Cinéma, Maria Callas

James IVORY (né en 1928)

James IVORY, le plus anglais des cinéastes américains, a toujours autant soigné la musique de ses films qu’il en a soigné l’image, en utilisant souvent de la musique classique ou de l’opéra dans les BOF de ses films.

Il a réalisé une vingtaine de longs métrages, dont plusieurs récompensés dans les festivals internationaux. Ses principaux films, dont la musique classique occupe une part importante de la B.O.F., sont :

Dans Quartett (1981), qui se passe dans le Paris des années 1920, on se trouve dans une ambiance de cabaret ou de café-concert. Pourtant, si vous tendez l’oreille, vous pourrez entendre l’air des bijoux, extrait du Faust de GOUNOD.

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur l’air des bijoux

Dans les Bostoniennes (The Bostonians) (1984), un film sur les féministes de la fin du XIXe siècle, on peut entendre l’ouverture Poète et paysan de SUPPÉ, ainsi que le prélude de Lohengrin, de WAGNER.

Ivory the bostoniansCliquez sur l’affiche du film

Le générique du somptueux A room with a view (Chambre avec vue) se déroule sur le « O mio babbiono caro », extrait de Gianni Schicchi de PUCCINI, somptueusement chanté par Kiri Te Kanawa.

Puccini Gianni Schicchi O mio babbino caro a Room wtrh a viewCliquez sur Bellatrix Lestrange et le professeur Mac Gonnagal (jeunes)

La jeune héroïne, Lucy, une jeune anglaise qui fait son « Voyage en Italie », y découvre la chaleur de l’Italie et des Italiens avant de rencontrer l’amour. On l’entend interpréter BEETHOVEN au piano.)

Le film Maurice date de 1987. Il y est question de la difficulté d’être homosexuel en Angleterre au début du XXe siècle.

Ivory Maurice afficheCliquez sur l’affiche

On y trouve cette définition de la musique de Wagner : « Wagner, une foutaise, de grosses femmes encornées hurlent à tue-tête le bonheur de mourir ».

Wagner la Walkyrie (Die Walküre) chevauchéeCliquez sur les walkyries (avec casque mais sans cornes)

On y entend aussi la symphonie pathétique de TCHAÏKOVSKI, ainsi que le Miserere d’ALLEGRI.

Allegri miserereCliquez sur l’envoûtant Miserere d’Allegri

Dans Howards end (Retour à Howards end), l’audition de la cinquième Symphonie de Beethoven tient une place importante dans l’histoire.

ivory howards end afficheCliquez sur l’affiche

Beethoven 5e symphonie 1er mouvementCliquez sur l’image

Enfin dans Jefferson à Paris (1995), qui évoque la vie de Jefferson, ambassadeur à Paris de 1785 à 1789, on peut entendre des extraits de Dardanus de RAMEAU, et aussi des musiques de Marc Antoine CHARPENTIER et de CORELLI.

Rameau Dardanus mostre affreux monstre redoutableCliquez sur un extrait de Dardanus

Il existe un autre lien entre l’univers d’Ivory et la musique. En effet, plusieurs de ces films sont des adaptations de l’écrivain E.M. FORSTER (A Room with a View, Howards End, Maurice). Or, c’est cet écrivain qui a écrit pour BRITTEN le livret de son opéra Billy Budd (1951).

Maria Callas, Mes opéras préférés

PAILLASSE (PAGLIACCI), de LEONCAVALLO (1892)

Opéra vériste de LEONCAVALLO, créé en 1892 à Milan. Leoncavallo a écrit lui-même le livret de son opéra, d’après un fait divers qui l’avait marqué.

Ce court opéra (environ 1 h 15 min) est souvent donné avec un autre opéra, par exemple Cavalleria Rusticana de MASCAGNI.

Son classement dans la typologie de G.B. SHAW est un peu particulier puisque nous avons ici un type (S+T/T+B) (une soprano [Nedda] et un ténor [Silvio] s’aiment alors qu’un ténor [Canio] et un baryton [Tonio] cherchent à les empêcher.)

Le pitch : Drame de la jalousie dans un cirque. Nedda trompe son mari Canio. Le soir, ils rejouent leur vie sur scène, où Colombine (Nedda) trompe son mari Paillasse (Canio). Jaloux, Canio tue sa femme.

Prologue : Tonio apparaît devant le rideau. Il explique qu’il fait revivre la tradition du théâtre antique, en présentant dans le prologue ce qui va se passer. Dans un véritable manifeste du vérisme, il nous prévient que l’auteur va présenter une tranche de vie réelle (Air : « Un nido de memorie »).

Leoncavallo PAillasse (Pagliacci) Un nido di memorieCliquez sur le prologue

Acte I : Sur la place du village, la foule (avec chœur d’enfants carmennien !) attend la parade du cirque, qui donnera une représentation le soir. On attend surtout Paillasse, le « roi des clowns ». Canio, le directeur fait la pub pour le spectacle du soir. Il empêche Tonio de tourner autour de Nedda, sa jeune femme. Avant de partir prendre un verre, il prévient d’un ton menaçant qu’il ne faut pas jouer à ce jeu-là avec lui, que le théâtre et la vraie vie ne sont pas la même chose, et que si Nedda le trompait, ça se terminerait mal. Nedda, troublée, se demande si son mari se doute de quelque chose. La parade du cirque s’avance vers l’église et Nedda, restée seule, pense à la menace proférée par Canio (air : « Qual fiamma avea nel guardo »), mais ne veut pas céder à la peur de son mari jaloux.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Quel fiamma avea nel guardoCliquez sur Nedda

Elle se rappelle le chant des oiseaux, chantant la liberté de voler (Air : « Stridone lassu »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Stridono lassuCliquez encore sur Nedda

Tonio, revenu, dit qu’il a été attiré par son chant. Il sait qu’il est laid et difforme, mais il n’en a pas moins un cœur, comme tout le monde. Nedda repousse ses avances, lui disant de les réserver pour le spectacle du soir, mais comme il insiste, elle le blesse en se défendant. Il sort et Silvio, l’amant de Nedda entre. Nedda lui dit que Tonio devient dangereux, qu’il l’a agressée en lui déclarant son amour. Silvio demande à Nedda de se décider, et de rester au village avec lui quand le cirque repartira. Nedda hésite, mais Silvio lui demande pourquoi elle l’a séduit, lui rappelant les bons moments passés ensemble (Air : « E allor perché »). Silvio se laisse convaincre (Duo : « Tutto scordiam ») et ils s’embrassent.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Duo Nedda SilvioCliquez sur Nedda et Silvio

Tonio, revenu, les surprend et appelle Canio. Silvio s’enfuit, et Canio exige de savoir avec qui était sa femme, mais Nedda refuse de répondre. Tonio calme Canio, lui rappelant que le spectacle doit commencer. Canio se résout à jouer la comédie et enfile son costume de scène (Air : « Vesti la giubba »). Le clown doit rire (Air : « Ridi, Pagliaccio »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Vesti la giubbaCliquez sur Canio

Acte II : La foule arrive et le spectacle va commencer. Colombine (Nedda) annonce que Paillasse (Canio) ne rentrera que tard ce soir. Elle attend Arlequin. Celui-ci arrive en lui chantant une sérénade (Air : « Oh Colombina »).

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) O ColombinaCliquez sur Arlequin

Taddeo (Tonio) arrive et lui déclare son amour, mais Colombine n’a que mépris pour lui. Arlequin entre, et ils s’apprêtent à dîner, mais Paillasse arrive plus tôt que prévu. Arlequin s’esquive, en laissant un somnifère à Colombine pour endormir son mari et protéger leur fuite. Paillasse veut savoir qui était avec Colombine, rejouant ainsi sur scène son drame dans la vie réelle, au point que Canio, furieux, ne veut plus jouer ce rôle de clown que sa femme trompe (Air : « No, Pagliaccio non son ! »), lui rappelant tout ce qu’il a fait pour elle, mais elle le nargue. Canio tue sa femme, qui meurt en appelant Silvio au secours. Canio tue alors Silvio qui s’était avancé.

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) No, pagliaccio non sonCliquez sur Canio qui ne veut plus jouer le rôle de Paillasse

La comedia e finita.

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Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, Maria Callas

PARIS SERA TOUJOURS PARIS

Après « Elle voulait qu’on l’appelle Paris« , je vous propose une nouvelle sélection de musiques ayant Paris pour toile de fond.

PUCCINI qui avait déjà traité de Paris avec son Manon Lescaut y reviendra avec La Bohème, d’après les Scènes de la vie de Bohème de MURGER, puis avec la Rondine (1917).

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi

Adriana Lecouvreur (1902), de CILEA, nous raconte l’histoire de deux femmes, l’actrice Adrienne LECOUVREUR et la princesse de BOUILLON, qui se disputent l’amour du même homme, le maréchal de Saxe, à Paris en 1730. Adrienne gagne son cœur, mais elle meurt empoisonnée par un bouquet de violettes envoyé par sa rivale !

Cilea Adriana LecouvreurCliquez sur Adrienne Lecouvreur

Toujours dans le vérisme, Andrea Chenier de GIORDANO, d’après la vie du poète André Chénier se passe à Paris pendant la Révolution française. À la fin, Chénier, en prison, chante cet air.

Giordano Andrea Chenier Come un bel di di maggioCliquez sur André Chénier

Plus souriante est la Veuve joyeuse (Die lustige Witwe) (1905) de Franz LEHAR, dont une partie de l’action se passe chez Maxim’s ®

Lehar Die lustige Witwe Les p'tit's femmes frivolesCliquez sur les p’tit’s femmes de Paris

EN 1921, c’est le GROUPE DES SIX qui compose le ballet Les Mariés de la tour Eiffel sur un argument de COCTEAU. (Ou plus précisément, cinq des six participants à ce groupe.)

Groupe des six les mariés de la tour EiffelCliquez sur la toile de scène de Marc CHAGALL

L’acte III de Lulu (1929 – 1935), de BERG, se passe à Paris, dans un salon bourgeois où cette mangeuse d’hommes fait la fête avec ses amis (avant que de partir à Londres, où elle se fera tuer sous les coups de Jack L’Éventreur.)

Berg Lulu Suite III Lied der LuluCliquez sur Alban Berg

L’action du dernier opéra de STRAUSS, Capriccio (1942), se passe également à Paris.

Strauss Capriccio scène finaleCliquez sur la scène finale de Capriccio

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littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

LA CHEVELURE VOL D’UNE FLAMME A L’EXTRÊME, de MALLARMÉ

Après Renouveau de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « La chevelure vol d’une flamme à l’extrême », un poème de 1887 qui est une allégorie de l’idée mallarméenne de la femme, « cette divinité qui n’est que soi ».

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Debussy Pelléas et Mélisande Mes longs cheveux descendentCliquez sur Mélisande

Occident de désirs pour la tout éployer

Se pose (je dirais mourir un diadème)

Haendel Giulio Cesare Caro Bella Piu amabile beltaCliquez sur l’image

Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vive nue

L’ignition du feu toujours intérieur

Berlioz Béatrix et Bénedict l'amour est un flambeau l'amour est une flamme (Domingo)Cliquez sur l’image

Originellement la seule continue

Dans le joyau de l’œil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame

Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur Marguerite

Rien qu’à simplifier avec gloire la femme

Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche

Ainsi qu’un joyeuse et tutélaire torche

Citations musicales :

La chevelure : DEBUSSY Pelléas et Mélisande air : « Mes longs cheveux descendent » de l’acte III.

un diadème : HAENDEL Giulio CESARE in Egitto duo « Caro ! Bella ! Piu amabile belta ». À la fin de cet opéra, César remet le diadème royal à Cléopâtre et ils se déclarent leur amour.

L’ignition du feu toujours intérieur : BERLIOZ Béatrix et Bénédict, air « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

ne mouvant astre ni feux : GOUNOD Faust Air des bijoux.

Et pour vous permettre d’apprécier ce poème sans être géné(e) par mes disgressions musicales, le voici dans sa version originale.

Divers, Maria Callas, Mythologie

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 5 – LA JALOUSIE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, la luxure et l’avarice, la jalousie est donc le cinquième péché capital.

La jalousie, c’est le désir porté à l’extrême de posséder quelque chose ou quelqu’un que l’on n’a pas. Dans le domaine amoureux, c’est l’illusion que la personne aimée en aime un autre.

On rencontre beaucoup d’histoires d’amour à l’opéra, c’est même un des moteurs principaux des livrets. Malheureusement, ces histoires d’amour sont parfois accompagnées par ce revers de la médaille amoureuse qu’est la jalousie.

L’archétype du jaloux est probablement le général vénitien Othello, dont l’histoire nous est narrée par SHAKESPEARE. La jalousie (amoureuse) d’Othello est attisée par la jalousie (d’ambition) du traître Iago, qui s’arrange pour faire croire à Othello que sa femme Desdémone le trompe. Évidemment, tout cela se terminera mal pour les protagonistes de cette histoire. ROSSINI et VERDI ont tous les deux porté ce drame à l’opéra. (D’après l’Encyclopédie Universelle des Jeux de Mots Pourris [EUJMP], ce serait depuis cette histoire qu’on parle des jalousies de Venise.)

otello nun mi temaCliquez sur Otello

Dans l’antiquité grecque ou romaine, il n’est pas rare de trouver des jaloux ou des jalouses chez les dieux. Ainsi de la jalousie de Junon, la femme de Jupiter que celui-ci trompait allègrement. Le ressort dramatique de Platée (1745) de RAMEAU est justement un piège que Jupiter tend à sa femme pour la punir de sa jalousie.

Dans Atys (1676) de LULLY, la reine des dieux, Cybèle, jalouse de l’amour d’Atys pour Sangaride décide de se venger. Par un enchantement, elle s’arrange pour qu’Atys, se croyant attaqué par une bête furieuse, tue Sangaride de sa propre main.

Lully Atys Toi qui portes partout et la rage et l'horreurCliquez sur Atys

Environ un siècle plus tard, c’est la jalousie de Diane qui prend à peu près la même forme dans Céphale et Procris (1773), de GRÉTRY. En effet, la nymphe Procris, qui était au service de Diane a quitté ce service pour l’amour de Céphale. Aidée de la déesse Jalousie, Diane s’arrange pour que Céphale, se croyant attaqué par une bête furieuse, tue Procris qu’il n’a pas reconnu. Mais heureusement, Amour veille et fait renaître Procris qui se jette dans les bras de Céphale.

Grétry Céphale et Procris Ballet des nymphes de DianeCliquez sur l’image

(Qu’il me soit permis ici de citer une anecdote personnelle, si je connais cet opéra de Grétry, pourtant peu connu, c’est parce que j’ai eu l’occasion de le chanter. C’est même la seule fois de ma vie où j’ai chanté à l’Opéra Comique, à Paris.)

En 1733, c’est la jalousie de la reine Phèdre qui s’exerce dans Hippolyte et Aricie de Rameau. Hippolyte aime Aricie, une prêtresse de Diane qui a renoncé à ses vœux de chasteté au service de la déesse. Mais Phèdre, la belle-mère d’Hippolyte aime celui-ci, et quand elle se rend compte qu’il en aime une autre, sa fureur jalouse éclate.

Rameau Hippolyte et Aricie final Ma fureur va tout entreprendreCliquez sur l’image

Quittons à présent la mythologie pour nous rapprocher des humains.

Dans Les Pêcheurs de perles (1863) de BIZET, quand Leïla vient voir Zurga pour lui demander de sauver Nadir, la jalousie de Zurga prend le dessus sur son amitié et il confirme la condamnation à mort de Nadir.

Bizet Les Pêcheurs de perles Je frémis, je chancelleCliquez sur Zurga et Leïla

Dans Tosca (1899) de PUCCINI, Flora Tosca laisse éclater sa jalousie quand elle découvre le portrait que son amant, le peintre Cavaradossi, a peint dans la chapelle qu’il décore.

Puccini Tosca Quale occhioCliquez sur Tosca

Les choses ne s’arrangent pas au XXe siècle (l’humain reste humain) avec l’introduction des avancées de la psychologie dans les livrets d’opéra, ainsi dans Jenufa (1903) de JANACEK, Laca, le demi-frère de Steva est jaloux de l’amour de Jenufa pour Steva, et il la blesse au visage avec son couteau, la défigurant.

Janacek Jenufa Jak razm vsecko (final acte I)Cliquez sur Jenufa et Laca

Et chez BERG, dans Wozzeck (1922), le monde (déjà fragile) du héros s’écroule quand il apprend que sa femme Marie le trompe avec le major. Pris de folie, il la tue par une nuit de pleine lune.

Berg Wozzeck Acte 3 scène 2Cliquez sur l’image

Je vais m’arrêter ici sur ce thème des scènes de jalousie à l’opéra, mais j’aurais largement de quoi écrire un second billet dessus.

Et retrouvez un autre péché capital avec la colère.

Maria Callas, Mes opéras préférés, Publicité

NORMA, de BELLINI (1831)

Norma est une tragédie lyrique de BELLINI, inspirée d’une tragédie française créée à Paris en 1831. Elle est à la limite entre l’opera seria hérité du XVIIIe siècle et le Grand Opéra façon XIXe. Norma se démarque des œuvres qui l’ont précédée par la continuité du chant, dans une sorte de mélodie continue qui marquera WAGNER, pourtant habituellement peu amène avec l’opéra italien. Norma a été créée à la Scala de Milan en 1831.

Cet opéra est un des rares (à ma connaissance) opéras à se passer en Gaule. (Un autre est Amaryllis des Gaules, de C.P.E. BACH, un des fils de Jean-Sébastien.)

Le pitch : Norma, grande prêtresse gauloise a eu une liaison avec Pollione, le proconsul romain dont elle a eu deux enfants. Pollione est maintenant amoureux d’Adalgisa, une jeune prêtresse. Quand Norma le découvre, elle tente de retenir Pollione avant d’avouer publiquement sa faute. Elle est condamnée à mort pour n’être pas restée chaste comme sa charge l’exige.

Acte I : Dans une forêt en Gaule, les druides guidés par leur chef Oroveso s’apprêtent à célébrer la pleine lune, qui sera le signal pour cueillir le gui sacré. Ils demandent à leur dieu de leur donner la force et le courage de battre l’envahisseur romain. Une fois les druides entrés dans leur temple, deux Romains s’avancent. Pollione avoue à Flavio qu’il n’aime plus sa maîtresse, la mère de ses deux enfants : la grande prêtresse Norma. Il est à présent amoureux d’une autre prêtresse, Adalgisa. Il lui raconte un rêve qu’il a fait : il se trouvait à Rome avec Adalgisa, mais son amour était brisé par Norma (Air : « Meco all’altar di venere »).

Bellini norma Meco all'altar di VenereCliquez sur Pollione

L’appel des druides retentit : la pleine lune est levée, la cérémonie peut commencer (Chœur : « Norma viene »).

Bellini Norma Norma vieneCliquez sur la pochette de disque

Norma s’avance, porteuse de la serpe sacrée. Aux Gaulois qui rêvent de se révolter contre les romains, Norma annonce que le temps n’est pas encore venu, que Rome tombera toute seule, victime de sa décadence. Elle s’adresse à la lune, la chaste déesse (Air : « Casta Diva »), lui demandant de répandre sa paix. Elle est déchirée entre le désir de chasser les Romains et son amour pour Pollione.

callas casta divaCliquez sur Norma Callas

Quand la forêt retrouve son calme, Adalgisa arrive, aspirant à retrouver Pollione. Celui-ci se montre et lui demande de renoncer à ses dieux cruels, au bénéfice de l’amour. À son tour, Adalgisa est déchirée entre son devoir de prêtresse et son amour pour Pollione. Celui-ci déclare qu’il part le lendemain à Rome, et lui demande de le suivre, ce qu’elle finit par accepter.

Dans sa demeure, Norma confie à Clotilde ses craintes que Pollione ne reparte à Rome sans elle, la laissant seule avec leurs deux enfants. Survient Adalgisa, venue lui avouer que, amoureuse d’un homme, elle demande à être libérée de sa charge de prêtresse. Pendant son récit, Norma revit ce qu’elle a elle-même vécu. Elle libère Adalgisa de ses liens, et l’interroge sur son amoureux. Quand Pollione avance, elle comprend que c’est de lui qu’il s’agit. Il se trouve alors accablé par les deux femmes, devant sa double traîtrise. Norma finit par prédire la mort de Pollione (Trio : « Oh ! Di qual sei tu vittima »).

Bellini norma Oh di qual sei tu vittimaCliquez sur Norma, Adalgisa et Pollione

Acte II : Armée d’un poignard, Norma s’apprête à tuer ses fils dans leur sommeil. Au moment fatal, elle ne peut s’y résoudre, et préfère se donner la mort. Elle fait appeler Adalgisa pour qu’elle conduise ses fils auprès de leur père. Émue, Adalgisa refuse, elle renonce à Pollione, et convainc Norma de vivre. Elle va plaider sa cause auprès de Pollione (Duo : « Mira, O Norma, a’ tuoi ginocchi »).

Bellini Norma Mira O NormaCliquez sur Adalgisa et Norma

Dans la forêt, les Gaulois s’apprêtent à attaquer le camp de Pollione, attendant un signe de leur dieu. Oreveso arrive et dit que le signe est négatif et qu’il vaut mieux ne pas attaquer les Romains (Air et chœur : « Ah, Del Tebro al giogo indegno »). Dans le temple, Norma attend Adalgisa, mais Clotilde vient lui annoncer qu’Adalgisa a échoué dans sa mission, et que Pollione veut partir à Rome avec elle. Furieuse, Norma frappe le gong sacré des druides, qui arrivent. Norma appelle au massacre des Romains. Ils prennent les armes (Chœur : « Guerra, guerra ! »), mais sont interrompus, car on a trouvé un Romain dans l’enceinte sacrée des druides.

Bellini Norma Guerra GuerraCliquez sur le chœur des Gaulois et des Gauloises

On le fait venir, c’est Pollione ! Norma s’avance pour le tuer, mais son bras s’arrête. Feignant de devoir l’interroger pour découvrir la coupable qui l’a fait venir, elle demande aux druides de se retirer un instant. Elle lui demande alors de renoncer à Adalgisa s’il veut avoir la vie sauve, mais lui préfère mourir. Elle lui avoue qu’elle a voulu tuer ses fils. Il lui répond de le frapper de son poignard. Quand enfin, elle lui dit qu’elle va faire mourir Adalgisa sur le bûcher pour le faire souffrir, il la supplie d’épargner cette dernière. Elle a enfin réussi : Pollione a prié Norma. Norma rappelle alors les Gaulois et va dévoiler le nom de la traîtresse. Mais, au lieu d’Adalgisa, elle se dénonce elle-même. À la foule incrédule, à son père, elle révèle qu’elle est mère et, dans une dernière prière à son père Oroveso, lui confie ses enfants avant de mourir. Pollione va mourir au bûcher avec elle.

Au XIXe siècle, il n’y avait pas internet pour mettre à disposition de tous les trésors de l’humanité, dont la musique. Un des moyens utilisés pour faire entrer la musique chez les gens était la transcription, pour piano ou autres instruments. LISZT, ce pianiste redoutable a ainsi écrit un grand nombre de transcriptions d’opéras de son époque, dont cette fantaisie sur Norma.

Bellini Norma transcription LisztCliquez sur la pianiste

Et, pour ceux et celles d’entre vous qui ont été sages en lisant ce billet, il y a une surprise.

Point d'interrogationCliquez (si vous avez été sage) sur la surprise

Maria Callas, Mes opéras préférés

LA BOHÈME, de PUCCINI (1892 – 1895)

Adapté des Scènes de la vie de Bohème, un roman naturaliste français de Henry MURGER, la Bohème est un opéra de PUCCINI se passant dans le milieu bohème de Paris à la fin du XIXe siècle. De par son sujet, et du traitement que lui donne Puccini, cet opéra ressort du vérisme, lancé en 1890 par MASCAGNI avec son Cavalleria Rusticana. La Bohème a été créé en 1896 à Turin, sous la direction de TOSCANINI. On peut dire de cet opéra qu’il est vérismissime !

Le pitch : Dans le Paris du XIXe siècle, quatre amis vivent pauvrement. L’un d’eux, Rodolfo, tombe amoureux de leur pauvre voisine, Mimi. Celle-ci, affaiblie par les privations, tombe malade et, faute de soins, meurt.

Acte I : La nuit de Noël, Marcello le peintre et Rodolfo l’écrivain luttent contre le froid dans leur mansarde parisienne. Pour alimenter le feu, ils brûlent le drame que Rodolfo est en train d’écrire. Colline le philosophe entre : il n’a pas réussi à mettre ses livres en gage pour avoir un peu d’argent. Enfin arrive Schaunard le musicien, porteur de cigares, de vin et de nourriture. Il a gagné de l’argent grâce à un riche Anglais à qui il a donné des cours. Il les invite au café Momus, au Quartier latin. Ils partent tous, sauf Rodolfo, qui doit terminer un article. On frappe à la porte. C’est une jeune voisine qui vient chercher du feu pour rallumer sa bougie éteinte. Au moment de repartir, elle cherche sa clé, mais les bougies s’éteignent et les deux voisins se retrouvent dans le noir. Rodolfo trouve la clé et l’empoche pour rester avec la jeune femme. Il lui prend la main, se présente, et lui déclare son amour (Air « Che gelida manina »). La voisine, Mimi, répond sur le même ton, elle s’appelle Mimi, est brodeuse, et vit seule dans sa chambre sous les toits (Air : « Mi chiamano Mimi »).

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi Callas

En bas, les amis de Rodolfo l’appellent. Le couple sort enfin (duo d’amour : « O suave fanciulla »).

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur Rodolfo et Mimi

Acte II : La petite bande traverse la foule du quartier latin et se dirige vers le café Momus (Chœur avec enfants à la Carmen : « Aranci, datteri »). Rodolfo achète une petite coiffe pour Mimi. Musetta, l’ancienne maîtresse de Marcello, arrive, avec un vieux conseiller d’État, Alcindoro. Furieuse que Marcello l’ignore, elle entonne un air coquin destiné à éveiller la jalousie de Marcello (Air : « Quando me n’vo soletta »).

Puccini La Bohème Quando me'n vo solettaCliquez sur Musetta

Pour se débarrasser d’Alcindoro, elle l’envoie chez le cordonnier faire réparer sa chaussure. Musetta et Marcello tombent dans les bras l’un de l’autre. Le garçon arrive avec l’addition, mais l’argent de Schaunard ne suffit pas. Musetta fait porter l’addition sur le compte d’Alcindoro. Les amis, ravis, la portent en triomphe et partent. Quand Alcindoro revient avec la chaussure de Musetta, le garçon lui présente la note. Alcindoro s’effondre sur un siège.

Acte III : Aux portes de la ville, les balayeurs et les laitières franchissent la barrière. Mimi entre, toussant fortement. Elle cherche Marcello, qui peint des fresques sur les murs d’une taverne. Elle lui dit que Rodolfo vient de la quitter. Marcello répond que Rodolfo est dans la taverne. Rodolfo, qui vient de se lever, rejoint son ami. Mimi écoute, cachée, Rodolfo expliquer qu’il est parti parce que Mimi joue les coquettes, avant d’avouer la vérité. Il révèle que Mimi est très malade et que, étant trop pauvre, il ne peut rien pour elle. Il la pousse donc à le quitter pour trouver quelqu’un de riche qui pourra la soigner. Mimi, qui a tout entendu, révèle sa présence en toussant. Elle lui fait ses adieux, lui disant de garder la petite coiffe qu’il lui avait offerte, en souvenir de son amour (Air : Donde lieta usci).

Puccini La Bohème Donde lieta usciCliquez sur Mimi

Rodolfo et Mimi tombent dans les bras l’un de l’autre et décident de se séparer au printemps, pendant que Marcello, jaloux, et Musetta se disputent.

Acte IV : Dans leur mansarde, Rodolfo et Marcello parlent de leurs amours passées. Schaunard et Colline arrivent avec le dîner, frugal. Ils font semblant d’être à un festin avant d’improviser un ballet burlesque. Musetta paraît : elle a croisé Mimi dans la rue, gravement malade, et l’a ramenée à la mansarde. Pour payer le médecin, Musetta décide de céder ses boucles d’oreille et Colline va porter son manteau au clou. Schaunard laisse enfin Rodolfo et Mimi seuls. Ils se rappellent leur première rencontre. Rodolfo lui montre la petite coiffe qu’il lui avait achetée. Les autres reviennent avec une potion. Un médecin va venir, mais Mimi s’est évanouie. Mimi meurt pendant que Musetta prie. Schaunard découvre le décès. Rodolfo, comprenant ce qui vient d’arriver se précipite et crie le nom de son amour « Mimi ! ».

Puccini La Bohème finalCliquez une dernière fois sur Mimi et Rodolfo 😢

Et voici maintenant un bonus surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous l’osez !

Divers, Maria Callas

400e BILLET DU BLOG

Eh oui, ce billet est le 400e que je publie sur ce blog consacré, de manière très ouverte, à l’opéra et à la littérature !

À ce jour, vous avez été plus de 12 000 visiteurs cumulés, venus de 111 pays, pour regarder plus de 35 000 vues sur ce blog, en deux ans et demi.

J’ai consacré 70 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à La Mort à Venise de BRITTEN, ou de Aïda de VERDI à Werther de MASSENET.

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’acte de naissance de l’Opéra

Le plus regardé est toujours celui consacré aux Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, devant Roméo et Juliette de GOUNOD.

barcarolleCliquez sur l’image

J’ai également consacré 47 billets à des compositeurs, dont 3 à des compositrices, de Monteverdi à Britten. Le compositeur qui vous a le plus intéressé est Franz SCHUBERT.

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 33 écrivains passés à ma moulinette, de l’ARIOSTE à ECHENOZ, le plus consulté étant celui consacré à Raymond QUENEAU (!!!).

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… Une de mes (petites) joies est l’accueil réservé à mes fantaisies sur le nom de Mallarmé (Mallarmuche pour les intimes 🙂), qui cumulent presque 800 vues !

Dans ces catégories, les billets les plus regardés restent « Magical Maestro (Tex Avery) » « Des opéras pour les enfants« , « les Onomatopées« , ou encore « les Oiseaux à l’opéra« .

Le billet le moins regardé, avec 2 vues (!), est un des tout premiers (il date de mai 2018, comme ce blog). Il s’agit de l’opération « Tous à l’opéra » de cette année 2018.

Une des vidéos les plus regardées est « la légende de Kleinzack », extraite des Contes d’Hoffmann.

kleinzachCliquez sur Hoffmann

Elle est suivie de près par « Comic Strip » de Serge GAINSBOURG.

Gainsbourg Comic stripCliquez sur l’image

J’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de l’opéra !

Et pour finir ce billet, un grand classique, interprété par une des plus grandes cantatrices de tous les temps.

Bellini Norma Casta diva (Callas)Cliquez sur la Callas

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, et si vous aimez musique et littérature, parlez de mon blog à vos amis, et si vous n’aimez pas, parlez-en à ceux que vous n’aimez pas ! 🙂

Cinéma, Maria Callas, Mes opéras préférés

LUCIA DI LAMMERMOOR, de DONIZETTI (1835)

Opéra romantique de DONIZETTI, créé en 1835, d’après un roman de Walter SCOTT. L’argument en est un « Roméo et Juliette » dans l’Écosse du XVIe siècle. Cette œuvre a connu d’emblée le succès et a été remaniée en 1839, pour une version en français.

C’est dans Lucia di Lammermoor que se trouve un des airs les plus célèbres du bel canto, la « scène de la folie » de Lucia. FLAUBERT l’évoque dans son Madame Bovary, et il sera encore célèbre au XXIIIe siècle puisqu’on peut l’entendre dans le 5e élément de Luc BESSON.

Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici dans une structure [(S+T)/(B+B)], puisqu’une soprano (Lucia) aime un ténor (Edgardo) alors qu’un baryton (Enrico) et une basse (Raimondo) cherchent à les séparer.

Acte I : Les hommes d’Enrico Ashton évoquent sa famille ruinée. Enrico entre. Dans un dialogue avec son veneur, Normann, on apprend qu’il voudrait que sa sœur Lucia accepte un mariage avec Lord Arturo, ce qu’elle refuse. Elle est en effet amoureuse d’Edgardo de Ravenswood, qui lui a sauvé la vie, mais dont la famille est rivale des Ashton.

Donizetti Lucia di Lammermoor Cruda funesta smaniaCliquez sur Enrico

Dans le parc du château, Lucia confie à son amie Alisa qu’elle a vu le spectre d’une jeune femme tuée par son amant, un Ravenswood. Son corps aurait été jeté dans la fontaine du parc.

Donizetti Lucia di Lammermoor Regnava nel silenzioCliquez sur Lucia i Alisa

Alisa comprend que cette vision est prémonitoire et conjure Lucia de renoncer à son amour. Edgardo arrive et dit à Lucia qu’il doit partir le lendemain pour la France. Il compte demander sa main à son frère, mais Lucia craint ses réactions. Furieux, Edgardo lui rappelle son serment de vengeance contre les Ashton, responsables de la mort de son père.

Donizetti Lucia di Lammermoor Lucia perdona... Sulla tomba...Cliquez sur Lucia i Edgardo

Lucia le calme, et il s’éloigne, après qu’ils aient scellé leur amour avec un anneau nuptial. (Duo: « Verranno a te sull’aure ».)

Acte II : Enrico attend Lucia en tremblant. Pour que sa famille retrouve la fortune, il a arrangé un mariage entre sa sœur et Arturo Bucklaw, mais il craint qu’elle ne refuse. Normann lui dit qu’il a intercepté toutes les lettres qu’Edgardo lui envoie, pour qu’elle croie que celui-ci l’a oubliée. Les invités et Arturo arrivent au château lorsque Lucia entre, pâle. Elle reproche à son frère son manque d’humanité et les tourments qu’il lui inflige. Elle lui rappelle qu’elle a promis sa main  à Edgardo. Enrico lui montre alors une fausse lettre censée prouver l’infidélité d’Edgardo. Elle veut mourir en voyant cette trahison. Enrico lui explique que si elle ne se résout pas au mariage, c’est lui qui va mourir, car la situation politique a changé en Écosse avec l’arrivée au pouvoir de la reine Mary. Le chapelain, évoquant la mémoire de sa mère et le devoir qu’elle a envers son frère,  réussit à convaincre Lucia d’épouser Arturo. (Duo : « Ah, cedi, cedi ! »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Ebben di tua speranzaCliquez sur Lucia i Arturo

Arturo est accueilli par un chœur. Il se présente en sauveur de la famille et demande où est Lucia. Enrico le prépare à la réaction de sa sœur. Cette dernière arrive et signe le contrat de mariage comme si elle signait son arrêt de mort. Edgardo survient, réclamant sa fiancée. Enrico, Arturo et Edgardo s’apprêtent à se battre lorsque le chapelain Raimondo produit le contrat de mariage signé de la main de Lucia. Edgardo reprend l’anneau de sa fiancée et part en la maudissant. (Sextuor « Chi mi frena in tal momento? »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Chi mi frena (sextuor)Cliquez sur le sextuor d’élites

Acte III : Enrico rendu fou de rage par l’intrusion d’Edgardo chez lui se rend chez celui-ci et, attisant sa jalousie, le provoque en duel pour le lendemain à l’aube.

Alors que se déroulent les festivités du mariage, Raimondo bouleversé surgit et annonce que Lucia est devenue folle et vient de tuer Arturo. La jeune fille arrive, hagarde. Elle songe à son mariage avec Edgardo, et se revoit près de la fontaine, où le spectre qu’elle a vu vient s’interposer entre elle et Edgardo. (Scène de la folie.)

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur Lucia

Enrico qui revient de chez Edgardo apprend la nouvelle du meurtre d’Arturo et, sans se rendre compte de l’état de sa sœur, la menace d’une peine exemplaire. Lucia prenant son frère pour son bien aimé Edgardo implore son pardon avant de le prier de veiller sur sa tombe. Elle s’effondre et on l’emporte, inanimée.

Edgardo attend Enrico avec l’intention de se jeter sur l’épée de son ennemi, croyant toujours à la trahison de Lucia. Les hommes d’Enrico lui apprennent le sort tragique de la jeune femme. Dans sa démence elle le réclame avant de mourir. Entendant sonner le glas, il comprend que Lucia est morte, ce que le chapelain confirme. Désespéré, Edgardo se donne la mort, non sans avoir évoqué une dernière fois son aimée, cet ange monté au ciel.

Donizetti Lucia di Lammermoor Tu che a Dio spiegasti l'aliCliquez sur Edgardo

Comme je ne peux pas terminer comme ça ce billet concernant un joyau du bel canto, retrouvons le prélude à l’air de la Folie, interprété par Maria CALLAS.

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono callasCliquez sur Lucia

Cinéma, littérature, Maria Callas, Mes opéras préférés, Publicité

MADAME BUTTERFLY, de PUCCINI (MADAMA BUTTERFLY)

Composé d’après une nouvelle américaine tirée d’ « une histoire vraie », Madame Butterfly (Madama Butterfly) a été composé entre 1902 et 1903, avant d’être créé en 1904 à La Scala de Milan. Ce fut un échec, et PUCCINI et ses librettistes ont dû remanier l’opéra, avant de le remonter à Brescia, cette fois avec succès.

Il faut noter que Pierre LOTI avait écrit un roman Madame Chrysanthème, racontant en partie son voyage au Japon et son mariage « temporaire ». Un premier opéra en a été tiré dès 1893 avec une musique de MESSAGER.

Acte I : À Nagasaki, Goro fait visiter à Pinkerton, jeune lieutenant de la marine américaine, une maison en haut de la falaise, face à la mer. Il lui présente les domestiques et on attend la mariée. Le consul américain, Sharpless, arrive. Pinkerton lui explique qu’il a signé un contrat de 99 ans, dont il peut se sortir unilatéralement à la fin de chaque mois. Et qu’il en est de même avec le contrat de mariage qu’il s’apprête à signer ! (Air: « Dovunque al mondo, lo yankee vagabondo« .)

Puccini Butterfly Dovunque al mondoCliquez sur l’image

Sharpless le prévient de ne pas blesser le « papillon » qu’il prend pour femme. Pinkerton boit au jour de son vrai mariage, avec une Américaine. Cio-Cio-San arrive, toute joyeuse. (Air: « Ecco! Son giunte al sommo del pendio ».)

Puccini Butterfly Ecco. Son giunte al sommo del pendioCliquez sur l’image

On la surnomme Madame Butterfly à cause de sa beauté fragile comme celle du papillon. Répondant aux questions que les deux hommes lui posent, elle explique qu’elle a connu la richesse, mais que sa mère aujourd’hui vit dans la misère, et que son père est mort. Le commissaire impérial et la famille arrivent. Les cousines cancanent, et pronostiquent un divorce. Goro leur demande de se taire. Butterfly déballe son maigre paquetage, contenant tous ses biens, des mouchoirs, un éventail… ainsi qu’un étui long et étroit qu’elle porte directement dans la maison. Goro explique que c’est un sabre offert par le mikado à son père, avec l’ordre de se faire hara-kiri. Elle annonce qu’elle a adopté la religion de son mari. Une fois le mariage prononcé commence la fête. Arrive son oncle, le bonze qui, furieux de ce mariage, la renie. Les invités partis, Butterfly se met en vêtements de nuit, et l’acte se termine par un duo d’amour entre elle et Pinkerton. (Duo : « Viene la sera ».)

Puccini Butterfly Viene la seraCliquez sur l’image

Acte II : Suzuki prie ses dieux que Butterfly arrête de pleurer. On apprend que l’hiver venu, Pinkerton est parti en mission, laissant derrière lui Butterfly, promettant de revenir au printemps. Pendant trois ans, elle a attendu son mari, en élevant l’enfant qu’elle a eu de lui. Le consul Sharpless lui apporte une lettre de Pinkerton. Elle lui dit que, fidèle, elle a refusé les propositions d’un riche mariage, qui améliorerait sa situation. Au Japon, l’abandon vaut divorce. Elle répond que, dans son pays, l’Amérique, les choses ne se passent pas comme cela. Tout le monde est atterré en l’entendant s’accrocher ainsi à ses espoirs. Tous les jours, elle regarde la mer, espérant voir la fumée du navire qui lui ramènera son mari (Air : « Un bel di, vedremo ».)

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur l’image

Sharpless essaie de la prévenir que la réalité pourrait être moins belle. Que se passerait-il si Pinkerton ne voulait pas la revoir à son retour? Elle dit qu’alors elle se tuerait plutôt que de redevenir geisha. Elle rentre dans sa maison en portant son enfant que Pinkerton ne connaît même pas. (Air : « Che tua madre dovrà ».)

On voit le bateau qui revient. Cio-Cio-San fleurit sa maison et se fait belle pour accueillir son mari.

Acte III : Épuisée, Butterfly qui a attendu son mari toute la nuit s’endort au petit matin. Pinkerton paraît, accompagné de Sharpless. Suzuki vient le prévenir que sa femme l’attend, mais honteux, il n’a pas le courage de venir la retrouver. addio, fiorito asil

Puccini Butterfly Addio fiorito asilCliquez sur l’image

Suzuki découvre que Pinkerton est venu avec sa femme américaine, Kate. Ils la chargent de prévenir Butterfly qu’il veut repartir aux États-Unis avec son fils japonais.

Butterfly arrive. En voyant Kate, elle comprend la vérité. Elle accepte de quitter son enfant, pour lui éviter une vie de déshonneur au Japon, mais demande que Pinkerton vienne chercher lui-même son fils. Au lever du jour, elle prend le sabre de son père. Suzuki fait entrer l’enfant. Après un adieu à son fils, elle prend le sabre, lit l’inscription sur la lame « Qui ne peut vivre dans l’honneur doit mourir avec honneur » et se tue. (Air : « Con onor muore ».)

Puccini Butterfly Con onor muoreCliquez sur l’image

Au moment où elle meurt, Pinkerton, saisi par le remords, arrive et crie son nom, mais il est trop tard.

Enfin, signalons que Frédéric MITTERRAND a porté cet opéra à l’écran.

Et le célébrissime « Un bel di vedremo » a évidemment servi de support à un certain nombre de publicités :

Puccini Madame Butterfly pub