Cinéma, Compositeurs

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)

G.F.HAENDEL est le prototype du compositeur du XVIIIe siècle que son cosmopolitisme a amené d’Allemagne en Angleterre en passant par l’Italie. Ainsi, à une époque où l’opéra se partageait presqu’exclusivement entre opéra à l’italienne et opéra à la française, Haendel se trouve être un compositeur allemand qui a appris son métier en Italie avant de partir en Angleterre écrire des opéras en italien. Gluck (1714-1787) fera l’inverse : compositeur bohème écrivant à Vienne des opéras en italien, il partira en France écrire des opéras en français.

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Haendel est l’exact contemporain de J.-S. Bach (1685-1750). Né à Halle le 23 février 1685, il se rend en 1703 à Hambourg, où il s’essaie à la composition d’opéras. C’est de cette époque que date la sarabande dont Stanley Kubrick s’est servi pour son film Barry Lindon.

Haendel SarabandeCliquez sur Haendel

En 1706, il part en Italie, patrie de l’opéra, où il triomphe à Florence, Naples, Rome et Venise. À Venise, il écrit Agrippina pour la saison 1709-1710.

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Après ses classes en Italie, il rentre en Allemagne avant de prendre un congé pour aller en Angleterre, où il écrit son premier opéra en italien pour la scène anglaise, Rinaldo (1711). Après un bref retour en Allemagne, il repart en Angleterre, sans congé de son employeur, et devient compositeur de la Cour. Ses Water Music datent de cette époque. En 1719, c’est la fondation de la Royal Academy of Music, dont Haendel est directeur musical, avec l’Italien Bononcini, que Haendel avait déjà fréquenté à Hambourg. Les deux hommes se trouvent à la fois associés et rivaux, mais l’étoile d’Haendel brille de plus en plus, au détriment de celle de Bononcini.

En 1724-1725, il écrit trois chefs-d’œuvre Jules césar, Tamerlano et Rodelinda. 

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur l’image

En 1733 c’est Orlando, avant Alcina et Ariodante en 1735.

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur l’image

Comme son contemporain Vivaldi, et pour plaire à la fois aux chanteurs et au public, il use et abuse des vocalises virtuoses. Quel contraste avec la musique que Rameau (1683-1764) écrivait en France, mettant plus en valeur la sensibilité musicale que la virtuosité des solistes.

En 1737, Haendel est victime d’une attaque de paralysie. Il écrira encore un de ses derniers opéras, Xerxès (1738), avant de se consacrer à l’oratorio (en anglais), avec notamment son fameux Messiah (Le Messie) en 1741 et à de la musique instrumentale (Fireworks).

Haendel Messiah AllelujahCliquez sur l’image

En 1753, il devient aveugle et cesse d’écrire. Il est opéré par le même chirurgien qui avait opéré J.-S. Bach avant lui et meurt à Londres le 14 avril 1759. Haendel est enterré à Westminster.

Compositeurs

Jean-Philippe RAMEAU (1683 – 1764)

Compositeur majeur du XVIIIe siècle, RAMEAU est né à Dijon le 25 septembre 1683 (pour mémoire, LULLY est mort en 1687).

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Le petit Jean-Philippe apprend très tôt la musique et, comme pour MOZART, on a dit de lui qu’il a appris ses notes avant ses lettres.

À 18 ans, il part pour l’Italie et s’arrête à Milan où il travaille dans un théâtre. Suivent quelques années d’errance entre Clermont et Paris. Il est organiste et écrit pour le clavier (clavecin et orgue). C’est de ses années que datent ses œuvres religieuses que sont les Grands Motets.

Rameau In ConvertendoCliquez sur l’image

En parallèle, Rameau rédige des ouvrages théoriques sur la musique, où il fixe les bases du système harmonique. Le succès de son Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels le ramène à Paris, où il écrit des airs pour le théâtre de la foire. Il fait partie de la société du Caveau, le repère des chansonniers, pour lesquels il aurait écrit le canon Frère Jacques.

En 1731, il rencontre Le RICHE de la POUPLINIERE, qui deviendra son mécène, et dont il dirigera l’orchestre pendant 20 ans. Il a alors l’occasion de côtoyer DIDEROT, D’ALEMBERT et VOLTAIRE, et aussi JJ.ROUSSEAU. En 1733, il écrit un premier opéra, Samson, sur un livret de Voltaire. Censurée, cette œuvre ne sera jamais représentée. La même année, il écrit Hippolyte & Aricie, qui délivre enfin le drame lyrique français du cadre rigide laissé par Lully derrière lui.

Rameau Hippolyte et Aricie Temple sacréCliquez sur l’image

La création de cet ouvrage engendre une première querelle, celle des lullystes et des ramistes (aujourd’hui, on dirait des anciens et des modernes). Dans les années qui suivent, il écrit l’opéra-ballet Les Indes galantes (1735), Castor et Pollux (1737) et Dardanus (1739).

rameau indes galantesCliquez sur l’image

Sa nomination comme compositeur de la musique du roi correspond à de nouvelles productions: La Princesse de Navarre (1745), Platée (1745), Pygmalion (1748), Zoroastre (1749).

rameau folieCliquez sur l’image

Ces opéras vont engendrer une deuxième querelle, la querelle des bouffons. Déclenchée à l’occasion d’une représentation de La Servante maîtresse de l’italien PERGOLÈSE en 1752, elle opposa les partisans du drame lyrique français, respectueux de l’harmonie chère à Rameau et ceux de l’opéra bouffe italien, valorisant la mélodie. Elle fut alimentée par Rousseau, lui-même auteur de l’opéra Le Devin du village (1752) et qui n’avait pas apprécié les critiques assassines de Rameau. Il décréta que le français n’était pas une langue faite pour être chantée, à l’inverse de l’italien. La querelle des bouffons marque la limite entre l’opéra baroque et l’opéra classique.

JJ.ROUSSEAUCliquez sur JJ.Rousseau

Fréquentant les encyclopédistes, Rameau développe sa théorie de la musique avec le soutien de Diderot et d’Alembert. Suite à la publication en 1754 de ses Observations sur notre instinct pour la musique commence une troisième querelle, celle des encyclopédistes. Le personnage querelleur de Rameau a été moqué par Diderot dans son roman Le Neveu de Rameau.

Le génie créateur de Rameau ne tarit pas et il écrit encore Les Paladins (1760), d’après un conte de la FONTAINE, et Les Boréades (1763). Rameau meurt à Paris d’une fièvre putride juste avant les répétitions des Boréades, le 12 septembre 1764.

Liste des opéras de Rameau :

Samson (1733)

Hippolyte et Aricie (1733)

Les Indes galantes (1735)

Castor et Pollux (1737)

Dardanus (1739)

La Princesse de Navarre (1745)

Platée (1745)

Pygmalion (1745)

Zoroastre (1749)

Les Paladins (1760)

Les Boréades (1763)

2 - Liste des compositeurs, Compositeurs, Compositrices

COMPOSITEURS ET COMPOSITRICES

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les billets enregistrés dans la catégorie « Compositeurs », destiné à vous faciliter la recherche par thème.

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Monteverdi par Adrian

Heinrich Schütz

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lully

Purcell

image Jacquet de la Guerre

Vivaldo

Rameau

haendel

Image Nicola Porpora

Image Galuppi

gluck image

image Haydn

image Jean-Chrétien Bach

Statue de Grétry à Liège

Chevalier de Saint-Georges portrait

Salieri la Locandiera

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Mozart par Adrian

mecc81hul-par-adrian
Beethoven

boieldieu

DFE Auber

Weber portrait

Meyerbeer

rossini
Schubert image
Donizetti

Bellini

berlioz

Glinka

image Louise Farrenc

Louise BERTIN

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Felix Mendelssohn par Adrian

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liszt

ambroise thomas

wagner

Verdi par Adrian

Gounod

offenbach

Clara Schumann Adrian Mercure 2021

image César Franck

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VIARDOT

Smetana par Adrian

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borodine-par-adrian

Brahms Fest und Gedenkspruche opus 109

Camille Saint-Saëns

bizet

Moussorgski

tchaikovsky

tchaikovsky le retour

DVORAK

massenet

Grieg

Rimski-Korsakov
Fauré

Image Augusta Holmès

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janacek

Mel Bonis par Adrian

image Ethel Smyth

Puccini

image Boïto

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Richard Strauss portrait

image Dukas

image Erik Satie

image Roussel

rachmaninov

Ravel

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Stravinsky

Berg portrait

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Prokofiev

image Tailleferre

Lili Boulanger

Gershwin

Francis POULENC

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Britten

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Image Jolas

image Aboulker

image Claire Renard

image Saariaho

image Louati

image Camille Pépin,

Cinéma, Compositeurs, littérature, Shakespeare

Benjamin BRITTEN (1913 – 1976)

Parmi les grands compositeurs du XXe siècle figure l’anglais Benjamin BRITTEN (1913 – 1976), trop largement méconnu en France. Je l’ai déjà écrit, Britten est celui qui a réveillé l’opéra anglais presque trois siècles après PURCELL (1659 – 1695).

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Benjamin Britten est né le 22 novembre 1913 dans le Suffolk. Ill reçoit ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans, avant de faire des études musicales classiques où il a notamment comme professeur Franck BRIDGE.

En 1934, il écrit la Simple Symphony, op.4.

En 1939, devant le climat belliciste qui règne en Europe, il migre aux États-Unis avec son compagnon, le ténor Peter Pears (qui créera beaucoup des œuvres de Britten). Il revient en Angleterre en 1942, où il écrit A Ceremony of Carols (pour chœur).

britten a ceremony of carolsCliquez sur l’image

En 1944, il reçoit une commande pour un opéra : ce sera Peter Grimes, créé en 1945.

Britten Peter GrimesCliquez sur l’image

En 1946, Britten écrit son second opéra, le Viol de Lucrèce (The Rape of Lucretia).

En 1947, il fonde l’English Opera group (EOG), avec l’ambition de « rendre à la musicalité de la langue anglaise la liberté dont elle a été dépourvue depuis Purcell » . En 1949, il écrit un opéra pour les jeunes Let’s make an opera : the little sweep (Faisons un opéra : le petit ramoneur). En 1951, c’est la création de Billy Budd, d’après MELVILLE.

En1954, Britten crée à la Biennale de Venise le chef-d’œuvre qu’est The turn of the screw (Le tour d’écrou) d’après Henry JAMES, et en 1960, il adapte SHAKESPEARE avec A midsummer night’s dream.

En 1961, il écrit pour son ami Rostropovitch la sonate pour violoncelle et piano, et son monumental War Requiem qui nécessite deux orchestres et deux chœurs, et qui juxtapose à la liturgie classique du Requiem un poème pacifiste.

En 1971, Britten entreprend son dernier opéra Death in Venice (Mort à Venise) d’après le roman éponyme de Thomas MANN (1971 est également l’année du film de Visconti, avec sa très belle utilisation de l’adagietto de la 5e symphonie de MAHLER).

Stylistiquement, on peut dire que comme son contemporain Alban BERG (1885 – 1935), il a attaché une grande importance à l’aspect formel de ses opéras, notamment dans l’usage des interludes orchestraux et, comme chez Berg et JANACEK (1854 – 1928), et les aspects psychologiques des personnages sont particulièrement développés.

Britten meurt en 1976.

(Source principale, je me suis servi pour écrire ce billet de « Benjamin Britten, a life in the twentieth century« , by Paul KILDEA [Penguin Book 2013])

Liste des principaux opéras de Britten :

Peter Grimes (1945)

The Rape of Lucretia (le Viol de Lucrèce) (1946)

Billy Budd (1951)

The Turn of the screw (le Tour d’écrou) (1956)

Gloriana (1953)

Death in Venice (La Mort à Venise) (1971)

A midsummer nights’s dream (le Songe d’une nuit d’été) (1960)

Bande dessinée, Compositrices, Contes et légendes, histoire, littérature

JEANNE D’ARC ET BARBE BLEUE

What happened between Joan of Arc and Bluebeard ?

Quel curieux rapprochement que celui de Jeanne d’Arc et de Barbe Bleue. Il prend pourtant son sens quand on sait qu’un des modèles historiques de Barbe Bleue était Gilles de Rais, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc pendant la guerre de Cent Ans et nommé maréchal de France, mais aussi violeur et égorgeur de petits enfants.

On peut noter que les deux personnages de Gilles de Rais et de Barbe-Bleue ont fait l’objet d’un album de la série de bande dessinée Jhen, série créée par Jacques Martin (Alix, Lefranc) et dessinée par Pleyers.  barbe-bleue gilles de raisEt puisque je suis dans la bande dessinée, je ne peux résister au plaisir de citer F’murrr et sa Jehanne Darques, mariée avec Gilles de Retz (?) et compagne d’aventures d’Attila.

  f'murrr jehanneMais revenons à l’opéra:

La Barbe bleue (1697) est un des contes de PERRAULT, qui raconte l’histoire de Barbe-Bleue qui confie à sa nouvelle femme toutes les clés de son château, dont une qu’elle n’a pas le droit d’utiliser. Évidemment, dès qu’il a le dos tourné, sa femme brave l’interdit et trouve une pièce avec les cadavres de ses précédentes épouses. Au retour de Barbe-Bleue, celui-ci veut tuer sa femme.

Le premier opéra écrit sur le conte de Perrault est Raoul Barbe-Bleue (1789) de GRÉTRY.

OFFENBACH, qu’aucun sujet ne rebutait, a également écrit son opéra-bouffe Barbe-Bleue en 1866.

Au XXe siècle, où les apports de la psychologie ou de la psychanalyse nourrissent les livrets d’opéras, il y a au moins deux opéras importants écrits sur le mythe de Barbe-Bleue : Ariane et Barbe-Bleue (1906) de Dukas, d’après le symboliste MAETERLINCK (Celui de Pelléas et Mélisande et justement il y a une Mélisande parmi les femmes de Barbe-bleue) et le Château de Barbe-Bleue (1911) de BARTOK.

En 2002, la compositrice Isabelle Aboulker écrit un opéra pour enfants, Douce et Barbe-bleue.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur l’image

Quant à Jeanne d’Arc, avant de rejoindre le roman historique français, elle a été célébrée par SCHILLER (encore un qui défendait les libertés) dans sa Pucelle d’Orléans (1801), pièce qui a inspiré VERDI pour Giovanna d’Arco (1845) et TCHAÏKOVSKY pour La Pucelle d’Orléans (1881).

Tschaïkovski la pucelle d'orléansCliquez sur Jeanne d’Arc

 

Mais avant eux, ROSSINI avait écrit dès 1832 la cantate Giovanna d’Arco.

Rossini Giovanna d'ArcoCliquez sur l’image

Et en 1874, c’est LISZT qui écrit son Jeanne d’Arc au bûcher, quelques décennies avant HONEGGER.

Liszt Jeanne d'Arc au bûcherCliquez sur l’image

Compositeurs

BEETHOVEN (1770 – 1827) – Partie 1 – LA JEUNESSE ET LA MATURITÉ

Toujours aimer la liberté

Dernier des classiques (il a côtoyé Mozart et Haydn à Vienne), premier des romantiques (il est contemporain de WEBER et SCHUBERT), Ludwig van BEETHOVEN occupe une place de choix dans le panthéon de compositeurs.

Suivant l’avis de Franz LISZT, on distingue trois époques dans les compositions de Beethoven : l’enfance (ou la jeunesse), l’homme (ou la maturité), le dieu (le génie).

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Le petit Ludwig naît à Bonn le 15 ou 16 décembre 1770. Enfant prodige, son père le fait jouer très jeune en société, espérant ainsi le transformer en nouveau Mozart.

Après ses années de formation à Bonn puis à Vienne, il s’installe dans cette ville en 1792, où il fréquente les salons de grands aristocrates mélomanes et mécènes. D’abord reconnu comme pianiste virtuose, il commence à l’être comme compositeur vers la fin du XVIIIe siècle avec ses premiers concertos, sonates, quatuors et symphonies.

Sa vie privée a été malheureuse. Comme son contemporain viennois Schubert (1797 – 1828), il ne trouvera jamais l’âme sœur et en souffrira, mais en plus sa surdité, dont il commence à se plaindre en 1802, l’isolera du reste du monde.

Toujours à la recherche de la liberté (voir la citation en exergue), il écrit une symphonie (la troisième) qu’il compte dédier au général Bonaparte, mais quand il apprend que celui-ci va se faire couronner empereur, il en déchire la dédicace, et appelle sa symphonie l’Héroïque.

Beethoven HéroïqueCliquez sur l’image

En 1803, il se tourne vers l’opéra, le genre incontournable pour un musicien à cette époque, avec Léonore, d’après une pièce écrite pendant la révolution française. Terminé en 1805, l’œuvre est mal accueillie par le public, et il la remanie en 1806, puis en 1814 sous le titre Fidélio (ces reprises expliquent pourquoi il existe 3 versions de l’ouverture de Léonore).

Beethoven Fidélio Chœur des prisonniersCliquez sur les prisonniers

Pendant ce temps, sa production de chefs-d’œuvre continue avec toujours des sonates, des concertos, des symphonies,

Beethoven 5e symphonie débutCliquez sur l’orchestre

de la musique de chambre…

Beethoven Trio les EspritsCliquez sur le trio

En 1816, on fait de lui le chantre de la musique allemande face à la déferlante Rossini qui se répand sur l’Europe, mais c’est cause perdue, et c’est Rossini qui triomphe.

Pendant toutes ces années, sa surdité s’est aggravée, si bien que vers les années 1820, il était devenu (presque) totalement sourd. Ce sont précisément dans ces années qu’il a porté la musique le plus loin, comme si la musique n’était plus qu’une construction de l’esprit, dégagée des contingences physiques qui construisent et transmettent le son.

Retrouvez prochainement ce dernier Beethoven, celui que LISZT appelait le dieu.

Écrivains, Compositrices

GOETHE (1749 – 1832)

Wolfgang GOETHE was a great german writer. His work had been adapted by a lot of classical composers.

Je me suis rendu compte il n’y a guère que je n’avais pas consacré de billet sur ce blog au grand GOETHE. Et pourtant, le génie de Weimar y tient toute sa place.

Né à Francfort en 1749, cet esprit curieux de tout s’installe à Weimar en 1775. Dramaturge, romancier et poète, Goethe s’est également intéressé à la science, notamment à l’optique (il est l’auteur d’un traité des couleurs.)

Admirateur de MOZART, il considère son Don Giovanni comme étant l’idéal de l’opéra, et il écrit une suite à La Flûte enchantée. Goethe a lui-même écrit des livrets, mais ses tentatives n’ont pas été couronnées de succès.

Son œuvre littéraire sera abondamment mise en musique par les compositeurs, qu’ils soient romantiques :

ou post-romantiques :

Quant à l’opéra, l’abondante production littéraire de Goethe a inspiré bien des musiciens, à commencer par les nombreuses adaptations de ses deux livres de Faust, l’adaptation par MASSENET des Souffrances du jeune Werther avec son célèbre Werther ou encore le Mignon d’Ambroise THOMAS d’après les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister.

Enfin, il est intéressant de noter qu’au cours de sa longue vie, Goethe aurait pu voir naître et mourir Mozart (1756 – 1791) le classique, Beethoven (1770 – 1727) le préromantique et romantique et Schubert (1797 – 1828) le romantique.

Compositeurs

Hector BERLIOZ (1803 – 1869)

Hector BERLIOZ is THE french romantic composer.

Hector Berlioz, contemporain de Victor HUGO (né en 1802, d’où l’erroné Ce siècle avait deux ans), est LE musicien romantique français.

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Né le 11 décembre 1803 en Isère, Hector apprend la musique en autodidacte dans le Traité d’harmonie de RAMEAU. Son père, médecin, l’envoie faire ses études de médecine à Paris, mais Hector s’évanouit devant son premier cadavre, et il se consacre alors à sa passion, la musique, fréquentant plus les théâtres que les amphithéâtres.

Il entre au Conservatoire de Paris en 1823, et en 1829, il met en musique Huit scènes de Faust, de Goethe. En 1828, il écrit pour le prix de Rome la cantate Cléopâtre (plus connue de nos jours sous le nom de la Mort de Cléopâtre), mais n’obtient pas ce prix. En 1830, l’année de son Grand Prix de Rome, il se met en scène dans la Symphonie fantastique, où il relate ses amours rêvées avec une actrice anglaise, Harriet SMITHSON, avec qui il se marie en 1833.

requiem

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Entre 1834 et 1836, il compose son premier opéra, Benvenuto Cellini, et en 1837 son très théâtral Requiem. (Je suis sur la photo ci-dessus, dans le cercle rouge 😄). C’est à la même époque qu’il écrit Les nuits d’été, un recueil de six poèmes de Théophile GAUTIER qu’il met en musique.

nuit d'été image

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En 1844, il compose son Traité d’instrumentation dans lequel il expose sa science de l’instrumentation. Entre 1845 et 1847, il fait des tournées en Allemagne et en Russie. En 1852 et 1854, l’incontournable LISZT organise des semaines Berlioz à Weimar, où Hector peut faire jouer ses œuvres.

En 1845 – 1846, il reprend ses scènes de Faust pour composer La Damnation de Faust, œuvre qui ne rencontre pas de succès. L’opéra Béatrice et Bénédict créé à Baden-Baden en 1862 est enfin un succès, mais en 1863, il échoue à faire représenter son dernier opéra Les Troyens.

berlioz damnation d'amour l'ardente flamme crespin

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Il meurt le 8 mars 1869, après une dernière tournée en Allemagne, Autriche et Russie.

Toute sa vie, Berlioz a souffert du sentiment de n’être pas reconnu, mais il a pourtant obtenu la légion d’honneur à l’âge de 35 ans, son Requiem était une commande de l’état, ainsi que le Te Deum écrit à l’occasion du couronnement de Napoléon III en 1854, mais créé en 1855.

Berlioz était également feuilletoniste dans les gazettes musicales de l’époque, ce qui nous vaut des volumes passionnants sur la vie musicale de son temps.

Compositeurs, littérature, Shakespeare

Giuseppe VERDI (1813 – 1901)

Giuseppe VERDI is one of the greatest composers of the XIXth century.

Verdi par Adrian

Giuseppe VERDI (1813 – 1901) est contemporain de WAGNER (1813 – 1883), à qui on l’a opposé stylistiquement.

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La province de Parme où il est né le 10 octobre en 1813 était à l’époque sous occupation napoléonienne. On peut donc considérer que Verdi est français! (cocorico!)

Stylistiquement, il a traversé tout le XIXe siècle en débutant avec des opéras romantiques, puis en se tournant vers le GOf avant de finir, dans une ultime métamorphose, par la comédie.

S’il a connu une très grande célébrité, son destin personnel a été tragique. En effet, entre 1836 et 1838, il se marie, a deux enfants, puis voit mourir ses deux enfants puis sa femme.

Un de ses premiers grands succès est Nabucco (1841), Verdi devenant un symbole de la lutte contre l’occupant autrichien, et son nom devenant l’acronyme de Victor Emmanuel Roi DItalie. Le chœur des hébreux (« Va pensiero ») va vite devenir un second hymne pour les Italiens.

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur l’image

En 1844, Verdi entame une collaboration avec le librettiste Piave, qui lui écrira quelques-uns de ses meilleurs livrets (dont Ernani, Macbeth, Rigoletto, et La Traviata).

En 1846, il reçoit commande d’un Macbeth, d’après SHAKESPEARE, qui sera créé en 1847. En 1849, il met en chantier Rigoletto, d’après V.HUGO, opéra qui sera créé à Venise en 1851.

En 1852, il assiste à Paris à une représentation de La Dame au camélia, d’Alexandre DUMAS fils. Sa situation personnelle (il vivait maritalement avec une chanteuse, provoquant ainsi scandale et réprobation autour de lui), lui donne l’idée de tirer un opéra de cette pièce. Ce sera La Traviata (1853) qui après des débuts difficiles à cause de son sujet scabreux finira vite par s’imposer.

Après le triomphe de sa trilogie Rigoletto, Le Trouvère, La Traviata, il se frotte au Grand Opéra à la française avec la création en 1855 des Vêpres siciliennes pour l’opéra de Paris, sur un livret de SCRIBE.

En 1857, il écrit Simon Boccanegra, opéra qui sera remanié en 1881.

Sa renommée croissante lui vaut alors des commandes un peu partout dans le monde. La Forza del Destino (1862) pour Saint Pétersbourg, Don Carlos (1867) pour Paris, et surtout Aïda (1871), commandé pour l’ouverture du canal de suez et l’inauguration de l’opéra du Caire. celeste aida                                                                           source

Sa production d’opéra ralentit sur la fin de sa vie et il écrit, outre de la musique de chambre, son Requiem (1874) qui reste très théâtral. Il rencontre Arigo BOÏTO qui lui apporte le livret d’Otello (1887) et son ultime opéra Falstaff (1892).

verdi otello ave mariaCliquez sur l’image

Il écrit encore les très belles 4 pièces sacrées, créées en 1898.

Verdi meurt à Milan le 27 janvier 1901.

Il a été en phase avec les écrivains de son époque, puisqu’il a écrit Ernani et Rigoletto d’après V.HUGO (1802 – 1885), La Traviata d’après A.DUMAS fils (1824 – 1895) et que SCHILLER (1759 – 1805) dont il a adapté Jeanne d’Arc était presque son contemporain.

Et un petit jeu de mots pourri pour terminer (il ne faut jamais reculer devant un jeu de mots pourri): Savez-vous pourquoi GOUNOD et Verdi étaient fâchés? C’est parce que quand Gounod voulait laver Maria, Verdi ôtait l’eau.

Liste des opéra des Verdi chroniqués sur ce blog :

Macbeth (1847)

Rigoletto (1851)

Le Trouvère (Il Trovatore) (1853)

La Traviata (1853)

La Force du destin (La Forza del destino) (1862)

Aïda (1871)

Simon Boccanegra (1857, puis 1881)

Otello (1887)

Falstaff  (1892 – 1893)

Cinéma, Compositeurs, littérature

TCHAÏKOVSKI, le retour

J’avais laissé notre ami Piotr Illitch en 1875, année où la partition de Carmen l’a bouleversé. Voyons la suite…

En 1876, il compose Francesca da Rimini, un poème symphonique d’après l’œuvre de DANTE.

En 1877, TOLSTOÏ, un demi-dieu pour Tchaïkovski, demande à le rencontrer. Nadejda von MECK, une riche veuve passionnée de musique, le prend sous sa protection en lui versant une rente, ce qui lui permet de vivre pour sa musique. Tchaïkovski a l’idée d’un opéra d’après Eugène Onéguine, de POUCHKINE. Mais une femme entre dans sa vie qui, comme la Tatiana d’Eugène Onéguine, lui envoie une lettre brûlante d’amour.

tchaikovsky air de la lettreCliquez sur l’image

Tchaïkovski accepte le mariage, pensant ainsi faire taire les rumeurs qui commençaient à circuler sur son homosexualité. Très vite, le mariage vire au cauchemar, et Tchaïkovski tente de se suicider.

En 1878, il achève sa quatrième symphonie et Eugène Onéguine. La 4e est créée à Moscou, déclenchant l’indifférence générale. Il commence son Concerto de violon et démissionne du conservatoire de Moscou.

tchaikovsky concerto de violonCliquez sur l’image

Il songe à un nouvel opéra d’après Jeanne d’Arc de SCHILLER, la Pucelle d’Orléans. En 1879, Onéguine est créé à Moscou. Sans rencontrer un succès extraordinaire, l’œuvre s’installe quand même au répertoire.

Nadejda négocie avec le chef d’orchestre Édouard COLONNE pour que l’on monte à Paris la 4e symphonie, dont elle est dédicataire. Tchaïkovski part à Paris, puis en Italie, où il écrit le Capriccio italien. Il accepte une commande officielle pour une exposition, ce sera l’ouverture 1812, qui célèbre la victoire des Russes face à Napoléon (si vous écoutez bien, peut-être y reconnaîtrez-vous un thème). Il songe à un nouvel opéra, Mazeppa, et à la demande de Nadejda, écrit son Trio pour piano, violon et violoncelle. En 1884, Mazeppa est achevé et créé simultanément à Moscou et Saint-Pétersbourg. À cette occasion, il est décoré par le tsar.

En 1886, il écrit un opéra, la Charmeuse et à la fin de l’année 1887, il part en tournée en Europe. En Allemagne, il rencontre BRAHMS et GRIEG et en Bohème, DVORAK. De retour en Russie, il écrit la cinquième Symphonie, qui sera créée en 1888. Il compose un nouveau ballet, La Belle au bois dormant qui sera créé en 1890. Il commence un nouvel opéra, la Dame de pique, d’après Pouchkine. La création de la Dame de pique en fin d’année sera enfin un succès. La francophilie de Tchaïkovski s’y retrouve puisqu’il fait chanter à la comtesse se remémorant sa jeunesse un air de GRÉTRY, extrait de Richard Cœur de lion.

Tchaïkovski la Dame de pique air de la comtesseCliquez sur l’image

En 1891, il reçoit une commande de l’opéra de Saint-Pétersbourg : un ballet, Casse-Noisette d’après DUMAS et un opéra, Iolanta.

Tchaikovski Iolanta Netrebko VillazonCliquez sur Iolanta et Godefroid

Cette année-là, sa tournée de chef d’orchestre le mène jusqu’aux États-Unis, où il dirige au Carnegie Hall. À la fin de l’année, les deux œuvres Casse-Noisette et Iolanta sont créées lors de la même soirée.

Début 1893, il écrit sa sixième symphonie, dite Pathétique, et il meurt du choléra le 6 novembre, juste après la création de cette dernière.

tchaikovsky 6e symphonieCliquez sur l’image

Pour les cinéphiles, on peut noter que la symphonie pathétique est le titre français de la « biographie » que le cinéaste Ken RUSSELL a consacré à Tchaïkovski en 1969 (titre original: The music lovers).