Animation 1, Cinéma, Mes opéras préférés

GUILLAUME TELL, de ROSSINI (1829)

Dernier opéra de ROSSINI, écrit d’après la pièce de SCHILLER et créé à l’Opéra de Paris en 1829. La longueur de cette œuvre (presque 4 heures) en a empêché un succès pareil à ceux auxquels Rossini était accoutumé. Son Ouverture est un des morceaux les plus utilisés au cinéma, de Walt DISNEY à Stanley KUBRICK.

Rossini Guillaume Tell Ouverture par DisneyPlease, click on the Overture from Willima Tell

Le pitch : Arnold, le fils du pasteur, aime Mathilde, la fille du bailli Gessner, l’occupant autrichien. Un soldat de Gessner ayant été tué par un pâtre, le bailli veut se venger. Il demande aux villageois de se prosterner devant son chapeau, ce que Guillaume Tell refuse de faire. Dès lors, Gessler voudra faire mourir Guillaume qui prend la fuite avec Arnold.

Ouverture : La célèbre ouverture de Guillaume Tell est composée de quatre parties évoquant une scène bucolique suivie d’un orage, le ranz des vaches et enfin la bataille contre l’occupant autrichien.

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Regardant un pêcheur qui songe à sa belle, Guillaume Tell pense à sa patrie, occupée par l’Autriche, ce qui inquiète sa femme Hedwige et son fils Jemmy. Le chœur des paysans annonce la fin du jour.

Rossini Guillaume Quel jour serein le ciel présageCliquez sur l’image

Le vieux Melchtal descend de la montagne, avec son fils Arnold. Hedwige, la femme de Guillaume, lui demande de célébrer trois mariages à l’occasion de la fête des pasteurs. Guillaume offre l’hospitalité à Melchtal et Arnold. Melchtal demande à Arnold quand il va se décider à se marier. Resté seul, Arnold chante son amour pour Mathilde, la fille du bailli Gessner, c’est-à-dire de l’ennemi. Guillaume demande à Arnold ce qui l’agite. S’en suit un duo entre Guillaume et Arnold où ce dernier est déchiré entre son amour pour Mathilde et son amour pour sa patrie.

Rossini Guillaume Tell Où vas-tu, quel transport t'agiteCliquez sur Arnold et Guillaume

Arrivent Melchtal, Hedwige et le chœur venu chercher les trois fiancées. Pendant que Melchtal bénit les trois couples, on entend Gessler arriver. Arnold s’enfuit, suivi de Guillaume. Le chœur se réjouit et honore Jemmy, le fils de Guillaume, qui a remporté le prix de tir à l’arc. Mais un pâtre arrive, qui explique que pour défendre sa fille de la soldatesque gesslerienne, il a tué un soldat et qu’il est poursuivi. Il veut traverser le lac pour trouver refuge de l’autre côté. Le pécheur refuse. Guillaume revient, sans Arnold. Le pâtre quémande son secours et Guillaume lui fait traverser le lac. Les soldats de Gessler arrivent, conduits par le capitaine de la garde, Rodolphe. Celui-ci demande qui a aidé le pâtre, mais le peuple refuse de répondre. Melchtal déclare que cette terre ne connaît pas de délateur. Rodolphe ordonne qu’on l’arrête.

Acte II : Dans la montagne, à un chœur de chasseurs répond un chœur de pâtres. Mathilde, qui s’est isolée du groupe, sent qu’Arnold n’est pas loin. Dans le fond de son cœur, c’est lui qu’elle aime (Air : Sombre forêt…).

Rossini Guillaume Tell Sombre forêtCliquez sur Mathilde

Arnold paraît, et lui avoue son amour, auquel elle répond (Duo : Oui vous l’arrachez à mon âme).

Rossini Guillaume Tell Oui, vous l'arrachez à mon âmeCliquez sur Arnold

Mais on vient, il faut se séparer. C’est Guillaume accompagné d’un de ses compagnons, Walter. Guillaume et Wlater rappellent à Arnold que Mathilde est leur ennemie, et lui apprennent que Gessler a fait mourir son père (Trio : « Quand l’Helvétie est un champ de supplices ».)

Rossini guillaume Tell trioCliquez sur le trio

Il l’appelle à prendre la tête de la révolte contre le bailli. Les délégués des trois cantons arrivent. Arnold fédère leur révolte.

Acte III : Alors que Mathilde attend un doux adieu d’Arnold, celui-ci révèle qu’il doit venger son père. Elle lui dit de fuir.

Rossini Guillaume Pour notre amour plus d'espéranceCliquez sur l’image

Sur la place du village, on dresse une estrade. Gessler paraît et ordonne que l’on se prosterne en passant devant son chapeau accroché à un poteau. Sous la contrainte des soldats, tout le monde se prosterne devant le chapeau. Guillaume arrive avec Jemmy. Rodolphe lui ordonne de s’incliner. Guillaume refuse. Gessler le fait arrêter. Guillaume demande à Jemmy d’aller prévenir sa mère afin qu’elle lance le signal de la révolte, un feu allumé, mais Gessler ordonne que l’on place une pomme sur la tête de Jemmy, et demande à Guillaume de l’atteindre d’une flèche. Guillaume résiste, puis cachant une flèche sous son habit, il tire et atteint la pomme, ne cachant pas que s’il avait raté, la deuxième flèche aurait été pour Gessler. Celui-ci demande qu’on arrête Guillaume et son fils. Mathilde les prend sous sa protection, mais déjà Gessler a une autre idée pour faire disparaître Guillaume et l’entraîne sur le lac pour le mener en prison.

Acte IV : Arnold pleure la perte de son père quand les confédérés arrivent, cherchant des armes pour secourir Guillaume. Arnold leur dit où trouver les armes que son père et Guillaume avaient cachées en vue de la révolte. De son côté, Edwige décide de tuer Gessler. Mathilde se présente et lui rend Jemmy (Trio : « Je rends à votre amour ».)

Rossini Guillaume Tell Je rends à votre amourCliquez sur le trio

Malgré la tempête, Guillaume réussit à regagner le rivage. Il demande à sa femme pourquoi sa maison brûle. Elle répond qu’elle y a mis le feu pour donner le signal de la révolte. Poursuivi par les soldats, Guillaume tue Gessler.

Arnold arrive après avoir libéré le château de l’occupant autrichien. Il peut retrouver Mathilde !

Rossini Guillaume Tell FinalCliquez sur Arnold, Guillaume et Mathilde

Cinéma, littérature, Théâtre

Patrice CHÉREAU ET L’OPÉRA

Alors que le film Les Amandiers de Valeria BRUNI-TEDESCHI vient d’être présenté à Cannes, film où il est question de la promotion d’acteurs sous la direction de Patrice CHÉREAU, il m’a semblé intéressant de raconter quel grand metteur en scène d’opéras Chéreau a été.

Patrice CHÉREAU (1944 – 2013) était un homme de scène complet. Acteur, metteur en scène de théâtre et d’opéra, scénariste et réalisateur de films.

Son goût pour le théâtre s’est manifesté très tôt puisqu’il date de ses années de lycéens où, jouant dans la troupe du lycée, il se met très vite à la mise en scène et à la direction d’acteurs.

Il prend la direction du théâtre de Sartrouville en 1996, à seulement 22 ans. C’est à Sartrouville qu’il rencontrera le décorateur Richard PEDUZZI, avec qui il signera quelques-uns de ses plus beaux spectacles.

En 1969, il part au piccolo théâtre de Mila, où il a l’occasion de travailler avec Giorgio STRELER, en qui il reconnaîtra un maître.

De 1971 à 1977, il dirige le TNP de Villeurbanne avec Roger PLANCHON.

De 1982 à 1990, il dirige le théâtre des Amandiers à Nanterre.

Il réalise son premier film, la Chair de l’orchidée d’après J.H.CHASE, en 1974. Suivront d’autres films comme la Reine Margot (1994) ou Ceux qui m’aiment prendront le train (1998).

Son travail de metteur en scène d’opéra commence dès 1969 avec l’Italienne à Alger de ROSSINI, suivi quelques années plus tard par les Contes d’Hoffmann. Mais son grand « truc », celui qui le fera connaître dans le monde entier, c’est le Ring de WAGNER, monté à Bayreuth en 1976, pour le centième anniversaire du festival voulu par Wagner pour la représentation de ses œuvres. C’est Pierre BOULEZ qui l’a appelé pour cette production, où Chéreau transpose l’action dans l’Allemagne industrielle du début du XIXe siècle. Cette production a causé un immense scandale dans le milieu plutôt conservateur qui fréquentait le festival. Au lever de rideau du dernier acte du Crépuscule des dieux, le public s’est mis à siffler et à hurler, couvrant complètement l’orchestre ! Boulez ne s’est pas démonté, et a continué à diriger, et au bout de quelques minutes, on a pu entendre la musique qui s’élevait de la fosse d’orchestre. (Il m’en souvient parfaitement, j’assistais en direct à ce brouhaha qui était retransmis dans le monde entier, et sur France Musique pour la France.) En raison des coûts importants, les productions sont souvent jouées plusieurs années de suite. C’était le cas pour le Ring, qui a été monté de 1976 à 1980. Cinq ans plus tard, le public s’était habitué à cette mise en scène, certes non conventionnelle, mais très respectueuse du texte, et en 1980, pour la dernière représentation, l’équipe artistique a eu droit à 101 levers de rideau et 85 minutes de rappel !

image Patrice ChéreauCliquez sur Chéreau racontant son expérience à Bayreuth

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur le prélude de l’Or du Rhin

En 1979, l’Opéra de Paris confie à Boulez la direction de la version intégrale de Lulu de BERG. (Lulu est une œuvre laissée inachevée à sa mort par son auteur, et c’est un autre compositeur, Friedrich SERRA, qui a terminé le 3e acte.) Tout naturellement, c’est à Chéreau que Boulez pense pour cet événement.

Berg Lulu PrologueCliquez sur le prologue de Lulu

En 1992, il monte Wozzeck de Berg sous la direction de BARENBOÏM pour le théâtre du Châtelet à Paris, production qui sera reprise à Berlin et à Tokyo.

Berg Wozzeck le CapitaineCliquez sur Wozzeck et le capitaine

De MOZART, il monte Don Giovanni, toujours avec Barenboïm et un Cosi fan Tutte extraordinaire d’intelligence avec Daniel Harding à la direction pour le festival d’Aix-en-Provence.

Mozart Cosi fan Tutte E amore un ladroncelloCliquez sur Dorabella

En 2007, il travaille de nouveau avec Boulez pour de la Maison des morts de JANACEK à Vienne et Aix, et avec Barenboïm pour Tristan und Isolde de Wagner à la Scala de Milan.

Janacek De la maison des morts acte I arrivé de GorantchovCliquez sur les prisonniers

Wagner Tristan und Isolde (Chéreau)

Sa dernière mise en scène (last but not Liszt comme disent les musiciens) est celle d’Elektra de STRAUSS à Aix-en-Provence.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Elektra

Pour être un peu plus complet, Chéreau a également mis en scène l’opéra de jeunesse Lucio Silla, de Mozart, mais je n’en ai pas trouvé trace sur le net.

Artistes, Cinéma, Grandes voix

IN MEMORIAM TERESA BERGANZA

La grande soprano espagnole Teresa BERGANZA nous a quittés le 13 mai 2022 à Madrid.

Née à Madrid le 16 mars 1933, c’était une des plus grandes sopranos du XXe siècle.

Elle fait ses débuts dans le rôle de Dorabella de Cosi fan Tutte de MOZART au Festival d’Aix-en-Provence, dans la production légendaire de 1957.

Mozart Cosi fan Tutte Dorabelle (Berganza)Cliquez sur Dorabella Berganza

En 1958, la jeune femme a l’occasion de chanter Médée de CHERUBINI, aux côtés de Maria CALLAS, ce qui lancera sa carrière aux États-Unis.

Cherubini Medea Solo un pianto (Berganza)Cliquez sur Neris Berganza

Dans ses rôles de prédilection, à côté de l’inoubliable Carmen qu’elle interprétera, on la trouve aussi dans ROSSINI (La Cenerentola ou le Barbier de Séville).


Bizet Carmen Près des remparts de Séville (Berganza)Cliquez sur Carmen Berganza

Rossini Il Barbiere di Siviglia (Berganza)Cliquez sur Rosina Berganza

On peut également la voir interpréter la Zerline du Don Giovanni de Mozart dans le film de LOSEY.

Mozart Don Giovanni La ci darem la mano (Berganza)Cliquez sur Zerlina Berganza

Espagnole, elle ne cessera de défendre les musiques de son pays, comme dans ces chansons populaires espagnoles de DE FALLA.

De Falla Sept chansons populaires espagnoles (Berganza)Cliquez sur l’image

Cinéma, Woody Allen

TO ROME WITH LOVE, de Woody ALLEN (2012)

To Rome with Love (2012) est un film de la période européenne de Woody ALLEN. Après Match Point et Scoop (Angleterre), Vicky Cristina Barcelona (Espagne) et Minuit à Paris (France), Woody pose donc ses caméras en Italie.

Il y a quatre histoires qui se passent en parallèle dans ce film.

Allen To Rome with love (bande annonce)Cliquez sur la Bande annonce

Celle de Hayley et Michelangelo. Hayley est une jeune touriste américaine qui tombe amoureuse d’un beau romain. Ses parents dont Jerry, le personnage joué par Woody Allen, un impresario et metteur en scène d’opéras à la retraite, prennent l’avion pour rencontrer la famille de leur futur gendre. Il se trouve que le père de Michelangelo, un croque-mort, a un talent inné pour l’opéra, mais il ne chante que sous sa douche.

Celle de Antonio et Milly, deux provinciaux venus passer leur voyage de noces à Rome. Pendant que Sally se perd dans Rome et croise un de ses acteurs favoris, Jack est victime d’une méprise, une call-girl faisant irruption dans sa chambre d’hôtel pour satisfaire tous ses désirs. Sa famille les trouvant ensemble dans la chambre d’hôtel, il se résout à faire passer la call-girl pour sa femme légitime.

Celle de John, un architecte âgé revenu à Rome retrouver le quartier de sa jeunesse, et qui croise Alec un jeune romain qui lui servira de guide. Alec vit avec Sally, qui a invité chez elle Monica, une jeune femme un peu paumée qui draguera Jack.

Et enfin, celle de Pisanello, un employé au quotidien bien ordinaire, qui se retrouve sous les feux de l’actualité télévisée, et qui devient célèbre du jour au lendemain, sans comprendre ce qui lui arrive, dans une satire féroce de la télévision des années Berlusconi.

Jerry, donc, ce metteur en scène d’opéra qui se vante d’avoir monté Rigoletto de VERDI dans une production où les personnages étaient des souris blanches, a l’occasion d’entendre Giancarlo, le père de Michelangelo, chanter sous sa douche. Il réussit, non sans mal, à le convaincre de passer une audition, qui échoue lamentablement. Il invente alors une douche sur roulettes où le ténor peut s’exprimer avec ses dons innés pour l’opéra. Dès lors, le succès arrive pour celui qui s’ignorait ténor.

Avec une telle histoire, il ne faut pas s’étonner que la BOF soit riche en airs classiques.

Le personnage de Giancarlo est chanté par un vrai ténor, Fabio Armiliato, et il interprète « E lucevan le stelle » de Tosca de PUCCINI.

Puccini Tosca E lucevan le stelleCliquez sur Cavaradossi

« Nessun Dorma » de Turandot du même Puccini.

Puccini Turandot Nessun dormaCliquez sur Calaf

Il y a toute la scène où l’on voit une représentation de Paillasse de LEONCAVALLO.

Leoncavaloo Pagliacci Son qua, son quaCliquez sur l’image

Bien sûr, l’air « Vesti la giubba »

Leoncavaloo Pagliacci Vest la giubbaCliquez sur Paillasse

On peut aussi entendre « Amor ti Vieta », extrait de l’opéra vériste  Fedora de GIORDANO.

Giordano Fedora Amor ti vietaCliquez sur l’image

Et si voulez encore un peu de musique extraite de To Rome with Love, cliquez donc sur le bonus qui pourrait vous réserver une surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez encore un peu de musique

Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, Maria Callas, Woody Allen

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE ROME…

Voleva essere chiamata Roma…

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

L’opéra est né en Italie à l’aube du XVIIe siècle, avec l’Orfeo de MONTEVERDI (1607). Très vite, ce genre se répand dans toute l’Italie. À Rome on ouvre des théâtres dès les années 1620. On y donne des représentations où les chœurs prennent une grande importance, notamment à la fin des actes, et où les airs solistes permettent d’exprimer l’émotion des personnages. Parmi les compositeurs romains, citons LANDI (1586 – 1639) avec la morte d’Orfeo (1619) et Il San’ Alessio (1632) et ROSSI (1597 –1653). L’opéra romain disparaît vers les années 1660, supplanté par l’opéra vénitien.

Landi Il Sant'AlessioCliquez sur l’image

En 1642, Monteverdi écrit le Couronnement de Poppée (L’incoronazione di Poppea) dont l’action se passe dans la Rome antique de Néron et Poppée.

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque à l’heure de sa mort

Durant ses années de « formation », HAENDEL se rend en Italie, et c’est à Rome qu’il écrit, en 1707, son fameux Dixit Dominus.

Haendel Dixit DominusCliquez sur l’exubérant Dixit Dominus

Environ un siècle plus tard, c’est à Rome qu’a lieu en 1816 la création d’un des opéras les plus connus du répertoire, le Barbier de Séville (Il Barbiere di Siviglia) de ROSSINI.

rossini largo al factotumCliquez sur le factotum

Retour à la Rome antique en 1831 avec Norma de BELLINI, œuvre qui se déroule sur le conflit des Gaulois et des Romains, avec une histoire d’amour entre Norma, la prêtresse gauloise et Pollione, un soldat romain.

callas casta divaCliquez sur Norma Callas

En 1837, c’est encore à Rome que se déroule le Benvenuto Cellini de BERLIOZ, qui relate les relations difficiles entre le génial sculpteur Benvenuto Cellini et le pape, qui lui a commandé une statue. Une des pages les plus célèbres de cet opéra est le Carnaval romain.

Berlioz le Carnaval romainCliquez sur l’image

En 1845, WAGNER envoie son héros Tannhäuser faire pardonner ses péchés par la pape à Rome, avec d’autres pèlerins

Wagner Tannhäuser Chœur des pélerinsCliquez sur l’image

VERDI a écrit pour à peu près tous les opéras d’Italie (et d’Europe) et c’est Rome qu’il a créé le Trouvère (Il Trovatore) en1853.

Verdi Il trovatore Vedi le fosche notturneCliquez sur l’image

Même chose en 1859 pour Un ballo in maschera (Un Bal masqué).

L’action de Tosca (1899) de PUCCINI se passe à Rome pendant l’occupation napoléonienne. Cet opéra est doublement romain, puisqu’il a été créé à Rome en 1900. Le prélude du 3e acte nous permet d’écouter l’extraordinaire lever du soleil sur la ville éternelle, avec les sonneries des cloches des différentes églises.

Puccini Tosca prélude acte IIICliquez sur l’image

Le compositeur Ottorino RESPIGHI (1879 – 1936) a été inspiré par Rome dans ses œuvres symphoniques les Pins de Rome (Pini di Roma) ou les Fontaines de Rome (Fontane di Roma.)

Respighi Fontane di RomaCliquez sur l’image

Retour dans la Rome antique avec le Viol de Lucrèce (The Rape of Lucrecia) (1946) de BRITTEN. Dans cet opéra, les soldats de Tarquin en campagne doutent de la fidélité de leurs femmes restées à Rome. Seule Lucrèce serait restée chaste. Tarquin le dépravé viole Lucrèce à son retour à Rome. Accablée par la honte, Lucrèce se suicide.

Britten le Viol de LucrèceCliquez sur l’image

J’aurais aussi pu vous parler du « Prix de Rome », mais je crois que, vu les compositeurs ayant obtenu ce prix, et donc le droit de vivre à la villa Médicis pendant 3 ans, ce Prix de Rome mérite à lui seul un billet complet (à suivre donc…)

Woody ALLEN a situé un des films de sa période européenne à Rome. Dans To Rome with love, un des héros est un chanteur prodigieux, mais qui n’est capable de chanter que sous sa douche. Aussi, son impresario est obligé d’inventer un système de douche à roulettes sur la scène des opéras où le chanteur se produit, pour qu’il puisse exprimer tout son talent. On peut l’entendre dans l’air « Vesti la giubba » de Paillasse de LEONCAVALLO.

Allen To Rome with loveCliquez sur le ténor sous sa douche

Retrouvez une autre grande ville musicale avec Leipzig.

Cinéma, Compositeurs, Compositrices, Divers

QUELQUES COMPOSITEURS SUISSES

On connaît généralement peu de ce côté des Alpes les compositrices et compositeurs suisses. Pourtant, on gagne à écouter leurs musiques. Je vous en propose ici une petite sélection.

Caroline BOISSIER-BUTINI est née à Genève en 1786. D’abord pianiste, sa réputation dépasse vite les frontières de la Suisse. En 1818, elle se rend à Londres et à Paris et a l’occasion de se confronter aux meilleurs pianistes de sa génération. Son œuvre est essentiellement pianistique, mais elle a également écrit des concertos (pour piano) et des symphonies. Elle meurt près de Genève en 1836.

Boissier-Butini Sonate pour piano n° 2Cliquez sur la pianiste

Louis NIEDERMEYER est né en 1802 à Nyon. Après des études à vienne et à Rome, il compose son premier opéra pour Naples en 1820, à l’âge de 18 ans. Il s’installe à Paris en 1836, ville où il écrit encore trois opéras, avant d’écrire une Messe solennelle et de se tourner vers la musique sacrée. Il dirige ainsi l’école de musique religieuse de Paris, dont la mission était de séparer la musique religieuse et la musique profane, école plus connue aujourd’hui d’école Niedermeyer de Paris. Parmi les professeurs qui y ont enseigné figure SAINT-SAËNS, qui y a eu comme élèves FAURÉ et MESSAGER.

Niedermeyer le Lac (de Lamartine)Cliquez sur le Lac (de Lamartine)

Émile JAQUES-DALCROZE est né en 1865. Il suit ses études musicales au Conservatoire de Genève avant de les poursuivre à Paris, auprès de FAURÉ et DELIBES, et à Vienne auprès de BRUCKNER. Il est l’inventeur d’une méthode d’enseignement de la musique basée sur l’étude physique de la rythmique, méthode toujours en vigueur aujourd’hui et qui porte son nom. Il meurt à Genève en 1950.

Jaques-Dalcroze la VeilléeCliquez sur l’image

Ernest BLOCH est né à Genève en 1880. Il suit ses études à Genève, notamment avec Jaques-Dalcroze, puis à Bruxelles, Francfort et Paris. En 1904, il compose un opéra, Macbeth, d’après SHAKESPEARE. En 1913, il s’installe aux États-Unis où il enseigne la composition à Cleveland, avant de prendre la direction du Conservatoire de San Francisco. Son œuvre est nourrie d’inspirations juives, comme dans la suite hébraïque Schelomo. Il meurt à Portland en 1959.

Bloch SchelomoCliquez sur le célèbre violoncelliste.

Franck MARTIN naît à Genève en 1890. Il travaille la musique en cachette de ses parents et en 1926, il fonde la Société de musique de chambre de Genève. Il enseigne aussi à l’institut Jaques-Dalcroze et au Conservatoire de Genève. Parmi ses œuvres, on peut noter des pièces religieuses, mais aussi un opéra Der Sturm, d’après la Tempête de Shakespeare. Il meurt aux Pays-Bas en 1974.

Martin Messe pour double chœur a capellaCliquez sur l’image

Arthur HONEGGER, né en 1892 au Havre et mort à Paris en 1955 est le plus français des compositeurs suisses. Il étudie la musique à Zurich avant d’entrer au Conservatoire de Paris. Il fait partie du groupe des Six. Plus tard, il enseignera au Conservatoire de Paris où il aura comme élève notamment Olivier MESSIAEN. Il est l’auteur de musique symphonique, d’oratorios, d’opéras (l’Aiglon d’après ROSTAND), mais aussi de nombreuses musiques de film, dont le Napoléon d’Abel GANCE ou Regain de PAGNOL, et de l’opérette le Roi Pausole.

Honegger l'AiglonCliquez sur l’image

Willy BURCKARD est né dans le canton de Berne en 1900. Il poursuit ses études de musique à Leipzig, Munich et Paris, avant d’enseigner lui-même la composition et le piano à Berne. Il meurt en 1955 à Zurich.

Burckard Concertino pour violoncelleCliquez sur l’image

Heinrich SUTERMEISTER naît en 1910 et commence ses études de musique à Bâle. Plus tard, il travaillera à Paris et à Munich, où il rencontrera Carl ORFF. Sutermeister est surtout connu pour ses opéras, dont Raskolnikov d’après DOSTOÏEVSKI, Madame Bovary d’après FLAUBERT, ou encore Romeo und Julia d’après Shakespeare. Il meurt en 1995 à Sorges.

Sutermeister Romeo und JuliaCliquez sur l’image

Bernard REICHEL est né en 1901 à Neuchâtel. Après des études au Conservatoire de Bâle, il suit l’enseignement de Jaques-Dalcroze à Genève, puis passe un an à Paris. Il enseigne ensuite la musique au Conservatoire de Genève où il côtoie Franck Martin. Son œuvre comporte de la musique pour orgue (il était organiste), de la musique de chambre et de la musique religieuse. Il meurt en 1922 à Lutry.

Reichel MagnificatCliquez sur l’image

On pourrait encore citer dans cette liste Rolf LIEBERMANN (1910 – 1999) qui, outre ses fonctions de directeur de l’Opéra de Paris de 1973 -1980, a lui-même composé des opéras. C’est lui qui a convaincu Messiaen d’écrire son opéra Saint-François d’Assise.

(Un grand merci à Béatrice et Christiane, mes deux amies choristes [et suisses] de l’ensemble « Les Vocalistes européens », qui m’ont aidé à établir cette liste.)

(merci également à Sergio Belluz pour m’avoir suggéré quelques corrections ou ajouts https://www.sergiobelluz.com/ )

Agenda Ironique, Animation 1, Fables de la Fontaine, Maria Callas

LE LIÈVRE ET LA TORDUE

Ce mois-ci (mars 2022), l’Agenda Ironique est hébergé par Bridgetoun à l’adresse suivante :

https://brigetoun.blogspot.com/2022/03/agenda-ironique-pour-le-mois-de-mars.html

Comme il y a encore les frimas de mars et les giboulées d’avril, ou le contraire je me trompe toujours, avant le vrai printemps, même si la lumière commence à descendre le long de mon mur mitoyen, je pense que le mot frémissement s’impose – on peut y ajouter avec optimisme zéphyr, et frimas donc, et puis, parce que fantaisie m’en prend, velours, fendre, torrent, seuil et sarriette…

Nous disons donc pour mars le thème serait attente, avec utilisation des mots frémissement, zéphyr, frimas, velours, fendre, torrent, seuil et sarriette.

Après mon traditionnel grattage occiputal, il m’est venu fantaisie de vous offrir une (fausse) fable de La FONTAINE.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Gageons, dit la tordue, que vous n’atteindrez point si tôt que moi ce but.

Si tôt ? Êtes-vous sage ? repartit l’animal léger.

Ma commère, il vous faut purger avec quatre grains de sarriette.

Notre lièvre n’avait que quatre pas à faire.

Il avait du temps en reste pour écouter le frémissement du vent.

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre

Il laisse à la tordue son train de sénateur.

Elle part, s’évertue, se hâte avec lenteur.

Un loup survint à jeun qui cherchait aventure.

On lui fit comprendre qu’il s’était trompé de fable.

L’heure pour lui n’est pas venue de s’mettre à table

Prokofiev Pierre et le loup thème du loupCliquez sur le loup famélique

Le lièvre pendant ce temps se baignait dans un torrent,

Persuadé qu’il gagnerait comme sur du velours.

Auber Gustave III acte Iv quintetCliquez sur le bal masqué

À la fin quand il vit que l’autre touchait au seuil,

Gounod Faust Air des bijouxCliquez sur Marguerite

Il partit comme un trait, pour fendre les zéphirs,

Mais les élans qu’il fit furent vains;

La tordue arriva la première.

Eh bien, lui cria-t-elle, n’avais-je pas raison ?

Dans l’attente tu frimas, maintenant j’en suis sûre !

Puccini Madame Butterfly Un bel di vedremo (Stikhina)Cliquez sur l’image

Citations musicales :

Le frémissement : MOZART Idoménée aria « Tutte nel cor vi sento » (air « Je sens frémir en mon cœur ».)

Un loup : PROKOFIEV Pierre et le loup « thème du loup ».

Du velours : D.F.E. AUBER Gustave III, roi de Suède, « Quintette de l’acte IV, soit le bal masqué où les protagonistes ont le visage recouvert de loups de velours. (Bonus, si vous tendez l’oreille, vous pourrez m’entendre dans les chœurs.)

Au seuil : Dans le Faust de GOUNOD, Méphistophélès dépose un coffret rempli de bijoux sur le seuil de Marguerite. Le découvrant, Marguerite ne peut s’empêcher de chanter son fameux « air des bijoux », popularisé par Bianca Castafiore.

Dans l’attente : Dans Madame Butterfly (Madama Butterfly) de PUCCINI, l’héroïne, abandonnée par son mari américain, l’attend toujours sur la falaise, guettant une fumée sur la mer calmée, qui pourrait être celle du navire ramenant son mari à la maison.

P.S. Attention les enfants, si vous avez lu cet article, il ne s’agit pas d’une vraie fable de la Fontaine, mais d’un imitation grossière.

Et si je ne vous ai pas encore épuisé(e)s avec mes divagations, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous n’êtes pas encore épuisé(e)s par mes divagations.

Cinéma, Géographie, histoire, opéra russe, Politique

UKRAINE – RUSSIE, QUAND MOUSSORGSKI NOUS DONNE UNE LECON DE GÉOPOLITIQUE

La récente agression de l’Ukraine par l’armée russe nous a désemparés et sidérés. C’est pourtant un classique de l’histoire que ces annexions de pays voisins par l’ogre russe, que MOUSSORGSKI aborde par deux fois dans ses opéras, Boris Godounov et la Khovantchina.

Dans Boris Godounov, c’est à la frontière avec la Lituanie que se passe le tableau central, quand Grigori pourchassé par la police du tsar cherche à passer cette frontière pour échapper à la police. (Rappel Boris Godounov se passe vers 1600.)

Moussorgski Boris Godounov prologue scene 1Cliquez sur le peuple russe se lamentant sur son triste sort

Dans la Khovantchina, les troubles intérieurs à la Russie fomentés par la politique du tsar Pierre le Grand en 1682 ont des répercussions sur les peuples satellites, tatars ou ukrainiens. Ainsi au début du second acte, le prince Golitsine se glorifie-t-il d’avoir « abattus les Polonais pleins de morgue, et arrachés de la gueule des Ukrainiens avides les terres où l’histoire (de la Russie) est née ».

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur l’image

Pour savoir se qui s’est passé dans ces régions, je vous propose d’aller visiter le site de John Duff, l’éminent vexillologue. https://touslesdrapeaux.xyz/ukraine.html. Il nous rappelle que l’actuel drapeau bleu et jaune vient de l’Etmanat cosaque qui de 1649 à 1764 s’est battu contre ses puissants voisins, avant de n’être absorbé dans l’empire russe qu’en 1764. Mais avant cette période, il y avait un pouvoir très important à l’époque de la Pologne Lituanie, vaste région qui s’étendait sur les actuels pays baltes, la Pologne et l’Ukraine. Ce bloc coupait (déjà) l’accès aux principaux ports à la Russie, vaste bloc continental.

Dans ses Tableaux d’une exposition, un des plus beaux tableaux (mais ils sont tous beaux) est « la grande porte de Kiev ».

Moussorgski Tableaux d'une exposition la grande porte de KievCliquez sur la pianiste

La Symphonie n°2 de TCHAÏKOVSKI est aussi surnommée « Petite Russie » comme on appelait aussi l’Ukraine à cette époque. Elle porte ce surnom car Tchaïkovski y a incorporé plusieurs mélodies du folklore ukrainien.

Tchaïkovski Symphonie n°2 petite RussieCliquez sur l’orchestre

PROKOFIEV est né en Ukraine, et la célèbre marche de l’Amour des trois oranges a certainement des origines folkloriques ukrainiennes.

Prokofiev 3 oranges marcheCliquez sur l’image

En 1938, il signe la musique d’Alexandre Nevski, un film d’EISENSTEIN commandé par STALINE évoquant la force du peuple russe se défendant contre le danger nazi. L’histoire se passe à l’époque du prince Alexandre Nevski qui écrase la coalition des Teutons et des Livoniens, la Livonie correspondant peu ou prou à l’Ukraine de l’époque. Mais autant l’Histoire nous aide à comprendre ces efforts pour battre les nazis, autant la rhétorique du président démocratiquement élu de la Russie actuelle, justifiant l’intervention de son armée pour « dénazifier » l’Ukraine, est nauséabonde et révoltante.

Prokofiev Alexandre NevskiCliquez sur l’image

Et puis, puisque je suis en Ukraine aujourd’hui, ce sera l’occasion aussi de vous parler de Rheinhold GLIERE (1874-1956), important compositeur ukrainien pas très connu chez nous, malgré une production relativement intéressante.

Glière concerto pour harpe mvt 1Cliquez sur l’image

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Animation 1, Cinéma, Contes et légendes, Divers, Mythologie

BLANCHE NEIGE ET LES 7 NAINS

Je vous ai présenté dans mon article sur le blanc la Blanche neige de POULENC et APOLLINAIRE. Dès lors se pose la question : et si dans le conte Blanche Neige et les sept nains, les nains étaient des personnages en rapport avec l’opéra ?

Blanche Neige et les sept nains est le titre du premier long métrage d’animation de Walt DISNEY. Il est tiré d’un conte des frères GRIMM paru en 1812.Son héroïne, Blanche Neige, se retrouve chez les sept nains, qui décident de la protéger de sa méchante belle-mère (qui a cherché à la tuer). En échange, Blanche Neige s’occupe de la maison et des tâches ménagères.

Amusons-nous à trouver quel personnage d’opéra pourrait représenter chacun des sept nains : Atchoum, Prof, Simplet, Timide, Grincheux, Joyeux et Dormeur.

Atchoum : Dans le Malade imaginaire de MOLIÈRE et CHARPENTIER, Argan est un hypocondriaque, persuadé d’avoir toutes les maladies.

molière le malade imaginaireCliquez sur l’image

Prof : BORODINE était professeur de chimie, et cette activité l’a empêché de développer pleinement son activité musicale.

Borodine Dans les steppes de l'Asie centraleCliquez sur le prof de chimie

Simplet : Dans Parsifal, de WAGNER, le héros qui a grandi seul dans la forêt comme un innocent, sans éducation. Il ne comprend d’abord rien au drame mystique qu’il a l’occasion de voir chez les chevaliers du Graal, et la magicienne Kundry explique que son nom vient de « Fol si pur » (Par si fol).

Wagner Parsifal Amfortas, Die WundeCliquez sur Parsifal

Timide : Dans l’Élixir d’amour de DONIZETTI, le héros Nemorino ne sait comment déclarer son amour à Adina.

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima (Alagna)Cliquez sur Nemorino

Grincheux : Dans l’Enfant et les Sortilèges de RAVEL, l’enfant est grognon et n’a pas envie de faire ses devoirs. Il se rebelle quand sa mère le punit.

Ravel l'Enfant et les sortilèges j'ai pas envie de faire ma pageCliquez sur l’enfant grognon qu’a pas envie de faire sa page

Joyeux : Papageno de la Flûte enchantée de MOZART est un joyeux oiseleur.

Mozart Flûte PapagenoCliquez sur Papageno

Dormeur : Dans Atys de LULLY, le héros est endormi par la déesse Cybèle, qui se sert de cet artifice pour lui faire connaître son amour.

Lully Atys imageCliquez sur Atys endormi

Vous pouvez continuer le jeu et me soumettre vos suggestions de personnages d’opéra qui pourraient être l’un ou l’autre de sept nains.

Et si vous en avez envie, cliquez donc sur le bonus surprise.

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Cinéma, littérature

Thomas MANN (1865 – 1955)

Thomas MANN est né à Lübeck le 6 juin 1865 dans une famille (riche) de commerçants. Après avoir travaillé dans une compagnie d’assurances, il s’arrête vite pour devenir écrivain, ce qui lui réussira assez puisqu’il obtient le prix Nobel de littérature en 1929.

Thomas MANN étudie dans sa jeunesse GOETHE, SCHILLER, DOSTOÏEVSKI ou TCHEKHOV, tous écrivains qui ont inspiré des opéras.

La découverte de Lohengrin de WAGNER, et de son prélude « bleu-argenté », à Lübeck font de lui un wagnérien convaincu.

Wagner Lohengrin PréludeCliquez sur le prélude « bleu-argenté »

Après avoir découvert Tristan, il étudie également la musique et la pensée de Wagner. En 1933, il effectue une tournée de conférences en Europe sur le thème « Souffrance et Grandeur de Richard Wagner » pour contrer la récupération de sa musique par le parti nazi. Ceci lui vaudra de ne pas pouvoir rentrer en Allemagne à la fin de sa tournée.

La musique tient une place importante dans son œuvre. Ainsi dans le roman Les Buddenbrook, le déclin d’une famille (1901), le fils de la famille se trouve être pianiste, ce qui nous vaut des descriptions de ses improvisations au piano.

En 1912, il écrit La Mort à Venise, roman en partie autobiographique qui inspirera à BRITTEN son dernier opéra, et dont VISCONTI tirera un film culte, avec comme musique le sublime adagietto de la 5e symphonie de MAHLER.

Mahler 5e symphonie Adagietto

En 1924, après un séjour en sanatorium, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, La montagne Magique (Der Zauberberg). Lors de son séjour dans un sanatorium Hans Castorp, le héros, achète un gramophone et des disques. Son disque préféré sera « Der Lindenbaum » (« le Tilleul ») extrait du Winterreise (Voyage d’hiver) de SCHUBERT.

Schubert Winterreise Der Lindenbaum (Kaufmann)Cliquez sur la partition

La Montagne magique inspirera le japonais MIAZAKI pour son long métrage Le vent se lève produit par le studio Ghibli. Dans cet anime, un des personnages, un allemand antinazi, porte le nom de Castorp. (Cf à ce sujet l’excellent site consacré aux studios Ghibli: Buta-connection).

En 1938, dans son adaptation du mythe de Faust Doktor Faustus, son héros faustien est un compositeur nommé Leverkühn qui développe un système musical basé sur une égalité entre les douze sons. La ressemblance de Leverkühni avec Arnold SCHOENBERG entraînera une brouille entre Mann et Schoenberg.

Schoenberg la nuit transfiguréeCliquez sur l’image

Enfin en 1939, il écrit un livre moins connu (je suis tombé dessus par hasard chez un bouquiniste), Charlotte à Weimar, qui décrit une visite de la Charlotte de Goethe, devenue âgée, à Weimar. Elle y rencontre différents proches de Goethe. Cette visite rappellera alors à Goethe la Charlotte de sa jeunesse, qui aurait inspiré le personnage de Charlotte dans les Souffrances du jeune Werther, œuvre qui sera elle-même adaptée à l’opéra par MASSENET avec Werther.

Massenet Werther Pourquoi me réveiller AlagnaCliquez sur Charlotte et Werther

Thomas Mann meurt à Zurich le 12 août 1955.