Écrivains, Cinéma, Compositrices, Fables de la Fontaine, littérature, Poésie

CE BON MONSIEUR DE LA FONTAINE (1621 – 1695)

Jean de la FONTAINE (1621 – 1695) est contemporain de RACINE, MOLIÈRE, CORNEILLE, BOILEAU, mais aussi de QUINAULT, le librettiste phare de LULLY.

Il est né le 6 juillet 1621 à Château-Thierry. Le petit Jean suit ses études au collège de Château-Thierry, à la suite desquelles il est tenté par une vocation religieuse. Cette vocation ne durera toutefois pas.

En 1647, La Fontaine se marie avec Marie Héricart, avec qui ils auront un fils, Charles. Ils partent à Paris et La Fontaine fait la connaissance de Fouquet, pour qui il écrit Adonis (1658) et Le Songe de Vaulx (1659-1661). Hélas, la disgrâce de Fouquet l’oblige à quitter Paris.

En 1664, il entre au service de la duchesse d’Orléans, ce qui vaut promesse d’anoblissement. Il publie les Nouvelles en vers tirées du Boccace et de l’Arioste. Ce recueil de contes sera suivi de plusieurs autres, dont le contenu, licencieux, lui vaudra quelques problèmes.

En 1674, il rédige le livret de Daphné pour Lully, mais celui-ci le refuse ce qui provoquera chez La Fontaine un vif ressentiment. Une autre tragédie musicale, Astrée et Céladon, sera mise en musique par Collasse, un élève de Lully, en 1691, mais ne connaîtra pas le succès. (Pour les cinéphiles, Éric Rohmer en tirera son dernier film en 2006).

C’est entre 1678 et 1679 qu’il fait paraître ses premiers livres de  Fables, qui le rendront célèbres jusqu’à nos jours. Une nouvelle série de fables sera publiée quelque temps avant sa mort.

En 1684, la Fontaine entre à l’Académie française.

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris

Il est connu essentiellement pour ses fables, dont certaines sont des adaptations du fabuliste ÉSOPE, mais il est également auteur de contes licencieux qui lui ont valu quelques problèmes. Sur la fin de sa vie, il s’essaiera aussi à l’opéra, mais ce n’est pas pour ces essais qu’il est resté à la postérité.

Retrouvez en fin de ce billet quelques fables musicalisées par mes soins.

Le XVIIIe siècle verra beaucoup d’opéras-comiques signés par les maîtres du genre qu’étaient DAUVERGNE, PHILIDOR ou DALAYRAC.

RAMEAU écrit Les Paladins (1760) d’après le conte Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries.

rameau les paladinsCliquez sur l’image

GLUCK écrit l’Ivrogne corrigé (1760) d’après la fable l’Ivrogne et sa femme, ainsi que L’Arbre enchanté, ou le Tuteur dupé (1775).

gluck l'ivrogne corrigéCliquez sur l’image

Le prolifique GRÉTRY écrit le Magnifique (1773) d’après un de ses contes et le Comte d’Albert (1786).

grétry le magnifiqueCliquez sur le superbe cheval

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris, à l’âge de 73 ans, mais son œuvre lui survit.

Au XIXe siècle, GOUNOD met en musique des fables et écrit La Colombe, d’après la fable le Faucon.

gounod la colombeCliquez sur l’image

Il écrit aussi l’opéra Philémon et Baucis sur la fable du même nom, elle-même inspirée des Métamorphoses d’OVIDE.

Gounod Philémon et Baucis

OFFENBACH met en musique six fables, avant d’écrire Le Financier et le Savetier (1856).

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

La Fontaine continuera à être largement mis en musique au XXe siècle, avec notamment le ballet Les Animaux modèles de POULENC ou les œuvres d’Isabelle ABOULKER qui écrit un opéra de poche Jean de la Fontaine parmi nous, ainsi qu’une fabl’opéra La Fontaine et le Corbeau.

aboulker la fontaine et le corbeauCliquez sur l’image

Outre les opéras, ses fables ont été mises en musique par de très nombreux compositeurs.

Parmi eux/elles, citons

Pauline VIARDOT-GARCIA avec le Chêne et le Roseau et le Savetier et le Financier.

Charles LECOQ (six fables)

Camille SAINT-SAËNS (La Cigale et la Fourmi)

André MESSAGER (Les deux pigeons)

André CAPLET (Le Corbeau et le renard, la Cigale et la Fourmi, le Loup et l’Agneau)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur l’image

Graciane Finzi (le Lièvre et la Tortue)

VILLA-LOBOS, ALBENIZ, TUTTI & QUANTI

Il y aurait de quoi écrire un billet de ce blog rien que sur ces mises en musique.

Je vais laisser le mot de la fin à Pierre PERRET et sa version très personnelle du Corbeau et du Renard, Le Corbaque et le Frometon.

pierre perret le corbeau et le renardCliquez sur l’image

Avec sa morale :

… Et entonnant « Rigoletto » il laissa choir son calendo.

On doit reconnaître en tout cas
Que grâce à Monsieur Jean de La Fontaine
Très peu de chanteurs d’opéra
Chantent aujourd’hui la bouche pleine.

(Principales sources : Hérodote.net le média de l’Histoire. https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2476&ID_dossier=500

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard, 1992

Amin MAALOUF, un Fauteuil sur la Seine, éditions Grasset, 2016)

Le Lion et le Rat

Le Loup et l’Agneau.

Le Corbeau et le Renard.

Le Chêne et le Corps beau (d’après La Fontaine).

Le Chêne et le Roseau.

Le Lièvre et la Tordue (d’après La Fontaine).

Cinéma, Compositeurs, littérature

Franz SCHUBERT (1797 – 1828)

Franz SCHUBERT (1797 – 1828) n’est pas connu pour ses opéras, il en a pourtant écrit ou mis en chantier une quinzaine entre 1811 et 1827.

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Schubert naît le 31 janvier 1797 à Vienne. Son père est instituteur et lui donne ses premiers cours de violon alors que l’un de ses frères lui apprend le piano. L’atmosphère est musicale à la maison où, avec son père et deux de ses frères, ils forment un quatuor à cordes.

En 1808 il entre comme petit chanteur à la Chapelle impériale de Vienne, où il bénéficie d’une bonne éducation musicale. Il a comme professeur SALIERI, et entre dans l’orchestre. Il commence à composer dès 1810 des pièces pour piano, des lieder déjà, des quatuors à cordes, sa première symphonie.

En 1813, après la mue, il quitte la Chapelle impériale et entre à l’école normale, pour devenir instituteur comme son père.

Il écrit son premier chef-d’œuvre à dix-sept ans, le lied Marguerite au rouet, d’après GOETHE. De 1814 à 1816, il ne cesse d’écrire, et ce sont des symphonies, des messes, les premières sonates pour piano, des opéras, et toujours des lieder.

schubert marguerite au rouetCliquez sur l’image

En 1817, il quitte la maison de son père et loge chez un de ses amis, SCHOBER. Il écrit cette année-là, alors qu’il n’a que vingt ans, six sonates pour piano et de nombreux lieder, dont La Jeune Fille et la Mort et La Truite.

Schubert Der Tod und das MädchenCliquez sur l’image

En 1818, il devient maître de musique des enfants du comte ESTERHAZY et accompagne pendant l’été la famille en Hongrie. Il y compose des œuvres à quatre mains. Cette année-là, il écrit des lieder sur des textes des poètes romantiques allemands NOVALIS et SCHLEGEL, dont les très beaux Chants de la nuit.

De 1819 à 1823, le style de Schubert évolue et il se détache des formes héritées du passé. Il a du mal à achever ses œuvres. C’est le cas de sa huitième symphonie, qui restera célèbre sous le nom de Symphonie inachevée. La réputation de Schubert commence toutefois à dépasser le cercle des amis, et il s’essaie à la composition de singspiel, donnés sans grand succès au Théâtre de Vienne. En 1821, l’éditeur DIABELLI (celui des Variations) publie sur souscription son opus 1, Le Roi des aulnes. Cette même année, les réunions de ses amis autour de la musique de Schubert s’institutionnalisent, ce sont les fameuses Schubertiades.

schubert erlkonigCliquez sur l’image

En 1822 et 1823, il compose deux opéras, Alfonso und Estrella et Fierrabras, pour Vienne qui voulait des opéras écrits en allemand, mais la vague ROSSINI balaie tout sur son passage à l’époque et Schubert ne réussit pas à les faire représenter au théâtre. La même mésaventure est arrivée à WEBER avec Euryanthe.

Schubert Fierrabras Bald wie es klar

Fin 1822, il contracte la syphilis, et dès lors sa santé va se dégradant. C’est à cette époque qu’il compose la Wanderer Fantaisie. En 1823, Schubert compose le cycle de lieder La Belle Meunière. En 1823, il écrit une musique de scène pour Rosamonde et en 1824, il se consacre essentiellement à la musique de chambre avec les quatuors Rosamonde et La Jeune Fille et la Mort, mais aussi son octuor pour cordes et vents, et la sonate Arpeggione (du nom d’un instrument aujourd’hui disparu).

En 1825, Schubert succombe à la Walter Scott-mania, de cet écrivain écossais dont le romantisme a conquis son époque. Il écrit notamment sept lieder sur La Dame du Lac. Il commence sa dernière symphonie, la Grande Symphonie en Ut n°9. Sa réputation croît et ses sonates commencent à être publiées et jouées par les pianistes de son époque.

1826 est l’année de l’achèvement de sa symphonie n° 9, de son quinzième quatuor à cordes et de la dix-huitième sonate pour piano. Il écrit également ses deux trios op. 99 et 100. (Si vous avez vu le film Barry Lindon de KUBRICK, vous vous souvenez certainement de ceci.)

scubert trio opus 100Cliquez sur l’image

En 1827, à la mort de BEETHOVEN, Schubert participe aux cérémonies de ses funérailles. Il compose son testament musical, un dernier cycle de lieder, le bouleversant Winterreise (le Voyage d’hiver) sur des poèmes de MÜLLER, que je considère comme un véritable petit opéra pour voix et piano.

schubert winterreise gute nachtCliquez sur l’image

Schubert meurt le 19 novembre 1828 de la fièvre typhoïde, à 31 ans, laissant derrière lui quelque 500 à 600 lieder, dont certains sur des poèmes de Goethe, SCHILLER ou HEINE, vingt et une sonates pour piano, quinze quatuors, une dizaine d’œuvres pour la scène, neuf symphonies, et quantité de pièces (impromptus, moments musicaux, messes, quintettes…).

Retrouvez ici quelques compositions pour les chœurs.

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

LES LIBRETTISTES

On connaît généralement bien dans l’univers de l’opéra les compositeurs, les chanteurs et les chefs d’orchestre, voire les metteurs en scène (en bien ou en mal), mais il y a une catégorie dont on parle peu : les auteurs des livrets, encore appelés librettistes (de l’italien libretto = livret). Et pourtant, sans eux, pas d’histoire et sans histoire, pas d’opéra.

Certains auteurs, et non des moindres, se sont prêtés au jeu d’écrire des poèmes (c’est ainsi qu’on appelait les livrets, car jusqu’au XIXe siècle, ils étaient écrits en vers, tout comme les pièces de théâtre) pour les compositeurs de leur époque.

Ainsi, LULLY (1632 – 1687) a commencé ses comédies-ballets avec MOLIÈRE et Molière s’associera avec CORNEILLE et QUINAULT pour le livret de Psyché (1671). Plus tard, après la brouille entre Molière et Lully, Quinault deviendra le librettiste attitré de Lully, alors que Marc-Antoine CHARPENTIER écrira les musiques de Molière.

Le successeur de Lully en France, RAMEAU (1683 – 1764) commence sa carrière à l’opéra avec un livret de VOLTAIRE, Samson (vers 1732). Le rival de Voltaire, ROUSSEAU, écrit lui-même le livret de son opéra Le Devin du village (1752). Rameau a écrit un autre ouvrage en collaboration avec Voltaire, La Princesse de Navarre (1745), dont une reprise fut confiée à … Rousseau dès la fin de cette année 1745.

Pendant ce temps en Italie, MÉTASTASE (Pietro METASTASIO) (1678 – 1782) écrivait des livrets d’opéra. Plus de 1000 opéras seront écrits sur les 27 poèmes de Métastase. MOZART lui-même les mettra en musique : Il Re pastore (1775) et La Clémence de Titus (1791). Mozart travaillera également avec un autre librettiste, Lorenzo DA PONTE pour sa « trilogie Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni.

À propos des Noces de Figaro, BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) a écrit son propre opéra, Tarare, qui sera mis en musique par SALIERI., le « rival » de Mozart.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Victor HUGO a adapté lui-même son œuvre Notre-Dame de Paris pour la Esmeralda de Louise BERTIN.

La première moitié du XIXe siècle en France est celle d’Eugène SCRIBE (1791- 1861). La liste des compositeurs pour qui il a écrit est impressionnante, de BOÏELDIEU et sa Dame blanche (1825), ROSSINI et le Comte ORY (1828), MEYERBEER et Robert le diable (1831), HALEVY avec La Juive (1835) ou DONIZETTI avec La Fille du régiment (1840).

boïeldieu la dame blanche ouvertureCliquez sur Boïeldieu

Mais c’est avec D.F.E. AUBER que sa collaboration a été la plus féconde, puisqu’ils ont travaillé ensemble sur 38 opéras ou opéras-comiques, dont La Muette de Portici (1828) ou Gustave III ou le Bal masqué (1833). Les livrets de Scribe ont été souvent réutilisés, par exemple Le Philtre (1831) écrit pour Auber est devenu l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le vaudeville La Somnambule (1819) servira de trame à l’opéra du même nom de BELLINI en 1831, et le Gustave III servira de support au Bal masqué (1859) de VERDI. Scribe a d’ailleurs écrit le livret du premier opéra écrit par Verdi pour l’opéra de Paris : Les Vêpres siciliennes (1855).

verdi les vêpres siciliennesCliquez sur l’image

Certains compositeurs soucieux de l’équilibre entre texte et musique ont écrit eux-mêmes leurs livrets. C’est le cas notamment de Wagner (1813 – 1883).

Sur la fin de sa vie, Verdi a travaillé avec Arrigo Boïto, lui-même auteur d’opéras (Hamlet, Mefistofele). Ils écriront ensemble Otello (1884) et Falstaff (1890). Outre Verdi, Boïto a écrit le livret La Gioconda (1876) de Ponchielli.

Les librettistes se sont parfois mis à deux pour écrire leurs textes. Le duo le plus connu est celui formé par Meilhac et Halévy, les auteurs de La belle Hélène (1864) pour Offenbach, Carmen (1875) pour Bizet ou encore Manon (1881) pour Massenet.

À propos de Carmen, on peut noter que le librettiste Ludovic Halévy était  le cousin de la femme de Bizet, Geneviève Halévy, elle-même fille du compositeur Halévy, auteur de La Juive et professeur de Bizet au conservatoire.

J’ai lu récemment sur un blog consacré à l’opéra un article sur un autre duo de librettistes, celui formé par HAVRE et CAUMARTIN, duo injustement tombé dans l’oubli.

massenet manon acte IICliquez sur l’image

Au XXe siècle, on peut noter la collaboration fructueuse de Richard Strauss et HOFMANNSTHAL. À la mort d’Hofmannsthal, Strauss se tournera vers d’autres librettistes, notamment Stefan Zweig qui lui écrira La Femme silencieuse (1935).

strauss rosenkavalier duo 2e acteCliquez sur l’image

Colette a écrit pour Ravel le livret de l’Enfant et les sortilèges, mais ce n’est pas la seule femme librettiste. Découvrez-en plus avec Aliette de LALEU, de France Musique.

aliette de laleu librettistesCliquez sur l’image

Compositeurs, histoire, littérature

Jean-Baptiste LULLY (1632 – 1687)

Jean-Baptiste Lully est né à Florence le 28 novembre 1632. Il est venu en France à l’âge de 11 ans (il est marmiton à la cour).

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Le jeune Lully est chosi en 1946 par le chevalier de GUISE, qui recherchait pour sa cousine, mademoiselle de MONTPENSIER, un jeune Italien susceptible de converser avec elle dans la langue italienne. Son service durera jusqu’en 1652.

Ses talents de musicien le distinguent et il participe à la mise en place de ballets, qui était le genre musical en vogue à la Cour avant l’Opéra. Il est nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du Roi, et s’impose peu à peu dans le genre du ballet.

Début 1653, il est chargé de régler un ballet, Le Ballet de la Nuit, dans lequel il fait jouer le roi sous le masque du Soleil. De là viendra le nom de Roi-Soleil qui restera celui de Louis XIV pour la postérité.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par Louis XIV (1661), il reçoit les positions de surintendant de la musique du roi et de maître de la musique de la famille royale. En 1662, il se marie avec la fille du compositeur Michel LAMBERT.

Sa collaboration avec MOLIÈRE dans les comédies-ballets commence en 1664 avec Le Mariage Forcé. Suivront ensuite notamment L’Amour Médecin (1665) et Le Bourgeois Gentilhomme (1670). En 1671, Molière et CORNEILLE écrivent ensemble Psyché, que Lully met en musique.

lullt le bourgeois gentilhommeCliquez sur l’image

En 1672, Lully rachète à PERRIN le privilège royal de l’opéra pour toute la France. Il devient alors Directeur de l’Académie Royale de Musique, où il créera 14 tragédies en musique ainsi que plusieurs ballets et œuvres diverses jusqu’à sa mort en 1687. Il sait adapter à la perfection le chant à la diction du français, et s’attache les services de QUINAULT pour rédiger les livrets de ses opéras. Parmi ceux composés avec Quinault figurent Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Thésée (1675), Atys (1676) et Roland (1684).

lully atysCliquez sur l’image

Opéra et politique : À l’époque de Louis XIV, il fallait flatter le souverain. Ainsi, chacune des tragédies lyriques de Lully commence-t-elle par un prologue vantant les grandes Qualités du roi, desquelles les dieux eux-mêmes étaient jaloux.
Ainsi dans Alceste, c’est la nymphe de la Seine qui se languit du retour du Héros (comprendre Loulou XIV, parti à la guerre). Dans Atys, c’est à un dieu que l’on compare le roi. Dans Roland, il est comparé à Roland, le héros de l’Orlando Furioso, et dans Armide (1686), c’est la Gloire et la Sagesse qui louent le héros qui possède ces deux qualités.

Après la mort de la reine, et sous l’influence de madame de MAINTENON, Louis XIV a une crise de foi et se détourne de l’opéra. Quinault, son librettiste, tombe en disgrâce et interrompt sa carrière après avoir terminé le livret d’Armide en 1686. Le compositeur doit alors trouver un autre librettiste, CAMPISTRON, pour son dernier chef d’œuvre : Acis et Galatée (1686).

lully armideCliquez sur l’image

Le 22 mars 1687, Lully meurt de la gangrène des suites d’un coup de bâton qu’il s’est donné sur le pied en dirigeant son Te Deum (à l’époque, on marquait la mesure en frappant le sol avec un bâton).

lully te deumCliquez sur l’image

Sa composition la plus connue reste toutefois la chanson Au clair de la lune.

lully au clair de la luneCliquez sur le gramophone

(Source : pour cet article, j’ai consulté l’excellent Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcel BENOIT, éditions Fayard, 1992).

Lully est le premier des musiciens italiens à être venus exercer leurs talents en France.

Compositrices, Divers, Histoire de l'opéra

DES OPÉRAS POUR LES ENFANTS

Les adultes ne sont pas les seuls à avoir le privilège d’aller à l’opéra. C’est à peu près à partir du XXe siècle que les compositeurs ont eu envie de s’adresser aux enfants.

Ainsi, en 1915, César Cui, du Groupe des cinq, écrit le Chat botté d’après le conte de Charles Perrault.

Cui le Chat botté

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Peu après, Ravel écrit, sur un livret de Colette, l’Enfant et les sortilèges  (1917 – 1924).

Écrit en 1922-1923 et créé en 1924, l’opéra de Janacek la Petite Renarde rusée est un magnifique conte pour enfants, dans lequel il ne fait pas forcément bon être poule.

janacek petite renarde

Cliquez sur la renarde

En 1936 dans le conte musical Pierre et le loup, Prokofiev associe à chaque personnage un instrument particulier. Quelle belle découverte des timbres de l’orchestre pour les enfants !

pierre et le loup

Cliquez sur Peter USTINOV

En 1938, le Tchèque Hans Krasa écrit Brundibar, un opéra pour les enfants. Cet opéra sera créé en 1943 par les enfants du camp de concentration de Theresienstadt !

Krasa Brundibar

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En 1949, Britten qui s’est toujours intéressé à rendre la musique accessible à tous a écrit Faisons un opéra, le petit ramoneur (1949), un opéra destiné aux enfants.

britten petit ramoneur

Cliquez sur le ramoneur

Poulenc, lui, a mis en musique l’Histoire de Babar.

poulenc babar

Cliquez sur Babar

Bien entendu, au XXIe siècle, les maisons d’opéra continuent de créer des œuvres destinées aux enfants, c’est ainsi qu’on a pu entendre pendant la saison 2018 – 2019 à Lille Coraline de Mark-Anthony Turnage…

coraline

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… et à Lyon Les Enfants du Levant, d’Isabelle Aboulker.

les enfants du levant

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D’Aboulker, on peut aussi relever Douce et Barbe-bleue.

Aboulker douce et Barbe-bleue

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Je parle dans un autre billet des enfants à l’opéra, mais dans le sens où les enfants ont un rôle dans les opéras écrits pour les grands. Sans attendre, je précise qu’un opéra comme la Flûte enchantée de Mozart a tout pour plaire aux enfants, même s’ils ne comprennent pas le sous-texte, avec son serpent géant, son prince et sa princesse, la reine de la nuit dans le rôle de la sorcière, ou encore le personnage de l’oiseleur Papageno.

Et puis si vous voulez faire chanter vos petits enfants, vous pouvez le faire avec le karaoké des comptines !

Retrouvez ici les opéras tirés des contes de Charles Perrault.

Découvrez ici le Grand lavomatique aquatique, le seul opéra écrit pour ukulele :

Le grand lavomatique aquatique

Compositeurs, histoire

D.F.E. AUBER (1782 – 1871)

Avant que d’être une station de RER, située entre les métros Opéra et Havre-Caumartin, Daniel François Esprit AUBER (1782 – 1871) a été un des compositeurs les plus fameux de son siècle.

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Si la proximité d’Auber avec Opéra est évidente (toutes les rues du quartier Opéra portent des noms de compositeurs ou de librettistes), le lien avec HAVRE et CAUMARTIN l’est moins. Peut-être s’agit-il d’un duo de librettiste, comme MEILHAC et HALÉVY. Si vous avez un avis sur le sujet, merci de me le faire savoir !

(Rajouté le 1er avril 2019, pour tout savoir sur Havre & Caumartin, cliquez sur le lien.)

Né à Caen le 29 janvier 1782, Auber meurt à Paris pendant la commune. Sa famille s’installe à Paris à la Révolution. Le premier professeur d’Auber est Jean-Blaise MARTIN, baryton à l’Opéra–Comique (c’est lui qui a laissé son nom à la tessiture de baryton Martin). En 1802, son père l’envoie à Londres pour y apprendre l’anglais et les bases du commerce. Heureusement, la reprise de la guerre avec les Anglais le renvoie à Paris dès 1803. Il commence alors une carrière de musicien de salon (quatuor à cordes, piano, premier opéra-comique). En 1805, il rencontre CHERUBINI, alors Inspecteur du Conservatoire Impérial de Musique et approfondit son métier auprès de celui-ci pendant trois ans.

Il fait la connaissance du comte de Chimay qui le soutient. Son deuxième opéra-comique Jean de Couvin est donné au château de Chimay en 1812.

En 1819, la mort de son père le force à devenir non seulement indépendant, mais aussi responsable de sa famille. À partir de ce moment, il écrit en moyenne une œuvre lyrique par an. En 1823, il rencontre ROSSINI, venu à Paris pour s’occuper du Théâtre Italien. La découverte de sa musique va changer son style, la rendant plus vivante. Il rencontre également Eugène SCRIBE, l’un des plus importants librettistes du siècle. Ils écriront ensemble trente-sept ouvrages, presque tous des succès.

L’Opéra de Paris lui confie la composition d’un opéra en cinq actes. Ce sera La Muette de Portici (1828), qui sera un triomphe et fondera les bases d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française (le GOf). Notons à propos de La Muette de Portici que le duo « Amour sacré de la Patrie » a donné, en pleine représentation à Bruxelles, le signal de la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

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En 1829, Auber entre à l’Académie des Beaux-Arts. Parmi les ouvrages qui ont suivi, citons Fra Diavolo en 1830, qui renforce sa renommée.

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Suivront notamment Le Philtre (1831) dont le livret servira à DONIZETTI pour L’élixir d’amour (1832), Gustave III ou le Bal masqué (1833), dont le livret servira à VERDI pour Un ballo in maschera (1859) et un Manon Lescaut (1856), avant ceux de MASSENET et PUCCINI.

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En 1842, Auber succède à Cherubini au poste de Directeur du Conservatoire. Dans la deuxième moitié du siècle, les goûts changent et les œuvres d’Auber rencontrent moins de succès. Il meurt le 12 mai 1871, dans les bras d’Ambroise THOMAS qui lui succédera au Conservatoire.

À titre personnel, j’ai un gros faible pour Gustave III, roi de Suède (1833), que j’ai eu la grande chance de chanter à l’Opéra impérial de Compiègne il n’y a guère (tendez bien l’oreille en écoutant les chœurs, vous pourrez m’entendre).

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Animation 1, Compositrices, Contes et légendes, Divers, littérature, Mythologie

CENDRILLON (CINDERELLA – CENERENTOLA)

Parmi les contes et légendes de notre enfance figure l’histoire de Cendrillon, cette petite fille victime de sa marâtre et de ses deux vilaines sœurs qui la confinent aux tâches domestiques.

Archétype des contes, on en connaît des versions dans toutes les cultures, et ce depuis l’antiquité. Par exemple, dans l’Égypte antique, on trouve l’histoire d’une jeune esclave à qui un aigle enleva une chaussure puis la fit tomber au pied du pharaon, qui n’eut alors de cesse que de retrouver la propriétaire de cette chaussure.

Les versions que nous connaissons sont celle de Perrault (1697) ou celle des frères Grimm un siècle plus tard.

Étant donné son sujet à portée universelle, il n’est donc pas étonnant que l’Opéra s’en soit emparé, et ce dès 1759 avec un opéra-comique de Laruette.

Parmi les versions qui nous sont restées figure la Cenerentola (1817) de Rossini

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L’opéra Cendrillon (1899) de Massenet est encore parfois représenté.

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Créé en 1900, le Conte du tsar Saltan de Rimsky-Korsakov reprend le thème du tsar qui cherche une épouse, et finit par choisir la plus jeune de 3 sœurs, provoquant la fureur et la vengeance des deux ainées et de leur mère.

On peut noter encore Cendrillon (1904), un opéra miniature (merci Wikipédia) de Pauline Viardot.

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En 2002, la compositrice Isabelle ABOULKER écrit Cendrillon, un opéra pour enfants.

Aboulker CendrillonCliquez sur l’image

D’autres adaptations musicales existent, dont le ballet de Prokofiev datant de 1940, ou encore des comédies musicales.

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Les studios DISNEY ne se sont pas trompés sur la portée universelle du conte en créant le dessin animé Cendrillon (Cinderella en VO) en 1950.

Cendrillon DisneyCliquez sur l’image

En 2016, une jeune anglaise âgée de dix ans écrit Cinderella, son premier opéra complet.

Deutscher Cinderella Up in the skyCliquez sur l’image

Compositeurs, Compositrices, Divers, Histoire de l'opéra

8 MARS 2019 – JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale de la Femme (en France, on ajoute des droits de la Femme) qu’il faut en conclure que les 364 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs.

Je vais vous parler ici de quelques femmes compositrices, en commençant par Élisabeth JACQUET DE LA GUERRE (1665 – 1729), qui a écrit et joué pour Louis XIV et Louis XV. Dans le domaine de l’opéra, elle a composé la tragédie lyrique Céphale et Procris, mais devant le peu de succès rencontré, elle s’en est arrêtée là. D’elle sont restées des cantates et des pièces pour clavecin.

jacquet der la Guerre

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Au XIXe siècle, on peut citer Louise BERTIN (1805 – 1877), qui a écrit La Esmeralda dont le livret a été écrit par le grand VH lui-même, d’après son Notre Dame de Paris. Fille du directeur de l’important Journal des Débats, elle a également écrit un Faust. Sa position sociale et son statut de femme l’ont empêchée de connaître un succès qu’elle aurait pourtant mérité, comme en témoigne l’estime que BERLIOZ lui témoignait.

louise Bertin

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Pendant ce temps en Allemagne, Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847) jouait du piano et composait, malgré l’avis de son père, et de son frère Félix. Ce n’est qu’après son mariage qu’elle pourra développer son art musical, et se faire jouer et publier. Elle a surtout écrit des pièces pour piano, des romances et des cantates. Quand vers la fin de sa vie, elle se lance pour faire connaître sa musique, ses contemporains ne veulent pas croire qu’une femme ait composé cette musique, et l’accusent d’avoir pillé son frère !

fanny mendelssohn

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Clara SCHUMANN (1819 – 1896) composait également, mais ce sont ses talents de pianiste qui étaient reconnus, pas ceux de compositrice, et c’est son Robert (SCHUMANN) de mari qui est resté pour la postérité comme un génie de la composition.

clara schumann

Mélanie BONIS (1858 – 1937) choisit comme pseudonyme Mel BONIS pour ses compositions musicales, pour ne pas être reconnue comme femme compositeur. Elle entre au conservatoire à 18 ans. C’est là qu’elle rencontre un chanteur-poète, qui sera le grand amour de sa vie, mais sa famille lui impose un mariage « sérieux ». Elle mettra en musique bien des poèmes de son amour. Sur la fin de sa vie, elle se consacre à de la musique religieuse.

mel bonis

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Pour le XXe siècle, on peut citer Germaine TAILLEFERRE (1892 – 1983), seule femme du groupe des six. Elle a écrit une œuvre abondante dans différents styles (piano, mélodie, musique de chambre, musique de films, concertos, opéras…). Elle a participé aux Mariés de la Tour Eiffel, sur un texte de COCTEAU, mais a également écrit un opéra de chambre sur un texte de IONESCO : Le Maître.

Deux autres femmes compositrices se sont distinguées, Lili et Nadia BOULANGER. Lili, la cadette, a été la première femme à gagner le grand prix de Rome. Sa carrière a malheureusement été trop brève, car elle est morte à l’âge de 24 ans, en laissant inachevé son opéra La Princesse Maleine, d’après MAETERLINCK.

Lili Boulanger hymne au soleil

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Sa grande sœur Nadia est beaucoup plus connue, car au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de 1000 élèves, dont les compositeurs Aaron COPLAND, Vladimir COSMA, Philip GLASS, Pierre HENRY, Michel LEGRAND ou Lazlo SCHIFFRIN. Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de VERLAINE, HEINE, VH ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de D’ANNUNZIO.

Retrouvez d’autres femmes compositrices le 8 mars 2020.

Compositeurs

Gioacchino ROSSINI (1792 – 1868)

Gioacchino ROSSINI (1792 – 1868) a été un compositeur aussi précoce que fécond, puisqu’il a écrit son premier opéra à l’âge de 14 ans.

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Né le 29 février 1792 à Pesaro, en Italie (d’où son surnom de Cygne de Pesaro), il monte ses premiers opéras à Venise, et connaît la gloire avec l’Italienne à Alger (1813). En 1814, il écrit le Turc en Italie, qui rencontre moins de succès, le public croyant qu’il avait « recyclé » son opéra précédent.

rossini italienne

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Ses succès vénitiens lui ouvrent les portes de la Scala de Milan, où il crée son chef-d’œuvre Le Barbier de Séville en 1816. Il écrit cette pièce en 13 jours, mais il faut dire que, comme VIVALDI le faisait avant lui, il recyclait des airs à succès d’un opéra sur l’autre.

rossini barbier

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Comme ses prédécesseurs du siècle précédent, il a dû aussi composer avec les caprices des divas et divos, qui lui faisaient changer sa musique pour pouvoir se mettre en valeur et briller à coups de vocalises vertigineuses.

En 1817, il écrit La Cenerentola (Cendrillon) et La Gazza ladra (La Pie voleuse).

De 1815 à 1822, il dirige le théâtre royal de Naples, tout en continuant à alimenter les scènes de Rome ou de Milan. C’est pour Naples qu’il écrit la Dame du Lac (La Donna del Lago) en 1819.

Après un passage à Vienne, où la grande vague de sa musique balaie les tentatives de créer un opéra allemand (WEBER et SCHUBERT en seront les victimes), puis à Londres, il s’installe à Paris en 1823, où il prend la direction du Théâtre Italien. Il y monte Le voyage à Reims, écrit à l’occasion du sacre du roi Charles X. Cette œuvre de commande servira de matériau musical quelques années plus tard pour le Comte Ory (1828).

La gloire de Rossini est alors telle que Stendhal écrit sa biographie dès 1824.

Il crée également à Paris un autre de ses chefs d’œuvre, Guillaume Tell, d’après le drame de SCHILLER, en 1829.  Âgé alors de 37 ans, il décide d’arrêter d’écrire pour le théâtre.

rossini guillaume tell

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Il ne quitte pas pour autant la musique, écrivant son Stabat Mater en 1832, une Petite Messe solennelle qui n’a de petite que le nom en 1864, ainsi que diverses petites pièces, qu’il appelle ses péchés de vieillesse, incluant Le duo des chats.

Gastronomie et opéra : Bon vivant, Rossini est aussi l’inventeur d’une recette à laquelle il a laissé son nom, le tournedos Rossini.

Il meurt à Passy le 13 novembre 1868.

De nos jours, Rossini reste populaire non seulement au travers de ses opéras, mais aussi au travers de la pub ou du cinéma, qui n’hésitent pas à utiliser ses musiques tout de suite accrocheuses. Je pense ici par exemple à Orange mécanique de KUBRICK et bien sûr à Tex AVERY.

Compositrices, Contes et légendes, Divers, littérature, Mythologie

ONDINES ET NAÏADES (LES FILLES DE L’EAU)

​Les filles de l’eau, sirènes, ondines, naïades, appartiennent à l’imaginaire populaire, et ceci quel que soit le lieu et quelle que soit l’époque. Il n’est dès lors pas étonnant d’en trouver sur les scènes d’opéra.

Les sirènes, dans la mythologie grecque, étaient des créatures marines mi-femmes, mi-oiseaux. Musiciennes, elles étaient dotées d’une voix telle que quand un marin les entendait, il était fatalement attiré vers elles et se noyait. (Eh oui, il était difficile de résister au chant des sirènes.) On trouve ainsi un duo de sirènes dès le King Arthur(1691) de PURCELL (Two daughters…) suivi du sublime « How hapy the lovers ».

how happy the loversCliquez sur l’image

La compositrice Lili BOULANGER (1893 – 1918) a écrit une pièce intitulée Les Sirènes.

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

C’est aussi le cas de Cécile Chaminade (1857-1944).

Chaminade les SirènesCliquez sur l’image

Créatures vivant en eau douce (près des sources ou dans les rivières), on retrouve les naïades de la mythologie grecque dans les mythologies germaniques sous le nom d’ondines.

Alors que Richard STRAUSS met en scène une ondine dans son Ariane à Naxos, c’est l’adaptation romantique qu’en fait E.T.A. HOFFMANN dans son opéra Ondine qui connaîtra le plus d’avatars puisque TCHAÏKOVSKI écrit un opéra de ce titre (qu’il brûlera devant le peu de succès rencontré par cette œuvre), et surtout DVORAK avec sa Rusalka.

renee fleming rusalkaCliquez sur l’ondine Rusalka

En 1845, LORTZING écrit un opéra romantique magique, Undine.

Lortzing UndineCliquez sur l’image

À l’époque préromantique, il y a eu une supercherie littéraire autour de l’œuvre du barde celtique OSSIAN. Dans ces légendes celtiques apparaît la vierge d’Inistore, qui a été mise en musique par SCHUBERT et BRAHMS.

SCHUBERT, La fille d’Inistore D281.

Vous ne pouvez pas imaginer quel plaisir c’est pour moi de pouvoir mettre du Brahms, un de mes compositeurs préférés, sur ce blog. Et en plus un de mes morceaux favoris (chanté par le Chœur de Chambre du Conservatoire de Lille quand j’y étais, à la fin du millénaire dernier) et proposé ici sous la direction de Frieder BERNIUS, très grand chef de chœur avec qui j’ai eu l’ineffable joie de chanter du… Brahms.

BRAHMS, Gesang aus Fingal, opus 27.

brahms berniusCliquez sur l’image

On trouve aussi des créatures de l’eau sur le Rhin, l’une des plus connues étant la Lorelei, dont le mythe a été popularisé par les romantiques BRENTANO et HEINE. L’histoire de la Lorelei a été abondamment mise en musique, notamment par LISZT et Clara SCHUMANN et il y a même une opérette d’OFFENBACH et un opéra de CATALANI portant ce titre.

De non moins fameuses nixes (les nymphes allemandes) sont les filles du Rhin que l’on retrouve dans L’Or du Rhin de WAGNER (attention, ça commence pianissimo avant de monter progressivement).

On retrouve ces mêmes filles du Rhin à l’issue des 15 heures de l’Anneau du Niebelung. En gros, au début de l’Or du Rhin, les filles du Rhin qui étaient les gardiennes de l’Or du Rhin se le font voler par Alberich (le niebelung) qui pour cela doit renoncer à l’amour. (C’est amour contre richesse, quoi). Avec l’or, Alberich fait forger un anneau magique qui confère le pouvoir à celui qui le possède. Wotan, le dieu en chef le lui vole, et Alberich prononce alors une terrible malédiction sur l’anneau, quiconque le possédera mourra. Wotan doit le céder à deux géants, qui commencent par se tuer (ou plutôt l’un tue l’autre). C’est le début de la malédiction de l’anneau. Wotan veut récupérer l’anneau, mais pour cela seul un être libre peut le faire. C’est très nietzschéen tout ça. (Et attention spoiler, cet être c’est Siegfried). À la fin du Crépuscule des dieux, la walkyrie Brünnhilde fait un bûcher pour brûler le corps de Siegfried, lance l’anneau maudit dans le Rhin et se jette dans le bûcher pour mourir avec son héros. Les filles du Rhin provoquent alors la montée des eaux qui met fin au Walhalla, la demeure des dieux, et ouvre la voie au règne des hommes.

crépuscule finalCliquez sur l’image

Enfin, après cet apocalyptique final, offrons-nous un peu de calme avec Ondine, une pièce pour piano de Maurice RAVEL, extraite de Gaspard de la nuit.