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LES HUGUENOTS, de MEYERBEER (1836)

Archétype du GOF, le Grand Opéra à la Française, les Huguenots est un opéra de MEYERBEER datant de 1836, sur un livret de l’incontournable SCRIBE, écrit d’après les Chroniques du règne de Charles IX, de Prosper MÉRIMÉE. L’action se passe à la cour, dans les jours qui précèdent le Massacre de la Saint-Barthélemy.

Meyerbeer, qui a sa plaque de rue dans le quartier de l’opéra à côté de celle d’HALÉVY, a eu une influence durable sur l’opéra français, de BERLIOZ à GOUNOD, voire jusqu’à BIZET.

Le pitch : Roméo et Juliette (Raoul et Valentine) entre un protestant et une catholique, à l’époque du massacre de la Saint Barthélemy.

Ouverture : Meyerbeer s’est servi pour l’ouverture d’un choral de Martin LUTHER, « Ein feste Burg ist unser Gott », choral que l’on retrouve ensuite, par exemple dans l’air du protestant Marcel.

Meyerbeer les huguenots ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Le comte de Nevers et ses amis catholiques font la fête dans son château tourangeau. Nevers a invité un de ses amis protestants, Raoul, à se joindre à eux. Raoul raconte qu’il a eu l’occasion de sauver une belle inconnue, dont il est tombé immédiatement amoureux. (Air: « Plus blanche que la blanche hermine ».

Meyerbeer les huguenots plus blanche que la blanche hermineCliquez sur Raoul

Marcel, le serviteur de Raoul, ne voit pas d’un bon œil son maître « pactiser » avec les catholiques, et entonne un air de guerre protestant. (Air : « Piff, paff, pouff ».) (Quand j’ai entendu cet air à l’opéra de Paris en 2018, je l’ai intégré en rentrant à mon billet sur les onomatopées.)

Meyerbeer les huguenots pif paf poufCliquez sur Piff paff pouff

Une jeune femme arrive qui demande à parler à Nevers en privé. Raoul reconnaît sa belle inconnue. Il s’agit de Valentine, belle comme une peinture, fiancée à Nevers et venant lui annoncer sa rupture. Raoul pense qu’il s’agit d’une des nombreuses conquêtes de Nevers.

Urbain, un jeune page, apporte une lettre à Raoul lui demandant de se laisser conduire en un lieu secret. Toute l’assemblée, sauf Raoul, reconnaît sur la lettre le sceau de Marguerite de Valois.

Meyerbeer les huguenots une dame noble et sageCliquez sur Urbain

Acte II : Marguerite de Valois se trouve dans le parc du château de Chenonceau avec ses suivantes. (Air: « Ô beau pays de la Touraine ».)

Meyerbeer les huguenots Ô beau pays de la TouraineCliquez sur Valentine

Valentine, sa demoiselle d’honneur préférée lui apprend qu’elle aime un huguenot et qu’elle a rompu ses fiançailles avec Nevers. Marguerite, qui veut rapprocher catholiques et protestants, lui promet d’essayer de favoriser son mariage. Quand on amène Raoul, Valentine, intimidée, s’enfuit. Raoul est frappé par la beauté de Marguerite et jure de lui obéir.

La noblesse du pays arrive, dont Nevers et Saint-Bris, le père de Valentine. Marguerite réussit à convaincre celui-ci de marier sa fille à Raoul. Quand les deux jeunes gens se rencontrent enfin, ils se reconnaissent, mais Raoul, toujours sur sa funeste illusion, refuse le mariage, provoquant la consternation générale.

Acte III : Quelques jours plus tard, à Paris. On entend le chœur des huguenots auquel répond le chœur des jeunes filles catholiques sur le chemin de Valentine et Nevers qui s’apprêtent pour leur mariage. Les deux chœurs finissent par se superposer dans un effet saisissant dont saura se souvenir Berlioz dans sa Damnation de Faust (Double chœur des étudiants et des soldats qui se croisent sur la scène.)

Meyerbeer les huguenots Vierge Marie vs RataplanCliquez sur l’image

Marcel vient prévenir Saint-Bris, qui les accompagnait, que Raoul le provoque en duel. Un gentilhomme catholique conseille à Saint-Bris de faire assassiner Raoul pour s’en débarrasser. Valentine, qui a entendu, demande à Marcel d’aller prévenir son maître.

À la nuit tombée Raoul, Saint-Bris et leurs témoins se retrouvent pour le duel. Marcel essaye de prévenir Raoul du piège qui lui est tendu, mais celui-ci ne peut y croire. (Septuor du duel : « En mon bon droit faisons confiance ».)

Meyerbeer les huguenots Septuor du duelCliquez sur l’image

Quand les catholiques arrivent, Marcel appelle des huguenots en train de boire dans un cabaret proche pour qu’ils défendent Raoul. (Chœur : « Rataplan, plan, plan ».)

Meyerbeer les huguenots C'est le jour RataplanCliquez sur l’image

La tension entre les deux camps est extrême quand Marguerite de Valois survient et interrompt le début du combat. Elle dissipe le malentendu de Raoul, qui se rend compte alors que Valentine vient de lui sauver la vie. Mais trop tard, Nevers vient la chercher pour se rendre au banquet de leurs noces.

Acte IV : Valentine est chez elle. Elle regrette son mariage et demande à Dieu de lui apporter l’oubli. Raoul se présente pour lui demander pardon. Quand Nevers et Saint-Bris arrivent à leur tour, Raoul a tout juste le temps de se cacher.

Les catholiques se réunissent pour sceller le sort des huguenots en déclenchant la nuit de la Saint-Barthelémy. Nevers refusant de participer est mis aux arrêts. Trois moines bénissent les poignards, demandant aux catholiques de massacrer un maximum de protestants. (Bénédiction des poignards : « Gloire, gloire au grand dieu vengeur ».)

Meyerbeer les huguenots Gloire, gloire au grand dieu vengeurCliquez sur l’image

Une fois les conspirateurs sortis, Raoul sort de sa cachette. Il veut aller prévenir ses amis quand Valentine essaie de le retenir, lui avouant son amour. Il la repousse pour aller défendre les siens. (Duo : « Ô ciel, où courez-vous ? »)

Meyerbeer les huguenots duo acte IV Où courez-vous, RaoulCliquez sur le duo de l’acte IV

Acte V : Raoul, couvert de sang, fait irruption dans la fête du mariage entre Marguerite de Valois et Henry de Navarre. Raoul avertit les chefs huguenots du massacre qui a commencé à l’extérieur.

Raoul et Marcel se sont réfugiés dans un cimetière protestant. Valentine arrive. Nevers est mort et elle est donc libre d’épouser Raoul. Elle demande à Raoul de se convertir au catholicisme, ce qu’il refuse. Valentine décide alors de se convertir, elle, au protestantisme et de mourir aux côtés de Raoul. Les catholiques envahissent le cimetière et le massacre commence.

Un peu plus tard, sur les quais de Seine, Raoul gravement blessé est aidé par Valentine et Marcel. Saint-Bris arrive et, reconnaissant des huguenots, ordonne à sa troupe de tirer. Il est trop tard quand il se rend compte qu’il vient de faire tuer sa fille.

Le massacre continue jusqu’au matin.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Paris en 2018, et le programme de ce spectacle)

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24 réflexions au sujet de “LES HUGUENOTS, de MEYERBEER (1836)”

  1. Merci Jean-Louis.. et le plaisir du bonus, toujours !
    Valentine, belle comme une peinture…….. l’illustration même de l’origine d’une expression française : belle à croquer (aucun rapport avec les trois pommes de Jérôme 🙂 )
    Belle journée à toi. Je partage ailleurs

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      1. bon, les nouvelles sont bonnes Jean-Louis, juste une grosse surcharge de boulot. Je suis chargée de rassurer tout le monde, Jérôme revient dès que possible ! bises et bonne fin d’après midi

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      1. Coucou, me revoilà ! Dis donc, tu nous a gâtés: 10 vidéos.
        Dommage qu’il n’y a pas la machine à café et les croissants chauds sur ton blog. Parce que lorsqu’on arrive, on est là pour un moment. 😊
        Belle journée à toi, J-L. A plus. 
        ☕🥐🎧🎶🌞

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      2. PS: en fait, c’est 12 vidéos. Mais ça vaut la peine de squatter ton blog. Cet opéra, je le trouve superbe. Meyerbeer : 🤙🤙🤙
        J’ai, entre autres, adoré Mickael Spyres ( Plus blanche que la blanche hermine). Quelle interprétation ! Du coup, je l’ai écouté aussi dans  » Tu m’aimes »‘( duet act4). C’est superbe.
        MERCI 🙏

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      3. 12 ! Ah oui, j’ai fait fort !
        Et j’avais encore quelques airs et duos que j’ai dû me résoudre à ne pas mettre dans ce billet.
        Mickael Spyres, je l’avais découvert dans la Nonne sanglante, de Gounod, il y a quelques années à l’Opéra Comique, et j’avais été frappé par la qualité de sa voix et de sa diction française. Du coup, je n’hésite jamais à le mettre quand je trouve une vidéo qui peut s’appliquer à mon blogue.

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  2. Entre « pif paf pouff » et « rataplan-plan-plan » je vois que Meyerbeer était un petit facétieux 🙂
    Elle a l’air pour le moins difficile à jouer, cette partition de Liszt, avec toutes les quadruples et triples croches ! J’admire !
    Belle journée Jean-Louis !

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    1. Oui, le côté un peu « farce » de cet opéra, qui traite pourtant d’une page épouvantable de l’histoire de France, n’a pas été bien perçu à l’époque.
      Pour autant, il y a beaucoup de vraie bonne musique dedans, et j’étais particulièrement heureux de pouvoir le voir, enfin, à l’opéra de Paris il y a trois ans, d’autant que la distribution était exceptionnelle !
      Bonne journée, Marie-Anne.

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      1. C’est vrai que les guerres de religion ne prêtent vraiment pas à rire…
        J’imagine bien que ce doit être un très bel opéra.
        Cette histoire d’amour entre un protestant et une catholique m’a d’ailleurs un peu fait penser au film « la reine Margot » de Patrice Chéreau, vu il y a très longtemps et bien aimé.
        Bonne journée Jean-Louis 🙂

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  3. J’ai peut-être plus aimé le bonus que l’opéra. Je pense qu’il faudrait que je le connaisse plus pour mieux l’apprécier..
    Avec La fille du régiment tu peux ouvrir un billet avec les opéras qui ont un rataplan (peut-être aussi les chœurs d’enfants de Carmen et de La bohème).

    Aimé par 1 personne

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