Mes opéras préférés, Mythologie

ŒDIPE, d’ENESCO (1931)

C’est en écoutant en 1909 le grand tragédien MOUNET-SULLY à la Comédie-Française interpréter l’Oedipe-roi de SOPHOCLE que Georges ENESCO (1881 – 1955) a l’idée d’écrire son opéra Œdipe. Depuis cette soirée, Enesco restera « comme possédé » par son sujet, qu’il portera plus de vingt ans, de 1909 à 1931.

Le livret est d’Edmond FLEG, un helléniste réputé, et retrace tous les épisodes de la vie d’Œdipe, depuis la faute de son ancêtre Laïos jusqu’à sa retraite dans un lieu caché près d’Athènes.

Œdipe a été créé à l’Opéra de Paris en 1936, et tout de suite reconnu comme une œuvre lyrique majeure du XXe siècle.

Stylistiquement, le langage musical d’Enesco ne doit rien à personne, si ce n’est quelques influences de son ami Maurice RAVEL, notamment dans l’emploi des chœurs.

Le pitch : Victime de la malédiction qui pèse sur les descendants de Laïos, Œdipe subit sa destinée, accumulant les fautes abominables (tuer son père, se marier avec sa mère, être le père de ses frères) tout en restant innocent de ces fautes, puisqu’il cherche toujours à les éviter. Il est le symbole de la fragilité de la destinée humaine face aux arrêts implacables des dieux.

Acte I : À Thèbes, les femmes du palais et les bergers, entourant le grand prêtre, se réjouissent de la naissance du fils de Laïos. Seul le devin Tirésias ne participe pas à la joie générale. En effet, il sait qu’Apollon est apparu à Laïos et lui a défendu d’avoir une postérité, sa race maudite devant s’éteindre avec lui. En concevant avec Jocaste un enfant , il fait porter sur celui-ci le poids de sa faute. Tirésias révèle le destin d’Œdipe, il sera meurtrier de son père, époux de sa mère, frère de ses filles et père de ses frères. Laïos demande à un de ses bergers de conduire le bébé dans une gorge profonde et de le faire mourir.

Enesco Oedipe Acte ICliquez sur l’image

Acte II : Vingt ans plus tard, à Corinthe, Œdipe a été adopté par le roi Polybos et la reine Mérope. Alors qu’il faisait un sacrifice au temple de Delphes, Apollon lui est apparu et lui a révélé son terrible destin. Il veut fuir Polybos et Mérope qu’il croit être ses parents, afin d’y échapper.

Dans sa fuite, il se trouve au croisement de trois chemins. Alors qu’il se demande par où aller, le roi Laïos arrive sur son char. Son cocher fouette Œdipe qui alors abat Laïos d’un coup de massue, puis il tue le guerrier qui accompagnait le roi, ainsi que son cocher.

Œdipe arrive à Thèbes. C’est la nuit et le veilleur veille. Œdipe s’avance, mais le veilleur le prévient que c’est la mort qui l’attend s’il continue son chemin et réveille la sphinge, qui terrorise la ville. Œdipe veut sauver la ville. Il interroge la sphinge qui lui pose son énigme : « qui est plus fort que le destin ? ».

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

Œdipe connaît la réponse, c’est « l’homme ». La sphinge est prise d’un rire incontrôlable et meurt. Le veilleur réveille alors tous les Thébains pour qu’ils se réjouissent et on donne à Œdipe la récompense gagnée pour avoir libéré la ville, la main de la reine Jocaste.

Enesco Oedipe Gloire au roi des Thébaisn acte IICliquez sur l’image

Acte III : Vingt ans plus tard, la ville de Thèbes est ravagée par la peste. Le peuple se désole de tous ces enterrements à répétitions. Œdipe a envoyé à Delphes Créon, le frère de Jocaste, pour consulter l’oracle. Celui-ci revient, pour sauver la ville à nouveau, il faut trouver l’assassin de Laïos, qui se trouve dans la ville. Œdipe déclare qu’il faut trouver le meurtrier, l’exil de la cité sera sa punition. Mais si le meurtrier ne se dénonce pas, Œdipe appelle sur lui la malédiction d’Apollon. On appelle Tirésias. Œdipe le soupçonne, mais le devin retourne l’accusation. Il fait témoigner le berger qui a assisté au meurtre du roi Laïos. Quand le berger décrit le crime, Œdipe reconnaît son histoire. Un héraut de Corinthe, envoyé par Polybos et Mérope, qui souhaitent revoir leur « fils ». Il explique qu’il a substitué leur enfant par un enfant trouvé que le berger n’avait pas eu le courage d’exécuter. À ces mots, Jocaste se pend et Œdipe se crève les yeux.

Acte IV : Près d’Athènes, un chœur de vieillards accompagne Thésée qui va invoquer les dieux dans un bois sacré.

Enesco Oedipe Bienveillantes ! Bienfaisantes !Cliquez sur l’image

Œdipe arrive, guidé par sa fille Antigone. Créon arrive, suppliant Œdipe de revenir à Thèbes. Celui-ci refuse, mais Créon et ses hommes s’emparent d’Antigone. À ce moment, Thésée et les vieillards apparaissent. Antigone l’implore et Thésée prend Œdipe et sa fille sous sa protection. Œdipe, après avoir prouvé son innocence face à un destin injuste, recouvre la vue et disparaît dans une grotte.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris d’octobre 2021, et le programme associé.)

Mes opéras préférés

DON PASQUALE, de DONIZETTI (1843)

Dernier avatar du bel canto, Don Pasquale de DONIZETTI est une farce créée à Paris en 1843. Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici en présence du cas classique (S+T)/B où une soprano (Norina) et un ténor (Ernesto) s’aiment, mais voient leur amour contrarié par un baryton/basse (Don Pasquale).

Le pitch : Don Pasquale est un vieux barbon qui veut se marier avec une jeune femme, Norina, après avoir déshérité son neveu Ernesto. Le notaire qui rédige le contrat de mariage est en fait un cousin, qui veille sur les amours de Norina et Ernesto. Le faux contrat signé, Norina va rendre la vie impossible à son faux mari, jusqu’à ce que celui-ci soit content d’apprendre qu’il n’est pas vraiment marié.

Acte I : Don Pasquale, un vieux célibataire, se désole de voir son neveu Ernesto préférer une jeune femme sans fortune, Norina, au mariage avantageux qu’il lui propose. Il décide alors de déshériter son neveu et de se marier lui-même. Il demande à Malatesta, son médecin, de lui trouver une femme. Malatesta lui propose Sophronia, sa propre sœur. Sentant monter en lui un feu insolite suite à la description de Malatesta, Don Pasquale laisse éclater sa joie (air : « Un foco insolito »).

Donizetti Don Pasquale Un foco insolitoCliquez sur Don Pasquale

Il convoque alors son neveu pour lui demander une dernière fois d’accepter une jeune fille riche, mais celui-ci refuse à nouveau. Don Pasquale annonce alors à Ernesto qu’alors, c’est lui qui va se marier avec la sœur de Malatesta. Privé d’argent, Ernesto se désole de devoir renoncer à son amour pour Norina (Air [et duo] : « Sogno soave e casto »).

Donizetti Don Pasquale Sogno soave e castoCliquez sur Ernesto

En attendant l’arrivée de Malatesta, Norina lit un roman d’amour qui la fait bien rire. Elle se targue de connaître aussi le secret du regard qui chavire le cœur des hommes (Air : « So anch’io la virtu magica ».)

Donizetti Don Pasquale (Pretty Yende)Cliquez sur Norina

On lui apporte un petit mot de billet de la part d’Ernesto qui l’informe du projet de mariage de Don Pasquale, qui le déshérite. Il veut quitter l’Europe. Heureusement, Malatesta arrive à point nommé pour informer Norina de son plan : il lui demande de jouer le rôle de Sofronia, sa sœur, pour faire un faux mariage devant un faux notaire, mettant ainsi Don Pasquale dans leur poche.

Acte II : Ernesto est prêt à partir et exprime une dernière fois son amour pour Norina (Air : Povero Ernesto).

Donizetti Don Pasquale Povero ErnestoCliquez sur ce pauvre Ernesto

Malatesta arrive avec sa « sœur », voilée, pour la présenter à Don Pasquale. Norina joue la vierge effarouchée, tout juste sortie du couvent pour aguicher son futur mari. Elle fait monter la pression amoureuse et quand enfin, elle ôte son voile, Don Pasquale n’en peut plus, il réclame un notaire immédiatement. (Trio : « Via, da brava ».)

Donizetti Don Pasquale Via da bravaCliquez sur Don Pasquale, Malatesta et Norina/Sofronia

Le docteur, qui avait tout prévu fait entrer son faux notaire. Subjugué, Don Pasquale fait mettre dans le contrat de mariage que Sofronia sera la maîtresse de la maison. Mais sitôt le contrat signé, le caractère de la rouée jeune femme change. Elle repousse Don Pasquale, jugé trop vieux pour l’accompagner en ville, et choisit Ernesto, revenu dire adieu à son oncle, pour l’accompagner. Ernesto comprend alors la ruse des deux compères et s’en réjouit, alors que Malatesta joue les étonnés.

Acte III : Dans la maison de Don Pasquale, ou plutôt de Sofronia, le train de vie a changé qui a embauché de nouveaux serviteurs et achète tout ce dont elle a envie. Don Pasquale n’en peut plus et cherche à la retenir quand elle s’apprête à aller au théâtre.

Dans la dispute qui s’ensuite, Sofronia gifle le pauvre Don Pasquale ! Avant de sortir, elle laisse tomber comme par mégarde un billet d’Ernesto lui fixant un rendez-vous la nuit dans le jardin. Don Pasquale cherche l’avis du docteur sur l’attitude à tenir. Après avoir prévenu Ernesto du rôle qu’il aurait à tenir la nuit, Malatesta suggère à Don Pasqual de surprendre les jeunes gens dans leur rendez-vous galant.

La nuit dans le jardin, Ernesto donne la sérénade à Norina, qui lui répond en duo (Duo : « Tornami a dir che m’ami ».)

Donizetti Don Pasquale Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Norina (en civil)

C’est le moment où Don Pasquale et le docteur surgissent. Ernesto a le temps de se cacher, mais Norina doit répondre aux deux hommes. Malatesta réussit enfin à convaincre que le seul moyen de mettre fin à cette situation est de marier son neveu à sa Norina. (Trio : « Eccoli : attenti ben ».)

Ernesto revient, Norina révèle sa véritable identité, et Malatesta explique la situation à Don Pasquale qui, bon joueur, pardonne et bénit les deux jeunes amoureux.

Donizetti Don Pasquale finalCliquez sur le final

Et si vous voulez un petit plus, cliquez donc sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez donc sur le cadeau bonus si vous voulez un petit plus

Mes opéras préférés

LES MAÎTRES-CHANTEURS de NUREMBERG, de WAGNER (1867)

Seule comédie composée par WAGNER, le livret a été composé en 1861 – 1862, et la musique de 1862 à 1867. L’œuvre, Die Meistersinger von Nürnberg en allemand, fut créée à Munich en 1868, et dédiée à Louis II de Bavière. Wagner en avait eu l’idée dès la fin de Tannhaüser, en voulant écrire un pendant comique à son drame.

Wagner a mis dans cet opéra toute sa science de la composition musicale, de la célèbre ouverture qui mêle les 5 thèmes principaux, ou de la 1ère scène où il compose un choral d’église digne de JS.BACH au final ébouriffant du 2e acte, que ROSSINI n’aurait pas désavoué, en passant par de très beaux morceaux pour chœur ou pour les solistes.

Paradoxalement, c’est dans cette comédie que Wagner se fait le plus politique, décrivant ses conceptions de l’art nouveau, capable de transcender les règles léguées par le passé, et les difficultés qu’il y a pour la bourgeoisie d’apprécier ces nouveautés.

Le pitch : Le héros principal de cette comédie est Walther, un jeune homme qui veut participer à un concours de chant (l’action se passe au moyen-âge) pour pouvoir épouser Eva, celle qu’il aime. Pour cela, il doit défendre un art nouveau et spontané en se débarrassant du carcan de la Tradition défendue par la guilde des Maîtres-Chanteurs. Il sera aidé par Hans Sachs, autre grande figure de cet opéra, qui tout en étant gardien des règles, sait qu’elles doivent évoluer.

Ouverture : Cinq leitmotivs sont exposés dans l’ouverture, qui commence par l’exposé du thème lourd et pompeux de la guilde des Maîtres-Chanteurs, suivi du thème léger et tendre de l’amour naissant. Viennent ensuite les thèmes de la bannière des Maîtres, de la passion déclarée et de l’ardeur impatiente. L’ouverture se termine par un mélange des trois thèmes Guilde des Maîtres, Bannière des Maîtres et Passion Déclarée exprimant la fusion de l’art savant mais routinier et d’un art nouveau et spontané.

Wagner les Maîtres-chanteurs ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : À l’église Sainte-Catherine, c’est la fin de la messe. Alors que les fidèles chantent un choral, Walther, qui a eu l’occasion de rencontrer Eva chez son père Pogner, cherche à capter le regard de celle-ci. Quand le choral est terminé, il discute avec elle, voulant savoir si elle est déjà fiancée. Magdalena, la nourrice d’Eva, lui apprend que oui, mais que le fiancé n’est pas encore connu. En effet, la main d’Eva sera le prix du concours de chant qui doit avoir lieu le lendemain.

Après la messe, les apprentis préparent le lieu du concours. David, amoureux de Magdalena et apprenti du maître cordonnier Hans Sachs, essaie d’expliquer à Walther les règles du chant. Il fait la comparaison entre son apprentissage de cordonnier et son apprentissage du chant avec toutes les règles qu’il faut connaître et appliquer.

Alors que les apprentis ont fini de dresser la scène, Pogner arrive avec le greffier Beckmesser. Pogner explique qu’il a ajouté une clause au concours, laissant libre choix à sa fille d’accepter le vainqueur du concours comme mari. Cette clause inquiète Beckmesser qui a des vues sur Eva. Walther s’adresse à Pogner, il veut devenir Maître-Chanteur. Quand tous les Maîtres-Chanteurs sont arrivés, leur réunion peut commencer. Hans Sachs propose de joindre le jugement du peuple à celui des Maîtres. Une discussion s’amorce entre les tenants de la tradition qu’ils défendent et le goût du peuple, qui n’a pas été formé aux règles académiques. Pogner annonce à l’assemblée qu’il y a un candidat pour devenir Maître. Interrogé sur sa formation de poète et de musicien, Walther raconte qu’il a appris la poésie dans un livre ancien, et la musique en écoutant les chants de la nature.

Wagner les Maîtres-chanteurs Am stillen Herd (Walter acte I)Cliquez sur Walter

La discussion entre tradition et nouveauté reprend de plus belle. Walther va chanter. Beckmesser tiendra le marquoir. C’est une ardoise sur laquelle il écrit les fautes commises par les candidats. Au-delà de sept fautes, la candidature sera rejetée. Walther commence son chant, mais on entend Beckmesser dans sa loge cribler l’ardoise de coups de craie rageurs. Quand l’ardoise est pleine, il interrompt le chant.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser Walther acte ICliquez sur l’image

Les Maîtres-Chanteurs sont d’accord : le chant de Walther n’obéit pas aux règles établies. Seul Hans Sachs a su entendre, au-delà des fautes formelles, les qualités présentes dans le chant de Walther. Il demande que Walther puisse terminer son chant. Pendant que Walther reprend, Beckmesser annonce les fautes, et les Maîtres-Chanteurs les constatent. À la fin, ils refusent l’entrée de Walther dans leur guilde.

Acte II : Devant l’atelier de Hans Sachs et la maison de Pogner, les apprentis ferment les volets de leurs maîtres. Magdalena demande à David comment s’est déroulée l’épreuve de Walther. Quand elle apprend qu’il a raté son concours, elle rentre chez elle fâchée, laissant David seul. Les apprentis forment une ronde moqueuse autour de lui. Hans Sachs sort de son atelier et fait rentrer David.

Pogner et Eva reviennent de leur promenade du soir et rentrent chez eux. Sachs repense au chant de Walther, si beau malgré ses fautes. Eva ressort et cherche à savoir comment s’est passée l’épreuve. Sachs répond que le manque de qualité du chant de Walther ne lui a pas permis de passer l’épreuve, ce qu’Eva prend pour une critique. Magdalena ressort pour lui demander de la part de son père de rentrer, et l’informe que Beckmesser a prévu de lui donner la sérénade cette nuit. Eva demande à Magdalena de prendre sa place à la fenêtre. Walther arrive à son tour. Eva lui déclare son amour mais Walther reconnaît qu’ayant échoué, il ne peut prétendre à la main d’Eva. Ils projettent de s’enfuir quand au loin, on entend la trompe du veilleur de nuit.

Après le passage du veilleur, Beckmesser arrive pour sa sérénade. Sachs qui travaillait sur le pas de sa porte se met à taper sur la semelle de la chaussure en chantant à pleine voix. Beckmesser essaie de le faire taire, mais la fenêtre d’Eva s’ouvre. Finalement, Sachs accepte de laisser Beckmesser chanter, mais il marquera les fautes en tapant sur la semelle. Furieux, Beckmesser a mal accordé son luth, et quand il entame son chant, celui-ci est rythmé par les coups de marteau de Sachs. Beckmesser, énervé, chante de plus en plus fort. Entendant du bruit, les voisins paraissent à leurs fenêtres et descendent dans la rue. David, reconnaissant Magdalena à la fenêtre, et croyant que Beckmesser lui donne la sérénade, saute dans la rue, brise le luth de son « rival » et ils commencent à se battre. Les voisins en font autant. Les apprentis, puis les compagnons arrivent aussi, et le charivari se généralise. Les femmes criant « au feu » jettent de l’eau sur les belligérants. Quand on entend la trompe du veilleur de nuit, tout le monde rentre chez soi et Sachs fait entrer Walther chez lui. Quand le veilleur de nuit arrive sur la place pour annoncer onze heures, la scène est vide.

Wagner les Maîtres-chanteurs final acte IICliquez sur l’ébouriffant final de l’acte 2

Acte III : Dans son atelier, Sachs discute avec David de la folle soirée de la veille. David pense que Sachs veut remporter le concours de chant pour épouser Eva. En fait, Sachs veut favoriser le sort des deux jeunes gens. Walther arrive, après une bonne nuit passée chez Sachs, pendant laquelle il a fait un songe. Sachs lui dit qu’il a apprécié son chant, même s’il fait peur aux gardiens de la tradition. Pour aider Walther, il lui demande de lui dicter son rêve. Tout en écrivant, il donne des conseils à Walther sur l’art de composer son poème. Quand ils ont fini, ils vont s’habiller pour la cérémonie. Beckmesser, voyant l’atelier vide, s’avance. Il trouve le chant d’amour écrit par Sachs mais, entendant du bruit, le cache dans sa poche. Sachs entre dans l’atelier et se moque de l’aventure subie la nuit précédente par Beckmesser. Beckmesser, furieux, accuse Sachs de vouloir concourir contre lui. Face aux dénégations de Sachs, il sort de sa poche le poème écrit de la main de Sachs. Celui-ci continue à nier vouloir chanter, et va jusqu’à offrir son manuscrit au greffier, qui n’en revient pas.

Beckmesser parti, Eva arrive, vêtue de ses plus beaux atours. Elle se plaint de ses chaussures qui la blessent. Sachs va les réparer. Il feint de ne pas voir David entrer, et se met à chanter la chanson de Walther, en se demandant qui chantera le troisième couplet. Walther enchaîne alors la suite de sa chanson. Sachs reconnaît que c’est là un chant de Maître. Eva, comprenant ce que Sachs a fait pour eux, tombe dans les bras de Sachs en pleurant, tandis que Walther s’approche de lui pour lui serrer la main. David et Magdalena entrent à leur tour, et tous se mettent à chanter pour le succès espéré de David (Quintette).

Wagner les Maîtres-chanteurs quintett Selig, wir die Sonne (quintette acte III)Cliquez sur le quintette

Sur la plaine, les apprentis accueillent les bourgeois des corporations, et les conduisent à leur place pour le concours. Enfin, les Maîtres-chanteurs arrivent en cortège jusqu’à l’estrade. Quand Sachs s’installe, la foule se met à chanter un chant qu’il avait composé autrefois.

Wagner les Maîtres-chanteurs entrée des maîtres acte IIICliquez sur l’image

Ému, Sachs les remercie et lance le concours. Il demande que tout poète ait le droit de concourir librement, puis Sachs désigne Beckmesser pour commencer l’épreuve. Celui-ci, n’ayant pas retenu les paroles, s’embrouille, se trompe, et finit sous les lazzis de la foule. Furieux, Beckmesser prétend que les paroles sont de Sachs.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser acte IIICliquez sur Sixtus Beckmesser

Sachs révèle alors que le poème est de Walther, mais qu’il a été massacré par Beckmesser. Il donne alors la parole à Walther. Tout le monde écoute avec émotion et à la fin, le peuple demande que Walther remporte le prix, ce que les Maîtres-Chanteurs acceptent. Ils veulent le nommer Maître, mais Walther refuse. Sachs lui fait savoir qu’il serait orgueilleux de refuser. Eva pose la couronne de vainqueur sur le front de Hans Sachs, et, avec Walther, l’entoure. Tout le monde félicite Sachs pour sa sagesse.

(Source principale : l’indispensable « Voyage artistique à Bayreuth » d’Albert LAVIGNAC, librairie Ch. Delagrave, deuxième édition (1898), et comme vous avez de la chance, ce livre est disponible en livre de poche.)

Mes opéras préférés

SIMON BOCCANEGRA, de VERDI (1857, puis 1881)

Simon Boccanegra répond à une commande du théâtre la Fenice de Venise à VERDI, composé sur un livret du fidèle PIAVE, avec qui Verdi avait déjà collaboré pour Macbeth, Rigoletto et la Traviata. Sa création en 1857 est un échec, que le temps ne gommera pas. En 1880, Verdi reprend sa partition, en confiant à un autre de ses librettistes, BOÏTO le soin de rééquilibrer l’argument, quelque peu boiteux de l’aveu même de Verdi. Cette nouvelle version est donnée à la Scala de Milan en 1881, et rencontre cette fois les faveurs du public. Il retravaillera avec Boïto pour ses deux derniers chefs-d’œuvre que sont Otello et Falstaff.

Comme pour la Force du Destin (La Forza del destino), Verdi a su transcender les « faiblesses » du livret, pour nous offrir une partition toujours lyrique et chantante.

Le pitch : À Gênes au XIVe siècle, la jeune Amelia Grimaldi aime Gabriele Adorno. Simon Boccanegra, le doge de Gênes cherche à marier Amelia avec son ami Paolo. Face à ce danger, Gabriele demande à Andrea, le tuteur d’Amelia, de favoriser leur union. Mais quand Simon vient demander la main d’Amelia pour Paolo, il appert que celle-ci est Maria, la fille de Simon, et la petite-fille de Jacopo Fiesco, qui se fait maintenant appeler Andrea et qui était l’ennemi de Simon 25 ans plus tôt (j’espère que vous suivez parce que je ne le répéterai pas). Après un enlèvement de Maria/Amelia, Simon oblige Paolo à maudire le coupable du forfait, mais comme c’était Paolo le coupable, il se maudit donc lui-même. Paolo réussit à empoisonner Simon avant que de mourir sur l’échafaud. Avant de mourir, Simon bénit le mariage d’Amelia et de Gabriele, désignant ce dernier comme successeur en tant que doge. (Oui, je sais c’est un peu long pour un pitch, mais c’est pas ma faute si cette histoire est acadabrantesque !)

PROLOGUE : Les patriciens et les plébéiens se disputent le pouvoir à Gênes. Les plébéiens, menés par Paolo et Pietro, veulent faire élire Simon Boccanegra comme doge de Gênes. Celui-ci accepte, pensant que ce titre lui donnerait du poids pour obtenir la main de Maria, la fille du patricien Jacopo Fiesco. En effet, Simon aime Maria, la fille de Jacopo, et de cet amour est née une fille. Depuis, Jacopo séquestre sa fille dans son palais. Lors d’une rencontre entre Simon et Jacopo, ce dernier réclame l’enfant de sa fille, et Simon doit avouer que la petite fille a été enlevée. Fiesco laisse alors Simon entrer dans son palais, où il découvre le cercueil de Maria.

Acte I : Vingt-cinq ans plus tard, dans le palais des Grimaldi, une famille noble tombée en disgrâce pour avoir comploté contre le doge (Simon), Amelia Grimaldi attend son amoureux, Gabriele Adorno. (Air : « Come in quest’ora bruna »)

Verdi Simon Boccanegra Come in quest'ora bruneCliquez sur Amelia

Ayant appris que Simon veut la marier avec son ami Paolo, Gabriela demande à Andrea, le tuteur d’Amelia, de bénir leur union. Celui-ci est en fait Jacopo, qui se cache sous ce faux nom.

Quand Simon vient demander à Amelia sa main pour Paolo, elle lui révèle alors qu’elle n’est pas une Grimaldi, mais qu’elle a été recueillie par cette famille. Elle lui montre un médaillon de sa mère, où Simon reconnaît son amour de jeunesse. Amelia est donc sa petite-fille ! Il ne veut plus contraindre Amelia à un mariage dont elle ne veut pas, ce qui provoque la hargne et le courroux de l’ambitieux Paolo.

Verdi Simon Boccanegra Duo Amelia Simon 1er acteCliquez sur Amelia et Simon

Gabriele et Andrea se présentent devant Simon pour lui annoncer qu’Amelia a été enlevée (encore une fois !) Gabriele, pensant que Simon est à l’origine de ce rapt, lève son épée contre le doge, mais Amelia, ayant réussi à s’échapper, revient. Alors que patriciens et plébéiens s’accusent de l’enlèvement, Simon demande à Paolo de maudire avec lui l’auteur du rapt, et fait mettre en prison Gabriele et Andrea.

Verdi Simon Boccanegra Plebe ! Patrizi !Cliquez sur Simon

Acte II : Paolo poussé par sa haine verse du poison dans le verre de Simon. Il libère Gabriele et Andrea, et leur demande de tuer le doge. Pour s’assurer de la complicité de Gabriele, il lui fait croire que Simon est l’amant d’Amelia. Fou de jalousie, Gabriele veut se venger d’Amelia et de Simon.

Verdi Simon Boccanegra Cielo pietoso, rendilaCliquez sur Gabriele

Après une rencontre entre Amelia et Gabriele, le doge arrive. Gabriele se cache et Amelia avoue à Simon que l’élu de son cœur est Gabriele, l’ennemi de son père. Fatigué, le doge boit son verre et s’assoupit. Alors que Gabriele s’apprête à le frapper dans son sommeil, Amelia arrive, et lui révèle que Simon est son père. Dehors, une émeute fomentée par les patriciens éclate. Gabriele se joint alors aux troupes du doge pour sauver le palais.

Acte III : La rébellion a échoué. Simon pardonne aux meneurs, sauf à Paolo qui sera exécuté. Sur le chemin de l’échafaud, Paolo révèle à Andrea que Simon est empoisonné et mourant. Fort de sa haine, Fiesco (Andrea) se présente devant Simon sous sa véritable identité, mais Simon le conduit vers Amelia, lui révélant qu’elle est sa petite fille. Simon et Fiesco se réconcilient alors.

Verdi Simon Boccanegra Piango perche mi parlaCliquez sur Simon et Fiesco

Avant de mourir, Simon a encore le temps de bénir l’union d’Amelia et Gabriele, et laisser la place de doge à ce dernier.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2018, et le programme de ce spectacle.)

Et si vous en voulez encore, cliquez sur le bonus surprise :

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous en voulez encore

Maria Callas, Mes opéras préférés

PAILLASSE (PAGLIACCI), de LEONCAVALLO (1892)

Opéra vériste de LEONCAVALLO, créé en 1892 à Milan. Leoncavallo a écrit lui-même le livret de son opéra, d’après un fait divers qui l’avait marqué.

Ce court opéra (environ 1 h 15 min) est souvent donné avec un autre opéra, par exemple Cavalleria Rusticana de MASCAGNI.

Son classement dans la typologie de G.B. SHAW est un peu particulier puisque nous avons ici un type (S+T/T+B) (une soprano [Nedda] et un ténor [Silvio] s’aiment alors qu’un ténor [Canio] et un baryton [Tonio] cherchent à les empêcher.)

Le pitch : Drame de la jalousie dans un cirque. Nedda trompe son mari Canio. Le soir, ils rejouent leur vie sur scène, où Colombine (Nedda) trompe son mari Paillasse (Canio). Jaloux, Canio tue sa femme.

Prologue : Tonio apparaît devant le rideau. Il explique qu’il fait revivre la tradition du théâtre antique, en présentant dans le prologue ce qui va se passer. Dans un véritable manifeste du vérisme, il nous prévient que l’auteur va présenter une tranche de vie réelle (Air : « Un nido de memorie »).

Leoncavallo PAillasse (Pagliacci) Un nido di memorieCliquez sur le prologue

Acte I : Sur la place du village, la foule (avec chœur d’enfants carmennien !) attend la parade du cirque, qui donnera une représentation le soir. On attend surtout Paillasse, le « roi des clowns ». Canio, le directeur fait la pub pour le spectacle du soir. Il empêche Tonio de tourner autour de Nedda, sa jeune femme. Avant de partir prendre un verre, il prévient d’un ton menaçant qu’il ne faut pas jouer à ce jeu-là avec lui, que le théâtre et la vraie vie ne sont pas la même chose, et que si Nedda le trompait, ça se terminerait mal. Nedda, troublée, se demande si son mari se doute de quelque chose. La parade du cirque s’avance vers l’église et Nedda, restée seule, pense à la menace proférée par Canio (air : « Qual fiamma avea nel guardo »), mais ne veut pas céder à la peur de son mari jaloux.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Quel fiamma avea nel guardoCliquez sur Nedda

Elle se rappelle le chant des oiseaux, chantant la liberté de voler (Air : « Stridone lassu »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Stridono lassuCliquez encore sur Nedda

Tonio, revenu, dit qu’il a été attiré par son chant. Il sait qu’il est laid et difforme, mais il n’en a pas moins un cœur, comme tout le monde. Nedda repousse ses avances, lui disant de les réserver pour le spectacle du soir, mais comme il insiste, elle le blesse en se défendant. Il sort et Silvio, l’amant de Nedda entre. Nedda lui dit que Tonio devient dangereux, qu’il l’a agressée en lui déclarant son amour. Silvio demande à Nedda de se décider, et de rester au village avec lui quand le cirque repartira. Nedda hésite, mais Silvio lui demande pourquoi elle l’a séduit, lui rappelant les bons moments passés ensemble (Air : « E allor perché »). Silvio se laisse convaincre (Duo : « Tutto scordiam ») et ils s’embrassent.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Duo Nedda SilvioCliquez sur Nedda et Silvio

Tonio, revenu, les surprend et appelle Canio. Silvio s’enfuit, et Canio exige de savoir avec qui était sa femme, mais Nedda refuse de répondre. Tonio calme Canio, lui rappelant que le spectacle doit commencer. Canio se résout à jouer la comédie et enfile son costume de scène (Air : « Vesti la giubba »). Le clown doit rire (Air : « Ridi, Pagliaccio »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Vesti la giubbaCliquez sur Canio

Acte II : La foule arrive et le spectacle va commencer. Colombine (Nedda) annonce que Paillasse (Canio) ne rentrera que tard ce soir. Elle attend Arlequin. Celui-ci arrive en lui chantant une sérénade (Air : « Oh Colombina »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) O ColombinaCliquez sur Arlequin

Taddeo (Tonio) arrive et lui déclare son amour, mais Colombine n’a que mépris pour lui. Arlequin entre, et ils s’apprêtent à dîner, mais Paillasse arrive plus tôt que prévu. Arlequin s’esquive, en laissant un somnifère à Colombine pour endormir son mari et protéger leur fuite. Paillasse veut savoir qui était avec Colombine, rejouant ainsi sur scène son drame dans la vie réelle, au point que Canio, furieux, ne veut plus jouer ce rôle de clown que sa femme trompe (Air : « No, Pagliaccio non son ! »), lui rappelant tout ce qu’il a fait pour elle, mais elle le nargue. Canio tue sa femme, qui meurt en appelant Silvio au secours. Canio tue alors Silvio qui s’était avancé.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) No, pagliaccio non sonCliquez sur Canio qui ne veut plus jouer le rôle de Paillasse

La comedia e finita.

Et si ce billet vous a plu, vous avez gagné le droit de cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si ce billet vous a plu

Mes opéras préférés

LES HUGUENOTS, de MEYERBEER (1836)

Archétype du GOF, le Grand Opéra à la Française, les Huguenots est un opéra de MEYERBEER datant de 1836, sur un livret de l’incontournable SCRIBE, écrit d’après les Chroniques du règne de Charles IX, de Prosper MÉRIMÉE. L’action se passe à la cour, dans les jours qui précèdent le Massacre de la Saint-Barthélemy.

Meyerbeer, qui a sa plaque de rue dans le quartier de l’opéra à côté de celle d’HALÉVY, a eu une influence durable sur l’opéra français, de BERLIOZ à GOUNOD, voire jusqu’à BIZET.

Le pitch : Roméo et Juliette (Raoul et Valentine) entre un protestant et une catholique, à l’époque du massacre de la Saint Barthélemy.

Ouverture : Meyerbeer s’est servi pour l’ouverture d’un choral de Martin LUTHER, « Ein feste Burg ist unser Gott », choral que l’on retrouve ensuite, par exemple dans l’air du protestant Marcel.

Meyerbeer les huguenots ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Le comte de Nevers et ses amis catholiques font la fête dans son château tourangeau. Nevers a invité un de ses amis protestants, Raoul, à se joindre à eux. Raoul raconte qu’il a eu l’occasion de sauver une belle inconnue, dont il est tombé immédiatement amoureux. (Air: « Plus blanche que la blanche hermine ».

Meyerbeer les huguenots plus blanche que la blanche hermineCliquez sur Raoul

Marcel, le serviteur de Raoul, ne voit pas d’un bon œil son maître « pactiser » avec les catholiques, et entonne un air de guerre protestant. (Air : « Piff, paff, pouff ».) (Quand j’ai entendu cet air à l’opéra de Paris en 2018, je l’ai intégré en rentrant à mon billet sur les onomatopées.)

Meyerbeer les huguenots pif paf poufCliquez sur Piff paff pouff

Une jeune femme arrive qui demande à parler à Nevers en privé. Raoul reconnaît sa belle inconnue. Il s’agit de Valentine, belle comme une peinture, fiancée à Nevers et venant lui annoncer sa rupture. Raoul pense qu’il s’agit d’une des nombreuses conquêtes de Nevers.

Urbain, un jeune page, apporte une lettre à Raoul lui demandant de se laisser conduire en un lieu secret. Toute l’assemblée, sauf Raoul, reconnaît sur la lettre le sceau de Marguerite de Valois.

Meyerbeer les huguenots une dame noble et sageCliquez sur Urbain

Acte II : Marguerite de Valois se trouve dans le parc du château de Chenonceau avec ses suivantes. (Air: « Ô beau pays de la Touraine ».)

Meyerbeer les huguenots Ô beau pays de la TouraineCliquez sur Valentine

Valentine, sa demoiselle d’honneur préférée lui apprend qu’elle aime un huguenot et qu’elle a rompu ses fiançailles avec Nevers. Marguerite, qui veut rapprocher catholiques et protestants, lui promet d’essayer de favoriser son mariage. Quand on amène Raoul, Valentine, intimidée, s’enfuit. Raoul est frappé par la beauté de Marguerite et jure de lui obéir.

La noblesse du pays arrive, dont Nevers et Saint-Bris, le père de Valentine. Marguerite réussit à convaincre celui-ci de marier sa fille à Raoul. Quand les deux jeunes gens se rencontrent enfin, ils se reconnaissent, mais Raoul, toujours sur sa funeste illusion, refuse le mariage, provoquant la consternation générale.

Acte III : Quelques jours plus tard, à Paris. On entend le chœur des huguenots auquel répond le chœur des jeunes filles catholiques sur le chemin de Valentine et Nevers qui s’apprêtent pour leur mariage. Les deux chœurs finissent par se superposer dans un effet saisissant dont saura se souvenir Berlioz dans sa Damnation de Faust (Double chœur des étudiants et des soldats qui se croisent sur la scène.)

Meyerbeer les huguenots Vierge Marie vs RataplanCliquez sur l’image

Marcel vient prévenir Saint-Bris, qui les accompagnait, que Raoul le provoque en duel. Un gentilhomme catholique conseille à Saint-Bris de faire assassiner Raoul pour s’en débarrasser. Valentine, qui a entendu, demande à Marcel d’aller prévenir son maître.

À la nuit tombée Raoul, Saint-Bris et leurs témoins se retrouvent pour le duel. Marcel essaye de prévenir Raoul du piège qui lui est tendu, mais celui-ci ne peut y croire. (Septuor du duel : « En mon bon droit faisons confiance ».)

Meyerbeer les huguenots Septuor du duelCliquez sur l’image

Quand les catholiques arrivent, Marcel appelle des huguenots en train de boire dans un cabaret proche pour qu’ils défendent Raoul. (Chœur : « Rataplan, plan, plan ».)

Meyerbeer les huguenots C'est le jour RataplanCliquez sur l’image

La tension entre les deux camps est extrême quand Marguerite de Valois survient et interrompt le début du combat. Elle dissipe le malentendu de Raoul, qui se rend compte alors que Valentine vient de lui sauver la vie. Mais trop tard, Nevers vient la chercher pour se rendre au banquet de leurs noces.

Acte IV : Valentine est chez elle. Elle regrette son mariage et demande à Dieu de lui apporter l’oubli. Raoul se présente pour lui demander pardon. Quand Nevers et Saint-Bris arrivent à leur tour, Raoul a tout juste le temps de se cacher.

Les catholiques se réunissent pour sceller le sort des huguenots en déclenchant la nuit de la Saint-Barthelémy. Nevers refusant de participer est mis aux arrêts. Trois moines bénissent les poignards, demandant aux catholiques de massacrer un maximum de protestants. (Bénédiction des poignards : « Gloire, gloire au grand dieu vengeur ».)

Meyerbeer les huguenots Gloire, gloire au grand dieu vengeurCliquez sur l’image

Une fois les conspirateurs sortis, Raoul sort de sa cachette. Il veut aller prévenir ses amis quand Valentine essaie de le retenir, lui avouant son amour. Il la repousse pour aller défendre les siens. (Duo : « Ô ciel, où courez-vous ? »)

Meyerbeer les huguenots duo acte IV Où courez-vous, RaoulCliquez sur le duo de l’acte IV

Acte V : Raoul, couvert de sang, fait irruption dans la fête du mariage entre Marguerite de Valois et Henry de Navarre. Raoul avertit les chefs huguenots du massacre qui a commencé à l’extérieur.

Raoul et Marcel se sont réfugiés dans un cimetière protestant. Valentine arrive. Nevers est mort et elle est donc libre d’épouser Raoul. Elle demande à Raoul de se convertir au catholicisme, ce qu’il refuse. Valentine décide alors de se convertir, elle, au protestantisme et de mourir aux côtés de Raoul. Les catholiques envahissent le cimetière et le massacre commence.

Un peu plus tard, sur les quais de Seine, Raoul gravement blessé est aidé par Valentine et Marcel. Saint-Bris arrive et, reconnaissant des huguenots, ordonne à sa troupe de tirer. Il est trop tard quand il se rend compte qu’il vient de faire tuer sa fille.

Le massacre continue jusqu’au matin.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Paris en 2018, et le programme de ce spectacle)

Et si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici, vous pouvez encore prendre quelques minutes en cliquant sur la cadeau bonus suivant :

Point d'interrogationPrenez donc quelques minutes pour le cadeau bonus

Mes opéras préférés, opéra russe

LE PRINCE IGOR, de BORODINE (1869 – 1890)

S’il fut créé en 1890 (la même année qu’Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI), le Prince Igor a occupé son compositeur Alexandre BORODINE de 1869 à 1887, année de sa mort. (1869 est l’année du Boris Godounov de MOUSSORGSKI, autre pièce maîtresse de l’histoire de l’opéra russe). Le livret du Prince Igor a été écrit par Borodine d’après une ancienne épopée russe, le Dit de l’ost Igor (XVe siècle). Resté inachevé, le Prince Igor a été complété et orchestré par GLAZOUNOV et RIMSKI-KORSAKOV à partir du matériel musical laissé par Borodine. Il existe donc plusieurs versions de cet opéra, et le troisième acte, considéré comme n’étant pas de Borodine, est rarement joué. [J’ai comparé le déroulement de la version vue à l’opéra de Paris en 2019 et celle proposée par le MET, malgré quelques changements dans l’ordre des scènes, l’histoire reste (heureusement) la même.]

Le pitch : le prince (russe) Igor part faire la guerre en Polovtsie, confiant sa femme Iaroslavna à son beau-frère le prince Galitski. Les Russes sont battus et Igor est fait prisonnier. Un Polovtsien converti à la chrétienté lui propose de s’évader, mais c’est contraire à son sens de l’honneur et il refuse. Kontchak, le chef polovtsien, admire son courage et lui propose de devenir son ami. Iaroslavna se lamente dans sa ville dévastée par l’ennemi, quand deux cavaliers arrivent. C’est Igor et Ovlour qui viennent libérer la ville.

Ouverture.

Borodine le Prince Igor OuvertureCliquez sur l’orchestre

Première partie : Dans la ville de Poutivl, le prince Igor s’apprête à partir combattre les polovtsiens, des barbares de l’Asie centrale. Une éclipse de soleil survient, ce qui est un mauvais présage, mais Igor persiste dans son idée de partir bouter le polovtsien hors de Russie, malgré le pressentiment de sa femme Iaroslavna. Igor confie sa femme à son beau-frère, le prince Galitski. Deux soldats, Skoula et Iérochka désertent, préférant la vie de débauche qui règne à la cour de Galitski aux dangers de la guerre.

Deuxième partie : Après le départ d’Igor, Galitski manœuvre pour devenir prince à la place du prince. Il se sert de Skoula et Iérochka et la cour de Galitski est vite devenue un lieu de plaisirs, pour essayer de gagner le cœur de la population. Mais la soldatesque enlève les plus belles femmes. Des jeunes filles viennent supplier Galitski qu’on leur rende une de leurs amies enlevée, mais on se moque d’elles.

Iaroslavna se désespère de n’avoir pas de nouvelles de son Igor de mari quand les jeunes filles viennent se plaindre à elle.

Borodine le Prince Igor IaroslavnaCliquez sur Iaroslavna

Elles s’enfuient quand Galitski arrive, mais Iaroslavna ordonne à son frère de libérer les filles enlevées et le chasse.

Une mauvaise nouvelle arrive. L’armée russe a été battue et Igor et son fils Vladimir sont prisonniers du khan Kontchak. Le tocsin sonne, car l’ennemi approche.

Troisième partie : Dans le camp polovtsien, les amies de Kontchakovna, la fille de Kontchak font la fête. Kontchakovna attend Vladimir, car les deux jeunes gens s’aiment.

Borodine le Prince Igor VladimirCliquez sur Vladimir

Leur duo est interrompu par Igor qui se plaint de son sort. Ovlour, un Polovtsien converti à la religion catholique lui propose de s’évader, mais ceci est contraire au sens de l’honneur d’Igor, qui refuse. Kontchak, qui a entendu leur entretien admire la force de caractère d’Igor et lui propose son amitié, ce qu’Igor refuse également.

Borodine le Prince Igor Igor et KontchakCliquez sur Igor et Kontchak

Pour le distraire, Kontchak organise une fête (les fameuses « danses polovtsiennes » du Prince Igor.)

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennesCliquez sur les polovtsiennes

Quatrième partie : À Poutivl, Iaroslava se lamente après la prise de la ville par les barbares, quand on voit un nuage de poussière dans le lointain. C’est Igor et Ovlour qui sont venus délivrer la ville.

Les deux traîtres Skoula et Iérochka, sentant le vent tourner, font sonner le tocsin pour prévenir la population, et être ainsi les premiers à annoncer le retour du prince. Igor et Iaroslavna sont réunis et tout le monde se réjouit.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2019, et son livret)

Mes opéras préférés

LE RETOUR D’ULYSSE DANS SA PATRIE, de MONTEVERDI (1640)

Créé en 1640 à Venise, Il Ritorno d’Ulisse in Patria fut ensuite perdu pendant 240 ans, avant qu’on en retrouve un manuscrit à Vienne en 1880. La partition de Claudio MONTEVERDI est dominée par le style récitatif (monodie). Le livret est du Vénitien BADOARO, écrit sur les chants 13 à 24 de l’Odyssée d’HOMÈRE.

Suivant les choix musicologiques du chef, le Retour d’Ulysse dans sa Patrie peut être découpé en un prologue et deux ou trois (voire quatre) actes.

Prologue : L’allégorie de la Fragilité humaine dialogue avec les trois tourments de l’homme que sont le Temps, la Fortune et l’Amour.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse in patria prologueCliquez sur le prologue

Acte I : Dans son palais, Pénélope exprime son chagrin et sa peur du temps qui passe sans Ulysse. Son mari est parti en Grèce se battre à cause d’une femme adultère, la belle Hélène, et a laissé sa femme seule, en proie à la concupiscence des autres. Elle aspire à son retour. Sa vieille nourrice lui dit qu’elle devrait renouer avec l’amour, et que ce ne sont pas les prétendants qui manquent dans son palais. Suit une scène entre Melantho, une jeune servante de Pénélope et Eurymaque, dans laquelle ils chantent l’amour (Duo : « Deo nostri amor concordi »).

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse dei nostri amor concordiCliquez sur Melantho et Eurymaque

Neptune ne veut pas pardonner la traîtrise des hommes. En effet, furieux contre Ulysse qui avait tué son fils, le cyclope Polyphème, il s’était juré d’empêcher Ulysse de rentrer chez lui à Ithaque. Il en appelle à Jupiter contre les Phéaciens qui ont déposé Ulysse, endormi, sur les rivages d’Ithaque, contre sa volonté divine. Jupiter lui donne raison. Neptune jette un sort à Ulysse, pour qu’il ne reconnaisse pas son île. À son réveil, Ulysse ne reconnaît pas Ithaque, et pense être sur une île inconnue. Minerve, sous les traits d’un jeune berger, lui apprend qu’il est à Ithaque, et se révèle à lui comme la déesse qui l’a toujours protégé. Elle l’envoie à une fontaine, dont l’eau lui donne l’apparence d’un vieillard, pour qu’on ne le reconnaisse pas, et l’envoie rencontrer Eumée, un vieux porcher qui lui est resté fidèle. Elle va elle-même ramener à Ithaque Télémaque, le fils d’Ulysse parti à la recherche de son père et qui vient de rentrer.

Eumée et Ulysse accueillent Télémaque, mais devant le chagrin exprimé par celui-ci, Ulysse dévoile son identité, et Ulysse et de Télémaque chantent leur bonheur (Duo : « Mortal, tutto confida »).

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse Mortal, tutto confidaCliquez sur Télémaque et Ulysse

Acte II : Dans le palais de Pénélope, Melantho et Eurymaque discutent de la folie de Pénélope, qui refuse de prendre un amant pour remplacer Ulysse. Ils sont rejoints par trois prétendants enjoignant à Pénélope d’aimer à nouveau. Toujours fidèle, elle refuse leurs avances.

Eumée annonce le retour de Télémaque à la reine, et dit qu’Ulysse ne va pas tarder à revenir. Les prétendants, craignant le danger, décident d’assassiner Télémaque à son retour.

Télémaque raconte son séjour à Troie à sa mère, et lui révèle qu’Ulysse est vivant et qu’il va bientôt revenir. Eumée est insulté par les prétendants mais Ulysse, toujours déguisé, prend sa défense et se bat en duel contre le gros Irus. Ulysse gagne et Pénélope prend le vieillard sous sa protection.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse in patria o dolor o martirCliquez sur Irus

Les prétendants redoublent d’efforts, mais poussée par Minerve, Pénélope leur propose un concours, promettant sa main et le royaume d’Ulysse à celui d’entre eux qui réussira à bander l’arc d’Ulysse. Après l’échec des prétendants, Ulysse demande à participer. Il prend l’arc et tue les prétendants.

Eumée affirme à Pénélope que ce vieil homme est Ulysse, mais Pénélope ne le croit pas.

Sur la mer, les dieux discutent : Junon demande à Jupiter qu’Ulysse puisse retrouver la paix, mais il faut d’abord que Neptune calme son courroux. Neptune accepte.

Dans le palais, Ulysse et Pénélope sont seuls. Ulysse arrive sous sa forme réelle, mais Pénélope, le prenant pour un magicien, ne le croit toujours pas. La vieille nourrice d’Ulysse qui, en le lavant, a reconnu Ulysse à une cicatrice qu’il a au pied, ne réussit pas plus à convaincre Pénélope. Enfin, Ulysse décrivant les draps nuptiaux, Pénélope est convaincue (Air : Illustratevi, o Cieli). Ulysse et Pénélope tombent dans les bras l’un de l’autre.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse finalCliquez sur Pénélope et Ulysse enfin réunis

(Source principale : je me suis beaucoup servi pour rédiger ce billet de l’enregistrement en public réalisé à Zurich par Nikolaus Harnoncourt, paru chez ArtHaus Musik 2002)

Contes et légendes, Mes opéras préférés

LA CENERENTOLA (1816 – 1817), de ROSSINI

Opéra écrit en 24 jours par ROSSINI, sur le thème populaire du conte Cendrillon de Charles PERRAULT. C’est le vingtième opéra écrit par Rossini, alors qu’il n’était encore âgé que de 24 ans.

Le pitch : La jolie Angelina (vous saviez que Cendrillon s’appelait Angelina ?) vit avec son beau-père, don Magnifico, et ses deux belles-sœurs. Le prince Ramiro va donner un bal pour choisir sa future femme. Il échange son costume avec son valet Dandini et quand ainsi déguisé, il vient chercher, il tombe amoureux de Cendrillon (et réciproquement). Au cours du bal, Cendrillon déguisée a les faveurs du prince, au grand désespoir de Magnifico et ses deux filles. Quand il se déclare, Cendrillon lui confie un de ses deux bracelets avant de partir et lui dit que s’il l’aime, il saura bien la retrouver.

Le prince retrouve Cendrillon et décide de faire d’elle son épouse.

Par rapport à la Cendrillon de MASSENET, il y a donc quelques différences. Ainsi la belle-mère est remplacée par un beau-père, la pantoufle de verre par un bracelet (dont on ne nous dit pas la matière), et la marraine la fée par Alidoro, le précepteur du prince.

Acte I : Dans la maison où Cendrillon vit avec son beau-père et ses deux demi-sœurs, celles-ci se préparent pendant que Cendrillon chante une vieille chanson d’amour (Air : « Una volta c’era un re ».) On sonne : c’est Alidoro, le précepteur du prince, qui vient déguisé en mendiant demander la charité. Les deux sœurs veulent le chasser, mais Cendrillon lui fait l’aumône. On sonne à nouveau, ce sont des envoyés du prince Ramiro qui annoncent qu’il viendra chercher les sœurs pour le bal du soir, où le prince choisira la plus belle pour en faire sa femme. Don Magnifico, le père, paraît. Il raconte un rêve dans lequel il voyait ses affaires s’améliorer, et où ses filles lui donneraient des petits rois en descendance (Air : « Miei rampolli femminini ».)

Rossini la Cenerentola miei Rampolli femmininiCliquez sur don Magnifico

Ramiro arrive, dans les vêtements de son valet Dandini. Quand Cendrillon le voit, paf ! c’est le coup de foudre (Duo : « Un soave non so che ».) Il cherche les filles du baron, et Cendrillon lui explique que ce ne sont que ses demi-sœurs. On entend celles-ci donner des ordres à Cendrillon. Ramiro annonce à Don Magnifico l’arrivée du prince. C’est le valet Dandini dans les habits du prince qui vient inviter les sœurs au bal (Air et ensemble :  « Ecco Dandini… Scegli la sposa ».)

Rossini la Cenerentola Come un'ape ne' giorni d'aprileCliquez sur Dandini

Les sœurs partent au bal, en laissant Cendrillon. Celle-ci voudrait y aller aussi, mais son beau-père refuse à celle qu’il présente comme une simple servante. Alidoro arrive à son tour. Il vient chercher la troisième fille de la maison, mais Magnifico lui déclare qu’elle est morte (ensemble : Nel volte estatico). Alidoro, toujours déguisé, annonce à Cendrillon que ses vilaines sœurs seront punies et, lui dévoilant son identité, il l’invite au bal (Air : « Là del ciel nell’arcano profondo ».)

Rossini la Cenerentola Là del ciel nell'arcano profondoCliquez sur Alidoro et Cinderella

Chez le prince, Dandini fait croire à Magnifico que ses affaires sont bien engagées. Il l’envoie à la cave en lui disant que s’il est capable de boire 30 bouteilles, il le nommera sommelier. Les deux sœurs se disputent les faveurs de Dandini. Un chœur nous apprend que Magnifico a bu les 30 bouteilles et qu’il est encore debout. Il sera donc sommelier du prince (Chœur : Conciossiacosacché).

Rossini la Cenerentola conciossiacosacchéCliquez sur l’image

Le prince demande à son valet ce qu’il pense des deux sœurs, et le valet lui répond franchement. Le prince s’étonne parce que Alidoro lui avait vanté les mérites d’une des filles de la maison. Les sœurs demandent à Dandini qui il a choisi. Comme il ne peut se marier avec les deux, il propose que celle qu’il n’aura pas choisie se marie avec son valet, ce qu’elles refusent toutes les deux. Alidoro arrive, avec une femme voilée. Quand l’inconnue enlève son voile, tous sont troublés par sa ressemblance avec la servante de Magnifico et ses filles (chœur et ensemble). Mais c’est l’heure du souper et le prince invite l’assemblée à s’y rendre. L’acte se termine par un de ces finals dont Rossini a le secret.

Rossini la Cenerentola Nel volto estaticoCliquez sur le quintette

Acte II : Restés seuls, le père et les deux sœurs s’inquiètent de la concurrence de cette inconnue qui ressemble tant à Cendrillon. Magnifico révèle qu’il a dilapidé la fortune de Cendrillon, pour acheter des robes à ses filles. Il espère qu’au moins une des deux se casera (Air : « Sia qualunque delle figlie ».) Dandini courtise Cendrillon, mais elle lui répond qu’elle aime déjà son valet. Entendant cela, Ramiro paraît. Pour éprouver son amour, elle lui confie son bracelet, et sort en lui demandant de la retrouver. Le prince fait alors cesser la mascarade. Il fait chasser les sœurs du palais et demande qu’on prépare son carrosse pour partir à la recherche de Cendrillon (Air : « Si, retrovarla io giuro »).

Rossini la Cenerentola Si, ritrovarla io giuroCliquez sur Ramiro

Le père demande à Dandini qui il a choisi, mais celui-ci, après s’être fait prier, finit par avouer qu’il n’est que le valet du prince, provoquant l’indignation de Magnifico.

De retour chez elle, Cendrillon chante une vieille chanson (Air : Una volta c’era un re).

Rossini la Cenerentola Una volta c'era un reCliquez sur Cecilia (Bartoli) Cenerentola

Elle pense à celui à qui elle a donné un de ses deux bracelets, se demandant comment le prince a pu s’enticher de ses folles de sœur. Le père et ses filles rentrent également à la maison, et s’étonnent à nouveau de la ressemblance de Cendrillon avec l’inconnue du bal. Un orage éclate, obligeant Ramiro et Dandini à s’arrêter chez eux. Magnifico demande à Cendrillon d’apporter un fauteuil pour le prince, mais quand les regards de Cendrillon et du prince se croisent, ils se reconnaissent. Tout le monde se demande ce qui va se passer (Sextuor bouffon : « Questo é un nodo avviluppato ».)

Rossini la Cenerentola Questo è un nodo avviluppatoCliquez sur l’irrésistible sextuor bouffon (et n’essayez pas de résister)

Le père et la sœur essaient de renvoyer leur servante à la cuisine, mais le prince se fâche contre eux et rend à Cendrillon son bracelet. Cendrillon et le prince chantent enfin leur amour. Alidoro arrive à son tour, et explique aux sœurs le tour qu’il leur a joué, leur conseillant d’accepter leur sort, ce qu’elles font.

Chez le prince, tous chantent le triomphe de la beauté sur l’orgueil. Le prince et Cendrillon paraissent pour les noces et Cendrillon magnanime pardonne à son père et à ses sœurs. Elle chante le bonheur lié à son changement de sort (Air : Non più mesta).

Rossini la Cenerentola finalCliquez sur la Cenerentola dans sa belle robe blanche

(Source: Je me suis principalement servi pour élaborer ce billet du DVD enregistré en 1996 à l’opéra de Houston, avec la Bartoli dans le rôle-titre, paru chez Decca.)

Contes et légendes, Mes opéras préférés

CENDRILLON, de MASSENET (1895 – 1899)

Jules MASSENET, alors au fait de sa gloire, écrit Cendrillon en 1894 – 1895 sur un livret d’Henri CAIN, d’après le célèbre conte de Charles PERRAULT. Cet opéra, réellement comique, est créé en 1899 à l’Opéra-Comique, et rencontre très vite le succès.

Le pitch : Après le remariage de son père, la petite Lucette, dite Cendrillon (vous saviez que Cendrillon s’appelait Lucette ?), vit au service de sa belle-mère et de ses deux belles-sœurs. Le roi organise un bal pour marier son fils et invite toutes les jeunes filles du royaume. Cendrillon est triste de ne pouvoir s’y rendre, mais sa marraine la fée l’aide à une condition, qu’elle soit rentrée à minuit.

Au cours du bal, paf ! c’est le coup de foudre entre Cendrillon et le prince, mais à minuit, elle doit partir, sans avoir pu dire qui elle est.

Rentrée chez elle, et ayant perdu sa pantoufle de verre (ou de vers, ou de vair, ou de vert), elle se désole d’autant plus que sa belle-famille lui fait croire que le prince l’a déjà oubliée. Mais non ! il envoie des messagers dans tout le royaume pour faire essayer la pantoufle à toutes les jeunes filles, et bien évidemment, il n’y a que Cendrillon à qui la pantoufle va.

Acte I : Les domestiques de la maison se plaignent de ce que leur maîtresse est une mégère. Pandolfe, le mari, approuve et regrette le pouvoir que sa femme a sur lui (Air : « Du côté de la barbe ».) Justement, la voilà qui entre, avec ses deux filles Noémie et Dorothée. Elle leur recommande de se faire belles pour le bal du soir.

Massenet Cendrillon Faites vous très belles, ce soirCliquez sur madame de la Haltière et ses deux filles

Quand les filles sont prêtes, le père arrive pour les conduire au bal. Il se fait rabrouer par les trois femmes.

Restée seule, Cendrillon compare le destin heureux de ses sœurs au sien (Air : Ah, que me sœurs sont heureuses [Reste au foyer, petit grillon].)

Massenet cendrillon Ah que mes sœurs sont heureuses (reste au foyer petit grillon)Cliquez sur Cendrillon

Elle s’endort et sa marraine la fée arrive, avec ses sylphes et lutins, qui transforment Cendrillon pour lui permettre d’aller au bal.

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la fée

Elle la dote d’une paire de pantoufles de verre, qui empêcheront ses proches de la reconnaître, et lui recommande de revenir avant minuit.

Acte II : Au palais du roi. Les ministres et les gens de cour cherchent à sortir le prince de la tristesse où il est plongé. Le roi souhaite que le prince choisisse une femme parmi les jeunes filles qui lui seront présentées. Celles-ci font leur entrée (ballet). Vient le tour de Noémie et Dorothée, qui n’ont pas plus de succès que les prétendantes précédentes. Enfin, Cendrillon arrive et charme le prince.

Rossini Cenerentola (MET 2017)Cliquez sur le bal

Il lui demande son nom, mais elle lui répond qu’elle restera pour lui l’Inconnue et que lui sera son prince charmant quand sonnent les douze coups de minuit. Cendrillon part en courant et perd une de ses pantoufles.

Acte III : Cendrillon se retrouve chez elle (Air : « Enfin, je suis ici ») et se remémore sa soirée, son retour dans la nuit, et comment elle a eu peur des statues, blanches dans le noir.

Massenet Cendrillon Enfin, je suis iciCliquez sur l’image

Elle se cache quand elle entend sa famille rentrer. La belle-mère est furieuse de l’attitude du prince qui a osé préférer une inconnue à ses deux filles (Air : Quand on a plus de vingt quartiers [de noblesse].)

Massenet Cendrillon Lorsqu'on a plus de vingt quartiersCliquez sur la marâtre furieuse

Quand son père arrive, Cendrillon se montre pour lui demander comment s’est passé le bal, mais les trois femmes déclarent que le prince, après s’être trompé, a bien compris que l’inconnue qui s’est montrée au bal est une fille bonne à rien, et qu’il l’a déjà oubliée. Devant le désespoir que ces paroles entraînent chez Cendrillon, le père chasse les femmes, et lui dit qu’il reconnaît avoir sacrifié le bonheur de sa fille en se remariant. Il lui annonce qu’il va quitter la ville pour retourner à leur ferme d’autrefois. (Air : « Nous quitterons cette ville où j’ai vu s’envoler ta gaieté ».)

Massenet Cendrillon Nous quitterons cette villeCliquez sur Pandolphe

Quand il est parti, Cendrillon, rejetée par son prince charmant dit qu’elle veut mourir sous le chêne des fées (Air : Seule, je partirai.)

Le prince et Cendrillon, chacun de leur côté, et victimes d’un sortilège qui les empêche de se voir, viennent se plaindre auprès de la fée. (Air et duo : « À deux genoux, je viens à vous ».)

Massenet Cendrillon A deux genoux je viens à vousCliquez sur l’image

Après avoir entendu leurs plaintes (sans se voir), ils se reconnaissent et le prince, ayant appris le nom de son inconnue, déclare qu’il accrochera son cœur sanglant au chêne. Émue, la marraine leur permet enfin de se voir et de se retrouver.

Acte IV : On a ramené Cendrillon, inanimée, chez elle. Son père lui dit qu’elle a déliré, parlant du bal et du prince, qu’elle ne connaît évidemment pas. Ils saluent le mois d’avril et le retour du printemps, quand un héraut annonce que le prince veut faire essayer la pantoufle de verre à toutes les jeunes filles du pays. On assiste donc à un nouveau défilé devant le prince, désespéré, quand enfin Cendrillon arrive avec sa marraine. Cendrillon enfile la pantoufle, et tombe dans les bras du prince !

(Source : je me suis servi principalement du DVD enregistré au Royal Opera House en 2011, avec Joyce DiDonato dans le rôle de Cendrillon, paru chez Erato)

Massenet Cendrillon Bande-annonceCliquez sur la bande-annonce du DVD