Compositeurs, histoire, littérature

Jean-Baptiste LULLY (1632 – 1687)

Jean-Baptiste Lully est né à Florence le 28 novembre 1632. Il est venu en France à l’âge de 11 ans (il est marmiton à la cour).

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Le jeune Lully est chosi en 1946 par le chevalier de GUISE, qui recherchait pour sa cousine, mademoiselle de MONTPENSIER, un jeune Italien susceptible de converser avec elle dans la langue italienne. Son service durera jusqu’en 1652.

Ses talents de musicien le distinguent et il participe à la mise en place de ballets, qui était le genre musical en vogue à la Cour avant l’Opéra. Il est nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du Roi, et s’impose peu à peu dans le genre du ballet.

Début 1653, il est chargé de régler un ballet, Le Ballet de la Nuit, dans lequel il fait jouer le roi sous le masque du Soleil. De là viendra le nom de Roi-Soleil qui restera celui de Louis XIV pour la postérité.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par Louis XIV (1661), il reçoit les positions de surintendant de la musique du roi et de maître de la musique de la famille royale. En 1662, il se marie avec la fille du compositeur Michel LAMBERT.

Sa collaboration avec MOLIÈRE dans les comédies-ballets commence en 1664 avec Le Mariage Forcé. Suivront ensuite notamment L’Amour Médecin (1665) et Le Bourgeois Gentilhomme (1670). En 1671, Molière et CORNEILLE écrivent ensemble Psyché, que Lully met en musique.

lullt le bourgeois gentilhomme

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En 1672, Lully rachète à PERRIN le privilège royal de l’opéra pour toute la France. Il devient alors Directeur de l’Académie Royale de Musique, où il créera 14 tragédies en musique ainsi que plusieurs ballets et œuvres diverses jusqu’à sa mort en 1687. Il sait adapter à la perfection le chant à la diction du français, et s’attache les services de QUINAULT pour rédiger les livrets de ses opéras. Parmi ceux composés avec Quinault figurent Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Thésée (1675), Atys (1676) et Roland (1684).

lully atys

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Opéra et politique : À l’époque de Louis XIV, il fallait flatter le souverain. Ainsi, chacune des tragédies lyriques de Lully commence-t-elle par un prologue vantant les grandes Qualités du roi, desquelles les dieux eux-mêmes étaient jaloux.
Ainsi dans Alceste, c’est la nymphe de la Seine qui se languit du retour du Héros (comprendre Loulou XIV, parti à la guerre). Dans Atys, c’est à un dieu que l’on compare le roi. Dans Roland, il est comparé à Roland, le héros de l’Orlando Furioso, et dans Armide (1686), c’est la Gloire et la Sagesse qui louent le héros qui possède ces deux qualités.

Après la mort de la reine, et sous l’influence de madame de MAINTENON, Louis XIV a une crise de foi et se détourne de l’opéra. Quinault, son librettiste, tombe en disgrâce et interrompt sa carrière après avoir terminé le livret d’Armide en 1686. Le compositeur doit alors trouver un autre librettiste, CAMPISTRON, pour son dernier chef d’œuvre : Acis et Galatée (1686).

lully armide

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Le 22 mars 1687, Lully meurt de la gangrène des suites d’un coup de bâton qu’il s’est donné sur le pied en dirigeant son Te Deum (à l’époque, on marquait la mesure en frappant le sol avec un bâton).

lully te deum

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Sa composition la plus connue reste toutefois la chanson Au clair de la lune.

lully au clair de la lune

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(Source : pour cet article, j’ai consulté l’excellent Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcel BENOIT, éditions Fayard, 1992).

Lully est le premier des musiciens italiens à être venus exercer leurs talents en France.

Compositrices, Divers, Histoire de l'opéra

DES OPÉRAS POUR LES ENFANTS

Les adultes ne sont pas les seuls à avoir le privilège d’aller à l’opéra. C’est à peu près à partir du XXe siècle que les compositeurs ont eu envie de s’adresser aux enfants.

Ainsi, en 1915, César Cui, du Groupe des cinq, écrit le Chat botté d’après le conte de Charles Perrault.

Cui le Chat botté

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Peu après, Ravel écrit, sur un livret de Colette, l’Enfant et les sortilèges  (1917 – 1924).

Écrit en 1922-1923 et créé en 1924, l’opéra de Janacek la Petite Renarde rusée est un magnifique conte pour enfants, dans lequel il ne fait pas forcément bon être poule.

janacek petite renarde

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En 1936 dans le conte musical Pierre et le loup, Prokofiev associe à chaque personnage un instrument particulier. Quelle belle découverte des timbres de l’orchestre pour les enfants !

pierre et le loup

Cliquez sur Peter USTINOV

En 1938, le Tchèque Hans Krasa écrit Brundibar, un opéra pour les enfants. Cet opéra sera créé en 1943 par les enfants du camp de concentration de Theresienstadt !

Krasa Brundibar

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En 1949, Britten qui s’est toujours intéressé à rendre la musique accessible à tous a écrit Faisons un opéra, le petit ramoneur (1949), un opéra destiné aux enfants.

britten petit ramoneur

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Poulenc, lui, a mis en musique l’Histoire de Babar.

poulenc babar

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Bien entendu, au XXIe siècle, les maisons d’opéra continuent de créer des œuvres destinées aux enfants, c’est ainsi qu’on a pu entendre pendant la saison 2018 – 2019 à Lille Coraline de Mark-Anthony Turnage…

coraline

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… et à Lyon Les Enfants du Levant, d’Isabelle Aboulker.

les enfants du levant

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D’Aboulker, on peut aussi relever Douce et Barbe-bleue.

Aboulker douce et Barbe-bleue

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Je parle dans un autre billet des enfants à l’opéra, mais dans le sens où les enfants ont un rôle dans les opéras écrits pour les grands. Sans attendre, je précise qu’un opéra comme la Flûte enchantée de Mozart a tout pour plaire aux enfants, même s’ils ne comprennent pas le sous-texte, avec son serpent géant, son prince et sa princesse, la reine de la nuit dans le rôle de la sorcière, ou encore le personnage de l’oiseleur Papageno.

Et puis si vous voulez faire chanter vos petits enfants, vous pouvez le faire avec le karaoké des comptines !

Retrouvez ici les opéras tirés des contes de Charles Perrault.

Découvrez ici le Grand lavomatique aquatique, le seul opéra écrit pour ukulele :

Le grand lavomatique aquatique

Compositeurs, histoire

D.F.E. AUBER (1782 – 1871)

Avant que d’être une station de RER, située entre les métros Opéra et Havre-Caumartin, Daniel François Esprit AUBER (1782 – 1871) a été un des compositeurs les plus fameux de son siècle.

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Si la proximité d’Auber avec Opéra est évidente (toutes les rues du quartier Opéra portent des noms de compositeurs ou de librettistes), le lien avec HAVRE et CAUMARTIN l’est moins. Peut-être s’agit-il d’un duo de librettiste, comme MEILHAC et HALÉVY. Si vous avez un avis sur le sujet, merci de me le faire savoir !

(Rajouté le 1er avril 2019, pour tout savoir sur Havre & Caumartin, cliquez sur le lien.)

Né à Caen le 29 janvier 1782, Auber meurt à Paris pendant la commune. Sa famille s’installe à Paris à la Révolution. Le premier professeur d’Auber est Jean-Blaise MARTIN, baryton à l’Opéra–Comique (c’est lui qui a laissé son nom à la tessiture de baryton Martin). En 1802, son père l’envoie à Londres pour y apprendre l’anglais et les bases du commerce. Heureusement, la reprise de la guerre avec les Anglais le renvoie à Paris dès 1803. Il commence alors une carrière de musicien de salon (quatuor à cordes, piano, premier opéra-comique). En 1805, il rencontre CHERUBINI, alors Inspecteur du Conservatoire Impérial de Musique et approfondit son métier auprès de celui-ci pendant trois ans.

Il fait la connaissance du comte de Chimay qui le soutient. Son deuxième opéra-comique Jean de Couvin est donné au château de Chimay en 1812.

En 1819, la mort de son père le force à devenir non seulement indépendant, mais aussi responsable de sa famille. À partir de ce moment, il écrit en moyenne une œuvre lyrique par an. En 1823, il rencontre ROSSINI, venu à Paris pour s’occuper du Théâtre Italien. La découverte de sa musique va changer son style, la rendant plus vivante. Il rencontre également Eugène SCRIBE, l’un des plus importants librettistes du siècle. Ils écriront ensemble trente-sept ouvrages, presque tous des succès.

L’Opéra de Paris lui confie la composition d’un opéra en cinq actes. Ce sera La Muette de Portici (1828), qui sera un triomphe et fondera les bases d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française (le GOf). Notons à propos de La Muette de Portici que le duo « Amour sacré de la Patrie » a donné, en pleine représentation à Bruxelles, le signal de la révolution qui aboutira à l’indépendance de la Belgique.

amour sacré de la patrieCliquez sur l’image

En 1829, Auber entre à l’Académie des Beaux-Arts. Parmi les ouvrages qui ont suivi, citons Fra Diavolo en 1830, qui renforce sa renommée.

auber fra diavoloCliquez sur l’image

Suivront notamment Le Philtre (1831) dont le livret servira à DONIZETTI pour L’élixir d’amour (1832), Gustave III ou le Bal masqué (1833), dont le livret servira à VERDI pour Un ballo in maschera (1859) et un Manon Lescaut (1856), avant ceux de MASSENET et PUCCINI.

auber manonCliquez sur l’image

En 1842, Auber succède à Cherubini au poste de Directeur du Conservatoire. Dans la deuxième moitié du siècle, les goûts changent et les œuvres d’Auber rencontrent moins de succès. Il meurt le 12 mai 1871, dans les bras d’Ambroise THOMAS qui lui succédera au Conservatoire.

À titre personnel, j’ai un gros faible pour Gustave III, roi de Suède (1833), que j’ai eu la grande chance de chanter à l’Opéra impérial de Compiègne il n’y a guère (tendez bien l’oreille en écoutant les chœurs, vous pourrez m’entendre).

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Animation 1, Compositrices, Contes et légendes, Divers, littérature, Mythologie

CENDRILLON (CINDERELLA – CENERENTOLA)

Parmi les contes et légendes de notre enfance figure l’histoire de Cendrillon, cette petite fille victime de sa marâtre et de ses deux vilaines sœurs qui la confinent aux tâches domestiques.

Archétype des contes, on en connaît des versions dans toutes les cultures, et ce depuis l’antiquité. Par exemple, dans l’Égypte antique, on trouve l’histoire d’une jeune esclave à qui un aigle enleva une chaussure puis la fit tomber au pied du pharaon, qui n’eut alors de cesse que de retrouver la propriétaire de cette chaussure.

Les versions que nous connaissons sont celle de Perrault (1697) ou celle des frères Grimm un siècle plus tard.

Étant donné son sujet à portée universelle, il n’est donc pas étonnant que l’Opéra s’en soit emparé, et ce dès 1759 avec un opéra-comique de Laruette.

Parmi les versions qui nous sont restées figure la Cenerentola (1817) de Rossini

Rossini Cenerentola BartoliCliquez sur l’image

L’opéra Cendrillon (1899) de Massenet est encore parfois représenté.

massenet cendrillonCliquez sur l’image

Créé en 1900, le Conte du tsar Saltan de Rimsky-Korsakov reprend le thème du tsar qui cherche une épouse, et finit par choisir la plus jeune de 3 sœurs, provoquant la fureur et la vengeance des deux ainées et de leur mère.

On peut noter encore Cendrillon (1904), un opéra miniature (merci Wikipédia) de Pauline Viardot.

cendrillon viardotCliquez sur l’image

En 2002, la compositrice Isabelle ABOULKER écrit Cendrillon, un opéra pour enfants.

Aboulker CendrillonCliquez sur l’image

D’autres adaptations musicales existent, dont le ballet de Prokofiev datant de 1940, ou encore des comédies musicales.

cendrillon prokofievCliquez sur l’image

Les studios DISNEY ne se sont pas trompés sur la portée universelle du conte en créant le dessin animé Cendrillon (Cinderella en VO) en 1950.

Cendrillon DisneyCliquez sur l’image

En 2016, une jeune anglaise âgée de dix ans écrit Cinderella, son premier opéra complet.

Deutscher Cinderella Up in the skyCliquez sur l’image

Compositeurs, Compositrices, Divers, Histoire de l'opéra

8 MARS 2019 – JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale de la Femme (en France, on ajoute des droits de la Femme) qu’il faut en conclure que les 364 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs.

Je vais vous parler ici de quelques femmes compositrices, en commençant par Élisabeth JACQUET DE LA GUERRE (1665 – 1729), qui a écrit et joué pour Louis XIV et Louis XV. Dans le domaine de l’opéra, elle a composé la tragédie lyrique Céphale et Procris, mais devant le peu de succès rencontré, elle s’en est arrêtée là. D’elle sont restées des cantates et des pièces pour clavecin.

jacquet der la Guerre

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Au XIXe siècle, on peut citer Louise BERTIN (1805 – 1877), qui a écrit La Esmeralda dont le livret a été écrit par le grand VH lui-même, d’après son Notre Dame de Paris. Fille du directeur de l’important Journal des Débats, elle a également écrit un Faust. Sa position sociale et son statut de femme l’ont empêchée de connaître un succès qu’elle aurait pourtant mérité, comme en témoigne l’estime que BERLIOZ lui témoignait.

louise Bertin

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Pendant ce temps en Allemagne, Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847) jouait du piano et composait, malgré l’avis de son père, et de son frère Félix. Ce n’est qu’après son mariage qu’elle pourra développer son art musical, et se faire jouer et publier. Elle a surtout écrit des pièces pour piano, des romances et des cantates. Quand vers la fin de sa vie, elle se lance pour faire connaître sa musique, ses contemporains ne veulent pas croire qu’une femme ait composé cette musique, et l’accusent d’avoir pillé son frère !

fanny mendelssohn

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Clara SCHUMANN (1819 – 1896) composait également, mais ce sont ses talents de pianiste qui étaient reconnus, pas ceux de compositrice, et c’est son Robert (SCHUMANN) de mari qui est resté pour la postérité comme un génie de la composition.

clara schumann

Mélanie BONIS (1858 – 1937) choisit comme pseudonyme Mel BONIS pour ses compositions musicales, pour ne pas être reconnue comme femme compositeur. Elle entre au conservatoire à 18 ans. C’est là qu’elle rencontre un chanteur-poète, qui sera le grand amour de sa vie, mais sa famille lui impose un mariage « sérieux ». Elle mettra en musique bien des poèmes de son amour. Sur la fin de sa vie, elle se consacre à de la musique religieuse.

mel bonis

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Pour le XXe siècle, on peut citer Germaine TAILLEFERRE (1892 – 1983), seule femme du groupe des six. Elle a écrit une œuvre abondante dans différents styles (piano, mélodie, musique de chambre, musique de films, concertos, opéras…). Elle a participé aux Mariés de la Tour Eiffel, sur un texte de COCTEAU, mais a également écrit un opéra de chambre sur un texte de IONESCO : Le Maître.

Deux autres femmes compositrices se sont distinguées, Lili et Nadia BOULANGER. Lili, la cadette, a été la première femme à gagner le grand prix de Rome. Sa carrière a malheureusement été trop brève, car elle est morte à l’âge de 24 ans, en laissant inachevé son opéra La Princesse Maleine, d’après MAETERLINCK.

Lili Boulanger hymne au soleil

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Sa grande sœur Nadia est beaucoup plus connue, car au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de 1000 élèves, dont les compositeurs Aaron COPLAND, Vladimir COSMA, Philip GLASS, Pierre HENRY, Michel LEGRAND ou Lazlo SCHIFFRIN. Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de VERLAINE, HEINE, VH ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de D’ANNUNZIO.

Retrouvez d’autres femmes compositrices le 8 mars 2020.

Compositeurs

Gioacchino ROSSINI (1792 – 1868)

Gioacchino ROSSINI (1792 – 1868) a été un compositeur aussi précoce que fécond, puisqu’il a écrit son premier opéra à l’âge de 14 ans.

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Né le 29 février 1792 à Pesaro, en Italie (d’où son surnom de Cygne de Pesaro), il monte ses premiers opéras à Venise, et connaît la gloire avec l’Italienne à Alger (1813). En 1814, il écrit le Turc en Italie, qui rencontre moins de succès, le public croyant qu’il avait « recyclé » son opéra précédent.

rossini italienne

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Ses succès vénitiens lui ouvrent les portes de la Scala de Milan, où il crée son chef-d’œuvre Le Barbier de Séville en 1816. Il écrit cette pièce en 13 jours, mais il faut dire que, comme VIVALDI le faisait avant lui, il recyclait des airs à succès d’un opéra sur l’autre.

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Comme ses prédécesseurs du siècle précédent, il a dû aussi composer avec les caprices des divas et divos, qui lui faisaient changer sa musique pour pouvoir se mettre en valeur et briller à coups de vocalises vertigineuses.

En 1817, il écrit La Cenerentola (Cendrillon) et La Gazza ladra (La Pie voleuse).

De 1815 à 1822, il dirige le théâtre royal de Naples, tout en continuant à alimenter les scènes de Rome ou de Milan. C’est pour Naples qu’il écrit la Dame du Lac (La Donna del Lago) en 1819.

Après un passage à Vienne, où la grande vague de sa musique balaie les tentatives de créer un opéra allemand (WEBER et SCHUBERT en seront les victimes), puis à Londres, il s’installe à Paris en 1823, où il prend la direction du Théâtre Italien. Il y monte Le voyage à Reims, écrit à l’occasion du sacre du roi Charles X. Cette œuvre de commande servira de matériau musical quelques années plus tard pour le Comte Ory (1828).

La gloire de Rossini est alors telle que Stendhal écrit sa biographie dès 1824.

Il crée également à Paris un autre de ses chefs d’œuvre, Guillaume Tell, d’après le drame de SCHILLER, en 1829.  Âgé alors de 37 ans, il décide d’arrêter d’écrire pour le théâtre.

rossini guillaume tell

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Il ne quitte pas pour autant la musique, écrivant son Stabat Mater en 1832, une Petite Messe solennelle qui n’a de petite que le nom en 1864, ainsi que diverses petites pièces, qu’il appelle ses péchés de vieillesse, incluant Le duo des chats.

Gastronomie et opéra : Bon vivant, Rossini est aussi l’inventeur d’une recette à laquelle il a laissé son nom, le tournedos Rossini.

Il meurt à Passy le 13 novembre 1868.

De nos jours, Rossini reste populaire non seulement au travers de ses opéras, mais aussi au travers de la pub ou du cinéma, qui n’hésitent pas à utiliser ses musiques tout de suite accrocheuses. Je pense ici par exemple à Orange mécanique de KUBRICK et bien sûr à Tex AVERY.

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ONDINES ET NAÏADES (LES FILLES DE L’EAU)

​Les filles de l’eau, sirènes, ondines, naïades, appartiennent à l’imaginaire populaire, et ceci quel que soit le lieu et quelle que soit l’époque. Il n’est dès lors pas étonnant d’en trouver sur les scènes d’opéra.

Les sirènes, dans la mythologie grecque, étaient des créatures marines mi-femmes, mi-oiseaux. Musiciennes, elles étaient dotées d’une voix telle que quand un marin les entendait, il était fatalement attiré vers elles et se noyait. (Eh oui, il était difficile de résister au chant des sirènes.) On trouve ainsi un duo de sirènes dès le King Arthur(1691) de PURCELL (Two daughters…) suivi du sublime « How hapy the lovers ».

how happy the loversCliquez sur l’image

La compositrice Lili BOULANGER (1893 – 1918) a écrit une pièce intitulée Les Sirènes.

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

C’est aussi le cas de Cécile Chaminade (1857-1944).

Chaminade les SirènesCliquez sur l’image

Créatures vivant en eau douce (près des sources ou dans les rivières), on retrouve les naïades de la mythologie grecque dans les mythologies germaniques sous le nom d’ondines.

Alors que Richard STRAUSS met en scène une ondine dans son Ariane à Naxos, c’est l’adaptation romantique qu’en fait E.T.A. HOFFMANN dans son opéra Ondine qui connaîtra le plus d’avatars puisque TCHAÏKOVSKI écrit un opéra de ce titre (qu’il brûlera devant le peu de succès rencontré par cette œuvre), et surtout DVORAK avec sa Rusalka.

renee fleming rusalkaCliquez sur l’ondine Rusalka

En 1845, LORTZING écrit un opéra romantique magique, Undine.

Lortzing UndineCliquez sur l’image

À l’époque préromantique, il y a eu une supercherie littéraire autour de l’œuvre du barde celtique OSSIAN. Dans ces légendes celtiques apparaît la vierge d’Inistore, qui a été mise en musique par SCHUBERT et BRAHMS.

SCHUBERT, La fille d’Inistore D281.

Vous ne pouvez pas imaginer quel plaisir c’est pour moi de pouvoir mettre du Brahms, un de mes compositeurs préférés, sur ce blog. Et en plus un de mes morceaux favoris (chanté par le Chœur de Chambre du Conservatoire de Lille quand j’y étais, à la fin du millénaire dernier) et proposé ici sous la direction de Frieder BERNIUS, très grand chef de chœur avec qui j’ai eu l’ineffable joie de chanter du… Brahms.

BRAHMS, Gesang aus Fingal, opus 27.

brahms berniusCliquez sur l’image

On trouve aussi des créatures de l’eau sur le Rhin, l’une des plus connues étant la Lorelei, dont le mythe a été popularisé par les romantiques BRENTANO et HEINE. L’histoire de la Lorelei a été abondamment mise en musique, notamment par LISZT et Clara SCHUMANN et il y a même une opérette d’OFFENBACH et un opéra de CATALANI portant ce titre.

De non moins fameuses nixes (les nymphes allemandes) sont les filles du Rhin que l’on retrouve dans L’Or du Rhin de WAGNER (attention, ça commence pianissimo avant de monter progressivement).

On retrouve ces mêmes filles du Rhin à l’issue des 15 heures de l’Anneau du Niebelung. En gros, au début de l’Or du Rhin, les filles du Rhin qui étaient les gardiennes de l’Or du Rhin se le font voler par Alberich (le niebelung) qui pour cela doit renoncer à l’amour. (C’est amour contre richesse, quoi). Avec l’or, Alberich fait forger un anneau magique qui confère le pouvoir à celui qui le possède. Wotan, le dieu en chef le lui vole, et Alberich prononce alors une terrible malédiction sur l’anneau, quiconque le possédera mourra. Wotan doit le céder à deux géants, qui commencent par se tuer (ou plutôt l’un tue l’autre). C’est le début de la malédiction de l’anneau. Wotan veut récupérer l’anneau, mais pour cela seul un être libre peut le faire. C’est très nietzschéen tout ça. (Et attention spoiler, cet être c’est Siegfried). À la fin du Crépuscule des dieux, la walkyrie Brünnhilde fait un bûcher pour brûler le corps de Siegfried, lance l’anneau maudit dans le Rhin et se jette dans le bûcher pour mourir avec son héros. Les filles du Rhin provoquent alors la montée des eaux qui met fin au Walhalla, la demeure des dieux, et ouvre la voie au règne des hommes.

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Enfin, après cet apocalyptique final, offrons-nous un peu de calme avec Ondine, une pièce pour piano de Maurice RAVEL, extraite de Gaspard de la nuit.

Compositeurs

Georges BIZET (1838 – 1875)

Georges BIZET, le créateur de Carmen, est né à Paris le 25 octobre 1838. Sa mère, pianiste, lui donne ses premières leçons de musique.

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Il entre au conservatoire à l’âge de 10 ans et, pianiste doué, obtient son premier prix de piano à 14 ans. Il apprend la composition auprès d’HALÉVY, l’auteur de La Juive. À 17 ans, il écrit sa Symphonie en ut et l’année d’après il participe à un concours d’opérette organisé par OFFENBACH, concours dont il gagne le premier prix avec Le Docteur miracle. À 19 ans, il obtient le grand prix de Rome et part à la Villa Médicis.

Les Pêcheurs de perles (1863) est sa première grande œuvre montée sur scène. On y trouve le fameux duo « Au fond du temple saint » et l’air Je crois entendre encore. En 1866, il écrit La jolie fille de Perth d’après Walter SCOTT.

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En 1869, il épouse Geneviève, la fille de son professeur de composition Halévy.

En 1872, il écrit une musique de scène pour L’Arlésienne de Daudet, avec sa célèbre Marche des rois.

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En 1874, il reçoit une commande pour une pièce légère avec une fin heureuse de la part de l’Opéra Comique : ce sera l’opéra Carmen sur un livret de Meilhac et Halévy. Cet Halévy était d’ailleurs de sa famille puisqu’il était le cousin de sa femme Geneviève.

Après des débuts difficiles en raison du sujet jugé scabreux, Carmen devient un des plus grands succès mondiaux de l’opéra, mais Bizet ne connaîtra pas ce succès : il meurt le 3 juin 1875 trois mois après la première.

Le succès de Carmen n’est pas que public puisque TCHAÏKOVSKI idolâtrait cette partition et que NIETZSCHE, quand il s’est défait de l’emprise wagnérienne, reconnaissait en Carmen l’antidote au « poison wagnérien ».

La célèbre scène des enfants (nous marchons la tête haute) a d’ailleurs inspiré bien des compositeurs qui ont incorporé une scène d’enfants au début de leurs opéras, que ce soit Tchaïkovski dans La dame de pique, RIMSKI-KORSAKOV dans Snegourotchka, ou PUCCINI dans La Bohème.

Et allez, c’est aujourd’hui dimanche, et je vous propose un bis pour l’air Je crois entendre encore des Pêcheurs de perles, vous pourrez comparer avec la version présentée plus haut (et m’écrire ce que vous en pensez).

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Compositeurs

Jacques OFFENBACH (1819 – 1880)

Je me propose de commencer les commémorations de 2019 par Jacques Offenbach.

Musicien d’origine allemande, Jacques Offenbach est né le 20 juin 1819 à Cologne, il vient vite suivre sa formation musicale à Paris.

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Après des débuts comme violoncelliste à l’Opéra-Comique, Offenbach devient chef d’orchestre à la Comédie Française. En 1855, il prend la direction des Bouffes-Parisiens, un théâtre réservé à la production d’opéras-bouffes, un genre qui était limité à l’époque à un acte unique et quatre personnages. Cette contrainte réglementaire est levée en 1858, et Offenbach peut alors écrire des œuvres plus vastes dans la forme, quoique toujours légères sur le fond.

Il produit alors Orphée aux enfers (1858) qui connaît un grand succès.

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En 1860, il se fait naturaliser français et en 1864 il écrit sa partition sans doute la plus connue, La belle Hélène (1864) qui connaît un triomphe planétaire.

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Gastronomie et opéra : Le chef Auguste Escoffier a même créé un dessert qu’il a appelé Poire Belle Hélène en hommage à cet opéra-bouffe.

Dès lors, les succès se succèdent avec La Vie parisienne (1866) et son fameux French Cancan, La Grande-Duchesse de Gérolstein (1867), La Périchole, Les Brigands, pièce dans laquelle on entend le bruit de bottes des carabiniers qui arrivent toujours trop tard, d’où vient l’expression « arriver comme les carabiniers d’Offenbach ».

Offenbach Les BrigandsCliquez sur les carabiniers

Il rend un hommage à FAVART, le père de l’opéra-comique au travers de son opérette Madame Favart.

Offenbah madame Favart ouvertureCliquez sur l’image

Soucieux de reconnaissance, celui que Wagner appelait le petit Mozart des Champs-Élysées se tourne vers le grand opéra (le vrai!), avec les Contes d’Hoffmann, d’après l’œuvre d’E.T.A. Hoffmann. Malheureusement, il mourra le 5 octobre 1880, quelques mois avant la création de cet opéra.

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Enfin, en souvenir des attentats du 13 Novembre, saviez-vous qu’Offenbach avait écrit en 1855 un opéra-bouffe, une chinoiserie appelée BA-TA-CLAN, et que la salle de spectacle qui porte ce nom a ouvert ses portes dix ans plus tard, en 1865?

Compositeurs, Shakespeare

Ambroise THOMAS (1811 – 1896)

Enfant prodige, Ambroise THOMAS (1811 – 1896) est contemporain de Franz LISZT (1811 – 1886).

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Il est né le 5 août 1811 à Metz..

Au Conservatoire, il a comme professeur LE SUEUR, un des maîtres de BERLIOZ. Prix de Rome en 1832, il a l’occasion de rencontrer Berlioz (1802 – 1869) à la villa Médicis (Berlioz avait obtenu le prix de Rome en 1830).

De retour à Paris, le petit Ambroise se tourne vers le genre à succès de son époque : l’Opéra. Il compose notamment une des dernières adaptations de La Jérusalem délivrée de l’ARIOSTE avec Angélique et Médor (1843). Il écrira également un Songe d’une nuit d’été (1850), d’après SHAKESPEARE. (J’ai eu l’occasion de chanter dans les chœurs une reprise de cette œuvre, d’où est tirée la vidéo qui suit.)

Thomas SongeCliquez sur l’image

En 1851, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts, devant Berlioz qui n’obtient pas une seule voix. Sa célébrité au XIXe siècle n’a d’égal que l’oubli où il est tombé aujourd’hui.

Ses plus grands succès seront Mignon (1866), d’après l’œuvre de GOETHE,

Thomas Mignon connais-tu le paysCliquez sur l’image

et Hamlet (1868) d’après Shakespeare, très grand succès à son époque mais un peu oublié depuis, et que l’on a pu voir récemment à l’Opéra-Comique.

Thomas Hamlet chanson d'OphélieCliquez sur Ophélie

Nommé professeur au Conservatoire de Paris (1856), il a comme élève MASSENET.

En 1871, le directeur du Conservatoire Daniel François Esprit AUBER, un des fondateurs du GOf, meurt dans ses bras et Thomas le remplace à la Direction du Conservatoire. Ainsi, Thomas fait le lien entre Auber qui fut son prédécesseur et Massenet qui fut son élève. Mettant alors de côté sa carrière de compositeur, il écrira encore un Françoise de Rimini (1874), d’après DANTE et un ballet, La Tempête (1889), toujours d’après Shakespeare. (Le Francesca da Rimini de Tchaïkovski date de 1876).

Ambroise Thomas meurt le 12 février 1896.