Compositeurs, histoire

Nicolas MÉHUL (1763 – 1817)

Méhul par Adrian

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Étienne Nicolas Méhul est né à Givet dans les Ardennes le 22 juin 1763. Formé par les franciscains de Givet, il gagne Paris en 1779 avec une lettre de recommandation pour Gluck. Pour le resituer dans l’histoire musicale, il était quasi contemporain de Beethoven (1770 – 1827).

Il commence sa carrière musicale par des adaptations d’airs d’opéras populaires. À vingt ans, il publie sa première partition, un recueil de trois sonates pour piano-forte. Un deuxième recueil paraît cinq ans plus tard, en 1788.

Méhul sonate opus 1 n 3Cliquez sur le pianiste

Encouragé par Gluck, il se tourne vers l’opéra et entreprend son premier ouvrage lyrique, Cora, en 1785, mais celui-ci n’est créé qu’en 1791. Sa première œuvre dramatique montée sur scène est Euphrosine (1790).

En parallèle de cette activité lyrique, la carrière de Méhul se déploie sous la révolution avec sa collaboration aux fêtes civiques, par différentes pièces patriotiques, dont le fameux Chant du départ (1794) ou encore le Chant national du 14 juillet 1800, écrit à la demande de Bonaparte.

Méhul le Chant du départCopier l’image

Ces travaux lui vaudront les honneurs de l’Institut de France, puis un poste d’inspecteur au Conservatoire de Paris à la création de celui-ci en 1795. avec Grétry et Gossec.

En 1797, il écrit le jeune Henri (ou la Chasse du jeune Henri), sur un livret de Bouilly. Bouilly est resté dans l’histoire de l’opéra par sa pièce Léonore, ou l’amour conjugal (1798), qui inspirera Beethoven pour son Fidelio.

Méhul le jeune Henri ouvertureCliquez sur l’image

Méhul écrit une trentaine d’opéras, dont l’Irato (1801), une réponse au premier consul qui prétendait que l’opéra bouffe était réservé à l’Italie. Méhul écrira donc un faux opéra italien, et ne dévoilera qu’il en était l’auteur qu’après que celui-ci eut remporté le succès. En 1806, il écrit Uthal, d’après les écrits apocryphes de Mac Pherson sur les poésies d’Ossian.

mehuk uthalCliquez sur l’image

Son plus grand succès restera l’opéra biblique Joseph (1807) qui connaît un grand triomphe y compris en Allemagne et en Italie.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur Joseph et Jacob

Napoléon apprécie son œuvre, mais ceci n’aura pas d’influence sur sa carrière à la Restauration, et il sera nommé au conservatoire de Paris en 1816. Outre sa production d’opéras et d’œuvres patriotiques, Méhul est également l’auteur de cinq symphonies.

Méhul meurt de la tuberculose à Paris le 18 octobre 1817.

Compositrices, Jazz, Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (6 JANVIER)

L’épiphanie est une fête chrétienne qui a lieu, traditionnellement, le 6 janvier (ou le premier dimanche de janvier). Dans la culture populaire, ce sont les rois mages, venus d’Orient et guidés par une étoile, pour saluer l’Enfant-Jésus qui vient de naître.

Ce qu’on appelle l’étoile du berger, un des objets célestes les plus brillants du ciel nocturne, est en fait une planète. Il s’agit de Vénus, la deuxième planète du système solaire. Sa proximité avec le soleil fait qu’on ne la voit qu’au lever et au coucher de celui-ci. Au milieu de la nuit, étant proche du soleil, elle est donc cachée en même temps que lui, et au milieu du jour, sa clarté est éclipsée par celle du soleil.

Vénus, c’est évidemment la déesse de l’Amour (Aphrodite chez les Grecs). C’est pour s’être réfugié chez elle que Tannhäuser, dans l’opéra de WAGNER, est rejeté par les hommes. Amusamment, dans cet opéra, on retrouve à la fois son côté pécheresse dans la « bacchanale » qui ouvre le premier acte, et son côté poétique dans la « romance à l’étoile » que Walter chante au 3e acte.

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au mont de Vénus

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur l’image

Mais revenons aux rois mages suivant leur étoile. BIZET s’est inspiré d’un vieux chant provençal pour sa « Marche des Rois », dans la musique qu’il a composée pour la pièce L’Arlésienne de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne (Stutzmann)Cliquez sur l’orchestre et sa cheffe

Pour rester sur le thème de l’épiphanie, écoutons l’opéra jazz de COSMA Marius et Fanny, d’après PAGNOL.

Cosma Marius et FannyCliquez sur Marius et pis Fanny

Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius. Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon.

Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de LA COSTE (1728) à Kaija SAARIHAO (2002).

Orion de de LA COSTE (1728)

de La Coste OrionCliquez sur la partition

Saariaho OrionCliquez sur les percussionnistes

Retrouvez prochainement d’autres histoires liées aux étoiles, constellations et héros de la mythologie, mais en attendant, je ne peux résister au plaisir de vous offrir « E lustevan le stelle », de la Tosca de PUCCINI. Le héros, Cavaradossi, au matin qui précède son exécution, voit le jour se lever sur Rome, et les étoiles s’éteindre dans le ciel.

Puccini Tosca E lucevan le stelleCliquez sur Cavaradossi

Cliquez sur Cavaradossi

Point d'interrogationCliquez sur le bonus (habilement) caché

Et retrouvez une autre série d’éoiles à l’opéra en cliquant sur le lien.

Compositrices, Divers

LES ANNIVERSAIRES DE 2021 – Partie 1 – les compositeurs et les opéras

Après les anniversaires de 2020, voyons quels anniversaires nous pourrons célébrer en 2021 (ou quelques événements que nous pourrons commémorer) :

Dans la catégorie « compositeurs » sont nommé(e)s :

Pauline VIARDOT, née il y 200 ans.

Viardot deux mélodiesCliquez sur Pauline Viardot

Daniel François esprit AUBER, qui est décédé il y a 150 ans.

Auber Manon Lescaut C'est l'histoire amoureuseCliquez sur Manon Lescaut

Alexandre ZEMLINSKY (1871 – 1942) né il y a 150 ans.

Zemlinsky Der Zwerg (le Nain)Cliquez sur la scène de l’opéra de Lille

Clara SCHUMANN (1819 – 1896) dont on commémorera le 26 mai le 125e anniversaire du décès.

Clara Schumann 3 Fugues sur des thèmes de BachCliquez sur l’orchestre

Camille SAINT-SAËNS (1835 – 1921) dont on commémorera le centième anniversaire du décès.

Saint-Saëns Symphonie avec orgue finalCliquez sur les grandes orgues illuminées

Et enfin Igor STRAVINSKY qui est mort il y a 50 ans.

Stravinsky 3 mvts de Pétrouchka pour pianoNe cliquez pas sur la pianiste

Dans la catégorie « opéra » sont nommés :

Psyché de LULLY, créé il y a 350 ans, en 1671.

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Zémire et Azor de GRÉTRY, créé il a 250 ans, en 1771.

Grétry Zémire et Azor la FauvetteCliquez sur l’image

Le Freischütz de WEBER créé il y a 200 ans, en 1821.

Weber Der Freischütz OuvertureCliquez sur l’orchestre

Il y a 150 ans, en 1871, on a pu assister à la création de

Siegfried de WAGNER

Wagner Siegfried l'oiseau de la forêtCliquez sur Siegfried et l’oiseau de la forêt

ainsi qu’Aïda de VERDI

Verdi Aïda O terra, addioCliquez sur Radamès et Aïda dans la nuit de leur tombeau

Il y a 100 ans, c’était les créations de

Katia Kabanova de JANACEK (1919 – 1921)

Janacek KAtia KabanovaCliquez sur Katia et Tychon

L’Amour des 3 oranges de PROKOFIEV

PRokofiev l'Amour des 3 oranges marcheCliquez sur les cuivres de l’orchestre

et les Mariés de la Tour Eiffel, par le Groupe des six (moins un).

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur l’image

Ne manquez pas, prochainement sur ce blog, la suite des événements à célébrer ou commémorer en 2021, avec les musiques qui ne sont pas de l’opéra mais que j’aime bien quand même, et les écrivains dont les œuvres ont suscité moult opéras.

Et retrouvez ici les anniversaires de 2022.

Compositrices, littérature, Poésie

Louise BERTIN (1805 – 1877)

Née le 15 février 1805 près de Paris, Louise BERTIN était la fille de Louis-François BERTIN, directeur du Journal des débats, un titre important au début du XIXe siècle et de Geneviève-Aimée-Victoire BOUTARD, pianiste qui lui donnera ses premières leçons de musique. La famille Bertin vivait donc dans un milieu culturel riche (INGRES faisait partie de leurs amis et a réalisé leurs portraits).

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La petite Louise, victime de séquelles d’une poliomyélite (elle marchait avec des béquilles, et était surnommée « la boiteuse ») se forme à la musique auprès des maîtres de son époque, FÉTIS et REICHA, Reicha qui avait eu pour élèves non moins que BERLIOZ et LISZT.

Dès ses vingt ans, elle compose deux opéras comiques Guy Mannering (1825), d’après Walter SCOTT et le très gothique Loup-garou (1827), ainsi qu’un opéra, Fausto (1831), d’après le Faust de GOETHE.

En 1836, elle compose pour l’Académie royale de musique son œuvre la plus marquante, la Esmeralda, d’après Notre Dame de Paris, dont le livret est rédigé par Victor HUGO lui-même (c’est le seul livret d’opéra que composera VH, qui par ailleurs lui dédiera un des poèmes des Chants du Crépuscule). Hélas, la situation et les querelles politiques font que cette œuvre tombe rapidement, non pas pour des raisons musicales, mais par hostilité envers Louis Bertin et les positions politiques conservatrices qu’il défendait dans le Journal des débats. Et pourtant Berlioz, qui a dirigé les répétition d’Esmeralda, reconnaît une grande œuvre dans Esmeralda, alors que Liszt en fera la transcription complète pour voix et piano ! Les adversaires de Bertin, dont Alexandre DUMAS, iront même jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz.

Bertin la EsmeraldaCliquez sur le disque

Après cet échec, elle ne composera plus que très peu, quelques mélodies, des ballades pour piano, des fantaisies de chambre.

Revenons brièvement à Berlioz pour souligner qu’il a dédicacé ses Nuits d’été à Louise Bertin.

Berlioz Nuits d'été AbsenceCliquez sur l’image

Bertin mélodie Ah dors en paix mon bel enfantCliquez sur le disque

Elle se consacre dès lors à la poésie et publiera deux recueils, récompensés par l’Académie française. Son poème « Si la mort est le but » a été mis en musique par GOUNOD.

Gounod (Bertin) Si la mort est le but.Cliquez sur le disque

Louise Bertin meurt à Paris le 26 avril 1877.

Bande dessinée, Compositrices, littérature, Mythologie, Théâtre

ALCESTE (et ADMÈTE)

Avant que d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines de confiture dans Le Petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY, Alceste était une tragédie d‘EURIPIDE. Sa trame a inspiré beaucoup d’opéras, dont bon nombre se sont dissipés dans les méandres du temps et de l’oubli.

Le pitch : La tragédie d’Euripide peut être résumée ainsi – Admète, roi de Thessalie, est en train de livrer son dernier combat, celui contre la mort. Apollon, qui avait trouvé refuge chez lui après avoir été chassé de l’Olympe pour avoir tué les Cyclopes, a obtenu des trois Parques qu’à l’heure de sa mort, Admète puisse rester en vie si une personne se dévoue pour mourir à sa place. Sa femme Alceste se sacrifie pour lui et meurt. Hercule, l’ami d’Admète parvient à arracher Alceste à la mort et à la rendre à son époux (d’après CALZABIGI, le librettiste de GLUCK pour la version italienne).

Parmi les adaptations à l’opéra de ce mythe figure l’Antigona delusa da Alceste, de AURELIS, dont HAENDEL se servira pour son Admeto re di Tessaglia (1727).

Haendel Admeto, Re di TessagliaCliquez sur l’image

Dans les versions encore jouées de nos jours figurent l’Alceste de LULLY (1673), et celles de Gluck (version italienne en 1767 et version française en 1776).

Lully Alceste Alceste vous pleurezCliquez sur l’image

Par rapport à la version italienne, relativement fidèle à Euripide, la version française a été très resserrée sur les drames intérieurs d’Alceste et de son mari Admète, ce qui n’a pas contribué au succès de cette œuvre. Peu de temps après, on a rajouté le personnage d’Hercule (présent chez Euripide) pour pimenter un peu l’action et la rendre plus agréable au public, mais c’est GOSSEC (un des maîtres de BERLIOZ), qui a fait ces rajouts ultérieurs dans la partition de Gluck.

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur Alceste

Au XXe siècle, on peut encore noter l’Alceste (Alkestis) (1922) de BOUGHTON et celui de WELLESZ (1924) sur un livret de Hugo von HOFMANNSTHAL.

Boughton Alceste (Alkestis)Cliquez sur Rutland Boughton

En 1960 encore, la compositrice Vivian FINE écrira l’œuvre pour orchestre en quatre mouvements Alcestis.

Fine AlcestisCliquez sur l’image

Un très grand merci à l’ami Totor Berlioz qui m’a donné l’idée de ce billet (il a consacré de très belles pages à l’Alceste de Gluck dans son ouvrage À travers chant).

Animation 1, Cinéma, Compositeurs, littérature, Politique, Woody Allen

Sergeï PROKOFIEV (1891 – 1953)

Né en Ukraine le 23 avril 1891, Sergeï (Serge) PROKOFIEV est issu d’une famille modeste. Il est initié très jeune à la musique par sa mère, et donne son premier opéra à l’âge de 9 ans !

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Génie précoce, à 12 ans, il a déjà écrit 4 opéras, une symphonie et 2 sonates.

Il entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg en 1904 où il a pour professeurs RIMSKY-KORSAKOV et LIADOV. Il obtient un grand prix de piano en 1913 en jouant son propre Concerto n°1.

En 1908, il collabore aux soirées musicales de DIAGHILEV à Moscou, où il rencontre STRAVINSKY et DEBUSSY.

En 1915, il écrit des ballets pour les ballets russes de Diaghilev, dont Chout le bouffon créé en 1921 et Ala et Lolli, un ballet qui ne sera finalement jamais monté et dont il tirera la Suite scythe.

Prokofiev suite ScytheCliquez sur le chef d’orchestre

En 1917, il écrit la Symphonie Classique, brillante parodie des symphonies classiques. Il écrit aussi un opéra, Le Joueur, une commande d’après le roman de DOSTOÏEVSKI qui n’aboutit pas.

Prokofiev Symphonie classiqueCliquez sur la cheffe d’orchestre

À la suite de la révolution de 1917, Prokofiev part en exil de 1918 à 1933.

Arrivé en Amérique, les créations américaines de son Concerto de piano et de la Suite scythe connaissent un tel succès que l’Opéra de Chicago lui commande un opéra. Ce sera L’amour des trois oranges écrit en 1919 et créé à Chicago en 1921.

Après l’Amérique, il s’installe à Paris où il révise Chout et où il achève son 3e Concerto de piano.

Prokofiev 3e concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

En 1933, il décide de revenir en URSS, et il compose de la musique labellisée soviétique. Il écrit son ballet Roméo et Juliette (1935).

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur l’image

En 1936, il écrit le célèbre conte pour enfants Pierre et le Loup.

Prokofiev Pierre et le loupCliquez sur Pierre

Il fait la connaissance du cinéaste Sergeï EISENSTEIN, pour qui il écrit les musiques d’Alexandre Nevski (1938) et Ivan le Terrible (1946). Ceci ne l’empêche pas d’être accusé de « formalisme bourgeois », et d’être mis sur les listes noires d’artistes, à côté notamment de CHOSTAKOVITCH. Son monumental opéra Guerre et Paix (1941 – 1943), d’après TOLSTOÏ, ne sera pas monté de son vivant.

Il rentre en grâce en 1951 avec son oratorio La Garde de la Paix, qui lui vaut le prix Staline.

Prokofiev décède à l’âge de 61 ans d’une hémorragie cérébrale le 5 mars 1953, le même jour que Staline, ce qui fait que le monde mettra plusieurs jours à apprendre sa mort.

Outre les œuvres déjà citées, Prokofiev est surtout connu pour sa musique pour piano : 9 sonates et cinq concertos dont le Concerto pour la main gauche, écrit comme celui de RAVEL pour le pianiste Paul WITTGENSTEIN (le frère de l’autre) qui avait perdu son bras droit à la guerre, et encore deux opéras, l’Ange de feu (1922 – 1927) et les Fiançailles au couvent (1940 – 1946).

Prokofiev concerto pour la main gaucheCliquez sur l’image

Opéra et cinéma : Woody ALLEN a illustré son film Guerre et Amour avec des musiques de Prokofiev, notamment l’amour des trois oranges .

Et pour finir ce billet, je vous propose cette Toccata par Yuja WANG :

Prokofiev toccata Wang
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Compositeurs, Compositrices, littérature

Pauline VIARDOT (1821 – 1910)

Figure incontournable de la vie musicale en France au XIXe siècle, Pauline VIARDOT (1821 – 1910), née GARCIA, était cantatrice et compositrice. Issue d’une famille de musiciens, elle était la sœur d’une autre cantatrice célèbre, La Malibran.

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Née le 18 juillet 1821, elle débute comme pianiste (elle était élève de LISZT), mais après la mort de sa sœur en 1836 elle se tourne sur ses traces dès 1837. En 1839 elle fait ses débuts à l’opéra dans l’Otello de ROSSINI. L’année suivante, elle épouse le directeur du Théâtre Italien, Louis VIARDOT. Amie de George SAND et de CHOPIN, elle fréquente le milieu intellectuel parisien, qu’elle reçoit dans son salon. George Sand lui dédiera d’ailleurs son roman Consuelo.

BERLIOZ adaptera à sa voix de mezzo le rôle d’Orphée dans la reprise qu’il fera de l’Orphée et Eurydice de GLUCK et MEYERBEER adaptera pour elle son opéra le Prophète.

Gluck Orphée et Eurydice j'ai perdu mon EurydiceCliquez sur Orphée

Elle fait la connaissance de GOUNOD à Rome quand il est à la villa Médicis. Quelques années plus tard, ils se retrouvent à Paris et Gounod écrit pour elle son opéra Sapho.

Gounod Sapho Ô ma lyre immortelleCliquez sur Sapho

Lors d’un de ses séjours parisiens, TCHAÏKOVSKI la rencontre, et elle lui montre le manuscrit original du Don Giovanni de MOZART.

Comme son ami Liszt, elle fait beaucoup pour aider les jeunes musiciens, et c’est grâce à son aide que MASSENET peut monter son oratorio Marie-Magdeleine, alors que SAINT-SAËNS lui dédie son Samson et Dalila.

Massenet Marie-Magdeleine Ô mes soeursCliquez sur Marie-Magdeleine

Elle a l’occasion de chanter à l’opéra de Saint-Pétersbourg, ce qui lui permettra avec son mari de faire connaître la musique russe en occident. L’écrivain russe TOURGUENIEV tombera ainsi amoureux d’elle en 1843. Il restera ami du couple Viardot pendant quarante ans. Pauline le présentera d’ailleurs à George Sand.

En tant qu’interprète, BRAHMS, SCHUMANN ou FAURÉ ont écrit des mélodies pour elle.

Brahms les Bohémiennes (Viardot)

Quand à partir de 1863 elle perd ses aigus, elle doit quitter les scènes d’opéra, ne chantant plus qu’en privé, et se consacre à l’enseignement et à la composition musicale, écrivant de nombreuses mélodies et opéras.

Polyglotte, elle a écrit des mélodies françaises, des lieder allemands, des chansons espagnoles ou des romances russes. Par exemple, elle a déposé des vers sur les mazurkas de son ami Chopin.

Chopin Viardot Mazurka Hai LuliCliquez sur la célèbre cantatrice

La plupart de ses opéras ont été écrits sur des livrets de son ami Tourguéniev.

Viardot Berceuse cosaqueCliquez sur l’image

En 1870, elle a encore l’occasion de créer la Rhapsodie pour alto de Brahms.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’alto

En 1872, Saint-Saëns introduit le jeune Gabriel FAURÉ dans le salon des Viardot. (Cinq ans plus tard, il y aura un projet de mariage entre Fauré et Marianne, une des filles de Pauline, musicienne comme sa mère.) Fauré dédiera une de ses premières mélodies à Pauline (on trouve une mise en musique de ce même poème dans les Nuits d’été de Berlioz).

Fauré la chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Pauline composera elle-même une mélodie sur ce texte en 1886.

Viardot (Pauline) La chanson du pêcheurCliquez sur l’image

Opéras : Trop de femmes (opérette) (1867), l’Ogre (1868), l’opérette le dernier Sorcier (1869),

Viardot le dernier SorcierCliquez sur l’image

le Miroir (1869), Cendrillon (1904), La Nuit de la Saint-Sylvestre.

Viardot CendrillonCliquez sur la fée

Pauline Viardot meurt le 18 mai 1910 à Paris.

Compositeurs

Giacomo MEYERBEER (1791 – 1864)

Né Jakob Liebmann Meyer Beer à Berlin le 5 septembre 1791, MEYERBEER est le fils d’un riche banquier israélite. Il accole son troisième prénom à son nom de famille, devenant Meyerbeer, pour pouvoir toucher un héritage.

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Jakob apprend le piano très jeune, notamment auprès de Muzio CLEMENTI, un pianiste proche de BEETHOVEN. Il joue en public dès ses onze ans. Il apprend également la composition au Conservatoire de Berlin et sa première œuvre scénique est créée en 1810. En 1811, il se trouve à Darmstadt pour recevoir l’enseignement de l’abbé VOGLER. Là, il a pour camarade Carl Maria von WEBER, avec qui il devient ami.

Il compose différents opéras et singspiels en allemand. Un de ses opéras, Abimelek (1813) est joué à Stuttgart et connaît plusieurs reprises, sous différents titres, à Vienne, Prague et Dresde (sous la direction de Weber). Devant le peu de succès rencontré par sa musique, et ayant entendu le pianiste virtuose HUMMEL, il entreprend une carrière de pianiste. Il donne des concerts et compose des pièces pour piano qui le font remarquer.

En 1815, il part à Venise, où il assiste à Tancrède de ROSSINI (de six mois son cadet). Ce spectacle est une révélation pour lui, et il commence à écrire des opéras en langue italienne, tel il Crociato in Egitto (Le Croisé en Égypte) (1824) avec un succès qui va croissant.

Meyerbeer Il Crociatto in Egito O tu divina fèCliquez sur l’image

En 1825, il part à Paris, un des foyers de l’opéra en Europe, pour y suivre son maître Rossini. En 1826, il italianise son prénom Jakob en Giacomo. Il se marie en 1826 et a deux enfants, sa production musicale ralentit alors pendant quelques années.

En 1827, avec l’appui de CHERUBINI, il entame une collaboration avec Eugène SCRIBE, un des plus fameux librettistes de son temps. Cette collaboration débute avec Robert le Diable, créé en 1831 à l’Opéra, et qui est un véritable triomphe. Cette œuvre est considérée comme à l’origine du Grand opéra à la française (le Gof), un genre nouveau caractérisé par un drame bâti sur une trame historique, avec des décors grandioses et un ballet obligatoire.

Meyerbeer Robert le diableCliquez sur Robert le diable

Cinq ans après Robert le Diable, ils produiront Les Huguenots (1836) qui sera un nouveau succès triomphal.

Meyerbeer les HuguenotsCliquez sur Marguerite de Valois

En 1842, il retourne en Allemagne (en Prusse) où il est nommé Directeur général de la musique à Berlin, puis prend la place de SPONTINI à la tête de l’Opéra de Berlin. Il y monte Euryanthe de Weber et Rienzi et Le Vaisseau Fantôme de WAGNER.

Il revient à Paris en 1847, où il connaît le succès avec Le Prophète (1849), un ouvrage laissé en chantier et qu’il a repris pour Pauline VIARDOT.

Meyerbeer le Prophète Ah mon filsCliquez sur l’image

Connaissant des ennuis de santé, il passe désormais ses automnes à Spa. Ses œuvres suivantes connaissent moins de succès (l’Étoile du Nord [1854], Dinorah, ou le Pardon de Ploërmel [1859]).

Meyerbeer l'Étoile du Nord C'est bien l'air que chaque matin

Il reprend L’Africaine qu’il achève en 1864. Il meurt pendant les répétitions, le 2 mai 1864, et ne verra pas la création de cet ouvrage en 1865.

Meyerbeer l'AfricaineCliquez sur l’image

Son étoile pâlit alors, remplacée par celles de Wagner et de VERDI, qui développeront le Grand Opéra qu’il a contribué à instaurer.

Gastronomie et opéra : Le nom de Meyerbeer est resté associé aux œufs sur le plat Meyerbeer.


Compositeurs, littérature, Religion

POULENC MYSTIQUE

Je vous en parlais il n’y a guère, Francis POULENC a écrit un très beau Stabat Mater. Mais il a aussi écrit un Ave Maria, un Salve Regina, les liturgies à la Vierge noire (de Rocamadour), et encore, à la fin de sa vie, un Gloria.
Poulenc, ami des poètes et des peintres (APOLLINAIRE, ÉLUARD, Max JACOB, PICASSO) a commencé dans le Paris bohème des années 1920, mettant en musique les poèmes de ses amis. En 1936, il est frappé par la foi en voyant la statue de la Vierge noire de Rocamadour. Dès lors, il se consacrera aussi bien à l’écriture de musique religieuse que de musique profane.

En 1936, donc, il écrit les sublimes Litanies à la Vierge noire.

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En 1939, il publie les Quatre motets pour un temps de pénitence, destinés à être chantés pendant la semaine sainte.

Poulenc 4 motets pour un temps de pénitenceCliquez sur l’image

En 1941, c’est le Salve Regina.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur la partition

En 1950, il publie son magnifique Stabat Mater.

Poulenc Stabat MaterCliquez sur l’image

En 1952, il écrit une nouvelle série de 4 motets, pour le temps de Noël cette fois :

Poulenc 4 motets pour le temps de Noël O magnum MysteriumCliquez sur la Maîtrise de RadioFrance

En 1959, c’est le majestueux Gloria et en 1961 les Sept Répons des ténèbres.

Poulenc GloriaCliquez sur l’image

En 1955, il porte à l’opéra Dialogues des Carmélites de Georges BERNANOS. Il y introduit un Ave Maria dans la scène où l’aumônier du couvent, chassé par la terreur révolutionnaire, vient de faire ses adieux aux religieuses. Il termine surtout son œuvre par un bouleversant Salve Regina, entonné par les sœurs qui s’avancent vers l’échafaud et se taisent, une à une.

Poulenc Dialogue des Carmélites Final et Salve ReginaCliquez sur la scène finale du dialogue des Carmélites

Cinéma, Compositeurs, littérature, Shakespeare, Théâtre

Antonio SALIERI (1750 – 1825)

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Antonio SALIERI ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

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Né dans la région de Vérone le 18 août 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Venise. En 1766, il suit son professeur à Vienne où il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est nommé compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra, les Danaïdes, sous son propre nom, avant de révéler que Salieri en est l’auteur.

Parmi ses élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Salieri était à Vienne en même temps que Mozart, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles de Wolfgang Amadeus. En fait, Salieri admirait l’œuvre de son cadet. Il a écrit plusieurs opéras sur des livrets de Lorenzo DA PONTE, et il a confié à Mozart le livret du Cosi fan Tutte que Da Ponte avait écrit pour lui, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner ce dernier. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Mozart et Salieri (1830), reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1898).

Rimsky-Korsakov Mozart et SalieriCliquez sur l’image

Au XXe siècle, Peter SCHAFFER en a fait une pièce, Amadeus, brillamment portée à l’écran par Milos FORMAN.

Forman Amadeus affiche

Ne cliquez par sur l’affiche

Parmi les nombreux opéras de Salieri, on peut citer un Don Quichotte (Don Chisciotte alle nozze di Gamace) (1771) d’après CERVANTES,

Salieri Don QuichotteCliquez sur l’image

un Armida (1771) d’après Le TASSE,

Salieri ArmidaCliquez sur l’image

la Locandiera d’après GOLDONI,

Salieri la LocandieraCliquez sur l’image

Semiramide sur un livret de Métastase et les Horaces (1786), d’après CORNEILLE,

Salieri les horacesCliquez sur l’image

Tarare (1787) sur un livret de BEAUMARCHAIS,

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ou encore Falstaff (1799) d’après SHAKESPEARE.

Salieri FalstaffCliquez sur l’image

Avec le XIXe siècle, Salieri se consacre à de la musique pour son employeur, l’empereur François II, et à de la musique religieuse (Te Deum, Requiem). Il tombe malade en 1820, prend sa retraite et meurt le 7 mai 1825.