littérature, Oulipo, Poésie

CLAIR DE LUNE, de VERLAINE (1869)

Après « Marie » d’APOLLINAIRE, j’ai choisi ce mois-ci pour mon poème mis en musique « Clair de Lune », publié dans les Fêtes galantes de Paul VERLAINE.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques

Debussy Suite bergamasque Clair de luneCliquez sur le pianiste
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse Mortal, tutto confidaCliquez sur Télémaque et Ulysse

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Beethoven Sonate 14 Clair de lune Adagio sostenutoCliquez sur le pianiste

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Satie DaphénéoCliquez sur le n’oisetier

Et sangloter d’extase les jets d’eau,

Liszt les Jeux d'eau de la villa d'EsteCliquez sur l’image
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

Don Giovanni finalCliquez sur l’homme de marbre

Citations musicales :

Masques et bergamasques : DEBUSSY Masques et bergamasques – Clair de lune.

Déguisements : MONTEVERDI Le Retour d’Ulysse dans sa Patrie.

Clair de lune : BEETHOVEN Sonate n°14, dite Clair de lune (1er mouvement adagio sostenuto).

Les oiseaux dans les arbres : SATIE Dapheneo.

Les jets d’eau : LISZT Les jeux d’eau de la villa d’Este.

Les marbres : MOZART Don Giovanni Scène finale.

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littérature, Oulipo, Poésie

MARIE, de Guillaume APOLLINAIRE (1913)

Après « le Nuage » de Mallarmé, j’ai choisi ce mois-ci pour mon poème mis en musique « Marie », de Guillaume APOLLINAIRE.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Rachmaninov les clochesCliquez sur l’image

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Debussy MasquesCliquez sur l’image

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Berlioz Damnation de Faust chœur des soldats et des étudiantsCliquez sur l’image

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Fauré Automne d'Armand SylvestreCliquez sur l’image

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Paradis et Chedid la SeineCliquez sur l’image

Citations musicales :

les cloches : RACHMANINOV les Cloches.

les masques : DEBUSSY Masques.

Des soldats passent : BERLIOZ la Damnation de Faust double chœur des soldats et des étudiants.

Feuilles de l’automne : FAURÉ Automne.

la Seine : Vanessa PARADIS et Matthieu CHEDID la Seine.

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littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie, Uncategorized

« LE NUAGE », de MALLARMÉ

Après En envoyant un pot de fleurs de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Nuage, un autre poème de jeunesse datant de 1859.

Nuage es-tu l’écume

De l’océan céleste au flot limpide et pur ?

Es-tu la blanche plume

Que détacha la brise, en traversant l’azur,

De l’aile d’un des anges ?

Berlioz les Nuits d'été 6 - l'île inconnueCliquez sur l’image

Es-tu, quand nos louanges,

Volent avec l’encens aux pieds d’Adonaï

Bernstein Chichester Psalms Adonaï ro-iCliquez sur le garçon soprano

Le parfum que balance

Dans l’urne en feu, l’enfant devant la croix ravi?

Du ciel ou de la France

As-tu pris ton essor ?

As-tu vu bien des flots, mainte verte prairie ?

As-tu bercé ton ombre au marbre blanc où dort

Du grand sommeil Marie,

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur le tombeau sombre et silenci-eux

Où la brise aux cyprès murmure un chant de mort ?

« Oh : silence, silence !  » alors dit le nuage :

« Je suis l’envoyé du Seigneur.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur l’image

Je porte sur mon sein un blond enfant, de l’âge

Où l’on ne sait pas que l’on meurt.

Je le pris : il dormait sur le sein de sa mère :

L’aile d’un ange est son suaire ! »

Citations :

De l’aile d’un des anges : BERLIOZ Les Nuits d’été, l’île inconnue.

Au marbre blanc où dort : GOUNOD Roméo et Juliette, Salut, tombeau sombre et silencieux

Adonaï : BERNSTEIN, Chichester Psalms, Adonaï ro-i.

L‘envoyé du Seigneur : POULENC Salve Regina.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« EN ENVOYANT UN POT DE FLEURS », de MALLARMÉ

Après le Pitre châtié de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose En envoyant un pot de fleurs, un poème de jeunesse datant de 1859.

Minuit au vieux beffroi : l’ombre dort, et la lune

Debussy le Diable dans le beffroi

Se joue en l’aile noire et morne dont la nuit,

Sombre corbeau, nous voile. Au ciel l’étoile fuit.

Slatkin the RavenCliquez sur the Raven

– Mille voix du plaisir voltigent à moi : l’une

M’apporte ris, baisers, chants de délire : suit

Une fanfare où Strauss fait tournoyer la brune

Au pied leste, au sein nu, que sa jupe importune.

Strauss Concert du nouvel an Vienne 2011

Tes masques ! carnaval ! tes grelots ! joyeux bruit ! –

Schumann Carnaval de VienneCliquez sur la pianiste

Et moi, je dors d’un œil, et je vous dis, Marie,

Qu’en son vase embaumé votre fleur est ravie

voici des rosesCliquez sur l’image

D’éclore sous vos mains et tressaille au bonheur

De vivre et se faner un soir sur votre cœur !

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur l’image

– Ah ! d’une aurore au soir dût s’envoler ma vie

Comme un rêve, fleurette, oui, ton sort, je l’envie !

Fauré Après un rêveCliquez sur l’image

Citations musicales :

Minuit au vieux beffroi : Le Diable dans le beffroi est un opéra inachevé de DEBUSSY, d’après le conte d’Edgar Allan POE.

Sombre corbeau : Restons avec Poe (dont on se souvient qu’il a été traduit en français par Mallarmé). Le chef d’orchestre américain Léonard SLATKIN a mis en musique le poème the Raven (le Corbeau).

Strauss : Concert du Nouvel An à Vienne 1981 : Aus der Ferne Polka Mazur, Op. 270.

Tes masques ! carnaval ! Restons à Vienne avec Robert SCHUMANN et son Carnaval de Vienne.

son vase embaumé : BERLIOZ La Damnation de Faust « Voici des roses ».

se faner un soir : Restons avec Berlioz et ses Nuits d’été dans « le Spectre de la rose ».

Comme un rêve : FAURÉ Après un rêve.

littérature, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« CHANSON D’AUTOMNE », de VERLAINE

Après Art Poétique de Paul VERLAINE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et je mets en correspondance les images évoquées par ce poème avec des images musicales qui me viennent à l’esprit.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Chanson d’automne, un poème datant de 1866 paru dans les Poèmes saturniens.

Les sanglots longs
Des violons

De l’automne

Ravel KaddishCliquez sur l’image

Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Verdi la Traviata Addio del passato (Callas)Cliquez sur l’image

Tout suffocant
Et blême
, quand
Sonne l’heure,

Thomas Hamlet Spectre infernalCliquez sur l’image

Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Gluck Orfeo e Euridice Che faro senza EuridiceClqiuez sur l’image

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Chausson la dernière FeuilleCliquez sur l’image

Citations musicales :

Les sanglots longs des violons : Maurice RAVEL, Kaddish, pour violon et piano.

D’une langueur monotone : Giuseppe VERDI, la Traviata « Addio del Passato ».

Tout suffocant et blême : Albert THOMAS, Hamlet, scène du spectre.

Je pleure : GLUCK Orfeo ed Euridice « Che faro senza Euridice » (« J’ai perdu moin Eurydice »)

La feuille morte : Ernest CHAUSSON la dernière feuille.

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous en voulez un peu plus

Écrivains, littérature, Poésie

Pierre de RONSARD (1524-1585)

image Ronsard

Pierre de RONSARD est né en septembre 1524 dans le Vendômois. On ne connaît pas la date exacte de sa naissance. Il est considéré comme un des poètes les plus importants du XVIe siècle.

Son père, fait chevalier pour ses services pendant les guerres d’Italie (celles de François 1er) travaillait au service du Dauphin. Il essaiera d’ailleurs d’attacher son fils Pierre au service du Dauphin, puis à la mort de celui-ci à son frère Charles, duc d’Orléans. Au mariage de leur sœur Madeleine avec le roi Jacques d’Écosse, Ronsard est attaché à son service, puis après la mort de Madeleine à l’âge de 16 ans, à celui du roi Jacques, ce qui lui valut de passer 3 ans en Écosse ou à Londres.

En 1539, il revient en France et se met au service du duc d’Orléans.

À la suite d’une maladie qui le rend à moitié sourd, il arrête sa carrière diplomatique pour se consacrer aux études.

En 1547, il rencontre du BELLAY avec qui il va fonder, avec quelques autres poètes, la Pléiade qui avait pour but de surpasser les auteurs italiens (DANTE, BOCCACE, PÉTRARQUE).

En 1549, il publie quelques poèmes, mais c’est surtout avec ses Odes, à partir de 1550, qu’il commence à se fait connaître. Il est intéressant de noter que dès cette époque, Ronsard concevait sa production poétique pour être chantée.

Sa première ode à avoir été mise en musique est Ma petite Colombelle, par MURET, en 1552.

Muret ma petite colombelle (Ronsard)Cliquez sur l’image

En 1552, ce sont les Amours de Cassandre et il est nommé « prince des poètes ». Surtout, cette année-là, la parution des Amours de Pierre de Ronsard vandomoys est accompagnée d’un « supplément musical » de dix œuvres à 4 voix, signées par les meilleurs compositeurs de l’époque, comme JANEQUIN, GOUDIMEL ou CERTON. L’éditeur donne même les indications pour que des sonnets d’une même structure puissent être chantés sur la même musique que celle du poème d’origine. C’est de l’OuLiPo avant la lettre !

Ronsard Mignonne allons voir si la roseCliquez sur l’image

Goudimel Quand j'aperçois (Ronsard)Cliquez sur l’image

Le succès de ses poésies, le pousse à chercher une place de poète à la cour et il devient poète du roi Charles IX. En 1565, le roi lui offre le prieuré de Saint-Cosme. Ronsard écrit la Franciade, une fresque historique relatant l’Histoire de France.

En 1585, il publie encore les Sonnets pour Hélène, mais miné par la maladie, il finit par mourir le 25 décembre 1586 dans son prieuré de Saint-Cosme.

Dès lors, il tombera dans l’oubli pendant environ deux siècles avant qu’on ne redécouvre son œuvre.

Par exemple, le jeune WAGNER mettra en musique le fameux « Mignonnes, allons voir si la rose ».

Wagner Mignonne allons voir si la rose (Ronsard)Clqiuez sur Wagner

Il sera suivi au XIXe siècle par GOUNOD, BIZET, ou GOUVY.

Le XXe siècle continuera les hommages musicaux à Ronsard, avec notamment, à l’occasion du 400e anniversaire de sa naissance, la publication d’un numéro spécial de la Revue musicale qui lui est entièrement consacré. Le 15 mai aura alors eu lieu un concert Ronsard, dont les musique étainet signées DUKAS, ROUSSEL, AUBERT, CAPLET, HONEGGER, MANUEL, DELAGE et RAVEL.

Roussel Ciel, aer et vens (Ronsard)Cliquez sur l’image

Ravel Ronsard à son âme (Ronsard)Cliquez sur l’image

Plus tard, ce sera POULENC qui écrira « Cinq mélodies de Ronsard ».

Poulenc Je n'ai plus les os (Ronsard)Cliquez sur l’image

Et la mise en musique de Ronsard continue encore de nos jours…

(Sources: un texte aimablement fourni par Pascal BERGERAULT, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Tours.)

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Maurice MAETERLINCK (1862-1949)

image Maeterlinck

Maurice MAETERLINCK est né le 29 août 1862 à Gand. Poète et surtout dramaturge, il est considéré comme étant le chef de file des symbolistes.

Comme d’autres poètes de son époque, il suit des études de droit avant de se consacrer à la littérature. Dès 1885, il publie des poèmes d’inspiration parnassienne, ce mouvement poétique qui a suivi le romantisme, visant à promouvoir « l’art pour l’art » comme l’écrivait GAUTIER.

Il décide de partir à Paris où il fait la connaissance de MALLARMÉ ou VILLIERS de L’ISLE-ADAM. Il découvre les idéalistes allemands, HEGEL et SCHOPENHAUER ainsi que SCHLEGEL, préfigurateur du symbolisme.

En 1889, il publie Serres chaudes, un recueil de poèmes qui sera mis en musique par CHAUSSON et Lili BOULANGER.

Chausson Serres chaudesCliquez sur l’image

Boulanger Lile RefletsCliquez sur l’image

En 1889, il publie sa première pièce de théâtre, la Princesse Maleine. Lili Boulanger en a tiré un opéra, dont le manuscrit est perdu.

Suivront en 1890 l’Intruse, portée à l’opéra par RIEMANN, et les Aveugles, qui a inspiré trois opéras, et en 1891 les Sept princesses.

1892 est l’année de son œuvre peut-être la plus connue, Pelléas et Mélisande, qui a fait l’objet d’au moins cinq adaptations musicales signées DEBUSSY, FAURÉ, SCHÖNBERG, SIBELIUS, WALLACE et Mel BONIS.

En 1894, ce sera une série de trois petites pièces : Alladine et Palomides, pièce qui fera l’objet de trois opéras et Intérieurs (deux opéras), ainsi que la Mort de Tintagiles (trois opéras). Je reviendrai dans un billet spécifique à ces mises en musique de Pelléas et Mélisande.

En 1895, il fait la connaissance de l’actrice Georgette LEBLANC (la sœur de Maurice LEBLANC, le créateur du personnage d’Arsène Lupin.) Ils s’installent en concubinage notoire à Passy, près de Paris, au grand dam de leurs familles respectives, toutes les deux très catholiques. Ensemble, ils tiendront un salon fort couru où on pouvait rencontrer Oscar WILDE, Stéphane Mallarmé, Auguste RODIN ou encore Camille SAINT-SAËNS. Maurice et Georgette vivront ensemble jusqu’en 1918.

En 1896, Maeterlinck publie un second recueil de poésies, Douze chansons, dont certaines seront mises en musique par ZEMLINSKY. Pour le théâtre, il écrit Aglavaine et Sélysette (mis en musique par HONEGGER) et le Trésor des humbles.

Honegger Aglavaine et SélysetteCliquez sur l’image

En 1901, ce sera Ariane et Barbe bleue, mis en musique par DUKAS et par BARTOK (Le Château de Barbe bleue) et Sœur Béatrice (quatre opéras). Dans cet opéra, on retrouve les prénoms de Mélisande, Sélysette et Alladine pour les premières femmes de Barbe bleue.

Dukas Ariane et Barbe bleueCliquez sur les cinq premières femmes de Barbe bleue

Bartok le Château de Barbe bleueCliquez sur la pauvre Judith

En 1902, il écrit Mona Vanna qui sera porté quatre fois à l’opéra, dont un opéra inachevé de RACHMANINOV. En 1908, ce sera l’Oiseau bleu, porté à l’opéra par WOLFF.

Rachmaninov Monna VannaCliquez sur l’image

En 1911, Maeterlinck est lauréat du prix Nobel de littérature.

En 1918, il se marie avec une autre actrice, Renée DAHON.

En 1930, il rachète un bâtiment de luxe, conçu pour être un casino, et en fait sa villa qu’il appelle Orlamonde (comme dans Ariane et Barbe bleue ou une des Douze chansons.)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie aux États-Unis. Il revient à Nice en 1947 et c’est dans sa villa d’Orlamonde qu’il meurt, le 6 mai 1949.

Outre ses poésies et ses pièces de théâtre, Maeterlinck a aussi écrit des essais sur la biologie tels que la Vie des abeilles, la Vie des termites ou la Vie des fourmis, ainsi que des écrits mystiques.

littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« LE PITRE CHÂTIÉ », de MALLARMÉ

Après M’introduire dans ton histoire de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Le Pitre châtié, un poème datant de 1866 paru seulement en 1887.

Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître

rossini la dame du lac trioCliquez sur la dame du lac

Autre que l’histrion qui du geste évoquais

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Vesti la giubbaCliquez sur l’histrion

Comme plume la suie ignoble des quinquets

J’ai troué dans le mur de toile une fenêtre.

De ma jambe et des bras limpide nageur traître,

À bonds multipliés, reniant le mauvais

Hamlet ! c’est comme si dans l’onde j’innovais

Mille sépulcres pour y vierge disparaître.

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Hilare or de cymbale à des poings irrité,

Tout à coup le soleil frappe la nudité

Qui pure s’exhala de ma fraîcheur de nacre,

Schubert An die Sonne D. 439Cliquez sur l’hymne au soleil

Rance nuit de la peau quand sur moi vous passiez,

Ne sachant pas, ingrat ! que c’était tout mon sacre,

Ce fard noyé dans l’eau perfide des glaciers.

Thomas Hamlet Air de la folie (Callas)Cliquez sur Ophélie au moment où elle va se noyer

Citations musicales :

lacs : ROSSINIla Donna del lago (la Dame du lac)

l’histrion : LEONCAVALLO – Paillasse – « Vesti la giubba »

Hamlet : Ambroise THOMASHamlet – « Être ou ne pas être »

le soleil : SCHUBERT – « An die Sonne » (« Au Soleil« )

fard noyé : Thomas – Hamlet – « Air de la folie »

Et si vous voulez relire ce poëme sans avoir à subir mes élucubrations musicales, le voici dans toute sa splendeur mallarméenne :

Mallamré le Pitre châtié

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Paul VERLAINE (1844 – 1896)

Paul VERLAINE est né à Metz le 30 mars 1844.

Son père était militaire, d’où de nombreux déménagements de la famille pendant la jeunesse de Paul. Sa mère, qui avait fait deux fausses couches, adorera son fils et lui passera tout. Ses parents adopteront aussi une cousine orpheline, Élisa, qui sera le premier amour du jeune homme.

Verlaine père démissionne de l’armée avec le grade de capitaine, et la famille s’installe à Paris, où Paul suit ses études dans une pension privée et au lycée Condorcet. Peu intéressé par les études, il semble plus attiré par certains de ses jeunes condisciples.

Il publie son premier recueil de poésie, les Poèmes saturniens, à l’âge de 22 ans, en 1866. On peut y lire une certaine influence baudelairienne.

Brassens Chanson d'automneCliquez sur la Chanson d’automne

À l’occasion de cette sortie, un jeune poète, un certain MALLARMÉ, lui écrit pour lui signifier l’admiration qu’il porte à ses poèmes.

Peu intéressé par les études, Verlaine fréquente les cafés littéraires, et commence à boire (beaucoup) d’alcool, notamment de l’absinthe, boisson qui, selon les procédés de fabrication de l’époque, recélait du méthanol, un alcool attaquant le cerveau.

Dans le groupe des Vilains Bonshommes, lié aux Parnassiens, il fait la connaissance de Charles de SIVRY, un compositeur ami de CHABRIER avec qui ils ont des projets d’opérettes, Vaucochard et Fils 1er et Fisch-ton-Kan. Et c’est de Sivry qui présentera sa sœur Mathilde à Verlaine. Plus étonnant encore, après la commune, de Sivry se retrouva emprisonné, et en prison c’est lui qui donnera l’adresse de sa mère à un garde national qui cherchait un professeur de piano pour son fils. Ce fils s’appelait Claude Achille DEBUSSY, et fait partie des nombreux compositeurs qui ont déposé de la musique sous les vers de Verlaine.

Inquiet pour l’avenir de son fils, Verlaine père le fait entrer en 1864 comme employé de bureau à l’Hôtel de ville de Paris. Entretemps, son amour de jeunesse, Élisa s’est mariée à un riche industriel sucrier. en 1869, il publie le recueil Fêtes galantes, inspiré par une exposition des peintres du XVIIIe siècle qui avait eu lieu au Louvre.

Fauré Clair de LuneCliquez sur l’image

Debussy Colloque sentimentalCliquez sur le Colloque sentimental

Après la mort de son père, Verlaine continue de vivre chez sa mère qui le pousse à se marier avec Mathilde de neuf ans sa cadette. Le mariage se fera en 1870 et ils auront un fils, Georges, en 1871. Son amour pour Mathilde inspirera plusieurs poèmes de la bonne Chanson, qui paraîtra en 1871 après la guerre de 1870 et la Commune.

Hahn l'Heure exquiseCliquez sure l’Heure exquise

En 1871, justement, Verlaine reçoit une lettre qui bouleversera sa vie. Un jeune homme de Charleville, Arthur RIMBAUD, lui écrit qu’il souhaite quitter sa ville de province où il s’ennuie mortellement pour rejoindre la capitale. Après quelques hésitations, Verlaine l’invite à Paris. Cette rencontre est capitale tant il retrouve chez le jeune homme de 17 ans des idées qu’il porte en lui depuis longtemps. Dès lors, il se désintéresse de sa jeune femme pourtant enceinte. Verlaine et Rimbaud partent ensemble en Angleterre et en Belgique. Un jour, Verlaine tirera un coup de feu sur Rimbaud, ce qui lui vaudra une condamnation à deux ans de prison. Les poèmes écrits pendant cette période figurent dans les Romances sans paroles (1874).

Fauré SpleenCliquez sur l’image

En prison, il retrouve la foi catholique de son enfance et compose le recueil Sagesse (1880).

Boulanger (Nadia) un grand Sommeil noirCliquez sur le grand Sommeil noir

À sa sortie de prison, il retrouve brièvement, Rimbaud qui lui confie le manuscrit des Illuminations, que Verlaine fera imprimer quelques années plus tard.

En 1875, il est professeur à Londres avant de rentrer en France, où il enseigne dans un collège de jésuites. Il se prend d’affection pour un de ses jeunes élèves, Lucien. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Londres, avant de s’installer chez les parents de Lucien. La mort de celui-ci en 1883 bouleversera Verlaine qui écrira plusieurs poèmes que l’on trouve dans le recueil Amour.

Il rentre à Paris en 1882 et renoue avec le milieu littéraire. en 1884, Il publie son essai sur les Poètes maudits ainsi que le recueil Jadis et naguère, dans lequel on trouve son fameux « Art poétique ».

Mais son alcoolisme est toujours là, provoquant chez lui des épisodes de grande violence, il ira même jusqu’à essayer d’étrangler sa mère. Après un nouveau séjour en prison, il finira dans la déchéance, presque clochard, et meurt de pneumonie le 8 janvier 1896 à Paris.

Malgré son côté « asocial » ses talents de poètes ont été reconnus par les siens, et il a porté le titre de « prince des poètes », titre que portera Mallarmé après sa mort.

Liste des œuvres

(Source principale : Henri TROYAT – Verlaine – Flammarion 1993.)

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« ART POÉTIQUE », de VERLAINE

Le poème « mis en musique » de ce mois sera Art poétique, de Paul VERLAINE. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Schubert An die MusikCliquez sur la musique

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

Hahn Chansons grises L'Heure exquiseCliquez sur la chanson grise

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur les claires étoiles

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Bonis Mel Nocturne pour flûte, Cor et PianoCliquez sur l’image

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,

Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !

Verdi Rigoletto Ch'io gli parliCliquez sur l’image

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur l’image

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Berlioz Les Nuits d'été Au cimetière (Crespin)Cliquez sur « l’âme éveillée »

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

Citations musicales:

De la musique : SCHUBERT An die Musik

la chanson grise : HAHN Chansons grises : « l’Heure exquise »

des claires étoiles : FAURÉ Nuit d’étoiles

et la flûte au cor : Mel BONIS Scènes de la Forêt, « Nocturne pour Flûte, Cor et Piano »

la Pointe assassine, l’Esprit cruel et le Rire impur : VERDI Rigoletto. Dans Rigoletto, le héros, bouffon du duc, exerce son esprit acerbe contre les courtisans avec ses piques cruelles.

ce bijou d’un sou : GOUNOD Faust « Air des bijoux »

une âme en allée : BERLIOZ Les Nuits d’été « Au Cimetière (Clair de lune) »