper les enchantements d’Armide, paraissent. Des démons ayant pris l’apparence de paysans et de Lucinde, l’aimée du Chevalier Danois, les attirent. Ubalde cherche à prévenir le Chevalier Danois contre ces enchantements, mais en vain. Il touche la fausse Lucinde de son sceptre, et celle-ci disparaît. Au Chevalier Danois qui le félicite de n’avoir pas succombé à la crainte et à l’amour, Ubalde répond que quand la Gloire appelle, il faut laisser l’Amour. Mais un démon apparaît sous les traits de Mélisse, l’aimée d’Ubalde qui, lui, cède à son charme. À son tour le Chevalier Danois le délivre grâce au sceptre magique.

Acte V : Dans le palais d’Armide, Armide et Renaud chantent leur amour. Cependant, Armide, agitée d’un sombre pressentiment, doit consulter les enfers. Elle convoque les Plaisirs qui tiendront compagnie à Renaud en son absence.

Lully Armide passacaille acte VCliquez sur la passacaille

Quand Renaud congédie les Plaisirs, Ubalde et le Chevalier Danois profitent de ce qu’il est seul pour lui dessiller les yeux, grâce au bouclier magique. Godefroid le rappelle dans son armée. Sur le point de partir, Armide revient. Renaud lui annonce que la Gloire qui l’attend est plus forte que l’Amour. Armide convoque les démons pour qu’ils détruisent son palais, symbole de son amour perdu.

Lully Armide le perfide Renaud me fuitCliquez sur Armide

 

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PETER GRIMES, de BRITTEN (1945)

Avec son premier opéra, Benjamin BRITTEN a frappé un grand coup, réveillant tel un prince charmant une institution anglaise assoupie depuis plus de deux siècles, depuis Henry PURCELL.

Fruit d’une commande du chef d’orchestre Serge KOUSSEVITSKI, Peter Grimes est créé à Londres en 1945, et c’est très vite installé dans le répertoire d’opéras du XXe siècle.

L’action se passe à Aldeburgh, dans le Suffolk cher à Britten. Et c’est à Aldeburgh qu’il créera quelques années plus tard un festival d’opéras.

Acte I : L’action commence au tribunal, où on juge le marin Peter Grimes, accusé de la mort de son apprenti sur son bateau. C’est l’occasion de présenter tous les habitants de ce village de pêcheurs. Ned Keene : le pharmacien, le révérend Adams : le maire, Auntie (Tantine) : la patronne du pub, Ellen Orford : la maîtresse d’école, Bob le pasteur méthodiste et Balstrode, un capitaine à la retraite. Après les explications de Peter, celui-ci est innocenté par le coroner, qui lui demande toutefois de ne plus prendre d’apprenti. Peter, soutenu par Ellen, veut un vrai procès, pour se laver de ce qu’on l’accuse à mots couverts (les villageois lui reprochent de vivre seul, sans femme) (Duo : « My voice out of the pain ».)

Le soir, au marché au poisson, villageois et pêcheurs se donnent rendez-vous devant le pub d’Auntie (Chœur : « Oh hang at open doors ».)

Britten Peter Grimes Oh, hang at open doorsCliquez sur la pochette de disque

Arrivent, notamment, le maire et le pasteur qui viennent voir les « nièces » de Tantine, dont l’établissement est un peu plus qu’un pub. Tout le monde s’amuse quand Peter Grimes revient de la pêche. Ned lui annonce qu’il a trouvé pour lui à l’hospice un nouvel apprenti. Le voiturier refuse d’aller le chercher, mais Ellen, s’opposant aux préjugés des villageois, propose d’y aller avec lui (Air : « Let her among, you ».)

La tempête venant du large menace le village. Tout le monde va se mettre à l’abri dans le pub. Seul Peter Grimes préfère la tempête. Il veut en mettre plein la vue aux villageois, qui ne s’intéressent qu’à l’argent, en faisant une très bonne pêche et en devenant riche avec sa cargaison. Il pourra alors se marier avec Ellen (Air : « What harbour shelters peace ».)

À l’heure de fermer le pub commence une scène de débauche avec les nièces d’Auntie, le méthodiste ne résistant pas à leurs charmes. (Chœur : « We live and let live ».) Ned arrive avec un médicament pour la veuve qu’il doit soigner, suivi de Peter qui tient des propos obscurs sur les étoiles et les constellations (Air : « Now the Great Bear ».)

Britten Peter Grimes Now the great bear

Les villageois entonnent un chant populaire pour chasser le trouble qu’a fait naître Peter  avec sa chanson (Chœur : « Old Joe has gone fishing »), mais Peter complète ce chant en ajoutant que lui est allé à la pêche, mais que c’est la mort qu’il y a rencontrée.

Britten Peter Grimes Ole John has gone fishingCliquez sur le pub

Ellen arrive enfin avec le nouvel apprenti. Peter Grimes sort avec lui, sous la réprobation de tous.

Acte II : Le dimanche matin, les villageois se rendent à la messe. Ellen veut profiter de ce moment pour discuter avec John, le jeune mousse de Peter, mais celui-ci ne répond pas (Air : « Glitter of waves ».) Elle espère que son arrivée sera l’occasion d’un nouveau départ pour Peter Grimes (et elle-même). Elle s’alarme en découvrant des bleus sur le corps de John. Peter Grimes arrive et réclame l’enfant, car il a vu un banc de poisson et veut partir pêcher. Ellen lui reproche de l’avoir fait travailler toute la semaine sans repos, et de ne pas respecter le jour du Seigneur. Elle lui demande à quoi tout cela va servir. Peter explique que le fruit de son travail va lui apporter un foyer et le respect, mais il apparaît que leur stratégie pour faire taire les commérages a échouée. La vieille rombière a vu les traces de coups sur John et en a parlé, si bien que quand les villageois sortent de l’église, ils sont tous persuadés que « Grimes a recommencé ». Ils accusent Ellen de complicité avec Peter. Elle leur explique ses projets (Ensemble : « We planned that their lives should have a new start »), mais les villageois lui répondent qu’elle doit être soit avec eux, soit contre eux.

Britten Peter Grimes We planned that their livesCliquez sur l’image

Ils décident d’aller voir Peter à sa cabane (Chœur : « Now is gossip put on trial ».) Les femmes restent seules. Elles se plaignent de servir de réconfort aux hommes dans la tempête, mais qu’après, ils repartent toujours (Chœur : « From the gutter, why should we trouble ».)

Britten Peter Grimes From the gutter, why should weCliquez sur les « nièces » de Tantine

Peter Grimes veut repartir en mer avec John. Il veut faire la pêche de sa vie pour devenir riche et pouvoir ainsi se marier avec Ellen et faire taire les villageois. Les entendant arriver, il prend peur, croyant que John l’a dénoncé. Il lui demande de descendre de la falaise pour aller au bateau, mais John tombe de la falaise. Peter Grimes s’enfuit et les hommes entrent dans sa cabane, vide. Ils la trouvent propre et bien tenue et s’en vont, rassurés.

Acte III : Les villageois s’amusent devant le pub d’Auntie. Mrs Sedley vient dire que l’on n’a vu ni Peter, si son mousse. Elle pense que Peter l’a tué, mais Keene ne veut pas l’écouter. Les vieux quittent la fête (Chœur : « Good night ».)

Le bateau de Peter est rentré au port. Ellen trouve le gilet qu’elle a brodé pour le mousse et s’inquiète (Air : « Embroidery in childhood ».)

Britten Peter Grimes Embroidery...Cliquez sur Ellen

Elle part à la recherche de Peter avec Balstrode. Mrs. Sedley lance la chasse (Chœur : « Who holds himself apart ».)

Britten Peter Grimes Who holds himself apartCliquez sur l’image

Leurs cris éveillent Peter qui s’était endormi près de son bateau. Il réfléchit à son destin et commence à délirer (Air : « There you are. Nearly home » [« Tu es arrivé, tu es presque à la maison »].)

Britten Peter Grimes There you areCliquez sur Peter

Ellen et Basltrode le trouvent. Balstrode lui dit de prendre le large avec son bateau et de le couler. Là, il trouvera enfin son foyer tant cherché.

Le lendemain matin, les pêcheurs s’apprêtent à prendre la mer. On signale qu’un bateau a fait naufrage pendant la nuit (Chœur : « To those who pass the Borough ».)

Britten a repris les interludes orchestraux pour en faire une suite d’orchestre.

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur la suite d’orchestre

Mes opéras préférés

Le VAISSEAU FANTÔME, de WAGNER (1842) (DER FLIEGENDE HOLLÄNDER)

Premier des opéras de Richard WAGNER encore joués régulièrement (les précédents sont considérés comme des œuvres de jeunesse et sont très rarement joués), c’est probablement un de ceux dont l’abord est le plus aisé. Le découpage est encore traditionnel, avec une ouverture qui récapitule les différents thèmes musicaux abordés, des chœurs (chœur des marins, chœur des fileuses), et de grands airs comme les opéras italiens et français en comportaient à l’époque.

Écrit en 1841 – 1842 d’après une nouvelle de H.Heine. Le livret est de Richard Wagner. Alors que couvert de dettes, il fuit Riga, son bateau pour Londres est pris dans une tempête, et dérive jusqu’à une baie. Au sortir de la tempête, les marins heureux de s’en être sortis entonnent alors une de leurs chansons. Ce spectacle, joint au souvenir qu’il a de la légende du Hollandais Volant écrite par Heine quelques années plus tôt lui donne l’idée de cet opéra.

Présenté au directeur de l’Opéra de Paris, l’idée plait tellement au directeur qu’il veut racheter le livret, mais pour le faire mettre en musique par un autre compositeur. Après avoir résisté, Wagner cède le livret en français pour 500 francs, mais il travaille de son coté à la mise en musique de son texte en allemand.

Ouverture : Pour la première fois, Wagner se sert de l’ouverture pour exposer les leitmotivs qui formeront l’ossature du récit. On y entend successivement, le motif du Hollandais Volant, violent au début pour évoquer la tempête, puis repris calmement pour évoquer le mouillage sur la côte, et enfin le motif de Senta.

Wagner Vaissau fantôme ouvertureCliquez sur l’image

Acte 1 : Le capitaine Daland et son équipage sont pris dans une tempête qui les jette dans une baie de la côte norvégienne, loin de leur port d’attache. Le pilote de quart chante pour se tenir éveillé (Air : « Mit gewitter und sturm »), mais finit par s’endormir.

Wagner le Vaisseau fantôme Mit Gewitter und SturmCliquez sur le pilote

Le vaisseau du Hollandais Volant arrive. Pour avoir provoqué le diable dans une tempête, il a été condamné à errer sans fins sur les flots, n’ayant le droit de toucher terre qu’une fois tous les sept ans. Sa malédiction ne prendra fin que s’il rencontre une femme qui l’aimera d’un amour absolu, jusqu’à la mort si nécessaire.

Wagner le Vaisseau fantôme Die Frist ist umCliquez sur l’image

Daland qui s’était endormi, se réveille et remarque le bateau. Dans une discussion entre les deux capitaines, le Hollandais évoque sa riche cargaison, ce qui intéresse Daland. Il propose sa fille Senta en mariage. Dès le marché conclu, la tempête s’apaise, et les bateaux peuvent rejoindre le port d’attache de Daland.

Acte II : En attendant le retour des hommes, les femmes filent en chantant (Chœur des fileuses : « Summ und Brumm ».)

Wagner le Vaisseau fantôme choeur des fileuses

Senta elle, contemplant le portrait du Hollandais Volant, chante une ballade que lui a apprise sa nourrice racontant son histoire (Ballade de Senta : « Johohoe ! Traft ihr das Schiff ».) Elle déclare aux autres femmes qu’elle sera celle qui délivrera le Hollandais de sa malédiction.

Wagner le Vaisseau fantôme ballade de SentaCliquez sur Senta

Erik, un chasseur fiancé à Senta, a tout entendu et lui rappelle qu’ils sont fiancés. Il lui raconte un rêve qu’il a fait, où il l’a vue rencontrer le Hollandais et partir avec lui.

Daland et le Hollandais entrent, et Daland propose à sa fille le mariage avec le Hollandais, en échange des trésors de celui-ci. Restés seuls, Senta et le Hollandais, chantent la réalisation de leurs rêves. Pour le Hollandais, le repos, pour Senta, la fin de sa vie monotone à la maison et le désir de délivrer le Hollandais (Duo). Il lui demande si elle sait à quoi elle s’engage en se donnant à lui. Elle répond qu’elle s’engage jusqu’à la mort. Le Hollandais voit là son salut. Daland revient, et demande s’il peut annoncer un mariage à la fête qui se prépare pour le retour au port.

Acte III : C’est la fête qui suit le retour des marins sur la terre ferme, là où il fait bon aimer, boire et manger (Chœur : Steuermann, lass die Wacht).

Wagner le Vaisseau fantôme choeur des matelotsCliquez sur l’image

Marins et villageoises provoquent le Hollandais et son équipage restés à l’écart, si bien que les marins du vaisseau fantôme finissent par répondre, provoquant l’effroi de tous.

Erik rappelle à Senta, prête à suivre le Hollandais, sa promesse de mariage (Air : « Willst jenes Tags du nicht… ».)

Wagner le Vaisseau fantôme Willst jenes TagsCliquez sur Erik

Entendant cela, le Hollandais doute que Senta lui soit fidèle jusqu’à la mort. Il part, disant que Senta n’ayant pas encore juré son serment devant Dieu, elle peut encore échapper à la damnation. Senta se jette derrière lui dans les flots, donnant ainsi sa vie pour libérer le Hollandais. Le Hollandais et son Vaisseau Fantôme sont désormais libérés de leur malédiction. (C’est là la première rédemption par l’amour mise en musique par Wagner, il y en aura d’autres…)

Retrouvez d’autres ouvertures célèbres ainsi que d’autres chœurs de Wagner.

Mes opéras préférés, Mythologie

PLATÉE, de RAMEAU (1745)

Platée est une comédie lyrique, créée à Versailles en 1745 à l’occasion du mariage du dauphin avec l’infante d’Espagne. Malgré un accueil réservé à la création, dû aux nouveautés et aux arrangements pris avec les conventions alors en usage, Platée est devenue une des œuvres les plus populaires de RAMEAU, notamment grâce aux nombreux effets comiques qu’il a introduits dans sa partition (chœur des grenouilles, charivari des oiseaux, air de la Folie).

Prologue : Une troupe de vendangeurs, de satyres, et de ménades tente de réveiller Thespis, inventeur de la comédie, pour qu’il chante les louanges de Bacchus. Momus, le dieu de la raillerie, et Thalie, la muse de la comédie, se joignent au chœur pour raconter la manière dont Jupiter a guéri Junon de sa jalousie. Amour vient à son tour réclamer sa place dans cette histoire. Par ces leçons réjouissantes, ils corrigeront ainsi les humains.

Acte I : Cithéron, roi de Platées, est pris dans la fureur des éléments. Il demande aux dieux de se calmer, et Mercure lui explique que la jalousie de Junon en est la cause. Cithéron propose un stratagème propre à calmer Junon : Jupiter doit feindre d’être amoureux. Afin de ne pas succomber à son propre piège, il choisit pour cible Platée, une nymphe des marais, grenouille à l’aspect ridicule. Platée, persuadée que Cithéron est amoureux d’elle, attend de lui qu’il se déclare.

Rameau Platée Acte I scènes 3 à 5Cliquez sur l’image

Elle lui fait des avances, mais en vain (irrésistible « Chœur des grenouilles ».)

Rameau Platée chœur des grenouillesCliquez sur Platée

Mercure, descendu du ciel, annonce à Platée que Jupiter l’a choisie. Elle appelle ses nymphes.

Acte II : Mercure a envoyé Junon surprendre Jupiter à Athènes, ce qui laisse la voie libre à Jupiter qui descend du ciel avec Momus. Platée s’approche, et Jupiter prend la forme d’un âne, ce qui ravit Platée. Jupiter se change en hibou, et Platée invite les oiseaux à lui rendre hommage (« Charivari des oiseaux »). Comme le hibou s’envole, Platée se met à pleurer, mais Jupiter revient sous sa forme normale, armé de son foudre divin. Il fait sa déclaration à Platée et ordonne à Momus de préparer la cérémonie (Chœur : « Qu’elle est aimable ».)

Rameau Platée acte II scène 3 (avec les oiseaux)Cliquez sur Jupiter

Arrive la Folie qui, avec la lyre qu’elle a volée à Apollon, a le pouvoir de rendre gai un chant funeste et triste un chant badin (Air : « Aux langueurs d’Apollon »), avant d’inviter le chœur à célébrer les noces de Jupiter et Platée (Chœur : « Hymen, l’amour t’appelle ».)

Rameau Platée air de la FolieCliquez sur la Folie

Acte III : Junon revient d’Athènes, furieuse de n’y avoir pas trouvé Jupiter. Mercure la calme, et lui demande d’observer la scène qui va suivre sans intervenir.

Le cortège nuptial s’avance, mais Platée regrette qu’Hymen et Amour ne soient pas présents. À Jupiter qui demande pourquoi ces petits dieux ne le suivent pas, Momus répond qu’ils vont rarement ensemble. Momus paraît, déguisé en Amour. Il apporte à Platée les présents de l’Amour : pleurs, cris, langueur et espérance. Folie demande à Amour de lancer tous ses traits.

Rameau Platée Acte III scène 4 Amour lance tes traitsCliquez sur l’image

Rameau Platée Acte III scène 5 Hymen l'amour t'appelleCliquez sur l’image

Comme la cérémonie va se terminer, Jupiter s’inquiète de ne pas voir arriver Junon. Au moment de prononcer le serment, Junon en fureur fond sur eux. Elle arrache le voile de Platée, mais en découvrant le visage de la nymphe, elle éclate de rire. Platée s’enfuit, déconfite, et Jupiter et Junon remontent au ciel, réconciliés. Folie et le chœur se moquent de Platée.

Rameau Platée finaleCliquez sur Platée

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Mes opéras préférés

LOHENGRIN, de WAGNER (1850)

Lohengrin est le dernier opéra de Richard WAGNER à être bâti sur un schéma classique, avec grands airs, ensembles et chœurs. Il fut créé en 1850 à Weimar sous la direction de LISZT. Wagner écrivait lui-même ses livrets en puisant ses sujets dans les légendes. Pour Lohengrin, il a puisé dans le corpus des légendes germaniques, notamment dans le Parsifal de Wolfram von ESCHENBACH. (Wagner rendra hommage à W. von Eschenbach en en faisant un des héros d’un autre de ses opéras: Tannhaüser.)

Lohengrin, donc, est une adaptation de la légende du Chevalier au cygne et était une des « folies » du roi Louis II de Bavière, qui s’est fait construire le château de Neuschwanstein à partir de cette légende.

Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici dans la structure classique (S+T)/(M+B) où une soprano (Elsa) et un ténor (Lohengrin) s’aiment, et sont empêchés par une mezzo (Ortrud) et un baryton (Telramund).

Prélude :

Wagner Lohengrin PréludeCliquez sur l’image

Acte I : L’action se passe à la cour des ducs de Brabant. On annonce la venue de l’empereur de Germanie. Après neuf ans de paix avec les voisins de l’Est, l’ennemi hongrois est de nouveau aux frontières. Il faut ressouder l’empire. L’empereur Heinrich demande à Friedrich de Telramund de lui expliquer ce qui se passe au duché de Brabant, qui n’a plus de chef. Telramund explique qu’à la mort du duc de Brabant, celui-ci lui a confié ses deux enfants, Elsa et Gottfried. Mais un jour, le fils a disparu. Telramund accuse Elsa d’avoir tué son frère. Devant tant de félonie, il a renoncé à la main d’Elsa, que le duc lui avait promise en mourant, et s’est marié avec Ortrud [1]. Telramund réclame le duché à l’empereur. On appelle Elsa à comparaître. Pour sa défense, elle explique qu’elle a prié Dieu, et qu’elle a alors eu la vision d’un pur chevalier qui lui a apporté le réconfort (Air : « Einsam in trüben Tagen ».)

Wagner Lohengrin le songe d'Elsa Einsam in trüben TagenCliquez sur Elsa

L’empereur veut lui faire subir le jugement de Dieu lotrs d’un tournoi contre Telramund. Elsa réclame ce chevalier pour la défendre. Le héraut appelle les participants au tournoi, mais personne ne vient défendre Elsa. Elsa recommence sa prière à Dieu, et un chevalier apparaît sur une nacelle tirée par un cygne.

Le chevalier, renvoyant son cygne, salue l’empereur. Il déclare qu’il est venu défendre Elsa. Elle déclare qu’elle s’offre à lui s’il la défend. Il accepte, à une condition, qu’elle ne cherche jamais à savoir ni son nom, ni d’où il vient. Elsa le promet. Il se propose donc d’être son chevalier servant pour le jugement de Dieu. Le duel peut commencer. Le chevalier gagne. Il offre à Telramund la vie sauve, pour qu’il puisse se racheter. Tous félicitent Elsa et le chevalier. Seule Ortrud, à l’écart, se demande qui peut être ce chevalier.

Acte II : Le lendemain matin, Ortrud et Telramund, bannis, se préparent à partir. Ortrud veut rester pour se venger. Telramund lui reproche d’avoir tout perdu pour avoir suivi ses mauvais conseils. C’est sur son témoignage qu’il a accusé Elsa. Ortrud prétend alors que le chevalier inconnu n’est pas un envoyé de Dieu, et qu’il a vaincu Telramund par magie. Elle lui dit que ses pouvoirs magiques disparaîtront s’il lui retranche une partie, fût-elle minime, de son corps. Ils décident alors, dans un beau duo, de se venger.

Elsa arrive, chantant son bonheur et son amour. Ortrud l’appelle, faussement repentante, et lui dit comme elle et Telramund sont malheureux. Elle accuse Elsa d’être coupable de leur malheur. Elsa, qui est toute bonté, pardonne, et va jusqu’à inviter Ortrud à l’accompagner à l’église, le lendemain, pour son mariage. Ortrud jubile en son for intérieur et prie ses dieux à elle, Wotan et Freia (Tiens, ça ne vous rappelle rien ?). Insidieuse, Ortrud annonce à Elsa un malheur à venir, dont elle voudrait la protéger. Son chevalier inconnu pourrait bien la quitter, repartir comme il est venu. Mais Elsa ne doute pas de lui.

Wagner Lohengrin duo Elsa Ortrud Acte IICliquez sur Elsa et Ortrud

Au lever du jour, le héraut proclame le bannissement de Telramund et Ortrud ainsi que le mariage du chevalier avec Elsa. Le chevalier a renoncé au titre de duc de Brabant, aussi ne sera-t-il « que » Protecteur du Brabant. Dès le lendemain, il se mettra en route pour défendre l’empire germanique de l’invasion des Hongrois à l’Est. Les nobles protestent contre ce départ précipité, mais n’y peuvent mais. Telramund apparaît et déclare qu’il s’y opposera. Elsa arrive pour la cérémonie du mariage, mais Ortrud apparaît, richement vêtue, et réclame la première place. Elle prétend être la femme d’un homme reconnu de tous, alors que personne ne sait qui est le mari d’Elsa. Elle accuse même le chevalier d’être un magicien. L’empereur et le Protecteur du Brabant paraissent. Elsa explique au chevalier qu’elle a pardonné à Ortrud et l’a invitée. Celui-ci lui demande alors si le poison du doute s’est insinué en elle. Telramund apparaît et accuse à son tour le chevalier d’avoir été déloyal lors du jugement de Dieu, et d’avoir vaincu par magie. Il lui demande de révéler son nom et son origine, mais le chevalier refuse. Seule Elsa aurait le droit de le lui demander. Elsa renouvelle sa confiance en son fiancé et ils entrent dans l’église.

Acte III : Elsa et son mari entrent dans le palais, accompagnés par la fameuse marche nuptiale. Ils se disent leur amour dans un beau duo. Comme le chevalier l’appelle par son nom à elle, Elsa commence à suggérer qu’il pourrait lui dire son nom à lui, qu’il lui serait doux de le prononcer. Il lui répond alors qu’il l’estimera de savoir respecter sa promesse, et révèle qu’il a sacrifié pour elle la plus belle destinée du monde.

Wagner Lohengrin début acte IIICliquez sur Elsa et Lohengrin

Mais ces propos, au lieu de l’encourager, tombent dans le terreau du doute préparé par Ortrud, et Elsa commence à s’imaginer qu’il pourrait la quitter pour retrouver cette si haute destinée. Dans un moment de doute, elle pose la question fatale. Dans une pièce voisine, Telramund et quatre hommes se tenaient en embuscade. Le chevalier tue Telramund et il ordonne à ses complices de porter son corps devant l’empereur.

L’empereur remercie les hommes d’être venus si nombreux et demande où est le Protecteur du Brabant, qui doit les conduire au combat. Quand celui-ci arrive, derrière le cadavre de Telramund, il annonce qu’il ne vient pas en combattant, mais en accusateur. Il accuse sa femme d’avoir trahi sa promesse. Il va maintenant révéler son nom à tous, puisque c’est Elsa, la seule personne à pouvoir le faire, qui lui a posé la question. Il dit qu’il vient d’un pays lointain, du château de Montsalvat, qui abrite le temple du Graal. Le Graal répand sa foi sacrée sur la chevalerie. Lui est le fils de Parsifal, et il se nomme Lohengrin.

Wagner Lohengrin In fernem Land... Mein lieber SchwanCliquez sur Lohengrin

Au moment de partir avec son cygne, qui est revenu le chercher, il dit encore que sous cette forme, c’est le jeune Gottfried qui est là, métamorphosé par la magicienne Ortrud. Il annonce son retour à venir, et remet à Elsa un cor, une épée et un anneau à destination de son frère. Ortrud avoue qu’elle a agi ainsi pour venger ses anciens dieux. Le cygne se métamorphose alors en Gottfried. Lohengrin le présente à l’assemblée comme étant le duc de Brabant, leur chef, et il s’éloigne.

[1] Note pour les metteurs en scène : en habillant Elsa de blanc et Ortrud de noir, on obtient un très joli effet, et en plus, le spectateur comprend qui sont les gentils et qui sont les méchants.

Lohengrin sera proposé sur le site du MET le 19 mai 2020.

Cinématographe, littérature, Mes opéras préférés, Publicité

MADAME BUTTERFLY, de PUCCINI (MADAMA BUTTERFLY)

Composé d’après une nouvelle américaine tirée d’ « une histoire vraie », Madame Butterfly (Madama Butterfly) a été composé entre 1902 et 1903, avant d’être créé en 1904 à La Scala de Milan. Ce fut un échec, et PUCCINI et ses librettistes ont dû remanier l’opéra, avant de le remonter à Brescia, cette fois avec succès.

Il faut noter que Pierre LOTI avait écrit un roman Madame Chrysanthème, racontant en partie son voyage au Japon et son mariage « temporaire ». Un premier opéra en a été tiré dès 1893 avec une musique de MESSAGER.

Acte I : À Nagasaki, Goro fait visiter à Pinkerton, jeune lieutenant de la marine américaine, une maison en haut de la falaise, face à la mer. Il lui présente les domestiques et on attend la mariée. Le consul américain, Sharpless, arrive. Pinkerton lui explique qu’il a signé un contrat de 99 ans, dont il peut se sortir unilatéralement à la fin de chaque mois. Et qu’il en est de même avec le contrat de mariage qu’il s’apprête à signer ! (Air: « Dovunque al mondo, lo yankee vagabondo« .)

Puccini Butterfly Dovunque al mondoCliquez sur l’image

Sharpless le prévient de ne pas blesser le « papillon » qu’il prend pour femme. Pinkerton boit au jour de son vrai mariage, avec une Américaine. Cio-Cio-San arrive, toute joyeuse. (Air: « Ecco! Son giunte al sommo del pendio ».)

Puccini Butterfly Ecco. Son giunte al sommo del pendioCliquez sur l’image

On la surnomme Madame Butterfly à cause de sa beauté fragile comme celle du papillon. Répondant aux questions que les deux hommes lui posent, elle explique qu’elle a connu la richesse, mais que sa mère aujourd’hui vit dans la misère, et que son père est mort. Le commissaire impérial et la famille arrivent. Les cousines cancanent, et pronostiquent un divorce. Goro leur demande de se taire. Butterfly déballe son maigre paquetage, contenant tous ses biens, des mouchoirs, un éventail… ainsi qu’un étui long et étroit qu’elle porte directement dans la maison. Goro explique que c’est un sabre offert par le mikado à son père, avec l’ordre de se faire hara-kiri. Elle annonce qu’elle a adopté la religion de son mari. Une fois le mariage prononcé commence la fête. Arrive son oncle, le bonze qui, furieux de ce mariage, la renie. Les invités partis, Butterfly se met en vêtements de nuit, et l’acte se termine par un duo d’amour entre elle et Pinkerton. (Duo : « Viene la sera ».)

Puccini Butterfly Viene la seraCliquez sur l’image

Acte II : Suzuki prie ses dieux que Butterfly arrête de pleurer. On apprend que l’hiver venu, Pinkerton est parti en mission, laissant derrière lui Butterfly, promettant de revenir au printemps. Pendant trois ans, elle a attendu son mari, en élevant l’enfant qu’elle a eu de lui. Le consul Sharpless lui apporte une lettre de Pinkerton. Elle lui dit que, fidèle, elle a refusé les propositions d’un riche mariage, qui améliorerait sa situation. Au Japon, l’abandon vaut divorce. Elle répond que, dans son pays, l’Amérique, les choses ne se passent pas comme cela. Tout le monde est atterré en l’entendant s’accrocher ainsi à ses espoirs. Tous les jours, elle regarde la mer, espérant voir la fumée du navire qui lui ramènera son mari (Air : « Un bel di, vedremo ».)

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur l’image

Sharpless essaie de la prévenir que la réalité pourrait être moins belle. Que se passerait-il si Pinkerton ne voulait pas la revoir à son retour? Elle dit qu’alors elle se tuerait plutôt que de redevenir geisha. Elle rentre dans sa maison en portant son enfant que Pinkerton ne connaît même pas. (Air : « Che tua madre dovrà ».)

On voit le bateau qui revient. Cio-Cio-San fleurit sa maison et se fait belle pour accueillir son mari.

Acte III : Épuisée, Butterfly qui a attendu son mari toute la nuit s’endort au petit matin. Pinkerton paraît, accompagné de Sharpless. Suzuki vient le prévenir que sa femme l’attend, mais honteux, il n’a pas le courage de venir la retrouver. addio, fiorito asil

Puccini Butterfly Addio fiorito asilCliquez sur l’image

Suzuki découvre que Pinkerton est venu avec sa femme américaine, Kate. Ils la chargent de prévenir Butterfly qu’il veut repartir aux États-Unis avec son fils japonais.

Butterfly arrive. En voyant Kate, elle comprend la vérité. Elle accepte de quitter son enfant, pour lui éviter une vie de déshonneur au Japon, mais demande que Pinkerton vienne chercher lui-même son fils. Au lever du jour, elle prend le sabre de son père. Suzuki fait entrer l’enfant. Après un adieu à son fils, elle prend le sabre, lit l’inscription sur la lame « Qui ne peut vivre dans l’honneur doit mourir avec honneur » et se tue. (Air : « Con onor muore ».)

Puccini Butterfly Con onor muoreCliquez sur l’image

Au moment où elle meurt, Pinkerton, saisi par le remords, arrive et crie son nom, mais il est trop tard.

Enfin, signalons que Frédéric MITTERRAND a porté cet opéra à l’écran.

Et le célébrissime « Un bel di vedremo » a évidemment servi de support à un certain nombre de publicités :

Puccini Madame Butterfly pub