Compositeurs

Giacomo MEYERBEER (1791 – 1864)

Né Jakob Liebmann Meyer Beer à Berlin le 5 septembre 1791, MEYERBEER est le fils d’un riche banquier israélite. Il accole son troisième prénom à son nom de famille, devenant Meyerbeer, pour pouvoir toucher un héritage.

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Jakob apprend le piano très jeune, notamment auprès de Muzio CLEMENTI, un pianiste proche de BEETHOVEN. Il joue en public dès ses onze ans. Il apprend également la composition au Conservatoire de Berlin et sa première œuvre scénique est créée en 1810. En 1811, il se trouve à Darmstadt pour recevoir l’enseignement de l’abbé VOGLER. Là, il a pour camarade Carl Maria von WEBER, avec qui il devient ami.

Il compose différents opéras et singspiels en allemand. Un de ses opéras, Abimelek (1813) est joué à Stuttgart et connaît plusieurs reprises, sous différents titres, à Vienne, Prague et Dresde (sous la direction de Weber). Devant le peu de succès rencontré par sa musique, et ayant entendu le pianiste virtuose HUMMEL, il entreprend une carrière de pianiste. Il donne des concerts et compose des pièces pour piano qui le font remarquer.

En 1815, il part à Venise, où il assiste à Tancrède de ROSSINI (de six mois son cadet). Ce spectacle est une révélation pour lui, et il commence à écrire des opéras en langue italienne, tel il Crociato in Egitto (Le Croisé en Égypte) (1824) avec un succès qui va croissant.

Meyerbeer Il Crociatto in Egito O tu divina fèCliquez sur l’image

En 1825, il part à Paris, un des foyers de l’opéra en Europe, pour y suivre son maître Rossini. En 1826, il italianise son prénom Jakob en Giacomo. Il se marie en 1826 et a deux enfants, sa production musicale ralentit alors pendant quelques années.

En 1827, avec l’appui de CHERUBINI, il entame une collaboration avec Eugène SCRIBE, un des plus fameux librettistes de son temps. Cette collaboration débute avec Robert le Diable, créé en 1831 à l’Opéra, et qui est un véritable triomphe. Cette œuvre est considérée comme à l’origine du Grand opéra à la française (le Gof), un genre nouveau caractérisé par un drame bâti sur une trame historique, avec des décors grandioses et un ballet obligatoire.

Meyerbeer Robert le diableCliquez sur Robert le diable

Cinq ans après Robert le Diable, ils produiront Les Huguenots (1836) qui sera un nouveau succès triomphal.

Meyerbeer les HuguenotsCliquez sur Marguerite de Valois

En 1842, il retourne en Allemagne (en Prusse) où il est nommé Directeur général de la musique à Berlin, puis prend la place de SPONTINI à la tête de l’Opéra de Berlin. Il y monte Euryanthe de Weber et Rienzi et Le Vaisseau Fantôme de WAGNER.

Il revient à Paris en 1847, où il connaît le succès avec Le Prophète (1849), un ouvrage laissé en chantier et qu’il a repris pour Pauline VIARDOT.

Meyerbeer le Prophète Ah mon filsCliquez sur l’image

Connaissant des ennuis de santé, il passe désormais ses automnes à Spa. Ses œuvres suivantes connaissent moins de succès (l’Étoile du Nord [1854], Dinorah, ou le Pardon de Ploërmel [1859]).

Meyerbeer l'Étoile du Nord C'est bien l'air que chaque matin

Il reprend L’Africaine qu’il achève en 1864. Il meurt pendant les répétitions, le 2 mai 1864, et ne verra pas la création de cet ouvrage en 1865.

Meyerbeer l'AfricaineCliquez sur l’image

Son étoile pâlit alors, remplacée par celles de Wagner et de VERDI, qui développeront le Grand Opéra qu’il a contribué à instaurer.

Gastronomie et opéra : Le nom de Meyerbeer est resté associé aux œufs sur le plat Meyerbeer.


Compositeurs, littérature, Religion

POULENC MYSTIQUE

Je vous en parlais il n’y a guère, Francis POULENC a écrit un très beau Stabat Mater. Mais il a aussi écrit un Ave Maria, un Salve Regina, les liturgies à la Vierge noire (de Rocamadour), et encore, à la fin de sa vie, un Gloria.
Poulenc, ami des poètes et des peintres (APOLLINAIRE, ÉLUARD, Max JACOB, PICASSO) a commencé dans le Paris bohème des années 1920, mettant en musique les poèmes de ses amis. En 1936, il est frappé par la foi en voyant la statue de la Vierge noire de Rocamadour. Dès lors, il se consacrera aussi bien à l’écriture de musique religieuse que de musique profane.

En 1936, donc, il écrit les sublimes Litanies à la Vierge noire.

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En 1939, il publie les Quatre motets pour un temps de pénitence, destinés à être chantés pendant la semaine sainte.

Poulenc 4 motets pour un temps de pénitenceCliquez sur l’image

En 1941, c’est le Salve Regina.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur la partition

En 1950, il publie son magnifique Stabat Mater.

Poulenc Stabat MaterCliquez sur l’image

En 1952, il écrit une nouvelle série de 4 motets, pour le temps de Noël cette fois :

Poulenc 4 motets pour le temps de Noël O magnum MysteriumCliquez sur la Maîtrise de RadioFrance

En 1959, c’est le majestueux Gloria et en 1961 les Sept Répons des ténèbres.

Poulenc GloriaCliquez sur l’image

En 1955, il porte à l’opéra Dialogues des Carmélites de Georges BERNANOS. Il y introduit un Ave Maria dans la scène où l’aumônier du couvent, chassé par la terreur révolutionnaire, vient de faire ses adieux aux religieuses. Il termine surtout son œuvre par un bouleversant Salve Regina, entonné par les sœurs qui s’avancent vers l’échafaud et se taisent, une à une.

Poulenc Dialogue des Carmélites Final et Salve ReginaCliquez sur la scène finale du dialogue des Carmélites

Cinéma, Compositeurs, littérature, Shakespeare, Théâtre

Antonio SALIERI (1750 – 1825)

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Antonio SALIERI ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

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Né dans la région de Vérone le 18 août 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Venise. En 1766, il suit son professeur à Vienne où il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est nommé compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra, les Danaïdes, sous son propre nom, avant de révéler que Salieri en est l’auteur.

Parmi ses élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Salieri était à Vienne en même temps que Mozart, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles de Wolfgang Amadeus. En fait, Salieri admirait l’œuvre de son cadet. Il a écrit plusieurs opéras sur des livrets de Lorenzo DA PONTE, et il a confié à Mozart le livret du Cosi fan Tutte que Da Ponte avait écrit pour lui, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner ce dernier. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Mozart et Salieri (1830), reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1898).

Rimsky-Korsakov Mozart et SalieriCliquez sur l’image

Au XXe siècle, Peter SCHAFFER en a fait une pièce, Amadeus, brillamment portée à l’écran par Milos FORMAN.

Forman Amadeus affiche

Ne cliquez par sur l’affiche

Parmi les nombreux opéras de Salieri, on peut citer un Don Quichotte (Don Chisciotte alle nozze di Gamace) (1771) d’après CERVANTES,

Salieri Don QuichotteCliquez sur l’image

un Armida (1771) d’après Le TASSE,

Salieri ArmidaCliquez sur l’image

la Locandiera d’après GOLDONI,

Salieri la LocandieraCliquez sur l’image

Semiramide sur un livret de Métastase et les Horaces (1786), d’après CORNEILLE,

Salieri les horacesCliquez sur l’image

Tarare (1787) sur un livret de BEAUMARCHAIS,

Salieri tarareCliquez sur l’image

ou encore Falstaff (1799) d’après SHAKESPEARE.

Salieri FalstaffCliquez sur l’image

Avec le XIXe siècle, Salieri se consacre à de la musique pour son employeur, l’empereur François II, et à de la musique religieuse (Te Deum, Requiem). Il tombe malade en 1820, prend sa retraite et meurt le 7 mai 1825.

Compositeurs

André Ernest Modeste GRÉTRY (1741 – 1813)

André Ernest Modeste est né à Liège le 8 février 1741. Son père est violoniste à l’église Saint-Denis de Liège, église où GRÉTRY devient enfant de chœur.

Il fait partie de ces compositeurs extrêmement célèbres à leur époque et qui ne sont plus aujourd’hui joués qu’occasionnellement.

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Auteur d’une messe à 18 ans, Grétry reçoit une bourse pour aller étudier à Rome, où il part en 1760. Il y compose six quatuors à cordes. Il quitte l’Italie en 1766 pour Genève, où il donne des cours de musique. Là, il a l’occasion d’écouter des œuvres françaises. Il se trouve donc au cœur de l’opposition entre l’école italienne et l’école française, peu après la querelle des Bouffons. Il fait la connaissance de VOLTAIRE qui le pousse à venir à Paris.

Il arrive à Paris en 1767, sous le règne de Louis XV. Il commence une collaboration avec MARMONTEL, qui débute avec Le Huron (1768), d’après l’Ingénu de Voltaire. Cette pièce conduit immédiatement Grétry au succès. Suivra, toujours avec Marmontel avec qui il travaille jusqu’en 1777, Zémire et Azor (1771) qui a un succès tel qu’il obtient une rente royale.

Grétry Zémire et AzorCliquez sur l’image

En 1773 Céphale et Procris est donné à l’Académie Royale de Musique.

Grétry Céphale et ProcrisCliquez sur l’image

(Qu’il me soit permis ici d’évoquer un souvenir personnel puisque c’est avec cette œuvre que j’ai eu la seule occasion de ma vie de chanter sur la scène de l’Opéra-Comique à Paris.)

1773 est également l’année de composition du Magnifique, d’après La FONTAINE.

Auteur prolifique, il compose en 1776 un Pygmalion, d’après les Métamorphoses d’OVIDE, un Andromaque d’après Racine en 1780, un Électre d’après EURIPIDE en 1782 et un Amphitryon d’après MOLIÈRE en 1786.

En 1783, il avait écrit son « opéra égyptien« , la Caravane du Caire. En 1789, c’est Raoul Barbe-bleue.

Grétry la Caravane du CaireCliquez sur la pochette du disque

Le goût prononcé de Marie-Antoinette pour les opéras comiques donne l’occasion à Grétry de se faire une place à la cour, et il devient maître de clavecin de la reine. Il écrit en 1784 ce qui est considéré comme son chef d’œuvre : Richard Cœur de Lion (dont un des airs, « Je sens mon cœur qui bat », sera repris par TCHAÏKOVSKI dans La Dame de Pique).

Grétry Richard cœur de lion je crains de lui parler la nuitCliquez sur la version originale de « Je sens mon cœur qui bat »

Il perd ses trois filles et se retire petit à petit de la vie musicale parisienne, pour se consacrer à la littérature.

En 1791, il compose encore un Guillaume Tell.

Grétry Guillaume Tell ouvertureCliquez sur l’image

En 1795, à la création de l’Institut de France, il représente la musique dans les classes des Beaux-Arts, avec MÉHUL et GOSSEC.

En 1802, Napoléon le décore de la Légion d’honneur.

Il finit par se retirer dans l’Ermitage de J.J.Rousseau qu’il a racheté après la mort de celui-ci à Montmorency, et où il meurt le 24 septembre 1813. On lui fait des funérailles nationales.

(source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard 1992)

Compositeurs, Compositrices

LILI BOULANGER (1893 – 1918)

Lili Boulanger

Triste destin que celui de Lili BOULANGER, morte à 24 ans alors que commençait pour elle une carrière qui l’aurait placée aux premiers rangs des compositeurs et compositrices du XXe siècle. En effet, elle est atteinte très jeune d’une maladie des poumons qui la laissera toujours faible et l’emportera à l’âge de 24 ans.

Née à Paris le 21 août 1893 dans une famille d’artistes, son père était professeur au Conservatoire de Paris et sa mère cantatrice, elle grandit naturellement dans un milieu musical où figurent Gounod, Massenet ou Fauré. Sa sœur aînée est Nadia Boulanger, également compositrice et surtout extraordinaire pédagogue de la musique, qui a vu passer dans sa classe tout ce que le monde a pu connaître comme compositeurs pendant quelques décennies !

À six ans, Lili sait lire les partitions et commence à apprendre l’harmonie. Polyinstrumentiste, elle apprend le piano, le violon, le violoncelle et la harpe, tout en commençant à écrire quelques pièces musicales.

À seize ans, elle choisit sa voie, elle sera compositrice.

À dix-neuf ans, elle remporte le Grand Prix de Rome, devenant la première femme à remporter ce prestigieux prix, et la plus jeune lauréate. Son sujet : une cantate sur le second livre de Faust de Goethe, Faust et Hélène. (Et encore, elle a dû renoncer à concourir l’année précédente, à cause de son état de santé !)

Lili Boulanger Faust et Hélène

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Elle part donc à la villa Médicis début 1914, mais n’y restera pas les trois ans « réglementaires » de sa résidence d’artiste. Malade, elle rentre en France en 1916.

Au cours de sa brève carrière, elle écrira des pièces pour piano,

Lili Boulanger piano

Cliquez sur le pianiste

de la musique chorale et des cantates,

Lili Boulanger Du Fond de l'abîme (psaume 130)

Cliquez sur l’image

Lili Boulanger hymne au soleil

Cliquez sur l’Hymne au soleil

des mélodies,

Lili boulanger Reflets (mélodie)

Cliquez sur l’image

de la musique de chambre,

Lili Boulanger Nocturne violon piano

Cliquez sur le nocturne pour violon et piano

et laissera inachevé un opéra, la Princesse Maleine, d’après l’œuvre de Maeterlinck.

En 1918, elle dicte sur son lit de mort sa dernière œuvre à sa sœur Nadia : Pie Jesu. Lili Boulanger meurt le 15 mars 1918, quelques jours avant Claude Debussy.

Lili Boulanger Pie Jesu

Cliquez sur le Pie Jesu

Retrouvez un autre article où je vous ai présenté de la musique composée par Lili Boulanger.

Ondines et naïades.

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017)

Retrouvez d’autres compositeurs (et bientôt d’autres compositrices) chroniqués sur ce blog.

Compositrices, Fantaisie, Oulipo

QUELQUES AUTRES HAÏKAÏS (3e SÉRIE)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Voici donc une troisième livraison de haïkaïs, dont certains écrits par vous (merci, merci, merci.)

Sur un haïkaï de John DUFF

Dans cet air très beau

Pretty s’est mise à chanter

Elle m’a fait pleurer

Verdi la Traviata Pretty Yende

Sur un haïkaï, en anagramme de confinement, réalisé dans le cadre du challenge #haikuchallenge

Ce confit ne ment

Et finement ne t’enfonce

En ce net moment

Alfano Cyrano (avec Placide Domingue)Cliquez sur l’image

Sur un hommage à JANKÉLÉVITCH

FAURÉ – DEBUSSY

Wladimir Jankélévitch

RIMSKI-KORSAKOV

Fauré Après un rêve

Sur un haïkaï de Marie-Anne

Vaisselle en musique

Concerto pour violon et

Torchon à carreaux

Beethoven concerto pour violon 3e mvtCliquez sur l’image

Sur une proposition de Philippe :

Chant de la sirène

Sur la plage désertée

Elle attend l’été

Lili Boulanger Les SirènesCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Luciole

Beauté de Psyché

Cupidon est en émoi

Décoche une flèche

Lully Psyché Plainte italienneCliquez sur l’image

Citations :
Concerto pour violon : Troisième mouvement du concerto pour violon de BEETHOVEN. (Pour ce mouvement, Beethoven a repris un chant révolutionnaire français, « Mieux vaut la mort que l’esclavage, c’est la devise des français ».)
Pretty s’est mise à chanter : La soprano Pretty YENDE s’est récemment illustrée dans la Traviata de VERDI. (Vous pourrez voir sa Traviata samedi 9 mai sur la 5.)
Ce confit ne ment : Pour illustrer cette terre du confit (d’oie ou de canard), j’ai choisi Cyrano de Bergerac de Franco ALFANO (celui-là même qui a achevé la partition de Turandot de PUCCINI.)
Fauré : Laissons-nous emporter par sa mélodie « Après un rêve ».
Chant de la sirène : Pour illustrer ce chant de la sirène, j’ai choisi « les Sirènes », une pièce de Lili BOULANGER, grande compositrice morte trop jeune.
Psyché : Je vous propose d’écouter un extrait de Psyché, de LULLY.
Retrouvez d’autre haïkaïs en cliquant sur le lien.
Bande dessinée, Compositrices, Le MET s'invite chez vous, littérature, Oulipo

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – semaine du 4 au 10 mai

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 4 au 10 mai 2020.

Au sommaire quelques classiques, de Don Giovanni de MOZART à La Bohème de PUCCINI, mais aussi un opéra contemporain avec L’Amour de loin, de la compositrice finlandaise Kaija SAARIAHO sur un livret d’Amin MAALOUF, et une rareté : Hamlet d’Ambroise THOMAS.

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 4 Mai Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Les Noces de Figaro Sull aria

Mardi 5 Mai Thomas Hamlet

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Mercredi 6 mai Kaija Saariaho L’Amour de Loin.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’image

Jeudi 7 mai STRAUSS Capriccio

Strauss Cappriccio METCliquez sur l’image

Vendredi 8 mai Puccini La Bohème

Puccini la Bohème O soave fanciullaCliquez sur l’image

Samedi 9 mai un documentaire sur l’histoire du MET.

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Dimanche 10 mai deux opéras véristes MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Leoncavallo Pagliacci METCliquez sur l’image

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans mentionner la passionnante étude de Georges PEREC consacrée à Marcel GOTLIB, parue dans Cantatrix Sopranica sous le titre  « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Compositeurs, littérature, Mallarmé

Maurice RAVEL (1875 – 1937)

Maurice RAVEL naît à à Ciboure, dans les Pyrénées, le 7 mars 1875 (quatre jours après la création de Carmen.)

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Sa famille s’installe à Fauré alors qu’il est âgé de 3 mois. Il entre au Conservatoire à l’âge de 14 ans. Un peu plus tard, il a FAURÉ comme professeur de composition, avec qui il se lie d’amitié. Fauré le défendra face au scandale causé par les échecs répétés de Ravel au grand Prix de Rome.

Pianiste et orchestrateur raffiné, on le range à côté de Claude DEBUSSY parmi les musiciens dits « impressionnistes », et ce dès 1901 avec ses Jeux d’eau, pour piano.

Ravel Jeux d'eau

Sa production de mélodies s’étale sur toute sa carrière, avec Shéhérazade (1903), sur des poèmes de Tristan Klingsor écrits d’après les Mille et une nuits, les Histoires naturelles (1906), d’après Jules Renard, les trois Poëmes de Stéphane Mallarmé (1913), les deux mélodies hébraïques (1914), les 3 chansons madécasses (malgaches) (1925 – 1926) et Don Quichotte à Dulcinée (1932 – 1933) sur des textes de Paul Morand.

Ravel Don Quichotte à DulcinéeCliquez sur Don Quichotte

Parmi ses œuvres pour piano figurent des pièces comme Gaspard de la nuit (1908) ou le Tombeau de Couperin (1917).

Ravel Gaspard de la nuit Scarbo

Pour le ballet, il compose Daphnis et Chloé (1909) pour les ballets russes de DIAGHILEV. Suivront La Valse (1919) et le fameux Boléro (1928).

Ravel la Valse Bernstein

Dans sa production lyrique figurent L’heure espagnole (1907), sur un texte de Franc NOHAIN, et surtout la mise en musique d’un conte pour enfants écrit par COLETTE : L’enfant et les sortilèges (1919 – 1925).

Dans ses pièces pour orchestre, il faut noter une impressionnante orchestration des Tableaux d’une exposition de MOUSSORGSKI, qui est aujourd’hui plus connue que la version originale pour piano, ainsi que deux concertos pour piano, dont un pour la main gauche commandé par le pianiste Paul Wittgenstein (le frère du philosophe auteur du Tractatus logico-philsophicus) qui avait perdu un bras pendant la guerre de 14 – 18.

Ravel Concerto pour la main gauche

En 1928, il entreprend une tournée triomphale aux États-Unis, où il a l’occasion de fréquenter les clubs de jazz et de rencontrer Gershwin. Ravel avait d’ailleurs bien perçu l’apport du jazz dans le développement de la musique classique et on en trouve dans L’enfant et les Sortilèges comme dans ses concertos pour piano, ou dans sa sonate pour violon.

En 1934, il est atteint d’une tumeur au cerveau qui le contraint au silence musical (lui naguère si maniaque sur l’exécution de ses œuvres ne reconnaissait même plus ses propres partitions quand il les entendait). Il meurt en 1937.

(Si Ravel est un des compositeurs abondamment analysés par Wladimir JANKÉLÉVITCH, les dix dernières années de sa vie ont fait l’objet d’un roman de Jean ECHENOZ.)

Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, littérature, Théâtre

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE PARIS…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC!

Après Venise, Vienne et Prague, poursuivons avec Paris notre visite des grandes villes dont l’histoire se confond avec celle de l’opéra.

Si Paris occupe une place importante dans le monde de l’opéra depuis LULLY, et surtout au milieu du XIXe siècle, avec le GOf (le grand Opéra à la française), qui faisait qu’un compositeur qui voulait « réussir » dans l’opéra devait se faire jouer à Paris, Paris a aussi sa place comme lieu où se passent un certain nombre d’opéras.

Mais d’abord, je vous propose de retrouver tous ceux qui ont fait la grandeur de Paris en musique :  En flânant dans le quartier de l’Opéra.

À tout seigneur, tout honneur, commençons avec la Esmeralda, l’adaptation de Notre-Dame de Paris de notre poète national Victor HUGO, qui a écrit lui-même le livret de cet opéra de Louise BERTIN.

Bertin Esmeralda Esmeralda dans son cachot

Autre adaptation d’un écrivain français, La Traviata (1853) de VERDI est tiré de La Dame aux camélias d’Alexandre DUMAS, une pièce que Verdi avait eu l’occasion de voir lors d’un de ses séjours à Paris.

Verdi la Traviata Libiamo

Paris, c’est aussi la fête et les p’tit’s femmes, qu’OFFENBACH a mises en musique dans la Vie Parisienne.

Offenbach la vie parisienne le BrésilienCliquez sur le Brésilien

En 1881, Offenbach situe à Paris le premier acte, l’acte d’Olympia, de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

offenbach les contes d'hoffmann olympia

En 1883, c’est MASSENET qui met en musique Manon, d’après le roman de l’abbé Prévost.

Massenet Manon Nous vivrons à Paris

Moins de dix ans plus tard, c’est au tour de PUCCINI de mettre ce drame en musique avec son Manon Lescaut (1893).

Puccini Manon Lescaut Sola, perduta, abbandonata

Dans La Dame de Pique (1890) de TCHAÏKOVSKI, la vieille comtesse se rappelle sa jeunesse passée à Paris, quand elle fréquentait le comte de Saint-Germain, en chantant un vieil air de GRÉTRY, qu’elle chantait à cette époque.

Tchaïkovski La Dame de pique air de la comtesse

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, ce billet est déjà assez riche, mais si vous êtes sages et que vous me le demandez gentiment, je vous parlerais une autre fois de la Veuve joyeuse de LEHAR, de la Rondine de Puccini, des Mariés de la Tour Eiffel du presque GROUPE DES SIX, de Lulu de BERG ou de Capriccio de Richard STRAUSS.

Vous pouvez retrouver un autre article de cette série consacrée aux grandes villes avec New York.

Compositeurs, littérature

Modeste MOUSSORGSKI (1839 – 1881)

Modeste MOUSSORGSKI est né le 21 mars 1839 dans une famille de la petite noblesse russe.

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En 1851, Modetse entre dans une école d’aspirants de la garde. En musique, il découvre les modes liturgiques anciens.

En 1856, il sort de l’école militaire avec le grade de lieutenant.

Toute sa vie, Moussorgski souffrira de crises de nerfs et d’épilepsie, et il connaîtra de sérieux problèmes d’alcoolisme.

En 1857, il rencontre les compositeurs BALAKIREV et CUI. Il se met à étudier sérieusement la musique. Il compose Souvenirs d’enfance pour piano.

En 1859, il quitte l’armée pour se consacrer à la musique. Il fait la connaissance de BORODINE. En 1861, RIMSKI-KORSAKOV entre dans le groupe de Balakirev.

En 1862, c’est la naissance officielle du Groupe des cinq : Balakirev, Cui, Moussorgski, Rimski-Korsakov et Borodine.

En 1863, il entre dans l’administration des Ponts et Chaussées, tout en composant des mélodies. C’est à cette époque qu’il travaille à une adaptation du Salammbô de FLAUBERT.

Moussorgski Salammbô

En 1867, Moussorgski écrit Une nuit sur le mont Chauve, pour orchestre. Il est renvoyé de l’administration.

Moussorgski Une nuit sur le Mont chauve

En 1869, il termine une première version de Boris Godounov d’après POUCHKINE, qui sera refusée par la censure impériale. Dans cette œuvre, Moussorgski réussit à merveille à décrire l’âme russe au travers de sa musique, notamment par la place prépondérante donnée au chœur.

Le groupe des cinq se sépare en 1870.

En 1871 – 1872, Moussorgski compose une deuxième version de Boris Godounov et commence la Khovantchina.

Moussorgski la Khovantchina ouverture

En 1874, première représentation complète de Boris. Il écrit, pour le piano, les Tableaux d’une exposition. (On en connaît aujourd’hui surtout la version orchestrée par RAVEL.)

Moussorgski Tableaux d'une exposition Richter

En 1875, il écrit le cycle de mélodies Chants et danses de la mort.

Moussorgski chants et danses de la mort - Berceuse

(Dans la berceuse ci-dessus, la mère berce son bébé malade, et la mort déguisée en nourrice l’endort pour un sommeil éternel !)

En 1876, il souffre de solitude et son alcoolisme commence à lui poser des problèmes.

En 1879, l’opéra La Khovantchina est presque terminé. Il sera achevé après sa mort par l’infatigable Rimski-Korsakov. (Au XXe siècle, CHOSTAKOVITCH livrera une orchestration respectant l’âpreté de la musique de Moussorgski.)

En 1881, après une crise de delirium tremens, il meurt le 28 mars à l’hôpital militaire de Saint-Pétersbourg, âgé de 42 ans.