Compositrices, littérature, Poésie

Louise BERTIN (1805 – 1877)

Née le 15 février 1805 près de Paris, Louise BERTIN était la fille de Louis-François BERTIN, directeur du Journal des débats, un titre important au début du XIXe siècle et de Geneviève-Aimée-Victoire BOUTARD, pianiste qui lui donnera ses premières leçons de musique. La famille Bertin vivait donc dans un milieu culturel riche (INGRES faisait partie de leurs amis et a réalisé leurs portraits).

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La petite Louise, victime de séquelles d’une poliomyélite (elle marchait avec des béquilles, et était surnommée « la boiteuse ») se forme à la musique auprès des maîtres de son époque, FÉTIS et REICHA, Reicha qui avait eu pour élèves non moins que BERLIOZ et LISZT.

Dès ses vingt ans, elle compose deux opéras comiques Guy Mannering (1825), d’après Walter SCOTT et le très gothique Loup-garou (1827), ainsi qu’un opéra, Fausto (1831), d’après le Faust de GOETHE.

En 1836, elle compose pour l’Académie royale de musique son œuvre la plus marquante, la Esmeralda, d’après Notre Dame de Paris, dont le livret est rédigé par Victor HUGO lui-même (c’est le seul livret d’opéra que composera VH, qui par ailleurs lui dédiera un des poèmes des Chants du Crépuscule). Hélas, la situation et les querelles politiques font que cette œuvre tombe rapidement, non pas pour des raisons musicales, mais par hostilité envers Louis Bertin et les positions politiques conservatrices qu’il défendait dans le Journal des débats. Et pourtant Berlioz, qui a dirigé les répétition d’Esmeralda, reconnaît une grande œuvre dans Esmeralda, alors que Liszt en fera la transcription complète pour voix et piano ! Les adversaires de Bertin, dont Alexandre DUMAS, iront même jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz.

Bertin la EsmeraldaCliquez sur le disque

Après cet échec, elle ne composera plus que très peu, quelques mélodies, des ballades pour piano, des fantaisies de chambre.

Revenons brièvement à Berlioz pour souligner qu’il a dédicacé ses Nuits d’été à Louise Bertin.

Berlioz Nuits d'été AbsenceCliquez sur l’image

Bertin mélodie Ah dors en paix mon bel enfantCliquez sur le disque

Elle se consacre dès lors à la poésie et publiera deux recueils, récompensés par l’Académie française. Son poème « Si la mort est le but » a été mis en musique par GOUNOD.

Gounod (Bertin) Si la mort est le but.Cliquez sur le disque

Louise Bertin meurt à Paris le 26 avril 1877.

Bande dessinée, Compositrices, littérature, Mythologie, Théâtre

ALCESTE (et ADMÈTE)

Avant que d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines de confiture dans Le Petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY, Alceste était une tragédie d‘EURIPIDE. Sa trame a inspiré beaucoup d’opéras, dont bon nombre se sont dissipés dans les méandres du temps et de l’oubli.

Le pitch : La tragédie d’Euripide peut être résumée ainsi – Admète, roi de Thessalie, est en train de livrer son dernier combat, celui contre la mort. Apollon, qui avait trouvé refuge chez lui après avoir été chassé de l’Olympe pour avoir tué les Cyclopes, a obtenu des trois Parques qu’à l’heure de sa mort, Admète puisse rester en vie si une personne se dévoue pour mourir à sa place. Sa femme Alceste se sacrifie pour lui et meurt. Hercule, l’ami d’Admète parvient à arracher Alceste à la mort et à la rendre à son époux (d’après CALZABIGI, le librettiste de GLUCK pour la version italienne).

Parmi les adaptations à l’opéra de ce mythe figure l’Antigona delusa da Alceste, de AURELIS, dont HAENDEL se servira pour son Admeto re di Tessaglia (1727).

Haendel Admeto, Re di TessagliaCliquez sur l’image

Dans les versions encore jouées de nos jours figurent l’Alceste de LULLY (1673), et celles de Gluck (version italienne en 1767 et version française en 1776).

Lully Alceste Alceste vous pleurezCliquez sur l’image

Par rapport à la version italienne, relativement fidèle à Euripide, la version française a été très resserrée sur les drames intérieurs d’Alceste et de son mari Admète, ce qui n’a pas contribué au succès de cette œuvre. Peu de temps après, on a rajouté le personnage d’Hercule (présent chez Euripide) pour pimenter un peu l’action et la rendre plus agréable au public, mais c’est GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ), qui a fait ces rajouts ultérieurs dans la partition de Gluck.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur Alceste

Au XXe siècle, on peut encore noter l’Alceste (Alkestis) (1922) de BOUGHTON et celui de WELLESZ (1924) sur un livret de Hugo von HOFMANNSTHAL.

Boughton Alceste (Alkestis)Cliquez sur Rutland Boughton

En 1960 encore, la compositrice Vivian FINE écrira l’œuvre pour orchestre en quatre mouvements Alcestis.

Fine AlcestisCliquez sur l’image

Un très grand merci à l’ami Totor Berlioz qui m’a donné l’idée de ce billet (il a consacré de très belles pages à l’Alceste de Gluck dans son ouvrage À travers chant).

Animation 1, Cinéma, Compositeurs, littérature, Politique, Woody Allen

Sergeï PROKOFIEV (1891 – 1953)

Né en Ukraine le 23 avril 1891, Sergeï (Serge) PROKOFIEV est issu d’une famille modeste. Il est initié très jeune à la musique par sa mère, et donne son premier opéra à l’âge de 9 ans !

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Génie précoce, à 12 ans, il a déjà écrit 4 opéras, une symphonie et 2 sonates.

Il entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg en 1904 où il a pour professeurs RIMSKY-KORSAKOV et LIADOV. Il obtient un grand prix de piano en 1913 en jouant son propre Concerto n°1.

En 1908, il collabore aux soirées musicales de DIAGHILEV à Moscou, où il rencontre STRAVINSKY et DEBUSSY.

En 1915, il écrit des ballets pour les ballets russes de Diaghilev, dont Chout le bouffon créé en 1921 et Ala et Lolli, un ballet qui ne sera finalement jamais monté et dont il tirera la Suite scythe.

Prokofiev suite ScytheCliquez sur le chef d’orchestre

En 1917, il écrit la Symphonie Classique, brillante parodie des symphonies classiques. Il écrit aussi un opéra, Le Joueur, une commande d’après le roman de DOSTOÏEVSKI qui n’aboutit pas.

Prokofiev Symphonie classiqueCliquez sur la cheffe d’orchestre

À la suite de la révolution de 1917, Prokofiev part en exil de 1918 à 1933.

Arrivé en Amérique, les créations américaines de son Concerto de piano et de la Suite scythe connaissent un tel succès que l’Opéra de Chicago lui commande un opéra. Ce sera L’amour des trois oranges écrit en 1919 et créé à Chicago en 1921.

Après l’Amérique, il s’installe à Paris où il révise Chout et où il achève son 3e Concerto de piano.

Prokofiev 3e concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

En 1933, il décide de revenir en URSS, et il compose de la musique labellisée soviétique. Il écrit son ballet Roméo et Juliette (1935).

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur l’image

En 1936, il écrit le célèbre conte pour enfants Pierre et le Loup.

Prokofiev Pierre et le loupCliquez sur Pierre

Il fait la connaissance du cinéaste Sergeï EISENSTEIN, pour qui il écrit les musiques d’Alexandre Nevski (1938) et Ivan le Terrible (1946). Ceci ne l’empêche pas d’être accusé de « formalisme bourgeois », et d’être mis sur les listes noires d’artistes, à côté notamment de CHOSTAKOVITCH. Son monumental opéra Guerre et Paix (1941 – 1943), d’après TOLSTOÏ, ne sera pas monté de son vivant.

Il rentre en grâce en 1951 avec son oratorio La Garde de la Paix, qui lui vaut le prix Staline.

Prokofiev décède à l’âge de 61 ans d’une hémorragie cérébrale le 5 mars 1953, le même jour que Staline, ce qui fait que le monde mettra plusieurs jours à apprendre sa mort.

Outre les œuvres déjà citées, Prokofiev est surtout connu pour sa musique pour piano : 9 sonates et cinq concertos dont le Concerto pour la main gauche, écrit comme celui de RAVEL pour le pianiste Paul WITTGENSTEIN (le frère de l’autre) qui avait perdu son bras droit à la guerre, et encore deux opéras, l’Ange de feu (1922 – 1927) et les Fiançailles au couvent (1940 – 1946).

Prokofiev concerto pour la main gaucheCliquez sur l’image

Opéra et cinéma : Woody ALLEN a illustré son film Guerre et Amour avec des musiques de Prokofiev, notamment l’amour des trois oranges .

Et pour finir ce billet, je vous propose cette Toccata par Yuja WANG :

Prokofiev toccata Wang
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Compositeurs, Compositrices, littérature

Pauline VIARDOT (1821 – 1910)

Figure incontournable de la vie musicale en France au XIXe siècle, Pauline VIARDOT (1821 – 1910), née GARCIA, était cantatrice et compositrice. Issue d’une famille de musiciens, elle était la sœur d’une autre cantatrice célèbre, La Malibran.

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Née le 18 juillet 1821, elle débute comme pianiste (elle était élève de LISZT), mais après la mort de sa sœur en 1836 elle se tourne sur ses traces dès 1837. En 1839 elle fait ses débuts à l’opéra dans l’Otello de ROSSINI. L’année suivante, elle épouse le directeur du Théâtre Italien, Louis VIARDOT. Amie de George SAND et de CHOPIN, elle fréquente le milieu intellectuel parisien, qu’elle reçoit dans son salon. George Sand lui dédiera d’ailleurs son roman Consuelo.

BERLIOZ adaptera à sa voix de mezzo le rôle d’Orphée dans la reprise qu’il fera de l’Orphée et Eurydice de GLUCK et MEYERBEER adaptera pour elle son opéra le Prophète.

Gluck Orphée et Eurydice j'ai perdu mon EurydiceCliquez sur Orphée

Elle fait la connaissance de GOUNOD à Rome quand il est à la villa Médicis. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Paris et Gounod écrit pour elle son opéra Sapho.

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur Sapho

Lors d’un de ses séjours parisiens, TCHAÏKOVSKI la rencontre, et elle lui montre le manuscrit original du Don Giovanni de MOZART.

Comme son ami Liszt, elle fait beaucoup pour aider les jeunes musiciens, et c’est grâce à son aide que MASSENET peut monter son oratorio Marie-Magdeleine, alors que SAINT-SAËNS lui dédie son Samson et Dalila.

Massenet Marie-Magdeleine Ô mes soeursCliquez sur Marie-Magdeleine

Elle a l’occasion de chanter à l’opéra de Saint-Pétersbourg, ce qui lui permettra avec son mari de faire connaître la musique russe en occident. L’écrivain russe TOURGUENIEV tombera ainsi amoureux d’elle en 1843. Il restera ami du couple Viardot pendant quarante ans. Pauline le présentera d’ailleurs à George Sand.

En tant qu’interprète, BRAHMS, SCHUMANN ou FAURÉ ont écrit des mélodies pour elle.

Brahms les Bohémiennes (Viardot)

Quand à partir de 1863 elle perd ses aigus, elle doit quitter les scènes d’opéra, ne chantant plus qu’en privé, et se consacre à l’enseignement et à la composition musicale, écrivant de nombreuses mélodies et opéras.

Polyglotte, elle a écrit des mélodies françaises, des lieder allemands, des chansons espagnoles ou des romances russes. Par exemple, elle a déposé des vers sur les mazurkas de son ami Chopin.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur la célèbre cantatrice

La plupart de ses opéras ont été écrits sur des livrets de son ami Tourguéniev.

Viardot Berceuse cosaqueCliquez sur l’image

En 1870, elle a encore l’occasion de créer la Rhapsodie pour alto de Brahms.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’alto

En 1872, Saint-Saëns introduit le jeune Gabriel FAURÉ dans le salon des Viardot. (Cinq ans plus tard, il y aura un projet de mariage entre Fauré et Marianne, une des filles de Pauline, musicienne comme sa mère.) Fauré dédiera une de ses premières mélodies à Pauline (on trouve une mise en musique de ce même poème dans les Nuits d’été de Berlioz).

Fauré la chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Pauline composera elle-même une mélodie sur ce texte en 1886.

Viardot (Pauline) La chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Opéras : Trop de femmes (opérette) (1867), l’Ogre (1868), l’opérette le dernier Sorcier (1869),

Viardot le dernier SorcierCliquez sur l’image

le Miroir (1869), Cendrillon (1904), La Nuit de la Saint-Sylvestre.

Viardot CendrillonCliquez sur la fée

Pauline Viardot meurt le 18 mai 1910 à Paris.

Compositeurs

Giacomo MEYERBEER (1791 – 1864)

Né Jakob Liebmann Meyer Beer à Berlin le 5 septembre 1791, MEYERBEER est le fils d’un riche banquier israélite. Il accole son troisième prénom à son nom de famille, devenant Meyerbeer, pour pouvoir toucher un héritage.

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Jakob apprend le piano très jeune, notamment auprès de Muzio CLEMENTI, un pianiste proche de BEETHOVEN. Il joue en public dès ses onze ans. Il apprend également la composition au Conservatoire de Berlin et sa première œuvre scénique est créée en 1810. En 1811, il se trouve à Darmstadt pour recevoir l’enseignement de l’abbé VOGLER. Là, il a pour camarade Carl Maria von WEBER, avec qui il devient ami.

Il compose différents opéras et singspiels en allemand. Un de ses opéras, Abimelek (1813) est joué à Stuttgart et connaît plusieurs reprises, sous différents titres, à Vienne, Prague et Dresde (sous la direction de Weber). Devant le peu de succès rencontré par sa musique, et ayant entendu le pianiste virtuose HUMMEL, il entreprend une carrière de pianiste. Il donne des concerts et compose des pièces pour piano qui le font remarquer.

En 1815, il part à Venise, où il assiste à Tancrède de ROSSINI (de six mois son cadet). Ce spectacle est une révélation pour lui, et il commence à écrire des opéras en langue italienne, tel il Crociato in Egitto (Le Croisé en Égypte) (1824) avec un succès qui va croissant.

Meyerbeer Il Crociatto in Egito O tu divina fèCliquez sur l’image

En 1825, il part à Paris, un des foyers de l’opéra en Europe, pour y suivre son maître Rossini. En 1826, il italianise son prénom Jakob en Giacomo. Il se marie en 1826 et a deux enfants, sa production musicale ralentit alors pendant quelques années.

En 1827, avec l’appui de CHERUBINI, il entame une collaboration avec Eugène SCRIBE, un des plus fameux librettistes de son temps. Cette collaboration débute avec Robert le Diable, créé en 1831 à l’Opéra, et qui est un véritable triomphe. Cette œuvre est considérée comme à l’origine du Grand opéra à la française (le Gof), un genre nouveau caractérisé par un drame bâti sur une trame historique, avec des décors grandioses et un ballet obligatoire.

Meyerbeer Robert le diableCliquez sur Robert le diable

Cinq ans après Robert le Diable, ils produiront Les Huguenots (1836) qui sera un nouveau succès triomphal.

Meyerbeer les HuguenotsCliquez sur Marguerite de Valois

En 1842, il retourne en Allemagne (en Prusse) où il est nommé Directeur général de la musique à Berlin, puis prend la place de SPONTINI à la tête de l’Opéra de Berlin. Il y monte Euryanthe de Weber et Rienzi et Le Vaisseau Fantôme de WAGNER.

Il revient à Paris en 1847, où il connaît le succès avec Le Prophète (1849), un ouvrage laissé en chantier et qu’il a repris pour Pauline VIARDOT.

Meyerbeer le Prophète Ah mon filsCliquez sur l’image

Connaissant des ennuis de santé, il passe désormais ses automnes à Spa. Ses œuvres suivantes connaissent moins de succès (l’Étoile du Nord [1854], Dinorah, ou le Pardon de Ploërmel [1859]).

Meyerbeer l'Étoile du Nord C'est bien l'air que chaque matin

Il reprend L’Africaine qu’il achève en 1864. Il meurt pendant les répétitions, le 2 mai 1864, et ne verra pas la création de cet ouvrage en 1865.

Meyerbeer l'AfricaineCliquez sur l’image

Son étoile pâlit alors, remplacée par celles de Wagner et de VERDI, qui développeront le Grand Opéra qu’il a contribué à instaurer.

Gastronomie et opéra : Le nom de Meyerbeer est resté associé aux œufs sur le plat Meyerbeer.


Compositeurs, littérature, Religion

POULENC MYSTIQUE

Je vous en parlais il n’y a guère, Francis POULENC a écrit un très beau Stabat Mater. Mais il a aussi écrit un Ave Maria, un Salve Regina, les liturgies à la Vierge noire (de Rocamadour), et encore, à la fin de sa vie, un Gloria.
Poulenc, ami des poètes et des peintres (APOLLINAIRE, ÉLUARD, Max JACOB, PICASSO) a commencé dans le Paris bohème des années 1920, mettant en musique les poèmes de ses amis. En 1936, il est frappé par la foi en voyant la statue de la Vierge noire de Rocamadour. Dès lors, il se consacrera aussi bien à l’écriture de musique religieuse que de musique profane.

En 1936, donc, il écrit les sublimes Litanies à la Vierge noire.

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En 1939, il publie les Quatre motets pour un temps de pénitence, destinés à être chantés pendant la semaine sainte.

Poulenc 4 motets pour un temps de pénitenceCliquez sur l’image

En 1941, c’est le Salve Regina.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur la partition

En 1950, il publie son magnifique Stabat Mater.

Poulenc Stabat MaterCliquez sur l’image

En 1952, il écrit une nouvelle série de 4 motets, pour le temps de Noël cette fois :

Poulenc 4 motets pour le temps de Noël O magnum MysteriumCliquez sur la Maîtrise de RadioFrance

En 1959, c’est le majestueux Gloria et en 1961 les Sept Répons des ténèbres.

Poulenc GloriaCliquez sur l’image

En 1955, il porte à l’opéra Dialogues des Carmélites de Georges BERNANOS. Il y introduit un Ave Maria dans la scène où l’aumônier du couvent, chassé par la terreur révolutionnaire, vient de faire ses adieux aux religieuses. Il termine surtout son œuvre par un bouleversant Salve Regina, entonné par les sœurs qui s’avancent vers l’échafaud et se taisent, une à une.

Poulenc Dialogue des Carmélites Final et Salve ReginaCliquez sur la scène finale du dialogue des Carmélites

Cinéma, Compositeurs, littérature, Shakespeare, Théâtre

Antonio SALIERI (1750 – 1825)

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Antonio SALIERI ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

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Né dans la région de Vérone le 18 août 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Venise. En 1766, il suit son professeur à Vienne où il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est nommé compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra, les Danaïdes, sous son propre nom, avant de révéler que Salieri en est l’auteur.

Parmi ses élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Salieri était à Vienne en même temps que Mozart, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles de Wolfgang Amadeus. En fait, Salieri admirait l’œuvre de son cadet. Il a écrit plusieurs opéras sur des livrets de Lorenzo DA PONTE, et il a confié à Mozart le livret du Cosi fan Tutte que Da Ponte avait écrit pour lui, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner ce dernier. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Mozart et Salieri (1830), reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1898).

Rimsky-Korsakov Mozart et SalieriCliquez sur l’image

Au XXe siècle, Peter SCHAFFER en a fait une pièce, Amadeus, brillamment portée à l’écran par Milos FORMAN.

Forman Amadeus affiche

Ne cliquez par sur l’affiche

Parmi les nombreux opéras de Salieri, on peut citer un Don Quichotte (Don Chisciotte alle nozze di Gamace) (1771) d’après CERVANTES,

Salieri Don QuichotteCliquez sur l’image

un Armida (1771) d’après Le TASSE,

Salieri ArmidaCliquez sur l’image

la Locandiera d’après GOLDONI,

Salieri la LocandieraCliquez sur l’image

Semiramide sur un livret de Métastase et les Horaces (1786), d’après CORNEILLE,

Salieri les horacesCliquez sur l’image

Tarare (1787) sur un livret de BEAUMARCHAIS,

Salieri tarareCliquez sur l’image

ou encore Falstaff (1799) d’après SHAKESPEARE.

Salieri FalstaffCliquez sur l’image

Avec le XIXe siècle, Salieri se consacre à de la musique pour son employeur, l’empereur François II, et à de la musique religieuse (Te Deum, Requiem). Il tombe malade en 1820, prend sa retraite et meurt le 7 mai 1825.

Compositeurs

André Ernest Modeste GRÉTRY (1741 – 1813)

André Ernest Modeste est né à Liège le 8 février 1741. Son père est violoniste à l’église Saint-Denis de Liège, église où GRÉTRY devient enfant de chœur.

Il fait partie de ces compositeurs extrêmement célèbres à leur époque et qui ne sont plus aujourd’hui joués qu’occasionnellement.

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Auteur d’une messe à 18 ans, Grétry reçoit une bourse pour aller étudier à Rome, où il part en 1760. Il y compose six quatuors à cordes. Il quitte l’Italie en 1766 pour Genève, où il donne des cours de musique. Là, il a l’occasion d’écouter des œuvres françaises. Il se trouve donc au cœur de l’opposition entre l’école italienne et l’école française, peu après la querelle des Bouffons. Il fait la connaissance de VOLTAIRE qui le pousse à venir à Paris.

Il arrive à Paris en 1767, sous le règne de Louis XV. Il commence une collaboration avec MARMONTEL, qui débute avec Le Huron (1768), d’après l’Ingénu de Voltaire. Cette pièce conduit immédiatement Grétry au succès. Suivra, toujours avec Marmontel avec qui il travaille jusqu’en 1777, Zémire et Azor (1771) qui a un succès tel qu’il obtient une rente royale.

Grétry Zémire et AzorCliquez sur l’image

En 1773 Céphale et Procris est donné à l’Académie Royale de Musique.

Grétry Céphale et ProcrisCliquez sur l’image

(Qu’il me soit permis ici d’évoquer un souvenir personnel puisque c’est avec cette œuvre que j’ai eu la seule occasion de ma vie de chanter sur la scène de l’Opéra-Comique à Paris.)

1773 est également l’année de composition du Magnifique, d’après La FONTAINE.

Auteur prolifique, il compose en 1776 un Pygmalion, d’après les Métamorphoses d’OVIDE, un Andromaque d’après Racine en 1780, un Électre d’après EURIPIDE en 1782 et un Amphitryon d’après MOLIÈRE en 1786.

En 1783, il avait écrit son « opéra égyptien« , la Caravane du Caire. En 1789, c’est Raoul Barbe-bleue.

Grétry la Caravane du CaireCliquez sur la pochette du disque

Le goût prononcé de Marie-Antoinette pour les opéras comiques donne l’occasion à Grétry de se faire une place à la cour, et il devient maître de clavecin de la reine. Il écrit en 1784 ce qui est considéré comme son chef d’œuvre : Richard Cœur de Lion (dont un des airs, « Je sens mon cœur qui bat », sera repris par TCHAÏKOVSKI dans La Dame de Pique).

Grétry Richard cœur de lion je crains de lui parler la nuitCliquez sur la version originale de « Je sens mon cœur qui bat »

Il perd ses trois filles et se retire petit à petit de la vie musicale parisienne, pour se consacrer à la littérature.

En 1791, il compose encore un Guillaume Tell.

Grétry Guillaume Tell ouvertureCliquez sur l’image

En 1795, à la création de l’Institut de France, il représente la musique dans les classes des Beaux-Arts, avec MÉHUL et GOSSEC.

En 1802, Napoléon le décore de la Légion d’honneur.

Il finit par se retirer dans l’Ermitage de J.J.Rousseau qu’il a racheté après la mort de celui-ci à Montmorency, et où il meurt le 24 septembre 1813. On lui fait des funérailles nationales.

(source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard 1992)

Compositeurs, Compositrices

LILI BOULANGER (1893 – 1918)

Lili Boulanger

Triste destin que celui de Lili BOULANGER, morte à 24 ans alors que commençait pour elle une carrière qui l’aurait placée aux premiers rangs des compositeurs et compositrices du XXe siècle. En effet, elle est atteinte très jeune d’une maladie des poumons qui la laissera toujours faible et l’emportera à l’âge de 24 ans.

Née à Paris le 21 août 1893 dans une famille d’artistes, son père était professeur au Conservatoire de Paris et sa mère cantatrice, elle grandit naturellement dans un milieu musical où figurent Gounod, Massenet ou Fauré. Sa sœur aînée est Nadia Boulanger, également compositrice et surtout extraordinaire pédagogue de la musique, qui a vu passer dans sa classe tout ce que le monde a pu connaître comme compositeurs pendant quelques décennies !

À six ans, Lili sait lire les partitions et commence à apprendre l’harmonie. Polyinstrumentiste, elle apprend le piano, le violon, le violoncelle et la harpe, tout en commençant à écrire quelques pièces musicales.

À seize ans, elle choisit sa voie, elle sera compositrice.

À dix-neuf ans, elle remporte le Grand Prix de Rome, devenant la première femme à remporter ce prestigieux prix, et la plus jeune lauréate. Son sujet : une cantate sur le second livre de Faust de Goethe, Faust et Hélène. (Et encore, elle a dû renoncer à concourir l’année précédente, à cause de son état de santé !)

Lili Boulanger Faust et HélèneCliquez sur l’image

Elle part donc à la villa Médicis début 1914, mais n’y restera pas les trois ans « réglementaires » de sa résidence d’artiste. Malade, elle rentre en France en 1916.

Au cours de sa brève carrière, elle écrira des pièces pour piano,

Lili Boulanger pianoCliquez sur le pianiste

de la musique chorale et des cantates,

Lili Boulanger Du Fond de l'abîme (psaume 130)Cliquez sur l’image

Lili Boulanger hymne au soleilCliquez sur l’Hymne au soleil

des mélodies,

Lili boulanger Reflets (mélodie)Cliquez sur l’image

de la musique de chambre,

Lili Boulanger Nocturne violon pianoCliquez sur le nocturne pour violon et piano

et laissera inachevé un opéra, la Princesse Maleine, d’après l’œuvre de Maeterlinck.

En 1918, elle dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre à sa sœur Nadia : Pie Jesu. Lili Boulanger meurt le 15 mars 1918, quelques jours avant Claude Debussy.

Lili Boulanger Pie JesuCliquez sur le Pie Jesu

Retrouvez un autre article où je vous ai présenté de la musique composée par Lili Boulanger.

Ondines et naïades.

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017)

Retrouvez d’autres compositeurs (et bientôt d’autres compositrices) chroniqués sur ce blog.

Compositrices, Fantaisie, Oulipo

QUELQUES AUTRES HAÏKAÏS (3e SÉRIE)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Voici donc une troisième livraison de haïkaïs, dont certains écrits par vous (merci, merci, merci.)

Sur un haïkaï de John DUFF

Dans cet air très beau

Pretty s’est mise à chanter

Elle m’a fait pleurer

Verdi la Traviata Pretty Yende

Sur un haïkaï, en anagramme de confinement, réalisé dans le cadre du challenge #haikuchallenge

Ce confit ne ment

Et finement ne t’enfonce

En ce net moment

Alfano Cyrano (avec Placide Domingue)Cliquez sur l’image

Sur un hommage à JANKÉLÉVITCH

FAURÉ – DEBUSSY

Wladimir Jankélévitch

RIMSKI-KORSAKOV

Fauré Après un rêve

Sur un haïkaï de Marie-Anne

Vaisselle en musique

Concerto pour violon et

Torchon à carreaux

Beethoven concerto pour violon 3e mvtCliquez sur l’image

Sur une proposition de Philippe :

Chant de la sirène

Sur la plage désertée

Elle attend l’été

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Luciole

Beauté de Psyché

Cupidon est en émoi

Décoche une flèche

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Citations :
Concerto pour violon : Troisième mouvement du concerto pour violon de BEETHOVEN. (Pour ce mouvement, Beethoven a repris un chant révolutionnaire français, « Mieux vaut la mort que l’esclavage, c’est la devise des français ».)
Pretty s’est mise à chanter : La soprano Pretty YENDE s’est récemment illustrée dans la Traviata de VERDI. (Vous pourrez voir sa Traviata samedi 9 mai sur la 5.)
Ce confit ne ment : Pour illustrer cette terre du confit (d’oie ou de canard), j’ai choisi Cyrano de Bergerac de Franco ALFANO (celui-là même qui a achevé la partition de Turandot de PUCCINI.)
Fauré : Laissons-nous emporter par sa mélodie « Après un rêve ».
Chant de la sirène : Pour illustrer ce chant de la sirène, j’ai choisi « les Sirènes », une pièce de Lili BOULANGER, grande compositrice morte trop jeune.
Psyché : Je vous propose d’écouter un extrait de Psyché, de LULLY.
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