Cinéma, littérature

Thomas MANN (1865 – 1955)

Thomas MANN est né à Lübeck le 6 juin 1865 dans une famille (riche) de commerçants. Après avoir travaillé dans une compagnie d’assurances, il s’arrête vite pour devenir écrivain, ce qui lui réussira assez puisqu’il obtient le prix Nobel de littérature en 1929.

Thomas MANN étudie dans sa jeunesse GOETHE, SCHILLER, DOSTOÏEVSKI ou TCHEKHOV, tous écrivains qui ont inspiré des opéras.

La découverte de Lohengrin de WAGNER, et de son prélude « bleu-argenté », à Lübeck font de lui un wagnérien convaincu.

Wagner Lohengrin PréludeCliquez sur le prélude « bleu-argenté »

Après avoir découvert Tristan, il étudie également la musique et la pensée de Wagner. En 1933, il effectue une tournée de conférences en Europe sur le thème « Souffrance et Grandeur de Richard Wagner » pour contrer la récupération de sa musique par le parti nazi. Ceci lui vaudra de ne pas pouvoir rentrer en Allemagne à la fin de sa tournée.

La musique tient une place importante dans son œuvre. Ainsi dans le roman Les Buddenbrook, le déclin d’une famille (1901), le fils de la famille se trouve être pianiste, ce qui nous vaut des descriptions de ses improvisations au piano.

En 1912, il écrit La Mort à Venise, roman en partie autobiographique qui inspirera à BRITTEN son dernier opéra, et dont VISCONTI tirera un film culte, avec comme musique le sublime adagietto de la 5e symphonie de MAHLER.

Mahler 5e symphonie Adagietto

En 1924, après un séjour en sanatorium, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, La montagne Magique (Der Zauberberg). Lors de son séjour dans un sanatorium Hans Castorp, le héros, achète un gramophone et des disques. Son disque préféré sera « Der Lindenbaum » (« le Tilleul ») extrait du Winterreise (Voyage d’hiver) de SCHUBERT.

Schubert Winterreise Der Lindenbaum (Kaufmann)Cliquez sur la partition

La Montagne magique inspirera le japonais MIAZAKI pour son long métrage Le vent se lève produit par le studio Ghibli. Dans cet anime, un des personnages, un allemand antinazi, porte le nom de Castorp. (Cf à ce sujet l’excellent site consacré aux studios Ghibli: Buta-connection).

En 1938, dans son adaptation du mythe de Faust Doktor Faustus, son héros faustien est un compositeur nommé Leverkühn qui développe un système musical basé sur une égalité entre les douze sons. La ressemblance de Leverkühni avec Arnold SCHOENBERG entraînera une brouille entre Mann et Schoenberg.

Schoenberg la nuit transfiguréeCliquez sur l’image

Enfin en 1939, il écrit un livre moins connu (je suis tombé dessus par hasard chez un bouquiniste), Charlotte à Weimar, qui décrit une visite de la Charlotte de Goethe, devenue âgée, à Weimar. Elle y rencontre différents proches de Goethe. Cette visite rappellera alors à Goethe la Charlotte de sa jeunesse, qui aurait inspiré le personnage de Charlotte dans les Souffrances du jeune Werther, œuvre qui sera elle-même adaptée à l’opéra par MASSENET avec Werther.

Massenet Werther Pourquoi me réveiller AlagnaCliquez sur Charlotte et Werther

Thomas Mann meurt à Zurich le 12 août 1955.

18 réflexions au sujet de “Thomas MANN (1865 – 1955)”

  1. Je me pose la question de savoir s’il y a un lien entre Thomas Mann et le site de vente d’instruments de musique Th.Mann………. mon commentaire n’a rien de musical. 😀 A noter qu’Ehouarn le chat n’aime pas du tout Charlotte lorsqu’elle s’exprime 🙂 Bon dimanche Jean Louis

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  2. Fait inhabituel, Massenet a composé deux versions différentes de Werther, une pour ténor et une pour baryton. A Bruxelles, j’ai vu les deux versions, deux soirs de suite. https://operasandcycling.com/massenets-werther-in-brussels/
    Soit dit en passant, Werther était le premier roman de Goethe, écrit alors qu’il avait la vingtaine. Lotte à Weimar, de Thomas Mann, parle de Charlotte en tant que vieille femme, essayant de rendre visite au désormais célèbre Goethe.

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  3. Encore un beau billet, qui a su allier musique, littérature et cinéma. Même si je ne suis pas un expert en musique classique, je trouve tes articles très intéressants et instructifs et je te remercie de nous les proposer.🙏💜🙏

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  4. J’ai lu quelques nouvelles de Thomas Mann mais pas encore ses « gros » romans, que j’espère bien découvrir un jour. L’adagietto est magnifique et rend le film de Visconti inoubliable.
    Là, j’écoute « la nuit transfigurée », pour du Schoenberg ça reste accessible et je peux dire que j’aime bien !
    Bonne soirée Jean-Louis !

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    1. Merci Marie-Anne.
      « La Montagne magique » me semble être un des grands classiques du XXe siècle, et j’ai un faible, peut-être à cause de son sujet pour « Lotte à Weimar ».
      J’ai repensé à « la Nuit transfigurée » quand j’écoutais la « Suite lyrique » d’Alban Berg. Je trouve que les atmosphères de ces pièces musicales sont assez proches.
      Bonne soirée.

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  5. Alors là, on ne pouvait plus synchrone. Tout en haut de ma PAL avec deux bouquins. (  » La montagne magique » et bien sûr  » Les Buddenbrook » commandés apres avoir lu une chronique chez Alain)… Mais bon, je repasserai, pour écouter les vidéos ( oui déjà) et commenter plus à propos…. Bon jeudi à toi, Jean-Louis. A plus tard.

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