Agenda Ironique, Cinéma

CALME BLOC ICI-BAS CHU D’UN DÉSASTRE OBSCUR

Ceci est ma contribution à l’agenda Ironique de septembre 2021, dont le thème nous a été proposé par Tout l’Opéra (ou presque) (c’est moi). Voici donc le thème, détaillé ici.

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

Une légende urbaine prétend qu’en 1968, l’écrivain de S.F. Arthur C. CLARK s’était rendu à Baltimore avec le réalisateur Stanley KUBRICK pour discuter d’un projet de film d’animation qu’ils avaient ensemble. Passant devant le tombeau d’un de leur héros, l’écrivain Edgar Allan POE, ils se recueillirent devant l’étrange monolithe que les humains avaient déposé sur sa tombe, pour leur tranquillité que son esprit n’en ressorte jamais. C’est alors que l’écrivain fantastique instilla dans leur esprit, l’histoire suivante.

Il y a de cela fort longtemps, avant que l’homme ne devienne l’animal sage et avisé que l’on connaît aujourd’hui, vivait sur Terre une tribu d’hominidés, qui subsistaient comme ils pouvaient en cherchant la rare nourriture qu’ils trouvaient. David Guetteur de Lune était leur « chef ».

La tribu était régulièrement la proie d’un léopard, bestiole contre laquelle ils étaient mal armés. Une nuit, un aboli bibelot d’inanité sonore se fit entendre. Au matin, en sortant de la grotte où la tribu se réfugiait pendant la nuit, ils se trouvèrent en présence d’un calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Kubrick le monolithe (début)Cliquez sur le calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur

David Guetteur de lune fixa alors l’étrange bloc, sans savoir qu’en face, le monolithe le scrutait attentivement. Après ce contact avec une intelligence extraterrestre, David Guetteur eut l’idée de se servir d’os d’animaux pour massacrer ses ennemis. On peut considérer qu’il s’agissait là de l’acte fondateur de la civilisation.

Brel les SingesCliquez sur le grand artiste belge

Mais retrouvons nos amis humains quelques millions d’années plus tard. L’Homme s’est lancé dans la conquête de l’espace, mais v’là t’y pas qu’il a trouvé une anomalie magnétique sur le cratère de Tycho, sur la Lune. En creusant, il a trouvé un étrange monolithe noir qui, lors de son excavation, a émis un mystérieux signal vers Jupiter (pour les habitués de mon blog, je dois préciser que par Jupiter, je ne désigne pas le dieu grec déjà mainte fois mentionné ici, mais d’une planète de notre système solaire).

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’alignement des astres

Il (l’Homme) décide alors d’envoyer une mission tout là-haut, pour trouver la cible de ce mystérieux signal. Deux astronautes sont envoyés vers Jupiter, accompagnés d’un ordinateur doté d’une Intelligence Artificielle, HAL. (Pour le fun, essayez de translater d’une place chacune des lettres du mot HAL, et vous trouverez l’origine du nom de l’ordinateur.)

Les choses se gâtent vite quand l’ordinateur estime que les deux hommes qui l’accompagnent dans sa mission vont plus le gêner qu’autre chose. Il se débarrasse habilement de l’un deux, l’envoyant dans l’espace pour réparer une (fausse) panne qu’il a signalée. Quand le deuxième astronaute voit son collègue passer par le hublot, il décide de sortir pour essayer de le secourir.

Strauss le beau Danube bleu (Kubrick)Cliquez sur l’image d’un célèbre film

Il n’y parvient pas, mais heureusement pour lui, il réussit à déconnecter HAL, carte après carte (et l’on voit alors l’ordinateur perdre la tête, retomber en enfance, avant que de s’éteindre définitivement.)

Le cosmonaute restant poursuit alors son voyage vers Jupiter, où se trouve un autre monolithe en orbite autour de la planète. Comme il s’en approche, il se sent aspiré et part pour un fabuleux voyage dans le temps et dans l’espace. Malheureusement, la communication télépathique entre Poe et Clarke et Kubrick s’est arrêtée là, et on ne comprend donc pas très bien la fin de l’histoire.

En tout cas, cette rencontre ne fut pas vaine, car Arthur C. Clarke a relaté cet événement dans un de ses livres les plus connus, 2001, Odyssée de l’espace (2001, a Space Odyssey), alors que Stanley Kubrick en a tiré un de ses films, portant le même nom.

Cinéma, Maria Callas

James IVORY (né en 1928)

James IVORY, le plus anglais des cinéastes américains, a toujours autant soigné la musique de ses films qu’il en a soigné l’image, en utilisant souvent de la musique classique ou de l’opéra dans les BOF de ses films.

Il a réalisé une vingtaine de longs métrages, dont plusieurs récompensés dans les festivals internationaux. Ses principaux films, dont la musique classique occupe une part importante de la B.O.F., sont :

Dans Quartett (1981), qui se passe dans le Paris des années 1920, on se trouve dans une ambiance de cabaret ou de café-concert. Pourtant, si vous tendez l’oreille, vous pourrez entendre l’air des bijoux, extrait du Faust de GOUNOD.

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur l’air des bijoux

Dans les Bostoniennes (The Bostonians) (1984), un film sur les féministes de la fin du XIXe siècle, on peut entendre l’ouverture Poète et paysan de SUPPÉ, ainsi que le prélude de Lohengrin, de WAGNER.

Ivory the bostoniansCliquez sur l’affiche du film

Le générique du somptueux A room with a view (Chambre avec vue) se déroule sur le « O mio babbiono caro », extrait de Gianni Schicchi de PUCCINI, somptueusement chanté par Kiri Te Kanawa.

Puccini Gianni Schicchi O mio babbino caro a Room wtrh a viewCliquez sur Bellatrix Lestrange et le professeur Mac Gonnagal (jeunes)

La jeune héroïne, Lucy, une jeune anglaise qui fait son « Voyage en Italie », y découvre la chaleur de l’Italie et des Italiens avant de rencontrer l’amour. On l’entend interpréter BEETHOVEN au piano.)

Le film Maurice date de 1987. Il y est question de la difficulté d’être homosexuel en Angleterre au début du XXe siècle.

Ivory Maurice afficheCliquez sur l’affiche

On y trouve cette définition de la musique de Wagner : « Wagner, une foutaise, de grosses femmes encornées hurlent à tue-tête le bonheur de mourir ».

Wagner la Walkyrie (Die Walküre) chevauchéeCliquez sur les walkyries (avec casque mais sans cornes)

On y entend aussi la symphonie pathétique de TCHAÏKOVSKI, ainsi que le Miserere d’ALLEGRI.

Allegri miserereCliquez sur l’envoûtant Miserere d’Allegri

Dans Howards end (Retour à Howards end), l’audition de la cinquième Symphonie de Beethoven tient une place importante dans l’histoire.

ivory howards end afficheCliquez sur l’affiche

Beethoven 5e symphonie 1er mouvementCliquez sur l’image

Enfin dans Jefferson à Paris (1995), qui évoque la vie de Jefferson, ambassadeur à Paris de 1785 à 1789, on peut entendre des extraits de Dardanus de RAMEAU, et aussi des musiques de Marc Antoine CHARPENTIER et de CORELLI.

Rameau Dardanus mostre affreux monstre redoutableCliquez sur un extrait de Dardanus

Il existe un autre lien entre l’univers d’Ivory et la musique. En effet, plusieurs de ces films sont des adaptations de l’écrivain E.M. FORSTER (A Room with a View, Howards End, Maurice). Or, c’est cet écrivain qui a écrit pour BRITTEN le livret de son opéra Billy Budd (1951).

Animation 1, Contes et légendes

PONYO SUR LA FALAISE, d’Hayao MIYAZAKI (2008)

Ponyo sur la falaise est le dixième anime (long métrage d’animation) d’Hayao MIYAZAKI, sorti en 2008 et produit par le studio Ghibli. C’est, comme souvent chez le maître japonais, une fable écologique mettant en opposition la nature et la folie destructrice de l’homme, comme dans Nausicaä de la Vallée du vent (1984) ou Princesse Mononoke (1997).

L’héroïne en est un poisson rouge, Ponyo, fille de Granmamare, la déesse de la mer et de Fujimoto, un sorcier homme.

Hisaichi Ponyo sur la falaise génériqueCliquez sur Ponyo

Pour sa fable, Miyazaki s’est inspiré du mythe de la petite Sirène, qui nous est connu au travers du conte d’ANDERSEN. Dans le conte d’Andersen, en effet, la sirène tombe amoureuse d’un homme et est prête à renoncer à sa sirénitude pour obtenir une âme éternelle. Elle va voir une sorcière qui transforme sa queue de poisson en jambes humaines, mais pour cela, il y a un prix à payer : la perte de sa voix, et des souffrances terribles quand elle marche. De plus, si elle ne réussit pas à se faire aimer par l’homme de son choix, elle sera condamnée à n’être plus que de l’écume sur la mer.

On reconnaît là évidemment le thème de Rusalka de DVORAK.

Ponyo, donc, a quitté sa maison sous la mer et se trouve jetée sur une plage, emprisonnée dans un bocal qui traînait. Un petit garçon de cinq ans, Sosuke la trouve et la libère, mais il se coupe.

Hisaichi Ponyo sur la falaise Ponyo dans le bocalCliquez sur Ponyo dans son bocal

Hisaichi Ponyo sur la falaise première rencontre Sosuke PonyoCliquez sur Sosuke

Ponyo lui lèche sa plaie qui guérit immédiatement, mais se faisant, elle absorbe du sang humain qui transforme son ADN. Fujimoto réussit à récupérer Ponyo, au grand désespoir de Sosuke.

Hisaichi Ponyo sur la falaise rencontre Sosuke PonyoCliquez sur Ponyo

Fujimoto fait la leçon à Ponyo, dont on apprend que le vrai nom est Brünnehilde (comme la Walkyrie), mais celle-ci déclare qu’elle aime Sosuke et qu’elle veut devenir humaine. Elle commence à se faire pousser des bras et des jambes à partir de ses nageoires.

Hisaichi Ponyo sur la falaise FujimotoCliquez sur Fujimoto

Elle réussit à s’échapper, et chevauchant des créatures aquatiques, cherche à rejoindre Sosuke et sa mère Lisa. Et là, Joe HISAICHI, le compositeur habituel des musiques de Miyazaki, nous fait un détournement de la Chevauchée des Walkyries de WAGNER.

Hisaichi Ponyo sur la falaiseCliquez sur Ponyo

Ponyo finit par rejoindre son ami, et ils se réfugient dans la maison sur la falaise. Lisa profite d’une accalmie pour aller à la maison de retraite où elle travaille, laissant les enfants seuls.

Pendant ce temps, Granmamare et Fujimoto discutent, le sorcier est effrayé par les événements déclenchés par Ponyo, mais la déesse de la mer lui rappelle une vieille légende racontant que si Sosuke reste fidèle à son amie et si Ponyo renonce à ses pouvoirs magiques, l’équilibre du monde peut être rétabli.

Le lendemain matin, le soleil est revenu, mais la mer a submergé presque toute la terre. Sosuke et Ponyo partent sur un bateau jouet à la recherche de Lisa.

Les épreuves des deux enfants commencent. Comme dans la Flûte enchantée de MOZART, ils doivent traverser un tunnel sombre. Pendant cette traversée, Ponyo s’endort et commence à se retransformer en poisson. Sosuke réussit à la traîner hors de l’eau. Quand Fujimoto lui demande de l’aider à sauver le monde, Sosuke se méfie, mais le sorcier envoie ses créatures marines chercher les enfants. Granmamare explique la situation, disant que le seul moyen de sauver le monde, c’est que Sosuke accepte Ponyo pour ce qu’elle est. Sosuke répond qu’il aime Ponyo, et qu’il l’aimera toujours, humaine ou poisson. Ponyo, quant à elle, doit abandonner la magie, ce qu’elle accepte bien évidemment.

Miyazaki Granmamare GifCliquez sur Granmamare

Le monde est sauvé et Ponyo reste définitivement une petite fille.

Parmi les emprunts à la musique classique occidentale, Hisaichi glisse quelques mesures de référence à l’air « Lascia ch’io panga », extrait de Rinaldo de HAENDEL.

Haendel Lascia ch'io pianga imageCliquez sur le fameux contre-ténor

Vous l’aurez compris, voici un film que je recommande chaudement, pour les petits et les grands. C’est, avec mon Voisin Totoro, un des films de Miyazaki que l’on peut mettre sous les yeux des plus petits, qui adoreront ce petit poisson tout à fait craquant.

Animation 1, Écrivains, Compositrices, Contes et légendes, littérature

Charles PERRAULT (1628 – 1703)

Charles PERRAULT était un écrivain et homme de loi, né à Paris le 12 janvier 1628. Ce protégé de COLBERT a été membre de la commission chargée de « rédiger les inscriptions » sur les monuments publics (la future « Académie des Inscriptions et Belles Lettres ») et fut élu à l’Académie française en 1671. Il prit part à la Querelle des Anciens et des Modernes, soutenant que le XVIIe siècle était de loin supérieur à l’antiquité. En musique, il défendit ainsi la musique de Lully par rapport à la musique antique.

Après avoir écrit Peau d’Âne en 1694, c’est en 1697 qu’il fait paraître son œuvre qui reste la plus connue de nos jours, le recueil de contes les Contes de ma mère l’Oye.

Il meurt le 16 mai 1703, à Paris.

Peau d’Âne a été adapté dans un opéra-comique par Raoul LAPARRA en 1899. Plus près de nous, la compositrice Graciane FINZI en a fait en 2015 un conte (musical) pour enfants.

Finzi Peau d'Ane

Dans les Contes de ma mère l’Oye, on trouve :

La Belle au bois dormant dont TCHAÏKOVSKI a fait un de ses ballets les plus célèbres.

Tchaïkovsky La Belle au bois dormantCliquez sur le célèbre ballet de Tchaïkovski

L’Italien Otorino RESPIGHI a écrit un opéra en 1922 La bella addormentata nel bosco.

Respighi La Bella dormente Nel boscoCliquez sur la Belle au bois dormant

Tex AVERY n’a pas été le seul à adapter Le Petit Chaperon rouge. Il y a eu un opéra-comique de BOÏELDIEU, écrit en 1818, et plus près de nous, Georges APERGHIS en a fait un conte musical pour enfants en 2001.

Aperghis le petit Chaperon rougeCliquez sur le petit Chaperon rouge

Les œuvres inspirées par La Barbe bleue ont déjà fait l’objet d’un article sur ce blog, « Jeanne-d’Arc et Barbe-bleue« .

Le Maître chat ou le Chat botté a été adapté à l’opéra par César CUI, un membre du Groupe des cinq.

Cui le Chat bottéCliquez sur l’image

Les Fées. Je n’ai pas trouvé d’opéra directement inspiré par ce conte, mais pourtant les fées ont inspiré un grand nombre d’œuvres musicales.

Les adaptations de Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre ont déjà fait l’objet d’un billet sur ce blog, « Cendrillon, Cinderella, la Cenerentola« .

Riquet à la houppe qui a fait l’objet d’une adaptation dans un opéra-comique de Georges HÜE en 1928.

Le Petit Poucet

En 1908, Maurice RAVEL écrit Ma mère l’Oye un ensemble de cinq pièces pour le piano à quatre mains destiné à des enfants de ses amis. Les deux premières pièces de cet ensemble sont « Pavane de la Belle au bois dormant » et « le petit Poucet ». Les trois autres sont tirées d’autres livres de contes.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains

Retrouvez ici d’autres opéras pour enfants.

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, j’ai fait appel pour le portait de Perrault à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co )

Cinéma, Compositeurs, Fantaisie

Arnoldo POIVRIERI (1750 – 1825)

(c) Adrian Mercure 2021

Dans la trop longue liste des compositeurs qui ont connu un grand succès de leur vivant, avant que de disparaître complètement aux yeux de la communauté, il en est un dont le sort m’apitoie particulièrement.

Il s’agit de Arnoldo POIVRIERI, un compositeur vénitien venu exercer ses talents à Vienne puis à Paris, ville où il mourra. Et il n’a même pas sa rue dans le quartier de l’opéra !

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Arnoldo Poivrieri ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

Né dans la région de Venise le 4 mai 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Vienne. En 1766, il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est en rivalité avec SALIERI pour le poste de compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage alors en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra, le Tonneau, sous son propre nom, avant de révéler que Poivrieri en est l’auteur.

À Vienne, Poivrieri entre à la loge maçonnique déjà fréquentée par Mozart et HAYDN, et des contemporains ont avancé l’hypothèse que la musique funèbre maçonnique de Mozart aurait en fait été co-écrite par Mozart et Poivrieri.

Mozart Musqiue funèbre maçonniqueCliquez sur l’image

Il écrit pour la cantatrice Consuelo La Festa d’Imeneo, titre qui lui sera honteusement piqué par son contemporain PORPORA, comme le relate George SAND dans son roman La Comtesse de Rudolstadt.

Porpora la festa d'imeneo vaghi amori

Parmi ses illustres élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Poivrieri vivait à Vienne en même temps que Schubert, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles d’ycelui. En fait, Poivrieri admirait l’œuvre de son élève et cadet. Il a écrit plusieurs opéras pour le Théâtre impérial et il a dû confier à Schubert le livret de Fierrabras, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Schubert FierrabrasCliquez sur l’image

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner Schubert. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Schubert et Poivrieri (1830), nouvelle reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1899).

Après son succès avec Amadeus (1984), Milos FORMAN avait été pressenti pour adapter cette nouvelle au cinéma, sous le titre Franz Peter, mais il a dû décliner cette offre pour se consacrer à son Valmont, une adaptation des Liaisons dangereuses. (Il a certainement eu raison.)

En 1820, alors qu’il s’était installé à Paris, il écrit Il pescatori di pesce, d’après un roman de son exact contemporain Pietro LOTTI (1750 – 1823), opéra qu’il fait représenter au Théâtre des Italiens, sans grand succès. L’intérêt de cet opéra réside surtout dans le fait qu’il a probablement inspiré BIZET pour ses Pêcheurs de perles.

Bizet les pêcheurs de perle je crois entendre encore GilmourCliquez sur l’image

Aujourd’hui totalement disparu, le souvenir de Poivrieri à Vienne était encore suffisamment présent à Vienne 50 ans après son décès le 1er avril 1825 pour que les parents de SCHÖNBERG donnent son prénom à leur enfant. (Et il est amusant de constater que le livret de Moses und Aron (1930 – 1932) est assez proche de celui de Mosè e Aronne (1815), un opéra « viennois » de Poivrieri.

Schönberg Moïse et AaronCliquez sur l’image

Enfin, il faut noter qu’outre ses dons musicaux, Poivrieri avait une autre passion, la vexillologie. Et dans cette Europe aux frontières sans cesse mouvantes, il s’est livré à un passionnant travail sur l’évolution des drapeaux qui accompagnait ces nations changeantes !

Voilà, vous en savez autant que moi sur Arnoldo Poivrieri. Et si vous avez eu le courage de me lire jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur la vidéo bonus

P.S. Si vous avez aimé le portrait d’Arnoldo Poivrieri qui ouvre ce billet, il a été réalisé par un jeune artiste d’après une gravure d’époque. Si vous aussi, vous souhaitez avoir votre portrait numérique, ou celui d’un de vos proches, vous pouvez passer commande à Adrian Mercure à l’adresse suivante : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co

Retrouvez ici d’autres articles publiés un 1er avril :

HAVRE & CAUMARTIN

L’opéra de Saint-Glinglin s’invite chez vous.

Cinéma, Divers

Serge GAINSBOURG (1928 – 1991)

Ce 2 mars, nous célébrons le trentième anniversaire de la mort de Serge GAINSBOURG.

Né Lucien GINSBURG à Paris en 1928, il prend le nom de Serge Gainsbourg comme nom d’artiste. D’abord peintre, il découvre la musique (la chanson) grâce à Boris VIAN, avec qui ils ont des points communs (amour du jazz, goût de la provocation.) De formation classique en musique, il joue du piano dans les bars, tout en composant des chansons. Très vite, il entre dans l’écurie de Jacques CANETTI dans son cabaret des Trois Baudets.

Hommes à femmes, il écrit des chansons pour Juliette GRÉCO (La Javanaise), Pétula CLARK (la Gadoue), Françoise HARDY (Comment te dire adieu), France GALL (Poupée de cire, poupée de son), Brigitte BARDOT (Bonnie and Clyde ou Comic Strip), avant de rencontrer Jane BIRKIN (Je t’aime, moi non plus) avec qui il restera un certain temps.

Vous avez été plusieurs à me faire remarquer que Gainsbourg avait utilisé le premier mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde de DVORAK pour sa chanson « Initials B.B ». Je vais à présent vous proposer un petit tour de ses emprunts à la musique classique.

Dvorak Nouveau mondeCliquez sur l’affiche

Gainsbourg Initials BBCliquez sur Brigitte B.

Un de ses premiers tubes, « Poupée de cire, poupée de son », écrit pour France GALL serait inspiré de la Sonate n° 1 pour piano de BEETHOVEN (dernier mouvement).

Gainsbourg dédiera également à sa nouvelle compagne le titre Jane B, au thème musical largement inspiré par le prélude en mi mineur Opus 28 no 4, de Frédéric CHOPIN.

Chopin Prélude op 28 no 4Cliquez sur le pianiste

Gainsbourg Jane BCliquez sur Jane B.

La chanson « Baby alone in Babylone » est bâtie sur la 3e Symphonie de BRAHMS.

Brahms Symphonie no 3 3ème mouvementCliquez sur Johannes B.

Gainsbourg Baby Alone in BabyloneCliquez sur Jane Birkin

Le « Lost song » se base sur la « Chanson de Solveig », extraite du Peer Gynt de GRIEG.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur Solveig (Marita Solberg)

Gainsbourg Lost SongCliquez sur Jane

« Ma Lou Marilou » doit beaucoup au premier mouvement de la 23e Sonate, Appassionata de Beethoven.

Beethoven Sonate no 23 1er mvtCliquez sur le pianiste

Gainsbourg Ma Lou MarilouCliquez sur l’homme à la tête de chou

On retrouve la Symphonie du Nouveau Monde, le dernier mouvement cette fois, pour la chanson « Requiem pour un con », extraite du film Le Pacha de LAUTNER, où Gainsbourg joue son propre rôle.

Dvorak Symphonie du nouveau monde mvt 4Cliquez sur Anton D.

Gainsbourg requiem pour un conCliquez sur Serge G.

La chanson « Lemon incest« , interprétée avec sa fille Charlotte est bâtie sur l’Étude n° 3 de l’opus 10 de Chopin.

Chopin études opus 10 n 3Cliquez sur les mains du pianiste

Gainsbourg Lemon incestCliquez sur charlotte G.

Cliquez sur Charlotte G.

Serge Gainsbourg meurt d’une crise cardiaque le 2 mars 1991 à Paris.

Et pour en savoir un peu plus, un lien vers le site de France Musique qui m’a un peu aidé dans mes recherches pour écrire ce billet.

https://www.francemusique.fr/chanson/10-morceaux-de-serge-gainsbourg-inspires-du-classique-33502

Cinéma

LES OPÉRAS PORTÉS À L’ÉCRAN

Depuis les débuts du cinéma, les trames d’opéras ont inspiré les réalisateurs.

On sait peu que la première musique écrite spécifiquement pour un film était de Camille SAINT-SAËNS, pour L’assassinat du Duc de Guise, en 1906.

Carmen, un des opéras les plus populaires, est aussi celui qui a inspiré le plus de films. Il a été adapté (en muet !) dès 1909. La liste des cinéastes ayant réalisé leur Carmen est impressionnante : Cecil B. DeMILLE, Charlie CHAPLIN, Ernst LUBITSCH, mais aussi Otto PREMINGER avec Carmen Jones, qui transpose l’histoire dans les milieux noirs états-uniens. Carlos SAURA, Jean-Luc GODARD, Francesco ROSI, Peter BROOK ont aussi eu leur Carmen, sans oublier le ballet Carmen à Pékin de Jean YANNE dans Les chinois à Paris. La version la plus célèbre est certainement celle de Rosi, avec Julia MIGENES JOHNSON dans le rôle-titre.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

D’autres opéras ont fait l’objet d’adaptation au cinéma, parmi lesquels on peut citer La Flûte enchantée, de MOZART, adaptée en suédois par Ingmar BERGMAN et filmée dans le petit bijou qu’est le théâtre de Dronningholm. De Mozart, on peut aussi citer l’admirable Don Giovanni, de Joseph LOSEY,

Mozart don Giovanni trio des masquesCliquez sur le trio des masques

ou encore Les Noces de Figaro, filmé par Jean-Pierre PONNELLE d’après une version montée par KARAJAN au Festival de Salzbourg. La version de 1962 du Festival de Salzbourg du Chevalier à la Rose a fait l’objet d’un superbe film, où Elizabeth SCHWARZKOPF tenait un de plus beaux rôles.

Strauss Rosenkavalier filmCliquez sur le trio final

VERDI a également été bien servi, notamment avec La Traviata et Otello filmés par Franco ZEFFIRELLI,

Verdi Traviata ZeffirelliCliquez sur la fête chez Violetta

ou Macbeth filmé par Claude d’ANNA. Il y a également un très kitsch Le Trouvère mis en scène par Karajan.

WAGNER, l’exact contemporain de Verdi a été servi, par Karajan encore (Rheingold), mais aussi dans le film de SYBERBERG Parsifal.

Wagner Parsifal filmCliquez sur l’image

Le réalisateur Benoit JACQUOT a mis en scène et filmé Werther et Tosca. alors que Frédéric MITTERAND a réalisé son Madame BUTTERFLY.

Pour le XXe siècle, il existe une belle version de Porgy and Bess, filmée par Otto Preminger.

Gershwin Porgy and Bess Summertime (film)Cliquez sur l’image

Et plus près de nous, la comédie musicale West side Story de BERNSTEIN a fait l’objet d’une magistrale version cinématographique (le film aux 10 oscars!)

Bernstein West Side Story MariaCliquez sur Tony

alors que l’opéra-rock Tommy a été porté à l’écran par Ken RUSSELL.

The Who Tommy le filmCliquez sur la bande-annonce

Cinéma, Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE ZEFFIRELLI CHEZ VOUS – Semaine du 15 au 21 février

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 15 au 21 février 2021.

Cette semaine, le MET nous propose quelques-unes des grandes mises en scène de Franco ZEFFIRELLI, un des metteurs en scène les plus intéressants de l’histoire de l’opéra. De bien belles œuvres en perspective !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Zeffirelli (1923 – 2019) était un homme de théâtre, de cinéma et un spécialiste des mises en scène d’opéras. On lui doit notamment des opéras filmés, notamment une splendide Traviata.

Lundi 15 février PUCCINI La Bohème

Puccini La Bohème final acte IICliquez sur les quatre amis

Mardi 16 février VERDI Falstaff

Verdi Falstaff E sogno o realtaCliquez sur Falstaff

Mercredi 17 février MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Mascagni Pagliacci (MET 1978)Cliquez sur Paillasse et …

Jeudi 18 février Puccini Tosca

Puccini Tosca (MET 1985)Cliquez sur Tosca et Cavaradossi

Vendredi 19 février MOZART Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant le corps de son père lâchement assassiné

Samedi 20 février BIZET Carmen

Bizet Carmen La fleur que tu m'avais jetée (MET 1997)Cliquez sur Don José

Dimanche 21 février Puccini Turandot

Puccini Turandot finalCliquez sur la scène finale de Turandot

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour un hommage à Dmitri Hvorostovsky, ça va encore être bien !

Cinéma, littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

APPARITION, de Stéphane MALLARMÉ

Après Victorieusement fui le suicide beau de MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, ce sera Apparition, un poème de jeunesse :

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs

Tchaïkovski Hymn of the CherubimCliquez sur les Chérubins (désolé, je n’ai pas trouvé de séraphins)

Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots
glissant sur l’azur des corolles.

Marais (Sainte-Colombe) les Pleurs SavallCliquez sur les Pleurs de la viole de M. de Sainte-Colombe


— C’était le jour béni de ton premier baiser.

Gounod Roméo et Juliette Ange adorableCliquez sur Juliette et Roméo qui vont échanger leur premier baiser

Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse


La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue

Donizetti l'Élixir d'amour quanto e bellaCliquez sur Nemorino découvrant sa belle au soleil de midi


Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la Fée

Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Citations musicales :

Des séraphins en pleurs : Hymne des Chérubins de TCHAÏKOVSKI.

… de mourantes violes De blancs sanglots… : Marin MARAIS les Pleurs, tirés du film Tous les matins du monde d’Alain CORNEAU.

Le jour béni de ton premier baiser : Duo « Ange adorable » extrait du Roméo et Juliette de GOUNOD.

Du soleil aux cheveux : Au début de l’Élixir d’amour de DONIZETTI, le héros chante son amour pour sa belle sous la chaleur du soleil de midi en été.

La fée au chapeau de clarté : La fée, la marraine de Cendrillon, dans l’opéra du même nom de MASSENET.

Cinéma, Mes opéras préférés, Valse

LA VEUVE JOYEUSE (DIE LUSTIGE WITWE), de LEHAR (1905)

La Veuve joyeuse est une opérette de Franz LEHAR datant de 1905. Le sujet s’inspire d’une comédie du librettiste LEILHAC (mais oui, vous savez bien, celui de Carmen !) Elle connaît immédiatement un très grand succès et représente, avec la Chauve Souris de STRAUSS, l’opérette viennoise.

Le pitch : Pour des raisons d’État, une riche veuve, Missia, doit se remarier avec un homme de son pays. Courtisée pour ses millions, elle et Danilo finissent par reconnaître leur amour.

Acte I : À Paris, l’ambassadeur de Marsovie et sa femme Nadia donnent une fête pour l’anniversaire de leur prince et souverain. Restée seule avec Camille de Coutanson, Nadia lui interdit de lui parler d’amour, et lui conseille de se marier. Pourtant, malgré ses vœux de fidélité, elle lui laisse entendre qu’elle a un faible pour lui. On annonce l’arrivée de Missia (Hanna en V.O. autrichienne), une jeune marsovienne mariée à un riche banquier qui a eu le bon goût de mourir quelques mois après leur mariage. Elle est riche de 50 millions, et l’ambassadeur doit faire attention que cette somme ne sorte pas du pays, qui est au bord de la faillite. Il cherche son attaché militaire, le prince Danilo, pour le marier à Missia : ainsi les millions ne sortiront pas du pays. Celui-ci passe son temps à boire du champagne avec des p’tites femmes chez Maxim’s.

Missia paraît et déclare à ses nombreux soupirants qu’elle n’est pas dupe de leurs déclarations d’amour, que c’est ses millions qui les intéressent. L’ambassadeur et sa femme entrent. Nadia déclare à Camille qu’elle veut qu’il se marie avec Missia. Celle-ci invite tout le monde le lendemain chez elle, pour fêter l’anniversaire du prince. Danilo arrive enfin, chantant sa vision hédoniste du monde (Air : Pardonne moi, chère patrie) avant de s’endormir, épuisé.

Lehar La Veuve joyeuse Pardonne moi chère patrieCliquez sur Danilo

Missia entre et trouve Danilo endormi. Elle le réveille et ils se reconnaissent : ils se sont aimés il y a longtemps, mais Danilo n’a pas voulu d’elle pour éviter une mésalliance. La valse qui commence interrompt leur tête-à-tête. Camille et Nadia reprennent leur flirt. L’ambassadeur veut marier Danilo et Missia, mais Danilo refuse. Pour sauver sa patrie, il s’engage à écarter tous les prétendants de Missia. Alors que Missia s’apprête à choisir, au hasard, parmi tous ses prétendants, Danilo l’interrompt, car c’est l’heure de la valse (Air et chœur : C’est la valse écoutez, elle soupire).

Lehar la Veuve joyeuse C'est la valseCliquez sur l’image

Nadia arrive avec Camille, et le présente à Missia comme étant le seul digne de l’épouser. Missia se tourne vers Danilo pour la valse, mais celui-ci refuse, mettant à prix l’honneur de valser avec Missia (100 louis). Tous se retirent, sauf Camille qui est prêt à mettre ce prix, mais Nadia l’en empêche.

Acte II : Le lendemain, chez Missia, elle chante la vieille chanson marsovienne de la dryade et du chasseur (Air : Jadis, habitait dans le grand bois).

Lehar La Veuve joyeuse chanson de VilyaCliquez sur la fête chez Missia

Les hommes se lancent dans un couplet misogyne (Chœur : Le jour qu’Éve écouta le malin). Missia se demande pourquoi Danilo écarte systématiquement tous ses prétendants. L’aimerait-il ? Ils se retrouvent enfin pour une valse, mais une dépêche arrive, l’ambassadeur doit trouver une solution pour les 50 millions, sinon ce sera la crise financière pour la Marsovie. L’état-major de l’ambassade se retire pour en discuter. Nadia et Camille tombent dans les bras l’un de l’autre et se retirent. L’ambassadeur revient, et croit deviner que sa femme est avec Camille. On ouvre la porte, mais c’est Missia qui apparaît. Pour sauver la face, Missia déclare qu’elle vient de se fiancer avec Camille. Danilo proteste et chante une vieille chanson pour faire comprendre sa situation (Air : Jean-Pierre adorait Jeannette) avant de partir s’enivrer chez Maxim’s. Missia comprend que c’est elle qu’il aime.

Acte III : Le soir, chez Maxim’s, la fête bat son plein (Chœur : Nous sommes les p’tites femmes frivoles).

Lehar La Veuve joyeuse Les p'tites femmes frivolesCliquez sur les p’tites femmes frivoles

L’ambassadeur arrive pour chercher Danilo. Danilo refuse encore le mariage, préférant les « femmes de sa vie ». Missia arrive à son tour. Danilo, jaloux, lui reproche de s’être enfermé avec Camille. Elle lui explique que c’était pour sauver l’honneur d’une amie. Ils se réconcilient et tombent (enfin) dans les bras l’un de l’autre (duo : Heure exquise, qui nous grise).

Lehar La Veuve joyeuse Heure exquiseCliquez sur Danilo et Missia

(On peut entendre ce duo, certainement le plus célèbre de la partition, dans le film l’Ombre d’un doute [Shadow of a doubt] d’Alfred HITCHCOCK, ainsi que dans le Ciel peut attendre [Heaven can wait] d’Ernst LUBITSCH).