Mes opéras préférés, Mythologie

ERCOLE AMANTE, de BEMBO (1707)

Pour écrire son Ercole amante (Hercule amoureux), Antonia Bembo a repris le livret de celui de son maître Cavalli , fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche en 1662.

Elle n’a toutefois pas conservé le prologue à la gloire de Loulou XIV

Le pitch : Hercule est amoureux de Iole, qui aime son fils Hyllus. Il est aidé dans ses visées par Vénus, la déesse de l’amour, alors que Junon, qui défend la moralité, s’oppose à ces amours. Déjanire, la femme bafouée d’Hercule, donne à Hercule la tunique de Nessus, croyant ainsi retrouver l’amour de son mari. Mais la tunique est empoisonnée, et Hercule meurt, brûlé d’un feu intérieur.

Acte I : Hercule, marié à Déjanire, est tombé amoureux de Iole, la fiancée de son fils Hyllus. Il a enlevé la jeune fille après avoir tué son père, le roi Eutyre. Le héros invincible se désespère de voir la force de son amour pour la jeune fille résister à la fidélité de Iole. (Air : « Come si beffa amor ».)

Cliquez sur Hercule

Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces. La déesse de l’amour lui promet de l’aider à séduire lole, alors que Junon, furieuse, veille à ce que cela ne se réalise pas (Air : « E vuol dunque ciprigna ».) Junon part pour la grotte du sommeil pour faire échouer le projet de Vénus et Hercule.

Acte II : Hyllus et Iole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs (Duo : « Amor ardor piu cari »

Cliquez sur Iole et Hyllus

Hyllus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas.

Cliquez sur le page

Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule. À cette occasion, on apprend qu’Hercule a tué Eutyre, le père d’Iole, car contrairement à sa promesse de donner sa fille à Hercule, Eutyre a préféré la donner à Hyllus.

Lychas court dévoiler ce secret à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».) Elle craint que la fureur d’Hercule ne le pousse à tuer leur propre fils. Lychas lui conseille d’être prudente face à Hercule.

Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet d’Hercule, Junon emporte le Sommeil sur son char, comptant sur lui pour empêcher Hercule et sauver les liens de son mariage.

Acte III : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Iole et d’Hyllus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.

Quand Iole arrive, accompagnée d’Hyllus, elle commence par se révolter, mais Vénus fait apparaître un siège magique qui envoûte Iole, qui fait alors une déclaration d’amour à Hercule, au grand étonnement d’Hyllus. Celui-ci révèle à son père son amour pour Yole et Hercule chasse son fils.

Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Iole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Hyllus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Iole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Iole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pour lui pourraient changer s’il épargne Hyllus.

Hercule envoie Déjanire en exil et fait emprisonner son fils dans une tour.

Déjanire et Hyllus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)

Acte IV : Hyllus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule pour lui sauver la vie. Une tempête se lève et Hyllus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Hyllus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus (Air : « Congedo agl’orridi »). Hyllus monte sur le char de Junon.

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Dans son exil, Déjanire songe à se suicider. Elle se lamente sur son sort quand Iole arrive pour se recueillir sur la tombe de son père. Le monument funéraire s’ouvre, et le spectre d’Eutyre dit sa colère de voir Iole mariée avec Hercule, son assassin. Déjanire annonce qu’elle a vu Hyllus se jeter à la mer. Iole pense au suicide, mais Lychas l’en empêche. Il conseille à Déjanire de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, revêtue d’un onguent qui rendrait son mari fidèle (Nessus est un centaure qu’Hercule a tué lors de ses douze travaux).

Acte V : Aux enfers, les anciennes victimes d’Hercule, réunies par Eutyre, complotent contre le héros.

Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend l’horrible vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Hyllus, sauvé des eaux par miracle, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon descend du ciel et annonce qu’Hercule n’est pas mort, mais qu’il est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Iole, Hylus et Déjanire remercient Vénus.

Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va apporter la prospérité.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

BRUNDIBÁR, de KRÁSA (1938)

Brundibár est un opéra pour enfants écrit en 1938 par Hans Krása, sur un livret d’Adolph Hoffmeister, créé clandestinement à Prague en 1942, puis recréé au camp de Theresienstadt le 29 septembre 1943.

C’était le fruit d’un concours d’opéras organisé par le ministère de l’Éducation. Malheureusement, l’occupation de la Bohème-Moravie par les Allemands a empêché l’aboutissement du projet, et Brundibár ne sera créé que clandestinement à Prague en 1942.

En effet, Krása était juif, et Hoffmeister communiste. Si Hoffmeister a réussi à s’enfuir, Krása a été déporté à Terezin (Theresientadt) en août 1942. Terezin était l’antichambre du camp d’extermination d’Auschwitz. Les Allemands étaient soucieux de montrer à la Croix-Rouge que les prisonniers étaient bien traités, et favorisaient les activités culturelles à l’intérieur du camp. Krása a dû réorchestrer Brundibár en fonction des instrumentistes présents, et l’œuvre a été jouée cinquante-quatre fois, dont une fois devant une délégation de la Croix-Rouge. Les interprètes changeaient régulièrement, au fur et à mesure qu’ils étaient envoyés à Auschwitz. Krása lui-même, y est mort le 17 octobre 1944.

Le pitch : Pour acheter le lait qui soignera leur mère malade, deux enfants vont à la ville. Ils chantent pour gagner l’argent qui leur permettra d’acheter le lait.

Acte I : La maman de Pepíček et Aninka est malade. Le médecin lui dit de prendre du lait pour guérir. Les enfants partent en acheter à la ville. Sur la place, ils voient le marchand de glace, le laitier et le boulanger qui vendent leurs produits, mais les enfants n’ont pas d’argent. Survient Brundibar, un joueur d’orgue de barbarie. Les villageois lui jettent de l’argent. Les enfants ont l’idée de chanter, pour gagner eux aussi de l’argent, mais Brundibar et le policier les en empêchent.

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Acte II : La nuit tombe, et Pepíček et Aninka ont peur. Un oiseau, un chat et un chien leur promettent de réunir beaucoup d’autres enfants pour les aider. Pepíček et Aninka s’endorment. Au matin, quand Brundibar arrive, il est attaqué par les trois animaux. Tous les enfants rassemblés par les animaux chantent avec Pepíček et Aninka une berceuse.

Cliquez sur la berceuse

Les villageois leur donnent de l’argent, assez d’argent pour acheter le lait salvateur. Les enfants s’unissent contre l’horrible Brundibar. Ils entonnent un chant de victoire : « Brundibar est vaincu; le tyran est perdu, on n’s’est pas laissé faire, on a gagné la guerre. »

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(Source principale : les représentations de l’Opéra-Comique en 2026, et le programme associé.)

Compositrices, Mes opéras préférés

LA MONTAGNE NOIRE (1885)

La Montagne noire est le quatrième opéra d’Augusta Holmès, et le seul à avoir été représenté sur scène. Écrit en 1885, il est proposé par Augusta Holmès à l’Opéra-Comique qui le refuse, l’effectif orchestral et vocal dépassant les capacités de la salle Favart. C’est finalement au palais Garnier que la Montagne noire est créé le 8 février 1895. Si la critique a descendu l’œuvre, le public, lui, l’a appréciée. La Montagne noire quittera rapidement l’affiche, et il faudra attendre 2024 pour une reprise à l’Opéra de Dortmund, avant celle de l’Opéra de Bordeaux en 2026, soit 131 ans après les représentations de la création.

La montagne noire dont il est question ici est le Monte Negro, et l’action se passe au moment où chrétiens et Turcs se battent pour le pouvoir sur cette région.

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Acte I (acte héroïque) : Dans un village du Monténégro, les femmes prient pour le retour victorieux des hommes partis au combat. Helena attend ainsi Mirko, le chef de l’armée. Alors qu’Helena pense à son amour avec Mirko, Dara, la mère de celui-ci ne pense qu’à son honneur.

Les soldats vainqueurs font une entrée triomphale, et Mirko et Aslar, qui se sont aidés pendant les combats, se jurent une amitié éternelle, bénie par le père Sava.

Ces réjouissances sont interrompues par l’arrivée d’une Turque, Yamina, amenée de force par la troupe. Mirko, qui est troublé par son charme, demande à sa mère de la prendre comme esclave à son service pour la sauver du courroux du peuple.

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Pendant le banquet qui célèbre le retour victorieux des combattants, Mirko ne pense qu’à Yamina, ne s’occupant pas de sa femme Helena.

Acte II : La garnison défend le village contre un retour de l’ennemi. Mirko n’a pas la tête à son devoir, obsédé qu’il est par le souvenir de Yamina. Il voit les femmes du village au travail, menées par Dara et Helena qui critiquent le travail de Yamina. Yamina se plaint de sa nouvelle condition, affirmant que chez elle, les femmes n’ont pas à se soumettre aux hommes, et qu’elle-même a le pouvoir de les envoûter (Air : « Près des flots d’une mer bleue. ».)

Helena, voyant son mari, craint que ses sentiments pour elle n’aient disparus. Mirko la rassure et renouvelle ses vœux de mariage. Yamina, qui a assisté à la scène, entreprend d’envoûter Mirko. Elle parvient à ses fins et le convainc de quitter son village pour la suivre de l’autre côté de la montagne (noire), en Turquie. Mirko finit par accepter, sous les yeux de sa femme qui assiste ainsi à sa double trahison.

Acte III : Mirko et Yamina, épuisés, font une halte (Duo nocturne : « Repose-toi sur mon bras qui t’enlace. »). La jeune femme s’assoupit sur son amant quand Aslar les rejoint. L’ami Aslar les a suivis et tente de faire entendre raison à Mirko. Celui-ci reprend ses esprits et est prêt à rentrer chez lui quand Yamina se réveille. Elle se sert encore de ses charmes et Mirko change à nouveau d’avis, voulant la suivre, elle. Aslar et Mirko se battent en duel quand Yamina, se saisissant du poignard de Mirko, frappe Aslar qui s’écroule au sol.

Les soldats chrétiens arrivent, et Aslar sauve l’honneur de son ami en accusant Yamina, qui s’enfuit en jurant de se venger.

Acte IV : Mirko et Yamina ont trouvé refuge en Turquie où ils vivent, enivrés de vin et d’amour.

Aslar les retrouve une nouvelle fois, cherchant toujours à sauver l’honneur de son ami, mais Mirko est bien trop attachée à Yamina. Aslar finit par tuer son ami, avant de se suicider.

Alors que l’armée monténégrine a battu les Turcs, ils trouvent sur le chemin le corps des deux amis, réunis dans la mort. Le père Sava bénit cette amitié sacrée.

(Source principale : les représentations de Bordeaux en mai 2026, et le programme associé.)

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Mes opéras préférés, Mythologie, Philosophie

SATYAGRAHA, de Philip GLASS (1980)

Satyagraha est un opéra en trois actes de Philip Glass. Le livret, rédigé en sanscrit, est de Constance de Jong, d’après la Bhagavad-Gita. Satyagraha a été créé à Rotterdam le 5 septembre 1980. C’est le deuxième de la trilogie des grands penseurs qui ont changé le monde, après Einstein on the beach (1976) et avant Akhnaten (1984).

Satyagraha vient du mot sanscrit qui signifie « la force véritable » et s’inspire des années que Gandhi a passées en Afrique du Sud dans sa jeunesse, où il a commencé à élaborer sa théorie de la non-violence. Le premier acte est placé sous la figure tutélaire de Tolstoï, le second sur celle du poète indien Rabindranath Tagore et le troisième sur celle de Martin Luther King.

La Bhagavad Gita est extraite du Mahabharata, vaste épopée/cosmogonie hindoue plurimillénaire, qui relate la guerre entre les clans des cousins germains Pandava et Kaurava. On peut dire que le Mahabharata est pour l’Inde ce que le Livre du Graal est à l’occident chrétien ou les Mille et une nuits au monde arabo-persan.

Cliquez sur l’image pour avoir un résumé (!) du Mahabharata

Acte I : Tolstoï

Scène 1 : On the Kuru Field of Justice. La bataille de Kuru est un épisode de la Bhagavad Gita relatant la bataille entre les Kuruva et les Pandava. Le dieu Ganghi échange avec Krishna et Arjuna sur le dilemme entre combattre par honneur ou ne pas combattre pour accéder au paradis.

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Scène 2 : La ferme de Tolstoï. Dans la ferme de Tolstoï (avec qui Gandhi a échangé une correspondance pendant des années), on découvre les Satyagrahas, une communauté pacifiste. Il faut se détacher du désir dans l’action pour avoir une vie morale.

Scène 3 : Le Vœu. En 1906, les Indiens d’Afrique du Sud sont obligés de se faire enregistrer, alors qu’une loi restreignait leur liberté de déplacement dans le pays.

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Acte II : Tagore

Scène 1 : Confrontation and rescue. En 1896, Gandhi rendait compte dans les journaux des conditions de vie de ses compatriotes. Il est menacé et pris à partie par les Afrikaners.

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Scène 2. Indian opinion. Indian opinion est le nom d’un journal fondé par Gandhi où il dénonçait le racisme des Afrikaners vis-à-vis des Indiens et des Noirs.

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Scène 3 : Protest. En 1908, en signe de protestation, les Indiens brûlent leurs papiers d’identité.

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Acte III : (scène unique) Cette scène fait référence à une grande marche de Martin Luther King en 1913, et fait la part belle au chœur et à un ensemble de six solistes. Le Seigneur renaît, âge après âge, au cours du temps, pour protéger le bien et repousser le mal.

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(Sources principales, les représentations de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Cinéma, Mes opéras préférés

SOLARIS, de LOUATI et PERCONTE (2026)

Solaris, musique d‘Othman Louati sur un livret de Jacques Perconte, est un vidéopéra créé à Roubaix le 29 avril 2026. Jacques Perconte est également l’auteur des vidéos projetés pendant le spectacle, vidéos qui sont partie intégrante de ce vidéopéra.

Il s’agit d’une adaptation du roman de science-fiction éponyme de Stanislas Lem (1961), et surtout de l’adaptation qu’en a faite le cinéaste Andreï Tarkovski en 1972. L’œuvre est écrite pour un petit ensemble de solistes (ensemble Miroirs étendus à la création) et une soliste qui joue les rôles de narratrice et d’héroïne, alternant les parties parlées, voire chuchotées, et les parties chantées (Victoire Bunel à la création).

Le dispositif scénique est celui d’un ciné-opéra, avec les projections vidéo de Jacques Perconte sur un écran, et les musiciens placés en dessous qui jouent et chantent en direct sur la vidéo. La narration se fait par le biais des sous-titres projetés.

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Synopsis : Ce qui suit ne se veut pas un déroulé linéaire de l’histoire. Le livret de Jacques Perconte peut être assimilé à un long poème aussi mystique que symbolique, et il serait vain de vouloir « expliquer » ce poème. Il s’agit donc ici d’un guide de la trame de l’histoire. En écoutant le spectacle, j’ai plusieurs fois cru sentir un aspect rimbaldien dans le texte de Jacques Perconte, notamment en retrouvant des thèmes du Bateau ivre ou du Sonnet des voyelles. En relisant le texte à tête reposée, j’y ai retrouvé ces analogies.

Monde : Une sonde spatiale soviétique lancée vers Mars s’est perdue dans l’espace. Plusieurs décennies plus tard, elle émet de curieux signaux du plus profond de l’espace. L’analyse de ces signaux montre qu’il s’agit d’une rencontre avec la planète Solaris.

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Solaris est une planète orbitant autour de deux soleils, entièrement recouverte d’un océan protoplasmique, avec des îles changeant de forme, et qui semble abriter une forme de vie. Très vite, les scientifiques pensent qu’ils sont en présence d’une intelligence, et cette découverte lance la solaristique, l’étude scientifique de la planète Solaris. Des expéditions sont alors montées pour explorer la planète.

Devant le manque de réponses de la planète, les scientifiques de l’expédition finissent par bombarder la planète de rayons gamma, provoquant une explosion nucléaire. La planète continue à se taire, mais les scientifiques commencent à sentir d’étranges symptômes.

Le conseil scientifique de la Terre fait alors revenir un des astronautes, Burton, mais à son retour, celui-ci fait état d’une rencontre mystique avec la planète. Les scientifiques de la mission ont eu d’étranges visions sur Solaris, allant même jusqu’à retrouver vivants leurs frères, leurs amis, leurs enfants morts. Ils pensent que la planète essayait ainsi d’entrer en contact avec eux.

Le conseil scientifique décide alors d’envoyer un psychologue, Chris Kelvin, sur la station pour s’occuper des derniers membres d’équipage restants. Très vite, Kelvin sent une présence, jusqu’à ce qu’un jour sa femme, Harey, qui s’était suicidée, lui apparaisse.

Infini

Nouveau monde : La mission suivante fut menée par l’armée, qui a découvert une planète entièrement submergée par des pluies diluviennes. Des exhalaisons gazeuses remontaient du fond de l’océan, formées d’hélium, d’hydrogène et de xénon. Le potentiel énergétique de ce mélange, appelé TriaXen, éveilla l’intérêt des terriens, qui se mirent à exploiter les ressources de Solaris.

Solaris Eldorado : Les terriens exploitent donc les ressources de la planète Solaris, mais un étrange mal, la fièvre bleue, prenait les humains au bout de quelques jours.

Solaris : Hélène Aurel, une jeune scientifique, fait le voyage vers Solaris. Hélène a toujours eu le sentiment d’un univers en elle et, dans son long voyage, elle s’imprègne des rapports de ceux qui l’ont précédé. Elle passe ainsi de son « vaisseau de chair » au vaisseau spatial et sent en elle une autre femme, jumelle, avec qui elle fusionne.

Solaris : À son arrivée sur la planète, Hélène est surprise par la présence d’oiseaux, alors que tout le monde lui dit qu’il n’y a jamais eu d’oiseaux sur Solaris. Petit à petit, la rencontre entre Hélène et Solaris se transforme en une symbiose entre les deux formes de vie, Hélène subit une transmutation, comme par quelque procédé alchimique, en fusionnant avec la planète. L’infiniment petit se confond avec l’infiniment grand, et le microcosme au macrocosme. (L’aspect alchimique figure très clairement dans le livret, notamment par la litanie des métaux, le plomb, l’étain, le fer, le cuivre, le mercure, l’argent, l’or, ou des couleurs, plasma, orange saturé, particules, rouge violacé, poussières, argent froid, outremer, indigo, noir…)

Hélène se retrouve sur une des îles de Solaris, vivant simultanément tous les âges de sa vie, en compagnie d’Harey.

Épilogue : Je suis le mystère.

(Source principale : la création le 29 avril 2026 à la condition publique de Roubaix, et le livret.)

Victoire Bunel, Othman Louati et Jacques Perconte
Mes opéras préférés

HÄNSEL UND GRETEL, de HUMPERDINCK (1893)

Hänsel und Gretel est un opéra pour enfants d’Engelbert Humperdinck (1854-1921), d’après un conte de Grimm. Le livret est d’Adelheid Wette. Hänsel und Gretel a été créé le 23 décembre 1893 à Weimar, sous la direction de Richard Strauss. Partition d’inspiration wagnérienne ou straussienne.

J’ai eu l’occasion de le voir dans la série « Opéra en famille » de l’Atelier lyrique de Tourcoing, avec un public très jeune, dont une petite fille qui, sur les genoux de sa maman, n’arrêtait pas de nous espoiler l’histoire, genre « Moi, je crois que la sorcière va manger les enfants ». C’était charmant.

Le pitch : Hänsel et Gretel ont faim et essaient de l’oublier en chantant et en dansant. Quand leur mère renverse le lait qui devait servir de repas pour le soir, elle envoie ses enfants chercher des fraises dans la forêt. Le père rentre avec des victuailles, mais il s’alarme quand il apprend que ses enfants sont seuls dans la forêt.

Les enfants, qui se sont endormis le soir, se réveillent au matin et découvrent une maison en pain d’épices. Affamés, ils commencent à la boulotter quand la propriétaire, la sorcière, arrive et les capture pour les manger.

Les enfants prennent la sorcière à son propre piège et la jettent dans le four. Elle est transformée en pain d’épices quand les parents retrouvent leurs enfants sains et saufs.

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Acte I : Peter, un pauvre fabricant de balais, et Gertrud, sa femme, ont deux enfants, Hänsel et Gretel. Ils vivent pauvrement et les enfants doivent aider leurs parents, Hänsel en fabriquant des balais avec son père, Gretel en aidant sa mère pour le ménage. Comme beaucoup d’enfants, Hänsel et Gretel préfèrent jouer et danser (Duo : « Brüderchen komm tanz mit mir »). Gretel a dit à son frère qu’elle a découvert un pot de lait que sa mère a caché, sans doute pour faire un gâteau. Hänsel veut goûter au lait, mais Gretel l’en empêche.

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Quand la mère arrive, elle est furieuse de voir ses enfants danser au lieu de travailler. (Air : « Was ist das für eine Geschichte ! »). Elle renverse malencontreusement le pot de lait, et envoie les enfants dans la forêt chercher des fraises. Elle s’endort en se lamentant sur sa triste condition.

Le père entre à la maison, un peu ivre. Il est content, car il a réussi à vendre des balais et a ainsi pu acheter de la nourriture pour sa famille (Air : « Ach wir armen armen Leute ».) Il réveille sa femme pour lui apprendre la bonne nouvelle, mais quand celle-ci lui apprend qu’elle a envoyé les enfants dans la forêt, il prend peur car il sait qu’au plus profond de cette forêt vit une sorcière qui transforme les enfants en pain d’épices pour les manger (Air : « Eine Hex Stein alt haust tief im Wald ».) Les parents se précipitent dans la forêt pour retrouver leurs enfants.

Acte II : Gretel, qui a rempli son panier de fraises, fait une pause (Air : « Ein Männlein steht im Walde ».) Hänsel en fait autant. Ils écoutent les oiseaux, spécialement le coucou dont on reconnaît le chant. Mais la nuit tombe et ils commencent à avoir peur. Le marchand de sable passe et les endort (Berceuse : « Der kleine Sandmann bin ich ».)

Cliquez sur le marchand de sable

Acte III : Le lendemain matin, l’Homme à la rosée les éveille (Air : « Der kleine Taumann heiss’ ich ».) Les enfants se mettent en route et arrivent à une clairière où se trouve une maison en pain d’épice. Ils commencent à la grignoter quand une voix se fait entendre : (Air : « Knusper Knusper Knäuschen ? ». « Qui grignote ma maison ? »). C’est une vieille femme qui leur propose d’entrer pour manger des sucreries (Air : « Ich bin Rosine Leckermaul »), mais les enfants se méfient. La vieille femme se transforme alors en sorcière et sort sa baguette pour jeter un sort aux enfants (Air : « Hokus Pokus Hexenschuss »).

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Elle les paralyse et enferme Hänsel dans une cage. Elle déparalyse Gretel pour lui faire faire le ménage, avant de s’envoler sur son balai. Gretel s’empare de la baguette et déparalyse son frère.

La sorcière revient et trouve qu’Hänsel est trop maigre pour être mangé, il faut l’engraisser un peu. Elle demande alors à Gretel si le four est assez chaud. Gretel ne sait pas comment faire, alors la sorcière lui montre en se penchant devant le four. Les enfants la poussent alors dans le four et en ferment la porte.

Les enfants sortent dans la cour, et avec la baguette magique, désensorcellent tous les enfants qui avaient été transformés en pain d’épice par la méchante sorcière. C’est alors que les parents arrivent, juste pour le happy end. On ouvre la porte du four et on trouve la sorcière transformée en pain d’épice. Le père chante alors la morale de l’histoire, suivi par toute la famille (Air et chœur : « Kinder schaut das Wunder an ».)

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(Source principale : la représentation de l’Atelier lyrique de Tourcoing de 2026, et le programme associé.)

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Mes opéras préférés

LES MOUSQUETAIRES AU COUVENT, de VARNEY (1880)

Les Mousquetaires au couvent est une opérette de Louis Varney, sur un livret de Ferrier et Prével. Elle a été créée aux Bouffes-Parisiens le 16 mars 1880.

L’action se passe en Touraine, sous le règne de Louis XIII.

Acte I : Devant l’hôtellerie du Mousquetaire gris, des marchandes proposent leurs marchandises, gâteaux ou fleurs, badinant avec les hommes, civils ou mousquetaires.

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L’armée se prépare à recevoir le cardinal Richelieu, de retour du siège de La Rochelle. L’abbé Bridaine cherche son ancien élève, le mousquetaire Gontran de Solanges. Son capitaine, Narcisse de Brissac, l’a averti que Gontran est tombé amoureux d’une jeune pensionnaire du couvent des Ursulines, Marie, la nièce du gouverneur de Touraine.

L’abbé Bridaine, qui est le seul homme à pouvoir entrer au couvent, accepte de remettre une lettre de Gontran à Marie., mais le gouverneur demande à l’abbé d’aller prévenir ses deux nièces, Marie et Louise, qu’elles doivent prendre le voile.

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Le gouverneur oblige Pichard, l’aubergiste, a héberger deux moines mendiants, chargés de prêcher la renonciation aux pensionnaires des Ursulines. Quand Bridaine apprend à Gontran que Marie doit prendre le voile, Brissac a une idée pour entrer dans le couvent. Avec Gontran, ils se déguisent en moines.

Acte II : Les pensionnaires du couvent s’apprêtent à faire une dictée.

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La mère supérieure leur annonce l’arrivée de deux moines envoyés par le gouverneur. Elle demande aux jeunes filles de faire leur examen de conscience avant la confession. Alors que Gontran se fait reconnaître par Marie, Brissac est, lui, intéressé par Louise. Brissac trouve dans le pupitre de Marie son examen de conscience, dans lequel elle avoue son amour pour Gontran.

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Brissac demande à la mère supérieure un bon repas, afin d’être en forme pour son sermon. Bridaine demande à Marie d’écrire à Gontran qu’elle prenne le voile, mais il reconnaît les faux moines. Gontran est troublé par la lettre de Marie, car il sait que la jeune fille l’aime. Brissac, lui, complètement ivre, fait un prêche sur l’amour, prêche qui ravit les jeunes filles et épouvante les religieuses.

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Acte III : Dans la cour du couvent, Gontran et Brissac organisent la fuite des jeunes filles. Brissac est de plus en plus épris de Louise.

Simone, la servante de l’auberge, vient demander à Bridaine où se trouve Brissac, et ce qu’il convient de faire des pèlerins découverts saucissonnés dans leur chambre. Alors que Gontran prépare l’exfiltration de Marie, Louise exige d’être enlevée avec sa sœur. Les deux couples d’apprêtent à fuir avec une échelle (Quintette de l’échelle).

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Bridaine arrive, suivi du gouverneur en personne. Ils cherchent les moines mendiants qui se sont révélés être de dangereux complotistes. Brissac et Gontran reviennent en habits de mousquetaires et disent avoir capturés les pèlerins. En récompense de cette action, le gouverneur leur accorde la main de ses nièces.

(Source principale : les représentations de l’Opéra-Comique de 2015, et le programme associé.)

Mes opéras préférés, Mythologie

LES TROYENS, de BERLIOZ (1858)

Les Troyens est un vaste opéra de Berlioz. Berlioz, qui connaissait très bien l’Énéide de Virgile, en compose lui-même le livret. Commande de l’opéra de Paris, la partition des Troyens est jugée injouable par l’orchestre, et la première représentation, partielle, a lieu le 4 novembre 1863 au Théâtre lyrique. Il faudra attendre 1899 pour que la première partie, la Prise de Troie, soit donnée à l’Opéra et 1919 pour l’exécution de la deuxième partie, les Troyens à Carthage.

La prise de Troie.

Acte 1 : À Troie, les Troyens s’apprêtent à faire la fête, car après dix ans de siège, les Grecs sont partis et la cité est sauve. La famille du roi Priam est prête, mais seule Cassandre ne cède pas à la liesse. Elle a le pressentiment d’un danger pour la ville, mais personne ne l’écoute. Même son fiancé, Chorèbe, n’arrive pas à la comprendre.

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Priam décide une cérémonie funèbre à la mémoire de son fils Hector, tué pendant la guerre de Troie. Énée n’accepte pas le gouvernement de Priam et rêve d’autre chose pour la ville de Troie. Il verrait bien son fils Ascagne comme héritier du régime, mais c’est Astyanax, le fils d’Hector et Andromaque, que Priam choisit pour lui succéder.

Les Grecs ont laissé en partant une offrande rituelle à la porte de la ville : un immense cheval de bois. Les Troyens s’apprêtent à la faire entrer dans la ville quand Énée apporte une terrible nouvelle. Le prêtre Laocoon, qui se méfiait des Grecs, même porteurs de présents, a été assassiné. Priam et son entourage sont frappés de stupeur, mais ils décident quand même d’accepter le cadeau des Grecs (octuor et double chœur : « Châtiment effroyable ».)

Cliquez sur l’octuor et le double chœur

Seule Cassandre continue à jouer les Cassandre en prédisant un grand malheur, mais les Troyens n’en ont cure et font entrer le cheval géant dans la ville.

Cliquez sur Cassandre

Acte II :

Le cheval de Troie n’était qu’un piège grossier de la part des Grecs, piège dans lequel les Troyens ont plongé. Des soldats étaient cachés à l’intérieur du cheval. Ils en sortent pendant la nuit et ouvrent les portes de Troie à l’armée grecque. Priam et sa femme Hécube sont tués. Créuse, la femme d’Énée, se suicide.

Énée cherche à la ramener à la vie quand il voit le fantôme d’Hector qui l’exhorte à quitter Troie et à se rendre en Italie pour y fonder une nouvelle Troie. Panthée, un ami d’Énée et Chorèbe lui demandent de prendre les armes contre les Grecs.

Les femmes troyennes reconnaissent que Cassandre avait eu raison et regrettent de ne pas l’avoir écoutée. Cassandre leur demande de la rejoindre de la mort pour ne pas tomber aux mains des soldats grecs. Elle se suicide et Énée fuit la ville en flammes.

Cliquez sur le chœur des Troyennes

Les Troyens à Carthage.

Acte III :

À la suite de l’assassinat de son mari, la reine Didon a quitté Tyr et se retrouve à Carthage.

Cliquez sur l’image

Anna, sa sœur, lui dit que sa vie n’est pas finie, et qu’elle peut encore se remarier, ce que Didon refuse de faire par fidélité à son mari.

Énée et ses compagnons abordent à Carthage. Ascagne présente les Troyens à Didon. On apprend qu’un féroce Africain, Iarbas, menace Didon et Carthage. Énée offre ses services pour les défendre contre l’Africain.

Cliquez sur le final de l’acte III

Acte IV :

Didon semble éprouver de l’amour pour Énée, ce qu’Anna voit d’un bon œil. Didon demande à Énée de lui parler de Troie. Énée lui dit qu’Andromaque a épousé Pyrrhus, le fils du meurtrier de son époux et lui-même meurtrier de Priam et Hécube. Didon sent faiblir sa fidélité à son défunt mari Sychée et elle perd sa bague de mariage (Duo: « Nuit d’ivresse et d’extase infinie »).

Cliquez sur Didon et Énée

Mais Énée ne peut rester, car il entend les fantômes des Troyens morts qui lui ordonnent de quitter Carthage pour accomplir son destin, fonder une nouvelle Troie en Italie.

Acte V :

Énée hésite à partir sans un ultime adieu à Didon (Air: « Inutiles regrets »).

Cliquez sur Énée

Il entend à nouveau les fantômes qui l’exhortent à partir quand Didon entre, bouleversée par cet abandon. Énée essaye de s’expliquer et lui demande son pardon, mais Didon le conjure de ne pas l’abandonner. Énée part, maudit par Didon.

Didon demande à Anna d’aller voir Énée pour le retenir, mais il est trop tard, Énée et sa troupe ont déjà repris la mer.

Furieuse, Didon ordonne qu’on les poursuive pour la venger, mais finalement, elle se donne la mort.

Cliquez sur Didon

(Source principale : les représentations de l’Opéra de Paris en 2019, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

LES ENFANTS TERRIBLES, de Philip GLASS (1996)

En 1929, Jean Cocteau fait paraître le roman les Enfants terribles, qui raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur, orphelins, qui se coupent de la société pour créer leur propre monde, dans leur chambre.

En 1949, Cocteau confie à Jean-Pierre Melville le soin d’en faire une adaptation cinématographique, dont la musique est le Concerto en la mineur de J.-S. Bach.

En 1996, c’est le « pape » du minimalisme, Philip Glass, qui s’empare du texte de Cocteau pour le porter à l’opéra, signant avec la chorégraphe Susan Marshall le livret. Il en fait un « opéra de chambre », pour quatre solistes et trois pianos.

Les Enfants terribles sera donné à l’Opéra de Lille du 20 au 26 mars 2026. Courez-y !

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Après une bataille de boules de neige, Paul a été blessé par une boule dans laquelle se trouvait un caillou. Gérard raccompagne Paul chez lui. Elisabeth, la sœur de Paul, leur ouvre la porte. Paul est forcé de rester à la maison. Il a peur de mourir. Gérard annonce que Dargelos, qui avait lancé la boule de neige, a été renvoyé de l’école. Paul range la photo de Dargelos dans son trésor.

Paul et Elisabeth se disputent et veulent prendre leur mère à témoin, mais ils la découvrent morte. Ils prennent alors Gérard à témoin. Elisabeth ne supportant plus Paul veut quitter la maison. Elle demande à Gérard de lui présenter son amie Agathe, couturière, pour qu’elle lui trouve un emploi de vendeuse.

Agathe apprend à Elisabeth le métier de vendeuse. Chez elle, Elisabeth montre son trésor à Agathe, qui croit se reconnaître sur la photo de Dargelos. Elisabeth finit par inviter Agathe à s’installer chez eux.

Gérard a présenté Michael, un riche Américain, à Elisabeth. Michael propose le mariage à Elisabeth, au grand dam de Paul. La veille du mariage, Elisabeth fait visiter la riche maison de Michael à Paul. Quelques jours plus tard, Michael meurt dans un accident de voiture. Paul et Agathe partent s’installer dans la maison. Après la mort de Paul, Elisabeth est perdue et s’ennuie toute seule dans sa chambre.

Paul envoie une lettre d’amour à Agathe mais, ému, écrit son propre nom sur l’enveloppe. Dans le même temps, Agathe confie à Elisabeth qu’elle aime Paul. Elisabeth va voir son frère qui lui avoue avoir écrit une lettre à Agathe, et s’inquiète de n’avoir pas de réponse.

Elisabeth trouve la lettre que Paul s’était envoyée par erreur et la supprime. Elle raconte à Paul qu’Agathe aime Gérard, à Agathe que Paul ne l’aime pas et à Gérard qu’Agathe est folle de lui et qu’il devrait se marier avec elle.

Agathe et Gérard se sont mariés et viennent rendre visite à Paul et Elisabeth. Gérard dit qu’il a croisé Dargelos qui, gardant un bon souvenir de Paul, lui a offert une boule de poison d’orient.

Un peu plus tard, Agathe et Gérard reviennent. Agathe a reçu une lettre de Paul où il annonce son intention de se suicider. Mais ils arrivent trop tard, Paul a déjà pris le poison de Dargelos. Comme il explique pourquoi, Elisabeth avoue qu’elle a voulu garder son frère pour elle, et sortant un révolver de leur boîte au trésor, elle se donne la mort auprès de lui.

(Source principale : le site Olyrix : https://www.olyrix.com/oeuvres/1253/les-enfants-terribles/argument )

Historique, Mes opéras préférés, opéra russe

LA PASSAGÈRE, de WEINBERG (1968)

La Passagère est un opéra de Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) terminé en 1968, mais jamais joué du vivant du compositeur, victime de la censure et de l’antisémitisme qui régnait en URSS à cette époque. Il sera créé en version de concert à Moscou le 25 décembre 2006, avant une création scénique à Bregenz le 21 juillet 2010. Alors que le livret original de Weinberg est en russe, le metteur en scène de la création à Bregenz fait s’exprimer chaque personnage dans sa propre langue, allemand, polonais, français, russe, yiddish…

La Passagère a été créé en France au Capitole de Toulouse en janvier 2026.

Le pitch : En 1960, un couple d’Allemands se rend en bateau au Brésil, où le mari, Walter, doit prendre un poste de diplomate. Sur le bateau, la femme, Lisa, croit soudain reconnaître une voix. Troublée, elle se voit obligée de révéler à son mari son passé de surveillante SS au camp d’Auschwitz, pendant la guerre. Elle dévoile peu à peu son histoire, et sa relation avec Marta, une prisonnière polonaise.

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Acte I :

Tableau 1 – « Le paquebot ». En 1960, Lisa et Walter font route vers le Brésil. Le voyage est comme une seconde lune de miel pour le couple, marié depuis quinze ans. Parmi les passagers, Lisa croit reconnaître Marta, une femme qu’elle croyait morte depuis longtemps. Pressée de questions par son mari, elle finit par avouer son passé : elle était gardienne SS à Auschwitz, sous le nom de Anne-Liese Franz. Walter découvre alors qu’il vit depuis quinze ans avec une ancienne SS, et s’inquiète pour sa carrière de diplomate. Le steward leur apprend qu’il s’agit d’une anglaise et le couple est soulagé.

Tableau 2 – « L’Appel ». À Auschwitz, en 1943, trois officiers SS conversent avec légèreté de la « solution finale ». Lisa observe les prisonnières et est intriguée par Marta, une Polonaise de 19 ans qui semble avoir une grande force de caractère.

Tableau 3 – « Le Baraquement ». Les déportés, de toutes nationalités, tentent de survivre dans le camp, en faisant preuve de solidarité. (Chœur des prisonniers). On trouve sur Katja, une partisane russe, une lettre en polonais. Lisa demande à Marta de la traduire. Marta la lit, en faisant croire que c’est une lettre d’amour du fiancé, Tadeusz.

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Acte 2 :

Tableau 4 – « L’Entrepôt ». Les SS veulent qu’un prisonnier joue au capitaine du camp sa valse favorite. (Musique de valse qui n’est pas sans rappeler les valses de Chostakovitch.) Marta retrouve au camp son fiancé, un violoniste, qu’elle n’avait plus revu depuis deux ans. C’est lui qui va jouer pour le capitaine. Lisa les autorise à se voir, espérant que toute faveur qu’elle accordera au couple renforcera son emprise sur lui.

Tableau 5 – « L’Atelier ». Lisa examine les travaux de Tadeusz à la menuiserie et découvre un médaillon qu’il a gravé pour Marta, que Lisa surnomme la « Madone du camp ». Lisa lui propose des rencontres secrètes avec sa fiancée, mais Tadeusz refuse toute compromission avec la gardienne.

Tableau 6 : Le Baraquement ». Les détenus organisent en secret une fête pour le vingtième anniversaire de Marta. Tadeusz a réussi à lui faire passer un bouquet de roses. Lisa, pleine de rancune, annonce à Marta que son fiancé ne veut plus la voir. Les gardes SS arrivent et donnent le nom des prisonnières choisies pour la chambre à gaz. (Air a capella de Marta : « Würde er mich rufen, Gott der Herr ».)

Tableau 7 – « Le Paquebot ». Lisa et Walter veulent oublier le passé. Ils se rendent au salon pour danser. Le steward leur annonce qu’il s’est trompé. La passagère est bien anglaise, mais d’origine polonaise. Celle-ci demande à l’orchestre de jouer une valse précise, la valse préférée du commandant d’Auschwitz. Lisa est effrayée et en colère, elle ne comprend pas cette haine que Marta éprouve pour elle, alors qu’elle est persuadée de lui avoir offert des faveurs au camp.

Tableau 8 – « Le concert ». Tadeusz doit jouer pour le commandant sa valse favorite, mais dans un acte de défiance, il joue à la place une chaconne de Bach. On amène Tadeusz pour l’exécuter.

Tableau 8 – Au bord du fleuve ». Marta, sur la rive d’un fleuve, médite sur le passé et la mémoire. Elle évoque ses amies du camp et son fiancé et promet de tout faire pour en préserver la mémoire : « Si un jour vos voix se taisent, nous sombrerons tous. »

Cliquez sur la scène finale
Cliquez sur l’acte II

(Source principale : la création française au Capitole de Toulouse en 2026, et le programme associé.)