Contes et légendes, Divers

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 7 – LA PARESSE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, et la colère, la paresse est donc le septième péché capital.

Bizarrement, j’ai trouvé peu de scènes de paresseux dans l’histoire de l’opéra, et j’aurai peut-être du mal à écrire un deuxième billet sur ce sujet, au contraire de la luxure, la jalousie ou la colère.

Au début du Tannhaüser de WAGNER, le héros paresse voluptueusement chez la déesse Vénus.

Wagner Tannhauser VenusbergCliquez sur le Venusberg

Une des plus grandes paresseuses de l’opéra est Brünnehilde, qui s’endort à la fin de la Walkyrie pour ne se réveiller qu’à la fin de l’opéra suivant, Siegfried, une vingtaine d’années plus tard.

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur Wotan (en colère) qui va endormir sa fille

Elle est toutefois largement battue par la Belle au bois dormant de PERRAULT, qui elle va faire une petite sieste de cent ans, et dont TCHAÏKOVSKI tirera un de ses plus fameux ballets.

Tchaïkovsky La Belle au bois dormantCliquez sur le ballet

Au tournant du siècle dernier, dans l’opéra Jenufa de JANACEK, le héros Steva passe plus de temps à ne rien faire en buvant avec ses amis qu’à travailler., ce qui n’est pas du goût de sa future belle-mère.

Janacek Jenufa Dusa moja, Stevo, StevuskoCliquez sur l’image

L’enfant et les Sortilèges de RAVEL et COLETTE commence par une déclaration de l’enfant, qui n’a pas envie de faire sa page, mais plutôt d’aller se promener (et accessoirement de tirer la queue du chat.)

Ravel l'Enfant et les sortilèges j'ai pas envie de faire ma pageCliquez sur l’enfant paresseux

En 1933, Kurt WEILL écrit le ballet Les sept péchés capitaux avec l’aide de son complice Bertold BRECHT.

Weill les 7 Péchés capitaux la paresseCliquez sur l’image

André MESSAGER, un ami de FAURÉ (ils étaient tous deux élèves de SAINT-SAËNS à l’école Niedermeyer), est connu pour ses opérettes, comme Ciboulette. Dans son opérette RIP, il nous offre ce « Vive la paresse ».

Messager RIP Vive la paresseCliquez sur les années TSF !

Dans ses Banalités, sur des textes d’APOLLINAIRE, Francis POULENC nous offre cet « Hôtel », où la chanteuse (ou le chanteur) ne veut pas travailler, mais veut fumer.

Poulenc Banalités Hôtel (Crespin)Cliquez sur l’image

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Contes et légendes, Mythologie, Nature

TROIS PETITES POMMES (ET UN DRAGON ?)

Et même quatre petites pommes si l’on considère le début de la cinquième Symphonie de BEETHOVEN pour ce qu’il est : Pomme pomme pomme pomme.

Beethoven Pom pom pom pomCliquez sur les instrumentistes

Carnets paresseux avait commencé une histoire avec trois petites pommes qui chantaient et un dragon, mais il semble que la suite se soit perdue dans une faille spatio-temporelle. Pour vous permettre de patienter en attendant cette suite, voici un entremets sur le thème de la pomme. [Le dragon dans la pomme – Carnets Paresseux (wordpress.com).]

La pomme est un fruit très ancien, puisqu’on en trouve trace dans la Bible, et même dans le premier livre de la Bible, la Genèse, autant dire au commencement de tout. Il y est dit qu’au jardin d’Eden, la pomme était le fruit de l’arbre de la Connaissance. Ce fruit était interdit aux deux premiers humains, mais le malin, tentateur, s’est débrouillé pour qu’Adam croque la pomme. Pour cela, Adam et Eve ont été chassés du Paradis.

On trouve des pommes dans presque tous les grands mythes de l’humanité. Ainsi chez les Grecs, Dionysos, le dieu du vin, aurait créé la pomme pour l’offrir à Aphrodite, la déesse de l’amour. Un peu plus tard, la déesse de la discorde (eh oui, il y avait une déesse de la discorde !) jeta une pomme d’or au milieu des dieux, la fameuse pomme de la discorde. Il revint au berger Pâris de remettre cette pomme à la plus belle des déesses.

En 1667, l’Italien CESTI écrira à l’occasion du mariage de l’empereur Léopold et de l’infante Marguerite d’Espagne un opéra sur cette légende, Il pomo d’oro, qui devait dépasser en fastes tout ce qui s’était fait jusque là, et qui durait dix heures (sur deux soirées).

Cesti Il pomo d'OroCliquez sur l’image

Deux siècles plus tard, en 1864, OFFENBACH nous rappellera la légende dans son opérette la belle Hélène, (air « Au mont Ida trois déesses ».)

Offenbach la belle Hélène Au mont Ida trois déessesCliquez sur Pâris

Encore des pommes pour Héraklès (Hercule), puisque dans ses douze travaux, il a dû aller cueillir les Pommes d’or du jardin des Hespérides.

Dans la mythologie nordique, c’est la déesse Idunn qui possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Cette déesse a été recyclée par WAGNER dans sa lecture des mythologiques Germano-Nordiques qu’est la Tétralogie, en la personne de Freia. Freia, donc, possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Malheureusement Wotan, le dieu en chef, avait promis Freia pour le paiement de la construction du Walhalla aux deux géants Fafner et Fasholt. (Cette histoire nous est racontée dans l’Or du Rhin [Rheingold].) Suite au vol de l’Or du Rhin par le gnome Alberich, Wotan propose aux géants cet or (qu’il va voler) en échange de Freia. Et c’est là que nous retrouvons le dragon du titre, puisqu’après avoir reçu l’or du Rhin, Fafner tue son frère Fasholt pour garder l’or et va se retirer dans une grotte, métamorphosé en dragon pour mieux veiller sur son or.

Wagner Das Rheingold FreiaCliquez sur Freia, ses pommes, et Wotan

On trouve une pomme plus récente dans la légende de Guillaume Tell, mise en musique par ROSSINI. Au troisième acte, Guillaume n’ayant pas voulu se prosterner devant le chapeau du bailli Gessler, le bailli le fait arrêter avec son fils Jemmy, et demande qu’on place une pomme sur la tête de celui-ci, Guillaume devant transpercer cette pomme avec une flèche (ce qui est très dangereux, n’essayez pas ce tour à la maison).

Rossini Guillaume Tell Ah que ton âme se rassure (Jemmy)Cliquez sur l’image

Rossini était un fin gourmet et aimait donner des noms de ses œuvres à ses créations culinaires, c’est donc très logiquement qu’il a appelé une recette de Tarte aux pommes « Tarte Guillaume Tell ».

On retrouve Offenbach avec son opérette Pomme d’Api (1873).

Offenbach Pomme d'ApiCliquez sur l’image

Quand les explorateurs occidentaux sont revenus d’Extrême-Orient avec des oranges, ce fruit inconnu chez nous a été appelé « pomme de Chine » ou « pomme d’orenge ». On en trouve trace dans l’opéra de PROKOFIEV, l’Amour des trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette et le prince

(Source principale [pour la mythologie] : Encyclopédie des Symboles, le Livre de poche, collection la Pochothèque, 2013.)

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Animation 1, Contes et légendes

PONYO SUR LA FALAISE, d’Hayao MIYAZAKI (2008)

Ponyo sur la falaise est le dixième anime (long métrage d’animation) d’Hayao MIYAZAKI, sorti en 2008 et produit par le studio Ghibli. C’est, comme souvent chez le maître japonais, une fable écologique mettant en opposition la nature et la folie destructrice de l’homme, comme dans Nausicaä de la Vallée du vent (1984) ou Princesse Mononoke (1997).

L’héroïne en est un poisson rouge, Ponyo, fille de Granmamare, la déesse de la mer et de Fujimoto, un sorcier homme.

Hisaichi Ponyo sur la falaise génériqueCliquez sur Ponyo

Pour sa fable, Miyazaki s’est inspiré du mythe de la petite Sirène, qui nous est connu au travers du conte d’ANDERSEN. Dans le conte d’Andersen, en effet, la sirène tombe amoureuse d’un homme et est prête à renoncer à sa sirénitude pour obtenir une âme éternelle. Elle va voir une sorcière qui transforme sa queue de poisson en jambes humaines, mais pour cela, il y a un prix à payer : la perte de sa voix, et des souffrances terribles quand elle marche. De plus, si elle ne réussit pas à se faire aimer par l’homme de son choix, elle sera condamnée à n’être plus que de l’écume sur la mer.

On reconnaît là évidemment le thème de Rusalka de DVORAK.

Ponyo, donc, a quitté sa maison sous la mer et se trouve jetée sur une plage, emprisonnée dans un bocal qui traînait. Un petit garçon de cinq ans, Sosuke la trouve et la libère, mais il se coupe.

Hisaichi Ponyo sur la falaise Ponyo dans le bocalCliquez sur Ponyo dans son bocal

Hisaichi Ponyo sur la falaise première rencontre Sosuke PonyoCliquez sur Sosuke

Ponyo lui lèche sa plaie qui guérit immédiatement, mais se faisant, elle absorbe du sang humain qui transforme son ADN. Fujimoto réussit à récupérer Ponyo, au grand désespoir de Sosuke.

Hisaichi Ponyo sur la falaise rencontre Sosuke PonyoCliquez sur Ponyo

Fujimoto fait la leçon à Ponyo, dont on apprend que le vrai nom est Brünnehilde (comme la Walkyrie), mais celle-ci déclare qu’elle aime Sosuke et qu’elle veut devenir humaine. Elle commence à se faire pousser des bras et des jambes à partir de ses nageoires.

Hisaichi Ponyo sur la falaise FujimotoCliquez sur Fujimoto

Elle réussit à s’échapper, et chevauchant des créatures aquatiques, cherche à rejoindre Sosuke et sa mère Lisa. Et là, Joe HISAICHI, le compositeur habituel des musiques de Miyazaki, nous fait un détournement de la Chevauchée des Walkyries de WAGNER.

Hisaichi Ponyo sur la falaiseCliquez sur Ponyo

Ponyo finit par rejoindre son ami, et ils se réfugient dans la maison sur la falaise. Lisa profite d’une accalmie pour aller à la maison de retraite où elle travaille, laissant les enfants seuls.

Pendant ce temps, Granmamare et Fujimoto discutent, le sorcier est effrayé par les événements déclenchés par Ponyo, mais la déesse de la mer lui rappelle une vieille légende racontant que si Sosuke reste fidèle à son amie et si Ponyo renonce à ses pouvoirs magiques, l’équilibre du monde peut être rétabli.

Le lendemain matin, le soleil est revenu, mais la mer a submergé presque toute la terre. Sosuke et Ponyo partent sur un bateau jouet à la recherche de Lisa.

Les épreuves des deux enfants commencent. Comme dans la Flûte enchantée de MOZART, ils doivent traverser un tunnel sombre. Pendant cette traversée, Ponyo s’endort et commence à se retransformer en poisson. Sosuke réussit à la traîner hors de l’eau. Quand Fujimoto lui demande de l’aider à sauver le monde, Sosuke se méfie, mais le sorcier envoie ses créatures marines chercher les enfants. Granmamare explique la situation, disant que le seul moyen de sauver le monde, c’est que Sosuke accepte Ponyo pour ce qu’elle est. Sosuke répond qu’il aime Ponyo, et qu’il l’aimera toujours, humaine ou poisson. Ponyo, quant à elle, doit abandonner la magie, ce qu’elle accepte bien évidemment.

Miyazaki Granmamare GifCliquez sur Granmamare

Le monde est sauvé et Ponyo reste définitivement une petite fille.

Parmi les emprunts à la musique classique occidentale, Hisaichi glisse quelques mesures de référence à l’air « Lascia ch’io panga », extrait de Rinaldo de HAENDEL.

Haendel Lascia ch'io pianga imageCliquez sur le fameux contre-ténor

Vous l’aurez compris, voici un film que je recommande chaudement, pour les petits et les grands. C’est, avec mon Voisin Totoro, un des films de Miyazaki que l’on peut mettre sous les yeux des plus petits, qui adoreront ce petit poisson tout à fait craquant.

Animation 1, Écrivains, Compositrices, Contes et légendes, littérature

Charles PERRAULT (1628 – 1703)

Charles PERRAULT était un écrivain et homme de loi, né à Paris en 1628. Ce protégé de COLBERT a été membre de la commission chargée de « rédiger les inscriptions » sur les monuments publics (la future « Académie des Inscriptions et Belles Lettres ») et fut élu à l’Académie française en 1671. Il prit part à la Querelle des Anciens et des Modernes, soutenant que le XVIIe siècle était de loin supérieur à l’antiquité. En musique, il défendit ainsi la musique de Lully par rapport à la musique antique.

Après avoir écrit Peau d’Âne en 1694, c’est en 1697 qu’il fait paraître son œuvre qui reste la plus connue de nos jours, le recueil de contes les Contes de ma mère l’Oye.

Peau d’Âne a été adapté dans un opéra-comique par Raoul LAPARRA en 1899. Plus près de nous, la compositrice Graciane FINZI en a fait en 2015 un conte (musical) pour enfants.

Finzi Peau d'Ane

Dans les Contes de ma mère l’Oye, on trouve :

La Belle au bois dormant dont TCHAÏKOVSKI a fait un de ses ballets les plus célèbres.

Tchaïkovsky La Belle au bois dormantCliquez sur le célèbre ballet de Tchaïkovski

L’Italien Otorino RESPIGHI a écrit un opéra en 1922 La bella addormentata nel bosco.

Respighi La Bella dormente Nel boscoCliquez sur la Belle au bois dormant

Tex AVERY n’a pas été le seul à adapter Le Petit Chaperon rouge. Il y a eu un opéra-comique de BOÏELDIEU, écrit en 1818, et plus près de nous, Georges APERGHIS en a fait un conte musical pour enfants en 2001.

Aperghis le petit Chaperon rougeCliquez sur le petit Chaperon rouge

Les œuvres inspirées par La Barbe bleue ont déjà fait l’objet d’un article sur ce blog, « Jeanne-d’Arc et Barbe-bleue« .

Le Maître chat ou le Chat botté a été adapté à l’opéra par César CUI, un membre du Groupe des cinq.

Cui le Chat bottéCliquez sur l’image

Les Fées. Je n’ai pas trouvé d’opéra directement inspiré par ce conte, mais pourtant les fées ont inspiré un grand nombre d’œuvres musicales.

Les adaptations de Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre ont déjà fait l’objet d’un billet sur ce blog, « Cendrillon, Cinderella, la Cenerentola« .

Riquet à la houppe qui a fait l’objet d’une adaptation dans un opéra-comique de Georges HÜE en 1928.

Le Petit Poucet

En 1908, Maurice RAVEL écrit Ma mère l’Oye un ensemble de cinq pièces pour le piano à quatre mains destiné à des enfants de ses amis. Les deux premières pièces de cet ensemble sont « Pavane de la Belle au bois dormant » et « le petit Poucet ». Les trois autres sont tirées d’autres livres de contes.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains

Retrouvez ici d’autres opéras pour enfants.

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(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, j’ai fait appel pour le portait de Perrault à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co )

Contes et légendes, Mes opéras préférés

LA CENERENTOLA (1816 – 1817), de ROSSINI

Opéra écrit en 24 jours par ROSSINI, sur le thème populaire du conte Cendrillon de Charles PERRAULT. C’est le vingtième opéra écrit par Rossini, alors qu’il n’était encore âgé que de 24 ans.

Le pitch : La jolie Angelina (vous saviez que Cendrillon s’appelait Angelina ?) vit avec son beau-père, don Magnifico, et ses deux belles-sœurs. Le prince Ramiro va donner un bal pour choisir sa future femme. Il échange son costume avec son valet Dandini et quand ainsi déguisé, il vient chercher, il tombe amoureux de Cendrillon (et réciproquement). Au cours du bal, Cendrillon déguisée a les faveurs du prince, au grand désespoir de Magnifico et ses deux filles. Quand il se déclare, Cendrillon lui confie un de ses deux bracelets avant de partir et lui dit que s’il l’aime, il saura bien la retrouver.

Le prince retrouve Cendrillon et décide de faire d’elle son épouse.

Par rapport à la Cendrillon de MASSENET, il y a donc quelques différences. Ainsi la belle-mère est remplacée par un beau-père, la pantoufle de verre par un bracelet (dont on ne nous dit pas la matière), et la marraine la fée par Alidoro, le précepteur du prince.

Acte I : Dans la maison où Cendrillon vit avec son beau-père et ses deux demi-sœurs, celles-ci se préparent pendant que Cendrillon chante une vieille chanson d’amour (Air : « Una volta c’era un re ».) On sonne : c’est Alidoro, le précepteur du prince, qui vient déguisé en mendiant demander la charité. Les deux sœurs veulent le chasser, mais Cendrillon lui fait l’aumône. On sonne à nouveau, ce sont des envoyés du prince Ramiro qui annoncent qu’il viendra chercher les sœurs pour le bal du soir, où le prince choisira la plus belle pour en faire sa femme. Don Magnifico, le père, paraît. Il raconte un rêve dans lequel il voyait ses affaires s’améliorer, et où ses filles lui donneraient des petits rois en descendance (Air : « Miei rampolli femminini ».)

Rossini la Cenerentola miei Rampolli femmininiCliquez sur don Magnifico

Ramiro arrive, dans les vêtements de son valet Dandini. Quand Cendrillon le voit, paf ! c’est le coup de foudre (Duo : « Un soave non so che ».) Il cherche les filles du baron, et Cendrillon lui explique que ce ne sont que ses demi-sœurs. On entend celles-ci donner des ordres à Cendrillon. Ramiro annonce à Don Magnifico l’arrivée du prince. C’est le valet Dandini dans les habits du prince qui vient inviter les sœurs au bal (Air et ensemble :  « Ecco Dandini… Scegli la sposa ».)

Rossini la Cenerentola Come un'ape ne' giorni d'aprileCliquez sur Dandini

Les sœurs partent au bal, en laissant Cendrillon. Celle-ci voudrait y aller aussi, mais son beau-père refuse à celle qu’il présente comme une simple servante. Alidoro arrive à son tour. Il vient chercher la troisième fille de la maison, mais Magnifico lui déclare qu’elle est morte (ensemble : Nel volte estatico). Alidoro, toujours déguisé, annonce à Cendrillon que ses vilaines sœurs seront punies et, lui dévoilant son identité, il l’invite au bal (Air : « Là del ciel nell’arcano profondo ».)

Rossini la Cenerentola Là del ciel nell'arcano profondoCliquez sur Alidoro et Cinderella

Chez le prince, Dandini fait croire à Magnifico que ses affaires sont bien engagées. Il l’envoie à la cave en lui disant que s’il est capable de boire 30 bouteilles, il le nommera sommelier. Les deux sœurs se disputent les faveurs de Dandini. Un chœur nous apprend que Magnifico a bu les 30 bouteilles et qu’il est encore debout. Il sera donc sommelier du prince (Chœur : Conciossiacosacché).

Rossini la Cenerentola conciossiacosacchéCliquez sur l’image

Le prince demande à son valet ce qu’il pense des deux sœurs, et le valet lui répond franchement. Le prince s’étonne parce que Alidoro lui avait vanté les mérites d’une des filles de la maison. Les sœurs demandent à Dandini qui il a choisi. Comme il ne peut se marier avec les deux, il propose que celle qu’il n’aura pas choisie se marie avec son valet, ce qu’elles refusent toutes les deux. Alidoro arrive, avec une femme voilée. Quand l’inconnue enlève son voile, tous sont troublés par sa ressemblance avec la servante de Magnifico et ses filles (chœur et ensemble). Mais c’est l’heure du souper et le prince invite l’assemblée à s’y rendre. L’acte se termine par un de ces finals dont Rossini a le secret.

Rossini la Cenerentola Nel volto estaticoCliquez sur le quintette

Acte II : Restés seuls, le père et les deux sœurs s’inquiètent de la concurrence de cette inconnue qui ressemble tant à Cendrillon. Magnifico révèle qu’il a dilapidé la fortune de Cendrillon, pour acheter des robes à ses filles. Il espère qu’au moins une des deux se casera (Air : « Sia qualunque delle figlie ».) Dandini courtise Cendrillon, mais elle lui répond qu’elle aime déjà son valet. Entendant cela, Ramiro paraît. Pour éprouver son amour, elle lui confie son bracelet, et sort en lui demandant de la retrouver. Le prince fait alors cesser la mascarade. Il fait chasser les sœurs du palais et demande qu’on prépare son carrosse pour partir à la recherche de Cendrillon (Air : « Si, retrovarla io giuro »).

Rossini la Cenerentola Si, ritrovarla io giuroCliquez sur Ramiro

Le père demande à Dandini qui il a choisi, mais celui-ci, après s’être fait prier, finit par avouer qu’il n’est que le valet du prince, provoquant l’indignation de Magnifico.

De retour chez elle, Cendrillon chante une vieille chanson (Air : Una volta c’era un re).

Rossini la Cenerentola Una volta c'era un reCliquez sur Cecilia (Bartoli) Cenerentola

Elle pense à celui à qui elle a donné un de ses deux bracelets, se demandant comment le prince a pu s’enticher de ses folles de sœur. Le père et ses filles rentrent également à la maison, et s’étonnent à nouveau de la ressemblance de Cendrillon avec l’inconnue du bal. Un orage éclate, obligeant Ramiro et Dandini à s’arrêter chez eux. Magnifico demande à Cendrillon d’apporter un fauteuil pour le prince, mais quand les regards de Cendrillon et du prince se croisent, ils se reconnaissent. Tout le monde se demande ce qui va se passer (Sextuor bouffon : « Questo é un nodo avviluppato ».)

Rossini la Cenerentola Questo è un nodo avviluppatoCliquez sur l’irrésistible sextuor bouffon (et n’essayez pas de résister)

Le père et la sœur essaient de renvoyer leur servante à la cuisine, mais le prince se fâche contre eux et rend à Cendrillon son bracelet. Cendrillon et le prince chantent enfin leur amour. Alidoro arrive à son tour, et explique aux sœurs le tour qu’il leur a joué, leur conseillant d’accepter leur sort, ce qu’elles font.

Chez le prince, tous chantent le triomphe de la beauté sur l’orgueil. Le prince et Cendrillon paraissent pour les noces et Cendrillon magnanime pardonne à son père et à ses sœurs. Elle chante le bonheur lié à son changement de sort (Air : Non più mesta).

Rossini la Cenerentola finalCliquez sur la Cenerentola dans sa belle robe blanche

(Source: Je me suis principalement servi pour élaborer ce billet du DVD enregistré en 1996 à l’opéra de Houston, avec la Bartoli dans le rôle-titre, paru chez Decca.)

Contes et légendes, Mes opéras préférés

CENDRILLON, de MASSENET (1895 – 1899)

Jules MASSENET, alors au fait de sa gloire, écrit Cendrillon en 1894 – 1895 sur un livret d’Henri CAIN, d’après le célèbre conte de Charles PERRAULT. Cet opéra, réellement comique, est créé en 1899 à l’Opéra-Comique, et rencontre très vite le succès.

Le pitch : Après le remariage de son père, la petite Lucette, dite Cendrillon (vous saviez que Cendrillon s’appelait Lucette ?), vit au service de sa belle-mère et de ses deux belles-sœurs. Le roi organise un bal pour marier son fils et invite toutes les jeunes filles du royaume. Cendrillon est triste de ne pouvoir s’y rendre, mais sa marraine la fée l’aide à une condition, qu’elle soit rentrée à minuit.

Au cours du bal, paf ! c’est le coup de foudre entre Cendrillon et le prince, mais à minuit, elle doit partir, sans avoir pu dire qui elle est.

Rentrée chez elle, et ayant perdu sa pantoufle de verre (ou de vers, ou de vair, ou de vert), elle se désole d’autant plus que sa belle-famille lui fait croire que le prince l’a déjà oubliée. Mais non ! il envoie des messagers dans tout le royaume pour faire essayer la pantoufle à toutes les jeunes filles, et bien évidemment, il n’y a que Cendrillon à qui la pantoufle va.

Acte I : Les domestiques de la maison se plaignent de ce que leur maîtresse est une mégère. Pandolfe, le mari, approuve et regrette le pouvoir que sa femme a sur lui (Air : « Du côté de la barbe ».) Justement, la voilà qui entre, avec ses deux filles Noémie et Dorothée. Elle leur recommande de se faire belles pour le bal du soir.

Massenet Cendrillon Faites vous très belles, ce soirCliquez sur madame de la Haltière et ses deux filles

Quand les filles sont prêtes, le père arrive pour les conduire au bal. Il se fait rabrouer par les trois femmes.

Restée seule, Cendrillon compare le destin heureux de ses sœurs au sien (Air : Ah, que me sœurs sont heureuses [Reste au foyer, petit grillon].)

Massenet cendrillon Ah que mes sœurs sont heureuses (reste au foyer petit grillon)Cliquez sur Cendrillon

Elle s’endort et sa marraine la fée arrive, avec ses sylphes et lutins, qui transforment Cendrillon pour lui permettre d’aller au bal.

Massenet Cendrillon (MET 2018)Cliquez sur la fée

Elle la dote d’une paire de pantoufles de verre, qui empêcheront ses proches de la reconnaître, et lui recommande de revenir avant minuit.

Acte II : Au palais du roi. Les ministres et les gens de cour cherchent à sortir le prince de la tristesse où il est plongé. Le roi souhaite que le prince choisisse une femme parmi les jeunes filles qui lui seront présentées. Celles-ci font leur entrée (ballet). Vient le tour de Noémie et Dorothée, qui n’ont pas plus de succès que les prétendantes précédentes. Enfin, Cendrillon arrive et charme le prince.

Rossini Cenerentola (MET 2017)Cliquez sur le bal

Il lui demande son nom, mais elle lui répond qu’elle restera pour lui l’Inconnue et que lui sera son prince charmant quand sonnent les douze coups de minuit. Cendrillon part en courant et perd une de ses pantoufles.

Acte III : Cendrillon se retrouve chez elle (Air : « Enfin, je suis ici ») et se remémore sa soirée, son retour dans la nuit, et comment elle a eu peur des statues, blanches dans le noir.

Massenet Cendrillon Enfin, je suis iciCliquez sur l’image

Elle se cache quand elle entend sa famille rentrer. La belle-mère est furieuse de l’attitude du prince qui a osé préférer une inconnue à ses deux filles (Air : Quand on a plus de vingt quartiers [de noblesse].)

Massenet Cendrillon Lorsqu'on a plus de vingt quartiersCliquez sur la marâtre furieuse

Quand son père arrive, Cendrillon se montre pour lui demander comment s’est passé le bal, mais les trois femmes déclarent que le prince, après s’être trompé, a bien compris que l’inconnue qui s’est montrée au bal est une fille bonne à rien, et qu’il l’a déjà oubliée. Devant le désespoir que ces paroles entraînent chez Cendrillon, le père chasse les femmes, et lui dit qu’il reconnaît avoir sacrifié le bonheur de sa fille en se remariant. Il lui annonce qu’il va quitter la ville pour retourner à leur ferme d’autrefois. (Air : « Nous quitterons cette ville où j’ai vu s’envoler ta gaieté ».)

Massenet Cendrillon Nous quitterons cette villeCliquez sur Pandolphe

Quand il est parti, Cendrillon, rejetée par son prince charmant dit qu’elle veut mourir sous le chêne des fées (Air : Seule, je partirai.)

Le prince et Cendrillon, chacun de leur côté, et victimes d’un sortilège qui les empêche de se voir, viennent se plaindre auprès de la fée. (Air et duo : « À deux genoux, je viens à vous ».)

Massenet Cendrillon A deux genoux je viens à vousCliquez sur l’image

Après avoir entendu leurs plaintes (sans se voir), ils se reconnaissent et le prince, ayant appris le nom de son inconnue, déclare qu’il accrochera son cœur sanglant au chêne. Émue, la marraine leur permet enfin de se voir et de se retrouver.

Acte IV : On a ramené Cendrillon, inanimée, chez elle. Son père lui dit qu’elle a déliré, parlant du bal et du prince, qu’elle ne connaît évidemment pas. Ils saluent le mois d’avril et le retour du printemps, quand un héraut annonce que le prince veut faire essayer la pantoufle de verre à toutes les jeunes filles du pays. On assiste donc à un nouveau défilé devant le prince, désespéré, quand enfin Cendrillon arrive avec sa marraine. Cendrillon enfile la pantoufle, et tombe dans les bras du prince !

(Source : je me suis servi principalement du DVD enregistré au Royal Opera House en 2011, avec Joyce DiDonato dans le rôle de Cendrillon, paru chez Erato)

Massenet Cendrillon Bande-annonceCliquez sur la bande-annonce du DVD

Contes et légendes, Le MET s'invite chez vous, Mythologie

LE MET INVITE DES MYTHES ET LÉGENDES CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 mars

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 mars 2021.

Cette semaine, le MET nous propose une sélection d’œuvres tirées des mythes et légendes.

Lundi 22 mars GLUCK Orfeo ed Euridice

Gluck Orfeo ed Euridice (Met 2009)Cliquez sur l’image

Mardi 23 mars BERLIOZ La Damnation de Faust

Berlioz la Damnation de Faust (MET 2008)Cliquez sur les feux follets

Mercredi 24 mars Gluck Iphigénie en Tauride

Gluck Iphigénie en Tauride (MET)Cliquez sur la bande-annonce de ce très beau spectacle

Jeudi 25 mars STRAUSS Elektra

Strauss Elektra (MET 2016)Cliquez sur Electre et Oreste

Vendredi 26 mars MOZART Idomeneo

Mozart Idomeneo (MET 1982)Cliquez sur l’image

Samedi 27 mars Mozart Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant avec horreur le corps de son père lâchement assassiné

Dimanche 28 mars WAGNER Der Fliegende Holländer (Le Vaisseau fantôme)

Wagner Fliegende Höllander (MET 2020)Cliquez sur Senta

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des triangles amoureux !

Contes et légendes, Mes opéras préférés, Mythologie

IDOMÉNÉE (IDOMENEO), de MOZART (1780)

Idoménée, roi de Crète (Idomeneo, Re di Creta) est une commande du Prince Électeur pour le carnaval de Munich. MOZART, âgé de 24 ans, garde ici la structure de l’opera seria, c’est-à-dire une succession de récitatifs et d’airs avec reprises.

Le pitch : Après la guerre de Troie, Idoménée, roi de Crète qui s’est battu avec les Grecs envoie des prisonniers troyens chez lui, dont Ilia, la fille de Priam. Ilia est victime d’un choix cornélien entre l’amour qui naît entre elle et Idamante, le fils d’Idoménée, et la haine qu’elle doit ressentir pour celui-ci, qui a vaincu son peuple. Furieux de la défaite des Troyens, Neptune provoque une tempête sur le chemin du retour d’Idoménée. Pour apaiser sa fureur, Idoménée fait le vœu de sacrifier la première personne qu’il croisera de retour sur terre. Comme par hasard, il tombe sur son fils Idamante. Il décide d’écarter son fils de Crête, et l’envoie reconduire Électre, qui passait par là (et qui est également amoureuse d’Idamante) chez elle à Argos. Neptune, furieux à nouveau, relance une tempête qui les empêche de prendre la mer, et de laquelle surgit un monstre marin qui ravage la Crête. Idamante part tuer le monstre. Finalement, Neptune se calme et demande à Idoménée de laisser le trône à son fils, qui régnera avec Ilia comme épouse.

Voyons cela plus en détail :

Acte I : L’action se déroule en Crète, après la chute de Troie. Ilia, la fille de Priam, raconte qu’à son retour, la flotte grecque a été ravagée par une tempête, et qu’elle a été sauvée par Idamante, le fils d’Idoménée, le roi de Crête. Elle se lamente parce qu’elle aime Idamante, mais cet amour se heurte à la haine qu’elle devrait avoir pour ceux qui ont tué son père. Idamante paraît et, généreux et par amour pour Ilia, libère les prisonniers troyens (Chœur : « Jouissons de la paix ».) Électre, la fille d’Agamemnon qui s’est réfugiée en Crète après le meurtre commis par sa mère reproche cette libération à Idamante, pour lequel elle éprouve elle aussi une vive passion. Arbace, le confident d’Idoménée annonce la mort du roi, qui a péri dans un naufrage. Électre craint qu’Idamante, devenu roi, n’épouse Ilia (Air : « Je sens frémir en mon cœur » « Tutte nel cor vi sento »).

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre furieuse

Sur le rivage, le peuple implore les dieux devant les flots déchaînés. La tempête se calme, et Idoménée descend sur terre. Il révèle que pour calmer la fureur Neptune, il a fait le vœu de lui sacrifier la première personne qu’il rencontrera sur la terre ferme. Mais c’est son fils Idamante que le roi voit s’avancer vers lui. Épouvanté, Idoménée fuit, laissant Idamante dans le désarroi (Air : « Il padre adorato »).

Mozart Idoménée Il padre adoratoCliquez sur Idamante

Acte II : Le peuple rend hommage à Neptune, qui lui a rendu son roi. Idoménée révèle à Arbace le vœu qu’il a fait. Arbace lui conseille d’éloigner Idamante. Le roi décide alors de l’envoyer à Argos pour raccompagner Électre dans sa patrie. Ilia remercie Idamante pour sa générosité envers son peuple (Air : « Si j’ai perdu mon père » « Se il padre perdei ».) Le roi touché par cette gratitude, lui promet sa protection. Il devine les sentiments qu’Ilia a pour Idamante (Air : « Je suis sauvé des flots, mais mon cœur chavire »).

Électre est ravie de rejoindre sa patrie, mais au moment du départ, la tempête reprend de plus belle, et un monstre sort des flots tumultueux. Idoménée se déclare responsable de la fureur de Neptune, et offre de se sacrifier lui-même au dieu barbare (Air : « Fuor del mar »).

Mozart Idoménée fuor del marCliquez sur Idoménée

Acte III : Ilia prend la nature à témoin de sa douleur (air : « Zéphir léger et charmant » « Zeffiretti lusinghieri ») quand Idamante survient.

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilia

Devant l’indifférence apparente d’Ilia, il veut affronter le monstre qui ravage le pays. Ilia lui révèle alors ses vrais sentiments, et ils se déclarent mutuellement leur amour (Duo : « T’amo, t’adoro »).

idoménée duoCliquez sur Ilia et Idamante

Idoménée et Électre les surprennent, pressant Idamante de partir au plus tôt (Quatuor : « Andro ramingo e solo« ).

Mozart Idoménée andro ramingo e soloCliquez sur le quatuor

Devant les ravages causés dans le pays, le grand prêtre vient réclamer d’Idoménée qu’il accomplisse son vœu. Le roi révèle alors que c’est son propre fils qu’il doit immoler. Ils se dirigent vers le temple de Neptune, lieu du sacrifice, quand on apprend qu’Idamante a vaincu le monstre et qu’il revient s’offrir au sacrifice.

Au moment où Idoménée va frapper, Ilia s’interpose et s’offre comme victime. Un oracle de Neptune ordonne alors qu’Idoménée renonce à son trône, au profit de son fils, qui régnera avec Ilia comme épouse. La joie éclate. Pendant qu’Électre, furieuse, s’enfuit, la foule éclate de joie célébrant les nouveaux époux et la paix revenue.

Cinéma, Contes et légendes, littérature, Mallarmé, Mythologie, Poésie

LES MILLE ET UNE NUITS (L’ORIENT À L’OPÉRA [2])

J’avais il n’y a guère consacré un billet à l’orientalisme à l’opéra, en vous promettant un zoume sur les Mille et une nuits, ce recueil de contes d’origines persane, arabe voire indienne.

Les mille et une nuit est donc un recueil de contes dont la plus ancienne trace écrite (un feuillet) date de 879. L’orientaliste français Antoine GALLAND a traduit ces contes au début des années 1700, et c’est à partir de cette version française qu’ils se sont ensuite répandus à travers toute l’Europe.

Début 1893, un jeune homme arrive chez Stéphane MALLARMÉ qui, ayant lu dix ans auparavant les 1 001 nuits dans une version anglaise, cherchait quelqu’un pour la retraduire en français. Ce jeune homme, c’est Joseph-Charles MARDRUS, qui deviendra ainsi le deuxième traducteur important des 1 001 nuits. (Et pour ceux et celles qui aiment la poésie, c’est suite à son mariage avec lui que la poétesse Lucie DELARUE s’est appelée Lucie DELARUE-MARDRUS.)

Dès 1783, PICCINI met en musique Calife pour un jour, sur un livret de MARMONTEL.

En 1800, c’est BOÏELDIEU qui écrit son Calife de Bagdad, sur un livret de SAINT-JUST.

Boïeldieu le Calife de Bagdad OuvertureCliquez sur l’orchestre

Ce même livret sera repris en 1813 par ROSSINI et par Manuel GARCIA (le grand-père de Pauline GARCIA-VIARDOT !).

En 1833, c’est Ali-Baba que CHERUBINI choisit de porter à l’opéra.

Shéhérazade est l’héroïne principale des 1 001 Nuits. Le roi de Perse ayant été trompé par sa femme, il a décidé de se venger en épousant chaque jour une vierge et en la faisant exécuter au matin. Shéhérazade trouve un moyen de faire cesser le massacre en racontant chaque nuit une histoire au roi, et en s’arrêtant au matin à un moment où elle ne peut pas interrompre son histoire. Curieux de connaître la suite, le roi lui accorde chaque jour une journée supplémentaire.

Shéhérazade a inspiré de nombreux compositeurs comme SCHUMANN (dans son Album für die Jugend, Album pour la jeunesse),

Schumann SheherazadeCliquez sur la partition

ou RIMSKI-KORSAKOV (1888). C’est par le ballet éponyme de l’ami Rimski que les Ballets russes se sont fait connaître à Paris.

Rimski-Korsakov ShererazadeCliquez sur le violon solo

Le Shéhérazade de RAVEL (1904) est un cycle de mélodies sur des poèmes de Tristan KLINGSOR.

Ravel Shérérazade AsieCliquez sur la soprano

En 1914, Henry RABAUD écrit sa seule œuvre à être restée au répertoire, Mârouf, Savetier du Caire.

Rabaud Mârouf Savetier du CaireCliquez sur l’image

Un autre conte célèbre, celui « d’Aladin et la lampe merveilleuse », a fait l’objet de nombreuses mises en musique. On peut citer celles du Danois Carl NIELSEN en (1918 – 1919) ou celle de Nino ROTA, connu pour avoir écrit la musique de la plupart des films de FELLINI, et qui a écrit le conte lyrique Aladin et la lampe merveilleuse.

Rota Aladino e la lampada magicaCliquez sur l’image

(Source principale : Margaret SIRONVAL, album de la Pléiade Mille et une nuits, éditions Gallimard, 2005)

En 1979, l’azerbaïdjanais Fikret AMIROV écrit un ballet, Mille et une nuits, dans lequel on retrouve Sinbad, Aladin ou Ali-Baba et les quarante voleurs.

Amirov mille et une nuitsCliquez sur le ballet

Contes et légendes, Divers, Fantaisie, Oulipo, Poésie

QUELQUES HAÏKAÏS (2)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Après un premier billet consacré aux haïkus, voici une deuxième série de haïkaïs créés sur le thème de l’opéra.

La Travia-ta

Et la Dame aux camélias

Est la même personne.

Verdi la Traviata Pretty YendeCliquez sur la Traviata

 

Sur une suggestion de Max-Louis :

Couleurs d’opéra

Aïda, Tannhaüser

VERDI et WAGNER.

 Verdi Aïda marche Met      Wagner Tannhauser ouverture Karajan

Cliquez sur les images ci-dessus

Sur une suggestion de Marie-Anne :

Le piano rit

du rire carnassier de

ses quatre-vingts touches.

 

Schubert Liszt Yuja WangCliquez sur les touches

Sur un haïkaï de Luciole :

Le chat de Noël

Devant ces mille lumières

Rêve-t-il aussi?

Cats the musical MemoryCliquez sur le chat

Sur un haïkaï de Solène :

Au-dessus du pont

La pleine lune luit

Dans la nuit, tranquille

Le pont by SolèneCliquez sur l’image

 

Hansel und Gretel

Un opéra d’HUMPERDINCK

Un conte pour enfants

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur Hänsel et Gretel

Vous pouvez encore m’envoyer des haïkaïs si le cœur vous en dit 😀 !

Et retrouvez une nouvelle série en cliquant, sur ce lien.