littérature, Poésie

LE ROI DES AULNES (ERLKÖNIG), de GOETHE (1782)

Le Roi des Aulnes, en allemand Erlkönig est une ballade de Goethe, écrite d’après une légende danoise. Le titre, un peu mystérieux, vient d’une erreur de traduction et se dit, en danois, le roi des elfes. Dans la nuit, un père chevauche portant son fils dans les bras. Celui-ci, malade, croit voir des créatures fantomatiques. Le père essaye de calmer son enfant, disant que ce n’est que le brouillard et le vent dans les branches. Mais les visions de l’enfant se précisent : c’est le roi des aulnes qui vient le chercher. À la fin, le roi des aulnes se saisit de l’enfant et le père met son cheval au galop, mais quand il arrive à la maison, il est trop tard, son jeune fils est mort.

Cette ballade a été mise en musique par de nombreux compositeurs, le premier étant Reichardt en 1794.

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En 1815, Schubert écrit la version musicale la plus célèbre.

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Berlioz en fait une orchestration géniale (1860), alors que Liszt, lui, en fait deux transcriptions pour piano seul.

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Trois ans après Schubert, Carl Loewe écrit son propre Roi des aulnes (1818).

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Et Émilie Mayer, une élève de Loewe, écrit sa version en 1842.

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Louis Spohr a écrit son Roi des aulnes en 1856.

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Enfin, dans le domaine de la littérature, signalons que Michel Tournier a obtenu le prix Goncourt en 1970 avec son roman le Roi des aulnes.

littérature, Poésie

« L’INVITATION AU VOYAGE » de BAUDELAIRE

Parmi les poèmes de Baudelaire, l’Invitation au voyage est certainement un de ceux le plus mis en musique :

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir ;
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes
.

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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

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Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

 

Citations musicales :

De tes traîtres yeux, brillant à travers leurs larmes : Ravel Schéhérazade.

La splendeur orientale : Lully le Bourgeois gentilhomme « Marche pour la cérémonie des Turcs ».

Vois sur ces canaux dormir ces vaisseaux : Fauré l’Horizon chimérique « Vaisseaux, nous vous aurons aimés ».

Et puisque je disais en préambule à cet article que ce poème avait été mis en musique, en voici deux versions :

Duparc :

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Chabrier :

Chabrier Baudelaire l'invitation au voyage

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Oulipo, Poésie

« JE RÊVE DE VERS DOUX », d’Albert SAMAIN (1893)

Après « Offrandes obscures », de Maeterlinck, voici un poème d’Albert Samain « Je rêve de vers doux », paru en 1893 dans le recueil Au Jardin de l’infante.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Je rêve de vers doux et d’intimes ramages,
De vers à frôler l’âme ainsi que des plumages,

De vers blonds où le sens fluide se délie
Comme sous l
’eau la chevelure d’Ophélie,

Cliquez sur Ophélie

De vers silencieux, et sans rythme et sans trame
Où la rime sans bruit glisse comme une rame,

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De vers d’une ancienne étoffe, exténuée,
Impalpable comme le son et la nuée,

De vers de soir d’automne ensorcelant les heures
Au rite féminin des syllabes mineures.

Cliquez sur la violoniste

De vers de soirs d’amour énervés de verveine,
Où l’âme sente, exquise, une caresse à peine,

Cliquez sur l’heure exquise

Et qui au long des nerfs baignés d’ondes câlines
Meurent à l’infini en pâmoisons félines,
Comme un parfum dissous parmi des tiédeurs closes,

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Violes d’or, et pianissim’amorose…

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Je rêve de vers doux mourant comme des roses.

Citations musicales :

La chevelure d’Ophélie : Ambroise Thomas Hamlet scène de la folie.

Glisse comme une rame :Lully Alceste « Il faut passer tôt ou tard ».

D’automne : Vivaldi Les quatre saisons l’automne.

Exquise : Fauré l’Heure exquise (Colloque sentimental).

Baignés d’ondes câlines : Chausson Poème de l’amour et de la mer.

Pianissim’amorose : Wagner L’Or du Rhin prélude (pianissimo).

littérature, Oulipo, Poésie

« OFFRANDES OBSCURES », de Maeterlinck (1887)

Après « Il pleure dans mon cœur », de Paul Verlaine, je vous propose ce mois-ci un poème de Maeterlinck, « Offrandes obscures », paru en 1887 dans le recueil Parnasse de la jeune Belgique.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

J’apporte mon mauvais ouvrage
Analogue aux songes des morts,

Et la lune éclaire l’orage

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Sur la faune de mes remords :

Sur la faune de mes remords :

Les serpents violets des rêves
Qui s’enlacent dans mon sommeil,
Mes désirs couronnés de glaives,

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Des lions noyés au soleil,

Des lys au fond des eaux lointaines
Et des mains closes sans retour,
Et les tiges rouges des haines
Entre les deuils verts de l’amour

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Seigneur, ayez pitié du verbe !

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Laissez mes mornes oraisons
Et la lune éparse dans l’herbe
Faucher la nuit aux horizons.

Citations musicales :

La lune éclaire l’orage : Weber, le Freischütz, « scène de la gorge aux loups ».

Couronnés de glaive : Rossini, Stabat mater, « Cujus anima ».

Les tiges rouges des haines entre les deuils verts de l’amour : Prokofiev, Roméo et Juliette.

Seigneur, ayez pitié : Fauré, Requiem, « Introït et Kyrie ».

littérature, Oulipo, Poésie

« IL PLEURE DANS MON CŒUR », de Verlaine

Après « Les Erreurs », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un poème de Paul Verlaine, « Il pleure dans mon cœur », paru en 1874 dans le recueil Romances sans paroles.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

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Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

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Il pleure sans raison
Dans ce c
œur qui s’écœure.
Quoi
 ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

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C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon c
œur a tant de peine !

Citations musicales :

Quelle est cette langueur : Verdi La Traviata « Adio del passato ».

Ô le chant de la pluie : Debussy Jardins sous la pluie.

Ce deuil est sans raison : Verdi Otello « Niun mi tema ».

Bien avant mes divagations poético-musicales, ce poème avait inspiré Gabriel Fauré, sous le titre Spleen

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et Claude Debussy.

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Écrivains, littérature, Poésie

THÉOPHILE GAUTIER (1811-1872)

Théophile Gautier est né à Tarbes le 30 août 1811.

Théophile a trois ans quand sa famille déménage à Paris. Il suit des études classiques à Louis le Grand, puis à Charlemagne. Là, il rencontre celui qui se fera appeler, plus tard, Gérard de Nerval.

En 1829, Théophile rencontre Victor Hugo et adhère alors au romantisme, participant à la Bataille d’Hernani en 1830. Il se détourne alors de sa première vocation, la peinture, pour commencer à écrire des poèmes.

En 1835, Gautier publie son premier roman, Mademoiselle de Maupin. En 1836, il a une liaison avec une jeune voisine, Eugénie Fort, avec qui ils auront un enfant.

En 1836, Théophile Gautier est sollicité par Balzac pour écrire des critiques d’art et de spectacles. Ce métier de critique l’amènera à voyager dans toute l’Europe.

En 1838, il publie la nouvelle Une nuit de Cléopâtre qui fera l’objet d’un opéra de Victor Massé en 1885. 1838 est aussi l’année du recueil de poèmes Comédie de la mort qui contient les six poèmes mis en musique par Berlioz sous le nom de Nuits d’été.

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Ces poèmes ont été mis en musique par bien d’autres compositeurs.

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En 1841, Théophile rencontre une danseuse, Carlotta Grisi pour qui il éprouve une vive passion. Il écrit pour elle le livret de Giselle, un ballet sur une musique d’Adam.

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En 1843, il écrit un autre livret de ballet, la Péri, qui rencontrera moins de succès. Théophile se met en ménage avec la sœur de Carlotta, la cantatrice Ernesta Grisi, avec qui ils auront deux enfants.

En 1844, Théophile Gautier fait partie des fondateurs du « Club des haschischins » (les fumeurs de haschich qui y trouvaient l’inspiration). Parmi les membres de ce club se trouvaient Delacroix, Baudelaire, Balzac, de Nerval ou Dumas.

En 1851, son ballet-pantomime Pâquerette est donné à l’opéra.

En 1852, Théophile publie le recueil Émaux et camées, recueil qui est salué (Baudelaire lui dédiera ses Fleurs du Mal). Émaux et Camées est le manifeste de « l’Art pour l’art ».

Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien. Tout ce qui est utile est laid.

En 1857, il surfe sur la vague de l’égyptologie qui a suivi après la découverte de la pierre de Rosette et au déchiffrage des hiéroglyphes par Champollion, avec le Roman de la Momie. Le Roman de la momie a fait l’objet d’une comédie musicale.

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En 1863, Théophile Gautier écrit un roman de cape et d’épée, dans le style Dumas, le Capitaine Fracasse. Le capitaine Fracasse fera l’objet d’une comédie lyrique de Levadé en 1929. En septembre 1863, il passe quelques jours chez George Sand à Nohant.

Gautier fréquente les salons du Second Empire et il écrit sur des musiciens (Berlioz, Wagner, Gounod…) ou sur des peintres (Delacroix, Manet…).

Théophile Gautier est mort à Neuilly le 23 octobre 1872, à l’âge de 61 ans.

Outre les Nuits d’été de Berlioz, déjà citées, de très nombreux compositeurs ont mis les poèmes de Gautier en musique.

Ainsi Pauline Viardot avec cette Sérénade.

Cliquez sur la Sérénade

Ou encore, en 1910, de Falla et ses Trois mélodies sur des poèmes de Théophile.

Cliquez sur la chinoiserie
littérature, Oulipo, Poésie

« LES ERREURS », de Jean Tardieu

Après « Étude en de mineur », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Tardieu, « Les Erreurs », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

(La première voix est ténorisante, maniérée,
prétentieuse ; l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

— Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

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Quelle est cette femme exquise
qui savoure des cerises
 ?

— C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah ! que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe !

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— C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

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Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime Ô ma fiancée !

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Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’suis pressée
laissez-moi passer !

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Citations musicales :

un gros éléphant : Francis Poulenc, Histoire de Babar, le petit éléphant.

Cette colombe : Muret, ma Petite Colombelle, d’après Ronsard.

C’est un ivrogne : Ambroise Thomas, Hamlet, « Ô vin, dissipe la tristesse ».

Ô ma fiancée : Ambroise Thomas, Hamlet « Doute de la lumière ».

Je suis vieille : Léos Janacek, L’Affaire Makropoulos.

littérature, Poésie

« ÉTUDE EN DE MINEUR », de Jean TARDIEU

Après « Ses purs ongles très haut dédiant leur inox », de Mallarmuche, je vous propose ce mois-ci un autre poème, de Jean Tardieu, « Étude en de mineur », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Le ciel était de nuit

la nuit était de plainte

la plainte était d’espoir,

Les yeux étaient de lèvres

les lèvres étaient d’aube

la source était de neige

Cliquez sur la blanche neige

Ma vie était de flamme

ma flamme était de fleuve

le fleuve était de bronze

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le bronze était d’aiguille

l’aiguille était d’horloge

l’horloge était d’hier :

Cliquez sur l’horloge

elle est de maintenant.

Maintenant est de terre

maintenant est de pierre

maintenant est de pluie.

Cliquez sur les jeux d’eau (sous la pluie)

Ma rive est de silence

mes mains sont de feuillage

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ma mémoire est d’oubli.

Citations musicales :

de neige : Francis Poulenc Sept chansons « la blanche neige »

de bronze : Hector Berlioz Benvenuto Cellini scène de la fonte de la statue « Du métal ! du métal ! »

l’horloge : Ravel L’Enfant et les sortilèges l’horloge (Ding, ding, ding)

de pluie : Maurice Ravel Jeux d’eau

mes mains sont de feuillage : Sivan Eldar Like flesh  » Comportement du bois « 

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« SES PURS ONGLES TRÈS HAUT DÉDIANT LEUR INOX », de MALLARMÉ (1868)

On a retrouvé récemment, dans la bibliothèque de l’Opéra de Saint-Glinglin, un inédit de Mallarmuche. Il s’agit de la première version du sonnet en « IX », datée du 1er avril 1868. Dans ce premier jet, Mallarmé avait choisi des rimes en « OX » et non les fameuses rimes en « IX » comme de la version qu’il a finalement retenue.

Ses purs ongles très haut dédiant leur inox,

Cliquez sur l’inox

L’angoise ce minuit soutient, lampe au phosphore,

Maint rêve vespéral brûlé par le botox,

Que ne recueille pas de cinéraire en or.

Sur les crédences, au salon vide, nulle infox

Cliquez sur la calomnie

Aboli bibelot d’inanité encore

(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Stox,

avec ce seul objet dont le néant sonore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un tort

Agonise selon peut-être le trésor

Cliquez sur le trésor

des licornes ruant du feu sur le fort Knox

Elle, défunte nue, en ce miroir si belle

Cliquez sur Marguerite riant de se voir si belle en ce miroir

Qui dans l’oubli formé par le cadre se fox

Trot scintillant comme un quatuor.

Cliquez sur le fox-trot

Citations musicales :

Leur inox : Chostakovitch, Lady Macbeth de Mzensk, scène dans la boucherie industrielle.

Nulle infox : Rossini, le Barbier de Séville « Air de la calomnie ».

Le trésor : Wagner, Siegfried scène où Siegfried tue le dragon veillant sur son trésor.

En ce miroir si belle : Gounod, Faust air des bijoux.

Fox Trot : Art Hickman, Rose room fox-trot

Vous pouvez retrouver ici d’autres articles publiés un 1er avril :

Havre & Caumartin (2019)

L’opéra de Saint-Glinglin s’invite chez vous (2020)

Arnoldo Poivrieri (1755 – 1825) (2021)

La Fée nommée mène au logis (de l’esprit) (2022)

Le cantique des quantiques (2023)

Zelda Ocarina (née en 1966) (2024)

Léon Féodorovitch Tolstoïevski (2025)

littérature, Oulipo, Poésie

JE VIS, JE MEURS : JE ME BRULE ET ME NOYE, de Louise LABÉ (1555)

Après  » À Clymène « , de Verlaine, je vous propose ce mois-ci un autre poème, de Louise Labé (avant 1524-1566), « Je vis, je meurs : je me brule et me noye », paru en 1555 dans le recueil Œuvres de Louize Labé lionnoize.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Je vis, je meurs : je me brule et me noye.

J’ai chaust estreme en endurant froidure :

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La vie m’est et trop molle et trop dure.

J’ai grans ennuis entremeslez de joye :

Tout à un coup je ris et je larmoye,

Cliquez sur les larmes gelées

Et en plaisir maint grief tourment j’endure :

Mon bien s’en va, et à jamais il dure :

Tout en un coup je seiche et je verdoye.

Ainsi Amour inconstamment me meine :

Et quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me treuve hors de peine.

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Puis quand je croy ma joye estre certeine,

Et estre au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.

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Citations musicales :

En endurant froidure : Henry Purcell King Arthur « Cold song ».

Je ris et je larmoye : Franz Schubert le Voyage d’hiver « Gefrorne Tränen ».

Plus de douleur… hors de peines : Francis Poulenc Sept chansons « Marie ».

En mon premier malheur : Claudio Monteverdi Lamento d’Ariane.