Mes opéras préférés

HAMLET, d’Ambroise THOMAS (1868)

Hamlet, d’Ambroise THOMAS, date de 1868. Il a été créé à l’Opéra de Paris, deux ans après Mignon, autre grand succès de Thomas, créé à l’Opéra-comique. Le livret en est du duo BARBIER / CARRÉ, déjà connus pour être auteurs du livret du Faust de GOUNOD en 1858.

Suivant la classification de G.B. SHAW, nous sommes ici en présence d’un étonnant (B+S+M) où le héros, Hamlet chanté par un baryton et non pas par un ténor, aime Ophélie la soprano, alors que la mezzo Gertrude favorise cet amour.

On peut noter que c’est dans Hamlet qu’on trouve pour la première fois l’utilisation du saxophone, récemment inventé, dans un opéra.

Le pitch : On a tué le roi du Danemark, le père d’Hamlet. Le père d’Ophélie, la fiancée d’Hamlet, ayant participé au complot, Hamlet demande à Ophélie de partir au couvent. Devenue folle, elle se suicide. Le spectre du père demande à Hamlet de le venger, ce que celui-ci fait.

Acte I : À Elseneur, au Danemark, la foule se réjouit du mariage entre le roi Claudius et Gertrude, la femme de son frère assassiné deux mois plus tôt.

Hamlet, le fils de Gertrude et de l’ancien roi, voyant sa mère se remarier après seulement deux mois de deuil, médite sur l’infidélité des femmes. Ophélie, sa fiancée, le rejoint et le presse de lui faire dire son amour. La scène se termine par un beau duo (« Doute de la lumière ».)

Thomas Hamlet Doute de la lumièreCliquez sur Ophélie et Hamlet

Ils sont interrompus par Laërte, le frère d’Ophélie, qui vient leur annoncer qu’il est envoyé en Norvège et qu’il confie sa sœur à Hamlet (un peu comme Valentin, le frère de Marguerite, dans le Faust de Gounod.) (Air : « Pour mon pays ».)

Une fanfare annonce le début des festivités du mariage. Hamlet choisit de s’éloigner. Horatio, un ami d’Hamlet, cherche celui-ci pour lui dire qu’on a vu le spectre de son père la nuit précédente sur les remparts.

Sur l’esplanade du château, la nuit, Horatio et Marcellus attendent, se demandant s’ils verront à nouveau le fantôme du roi. Hamlet arrive et apprend la nouvelle. Alors que minuit sonne, le spectre fait son apparition. Il s’adresse à Hamlet et lui apprend qu’il a été assassiné par son frère Claudius. Il demande à Hamlet de le venger.

Thomas Hamlet Scène de l'esplanadeCliquez sur l’image

Acte II : Ophélie est seule dans les jardins du palais. Elle est inquiète, car Hamlet semble l’ignorer.

Thomas Hamlet Sa main depuis hier...Cliquez sur Ophélie

Elle confie son trouble à Gertrude qui prend peur : se pourrait-il que son fils ait découvert la vérité ? Le roi essaye de la calmer.

Thomas Hamlet l'âme de votre filsCliquez sur Claudius et Gertrude

Au cours d’une fête, après une chanson bachique (Ô vin, dissipe la tristesse), Hamlet fait jouer une pièce relatant l’assassinat d’un roi par son frère.

Thomas HAmlet Ô vin dissipe la tristesseCliquez sur Hamlet

Devant le trouble de Claudius, Hamlet l’accuse publiquement et lui arrache sa couronne.

Acte III : Hamlet se demande pourquoi il n’a pas frappé le roi quand il le pouvait. (Air : « Être ou ne pas être ».)

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Quand Claudius arrive, Hamlet se cache derrière une tenture, prêt à le frapper, mais le roi est pris de remords, et demande à son frère de prier pour lui.

Thomas Hamlet Je t'implore, ô mon frèreCliquez sur Claudius

Hamlet ne veut pas le frapper quand il prie, il veut le tuer sur le trône usurpé. Polonius, le père d’Ophélie, arrive. De l’échange qu’ils ont avec le roi, Hamlet comprend que Polonius est complice du meurtre de son père.

Gertrude arrive avec Ophélie, demandant à Hamlet de se marier avec la pauvre fille. Hamlet feint la froideur vis-à-vis de la fille d’un des meurtriers de son père, lui recommandant de partir au couvent et provoquant le désarroi d’Ophélie.

Se tournant vers sa mère, Hamlet l’accuse d’avoir versé le poison dans l’oreille de son mari. Elle titube, s’effondre, mais le spectre apparaît à Hamlet, lui demandant d’épargner sa mère.

Acte IV : Ophélie, désemparée, erre dans la campagne quand elle voit une fête campagnarde. Elle se joint aux jeunes filles, avant de sombrer dans la folie. Elle se penche au-dessus du fleuve, glisse et se noie.

Thomas Hamlet Des larmes de la nuitCliquez sur Ophélie

Acte V : Au cimetière, les fossoyeurs préparent une tombe. Hamlet, qui fuit les assassins de son père à ses trousses, médite sur la vanité de la vie. Laërte arrive, et l’accuse de n’avoir pas veillé sur sa sœur. Quand le cortège funéraire arrive, Hamlet comprend tout : Ophélie est morte. Il veut mourir avec elle quand Claudius et Gertrude arrivent. Le spectre rappelle Hamlet à son serment. Hamlet tue le roi et la reine et, à la demande du spectre de son père, devient roi du Danemark.

(Sources principales : La production de l’Opéra-Comique de 2018, et le livret associé, ainsi que le DVD enregistré au Gran Teatre del Liceu de 2003.)

Animation 1, Cinéma, Mes opéras préférés

GUILLAUME TELL, de ROSSINI (1829)

Dernier opéra de ROSSINI, écrit d’après la pièce de SCHILLER et créé à l’Opéra de Paris en 1829. La longueur de cette œuvre (presque 4 heures) en a empêché un succès pareil à ceux auxquels Rossini était accoutumé. Son Ouverture est un des morceaux les plus utilisés au cinéma, de Walt DISNEY à Stanley KUBRICK.

Rossini Guillaume Tell Ouverture par DisneyPlease, click on the Overture from Willima Tell

Le pitch : Arnold, le fils du pasteur, aime Mathilde, la fille du bailli Gessner, l’occupant autrichien. Un soldat de Gessner ayant été tué par un pâtre, le bailli veut se venger. Il demande aux villageois de se prosterner devant son chapeau, ce que Guillaume Tell refuse de faire. Dès lors, Gessler voudra faire mourir Guillaume qui prend la fuite avec Arnold.

Ouverture : La célèbre ouverture de Guillaume Tell est composée de quatre parties évoquant une scène bucolique suivie d’un orage, le ranz des vaches et enfin la bataille contre l’occupant autrichien.

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Regardant un pêcheur qui songe à sa belle, Guillaume Tell pense à sa patrie, occupée par l’Autriche, ce qui inquiète sa femme Hedwige et son fils Jemmy. Le chœur des paysans annonce la fin du jour.

Rossini Guillaume Quel jour serein le ciel présageCliquez sur l’image

Le vieux Melchtal descend de la montagne, avec son fils Arnold. Hedwige, la femme de Guillaume, lui demande de célébrer trois mariages à l’occasion de la fête des pasteurs. Guillaume offre l’hospitalité à Melchtal et Arnold. Melchtal demande à Arnold quand il va se décider à se marier. Resté seul, Arnold chante son amour pour Mathilde, la fille du bailli Gessner, c’est-à-dire de l’ennemi. Guillaume demande à Arnold ce qui l’agite. S’en suit un duo entre Guillaume et Arnold où ce dernier est déchiré entre son amour pour Mathilde et son amour pour sa patrie.

Rossini Guillaume Tell Où vas-tu, quel transport t'agiteCliquez sur Arnold et Guillaume

Arrivent Melchtal, Hedwige et le chœur venu chercher les trois fiancées. Pendant que Melchtal bénit les trois couples, on entend Gessler arriver. Arnold s’enfuit, suivi de Guillaume. Le chœur se réjouit et honore Jemmy, le fils de Guillaume, qui a remporté le prix de tir à l’arc. Mais un pâtre arrive, qui explique que pour défendre sa fille de la soldatesque gesslerienne, il a tué un soldat et qu’il est poursuivi. Il veut traverser le lac pour trouver refuge de l’autre côté. Le pécheur refuse. Guillaume revient, sans Arnold. Le pâtre quémande son secours et Guillaume lui fait traverser le lac. Les soldats de Gessler arrivent, conduits par le capitaine de la garde, Rodolphe. Celui-ci demande qui a aidé le pâtre, mais le peuple refuse de répondre. Melchtal déclare que cette terre ne connaît pas de délateur. Rodolphe ordonne qu’on l’arrête.

Acte II : Dans la montagne, à un chœur de chasseurs répond un chœur de pâtres. Mathilde, qui s’est isolée du groupe, sent qu’Arnold n’est pas loin. Dans le fond de son cœur, c’est lui qu’elle aime (Air : Sombre forêt…).

Rossini Guillaume Tell Sombre forêtCliquez sur Mathilde

Arnold paraît, et lui avoue son amour, auquel elle répond (Duo : Oui vous l’arrachez à mon âme).

Rossini Guillaume Tell Oui, vous l'arrachez à mon âmeCliquez sur Arnold

Mais on vient, il faut se séparer. C’est Guillaume accompagné d’un de ses compagnons, Walter. Guillaume et Wlater rappellent à Arnold que Mathilde est leur ennemie, et lui apprennent que Gessler a fait mourir son père (Trio : « Quand l’Helvétie est un champ de supplices ».)

Rossini guillaume Tell trioCliquez sur le trio

Il l’appelle à prendre la tête de la révolte contre le bailli. Les délégués des trois cantons arrivent. Arnold fédère leur révolte.

Acte III : Alors que Mathilde attend un doux adieu d’Arnold, celui-ci révèle qu’il doit venger son père. Elle lui dit de fuir.

Rossini Guillaume Pour notre amour plus d'espéranceCliquez sur l’image

Sur la place du village, on dresse une estrade. Gessler paraît et ordonne que l’on se prosterne en passant devant son chapeau accroché à un poteau. Sous la contrainte des soldats, tout le monde se prosterne devant le chapeau. Guillaume arrive avec Jemmy. Rodolphe lui ordonne de s’incliner. Guillaume refuse. Gessler le fait arrêter. Guillaume demande à Jemmy d’aller prévenir sa mère afin qu’elle lance le signal de la révolte, un feu allumé, mais Gessler ordonne que l’on place une pomme sur la tête de Jemmy, et demande à Guillaume de l’atteindre d’une flèche. Guillaume résiste, puis cachant une flèche sous son habit, il tire et atteint la pomme, ne cachant pas que s’il avait raté, la deuxième flèche aurait été pour Gessler. Celui-ci demande qu’on arrête Guillaume et son fils. Mathilde les prend sous sa protection, mais déjà Gessler a une autre idée pour faire disparaître Guillaume et l’entraîne sur le lac pour le mener en prison.

Acte IV : Arnold pleure la perte de son père quand les confédérés arrivent, cherchant des armes pour secourir Guillaume. Arnold leur dit où trouver les armes que son père et Guillaume avaient cachées en vue de la révolte. De son côté, Edwige décide de tuer Gessler. Mathilde se présente et lui rend Jemmy (Trio : « Je rends à votre amour ».)

Rossini Guillaume Tell Je rends à votre amourCliquez sur le trio

Malgré la tempête, Guillaume réussit à regagner le rivage. Il demande à sa femme pourquoi sa maison brûle. Elle répond qu’elle y a mis le feu pour donner le signal de la révolte. Poursuivi par les soldats, Guillaume tue Gessler.

Arnold arrive après avoir libéré le château de l’occupant autrichien. Il peut retrouver Mathilde !

Rossini Guillaume Tell FinalCliquez sur Arnold, Guillaume et Mathilde

Mes opéras préférés, Théâtre

KATIA KABANOVA, de JANACEK (1919 – 1921)

Katia Kabanova est un opéra écrit par JANACEK d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI. Créé à Brno en 1921 et repris à Prague dès 1922. Contemporain des avancées sur la psychologie humaine dues à FREUD, cet opéra nous propose une héroïne partagée entre son sens du devoir moral et sa psyché.

Après le succès (tardif) de Jenufa en 1916, Janacek renoue avec une héroïne dont l’amour est contrarié par une femme plus âgée et autoritaire, qui fera finalement son malheur.

Classification selon G.B.SHAW : Suivant la classification de George Bernard SHAW, nous sommes ici en présence d’un opéra du type très original (S+T/S+T), où une soprano (Katia) et un ténor (Boris) s’aiment alors que leur amour est contrarié par une soprano (la mère) et un ténor (Tichon).

Le pitch : Dans la maison des Kabanov, Kabanicha, la mère, fait régner la terreur dans sa famille par crainte du qu’en-dira-t-on. Elle régente la vie de son fils, Tichon, et de sa belle-fille Katia, qui étouffe et a perdu toute joie de vivre en entrant dans cette maison. Alors que Tichon est en déplacement à la foire de Kazan, l’inconcevable se produit, Katia trompe son mari avec le beau et jeune Boris. Au retour de son mari, Katia, déchirée entre ses devoirs envers son mari, et son amour toujours vivant pour Boris, avoue son crime et se suicide.

Ouverture :

Janacek Katia Kabanova OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Un dimanche après-midi, sur les bords de la Volga. Koudriach, l’instituteur contemple la nature quand il entend le vieux Dikoï gronder son neveu Boris, qu’il juge bon à rien. Boris confie à Koudriach qu’il est venu de Moscou pour obéir à Dikoï, condition pour obtenir son héritage que ses parents ont confié à Dikoï. Les Kabanov sortent de l’église et se dirigent vers leur maison. Il y a là Marfa Kabanova, son fils Tichon et sa belle-fille Katia. Marfa reproche à son fils de ne plus aimer sa mère depuis qu’il est marié. Comme Katia répond en lui déclarant qu’elle l’aime comme sa propre mère, elle se fait remettre sèchement à sa place. Elle n’a pas à se mêler d’une discussion entre la mère et le fils ! Katia rentrée à la maison, Marfa prédit à son fils que sa femme le fera un jour cocu.

Dans sa chambre, Katia évoque avec Varvara la servante de la maison les jours heureux de sa jeunesse, avant qu’elle n’entre dans cette famille où toute joie est interdite. Insouciante, elle passait son temps à arroser les fleurs, à rêver de voler comme un oiseau, et elle aimait aller à la messe où elle se croyait au paradis. Mais maintenant, quand elle rêve de vol, elle chute, entraînée par le poids du péché. Elle aime et désire un autre homme que son mari, Boris. Tichon entre avec ses valises, il va partir deux semaines à la foire de Kazan, où il est envoyé par sa mère. Katia le supplie de ne pas la laisser seule, mais Tichon n’entend pas derrière ses mots la détresse de sa femme. (Air et dialogue : »Vis co mi napadlo » « Ce serait beau si nous pouvions voler comme les oiseaux ».)

Janacek Katia Kabanova acte 1 scène 2 Vis, co mi napadloCliquez sur Katia

Marfa entre et ordonne à Tichon de partir à la foire de Kazan, en lui demandant d’ordonner à sa femme de lui être obéissante pendant son absence, de ne pas rester à rien faire, de ne pas regarder les autres hommes. Katia s’effondre au sol, puis dit durement à Tichon de partir.

Acte II : Dans la maison des Kabanov, le soir, Marfa reproche à Katia d’avoir laissé partir son mari sans éprouver de peine. Même si elle n’en éprouve pas, elle aurait pu faire semblant, ça aurait été plus convenable. Varvara dit discrètement à Katia qu’avec la chaleur qu’il fait, elle peut dormir dans la véranda. Elle s’arrangera pour faire venir Boris et lui confie la clé d’une petite porte qui donne sur la véranda. Katia commence par refuser, puis petit à petit cède à l’idée de voir Boris, de lui parler, telle l’Isolde de WAGNER, mais sans l’aide d’un philtre d’amour : « C’est le destin, je mourrai si je ne le vois pas et je sais que je devrai mourir si je le vois » (Air: « Ne, ne, nidko » « rien, rien, personne ».)

Janacek Katia Kabanova Acte II Ne, ne, nidkoCliquez sur Katia

Katia sort, Marfa rentre avec Dikoï, qui est ivre et cherche à la séduire. Ils ressortent ensemble.

Devant la petite porte, Koudriach se promène et chante une chanson d’amour en attendant Varvara. Boris arrive alors que Varvara répond à la chanson de Koudriach. Katia arrive à son tour et Boris cherche à lui parler, à lui prendre la main. Il lui déclare son amour.

Janacek Katia Kabanova Acte 2 scène 2Cliquez sur l’image

Katia répond qu’elle est mariée, que tout cela va les mener vers un grand malheur. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, mais quand Boris parle d’amour, Katia parle de mort. Varvara et Koudriach reviennent et leur disent d’aller sur le sentier. Ils les préviendront quand ce sera l’heure de rentrer.

Acte III : Devant les ruines d’un bâtiment, Koudriach discute avec un ami sous l’orage. (l’Orage était le titre de la pièce originale d’Ostrovski). Dikoï arrive, mais il ne veut pas que Koudriach lui adresse la parole.

Janacek Katia Kabanova Acte 3 scène 1 la tempêteCliquez sur la tempête

Varvara entre et déclare que Tichon est rentré, et que Katia qui ne pourra plus voir Boris et est en train de perdre la raison. Katia arrive, quand elle voit Boris, elle s’accuse devant Marfa et Tichon d’avoir trompé son mari, malgré le serment qu’elle avait fait de ne pas parler à d’autres hommes pendant l’absence de Tichon.

Varvara et Koudriach disent qu’ils vont partir à Moscou. Sur le bord de la Volga, Katia erre, n’ayant plus goût à rien. Boris entre, ils s’étreignent. Boris dit que son oncle veut l’envoyer en Sibérie. Katia lui demande de penser à elle, de faire l’aumône sur son chemin de sa part. Quand Boris part, elle se jette dans le fleuve. Devant son corps que l’on a tiré du fleuve, Tichon accuse sa mère de l’avoir tuée, avant de retomber dans sa soumission à sa mère.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur Katia

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris de 1988, et le programme associé.)

Et si vous en voulez encore un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous en voulez encore un peu plus

Contes et légendes, Mes opéras préférés

PARSIFAL, de WAGNER (1882)

WAGNER était féru de légendes antiques (sa bibliothèque personnelle à Bayreuth est assez impressionnante) et il a eu l’idée d’utiliser le personnage de Parsifal dès 1845, à l’époque où il écrivait Lohengrin (qui se trouve être le fils de Parsifal). Plus tard, en 1856, il a aussi songé à faire apparaître Parsifal dans une scène de Tristan und Isolde, en opposant ainsi l’amour profane et l’amour divin. Finalement il écrira le livret de son Parsifal en 1877, d’après Parzival et le conte du Graal de CHRÉTIEN de TROYES, et en composera la musique de 1877 à 1882.

Parsifal a été créé en 1882 à Bayreuth, et Wagner ne voulait pas qu’on le joue ailleurs. Ce sont les États-Uniens qui ont jugé que cet interdit n’était pas valable pour l’Amérique (déjà !) et qui l’ont monté sur scène à New York en 1903. Il faudra attendre 1913 pour que l’exclusivité tombe pour le reste du monde.

Le pitch : Dans le château de Montsalvat où a été recueilli le calice contenant le sang du Christ crucifié, et la lance qui a provoqué sa blessure, les chevaliers du Graal veillent sur ces reliques. Le magicien Klingsor, un prétendant à cette confrérie qui en a été rejeté veut s’emparer du Graal. Pour ce faire, il a créé au pied du château un jardin enchanté peuplé de ses créatures, les filles-fleurs, qui vampent les chevaliers. Ça a été le cas du roi Amfortas, qui s’est laissé séduire par Kundry, une femme à l’effrayante beauté sous l’emprise maléfique de Klingsor. Klingsor en a alors profité pour voler la lance sacrée et en frapper Amfortas. Depuis, celui-ci souffre d’une blessure qui ne guérit pas et répugne à diriger son office. Seul un innocent au cœur pur pourra récupérer la lance et le guérir. Cet innocent, ce sera Parsifal.

Le personnage de Kundry est intéressant. Au naturel, elle ne rêve que de servir les chevaliers, mais quand elle est sous l’emprise magique de Klingsor, c’est à leur perte qu’elle se voue.

Prélude de l’acte I : Dans son prélude, Wagner expose les principaux leitmotivs de son drame sacré : la Cène, le Graal, la Foi et la Lance.

Wagner Parsifal Prélude acte ICliquez sur l’image

Acte I : Dans la forêt entourant le château du Graal, auprès d’un lac, Gurnemanz et deux écuyers attendent l’arrivée d’Amfortas, leur roi, qui vient prendre son bain. Les chevaliers du Graal ont comme mission de veiller sur le Saint-Graal, un vase qui contient le sang du Christ, et sur la lance qui a percé le flanc du Christ sur la croix.

Kundry, une femme inquiétante au service des chevaliers, apparaît.  Elle apporte une fiole d’un baume censé apaiser les douleurs d’Amfortas. Autrefois, Amfortas a succombé à ses charmes, et Klingsor en a profité pour lui voler la lance sacrée, lui causant au passage une blessure qui ne peut pas guérir. Arrive le cortège des chevaliers accompagnant Amfortas au bain, censé soulager ses douleurs. Gurnemanz lui présente le baume de Kundry. Il explique aux écuyers que Klingsor est un ancien prétendant à la confrérie des chevaliers du Graal, mais que ne pouvant respecter le vœu de chasteté qu’exige cette charge, il s’est mutilé et a été rejeté par les chevaliers. Pour se venger, il a créé un jardin magique, peuplé de belles femmes vouées à détourner les chevaliers de leur mission sacrée afin de les perdre. Un seul homme pourra récupérer la lance sacrée : un innocent au cœur pur.

Un jeune homme apparaît, poursuivant un cygne. Il tue le cygne, animal sacré, devant l’assemblée effarée qui le conduit devant Gurnemanz. Le jeune homme ne sait pas répondre aux questions de Gurnemanz, il ne connaît même pas son propre nom. La seule chose qu’il peut dire, c’est qu’il a grandi seul dans la forêt. Kundry raconte son histoire. Le jeune homme a été élevé par sa mère pour éviter qu’il ne suive son père, un ancien chevalier du Graal parti en quête d’aventure, et qui est mort au combat. Parsifal a grandi comme un innocent, sans éducation. Un jour, voyant des chevaliers en armure brillante, il les a suivis. Kundry est alors prise d’une étrange torpeur. Le roi revient du bain et Gurnemanz propose à Parsifal de les accompagner au château du Graal, Montsalvat.

À Montsalvat, les chevaliers entrent solennellement pour la cérémonie. Titurel demande à son fils Amfortas de dévoiler le Graal, comme sa fonction l’y oblige. Ceci réveille sa blessure et il résiste. Il finit par célébrer la Cène et au cours de la cérémonie, le Graal remplit de vin les verres des chevaliers, et dépose à côté un pain, symbole de la manne nourricière. Parsifal a assisté en silence, apparemment inconscient de la symbolique de ce qu’il voit. Mécontent de ce comportement, Gurnemanz le chasse du château.

Wagner Parsifal Wein und BrotCliquez sur les chevaliers recevant le vin et le pain (Wein und Brot)

Acte II : Dans son château, Klingsor tire Kundry de son sommeil pour qu’elle séduise Parsifal, qui se dirige vers son château. Parsifal se bat contre la garde de Klingsor, composée des chevaliers qu’il a détournés de leur devoir. Devant la bravoure au combat de Parsifal, la garde s’enfuit. Le château de Klingsor s’enfonce alors sous la terre, faisant place à un magnifique jardin peuplé des créatures de Klingsor, les filles-fleurs. Elles entourent Parsifal et cherchent à le séduire, mais Parsifal leur résiste.

Wagner Parsifal Acte II Hier war das Tosen (les filles-fleurs)Cliquez sur les filles-fleurs

Kundry apparaît à son tour, et lui raconte son histoire. Elle lui donne son nom « Fol si pur » (Parsifal) qui lui rappelle que sa mère l’appelait ainsi. Elle lui annonce alors que sa mère est morte quand il est parti. Elle profite du trouble de Parsifal pour lui donner un baiser, mais ce baiser dissipe l’enchantement et Parsifal, revivant la scène du Graal, revit également les souffrances d’Amfortas et le baiser qu’il a reçu de Kundry et qui a provoqué sa chute et sa blessure. Il la repousse. Kundry explique qu’elle a été condamnée pour avoir ri du Christ dans sa Passion, et que le baiser de Parsifal la délivrera de son sort. Parsifal refuse encore, car accepter, ce serait les condamner tous les deux.

Wagner Parsifal Amfortas, Die WundeCliquez sur Parsifal

Kundry appelle Klingsor à l’aide. Celui-ci apparaît, porteur de la lance sacrée. Il la jette vers Parsifal, mais elle s’arrête en l’air sans l’atteindre au-dessus de la tête de Parsifal. Parsifal s’en saisit alors, et traçant un signe de croix, fait ainsi disparaître le château de Klingsor et tous ses enchantements.

Acte III : Gurnemanz vit en ermite au pied du Burg de Montsalvat. Entendant des gémissements dans un fourré, il tire Kundry d’un long sommeil magique, et celle-ci ne pense plus qu’à une chose, servir.

Wagner Parsifal Von dorther kam das StöhnenCliquez sur l’image

Un chevalier en armure noire apparaît. Gurnemanz lui demande de baisser les armes en ce lieu sacré et en ce jour du Vendredi saint. Le chevalier s’exécute et Gurnemanz reconnaît Parsifal, qui le salue. Il dit qu’il vient voir Amfortas, persuadé qu’il est de pouvoir le sauver. Gurnemanz explique alors que depuis le départ de Parsifal, Amfortas, voulant mourir, n’a plus assuré le service du Graal, tarissant la source qui leur apportait la manne céleste qui les protégeait de la vieillesse. Titurel vient d’ailleurs d’en mourir. Quand Gurnemanz reconnaît la lance sacrée dans les mains de Parsifal, il sait qu’il a en face de lui l’innocent au cœur pur, seul capable de cet exploit. Kundry lave les pieds de Parsifal et Gurnemanz ses cheveux, puis il oint Parsifal, le sacrant nouveau prêtre du Graal. Parsifal donne le baptême à Kundry et tous trois entrent dans le château du Graal. C’est le Vendredi saint (l’enchantement du Vendredi saint).

Wagner Parsifal acte III Enchantement du vendredi saintCliquez sur Kundry, Gurnemanz et Parsifal

Dans la grande salle, les chevaliers entrent en un double cortège. Les uns portent la dépouille mortelle de Titurel, les autres Gurnemanz sur sa couche. Les chevaliers demandent à Amfortas de dévoiler le Graal, mais celui-ci refuse. Parsifal entre alors, et, touchant la blessure d’Amfortas de la pointe de la lance, le guérit. Il demande alors que l’on dévoile la châsse où se trouve le Graal. Celui-ci s’illumine et une colombe descend du plafond de la coupole et vole au-dessus de la tête de Parsifal. Les chevaliers et des chœurs célestes rendent hommage au nouveau roi. Kundry, délivrée, tombe à terre et meurt.

Wagner Parsifal Höchsten Heiles WunderCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ, de BRITTEN (1960)

Le Songe d’une nuit d’été (A Midsummer night’s dream) est un opéra de BRITTEN, composé d’après la pièce de SHAKESPEARE. Le livret est adapté par Britten et son compagnon le ténor Peter PEARS. Le rôle principal a été écrit pour le contre-ténor Alfred DELLER, qui a contribué à réhabiliter la musique de PURCELL, le dernier grand compositeur d’opéras anglais avant Britten.

Purcell Solitude (Deller)

Acte I : Les fées de la reine Tytania chantent (chœur d’enfants : « Over hill, over dale ») quand arrive Puck, qui annonce l’arrivée de son maître Obéron et de Tytania.

Britten A Misummer night's dream Over hill, over daleCliquez sur les fées (qui peut-être sont d’exquises danseuses)

Le roi des elfes, Oberon, est amoureux de Tytania, la reine des fées. Il est furieux car celle-ci a recueilli un enfant qu’il voulait prendre à son service, et leurs disputes incessantes génèrent bien des maux dans la nature. Oberon appelle le lutin Puck, et lui demande d’aller chercher une plante qui a le pouvoir de rendre amoureuse le premier être vivant que l’on rencontrera après son réveil, si on a versé son suc sur les paupières du dormeur.

Lysandre et Hermia arrivent. Ils ont fui Athènes, où Égée, le père d’Hermia, veut la marier à Demetrius (Duo : « How now my love »).

Britten A Misummer night's dream How now my loveCliquez sur Hermia et Lysandre

Survient Demetrius, lui-même poursuivi par les ardeurs d’Helena. Ils sortent tous et Puck arrive, porteur de l’herbe magique (Air : « I know a bank »).

Britten A Midsummer night's dream I know a bankCliquez sur Puck

Oberon lui recommande d’en verser le suc sur les yeux d’un Athénien endormi qu’il devrait trouver près d’Hermia.

Les artisans du village se rassemblent et se distribuent les rôles d’une pièce qu’ils comptent jouer pour le mariage de Thésée, quatre jours plus tard : la comédie de Pyrame et Thisbée. Ils se séparent et se donnent rendez-vous pour le soir.

Hermia et Lysandre reviennent, se jurant fidélité avant de s’endormir (Duo : Amen, amen). Puck voyant Lysandre endormi croit que c’est l’Athénien désigné par Oberon et le soumet au pouvoir de la plante. Helena revient, poursuivant toujours Demetrius, mais Lysandre se réveille à ce moment et, ouvrant les yeux sur elle, en tombe immédiatement amoureux. Ils sortent et Hermia, se réveillant à son tour, cherche son Lysandre.

Tytania revient et demande à ses fées de lui chanter une berceuse. Oberon s’approche et lui verse le suc de sa plante sur les paupières.

Acte II : Les artisans se réunissent le soir pour répéter leur pièce. Bottom, affublé d’une tête d’âne apparaît, mais c’est le moment où Tytania s’éveille et elle en tombe immédiatement amoureuse.

Demetrius poursuit Hermia, qui l’accuse d’avoir tué Lysandre. Oberon constatant l’erreur de Puck la corrige en approchant la fleur de ses yeux pendant son sommeil. Lysandre et Helena paraissent à leur tour, mais Démétrius s’éveillant tombe amoureux d’Helena. Hermia et Helena se rappellent leur amitié d’enfance alors que les hommes sont prêts à se battre. Le ton monte entre Helena qui traite Hermia de marionnette (Air d’Hermia : « Puppet ? Why so ! ») et leur amitié tourne en dispute.

Britten A Midsummer night's dream Puppet, why soCliquez sur Hermia

Obéron reproche à Puck de s’être trompé et lui demande d’annuler ses sortilèges, ce qu’il fait en les rendormant pour la nuit, bercés par le chœur des fées (Chœur : On the ground, sleep sound).

Britten A Midsummer night's dream On the groundCliquez sur l’image

Acte III : Oberon, qui a récupéré l’enfant, libère Tytania de son sort. Elle se réveille alors, aux côtés de Bottom et de sa tête d’âne, à son grand étonnement.

Britten A Midsummer night's dream When my cue comes, call meCliquez sur l’image

Ils sortent. Helena, Démétrius, Hermia et Lysandre se réveillent à leur tour (Quatuor : « Helena ! Hermia ! Demetrius ! Lysander !).

Britten A Midsummer night's dream Act III QuartettCliquez sur Helena, Hermia, Demetrius & Lysander

À son tour, Bottom se réveille, se rappelant le rôle qu’il doit jouer dans la pièce. Il veut demander à Peter Quince de lui écrire une chanson racontant son rêve. Les artisans se retrouvent, cherchant Bottom. Ils ont perdu l’occasion de plaire au duc, et donc un espoir de revenu. Bottom arrive, annonçant que la pièce est acceptée par le duc. Ils sortent se préparer pour le soir.

Thésée retrouve Hyppolita le soir où doivent être célébrées leurs noces, qu’il souhaite fastueuses. Le quatuor d’amants se présente devant le duc stupéfait de voir les anciens adversaires réunis. Ils expliquent ce qui leur est arrivé, et le duc décide de les marier le soir même, en même temps que ses propres noces. Quince vient présenter sa farce tragique au duc et à Hyppolita. Tout le monde veut voir cette pièce. Les artisans entrent en scène (ensemble : If we offend, it is with our good will) et la comédie (tragique) commence sous le regard amusé du sextuor. Enfin, on entend les douze coups de minuit, c’est l’heure des fées, l’heure d’aller au lit (ensemble : « Sleep well »). Les fées reviennent pour un chœur final.

Britten A Midsummer night's dream Act III FinaleCliquez sur l’image

Et si vous avez envie d’en entendre un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous avez envie d’en entendre un peu plus

Mes opéras préférés

LES BORÉADES, de RAMEAU (1763)

Dernière tragédie lyrique de RAMEAU, les répétitions des Boréades ont été interrompues par sa mort en 1764. Il faudra attendre plus de deux siècles pour qu’on la redécouvre.

Rameau, alors âgé de plus de 80 ans, a su y développer pour la musique de ses ballets des talents symphoniques nouveaux.

Le pitch : La reine Alphise aime Abaris, mais elle doit choisir pour mari un descendant de Borée, le dieu du Vent. Cet amour interdit provoque la colère de Borée, qui la condamne à mort. Heureusement, on apprend (à la fin) qu’Abaris est lui-même un descendant de Borée. Alphise peut donc le choisir pour époux sans avoir à renoncer à son trône.

Acte I : La reine Alphise avoue sa lassitude à sa confidente Sémire. Elle doit en effet choisir son mari parmi les Boréades, les descendants de Borée, le dieu du Vent, mais elle aime un étranger, Abaris. Sémire lui rappelle que ce choix provoquera la colère de Borée. Les deux Boréades, Calisis et Borilée, pressent Alphise de choisir entre eux, mais celle-ci déclare qu’elle suivra le choix d’Apollon. Après une pastorale où alternent les chants et les chœurs, Alphise exprime ses craintes (Air : « Un horizon serein… ».)

Rameau les Boréades Un horizon sereinCliquez sur Alphise

Acte II : Dans le temple d’Apollon, le grand prêtre Adamas se souvient que quand Apollon lui a confié le jeune Abaris, il lui a fait promettre de ne pas lui révéler son origine tant qu’il ne serait pas digne d’être du sang des dieux (Air : « Charmes trop dangereux »).

Rameau les Boréades Charmes trop dangereuxCliquez sur l’image

Il appelle Abaris, qui lui révèle son amour pour Alphise. Adamas ordonne à ses prêtres d’obéir en tout à Abaris jusqu’à l’annonce du futur roi. Alphise arrive à son tour. Elle vient demander au prêtre d’intercéder en sa faveur auprès d’Apollon. Restée seule avec Abaris, elle lui raconte un songe où elle a vu Borée détruire son royaume. Abaris demande à Apollon de les protéger et, oubliant son rôle de prêtre, il déclare son amour pour Alphise. Alphise lui répond en retour, mais ses suivantes approchent. Abaris modifie alors son chant d’amour en chant de gloire pour Apollon, que tout le monde reprend en chœur (Chœur : « Chantons le dieu »). La femme de Borée entre avec ses suivantes, portant un vase sacré et dansant pour Athéna. La danse est interrompue par l’arrivée de Borée, Calisis et Borilée, qui disent à Alphise qu’il faut écouter l’amour quand il se manifeste. Éros paraît. Il donne une flèche magique à Alphise en lui disant de suivre ce trait enchanté. Le chœur célèbre Amour et Apollon, mais est interrompu par Borée et ses fils, qui se demandent si Amour leur sera contraire ou favorable.

Acte III : Alphise est seule avec ses pensées, partagée entre son rêve tragique et le charme de l’amour (Air : « Songe affreux, image cruelle »).

Rameau les Boréades songe affreux, image cruelleCliquez sur Alphise

Abaris entre. Il a peur d’être sacrifié par Alphise au devoir, mais Alphise le rassure. Le peuple entre et chante les louanges de l’Hymen (Chœur : « Triomphe hymen, l’amour t’appelle »).

Rameau les Boréades Triomphe Hymen, l'amour t'appelleCliquez sur l’image

Adamas demande à la reine de choisir son mari, mais celle-ci annonce que pour respecter la volonté de Borée de voir un de ses fils sur le trône, elle renonce à son titre de reine au profit de son amour pour Abaris. Elle tend la flèche magique à Abaris. Calisis et Borilée réclament le trône devenu vacant. Abaris veut protéger la reine en renonçant à son amour, mais elle persiste. Les deux prétendants en appellent à leur père Borée. Celui-ci fait alors éclater une tempête qui emporte Alphise.

Acte IV : Entrée.

Rameau les BoréadesCliquez sur la symphonie d’entrée de l’acte IV.

Le peuple supplie Borée de se calmer (Chœur : « Nuit redoutable, jour affreux »).

Quand enfin la tempête s’arrête, Abaris arrive, abattu (Air : « Tout cède aux efforts de l’orage »).

Rameau les Boréades Tout cède aux efforts de l'orage (la Tempête)Cliquez sur Abaris

Adamas lui demande de renoncer à son amour pour rétablir le calme. Abaris veut se frapper avec la flèche, mais Adamas lui rappelle que cette flèche peut le faire gagner face à ses rivaux. La muse Polymnie lui demande d’invoquer les Zéphyrs pour qu’ils le conduisent au royaume du Tonnerre. Avec l’aide de l’amour, il va fléchir le dieu sévère.

Acte V : Dans son royaume, Borée ordonne aux vents de continuer à frapper la Terre, mais ceux-ci répondent faiblement qu’un mortel les force au repos. Alphise entre avec ses fils. Borée lui ordonne de choisir entre eux, sous peine d’être réduite en esclavage, mais elle refuse. Borée, furieux, ordonne à ses sujets de continuer à la tourmenter. Abaris apparaît. Les Boréades se moquent de lui, venu les arrêter. Il se sert de sa flèche magique pour les calmer.

Rameau les Boréades Acte V scene IVCliquez sur Abaris face à Borée et ses fils

Apollon paraît, et révèle qu’Abaris est son fils, et qu’il l’a eu d’une nymphe elle-même descendante de Borée. Ainsi, Abaris étant un descendant de Borée, rien ne s’oppose plus à son mariage avec Alphise. Apollon scelle leur sort, et répand une lumière éternelle sur le sombre royaume de Borée.

(Source principale : le livret et le DVD de William Christie.)

Mes opéras préférés

WOZZECK, d’Alban BERG (1917-1922)

Wozzeck est une œuvre phare dans l’histoire de l’opéra du XXe siècle. En effet, Wozzeck est le premier opéra atonal (mais pas encore dodécaphonique), même si Alban BERG y a introduit des formes classiques (passacailles, fugues, rondos, scherzos, …).

Autre nouveauté, si l’apport de la psychologie se développait déjà depuis la fin du siècle précédent, c’est la première fois que la psychologie du héros principal nous est présentée de l’intérieur.

L’œuvre a été écrite de 1917 à 1922, et créée à Berlin en 1925, et connut assez rapidement un succès international. Elle a été classée par les nazis comme faisant partie de l’art dégénéré et mise à l’index.

Chaque acte est découpé en cinq scènes, parfois courtes, indépendantes musicalement et reliées entre elles par des interludes musicaux. Le livret s’inspire du Woyzeck de BÜCHNER, qui lui-même avait écrit sa pièce d’après un fait divers datant de 1821.

Acte I : Le soldat Wozzeck rase le capitaine. Le capitaine lui fait la morale, car Wozzeck a eu, avec Marie, un enfant « sans la bénédiction de l’église ». Le capitaine provoque Wozzeck, qui tient le rasoir sous sa gorge. Pourtant, Wozzeck ne se rebelle pas et continue à raser le capitaine.

Berg Wozzeck débutCliquez sur Wozzeck et le capitaine

Dans la nature, Wozzeck cherche à comprendre le sens de la vie. Il a recours à la bible, et déclare que cet endroit est maudit. Son camarade Andres ne le comprend pas. Lui ne voit ni n’entend rien, si ce n’est le clairon qui appelle les soldats à la caserne.

Marie regarde le défilé militaire avec son amie Margret. Elles regardent le tambour-major. Margret sent que Marie n’éprouve plus d’amour pour Wozzeck. Marie endort son enfant en lui chantant une berceuse. Quand Wozzeck rentre, Marie lui reproche de ne pas s’intéresser à son enfant, mais Wozzeck, encore en proie à ses hallucinations, ne reconnaît ni Marie ni son enfant.

Berg Wozzeck Acte I scène 3 Tschin BumCliquez sur l’image

Wozzeck vend son corps à la science, c’est-à-dire au docteur militaire qui fait des expériences sur lui. Wozzeck sent qu’il ne représente plus rien pour Marie. Il veut en parler au docteur, mais celui-ci ne l’écoute pas. Il ne s’intéresse qu’à ses expériences, pas aux hommes.

Berg Wozzeck le docteurCliquez sur le docteur

Marie et le tambour-major se rencontrent. Marie admire sa force. Elle hésite, puis le fait entrer chez elle.

Acte II : Marie reçoit des boucles d’oreille du tambour-major. Voyant le bijou, Wozzeck prend peur et essaie de retenir Marie avec de l’argent.

Le capitaine fait peur au docteur, en lui prédisant des problèmes de santé. Le docteur fait peur à Wozzeck. Les deux le tourmentent au sujet de Marie et du tambour-major, mais Wozzeck tient bon.

Berg Wozzeck Act II scene 2 Wohin so eiligCliquez sur l’image

Wozzeck réclame la vérité à Marie, qui la lui assène : son amour pour lui est mort. « Plutôt un couteau dans le corps qu’une main sur moi ! » Un abîme s’ouvre devant Wozzeck.

Le soir, dans le jardin de l’auberge, Wozzeck découvre Marie avec le tambour-major. Son monde s’écroule alors qu’un ivrogne s’approche de lui et lui dit qu’il « pue le sang ».

Berg Wozzeck Lustig; lustig Aber es riechtCliquez sur l’image

La nuit à la caserne, Wozzeck ne réussit pas à dormir. Le tambour-major, ivre, rentre et se vante de ses exploits amoureux. Ils se battent, mais le tambour-major prend le dessus.

Acte III : Marie lit dans la bible l’histoire de la pécheresse Marie-Madeleine, mais n’arrive pas à réconcilier bible et réalité. Elle raconte à son enfant l’histoire d’un enfant abandonné de tous. Prise de remords, elle implore la pitié de Dieu.

Le soir, au bord de l’étang, Wozzeck croise Marie. Il veut lui parler du temps où ils s’aimaient. La lune, rouge, monte dans le ciel. Croyant voir du sang, il frappe Marie.

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur Wozzeck et Marie

La nuit, à l’auberge Wozzeck chante et danse pour oublier. Le sang qu’il a sur lui alerte Margret. Wozzeck s’enfuit.

Wozzeck cherche son couteau. Il le trouve et le jette dans l’étang. En voulant se laver du sang qui le macule, il se noie dans l’étang.

Des enfants jouent et se moquent de l’enfant de Marie, car sa mère est morte.

Berg Wozzeck Act III scene 5Cliquez sur l’image

Mes opéras préférés, opéra russe

LA KHOVANTCHINA, de MOUSSORGSKI (1872 – 1880)

La Khovantchina est la dernière œuvre sur laquelle a travaillé MOUSSORGSKI. Il l’a commencée en 1872, réunissant le matériel historique qui allait lui permettre d’en écrire le livret. À la fin de 1873, celui-ci est à peu près achevé, et certaines idées musicales sont déjà couchées sur le papier. Il la délaissera en suite pratiquement pendant toute l’année 1874, au cours de laquelle il s’est consacré à la publication de Boris Godounov après sa création à Saint-Pétersbourg, ainsi qu’aux Tableaux d’une exposition.

Il consacrera ensuite les années 1875 et 1876 à l’écriture des quatre premiers actes, et il faudra attendre 1880 pour qu’il se mette au cinquième acte. Malheureusement, son état de santé allant en se dégradant ne lui permit pas d’achever la partition, son delirium tremens lui faisant perdre une grande partie des facultés créatrices.

C’est l’infatigable RIMSKI-KORSAKOV qui orchestrera la partition ce qui en permettra la création en 1886 à Saint-Pétersbourg. Au XXe siècle, CHOSTAKOVITCH en fera une nouvelle orchestration, probablement plus fidèle au langage musical âpre de Moussorgski.

Le pitch : Dans la Russie de Pierre le Grand (vers 1682), deux factions s’opposent aux réformes que le tsar a entreprises, sur fond de querelles religieuses et politiques. Le camp des streltsy, mené par les princes Khovanski, se révolte contre le tsar. Pierre le Grand qualifie cette révolte de Khovantchina (soit la barbarie des Khovanski) et fait massacrer ses opposants.

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Ouverture : L’ouverture est le seul morceau qui soit devenu « grand public » et est régulièrement donnée en concert. Le soleil se lève sur la Moskova, éclairant les bulbes dorés des églises.

Moussorgski la Khovantchina préludeCliquez sur l’image

Acte I : À l’aube, une patrouille de streltsy arrive et se remémore avec joie les massacres qu’ils ont effectués la veille. Un clerc entre à son tour (en ces temps-là, il n’était pas donné à tout le monde de savoir lire et écrire.) Le boyard Chakloviti lui demande d’écrire pour son compte une lettre de dénonciation des princes Khovansky, Ivan le père et André son fils, affirmant qu’ils cherchent à détruire la Russie. Comme le boyard sort, des hommes et des femmes du peuple arrivent et, trouvant sur la place un poteau couvert d’inscriptions, demande au clerc de lire ce qui est écrit. Il s’exécute : c’est le compte-rendu des exécutions faites par les streltsy la veille.

Le prince Ivan arrive en grande pompe et les Moscovites le saluent avec ferveur. Quand il sort arrive Emma, une Allemande que le prince André poursuit de ses assiduités pressantes. Entre à son tour Marfa, l’ancienne maîtresse d’Ivan, qui aime toujours celui-ci. Elle prend la défense d’Emma quand le prince Ivan revient. Frappé par la beauté d’Emma, il demande à ses streltsy de s’emparer d’elle, mais André s’oppose à la volonté de son père. À ce moment le prêtre Dosifei entre avec ses Vieux-Croyants (les tenants de la liturgie orthodoxe ancienne). Il sépare les deux princes, confie Emma à Marfa, et appelle à marcher sur Moscou pour défendre la vraie foi.

Acte II : Le prince Golitisine lit une lettre de la tsarine, qu’il a aimée mais dont il se méfie à présent. Marfa entre, proposant de lui lire son avenir. Elle lui prédit la disgrâce et l’exil. Quand elle sort, Golitisne se rappelle ses hauts faits au service de la Russie et demande que l’on tue Marfa.

Le prince Ivan entre et reproche à Golitsine d’avoir affaibli le pouvoir des boyards. Le ton monte entre les deux hommes quand Dosifei arrive et tente de les calmer. Comme les princes veulent le remettre à sa place, il leur révèle qu’il était lui-même prince avant que de devenir un homme au service de Dieu. Il recommande à Ivan de mieux surveiller ses hommes, qu’il juge au service du diable.

Marfa entre en demandant du secours parce qu’on a cherché à la tuer, et que seule l’arrivée des troupes du tsar lui a permis de se sauver. Elle prévient les deux hommes que les soldats du tsar arrivent pour mater la Khovantschina.

Acte III : Dans le camp des Vieux-Croyants, les hommes chantent qu’ils ont vaincu l’hérésie. Marfa arrive discrètement et chante une chanson d’amour. La mère Susanna la surprend et lui reproche cette chanson inspirée par le diable. Mais Dosifei arrive et la défend auprès de Susanna, lui disant que c’est elle l’impie.

Moussorgski la Khovantchina chanson d'amour de MarfaCliquez sur Marfa

Chakloviti s’est approché du camp, et prédit la fin des streltsy avant de partir. Ceux-ci surgissent et chantent des chansons à boire, alors que les femmes les rudoient pour leur mauvais comportement. L’un d’entre eux, Kouzka, chante la ballade de la médisance.

Le clerc arrive, épouvanté, disant que des mercenaires sont en train de cerner le camp des streltsy. En outre, les troupes du tsar arrivent et ont massacré les mercenaires. Les hommes demandent à Ivan quelle attitude tenir, mais celui-ci leur dit de rentrer chez eux et d’attendre dans le calme.

Moussorgski la Khovantchina fin de l'acte IIICliquez sur la fin de l’acte III

Acte IV : Chez le prince Ivan, les servantes chantent pour distraire le prince. Il demande à ses esclaves persanes de danser pour lui.

Moussorgski la Khovantchina Danses persanesCliquez sur l’image

Moussorgski la Khovantchina danses persanes 2Cliquez sur l’image

La danse est interrompue par un messager qui arrive pour le prévenir d’un malheur qui le menace. Chakloviti entre à son tour, porteur d’une convocation de la part de la tsarine. Flatté, Ivan met ses plus beaux habits, mais il est tué dès qu’il sort de chez lui.

À Moscou, le peuple voit une charrette conduire le prince Govitsine en exil. Marfa prévient Dosifei que les mercenaires vont encercler les streltsy pour les massacrer. Le prêtre conclut que le temps de leur disparition dans les flammes est arrivé.

Le prince André entre, à la recherche de Marfa. Il menace celle-ci, qui lui dit qu’il n’a rien compris, que son père est mort et que l’heure de sa fin est proche. Entrent les streltsy portant des billots et des haches. Alors qu’ils s’apprêtent à mourir, on apprend que le tsar les gracie.

Acte V : Dans un ermitage dans une forêt, refuge des vieux-croyants, Dosifei annonce la fin de l’ancienne religion orthodoxe.

Marfa entre accompagnée d’Ivan. Elle espère toujours sauver son amour, mais lui ne pense qu’à son Emma. Elle met enfin le feu au bûcher funèbre, et tous périssent dans le feu, sous le regard horrifié des soldats du tsar qui arrivent à ce moment.

(Sources principales : la production de l’opéra de Paris de février 2022, et le programme associé.)

Et si vous en voulez encore un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise

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Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Nature

LIKE FLESH, de Sivan ELDAR (2022)

Grande émotion en ce mois de janvier 2022 à l’Opéra de Lille avec la création mondiale de l’opéra Like Flesh, de la compositrice israélienne Sivan ELDAR, sur un livret de la Britannique Cordelia LYNN. L’équipe artistique était complétée par la metteuse en scène italienne Silvia COSTA et le chef d’orchestre français Maxime PASCAL.

Like Flesh présentation opéra de LilleCliquez sur Caroline SONRIER, directrice de l’Opéra de Lille

Commandé par les opéras de Lille, Montpellier et Nancy en 2018, Like Flesh est donc l’aboutissement de plus de 3 ans de travail, pour lequel la compositrice a dû mettre en musique les mots de la librettiste, alors que la metteuse en scène a dû pour une fois, non pas déconstruire une histoire déjà connue de tous (ou presque) pour en proposer une autre lecture, mais au contraire nous proposer une scénographie nous permettant de comprendre une histoire que nous ne connaissons a priori pas déjà. Pour cela, elle s’est appuyée sur les avancées permises par la technologie, notamment avec un dispositif s’appuyant sur une intelligence artificielle pour animer les vidéos qui accompagnent le déroulement de l’action.

Eldar Like Flesh inteview Silvia CostaCliquez sur l’image pour entendre Silvia COSTA

La musique est composée pour un orchestre de chambre amplifié (sonorisé) et un second « orchestre » de 64 haut-parleurs disséminés dans la salle pour permettre au public d’être immergé dans le son des arbres.

Eldar Like Flesh Teaser de l'IRCAMCliquez sur la bande-annonce de l’IRCAM 

Eldar Like Flesh Maxime PascalCliquez sur l’image pour entendre Maxime PASCAL

Les personnages principaux de Like Flesh sont la Forêt, le Forestier (qui coupe les arbres), sa femme et une étudiante venue dans la forêt pour apprendre.

Le pitch : La Femme est malheureuse en mariage et aspire à un monde au-delà des frontières de la chair. L’arrivée dans la forêt de l’étudiante va lui faire découvrir un autre amour, et la poussera à se métamorphoser en arbre. Mais le monde est dur même pour les arbres, et après sa métamorphose, elle sera encore convoitée par le forestier pour l’argent qu’il pourra tirer de son bois et par l’amante qui continue à l’aimer.

Le thème de la métamorphose en arbre est librement inspiré des Métamorphoses d’OVIDE, et notamment de la légende de Daphné qui, poursuivie par Apollon, se transforme en laurier pour lui échapper.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la bande-annonce de l’Opéra de Lille

La construction narrative se fait suivant une alternance de scènes où la forêt (représentée par le chœur) s’exprime et d’autres où les humains parlent.

I : Ce que savait la forêt. La forêt nous raconte son passé depuis les temps immémoriaux.

II : Les oiseaux ne viennent plus ici. Pendant que le forestier expose sa vision de la forêt : du capital, la femme se désole de voir tout bétonné et la vie – plantes, insectes et oiseaux – qui s’en va.

III : Ce qu’ont fait les arbres. Les arbres annoncent la désertification de la Terre.

IV : La couleur rouge. L’étudiante arrive pour essayer de comprendre la vie, les arbres, la communion entre tous les arbres.

V : Leçons qu’apprend la gentillesse. La femme demande à son mari ce que ressentent les arbres quand il les coupe.

VI : Ce qu’a fait l’humain. L’humain est venu dans la forêt avec une hache, et nous avons crié de joie : « Regardez, le manche est des nôtres ! ».

VII : Le troisième rêve. La femme et l’étudiante découvrent leur amour naissant. La femme se métamorphose en arbre.

VIII : Ce qu’a fait l’humain après. Dans un crépitement de mots, la forêt égrène une litanie de tous les objets que créent les humains.

IX : Donc. Ta femme s’est changée en arbre. L’étudiante a appris au forestier que sa femme s’est changé en arbre. L’homme voit déjà le bénéfice qu’il pourra en tirer.

X : Regrets. Le forestier et sa femme discutent. Il se demande comment il aurait dû faire pour que leur amour perdure.

XI . Ce qu’a vu la forêt. La forêt sait la violence dont sont capables les hommes. Elle a la mémoire des juifs pendus à ses branches.

XII : Un arbre se souvient. L’étudiante et l’arbre discutent. Le forestier dit que l’étudiante dort dans les branches de son arbre. Mais les machines humaines arrivent , qui vont tout dévaster.

XIII : Entrelacement. Dans ce duo forêt, femme/arbre, la femme répond à la forêt que l’étudiante l’a blessée en voulant graver son amour sur l’écorce.

XIV : Comportement du bois. Le forestier et l’étudiante échangent leur perception de la femme devenue arbre.

XV : L’hiver, à nouveau. Le forestier et l’étudiante concluent. L’étudiante a cherché à devenir arbre, comme son aimée, mais n’a pas réussi, alors elle en a fendu le tronc pour venir s’y loger/lover alors que le forestier, lui, ne cherche qu’à entretenir ce bois qu’il pourra un jour couper pour le vendre.

La forêt a le dernier mot : Écoutez. La vie, pleine d’espoir se forme dans les failles. Nos racines poussent en chantant, trouvent d’étranges fossiles : un arbre, un squelette, une hache.

(Sources principales : le dossier de presse de l’Opéra de Lille, la présentation par l’équipe artistique le 12 janvier, et bien sûr la création le 21 janvier 2022.)

Mes opéras préférés, opérette

LE PAYS DU SOURIRE, de LEHAR (1923 – 1929)

Le Pays du sourire (Das Land des Lächelns) est une des dernières opérettes écrites par Franz LEHAR. Sa tonalité est douce amère, ce qui est relativement rare pour ce genre d’œuvre. Après une première version intitulée la Tunique jaune en 1923, qui ne connaîtra pas le succès, Lehar reprend sa partition en 1929 pour en faire le Pays du Sourire, qui connaîtra un véritable triomphe. Cette œuvre comporte un certain nombre d’incontournables de l’opérette comme « À l’ombre blanche des pommiers en fleurs » ou « Toujours sourire », et les plus grandes stars de l’art lyrique n’hésitent pas à les chanter, pour leur plaisir et pour le nôtre.

Le pitch : la comtesse viennoise Lisa se marie avec un prince chinois Sou-Chong (l’histoire ne dit pas s’il se prénomme Alain.) Elle part vivre en Chine avec son mari, mais a des difficultés à s’habituer aux coutumes de ce pays.

Lehar Le pays du sourire Je t'ai donné mon cœurCliquez sur le prince Sou-Chong

Ouverture.

Lehar le Pays du sourire OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Dans un salon à Vienne, le comte de Lichtenfels donne une fête en l’honneur de sa fille Lisa. Parmi les invités figure Gustave, un cousin et amoureux de Lisa. Celui-ci déclare sa flamme à Lisa, qui le repousse. Gustave pense que sa cousine aime l’ambassadeur de Chine, le prince Sou-chong, et la prévient du danger de former des couples interraciaux.

Le prince de Chine arrive et annonce à Lisa qu’il soit rendre en Chine pour devenir Premier ministre.

Lehar Le pays du sourire Dans l'ombre balnche des pommiers en fleursCliquez sur l’image

Lisa n’hésite pas et lui déclare qu’elle veut se marier avec lui et le suivre en Chine.

Lehar le Pays du sourire Bei einem Tee a deuxCliquez sur Richard Tauber, le créateur du rôle de Sou-Chong, pour qui Lehar a ciselé ces airs

Acte II : De retour en Chine, le prince s’apprête à recevoir ses nouvelles fonctions. Lisa a sympathisé avec Mi, la petite sœur de Sou-Chong. Mais Tchang, l’oncle du prince et gardien des traditions n’approuve pas l’union de Lisa et Sou-Chong. Il veut que celui-ci épouse les quatre princesses chinoises qui lui sont réservées, suivant la coutume. Sou-Chong finit par accepter si ces unions ne restent qu’une formalité.

Gustave arrivé en mission en Chine courtoise Mi. Quand il apprend ce qu’on prépare pour le prince, il en informe Lisa, qui demande des explications à son mari. Il a beau dire qu’il ne s’agit que d’une formalité, Lisa veut repartir en Europe. Le prince l’empêche de quitter son palais.

Lehar Le pays du sourire Dein ist mein ganzes HerzCliquez sur Sou-Chong

Lehar Le pays du sourire Au salon d'une pagodeCliquez sur l’image

Acte III : L’amitié de Gustave et Mi s’est transformée en amour.

Lehar le Pays du sourire mon amour et ton amourCliquez sur l’image

Lisa demande à Gustave de l’aider à quitter le palais et Mi leur apprend l’existence d’un passage secret. Au moment de s’échapper, ils sont surpris par Sou-Chong qui, généreux, les laisse partir. Ainsi, les deux amours sont brisées, et Sou-Chong console sa petite sœur en lui rappelant qu’il faut toujours sourire.

Lehar le Pays du sourire Toujours sourireCliquez sur l’image

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez un castigne de luxe