Composé entre 1834 et 1837 sur un livret de Léon de Wailly et Auguste Barbier, Benvenuto Cellini est une tentative de Berlioz d’écrire du Grand Opéra à la française, le genre dans lequel un musicien devait triompher s’il voulait connaître la gloire. En partie à cause de la faiblesse du livret, en partie à cause des audaces musicales de Berlioz, la création en 1838 sera un échec.
En 1844, il reprend deux des airs de Benvenuto Cellini pour écrire la fameuse Ouverture du Carnaval romain.
Il faut attendre 1852 pour que Liszt, cet infatigable ami des musiciens, le monte à Weimar et que l’opéra rencontre le succès.
Le livret est tiré des mémoires du sculpteur de la renaissance Benvenuto Cellini, protégé du pape Clément V, dont la vie aventureuse ne pouvait laisser indifférent Berlioz le romantique.
Le pitch : Cellini doit fondre une statue pour le pape. Il projette de s’enfuir avec Teresa. Après des péripéties, il finit la statue et gagne sa main.
Acte I : Balducci, trésorier du pape, cherche sa fille Teresa. Il est convoqué chez le pape, et se plaint de ce que celui-ci s’occupe tant de Benvenuto Cellini, orfèvre qu’il a fait venir de Florence, alors qu’il a déjà à Rome un très bon sculpteur, Fieramosca. Par la fenêtre, on entend le chant des masques du carnaval. Teresa s’approche de la fenêtre. Elle reçoit une pluie de fleurs et un billet de Cellini, qui lui fixe un rendez-vous pour le soir même. Elle ne sait qu’en penser (Air : « Entre l’amour et le devoir »).
Cellini arrive. Pendant leur duo sur la musique du Carnaval romain, Fieramosca arrive, portant un bouquet pour Teresa. En voyant Cellini, il se cache dans la chambre de Teresa. Cellini donne rendez-vous pour le lendemain, jour du Mardi gras : il veut profiter du carnaval pour, lui déguisé en moine et son élève Ascanio en pénitent, l’enlever et l’emmener à Florence. Fieramosca, caché, a tout entendu. Balducci revient, et s’étonne de voir sa fille encore dehors à cette heure tardive. Cellini se cache. Teresa prétexte un bruit entendu dans sa chambre, où un homme se serait introduit. Cellini s’éclipse pendant que le père va voir dans la chambre. Il en ressort avec Fieramosca, qu’il accuse d’être libertin, et appelle les servantes pour le chasser de sa maison. Elles le jettent dans le bassin.
Le lendemain, Cellini attend ses amis près d’une taverne. Les ciseleurs veulent boire (Chœur des ciseleurs « à boire »).
Cellini leur demande de chanter autre chose qu’une « ignoble chanson à boire » (Chœur des ciseleurs : « Si la terre aux beaux jours se couronne »).
Le cabaretier apparaît, et présente la note de tout ce qu’ils ont déjà bu sans payer. Le chœur reprend ses paroles dans un joyeux charivari. Arrive Ascanio qui apporte un sac d’argent donné par le pape pour que Cellini fonde la statue. Il veut que Cellini s’engage à fournir le travail avant de lui donner l’argent (Air : « Cette somme t’est due »). Mais quand ils ouvrent le sac, ils n’y trouvent qu’une somme mesquine. Ils décident alors de se venger du trésorier du pape en le ridiculisant pendant une représentation théâtrale où il sera représenté. Fieramosca, qui a tout entendu, retrouve son ami Pompeo. Il lui explique que pendant qu’on va donner le change à Balducci, Cellini, déguisé en moine a prévu d’enlever sa fille. Pompeo lui conseille alors de se déguiser lui-même en moine, et de tromper Teresa sous ce déguisement pour empêcher l’enlèvement.
Cette idée plaît à Fieramosca (Air : « Ah, qui pourrait me résister »). Balducci arrive avec sa fille au moment où va commencer la pantomime qui le ridiculisera. La pantomime commence, accompagnée par le chœur et des instruments populaires. C’est le Carnaval romain.
Pierrot et Arlequin miment un concours de chant. Le faux Balducci donne la palme à Pierrot et Arlequin le bat. Furieux d’être ainsi moqué, le vrai Balducci monte sur scène pour faire cesser ce spectacle. C’est le moment où Cellini et Ascanio d’une part, Fieramosca et Pompeo d’autre part, choisissent pour s’avancer vers Teresa qui, découvrant deux moines et deux pénitents, ne comprend plus rien. Cellini, tirant son épée, tue Pompeo qui tombe au sol. Horrifiée, la foule se précipite et veut arrêter Cellini. Mais quand les lumières s’éteignent, Cellini en profite pour se sauver. Quand la lumière revient, Balducci, trouvant Fieramosca toujours en habit de moine, croit tenir l’assassin et l’arrête.
Acte II : Le lendemain matin, dans l’atelier de Cellini. Teresa et Ascanio, sans nouvelles de Cellini, s’inquiètent. Un chœur de pénitents, louant la Vierge Marie, s’avance. Cellini arrive, toujours dans sa robe de bure ensanglantée, et dit qu’il faut fuir. Teresa et Cellini chantent leur joie d’être réunis. Mais voilà Balducci et Fieramosca, vite suivis du pape (Air : « À tous péchés, pleine indulgence ») qui vient voir où en est la statue que Cellini doit fondre pour lui.
Balducci et Fieramosca accusent Cellini du meurtre de Pompeo et de l’enlèvement de Teresa. Cellini, Teresa et Ascanio nient (« Sextuor »).
Quand le pape apprend que la statue n’est pas fondue, il menace de la faire fondre par un autre (Fieramosca). Cellini se rebelle, et menace de détruire le moule de la statue. Le pape arrête son geste. Cellini négocie. Le pape lui laisse la journée pour achever le travail, faute de quoi, il sera pendu le soir même.
Dans l’atelier, Lascanio chante l’épisode qui vient de se passer (Air : « Tra la la la la »).
Il sort, laissant Cellini seul (Air : « Seul pour lutter… »). Dans l’atelier, les fondeurs entonnent une chanson triste (Chœur : « Bienheureux les matelots »).
Cellini leur rend le courage, mais, quand ils s’apprêtent à fondre la statue, Fieramosca se présente avec deux spadassins et le défie en duel pour venger la mort de Pompeo. Cellini demande alors sa rapière à Ascanio, mais Teresa arrive à son tour. Elle veut fuir avec Cellini, contre la volonté de son père. Cellini sort pour se battre avec Fieramosca.
Les fondeurs, voyant Cellini quitter l’atelier veulent cesser le travail (Chœur : « Peuple ouvrier, que l’atelier… »). Teresa les supplie de rester et d’attendre le retour de Cellini. Mais c’est Fieramosca qui arrive. À sa vue, Teresa croit qu’il a tué Cellini, et l’accuse de meurtre. Les ouvriers s’en prennent à lui. De l’or tombe de ses poches, avec lequel il voulait débaucher les ouvriers de Cellini. Mais Cellini rentre à son tour, il n’a pas trouvé Fieramosca au rendez-vous. Le trouvant chez lui, accusé d’avoir voulu reprendre son atelier, il explique lâchement qu’il voulait juste aider un confrère dans la difficulté. Le prenant au mot, Cellini lui demande de se mettre à la fonte du métal. Le travail reprend. Mais le métal vient à manquer, la statue ne pourra être terminée. Cellini demande alors que l’on fonde toutes les pièces d’orfèvrerie qui se trouvent dans son atelier.
On charge la fournaise quand la chaudière surchauffée explose, mais tout le métal fondu coule dans le moule, et la statue est achevée. Cellini a gagné, et le pape et Balducci lui accordent la main de Teresa.
(Source principale : les représentations de l’opéra de Paris dans une mise en scène de Terry Gilliam (un Monthy Python) en 2018, et le programme associé.)


















































