Bande dessinée, Cinéma, littérature

LE SPACE OPERA

​Voilà déjà trois ans et demi que je cherche un prétexte pour écrire un billet sur le space opera (en écrirai-je un jour sur le soap-opéra ?)

La sortie de l’adaptation par Denis VILLENEUVE de Dune, le roman culte de Franck HERBERT, me fournit aujourd’hui ce prétexte.

Le space opera est un sous-genre de la science-fiction, où l’on trouve des épopées se passant à des échelles (inter-)galactiques. Parmi les auteurs de romans, on trouve Isaac ASIMOV et son cycle Fondation, lui-même un décalque de l’Histoire de la décadence et de la chute de l’empire romain, de GIBBON, transposé en S.F.

Dans les grands classiques S.F. du space opera on peut donc citer le cycle de Dune de Franck HERBERT, ou encore un de mes préférés, Jack VANCE et son cycle de TSCHAÏ. Citons encore le cycle de la Culture de Iain M. BANKS, que j’ai découvert récemment.

Au cinéma, la nonologie des Star Wars est évidemment une référence absolue pour le space opera. La saga des Star Treck en est une autre.

En B.D., nous avons les aventures des agents spatio-temporels Valérian et Laureline ou l’univers de Lone Sloane, de Philippe DRUILLET. Pour mémoire, j’ai déjà évoqué le space opera (et Druillet) dans le billet consacré à Gustave FLAUBERT.

Druillet, fondateur historique du magazine Métal Hurlant, qui ressort en kiosque aujourd’hui même, a beau coup travaillé sur la Tétralogie, et spécialement sur l’Or du Rhin (Rheingold) de WAGNER. Il a aussi mis en image des spectacles comme les Carmina Burana de Carl ORFF ou le Requiem de VERDI aux chorégies d’Orange.

ORff Carmina Burana DruilletCliquez sur l’image

Verdi requiem DruilletCliquez sur ce montage du Requiem de Verdi à Orange

À propos de Flaubert et Druillet, je pourrais encore vous parler de Salaambô, mais je ne voudrais pas espoiler le billet que je consacrerai (un jour) à ce dessinateur.

Le dessinateur Jean-Claude MÉZIÈRES a travaillé avec Luc BESSON, sur les décors du 5e élément. On trouve dans ce film une diva galactique, Plavalaguna, qui chante « l’air de la folie » de Lucia de Lammermoor, de Gaetano DONIZETTI. Ce même air qui impressionna tant Emma Bovary au Théâtre des Arts de Rouen.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur la diva galactique Plavalaguna

Et voici une petite dédicace de l’album qui donne son titre au film de Besson :

dédicace Valérian

Pour la musique de son film, Luc Besson a fait appel à la coqueluche d’Hollywood, Alexandre DESPLAT. Ce compositeur multirécompensé (César, Oscar, Bafta, Golden Globes…) pour sa cinquantaine de musiques de film est notamment l’auteur de la musique du film Florence Foster JENKINS.

Mozart la Flûte enchantée massacrée par F; Foster JenkinsCliquez sur l’image

Enfin, en ante bonus, découvrez ici une planche originale de Valérian, extraite de ma collection personnelle :

planche Valérain

Et si vous avez été sages, vous avez gagné le droit de cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez été sages

Agenda Ironique, Bande dessinée, Mes opéras préférés

GLORIANA, de BRITTEN (1953)

Gloriana est un opéra écrit par Benjamin BRITTEN en 1953, pour les célébrations du couronnement de la reine Elizabeth II. Son sujet avait déjà été traité par DONIZETTI plus d’un siècle plus tôt, dans son Roberto Devereux (1837).

Britten Gloriana PremièreCliquez sur la reine Elizabeth (II) à la première de Gloriana

Ce billet s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de décembre 2020, piloté de main de maître par « Le retour du Flying Bum« . Le thème, très général, est un retour sur l’Annus Horribilis de la reine Elizabeth II, 2020 pouvant être considéré comme une année particulièrement horrible ! Les participants devront utiliser au moins une fois le mot « régionalisme », au moins une expression ou locution régionale et un juron régional.

Je savais depuis longtemps que Britten avait écrit cet opéra, mais devant le caractère pompeux, voire pompier de la commande, j’avais jusqu’ici différé le moment de le regarder, craignant qu’il ne s’agisse ici d’un opus horribilis, malgré l’admiration profonde que j’ai pour Britten. En fait, ça va comme on dit par chez nous, vous pouvez y aller (si vous en avez l’occasion, car c’est loin d’être l’opéra le plus joué de ce compositeur.) On peut toutefois considérer que dans sa carrière musicale presque sans faute, il s’agisse là d’un régionalisme difficilement exportable hors des îles britanniques. 1953, c’est l’année où E.P. JACOBS commence un de ses chefs-d’œuvre, la Marque jaune. On sait que Blake et Mortimer, anoblis par la reine pour services rendus à la patrie, étaient présents à la création de Gloriana. À la sortie, Blake s’est même exclamé, « By Jove, c’est trop bien ! »

Le pitch : Robert Devereux (Lord Essex) et Lord Mountjoy se disputent les faveurs de la reine Elizabeth I. Celle-ci a un faible pour Essex. Mais Essex, ambitieux et fougueux est accusé de trahison par ses ennemis, qui convainquent la Reine de le condamner à mort.

Acte I : À l’issue d’un tournoi (que l’on ne voit pas), Mountjoy est récompensé par la reine, suscitant l’ire et la jalousie d’Essex. Ils se battent en duel et Mountjoy blesse Essex. La reine arrive et leur rappelle qu’il est interdit de se battre à la Cour. Elle leur demande de se réconcilier. La foule acclame Elizabeth.

Britten Gloriana Long may she keep this realmCliquez sur Elizabeth (I)

Britten Gloriana Acte I scène I (fin)Cliquez sur royal carrosse

La reine s’entretient avec Robert Cecil, son conseiller, de la rivalité qui oppose Mountjoy et Essex. Elle admire ce dernier, mais Cecil la met en garde. Il prévient que l’armada espagnole menace la Grande-Bretagne. Essex survient. À la demande de la reine, il chante pour la distraire la reine, avant que de lui demander à être envoyé en Irlande pour mater la rébellion qui s’y trame.

Britten Gloriana The Lute SongCliquez sur Essex

Elizabeth demande à réfléchir. Restée seule, elle prie Dieu de lui donner la force d’être une bonne reine.

Acte II : La reine assiste à un masque* donné sur le thème du Temps et de l’Harmonie.

Essex, sa sœur Lady Rich, Lord Mountjoy et la femme d’Essex, Frances, discutent. Essex se plaint de ce que la reine ne veut pas le laisser partir en Irlande. Ils voudraient prendre plus de pouvoir alors que la reine vieillit. Frances leur recommande d’être prudents.

Lors d’un bal à la cour, la femme d’Essex porte une robe magnifique. La reine entre et fait jouer une danse énergique aux musiciens, puis elle demande aux femmes de sortir changer de tenue.

Britten Gloriana Choral Dances (acte II scène III)Cliquez sur Benjamin Britten

Lady Essex change de robe et revient en se plaignant qu’on ait volé sa robe. La reine apparaît, portant la robe volée, ce qui cause la colère d’Essex.

Elizabeth entre à nouveau et donne son accord pour envoyer Essex en Irlande.

Acte III : Dans les appartements de la reine, les servantes parlent du manque de réussite d’Essex face à la rébellion irlandaise. Essex arrive et exige de parler immédiatement à la reine. La reine s’agace en l’écoutant se plaindre de ses ennemis à la cour. Il sort et les servantes habillent la reine. Sir Cecil entre et la met en garde contre le comportement d’Essex, de plus en plus insubordonné.

Dans une rue de Londres, on entend un chanteur de rue décrire l’insubordination d’Essex. Le crieur public annonce qu’il a été déclaré traître !

La garde rapprochée de la reine essaie de la convaincre de signer la condamnation à mort d’Essex. Elizabeth hésite à cause de l’affection qu’elle garde pour lui. Lord Mountjoy, lady Rich et lady Essex viennent demander la grâce d’Essex. La reine leur répond avec sympathie, mais lady Rich la met en colère en lui disant qu’au fond, elle a besoin d’Essex pour bien régner. La reine signe la condamnation d’Essex.

Restée seule, elle songe à sa relation avec Essex, et qu’il lui faut maintenant désigner un successeur au trône, avant une mort qu’elle sent prochaine.

Britten Gloriana Act III scene III conclusionCliquez sur Elizabeth (I)

(Source principale : le DVD de la production du Royal Opera House de 2013, paru chez Opus Arte)

Retrouvez ici une autre participation à l’Agenda Ironique.

* le masque élisabéthain est une forme de spectacle mêlant musique, chant et danse, auquel participaient les membres de la cour.

Bande dessinée, Compositrices, littérature, Mythologie, Théâtre

ALCESTE (et ADMÈTE)

Avant que d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines de confiture dans Le Petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY, Alceste était une tragédie d‘EURIPIDE. Sa trame a inspiré beaucoup d’opéras, dont bon nombre se sont dissipés dans les méandres du temps et de l’oubli.

Le pitch : La tragédie d’Euripide peut être résumée ainsi – Admète, roi de Thessalie, est en train de livrer son dernier combat, celui contre la mort. Apollon, qui avait trouvé refuge chez lui après avoir été chassé de l’Olympe pour avoir tué les Cyclopes, a obtenu des trois Parques qu’à l’heure de sa mort, Admète puisse rester en vie si une personne se dévoue pour mourir à sa place. Sa femme Alceste se sacrifie pour lui et meurt. Hercule, l’ami d’Admète parvient à arracher Alceste à la mort et à la rendre à son époux (d’après CALZABIGI, le librettiste de GLUCK pour la version italienne).

Parmi les adaptations à l’opéra de ce mythe figure l’Antigona delusa da Alceste, de AURELIS, dont HAENDEL se servira pour son Admeto re di Tessaglia (1727).

Haendel Admeto, Re di TessagliaCliquez sur l’image

Dans les versions encore jouées de nos jours figurent l’Alceste de LULLY (1673), et celles de Gluck (version italienne en 1767 et version française en 1776).

Lully Alceste Alceste vous pleurezCliquez sur l’image

Par rapport à la version italienne, relativement fidèle à Euripide, la version française a été très resserrée sur les drames intérieurs d’Alceste et de son mari Admète, ce qui n’a pas contribué au succès de cette œuvre. Peu de temps après, on a rajouté le personnage d’Hercule (présent chez Euripide) pour pimenter un peu l’action et la rendre plus agréable au public, mais c’est GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ), qui a fait ces rajouts ultérieurs dans la partition de Gluck.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur Alceste

Au XXe siècle, on peut encore noter l’Alceste (Alkestis) (1922) de BOUGHTON et celui de WELLESZ (1924) sur un livret de Hugo von HOFFMANNSTAHL.

Boughton Alceste (Alkestis)Cliquez sur Rutland Boughton

En 1960 encore, la compositrice Vivian FINE écrira l’œuvre pour orchestre en quatre mouvements Alcestis.

Fine AlcestisCliquez sur l’image

Un très grand merci à l’ami Totor Berlioz qui m’a donné l’idée de ce billet (il a consacré de très belles pages à l’Alceste de Gluck dans son ouvrage À travers chant).

Bande dessinée, Compositrices, Le MET s'invite chez vous, littérature, Oulipo

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – semaine du 4 au 10 mai

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 4 au 10 mai 2020.

Au sommaire quelques classiques, de Don Giovanni de MOZART à La Bohème de PUCCINI, mais aussi un opéra contemporain avec L’Amour de loin, de la compositrice finlandaise Kaija SAARIAHO sur un livret d’Amin MAALOUF, et une rareté : Hamlet d’Ambroise THOMAS.

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 4 Mai Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Les Noces de Figaro Sull aria

Mardi 5 Mai Thomas Hamlet

HAMLET 1600x685.jpg

Mercredi 6 mai Kaija Saariaho L’Amour de Loin.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Jeudi 7 mai STRAUSS Capriccio

Strauss Cappriccio METCliquez sur l’image

Vendredi 8 mai Puccini La Bohème

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur l’image

Samedi 9 mai un documentaire sur l’histoire du MET.

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Dimanche 10 mai deux opéras véristes MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Leoncavallo Pagliacci METCliquez sur l’image

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans mentionner la passionnante étude de Georges PEREC consacrée à Marcel GOTLIB, parue dans Cantatrix Sopranica sous le titre  « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Bande dessinée, Cinéma, Grandes maisons d'Opéra, Le MET s'invite chez vous, Oulipo

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS, SEMAINE DU 27 AVRIL AU 3 MAI

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 27 avril au 3 mai 2020.

On y trouve la trilogie des STUART, de DONIZETTI, mais aussi VERDI et surtout le Prince Igor de BORODINE !

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 27 avril Donizetti Anna Bolena

Donizetti Anna Bolena METTuesday, April 28 Donizetti Maria Stuarda

Donizetti Maria Stuarda MET

Mercredi 29 avril Donizetti Roberto Devereux

Donizetti Roberto Devereux MET

Jeudi 30 avril Nico Muhly Marnie
Cette œuvre est une adaptation à l’opéra du roman qui avait déjà été adapté au cinéma par HITCHCOCK sous le titre français Pas de Printemps pour Marnie. Elle a été créée à Londres en 2017, et il s’agit ici de la reprise de 2018.

Muhly Marnie I see Forio

Vendredi 1er mai Le choix des regardeurs : Verdi Aïda

Verdi Aïda Price Cossoto MET

Samedi 2 mai Verdi Luisa Miller

Verdi Luisa Miller MET

Dimanche 3 mai Borodine Le Prince Igor

Borodine Prince Igor MET

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans rappeler qu’une partie des études recensées par PEREC dans la bibliographie de son étude sur l’influence tomatotopique sur le hurlement des sopranos a été faite dans cette maison d’Opéra :

Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

Bande dessinée, Grandes maisons d'Opéra, histoire, Histoire de l'opéra

LA MONNAIE / DE MUNT DE BRUXELLES S’INVITE CHEZ VOUS

Comme Paris, Londres, Vienne, Berlin ou New York, Le Théâtre Royal de la Monnaie / De Munt de Bruxelles nous offre, pendant la période de confinement liée au coronavirus, une riche sélection de ses spectacles, disponibles sur son site internet.

https://www.lamonnaie.be/fr/sections/388-mm-channel

Sont ainsi disponibles, jusqu’au 19 avril :

  • Aïda de Verdi

Verdi Aïda De Munt Celeste AÏdaCliquez sur l’image

  • Lucio SILLA de MOZART
  • La Gioconda de PONCHIELLI
  • Frankenstein de Mark GREY, création d’après le roman gothique de Mary SHELLEY.

Grey Frankenstein De MuntCliquez sur l’image

Rimsky le tsar Saltan De MuntCliquez sur l’image

  • Macbeth underworld de Pascal DUSAPIN (création)

Dusapin Macbeth underworldCliquez sur l’image

+ + +

« Maison fédérale d’Opéra au sein de la capitale de l’Europe », la tradition d’opéra de Bruxelles remonte à 1700, quand on y a représenté Atys de Lully.

En 1818, on construit une nouvelle salle, qui est inaugurée avec une représentation de La Caravane du Caire, de GRÉTRY.

En 1830, lors d’une représentation de la Muette de Portici de D.F.E. AUBER, l’air « Amour sacré de la patrie » fit se lever la foule qui sortit dans la rue, donnant le la à la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

Auber la Muette de Portici amour sacréCliquez sur l’image

Le bâtiment actuel date de 1855, après l’incendie qui avait détruit le précédent.

En 1921, un jeune baryton, Edgar P. JACOBS, entre comme choriste à la Monnaie / De Munt. Il se fera plus un nom dans la Bande dessinée en tant que créateur de Blake et Mortimer.

 

Bande dessinée, Divers, Fantaisie, Mythologie

LA BOUGIE DU SAPEUR

Aujourd’hui 29 février 2020 est paru le nouveau numéro de la Bougie du Sapeur, seul périodique à paraître tous les quatre ans, à chaque 29 février. Comme je n’avais pas fini les mots croisés du numéro d’il y a quatre ans, je vais donc pouvoir avoir enfin la solution d’yceux.

Le titre de cette revue tétraïennale a été choisi en hommage au Sapeur Camember, héros d’un ancêtre de la bande dessinée créé par le dessinateur CHRISTOPHE.

Pour rendre hommage à cette louable initiative, je vous propose un billet autour du feu, les sapeurs-pompiers ayant pour rôle, notamment, d’éteindre le feu. (Oui, je sais, Camembert était un sapeur soldat, pas un sapeur-pompier, mais je n’ai pas trouvé suffisamment de matière pour écrire un billet sur l’opéra à partir des sapeurs soldats.)

En 1807, SPONTINI met en scène une vestale (i.e. une gardienne du feu sacré) dans son opéra judicieusement intitulé la Vestale.

Spontini la Vestale Hymne du soirCliquez sur la Vestale

À la fin de Guillaume Tell (1829) de ROSSINI, la femme de Guillaume met le feu à sa maison, pour donner le signe de la révolte contre l’occupant autrichien.

Rossini Guillaume Tell final acte IVCliquez sur l’image

Plus cruelle est l’évocation du feu dans Le Trouvère (Il Trovatore) (1853) de VERDI, puisqu’on y trouve une gitane condamnée au bûcher, et la fille de celle-ci qui pour se venger veut jeter le fils don son bourreau au feu, et dans un moment de folie, y jette son propre fils. (Air : « Condotta ell’era in ceppi ».)

Verdi il trovatore Condotta ell'era in ceppiCliquez sur l’image

Le feu a beaucoup d’importance dans la tétralogie de WAGNER. Dans l’Or du Rhin (Rheingold), Loge le dieu du feu aide Wotan à s’emparer de l’or du Rhin pour bâtir son Walhalla. À la fin de la Walkyrie (Die Walküre), Wotan endort sa fille Brünnhilde sur un rocher, protégée par un cercle de feu que seul un héros qui ne connaît pas la peur pourra franchir.

Wagner die Walküre final

À la fin de Siegfried, le héros franchit ce cercle de feu et réveille la Walkyrie endormie. Enfin, à la fin du Crépuscule des dieux (Götterdammerung), Brünnhilde dresse un bûcher pour y mettre le corps de son Siegfried défunt. En allumant ce bûcher, c’est tout le Walhalla qui s’embrase, mettant ainsi fin au règne des dieux sur terre, laissant la place aux hommes.

Jeanne d’Arc, on le sait, est morte sur le bûcher à Rouen en 1431. Son destin a été porté à l’opéra par VERDI et par TCHAÏKOVSKI. Dans l’opéra de Verdi, Giovanna d’Arco, elle échappe à cette fin, alors que dans celui de Tchaïkovski, la Pucelle d’Orléans, elle meurt brûlée.

Tchaïkovsky Jeanne d'Arc (La Pucelle d'Orléans) Adieu forêtsCliquez sur Jeanne d’Arc

Dans l’Enfant et les Sortilèges de RAVEL, le feu fait partie des objets qui se révoltent contre la méchanceté de l’enfant. (Air : « Je réchauffe les bons, je brûle les méchants ».)

Ravel l'enfant et les sortilèges le feu

 

 

Bande dessinée, Compositeurs, Maria Callas

Charles GOUNOD (1818 – 1893)

Charles GOUNOD, l’auteur d’une des adaptations les plus populaires du mythe de Faust, est né le 17 juin 1818 dans une famille d’artistes. Son père était aquafortiste et sa mère pianiste.

En 1839, il remporte le grand prix de Rome, et son séjour à la villa Médicis est l’occasion pour lui de découvrir la musique polyphonique italienne, notamment celle de PALESTRINA.

Profondément croyant, il entre au séminaire, mais ne va pas jusqu’à la prêtrise. En 1853, il écrit une pièce pour violon d’après un prélude de BACH. Cette pièce deviendra plus tard son célèbre Ave Maria.

Gounod Ave Maria Norman

En 1851, il compose son premier opéra, Sapho. En 1854, ce sera La Nonne Sanglante, d’après le roman gothique anglais de C.S.LEWIS.

En 1855, il écrit la très belle Messe de Sainte Cécile.

Gounod Messe de Sainte Cécile SanctusCliquez sur l’image

En 1858, il écrit Le Médecin malgré lui, d’après MOLIÈRE.

Gounod Le médecin malgré lui 2

En 1859, c’est la création de son Faust, qui deviendra, et pour longtemps, l’opéra le plus joué au monde, avec notamment le fameux Air des bijoux, popularisé par HERGÉ avec le personnage de La Castafiore.

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur la Callas

En 1863, après une rencontre avec le poète Frédéric MISTRAL, il compose Mireille, d’après le poème de Mistral.

En 1867, il compose son autre énorme succès, Roméo et Juliette. Après cet opéra, sa verve lyrique se tarit, et il ne se consacre plus qu’à la composition d’œuvres sacrées.

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur Roméo

Gounod meurt le 18 octobre 1893 à Saint-Cloud.

Retrouvez un autre aspect de Gounod dans le billet suivant: Gounod mystique.

Écrivains, Bande dessinée, Cinéma, littérature

Gustave FLAUBERT (1821 – 1880)

Gustave FLAUBERT est un écrivain né à Rouen en 1821 et mort en 1880. Son style est reconnaissable par le souci qu’il avait de trouver le mot le plus juste, et par-dessus tout, le rythme de la phrase.

Si vous avez lu Madame BOVARY (1856) de l’ami Tatave, vous vous souvenez peut-être de ce chapitre où Emma va écouter Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI, à l’Opéra de Rouen.

donizetti Lucia air de la folieCliquez sur Lucia

Il faudra attendre presque un siècle pour que ce roman soit adapté à l’opéra. En 1933, Darius MILHAUD écrit deux chansons sur ce thème, puis en 1951, c’est un autre Rouennais, Emmanuel BONDEVILLE, qui l’adapte dans un opéra-comique.

Bondeville Emma BovaryCliquez sur la partition

Salammbô (1857 – 1862) semble avoir une forme faite pour l’opéra. C’est à VERDI que Flaubert pense dès la fin de 1862 pour mettre son roman en musique, mais ce projet ne se réalisera pas. En 1863 – 1864, MOUSSORGSKI travaille au Lybien, un projet d’opéra d’après Salammbô. Finalement, c’est le post-wagnérien REYER (1823 – 1909) qui compose en 1890 un opéra inspiré de ce roman, opéra qui connaîtra un beau succès à son époque.

Reyer SalammbôCliquez sur Salammbô

Encore en 1998, le compositeur FÉNELON crée son Salammbô. Parmi les projets non aboutis de mise en musique de ce roman, on peut encore citer ceux de DEBUSSY ou de RACHMANINOFF, et celui de CAPLET en 1902.

Le conte Hérodias, tirés des trois contes (1877) servira à MASSENET pour son opéra Hérodiade (1881). C’est ce même sujet biblique qui inspirera MALLARMÉ pour son Hérodias, qui deviendra Salomé sous la plume de Richard STRAUSS.

Massenet HérodiadeCliquez sur l’image

De Flaubert, on connaît le Dictionnaire des idées reçues (publié à titre posthume en 1913). Si on le feuillette, on trouve :

à l’entrée Opéra : « Paradis de Mahomet sur la terre. »

à l’entrée WAGNER : « Ricaner quand on entend son nom, faire des plaisanteries sur la musique de l’avenir. »

Enfin, comme j’ai aussi une casquette Bande Dessinée (et une casquette space opera), je m’en voudrai de ne pas citer l’adaptation de Salammbô par Philippe DRUILLET en 1980.

druillet

Pour boucler la boucle, et puisque j’ai commencé ce billet avec l’air de la folie de Lucia di Lammermoor, je vais le terminer avec ce même air en version space opera, puisque Luc BESSON, dans son film le 5e élément fait chanter cet air par une diva galactique, Plavalaguna, qui chante l’air de la folie, de Lucia de Lammermoor, de DONIZETTI.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur Plavalaguna

(P.S. promis, vous aurez un jour un billet sur le space opera.)

(P.P.S. j’avais presque terminé ce billet quand j’ai découvert le lien suivant, qui m’a permis de l’enrichir. Je vous le livre donc, si vous voulez en savoir plus sur Flaubert et sa mise en musique :

https://journals.openedition.org/flaubert/3546 )

Bande dessinée, Mes opéras préférés

Le FREISCHÜTZ, de WEBER (1821)

30 ans après la Flûte enchantée, 15 ans après Fidélio, le Freischütz de WEBER est considéré comme le premier opéra romantique allemand. Il a été créé à Berlin en 1821, et repris à Dresde en 1822. Cette reprise à vivement impressionné le jeune WAGNER, alors âgé de neuf ans, et a été déterminante dans sa vocation pour le théâtre lyrique.

 Ouverture :

Weber Freischütz ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Lors d’une fête campagnarde, le villageois Kilian remporte le concours de tir, au détriment du chasseur Max, qui a raté toutes ses cibles. Les villageois et Kilian se moquent de Max qui, furieux, saute sur Kilian. Cunod, le garde forestier du prince, demande ce qui se passe. On lui explique que Max a raté tous ses tirs. Caspar souffle à Max qu’il doit être victime d’un sort. Cunod conseille à Max de se reprendre, car s’il rate le concours du lendemain, il ne pourra prétendre à la main de sa fille Agathe, le prix du concours.

Max resté seul chante son incompréhension sur sa maladresse au tir. Caspar revient, commande du vin, et loue les trois choses qui importent à un homme : le vin, le jeu, les femmes.

Weber Freischutz Hier im ird'schenCliquez sur l’image

Il commence à insinuer qu’il y a des choses cachées, telles que des balles enchantées qui ne ratent jamais la cible, et que justement ce soir on peut en obtenir. Il lui donne une de ces balles magiques, Max tire et tue un aigle. Caspar lui donne rendez-vous à minuit aux Gorges du Loup.

Acte II : Dans la maison du Garde forestier, sa fille Agathe et Ännchen discutent dans un délicieux duo (dont Wagner saura se souvenir dans Le Vaisseau fantôme.) Alors qu’Ännchen ne pense qu’à rire, Agathe s’inquiète pour Max.

Weber Freischutz Acte II duo Schelm, halt festCliquez sur le fusil

Une fois Ännchen sortie, Agathe chante son espoir dans la nuit (Air : « Wie nahte mir der Schlummer ».)

Weber Freischutz Acte II Agathe Wie nahte mirCliquez sur l’image

Max arrive, avec à son chapeau une plume de l’aigle qu’il a abattu, signe qu’il a retrouvé son adresse au tir. Il annonce qu’il a rendez-vous aux Gorges du Loup le soir même. Agathe, effrayée, essaye de le retenir, mais Max doit repartir.

La scène des Gorges du Loup, le point culminant de l’œuvre est proche dans l’esprit de l’opéra gothique. Aux Gorges du Loup, dans un décor inquiétant, peuplé d’oiseaux de nuit, deux orages approchent. Alors que sonnent les douze coups de minuit, Samiel arrive, et rappelle à Caspar que c’est ce soir qu’il va prendre possession de son âme. Caspar négocie : s’il apporte de nouvelles âmes à Samiel, il compte bien rester encore en vie. Samiel rappelle que sur sept balles fondues, les six premières sont bonnes, mais la septième reste sa propriété, et c’est lui qui en choisit la cible. Caspar lui demande de réserver cette balle à la fille de Cunod, mais Samiel lui dit qu’il n’a pas encore de droit sur sa vie. Plus tard, Max arrive. Il croit voir le fantôme de sa mère qui le dissuade d’approcher, mais Samiel remplace cette vision par celle d’Agathe se jetant du haut du rocher. Max se précipite pour la retenir. La scène des Gorges du Loup peut alors commencer. Caspar invoque Samiel. Au fur et à mesure que les balles sont fondues, le sabbat se déchaîne : oiseaux de nuit, sanglier noir, tempêtes, apparition de chevaux de feu, ronde de fantômes de chasseurs, et enfin à la septième, Samiel apparaît. Max se signe et tombe à terre.

Weber Freischutz Acte II Gorges du loupCliquez sur l’image

Acte III : Le lendemain matin, un chasseur et un garde-forestier discutent de la nuit écoulée. Le diable serait apparu aux Gorges du Loup. Arrivent Max puis Caspar. Sur les sept balles qui ont été fondues, cinq ont déjà été utilisées, il en reste donc une à chacun. Le Prince Ottokar veut voir Max, qui se retire. Caspar se dépêche de tirer sa dernière balle sur un renard, pour que Max soit obligé de se servir de la septième, celle du diable, lors du concours.

Agathe, en robe de mariée, chante sa confiance en Dieu qui la protège (cavatine d’Agathe « Und ob die Wolke »).

Weber Der Freischütz Und Ob die wolkeCliquez sur l’image

Ännchen entre, et Agathe lui raconte le rêve qu’elle a fait pendant la nuit. Elle avait pris la forme d’une blanche colombe quand Max lui a tiré dessus, puis comme elle reprenait sa forme humaine, un grand oiseau noir se vautrait dans le sang de Max. Ännchen cherche à la rassurer en lui chantant une anecdote arrivée à sa cousine.

Weber Freischutz Acte III Air d'Annchen Einst traumte meiner seligen BaseCliquez sur l’image

Les demoiselles d’honneur arrivent en chantant une chanson traditionnelle à la mariée. Ännchen tend une boîte à Agathe, mais quand celle-ci l’ouvre, au lieu de la couronne de mariée, c’est une couronne mortuaire qui s’y trouve. Agathe donne alors aux demoiselles d’honneur le bouquet de roses blanches que lui avait donné l’ermite, pour qu’elles lui tressent avec une couronne de mariée.

Sur le lieu du concours, tout le monde est présent, Ottokar avec son sceptre, Cunod, les chasseurs, les villageois (Chœur : Was gleicht wohl auf Erden.)

Weber Freischutz Acte III Choeur des chasseurs was gleich wohl auf ErdenCliquez sur la forêt

Ottokar dit à Cunod que son futur gendre lui plaît. Montrant une colombe blanche sur une branche, il ordonne à Max de tirer. Au moment du tir, Agathe apparaît sous la branche où est posée la colombe. Max tire, Agathe s’effondre, ainsi que Caspar qui tombe de l’arbre où il s’était caché. Tout le monde se précipite vers Agathe, qui reprend connaissance. C’est Caspar qui a été touché par la septième balle, et Samiel vient récupérer son bien, l’âme de Caspar. Ottokar demande des explications à Max, qui avoue la vérité sur les balles utilisées. Le prince veut le bannir à tout jamais, mais l’ermite intervient en la faveur de Max, et propose un bannissement d’un an. Si au bout d’un an Max est toujours comme il était avant cette aventure, il pourra revenir et avoir la main d’Agathe. Le prince accepte le jugement de l’ermite, et tout le monde se réjouit en louant le seigneur.