écrivains, bande dessinée, littérature

Gustave FLAUBERT

Gustave FLAUBERT est un écrivain né à Rouen en 1821 et mort en 1880. Son style est reconnaissable par le souci qu’il avait de trouver le mot le plus juste, et par-dessus tout, le rythme de la phrase.

Si vous avez lu Madame BOVARY (1856) de l’ami Tatave, vous vous souvenez peut-être de ce chapitre où Emma va écouter Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI, à l’Opéra de Rouen.

donizetti Lucia air de la folieCliquez sur Lucia

Il faudra attendre presque un siècle pour que ce roman soit adapté à l’opéra. En 1933, Darius MILHAUD écrit deux chansons sur ce thème, puis en 1951, c’est un autre Rouennais, Emmanuel BONDEVILLE, qui l’adapte dans un opéra-comique.

Bondeville Emma BovaryCliquez sur la partition

Salammbô (1857 – 1862) semble avoir une forme faite pour l’opéra. C’est à VERDI que Flaubert pense dès la fin de 1862 pour mettre son roman en musique, mais ce projet ne se réalisera pas. En 1863 – 1864, MOUSSORGSKI travaille au Lybien, un projet d’opéra d’après Salammbô. Finalement, c’est le post-wagnérien REYER (1823 – 1909) qui compose en 1890 un opéra inspiré de ce roman, opéra qui connaîtra un beau succès à son époque.

Reyer SalammbôCliquez sur Salammbô

Encore en 1998, le compositeur FÉNELON crée son Salammbô. Parmi les projets non aboutis de mise en musique de ce roman, on peut encore citer ceux de DEBUSSY ou de RACHMANINOFF.

Le conte Hérodias, tirés des trois contes (1877) servira à MASSENET pour son opéra Hérodiade (1881). C’est ce même sujet biblique qui inspirera MALLARMÉ pour son Hérodias, qui deviendra Salomé sous la plume de Richard STRAUSS.

Massenet HérodiadeCliquez sur l’image

De Flaubert, on connaît le Dictionnaire des idées reçues (publié à titre posthume en 1913). Si on le feuillette, on trouve :

à l’entrée Opéra : « Paradis de Mahomet sur la terre. »

à l’entrée WAGNER : « Ricaner quand on entend son nom, faire des plaisanteries sur la musique de l’avenir. »

Enfin, comme j’ai aussi une casquette Bande Dessinée (et une casquette space opera), je m’en voudrai de ne pas citer l’adaptation de Salammbô par Philippe DRUILLET en 1980.

druillet

Pour boucler la boucle, et puisque j’ai commencé ce billet avec l’air de la folie de Lucia di Lammermoor, je vais le terminer avec ce même air en version space opera, puisque Luc BESSON, dans son film le 5e élément fait chanter cet air par une diva galactique, Plavalaguna, qui chante l’air de la folie, de Lucia de Lammermoor, de DONIZETTI.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur Plavalaguna

(P.S. promis, vous aurez un jour un billet sur le space opera.)

(P.P.S. j’avais presque terminé ce billet quand j’ai découvert le lien suivant, qui m’a permis de l’enrichir. Je vous le livre donc, si vous voulez en savoir plus sur Flaubert et sa mise en musique :

https://journals.openedition.org/flaubert/3546 )

 

 

bande dessinée, Mes opéras préférés

Le FREISCHÜTZ de WEBER

30 ans après la Flûte enchantée, 15 ans après Fidélio, le Freischütz de WEBER est considéré comme le premier opéra romantique allemand. Il a été créé à Berlin en 1821, et repris à Dresde en 1822. Cette reprise à vivement impressionné le jeune WAGNER, alors âgé de neuf ans, et a été déterminante dans sa vocation pour le théâtre lyrique.

 Ouverture :

Weber Freischütz ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Lors d’une fête campagnarde, le villageois Kilian remporte le concours de tir, au détriment du chasseur Max, qui a raté toutes ses cibles. Les villageois et Kilian se moquent de Max qui, furieux, saute sur Kilian. Cunod, le garde forestier du prince, demande ce qui se passe. On lui explique que Max a raté tous ses tirs. Caspar souffle à Max qu’il doit être victime d’un sort. Cunod conseille à Max de se reprendre, car s’il rate le concours du lendemain, il ne pourra prétendre à la main de sa fille Agathe, le prix du concours.

Max resté seul chante son incompréhension sur sa maladresse au tir. Caspar revient, commande du vin, et loue les trois choses qui importent à un homme : le vin, le jeu, les femmes.

Weber Freischutz Hier im ird'schenCliquez sur l’image

Il commence à insinuer qu’il y a des choses cachées, telles que des balles enchantées qui ne ratent jamais la cible, et que justement ce soir on peut en obtenir. Il lui donne une de ces balles magiques, Max tire et tue un aigle. Caspar lui donne rendez-vous à minuit aux Gorges du Loup.

Acte II : Dans la maison du Garde forestier, sa fille Agathe et Ännchen discutent dans un délicieux duo (dont Wagner saura se souvenir dans Le Vaisseau fantôme.) Alors qu’Ännchen ne pense qu’à rire, Agathe s’inquiète pour Max.

Weber Freischutz Acte II duo Schelm, halt festCliquez sur le fusil

Une fois Ännchen sortie, Agathe chante son espoir dans la nuit (Air : « Wie nahte mir der Schlummer ».)

Weber Freischutz Acte II Agathe Wie nahte mirCliquez sur l’image

Max arrive, avec à son chapeau une plume de l’aigle qu’il a abattu, signe qu’il a retrouvé son adresse au tir. Il annonce qu’il a rendez-vous aux Gorges du Loup le soir même. Agathe, effrayée, essaye de le retenir, mais Max doit repartir.

La scène des Gorges du Loup, le point culminant de l’œuvre est proche dans l’esprit de l’opéra gothique. Aux Gorges du Loup, dans un décor inquiétant, peuplé d’oiseaux de nuit, deux orages approchent. Alors que sonnent les douze coups de minuit, Samiel arrive, et rappelle à Caspar que c’est ce soir qu’il va prendre possession de son âme. Caspar négocie : s’il apporte de nouvelles âmes à Samiel, il compte bien rester encore en vie. Samiel rappelle que sur sept balles fondues, les six premières sont bonnes, mais la septième reste sa propriété, et c’est lui qui en choisit la cible. Caspar lui demande de réserver cette balle à la fille de Cunod, mais Samiel lui dit qu’il n’a pas encore de droit sur sa vie. Plus tard, Max arrive. Il croit voir le fantôme de sa mère qui le dissuade d’approcher, mais Samiel remplace cette vision par celle d’Agathe se jetant du haut du rocher. Max se précipite pour la retenir. La scène des Gorges du Loup peut alors commencer. Caspar invoque Samiel. Au fur et à mesure que les balles sont fondues, le sabbat se déchaîne : oiseaux de nuit, sanglier noir, tempêtes, apparition de chevaux de feu, ronde de fantômes de chasseurs, et enfin à la septième, Samiel apparaît. Max se signe et tombe à terre.

Weber Freischutz Acte II Gorges du loupCliquez sur l’image

Acte III : Le lendemain matin, un chasseur et un garde-forestier discutent de la nuit écoulée. Le diable serait apparu aux Gorges du Loup. Arrivent Max puis Caspar. Sur les sept balles qui ont été fondues, cinq ont déjà été utilisées, il en reste donc une à chacun. Le Prince Ottokar veut voir Max, qui se retire. Caspar se dépêche de tirer sa dernière balle sur un renard, pour que Max soit obligé de se servir de la septième, celle du diable, lors du concours.

Agathe, en robe de mariée, chante sa confiance en Dieu qui la protège (cavatine d’Agathe « Und ob die Wolke »).

Weber Freischutz Acte III Cavatine d'Agathe Und ob die WolkeCliquez sur Agathe

Ännchen entre, et Agathe lui raconte le rêve qu’elle a fait pendant la nuit. Elle avait pris la forme d’une blanche colombe quand Max lui a tiré dessus, puis comme elle reprenait sa forme humaine, un grand oiseau noir se vautrait dans le sang de Max. Ännchen cherche à la rassurer en lui chantant une anecdote arrivée à sa cousine.

Weber Freischutz Acte III Air d'Annchen Einst traumte meiner seligen BaseCliquez sur l’image

Les demoiselles d’honneur arrivent en chantant une chanson traditionnelle à la mariée. Ännchen tend une boîte à Agathe, mais quand celle-ci l’ouvre, au lieu de la couronne de mariée, c’est une couronne mortuaire qui s’y trouve. Agathe donne alors aux demoiselles d’honneur le bouquet de roses blanches que lui avait donné l’ermite, pour qu’elles lui tressent avec une couronne de mariée.

Sur le lieu du concours, tout le monde est présent, Ottokar avec son sceptre, Cunod, les chasseurs, les villageois (Chœur : Was gleicht wohl auf Erden.)

Weber Freischutz Acte III Choeur des chasseurs was gleich wohl auf ErdenCliquez sur la forêt

Ottokar dit à Cunod que son futur gendre lui plaît. Montrant une colombe blanche sur une branche, il ordonne à Max de tirer. Au moment du tir, Agathe apparaît sous la branche où est posée la colombe. Max tire, Agathe s’effondre, ainsi que Caspar qui tombe de l’arbre où il s’était caché. Tout le monde se précipite vers Agathe, qui reprend connaissance. C’est Caspar qui a été touché par la septième balle, et Samiel vient récupérer son bien, l’âme de Caspar. Ottokar demande des explications à Max, qui avoue la vérité sur les balles utilisées. Le prince veut le bannir à tout jamais, mais l’ermite intervient en la faveur de Max, et propose un bannissement d’un an. Si au bout d’un an Max est toujours comme il était avant cette aventure, il pourra revenir et avoir la main d’Agathe. Le prince accepte le jugement de l’ermite, et tout le monde se réjouit en louant le seigneur.

 

 

Écrivain, bande dessinée, littérature, Oulipo

CANTATRIX SOPRANICA L. (Georges PEREC – 4)

Cantatrix Sopranica L. est le titre d’une étude scientifique de Georges PEREC sur, je cite, la « démonstration expérimentale d’une organisation tomatotopique chez la Cantatrice ».

Dans cette parodie, à lire absolument, d’une publication scientifique, l’auteur nous livre le mode opératoire des expériences visant à mesurer l’effet du lancer de tomates (ou d’autres objets) sur les hurlements des cantatrices.

Il faut savoir que pour gagner sa vie, Perec a occupé un poste de documentaliste de 1961 à 1978 dans différents hôpitaux parisiens, puis au CNRS. La prose si spéciale des publications scientifiques ne lui était donc pas du tout étrangère.

En effet, partant de l’observation suivante : « The more you throw tomatoes on Sopranoes, the more they yell », l’auteur se propose de mesurer scientifiquement cet effet.

Pour cela, il a expérimenté sur 107 sopranos femelles fournies par le Conservatoire National de Musique, pesant entre 94 et 124 kg, la réception de tomates lancées par un « automatic tomatothrower » à la cadence de 9 projections par seconde, ce qui est censé refléter les conditions rencontrées par les sopranos et autres chanteurs sur scène.

Il faut lire toute la bibliographie associée à cette étude, biblio truffée de jeux de mots. On peut ainsi y relever, écrites dans un européen vernaculaire :

  • Chou, O.& Lai, A. Musicali efftti del tomatino jettatura durante il reprezentazione dell’opere di Verdi.
  • Donen, S. & Kelly, G. Singing in the brain.

Singing in the rainCliquez sur le film de Stanley DONEN

  • Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

  • Pompeiano, O. Vesuviana, A. Strombolino, H. & Lipari, G. Volcaniche effetti della formazione reticolare nella funiculi funicula.

Funiculi funicula 3 ténorsCliquez sur les 3 ténors

  • Tebaldi, R. La Callas revisited.

Callas vs TebaldiCliquez sur la Callas et la Tebaldi

Pour les amateurs de bande dessinée, et plus particulièrement de GOTLIB, vous trouverez dans le même recueil, un article intitulé « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Là aussi, un texte rigoureusement indispensable pour tout amateur de Gotlib.

Enfin, dans une autre étude intitulée De la Beauce à Notre Dame de Chartres, l’auteur nous révèle toutes les approches que l’on peut avoir de la cathédrale de Chartres, paléogothique, archéozélandaise, non euclidienne… subaquatique… (cf. DEBUSSY), nous annonçant ainsi La cathédrale engloutie de Debussy.

Debussy Cathédrale engloutieCliquez sur l’image

Source : Georges PEREC, Cantatrix Sopranica L. et autres écrits scientifiques, éditions du Seuil, 1991.

Et pour retrouver d’autres articles sur Georges PEREC :

La Disparition

La Vie mode d’emploi

Je me souviens.

 

 

 

bande dessinée, histoire, littérature

UN OPÉRA DE PAPIER (Edgar P. JACOBS)

À l’occasion de la sortie du nouvel album des aventures de Blake et Mortimer, le dernier Pharaon, par François SCHUITEN, il m’est revenu qu’avant d’être dessinateur, E.P.JACOBS (1904 – 1987), le créateur de la série, était baryton.

Il a raconté ses souvenirs dans sa biographie, Un Opéra de papier (Gallimard, 1981), où on apprend qu’après avoir découvert Faust à la Monnaie de Bruxelles, il se fait à tout le répertoire français, italien et allemand pour arriver aux « modernes », Pelléas de DEBUSSY, Marouf de RABAUD et l’Heure espagnole de RAVEL.

Se découvrant une jolie voix de baryton, il entre en 1921 comme figurant puis comme choriste à la Monnaie, où il débute dans Guillaume Tell de ROSSINI, avant de jouer les gardes dans Carmen, Aïda ou Salomé. Après ces rôles de figuration, il commence dans le chant en tant que choriste dans la revue de… MISTINGUETT !

À la saison suivante il chante, enfin, dans les chœurs de la Monnaie où il a l’occasion de jouer de petits rôles, tel celui de Sylvio dans Paillasse.

leoncavallo paillasse duo Sylvio NeddaCliquez sur Sylvio et Nedda

En 1929, il obtient son grand prix de chant et entre immédiatement à l’opéra de Lille où il débute dans le rôle de Brétigny, de Manon. Il a chanté le Méphistophélès de La Damnation de Faust de BERLIOZ,

jacobs méphisto

ou encore le rôle de Frédéric dans Lakmé de DELIBES.

Delibes lakmé quand une femme est si jolieCliquez sur l’image

Las, la crise de 1929 – 1930 fait que la France ferme ses frontières aux étrangers et Jacobs est obligé de repartir en Belgique.

Dès lors, il exerce de plus en plus ses talents d’illustrateurs jusqu’à ce qu’en 1942, on lui demande d’achever les Aventures de Flash Gordon, dont les planches venues des États-Unis n’arrivaient plus en Belgique. En 1943, il entre au studio Hergé et en 1948, il fait partie de la création du journal Tintin, où il commence les aventures de Blake & Mortimer.

HERGÉ s’amusera à le faire apparaître dans ses albums de Tintin & Milou.

On le voit ainsi sur la couverture des Cigares du pharaon, sous le pseudonyme transparent d’E.P.Jacobini ou dans le bas de la page 38 du Sceptre d’Ottokar, où il est représenté discutant avec Hergé.

hergé jacobs

On le trouve aussi dans l’Affaire Tournesol sur l’affiche du Faust de Gounod, où il partage la vedette avec La Castafiore L’Affaire Tournesol.

Pour revenir à Blake & Mortimer, notons que l’album S.O.S. Météores débute place de l’Opéra à Paris.

jacobs SOS météores opéraCliquez sur le palais Garnier

Dans le dernier Pharaon, quand Mortimer pénètre enfin dans le palais de Justice de Bruxelles, il entend Aïda de VERDI, dans ce qui est probablement un hommage de Schuiten au passé lyrique de Jacobs.

jacobs pharaon aïdaCliquez sur Mortimer

(Sources : Edgar P.Jacobs, Un opéra de papier, Gallimard, 1981

Blake et Mortimer, Œuvres complètes, éditions Blake et Mortimer

Hergé, les Aventures de Tintin et Milou, éditions Casterman).

bande dessinée, Divers, Géographie, histoire

L’ÉGYPTE ET L’OPÉRA

Après le billet consacré à Aïda de VERDI, je vais faire un zoume sur la représentation que l’Occident s’est faite de l’Égypte antique à l’opéra. J’en ai eu l’idée en écoutant une passionnante émission sur l’Égypte et l’opéra sur la chaîne Canal Académie.

En 1724, Haendel met en musique Jules César, qui raconte la rencontre entre Jules César et Cléopâtre, et en 1737, alors qu’il avait abandonné la production d’opéras pour se consacrer à l’écriture d’oratorios, il écrit Israël en Égypte.

Si le livret de Schikaneder ne mentionne pas explicitement que l’action de La Flûte enchantée (1791) de MOZART se passe en Égypte, la question ne se pose pas pour de nombreux metteurs en scène, surtout à cause du fameux air de basse O Isis und Osiris.

En 1807, MÉHUL écrit La légende de Joseph en Égypte, opéra tiré d’un sujet biblique racontant la fuite en Égypte.

joseph laurence daleCliquez sur l’image

En 1818, ROSSINI écrit son Moïse en Égypte. Cet opéra sera adapté en français par Rossini en 1827 sous le titre Moïse et Pharaon, le passage de la mer Rouge.

Rossini Moïse en ÉgypteCliquez sur l’image

En 1869, VERDI reçoit d’Égypte une commande pour un opéra, à l’occasion de l’ouverture du canal de Suez et de l’inauguration de l’opéra du Caire en 1869. Écrit sur un livret de l’égyptologue MARIETTE, Verdi compose une de ses œuvres les plus connues, l’opéra péplum Aïda, qui ne sera finalement créé qu’en 1871.

Verdi Aïda O terra addioCliquez sur la scène finale d’Aïda

MASSENET y est allé de son opéra égyptien, avec Thaïs (1894), dont on joue encore la célèbre méditation pour violon.

En 1914, les Ballets russes montent La Légende de Joseph, une œuvre commandée à R.STRAUSS. Il reviendra en Égypte en 1925 – 1926 avec Hélène d’Égypte.

En 1920, le compositeur Florent SCHMITT écrit une musique de scène pour la pièce Antoine et Cléopâtre de SHAKESPEARE.

Arnold SCHOENBERG commence en 1932 un opéra, Moïse et Aaron, qui restera inachevé et ne sera créé qu’en 1954.

Le baryton et auteur de bande dessinée E.P.JACOBS s’est servi de l’imaginaire égyptien dans un de ses chefs d’œuvre : Le secret de la grande pyramide au début des années 50, soit à peine 30 ans après la découverte du tombeau de Toutankhamon.

Et le pape du minimalisme Philip GLASS écrit Akhnaten (Akhénaton) en 1983.

Animation 1, bande dessinée

POKÉMON GO (et opéra)

Je vous l’avais promis dès la création de ce blog il y a un peu plus de six mois (cf. la page « à propos ») : il y aura un billet sur le jeu Pokémon GO et l’opéra.

La sortie de la version complémentaire sur console de salon ce 16 novembre va être l’occasion pour moi de tenir cette promesse, et de faire s’interpénétrer la bulle des amateurs d’opéra et la bulle des amateurs de Pokémons.

Dès la première version du jeu, datant d’il y a plus de vingt ans, figuraient les Pokémons Mélofée (n° 35) et Rondoudou (n° 39). Ces Pokémons avaient le pouvoir, par leur chant semblable à celui d’Orphée, d’endormir leurs adversaires.

                                                           mélofée rondoudou

Nous avons découvert il y a peu avec l’arrivée de la 4e génération le Crikzik (n° 401) un Pokémon insecte en forme de lyre et son évolution le Mélokrik, dont le Pokédex nous apprend que quand les antennes du Crikzik s’entrechoquent, elles laissent s’échapper un son de xylophone, alors que le Mélokrik exprime ses émotions par des mélodies.

                                                       criczik  Mélokrik

C’est dans la cinquième génération que l’on trouvera les Pokémons les plus intéressants, avec le Lakmécygne (n° 581), dont le nom est formé d’après Lakmé de Léo DELIBES, et le Lac des Cygnes, le fameux ballet de TCHAÏKOVSKI.

lakmécygne.png

On trouvera également le Vivaldaim (n° 585), un daim qui peut prendre quatre formes suivant les saisons (hommage aux quatre saisons de VIVALDI). La référence à l’univers de l’opéra est encore poussée par le fait que le Vivaldaim a une forme évoluée, le Haydaim (en hommage à Joseph HAYDN.)

                                                    vivaldaim  haydaim.png

Et surtout, n’oubliez pas qu’il est déconseillé de jouer à Pokémon Go quand vous êtes à l’opéra, vous risqueriez de perturber le spectacle, et de gêner vos voisins.

bande dessinée, histoire, littérature

Jeanne d’Arc et Barbe Bleue

What happened between Joan of Arc and Bluebeard ?

Quel curieux rapprochement que celui de Jeanne d’Arc et de Barbe Bleue. Il prend pourtant son sens quand on sait qu’un des modèles historiques de Barbe Bleue était Gilles de Rais, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc pendant la guerre de Cent Ans et nommé maréchal de France, mais aussi violeur et égorgeur de petits enfants.

On peut noter que les deux personnages de Gilles de Rais et de Barbe-Bleue ont fait l’objet d’un album de la série de bande dessinée Jhen, série créée par Jacques Martin (Alix, Lefranc) et dessinée par Pleyers.  barbe-bleue gilles de raisEt puisque je suis dans la bande dessinée, je ne peux résister au plaisir de citer F’murrr et sa Jehanne Darques, mariée avec Gilles de Retz (?) et compagne d’aventures d’Attila.

  f'murrr jehanneMais revenons à l’opéra:

La Barbe bleue (1697) est un des contes de PERRAULT, qui raconte l’histoire de Barbe-Bleue qui confie à sa nouvelle femme toutes les clés de son château, dont une qu’elle n’a pas le droit d’utiliser. Évidemment, dès qu’il a le dos tourné, sa femme brave l’interdit et trouve une pièce avec les cadavres de ses précédentes épouses. Au retour de Barbe-Bleue, celui-ci veut tuer sa femme.

Le premier opéra écrit sur le conte de Perrault est Raoul Barbe-Bleue (1789) de GRÉTRY.

OFFENBACH, qu’aucun sujet ne rebutait, a également écrit son opéra-bouffe Barbe-Bleue en 1866.

Au XXe siècle, où les apports de la psychologie ou de la psychanalyse nourrissent les livrets d’opéras, il y a au moins deux opéras importants écrits sur le mythe de Barbe-Bleue : Ariane et Barbe-Bleue (1906) de DUKAS, d’après le symboliste MAETERLINCK (Celui de Pelléas et Mélisande et justement il y a une Mélisande parmi les femmes de Barbe-bleue) et le Château de Barbe-Bleue (1911) de BARTOK.

Quant à Jeanne d’Arc, avant de rejoindre le roman historique français, elle a été célébrée par SCHILLER (encore un qui défendait les libertés) dans sa Pucelle d’Orléans (1801), pièce qui a inspiré VERDI pour Giovanna d’Arco (1845) et TCHAIKOVSKY pour La Pucelle d’Orléans (1881).