Contes et légendes, Mes opéras préférés

LA FEMME SANS OMBRE, de R. STRAUSS (1919)

La Femme sans ombre (Die Frau ohne Schatten) est un opéraen quatre actes de Richard Strauss créé le 10 octobre 1919 à Vienne. La possibilité d’écrire cette histoire fut évoquée des 1911, après la création du Chevalier à la rose. Hofmannsthal rêvait d’écrire un opéra qui serait à la Flûte enchantée, ce que le Chevalier à la Rose était aux Noces de Figaro.

L’élaboration de l’argument, particulièrement complexe, dura de 1911 à 1916. L’œuvre, qui prend ses sources dans les Contes de Grimm, les Mille et une nuits ou la Flûte enchantée et les mêle au symbolisme viennois de l’époque, fut achevée en 1917, mais ne fut représentée au Staatsoper de Vienne qu’en 1919, après la guerre.

Le pitch : La fille du seigneur des esprits a été capturée, sous la forme d’une gazelle, par l’empereur. Une fois mariée à l’empereur, devenue mortelle, il lui reste à devenir humaine mais pour cela, et pour pouvoir donner des enfants à l’empereur, il lui faut gagner l’ombre qu’elle n’a pas.

Acte I : Un messager de Keikobad, le seigneur des esprits, demande à la nourrice de l’impératrice si sa maîtresse a obtenu une ombre. Fille de Keikobad et d’une humaine, l’impératrice ne peut ni avoir d’enfants ni porter une ombre. Devant la réponse négative, il lui apprend alors que si elle ne se dote pas d’une ombre sous trois jours, elle devra retourner dans le monde des esprits avec la nourrice, tandis que l’empereur sera pétrifié.

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En sortant de la chambre de son épouse, l’Empereur annonce à la nourrice son intention d’aller chasser. Il se souvient de la façon dont il a conquis l’impératrice pour en faire son épouse : alors qu’il chassait une gazelle blanche qui ne projetait aucune ombre, les ailes de son faucon de chasse rouge ont aveuglé la gazelle. Lorsqu’elle est tombée et qu’il l’a attaquée avec une lance, l’animal s’est transformé en femme. Le faucon blessé était perdu. La rusée nourrice apprend que l’Empereur sera absent pendant trois jours. Il lui recommande de veiller sur sa femme et s’en va.

À son réveil, l’impératrice regrette la perte de son talisman, qui lui permettait de se métamorphoser. Elle se souvient du temps où elle vivait sous la forme d’une gazelle, et comment un faucon l’a blessée. Elle voit le faucon de l’empereur, qui lui annonce que son absence d’ombre condamne son époux à être pétrifié. Elle demande à sa nourrice de l’aider à se trouver une ombre. Celle-ci la prévient que pour cela, elles auront à descendre chez les terribles humains.

Descendues sur terre, elles arrivent chez le teinturier Barak. La femme de celui-ci se dispute avec les frères de son mari, réclamant qu’ils quittent la maison. Barak et sa femme sont mariés depuis trois ans, mais le teinturier ne lui a pas donné d’enfant, ce qu’il regrette. Barak quitte la maison.

L’impératrice et sa nourrice, déguisées en servantes, se présentent, et la nourrice, lui offrant bijoux et beaux habits, réussit à convaincre la femme de Barak de renoncer à son ombre et à sa descendance à venir.

Barak rentre à la maison, et la nourrice et l’impératrice quittent la femme, lui promettant de revenir la servir pendant trois jours, après quoi son ombre leur appartiendra, alors qu’elle pourra avoir en échange tout ce qu’elle veut. Elles sortent et on entend la voix des enfants à naître la suppliant de les laisser venir. Barak rentre et sa femme lui annonce que deux tantes viendront lui tenir compagnie, puis elle va se coucher.

Dehors, on entend le veilleur rappelant aux couples mariés qu’ils doivent transmettre le flambeau de la vie.

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Acte II : Le lendemain matin, une fois Barak parti, la nourrice et l’impératrice incitent la femme à tromper le teinturier avec un beau jeune homme que la nourrice fait apparaître par magie. Barak rentre du marché, étonné d’avoir fait des affaires inespérées, et interrompt la rencontre entre sa femme et le beau jeune homme. Heureux de sa bonne fortune, il invite les passants à manger chez lui, mais son épouse refuse sa nourriture.

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L’Empereur cherche sa femme, qui n’est pas au palais. Il retrouve son faucon rouge qui le mène jusqu’au palais, vide, ce qui éveille ses soupçons. Quand il voit rentrer discrètement l’impératrice et la nourrice, sa jalousie se renforce et il veut tuer sa femme.

La nourrice endort Barak et invoque l’esprit du jeune homme avec qui la femme du teinturier doit tromper son mari. Cette dernière crie, réveillant son époux, et elle lui reproche de ne pas savoir la protéger. L’impératrice, prise de compassion et voyant qu’elle met le couple en danger déclare que c’est elle qui devrait être pétrifiée. La femme de Barak révèle alors à son époux qu’elle a vendu son ombre et sa maternité. Et en effet, sa femme n’a plus d’ombre. Barak menace de tuer sa femme. L’impératrice renonce alors à cette ombre mal acquise. La terre s’ouvre, séparant Barak de son épouse, tandis que la nourrice met l’impératrice en lieu sûr.

La troisième nuit est venue. La nourrice craint d’avoir encouru la colère de Keikobad, mais le démon du mal la pousse à poursuivre ses manigances. L’Impératrice a réfléchi : elle veut rester chez les humains. La femme du teinturier se jette sur Barak en lui avouant son infidélité. Barak et ses frères constatent que la femme n’est plus la même : elle a vendu son âme et son ombre. Furieux, le teinturier veut la tuer, mais ses frères le retiennent. La nourrice encourage l’impératrice à voler l’ombre désormais sans propriétaire, mais l’impératrice refuse, car elle a acquis une émotion humaine, la compassion. La Nourrice ramène l’Impératrice dans le monde des esprits. Barak et son Épouse restent en arrière, déconcertés.

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Acte III : Barak et sa femme sont séparés par un mur très épais dans une grotte. La femme entend les voix des enfants non nés. Son époux l’encourage à ne pas faiblir, leur amour est toujours vivant. Des voix lointaines les incitent à grimper sur des rochers, d’où ils pourront voir le promontoire sur lequel la nourrice et l’impératrice se sont réfugiées, grâce à une barque magique.

La nourrice essaie à nouveau de séparer Barak et sa femme, ce pour quoi le messager la condamne à errer sans fin. L’impératrice refuse de boire l’eau aux reflets d’or qui lui permettrait d’avoir une ombre. Elle préfère appartenir au genre humain. L’empereur lui apparaît : il est presque entièrement pétrifié, à l’exception d’un œil avec lequel il essaie encore de la contempler. Il l’enjoint de ne pas le sauver au détriment des deux humains. Ce renoncement provoque un miracle, une ombre s’étend à ses pieds, et l’empereur revient à la vie. La voix des enfants non nés se joint avec allégresse à celle de Barak et de sa femme.

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Mes opéras préférés, Mythologie

ROLAND, de LULLY (1684)

Roland est une des dernières tragédies lyriques de Lully, composée en 1684 sur un livret de Quinault, d’après l’Orlando Furioso de l’Arioste. Elle fut créée à Versailles le 8 janvier 1685.

Le pitch : Roland aime Angélique, qui aime Médor. Apprenant leur mariage, Roland devient fou, avant que de partir chercher la gloire des combats.

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Prologue : Démégorgon, le roi des fées, chante les louanges du roi Louis XIV, et se propose de raconter les exploits de Roland, comparant ainsi le roi au héros fameux de l’histoire de France.

Acte I : Roland aime Angélique, la fille du roi de Cathay, mais Angélique aime Médor, qu’elle a sauvé de la mort et qui l’aime en retour. Médor n’est pas noble, aussi Angélique hésite-t-elle entre l’amour et la gloire. Elle convainc Médor de renoncer à elle, mais regrette aussitôt son choix. Zilante offre à Angélique un bracelet de la part de Roland.

Acte II : La fontaine enchantée de l’amour. Pour se détacher de l’amour de Médor, Angéliqque cherche la fontaine de la haine, mais c’est la fontaine de l’amour qu’elle trouve dans la forêt. Témire chante le feu de l’amour, aussi facile à allumer que difficile à éteindre.

Apercevant Roland, Angélique se sert d’un anneau enchanté qui la rend invisible. Roland se désole de ne pas voir sa belle et se plaint auprès de Témire. Survient Médor, qui veut se suicider par amour pour Angélique. Elle se révèle alors à lui, et lui confie son amour. Toutes sortes de créatures telles qu’amours, sylvains et autres nymphes se réjouissent du bonheur d’Angélique et Médor.

Acte III : Un port de mer. Témire dit à Médor de craindre la colère de Roland. Angélique laisse croire à Roland qu’elle l’aime, au grand désespoir de Médor qui l’a entendue. Roland parti, elle rassure Médor sur ses sentiments pour lui. Elle projette de partir à Cathay et d’y présenter Médor aux habitants comme leur futur roi.

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Acte IV : Une grotte au milieu d’un bocage. Roland erre dans la forêt à la recherche d’Angélique. Il trouve des vers gravés sur la paroi d’une grotte, témoignage de l’amour d’Angélique et de Médor. Des bergers lui annoncent qu’ils se sont mariés. Il en devient fou.

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Acte V : Le palais de la fée Logistille. La fée Logistille fait apparaître en songe à Roland une troupe de héros, qui lui font comprendre que la gloire des combats est préférable à l’amour. Quand il se réveille, il renonce à l’amour et retourne à sa vocation de héros. La Gloire, la Renommée et la terreur viennent convaincre Roland de reprendre les armes et d’aller délivrer son pays. Logistille et le chœur des fées se réjouissent et chantent ensemble la gloire de Roland.

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Mes opéras préférés

MITTWOCH AUS LICHT, de STOCKHAUSEN (1995-1997)

Mittwoch aus Licht (Mercredi de Lumière) est la troisième journée de l’héptalogie Licht, de Karlheinz Stockausen. L’œuvre est composée de quatre scènes, Welt-Parlament (le parlement du monde), Orchester-Finalisten (Orchestre des finalistes), Helikopter Streichquartett (quatuor à cordes dans un quatuor d’hélicoptères) et Michaelion (Michaelion).

Dans Licht, on rencontre 3 forces s’affrontant à l’échelle de l’univers.

Ève représente l’Esprit-Mère cosmique, mais aussi la séductrice, Marie, la mère de Jésus ou encore Inanna, la déesse sumérienne de la sensibilité, de la fertilité et de la procréation, et aussi Lilith, Aphrodite ou Vénus.

Michaël est le créateur du cosmos. Comme Jésus, Michaël devient homme pour naître d’une mère. C’est aussi l’archange qui terrasse le dragon. Son royaume est une galaxie autour du feu central de Sirius.

Lucifer est l’antithèse de Michaël. C’est celui qui nie, qui représente le principe de destruction. Il se moque de son frère Michaël, qu’il tient pour un avorton.

Comme pour les autres œuvres du cycle, le Mercredi est associé à un certain nombre de symboles. Les thèmes principaux sont ceux de l’amour, de l’amitié et de la fraternité cosmique. Mercredi est associé à la planète Mercure, ainsi qu’au métal du même nom.

Scène 1 : Welt-Parlament. La scène 1 est écrite pour chœur a capella. Le parlement du monde est réuni lors d’une réunion ayant pour thème l’amour. Les paroles, avec des répétitions des sons, peuvent sonner comme des onomatopées (m’ayant même fait penser au chœur d’Atom Heart Mother, 1970, de Pink Floyd.)

Cliquez sur le parlement mondial

Scène 2 : Orchester-Finalisten. Alors que la scène 1 est réservée à la voix, la scène 2 est instrumentale, écrite pour treize instrumentistes, avec des projections vidéo les accompagnant. Ainsi le hautbois joue « au-dessus » d’une cathédrale, le violoncelle d’un aéroport près de la mer, la clarinette d’un port au-dessus duquel passe un avion,le basson d’un train tiré par une locomotive à vapeur, le violon d’une volière, le tuba d’une nuée d’oiseaux, la flûte d’un jardin d’enfants, le trombone d’une piscine avec des éléphants, l’alto des oies sauvages volant au-dessus d’une gare, la trompette d’un marché à Marrakech avec des zèbres, des lions, des oies sauvages et des chevaux et la contrebasse d’un bateau en mer.

Scène 3 : Helikopter Streichquartett. La scène est écrite pour un quatuor à cordes (deux violons, un alto, un violoncelle) jouant dans quatre hélicoptères tournant autour de l’opéra, le son des instrumentistes étant synchronisés avec celui des rotors des hélicoptères. Cette scène dure environ vingt-cinq minutes. Quand les hélicoptères décollent, la musique, que l’on peut qualifier de minimaliste, se fait de plus en plus frénétique et aiguë. Quand à la fin de la scène les hélicoptères atterrissent, les instrumentistes ralentissent et jouent peu à peu dans les graves.

Cliquez sur l’Helikopter Streichquartett

Scène 4 : Michaelion. Le parlement mondial de la scène 1 fait place à un parlement cosmique. Les représentants de différentes galaxies sont réunis pour nommer un nouveau président du parlement. Dans cette scène sont représentés les trois protagonistes de Licht, Eve, Lucifer et Michael via les instruments qui leur sont associés. Le cor de basset pour Eve, la trompette pour Michael et le trombone pour Lucifer.

C’est un chameau parlant, Lucicamel, qui devient le président du parlement cosmique. De même que dans Montag (Lundi), Ève donnait naissance à sept garçons représentants les sept jours de la semaine, Lucicamel défèque sept œufs colorés (kakabel) qui représentent les sept astres.

Cliquez sur Lucicamel

Le président envoie des messagers à travers le cosmos pour répandre son message d’amour cosmique.

(Source principale : les représentations du Deutsche Oper Berlin de septembre 2026, et le programme associé.)

Retrouvez ici d’autres opéras du cycle Licht.

MONTAG AUS LICHT

FREITAG AUS LICHT

Mes opéras préférés

BENVENUTO CELLINI de BERLIOZ (1834-1837)

Composé entre 1834 et 1837 sur un livret de Léon de Wailly et Auguste Barbier, Benvenuto Cellini est une tentative de Berlioz d’écrire du Grand Opéra à la française, le genre dans lequel un musicien devait triompher s’il voulait connaître la gloire. En partie à cause de la faiblesse du livret, en partie à cause des audaces musicales de Berlioz, la création en 1838 sera un échec.

En 1844, il reprend deux des airs de Benvenuto Cellini pour écrire la fameuse Ouverture du Carnaval romain.

Il faut attendre 1852 pour que Liszt, cet infatigable ami des musiciens, le monte à Weimar et que l’opéra rencontre le succès.

Le livret est tiré des mémoires du sculpteur de la renaissance Benvenuto Cellini, protégé du pape Clément V, dont la vie aventureuse ne pouvait laisser indifférent Berlioz le romantique.

Le pitch : Cellini doit fondre une statue pour le pape. Il projette de s’enfuir avec Teresa. Après des péripéties, il finit la statue et gagne sa main.

Acte I : Balducci, trésorier du pape, cherche sa fille Teresa. Il est convoqué chez le pape, et se plaint de ce que celui-ci s’occupe tant de Benvenuto Cellini, orfèvre qu’il a fait venir de Florence, alors qu’il a déjà à Rome un très bon sculpteur, Fieramosca. Par la fenêtre, on entend le chant des masques du carnaval. Teresa s’approche de la fenêtre. Elle reçoit une pluie de fleurs et un billet de Cellini, qui lui fixe un rendez-vous pour le soir même. Elle ne sait qu’en penser (Air : « Entre l’amour et le devoir »).

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Cellini arrive. Pendant leur duo sur la musique du Carnaval romain, Fieramosca arrive, portant un bouquet pour Teresa. En voyant Cellini, il se cache dans la chambre de Teresa. Cellini donne rendez-vous pour le lendemain, jour du Mardi gras : il veut profiter du carnaval pour, lui déguisé en moine et son élève Ascanio en pénitent, l’enlever et l’emmener à Florence. Fieramosca, caché, a tout entendu. Balducci revient, et s’étonne de voir sa fille encore dehors à cette heure tardive. Cellini se cache. Teresa prétexte un bruit entendu dans sa chambre, où un homme se serait introduit. Cellini s’éclipse pendant que le père va voir dans la chambre. Il en ressort avec Fieramosca, qu’il accuse d’être libertin, et appelle les servantes pour le chasser de sa maison. Elles le jettent dans le bassin.

Le lendemain, Cellini attend ses amis près d’une taverne. Les ciseleurs veulent boire (Chœur des ciseleurs « à boire »).

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Cellini leur demande de chanter autre chose qu’une « ignoble chanson à boire » (Chœur des ciseleurs : « Si la terre aux beaux jours se couronne »).

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Le cabaretier apparaît, et présente la note de tout ce qu’ils ont déjà bu sans payer. Le chœur reprend ses paroles dans un joyeux charivari. Arrive Ascanio qui apporte un sac d’argent donné par le pape pour que Cellini fonde la statue. Il veut que Cellini s’engage à fournir le travail avant de lui donner l’argent (Air : « Cette somme t’est due »). Mais quand ils ouvrent le sac, ils n’y trouvent qu’une somme mesquine. Ils décident alors de se venger du trésorier du pape en le ridiculisant pendant une représentation théâtrale où il sera représenté. Fieramosca, qui a tout entendu, retrouve son ami Pompeo. Il lui explique que pendant qu’on va donner le change à Balducci, Cellini, déguisé en moine a prévu d’enlever sa fille. Pompeo lui conseille alors de se déguiser lui-même en moine, et de tromper Teresa sous ce déguisement pour empêcher l’enlèvement.

Cette idée plaît à Fieramosca (Air : « Ah, qui pourrait me résister »). Balducci arrive avec sa fille au moment où va commencer la pantomime qui le ridiculisera. La pantomime commence, accompagnée par le chœur et des instruments populaires. C’est le Carnaval romain.

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Pierrot et Arlequin miment un concours de chant. Le faux Balducci donne la palme à Pierrot et Arlequin le bat. Furieux d’être ainsi moqué, le vrai Balducci monte sur scène pour faire cesser ce spectacle. C’est le moment où Cellini et Ascanio d’une part, Fieramosca et Pompeo d’autre part, choisissent pour s’avancer vers Teresa qui, découvrant deux moines et deux pénitents, ne comprend plus rien. Cellini, tirant son épée, tue Pompeo qui tombe au sol. Horrifiée, la foule se précipite et veut arrêter Cellini. Mais quand les lumières s’éteignent, Cellini en profite pour se sauver. Quand la lumière revient, Balducci, trouvant Fieramosca toujours en habit de moine, croit tenir l’assassin et l’arrête.

Acte II : Le lendemain matin, dans l’atelier de Cellini. Teresa et Ascanio, sans nouvelles de Cellini, s’inquiètent. Un chœur de pénitents, louant la Vierge Marie, s’avance. Cellini arrive, toujours dans sa robe de bure ensanglantée, et dit qu’il faut fuir. Teresa et Cellini chantent leur joie d’être réunis. Mais voilà Balducci et Fieramosca, vite suivis du pape (Air : « À tous péchés, pleine indulgence ») qui vient voir où en est la statue que Cellini doit fondre pour lui.

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Balducci et Fieramosca accusent Cellini du meurtre de Pompeo et de l’enlèvement de Teresa. Cellini, Teresa et Ascanio nient (« Sextuor »).

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Quand le pape apprend que la statue n’est pas fondue, il menace de la faire fondre par un autre (Fieramosca). Cellini se rebelle, et menace de détruire le moule de la statue. Le pape arrête son geste. Cellini négocie. Le pape lui laisse la journée pour achever le travail, faute de quoi, il sera pendu le soir même.

Dans l’atelier, Lascanio chante l’épisode qui vient de se passer (Air : « Tra la la la la »).

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Il sort, laissant Cellini seul (Air : « Seul pour lutter… »). Dans l’atelier, les fondeurs entonnent une chanson triste (Chœur : « Bienheureux les matelots »).

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Cellini leur rend le courage, mais, quand ils s’apprêtent à fondre la statue, Fieramosca se présente avec deux spadassins et le défie en duel pour venger la mort de Pompeo. Cellini demande alors sa rapière à Ascanio, mais Teresa arrive à son tour. Elle veut fuir avec Cellini, contre la volonté de son père. Cellini sort pour se battre avec Fieramosca.

Les fondeurs, voyant Cellini quitter l’atelier veulent cesser le travail (Chœur : « Peuple ouvrier, que l’atelier… »). Teresa les supplie de rester et d’attendre le retour de Cellini. Mais c’est Fieramosca qui arrive. À sa vue, Teresa croit qu’il a tué Cellini, et l’accuse de meurtre. Les ouvriers s’en prennent à lui. De l’or tombe de ses poches, avec lequel il voulait débaucher les ouvriers de Cellini. Mais Cellini rentre à son tour, il n’a pas trouvé Fieramosca au rendez-vous. Le trouvant chez lui, accusé d’avoir voulu reprendre son atelier, il explique lâchement qu’il voulait juste aider un confrère dans la difficulté. Le prenant au mot, Cellini lui demande de se mettre à la fonte du métal. Le travail reprend. Mais le métal vient à manquer, la statue ne pourra être terminée. Cellini demande alors que l’on fonde toutes les pièces d’orfèvrerie qui se trouvent dans son atelier.

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On charge la fournaise quand la chaudière surchauffée explose, mais tout le métal fondu coule dans le moule, et la statue est achevée. Cellini a gagné, et le pape et Balducci lui accordent la main de Teresa.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Paris dans une mise en scène de Terry Gilliam (un Monthy Python) en 2018, et le programme associé.)

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Mes opéras préférés

LA GIOCONDA, de PONCHIELLI (1876)

La Gioconda est un opéra d’Amilcare Ponchielli créé à Milan le 8 avril 1876. Le livret, signé Arrigo Boïto est inspiré de la pièce Angelo, tyran de Padoue, de Victor Hugo. Boïto transporte l’action de Mantoue à Venise. Il s’est certainement souvenu de l’argument de la Gioconda quand il a écrit le livret d’Otello (1884) pour son ami Verdi.

Acte I : Le peuple est massé devant le plais des doges, à Venise, pour assister à la régate annuelle. Dans la foule se cache Barnaba, un espion de l’Inquisition. Il cherche à séduire la Gioconda, une chanteuse de rue, qui vit avec sa mère aveugle, la Cieca. Cieca chante une prière à la vierge et la Gioconda sort rejoindre Enzo.

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Barnaba l’arrête, mais elle le repousse. (Enzo, lui, n’aime pas la Gioconda, mais une autre jeune fille, Laura, qui lui a été prise par un haut fonctionnaire, Badoero.)

Barnaba est furieux de s’être fait jeter par la Gioconda et il veut se venger en dressant la foule contre la chanteuse et sa mère. Il prétend que la Cieca a ensorcelé le bateau de Zuane, le perdant de la régate. La foule se jette sur l’aveugle pour la brûler. Enzo sauve Cieca, mais Barnaba renouvelle ses accusations auprès de Badoero, qui vient de sortir du palais avec Laura. Laura prend la défense de Cieca, arguant qu’une sorcière n’aurait pas de chapelet. Badoero la libère et Cieca lui offre son chapelet pour la remercier.

Barnaba suggère à Enzo de voir sa maîtresse le soir, sur son bateau. Il cherche ainsi à montrer à la Gioconda qu’Enzo ne l’aime pas, et donc qu’elle peut céder à ses avances. Enzo parti, Barnaba dicte une lettre pour Badoero, où il lui dit qu’Enzo s’apprête à s’enfuir avec Laura. Gioconda, qui a tout entendu, veut sauver l’homme qu’elle aime.

Acte II : À un marin qui lui demande ce qu’il fait là, Barnaba répond qu’il n’est qu’un simple pêcheur.

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Enzo et Laura se sont retrouvés sur le bateau. Enzo va donner ses ordres à l’équipage quand la Gioconda apparaît.

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Les deux femmes se disputent quand la Gioconda reconnaît le chapelet au poignet de Laura. Elle voit arriver un second bateau, celui de Badoero. Elle prévient Enzo de la traîtrise de Barnaba, et s’en va avec Laura. Barnaba et Badoero les poursuivent en vain. Des navires de guerre attaquent Enzo alors qu’il veut aider Laura.

Acte III : Dans son palais, Badoero a décidé d’empoisonner sa femme infidèle pendant qu’il offre une fête à ses invités (célébrissime « Danse des heures », popularisée par Disney dans Fantasia.)

Cliquez sur la danse des heures

La Gioconda, qui a réussi à s’introduire dans le palais, remplace le poison par un somnifère. Badoero montre sa femme morte à ses invités. Enzo, qui est présent, veut tuer Badoero, mais il est arrêté par ses gardes. Pour sauver Enzo, la Gioconda s’offre à Barnaba (telle Flora Tosca dans l’opéra de Puccini). Barnaba, prudent, fait arrêter la Cieca

Acte IV : Les amis de la Gioconda l’ont sortie de son caveau. Quand Enzo arrive, furieux qu’on ait déplacé la dépouille mortelle de son amie, Laura se réveille et les deux jeunes gens tombent dans les bras l’un de l’autre. Ils se rendent compte de tout ce que la Gioconda a fait pour eux. Ils la bénissent et s’en vont, sans savoir ce qui attend la malheureuse chanteuse.

Quand Barnaba arrive pour réclamer sa récompense, la Gioconda prend un couteau et se suicide. Elle n’a pas le temps d’entendre Barnaba qui se flatte d’avoir fait exécuter sa mère.

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(Source principale : la production de l’opéra de Vienne en 1986, et le DVD associé.)

Mes opéras préférés

RIENZI, de WAGNER (1842)

En 1837, Richard Wagner était directeur musical du théâtre de Riga. Il avait déjà deux opéras de jeunesse à son actif, les Fées (1833) et la Défense d’aimer (1836), quand il a eu l’idée d’un opéra plus ambitieux, Rienzi, d’après un roman d’Edward Bulwer-Lytton.

Les deux premiers actes étaient achevés quand Wagner se met en route pour Paris, dans l’espoir de s’y faire jouer. C’est pendant la traversée que son bateau subit une grosse tempête, et dut faire une halte pour s’en protéger. Le chant des marins lui donne alors l’idée d’un autre opéra, le Vaisseau fantôme. Arrivé à Paris après une halte à Londres, il reçoit le soutien de Meyerbeer, mais le directeur de l’opéra de Paris ne veut pas de sa musique. C’est à Paris que Wagner termine Rienzi. Il envoie la partition à Dresde, et c’est dans cette ville que Rienzi est créé le 20 octobre 1842.

Rienzi va entrer au répertoire du Festspielhaus à l’été 2026, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire du festival Wagner.

L’action se passe à Rome, au XIVe siècle, sur fond de lutte entre deux familles patriciennes, les Orsini et les Colonna.

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Acte I : Paolo Orsini essaye d’enlever Irène Rienzi, la sœur du tribun Riensi, notaire du pape. Adriano Colonna défend la jeune fille, provoquant ainsi une bagarre à laquelle la population romaine est mêlée. Adriano libère Irène quand Rienzi survient, demandant aux deux familles rivales de faire la paix. Il annonce que le pape va bientôt quitter Avignon pour revenir à Rome, et promet la fin de la toute-puissance des grandes familles. Voyant que l’amour entre Irène et Adriano est partagé, il confie sa sœur au jeune homme.

Acte II : Rienzi annonce la paix et la liberté au peuple romain, mais les grandes familles, qui ont perdu leurs prérogatives, complotent contre lui. Orsini tente d’assassiner le tribun, mais son action échoue. Les comploteurs sont condamnés à mort, mais Adriano et Irène demandent leur grâce, suivis en cela par Rienzi.

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Acte III : Le peuple commence à être mécontent de Rienzi. En effet, les nobles graciés se sont enfuis, et commencent à attaquer la ville. Rienzi réussit une fois de plus à calmer le peuple. Adriano est partagé entre son amour pour la sœur de Rienzi, et son devoir familial. Irène essaye de l’empêcher de participer aux combats, mais les amis de Rienzi lancent l’offensive contre les factieux. Le peuple fait un triomphe au tribun, alors qu’on apporte les dépouilles mortelles de Paolo Orsini et Steffano Collona. Adriano fait le serment de venger la mort de son père.

Acte IV : Nouveau revirement du peuple vis-à-vis de Rienzi. L’Allemagne et l’empereur du Saint Empire romain germanique se méfient de lui, et même l’Église lui retire son soutien. Adriano complote contre le tribun. Quand celui-ci se dirige vers l’église pour entendre un Te Deum composé en son honneur, on lui en refuse l’accès. Pire, Rienzi est finalement excommunié et tout le monde se détourne de lui, sauf sa sœur qui lui reste fidèle.

Acte V : Rienzi s’est retiré au Capitole. Il implore le secours divin (« Prière de Rienzi »).

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Le Capitole est pris d’assaut par la foule qui y met le feu. Adriano essaye de persuader sa sœur de le suivre. Il essaye de la soustraire à l’incendie provoqué par la foule, mais il meurt avec Rienzi et Irène, enseveli sous les ruines fumantes du Capitole.

(Source principale : Albert Lavignac, le Voyage artistique à Bayreuth, éditions Delagrave, 1898.)

Mes opéras préférés, Mythologie

ERCOLE AMANTE, de BEMBO (1707)

Pour écrire son Ercole amante (Hercule amoureux), Antonia Bembo a repris le livret de celui de son maître Cavalli , fruit d’une commande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche en 1662.

Elle n’a toutefois pas conservé le prologue à la gloire de Loulou XIV

Le pitch : Hercule est amoureux de Iole, qui aime son fils Hyllus. Il est aidé dans ses visées par Vénus, la déesse de l’amour, alors que Junon, qui défend la moralité, s’oppose à ces amours. Déjanire, la femme bafouée d’Hercule, donne à Hercule la tunique de Nessus, croyant ainsi retrouver l’amour de son mari. Mais la tunique est empoisonnée, et Hercule meurt, brûlé d’un feu intérieur.

Acte I : Hercule, marié à Déjanire, est tombé amoureux de Iole, la fiancée de son fils Hyllus. Il a enlevé la jeune fille après avoir tué son père, le roi Eutyre. Le héros invincible se désespère de voir la force de son amour pour la jeune fille résister à la fidélité de Iole. (Air : « Come si beffa amor ».)

Cliquez sur Hercule

Il invoque Cupidon quand Vénus descend du ciel, accompagnée des Grâces. La déesse de l’amour lui promet de l’aider à séduire lole, alors que Junon, furieuse, veille à ce que cela ne se réalise pas (Air : « E vuol dunque ciprigna ».) Junon part pour la grotte du sommeil pour faire échouer le projet de Vénus et Hercule.

Acte II : Hyllus et Iole se déclarent leur amour quand un page vient informer la jeune fille qu’Hercule lui donne rendez-vous au jardin des Fleurs (Duo : « Amor ardor piu cari »

Cliquez sur Iole et Hyllus

Hyllus est jaloux. Le page se demande ce qu’est ce fameux amour, qui agite tout le monde, et qu’il ne connaît pas.

Cliquez sur le page

Croisant Lychas, un serviteur de Déjanire, il laisse échapper le secret du rendez-vous galant d’Hercule. À cette occasion, on apprend qu’Hercule a tué Eutyre, le père d’Iole, car contrairement à sa promesse de donner sa fille à Hercule, Eutyre a préféré la donner à Hyllus.

Lychas court dévoiler ce secret à sa maîtresse, qui se plaint (Air : « Misera, ohimé, ch’ascolto ».) Elle craint que la fureur d’Hercule ne le pousse à tuer leur propre fils. Lychas lui conseille d’être prudente face à Hercule.

Dans la grotte du Sommeil, Pasithaée veille sur le Sommeil avec le chœur des zéphyrs et des ruisseaux. Pour faire échouer le projet d’Hercule, Junon emporte le Sommeil sur son char, comptant sur lui pour empêcher Hercule et sauver les liens de son mariage.

Acte III : Vénus assure Hercule de son aide, et lui conseille d’obtenir le fruit de ses désirs « par fraude ou par consentement ». Le tout puissant Hercule avoue qu’il perd ses moyens face aux mystères de l’amour. Le page annonce l’arrivée d’Iole et d’Hyllus, mais laisse échapper que les deux jeunes gens s’aiment, ce qui trouble Hercule.

Quand Iole arrive, accompagnée d’Hyllus, elle commence par se révolter, mais Vénus fait apparaître un siège magique qui envoûte Iole, qui fait alors une déclaration d’amour à Hercule, au grand étonnement d’Hyllus. Celui-ci révèle à son père son amour pour Yole et Hercule chasse son fils.

Junon arrive avec le Sommeil dans son char et endort Hercule. Iole se trouve délivrée du charme de Vénus. Junon lui donne une épée pour qu’elle puisse venger le meurtre de son père mais Hyllus voyant cela la désarme. Mercure vient réveiller Hercule qui, voyant son fils avec une épée, croit qu’il en veut à sa vie. Iole s’accuse quand Déjanire arrive avec Lychas. Hercule veut condamner son fils à mort, mais Iole réussit à le faire changer d’avis en lui disant que ses sentiments pour lui pourraient changer s’il épargne Hyllus.

Hercule envoie Déjanire en exil et fait emprisonner son fils dans une tour.

Déjanire et Hyllus se lamentent sur la cruauté d’Hercule (duo : « Figlio, tu progionerio ».)

Acte IV : Hyllus en prison souffre de jalousie quand le page arrive en barque et lui apprend que Yole s’est mariée avec Hercule pour lui sauver la vie. Une tempête se lève et Hyllus se jette à la mer. Junon demande à Neptune de sauver Hyllus, ce qu’il fait. Junon se réjouit d’avoir contrarié les plans de Vénus (Air : « Congedo agl’orridi »). Hyllus monte sur le char de Junon.

Cliquez sur Vénus

Dans son exil, Déjanire songe à se suicider. Elle se lamente sur son sort quand Iole arrive pour se recueillir sur la tombe de son père. Le monument funéraire s’ouvre, et le spectre d’Eutyre dit sa colère de voir Iole mariée avec Hercule, son assassin. Déjanire annonce qu’elle a vu Hyllus se jeter à la mer. Iole pense au suicide, mais Lychas l’en empêche. Il conseille à Déjanire de donner à Hercule la tunique du centaure Nessus, revêtue d’un onguent qui rendrait son mari fidèle (Nessus est un centaure qu’Hercule a tué lors de ses douze travaux).

Acte V : Aux enfers, les anciennes victimes d’Hercule, réunies par Eutyre, complotent contre le héros.

Hercule s’apprête pour ses noces avec Iole quand Lychas lui remet la tunique de Nessus. Hercule la revêt, et meurt dans des souffrances atroces, car elle était empoisonnée. Déjanire comprend l’horrible vengeance du centaure. Elle veut mourir quand survient Hyllus, sauvé des eaux par miracle, qui tombe dans les bras de sa mère et de sa fiancée. Junon descend du ciel et annonce qu’Hercule n’est pas mort, mais qu’il est monté au ciel, où Jupiter l’a marié avec la Beauté. Iole, Hylus et Déjanire remercient Vénus.

Hercule apparaît dans le ciel avec la Beauté. Le chœur des Planètes chante la récompense accordée à la Vertu, et annonce qu’un nouvel Hercule, Louis XIV, va apporter la prospérité.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

BRUNDIBÁR, de KRÁSA (1938)

Brundibár est un opéra pour enfants écrit en 1938 par Hans Krása, sur un livret d’Adolph Hoffmeister, créé clandestinement à Prague en 1942, puis recréé au camp de Theresienstadt le 29 septembre 1943.

C’était le fruit d’un concours d’opéras organisé par le ministère de l’Éducation. Malheureusement, l’occupation de la Bohème-Moravie par les Allemands a empêché l’aboutissement du projet, et Brundibár ne sera créé que clandestinement à Prague en 1942.

En effet, Krása était juif, et Hoffmeister communiste. Si Hoffmeister a réussi à s’enfuir, Krása a été déporté à Terezin (Theresientadt) en août 1942. Terezin était l’antichambre du camp d’extermination d’Auschwitz. Les Allemands étaient soucieux de montrer à la Croix-Rouge que les prisonniers étaient bien traités, et favorisaient les activités culturelles à l’intérieur du camp. Krása a dû réorchestrer Brundibár en fonction des instrumentistes présents, et l’œuvre a été jouée cinquante-quatre fois, dont une fois devant une délégation de la Croix-Rouge. Les interprètes changeaient régulièrement, au fur et à mesure qu’ils étaient envoyés à Auschwitz. Krása lui-même, y est mort le 17 octobre 1944.

Le pitch : Pour acheter le lait qui soignera leur mère malade, deux enfants vont à la ville. Ils chantent pour gagner l’argent qui leur permettra d’acheter le lait.

Acte I : La maman de Pepíček et Aninka est malade. Le médecin lui dit de prendre du lait pour guérir. Les enfants partent en acheter à la ville. Sur la place, ils voient le marchand de glace, le laitier et le boulanger qui vendent leurs produits, mais les enfants n’ont pas d’argent. Survient Brundibar, un joueur d’orgue de barbarie. Les villageois lui jettent de l’argent. Les enfants ont l’idée de chanter, pour gagner eux aussi de l’argent, mais Brundibar et le policier les en empêchent.

Cliquez sur l’acte I

Acte II : La nuit tombe, et Pepíček et Aninka ont peur. Un oiseau, un chat et un chien leur promettent de réunir beaucoup d’autres enfants pour les aider. Pepíček et Aninka s’endorment. Au matin, quand Brundibar arrive, il est attaqué par les trois animaux. Tous les enfants rassemblés par les animaux chantent avec Pepíček et Aninka une berceuse.

Cliquez sur la berceuse

Les villageois leur donnent de l’argent, assez d’argent pour acheter le lait salvateur. Les enfants s’unissent contre l’horrible Brundibar. Ils entonnent un chant de victoire : « Brundibar est vaincu; le tyran est perdu, on n’s’est pas laissé faire, on a gagné la guerre. »

Cliquez sur le chœur final

(Source principale : les représentations de l’Opéra-Comique en 2026, et le programme associé.)

Compositrices, Mes opéras préférés

LA MONTAGNE NOIRE (1885)

La Montagne noire est le quatrième opéra d’Augusta Holmès, et le seul à avoir été représenté sur scène. Écrit en 1885, il est proposé par Augusta Holmès à l’Opéra-Comique qui le refuse, l’effectif orchestral et vocal dépassant les capacités de la salle Favart. C’est finalement au palais Garnier que la Montagne noire est créé le 8 février 1895. Si la critique a descendu l’œuvre, le public, lui, l’a appréciée. La Montagne noire quittera rapidement l’affiche, et il faudra attendre 2024 pour une reprise à l’Opéra de Dortmund, avant celle de l’Opéra de Bordeaux en 2026, soit 131 ans après les représentations de la création.

La montagne noire dont il est question ici est le Monte Negro, et l’action se passe au moment où chrétiens et Turcs se battent pour le pouvoir sur cette région.

Cliquez sur la bande annonce

Acte I (acte héroïque) : Dans un village du Monténégro, les femmes prient pour le retour victorieux des hommes partis au combat. Helena attend ainsi Mirko, le chef de l’armée. Alors qu’Helena pense à son amour avec Mirko, Dara, la mère de celui-ci ne pense qu’à son honneur.

Les soldats vainqueurs font une entrée triomphale, et Mirko et Aslar, qui se sont aidés pendant les combats, se jurent une amitié éternelle, bénie par le père Sava.

Ces réjouissances sont interrompues par l’arrivée d’une Turque, Yamina, amenée de force par la troupe. Mirko, qui est troublé par son charme, demande à sa mère de la prendre comme esclave à son service pour la sauver du courroux du peuple.

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Pendant le banquet qui célèbre le retour victorieux des combattants, Mirko ne pense qu’à Yamina, ne s’occupant pas de sa femme Helena.

Acte II : La garnison défend le village contre un retour de l’ennemi. Mirko n’a pas la tête à son devoir, obsédé qu’il est par le souvenir de Yamina. Il voit les femmes du village au travail, menées par Dara et Helena qui critiquent le travail de Yamina. Yamina se plaint de sa nouvelle condition, affirmant que chez elle, les femmes n’ont pas à se soumettre aux hommes, et qu’elle-même a le pouvoir de les envoûter (Air : « Près des flots d’une mer bleue. ».)

Helena, voyant son mari, craint que ses sentiments pour elle n’aient disparus. Mirko la rassure et renouvelle ses vœux de mariage. Yamina, qui a assisté à la scène, entreprend d’envoûter Mirko. Elle parvient à ses fins et le convainc de quitter son village pour la suivre de l’autre côté de la montagne (noire), en Turquie. Mirko finit par accepter, sous les yeux de sa femme qui assiste ainsi à sa double trahison.

Acte III : Mirko et Yamina, épuisés, font une halte (Duo nocturne : « Repose-toi sur mon bras qui t’enlace. »). La jeune femme s’assoupit sur son amant quand Aslar les rejoint. L’ami Aslar les a suivis et tente de faire entendre raison à Mirko. Celui-ci reprend ses esprits et est prêt à rentrer chez lui quand Yamina se réveille. Elle se sert encore de ses charmes et Mirko change à nouveau d’avis, voulant la suivre, elle. Aslar et Mirko se battent en duel quand Yamina, se saisissant du poignard de Mirko, frappe Aslar qui s’écroule au sol.

Les soldats chrétiens arrivent, et Aslar sauve l’honneur de son ami en accusant Yamina, qui s’enfuit en jurant de se venger.

Acte IV : Mirko et Yamina ont trouvé refuge en Turquie où ils vivent, enivrés de vin et d’amour.

Aslar les retrouve une nouvelle fois, cherchant toujours à sauver l’honneur de son ami, mais Mirko est bien trop attachée à Yamina. Aslar finit par tuer son ami, avant de se suicider.

Alors que l’armée monténégrine a battu les Turcs, ils trouvent sur le chemin le corps des deux amis, réunis dans la mort. Le père Sava bénit cette amitié sacrée.

(Source principale : les représentations de Bordeaux en mai 2026, et le programme associé.)

Cliquez sur l’interview du chef d’orchestre
Mes opéras préférés, Mythologie, Philosophie

SATYAGRAHA, de Philip GLASS (1980)

Satyagraha est un opéra en trois actes de Philip Glass. Le livret, rédigé en sanscrit, est de Constance de Jong, d’après la Bhagavad-Gita. Satyagraha a été créé à Rotterdam le 5 septembre 1980. C’est le deuxième de la trilogie des grands penseurs qui ont changé le monde, après Einstein on the beach (1976) et avant Akhnaten (1984).

Satyagraha vient du mot sanscrit qui signifie « la force véritable » et s’inspire des années que Gandhi a passées en Afrique du Sud dans sa jeunesse, où il a commencé à élaborer sa théorie de la non-violence. Le premier acte est placé sous la figure tutélaire de Tolstoï, le second sur celle du poète indien Rabindranath Tagore et le troisième sur celle de Martin Luther King.

La Bhagavad Gita est extraite du Mahabharata, vaste épopée/cosmogonie hindoue plurimillénaire, qui relate la guerre entre les clans des cousins germains Pandava et Kaurava. On peut dire que le Mahabharata est pour l’Inde ce que le Livre du Graal est à l’occident chrétien ou les Mille et une nuits au monde arabo-persan.

Cliquez sur l’image pour avoir un résumé (!) du Mahabharata

Acte I : Tolstoï

Scène 1 : On the Kuru Field of Justice. La bataille de Kuru est un épisode de la Bhagavad Gita relatant la bataille entre les Kuruva et les Pandava. Le dieu Ganghi échange avec Krishna et Arjuna sur le dilemme entre combattre par honneur ou ne pas combattre pour accéder au paradis.

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Scène 2 : La ferme de Tolstoï. Dans la ferme de Tolstoï (avec qui Gandhi a échangé une correspondance pendant des années), on découvre les Satyagrahas, une communauté pacifiste. Il faut se détacher du désir dans l’action pour avoir une vie morale.

Scène 3 : Le Vœu. En 1906, les Indiens d’Afrique du Sud sont obligés de se faire enregistrer, alors qu’une loi restreignait leur liberté de déplacement dans le pays.

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Acte II : Tagore

Scène 1 : Confrontation and rescue. En 1896, Gandhi rendait compte dans les journaux des conditions de vie de ses compatriotes. Il est menacé et pris à partie par les Afrikaners.

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Scène 2. Indian opinion. Indian opinion est le nom d’un journal fondé par Gandhi où il dénonçait le racisme des Afrikaners vis-à-vis des Indiens et des Noirs.

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Scène 3 : Protest. En 1908, en signe de protestation, les Indiens brûlent leurs papiers d’identité.

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Acte III : (scène unique) Cette scène fait référence à une grande marche de Martin Luther King en 1913, et fait la part belle au chœur et à un ensemble de six solistes. Le Seigneur renaît, âge après âge, au cours du temps, pour protéger le bien et repousser le mal.

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(Sources principales, les représentations de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)