Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Guillaume APOLLINAIRE (1880 – 1918)

Né à Rome le 26 août 1880, Guillaume Apollinaire de KOSTROWITSKY est un poète du début du XXe siècle, proche des avant-gardes de son époque. Sa mère, d’origine polonaise, s’installe à Monaco, puis en France, où le petit Guillaume fait donc ses études.

En 1900, Guillaume (qui s’appelait encore Wilhelm) s’installe à Paris où, dès 1901, il publie des poèmes. Très vite, il prend son cinquième prénom, Apollinaire, comme pseudonyme, et signe donc Guillaume Apollinaire.

En 1907, PICASSO lui fait rencontrer Marie LAURENCIN, avec qui il entretient une liaison tumultueuse. Ses autres amis peintres s’appellent, DERAIN, de VLAMYNK ou le douanier ROUSSEAU. Marie lui inspirera le poème « Marie », publié dans le recueil Alcools.

Poulenc Apollinaire Marie

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En 1911, il publie son premier recueil de poésies, le Bestiaire ou le Cortège d’Orphée qui sera mis plus tard en musique par POULENC.

Poulenc Apollinaire le bestiaire

Cliquez sur le Bestiaire

En 1913, il publie son recueil Alcools. Arthur HONEGGER en tirera six mélodies entre 1915 et 1917.

Honegger Apollinaire les Saltimbanques

Cliquez sur les Saltimbanques

En 1914, il veut s’engager dans l’armée française, mais doit d’abord faire une demande de naturalisation pour y arriver. Il fait la connaissance de celle qu’il appellera Lou, et les poèmes qu’il lui envoie dans ses lettres seront publiés sous le titre Poèmes à Lou. En mars 1916, il est gravement blessé à la tête et doit être évacué à Paris, où il est opéré.

En 1917, il crée le terme « surréaliste » pour le programme du ballet Parade, de SATIE, COCTEAU et Picasso, monté par les Ballets russes. Cette même année, il écrit la pièce féministe (ou pas !) Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue. Cette pièce sera mise en musique par la compositrice Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931), avant que Poulenc ne produise sa propre version en 1947.

Poulenc Apollinaire les Mamelles de Tirésias

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En 1918 paraît un nouveau recueil de poésie, les Calligrammes, pour lesquels la typographie même contribue à donner du sens au poème.

Apollinaire Calligramme

Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, à l’âge de 38 ans.

Et je vous propose, pour mieux découvrir le poème « Sanglots » extrait des Banalités mises en musique par Poulenc, une classe de maître extrêmement intéressante :

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) est un poète héritier du romantisme, dont il transformera la désespérance en spleen (cf. Le Spleen de Paris). Après avoir dilapidé l’héritage de son père, il est obligé d’écrire dans les journaux (les gazettes) pour vivre. Il traduit notamment Edgar Allan Poe. Son grand œuvre poétique est Les Fleurs du mal (1857) ainsi que les petits poèmes en prose. Il ouvre la voie à la poésie d’un Mallarmé (lui aussi traducteur de Poe) ou d’un Valery.

Comme son exact contemporain Flaubert pour madame BOVARY, les Fleurs du mal ont valu à Baudelaire un procès pour immoralité. Aujourd’hui, il n’est plus question pour lui d’immoralité, mais d’immortalité.

Bien dans son époque, le milieu du XIXe siècle, la « famille intellectuelle » de Baudelaire se compose de Delacroix, Gautier, Poe, ou encore Wagner et Courbet. Baudelaire faisait ainsi partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Dumas, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.

Le poème Le Thyrse est dédié à Franz Liszt, qui lui avait ouvert les portes des salons parisiens.

Baudelaire, qui n’appréciait en musique que Weber et Beethoven se prend de passion pour la musique de Wagner en tant que « musique de l’avenir ». Il prendra la défense de celui-ci après l’échec cuisant des représentations parisiennes de Tannhäuser en 1859.

Wagner Tannhäuser Ouverture (Furtwängler)

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Parmi les adaptations musicales de Baudelaire, citons le poème l’Invitation au voyage (« mon enfant, ma sœur, songe à la douceur… ») sous les paroles duquel Chabrier (1841-1894), Duparc (1848-1933) ou encore Charpentier (1860-1956) ont déposé leur musique. (Je ferai peut-être un jour un billet sur ce poème, qu’en pensez-vous ?)

Duparc Baudelaire Invitation au voyage

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Gabriel Fauré (1845-1924), autre maître de la mélodie française, compose un très beau Chant d’automne.

Fauré Baudelaire Chant d'automne

Cliquez sur l’automne

Ernest CHAUSSON (1855 – 1899) écrira L’Albatros (« Souvent pour s’amuser les hommes d’équipage… »)

Chausson Baudelaire l'Albatros

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On retrouve la filiation Baudelaire ==> Mallarmé avec la filiation Debussy ==> Caplet. Debussy d’abord avec les Cinq poèmes de Baudelaire ou son prélude Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir d’après le poème Harmonie du soir et André Caplet (1879-1925) avec La Cloche fêlée.

Debussy Les sons et les parfums Pollini

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Un peu plus loin dans le XXe siècle, l’Autrichien Alban Berg (1885-1935) mettra en musique Le Vin des amants.

Berg der Wein

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Quant à Dutilleux (1916-2013), il a composé les cinq mouvements de son concerto pour violoncelle Tout un monde lointain (1970) sur des poèmes de Baudelaire.

Dutilleux Tout un monde lointain

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Et en 2016, c’est à Dutilleux que Camille Pépin a dédié ses Sonnets, écrits sur des textes de Baudelaire.

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Liste des poèmes de Baudelaire interprétés sur ce blog :

L’Albatros.

L’Invitation au voyage.

La musique (façon Debussy).

La Musique (façon Wagner).

Les Phares.

Sed non satiata.

Écrivains, Bande dessinée, Cinéma, littérature

Gustave FLAUBERT (1821 – 1880)

Gustave FLAUBERT naît à Rouen le 12 décembre 1821. Son père, Achille, est chirurgien à l’Hôtel-Dieu de cette ville. En 1831, il entre au collège royal de Rouen et commence à écrire. En 1834, il travaille à un roman, Isabeau de Bavière, dont on n’a pas gardé la trace.

En 1837, il écrit Bibliomanie, premier de ses textes à être publié, l’année suivante, dans une revue rouennaise.

En 1841, Gustave descend à Paris pour suivre des études de droit. En 1843, il commence la première version de l’Éducation sentimentale, version qui sera achevée en 1845. En 1844, il s’installe au Croisset, près de Rouen, où il demeurera jusqu’à sa mort le 8 mai 1880.

Le style de Flaubert est reconnaissable par le souci qu’il avait de trouver toujours le mot le plus juste, et par-dessus tout, le rythme de la phrase.

Si vous avez lu Madame BOVARY (1856) de l’ami Tatave, vous vous souvenez peut-être de ce chapitre où Emma va écouter Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI, à l’Opéra de Rouen.

donizetti Lucia air de la folieCliquez sur Lucia

Il faudra attendre presque un siècle pour que ce roman soit adapté à l’opéra. En 1933, Darius MILHAUD écrit deux chansons sur ce thème, puis en 1951, c’est un autre Rouennais, Emmanuel BONDEVILLE, qui l’adapte dans un opéra-comique.

Bondeville Emma BovaryCliquez sur la partition

Salammbô (1857 – 1862) semble avoir une forme faite pour l’opéra. C’est à VERDI que Flaubert pense dès la fin de 1862 pour mettre son roman en musique, mais ce projet ne se réalisera pas. En 1863 – 1864, MOUSSORGSKI travaille au Lybien, un projet d’opéra d’après Salammbô. Finalement, c’est le post-wagnérien REYER (1823 – 1909) qui compose en 1890 un opéra inspiré de ce roman, opéra qui connaîtra un beau succès à son époque.

Reyer SalammbôCliquez sur Salammbô

Encore en 1998, le compositeur FÉNELON crée son Salammbô. Parmi les projets non aboutis de mise en musique de ce roman, on peut encore citer ceux de DEBUSSY ou de RACHMANINOFF, et celui de CAPLET en 1902.

À signaler encore le Salaambô (2021) d’Othman Louati, 9 tableaux électroniques avec trompette.

Le conte Hérodias, tirés des trois contes (1877) servira à MASSENET pour son opéra Hérodiade (1881). C’est ce même sujet biblique qui inspirera MALLARMÉ pour son Hérodias, qui deviendra Salomé en 1905 sous la plume de Richard STRAUSS.

Massenet HérodiadeCliquez sur l’image

De Flaubert, on connaît le Dictionnaire des idées reçues (publié à titre posthume en 1913). Si on le feuillette, on trouve :

à l’entrée Opéra : « Paradis de Mahomet sur la terre. »

à l’entrée WAGNER : « Ricaner quand on entend son nom, faire des plaisanteries sur la musique de l’avenir. »

Enfin, comme j’ai aussi une casquette Bande Dessinée (et une casquette space opera), je m’en voudrai de ne pas citer l’adaptation de Salammbô par Philippe DRUILLET en 1980.

druillet

Pour boucler la boucle, et puisque j’ai commencé ce billet avec l’air de la folie de Lucia di Lammermoor, je vais le terminer avec ce même air en version space opera, puisque Luc BESSON, dans son film le 5e élément fait chanter cet air par une diva galactique, Plavalaguna, qui chante l’air de la folie, de Lucia de Lammermoor, de DONIZETTI.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur Plavalaguna

(P.S. promis, vous aurez un jour un billet sur le space opera.)

(P.P.S. j’avais presque terminé ce billet quand j’ai découvert le lien suivant, qui m’a permis de l’enrichir. Je vous le livre donc, si vous voulez en savoir plus sur Flaubert et sa mise en musique :

https://journals.openedition.org/flaubert/3546 )

Écrivains, Bande dessinée, Compositrices, littérature, Maria Callas, Oulipo

CANTATRIX SOPRANICA L. (Georges PEREC – 4)

Cantatrix Sopranica L. est le titre d’une étude scientifique de Georges PEREC sur, je cite, la « démonstration expérimentale d’une organisation tomatotopique chez la Cantatrice ».

Dans cette parodie, à lire absolument, d’une publication scientifique, l’auteur nous livre le mode opératoire des expériences visant à mesurer l’effet du lancer de tomates (ou d’autres objets) sur les hurlements des cantatrices.

Il faut savoir que pour gagner sa vie, Perec a occupé un poste de documentaliste de 1961 à 1978 dans différents hôpitaux parisiens, puis au CNRS. La prose si spéciale des publications scientifiques ne lui était donc pas du tout étrangère.

En effet, partant de l’observation suivante : « The more you throw tomatoes on Sopranoes, the more they yell », l’auteur se propose de mesurer scientifiquement cet effet.

Pour cela, il a expérimenté sur 107 sopranos femelles fournies par le Conservatoire National de Musique, pesant entre 94 et 124 kg, la réception de tomates lancées par un « automatic tomatothrower » à la cadence de 9 projections par seconde, ce qui est censé refléter les conditions rencontrées par les sopranos et autres chanteurs sur scène.

Il faut lire toute la bibliographie associée à cette étude, biblio truffée de jeux de mots. On peut ainsi y relever, écrites dans un européen vernaculaire :

  • Chou, O.& Lai, A. Musicali efftti del tomatino jettatura durante il reprezentazione dell’opere di Verdi.
  • Donen, S. & Kelly, G. Singing in the brain.

Singing in the rainCliquez sur le film de Stanley DONEN

  • Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

  • Pompeiano, O. Vesuviana, A. Strombolino, H. & Lipari, G. Volcaniche effetti della formazione reticolare nella funiculi funicula.

Funiculi funiculaCliquez sur les deux ténors

  • Tebaldi, R. La Callas revisited.

Callas vs TebaldiCliquez sur la Callas et la Tebaldi

En 2005, la compositrice Unsuk CHIN a créé sa propre vision de Cantatrix Sopranica.

Unsuk Chin Cantatrix SopranicaCliquez sur l’image

Pour les amateurs de bande dessinée, et plus particulièrement de GOTLIB, vous trouverez dans le même recueil, un article intitulé « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Là aussi, un texte rigoureusement indispensable pour tout amateur de Gotlib.

Enfin, dans une autre étude intitulée De la Beauce à Notre Dame de Chartres, l’auteur nous révèle toutes les approches que l’on peut avoir de la cathédrale de Chartres, paléogothique, archéozélandaise, non euclidienne… subaquatique… (cf. DEBUSSY), nous annonçant ainsi La cathédrale engloutie de Debussy.

Debussy Cathédrale engloutieCliquez sur l’image

Source : Georges PEREC, Cantatrix Sopranica L. et autres écrits scientifiques, éditions du Seuil, 1991.

Et pour retrouver d’autres articles sur Georges PEREC :

La Disparition

La Vie mode d’emploi

Je me souviens.

Écrivains, littérature, Poésie

L’ARIOSTE, DITES-VOUS ?

Parmi les sujets qui ont abondamment alimenté les livrets d’opéra figure le poème Orlando furioso (Roland furieux) du poète italien de la renaissance Ludovico ARIOSTO, dit l’Arioste (1474 – 1533).

Ludivico Ariosto est né le 8 septembre 1474 en Italie. Issu d’une famille de la petite noblesse, l’Arioste a passé une partie de sa vie au service de la famille d’Este, notamment dans des tâches politiques (ambassadeur, gouverneur…) tout en travaillant à son grand œuvre poétique, le Roland furieux.

Cette épopée, reprenant d’assez loin la Chanson de Roland, une chanson de geste relatant les aventures du neveu de Charlemagne, a été publiée en 1516 et a connu un grand succès dans toute l’Europe pendant 3 siècles. Elle est de nos jours à peu près totalement tombée dans l’oubli.

Il meurt le 6 juillet 1533 à Ferrare.

Tout le monde connaissait cette histoire jusqu’au début des années 1800, et les compositeurs baroques ont largement puisé dans ces récits, peuplés de héros et de magiciennes, pour construire leurs opéras.

La première adaptation à l’opéra est celle de Francesca Caccini, qui se trouve également être la première compositrice d’opéra, avec sa Liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Roger de l’île d’Alcina), d’après l’Orlando furioso.

Parmi les nombreuses œuvres composées d’après celle de l’Arioste figurent également Roland (1684) de Lully et Angélique et Médor (1685) de Marc Antoine Charpentier.

Lully Roland grand choeur acte III scène 6Cliquez sur l’image

Le siècle suivant sera riche en adaptations avec Alcine (1705) de Campra, puis Orlando Furioso de Vivaldi, et encore Orlando (1733), Alcina (1735) et Ariodante (1735) de Haendel.

Haendel Alcina ombre pallide sandrine PiauCliquez sur Alcina

Peu après, c’est Haydn qui écrit son Orlando paladino (1782).

Haydn Orlando PaladinoCliquez sur l’image

Et à la fin du siècle, Méhul écrit Ariodant (1799).

Méhul AriodantCliquez sur l’image

Au XIXe siècle encore, on a pu entendre un Angélique et Médor (1843) d’Ambroise Thomas et la symphonie Roland furieux (1876) d’Augusta Holmès.

Écrivains, littérature

Stefan ZWEIG (1) : LE MONDE D’HIER

Écrivain viennois, Stefan ZWEIG (1881 – 1942) s’est naturellement intéressé à la musique. Humaniste profond, ami de Romain ROLLAND ou R.M.RILKE, son œuvre a connu un immense succès avant l’arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne et en Autriche, et sa mise à l’index.

ZWEIG a écrit des poèmes (dans sa jeunesse), des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre et des biographies (FOUCHÉ, MARIE-ANTOINETTE). Il a traduit en allemand les poèmes de Paul VERLAINE ou d’Émile VERHAEREN, avec qui il se liera d’amitié.

Son dernier livre, le recueil de souvenirs Le Monde d’hier est une réflexion poignante sur le destin de l’humanité. C’est plus qu’une autobiographie, car il se sert des différentes étapes de sa vie d’un homme, l’enfance, les études, le début dans le monde… pour faire ressortir ce qui est propre à l’humain, tout en nous racontant les différents événements qu’a connus l’Europe au cours de la première moitié du XXe siècle. On y voit une Autriche assoupie avant la 1re guerre mondiale, puis l’horreur de cette guerre, l’écroulement de l’Allemagne et de l’Autriche après elle, les années folles à Berlin avec le relâchement des mœurs, puis la montée au pouvoir des différents fascismes en Allemagne, en Italie et en Espagne. Le livre se termine avec le début de la Seconde Guerre mondiale. À chacune de ces catastrophes, Zweig et ses amis se répétaient : ce n’est pas possible, ça ne peut pas arriver, et pourtant, à chaque fois, la catastrophe survenait. Zweig se suicide en 1942.

En ces temps où la montée des populismes menace face à un libéralisme totalement débridé, il me semble important de relire ce témoignage pour que nous non plus nous ne puissions dire à nos enfants : nous ne savions pas.

Auteur viennois donc, la musique et l’opéra sont omniprésents dans ce recueil de souvenirs, où il nous parle de ses amitiés avec des écrivains comme RILKE, ROLLAND, Verhaeren, YEATS, PIRANDELLO, JOYCE ou FREUD, mais aussi avec des peintres comme ENSOR ou des musiciens comme REGER, BUSONI et les chefs d’orchestre TOSCANINI ou Bruno WALTER, et surtout Richard STRAUSS pour qui il a écrit le livret de La Femme silencieuse.

Chapitre I : Le monde de la sécurité. Dans ce chapitre où Zweig raconte son enfance, il évoque évidemment la présence de la pléiade de compositeurs viennois GLUCK, HAYDN, MOZART, BEETHOVEN, SCHUBERT, STRAUSS (Johann), de l’opéra de Vienne dirigé par le jeune Gustav MAHLER, et du fait que, avant, toute la société vivait au rythme de la musique, de Marie-Thérèse choisissant Gluck pour enseigner la musique à ses filles à Joseph II discutant en connaisseur avec Mozart de ses opéras.

Chapitre II : L’école au siècle passé. Dans ce chapitre, Zweig raconte son passé d’étudiant dans une société où il fallait être vieux pour commencer à vivre, alors qu’un siècle auparavant, Mozart avait achevé son œuvre à 36 ans et Schubert à 31. Il découvre les timbres et rythmes « nouveaux » de MOUSSORGSKI, DEBUSSY, STRAVINSKY et SCHÖNBERG.

Chapitre III : Eros matutinus

Chapitre IV : Universitas Vitae. En 1901 Zweig écrit et publie ses premiers poèmes (Cordes d’argentSilberne Saiten). Le compositeur Max REGER les met en musique. En tant qu’étudiant, il côtoie HERZL, FREUD et Rudolf STEINER.

Reger Zweig Ein DrangenCliquez sur l’image

Chapitre V : Paris, ville de l’éternelle jeunesse. Il fait la connaissance d’André GIDE.

Chapitre VI : Détours vers moi-même. Il rencontre Cosima WAGNER, fille de LISZT et femme de Wagner.

Chapitre VII : Au-delà des frontières de l’Europe. Il nous parle des grandes premières auxquelles il a assisté, notamment le Chevalier à la Rose de Strauss et la 10e symphonie de Mahler.

Mahler 10e symphonieCliquez sur l’image

Chapitre VIII : Splendeur et misère de l’Europe. Il nous parle de son amitié avec Romain ROLLAND, qu’il a entendu au piano, ainsi que Reger, BUSONI ou Bruno WALTER qu’il a entendus en privé.

Chapitre IX : Les premières heures de la guerre de 1914.

Chapitre X : La lutte pour la fraternité spirituelle.

Chapitre XI : Au cœur de l’Europe. Ferruccio BUSONI et son Doktor Faust.

Chapitre XII : Retour en Autriche. Dans ce chapitre, Zweig nous parle de la très grande misère qui s’est abattue sur l’Autriche après la 1re guerre, et nous décrit une représentation à l’opéra, où malgré les privations subies tout le monde reste digne pour servir l’Art. Cette détresse a été suivie par une recherche effrénée de la modernité et du jeunisme, et c’est ainsi qu’il nous décrit des « vieilles danseuses de l’opéra impérial dansant, au trois quarts nues en se contorsionnant sur l’Appassionata de Beethoven ou La Nuit transfigurée de Schönberg. »

Schönberg Verklärte NachtCliquez sur l’image

Chapitre XIII : De nouveau dans le monde.

Chapitre XIV : Crépuscule. Zweig a quitté Vienne pour une maison à Salzburg. Là, il reçoit H.G. WELLS, RAVEL, BARTOK, Bruno Walter et Arturo TOSCANINI, Richard Strauss et BERG.

Verdi Traviata prélude acte 1 ToscaniniCliquez sur Arturo

Chapitre XV : Incipit Hitler. Dans ce chapitre où les juifs commencent à avoir de sérieux problèmes avec le régime, Zweig nous décrit sa collaboration avec Strauss sur l’opéra la Femme silencieuse. C’est l’occasion aussi de faire un portrait de Strauss sous le régime nazi, qui est un sujet que l’on aborde généralement peu.

Strauss la Femme silencieuse Du süssester engelCliquez sur l’image

Chapitre XVI : L’Agonie de la paix. Dans ce chapitre qui raconte ses années en exil en Angleterre, il nous parle de la rencontre entre G.B.SHAW et H.G.WELLS dont il compare les caractères.

Écrivains, littérature, Philosophie

Wladimir JANKÉLÉVITCH, PHILOSOPHIE ET MUSIQUE

Fils du premier traducteur de Freud en français, Wladimir JANKÉLÉVITCH (1903 – 1985) était un philosophe moraliste.

Wladimir Jankélévitch naît à bourges le 31 août 1903.

Après sa thèse passée sur BERGSON, il écrit un livre sur BERGSON (1931), bientôt suivi de nombreux autres ouvrages, dont la trilogie : Le je ne sais quoi et le presque rien, (1957 puis 1980) et son tome 3 : La volonté de vouloir. Il a aussi écrit La mort (1966), le Traité des vertusLe paradoxe de la morale (1981). Sa pensée tourne notamment autour de la notion d’irréversibilité, le temps ne se déroulant que dans un sens, il est inutile de vouloir revenir en arrière. À ce titre, la notion de regret n’a pas d’intérêt puisqu’on ne peut faire que ce qui a été n’ait pas été.

Mais Jankélévitch a également beaucoup écrit sur la musique et son mystère, que ce soit dans ses livres de philosophie, le dernier sous-chapitre de l’irréversible et la nostalgie (1974) s’intitule les musiques et la nostalgie, où il convoque FAURÉ et DEBUSSY, ou dans ses ouvrages tels que : La musique et l’ineffable (1961), la vie et la mort dans la musique de Debussy (1968), ou Fauré et l’inexprimable (1974),

Fauré Pénélope Je me plaignais du sortCliquez sur Pénélope

où il met en œuvre son esprit d’analyse infinitésimalement fin, et où il cherche à approcher au plus près le mystère de la transformation, du passage de rien à quelque chose ou de quelque chose à rien. Ainsi de la description de la mort de Mélisande, dans La mort : « Je n’ai rien entendu,…, elle s’en va sans rien dire. »

Debussy Pelléas acte 4 scène 4Cliquez sur Pelléas et Mélisande

Dans tous ces ouvrages donc, Jankélévitch se sert abondamment des opéras de Debussy (Pelléas et Mélisande), Fauré (Pénélope) ou RIMSKY-KORSAKOV (Kitège, la légende de la ville invisible, Snegourotchka [la fille de neige], Sadko), comme exemple de sa pensée sur l’inexprimable.

Rimsky-Korsakov KitègeCliquez sur l’image

Parmi les musiciens également cités par Jankélévitch, mais n’ayant pas écrit d’opéra, figurent également les rares Gabriel DUPONT,

Dupont Heures dolentesCliquez sur l’image

MOMPOU ou encore DÉODAT DE SÉVERAC et CANTELOUBE.

Canteloube Chants d'AuvergneCliquez sur l’Auvergne

Je terminerai ce billet en disant que c’est Jankélévitch qui m’a fait découvrir le magnifique deuxième quatuor avec piano de Fauré.

Fauré quintette avec pianoCliquez sur l’image

Il m’a également fait découvrir en littérature L’oraculo manual (l’homme de cour) (1647) de Balthazar GRACIAN (1601 – 1658), petit traité à l’usage des courtisans pour être bien vus en cour. Lisez-le, ce texte est toujours d’actualité !

Retrouvez Wladimir Jankélévitch dans d’autres billets :

François LISZT

Gabriel FAURÉ

La Mort (1977)

Écrivains, littérature

Jean RACINE (1639 – 1699)

Comme celles de ses aînés CORNEILLE et MOLIÈRE, les pièces du tragédien Jean RACINE ont inspiré bien des compositeurs d’opéras, et non des moindres.

Jean Racine naît le 22 décembre 1639, à la Ferté-Milon.

Ainsi, le peu connu (de nos jours) Alexandre le Grand (1665) lui vaut les faveurs du roi Louis XIV et de Mme de Montespan. Dès lors ses tragédies seront très bien reçues à la cour. Alexandre a inspiré un opéra à LEFROID de MÉREAUX en 1783.​

Il meurt le 21 avril 1699 à Paris.

Andromaque (1667) a inspiré à GRÉTRY un opéra du même nom en 1780, ainsi qu’à ROSSINI son Ermione en 1819.

Grétry Andromaque ouvertureCliquez sur l’image

La Clémence de Titus de MOZART, dont le livret est une adaptation de celui écrit par METASTASE, est indirectement inspiré de Bérénice (1670).

Mozart encore s’est inspiré de la pièce Mithridate (1673) pour son Mithridate, Roi du Pont.

L’Iphigénie en Aulide de GLUCK est inspiré de l’Iphigénie (1674) de Racine.

Gluck iphigénie en AulideCliquez sur l’image

Pour Phèdre (1677), Racine s’est inspiré d’Euripide avec son Hippolyte. Phèdre a inspiré RAMEAU pour son opéra Hippolyte et Aricie (1733). Deux siècles plus tard, BRITTEN écrira la cantate Phaedra.

Rameau Hippolyte et Aricie quelle plainte en ces lieuxCliquez sur Phèdre

Racine abandonne ensuite l’écriture de ses pièces pour devenir historiographe de Loulou XIV.

En 1689, à la demande de Mme de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques pour les demoiselles de Saint-Cyr :

Esther (1689) qui a été écrit avec des chœurs de MOREAU. HAENDEL en tirera l’argument de son premier oratorio (1714). Deux ans après le même Moreau a écrit la musique accompagnant Athalie (1691), ses chœurs étant réécrits par GOSSEC un siècle plus tard, puis par BOÏELDIEU en 1813. Comme Esther, cette pièce a inspiré un oratorio à Haendel, Athalia (1733) et MENDELSSOHN a également composé une musique de scène pour Athalie.

Haendel AthaliaCliquez sur l’image

Et tant qu’on est dans Racine, je m’en voudrais de ne pas citer FAURÉ et son Cantique de Jean RACINE, si agréable à chanter (et à écouter).

Fauré Cantique de Jean RacineCliquez sur Fauré

Pascal COLASSE (1649 – 1709) (qui a également écrit des opéras sur des livrets de La FONTAINE et de ROUSSEAU) a mis en musique les Cantiques spirituels.

collasse racine cantiques spirtituelsCliquez sur l’image

(Source : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions FAYARD 1992).

Écrivains, Cinéma, Compositrices, Fables de la Fontaine, littérature, Poésie

CE BON MONSIEUR DE LA FONTAINE (1621 – 1695)

Jean de la FONTAINE (1621 – 1695) est contemporain de RACINE, MOLIÈRE, CORNEILLE, BOILEAU, mais aussi de QUINAULT, le librettiste phare de LULLY.

Il est né le 6 juillet 1621 à Château-Thierry. Le petit Jean suit ses études au collège de Château-Thierry, à la suite desquelles il est tenté par une vocation religieuse. Cette vocation ne durera toutefois pas.

En 1647, La Fontaine se marie avec Marie Héricart, avec qui ils auront un fils, Charles. Ils partent à Paris et La Fontaine fait la connaissance de Fouquet, pour qui il écrit Adonis (1658) et Le Songe de Vaulx (1659-1661). Hélas, la disgrâce de Fouquet l’oblige à quitter Paris.

En 1664, il entre au service de la duchesse d’Orléans, ce qui vaut promesse d’anoblissement. Il publie les Nouvelles en vers tirées du Boccace et de l’Arioste. Ce recueil de contes sera suivi de plusieurs autres, dont le contenu, licencieux, lui vaudra quelques problèmes.

En 1674, il rédige le livret de Daphné pour Lully, mais celui-ci le refuse ce qui provoquera chez La Fontaine un vif ressentiment. Une autre tragédie musicale, Astrée et Céladon, sera mise en musique par Collasse, un élève de Lully, en 1691, mais ne connaîtra pas le succès. (Pour les cinéphiles, Éric Rohmer en tirera son dernier film en 2006).

C’est entre 1678 et 1679 qu’il fait paraître ses premiers livres de  Fables, qui le rendront célèbres jusqu’à nos jours. Une nouvelle série de fables sera publiée quelque temps avant sa mort.

En 1684, la Fontaine entre à l’Académie française.

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris

Il est connu essentiellement pour ses fables, dont certaines sont des adaptations du fabuliste ÉSOPE, mais il est également auteur de contes licencieux qui lui ont valu quelques problèmes. Sur la fin de sa vie, il s’essaiera aussi à l’opéra, mais ce n’est pas pour ces essais qu’il est resté à la postérité.

Retrouvez en fin de ce billet quelques fables musicalisées par mes soins.

Le XVIIIe siècle verra beaucoup d’opéras-comiques signés par les maîtres du genre qu’étaient DAUVERGNE, PHILIDOR ou DALAYRAC.

RAMEAU écrit Les Paladins (1760) d’après le conte Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries.

rameau les paladinsCliquez sur l’image

GLUCK écrit l’Ivrogne corrigé (1760) d’après la fable l’Ivrogne et sa femme, ainsi que L’Arbre enchanté, ou le Tuteur dupé (1775).

gluck l'ivrogne corrigéCliquez sur l’image

Le prolifique GRÉTRY écrit le Magnifique (1773) d’après un de ses contes et le Comte d’Albert (1786).

grétry le magnifiqueCliquez sur le superbe cheval

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris, à l’âge de 73 ans, mais son œuvre lui survit.

Au XIXe siècle, GOUNOD met en musique des fables et écrit La Colombe, d’après la fable le Faucon.

gounod la colombeCliquez sur l’image

Il écrit aussi l’opéra Philémon et Baucis sur la fable du même nom, elle-même inspirée des Métamorphoses d’OVIDE.

Gounod Philémon et Baucis

OFFENBACH met en musique six fables, avant d’écrire Le Financier et le Savetier (1856).

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

La Fontaine continuera à être largement mis en musique au XXe siècle, avec notamment le ballet Les Animaux modèles de POULENC ou les œuvres d’Isabelle ABOULKER qui écrit un opéra de poche Jean de la Fontaine parmi nous, ainsi qu’une fabl’opéra La Fontaine et le Corbeau.

aboulker la fontaine et le corbeauCliquez sur l’image

Outre les opéras, ses fables ont été mises en musique par de très nombreux compositeurs.

Parmi eux/elles, citons

Pauline VIARDOT-GARCIA avec le Chêne et le Roseau et le Savetier et le Financier.

Charles LECOQ (six fables)

Camille SAINT-SAËNS (La Cigale et la Fourmi)

André MESSAGER (Les deux pigeons)

André CAPLET (Le Corbeau et le renard, la Cigale et la Fourmi, le Loup et l’Agneau)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur l’image

Graciane Finzi (le Lièvre et la Tortue)

VILLA-LOBOS, ALBENIZ, TUTTI & QUANTI

Il y aurait de quoi écrire un billet de ce blog rien que sur ces mises en musique.

Je vais laisser le mot de la fin à Pierre PERRET et sa version très personnelle du Corbeau et du Renard, Le Corbaque et le Frometon.

pierre perret le corbeau et le renardCliquez sur l’image

Avec sa morale :

… Et entonnant « Rigoletto » il laissa choir son calendo.

On doit reconnaître en tout cas
Que grâce à Monsieur Jean de La Fontaine
Très peu de chanteurs d’opéra
Chantent aujourd’hui la bouche pleine.

(Principales sources : Hérodote.net le média de l’Histoire. https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2476&ID_dossier=500

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard, 1992

Amin MAALOUF, un Fauteuil sur la Seine, éditions Grasset, 2016)

Le Lion et le Rat

Le Loup et l’Agneau.

Le Corbeau et le Renard.

Le Chêne et le Corps beau (d’après La Fontaine).

Le Chêne et le Roseau.

Le Lièvre et la Tordue (d’après La Fontaine).

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

LES LIBRETTISTES

On connaît généralement bien dans l’univers de l’opéra les compositeurs, les chanteurs et les chefs d’orchestre, voire les metteurs en scène (en bien ou en mal), mais il y a une catégorie dont on parle peu : les auteurs des livrets, encore appelés librettistes (de l’italien libretto = livret). Et pourtant, sans eux, pas d’histoire et sans histoire, pas d’opéra.

Certains auteurs, et non des moindres, se sont prêtés au jeu d’écrire des poèmes (c’est ainsi qu’on appelait les livrets, car jusqu’au XIXe siècle, ils étaient écrits en vers, tout comme les pièces de théâtre) pour les compositeurs de leur époque.

Ainsi, LULLY (1632 – 1687) a commencé ses comédies-ballets avec MOLIÈRE et Molière s’associera avec CORNEILLE et QUINAULT pour le livret de Psyché (1671). Plus tard, après la brouille entre Molière et Lully, Quinault deviendra le librettiste attitré de Lully, alors que Marc-Antoine CHARPENTIER écrira les musiques de Molière.

Le successeur de Lully en France, RAMEAU (1683 – 1764) commence sa carrière à l’opéra avec un livret de VOLTAIRE, Samson (vers 1732). Le rival de Voltaire, ROUSSEAU, écrit lui-même le livret de son opéra Le Devin du village (1752). Rameau a écrit un autre ouvrage en collaboration avec Voltaire, La Princesse de Navarre (1745), dont une reprise fut confiée à … Rousseau dès la fin de cette année 1745.

Pendant ce temps en Italie, MÉTASTASE (Pietro METASTASIO) (1678 – 1782) écrivait des livrets d’opéra. Plus de 1000 opéras seront écrits sur les 27 poèmes de Métastase. MOZART lui-même les mettra en musique : Il Re pastore (1775) et La Clémence de Titus (1791). Mozart travaillera également avec un autre librettiste, Lorenzo DA PONTE pour sa « trilogie Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni.

À propos des Noces de Figaro, BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) a écrit son propre opéra, Tarare, qui sera mis en musique par SALIERI., le « rival » de Mozart.

Salieri tarare

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Victor HUGO a adapté lui-même son œuvre Notre-Dame de Paris pour la Esmeralda de Louise BERTIN.

La première moitié du XIXe siècle en France est celle d’Eugène SCRIBE (1791- 1861). La liste des compositeurs pour qui il a écrit est impressionnante, de BOÏELDIEU et sa Dame blanche (1825), ROSSINI et le Comte ORY (1828), MEYERBEER et Robert le diable (1831), HALEVY avec La Juive (1835) ou DONIZETTI avec La Fille du régiment (1840).

boïeldieu la dame blanche ouverture

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Mais c’est avec D.F.E. AUBER que sa collaboration a été la plus féconde, puisqu’ils ont travaillé ensemble sur 38 opéras ou opéras-comiques, dont La Muette de Portici (1828) ou Gustave III ou le Bal masqué (1833). Les livrets de Scribe ont été souvent réutilisés, par exemple Le Philtre (1831) écrit pour Auber est devenu l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le vaudeville La Somnambule (1819) servira de trame à l’opéra du même nom de BELLINI en 1831, et le Gustave III servira de support au Bal masqué (1859) de VERDI. Scribe a d’ailleurs écrit le livret du premier opéra écrit par Verdi pour l’opéra de Paris : Les Vêpres siciliennes (1855).

verdi les vêpres siciliennes

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Certains compositeurs soucieux de l’équilibre entre texte et musique ont écrit eux-mêmes leurs livrets. C’est le cas notamment de Wagner (1813 – 1883).

Sur la fin de sa vie, Verdi a travaillé avec Arrigo Boïto, lui-même auteur d’opéras (Hamlet, Mefistofele). Ils écriront ensemble Otello (1884) et Falstaff (1890). Outre Verdi, Boïto a écrit le livret La Gioconda (1876) de Ponchielli.

Les librettistes se sont parfois mis à deux pour écrire leurs textes. Le duo le plus connu est celui formé par Meilhac et Halévy, les auteurs de La belle Hélène (1864) pour Offenbach, Carmen (1875) pour Bizet ou encore Manon (1881) pour Massenet.

À propos de Carmen, on peut noter que le librettiste Ludovic Halévy était  le cousin de la femme de Bizet, Geneviève Halévy, elle-même fille du compositeur Halévy, auteur de La Juive et professeur de Bizet au conservatoire.

J’ai lu récemment sur un blog consacré à l’opéra un article sur un autre duo de librettistes, celui formé par HAVRE et CAUMARTIN, duo injustement tombé dans l’oubli.

massenet manon acte II

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Au XXe siècle, on peut noter la collaboration fructueuse de Richard Strauss et HOFMANNSTHAL. À la mort d’Hofmannsthal, Strauss se tournera vers d’autres librettistes, notamment Stefan Zweig qui lui écrira La Femme silencieuse (1935).

strauss rosenkavalier duo 2e acte

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Colette a écrit pour Ravel le livret de l’Enfant et les sortilèges, mais ce n’est pas la seule femme librettiste. Découvrez-en plus avec Aliette de LALEU, de France Musique.

aliette de laleu librettistes

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