Mes opéras préférés, opérette

LE PAYS DU SOURIRE, de LEHAR (1923 – 1929)

Le Pays du sourire (Das Land des Lächelns) est une des dernières opérettes écrites par Franz LEHAR. Sa tonalité est douce amère, ce qui est relativement rare pour ce genre d’œuvre. Après une première version intitulée la Tunique jaune en 1923, qui ne connaîtra pas le succès, Lehar reprend sa partition en 1929 pour en faire le Pays du Sourire, qui connaîtra un véritable triomphe. Cette œuvre comporte un certain nombre d’incontournables de l’opérette comme « À l’ombre blanche des pommiers en fleurs » ou « Toujours sourire », et les plus grandes stars de l’art lyrique n’hésitent pas à les chanter, pour leur plaisir et pour le nôtre.

Le pitch : la comtesse viennoise Lisa se marie avec un prince chinois Sou-Chong (l’histoire ne dit pas s’il se prénomme Alain.) Elle part vivre en Chine avec son mari, mais a des difficultés à s’habituer aux coutumes de ce pays.

Lehar Le pays du sourire Je t'ai donné mon cœurCliquez sur le prince Sou-Chong

Ouverture.

Lehar le Pays du sourire OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Dans un salon à Vienne, le comte de Lichtenfels donne une fête en l’honneur de sa fille Lisa. Parmi les invités figure Gustave, un cousin et amoureux de Lisa. Celui-ci déclare sa flamme à Lisa, qui le repousse. Gustave pense que sa cousine aime l’ambassadeur de Chine, le prince Sou-chong, et la prévient du danger de former des couples interraciaux.

Le prince de Chine arrive et annonce à Lisa qu’il soit rendre en Chine pour devenir Premier ministre.

Lehar Le pays du sourire Dans l'ombre balnche des pommiers en fleursCliquez sur l’image

Lisa n’hésite pas et lui déclare qu’elle veut se marier avec lui et le suivre en Chine.

Lehar le Pays du sourire Bei einem Tee a deuxCliquez sur Richard Tauber, le créateur du rôle de Sou-Chong, pour qui Lehar a ciselé ces airs

Acte II : De retour en Chine, le prince s’apprête à recevoir ses nouvelles fonctions. Lisa a sympathisé avec Mi, la petite sœur de Sou-Chong. Mais Tchang, l’oncle du prince et gardien des traditions n’approuve pas l’union de Lisa et Sou-Chong. Il veut que celui-ci épouse les quatre princesses chinoises qui lui sont réservées, suivant la coutume. Sou-Chong finit par accepter si ces unions ne restent qu’une formalité.

Gustave arrivé en mission en Chine courtoise Mi. Quand il apprend ce qu’on prépare pour le prince, il en informe Lisa, qui demande des explications à son mari. Il a beau dire qu’il ne s’agit que d’une formalité, Lisa veut repartir en Europe. Le prince l’empêche de quitter son palais.

Lehar Le pays du sourire Dein ist mein ganzes HerzCliquez sur Sou-Chong

Lehar Le pays du sourire Au salon d'une pagodeCliquez sur l’image

Acte III : L’amitié de Gustave et Mi s’est transformée en amour.

Lehar le Pays du sourire mon amour et ton amourCliquez sur l’image

Lisa demande à Gustave de l’aider à quitter le palais et Mi leur apprend l’existence d’un passage secret. Au moment de s’échapper, ils sont surpris par Sou-Chong qui, généreux, les laisse partir. Ainsi, les deux amours sont brisées, et Sou-Chong console sa petite sœur en lui rappelant qu’il faut toujours sourire.

Lehar le Pays du sourire Toujours sourireCliquez sur l’image

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez un castigne de luxe


Mes opéras préférés

ALCINA (1735), de HAENDEL

Alcina est un des derniers opéras écrits par HAENDEL, d’après Orlando Furioso de l’ARIOSTE. Il a été créé à Londres en 1735. Comme son nom l’indique, la figure centrale de cette œuvre est Alcina, une magicienne (ou sorcière) qui avait la funeste habitude de transformer en rochers ou en bêtes furieuses les hommes qui abordaient son île. Un jour, le chevalier Ruggiero aborde sur cette île mais, tombée amoureuse, Alcina use de ses enchantements pour le retenir auprès d’elle au lieu de le transformer.

Parmi les sorcières que l’on peut rencontrer à l’opéra, Alcina en est une des plus tragiques, et son amour pour Ruggiero s’exprime sous toutes les formes, l’amour heureux (Ah, mio cor), l’amour réconfort (Si, son quella), l’amour vengeur (Ombre pallide) jusqu’à l’amour désespéré (Mi restano le lagrime).

Le pitch : Bradamante aime Ruggiero, retenu prisonnier par les sorts de la magicienne Alcina. Partie à la recherche de Ruggiero avec l’aide de Melisso, Bradamante aborde l’île de la magicienne. Morgana, la sœur d’Alcina, tombe amoureuse de Bradamante, qui s’était déguisée en homme (Ricciardo) pour le voyage. Après moult qui pro quo dus au travestissement de Bradamante, les sorts d’Alcina sont brisés et tout finit bien pour les deux amants.

ACTE I : La belle Bradamante, qui se fait passer pour son cousin Ricciardo, et Melisso, le tuteur de Ruggiero, sont partis à la recherche de celui-ci. Pris dans un naufrage, ils abordent sur l’île de la magicienne Alcina. Bradamante et Melisso sont découverts par Morgana, la sœur d’Alcina. (Il s’agit là de la Fata Morgana, en français la Fée Morgane, que l’on retrouve dans bien des légendes, dont celle du Graal et du roi Arthur.) Morgana est attirée par Ricciardo, Bradamante déguisée en homme. Un chœur chante les délices de ces lieux quand arrive la magicienne Alcina, accompagnée de Ruggiero, sous le charme d’Alcina. Oberto, un jeune homme, recherche son père, une ancienne victime des sorts d’Alcina. Ruggiero, amoureux d’Alcina, a oublié Bradamante.

Oronte, l’ancien amant de Morgana, menace Bradamante dont il est jaloux. Bradamante se défend (Air : « È gelosia ») et Morgana la prend sous sa protection.

Haendel Alcina È gelosiaCliquez sur Bradamante

Pour se venger, Oronte révèle à Ruggiero qu’Alcina s’est éprise de Bradamante, et le raille de croire à son amour. Ruggiero se plaint auprès d’Alcina d’avoir été abandonné, mais Alcina s’en défend (Air : « Si, son quella »).

Haendel Alcina Si son quellaCliquez sur Alcina

Bradamante se dévoilant essaie de convaincre Ruggiero qu’elle est sa fiancée, mais Ruggiero ne la croit pas. Il se précipite chez Alcina pour la convaincre de changer en bête celui qu’il croit être son rival. Pour la sauver, Morgana presse Bradamante de quitter l’île. Bradamante feint de céder à Morgana, qui lui a déclaré son amour (Air : « Tornami a vagheggiar »).

Haendel Alcina Tornami a vagheggiar (Devieilhe)Cliquez sur Morgana

Acte II : Melisso reproche à Ruggiero son attitude ingrate, puis lui donne un anneau magique, capable de détruire les sorts d’Alcina. Ruggiero est immédiatement libéré et pense à sa Bradamante. Celle-ci paraît, mais comme elle a toujours l’apparence de Ricciardo, Ruggiero croit qu’il s’agit d’un nouveau sortilège d’Alcina. Bradamante insiste, et Ruggiero finit par la croire.

Alcina veut changer Ricciardo en bête, mais Ruggiero et Morgana réussissent à la convaincre de ne pas le faire (Air : « Ama, sospira, ma non ti offende ».)

Haendel Alcina Ama, sospiro... Un momento di contenteCliquez sur Morgana et Oronte (ou Ricciardo ?)

Afin de s’échapper, Ruggiero convainc Alcina de le laisser partir à la chasse, en lui promettant, non sans duplicité, d’être fidèle à celle qu’il aime (air : « Mio bel tesoro ».)

Haendel Alcina Mio bel tesoroCliquez sur l’image

Oberto entre. Il cherche toujours son père, et Alcina lui promet qu’il le retrouvera bientôt. Oronte vient rapporter à Alcina que Ruggiero s’apprête à s’enfuir. Alcina se lamente d’avoir été trahie (Air : « Ah, mio cor ! schemito sei ! »).

Haendel Alcina Ah ! mio cor, schernito seiCliquez sur Alcina

Oronte prévient Morgana que son nouvel amant l’abandonne, mais Morgana le laisse seul à sa déception (Air : « E un folle, è un vile affato »). Ruggiero et Bradamante se déclarent leur amour, mais Morgana les surprend et leur reproche leur trahison. Ruggiero, qui s’apprête à rompre les sorts d’Alcina, chante une dernière fois la verte nature qui va ainsi perdre sa beauté factice (Air : « Verdi prati »).

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur Bradamante, Morgana et Ruggiero

Dans une grotte, Alcina invoque les esprits pour se venger, tout en se plaignant de la trahison dont elle se sent victime (Air : « Ombre pallide »).

Haendel Alcina Ombre pallide et mi restano le lagrimaCliquez sur Alcina

Acte III : Morgana réussit à se faire pardonner d’Oronte (Air : « Credete al mio dolore »).

Haendel Alcina Credete al mio coreCliquez sur Morgana

Alcina tente encore de retenir Ruggiero. Ruggiero s’apprête à détruire les monstres et les enchantements d’Alcina (Air : « Sta nell’Ircana »).

Haendel Alcina Sta nell'Ircana pietrosa tanaCliquez sur Ruggiero

Alcina et Oronte n’ont plus qu’à constater la victoire de Ruggiero (Air : « Mi restano le lagrima »)

Haendel Alcina Mi restano le lagrimeCliquez sur Alcina

quand Oberto paraît, cherchant toujours son père. Alcina lui demande de tuer une bête fauve, mais Oberto comprend qu’il s’agit de son père et se tourne contre Alcina (Air : « Barbara ! Io ben lo so ».) Après une dernière tentative pour séparer Bradamante et Ruggiero (Trio : « Non è amor, nè gelosia »),

Haendel Alcina Non è amor, nè gelosiaCliquez sur l’image

ce dernier détruit l’urne magique qui abrite tous les sorts d’Alcina. Aussitôt, tous les chevaliers prisonniers de ces sorts sont libérés et retrouvent leur forme humaine (Chœur : « Dall’orror di notte cieca »).

Haendel Alcina Dall'orro di notte ciecaCliquez sur Georges Frédéric

(source : moi-même d’après le livret, une diffusion sur ARTE le 10/07/2015 et une interview du chef Christophe Rousset)

Mes opéras préférés

DE LA MAISON DES MORTS, de JANACEK (1927 – 1928)

De la Maison des morts (Z mrtvého domu) est le dernier opéra de JANACEK, qui est mort pendant la révision de son œuvre avant sa publication. Le texte est de Janacek lui-même, qui a choisi dans l’œuvre de DOSTOÏEVSKI (Souvenirs de la maison des morts), de quoi composer son livret. L’œuvre fut créée à Prague en 1931, avant de disparaître jusqu’en 1958. Il n’y a pas réellement d’histoire dans cette pièce, mais plutôt la juxtaposition de scènes, de fragments, les prisonniers exposant chacun leur tour ce qui les a conduits au bagne.

Janacek De la maison des morts (Z mrtveho domu)Cliquez sur l’ouverture

Acte I : Dans un bagne en Sibérie, les prisonniers sortent d’un baraquement. Certains s’amusent avec un aigle dont l’aile est brisée, pendant que d’autres se disputent. On annonce l’arrivée d’un noble parmi eux. Goriantchikov entre. Le commandant ordonne qu’on lui rase le crâne et qu’on l’enchaîne. Il lui demande son crime, Goriantchikov répond qu’il est prisonnier politique. Furieux, le commandant le condamne à cent coups de fouet.

Janacek De la maison des morts acte I arrivé de GorantchovCliquez sur l’image

Le petit et le grand prisonnier jouent avec l’aigle blessé. Le grand prisonnier dit que l’aigle ne s’habitue pas à la prison. Le petit prisonnier répond que ce n’est pas comme l’homme. Louka et Skouratov se souviennent de leur passé en discutant. Louka raconte qu’il était dans un régiment ukrainien, mais qu’un jour, suite à une injustice, il a tué son commandant. C’est pour cela qu’il se retrouve au bagne. Goriantchikov revient, il a été battu par les gardes.

Janacek De la maison des morts fin acte ICliquez sur l’image

Acte II : Quelques mois plus tard, Goriantchikov entre avec Aléia, un jeune prisonnier avec qui il s’est lié d’amitié, et Skouratov. Goriantchikov demande à Aléia s’il a une sœur. Aléia répond que oui, et aussi que sa mère a dû mourir de chagrin en le sachant au bagne. Goriantchikov lui propose de lui apprendre à lire et à écrire.

Janacek De la maison des morts Acte II Goriantchov et AleiaCliquez sur Aléia et Goriantchikov

Une cloche sonne, les prisonniers arrêtent le travail, c’est jour de fête. On annonce l’arrivée du général, qui inspecte toute la Sibérie. Skouratov dit qu’il est ici à cause de l’amour d’une femme. On lui demande son histoire. Il était en garnison dans une ville pleine d’Allemands, et une jeune femme, Louisa, lui avait plu. Mais elle a cessé de le voir, parce qu’on l’avait promise à un Allemand, un beau parti. Un jour, il est allé la voir, son fiancé était là, et il l’a tué d’un coup de pistolet. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé au bagne. Quand il a fini son histoire, on annonce la représentation d’un opéra, l’histoire de Kedril et Don Juan, suivie de la pantomime de la belle meunière. Quand la représentation est terminée, les prisonniers rentrent dans leur baraquement, une prostituée s’éloigne avec un prisonnier. Une querelle s’élève entre Goriantchikov et un prisonnier, Aléia est blessé en voulant s’interposer.

Acte III : À l’infirmerie de la prison. Aléia est allongé, fiévreux. Chapkine raconte son histoire. Il a participé à un cambriolage, mais il s’est fait prendre. Au commissariat, le commissaire lui a tiré les oreilles si fort qu’elles sont restées décollées, et depuis il souffre des oreilles. Il est interrompu par Skouratov en proie au délire qui pense à sa Louisa. Les autres le forcent à se recoucher. C’est au tour de Chichkov de raconter son histoire. Il connaissait un riche fermier, qui avait une fille, Akoulina. Filka, son valet de ferme, pour se venger de son maître, l’a quitté en déclarant qu’il avait déshonoré sa fille et qu’il le fera savoir partout.

Janacek De la maison des morts Acte III air de ChichkovCliquez sur Chichkov

Un jour qu’il était pris de boisson, sa mère l’a marié à Akoulina, mais le soir de la noce, dans la chambre, il se rend compte que sa femme était vierge. Plus tard, il s’est rendu compte que sa femme aime toujours Filka. Il promet de la tuer. Pendant qu’il raconte son histoire, Louka meurt et on se rend compte qu’il s’agit de son ennemi Filka.

On appelle Goriantchikov. Le commandant lui fait des excuses : il est libre. Goriantchikov demande qu’on relâche l’aigle, dont l’aile est guérie. Les prisonniers chantent la liberté.

(Sources principales : la production de l’opéra de Paris en 1988 et le programme associé, et la production du festival d’Aix-en-Provence de 2007 avec la mise en scène de Patrice Chéreau [DVD Deutsche Gramophon, 2008].)

littérature, Mes opéras préférés

LES ÉCLAIRS, d’HERSANT (et ECHENOZ), 2021

J’ai assisté ce 2 novembre à la création, mondiale, du drame joyeux les Éclairs, une commande de l’Opéra Comique de Paris au romancier Jean ECHENOZ (prix Médicis en 1983 et prix Goncourt en 1999) et mis en musique par Philippe HERSANT.

Les Éclairs est le fruit d’une commande du directeur du Théâtre de l’Opéra Comique à Jean Echenoz, qui avait quartier libre pour le sujet. Il a alors choisi d’adapter le troisième volume de son cycle des vies imaginaires (après Ravel, 2006 et Courir, 2008), le roman Des Éclairs (2010), une biographie très librement inspirée de la vie de Nikola TESLA. En recevant peu après le livret, déjà tout découpé, le directeur l’a proposé au compositeur Philippe Hersant, qu’il rêvait de voir écrire un opéra pour sa vénérable institution.

Philippe Hersant est né en 1948. Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il est pensionnaire de la Villa Médicis de 1978 à 1980. Le catalogue de ses œuvres est riche de plus de cent numéros d’opus, dont trois opéras (Le Château des Carpathes en 1992 et le Moine noir en 2002).

Hersant Missa Brevis KyrieCliquez sur le Kyrie de la Missa Brevis de Philippe HERSANT

Pour son livret, Echenoz a gardé la trame générale de son roman, mais il a ajouté un personnage féminin, la journaliste Betty, ce qui lui permet de transformer le style du roman : une narration par l’auteur pratiquement sans dialogues, par une narration par un des personnages de l’œuvre. Un personnage secondaire masculin, Angus Napier, disparaît.

Le travail a ensuite commencé entre le librettiste et le compositeur pour « faire » véritablement un opéra, avec des airs, des duos, des chœurs, bref tout ce qui fait un opéra.

Hersant Echenoz des éclairs duettoCliquez sur Philippe Hersant et Jean Echenoz

Le pitch : L’histoire raconte, de façon très libre et romancée, la vie de Nikola Tesla (appelé ici Gregor), prototype du savant fou et asocial et inventeur du courant alternatif.

Hersant Les Éclairs Bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Acte I : l’ingénieur Gregor a quitté l’Europe pour tenter sa chance aux États-Unis. Le paquebot transatlantique sur lequel il fait la traversée connaît une panne de sa dynamo, plongeant les gens de la compagnie maritime dans le désespoir, mais Gregor se propose de réparer cette dynamo. Tout le monde est heureux, y compris Betty, une journaliste qui faisait la traversée sur ce même bateau. L’arrivée à New York se fait sur une très subtile citation de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK.

Muni d’une recommandation, il va voir l’inventeur Edison et lui propose d’améliorer son générateur. Il réussit, mais Edison, vexé, n’honore pas son contrat. Il renvoie Gregor, en lui promettant qu’il ne trouvera plus de travail.

Gregor travaille maintenant sur un chantier. Betty le retrouve et lui propose de rencontrer Parker (Westinghouse), un riche entrepreneur et rival d’Edison. Gregor lui soumet son idée de produire du courant alternatif, là où Edison se polarisait sur le courant continu.

Acte II : avec l’argent gagné chez Parker, Gregor vit désormais dans le luxe et fréquente la haute société. Il fait la rencontre de Norman Axelrod, un philanthrope, et de sa femme Ethel.

Chez les Axelrod

Jaloux du succès de Gregor, et soucieux de ses intérêts propres, Edison décide monter l’opinion publique contre l’invention de son rival. Il commence par faire une rafle des animaux de compagnie pour les électrocuter, et montrer ainsi les dangers du courant alternatif. Puis il passe à la vitesse supérieure en électrocutant une éléphante du zoo. Puis, il passe à l’homme, en inventant la chaise électrique et en en faisant une démonstration où il convoque la presse. Malgré les basses manœuvres d’Edison, l’opinion publique reste toujours avec Gregor.

Acte III : Quelques années plus tard, on retrouve Gregor au Colorado, où il est parti poursuivre ses travaux au calme. Il a inventé une machine capable de produire l’énergie librement, et ainsi de contribuer au bien de l’humanité. Il est en outre persuadé qu’il existe des civilisations extraterrestres, et pense pouvoir entrer en communication avec eux.

Betty

Il revient à New York pour mettre en œuvre ses travaux, mais ses idées commencent à le faire passer pour excentrique, et le monde commence à se détourner de lui. Seule Ethel, secrètement amoureuse de Gregor, continue à le défendre devant les hommes. Les idées généreuses de Gregor de faire bénéficier les hommes gratuitement d’une énergie libre ne plaisent pas à Parker, qui finit par rompre son contrat.

Acte IV : Le soir de Noël, les Axelrod attendent Gregor. Celui-ci arrive, disant que sans le soutien financier de Parker, ses affaires vont de plus en plus mal.

Gregor, chez lui, est de plus en plus seul. Ethel vient lui déclarer (enfin) son amour et lui proposer de partir avec lui en Europe, mais Gregor, par fidélité à Norman, refuse sa proposition.

Gregor est désormais sans argent. Il ne vit plus que pour les pigeons qu’il nourrit, ses seuls vrais amis. Ethel vient lui dire une dernière fois son amour avant de le quitter définitivement, mais Gregor n’est déjà plus là pour l’entendre. Il est désormais « ailleurs ».

(Sources principales :

Jean Echenoz, Des Éclairs, roman, éditions de minuit 2010.

Le spectacle de création à l’Opéra comique le 2 novembre 2021, et le programme associé

À l’exception de la première photo, les clichés photographiques sont issus du site de l’opéra Comique et sont sous copyright de Stefan Brion)

Mes opéras préférés, Mythologie

ŒDIPE, d’ENESCO (1931)

C’est en écoutant en 1909 le grand tragédien MOUNET-SULLY à la Comédie-Française interpréter l’Oedipe-roi de SOPHOCLE que Georges ENESCO (1881 – 1955) a l’idée d’écrire son opéra Œdipe. Depuis cette soirée, Enesco restera « comme possédé » par son sujet, qu’il portera plus de vingt ans, de 1909 à 1931.

Le livret est d’Edmond FLEG, un helléniste réputé, et retrace tous les épisodes de la vie d’Œdipe, depuis la faute de son ancêtre Laïos jusqu’à sa retraite dans un lieu caché près d’Athènes.

Œdipe a été créé à l’Opéra de Paris en 1936, et tout de suite reconnu comme une œuvre lyrique majeure du XXe siècle.

Stylistiquement, le langage musical d’Enesco ne doit rien à personne, si ce n’est quelques influences de son ami Maurice RAVEL, notamment dans l’emploi des chœurs.

Le pitch : Victime de la malédiction qui pèse sur les descendants de Laïos, Œdipe subit sa destinée, accumulant les fautes abominables (tuer son père, se marier avec sa mère, être le père de ses frères) tout en restant innocent de ces fautes, puisqu’il cherche toujours à les éviter. Il est le symbole de la fragilité de la destinée humaine face aux arrêts implacables des dieux.

Acte I : À Thèbes, les femmes du palais et les bergers, entourant le grand prêtre, se réjouissent de la naissance du fils de Laïos. Seul le devin Tirésias ne participe pas à la joie générale. En effet, il sait qu’Apollon est apparu à Laïos et lui a défendu d’avoir une postérité, sa race maudite devant s’éteindre avec lui. En concevant avec Jocaste un enfant , il fait porter sur celui-ci le poids de sa faute. Tirésias révèle le destin d’Œdipe, il sera meurtrier de son père, époux de sa mère, frère de ses filles et père de ses frères. Laïos demande à un de ses bergers de conduire le bébé dans une gorge profonde et de le faire mourir.

Enesco Oedipe Acte ICliquez sur l’image

Acte II : Vingt ans plus tard, à Corinthe, Œdipe a été adopté par le roi Polybos et la reine Mérope. Alors qu’il faisait un sacrifice au temple de Delphes, Apollon lui est apparu et lui a révélé son terrible destin. Il veut fuir Polybos et Mérope qu’il croit être ses parents, afin d’y échapper.

Dans sa fuite, il se trouve au croisement de trois chemins. Alors qu’il se demande par où aller, le roi Laïos arrive sur son char. Son cocher fouette Œdipe qui alors abat Laïos d’un coup de massue, puis il tue le guerrier qui accompagnait le roi, ainsi que son cocher.

Œdipe arrive à Thèbes. C’est la nuit et le veilleur veille. Œdipe s’avance, mais le veilleur le prévient que c’est la mort qui l’attend s’il continue son chemin et réveille la sphinge, qui terrorise la ville. Œdipe veut sauver la ville. Il interroge la sphinge qui lui pose son énigme : « qui est plus fort que le destin ? ».

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

Œdipe connaît la réponse, c’est « l’homme ». La sphinge est prise d’un rire incontrôlable et meurt. Le veilleur réveille alors tous les Thébains pour qu’ils se réjouissent et on donne à Œdipe la récompense gagnée pour avoir libéré la ville, la main de la reine Jocaste.

Enesco Oedipe Gloire au roi des Thébaisn acte IICliquez sur l’image

Acte III : Vingt ans plus tard, la ville de Thèbes est ravagée par la peste. Le peuple se désole de tous ces enterrements à répétitions. Œdipe a envoyé à Delphes Créon, le frère de Jocaste, pour consulter l’oracle. Celui-ci revient, pour sauver la ville à nouveau, il faut trouver l’assassin de Laïos, qui se trouve dans la ville. Œdipe déclare qu’il faut trouver le meurtrier, l’exil de la cité sera sa punition. Mais si le meurtrier ne se dénonce pas, Œdipe appelle sur lui la malédiction d’Apollon. On appelle Tirésias. Œdipe le soupçonne, mais le devin retourne l’accusation. Il fait témoigner le berger qui a assisté au meurtre du roi Laïos. Quand le berger décrit le crime, Œdipe reconnaît son histoire. Un héraut de Corinthe, envoyé par Polybos et Mérope, qui souhaitent revoir leur « fils ». Il explique qu’il a substitué leur enfant par un enfant trouvé que le berger n’avait pas eu le courage d’exécuter. À ces mots, Jocaste se pend et Œdipe se crève les yeux.

Acte IV : Près d’Athènes, un chœur de vieillards accompagne Thésée qui va invoquer les dieux dans un bois sacré.

Enesco Oedipe Bienveillantes ! Bienfaisantes !Cliquez sur l’image

Œdipe arrive, guidé par sa fille Antigone. Créon arrive, suppliant Œdipe de revenir à Thèbes. Celui-ci refuse, mais Créon et ses hommes s’emparent d’Antigone. À ce moment, Thésée et les vieillards apparaissent. Antigone l’implore et Thésée prend Œdipe et sa fille sous sa protection. Œdipe, après avoir prouvé son innocence face à un destin injuste, recouvre la vue et disparaît dans une grotte.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris d’octobre 2021, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

DON PASQUALE, de DONIZETTI (1843)

Dernier avatar du bel canto, Don Pasquale de DONIZETTI est une farce créée à Paris en 1843. Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence du cas classique (S+T)/B où une soprano (Norina) et un ténor (Ernesto) s’aiment, mais voient leur amour contrarié par un baryton/basse (Don Pasquale).

Le pitch : Don Pasquale est un vieux barbon qui veut se marier avec une jeune femme, Norina, après avoir déshérité son neveu Ernesto. Le notaire qui rédige le contrat de mariage est en fait un cousin, qui veille sur les amours de Norina et Ernesto. Le faux contrat signé, Norina va rendre la vie impossible à son faux mari, jusqu’à ce que celui-ci soit content d’apprendre qu’il n’est pas vraiment marié.

Acte I : Don Pasquale, un vieux célibataire, se désole de voir son neveu Ernesto préférer une jeune femme sans fortune, Norina, au mariage avantageux qu’il lui propose. Il décide alors de déshériter son neveu et de se marier lui-même. Il demande à Malatesta, son médecin, de lui trouver une femme. Malatesta lui propose Sophronia, sa propre sœur. Sentant monter en lui un feu insolite suite à la description de Malatesta, Don Pasquale laisse éclater sa joie (air : « Un foco insolito »).

Donizetti Don Pasquale Un foco insolitoCliquez sur Don Pasquale

Il convoque alors son neveu pour lui demander une dernière fois d’accepter une jeune fille riche, mais celui-ci refuse à nouveau. Don Pasquale annonce alors à Ernesto qu’alors, c’est lui qui va se marier avec la sœur de Malatesta. Privé d’argent, Ernesto se désole de devoir renoncer à son amour pour Norina (Air [et duo] : « Sogno soave e casto »).

Donizetti Don Pasquale Sogno soave e castoCliquez sur Ernesto

En attendant l’arrivée de Malatesta, Norina lit un roman d’amour qui la fait bien rire. Elle se targue de connaître aussi le secret du regard qui chavire le cœur des hommes (Air : « So anch’io la virtu magica ».)

Donizetti Don Pasquale (Pretty Yende)Cliquez sur Norina

On lui apporte un petit mot de billet de la part d’Ernesto qui l’informe du projet de mariage de Don Pasquale, qui le déshérite. Il veut quitter l’Europe. Heureusement, Malatesta arrive à point nommé pour informer Norina de son plan : il lui demande de jouer le rôle de Sofronia, sa sœur, pour faire un faux mariage devant un faux notaire, mettant ainsi Don Pasquale dans leur poche.

Acte II : Ernesto est prêt à partir et exprime une dernière fois son amour pour Norina (Air : Povero Ernesto).

Donizetti Don Pasquale Povero ErnestoCliquez sur ce pauvre Ernesto

Malatesta arrive avec sa « sœur », voilée, pour la présenter à Don Pasquale. Norina joue la vierge effarouchée, tout juste sortie du couvent pour aguicher son futur mari. Elle fait monter la pression amoureuse et quand enfin, elle ôte son voile, Don Pasquale n’en peut plus, il réclame un notaire immédiatement. (Trio : « Via, da brava ».)

Donizetti Don Pasquale Via da bravaCliquez sur Don Pasquale, Malatesta et Norina/Sofronia

Le docteur, qui avait tout prévu fait entrer son faux notaire. Subjugué, Don Pasquale fait mettre dans le contrat de mariage que Sofronia sera la maîtresse de la maison. Mais sitôt le contrat signé, le caractère de la rouée jeune femme change. Elle repousse Don Pasquale, jugé trop vieux pour l’accompagner en ville, et choisit Ernesto, revenu dire adieu à son oncle, pour l’accompagner. Ernesto comprend alors la ruse des deux compères et s’en réjouit, alors que Malatesta joue les étonnés.

Acte III : Dans la maison de Don Pasquale, ou plutôt de Sofronia, le train de vie a changé qui a embauché de nouveaux serviteurs et achète tout ce dont elle a envie. Don Pasquale n’en peut plus et cherche à la retenir quand elle s’apprête à aller au théâtre.

Dans la dispute qui s’ensuite, Sofronia gifle le pauvre Don Pasquale ! Avant de sortir, elle laisse tomber comme par mégarde un billet d’Ernesto lui fixant un rendez-vous la nuit dans le jardin. Don Pasquale cherche l’avis du docteur sur l’attitude à tenir. Après avoir prévenu Ernesto du rôle qu’il aurait à tenir la nuit, Malatesta suggère à Don Pasqual de surprendre les jeunes gens dans leur rendez-vous galant.

La nuit dans le jardin, Ernesto donne la sérénade à Norina, qui lui répond en duo (Duo : « Tornami a dir che m’ami ».)

Donizetti Don Pasquale Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Norina (en civil)

C’est le moment où Don Pasquale et le docteur surgissent. Ernesto a le temps de se cacher, mais Norina doit répondre aux deux hommes. Malatesta réussit enfin à convaincre que le seul moyen de mettre fin à cette situation est de marier son neveu à sa Norina. (Trio : « Eccoli : attenti ben ».)

Ernesto revient, Norina révèle sa véritable identité, et Malatesta explique la situation à Don Pasquale qui, bon joueur, pardonne et bénit les deux jeunes amoureux.

Donizetti Don Pasquale finalCliquez sur le final

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Mes opéras préférés

LES MAÎTRES-CHANTEURS de NUREMBERG, de WAGNER (1867)

Seule comédie composée par WAGNER, le livret a été composé en 1861 – 1862, et la musique de 1862 à 1867. L’œuvre, Die Meistersinger von Nürnberg en allemand, fut créée à Munich en 1868, et dédiée à Louis II de Bavière. Wagner en avait eu l’idée dès la fin de Tannhaüser, en voulant écrire un pendant comique à son drame.

Wagner a mis dans cet opéra toute sa science de la composition musicale, de la célèbre ouverture qui mêle les 5 thèmes principaux, ou de la 1ère scène où il compose un choral d’église digne de JS.BACH au final ébouriffant du 2e acte, que ROSSINI n’aurait pas désavoué, en passant par de très beaux morceaux pour chœur ou pour les solistes.

Paradoxalement, c’est dans cette comédie que Wagner se fait le plus politique, décrivant ses conceptions de l’art nouveau, capable de transcender les règles léguées par le passé, et les difficultés qu’il y a pour la bourgeoisie d’apprécier ces nouveautés.

Le pitch : Le héros principal de cette comédie est Walther, un jeune homme qui veut participer à un concours de chant (l’action se passe au moyen-âge) pour pouvoir épouser Eva, celle qu’il aime. Pour cela, il doit défendre un art nouveau et spontané en se débarrassant du carcan de la Tradition défendue par la guilde des Maîtres-Chanteurs. Il sera aidé par Hans Sachs, autre grande figure de cet opéra, qui tout en étant gardien des règles, sait qu’elles doivent évoluer.

Ouverture : Cinq leitmotivs sont exposés dans l’ouverture, qui commence par l’exposé du thème lourd et pompeux de la guilde des Maîtres-Chanteurs, suivi du thème léger et tendre de l’amour naissant. Viennent ensuite les thèmes de la bannière des Maîtres, de la passion déclarée et de l’ardeur impatiente. L’ouverture se termine par un mélange des trois thèmes Guilde des Maîtres, Bannière des Maîtres et Passion Déclarée exprimant la fusion de l’art savant mais routinier et d’un art nouveau et spontané.

Wagner les Maîtres-chanteurs ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : À l’église Sainte-Catherine, c’est la fin de la messe. Alors que les fidèles chantent un choral, Walther, qui a eu l’occasion de rencontrer Eva chez son père Pogner, cherche à capter le regard de celle-ci. Quand le choral est terminé, il discute avec elle, voulant savoir si elle est déjà fiancée. Magdalena, la nourrice d’Eva, lui apprend que oui, mais que le fiancé n’est pas encore connu. En effet, la main d’Eva sera le prix du concours de chant qui doit avoir lieu le lendemain.

Après la messe, les apprentis préparent le lieu du concours. David, amoureux de Magdalena et apprenti du maître cordonnier Hans Sachs, essaie d’expliquer à Walther les règles du chant. Il fait la comparaison entre son apprentissage de cordonnier et son apprentissage du chant avec toutes les règles qu’il faut connaître et appliquer.

Alors que les apprentis ont fini de dresser la scène, Pogner arrive avec le greffier Beckmesser. Pogner explique qu’il a ajouté une clause au concours, laissant libre choix à sa fille d’accepter le vainqueur du concours comme mari. Cette clause inquiète Beckmesser qui a des vues sur Eva. Walther s’adresse à Pogner, il veut devenir Maître-Chanteur. Quand tous les Maîtres-Chanteurs sont arrivés, leur réunion peut commencer. Hans Sachs propose de joindre le jugement du peuple à celui des Maîtres. Une discussion s’amorce entre les tenants de la tradition qu’ils défendent et le goût du peuple, qui n’a pas été formé aux règles académiques. Pogner annonce à l’assemblée qu’il y a un candidat pour devenir Maître. Interrogé sur sa formation de poète et de musicien, Walther raconte qu’il a appris la poésie dans un livre ancien, et la musique en écoutant les chants de la nature.

Wagner les Maîtres-chanteurs Am stillen Herd (Walter acte I)Cliquez sur Walter

La discussion entre tradition et nouveauté reprend de plus belle. Walther va chanter. Beckmesser tiendra le marquoir. C’est une ardoise sur laquelle il écrit les fautes commises par les candidats. Au-delà de sept fautes, la candidature sera rejetée. Walther commence son chant, mais on entend Beckmesser dans sa loge cribler l’ardoise de coups de craie rageurs. Quand l’ardoise est pleine, il interrompt le chant.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser Walther acte ICliquez sur l’image

Les Maîtres-Chanteurs sont d’accord : le chant de Walther n’obéit pas aux règles établies. Seul Hans Sachs a su entendre, au-delà des fautes formelles, les qualités présentes dans le chant de Walther. Il demande que Walther puisse terminer son chant. Pendant que Walther reprend, Beckmesser annonce les fautes, et les Maîtres-Chanteurs les constatent. À la fin, ils refusent l’entrée de Walther dans leur guilde.

Acte II : Devant l’atelier de Hans Sachs et la maison de Pogner, les apprentis ferment les volets de leurs maîtres. Magdalena demande à David comment s’est déroulée l’épreuve de Walther. Quand elle apprend qu’il a raté son concours, elle rentre chez elle fâchée, laissant David seul. Les apprentis forment une ronde moqueuse autour de lui. Hans Sachs sort de son atelier et fait rentrer David.

Pogner et Eva reviennent de leur promenade du soir et rentrent chez eux. Sachs repense au chant de Walther, si beau malgré ses fautes. Eva ressort et cherche à savoir comment s’est passée l’épreuve. Sachs répond que le manque de qualité du chant de Walther ne lui a pas permis de passer l’épreuve, ce qu’Eva prend pour une critique. Magdalena ressort pour lui demander de la part de son père de rentrer, et l’informe que Beckmesser a prévu de lui donner la sérénade cette nuit. Eva demande à Magdalena de prendre sa place à la fenêtre. Walther arrive à son tour. Eva lui déclare son amour mais Walther reconnaît qu’ayant échoué, il ne peut prétendre à la main d’Eva. Ils projettent de s’enfuir quand au loin, on entend la trompe du veilleur de nuit.

Après le passage du veilleur, Beckmesser arrive pour sa sérénade. Sachs qui travaillait sur le pas de sa porte se met à taper sur la semelle de la chaussure en chantant à pleine voix. Beckmesser essaie de le faire taire, mais la fenêtre d’Eva s’ouvre. Finalement, Sachs accepte de laisser Beckmesser chanter, mais il marquera les fautes en tapant sur la semelle. Furieux, Beckmesser a mal accordé son luth, et quand il entame son chant, celui-ci est rythmé par les coups de marteau de Sachs. Beckmesser, énervé, chante de plus en plus fort. Entendant du bruit, les voisins paraissent à leurs fenêtres et descendent dans la rue. David, reconnaissant Magdalena à la fenêtre, et croyant que Beckmesser lui donne la sérénade, saute dans la rue, brise le luth de son « rival » et ils commencent à se battre. Les voisins en font autant. Les apprentis, puis les compagnons arrivent aussi, et le charivari se généralise. Les femmes criant « au feu » jettent de l’eau sur les belligérants. Quand on entend la trompe du veilleur de nuit, tout le monde rentre chez soi et Sachs fait entrer Walther chez lui. Quand le veilleur de nuit arrive sur la place pour annoncer onze heures, la scène est vide.

Wagner les Maîtres-chanteurs final acte IICliquez sur l’ébouriffant final de l’acte 2

Acte III : Dans son atelier, Sachs discute avec David de la folle soirée de la veille. David pense que Sachs veut remporter le concours de chant pour épouser Eva. En fait, Sachs veut favoriser le sort des deux jeunes gens. Walther arrive, après une bonne nuit passée chez Sachs, pendant laquelle il a fait un songe. Sachs lui dit qu’il a apprécié son chant, même s’il fait peur aux gardiens de la tradition. Pour aider Walther, il lui demande de lui dicter son rêve. Tout en écrivant, il donne des conseils à Walther sur l’art de composer son poème. Quand ils ont fini, ils vont s’habiller pour la cérémonie. Beckmesser, voyant l’atelier vide, s’avance. Il trouve le chant d’amour écrit par Sachs mais, entendant du bruit, le cache dans sa poche. Sachs entre dans l’atelier et se moque de l’aventure subie la nuit précédente par Beckmesser. Beckmesser, furieux, accuse Sachs de vouloir concourir contre lui. Face aux dénégations de Sachs, il sort de sa poche le poème écrit de la main de Sachs. Celui-ci continue à nier vouloir chanter, et va jusqu’à offrir son manuscrit au greffier, qui n’en revient pas.

Beckmesser parti, Eva arrive, vêtue de ses plus beaux atours. Elle se plaint de ses chaussures qui la blessent. Sachs va les réparer. Il feint de ne pas voir David entrer, et se met à chanter la chanson de Walther, en se demandant qui chantera le troisième couplet. Walther enchaîne alors la suite de sa chanson. Sachs reconnaît que c’est là un chant de Maître. Eva, comprenant ce que Sachs a fait pour eux, tombe dans les bras de Sachs en pleurant, tandis que Walther s’approche de lui pour lui serrer la main. David et Magdalena entrent à leur tour, et tous se mettent à chanter pour le succès espéré de David (Quintette).

Wagner les Maîtres-chanteurs quintett Selig, wir die Sonne (quintette acte III)Cliquez sur le quintette

Sur la plaine, les apprentis accueillent les bourgeois des corporations, et les conduisent à leur place pour le concours. Enfin, les Maîtres-chanteurs arrivent en cortège jusqu’à l’estrade. Quand Sachs s’installe, la foule se met à chanter un chant qu’il avait composé autrefois.

Wagner les Maîtres-chanteurs entrée des maîtres acte IIICliquez sur l’image

Ému, Sachs les remercie et lance le concours. Il demande que tout poète ait le droit de concourir librement, puis Sachs désigne Beckmesser pour commencer l’épreuve. Celui-ci, n’ayant pas retenu les paroles, s’embrouille, se trompe, et finit sous les lazzis de la foule. Furieux, Beckmesser prétend que les paroles sont de Sachs.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser acte IIICliquez sur Sixtus Beckmesser

Sachs révèle alors que le poème est de Walther, mais qu’il a été massacré par Beckmesser. Il donne alors la parole à Walther. Tout le monde écoute avec émotion et à la fin, le peuple demande que Walther remporte le prix, ce que les Maîtres-Chanteurs acceptent. Ils veulent le nommer Maître, mais Walther refuse. Sachs lui fait savoir qu’il serait orgueilleux de refuser. Eva pose la couronne de vainqueur sur le front de Hans Sachs, et, avec Walther, l’entoure. Tout le monde félicite Sachs pour sa sagesse.

(Source principale : l’indispensable « Voyage artistique à Bayreuth » d’Albert LAVIGNAC, librairie Ch. Delagrave, deuxième édition (1898), et comme vous avez de la chance, ce livre est disponible en livre de poche.)

Mes opéras préférés

SIMON BOCCANEGRA, de VERDI (1857, puis 1881)

Simon Boccanegra répond à une commande du théâtre la Fenice de Venise à VERDI, composé sur un livret du fidèle PIAVE, avec qui Verdi avait déjà collaboré pour Macbeth, Rigoletto et la Traviata. Sa création en 1857 est un échec, que le temps ne gommera pas. En 1880, Verdi reprend sa partition, en confiant à un autre de ses librettistes, BOÏTO le soin de rééquilibrer l’argument, quelque peu boiteux de l’aveu même de Verdi. Cette nouvelle version est donnée à la Scala de Milan en 1881, et rencontre cette fois les faveurs du public. Il retravaillera avec Boïto pour ses deux derniers chefs-d’œuvre que sont Otello et Falstaff.

Comme pour la Force du Destin (La Forza del destino), Verdi a su transcender les « faiblesses » du livret, pour nous offrir une partition toujours lyrique et chantante.

Le pitch : À Gênes au XIVe siècle, la jeune Amelia Grimaldi aime Gabriele Adorno. Simon Boccanegra, le doge de Gênes cherche à marier Amelia avec son ami Paolo. Face à ce danger, Gabriele demande à Andrea, le tuteur d’Amelia, de favoriser leur union. Mais quand Simon vient demander la main d’Amelia pour Paolo, il appert que celle-ci est Maria, la fille de Simon, et la petite-fille de Jacopo Fiesco, qui se fait maintenant appeler Andrea et qui était l’ennemi de Simon 25 ans plus tôt (j’espère que vous suivez parce que je ne le répéterai pas). Après un enlèvement de Maria/Amelia, Simon oblige Paolo à maudire le coupable du forfait, mais comme c’était Paolo le coupable, il se maudit donc lui-même. Paolo réussit à empoisonner Simon avant que de mourir sur l’échafaud. Avant de mourir, Simon bénit le mariage d’Amelia et de Gabriele, désignant ce dernier comme successeur en tant que doge. (Oui, je sais c’est un peu long pour un pitch, mais c’est pas ma faute si cette histoire est acadabrantesque !)

PROLOGUE : Les patriciens et les plébéiens se disputent le pouvoir à Gênes. Les plébéiens, menés par Paolo et Pietro, veulent faire élire Simon Boccanegra comme doge de Gênes. Celui-ci accepte, pensant que ce titre lui donnerait du poids pour obtenir la main de Maria, la fille du patricien Jacopo Fiesco. En effet, Simon aime Maria, la fille de Jacopo, et de cet amour est née une fille. Depuis, Jacopo séquestre sa fille dans son palais. Lors d’une rencontre entre Simon et Jacopo, ce dernier réclame l’enfant de sa fille, et Simon doit avouer que la petite fille a été enlevée. Fiesco laisse alors Simon entrer dans son palais, où il découvre le cercueil de Maria.

Acte I : Vingt-cinq ans plus tard, dans le palais des Grimaldi, une famille noble tombée en disgrâce pour avoir comploté contre le doge (Simon), Amelia Grimaldi attend son amoureux, Gabriele Adorno. (Air : « Come in quest’ora bruna »)

Verdi Simon Boccanegra Come in quest'ora bruneCliquez sur Amelia

Ayant appris que Simon veut la marier avec son ami Paolo, Gabriela demande à Andrea, le tuteur d’Amelia, de bénir leur union. Celui-ci est en fait Jacopo, qui se cache sous ce faux nom.

Quand Simon vient demander à Amelia sa main pour Paolo, elle lui révèle alors qu’elle n’est pas une Grimaldi, mais qu’elle a été recueillie par cette famille. Elle lui montre un médaillon de sa mère, où Simon reconnaît son amour de jeunesse. Amelia est donc sa petite-fille ! Il ne veut plus contraindre Amelia à un mariage dont elle ne veut pas, ce qui provoque la hargne et le courroux de l’ambitieux Paolo.

Verdi Simon Boccanegra Duo Amelia Simon 1er acteCliquez sur Amelia et Simon

Gabriele et Andrea se présentent devant Simon pour lui annoncer qu’Amelia a été enlevée (encore une fois !) Gabriele, pensant que Simon est à l’origine de ce rapt, lève son épée contre le doge, mais Amelia, ayant réussi à s’échapper, revient. Alors que patriciens et plébéiens s’accusent de l’enlèvement, Simon demande à Paolo de maudire avec lui l’auteur du rapt, et fait mettre en prison Gabriele et Andrea.

Verdi Simon Boccanegra Plebe ! Patrizi !Cliquez sur Simon

Acte II : Paolo poussé par sa haine verse du poison dans le verre de Simon. Il libère Gabriele et Andrea, et leur demande de tuer le doge. Pour s’assurer de la complicité de Gabriele, il lui fait croire que Simon est l’amant d’Amelia. Fou de jalousie, Gabriele veut se venger d’Amelia et de Simon.

Verdi Simon Boccanegra Cielo pietoso, rendilaCliquez sur Gabriele

Après une rencontre entre Amelia et Gabriele, le doge arrive. Gabriele se cache et Amelia avoue à Simon que l’élu de son cœur est Gabriele, l’ennemi de son père. Fatigué, le doge boit son verre et s’assoupit. Alors que Gabriele s’apprête à le frapper dans son sommeil, Amelia arrive, et lui révèle que Simon est son père. Dehors, une émeute fomentée par les patriciens éclate. Gabriele se joint alors aux troupes du doge pour sauver le palais.

Acte III : La rébellion a échoué. Simon pardonne aux meneurs, sauf à Paolo qui sera exécuté. Sur le chemin de l’échafaud, Paolo révèle à Andrea que Simon est empoisonné et mourant. Fort de sa haine, Fiesco (Andrea) se présente devant Simon sous sa véritable identité, mais Simon le conduit vers Amelia, lui révélant qu’elle est sa petite fille. Simon et Fiesco se réconcilient alors.

Verdi Simon Boccanegra Piango perche mi parlaCliquez sur Simon et Fiesco

Avant de mourir, Simon a encore le temps de bénir l’union d’Amelia et Gabriele, et laisser la place de doge à ce dernier.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2018, et le programme de ce spectacle.)

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Maria Callas, Mes opéras préférés

PAILLASSE (PAGLIACCI), de LEONCAVALLO (1892)

Opéra vériste de LEONCAVALLO, créé en 1892 à Milan. Leoncavallo a écrit lui-même le livret de son opéra, d’après un fait divers qui l’avait marqué.

Ce court opéra (environ 1 h 15 min) est souvent donné avec un autre opéra, par exemple Cavalleria Rusticana de MASCAGNI.

Son classement dans la typologie de G.B. SHAW est un peu particulier puisque nous avons ici un type (S+T/T+B) (une soprano [Nedda] et un ténor [Silvio] s’aiment alors qu’un ténor [Canio] et un baryton [Tonio] cherchent à les empêcher.)

Le pitch : Drame de la jalousie dans un cirque. Nedda trompe son mari Canio. Le soir, ils rejouent leur vie sur scène, où Colombine (Nedda) trompe son mari Paillasse (Canio). Jaloux, Canio tue sa femme.

Prologue : Tonio apparaît devant le rideau. Il explique qu’il fait revivre la tradition du théâtre antique, en présentant dans le prologue ce qui va se passer. Dans un véritable manifeste du vérisme, il nous prévient que l’auteur va présenter une tranche de vie réelle (Air : « Un nido de memorie »).

Leoncavallo PAillasse (Pagliacci) Un nido di memorieCliquez sur le prologue

Acte I : Sur la place du village, la foule (avec chœur d’enfants carmennien !) attend la parade du cirque, qui donnera une représentation le soir. On attend surtout Paillasse, le « roi des clowns ». Canio, le directeur fait la pub pour le spectacle du soir. Il empêche Tonio de tourner autour de Nedda, sa jeune femme. Avant de partir prendre un verre, il prévient d’un ton menaçant qu’il ne faut pas jouer à ce jeu-là avec lui, que le théâtre et la vraie vie ne sont pas la même chose, et que si Nedda le trompait, ça se terminerait mal. Nedda, troublée, se demande si son mari se doute de quelque chose. La parade du cirque s’avance vers l’église et Nedda, restée seule, pense à la menace proférée par Canio (air : « Qual fiamma avea nel guardo »), mais ne veut pas céder à la peur de son mari jaloux.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Quel fiamma avea nel guardoCliquez sur Nedda

Elle se rappelle le chant des oiseaux, chantant la liberté de voler (Air : « Stridone lassu »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Stridono lassuCliquez encore sur Nedda

Tonio, revenu, dit qu’il a été attiré par son chant. Il sait qu’il est laid et difforme, mais il n’en a pas moins un cœur, comme tout le monde. Nedda repousse ses avances, lui disant de les réserver pour le spectacle du soir, mais comme il insiste, elle le blesse en se défendant. Il sort et Silvio, l’amant de Nedda entre. Nedda lui dit que Tonio devient dangereux, qu’il l’a agressée en lui déclarant son amour. Silvio demande à Nedda de se décider, et de rester au village avec lui quand le cirque repartira. Nedda hésite, mais Silvio lui demande pourquoi elle l’a séduit, lui rappelant les bons moments passés ensemble (Air : « E allor perché »). Silvio se laisse convaincre (Duo : « Tutto scordiam ») et ils s’embrassent.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Duo Nedda SilvioCliquez sur Nedda et Silvio

Tonio, revenu, les surprend et appelle Canio. Silvio s’enfuit, et Canio exige de savoir avec qui était sa femme, mais Nedda refuse de répondre. Tonio calme Canio, lui rappelant que le spectacle doit commencer. Canio se résout à jouer la comédie et enfile son costume de scène (Air : « Vesti la giubba »). Le clown doit rire (Air : « Ridi, Pagliaccio »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Vesti la giubbaCliquez sur Canio

Acte II : La foule arrive et le spectacle va commencer. Colombine (Nedda) annonce que Paillasse (Canio) ne rentrera que tard ce soir. Elle attend Arlequin. Celui-ci arrive en lui chantant une sérénade (Air : « Oh Colombina »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) O ColombinaCliquez sur Arlequin

Taddeo (Tonio) arrive et lui déclare son amour, mais Colombine n’a que mépris pour lui. Arlequin entre, et ils s’apprêtent à dîner, mais Paillasse arrive plus tôt que prévu. Arlequin s’esquive, en laissant un somnifère à Colombine pour endormir son mari et protéger leur fuite. Paillasse veut savoir qui était avec Colombine, rejouant ainsi sur scène son drame dans la vie réelle, au point que Canio, furieux, ne veut plus jouer ce rôle de clown que sa femme trompe (Air : « No, Pagliaccio non son ! »), lui rappelant tout ce qu’il a fait pour elle, mais elle le nargue. Canio tue sa femme, qui meurt en appelant Silvio au secours. Canio tue alors Silvio qui s’était avancé.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) No, pagliaccio non sonCliquez sur Canio qui ne veut plus jouer le rôle de Paillasse

La comedia e finita.

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Mes opéras préférés

LES HUGUENOTS, de MEYERBEER (1836)

Archétype du GOF, le Grand Opéra à la Française, les Huguenots est un opéra de MEYERBEER datant de 1836, sur un livret de l’incontournable SCRIBE, écrit d’après les Chroniques du règne de Charles IX, de Prosper MÉRIMÉE. L’action se passe à la cour, dans les jours qui précèdent le Massacre de la Saint-Barthélemy.

Meyerbeer, qui a sa plaque de rue dans le quartier de l’opéra à côté de celle d’HALÉVY, a eu une influence durable sur l’opéra français, de BERLIOZ à GOUNOD, voire jusqu’à BIZET.

Le pitch : Roméo et Juliette (Raoul et Valentine) entre un protestant et une catholique, à l’époque du massacre de la Saint Barthélemy.

Ouverture : Meyerbeer s’est servi pour l’ouverture d’un choral de Martin LUTHER, « Ein feste Burg ist unser Gott », choral que l’on retrouve ensuite, par exemple dans l’air du protestant Marcel.

Meyerbeer les huguenots ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Le comte de Nevers et ses amis catholiques font la fête dans son château tourangeau. Nevers a invité un de ses amis protestants, Raoul, à se joindre à eux. Raoul raconte qu’il a eu l’occasion de sauver une belle inconnue, dont il est tombé immédiatement amoureux. (Air: « Plus blanche que la blanche hermine ».

Meyerbeer les huguenots plus blanche que la blanche hermineCliquez sur Raoul

Marcel, le serviteur de Raoul, ne voit pas d’un bon œil son maître « pactiser » avec les catholiques, et entonne un air de guerre protestant. (Air : « Piff, paff, pouff ».) (Quand j’ai entendu cet air à l’opéra de Paris en 2018, je l’ai intégré en rentrant à mon billet sur les onomatopées.)

Meyerbeer les huguenots pif paf poufCliquez sur Piff paff pouff

Une jeune femme arrive qui demande à parler à Nevers en privé. Raoul reconnaît sa belle inconnue. Il s’agit de Valentine, belle comme une peinture, fiancée à Nevers et venant lui annoncer sa rupture. Raoul pense qu’il s’agit d’une des nombreuses conquêtes de Nevers.

Urbain, un jeune page, apporte une lettre à Raoul lui demandant de se laisser conduire en un lieu secret. Toute l’assemblée, sauf Raoul, reconnaît sur la lettre le sceau de Marguerite de Valois.

Meyerbeer les huguenots une dame noble et sageCliquez sur Urbain

Acte II : Marguerite de Valois se trouve dans le parc du château de Chenonceau avec ses suivantes. (Air: « Ô beau pays de la Touraine ».)

Meyerbeer les huguenots Ô beau pays de la TouraineCliquez sur Valentine

Valentine, sa demoiselle d’honneur préférée lui apprend qu’elle aime un huguenot et qu’elle a rompu ses fiançailles avec Nevers. Marguerite, qui veut rapprocher catholiques et protestants, lui promet d’essayer de favoriser son mariage. Quand on amène Raoul, Valentine, intimidée, s’enfuit. Raoul est frappé par la beauté de Marguerite et jure de lui obéir.

La noblesse du pays arrive, dont Nevers et Saint-Bris, le père de Valentine. Marguerite réussit à convaincre celui-ci de marier sa fille à Raoul. Quand les deux jeunes gens se rencontrent enfin, ils se reconnaissent, mais Raoul, toujours sur sa funeste illusion, refuse le mariage, provoquant la consternation générale.

Acte III : Quelques jours plus tard, à Paris. On entend le chœur des huguenots auquel répond le chœur des jeunes filles catholiques sur le chemin de Valentine et Nevers qui s’apprêtent pour leur mariage. Les deux chœurs finissent par se superposer dans un effet saisissant dont saura se souvenir Berlioz dans sa Damnation de Faust (Double chœur des étudiants et des soldats qui se croisent sur la scène.)

Meyerbeer les huguenots Vierge Marie vs RataplanCliquez sur l’image

Marcel vient prévenir Saint-Bris, qui les accompagnait, que Raoul le provoque en duel. Un gentilhomme catholique conseille à Saint-Bris de faire assassiner Raoul pour s’en débarrasser. Valentine, qui a entendu, demande à Marcel d’aller prévenir son maître.

À la nuit tombée Raoul, Saint-Bris et leurs témoins se retrouvent pour le duel. Marcel essaye de prévenir Raoul du piège qui lui est tendu, mais celui-ci ne peut y croire. (Septuor du duel : « En mon bon droit faisons confiance ».)

Meyerbeer les huguenots Septuor du duelCliquez sur l’image

Quand les catholiques arrivent, Marcel appelle des huguenots en train de boire dans un cabaret proche pour qu’ils défendent Raoul. (Chœur : « Rataplan, plan, plan ».)

Meyerbeer les huguenots C'est le jour RataplanCliquez sur l’image

La tension entre les deux camps est extrême quand Marguerite de Valois survient et interrompt le début du combat. Elle dissipe le malentendu de Raoul, qui se rend compte alors que Valentine vient de lui sauver la vie. Mais trop tard, Nevers vient la chercher pour se rendre au banquet de leurs noces.

Acte IV : Valentine est chez elle. Elle regrette son mariage et demande à Dieu de lui apporter l’oubli. Raoul se présente pour lui demander pardon. Quand Nevers et Saint-Bris arrivent à leur tour, Raoul a tout juste le temps de se cacher.

Les catholiques se réunissent pour sceller le sort des huguenots en déclenchant la nuit de la Saint-Barthelémy. Nevers refusant de participer est mis aux arrêts. Trois moines bénissent les poignards, demandant aux catholiques de massacrer un maximum de protestants. (Bénédiction des poignards : « Gloire, gloire au grand dieu vengeur ».)

Meyerbeer les huguenots Gloire, gloire au grand dieu vengeurCliquez sur l’image

Une fois les conspirateurs sortis, Raoul sort de sa cachette. Il veut aller prévenir ses amis quand Valentine essaie de le retenir, lui avouant son amour. Il la repousse pour aller défendre les siens. (Duo : « Ô ciel, où courez-vous ? »)

Meyerbeer les huguenots duo acte IV Où courez-vous, RaoulCliquez sur le duo de l’acte IV

Acte V : Raoul, couvert de sang, fait irruption dans la fête du mariage entre Marguerite de Valois et Henry de Navarre. Raoul avertit les chefs huguenots du massacre qui a commencé à l’extérieur.

Raoul et Marcel se sont réfugiés dans un cimetière protestant. Valentine arrive. Nevers est mort et elle est donc libre d’épouser Raoul. Elle demande à Raoul de se convertir au catholicisme, ce qu’il refuse. Valentine décide alors de se convertir, elle, au protestantisme et de mourir aux côtés de Raoul. Les catholiques envahissent le cimetière et le massacre commence.

Un peu plus tard, sur les quais de Seine, Raoul gravement blessé est aidé par Valentine et Marcel. Saint-Bris arrive et, reconnaissant des huguenots, ordonne à sa troupe de tirer. Il est trop tard quand il se rend compte qu’il vient de faire tuer sa fille.

Le massacre continue jusqu’au matin.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Paris en 2018, et le programme de ce spectacle)

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