Maria Callas, Mes opéras préférés, Publicité

NORMA, de BELLINI (1831)

Norma est une tragédie lyrique de BELLINI, inspirée d’une tragédie française créée à Paris en 1831. Elle est à la limite entre l’opera seria hérité du XVIIIe siècle et le Grand Opéra façon XIXe. Norma se démarque des œuvres qui l’ont précédée par la continuité du chant, dans une sorte de mélodie continue qui marquera WAGNER, pourtant habituellement peu amène avec l’opéra italien. Norma a été créée à la Scala de Milan en 1831.

Cet opéra est un des rares (à ma connaissance) opéras à se passer en Gaule. (Un autre est Amaryllis des Gaules, de C.P.E. BACH, un des fils de Jean-Sébastien.)

Le pitch : Norma, grande prêtresse gauloise a eu une liaison avec Pollione, le proconsul romain dont elle a eu deux enfants. Pollione est maintenant amoureux d’Adalgisa, une jeune prêtresse. Quand Norma le découvre, elle tente de retenir Pollione avant d’avouer publiquement sa faute. Elle est condamnée à mort pour n’être pas restée chaste comme sa charge l’exige.

Acte I : Dans une forêt en Gaule, les druides guidés par leur chef Oroveso s’apprêtent à célébrer la pleine lune, qui sera le signal pour cueillir le gui sacré. Ils demandent à leur dieu de leur donner la force et le courage de battre l’envahisseur romain. Une fois les druides entrés dans leur temple, deux Romains s’avancent. Pollione avoue à Flavio qu’il n’aime plus sa maîtresse, la mère de ses deux enfants : la grande prêtresse Norma. Il est à présent amoureux d’une autre prêtresse, Adalgisa. Il lui raconte un rêve qu’il a fait : il se trouvait à Rome avec Adalgisa, mais son amour était brisé par Norma (Air : « Meco all’altar di venere »).

Bellini norma Meco all'altar di VenereCliquez sur Pollione

L’appel des druides retentit : la pleine lune est levée, la cérémonie peut commencer (Chœur : « Norma viene »).

Bellini Norma Norma vieneCliquez sur la pochette de disque

Norma s’avance, porteuse de la serpe sacrée. Aux Gaulois qui rêvent de se révolter contre les romains, Norma annonce que le temps n’est pas encore venu, que Rome tombera toute seule, victime de sa décadence. Elle s’adresse à la lune, la chaste déesse (Air : « Casta Diva »), lui demandant de répandre sa paix. Elle est déchirée entre le désir de chasser les Romains et son amour pour Pollione.

callas casta divaCliquez sur Norma Callas

Quand la forêt retrouve son calme, Adalgisa arrive, aspirant à retrouver Pollione. Celui-ci se montre et lui demande de renoncer à ses dieux cruels, au bénéfice de l’amour. À son tour, Adalgisa est déchirée entre son devoir de prêtresse et son amour pour Pollione. Celui-ci déclare qu’il part le lendemain à Rome, et lui demande de le suivre, ce qu’elle finit par accepter.

Dans sa demeure, Norma confie à Clotilde ses craintes que Pollione ne reparte à Rome sans elle, la laissant seule avec leurs deux enfants. Survient Adalgisa, venue lui avouer que, amoureuse d’un homme, elle demande à être libérée de sa charge de prêtresse. Pendant son récit, Norma revit ce qu’elle a elle-même vécu. Elle libère Adalgisa de ses liens, et l’interroge sur son amoureux. Quand Pollione avance, elle comprend que c’est de lui qu’il s’agit. Il se trouve alors accablé par les deux femmes, devant sa double traîtrise. Norma finit par prédire la mort de Pollione (Trio : « Oh ! Di qual sei tu vittima »).

Bellini norma Oh di qual sei tu vittimaCliquez sur Norma, Adalgisa et Pollione

Acte II : Armée d’un poignard, Norma s’apprête à tuer ses fils dans leur sommeil. Au moment fatal, elle ne peut s’y résoudre, et préfère se donner la mort. Elle fait appeler Adalgisa pour qu’elle conduise ses fils auprès de leur père. Émue, Adalgisa refuse, elle renonce à Pollione, et convainc Norma de vivre. Elle va plaider sa cause auprès de Pollione (Duo : « Mira, O Norma, a’ tuoi ginocchi »).

Bellini Norma Mira O NormaCliquez sur Adalgisa et Norma

Dans la forêt, les Gaulois s’apprêtent à attaquer le camp de Pollione, attendant un signe de leur dieu. Oreveso arrive et dit que le signe est négatif et qu’il vaut mieux ne pas attaquer les Romains (Air et chœur : « Ah, Del Tebro al giogo indegno »). Dans le temple, Norma attend Adalgisa, mais Clotilde vient lui annoncer qu’Adalgisa a échoué dans sa mission, et que Pollione veut partir à Rome avec elle. Furieuse, Norma frappe le gong sacré des druides, qui arrivent. Norma appelle au massacre des Romains. Ils prennent les armes (Chœur : « Guerra, guerra ! »), mais sont interrompus, car on a trouvé un Romain dans l’enceinte sacrée des druides.

Bellini Norma Guerra GuerraCliquez sur le chœur des Gaulois et des Gauloises

On le fait venir, c’est Pollione ! Norma s’avance pour le tuer, mais son bras s’arrête. Feignant de devoir l’interroger pour découvrir la coupable qui l’a fait venir, elle demande aux druides de se retirer un instant. Elle lui demande alors de renoncer à Adalgisa s’il veut avoir la vie sauve, mais lui préfère mourir. Elle lui avoue qu’elle a voulu tuer ses fils. Il lui répond de le frapper de son poignard. Quand enfin, elle lui dit qu’elle va faire mourir Adalgisa sur le bûcher pour le faire souffrir, il la supplie d’épargner cette dernière. Elle a enfin réussi : Pollione a prié Norma. Norma rappelle alors les Gaulois et va dévoiler le nom de la traîtresse. Mais, au lieu d’Adalgisa, elle se dénonce elle-même. À la foule incrédule, à son père, elle révèle qu’elle est mère et, dans une dernière prière à son père Oroveso, lui confie ses enfants avant de mourir. Pollione va mourir au bûcher avec elle.

Au XIXe siècle, il n’y avait pas internet pour mettre à disposition de tous les trésors de l’humanité, dont la musique. Un des moyens utilisés pour faire entrer la musique chez les gens était la transcription, pour piano ou autres instruments. LISZT, ce pianiste redoutable a ainsi écrit un grand nombre de transcriptions d’opéras de son époque, dont cette fantaisie sur Norma.

Bellini Norma transcription LisztCliquez sur la pianiste

Et, pour ceux et celles d’entre vous qui ont été sages en lisant ce billet, il y a une surprise.

Point d'interrogationCliquez (si vous avez été sage) sur la surprise

Maria Callas, Mes opéras préférés

LA BOHÈME, de PUCCINI (1892 – 1895)

Adapté des Scènes de la vie de Bohème, un roman naturaliste français de Henry MURGER, la Bohème est un opéra de PUCCINI se passant dans le milieu bohème de Paris à la fin du XIXe siècle. De par son sujet, et du traitement que lui donne Puccini, cet opéra ressort du vérisme, lancé en 1890 par MASCAGNI avec son Cavalleria Rusticana. La Bohème a été créé en 1896 à Turin, sous la direction de TOSCANINI. On peut dire de cet opéra qu’il est vérismissime !

Le pitch : Dans le Paris du XIXe siècle, quatre amis vivent pauvrement. L’un d’eux, Rodolfo, tombe amoureux de leur pauvre voisine, Mimi. Celle-ci, affaiblie par les privations, tombe malade et, faute de soins, meurt.

Acte I : La nuit de Noël, Marcello le peintre et Rodolfo l’écrivain luttent contre le froid dans leur mansarde parisienne. Pour alimenter le feu, ils brûlent le drame que Rodolfo est en train d’écrire. Colline le philosophe entre : il n’a pas réussi à mettre ses livres en gage pour avoir un peu d’argent. Enfin arrive Schaunard le musicien, porteur de cigares, de vin et de nourriture. Il a gagné de l’argent grâce à un riche Anglais à qui il a donné des cours. Il les invite au café Momus, au Quartier latin. Ils partent tous, sauf Rodolfo, qui doit terminer un article. On frappe à la porte. C’est une jeune voisine qui vient chercher du feu pour rallumer sa bougie éteinte. Au moment de repartir, elle cherche sa clé, mais les bougies s’éteignent et les deux voisins se retrouvent dans le noir. Rodolfo trouve la clé et l’empoche pour rester avec la jeune femme. Il lui prend la main, se présente, et lui déclare son amour (Air « Che gelida manina »). La voisine, Mimi, répond sur le même ton, elle s’appelle Mimi, est brodeuse, et vit seule dans sa chambre sous les toits (Air : « Mi chiamano Mimi »).

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi Callas

En bas, les amis de Rodolfo l’appellent. Le couple sort enfin (duo d’amour : « O suave fanciulla »).

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur Rodolfo et Mimi

Acte II : La petite bande traverse la foule du quartier latin et se dirige vers le café Momus (Chœur avec enfants à la Carmen : « Aranci, datteri »). Rodolfo achète une petite coiffe pour Mimi. Musetta, l’ancienne maîtresse de Marcello, arrive, avec un vieux conseiller d’État, Alcindoro. Furieuse que Marcello l’ignore, elle entonne un air coquin destiné à éveiller la jalousie de Marcello (Air : « Quando me n’vo soletta »).

Puccini La Bohème Quando me'n vo solettaCliquez sur Musetta

Pour se débarrasser d’Alcindoro, elle l’envoie chez le cordonnier faire réparer sa chaussure. Musetta et Marcello tombent dans les bras l’un de l’autre. Le garçon arrive avec l’addition, mais l’argent de Schaunard ne suffit pas. Musetta fait porter l’addition sur le compte d’Alcindoro. Les amis, ravis, la portent en triomphe et partent. Quand Alcindoro revient avec la chaussure de Musetta, le garçon lui présente la note. Alcindoro s’effondre sur un siège.

Acte III : Aux portes de la ville, les balayeurs et les laitières franchissent la barrière. Mimi entre, toussant fortement. Elle cherche Marcello, qui peint des fresques sur les murs d’une taverne. Elle lui dit que Rodolfo vient de la quitter. Marcello répond que Rodolfo est dans la taverne. Rodolfo, qui vient de se lever, rejoint son ami. Mimi écoute, cachée, Rodolfo expliquer qu’il est parti parce que Mimi joue les coquettes, avant d’avouer la vérité. Il révèle que Mimi est très malade et que, étant trop pauvre, il ne peut rien pour elle. Il la pousse donc à le quitter pour trouver quelqu’un de riche qui pourra la soigner. Mimi, qui a tout entendu, révèle sa présence en toussant. Elle lui fait ses adieux, lui disant de garder la petite coiffe qu’il lui avait offerte, en souvenir de son amour (Air : Donde lieta usci).

Puccini La Bohème Donde lieta usciCliquez sur Mimi

Rodolfo et Mimi tombent dans les bras l’un de l’autre et décident de se séparer au printemps, pendant que Marcello, jaloux, et Musetta se disputent.

Acte IV : Dans leur mansarde, Rodolfo et Marcello parlent de leurs amours passées. Schaunard et Colline arrivent avec le dîner, frugal. Ils font semblant d’être à un festin avant d’improviser un ballet burlesque. Musetta paraît : elle a croisé Mimi dans la rue, gravement malade, et l’a ramenée à la mansarde. Pour payer le médecin, Musetta décide de céder ses boucles d’oreille et Colline va porter son manteau au clou. Schaunard laisse enfin Rodolfo et Mimi seuls. Ils se rappellent leur première rencontre. Rodolfo lui montre la petite coiffe qu’il lui avait achetée. Les autres reviennent avec une potion. Un médecin va venir, mais Mimi s’est évanouie. Mimi meurt pendant que Musetta prie. Schaunard découvre le décès. Rodolfo, comprenant ce qui vient d’arriver se précipite et crie le nom de son amour « Mimi ! ».

Puccini La Bohème finalCliquez une dernière fois sur Mimi et Rodolfo 😢

Divers, Maria Callas

400e BILLET DU BLOG

Eh oui, ce billet est le 400e que je publie sur ce blog consacré, de manière très ouverte, à l’opéra et à la littérature !

À ce jour, vous avez été plus de 12 000 visiteurs cumulés, venus de 111 pays, pour regarder plus de 35 000 vues sur ce blog, en deux ans et demi.

J’ai consacré 70 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à La Mort à Venise de BRITTEN, ou de Aïda de VERDI à Werther de MASSENET.

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’acte de naissance de l’Opéra

Le plus regardé est toujours celui consacré aux Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, devant Roméo et Juliette de GOUNOD.

barcarolleCliquez sur l’image

J’ai également consacré 47 billets à des compositeurs, dont 3 à des compositrices, de Monteverdi à Britten. Le compositeur qui vous a le plus intéressé est Franz SCHUBERT.

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 33 écrivains passés à ma moulinette, de l’ARIOSTE à ECHENOZ, le plus consulté étant celui consacré à Raymond QUENEAU (!!!).

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… Une de mes (petites) joies est l’accueil réservé à mes fantaisies sur le nom de Mallarmé (Mallarmuche pour les intimes 🙂), qui cumulent presque 800 vues !

Dans ces catégories, les billets les plus regardés restent « Magical Maestro (Tex Avery) » « Des opéras pour les enfants« , « les Onomatopées« , ou encore « les Oiseaux à l’opéra« .

Le billet le moins regardé, avec 2 vues (!), est un des tout premiers (il date de mai 2018, comme ce blog). Il s’agit de l’opération « Tous à l’opéra » de cette année 2018.

Une des vidéos les plus regardées est « la légende de Kleinzack », extraite des Contes d’Hoffmann.

kleinzachCliquez sur Hoffmann

Elle est suivie de près par « Comic Strip » de Serge GAINSBOURG.

Gainsbourg Comic stripCliquez sur l’image

J’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de l’opéra !

Et pour finir ce billet, un grand classique, interprété par une des plus grandes cantatrices de tous les temps.

Bellini Norma Casta diva (Callas)Cliquez sur la Callas

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, et si vous aimez musique et littérature, parlez de mon blog à vos amis, et si vous n’aimez pas, parlez-en à ceux que vous n’aimez pas ! 🙂

Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

ALCESTE, de GLUCK (1767 [Vienne], 1776 [Paris])

Comme pour Orphée, la version d’Alceste de GLUCK qui nous est parvenue est une adaptation pour la France d’un opéra en italien écrit pour Vienne dix ans auparavant. L’action en a été resserrée pour l’adaptation française, ce qui donne une œuvre proche de la tragédie grecque, avec l’omniprésence du chœur qui souligne l’action. L’aspect austère de cette version française a rebuté le public, et on a rajouté le personnage d’Hercule, qui pourtant était présent dans la version italienne, et retiré pour la France. C’est GOSSEC, un des maîtres de BERLIOZ, qui a procédé à cet ajout.

Acte I : Le peuple se lamente car Admète, le roi de Thessalie, va mourir (Chœur : Dieux, rendez-nous notre roi).

Gluck Alceste Dieux, rendez-nous notre roiCliquez sur le peuple qui se lamente

La reine Alceste entre, accompagnée de ses enfants. Elle espère que les dieux, émus par sa souffrance, auront pitié d’elle et de ses enfants (Air : Grands dieux, du destin qui m’accable).

 Le grand prêtre accompagné du peuple demande aux dieux d’écarter la mort du trône (Air & chœur : Dieu puissant, écarte du trône). Le grand prêtre annonce que le dieu va se manifester.

La reine revient implorer Apollon (Air : immortel Apollon). Apollon accède aux prières des humains, il accepte de sauver Admète si quelqu’un offre sa vie pour sauver celle du roi. Le peuple fuit, laissant la reine seule. Elle décide alors de mourir à la place de son mari (Air : Non, ce n’est point un sacrifice). Le grand prêtre rentre, annonçant que le roi va vivre, mais que quand arriveront les ténèbres de la nuit, Alceste devra rejoindre le royaume des morts. (Air : Divinités du Styx, je n’implorerai point votre pitié.)

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur l’image

Acte II : Le peuple se réjouit, Admète est vivant. Le roi arrive et remercie son peuple. Il veut savoir par quel miracle il est revenu à la vie. On lui explique qu’un héros inconnu s’est sacrifié pour lui. Le roi demande à voir sa femme. Alceste revient une dernière fois avant la nuit, mais ne peut se réjouir avec le roi et le peuple, qui croient que c’est seulement grâce à ses prières qu’Admète est sauvé. Elle va devoir se résoudre à avouer la vérité (Air : Grands dieux, soutenez mon courage).

Gluck Alceste Grand dieux, soutenez mon courageCliquez sur Alceste

Admète lui demande de sécher ses pleurs (Air : Bannis la crainte). Alarmé par les pleurs d’Alceste, il demande à voir ses enfants, Alceste répond qu’ils vont bien. Enfin, elle dévoile la vérité. Admète refuse le sacrifice d’Alceste et veut mourir avec elle, car à quoi bon vivre si l’objet de son amour n’est plus !

Gluck Alceste Aux cris de la douleur devenez accessibleCliquez sur Alceste et Admète

Le peuple se lamente à nouveau sur le sort d’Alceste, qui partage ses pleurs avant de le faire taire (Air : Ah malgré moi mon faible cœur).

Gluck Alceste Ah malgré moiCliquez sur Alceste

Acte III : Alceste va mourir, et Admète ne lui survivra pas. Le chœur pleure (Chœur : Pleure, oh patrie). Hercule paraît, et demande pourquoi l’on pleure. Informé, il déclare qu’il va aller en enfer chercher Alceste (Air : Au pouvoir de la mort, je saurai la ravir).

Gluck Alceste Au pouvoir de la mort je saurai la ravirCliquez sur Hercule

Alceste, arrivant sur les rives des enfers chante (Divinités implacables). L’amour lui donne une force nouvelle pour aller jusqu’au bout. Mais Admète arrive à son tour et la supplie, pour ses enfants, de rester (Air : Alceste, au nom des dieux). Alceste persiste dans sa volonté de mourir. La trompe de Charon résonne, les enfers réclament leur dû. Alceste est attirée vers les ténèbres.

Admète veut la suivre, mais Hercule arrive et ramène Alceste. Apollon descend du ciel (c’est un deus ex machina) et libère Alceste de ses vœux, on le remercie (Trio : Reçois, dieu bienfaisant) avant que le peuple ne chante pour les fortunés époux.

Gluck Alceste finalCliquez une dernière fois sur Alceste

(Source : Je me suis essentiellement servi pour rédiger ce billet du (très beau) DVD de John Eliot GARDINER, avec la mise en scène hiératique de Robert Wilson. J’ai vu que c’est disponible sur Youtube, mais je ne sais pas si c’est légal).

Cinéma, Maria Callas, Mes opéras préférés

LUCIA DI LAMMERMOOR, de DONIZETTI (1835)

Opéra romantique de DONIZETTI, créé en 1835, d’après un roman de Walter SCOTT. L’argument en est un « Roméo et Juliette » dans l’Écosse du XVIe siècle. Cette œuvre a connu d’emblée le succès et a été remaniée en 1839, pour une version en français.

C’est dans Lucia di Lammermoor que se trouve un des airs les plus célèbres du bel canto, la « scène de la folie » de Lucia. FLAUBERT l’évoque dans son Madame Bovary, et il sera encore célèbre au XXIIIe siècle puisqu’on peut l’entendre dans le 5e élément de Luc BESSON.

Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici dans une structure [(S+T)/(B+B)], puisqu’une soprano (Lucia) aime un ténor (Edgardo) alors qu’un baryton (Enrico) et une basse (Raimondo) cherchent à les séparer.

Acte I : Les hommes d’Enrico Ashton évoquent sa famille ruinée. Enrico entre. Dans un dialogue avec son veneur, Normann, on apprend qu’il voudrait que sa sœur Lucia accepte un mariage avec Lord Arturo, ce qu’elle refuse. Elle est en effet amoureuse d’Edgardo de Ravenswood, qui lui a sauvé la vie, mais dont la famille est rivale des Ashton.

Donizetti Lucia di Lammermoor Cruda funesta smaniaCliquez sur Enrico

Dans le parc du château, Lucia confie à son amie Alisa qu’elle a vu le spectre d’une jeune femme tuée par son amant, un Ravenswood. Son corps aurait été jeté dans la fontaine du parc.

Donizetti Lucia di Lammermoor Regnava nel silenzioCliquez sur Lucia i Alisa

Alisa comprend que cette vision est prémonitoire et conjure Lucia de renoncer à son amour. Edgardo arrive et dit à Lucia qu’il doit partir le lendemain pour la France. Il compte demander sa main à son frère, mais Lucia craint ses réactions. Furieux, Edgardo lui rappelle son serment de vengeance contre les Ashton, responsables de la mort de son père.

Donizetti Lucia di Lammermoor Lucia perdona... Sulla tomba...Cliquez sur Lucia i Edgardo

Lucia le calme, et il s’éloigne, après qu’ils aient scellé leur amour avec un anneau nuptial. (Duo: « Verranno a te sull’aure ».)

Acte II : Enrico attend Lucia en tremblant. Pour que sa famille retrouve la fortune, il a arrangé un mariage entre sa sœur et Arturo Bucklaw, mais il craint qu’elle ne refuse. Normann lui dit qu’il a intercepté toutes les lettres qu’Edgardo lui envoie, pour qu’elle croie que celui-ci l’a oubliée. Les invités et Arturo arrivent au château lorsque Lucia entre, pâle. Elle reproche à son frère son manque d’humanité et les tourments qu’il lui inflige. Elle lui rappelle qu’elle a promis sa main  à Edgardo. Enrico lui montre alors une fausse lettre censée prouver l’infidélité d’Edgardo. Elle veut mourir en voyant cette trahison. Enrico lui explique que si elle ne se résout pas au mariage, c’est lui qui va mourir, car la situation politique a changé en Écosse avec l’arrivée au pouvoir de la reine Mary. Le chapelain, évoquant la mémoire de sa mère et le devoir qu’elle a envers son frère,  réussit à convaincre Lucia d’épouser Arturo. (Duo : « Ah, cedi, cedi ! »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Ebben di tua speranzaCliquez sur Lucia i Arturo

Arturo est accueilli par un chœur. Il se présente en sauveur de la famille et demande où est Lucia. Enrico le prépare à la réaction de sa sœur. Cette dernière arrive et signe le contrat de mariage comme si elle signait son arrêt de mort. Edgardo survient, réclamant sa fiancée. Enrico, Arturo et Edgardo s’apprêtent à se battre lorsque le chapelain Raimondo produit le contrat de mariage signé de la main de Lucia. Edgardo reprend l’anneau de sa fiancée et part en la maudissant. (Sextuor « Chi mi frena in tal momento? »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Chi mi frena (sextuor)Cliquez sur le sextuor d’élites

Acte III : Enrico rendu fou de rage par l’intrusion d’Edgardo chez lui se rend chez celui-ci et, attisant sa jalousie, le provoque en duel pour le lendemain à l’aube.

Alors que se déroulent les festivités du mariage, Raimondo bouleversé surgit et annonce que Lucia est devenue folle et vient de tuer Arturo. La jeune fille arrive, hagarde. Elle songe à son mariage avec Edgardo, et se revoit près de la fontaine, où le spectre qu’elle a vu vient s’interposer entre elle et Edgardo. (Scène de la folie.)

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur Lucia

Enrico qui revient de chez Edgardo apprend la nouvelle du meurtre d’Arturo et, sans se rendre compte de l’état de sa sœur, la menace d’une peine exemplaire. Lucia prenant son frère pour son bien aimé Edgardo implore son pardon avant de le prier de veiller sur sa tombe. Elle s’effondre et on l’emporte, inanimée.

Edgardo attend Enrico avec l’intention de se jeter sur l’épée de son ennemi, croyant toujours à la trahison de Lucia. Les hommes d’Enrico lui apprennent le sort tragique de la jeune femme. Dans sa démence elle le réclame avant de mourir. Entendant sonner le glas, il comprend que Lucia est morte, ce que le chapelain confirme. Désespéré, Edgardo se donne la mort, non sans avoir évoqué une dernière fois son aimée, cet ange monté au ciel.

Donizetti Lucia di Lammermoor Tu che a Dio spiegasti l'aliCliquez sur Edgardo

Comme je ne peux pas terminer comme ça ce billet concernant un joyau du bel canto, retrouvons le prélude à l’air de la Folie, interprété par Maria CALLAS.

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono callasCliquez sur Lucia

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MADAME BUTTERFLY, de PUCCINI (MADAMA BUTTERFLY)

Composé d’après une nouvelle américaine tirée d’ « une histoire vraie », Madame Butterfly (Madama Butterfly) a été composé entre 1902 et 1903, avant d’être créé en 1904 à La Scala de Milan. Ce fut un échec, et PUCCINI et ses librettistes ont dû remanier l’opéra, avant de le remonter à Brescia, cette fois avec succès.

Il faut noter que Pierre LOTI avait écrit un roman Madame Chrysanthème, racontant en partie son voyage au Japon et son mariage « temporaire ». Un premier opéra en a été tiré dès 1893 avec une musique de MESSAGER.

Acte I : À Nagasaki, Goro fait visiter à Pinkerton, jeune lieutenant de la marine américaine, une maison en haut de la falaise, face à la mer. Il lui présente les domestiques et on attend la mariée. Le consul américain, Sharpless, arrive. Pinkerton lui explique qu’il a signé un contrat de 99 ans, dont il peut se sortir unilatéralement à la fin de chaque mois. Et qu’il en est de même avec le contrat de mariage qu’il s’apprête à signer ! (Air: « Dovunque al mondo, lo yankee vagabondo« .)

Puccini Butterfly Dovunque al mondoCliquez sur l’image

Sharpless le prévient de ne pas blesser le « papillon » qu’il prend pour femme. Pinkerton boit au jour de son vrai mariage, avec une Américaine. Cio-Cio-San arrive, toute joyeuse. (Air: « Ecco! Son giunte al sommo del pendio ».)

Puccini Butterfly Ecco. Son giunte al sommo del pendioCliquez sur l’image

On la surnomme Madame Butterfly à cause de sa beauté fragile comme celle du papillon. Répondant aux questions que les deux hommes lui posent, elle explique qu’elle a connu la richesse, mais que sa mère aujourd’hui vit dans la misère, et que son père est mort. Le commissaire impérial et la famille arrivent. Les cousines cancanent, et pronostiquent un divorce. Goro leur demande de se taire. Butterfly déballe son maigre paquetage, contenant tous ses biens, des mouchoirs, un éventail… ainsi qu’un étui long et étroit qu’elle porte directement dans la maison. Goro explique que c’est un sabre offert par le mikado à son père, avec l’ordre de se faire hara-kiri. Elle annonce qu’elle a adopté la religion de son mari. Une fois le mariage prononcé commence la fête. Arrive son oncle, le bonze qui, furieux de ce mariage, la renie. Les invités partis, Butterfly se met en vêtements de nuit, et l’acte se termine par un duo d’amour entre elle et Pinkerton. (Duo : « Viene la sera ».)

Puccini Butterfly Viene la seraCliquez sur l’image

Acte II : Suzuki prie ses dieux que Butterfly arrête de pleurer. On apprend que l’hiver venu, Pinkerton est parti en mission, laissant derrière lui Butterfly, promettant de revenir au printemps. Pendant trois ans, elle a attendu son mari, en élevant l’enfant qu’elle a eu de lui. Le consul Sharpless lui apporte une lettre de Pinkerton. Elle lui dit que, fidèle, elle a refusé les propositions d’un riche mariage, qui améliorerait sa situation. Au Japon, l’abandon vaut divorce. Elle répond que, dans son pays, l’Amérique, les choses ne se passent pas comme cela. Tout le monde est atterré en l’entendant s’accrocher ainsi à ses espoirs. Tous les jours, elle regarde la mer, espérant voir la fumée du navire qui lui ramènera son mari (Air : « Un bel di, vedremo ».)

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur l’image

Sharpless essaie de la prévenir que la réalité pourrait être moins belle. Que se passerait-il si Pinkerton ne voulait pas la revoir à son retour? Elle dit qu’alors elle se tuerait plutôt que de redevenir geisha. Elle rentre dans sa maison en portant son enfant que Pinkerton ne connaît même pas. (Air : « Che tua madre dovrà ».)

On voit le bateau qui revient. Cio-Cio-San fleurit sa maison et se fait belle pour accueillir son mari.

Acte III : Épuisée, Butterfly qui a attendu son mari toute la nuit s’endort au petit matin. Pinkerton paraît, accompagné de Sharpless. Suzuki vient le prévenir que sa femme l’attend, mais honteux, il n’a pas le courage de venir la retrouver. (Air : « addio, fiorito asil ».)

Puccini Butterfly Addio fiorito asilCliquez sur l’image

Suzuki découvre que Pinkerton est venu avec sa femme américaine, Kate. Ils la chargent de prévenir Butterfly qu’il veut repartir aux États-Unis avec son fils japonais.

Butterfly arrive. En voyant Kate, elle comprend la vérité. Elle accepte de quitter son enfant, pour lui éviter une vie de déshonneur au Japon, mais demande que Pinkerton vienne chercher lui-même son fils. Au lever du jour, elle prend le sabre de son père. Suzuki fait entrer l’enfant. Après un adieu à son fils, elle prend le sabre, lit l’inscription sur la lame « Qui ne peut vivre dans l’honneur doit mourir avec honneur » et se tue. (Air : « Con onor muore ».)

Puccini Butterfly Con onor muoreCliquez sur l’image

Au moment où elle meurt, Pinkerton, saisi par le remords, arrive et crie son nom, mais il est trop tard.

Enfin, signalons que Frédéric MITTERRAND a porté cet opéra à l’écran.

Et le célébrissime « Un bel di vedremo » a évidemment servi de support à un certain nombre de publicités :

Puccini Madame Butterfly pub

1 bis - Liste alphabétique des opéras, Maria Callas

LISTE ALPHABÉTIQUE DES OPÉRAS CHRONIQUÉS SUR CE BLOG

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire alphabétique pour les billets enregistrés dans la catégorie « Mes opéras préférés ». Vous trouverez deux autres méta-billets consacrés aux compositeurs et aux écrivains.

This is not a post, it is a meta-post which is the summary of the posts written in the category « My favourite operas » (with links).

Cilea Adriana Lecouvreur (MET 2019)

Janacek l'Affaire Makropoulos Acte I Jak se jmenujes

affiche-les-ailes-du-desir

Gluck Alceste final

Haendel Alcina Si son quella

saluts-2024-03-03-lange-exterminateur

Dukas Ariane et Barbe-Bleue fin de l'acte II

Lully Armide Plus j'observe ces lieux

Gluck Armide Venz, venez, haine implacable

bellini-beatrice-di-tenda-choeur-ascoltate-dal-tenebro-carcere

poire belle-hélène

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)

Rameau les Boréades Triomphe Hymen, l'amour t'appelle

Monty Python Galaxy Song, by Stephen Hawking

Strauss Capriccio Scène finale

Rameau Castor et Pollux Que tout gémisse

Mascagni Cavalleria rusticana O Lola ch'ai di latti la cammisa

massenet cendrillon

Rossini la Cenerentola Una volta c'era un re

Bartok le château de Barbe-bleue la deuxième porte (encore)

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Flight of the Bumblebee

Wagner Crépuscule Ihr Gibischsmannen

Rossini la donna del Lag Mura felici... Elena ! O tu, che chiamo

Charpentier David et Jonathas Acte I Marche triomphante

Poulenc Dialogue des Carmélites de munt

Donizetti Don Pasquale Un foco insolito

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Strauss Elektra Final

Mozart l'Enlèvement au sérail Bassa Selim lebe lange

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Schubert Fierrabras Bald wie es klar

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Donizetti La Fille du régiment Chacun le sait

Britten Gloriana Première

Rossini Guillaume Pour notre amour plus d'espérance

Auber Gustave III final

Thomas HAmlet Ô vin dissipe la tristesse

Haendel Hercules When beauty sorrow's livery wears

Rameau Hippolyte et Aricie Chantons sur la musette

Meyerbeer les huguenots Septuor du duel

Mozart Idoménée andro ramingo e solo

Tchaïkovski Iolanta Pourquoi n'ai je pas souffert autrefois

Rossini l'Italienne à Alger Ho un gran peso sulla testa

Janacek Jenufa final acte II

  •  LA JOLIE FILLE DE PERTH, de BIZET (1867) (à venir)
Janacek Katia Kabanova acte 1 scène 2 Vis, co mi napadlo

Moussorgski la Khovantchina Danses persanes

Eldar Like Flesh inteview Silvia Costa
Wagner Lohengrin In fernem Land... Mein lieber Schwan
Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessay

Berg Lulu Final

Verdi Macbeth Una macchia e qui tuttora

Puccini Butterfly Con onor muore

Janacek De la maison des morts (Z mrtveho domu)

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser acte III

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Non monsieur mon mari

Donizetti Maria Stuarda Ah quando all'ara scorgemo

charpentier-medee-acte-iv-noires-divinites-1

Verdi Nabucco Mio furor, non pi costretto

Zemlinsky Der Zwerg Spiegelszene 2 sur 2

Chostakovith le nez percussion interlude

Adams Nixon in China Young as we are

Gounod la nonne sanglante Acte II Voici l'heure

callas casta diva

Enesco Oedipe Acte I

Vivaldi l'Olimpiade Gemo in un punto e fremo

Offenbach Orphée aux enfers Couplets du roi de Béotie (Styx)

Gluck Orphée et Eurydice Danse des ombres heureuses

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) O Colombina

Rameau les Paladins Je vole, amour, où tu m'appeles

Wagner Parsifal Von dorther kam das Stöhnen

  • LA PASSAGÈRE, de WEINBERG (1968)
Lehar Le pays du sourire Au salon d'une pagode

Bizet Les Pêcheurs de perles Sombres divinités

Debussy Pelléas et Mélisande

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Rameau Platée chœur des grenouilles

Affiche Polifemo

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennes

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Monteverdi Il ritorno d'Ulisse final

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Strausse Salomé Danse des 7 voiles

Haendel Sémélé O sleep, why dost thou leave me

Pergolèse la Servante maîtresse Aspettare e non venire

Verdi Simon Boccanegra Plebe ! Patrizi !

Bellini la Sonnambula D'un pensiero e d'un accento

Britten A Misummer night's dream How now my love

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Puccini Turandot In questa reggia (MET 2016)

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Wagner Vaisseau fantôme choeur des matelots

Lehar La Veuve joyeuse Heure exquise

britten-le-viol-de-lucrece-scene-du-filage

Pink Floyd The Wall Thin Ice

affiche West Side Story

Berg Wozzeck début

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Rameau Zoroastre acte II

Maria Callas, Mes opéras préférés

TURANDOT, de PUCCINI

Dernier opéra de PUCCINI, inachevé à la mort du compositeur en 1924, Turandot est terminé par Franco ALFANO, à la demande du chef Arturo TOSCANINI, qui avait commencé à travailler à cette partition avant la mort de l’auteur. Il existe une autre version, celle complétée par Luciano BERIO en 2001. La lune tient une grande place dans cette œuvre, comparée qu’elle est à la tête tranchée des prétendants à la main de la princesse Turandot.

L’argument est inspiré d’une légende perse, reprise par le dramaturge Carlo Gozzi :

Acte I : Dans un Pékin antique et légendaire, un héraut annonce que la princesse Turandot n’acceptera de se marier qu’à un prince qui saura résoudre ses trois énigmes. Si le prétendant échoue, il aura la tête tranchée. Le dernier à avoir essayé, le prince de Perse, doit pour cela être décapité à la prochaine pleine lune. Dans la foule qui attend ce spectacle se cachent Timour, roi des Tartares en exil et aveugle, et Liu, son esclave qui l’accompagne. Un jeune homme le reconnaît, c’est Calaf, son fils. Timour lui apprend que, après sa défaite, Liu l’a secouru et soigné. La foule assoiffée de sang implore la lune (chœur : « Perché tarda la luna »). Quand le prince de Perse arrive, le peuple saisi par sa beauté demande sa grâce, mais Turandot, qui ne connaît pas la pitié, reste inflexible. Calaf, séduit par la beauté de Turandot, veut passer l’épreuve des trois énigmes. Timour, puis les trois ministres chinois, Pim, Pam et Poum, Ping, Pang et Pong tentent de l’en dissuader. Liu à son tour révèle son amour  pour Calaf, mais en vain (Air : « Signore, ascolta ».)

Puccini Turandot Signore, ascoltaCliquez sur l’image

Calaf s’avance et frappe le gong, signe qu’il demande à passer la redoutable épreuve.

Acte II : Ping, Pang et Pong, faisant le sinistre décompte des victimes de la princesse, se désolent de son comportement. Sans descendance, ce sera la fin de la dynastie royale et de la Chine. Ils souhaitent que Turandot rencontre enfin l’amour.

Sur la place de Pékin, devant le palais impérial, la foule s’est rassemblée pour assister à l’épreuve des énigmes. L’empereur tente une nouvelle fois de dissuader Calaf, qui par trois fois demande à affronter l’épreuve. Turandot paraît et révèle les raisons de sa rigueur : autrefois, un prince étranger s’est rendu coupable d’un crime envers son aïeule, et elle veut la venger la mort de son ancêtre (air : « In questa reggia ».)

Puccin Turandot In questa reggiaCliquez sur Turandot

Turandot énonce ses énigmes, mais Calaf répond à chaque fois, faisant croître la colère de Turandot. Quand Calaf a répondu aux trois énigmes, Turandot supplie son père de ne pas la forcer au mariage, mais l’empereur lui répond que c’est la loi. Calaf déclare alors qu’il n’obligera pas Turandot à se marier contre son gré. Il propose à son tour une énigme : si elle réussit à trouver son nom avant l’aube, il acceptera de mourir comme les prétendants précédents.

Acte III : Turandot a ordonné que nul ne dorme cette nuit, car il faut trouver le nom de l’inconnu (Chœur : Cosi commande Turandot). Calaf, sûr de lui, songe à sa princesse (Air : « Nessun dorma ».)

Turandot puccini Nessun Dorma PavarotttiCliquez sur Calaf

Ping, Pang et Pong vont le voir, le tentent avec des femmes ou des richesses et l’exhortent à fuir, mais Calaf reste, car seule Turandot l’intéresse. On amène Timour et Liu, qu’on a vu parler avec le prince la veille, pour les faire parler sous la torture. Liu déclare qu’elle est la seule à connaître le nom cherché. Intriguée, Turandot lui demande ce qui la fait résister. Liu répond que c’est l’amour. En se taisant, elle se condamne et lègue son amour à Turandot. Arrachant un poignard, elle se suicide (Air : « Tu che di gel sei cinta ».)

Puccini turandot Tu che di gel sei sintaCliquez sur Liu

Timour et le peuple déplorent sa mort. Restés seuls, Calaf embrasse Turandot. La princesse reconnaît alors qu’elle l’aime, mais lui demande pourtant de quitter Pékin. Alors que l’aube va poindre, Calaf révèle son nom à Turandot, mettant ainsi sa vie entre ses mains.

Au matin, Turandot annonce à son père qu’elle connaît le nom de l’étranger : son nom est… Amour ! Calaf et Turandot s’embrassent.

Puccini Turandot finalCliquez sur l’image

(Petit clin d’œil : dans son roman le plus connu, Zazie dans le métro, Raymond QUENEAU a appelé un de ses personnages Turandot.)

littérature, Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

SAMSON & DALILA, de SAINT-SAËNS (1877)

À l’origine, Camille SAINT-SAËNS voulait adapter sous forme d’oratorio Samson, un livret d’opéra que VOLTAIRE avait écrit pour RAMEAU. C’est LEMAIRE, son librettiste, qui lui propose d’en faire un opéra biblique. Saint-Saëns en commence l’écriture dès 1859 et il destinait le rôle de Dalila à Pauline VIARDOT.

Il a été créé en 1877 sous l’impulsion de Franz Liszt, à Weimar et en allemand, et ne sera créé en France, au théâtre des Arts de Rouen, que quinze ans plus tard.

En traitant ce sujet Saint-Saëns, déjà intéressé par l’Orient, surfait sur la vague d’orientalisme de son époque (que l’on songe à DELACROIX en peinture, ou à FLAUBERT dont le Salammbô est exactement contemporain de la genèse de Samson et Dalila.)

Acte I  : Le peuple hébreu, sous la domination des Philistins, lance une prière à son dieu (Chœur : « Dieu d’Israël ».) Samson essaie de donner du courage à ses frères. Abimelech, le satrape de Gaza, arrive et raille le dieu d’Israël qui n’a pas su les protéger. Samson, invoquant son dieu, le tue.

Saint-Saens Samson et Dalila dieu d'IsraelCliquez sur l’image

Le grand prêtre de Dagon, le dieu des Philistins, sort du temple et demande aux Philistins de prendre les armes. Un messager annonce l’arrivée de Samson et des Hébreux et le grand prêtre fuit avec les Philistins (Air : « Maudite soit à jamais la race »).

Saint-Saens Samson et Dalila maudite soit à jamais la raceCliquez sur l’image

Comme les Hébreux se réjouissent de la victoire (Chœur des Hébreux : « Hymne de joie, hymne de délivrance »).

Saint-Saens Samson et Dalila hymne de joieCliquez sur l’image

Les femmes philistines, guidées par Dalila, arrivent. Dalila veut séduire Samson (Air : « Printemps qui commence ».) Un vieillard juif cherche à prévenir Samson de la malignité de Dalila.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur Maria Callas

Acte II  : Dalila attend Samson dans sa maison (Air : « Amour, viens aider ma faiblesse ».)

Saint-Saëns Samson et Dalila Amour, viens aider ma faiblesseCliquez sur Anita Rachvelishvili

Le grand prêtre vient lui demander de venger son peuple des juifs qui, libérés de leurs chaînes, ont pris leur ville. Il lui offre de l’or, mais Dalila ne veut que se venger de Samson (Duo : Il faut / je veux pour assouvir ma haine.) Celui-ci arrive, décidé à dire adieu à Dalila, que pourtant il aime. Dalila lui fait le coup de la séduction (Air : « Mon cœur s’ouvre à ta voix »), et Samson cède à son amour.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Olga Borodina et Placido Domingo

Dalila réussit à lui faire dire le secret de sa force, qui réside dans sa chevelure jamais coupée. Dalila triomphante appelle les Philistins qui, après avoir coupé les cheveux de Samson, le font prisonnier.

Acte III : Samson est enchaîné, et le peuple hébreu lui reproche sa trahison, qui les a conduits à l’esclavage (Chœur : « Samson, qu’as-tu fait de tes frères ? ») Dans le temple de Dagon, les Philistins se livrent à une Bacchanale.

Saint-Saens Samson et Dalila bacchanaleCliquez sur la bacchanale

On amène Samson, toujours enchaîné, et les Philistins se moquent de lui avant de le donner en sacrifice à Dagon. Avant de mourir, il adresse une prière à Dieu, lui demandant son pardon pour avoir cédé devant Dalila et ainsi condamné son peuple.

Dieu lui rend alors ses forces, et Samson, tirant sur ses chaînes, fait s’écrouler le temple sur les Philistins.

Bande dessinée, Compositeurs, Maria Callas

Charles GOUNOD (1818 – 1893)

Charles GOUNOD, l’auteur d’une des adaptations les plus populaires du mythe de Faust, est né le 17 juin 1818 dans une famille d’artistes. Son père était aquafortiste et sa mère pianiste.

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En 1839, Charles remporte le grand prix de Rome, et son séjour à la villa Médicis est l’occasion pour lui de découvrir la musique polyphonique italienne, notamment celle de PALESTRINA.

Profondément croyant, il entre au séminaire, mais ne va pas jusqu’à la prêtrise. En 1853, il écrit une pièce pour violon d’après un prélude de BACH. Cette pièce deviendra plus tard son célèbre Ave Maria.

Gounod Ave Maria Norman

En 1851, il compose son premier opéra, Sapho. En 1854, ce sera La Nonne Sanglante, d’après le roman gothique anglais de C.S.LEWIS.

En 1855, il écrit la très belle Messe de Sainte Cécile.

Gounod Messe de Sainte Cécile SanctusCliquez sur l’image

En 1858, il écrit Le Médecin malgré lui, d’après MOLIÈRE.

Gounod Le médecin malgré lui 2

En 1859, c’est la création de son Faust, qui deviendra, et pour longtemps, l’opéra le plus joué au monde, avec notamment le fameux Air des bijoux, popularisé par HERGÉ avec le personnage de La Castafiore.

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur la Callas

En 1863, après une rencontre avec le poète Frédéric MISTRAL, il compose Mireille, d’après le poème de Mistral.

En 1867, il compose son autre énorme succès, Roméo et Juliette. Après cet opéra, sa verve lyrique se tarit, et il ne se consacre plus qu’à la composition d’œuvres sacrées.

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur Roméo

Gounod meurt le 18 octobre 1893 à Saint-Cloud.

Retrouvez un autre aspect de Gounod dans le billet suivant: Gounod mystique.