Contes et légendes

666 LE NOMBRE DE LA BÊÊÊTE

Puisque ce billet est le 666e publié sur ce blog, et que 666 est le nombre associé à la Bête de l’Apocalypse, j’ai décidé de vous parler de l’Apocalypse dans la musique.

L’Apocalypse est le dernier livre de la Bible. Elle présente le Jugement dernier, quand Dieu séparera les bons et les méchants, envoyant les bons au paradis et les méchants en enfer. L’Apocalypse est annoncée par les quatre cavaliers de l’apocalypse, et les sept trompettes du Jugement dernier.

Musicalement parlant, l’extrait le plus connu est le « Dies Irae » (« Jour de colère ») qui est souvent un mouvement important dans les Requiems (Messes des morts). Je vous propose ici le traitement de ce thème que fait Hector BERLIOZ dans sa Symphonie fantastique.

Berlioz Symphonie Fantasfique Dies IraeCliquez sur l’image

Alors qu’il était prisonnier au stalag VIII, en 1940, Olivier MESSIAEN a composé une œuvre pour quatre instruments, violon, violoncelle, clarinette et piano, inspirée par l’Apocalypse de Saint-Jean : le Quatuor pour la fin du temps.

Messiaen Quatuor pour la fin du temps Danse de la fureur, pour les sept trompettes.Cliquez sur le quatuor (pour la fin du temps)

En 1942, c’est Jean FRANCAIX qui compose l’oratorio l’Apocalype selon Saint-Jean.

Françaix l'Apocalypse selon Saint-JeanCliquez sur l’image

Plus près de nous, en 1968, c’est le pape de la musique électroacoustique Pierre HENRI qui compose son Apocalypse de Jean.

Henri L'Apocalypse de JeanCliquez sur le magnétophone

Dans un genre moins classique, celui du Heavy Metal, souvent nourri de références plus ou moins occultes ou sataniques, le groupe IRON MAIDEN publiera l’album The Number of the Beast en 1982.

Iron Maiden The Number of the BeastCliquez sur la bête

Mais peut-être ce thème de l’apocalypse vous fait penser à un film, Apocalypse Now de COPPOLA, et à l’utilisation de la Chevauchée des Walkyries lors de la charge des hélicoptères.

Wagner Coppola Apocalypse NowCliquez sur l’image

Contes et légendes, Mes opéras préférés

PARSIFAL, de WAGNER (1882)

WAGNER était féru de légendes antiques (sa bibliothèque personnelle à Bayreuth est assez impressionnante) et il a eu l’idée d’utiliser le personnage de Parsifal dès 1845, à l’époque où il écrivait Lohengrin (qui se trouve être le fils de Parsifal). Plus tard, en 1856, il a aussi songé à faire apparaître Parsifal dans une scène de Tristan und Isolde, en opposant ainsi l’amour profane et l’amour divin. Finalement il écrira le livret de son Parsifal en 1877, d’après Parzival et le conte du Graal de CHRÉTIEN de TROYES, et en composera la musique de 1877 à 1882.

Parsifal a été créé en 1882 à Bayreuth, et Wagner ne voulait pas qu’on le joue ailleurs. Ce sont les États-Uniens qui ont jugé que cet interdit n’était pas valable pour l’Amérique (déjà !) et qui l’ont monté sur scène à New York en 1903. Il faudra attendre 1913 pour que l’exclusivité tombe pour le reste du monde.

Le pitch : Dans le château de Montsalvat où a été recueilli le calice contenant le sang du Christ crucifié, et la lance qui a provoqué sa blessure, les chevaliers du Graal veillent sur ces reliques. Le magicien Klingsor, un prétendant à cette confrérie qui en a été rejeté veut s’emparer du Graal. Pour ce faire, il a créé au pied du château un jardin enchanté peuplé de ses créatures, les filles-fleurs, qui vampent les chevaliers. Ça a été le cas du roi Amfortas, qui s’est laissé séduire par Kundry, une femme à l’effrayante beauté sous l’emprise maléfique de Klingsor. Klingsor en a alors profité pour voler la lance sacrée et en frapper Amfortas. Depuis, celui-ci souffre d’une blessure qui ne guérit pas et répugne à diriger son office. Seul un innocent au cœur pur pourra récupérer la lance et le guérir. Cet innocent, ce sera Parsifal.

Le personnage de Kundry est intéressant. Au naturel, elle ne rêve que de servir les chevaliers, mais quand elle est sous l’emprise magique de Klingsor, c’est à leur perte qu’elle se voue.

Prélude de l’acte I : Dans son prélude, Wagner expose les principaux leitmotivs de son drame sacré : la Cène, le Graal, la Foi et la Lance.

Wagner Parsifal Prélude acte ICliquez sur l’image

Acte I : Dans la forêt entourant le château du Graal, auprès d’un lac, Gurnemanz et deux écuyers attendent l’arrivée d’Amfortas, leur roi, qui vient prendre son bain. Les chevaliers du Graal ont comme mission de veiller sur le Saint-Graal, un vase qui contient le sang du Christ, et sur la lance qui a percé le flanc du Christ sur la croix.

Kundry, une femme inquiétante au service des chevaliers, apparaît.  Elle apporte une fiole d’un baume censé apaiser les douleurs d’Amfortas. Autrefois, Amfortas a succombé à ses charmes, et Klingsor en a profité pour lui voler la lance sacrée, lui causant au passage une blessure qui ne peut pas guérir. Arrive le cortège des chevaliers accompagnant Amfortas au bain, censé soulager ses douleurs. Gurnemanz lui présente le baume de Kundry. Il explique aux écuyers que Klingsor est un ancien prétendant à la confrérie des chevaliers du Graal, mais que ne pouvant respecter le vœu de chasteté qu’exige cette charge, il s’est mutilé et a été rejeté par les chevaliers. Pour se venger, il a créé un jardin magique, peuplé de belles femmes vouées à détourner les chevaliers de leur mission sacrée afin de les perdre. Un seul homme pourra récupérer la lance sacrée : un innocent au cœur pur.

Un jeune homme apparaît, poursuivant un cygne. Il tue le cygne, animal sacré, devant l’assemblée effarée qui le conduit devant Gurnemanz. Le jeune homme ne sait pas répondre aux questions de Gurnemanz, il ne connaît même pas son propre nom. La seule chose qu’il peut dire, c’est qu’il a grandi seul dans la forêt. Kundry raconte son histoire. Le jeune homme a été élevé par sa mère pour éviter qu’il ne suive son père, un ancien chevalier du Graal parti en quête d’aventure, et qui est mort au combat. Parsifal a grandi comme un innocent, sans éducation. Un jour, voyant des chevaliers en armure brillante, il les a suivis. Kundry est alors prise d’une étrange torpeur. Le roi revient du bain et Gurnemanz propose à Parsifal de les accompagner au château du Graal, Montsalvat.

À Montsalvat, les chevaliers entrent solennellement pour la cérémonie. Titurel demande à son fils Amfortas de dévoiler le Graal, comme sa fonction l’y oblige. Ceci réveille sa blessure et il résiste. Il finit par célébrer la Cène et au cours de la cérémonie, le Graal remplit de vin les verres des chevaliers, et dépose à côté un pain, symbole de la manne nourricière. Parsifal a assisté en silence, apparemment inconscient de la symbolique de ce qu’il voit. Mécontent de ce comportement, Gurnemanz le chasse du château.

Wagner Parsifal Wein und BrotCliquez sur les chevaliers recevant le vin et le pain (Wein und Brot)

Acte II : Dans son château, Klingsor tire Kundry de son sommeil pour qu’elle séduise Parsifal, qui se dirige vers son château. Parsifal se bat contre la garde de Klingsor, composée des chevaliers qu’il a détournés de leur devoir. Devant la bravoure au combat de Parsifal, la garde s’enfuit. Le château de Klingsor s’enfonce alors sous la terre, faisant place à un magnifique jardin peuplé des créatures de Klingsor, les filles-fleurs. Elles entourent Parsifal et cherchent à le séduire, mais Parsifal leur résiste.

Wagner Parsifal Acte II Hier war das Tosen (les filles-fleurs)Cliquez sur les filles-fleurs

Kundry apparaît à son tour, et lui raconte son histoire. Elle lui donne son nom « Fol si pur » (Parsifal) qui lui rappelle que sa mère l’appelait ainsi. Elle lui annonce alors que sa mère est morte quand il est parti. Elle profite du trouble de Parsifal pour lui donner un baiser, mais ce baiser dissipe l’enchantement et Parsifal, revivant la scène du Graal, revit également les souffrances d’Amfortas et le baiser qu’il a reçu de Kundry et qui a provoqué sa chute et sa blessure. Il la repousse. Kundry explique qu’elle a été condamnée pour avoir ri du Christ dans sa Passion, et que le baiser de Parsifal la délivrera de son sort. Parsifal refuse encore, car accepter, ce serait les condamner tous les deux.

Wagner Parsifal Amfortas, Die WundeCliquez sur Parsifal

Kundry appelle Klingsor à l’aide. Celui-ci apparaît, porteur de la lance sacrée. Il la jette vers Parsifal, mais elle s’arrête en l’air sans l’atteindre au-dessus de la tête de Parsifal. Parsifal s’en saisit alors, et traçant un signe de croix, fait ainsi disparaître le château de Klingsor et tous ses enchantements.

Acte III : Gurnemanz vit en ermite au pied du Burg de Montsalvat. Entendant des gémissements dans un fourré, il tire Kundry d’un long sommeil magique, et celle-ci ne pense plus qu’à une chose, servir.

Wagner Parsifal Von dorther kam das StöhnenCliquez sur l’image

Un chevalier en armure noire apparaît. Gurnemanz lui demande de baisser les armes en ce lieu sacré et en ce jour du Vendredi saint. Le chevalier s’exécute et Gurnemanz reconnaît Parsifal, qui le salue. Il dit qu’il vient voir Amfortas, persuadé qu’il est de pouvoir le sauver. Gurnemanz explique alors que depuis le départ de Parsifal, Amfortas, voulant mourir, n’a plus assuré le service du Graal, tarissant la source qui leur apportait la manne céleste qui les protégeait de la vieillesse. Titurel vient d’ailleurs d’en mourir. Quand Gurnemanz reconnaît la lance sacrée dans les mains de Parsifal, il sait qu’il a en face de lui l’innocent au cœur pur, seul capable de cet exploit. Kundry lave les pieds de Parsifal et Gurnemanz ses cheveux, puis il oint Parsifal, le sacrant nouveau prêtre du Graal. Parsifal donne le baptême à Kundry et tous trois entrent dans le château du Graal. C’est le Vendredi saint (l’enchantement du Vendredi saint).

Wagner Parsifal acte III Enchantement du vendredi saintCliquez sur Kundry, Gurnemanz et Parsifal

Dans la grande salle, les chevaliers entrent en un double cortège. Les uns portent la dépouille mortelle de Titurel, les autres Gurnemanz sur sa couche. Les chevaliers demandent à Amfortas de dévoiler le Graal, mais celui-ci refuse. Parsifal entre alors, et, touchant la blessure d’Amfortas de la pointe de la lance, le guérit. Il demande alors que l’on dévoile la châsse où se trouve le Graal. Celui-ci s’illumine et une colombe descend du plafond de la coupole et vole au-dessus de la tête de Parsifal. Les chevaliers et des chœurs célestes rendent hommage au nouveau roi. Kundry, délivrée, tombe à terre et meurt.

Wagner Parsifal Höchsten Heiles WunderCliquez sur l’image

Agenda Ironique, Contes et légendes, Mythologie

LES FÉES SONT D’EXQUISES DANSEUSES

« Les fées sont d’exquises danseuses », tel est le thème proposé par Tout l’opéra (ou presque) (c’est moi) pour l’Agenda Ironique d’avril 2022. Les contraintes étaient de glisser les termes archéoptéryx, palimpseste et calembredaine.

Fidèle à mon habitude, j’ai commencé par me gratter l’occiput en me demandant ce que je pourrais bien raconter sur ce thème très debussyste. J’ai commencé par imaginer un faux sonnet de MALLARMÉ Les purs ongles très haut de l’archéoptéryx, mais foin de calembredaine, j’ai vite renoncé devant l’ampleur de la tâche. N’est pas Mallarmuche qui veut.

J’ai alors repris mon grattage occiputal quand m’est arrivé un message de l’opéra de Lille, au sujet des animations qui auront lieu autour des prochaines représentations du Songe d’une nuit d’été de BRITTEN, et je me suis dit « Bon sang, mais c’est bien sûr ! »

Le Songe d’une nuit d’été (A Midsummer night’s dream) est une comédie féérique de SHAKESPEARE qui se passe au royaume des fées. Il y a un chassé-croisé amoureux entre deux couples d’humains, chassé-croisé manipulé par Obéron, le roi des elfes et Titania, la reine des fées, avec l’aide de Puck un esprit malicieux qui joue le rôle de Cupidon.

Cette comédie a inspiré bien des compositeurs, à commencer par PURCELL et son Fairy Queen (la Reine des fées).

Purcell the Fairy Queen Now the nightCliquez sur l’image

Vers la fin de sa vie, WEBER est parti à Londres pour écrire, en anglais, Oberon son dernier opéra.

Weber Oberon OuvertureCliquez sur le cor de Puck

L’adaptation la plus connue de la féérie de Shakespeare est sûrement celle de MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène destinée à accompagner les représentations théâtrales. De très nombreux ballets ont été écrits sur cette musique. Quelques musicologues chafouins ont avancé l’hypothèse que l’œuvre de Mendelssohn ne serait qu’un palimpseste de celle de Weber, mais des études plus poussées ont montré qu’il s’agit là d’une légende.

Mendelssohn le Songe d'une nuit dété Chœur des elfesCliquez sur le chœur des elfes

Très intéressant également est l’opéra du même nom que BRITTEN écrira avec l’aide de son ami Peter PEARS en 1960.

Britten a midsummer night's dream final (chœur des fées)Cliquez sur le chœur des fées

Plus près de nous, on peut encore noter El sueño de una noche de verano, une comédie musicale d’Astor PIAZZOLA.

Piazzolla El Sueno de una noche de veranoCliquez sur le bandeoniste

Et puisque cet article vient de la pièce de DEBUSSY les fées sont d’exquises danseuses (si, si, je vous assure), terminons avec Debussy et sa danse de Puck.

Debussy la Danse de PuckCliquez sur Debussy

Et pour voter pour votre histoire préférée, c’est ici.

Contes et légendes, Divers, Fantaisie, littérature, Mythologie, Philosophie, Premier avril

LA FÉE NOMMÉE MÈNE AU LOGIS DE L’ESPRIT

Cette fée qui nous mène au logis est nommée Morgane. Morgane est la sœur du roi Arthur, et son royaume est l’île d’Avalon.

Morgane, donc, aurait soigné son frère blessé sur son île, avant qu’il ne reparte réunir les Celtes. Plus tard, quand le roi Arthur sera blessé à mort, c’est à Avalon qu’elle le mènera pour rejoindre son dernier logis. Avalon était une île située aux confins du monde, hors du temps même, et aisément assimilable à l’île des morts. On peut ainsi considérer que la fée nommée mène au logis de l’esprit (d’Arthur). C’est du moins la thèse qu’a défendue le philosophe HEGEL dans son célèbre traité datant de 1807. Initialement, Friedrich voulait l’intituler « la Fée nommée Morgane mène à son dernier logis l’esprit d’Arthur« , mais son éditeur, trouvant ce titre trop long, lui a suggéré « la fée nommée mène au logis de l’esprit« .

La geste d’Arthur réunissant les Celtes nous est narrée dans King Arthur, de PURCELL.

purcell king arthur cold song nomiCliquez sur le génie du froid

La fée Morgane aurait inspiré un grand amour à Merlin l’enchanteur, qui lui a enseigné beaucoup de ses enchantements. Dans les versions plus tardives de la geste arthurienne, c’est la fée Viviane, le double antithétique de Morgane, qui joue ce rôle.

Alors que Viviane, vierge et voulant le rester ne s’intéresse qu’au bien de Lancelot (c’est elle qui est à l’origine du roman la Dame du lac de Walter SCOTT),

Rossini la donna del lago Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Morgane, elle, se livre à sa sensualité et perturbe les Chevaliers de la Table ronde (un peu comme la pécheresse Kundry dans Parsifal de WAGNER.)

Wagner Parsifal KundryCliquez sur Kundry

Arnoldo POIVRIERI a écrit l’opera-seria Fata Morgana (en italien, la fée Morgane s’appelle fata Morgana) sur un livret de son fidèle Lorenzo Da Ponte. Le rôle-titre a été pensé pour sa chanteuse favorite, Julia Wanga. La partition en est malheureusement perdue, brûlée dans l’incendie de l’opéra de Saint-Glinglin comme presque toute l’œuvre de Poivrieri. Heureusement, on peut se faire une idée de cette musique en écoutant le Tarare de SALIERI, dont les critiques de l’époque n’ont pas manqué de souligner la ressemblance avec celle de son rival.

Salieri Tarare Ami, ton courage m'éclaireCliquez sur l’image

C’est cet opéra que les joyeux duettistes qu’étaient HAVRE & CAUMARTIN ont remanié, en mettant en relief la rivalité entre Morgane et Viviane, pour proposer à OFFENBACH un sujet d’opérette. Malheureusement, Offenbach était occupé à son seul opéra sérieux, les Contes d’Hoffmann, et il est mort avant d’avoir pu se consacrer à ce projet. C’est certainement un grand dommage pour l’histoire de la musique.

Parmi les opéras qui ont représenté ces personnages, il y en a un, peu joué, qui est le Roi Arthus de CHAUSSON. Il se dit dans les milieux bien informés que l’accident de bicyclette qui a coûté la vie de Chausson en 1898 a été provoqué par Morgane, mécontente de ne pas figurer dans cet opéra qui traite de la rivalité amoureuse entre Lancelot et Arthus.

Chausson le roi Arthus finalCliquez sur l’image

Et on retrouve fata Morgana dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV.

Prokofiev 3 oranges anathèmeCliquez sur fata Morgana

[Sources principales : Encyclopedia Universalis 2017,

Dictionnaire des personnages (1960), éditions Robert LAFFONT, collections Bouquins (1999)]

Et si vous avez été sages, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez été sages

Agenda Ironique, Contes et légendes, littérature

UNIS COMME LES CINQ DOIGTS DE LA MAIN

Ce mois-ci, le cahier des charges est chez Joséphine, du blog « Nervures et entailles ». (voir cidsous.)

Choisir une partie du corps. Membre organe tissu cellule liquide substance. Coin pli bout trou articulation ou protubérance. Quelconque élément que vous arrivez à personnifier. Oreille œil poumon synapses pieds nuque coude genou coccyx omoplate nez mitochondrie langue cœur sang ADN cuisse grain de beauté pouce paume auriculaire ou la main entière poignet cheville épaule cheveux nombril cicatrice ride. Défaut ou qualité. Je ne vais pas tout énumérer. Cet élément, unique, double ou multiple, que vous isolez comme vous souhaitez, à grande ou petite échelle, depuis l’intérieur ou l’extérieur, cet élément prend la parole et il se trouve qu’il a plein, vraiment plein de choses à dire à son propriétaire. Gratitude ou reproches, secrets ou nostalgie, exigences bien précises ou rêveries diffuses. C’est vous qui savez. Consignez son monologue, qui comprend moult parenthèses – ou tirets si vous préférez. Son discours se déroule par imbrications comme lui-même s’imbrique dans le corps. Langage qui ne se limite pas à dire oui ou non au plaisir et à la douleur. Dans le corps reposent la sagesse des gestes, des expressions et des réflexes, un esprit de finesse et d’à-propos, une vérité que l’esprit cherche à camoufler. Fiction, autofiction, autobiographie. Le corps peut être le vôtre, celui d’un autre. On ne demandera pas. Intimité oblige. Érotisme possible.

Fichtre diantre, Joséphine, une fois de plus me voici me grattant de l’index l’occiput, au risque de rouvrir la fontanelle et en me demandant comment je vais bien pouvoir remplir ce cahier des charges ! m’exclamai-je alors en lisant ce cahier des charges !

Ce à quoi Joséphine me répondit :

😂
Un opéra sur la fontanelle et l’occiput ? Ce serait étonnant.

Et moi de rétorquer : FONTENELLE a écrit des livrets d’opéra, dont un « Psyché » écrit à quatre mains avec Thomas CORNEILLE, le frère de l’autre.

Carnets Paresseux prenant la balle au bond me suggéra : une version chantée de la Tirade du nez ?

Et moi de répondre à nouveau : Tu ne crois pas si bien dire, Jérôme. Cyrano, comme (presque) toutes les œuvres de ROSTAND, a fait l’objet d’une adaptation lyrique (un de mes nombreux billets en préparation…) en 1936 par ALFANO.

Alfano cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano


Après ces échanges, je n’étais pas plus avancé, et continuais de me gratter l’occiput avec l’index, au risque toujours de me rouvrir la fontanelle.

Prenant mon courage à deux mains, je me lançais toutefois dans une tentative d’essai d’Agenda Ironique. La main, l’index, bon sang, mais c’est bien sûr ! Je tenais là mon sujet majeur ! Mon organe, ce ne sera pas mon organe vocal (et pourtant), ce seront mes mains et mes doigts.

Commençons par le pouce. Le petit Poucet est le titre d’un conte de PERRAULT, qui a été mis en musique par RAVEL dans son œuvre pour piano à quatre mains Ma mère l’Oye.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains 

L’index ensuite. Dans toute l’histoire de l’opéra, des œuvres ont été victimes de censure. C’est le cas notamment des opéras italiens qui abordaient des sujets trop politiques pour l’occupant autrichien. Mais c’est au XXe siècle que ces mises à l’index ont été les plus drastiques, que ce soit sous le régime nazi ou sous le régime stalinien. Ce fut le cas notamment de Lady Macbeth de Mzensk, de CHOSTAKOVITCH, interdit par Staline pour cause de « chaos musical ».

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur Lady Macbeth de Mzensk

Pour le majeur, mon souci majeur est de trouver une illustration musicale majeure. Un grand merci à Photonanie pour m’avoir conseillé une œuvre en sol majeur !

Ravel Concerto en sol majeur 2nd mvt (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Le cas de l’annulaire est beaucoup plus facile à traiter. En effet, l’opéra nous racontant très souvent des histoires d’amour, il est assez logique de voir le héros passer la bague au doigt qui porte l’anneau, l’annulaire de l’héroïne (ou l’héroïne passer la bague à l’annulaire du héros.)

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur Jacques MARTIN (si, si) et Samuel RAMEY

Quant à l’auriculaire, ce petit doigt a l’avantage de pouvoir se glisser dans conduit auditif de l’oreille pour la déboucher, permettant ainsi aux auditeurs de mieux entendre la musique.

Et Fontenelle dans tout ça ? me demanderez-vous ! Eh bien, revenez donc le 11 février, et vous verrez.

Contes et légendes, Divers

VOYAGE ET ERRANCE

Je vous ai présenté il n’y a guère le Voyage d’hiver (Der Winterreise) de SCHUBERT. On retrouve souvent le thème du voyage ou de l’errance dans l’opéra.

Schubert Winterreise ErstarrungCliquez sur la partition

Restons un moment avec Schubert qui a également écrit pour le piano une extraordinaire Wanderer Fantasie (Fantaisie du Voyageur).

Schubert Wander Fantasie (Pollini)Cliquez sur le voyageur observant la montagne au-dessus des nuages

Dès les débuts de l’opéra, on y voit passer un fameux voyageur, puisqu’Ulysse, victime du courroux de Poséidon, a erré pendant 10 ans avant de pouvoir rejoindre Ithaque, sa patrie où la fidèle Pénélope l’attendait. MONTEVERDI mettra en musique ce Retour d’Ulysse dans sa patrie en 1640.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse finalCliquez sur Pénélope et Ulysse enfin réunis après dix ans

WAGNER a mis en scène de grandes figures d’errants, à commencer en 1842 par celle du Hollandais volant (der Fliegende Holländer), qui reprend le thème d’un marin condamné à errer sans fin sur les mers pour avoir défié Dieu dans une tempête.

wagner vaisseau fantome ouvertureCliquez sur le vaisseau fantôme

Wagner reprend ce thème de l’errance dans Siegfried où Wotan incognito se fait appeler Der Wanderer (le voyageur) pour interroger Mime dans la forêt.

Wagner Siegfried Wotan der WandererCliquez sur Wotan et Mime

On peut rester dans l’univers wagnérien avec Le Voyage artistique à Bayreuth, écrit à la fin du XIXe siècle par LAVIGNAC, qui est une somme indispensable sur cet univers, et comporte notamment une explication très détaillée des livrets de ses opéras et des leitmotivs qui parcourent la musique.

ROSSINI a écrit en 1825, pour le sacre du roi Charles X, le Voyage à Reims.

Rossini le Voyage à Reims sextuorCliquez sur le sextuor d’élite

En 1969, dans leur opéra-rock Tommy, THE WHO font vivre à leur héros un voyage halluciné avec « the amazing journey ».

The Who Tommy Amazing journeyCliquez sur la pochette culte de l’album culte

En 1983, au second acte de son seul opéra, Saint François d’Assise, MESSIAEN fait intervenir un impressionnant Ange voyageur. Voyons ce que Messiaen lui-même nous en dit dans le programme de la création à l’Opéra de Paris. « L’Ange voyageur » Un chemin en forêt, au mont de la Verna. L’Ange apparaît sur le chemin. Son magnifique costume et ses ailes quinticolores sont vus seulement par les spectateurs. Les autres personnages le prennent pour un voyageur. L’Ange frappe à la porte du couvent et cela fait un bruit terrible qui symbolise l’irruption de la grâce.

Messiaen Saint-François d'Assise l'Ange voyageurCliquez sur l’image

Et parmi les âmes damnées, condamnées à errer sans pouvoir mourir, citons Rusalka de DVORAK, qui a perdu sa condition d’ondine pour l’amour d’un homme.

Dvorak Rusalka Mladosti své pozbavenaCliquez sur Rusalka

Une autre de ces âmes damnées est la nourrice dans La Femme sans ombre de STRAUSS, qui est ainsi condamnée pour un trafic d’ombre.

Animation 1, Cinéma, Contes et légendes, Divers, Mythologie

BLANCHE NEIGE ET LES 7 NAINS

Je vous ai présenté dans mon article sur le blanc la Blanche neige de POULENC et APOLLINAIRE. Dès lors se pose la question : et si dans le conte Blanche Neige et les sept nains, les nains étaient des personnages en rapport avec l’opéra ?

Blanche Neige et les sept nains est le titre du premier long métrage d’animation de Walt DISNEY. Il est tiré d’un conte des frères GRIMM paru en 1812.Son héroïne, Blanche Neige, se retrouve chez les sept nains, qui décident de la protéger de sa méchante belle-mère (qui a cherché à la tuer). En échange, Blanche Neige s’occupe de la maison et des tâches ménagères.

Amusons-nous à trouver quel personnage d’opéra pourrait représenter chacun des sept nains : Atchoum, Prof, Simplet, Timide, Grincheux, Joyeux et Dormeur.

Atchoum : Dans le Malade imaginaire de MOLIÈRE et CHARPENTIER, Argan est un hypocondriaque, persuadé d’avoir toutes les maladies.

molière le malade imaginaireCliquez sur l’image

Prof : BORODINE était professeur de chimie, et cette activité l’a empêché de développer pleinement son activité musicale.

Borodine Dans les steppes de l'Asie centraleCliquez sur le prof de chimie

Simplet : Dans Parsifal, de WAGNER, le héros qui a grandi seul dans la forêt comme un innocent, sans éducation. Il ne comprend d’abord rien au drame mystique qu’il a l’occasion de voir chez les chevaliers du Graal, et la magicienne Kundry explique que son nom vient de « Fol si pur » (Par si fol).

Wagner Parsifal Amfortas, Die WundeCliquez sur Parsifal

Timide : Dans l’Élixir d’amour de DONIZETTI, le héros Nemorino ne sait comment déclarer son amour à Adina.

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima (Alagna)Cliquez sur Nemorino

Grincheux : Dans l’Enfant et les Sortilèges de RAVEL, l’enfant est grognon et n’a pas envie de faire ses devoirs. Il se rebelle quand sa mère le punit.

Ravel l'Enfant et les sortilèges j'ai pas envie de faire ma pageCliquez sur l’enfant grognon qu’a pas envie de faire sa page

Joyeux : Papageno de la Flûte enchantée de MOZART est un joyeux oiseleur.

Mozart Flûte PapagenoCliquez sur Papageno

Dormeur : Dans Atys de LULLY, le héros est endormi par la déesse Cybèle, qui se sert de cet artifice pour lui faire connaître son amour.

Lully Atys imageCliquez sur Atys endormi

Vous pouvez continuer le jeu et me soumettre vos suggestions de personnages d’opéra qui pourraient être l’un ou l’autre de sept nains.

Et si vous en avez envie, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous en avez envie

Agenda Ironique, Contes et légendes

CONTES ET LÉGENDES DU TEMPS DE NOËL

Ce mois-ci l’Agenda Ironique est hébergé sur le site Peinture chamanique de Patrick Blanchon.

Décembre, les premières neiges, les pas dans la ouate qui craque sous la semelle, vers l’école, les batailles de boules de neige, la décoration du sapin, et cette interrogation lancinante : Le Père Noël existe t’il vraiment ?

Donc un texte concernant la période qui évoquerait à nouveau l’espoir, ça serait chouette. Et tant pis ma foi si ça finit en déception ou pas. C’est pas le résultat qui compte.

Je ne mets donc rien derrière l’espoir, chacun peut espérer ce qu’il voudra mais quelques contraintes malgré tout

D’abord être un enfant et connaître le nom du premier renne tirant le char du père Noël me semble essentiel.

Ensuite il faut évidemment que le paysage commence à se recouvrir de neige et de silence, Peut être que le mot tintinnabuler tomberait à pic comme orange, étincelles, écarquiller, introït ( celui-là vraiment pour le fun) jeûne, moyeu, rayon, centre, Saint ( ou sain et sein si la phonétique vous inspire) Etoile bien sûr, et conifère allez tiens ça change de sapin.

Introït (Introduction) :

Fauré Requiem Introït et KyrieCliquez sur l’Introït du Requiem de Fauré

21 décembre, solstice d’hiver. C’est le jour le plus court de l’année, mais c’est aussi le jour à partir duquel la durée du jour recommence à augmenter, pour atteindre son point culminant au solstice d’été. Avec l’hiver, la nature se met en sommeil, mais c’est pour mieux repartir au printemps avec la germination et le début de la floraison, avant que la nature nous offre ses fruits bienfaisants.

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur le vieil hiver qui fait place au printemps

La religion catholique ayant calé son calendrier sur les grandes dates païennes, il est normal que Noël (25 décembre) tombe si près de ce jour particulier de l’année. Avec l’arrivée de l’Enfant Jésus, le fils de Dieu, c’est en effet l’espoir qui nous est donné, espoir que l’homme sera sauvé et pourra, s’il en a la force, gagner le paradis. C’est le sens porté par « la Speranza » de ROSSINI, extraite de ses Pêchés de vieillesse.

Rossini La SperanzaCliquez sur la Speranza de Rossini

Pour ceux qui ont perdu le sens du message de Noël, ce jour est maintenant marqué par le passage du père Noël qui vient distribuer des cadeaux aux enfants, sur son traîneau tiré par des rennes aux grelots tintinnabulants, menés par le premier d’entre eux, Tornade. Que d’étoiles scintillent alors dans les yeux écarquillés des plus jeunes enfants, qui croient encore au père Noël.

Allwright Petit garçonCliquez sur Graeme Allwright

Il n’y a pas de roues au traîneau du père Noël, et donc pas de rayon qui relie le moyeu de la roue à sa périphérie, puisque le traîneau du père Noël vole, survolant ainsi les forêts de conifères qui entourent sa maison, là-bas dans le Grand Nord.

La tradition du père Noël n’est qu’un avatar récent de celle de Saint-Nicolas (Santa Klaus) qui est fêté en Allemagne, en Belgique ou dans les régions de l’Est de la France, le 6 décembre. Ce jour-là, Saint-Nicolas venait avec son âne (dont on ne sait s’il s’appelait Tornade) porter des présents aux enfants sages (les enfants pas sages, eux, devaient craindre le père Fouettard qui accompagnait parfois Saint-Nicolas pour les battre.)

Autrefois (il n’y a pas si longtemps que ça), l’orange était un fruit exotique et rare (et donc cher) et on offrait une orange à Noël aux enfants. Pour beaucoup de gens, c’était là l’unique occasion de manger une orange dans l’année ! Ainsi, dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, le héros doit affronter un voyage périlleux pour trouver les trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette sortant de son orange

Toujours dans les contes et légendes attachés à la période de Noël, il y a la légende des rois mages venus d’Orient apporter l’or, l’encens et la myrrhe à l’enfant venu sur Terre pour (tenter de) sauver l’humanité, rois mages guidés sur leur route par l’étoile du berger. Cette marche a été illustrée par BIZET dans son Arlésienne, musique écrite pour accompagner le drame de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne FarandoleCliquez sur la marche des rois de Bizet

Conclusion. Puisque j’ai commencé ce billet avec le début du Requiem de FAURÉ, je vous propose de le terminer avec la fin de ce même Requiem.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur In Paradisum

Retrouvez l’Agenda Ironique suivant en cliquant sur les cinq doigts de la main.

Contes et légendes, Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 7 – LA PARESSE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, et la colère, la paresse est donc le septième péché capital.

Bizarrement, j’ai trouvé peu de scènes de paresseux dans l’histoire de l’opéra, et j’aurai peut-être du mal à écrire un deuxième billet sur ce sujet, au contraire de la luxure, la jalousie ou la colère.

Au début du Tannhaüser de WAGNER, le héros paresse voluptueusement chez la déesse Vénus.

Wagner Tannhauser VenusbergCliquez sur le Venusberg

Une des plus grandes paresseuses de l’opéra est Brünnehilde, qui s’endort à la fin de la Walkyrie pour ne se réveiller qu’à la fin de l’opéra suivant, Siegfried, une vingtaine d’années plus tard.

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur Wotan (en colère) qui va endormir sa fille

Elle est toutefois largement battue par la Belle au bois dormant de PERRAULT, qui elle va faire une petite sieste de cent ans, et dont TCHAÏKOVSKI tirera un de ses plus fameux ballets.

Tchaïkovsky La Belle au bois dormantCliquez sur le ballet

Au tournant du siècle dernier, dans l’opéra Jenufa de JANACEK, le héros Steva passe plus de temps à ne rien faire en buvant avec ses amis qu’à travailler., ce qui n’est pas du goût de sa future belle-mère.

Janacek Jenufa Dusa moja, Stevo, StevuskoCliquez sur l’image

L’enfant et les Sortilèges de RAVEL et COLETTE commence par une déclaration de l’enfant, qui n’a pas envie de faire sa page, mais plutôt d’aller se promener (et accessoirement de tirer la queue du chat.)

Ravel l'Enfant et les sortilèges j'ai pas envie de faire ma pageCliquez sur l’enfant paresseux

En 1933, Kurt WEILL écrit le ballet Les sept péchés capitaux avec l’aide de son complice Bertold BRECHT.

Weill les 7 Péchés capitaux la paresseCliquez sur l’image

André MESSAGER, un ami de FAURÉ (ils étaient tous deux élèves de SAINT-SAËNS à l’école Niedermeyer), est connu pour ses opérettes, comme Ciboulette. Dans son opérette RIP, il nous offre ce « Vive la paresse ».

Messager RIP Vive la paresseCliquez sur les années TSF !

Dans ses Banalités, sur des textes d’APOLLINAIRE, Francis POULENC nous offre cet « Hôtel », où la chanteuse (ou le chanteur) ne veut pas travailler, mais veut fumer.

Poulenc Banalités Hôtel (Crespin)Cliquez sur l’image

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Contes et légendes, Mythologie, Nature

TROIS PETITES POMMES (ET UN DRAGON ?)

Et même quatre petites pommes si l’on considère le début de la cinquième Symphonie de BEETHOVEN pour ce qu’il est : Pomme pomme pomme pomme.

Beethoven Pom pom pom pomCliquez sur les instrumentistes

Carnets paresseux avait commencé une histoire avec trois petites pommes qui chantaient et un dragon, mais il semble que la suite se soit perdue dans une faille spatio-temporelle. Pour vous permettre de patienter en attendant cette suite, voici un entremets sur le thème de la pomme. [Le dragon dans la pomme – Carnets Paresseux (wordpress.com).]

La pomme est un fruit très ancien, puisqu’on en trouve trace dans la Bible, et même dans le premier livre de la Bible, la Genèse, autant dire au commencement de tout. Il y est dit qu’au jardin d’Eden, la pomme était le fruit de l’arbre de la Connaissance. Ce fruit était interdit aux deux premiers humains, mais le malin, tentateur, s’est débrouillé pour qu’Adam croque la pomme. Pour cela, Adam et Eve ont été chassés du Paradis.

On trouve des pommes dans presque tous les grands mythes de l’humanité. Ainsi chez les Grecs, Dionysos, le dieu du vin, aurait créé la pomme pour l’offrir à Aphrodite, la déesse de l’amour. Un peu plus tard, la déesse de la discorde (eh oui, il y avait une déesse de la discorde !) jeta une pomme d’or au milieu des dieux, la fameuse pomme de la discorde. Il revint au berger Pâris de remettre cette pomme à la plus belle des déesses.

En 1667, l’Italien CESTI écrira à l’occasion du mariage de l’empereur Léopold et de l’infante Marguerite d’Espagne un opéra sur cette légende, Il pomo d’oro, qui devait dépasser en fastes tout ce qui s’était fait jusque là, et qui durait dix heures (sur deux soirées).

Cesti Il pomo d'OroCliquez sur l’image

Deux siècles plus tard, en 1864, OFFENBACH nous rappellera la légende dans son opérette la belle Hélène, (air « Au mont Ida trois déesses ».)

Offenbach la belle Hélène Au mont Ida trois déessesCliquez sur Pâris

Encore des pommes pour Héraklès (Hercule), puisque dans ses douze travaux, il a dû aller cueillir les Pommes d’or du jardin des Hespérides.

Dans la mythologie nordique, c’est la déesse Idunn qui possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Cette déesse a été recyclée par WAGNER dans sa lecture des mythologiques Germano-Nordiques qu’est la Tétralogie, en la personne de Freia. Freia, donc, possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Malheureusement Wotan, le dieu en chef, avait promis Freia pour le paiement de la construction du Walhalla aux deux géants Fafner et Fasholt. (Cette histoire nous est racontée dans l’Or du Rhin [Rheingold].) Suite au vol de l’Or du Rhin par le gnome Alberich, Wotan propose aux géants cet or (qu’il va voler) en échange de Freia. Et c’est là que nous retrouvons le dragon du titre, puisqu’après avoir reçu l’or du Rhin, Fafner tue son frère Fasholt pour garder l’or et va se retirer dans une grotte, métamorphosé en dragon pour mieux veiller sur son or.

Wagner Das Rheingold FreiaCliquez sur Freia, ses pommes, et Wotan

On trouve une pomme plus récente dans la légende de Guillaume Tell, mise en musique par ROSSINI. Au troisième acte, Guillaume n’ayant pas voulu se prosterner devant le chapeau du bailli Gessler, le bailli le fait arrêter avec son fils Jemmy, et demande qu’on place une pomme sur la tête de celui-ci, Guillaume devant transpercer cette pomme avec une flèche (ce qui est très dangereux, n’essayez pas ce tour à la maison).

Rossini Guillaume Tell Ah que ton âme se rassure (Jemmy)Cliquez sur l’image

Rossini était un fin gourmet et aimait donner des noms de ses œuvres à ses créations culinaires, c’est donc très logiquement qu’il a appelé une recette de Tarte aux pommes « Tarte Guillaume Tell ».

On retrouve Offenbach avec son opérette Pomme d’Api (1873).

Offenbach Pomme d'ApiCliquez sur l’image

Quand les explorateurs occidentaux sont revenus d’Extrême-Orient avec des oranges, ce fruit inconnu chez nous a été appelé « pomme de Chine » ou « pomme d’orenge ». On en trouve trace dans l’opéra de PROKOFIEV, l’Amour des trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette et le prince

(Source principale [pour la mythologie] : Encyclopédie des Symboles, le Livre de poche, collection la Pochothèque, 2013.)

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