Histoire de l'opéra, Mes opéras préférés, Mythologie

ZOROASTRE, de RAMEAU (1749)

Zoroastre est une tragédie lyrique de RAMEAU, sur un livret de Louis de Cahusac, créée en 1749.

Le sujet, maçonnique, en est l’affrontement entre les forces du bien, représentées par Zoroastre et Amélite, et les forces du mal, représentées par Abramane et Erinice. La version de 1749, trop novatrice pour son époque, n’a connu qu’un succès d’estime et Rameau a remis son ouvrage sur le métier en 1756 (année de naissance de MOZART). C’est cette version qui a connu le plus grand succès. On peut noter que c’est dans cet opéra qu’apparaissent pour la première fois les clarinettes dans l’orchestre.

Zoroastre est une préfiguration de ce que sera la Flûte enchantée, composée par Mozart quarante ans plus tard, et dont le héros a pour nom Sarastro. Il faut dire qu’on était à la grande époque de la Franc-maçonnerie, franc-maçonnerie qui joue un grand rôle dans la Comtesse de Rudolstadt de George SAND, roman qui est censé se passer au cours de ces mêmes années 1750.

Le pitch : Zoroastre, représentant le bien, aime Amélite, qui est enlevée par Abramane, représentant le mal. Erinice, l’alliée d’Abramane, aime Zoroastre. À la fin, Zoroastre bat Erinice et Abramane.

Suivant la typologie de G.B.SHAW, nous sommes là avec un schéma (S+T/A+B) où un ténor (voire un contre-ténor), Zoroastre, et une soprano, Amélite, voient leur amour contrarié par une basse, Abramane, et une alto, Erinice.

Contrairement à la tradition lullienne, il n’y a pas de prologue à Zoroastre, Rameau commençant son opéra directement par une ouverture.

Rameau Zoroastre OuvertureCliquez sur l’Ouverture de Zoroastre

Acte I : Le tyran Abramane et ses prêtres ont vaincu. Abramane qui aime Amélite en veut à celle-ci de lui avoir préféré son rival Zoroastre, alors qu’Erinice, qui aime Zoroastre, en veut à celui-ci de lui avoir préféré Amélite. Abramane et Amélite se mettent alors d’accord pour régner ensemble, en abandonnant l’amour et faire régner le mal (on reconnaît là le thème de la Tétralogie de WAGNER, écrite un siècle plus tard) (Duo : « Unissons nos fureurs »).

Ils se retirent comme Amélite paraît, avec sa suivante Céphise. Amélite se plaint de l’ennui que lui cause l’absence de Zoroastre. Céphise lui fait valoir que les retrouvailles seront douces. Soudain, la terre tremble, la nuit tombe ! C’est Erinice qui invoque les Esprits cruels qui font régner la terreur et le désespoir. Ils s’emparent d’Amélite.

Acte II : Dans le palais d’Oromasès, le maître des bons esprits, Zoroastre soupire, car Amélite est loin de lui. Oromasès lui apprend qu’en dehors du palais, un monstre faisant régner la terreur sur terre s’est emparé d’Amélite. Zoroastre doit délivrer la terre du pouvoir d’Abramane. Oromasès demande aux cieux de s’ouvrir, et confiant les Livres de Vie (livres sacrés) à Zoroastre, l’envoie sur terre.

Rameau Zoroastre acte IICliquez sur Oromasès

On retrouve Amélite aux mains des Esprits cruels. Erinice s’apprête à la tuer quand Zoroatre apparaît. Erinice retient son bras, et lui avoue son amour pour lui. Zoroastre la rejette. Alors, au comble de la fureur, Erinice projette de les tuer tous deux. (Air : « Je confondrai dans ma fureur »). Zoroastre rompt l’enchantement et le jour revient. Le peuple chante son allégresse. Zoroastre a chassé les dieux criminels, les malheurs vont cesser et les plaisirs renaître (Ensemble : « Tendres amants, formez les plus beaux nœuds »).

Acte III : Abramane reproche à Erinice de n’avoir pas su frapper Amélite quand elle le pouvait. Il la fait disparaître pour assouvir sa vengeance. (Air : « Osons achever de grands crimes »). Le jour se lève. Zoroastre, Amélite et leurs suites se préparent au mariage. (Air : « Ô lumière vive et pure »).

Rameau Zoroastre Accourez jeunesses brillantes (Acte III)Cliquez sur Zoroastre

Les jeunes filles et les jeunes gens se préparent à l’hymen. Au moment où ils vont prononcer leur serment, le tonnerre retentit, le jour disparaît, c’est Abramane qui vient les accabler de son feu. Amélite tombe, foudroyée. Zoroastre déclare que seul l’amour d’Amélite peut lui rendre courage. Il appelle les Esprits bienfaisants pour qu’ils s’occupent d’Amélite, puis court secourir le peuple que menace Abramane.

Rameau Zoroastre Mille rayons brillantsCliquez sur l’image

Acte IV : Dans un temple souterrain, Abramane est en proie à sa propre noirceur (Air : « Cruels tyrans, qui régnez dans mon cœur »).

Rameau Zoroastre Cruels tyransCliquez sur Abramane

Ses prêtres lui annoncent que Zoroastre triomphe. Erinice regrette d’avoir uni son destin à celui d’Abramane, mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot. Il fait un sacrifice à son dieu Ariman et fait venir la Vengeance, la Haine et le Désespoir. Tous ensemble, dans une extraordinaire messe noire, s’apprêtent à répandre la terreur et la mort.

Rameau Zoroastre Ah, nos fureurs ne sont point vaines Acte IV scène VICliquez sur la Vengeance

Acte V : Erinice cherche Zoroastre, mais son cœur hésite toujours.

Rameau Zoroastre Quel tourment (Acte V)Cliquez sur l’image

Zoroastre paraît. Elle lui exprime son amour, mais comme le peuple chante les louanges d’Amélite, elle se reprend et retourne à sa haine. Les chants se transforment en pleurs : Erinice a enlevé Amélite. Abramane, face à Zoroastre, lui dit que s’il le frappe, il fera tomber Amélite sous les coups de ses sujets infernaux. Zoroastre le frappe quand même, confiant dans la justice du ciel. Abramane tombe, et les Esprits bienveillants libèrent Amélite. Oromasès lui annonce qu’il a passé la dernière épreuve, et que désormais il peut régner avec Amélite. L’œuvre se termine dans un dernier duo d’amour, accompagné du chœur (Duo : « Que ces nœuds sont charmants »).

(Source principale : je me suis servi pour rédiger ce billet du très beau DVD enregistré au théâtre de Drottningholm en 2006 (et le hasard faisant décidément bien les choses, c’est dans ce même bijou d’opéra que BERGMAN a enregistré sa Flûte enchantée [Trollflöjten]! 🙂)

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ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE NEW YORK…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Paris, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui New York.

Pays jeune, les États-Unis d’Amérique n’ont pas une longue tradition d’opéras ou de musique dite classique.  Toutefois, de nombreux compositeurs européens ont été invités à diriger aux U.S.A.

Un des premiers « grands » compositeurs à traverser l’Atlantique a été TCHAÏKOVSKI, qui a été invité au Carnegie HALL de New York pour son inauguration. Il y a dirigé, le 5 mai 1891, sa Marche solennelle du couronnement.

Tchaïkovski Marche solenelle du couronnementCliquez sur l’image

Le Tchèque Antonin DVORAK l’a suivi de peu. On lui a confié la direction du Conservatoire de New York, où il sera également professeur de composition de 1892 à 1895. La découverte des musiques et rythmes américains lui inspirera sa neuvième symphonie, dite « du nouveau Monde », ou son Quatuor américain

Dvorak Quatuor américain lentoCliquez sur le quatuor

En 1907, Giacomo PUCCINI vient en Amérique où il assiste à la création américaine de Madame Butterfly au Metropolitan Opera (le MET). Il a l’occasion de voir la pièce The Girl of the Golden West de David BELASCO (également l’auteur de la pièce dont il s’était inspiré pour Butterfly), ce qui lui donne l’idée d’écrire un opéra-western. Ce sera La Fanciulla del West (la Fille du Far West) dont la création mondiale aura lieu au MET en 1910, sous la direction de TOSCANINI.

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur Dick Johnson (Jonas Kaufmann)

L’autrichien Gustav MAHLER a été chef du MET de New York en 1908, mais il est reparti à Vienne au bout d’un an.

Suite à la révolution russe de 1917, on voit partir aux Amériques les deux Sergeï, PROKOFIEV (en 1918) et RACHMANINOV. L’exil de Rachmaninov, coupé de ses racines slaves, tarira une partie de sa verve créatrice. Prokofiev, lui, fera le choix de retourner en URSS au début des années ’30. Son opéra l’Amour des trois oranges est une commande de l’opéra de Chicago.

Maurice RAVEL fera une tournée à travers tous les États-Unis. Ce sera pour lui l’occasion de faire la connaissance de Georges GERSHWIN. Cette tournée aux États-Unis occupe une bonne partie du Ravel de Jean ECHENOZ.

Côté austro-allemand, nombreux sont les musiciens, souvent d’origine juive, qui ont été chassés par le régime nazi comme des artistes dégénérés. Ne pouvant se faire jouer, presque tous ont dû fuir l’Allemagne.

Ainsi, Alexandre ZEMLINSKY (1871 – 1942), digne héritier de Richard STRAUSS, Arnold SCHÖNBERG (1874 – 1951), Erich KORNGOLD (1897 – 1957) et le Tchèque Ernst KRENEK (1900 – 1991) ont dû migrer aux U.S.A, et leur production musicale (hormis celle de Schönberg), pourtant reconnue avant 1933, est aujourd’hui pratiquement inconnue.

Le Hongrois Béla BARTÓK (1881 – 1945) a lui aussi dû migrer aux States en 1940. Il vit, pauvrement, des commandes que ses confrères admiratifs lui passent, et c’est ainsi qu’il crée la sonate pour violon seul, une commande de Yehudi MENUHIN, le 3e concerto pour piano ou encore son concerto pour orchestre. Il meurt à New York en 1945.

Bartok sonate pour violon seulCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas écrire un billet sur New York sans mentionner la comédie musicale West Side Story, ce Roméo et Juliette contemporain dont la musique est signée Léonard BERNSTEIN.

Bernstein West Side Story PrologueCliquez sur l’image

Et puisque je suis au cinéma, je ne peux pas résister à l’ouverture du génial Manhattan (1979) de Woody ALLEN.

Gershwin Rhapsody in blue ManhattanCliquez sur Manhattan

Divers, Histoire de l'opéra

PORT DU MASQUE RECOMMANDÉ – Partie 1

En ces temps où le port du masque est recommandé dans l’espace public, je me suis interrogé sur le thème « Masque et opéra ».

Un peu d’histoire pour commencer. Pendant la période élisabéthaine, il y avait une forme de théâtre appelée le masque, mélange de théâtre, de musique et de ballets. Le premier opéra anglais est ainsi Le Siège de Rhodes (1656) de William DAVENANT. Les semi-opéras de PURCELL, écrits une trentaine d’années après, dérivent de ces masques.

Faisons à présent un saut dans le temps avec des opéras où les héros sont masqués.

En 1788, dans son Don Giovanni, MOZART fait apparaître un trio de vengeurs masqués, arrivant au château de Don Giovanni pour lui faire payer ses crimes.

Mozart don Giovanni trio des masquesCliquez sur le trio des masques

En 1833, dans son Gustave III, roi de Suède, D.F.E. AUBER écrit une des plus brillantes scènes de bal masqué.

Auber Gustave III finalCliquez sur l’image (et écoutez moi chanter dans les chœurs)

Dans Benvenuto Cellini (1834 – 1837), BERLIOZ nous fait assister à un brillant carnaval romain.

Berlioz Benvenuto Cellini CarnavalCliquez sur le carnaval romain

Le livret que SCRIBE avait écrit pour Auber a resservi à VERDI pour son Bal masqué (Un ballo in maschera), mais la censure autrichienne a exigé que l’intrigue soit modifiée pour que l’on ne voit pas un régicide sur scène.

Verdi Un ballo in mascheraCliquez sur l’image

Dans le Masque de la Mort rouge (The mask of the Red Death) (1845), Edgar Allan POE fait intervenir la Mort rouge, symbole de la peste qui sévit à l’extérieur d’un château où un Prince et ses courtisans se sont réfugiés pendant l’épidémie. Ce conte, traduit en français par BAUDELAIRE, a inspiré une partition (1923) à André CAPLET, un disciple de DEBUSSY.

Caplet Conte fantastique le Masque de la mort rougeCliquez sur l’image

Au premier acte de Roméo et Juliette  (1867) de GOUNOD, Roméo et ses amis assistent, masqués, à la réception que le père de Juliette donne pour les 18 ans de sa fille. C’est le coup de foudre entre les deux jeunes gens.

Gounod Roméo et Juliette extraits (masques)Cliquez sur l’image

Sept ans plus tard, en 1874, c’est Johann STRAUSS qui orchestre une scène masquée, dans la Chauve-Souris (Die Fledermaus), où Rosalinde, sous le masque d’une comtesse hongroise, piège son mari, incurable coureur de femmes.

trauss Der fledermaus la comtesse hongroiseCliquez sur la comtesse hongroise

Retrouvez prochainement sur ce blog d’autres masques (plus légers) dans « Port du masque recommandé – Partie 2« .

 

Fantaisie, Histoire de l'opéra, littérature, Mallarmé, Oulipo

L’OPÉRA DE SAINT-GLINGLIN S’INVITE CHEZ VOUS

Saint-Glinglin est le titre d’un roman (1948) de Raymond QUENEAU, et est la refonte de deux romans précédents : Gueule de pierre (1934) et les Temps mêlés (1941). Son Opéra, de renommée mondiale, s’est donné pour mission de monter les œuvres tirées de Queneau et de ses amis, oulipiens ou autres.

Son riche catalogue de pestacles est disponible sans limites dans le temps sur son site Error404Pagenotfound :

https://Error404Pagenotfound

Au programme vous pouvez trouver :

Le ballet La croqueuse de diamants de Queneau et DAMASE (avec une chorégraphie de Roland PETIT)

Damase la rue Montorgueil (la croqueuse de diamants)Cliquez sur l’image

Les exercices de style chantés par les Frères Jacques.

Exercices de style Botanique

Le Dimanche de la vie : Ce roman de Queneau a vu un projet d’opéra coécrit par Queneau et son ami Boris VIAN. Cette œuvre n’ayant malheureusement pas vu le jour, l’Opéra de Saint-Glinglin a décidé de mettre le film qui a été tiré du roman à disposition sur son site.

Queneau le dimanche de la vie (film)Cliquez sur l’image

L’opéra qui a été écrit pas Edison DENISOV à partir de l’Écume des jours de Boris Vian est également disponible.

Denisov l'écume des joursCliquez sur l’image

De Jaques Prévert, on trouve L’Opéra de la lune et l’Opéra des girafes.

Mayoud Prévert l'Opéra de la luneCliquez sur la lune et la girafe

On trouve également les ébauches de Pierre BOULEZ pour les Cent mille milliards de poèmes. Boulez est malheureusement décédé avant d’avoir pu terminer la mise en musique de l’intégralité de ces 100 000 000 000 000 de poèmes.

William CHRISTIE a été tout excité quand il a appris qu’on avait trouvé dans les archives du musée national d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye les manuscrits de DEBUSSY pour une adaptation en musique du poème « Le Corbeau » (« the Raven ») d’Edgar Allan POE, traduit par MALLARMÉ. Les écrits de Mallarmuche étant une sorte « d’étalon » pour tester les contraintes littéraires de l’OuLiPo, il était naturel que ce soit à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il en assurât la création mondiale.

De Georges PEREC , on trouve La Disparition, seul opéra écrit sans qu’apparaisse la note MI (en notation anglaise ou allemande, la note MI est représentée par la lettre E.) Queneau étant né au Havre, il a semblé opportun de demander aux célèbres duettistes HAVRE et CAUMARTIN le livret de cette adaptation.

De Perec également, c’est évidemment à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il a prononcé sa fameuse conférence sur l’influence tomatotopique du lancer de tomates sur les sopranos, et on peut naturellement y découvrir l’enregistrement de Cantatrix Sopranica L., sa célèbre étude.

Cantatrix Sopranica L

Bande dessinée, Grandes maisons d'Opéra, histoire, Histoire de l'opéra

LA MONNAIE / DE MUNT DE BRUXELLES S’INVITE CHEZ VOUS

Comme Paris, Londres, Vienne, Berlin ou New York, Le Théâtre Royal de la Monnaie / De Munt de Bruxelles nous offre, pendant la période de confinement liée au coronavirus, une riche sélection de ses spectacles, disponibles sur son site internet.

https://www.lamonnaie.be/fr/sections/388-mm-channel

Sont ainsi disponibles, jusqu’au 19 avril :

  • Aïda de Verdi

Verdi Aïda De Munt Celeste AÏdaCliquez sur l’image

  • Lucio SILLA de MOZART
  • La Gioconda de PONCHIELLI
  • Frankenstein de Mark GREY, création d’après le roman gothique de Mary SHELLEY.

Grey Frankenstein De MuntCliquez sur l’image

Rimsky le tsar Saltan De MuntCliquez sur l’image

  • Macbeth underworld de Pascal DUSAPIN (création)

Dusapin Macbeth underworldCliquez sur l’image

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« Maison fédérale d’Opéra au sein de la capitale de l’Europe », la tradition d’opéra de Bruxelles remonte à 1700, quand on y a représenté Atys de Lully.

En 1818, on construit une nouvelle salle, qui est inaugurée avec une représentation de La Caravane du Caire, de GRÉTRY.

En 1830, lors d’une représentation de la Muette de Portici de D.F.E. AUBER, l’air « Amour sacré de la patrie » fit se lever la foule qui sortit dans la rue, donnant le la à la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

Auber la Muette de Portici amour sacréCliquez sur l’image

Le bâtiment actuel date de 1855, après l’incendie qui avait détruit le précédent.

En 1921, un jeune baryton, Edgar P. JACOBS, entre comme choriste à la Monnaie / De Munt. Il se fera plus un nom dans la Bande dessinée en tant que créateur de Blake et Mortimer.

 

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LA FENICE DE VENISE S’INVITE CHEZ VOUS

Comme d’autres grandes maisons d’Opéra, il Teatro de la Fenice de Venise, plus communément appelé « La Fenice » est fermé et nous propose ses grands spectacles via sa chaîne YouTube.

State a casa, vi veniamo a trovare noi!

Vous pouvez accéder à son programme « Io resto a la casa » en suivant le lien :

https://www.youtube.com/user/TeatroFeniceVenezia

Depuis le 12 mars, on peut ainsi voir Don Carlo de VERDI.

Verdi Don Carlo FeniceCliquez sur l’image

Depuis le 20 mars, Semiramide de ROSSINI.

Rossini Semiramide FeniceCliquez sur l’image

Depuis le 23 mars, on peut voir un très beau Orlando furioso de VIVALDI.

Vivaldi Orlando Furioso FeniceCliquez sur l’image

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Venise est, on le sait, une ville riche en histoire pour l’opéra.

Le théâtre de La Fenice date de 1792. Sa construction a été décidée suite à un incendie qui avait ravagé le quartier où il est construit. Son nom signifie le Phénix, comme l’oiseau légendaire qui toujours renaît de ses cendres. De fait, cet opéra a connu plusieurs incendies, dont le dernier date de 1996.

Parmi les créations qui ont eu lieu à La Fenice, citons Tancredi (1813) et Semiramide (1823) de Rossini, des opéras de BELLINI ou DONIZETTI, et surtout Rigoletto (1851) et la Traviata (1853) de VERDI.

Cette tradition de commandes d’opéras aux plus grands compositeurs continuera au XXe siècle, avec la création du Rake’s progress (1951) de STRAVINKY et de The Turn of the screw (1954) de BRITTEN.

britten the turn of the screw maloCliquez sur l’image

On peut encore signaler (même si je ne connais pas ces œuvres), Intolleranza (1960) de Luigi NONO ou Lorenzaccio (1972) de BUSSOTTI.

 

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LE BAYERISCHE STAATSOPER DE MUNICH S’INVITE CHEZ VOUS

Comme bien d’autres grandes maisons d’Opéra, fermées pour cause de coronavirus, le Bayerische Staatsoper de Munich nous propose ses spectacles gratuitement en ligne, sur sa chaîne TV, disponibles ici :

https://www.staatsoper.de/stream.html

Le menu est alléchant :

Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI, du 25 mars au 8 avril.

Donizetti Lucia di Lammermoor BSOcliquez sur l’image

Il Trovatore de VERDI du 14 mars au 28 mars.

Verdi Il trovatore BSOCliquez sur l’image

Parsifal, de WAGNER du 28 mars au 11 avril.

Wagner Parsifal BSOCliquez sur la merveilleuse scène finale de PArsifal

Plus une série de « concerts du lundi », du 18 mars au 1er avril, du 25 mars au 8 avril, usw…

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Prestigieuse maison d’Opéra, l’opéra d’état de Bavière a vu de nombreuses créations comme Idoménée (1781) de MOZART,

Mozart Idoménée BSM

Abu Hassan (1811) de WEBER,

Weber Abu Hassan Ouverture WSM

ou encore les opéras de WAGNER représentés sur ordre de Louis II de Bavière : Tristan und Isolde (1865), les Maîtres chanteurs de Nüremberg (1868), L’Or du Rhin (Rheingold) (1869) la Walkyrie (Die Walküre) (1870), et encore Capriccio de Richard STRAUSS en 1942.

Strauss Capriccio Sextuor (pour WSM)

Après guerre, cette tradition de créations perdure avec Lear (1982) de REIMANN ou Lou Salomé de Giuseppe SINOPOLI.

Reimann Lear BSM

 

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LE ROYAL OPERA HOUSE S’INVITE CHEZ VOUS

Pendant la période de confinement lié à l’épidémie mondiale de coronavirus, le Royal Opera House (ROH), également connu sous le nom de Covent Garden, s’invite chez nous via les réseaux sociaux sur Facebook ou sur Twitter.

Retrouvez ici la page d’accueil de ce programme du ROH :

https://www.roh.org.uk/news/the-royal-opera-house-launches-a-programme-of-free-online-content-for-the-culturally-curious-at-home

  • Pierre et le loup, de PROKOFIEV, The Royal Ballet, 2010 – 27 March 2020, 7pm GMT
  • Acis and Galatea, de HAENDEL, The Royal Opera, 2009 – 3 April 2020, 7pm BST
  • Così fan tutte, de MOZART, The Royal Opera, 2010 – 10 April 2020, 7pm BST
  • The Metamorphosis, The Royal Ballet, 2013 – 17 April 2020, 7pm BST

Depuis 1732, date de l’ouverture du premier, l’emplacement actuel du Royal Opera House a vu trois bâtiments se succéder. 

C’est à Covent Garden que HAENDEL, qui avait pourtant fondé la Royal Academy of music, a créé en 1735 Ariodante et Alcina.

En 1809, après l’incendie de la première salle, le Royal Italian Opera est confié à l’acteur Charles Kemble. C’est pour cette salle que WEBER écrira Oberon (1826).

Weber Oberon ouvertureCliquez sur l’orchestre

Un second incendie ayant détruit ce Royal Italian Opera, l’édifice actuel ouvrit ses portes en 1858. La totalité des opéras était donnée en italien jusqu’en 1888, puis en langue originale. Le théâtre a été élevé au rang d’Opéra royal en 1862.

Depuis ses débuts dans ce théâtre en 1888, la diva australienne Nellie MELBA règne sans partage sur les lieux où elle triomphe en Mimì (La Bohème de Puccini) ou en Juliette (Roméo et Juliette de Gounod).

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur l’image

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale fera taire l’Opéra, transformé en salle de danse jusqu’en 1945, jusqu’à sa réouverture en 1946.  

Les créations d’œuvres nationales y témoigneront du dynamisme renouvelé de la musique lyrique anglaise. On citera par exemple le Billy Budd de BRITTEN (1951).

Britten Billy Budd pour ROHCliquez sur l’image

En 2263, on a encore pu voir le Royal Opera House dans le film Le cinquième Élément de Luc BESSON, puisque c’est dans cette salle que l’humanoïde Plavalaguna chante le fameux air de la folie de Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur Plavalaguna

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017.)

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L’OPÉRA DE PARIS S’INVITE CHEZ VOUS

Après le MET, c’est l’Opéra de Paris qui met à disposition du public une sélection d’opéras et de ballets sur le site https://www.france.tv/spectacles-et-culture/

Avec ses 351 ans, l’Opéra de Paris est une des plus anciennes maisons d’opéras en activité. En effet, c’est en 1669 que l’abbé PERRIN obtient le privilège royal d’établir une Académie d’Opéra pour « y représenter et chanter en Public des Opera & Représentations en Musique & vers François, pareilles & semblables à celles d’Italie ». Le nouveau théâtre est inauguré en 1671, mais dès 1672, après une faillite frauduleuse de ses promoteurs, Lully rachète ce privilège et,  rebaptisant l’Opéra « Académie royale de musique », règne désormais en maître absolu sur l’opéra français.

Après 1687, à la mort de Lully, une nouvelle forme d’opéras apparaît, l’opéra-ballet, qui représente des sujets plus légers que ceux de la tragédie lyrique lullienne. Comme son nom l’indique, la présence de la danse se fait plus forte, et il n’y a plus forcément de continuité dramatique entre les différents actes (que d’ailleurs on appelle entrées). De nos jours, une des comédies-ballets encore largement représentées est Les Indes galantes, de RAMEAU.

En 1697, la Comédie Italienne, qui faisait concurrence à la Comédie Française, ferme. Les comédiens italiens s’installent alors sur les foires parisiennes de Saint-Germain et Saint-Laurent, au Théâtre de la Foire. On y donnait des pastiches, c’est à dire des paroles nouvelles placées sur des airs connus, ou sur des airs à boire. Mais la Comédie Française, défendant son privilège royal de spectacle dialogué, empêche la représentation de spectacles parlés, d’où l’apparition des dialogues écrits, présentés sur des cartons ou des écriteaux descendus des cintres. De même, l’Académie royale de musique, forte de son privilège de musique chantée, limitait à deux le nombre de voix dans les spectacles. En 1714, le théâtre de la Foire prend le nom de théâtre de l’Opéra-Comique, et les forains obtiennent le privilège de Louis XIV de donner des spectacles parlés et chantés, ce qui donnera naissance à la forme opéra-comique. Après une succession d’interdictions et de relances, l’Opéra-Comique est relancé en 1752, le chansonnier Favart faisant partie de ses fondateurs.

À cette même époque, la rivalité entre les écoles italienne et française, rivalité qui a duré près de deux siècles, prend une tournure originale avec la querelle des Bouffons.

En 1774, GLUCK, soucieux de se faire reconnaître en France arrive à PARIS. C’est l’occasion d’une nouvelle querelle franco-italienne, entre les partisans de Gluck, qui cherche l’équilibre entre les airs et les récitatifs, et les partisans de l’école italienne de l’opera seria, favorisant la mélodie (et les excès de certains divos ou certaines divas.)

À l’aube de la révolution, l’existence de l’Opéra, qui accumule les déficits, est menacée, si bien que Louis XVI cède l’Opéra à la ville de Paris en 1790. Mais la Révolution française, qui met fin au système des privilèges, entraîne l’ouverture de nombreux théâtres. Finalement, le premier gouvernement révolutionnaire sauve l’Opéra de Paris.

Au XIXe siècle, il se crée même un nouveau genre, le GOF, le grand Opéra à la Française, qui tire ses livrets de sujets historiques, avec ballet imposé et décors fastueux. Dès lors, il devient important pour les compositeurs de toute l’Europe de triompher à Paris, et l’Opéra de Paris passe des commandes à des composteurs tels que VERDI ou WAGNER.

Au XXe siècle l’opéra continue cette politique de commandes aux compositeurs contemporains. (C’est comme ça que j’ai eu la chance d’assister, pour mon premier opéra à Garnier à la création de Saint-François d’Assise, de MESSIAEN.)

En 1989, une nouvelle salle est inaugurée pour les représentations, l’opéra Bastille.

L’Opéra de Paris, actuellement fermé pour cause de confinement lié au COVID-19, a décidé de mettre un certain nombre de ses spectacles en ligne gratuitement (offre réservée à la France) :

Manon de MASSENET, du 17 au 22 mars

Massenet Manon ODP

Don Giovanni de MOZART, du 23 au 29/03

Mozart Don Giovanni ODP

Le Lac des Cygnes de TCHAÏKOVSKI du 30 mars au 05 avril 

Le Barbier de Séville de ROSSINI du 06 au 12 avril 

Rossini le barbier de Séville ODP

Soirée Jérôme ROBBINS du 13 au 19 avril 

Les Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH du 20 au 26 avril 

Offenbach Les contes d'Hoffmann ODP

Carmen de BIZET du 27 avril au 03 mai

Bizet Carmen ODP

 

 

Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, Histoire de l'opéra, littérature, Shakespeare

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE VIENNE…

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Venise et Prague, place à une autre grande ville d’opéra, Vienne !

Vienne (Wien), capitale de l’Autriche, peut être considérée comme une capitale de la musique, avec ses deux « écoles viennoises ».

Déjà, le librettiste italien MÉTASTASE (METASTASIO) (1678 – 1782), dont les livrets ont inspiré plus de mille opéras (!) a passé 50 ans à la cour impériale de Vienne.

GLUCK, après avoir fait son apprentissage de l’opéra à Milan, reviendra à Vienne créer Semiramide (1748), Orfeo ed Euridice (1762) ou Alceste (1767). Plus tard, il ira à Paris continuer sa carrière. Il y reprendra, en français, certains opéras écrits pour Vienne.

Gluck Orfeo ed Euridice Danse des furiesCliquez sur la danse des furies

Une partie de la vie de MOZART se passe à Vienne, et c’est pour cette ville qu’il écrit l’Enlèvement au sérail (1782), les Noces de Figaro (1786), Cosi fan Tutte (1789) et la Flûte enchantée (1791).

La première école viennoise est constituée par HAYDN (1732 – 1809), BEETHOVEN et son Fidélio (1803 – 1814) et SCHUBERT (1797 – 1828).

Schubert Fierrabras duoCliquez sur l’image

En 1822, un théâtre de Vienne passe commande d’opéras écrits en allemand (des singspiels), à WEBER Euryanthe et Schubert (Fierrabras). Malheureusement, le passage de la tempête ROSSINI sur l’Europe à cette époque balaie tout sur son passage, et ces opéras ne connaîtront aucun succès (voire ne seront même pas montés).

En 1892, c’est à Vienne que MASSENET réussit à faire jouer son Werther, qui avait été refusé à Paris.

Massenet Werther les larmes qu'on ne pleure pasCliquez sur Charlotte

Au début du siècle suivant, c’est encore pour Vienne que PUCCINI écrit son opéra La Rondine (1917).

Puccini la rondine Chi il bel sognoCliquez sur l’image

C’est à peu près à la même époque que Richard STRAUSS occupe la direction de l’opéra de Vienne, de 1919 à 1925. Il avait rendu hommage à la Vienne impériale dans son Chevalier à la Rose (1911).

Et nous arrivons à la seconde école viennoise, celle constituée par SCHÖNBERG, BERG et WEBERN. Arnold Schönberg (1874 – 1951), qui a libéré la musique du carcan de la tonalité, a d’abord pratiqué l’atonalisme (autrement dit, plus de tonalité) et le sérialisme avant de développer une méthode plus radicale, le dodécaphonisme.

Schoenberg Verklärte NachtCliquez sur l’image

Ses deux élèves les plus célèbres ont été Alban BERG (1885 – 1935), l’auteur de deux opéras phares du XXe siècle, Wozzeck et Lulu, et Anton WEBERN (1883 – 1945).

Berg Wozzeck 2Cliquez sur l’image

Bien sûr, Vienne c’est aussi la valse et l’opérette viennoise, avec la dynastie des Strauss, mais j’y reviendrai.