Bande dessinée, Compositrices, Contes et légendes, histoire, littérature

JEANNE D’ARC ET BARBE BLEUE

What happened between Joan of Arc and Bluebeard ?

Quel curieux rapprochement que celui de Jeanne d’Arc et de Barbe Bleue. Il prend pourtant son sens quand on sait qu’un des modèles historiques de Barbe Bleue était Gilles de Rais, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc pendant la guerre de Cent Ans et nommé maréchal de France, mais aussi violeur et égorgeur de petits enfants.

On peut noter que les deux personnages de Gilles de Rais et de Barbe-Bleue ont fait l’objet d’un album de la série de bande dessinée Jhen, série créée par Jacques Martin (Alix, Lefranc) et dessinée par Pleyers.  barbe-bleue gilles de raisEt puisque je suis dans la bande dessinée, je ne peux résister au plaisir de citer F’murrr et sa Jehanne Darques, mariée avec Gilles de Retz (?) et compagne d’aventures d’Attila.

  f'murrr jehanneMais revenons à l’opéra:

La Barbe bleue (1697) est un des contes de PERRAULT, qui raconte l’histoire de Barbe-Bleue qui confie à sa nouvelle femme toutes les clés de son château, dont une qu’elle n’a pas le droit d’utiliser. Évidemment, dès qu’il a le dos tourné, sa femme brave l’interdit et trouve une pièce avec les cadavres de ses précédentes épouses. Au retour de Barbe-Bleue, celui-ci veut tuer sa femme.

Le premier opéra écrit sur le conte de Perrault est Raoul Barbe-Bleue (1789) de GRÉTRY.

OFFENBACH, qu’aucun sujet ne rebutait, a également écrit son opéra-bouffe Barbe-Bleue en 1866.

Au XXe siècle, où les apports de la psychologie ou de la psychanalyse nourrissent les livrets d’opéras, il y a au moins deux opéras importants écrits sur le mythe de Barbe-Bleue : Ariane et Barbe-Bleue (1906) de Dukas, d’après le symboliste MAETERLINCK (Celui de Pelléas et Mélisande et justement il y a une Mélisande parmi les femmes de Barbe-bleue) et le Château de Barbe-Bleue (1911) de BARTOK.

En 2002, la compositrice Isabelle Aboulker écrit un opéra pour enfants, Douce et Barbe-bleue.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur l’image

Quant à Jeanne d’Arc, avant de rejoindre le roman historique français, elle a été célébrée par SCHILLER (encore un qui défendait les libertés) dans sa Pucelle d’Orléans (1801), pièce qui a inspiré VERDI pour Giovanna d’Arco (1845) et TCHAÏKOVSKY pour La Pucelle d’Orléans (1881).

Tschaïkovski la pucelle d'orléansCliquez sur Jeanne d’Arc

 

Mais avant eux, ROSSINI avait écrit dès 1832 la cantate Giovanna d’Arco.

Rossini Giovanna d'ArcoCliquez sur l’image

Et en 1874, c’est LISZT qui écrit son Jeanne d’Arc au bûcher, quelques décennies avant HONEGGER.

Liszt Jeanne d'Arc au bûcherCliquez sur l’image

Compositeurs

BEETHOVEN (1770 – 1827) – Partie 1 – LA JEUNESSE ET LA MATURITÉ

Toujours aimer la liberté

Dernier des classiques (il a côtoyé Mozart et Haydn à Vienne), premier des romantiques (il est contemporain de WEBER et SCHUBERT), Ludwig van BEETHOVEN occupe une place de choix dans le panthéon de compositeurs.

Suivant l’avis de Franz LISZT, on distingue trois époques dans les compositions de Beethoven : l’enfance (ou la jeunesse), l’homme (ou la maturité), le dieu (le génie).

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Le petit Ludwig naît à Bonn le 15 ou 16 décembre 1770. Enfant prodige, son père le fait jouer très jeune en société, espérant ainsi le transformer en nouveau Mozart.

Après ses années de formation à Bonn puis à Vienne, il s’installe dans cette ville en 1792, où il fréquente les salons de grands aristocrates mélomanes et mécènes. D’abord reconnu comme pianiste virtuose, il commence à l’être comme compositeur vers la fin du XVIIIe siècle avec ses premiers concertos, sonates, quatuors et symphonies.

Sa vie privée a été malheureuse. Comme son contemporain viennois Schubert (1797 – 1828), il ne trouvera jamais l’âme sœur et en souffrira, mais en plus sa surdité, dont il commence à se plaindre en 1802, l’isolera du reste du monde.

Toujours à la recherche de la liberté (voir la citation en exergue), il écrit une symphonie (la troisième) qu’il compte dédier au général Bonaparte, mais quand il apprend que celui-ci va se faire couronner empereur, il en déchire la dédicace, et appelle sa symphonie l’Héroïque.

Beethoven HéroïqueCliquez sur l’image

En 1803, il se tourne vers l’opéra, le genre incontournable pour un musicien à cette époque, avec Léonore, d’après une pièce écrite pendant la révolution française. Terminé en 1805, l’œuvre est mal accueillie par le public, et il la remanie en 1806, puis en 1814 sous le titre Fidélio (ces reprises expliquent pourquoi il existe 3 versions de l’ouverture de Léonore).

Beethoven Fidélio Chœur des prisonniersCliquez sur les prisonniers

Pendant ce temps, sa production de chefs-d’œuvre continue avec toujours des sonates, des concertos, des symphonies,

Beethoven 5e symphonie débutCliquez sur l’orchestre

de la musique de chambre…

Beethoven Trio les EspritsCliquez sur le trio

En 1816, on fait de lui le chantre de la musique allemande face à la déferlante Rossini qui se répand sur l’Europe, mais c’est cause perdue, et c’est Rossini qui triomphe.

Pendant toutes ces années, sa surdité s’est aggravée, si bien que vers les années 1820, il était devenu (presque) totalement sourd. Ce sont précisément dans ces années qu’il a porté la musique le plus loin, comme si la musique n’était plus qu’une construction de l’esprit, dégagée des contingences physiques qui construisent et transmettent le son.

Retrouvez prochainement ce dernier Beethoven, celui que LISZT appelait le dieu.

Écrivains, Compositrices

GOETHE (1749 – 1832)

Wolfgang GOETHE was a great german writer. His work had been adapted by a lot of classical composers.

Je me suis rendu compte il n’y a guère que je n’avais pas consacré de billet sur ce blog au grand GOETHE. Et pourtant, le génie de Weimar y tient toute sa place.

Né à Francfort en 1749, cet esprit curieux de tout s’installe à Weimar en 1775. Dramaturge, romancier et poète, Goethe s’est également intéressé à la science, notamment à l’optique (il est l’auteur d’un traité des couleurs.)

Admirateur de MOZART, il considère son Don Giovanni comme étant l’idéal de l’opéra, et il écrit une suite à La Flûte enchantée. Goethe a lui-même écrit des livrets, mais ses tentatives n’ont pas été couronnées de succès.

Son œuvre littéraire sera abondamment mise en musique par les compositeurs, qu’ils soient romantiques :

ou post-romantiques :

Quant à l’opéra, l’abondante production littéraire de Goethe a inspiré bien des musiciens, à commencer par les nombreuses adaptations de ses deux livres de Faust, l’adaptation par MASSENET des Souffrances du jeune Werther avec son célèbre Werther ou encore le Mignon d’Ambroise THOMAS d’après les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister.

Enfin, il est intéressant de noter qu’au cours de sa longue vie, Goethe aurait pu voir naître et mourir Mozart (1756 – 1791) le classique, Beethoven (1770 – 1727) le préromantique et romantique et Schubert (1797 – 1828) le romantique.

Compositeurs

Hector BERLIOZ (1803 – 1869)

Hector BERLIOZ is THE french romantic composer.

Hector Berlioz, contemporain de Victor HUGO (né en 1802, d’où l’erroné Ce siècle avait deux ans), est LE musicien romantique français.

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Né le 11 décembre 1803 en Isère, Hector apprend la musique en autodidacte dans le Traité d’harmonie de RAMEAU. Son père, médecin, l’envoie faire ses études de médecine à Paris, mais Hector s’évanouit devant son premier cadavre, et il se consacre alors à sa passion, la musique, fréquentant plus les théâtres que les amphithéâtres.

Il entre au Conservatoire de Paris en 1823, et en 1829, il met en musique Huit scènes de Faust, de Goethe. En 1828, il écrit pour le prix de Rome la cantate Cléopâtre (plus connue de nos jours sous le nom de la Mort de Cléopâtre), mais n’obtient pas ce prix. En 1830, l’année de son Grand Prix de Rome, il se met en scène dans la Symphonie fantastique, où il relate ses amours rêvées avec une actrice anglaise, Harriet SMITHSON, avec qui il se marie en 1833.

requiem

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Entre 1834 et 1836, il compose son premier opéra, Benvenuto Cellini, et en 1837 son très théâtral Requiem. (Je suis sur la photo ci-dessus, dans le cercle rouge 😄). C’est à la même époque qu’il écrit Les nuits d’été, un recueil de six poèmes de Théophile GAUTIER qu’il met en musique.

nuit d'été image

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En 1844, il compose son Traité d’instrumentation dans lequel il expose sa science de l’instrumentation. Entre 1845 et 1847, il fait des tournées en Allemagne et en Russie. En 1852 et 1854, l’incontournable LISZT organise des semaines Berlioz à Weimar, où Hector peut faire jouer ses œuvres.

En 1845 – 1846, il reprend ses scènes de Faust pour composer La Damnation de Faust, œuvre qui ne rencontre pas de succès. L’opéra Béatrice et Bénédict créé à Baden-Baden en 1862 est enfin un succès, mais en 1863, il échoue à faire représenter son dernier opéra Les Troyens.

berlioz damnation d'amour l'ardente flamme crespin

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Il meurt le 8 mars 1869, après une dernière tournée en Allemagne, Autriche et Russie.

Toute sa vie, Berlioz a souffert du sentiment de n’être pas reconnu, mais il a pourtant obtenu la légion d’honneur à l’âge de 35 ans, son Requiem était une commande de l’état, ainsi que le Te Deum écrit à l’occasion du couronnement de Napoléon III en 1854, mais créé en 1855.

Berlioz était également feuilletoniste dans les gazettes musicales de l’époque, ce qui nous vaut des volumes passionnants sur la vie musicale de son temps.

Compositeurs, littérature, Shakespeare

Giuseppe VERDI (1813 – 1901)

Giuseppe VERDI is one of the greatest composers of the XIXth century.

Verdi par Adrian

Giuseppe VERDI (1813 – 1901) est contemporain de WAGNER (1813 – 1883), à qui on l’a opposé stylistiquement.

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La province de Parme où il est né le 10 octobre en 1813 était à l’époque sous occupation napoléonienne. On peut donc considérer que Verdi est français! (cocorico!)

Stylistiquement, il a traversé tout le XIXe siècle en débutant avec des opéras romantiques, puis en se tournant vers le GOf avant de finir, dans une ultime métamorphose, par la comédie.

S’il a connu une très grande célébrité, son destin personnel a été tragique. En effet, entre 1836 et 1838, il se marie, a deux enfants, puis voit mourir ses deux enfants puis sa femme.

Un de ses premiers grands succès est Nabucco (1841), Verdi devenant un symbole de la lutte contre l’occupant autrichien, et son nom devenant l’acronyme de Victor Emmanuel Roi DItalie. Le chœur des hébreux (« Va pensiero ») va vite devenir un second hymne pour les Italiens.

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur l’image

En 1844, Verdi entame une collaboration avec le librettiste Piave, qui lui écrira quelques-uns de ses meilleurs livrets (dont Ernani, Macbeth, Rigoletto, et La Traviata).

En 1846, il reçoit commande d’un Macbeth, d’après SHAKESPEARE, qui sera créé en 1847. En 1849, il met en chantier Rigoletto, d’après V.HUGO, opéra qui sera créé à Venise en 1851.

En 1852, il assiste à Paris à une représentation de La Dame au camélia, d’Alexandre DUMAS fils. Sa situation personnelle (il vivait maritalement avec une chanteuse, provoquant ainsi scandale et réprobation autour de lui), lui donne l’idée de tirer un opéra de cette pièce. Ce sera La Traviata (1853) qui après des débuts difficiles à cause de son sujet scabreux finira vite par s’imposer.

Après le triomphe de sa trilogie Rigoletto, Le Trouvère, La Traviata, il se frotte au Grand Opéra à la française avec la création en 1855 des Vêpres siciliennes pour l’opéra de Paris, sur un livret de SCRIBE.

En 1857, il écrit Simon Boccanegra, opéra qui sera remanié en 1881.

Sa renommée croissante lui vaut alors des commandes un peu partout dans le monde. La Forza del Destino (1862) pour Saint Pétersbourg, Don Carlos (1867) pour Paris, et surtout Aïda (1871), commandé pour l’ouverture du canal de suez et l’inauguration de l’opéra du Caire. celeste aida                                                                           source

Sa production d’opéra ralentit sur la fin de sa vie et il écrit, outre de la musique de chambre, son Requiem (1874) qui reste très théâtral. Il rencontre Arigo BOÏTO qui lui apporte le livret d’Otello (1887) et son ultime opéra Falstaff (1892).

verdi otello ave mariaCliquez sur l’image

Il écrit encore les très belles 4 pièces sacrées, créées en 1898.

Verdi meurt à Milan le 27 janvier 1901.

Il a été en phase avec les écrivains de son époque, puisqu’il a écrit Ernani et Rigoletto d’après V.HUGO (1802 – 1885), La Traviata d’après A.DUMAS fils (1824 – 1895) et que SCHILLER (1759 – 1805) dont il a adapté Jeanne d’Arc était presque son contemporain.

Et un petit jeu de mots pourri pour terminer (il ne faut jamais reculer devant un jeu de mots pourri): Savez-vous pourquoi GOUNOD et Verdi étaient fâchés? C’est parce que quand Gounod voulait laver Maria, Verdi ôtait l’eau.

Liste des opéra des Verdi chroniqués sur ce blog :

Macbeth (1847)

Rigoletto (1851)

Le Trouvère (Il Trovatore) (1853)

La Traviata (1853)

La Force du destin (La Forza del destino) (1862)

Aïda (1871)

Simon Boccanegra (1857, puis 1881)

Otello (1887)

Falstaff  (1892 – 1893)

Cinéma, Compositeurs, littérature

TCHAÏKOVSKI, le retour

J’avais laissé notre ami Piotr Illitch en 1875, année où la partition de Carmen l’a bouleversé. Voyons la suite…

En 1876, il compose Francesca da Rimini, un poème symphonique d’après l’œuvre de DANTE.

En 1877, TOLSTOÏ, un demi-dieu pour Tchaïkovski, demande à le rencontrer. Nadejda von MECK, une riche veuve passionnée de musique, le prend sous sa protection en lui versant une rente, ce qui lui permet de vivre pour sa musique. Tchaïkovski a l’idée d’un opéra d’après Eugène Onéguine, de POUCHKINE. Mais une femme entre dans sa vie qui, comme la Tatiana d’Eugène Onéguine, lui envoie une lettre brûlante d’amour.

tchaikovsky air de la lettreCliquez sur l’image

Tchaïkovski accepte le mariage, pensant ainsi faire taire les rumeurs qui commençaient à circuler sur son homosexualité. Très vite, le mariage vire au cauchemar, et Tchaïkovski tente de se suicider.

En 1878, il achève sa quatrième symphonie et Eugène Onéguine. La 4e est créée à Moscou, déclenchant l’indifférence générale. Il commence son Concerto de violon et démissionne du conservatoire de Moscou.

tchaikovsky concerto de violonCliquez sur l’image

Il songe à un nouvel opéra d’après Jeanne d’Arc de SCHILLER, la Pucelle d’Orléans. En 1879, Onéguine est créé à Moscou. Sans rencontrer un succès extraordinaire, l’œuvre s’installe quand même au répertoire.

Nadejda négocie avec le chef d’orchestre Édouard COLONNE pour que l’on monte à Paris la 4e symphonie, dont elle est dédicataire. Tchaïkovski part à Paris, puis en Italie, où il écrit le Capriccio italien. Il accepte une commande officielle pour une exposition, ce sera l’ouverture 1812, qui célèbre la victoire des Russes face à Napoléon (si vous écoutez bien, peut-être y reconnaîtrez-vous un thème). Il songe à un nouvel opéra, Mazeppa, et à la demande de Nadejda, écrit son Trio pour piano, violon et violoncelle. En 1884, Mazeppa est achevé et créé simultanément à Moscou et Saint-Pétersbourg. À cette occasion, il est décoré par le tsar.

En 1886, il écrit un opéra, la Charmeuse et à la fin de l’année 1887, il part en tournée en Europe. En Allemagne, il rencontre BRAHMS et GRIEG et en Bohème, DVORAK. De retour en Russie, il écrit la cinquième Symphonie, qui sera créée en 1888. Il compose un nouveau ballet, La Belle au bois dormant qui sera créé en 1890. Il commence un nouvel opéra, la Dame de pique, d’après Pouchkine. La création de la Dame de pique en fin d’année sera enfin un succès. La francophilie de Tchaïkovski s’y retrouve puisqu’il fait chanter à la comtesse se remémorant sa jeunesse un air de GRÉTRY, extrait de Richard Cœur de lion.

Tchaïkovski la Dame de pique air de la comtesseCliquez sur l’image

En 1891, il reçoit une commande de l’opéra de Saint-Pétersbourg : un ballet, Casse-Noisette d’après DUMAS et un opéra, Iolanta.

Tchaikovski Iolanta Netrebko VillazonCliquez sur Iolanta et Godefroid

Cette année-là, sa tournée de chef d’orchestre le mène jusqu’aux États-Unis, où il dirige au Carnegie Hall. À la fin de l’année, les deux œuvres Casse-Noisette et Iolanta sont créées lors de la même soirée.

Début 1893, il écrit sa sixième symphonie, dite Pathétique, et il meurt du choléra le 6 novembre, juste après la création de cette dernière.

tchaikovsky 6e symphonieCliquez sur l’image

Pour les cinéphiles, on peut noter que la symphonie pathétique est le titre français de la « biographie » que le cinéaste Ken RUSSELL a consacré à Tchaïkovski en 1969 (titre original: The music lovers).

Compositeurs, littérature

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) – Partie 1

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) est un compositeur russe, qui a su allier ses racines slaves à sa culture occidentale, voire francophile.

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Piotr Illitch est né le 7 mai 1840 et, d’une manière inhabituelle, il ne montre pas de signe de précocité musicale lors de ses études. En 1859, il termine des études de droit et entre au ministère de la Justice. En 1861, des amis l’emmènent comme interprète lors d’un voyage en Europe. Cette même année, il apprend l’harmonie et la basse continue. En 1863, il démissionne du ministère pour se consacrer à la musique et en 1865, il passe son diplôme du Conservatoire avant d’entrer comme professeur au Conservatoire de Moscou. Très vite, il pense à l’opéra et il demande au dramaturge OSTROVSKI d’adapter une de ses pièces, le Voïvode.

La prise de pouvoir musical à Saint-Pétersbourg par les représentants de l’école nationaliste russe (le groupe des cinq, mené par BALAKIREV) l’éloigne de cette ville. En 1867, à l’occasion de concerts donnés par BERLIOZ à Moscou, il se rapproche de Balakirev. En 1868, il fait un nouveau voyage à Paris, et la découverte du Grand Opéra à la française le marque fortement.

En 1868, on crée le Voïvode au Bolchoï, mais cette œuvre ne rencontre pas le succès. Tchaïkovski écrit un nouvel opéra, Ondine, qui ne connaît pas plus de succès et il brûle les partitions de ces premiers ouvrages lyriques. Sur les conseils de Bala (qui rêve), il écrit une ouverture pour Roméo et Juliette, qui ne rencontre qu’un  accueil poli (cette pièce s’est depuis imposée dans les programmes classiques.

Tchaikovski roméo et julietteCliquez sur l’image

En 1870, il met en route un nouvel opéra, l’Oprichnik, qui sera créé avec succès en 1873. Entre temps, et pour renflouer ses finances, il organise un concert de ses œuvres à Moscou, concert ou TOURGUENIEV viendra en personne. En 1873, il écrit une musique de scène pour Snegourotchka d’Ostrovski (RIMSKI-KORSAKOV écrira un opéra sur la même pièce : Snegourotchka ou La Fille de neige).

En 1875, il écrit son fameux premier concerto de piano, dédié à Hans von Bülow, qui le jouera dans le monde entier.

tchaikovsky concerto de pianoCliquez sur l’image

Il reçoit une commande du Bolchoï : le ballet Le Lac des cygnes. 1875 est l’année de la création en France de Carmen de BIZET, dont il étudie la partition avec une « passion presque maladive ».

tchaikovsky le lac des cygnesCliquez sur l’image

Ne manquez pas la suite des aventures de notre ami Piotr Illitch dans Tchaïkovski, le retour.

Animation 1, Écrivains, Cinéma, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Victor HUGO (1802 – 1885) ET LA MUSIQUE

                                                              (Victor HUGO and opera)

« Défense de déposer de la musique sur mes vers » aurait déclaré Victor HUGO (1802 – 1885).

Son œuvre dramatique a pourtant inspiré bien des compositeurs, puisqu’une centaine d’opéras ont été composés d’après cette œuvre.

VH donc, chef de file du romantisme français, a créé le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par VERDI, avec Ernani (1844). Ce n’est pas la seule adaptation de VH par Verdi puisqu’à partir de la pièce Le Roi s’amuse (1832), il composera Rigoletto en 1851.

Verdi rigoletto La done e mobile

Autre Italien à adapter VH, on peut citer DONIZETTI qui mettra en musique Lucrèce Borgia (1833), avec Lucrezia Borgia, et ce dès 1833, soit l’année même de la création du drame d’Hugo !

Donizetti Lucrezia Borgia Maffio Orsini son ioCliquez sur l’image

VH a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise BERTIN (notez bien ce nom, il n’y a pas beaucoup de femmes compositrices dans le monde décrit par ce blog). Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre Dame de Paris (1831).

Bertin La Esmeralda air des cloches

C’est ce même livret qui servira à DARGOMIJSKY, un élève de GLINKA pour son Esméralda (1839).

En 1872, c’est MASSENET qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de DUMANOIR, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que MENDELSSOHN a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

Mendelssohn Ouverture Ruy BlasCliquez sur l’orchestre

Un peu plus tard, PONCHIELLI adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt DISNEY. Cette même année, le Russe César CUI créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre de VH figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si, de mémoire, VH n’apparaît pas au générique).

Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, de très nombreux poèmes de VH ont été mis en musique, que ce soit par LISZT, GOUNODFAURÉ ou SAINT-SAËNS… ou BRASSENS !

Fauré les DjinnsCliquez sur le chœur

Notamment avec les Orientales (1829) où Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

Ce thème a particulièrement inspiré Franz LISZT, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

Cinéma, Compositeurs, littérature

AIMEZ-VOUS LISZT (1811 – 1886)…

… comme ne l’a pas écrit Françoise SAGAN.

Que vient faire Franz LISZT dans un blog consacré à l’opéra ? me demanderez-vous. Eh bien, il y a toute sa place.

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Né le 22 octobre en Hongrie, Liszt était un enfant et un pianiste prodige. Il a écrit un opéra à l’âge de douze ans, Don Sanche. Certes, ce n’est pas la plus connue de ses œuvres, et ce n’est donc pas pour elle que j’écris ce billet.

Liszt Don Sanche OuvertureCliquez sur l’image

Si j’ai choisi de parler de Liszt, c’est parce qu’il a soutenu ou aidé tous les compositeurs de son époque, de BERLIOZ à MASSENET, en passant par WAGNER, SMETANA et SAINT-SAËNS, soit en montant leurs œuvres à Weimar où il a été chef d’orchestre dans les années 1850 (Lohengrin de Wagner, Benvenuto Cellini de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns), soit en écrivant des transcriptions d’opéras pour le piano (MOZART, BELLINI, GLINKA, VERDI, AUBER…)

Liszt transcriptionCliquez sur l’image

Tsigane et franciscain comme il se définissait lui-même, Liszt serait de nos jours un « people ». Ses talents de virtuose du clavier poussaient en effet ses admirateurs à lui baiser les doigts après les concerts et ses admiratrices dans son lit ! Et ses frasques amoureuses alimentaient les gazettes de l’époque.

En tant que pianiste virtuose, Liszt compose des pièces pianistiquement redoutables.

Liszt CampanellaCliquez sur l’image

À Paris, il fréquente les salons et y rencontre Berlioz, George SAND et Alfred de MUSSET, HUGO, BALZAC, CHOPIN et DELACROIX (entre autres…)

En 1833, il commence une liaison avec la comtesse Marie d’AGOULT et en 1835, ils s’enfuient à Genève. Ils auront trois enfants, dont Cosima qui se mariera avec le chef d’orchestre Hans von BÜLOW (puis avec Wagner). Cette liaison durera jusqu’en 1844, et inspirera Balzac pour son roman Béatrix (1839).

En 1853, il relève le défi laissé par BEETHOVEN avec la forme sonate avec sa formidable Sonate en Si bémol mineur.

Liszt Sonate en si bémol mineurCliquez sur le pianiste

À Weimar où il est chef d’orchestre, il développe la notion de poème symphonique ébauchée par Berlioz, avec des œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

Parmi les compositeurs qu’il a aidés, citons en particulier Wagner, dont il a assuré la création de Lohengrin à Weimar en 1850. Une de ses filles, Cosima, se mariera avec Wagner et assurera la direction du Festival de Bayreuth après la mort de celui-ci. Quelques mois avant la mort de Wagner, Liszt écrit, prémonition ? une Lugubre gondole. C’est d’ailleurs à Bayreuth que Liszt meurt le 31 juillet 1886 et qu’il est enterré.

liszt funèbre gondoleCliquez sur l’image

Outre ses œuvres pour piano et ses poèmes symphoniques, il est l’auteur de nombreuses musiques d’inspiration religieuse et d’oratorios).

Le cinéaste Ken RUSSELL a réalisé une biographie (?) de Liszt sous le nom de Lisztomania. C’est ce même K.RUSSELL qui a adapté pour le cinéma l’opéra-rock Tommy des WHO. On peut noter que le rôle de Liszt est tenu par Roger DALTREY, des Who.

Et si vous voulez un aperçu de Liszt le novateur, cliquez sur le lien.

Compositeurs, littérature

Léos JANACEK (1854 – 1928)

Janacek par Adrian

Léos JANACEK (prononcer ianatchèque) est un compositeur majeur du XXe siècle, trop méconnu en France. Peut-être est-ce dû à ce que sa musique se chante en tchèque, langue qui nous est moins familière que l’italien ou l’allemand.

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Né à Brno, capitale de la Moravie, il rencontre DVORAK (1841 – 1904) à Prague en 1874, qui l’encourage à suivre sa voie musicale. Pendant longtemps, son aura ne dépassera pas sa Moravie natale, et il faudra attendre 1916 et une représentation de son opéra Jenufa à Prague pour qu’il commence à connaître le succès.

janacek JenufaCliquez sur l’image

Janacek faisait partie du cercle russe de sa ville, et il en découlera des compositions comme la pièce symphonique  Tarass Bulba, d’après GOGOL ou l’opéra De la maison des morts d’après DOSTOÏEVSKI.

Parmi ses autres opéras, il faut citer Katia Kabanova (1921), d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI, le ravissant conte pour enfants La petite renarde rusée, ou l’opéra fantastique L’Affaire Makropoulos.

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On peut encore citer l’opéra de chambre le Journal d’un disparu, un cycle de 22 mélodies pour ténor, piano, et un chœur de trois femmes, au travers duquel on peut entendre sa passion cachée pour une jeune femme de trente-huit ans sa cadette.

En dehors de l’opéra, Janacek a écrit des pièces pour piano, la Messe glagolitique, de la musique de chambre dont de très beaux quatuors (quatuor Lettres intimes), la Sinfonietta pour instruments à vent.

Comme ses contemporains BARTOK ou KODALY, Janacek a réalisé un important travail ethno-musicologique en recueillant les airs populaires de son pays.

Liste des principaux opéras de Janacek :

Jenufa (1893 – 1903)

Katia Kabanova (1921)

La petite Renarde rusée (1924)

L’Affaire Makropoulos (1923-1925)

De la Maison des morts (1927 – 1928)