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LOUIS XV ET L’OPÉRA

Après mon billet sur Louis XIV, intéressons-nous à son successeur, Louis XV (1710 – 1774). Petit-fils de Louis XIV, il a cinq ans à la mort de celui-ci. Il y a donc une période de régence avant sa majorité (le jour de ses quatorze ans) et son accession au trône.

La période du règne de Louis XV est extrêmement intéressante par le bouillonnement intellectuel qui s’y déroule, période qui assure la transition entre la monarchie absolue que pouvait représenter Loulou XIV et le début de la fin de la monarchie avec Louis  XVI.

Dans le domaine des idées, c’est l’époque des encyclopédistes avec des penseurs tels que DIDEROT et D’ALEMBERT, mais aussi VOLTAIRE et ROUSSEAU. Pour la musique, c’est l’époque de la querelle des lullistes et des ramistes, qui a opposé le style ancien hérité de LULLY et le style nouveau apporté par RAMEAU. C’est aussi la querelle des Bouffons, qui opposa Rameau et Rousseau.

Parmi les compositeurs qui ont œuvré durant le règne de Louis XV, le plus connu est probablement Jean-Philippe RAMEAU (1683 – 1764) qui a écrit La Princesse de Navarre sur un livret de VOLTAIRE, œuvre jouée pour le premier mariage du dauphin Louis (le père de Louis XVI) en 1745, et les Fêtes de l’hymen et de l’amour, opéra-ballet donné pour le second mariage du dauphin en 1747.

Rameau les Fêtes de l'HymenCliquez sur l’image

En 1752, à l’occasion d’une représentation du Mariage secret de PERGOLÈSE à Paris débuta la querelle des Bouffons. En fait derrière cette querelle, c’est une opposition de style profonde qui se révélait, entre Rousseau intéressé par l’expression mélodique qui était « naturelle » et Rameau, plus occupé par l’harmonie que par la mélodie, c’est-à-dire par une conception « culturelle » de la musique. On était donc en pleine opposition nature/culture. Dans cette querelle qui a occupé bien des intellectuels à cette époque, la reine a soutenu le clan des Siciliens Italiens alors que le roi et la Pompadour soutenaient le clan des Français.

Un autre compositeur, moins connu, était Antoine DAUVERGNE (1713 – 1797). Compositeur d’œuvres orchestrales, il passe à la scène avec Enée et Lavinée (1758), sur un livret de FONTENELLE, Hercule mourant (1761) ou encore Persée (1770) sur le livret que QUINAULT avait écrit pour Lully un siècle auparavant. Devenu directeur de l’académie Royale de Musique (l’ancêtre de notre Opéra de Paris), c’est lui qui fera jouer GLUCK quand il viendra à Paris, « recommandé » par son ancienne élève en Autriche, Marie-Antoinette.

Dauvergne Hercule mourantCliquez sur l’image

GRÉTRY (1741 – 1813) est un compositeur né à Liège qui ayant fait ses études musicales à Rome se trouve donc au cœur de l’opposition entre l’école italienne et l’école française. Il quitte Rome pour Genève, et c’est dans cette ville qu’il rencontre Voltaire qui le pousse à venir à Paris. Là, il commence une collaboration avec MARMONTEL. Leur première œuvre commune, Le Huron (1768) d’après l’Ingénu de Voltaire, conduit immédiatement Grétry au succès, succès qui se poursuivra avec Zémir et Azor (1771) et qui lui vaudra une rente royale. Dans La Dame de pique, TCHAÏKOVSKI fait chanter à la vieille comtesse russe un air de sa jeunesse, quand elle vivait à Paris, et rencontrait le roi et la marquise de Pompadour. Cet air est une citation du Richard Cœur de Lion de Grétry.

Grétry Richard Coeur de lion je crains de lui parlerCliquez sur l’image

À Versailles, Louis XV a continué la tâche de Louis XIV en faisant construire sur le domaine l’Opéra Royal, qui sera inauguré en 1770.

Louis XV meurt en 1774, l’année où GLUCK, arrivé à Paris en 1773, donne Iphigénie en Aulide (cinq ans avant son Iphigénie en Tauride).

Gluck Iphigénie en Aulide ouvertureCliquez sur l’image

Enfin, on peut noter que dans le délicieux L’Enfant et les sortilèges, COLETTE et RAVEL font discuter un fauteuil et une bergère Louis XV.

Ravel Enfant et Sortilège bergèreCliquez sur le fauteuil et la bergère Louis XV

 

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Wladimir JANKÉLÉVITCH, PHILOSOPHIE ET MUSIQUE

Fils du premier traducteur de Freud en français, Wladimir JANKÉLÉVITCH (1903 – 1985) était un philosophe moraliste. Après sa thèse passée sur BERGSON, il écrit un livre sur BERGSON (1931), bientôt suivi de nombreux autres ouvrages, dont la trilogie : Le je ne sais quoi et le presque rien, (1957 puis 1980) et son tome 3: La volonté de vouloir, La mort (1966), le Traité des vertusLe paradoxe de la morale (1981). Sa pensée tourne notamment autour de la notion d’irréversibilité, le temps ne se déroulant que dans un sens, il est inutile de vouloir revenir en arrière. À ce titre, la notion de regret n’a pas d’intérêt puisqu’on ne peut faire que ce qui a été n’ait pas été.

Mais Jankélévitch a également beaucoup écrit sur la musique et son mystère, que ce soit dans ses livres de philosophie, le dernier sous-chapitre de l’irréversible et la nostalgie (1974) s’intitule les musiques et la nostalgie, où il convoque FAURÉ et DEBUSSY, ou dans ses ouvrages tels que : La musique et l’ineffable (1961), la vie et la mort dans la musique de Debussy (1968), ou Fauré et l’inexprimable (1974),

Fauré Pénélope Je me plaignais du sortCliquez sur Pénélope

où il met en œuvre son esprit d’analyse infinitésimalement fin, et où il cherche à approcher au plus près le mystère de la transformation, du passage de rien à quelque chose ou de quelque chose à rien. Ainsi de la description de la mort de Mélisande, dans La mort : « Je n’ai rien entendu,…, elle s’en va sans rien dire. »

Debussy Pelléas acte 4 scène 4Cliquez sur Pelléas et Mélisande

Dans tous ces ouvrages donc, Jankélévitch se sert abondamment des opéras de Debussy (Pelléas et Mélisande), Fauré (Pénélope) ou RIMSKY-KORSAKOV (Kitège, la légende de la ville invisible, Snegourotchka [la fille de neige], Sadko), comme exemple de sa pensée sur l’inexprimable.

Rimsky-Korsakov KitègeCliquez sur l’image

Parmi les musiciens également cités par Jankélévitch, mais n’ayant pas écrit d’opéra, figurent également les rares Gabriel DUPONT,

Dupont Heures dolentesCliquez sur l’image

MOMPOU ou encore DÉODAT DE SÉVERAC et CANTELOUBE.

Canteloube Chants d'AuvergneCliquez sur l’Auvergne

Je terminerai ce billet en disant que c’est Jankélévitch qui m’a fait découvrir le magnifique deuxième quatuor avec piano de Fauré.

Fauré quintette avec pianoCliquez sur l’image

Il m’a également fait découvrir en littérature L’oraculo manual (l’homme de cour) (1647) de Balthazar GRACIAN (1601 – 1658), petit traité à l’usage des courtisans pour être bien vus en cour. Lisez-le, ce texte est toujours d’actualité !

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LE COURONNEMENT DE POPPÉE

Aujourd’hui, retour aux sources de l’opéra avec Le Couronnement de Poppée (L’incoronazione di Poppea), de MONTEVERDI.

Drame musical de Monteverdi créé début 1643 à Venise, l’année de la mort de Monteverdi. L’argument en est tiré des œuvres de TACITE.

Prologue : La Fortune et la Vertu se disputent la suprématie sur les humains. L’Amour les départage, c’est lui qui règne sur le cœur des hommes. Il en donne pour exemple l’histoire de Néron et Poppée.

monteverdi couronnement de Poppée prologueCliquez sur l’image

Acte I : En arrivant chez son amante Poppée (Air : Apri un balcon, Poppea), Othon découvre des gardes de Néron devant sa porte. Il comprend que Néron et Poppée ont passé la nuit ensemble. Les gardes de Néron, se réveillant, se plaignent de l’inconséquence de Néron qui néglige les affaires de l’État pour ses amours avec Poppée. Arrivent Poppée et Néron. Néron, qui ne peut dévoiler son amour pour Poppée tant qu’il n’a pas répudié sa femme Octavie voudrait partir, mais a du mal à résister aux séductions de Poppée.

Poppée restée seule chante son espoir, mais sa nourrice Arnalta lui dit qu’Octavie a découvert que Néron la trompe, et la prévient contre l’amour et les fantaisies de l’empereur.

monteverdi couronnement de Poppée speranza tu mi vaiCliquez sur Octavie

Octavie est furieuse contre Néron et se plaint du sort des femmes rendues malheureuses par les hommes (Air : Disprezzata Regina). Sa nourrice lui conseille de prendre un amant pour se venger, mais elle refuse noblement. Sénèque, le philosophe, lui montre ce que son infortune lui fait gagner en vertu. Valetto, le serviteur d’Octavie, s’indigne de ce discours spécieux et le menace. Resté seul, Sénèque médite. Le pouvoir n’apporte pas le bonheur aux rois.

La déesse Athéna apparaît à Sénèque, et lui prédit sa mort prochaine. Néron annonce à Sénèque sa volonté de répudier Octavie pour épouser Poppée. Sénèque argumente contre ce projet, provoquant la fureur de Néron. Puis Néron annonce à la lascive Poppée sa volonté de se marier avec elle. Poppée lui fait remarquer que Sénèque risque de s’opposer à ce projet. La fureur de Néron reprend, et il condamne Sénèque à mort.

Othon vient faire des reproches à Poppée, qui lui répond que c’est de sa faute s’il n’a pas su se faire aimer, et qu’elle appartient désormais à Néron. Poppée partie, Othon envisage de la tuer. Drusilla, amoureuse d’Othon, le rejoint, mais constate que Poppée occupe toujours ses pensées. Othon la détrompe et lui offre son cœur.

Acte II : Sénèque médite quand un envoyé d’Athéna lui annonce sa mort prochaine. Un envoyé de Néron entre et l’informe de sa condamnation. Sénèque annonce donc à ses amis qu’il va mourir, ce qui pour lui est la délivrance de l’âme (Air : Amici, è giunta l’ora). Ses amis épicuriens lui opposent la joie d’être vivant (Chœur : Non morir, Seneca).

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

Néron se réjouit avec son ami Lucain d’être débarrassé de Sénèque. Othon qui avait pensé tuer Poppée a abandonné cette idée, mais Octavie lui demande de se déguiser en femme pour approcher Poppée et la tuer. S’il ne s’exécute pas, elle l’accusera auprès de Néron d’avoir tenté de la violer. Othon va alors voir Drusilla, tout heureuse de l’avoir reconquis. Elle accepte de prêter ses vêtements à Othon.

Poppée, avec sa nourrice, se prépare pour la nuit. Elle appelle l’Amour à favoriser ses plans. La nourrice lui chante une berceuse.

monteverdi couronnement de Poppée oblivion soaveCliquez sur l’image

Amour vient veiller sur le sommeil de Poppée et quand Othon arrive pour la tuer, Amour retient son bras et la protège. Othon s’enfuit, mais Poppée et Arnalta reconnaissent Drusilla. Amour veut que Poppée devienne impératrice.

Acte III : Drusilla se réjouit : grâce au meurtre de sa rivale, Othon sera à elle, mais on vient l’arrêter. Néron interroge Drusilla, qui garde le silence sur son geste pour ne pas trahir Othon. Othon arrive et s’accuse de la tentative de meurtre sur Pompée, sur l’ordre d’Octavie. Drusilla maintient que c’est elle la coupable. Ému, Néron lève la sentence de mort et condamne Othon à l’exil. Drusilla demande à partager son exil. Néron en profite pour exiler Octavie aussi. Poppée et Néron chantent leur joie d’être libres de se marier. Arnalta se réjouit de voir sa maîtresse monter sur le trône, car elle la suivra dans cette élévation. Octavie fait ses adieux à Rome et à ses amis (Ah, adio Roma). Néron couronne Poppée en tant qu’épouse et impératrice, devant le sénat rassemblé (Chœur + duo : Pur ti miro).

monteverdi couronnement de Poppée pur ti miroCliquez sur Néron et Poppée

 

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RAMEAU vs ROUSSEAU : la Querelle des Bouffons

Dans mes récents billets sur VOLTAIRE et ROUSSEAU, les joyeux encyclopédistes, j’ai abordé la Querelle des Bouffons, mais sans expliquer ce qui se cache derrière ce nom rigolo.

En fait, il y a un personnage central qui relie Voltaire et Rousseau, et aussi Denis DIDEROT, l’encyclopédiste en chef. Il s’agit de Jean-Philippe RAMEAU.

La Querelle des Bouffons a pour sujet l’opposition entre la musique italienne et la musique française. (Rappelons qu’à cette époque dans pratiquement toute l’Europe, les opéras étaient chantés soit en italien, soit en français.)

L’opéra français, représenté par Rameau au milieu du XVIIIe siècle était encore sous l’influence de la tragédie lyrique dont les canons avaient été fixés par LULLY presque un siècle plus tôt. En Italie, au contraire, on avait pris l’habitude au début du XVIIIe siècle d’introduire des œuvres légères pendant les entractes des opera seria, ces œuvres étant appelées opera buffa.

En 1752, année de la création à Paris du Devin du village de JJ.Rousseau, une troupe de chanteurs italiens étaient venus représenter des opera buffa, notamment La Servante maîtresse de PERGOLÈSE.

pergolèse la servante maitresseCliquez sur l’image

Si le Devin du village a rencontré un certain succès public, Rameau n’en a pas moins étrillé l’œuvre de son confrère. Dès lors, Rousseau a riposté en décrétant que le français n’était pas une langue faite pour le chant, au contraire de l’italien « naturellement » fait pour la mélodie.

rousseau devinCliquez sur l’image

Au travers de cette querelle entre Rameau et Rousseau, ce sont en fait deux conceptions philosophiques qui s’affrontent, Rousseau défendant via la mélodie une conception « naturelle » de la musique, alors que la volonté de Rameau d’établir un système harmonique ressortait d’une approche « culturelle » de la musique. Rousseau semblait en cela avoir oublié Aristote et sa musique des sphères.

harmonie

Harmonie : les notes se superposent et sont jouées en même temps, formant un « accord ».

mélodie

Mélodie : les notes sont jouées successivement dans le temps, formant une « mélodie ».

Cette querelle qui aurait pu être limitée au milieu musical s’est étendue à toute une partie de la société, avec le Coin de la reine qui soutenait les Bouffons et le Coin du roi qui défendait la musique française.

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VOLTAIRE et ROUSSEAU, les joyeux duettistes – chapitre 2 – VOLTAIRE

Nous avons vu il n’y a guère les relations entre ROUSSEAU et la musique. Voyons à présent les liens entre VOLTAIRE et la musique.

L’activité de librettiste de Voltaire (1694 – 1778) est certainement moins connue que celle de Rousseau. Pourtant, il commence une collaboration avec RAMEAU dès 1733, avec Samson, un projet d’opéra qui ne verra pas le jour à cause de la censure. Presque vingt ans plus tard, les deux auteurs retravailleront ensemble, créant La Princesse de Navarre, puis Le Temple de la Gloire (1745).

la princesse de NavarreCliquez sur l’image

Au-delà des livrets directement écrits par Voltaire, d’autres œuvres de lui ont été reprises pour servir à des livrets d’opéra.

Ainsi, le prolifique GRÉTRY a écrit Le Huron, d’après L’Ingénu, en1768.

Le Zaïre de Voltaire a été abondamment utilisé pour des sujets d’opéra. On peut noter par exemple le Zaïde (1780) de MOZART, ou le Zaïra (1829) de BELLINI.

mozart ZaideCliquez sur l’image

ROSSINI se servira des textes de Voltaire pour son Tancrède (1813) et son Sémiramide (1823), alors que VERDI écrira un peu connu Alzira (1845) d’après la tragédie Alzire (1736).

rossini semiramideCliquez sur l’image

Quand SAINT-SAËNS, déjà connu pour ses talents de pianiste virtuose, voudra se faire reconnaître à l’opéra, passage obligé pour être reconnu comme un VRAI musicien, il se servira du livret de Samson comme sujet de son premier projet d’opéra. Bien lui en prit, puisque cette adaptation nous donnera Samson et Dalila, qui connaîtra un très grand succès.

mon coeur s'ouvre à ta voixCliquez sur l’image

Plus près de nous, au siècle dernier, on peut encore signaler que Léonard BERNSTEIN a écrit en 1956 Candide, une opérette d’après le conte éponyme de Voltaire et Micromégas (1978) de Paul MÉFANO.

bernstein candideCliquez sur l’image

méfano micromégasCliquez sur l’image

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VOLTAIRE et ROUSSEAU, les joyeux duettistes – chapitre 1 – JJ.ROUSSEAU

Cliquez sur le textejesuistombc3a9parterre

chantait Gavroche dans les Misérables de VH.

En fait, le chansonnier BÉRANGER avait déjà écrit avant HUGO dans une de ses chansons :

rousseauvoltaire

traduisant ainsi le fait qu’à l’époque de la Restauration, on attribuait l’origine de la Révolution française aux écrits de VOLTAIRE et ROUSSEAU.

Initialement, j’avais prévu de traiter nos amis dans un seul billet, mais devant l’abondance de matière à traiter, j’ai décidé d’en faire deux billets jumeaux.

Voyons donc ici les rapports entre Rousseau (1712 – 1778) et la musique.

Dès 1747, DIDEROT et D’ALEMBERT confient à Rousseau (1715 – 1778) la rédaction des articles sur la musique de leur Encyclopédie, et il écrira encore en 1767 un Dictionnaire de musique qui restera longtemps un modèle du genre. Cependant cinquante ans après, ses écrits sont déjà controversés, comme on peut le voir sur le préliminaire de l’édition de 1791.

rousseau encyclopédie

Si l’opéra de JJ.ROUSSEAU Le Devin du village (1752) a connu à son époque un honnête succès, on connaît moins le reste de sa carrière de compositeur. Pourtant, dès 1744, il compose Les Muses galantes qui ne sera jamais joué au théâtre. La première représentation, privée, provoqua le début de ses querelles avec RAMEAU.

rouffeau devinCliquez sur l’image

En 1745, il écrit de la musique complémentaire pour Les Fêtes de Ramire, d’après La Princesse de Navarre, un opéra que RAMEAU avait écrit au début de l’année sur un livret de VOLTAIRE. Les difficultés liées à cette reprise influeront sur les difficultés relationnelles entre Rousseau et Rameau. Ces difficultés éclateront dans sa Lettre sur la musique française (1753) où il défend la supériorité de la musique italienne sur la musique française (en fait la prééminence de la mélodie, qu’il défendait, contre l’harmonie, que défendait Rameau). Rousseau prétendait en effet que le français était une langue qui ne se chantait pas, au contraire de l’italien, alimentant ainsi ce qu’on a appelé la querelle des Bouffons, démarrée l’année précédente.

En 1762, il écrit un Pygmalion, qu’il aurait voulu faire mettre en musique par GLUCK. Celui-ci n’étant pas disponible, il se tourne vers l’obscur Horace COIGNET et Rousseau écrira lui-même 2 des 22 chansons de cette pièce.

Bien entendu, la musique prenant une place importante dans son univers mental, on trouve de nombreuses allusions à la musique dans ses œuvres littéraires, comme Les Confessions.

Monsieur R. dit (😉):

Les accents de la voix passent jusqu’à l’âme ; car ils sont l’expression naturelle des passions, et en les peignant ils les excitent.

Ne ratez pas très prochainement sur ce blog les rencontres entre Voltaire et l’opéra.

Écrivain, Cinématographe, littérature, philosophie

Friedrich NIETZSCHE et la musique

Sans la musique, la vie serait une erreur (F.NIETZSCHE).

Rassurez-vous, je ne vais pas ici vous faire un cours sur les idées philosophiques de NIETZSCHE, j’en serais bien incapable et ce n’est pas le sujet de ce blog. Simplement, ayant entendu parler de Nietzsche lors d’une conférence sur WAGNER, il m’est venu à l’idée de vous parler des rapports qu’entretenait Fred le moustachu avec la musique.

Dans sa jeunesse, Frédéric Nietzsche, bon pianiste, s’est essayé à la composition musicale, et il a distribué ses lieders à ses amis, notamment Cosima, la fille de LISZT, épouse du chef d’orchestre von Bülow avant que d’être celle de Wagner.

nietzsche et la musiqueCliquez sur Fred

Dans La naissance de la tragédie, il est encore sous l’influence de SCHOPENHAUER et Wagner, et il réfléchit à la dualité Apollon vs Dionysos, ce qui le rapproche de Robert SCHUMANN dont toute la vie (et toute l’œuvre) a été une tentative de résolution de ces deux faces de sa personnalité. Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.

Une des compositions de Nietzsche, Manfred méditation d’après l’œuvre de Lord BYRON, peut d’ailleurs être rapprochée par le thème de l’une des compositions de Schumann, qui a écrit une musique de scène pour cette pièce. Et pour ce qui est de la double personnalité avec laquelle Schumann devait se battre, elle est illustrée par Eusébius le rêveur introverti et Florestan le passionné combatif, doubles de Schumann que l’on retrouve dans les Davidsbündlertänze ou le Carnaval.

Schumann CarnavalCliquez sur le pianiste

Très inspiré par l’œuvre de Wagner, Nietzsche s’est intéressé aux thèmes du surhomme et de la liberté, thèmes qui sont au cœur notamment de la tétralogie. Il finira par se détacher du « poison wagnérien » (sic) quand il découvre en 1881 le Carmen de BIZET.

Une de ses dernières œuvres, Also spracht Zarathustra, a inspiré à Richard STRAUSS le poème symphonique du même nom. Œuvre un peu oubliée du public, Stanley KUBRICK a contribué à la populariser en s’en servant pour la BOF de son génial 2001 Odyssée de l’espace.

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’image