littérature, Oulipo, Poésie

SED NON SATIATA, de BAUDELAIRE (1857)

Après l’Homme et la Mer, de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème des Fleurs du Mal, datant de 1857, mis en musique par mes soins.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Bizarre déité, brune comme les nuits,

Au parfum mélangé de musc et de havane,

Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Méphisto

Sorcière au flanc d’ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l’opium, au nuits,

L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane;

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima (Alagna)Cliquez sur Nemorino

Fauré PavaneCliquez sur l’image

Quand vers moi mes désirs partent en caravane,

Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur les yeux noirs

Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme;

Je ne suis pas le Styx pour t’embrasser neuf fois,

Lully Alceste il faut passer tôt ou tardCliquez sur l’image

Hélas, et je ne puis, Mégère libertine,

Chostakovitch la Mégère apprivoiséeCliquez sur la mégère apprivoisée

Pour briser ton courage et te mettre aux abois,

Dans l’enfer de ton lit devenir Proserpine !

Paisiello Proserpine OuvertureCliquez sur l’image

 

Citations musicales : 

Le Faust : GOUNOD : Faust prologue.

L’élixir… où ta bouche: DONIZETTI L’Élixir d’amour « Una furtiva lagrima ».

se pavane : FAURÉ, Pavane.

Grands yeux noirs : les Yeux noirs, air traditionnel russe.

Le Styx : LULLY Alceste, air de Charon « Il faut passer tôt ou tard ».

Mégère libertine : CHOSTAKOVITCH la Mégère apprivoisée.

Proserpine : Si Lully a écrit Proserpine en 1680, c’est l’ouverture de l’opéra de PAÏSIELLO (1803) que j’ai choisi ici de vous faire écouter.

Et si vous voulez lire le poème débarrassé de mes incongruités musicales, c’est ici :

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

M’INTRODUIRE DANS TON HISTOIRE, de MALLARMÉ (1886)

Après Remémorations d’amis belges de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose M’introduire dans ton histoire, un poème de 1886 évoquant ses relations (fantasmées ?) avec Méry LAURENT.

M’introduire dans ton histoire
C’est en héros effarouché
S’il a du talon nu touché
Quelque gazon de territoire

la belle HélèneCliquez sur le défilé des héros de la Grèce antique

À des glaciers attentatoire
Je ne sais le naïf péché
Que tu n’auras pas empêché
De rire très haut sa victoire

Janacek Jenufa Acte 3Cliquez sur l’image

Dis si je ne suis pas joyeux
Tonnerre et rubis aux moyeux
De voir en l’air que ce feu troue

Berlioz la Damnation de Faust (MET 2008)Cliquez sur les feux-follets


Avec des royaumes épars
Comme mourir pourpre la roue
Du seul vespéral de mes chars.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur le char du Soleil

Citations musicales :

du talon nu : Vous je ne sais pas, mais moi quand j’entends « Héros » et « Talon », je pense à Achille (et pas à Achille Talon qui est aussi un héros, mais de bande dessinée, excellent par ailleurs). OFFENBACH l’a mis en scène dans La belle Hélène et ses couplets des rois.

À des glaciers attentatoire : JANACEK troisième acte de Jenufa,. Alors que l’héroïne va se marier avec Laca, on découvre sous les glaces fondant au printemps le cadavre d’un nouveau-né noyé ! Il s’agit de l’enfant illégitime qu’avait eu Jenufa, et dont la marâtre, pour sauver l’honneur de la famille, avait fait disparaître pendant la fièvre de Jenufa. Cette lecture me semble aller avec le sens caché du poème de Mallarmuche, avec ses désirs cachés pour Méry.

Tonnerre et rubis : BERLIOZ La Damnation de Faust – Feux et Tonnerre – menuet des feux follets.

Du seul vespéral de mes chars : SAINT-SAËNS, Phaéton. Les deux derniers tercets peuvent se lire comme la course du char solaire jusqu’à son couchant. Saint-Saëns a mis en musique cette histoire de Phaéton volant sur le char solaire de Phoebus, son père, mais incapable d’en diriger les chevaux. Se rapprochant trop près du soleil et mettant la Terre en danger, Phoebus est obligé de l’abattre en plein vol pour sauver la planète.

Et pour ceux et celles qui voudraient relire ce poème sans subir mes divagations musicales, retrouvez-le tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.

Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

Edmond ROSTAND (1868 – 1918)

Edmond ROSTAND naît à Marseille le 1er avril 1868. Issu d’une famille riche, il passe les premières années de sa vie à Marseille, puis à Bagnères-de-Luchon. Après de brillantes études à Marseille, puis à Paris, son père lui fait suivre des études de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers l’écriture et la poésie.

En 1890, il se marie avec la poétesse Rosemonde GÉRARD, qui aura MASSENET comme témoin à son mariage. Ils auront deux fils, Maurice né en 1891 et Jean né en 1894. Jean Rostand se fera un nom dans le domaine de la biologie.

Edmond commence sa carrière littéraire par différentes pièces de poésie, dont l’Ode à la musique (1890) qui sera mise en musique par CHABRIER.

Chabrier - Rostand Ode à la musiqueCliquez sur l’image

En 1894, il réussit à faire jouer la pièce les Romanesques à la Comédie-Française. Peu connue en France, elle est très populaire dans les pays anglo-saxons, et a fait l’objet en 1960 d’une comédie musicale sous le nom The Fantasticks ! La musique en est de SCHMIDT et les paroles de Tom JONES.

Rostand The FantasticksCliquez sur l’image, il se pourrait que vous reconnaissiez un air qui a servi pour la réclame d’un café

En 1895, c’est la Princesse lointaine, dont une version lyrique de WITKOWSKI sera créée à l’Opéra de Paris en 1934.

Suivront, pour les succès, la Samaritaine (1897), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).

La Samaritaine fera l’objet d’une adaptation par Max d’OLLONE en 1929, créée à l’Opéra-Comique en 1937.

Cyrano de Bergerac fera l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1936. (Alfano est le compositeur qui a terminé Turandot, œuvre restée inachevée à la mort de PUCCINI.)

Alfano (Rostand) Cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano

Ils se mettront à deux, IBERT et HONEGGER pour adapter l’Aiglon, en 1937.

Honegger Ibert (Rostand) l'AiglonCliquez sur l’image

En 1901, Rostand est élu à l’Académie française.

En 1910, il fait jouer sa dernière pièce : Chanteclerc. Celle-ci, qui met en scène des animaux ne rencontre pas les succès éclatants qu’ont connus Cyrano et de l’Aiglon.

Rostand meurt de la grippe espagnole à Paris le 2 décembre 1918.

Si vous avez été sages, vous pouvez cliquer sur l’image pour obtenir un bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur l’image pour voir le bonus surprise (si vous avez été sages)

Maria Callas, Oulipo, Poésie

TOUJOURS DES HAÏKUS (5e série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.

Opéra mystique

C’est : Dialogue des Carmélites

Bernanos, Poulenc.

Poulenc Dialogue des Carmélites Salve ReginaCliquez sur l’image

Opéra biblique

C’est : Samson et Dalila

de Camille Saint-Saëns.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur l’image

Sur un haïkaï d’Ada : Bach – Concerto en do mineur, BWV 981 ‹ pour une seule note ‹ Reader — WordPress.com

Sous les pas de Bach,
Les feuilles mortes se poussent ;
La voie est offerte.

Bach Concerto en ut mineur BWV 981Cliquez sur la voie jonchée de feuilles mortes

Sur un haïkaï de Régis : Divers Haïkus d’hiver ‹ Maux & Cris ‹ Reader — WordPress.com

Des pas dans la neige

Une histoire est passée là

Rien n’en restera.

Debussy Des pas sur la neigeCliquez sur le pianiste

Sur un haïkaï de Tim : Deux amants assis – Haïku trilingue ‹ Le Mot Sensible ‹ Reader — WordPress.com

La terre, l’eau, le ciel –

Deux amants sont assis là

Sur le bord du lac.

Rossini la Dame du lac Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Solène : AINSI FONT… | EN VERS ET CONTRE TOUT (wordpress.com)

Les oiseaux de mer
sont ivres de liberté
dans le bleu du ciel

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image

Citations musicales :

Dialogues des Carmélites, de POULENC, « Salve Regina » final.

Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, « Printemps qui commence ».

Les feuilles mortes : J.-S. BACH Concerto en ut mineur BWV 981.

Des pas dans la neige : DEBUSSY Des pas sur la neige.

le bord du lac : ROSSINI La Dame du lac.

ivres de liberté : BRITTEN Peter Grimes 4 interludes.

Et pour retrouver livraison précédente de haïkaïs mis en musique, c’est ici : « Encore des haïkus (4e série)« .

Écrivains, Bande dessinée, littérature, Poésie, Politique, Théâtre

Alphonse de LAMARTINE (1790 – 1869)

Alphonse de LAMARTINE est un poète romantique, écrivain et homme politique français, né à Mâcon le 21 octobre 1790.

Il commence très jeune à écrire de la poésie et, à 21 ans, fait son « voyage en Italie » au cours duquel il rencontre une jeune fille qui lui inspirera plus tard son roman Graziella.

À 21 ans, son père la fait nommer maire de sa commune et en 1814, il fait partie des gardes du corps de Louis XVIII et doit se réfugier en Suisse pendant les Cent jours. Rentré chez lui, il mène une vie de gentilhomme campagnard.

En 1816, pour des raisons de santé, il va prendre les eaux à Aix-les-Bains. Là, il fait la connaissance de Julie CHARLES, une femme mariée atteinte de phtisie galopante. Julie meurt en 1817, et son souvenir inspire à Lamartine son premier recueil de poésie, les Méditations poétiques (1820) qui rencontrent un grand succès. C’est en songeant à elle qu’il écrit un de ses poèmes les plus fameux, le Lac. (« Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence », ou encore « Ô temps, suspends ton vol ».)

Niedermeyer Lamartine le LacCliquez sur le pianiste et le ténor

Il se marie à une artiste peintre anglaise, Mary-Ann et est nommé attaché à l’ambassade de France à Naples. Il publie les nouvelles Méditations poétiques (1823), la Mort de Socrate (1823), et le dernier chant du pèlerinage d’Harold (1825).

Liszt les préludesCliquez sur l’image

C’est dans les nouvelles Méditations poétiques que figure le poème les Préludes, qui inspirera LISZT pour son poème symphonique du même nom.

En 1825, il publie les Harmonies poétiques et religieuses, qui influenceront également Liszt.

Liszt Harmonies poétiques et religieusesCliquez sur la pochette de disque

En 1830, il se rallie à la Monarchie de Juillet. En 1832, il effectue un voyage en Orient, mais la mort de sa fille Julia (née en 1822) l’affecte profondément.

En 1833, il est élu député de Bergues, dans le Nord. Humaniste profond, il appartiendra à la Société française pour l’abolition de l’esclavage, et militera pour l’abolition de la peine de mort. Lors des élections de 1837, il devient député de Mâcon, siège où il sera réélu en 1842. Entre-temps, en 1836, il publie son roman Jocelyn.

Godard Jocelyn berceuseCliquez sur le ténor

En 1848, il fait partie du premier gouvernement de la 2nde république où, en tant que ministre des Affaires étrangères, il signe le décret abolissant l’esclavage. À la fin de cette année, il est candidat à l’élection présidentielle, mais c’est Louis-Napoléon BONAPARTE qui emporte ce scrutin.

Il cesse alors sa carrière politique pour ne plus se consacrer qu’à la littérature. Il écrit son roman Graziella en 1849, ainsi que des recueils de poésie, des livres d’histoire ou de politique.

Lamartine meurt à Paris le 28 février 1869.

Représentant des romantiques, ses poésies ont été abondamment mises en musique.

BIZET le Grillon

Bizet Lamartine le grillonCliquez sur la partition

BERLIOZ Prière du matin

Berlioz Lamartine Prière du matinCliquez sur la pochette de disque

GOUNOD Au Rossignol

Gounod Lamartine Au RossignolCliquez sur le pianiste et le ténor

SAINT-SAËNS le Matin

Saint-Saëns Lamartine le MatinCliquez sur la pochette de disque

Divers, littérature, Poésie

LE VOYAGE D’HIVER (WINTERREISE) Partie 3 – lieder 17 à 24

Après les lieder 9 à 16 du Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT, je vous propose une troisième (et dernière) livraison avec les lieder 17 à 24.

17 – Im Dorfe (au Village) : « Les chiens aboient, les chaînes cliquettent; les gens dorment… » Pendant que les « braves gens » dorment en paix, le voyageur poursuit son chemin loin de ces rêveurs.

Schubert Winterreise Im DorfeCliquez sur la partition

18 – Der stürmische Morgen (la matinée de tempête) : « Comme la tempête a déchiré le gris du ciel… » Après la tempête, l’errant reconnaît dans le ciel déchiré son propre cœur, tourmenté par la tempête de l’amour enfui.

Schubert Winterreise Der stürmische MorgenCliquez sur l’image

19 – Tauschung (Illusion) : « Une lumière danse gaiement devant moi, je la suis dans sa course… » La lumière d’une maison dans la nuit danse devant le voyageur errant; mais ce n’est qu’une illusion pour qui ne peut connaître le repos.

Schubert Winterreise TauschungCliquez sur l’image

20 – Der Wegweiser (le poteau indicateur) : « Pourquoi éviter les chemins qu’empruntent les autres voyageurs… » L’homme cherche à éviter les chemins qu’empruntent les autres humains. Il doit suivre un chemin dont nul n’est revenu.

Schubert Winterreise der WegweiserCliquez sur l’image

21 – Das Wirtshaus (l’auberge) : « Vers un cimetière mon chemin m’a conduit… » L’homme voudrait s’arrêter dans un cimetière pour s’y reposer, enfin. Mais tel n’est pas encore son destin, et il doit poursuivre son chemin.

Schubert Winterreise das WirtshausCliquez sur l’image

22 – Mut ! (Courage !) : « Si la neige me cingle le visage, je la secoue… » Quand le cœur de l’homme gémit, il n’en a cure, les plaintes sont pour les fous !

Schubert Winterreise MutCliquez sur l’image

23 – Die Nebensonnen (les soleils fantômes) : « J’ai vu trois soleils dressés dans le ciel, je les ai longuement contemplés… » Nous arrivons à la fin de ce voyage halluciné. L’homme a vu trois soleils dans le ciel, deux sont tombés, puisse le troisième en faire autant et laisser l’errant dans l’obscurité.

Schubert Winterreise Die NebensonnenCliquez sur l’image

24 – Der Leiermann (le joueur de vielle) : « Là-bas, derrière le village, se tient un joueur de vielle… » Derrière le village, un vieillard joue de la vielle sans fin, ignoré de tous. Étrange vieillard, dois-je te suivre à jamais ?

Schubert Winterreise Der LeiermannCliquez sur l’image

Et si vous en voulez encore un peu, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous en voulez encore un peu plus

Si vous voulez voir le texte chanté, en français, c’est ici.

Divers, littérature, Poésie

LE VOYAGE D’HIVER (WINTERREISE) Partie 2 – lieder 9 à 16

Après les lieder 1 à 8 du Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT, je vous propose la suite avec les lieder 9 à 16.

Le texte des poèmes avec la traduction en français se trouve à la fin de cet article.

J’avais laissé l’homme jetant un dernier regard en arrière, avant que de partir pour toujours.

9 – Irrlicht (Feu follet) : « Dans les profondes gorges rocheuses un feu follet m’a attiré ». C’en est fini, l’homme n’est plus que le jouet d’un feu follet, prêt à se laisser guider par lui.

Schubert Winterreise IrrlichtCliquez sur l’image

10 – Rast (Repos) : « Je sens combien je suis fatigué, seulement maintenant je trouve le repos ». Tant que l’homme marchait, il ne sentait pas la fatigue. Maintenant qu’il s’est arrêté, il sent ses membres endoloris. Pareil pour son cœur, dont la douleur se réveille quand il est au calme.

Schubert Winterreise RastCliquez sur l’image

11 – Frühlingstraum (Rêve de printemps) : Je rêvais de fleurs de toutes les couleurs, tel qu’elles éclosent en mai. Dans ce moment de rêve, l’homme connaît un rare moment de bonheur.

Schubert Winterreise FrühlingstraumCliquez sur l’image

12 – Einsamkeit (Solitude) : « Comme un sombre nuage s’enfuit dans l’air lumineux… ». L’homme avance, seul et sans espoir.

Schubert Winterreise EinsamkeitCliquez sur l’image

13 – die Post (La Poste) : Dans la rue, j’entends le cor du postillon. Pourquoi bats-tu si fort, mon cœur ? » Entendant le cor du postillon qui vient de la ville de la bien-aimée, il se demande comment elle va, quelles nouvelles il pourrait recevoir.

Schubert Winterreise die PostCliquez sur l’image

14 – Der greise Kopf (la Tête de vieillard) : « Le frimas a saupoudré d’un reflet blanc ma chevelure ». Les cheveux blanchis sous le givre redeviennent noirs quand celui-ci a fondu. Quelle horreur d’être jeune et donc encore si loin du tombeau !

Schubert Winterreise Der greise KopfCliquez sur l’image

15 – die Krähe (la Corneille) : « Avec moi, une corneille avait quitté la ville… » Le voyageur est accompagné par une corneille qui tourne autour de lui. Il lui demande si c’est pour pouvoir bientôt s’emparer de son corps.

Schubert Winterreise Die KräheCliquez sur l’image

16 – Letzte Hoffnung (Dernier espoir) : « Çà et là, sur les arbres, on peut voir maintes feuilles multicolores ». Plongé dans ses pensées, l’homme observe une feuille sur un arbre. Si la feuille tombe, son espoir s’effondrera avec elle.

Schubert Winterreise Lestzte HoffnungCliquez sur l’image

Et si vous voulez voir le texte chanté, en français, c’est ici.

Pour avoir les lieder 17 à 24, cliquez sur le lien.

Divers, littérature, Poésie

LE VOYAGE D’HIVER (WINTERREISE), de SCHUBERT Partie 1 – lieder 1 à 8

Le Voyage d’hiver (Winterreise) peut être considéré comme le testament musical de Franz SCHUBERT. Écrit sur des poèmes de MÜLLER, Schubert nous raconte en 24 lieder le cheminement d’un homme qui erre seul dans le froid et la neige après que son aimée l’a quitté, jusqu’à sa rencontre avec un étrange vieillard dans le 24e et dernier lied.

Composée en 1827 en deux cahiers, la partition originale est écrite pour ténor, mais il existe aussi une version pour baryton, et il n’est pas rare non plus que des cantatrices nous fassent le plaisir de les interpréter.

1 – Gute Nacht (Bonne nuit). « Étranger je suis venu, étranger, je repars ». L’homme quitte le village où il a vécu heureux, mais avant de partir, il passe devant la maison de celle qu’il aime pour lui souhaiter bonne nuit.

Schubert Winterreise Gute NAchtCliquez sur l’image

2 – Die Wetterfahne (la Girouette). « Le vent joue avec la girouette sur la maison de ma bien-aimée ». Cette girouette, c’est le cœur de son amie qui change au gré du vent.

Schubert Winterreise Die WetterfahneCliquez sur l’image

3 – Gefrorne Tränen (Larmes gelées). « Des larmes gelées tombent de mes joues ». Ces larmes gelées jaillissent de son cœur, si brûlantes qu’elles pourraient faire fondre la glace, amis gèlent très vite.

Schubert Winterreise Gefrorne TränenCliquez sur l’image

4 – Erstarrung (Engourdissement). « En vain je cherche dans la neige la trace de ses pas ». La neige a recouvert la verte montagne, plus une fleur, plus d’herbe verte qui pourrait lui remémorer sa dulcinée.

Schubert Winterreise ErstarrungCliquez sur l’image

5 – Der Lindenbaum (le Tilleul). « Près du puits, devant le porche, s’élève un tilleul ». L’homme avait gravé sur l’écorce du tilleul maints mots d’amour, mais déjà il s’en est éloigné.

Schubert Winterreise Der Lindenbaum (Kaufmann)Cliquez sur l’image

6 – Wasserflut (Inondation). Mainte larme de mes yeux est tombée dans la neige. Le ruisseau des larmes de l’homme s’écoulera à travers villes et campagnes, jusqu’à rejoindre la maison de sa bien-aimée.

Schubert Winterreise WasserflutCliquez sur l’image

7 – Auf dem Flusse.

Schubert Winterreise auf dem FlusseCliquez sur l’image

8 – Rückblick.

Schubert Winterreise RückblickCliquez sur l’image

Et pour vous permettre d’attendre les lieder 7 à 16, je vous propose un petit cadeau bonus.

point-dinterrogationCliquez sur le cadeau bonus pour vous permettre d’attendre les lieders 7 à 16

Et si vous voulez avoir le texte chanté, avec sa traduction en français, c’est ici.

Cinéma, Fantaisie, Oulipo, Poésie

FANTAISIE, de Gérard De NERVAL

Après l’Homme et la Mer de BAUDELAIRE, je vous propose un nouveau poème « traduit en musique ». Aujourd’hui, Fantaisie, de Gérard de NERVAL.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber ;
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Thiriet Prévert les Visiteurs du soir Démons et merveillesCliquez sur l’image



Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize… et je crois voir s’étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit,

Louis XIII Ballet de la MerlaisonCliquez sur le ballet écrit par Louis XIII

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,

Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.

Wagner Lohengrin Nun sei bedankt, mein lieber SchwannCliquez sur la rivière qui coule entre les fleurs du parc



Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens…

Debussy Pelléas et Mélisande Mes longs cheveux descendentCliquez sur la dame à sa haute fenêtre

Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue ! — et dont je me souviens !

Citations :

Un air très-vieux : Extrait de la musique du film Les Visiteurs du soir, « Démons et merveilles ».

Louis XIII : le roi Louis XIII aimait la musique et en composait, tel ce Ballet de la Merlaison.

avec une rivière : Cette rivière qui baigne le pied du château, il me plaît d’imaginer que c’est celle où arrive Lohengrin, dans sa barque tirée par un cygne, dans l’opéra de WAGNER.

une dame, à sa haute fenêtre : DEBUSSY Pelléas et Mélisande « Mes longs cheveux descendent ».

Et si vous voulez une variante pour l’air languissant et funèbre, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous voulez une variante pour l’air languissant et funèbre

Et si vous aimez Gérard de Nerval, retrouvez ici El Desdichado maltraité par mes soins.

littérature, Oulipo, Poésie

L’HOMME ET LA MER, de Charles BAUDELAIRE

Homme libre toujours tu chériras la mer !

Année BAUDELAIRE oblige, je continue mes poèmes mis en musique façon OuLiPo, après La musique de Charles BAUDELAIRE, par un classique de cet écrivain : L’Homme et la Mer.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un autre classique : L’Homme et la Mer.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’image

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Debussy la Cathédrale engloutie (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

Wagner der Fliegende Holländer ouvertureCliquez sur l’image
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Citations :

ton esprit n’est pas un gouffre : LALO le roi d’Ys ouverture. Cet opéra du Lillois Édouard Lalo reprend la légende de la ville d’Ys, engloutie par les eaux.

Au bruit de cette plainte : La mer de DEBUSSY.

nul n’a sondé le fond de tes abîmes : Peter Grimes de BRITTEN. Dans cet opéra, le héros Peter Grimes, en butte à l’hostiilité des villageois finit par aller se perdre en mer avec son bateau.

nul ne connaît tes richesses intimes : Debussy la Cathédrale engloutie

voilà des siècles innombrables : Le Vaisseau fantôme de WAGNER. Dans cet opéra, le Hollandais est condamné à errer éternellement (ou presque) sur les flots déchaînés.

Pour vous permettre de relire ce poème sans avoir à subir mes divagations musicales, je vous propose de le retrouver dans son jus.

Et si vous voulez un supplément de musique, cliquez donc sur le bonus surprise !

Point d'interrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un supplément de musique !