littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« LE PITRE CHÂTIÉ », de MALLARMÉ

Après M’introduire dans ton histoire de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Le Pitre châtié, un poème datant de 1866 paru seulement en 1887.

Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître

rossini la dame du lac trioCliquez sur la dame du lac

Autre que l’histrion qui du geste évoquais

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Vesti la giubbaCliquez sur l’histrion

Comme plume la suie ignoble des quinquets

J’ai troué dans le mur de toile une fenêtre.

De ma jambe et des bras limpide nageur traître,

À bonds multipliés, reniant le mauvais

Hamlet ! c’est comme si dans l’onde j’innovais

Mille sépulcres pour y vierge disparaître.

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Hilare or de cymbale à des poings irrité,

Tout à coup le soleil frappe la nudité

Qui pure s’exhala de ma fraîcheur de nacre,

Schubert An die Sonne D. 439Cliquez sur l’hymne au soleil

Rance nuit de la peau quand sur moi vous passiez,

Ne sachant pas, ingrat ! que c’était tout mon sacre,

Ce fard noyé dans l’eau perfide des glaciers.

Thomas Hamlet Air de la folie (Callas)Cliquez sur Ophélie au moment où elle va se noyer

Citations musicales :

lacs : ROSSINIla Donna del lago (la Dame du lac)

l’histrion : LEONCAVALLO – Paillasse – « Vesti la giubba »

Hamlet : Ambroise THOMASHamlet – « Être ou ne pas être »

le soleil : SCHUBERT – « An die Sonne » (« Au Soleil« )

fard noyé : Thomas – Hamlet – « Air de la folie »

Et si vous voulez relire ce poëme sans avoir à subir mes élucubrations musicales, le voici dans toute sa splendeur mallarméenne :

Mallamré le Pitre châtié

Agenda Ironique, Maria Callas

DOMICILE À SOL FACILE À CIRER

L’Agenda Ironique de Juillet a pris ces quartiers sur ce blog. Le thème en était le suivant :

Je vous propose d’écrire un texte en sept parties, dont chacune devra commencer par une note de musique, dans l’ordre composé par Guido d’Arezzo en 1050.

Si ça peut vous aider, voici le texte latin écrit par Guido pour nous permettre de retenir le nom des notes :

« UT queant laxis / Pour que puissent
« REsonare fibris / résonner des cordes
« MIra gestorum / détendues de nos lèvres
« FAmili tuorum, / les merveilles de tes actions,
« SOLve polluti / ôte le péché,
« LAbii reatum, / de ton impur serviteur,
« Sancte Iohannes. / ô Saint Jean.

Donc, si vous voulez remplacer le DO par un UT, vous avez toute liberté de le faire. Comme petite contrainte supplémentaire, je vous demanderai d’employer quelques termes musicaux simples, tels que silence, soupir, croche ou ouverture et portée.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

Domicile à sol facile à cirer, la hutte (Si, si !)

indes galantes 4Cliquez sur les sauvages d’Amérique

mi l’adorait, Mimi, la docile amie, là ! (soupir)

Puccini la Bohème Mi chiamani Mimi (Callas)Cliquez sur Mimi, la docile amie

Mimi l’assit là, Rémi l’ado : au dodo, là ! (en clé de Sol)

Brahms WiegendliedCliquez sur la berceuse, là

Facile à mirer, Rémi l’a mis à dorer, la sole (en clé de Fa)

Bobby Lapointe Leçon de guitare sommaireCliquez sur l’accord de Si

Sole facile à dorer, l’ami

L’amie Mimi l’a dorée, la raie

Si Sido adorait Sissi, Sissi adorait la raie du dos (silence consterné)

Berlioz La Damnation de Faust Ange adoréCliquez sur « ange adoré »

Verdi Nabucco Va pensiero (Sissi l'impératrice)Cliquez sur Sissi

Citations musicales :

La hutte : RAMEAU, les Indes galantes, (entrée : les sauvages d’Amérique.)

Mimi : PUCCINI La Bohème, (Air : mi chiamano Mimi.)

Au dodo : BRAHMS Wiegenlied (berceuse)

La clé : Boby LAPOINTE Leçon de guitare sommaire.

Adorait : BERLIOZ La Damnation de Faust (Air : « Ange adoré ».)

Sissi : VERDI Nabucco (Chœur « Va Pensiero »).

Et si vous en voulez encore un peu plus sur ce ton là, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous en voulez un peu plus

Compositrices, littérature, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« ART POÉTIQUE », de VERLAINE

Le poème « mis en musique » de ce mois sera Art poétique, de Paul VERLAINE. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Schubert An die MusikCliquez sur la musique

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

Hahn Chansons grises L'Heure exquiseCliquez sur la chanson grise

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur les claires étoiles

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Bonis Mel Nocturne pour flûte, Cor et PianoCliquez sur l’image

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,

Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Verdi Rigoletto Ch'io gli parliCliquez sur l’image

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur l’image

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Berlioz Les Nuits d'été Au cimetière (Crespin)Cliquez sur « l’âme éveillée »

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

Citations musicales:

De la musique : SCHUBERT An die Musik

la chanson grise : HAHN Chansons grises : « l’Heure exquise »

des claires étoiles : FAURÉ Nuit d’étoiles

et la flûte au cor : Mel BONIS Scènes de la Forêt, « Nocturne pour Flûte, Cor et Piano »

la Pointe assassine, l’Esprit cruel et le Rire impur : VERDI Rigoletto. Dans Rigoletto, le héros, bouffon du duc, exerce son esprit acerbe contre les courtisans avec ses piques cruelles.

ce bijou d’un sou : GOUNOD Faust « Air des bijoux »

une âme en allée : BERLIOZ Les Nuits d’été « Au Cimetière (Clair de lune) »

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LE CORBEAU (THE RAVEN), d’Edgar Allan POE (1845)

Le Corbeau est un long poème (18 sizains) écrit par Edgar Allan POE, et publié pour la première fois en 1845. En France, on le connaît par les traductions de BAUDELAIRE et de MALLARMÉ. Si j’apprécie celle de Baudelaire, qu’il me soit permis de préférer celle de mon pote Mallarmuche.

C’est donc des extraits de cette traduction que je vais « mettre en musique » par association d’idées, entre les images poétiques et les remémorations musicales que ces images peuvent faire surgir chez moi.

Une fois, par un minuit lugubre,

Auber Gustave III minuit

tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié,

Berlioz la Damnation de Faust Sans regretsCliquez sur le docteur Faust méditant sur maint curieux et bizarre volume de savoir

— tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre, — cela seul et rien de plus.

Ah ! distinctement je me souviens que c’était en le glacial Décembre : et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol. Ardemment je souhaitais le jour ; — vainement j’avais cherché d’emprunter à mes livres un sursis au chagrin — au chagrin de la Lénore perdue — de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore, — de nom ! pour elle ici, non, jamais plus !

Beethoven Ouverture de Léonore n 3Cliquez sur l’image

Loin dans l’ombre regardant, je me tins longtemps à douter, m’étonner et craindre, à rêver des rêves qu’aucun mortel n’avait osé rêver encore ; mais le silence ne se rompit point et la quiétude ne donna de signe : et le seul mot qui se dit, fut le mot chuchoté « Lénore ! » Je le chuchotai — et un écho murmura de retour le mot « Lénore ! » purement cela et rien de plus.

Gluck Écho et Narcisse finalCliquez sur l’image

Au large je poussai le volet, quand, avec maints enjouement et agitation d’ailes, entra un majestueux corbeau des saints jours de jadis. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta ni n’hésita un instant : mais, avec une mine de lord ou de lady, se percha au-dessus de la porte de ma chambre, — se percha sur un buste de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre — se percha, siégea et rien de plus.

Alors cet oiseau d’ébène induisant ma triste imagination au sourire, par le grave et sévère décorum de la contenance qu’il eut : « Quoique ta crête soit chenue et rase, non ! dis-je, tu n’es pas pour sûr, un poltron, spectral, lugubre et ancien Corbeau, errant loin du rivage de Nuit — dis-moi quel est ton nom seigneurial au rivage plutonien de Nuit. »

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur l’image

Le Corbeau dit : « Jamais plus. »

Tressaillant au calme rompu par une réplique si bien parlée : « Sans doute, dis-je, ce qu’il profère est tout son fonds et son bagage, pris à quelque malheureux maître que l’impitoyable Désastre suivit de près et de très près suivit jusqu’à ce que ses chansons comportassent un unique refrain ; jusqu’à ce que les chants funèbres de son Espérance comportassent le mélancolique refrain de : « Jamais — jamais plus. »

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

L’air, me sembla-t-il, devint alors plus dense, parfumé selon un encensoir invisible balancé par les Séraphins dont le pied, dans sa chute, tintait sur l’étoffe du parquet. « Misérable ! m’écriai-je, ton Dieu t’a prêté — il t’a envoyé, par ces anges le répit — le répit et le népenthès dans ta mémoire de Lénore ! Bois ! oh ! bois ce bon népenthès et oublie cette Lénore perdue ! » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que ce mot soit le signal de notre séparation, oiseau ou malin esprit », hurlai-je en me dressant. « Recule en la tempête et le rivage plutonien de Nuit ! Ne laisse pas une plume noire ici comme un gage du mensonge qu’a proféré ton âme. Laisse inviolé mon abandon ! quitte le buste au-dessus de ma porte ! ôte ton bec de mon cœur et jette ta forme loin de ma porte ! » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le Corbeau, sans voleter, siège encore, — siège encore sur le buste pallide de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre, et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve, et la lumière de la lampe, ruisselant sur lui, projette son ombre à terre : et mon âme, de cette ombre qui gît flottante à terre, ne s’élèvera — jamais plus.

Citations musicales :

un minuit lugubre : Quel minuit plus lugubre que cette scène de Gustave III roi de Suède de AUBER, où la devineresse a donné rendez-vous à la jeune Amélie pour cueillir à minuit des plantes maléfiques au pied d’un gibet destinées à faire un philtre.

Sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié : BERLIOZ début de la Damnation de Faust, quand Faust se rend compte qu’il a passé sa vie à l’étude de vieux livres, mais peut-être en passant à côté des joies simples de la vie et de l’amour.

Lénore : BEETHOVEN, Ouverture n° 3 de Léonore (premier nom de son opéra Fidelio.)

un écho : GLUCK final de l’opéra Narcisse et Écho.

le rivage plutonien de nuit : GLUCK Alceste « Divinités du Styx ».

les chants funèbres : PURCELL Musique funèbre pour l’enterrement de la reine Mary.

Retrouvez le texte complet du Corbeau, en anglais et en français, avec les illustrations de MANET, sur le site de la BNF.

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QUAND LEO DELIBES INSPIRE LES RÉCLAMIERS (La musique classique dans la pub – 7e série)

Le compositeur français Léo DELIBES (1836 – 1891) est connu pour ses quelques œuvres phares que sont l’opéra Lakmé et les ballets Sylvia et Coppelia. C’est bien maigre, me direz-vous, mais c’est bien suffisant pour les réclamiers qui ne se privent pas d’utiliser ces quelques tubes pour vendre toutes sortes de produits.

De l’opéra Lakmé (1883), on connaît surtout le duo dit « des fleurs ».

delibes lakmé duo des fleursCliquez sur le duo des fleurs

Ce duo a ainsi inspiré une réclame pour une compagnie d’aviation britannique.

Delibes duo des fleurs (British Airways)Cliquez sur la pub pour une compagnie d’aviation britannique

Pour une marque d’agendas :

Delibes duo des fleurs (Exacompta)Cliquez sur la pub

Pour une grosse ouature :

Delibes duo des fleurs (Peugeot)Cliquez sur la grosse ouature

Pour un site de ventes privées (sic) :

Delibes duo des fleurs (Bazarchic)Cliquez sur la pub pour un site de ventes privées (sic)

Un autre air connu de Lakmé est l’air des clochettes.

Delibes Lakmé Air des clochettes (Callas)Cliquez sur l’image

On le retrouve dans la réclame d’une marque de voiture ayant un célèbre mannequin allemand comme égérie.

Delibes Lakmé air des clochettes XsraCliquez sur la ouature

Sylvia ou la nymphe de Diane est un ballet créé en 1876. Le mouvement le plus connu en est « Pizzicato ».

Delibes Sylvia PizzicatoCliquez sur le chef aux belles moustaches

Ce mouvement a servi pour des pubs pour une chaîne de restauration rapide :

Delibes Sylvia Pizzicato Burger KingCliquez sur l’image

Pour une chaîne de magasins dont le modèle économique est une réduction drastique des coûts.

Delibes Sylvia Pizzicato AldiCliquez sur l’image

Pour une assurance santé pour les animaux de compagnie :

Delibes Sylvia Pizzicato SantévetCliquez sur l’image

Coppélia est un ballet datant de 1870, tiré d’un conte d’Hoffmann. Sa valse lente est relativement connue et n’a pas manqué d’inspirer les gens de la pub.

Delibes Coppélia Valse lenteCliquez sur l’image

Par exemple, pour une marque de préparations culinaires à base de volaille.

Delibes Coppelia Vale lente (Père Dodu)Cliquez sur le patineur

Et si vous en voulez encore un peu de Delibes, il vous est loisible de cliquer sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous voulez encore un peu de Delibes

Et retrouvez mon article précédent traitant de la musique classique dans la publicité.

Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, Maria Callas, Woody Allen

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE ROME…

Voleva essere chiamata Roma…

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

L’opéra est né en Italie à l’aube du XVIIe siècle, avec l’Orfeo de MONTEVERDI (1607). Très vite, ce genre se répand dans toute l’Italie. À Rome on ouvre des théâtres dès les années 1620. On y donne des représentations où les chœurs prennent une grande importance, notamment à la fin des actes, et où les airs solistes permettent d’exprimer l’émotion des personnages. Parmi les compositeurs romains, citons LANDI (1586 – 1639) avec la morte d’Orfeo (1619) et Il San’ Alessio (1632) et ROSSI (1597 –1653). L’opéra romain disparaît vers les années 1660, supplanté par l’opéra vénitien.

Landi Il Sant'AlessioCliquez sur l’image

En 1642, Monteverdi écrit le Couronnement de Poppée (L’incoronazione di Poppea) dont l’action se passe dans la Rome antique de Néron et Poppée.

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque à l’heure de sa mort

Durant ses années de « formation », HAENDEL se rend en Italie, et c’est à Rome qu’il écrit, en 1707, son fameux Dixit Dominus.

Haendel Dixit DominusCliquez sur l’exubérant Dixit Dominus

Environ un siècle plus tard, c’est à Rome qu’a lieu en 1816 la création d’un des opéras les plus connus du répertoire, le Barbier de Séville (Il Barbiere di Siviglia) de ROSSINI.

rossini largo al factotumCliquez sur le factotum

Retour à la Rome antique en 1831 avec Norma de BELLINI, œuvre qui se déroule sur le conflit des Gaulois et des Romains, avec une histoire d’amour entre Norma, la prêtresse gauloise et Pollione, un soldat romain.

callas casta divaCliquez sur Norma Callas

En 1837, c’est encore à Rome que se déroule le Benvenuto Cellini de BERLIOZ, qui relate les relations difficiles entre le génial sculpteur Benvenuto Cellini et le pape, qui lui a commandé une statue. Une des pages les plus célèbres de cet opéra est le Carnaval romain.

Berlioz le Carnaval romainCliquez sur l’image

En 1845, WAGNER envoie son héros Tannhäuser faire pardonner ses péchés par la pape à Rome, avec d’autres pèlerins

Wagner Tannhäuser Chœur des pélerinsCliquez sur l’image

VERDI a écrit pour à peu près tous les opéras d’Italie (et d’Europe) et c’est Rome qu’il a créé le Trouvère (Il Trovatore) en1853.

Verdi Il trovatore Vedi le fosche notturneCliquez sur l’image

Même chose en 1859 pour Un ballo in maschera (Un Bal masqué).

L’action de Tosca (1899) de PUCCINI se passe à Rome pendant l’occupation napoléonienne. Cet opéra est doublement romain, puisqu’il a été créé à Rome en 1900. Le prélude du 3e acte nous permet d’écouter l’extraordinaire lever du soleil sur la ville éternelle, avec les sonneries des cloches des différentes églises.

Puccini Tosca prélude acte IIICliquez sur l’image

Le compositeur Ottorino RESPIGHI (1879 – 1936) a été inspiré par Rome dans ses œuvres symphoniques les Pins de Rome (Pini di Roma) ou les Fontaines de Rome (Fontane di Roma.)

Respighi Fontane di RomaCliquez sur l’image

Retour dans la Rome antique avec le Viol de Lucrèce (The Rape of Lucrecia) (1946) de BRITTEN. Dans cet opéra, les soldats de Tarquin en campagne doutent de la fidélité de leurs femmes restées à Rome. Seule Lucrèce serait restée chaste. Tarquin le dépravé viole Lucrèce à son retour à Rome. Accablée par la honte, Lucrèce se suicide.

Britten le Viol de LucrèceCliquez sur l’image

J’aurais aussi pu vous parler du « Prix de Rome », mais je crois que, vu les compositeurs ayant obtenu ce prix, et donc le droit de vivre à la villa Médicis pendant 3 ans, ce Prix de Rome mérite à lui seul un billet complet (à suivre donc…)

Woody ALLEN a situé un des films de sa période européenne à Rome. Dans To Rome with love, un des héros est un chanteur prodigieux, mais qui n’est capable de chanter que sous sa douche. Aussi, son impresario est obligé d’inventer un système de douche à roulettes sur la scène des opéras où le chanteur se produit, pour qu’il puisse exprimer tout son talent. On peut l’entendre dans l’air « Vesti la giubba » de Paillasse de LEONCAVALLO.

Allen To Rome with loveCliquez sur le ténor sous sa douche

Retrouvez une autre grande ville musicale avec Leipzig.

Agenda Ironique, Animation 1, Fables de la Fontaine, Maria Callas

LE LIÈVRE ET LA TORDUE

Ce mois-ci (mars 2022), l’Agenda Ironique est hébergé par Bridgetoun à l’adresse suivante :

https://brigetoun.blogspot.com/2022/03/agenda-ironique-pour-le-mois-de-mars.html

Comme il y a encore les frimas de mars et les giboulées d’avril, ou le contraire je me trompe toujours, avant le vrai printemps, même si la lumière commence à descendre le long de mon mur mitoyen, je pense que le mot frémissement s’impose – on peut y ajouter avec optimisme zéphyr, et frimas donc, et puis, parce que fantaisie m’en prend, velours, fendre, torrent, seuil et sarriette…

Nous disons donc pour mars le thème serait attente, avec utilisation des mots frémissement, zéphyr, frimas, velours, fendre, torrent, seuil et sarriette.

Après mon traditionnel grattage occiputal, il m’est venu fantaisie de vous offrir une (fausse) fable de La FONTAINE.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Gageons, dit la tordue, que vous n’atteindrez point si tôt que moi ce but.

Si tôt ? Êtes-vous sage ? repartit l’animal léger.

Ma commère, il vous faut purger avec quatre grains de sarriette.

Notre lièvre n’avait que quatre pas à faire.

Il avait du temps en reste pour écouter le frémissement du vent.

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre

Il laisse à la tordue son train de sénateur.

Elle part, s’évertue, se hâte avec lenteur.

Un loup survint à jeun qui cherchait aventure.

On lui fit comprendre qu’il s’était trompé de fable.

L’heure pour lui n’est pas venue de s’mettre à table

Prokofiev Pierre et le loup thème du loupCliquez sur le loup famélique

Le lièvre pendant ce temps se baignait dans un torrent,

Persuadé qu’il gagnerait comme sur du velours.

Auber Gustave III acte Iv quintetCliquez sur le bal masqué

À la fin quand il vit que l’autre touchait au seuil,

Gounod Faust Air des bijouxCliquez sur Marguerite

Il partit comme un trait, pour fendre les zéphirs,

Mais les élans qu’il fit furent vains;

La tordue arriva la première.

Eh bien, lui cria-t-elle, n’avais-je pas raison ?

Dans l’attente tu frimas, maintenant j’en suis sûre !

Puccini Madame Butterfly Un bel di vedremo (Stikhina)Cliquez sur l’image

Citations musicales :

Le frémissement : MOZART Idoménée aria « Tutte nel cor vi sento » (air « Je sens frémir en mon cœur ».)

Un loup : PROKOFIEV Pierre et le loup « thème du loup ».

Du velours : D.F.E. AUBER Gustave III, roi de Suède, « Quintette de l’acte IV, soit le bal masqué où les protagonistes ont le visage recouvert de loups de velours. (Bonus, si vous tendez l’oreille, vous pourrez m’entendre dans les chœurs.)

Au seuil : Dans le Faust de GOUNOD, Méphistophélès dépose un coffret rempli de bijoux sur le seuil de Marguerite. Le découvrant, Marguerite ne peut s’empêcher de chanter son fameux « air des bijoux », popularisé par Bianca Castafiore.

Dans l’attente : Dans Madame Butterfly (Madama Butterfly) de PUCCINI, l’héroïne, abandonnée par son mari américain, l’attend toujours sur la falaise, guettant une fumée sur la mer calmée, qui pourrait être celle du navire ramenant son mari à la maison.

P.S. Attention les enfants, si vous avez lu cet article, il ne s’agit pas d’une vraie fable de la Fontaine, mais d’un imitation grossière.

Et si je ne vous ai pas encore épuisé(e)s avec mes divagations, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous n’êtes pas encore épuisé(e)s par mes divagations.

Divers, Maria Callas

SIX CENTIÈME BILLET DU BLOG

Eh oui, ce billet est le 600e que je publie sur ce blog consacré, de manière très ouverte, à l’opéra et à la littérature !

À ce jour, vous avez été plus de 44 000 visiteurs cumulés, venus de 130 pays, pour regarder plus de 91 000 vues sur ce blog, en presque quatre ans.

J’ai consacré 96 billets à mes opéras préférés, de l’Orfeo (1607) de MONTEVERDI à Like Flesh (2022) de Sivan ELDAR, ou de Aïda de VERDI à Zoroastre de RAMEAU.

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’acte de naissance de l’Opéra

Le plus regardé est toujours celui consacré aux Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, devant Le Barbier de Séville de ROSSINI.

barcarolleCliquez sur l’image

J’ai également consacré 59 billets à des compositeurs, dont 5 à des compositrices, de Monteverdi à BRITTEN. Le compositeur qui vous a le plus intéressé reste Franz SCHUBERT.

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 45 écrivains passés à ma moulinette, de ESCHYLE à ECHENOZ, le plus consulté étant celui consacré à Victor HUGO.

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… Une de mes (petites) joies est l’accueil réservé à mes fantaisies sur le nom de MALLARMÉ (Mallarmuche pour les intimes 🙂), qui cumulent presque 2400 vues !

Dans ces catégories moins conventionnelles, les billets les plus regardés restent « Magical Maestro (Tex Avery) » « Des opéras pour les enfants« , « les Onomatopées« , et « ils ou elles ont écrit des Ave Maria ».

Fin 2020, j’ai commencé une nouvelle série sur l’emploi de musique classique par les réclamiers et, à ma grande surprise, cette série marche très fort puisque le premier billet, toutes catégories confondues, est celui qui vient en tête avec déjà plus de 1800 vues.

Une des vidéos les plus regardées (si j’excepte les réclames) est « l’Ave Maria » de BACH interprétée par Maria CALLAS.

Schubert Ave Maria CallasCliquez sur l’image

Elle est suivie de près par « Comic Strip » de Serge GAINSBOURG.

Gainsbourg Comic stripCliquez sur l’image

J’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de la musique et de la littérature !

Et pour finir ce billet, un grand classique, interprété par une des plus grandes cantatrices de tous les temps.

callas casta divaCliquez sur l’une des plus grandes cantatrices de tous les temps

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, et si vous aimez la musique et la littérature, parlez de mon blog à vos amis, et si vous n’aimez pas, parlez-en à ceux que vous n’aimez pas ! 🙂

Maria Callas, Oulipo, Poésie

TOUJOURS DES HAÏKUS (5e série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.

Opéra mystique

C’est : Dialogue des Carmélites

Bernanos, Poulenc.

Poulenc Dialogue des Carmélites Salve ReginaCliquez sur l’image

Opéra biblique

C’est : Samson et Dalila

de Camille Saint-Saëns.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur l’image

Sur un haïkaï d’Ada : Bach – Concerto en do mineur, BWV 981 ‹ pour une seule note ‹ Reader — WordPress.com

Sous les pas de Bach,
Les feuilles mortes se poussent ;
La voie est offerte.

Bach Concerto en ut mineur BWV 981Cliquez sur la voie jonchée de feuilles mortes

Sur un haïkaï de Régis : Divers Haïkus d’hiver ‹ Maux & Cris ‹ Reader — WordPress.com

Des pas dans la neige

Une histoire est passée là

Rien n’en restera.

Debussy Des pas sur la neigeCliquez sur le pianiste

Sur un haïkaï de Tim : Deux amants assis – Haïku trilingue ‹ Le Mot Sensible ‹ Reader — WordPress.com

La terre, l’eau, le ciel –

Deux amants sont assis là

Sur le bord du lac.

Rossini la Dame du lac Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Solène : AINSI FONT… | EN VERS ET CONTRE TOUT (wordpress.com)

Les oiseaux de mer
sont ivres de liberté
dans le bleu du ciel

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image

Citations musicales :

Dialogues des Carmélites, de POULENC, « Salve Regina » final.

Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, « Printemps qui commence ».

Les feuilles mortes : J.-S. BACH Concerto en ut mineur BWV 981.

Des pas dans la neige : DEBUSSY Des pas sur la neige.

le bord du lac : ROSSINI La Dame du lac.

ivres de liberté : BRITTEN Peter Grimes 4 interludes.

Et pour retrouver livraison précédente de haïkaïs mis en musique, c’est ici : « Encore des haïkus (4e série)« .

Divers, Maria Callas

LETTRES ET MISSIVES

En écoutant il y a déjà quelque temps Sonya Yoncheva lire la lettre d’Alfredo dans le dernier acte de la Traviata de VERDI, je me suis dit qu’on écrit (et qu’on lit) beaucoup de lettres à l’opéra.

Ainsi, dans les Noces de Figaro de MOZART, la comtesse et Suzanne décident de confondre le comte, qui veut tromper sa femme en exerçant un droit de cuissage qu’il a pourtant aboli envers sa camériste Suzanne, en écrivant une lettre lui donnant rendez-vous le soir dans le jardin. (Duo « Sull’aria ».)

Mozart Les Noces de Figaro Sull' AriaCliquez sur Suzanne et la Comtesse

À la fin de la Traviata de Verdi, Violetta relit une lettre reçue autrefois et revit son passé dans l’air « Addio del passato ».

Verdi la Traviata Addio del passato (Ermonela Jaho)Cliquez sur Violetta

À la fin du premier acte d’Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI, Tatiana qui est tombée amoureuse d’Eugène Onéguine lui écrit une lettre dans laquelle elle lui déclare son amour.

Tchaïkovski Eugène Onéguine Air de la lettre (Netrebko)Cliquez sur Tatiana

À l’acte II de Manon de MASSENET, des Grieux envoie une lettre à son père, décrivant son amour, la jeune Manon avec l’air « On l’appelle Manon ».

massenet manon acte IICliquez sur des Grieux et Manon

Massenet encore avec l’acte III de Werther quand Charlotte lit une lettre alarmante de Werther (« Les larmes qu’on ne pleure pas »)

Massenet Werther air de la lettre (Callas)Cliquez sur Charlotte

Au début des Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH, la cantatrice Stella a envoyé une lettre fixant rendez-vous à Hoffmann dans sa loge. Le vilain Lindorf a intercepté cette lettre et compte aller lui-même à ce rendez-vous.

Offenbach les Contes d'Hoffmann Voyons, pour Hoffmann

J’ai encore quelques opéras sous le coude où il est question de lettres et missives, et donc le facteur sonnera peut-être une deuxième fois, mais en attendant, si vous voulez encore une lettre, cliquez donc sur le mystérieux cadeau bonus (avec l’amicale complicité de John Duff).

point-dinterrogationCliquez donc sur le mystérieux cadeau bonus si vous voulez encore une lettre (avec l’amicale complicité de John Duff)

Retrouvez aussi ici une seconde sélection d’airs et missives.