Contes et légendes, Mythologie, Nature

TROIS PETITES POMMES (ET UN DRAGON ?)

Et même quatre petites pommes si l’on considère le début de la cinquième Symphonie de BEETHOVEN pour ce qu’il est : Pomme pomme pomme pomme.

Beethoven Pom pom pom pomCliquez sur les instrumentistes

Carnets paresseux avait commencé une histoire avec trois petites pommes qui chantaient et un dragon, mais il semble que la suite se soit perdue dans une faille spatio-temporelle. Pour vous permettre de patienter en attendant cette suite, voici un entremets sur le thème de la pomme. [Le dragon dans la pomme – Carnets Paresseux (wordpress.com).]

La pomme est un fruit très ancien, puisqu’on en trouve trace dans la Bible, et même dans le premier livre de la Bible, la Genèse, autant dire au commencement de tout. Il y est dit qu’au jardin d’Eden, la pomme était le fruit de l’arbre de la Connaissance. Ce fruit était interdit aux deux premiers humains, mais le malin, tentateur, s’est débrouillé pour qu’Adam croque la pomme. Pour cela, Adam et Eve ont été chassés du Paradis.

On trouve des pommes dans presque tous les grands mythes de l’humanité. Ainsi chez les Grecs, Dionysos, le dieu du vin, aurait créé la pomme pour l’offrir à Aphrodite, la déesse de l’amour. Un peu plus tard, la déesse de la discorde (eh oui, il y avait une déesse de la discorde !) jeta une pomme d’or au milieu des dieux, la fameuse pomme de la discorde. Il revint au berger Pâris de remettre cette pomme à la plus belle des déesses.

En 1667, l’Italien CESTI écrira à l’occasion du mariage de l’empereur Léopold et de l’infante Marguerite d’Espagne un opéra sur cette légende, Il pomo d’oro, qui devait dépasser en fastes tout ce qui s’était fait jusque là, et qui durait dix heures (sur deux soirées).

Cesti Il pomo d'OroCliquez sur l’image

Deux siècles plus tard, en 1864, OFFENBACH nous rappellera la légende dans son opérette la belle Hélène, (air « Au mont Ida trois déesses ».)

Offenbach la belle Hélène Au mont Ida trois déessesCliquez sur Pâris

Encore des pommes pour Héraklès (Hercule), puisque dans ses douze travaux, il a dû aller cueillir les Pommes d’or du jardin des Hespérides.

Dans la mythologie nordique, c’est la déesse Idunn qui possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Cette déesse a été recyclée par WAGNER dans sa lecture des mythologiques Germano-Nordiques qu’est la Tétralogie, en la personne de Freia. Freia, donc, possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Malheureusement Wotan, le dieu en chef, avait promis Freia pour le paiement de la construction du Walhalla aux deux géants Fafner et Fasholt. (Cette histoire nous est racontée dans l’Or du Rhin [Rheingold].) Suite au vol de l’Or du Rhin par le gnome Alberich, Wotan propose aux géants cet or (qu’il va voler) en échange de Freia. Et c’est là que nous retrouvons le dragon du titre, puisqu’après avoir reçu l’or du Rhin, Fafner tue son frère Fasholt pour garder l’or et va se retirer dans une grotte, métamorphosé en dragon pour mieux veiller sur son or.

Wagner Das Rheingold FreiaCliquez sur Freia, ses pommes, et Wotan

On trouve une pomme plus récente dans la légende de Guillaume Tell, mise en musique par ROSSINI. Au troisième acte, Guillaume n’ayant pas voulu se prosterner devant le chapeau du bailli Gessler, le bailli le fait arrêter avec son fils Jemmy, et demande qu’on place une pomme sur la tête de celui-ci, Guillaume devant transpercer cette pomme avec une flèche (ce qui est très dangereux, n’essayez pas ce tour à la maison).

Rossini Guillaume Tell Ah que ton âme se rassure (Jemmy)Cliquez sur l’image

Rossini était un fin gourmet et aimait donner des noms de ses œuvres à ses créations culinaires, c’est donc très logiquement qu’il a appelé une recette de Tarte aux pommes « Tarte Guillaume Tell ».

On retrouve Offenbach avec son opérette Pomme d’Api (1873).

Offenbach Pomme d'ApiCliquez sur l’image

Quand les explorateurs occidentaux sont revenus d’Extrême-Orient avec des oranges, ce fruit inconnu chez nous a été appelé « pomme de Chine » ou « pomme d’orenge ». On en trouve trace dans l’opéra de PROKOFIEV, l’Amour des trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette et le prince

(Source principale [pour la mythologie] : Encyclopédie des Symboles, le Livre de poche, collection la Pochothèque, 2013.)

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Divers, Maria Callas, Mythologie

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 5 – LA JALOUSIE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, la luxure et l’avarice, la jalousie est donc le cinquième péché capital.

La jalousie, c’est le désir porté à l’extrême de posséder quelque chose ou quelqu’un que l’on n’a pas. Dans le domaine amoureux, c’est l’illusion que la personne aimée en aime un autre.

On rencontre beaucoup d’histoires d’amour à l’opéra, c’est même un des moteurs principaux des livrets. Malheureusement, ces histoires d’amour sont parfois accompagnées par ce revers de la médaille amoureuse qu’est la jalousie.

L’archétype du jaloux est probablement le général vénitien Othello, dont l’histoire nous est narrée par SHAKESPEARE. La jalousie (amoureuse) d’Othello est attisée par la jalousie (d’ambition) du traître Iago, qui s’arrange pour faire croire à Othello que sa femme Desdémone le trompe. Évidemment, tout cela se terminera mal pour les protagonistes de cette histoire. ROSSINI et VERDI ont tous les deux porté ce drame à l’opéra. (D’après l’Encyclopédie Universelle des Jeux de Mots Pourris [EUJMP], ce serait depuis cette histoire qu’on parle des jalousies de Venise.)

otello nun mi temaCliquez sur Otello

Dans l’antiquité grecque ou romaine, il n’est pas rare de trouver des jaloux ou des jalouses chez les dieux. Ainsi de la jalousie de Junon, la femme de Jupiter que celui-ci trompait allègrement. Le ressort dramatique de Platée (1745) de RAMEAU est justement un piège que Jupiter tend à sa femme pour la punir de sa jalousie.

Dans Atys (1676) de LULLY, la reine des dieux, Cybèle, jalouse de l’amour d’Atys pour Sangaride décide de se venger. Par un enchantement, elle s’arrange pour qu’Atys, se croyant attaqué par une bête furieuse, tue Sangaride de sa propre main.

Lully Atys Toi qui portes partout et la rage et l'horreurCliquez sur Atys

Environ un siècle plus tard, c’est la jalousie de Diane qui prend à peu près la même forme dans Céphale et Procris (1773), de GRÉTRY. En effet, la nymphe Procris, qui était au service de Diane a quitté ce service pour l’amour de Céphale. Aidée de la déesse Jalousie, Diane s’arrange pour que Céphale, se croyant attaqué par une bête furieuse, tue Procris qu’il n’a pas reconnu. Mais heureusement, Amour veille et fait renaître Procris qui se jette dans les bras de Céphale.

Grétry Céphale et Procris Ballet des nymphes de DianeCliquez sur l’image

(Qu’il me soit permis ici de citer une anecdote personnelle, si je connais cet opéra de Grétry, pourtant peu connu, c’est parce que j’ai eu l’occasion de le chanter. C’est même la seule fois de ma vie où j’ai chanté à l’Opéra Comique, à Paris.)

En 1733, c’est la jalousie de la reine Phèdre qui s’exerce dans Hippolyte et Aricie de Rameau. Hippolyte aime Aricie, une prêtresse de Diane qui a renoncé à ses vœux de chasteté au service de la déesse. Mais Phèdre, la belle-mère d’Hippolyte aime celui-ci, et quand elle se rend compte qu’il en aime une autre, sa fureur jalouse éclate.

Rameau Hippolyte et Aricie final Ma fureur va tout entreprendreCliquez sur l’image

Quittons à présent la mythologie pour nous rapprocher des humains.

Dans Les Pêcheurs de perles (1863) de BIZET, quand Leïla vient voir Zurga pour lui demander de sauver Nadir, la jalousie de Zurga prend le dessus sur son amitié et il confirme la condamnation à mort de Nadir.

Bizet Les Pêcheurs de perles Je frémis, je chancelleCliquez sur Zurga et Leïla

Dans Tosca (1899) de PUCCINI, Flora Tosca laisse éclater sa jalousie quand elle découvre le portrait que son amant, le peintre Cavaradossi, a peint dans la chapelle qu’il décore.

Puccini Tosca Quale occhioCliquez sur Tosca

Les choses ne s’arrangent pas au XXe siècle (l’humain reste humain) avec l’introduction des avancées de la psychologie dans les livrets d’opéra, ainsi dans Jenufa (1903) de JANACEK, Laca, le demi-frère de Steva est jaloux de l’amour de Jenufa pour Steva, et il la blesse au visage avec son couteau, la défigurant.

Janacek Jenufa Jak razm vsecko (final acte I)Cliquez sur Jenufa et Laca

Et chez BERG, dans Wozzeck (1922), le monde (déjà fragile) du héros s’écroule quand il apprend que sa femme Marie le trompe avec le major. Pris de folie, il la tue par une nuit de pleine lune.

Berg Wozzeck Acte 3 scène 2Cliquez sur l’image

Je vais m’arrêter ici sur ce thème des scènes de jalousie à l’opéra, mais j’aurais largement de quoi écrire un second billet dessus.

Et retrouvez un autre péché capital avec la colère.

(Et si vous voulez plus de scènes de jalousie à l’opéra, cliquez donc sur le lien « Scènes de jalousie à l’opéra).

Agenda Ironique, Fantaisie, Mythologie

POLYPHÈME (ET ULYSSE…)

Ce mois-ci, l’A.I. est organisé par Laurence Délis sur son blog Palettes d’expressions.

Pour l’agenda ironique que j’accueille avec plaisir ce mois-ci, je vous propose « Un bruit étrange et beau »

De cette phrase tirée du titre du roman graphique de ZEP, vous avez toute latitude pour écrire ce qu’elle vous inspire, sous la forme qui vous convient : récit, poésie, article, dialogue, photo, collage, conte, légende, ou toute autre idée qui vous traverse. Deux contraintes seront cependant à intégrer :

« Un bruit étrange et beau »

ainsi que trois mots : cyclo-pousse – île – poirier.

Voir le lien cidsous :

Un bruit étrange et beau (agenda ironique) | Palette d’expressions-Laurence Délis (wordpress.com)

Sur son île, dans sa caverne, le cyclope Polyphème entendit un bruit étranger, beau comme le chant aviné de marins en goguette. C’était Ulysse et ses compagnons qui s’étaient aventurés dans sa grotte, et avaient festoyé sur place avec la nourriture du cyclope, buvant force amphores de vins aigrelets et vidant moult pots à rillettes.

Wagner Le Vaisseau fantôme Steuermann, lass die WachtCliquez sur les marins en goguette

Polyphème, fort courroucé, roula une pierre devant son antre, et demanda son nom à Ulysse, qui répondit « Personne » (il est futé, Ulysse). Ulysse l’enivra et, profitant de son sommeil, lui creva l’œil à l’aide d’un épieu rougi au feu. On entendit alors crier le cyclope « Oussque t’es, Personne ? montre-toi si tu es un homme ». Mais personne ne lui répondit. Ulysse et ceux de ses compagnons qui n’avaient pas encore été boulottés par Polyphème réussirent à sortir de la caverne, en se cachant sous le ventre de ses moutons, quand ceux-ci sortirent de la grotte.

Cette histoire nous est contée à peu près dans ces termes par HOMÈRE dans son Odyssée, qui raconte les heurs et malheurs d’Ulysse lors de son retour dans sa patrie. La dernière partie de ce périple nous est racontée par MONTEVERDI dans son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (Il ritorno d’Ulisse in patria sua).

Monteverdi Le retour d'Ulysse dans sa patrie Illustratevi O CieliCliquez sur Pénélope et Ulysse

C’est un autre épisode de la vie de Polyphème, rapporté par OVIDE dans ses Métamorphoses, que LULLY met en musique dans sa pastorale héroïque Acis et Galatée. Le cyclope, amoureux de la néréide Galathée, est jaloux d’Acis et l’écrase sous un rocher.

Lully Acis et GalatéeCliquez sur l’image

Cliquez sur l’image

En 1700, c’est CLÉRAMBAULT qui publie sa cantate Poliphème.

Clérambault PoliphèmeCliquez sur le terrible cyclope

Alors que HAENDEL écrit, lui aussi, une pastorale : Acis and Galatea (1732) toujours d’après Ovide.

Haendel Acis and Galatea O ruddier than the cherryCliquez sur le terrible cyclope

Plus près de nous, le Breton Jean CRAS écrit le rare opéra Polyphème (1914).

Cras Polyphème Acte I Elle dortCliquez sur l’image

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont 1984.)

Compositeurs, Jazz, littérature, Mythologie

Igor STRAVINSKY (1882 – 1971)

Il y a 50 ans ce 6 avril 2021 disparaissait Igor STRAVINSKY, une des figures majeures de la musique du XXe siècle.

Je dois avouer que quand j’ai commencé mon travail sur l’opéra, le nom de STRAVINSKY ne s’est pas spontanément imposé à moi. Et pourtant, ses compositions dans le domaine des histoires racontées en musique sont importantes.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder à la liste de lecture

Compositeur né en Russie, élève de RIMSKI-KORSAKOV, il vient à Paris en 1910 où il se fait très vite reconnaître par ses musiques écrites pour les ballets russes de DIAGHILEV. Dès 1910, c’est l’Oiseau de feu,

Stravinsky l'Oiseau de feuCliquez sur la danse infernale du roi Katscheï

suivi en 1911 par Petrouchka, et surtout en 1913 le Sacre du Printemps, qui provoque un énorme scandale lors de sa création au Théâtre des Champs-Élysées tout récemment inauguré.

Stravinsky le Sacre du prinyemps (Béjart)Cliquez sur le ballet

Contemporain de ces ballets qui sont peut-être les œuvres les plus connues de Stravinsky, il écrit un conte lyrique, Le Rossignol (1908 – 1914).

Outre ces trois classiques, Stravinsky a eu par ailleurs dès 1910 un projet de ballet avec COCTEAU, David, ballet qui deviendra finalement Parade, mais avec une musique de SATIE.

Après ses « années de jeunesse » où le bouillant Stravinsky a révolutionné la manière d’aborder les rythmes, le compositeur prend un virage pour revenir à des musiques qualifiées de néo-classiques. C’est ainsi que pour Pulcinella (1920), il s’inspire d’un thème de PERGOLÈSE (1710 – 1736.)

Stravinsky PulcinellaCliquez sur l’image

Après la révolution russe de 1917, il vit en France et en Suisse, et il écrit l’Histoire du soldat (1918) d’après RAMUZ, les Noces (1917 – 1923), un opéra-bouffe : Mavra (1922) d’après POUCHKINE, Oedipus Rex (1927) d’après SOPHOCLE et sur un livret de Cocteau, et Perséphone (1934) sur un livret de GIDE.

Pour les chœurs, il écrit la majestueuse Symphonie de Psaumes (1929 – 1930).

Stravinsky Symphonie de PsaumesCliquez sur l’orchestre

En 1940, il émigre aux États-Unis comme beaucoup de compositeurs européens, et il prendra d’ailleurs la nationalité américaine. En musique symphonique, il écrit la délicieuse Symphonie en trois mouvements (1945).

Stravinsly Symphonie en trois mouvementsCliquez sur le first movement

Cette même année, il écrit pour le clarinettiste de jazz Woody HERMAN le Concerto pour clarinette « Ebony concerto ».

Stravinsky Ebony concertoCliquez sur le chef d’orchestre et le clarinettiste

Sa période néoclassique s’achève vers 1950, après The Rake’s Progress (1948) sur un livret de W.H.AUDEN, un des librettistes de BRITTEN.

Stravinsky The Rake's ProgressCliquez sur Tom Rakewell et Ann Trulove

Il commence alors sa troisième période, plus formelle, où il se rapproche d’un sérialisme à la WEBERN.

Stravinsky meurt le 6  avril 1971 à New York.

littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Théâtre

ELEKTRA, de STRAUSS (1907 – 1908)

Premier des opéras de Richard STRAUSS sur un livret de Hugo von HOFMANNSTHAL, Elektra a été composé en 1908, d’après la tragédie de SOPHOCLE, et créé à Dresde en 1909. C’est, aussitôt après Salomé (créé en 1905), le deuxième opéra mettant en scène une femme quasi hystérique, et la danse finale d’Elektra n’est pas sans rappeler la « danse des sept voiles » de Salomé. Le rôle-titre est souvent considéré comme un des plus éprouvants (pour la chanteuse) du répertoire, dans son post-wagnérisme apocalyptique.

Cette œuvre ne comporte qu’un acte.

Le pitch : Après le meurtre d’Agamemnon par sa femme Clytemnestre, Électre, sa fille, n’aspire qu’à la vengeance de la mort de son père. Au retour de son frère Oreste, elle pousse celui-ci à accomplir leur vengeance commune.

Argument : Dans son palais à Mycènes, les servantes commentent l’attitude d’Électre, enfermée dans sa solitude.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Électre

Chrysothémis, la sœur d’Électre, vient la prévenir que Clytemnestre et son amant Egisthe veulent la jeter au cachot. Elle lui demande de renoncer à sa vengeance et de reprendre une vie normale. Électre s’enfuit alors qu’arrive la reine.

Clytemnestre paraît, hantée par son crime qui l’empêche de dormir. Elle demande à sa fille comment elle pourrait retrouver le sommeil. Électre lui suggère un sacrifice, le sien propre, de la main de son fils Oreste. Emportée par son désir de vengeance, Électre va jusqu’à lui annoncer sa mort, tuée par la hache même qui a servi à assassiner Agamemnon.

Strauss Elektra ClytemnestreCliquez sur Électre et Clytemnestre

Une servante les interrompt pour glisser un mot à l’oreille de Clytemnestre. Celle-ci éclate d’un mauvais rire, et entre dans le palais, laissant Électre dans l’expectative.

Clytemnestre ressort du palais, annonçant la mort d’Oreste. D’abord incrédule, Électre décide d’accomplir elle-même sa vengeance avec l’aide de sa sœur. Mais, Chrysothémis refusant un tel acte, elle se rend compte qu’elle devra le faire seule.

Un étranger arrive, qui cherche à parler à Clytemnestre. Électre lui dit qui elle est. L’étranger lui révèle alors qu’Oreste n’est pas mort.

Des serviteurs, qui ont reconnu l’étranger, se jettent à ses pieds. Électre reconnaît alors son frère Oreste.

Strauss Elektra OresteCliquez sur Oreste

Leurs retrouvailles, sur fond de désir de venger leur père, sont interrompues par le précepteur d’Oreste, qui vient lui dire qu’il est l’heure. Il entre alors au palais, laissant seul Électre. On entend à l’intérieur un cri de Clytemnestre. Électre incite Oreste à frapper encore.

Egisthe arrive à son tour. Comme il entre dans le palais, il est frappé à son tour par Oreste. Chrysothémis sort du palais et raconte à Électre le double meurtre qui vient d’avoir lieu, mais Électre, vengée, n’est déjà plus là, elle danse jusqu’à ce qu’elle tombe morte au sol.

Oreste quitte le palais, seul et en silence.

Strauss Elektra FinalCliquez sur Électre

(Source principale : les notes de Patrice CHÉREAU pour sa mise en scène du festival d’Aix en 2013 [et le DVD de ce spectacle].)

Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (4) : L’AIR

Oups, je crois que j’ai raté le printemps il y a trois jours, et donc le quatrième billet lié à la symbolique des quatre éléments.

Après l’eau, l’élément symbolisant l’hiver, voici donc, puisque débute le printemps, un billet traitant de celui des quatre éléments (le feu – la terre – l’eau – l’air) qui symbolise cette saison. C’est à l’air que le printemps est associé.

L’air est ce qui sépare la terre du ciel, et assure ainsi le lien entre le monde matériel, la terre, et le monde spirituel, le ciel.

Cet élément est réputé chaud et humide, et il est associé au sang et au cœur.

Il représente la légèreté, et est associé au vent, puis par association au vent de l’esprit, c’est-à-dire le souffle qui anime toutes choses. Mais attention, le vent peut aussi se changer en tempête.

Dans la mythologie, l’air est le domaine des elfes.

Musicalement, on trouve un elfe dans le Didon et Enée de PURCELL, quand la sorcière en chef demande à un de ses elfes de prendre l’apparence d’Apollon pour tromper Enée et lui demander de quitter Carthage pour l’Italie (et y fonder une nouvelle cité.)

Purcell Didon et Enée la Caverne des sorcièresCliquez sur la sorcière

Restons avec Purcell et son King Arthur. Au début du cinquième acte, l’enchanteur Merlin invoque Éole, le dieu du vent pour faire cesser la tempête.

Purcell King Arthur The British Worthy (Acte V)Cliquez sur l’image

Dans Les Boréades de RAMEAU, la reine Céphyse doit choisir pour mari un descendant de Borée, le dieu du Vent, mais elle aime un étranger, Abaris, ce qui met Borée en fureur.

Rameau les Boréades Tout cède aux efforts de l'orage (la Tempête)Cliquez sur Abaris, abattu par la force de la tempête

Dans Idoménée de MOZART, le vent invoqué est nettement plus sympathique. Ilia, la fille de Prima prend la nature à témoin de sa douleur dans l’air » Zéphir léger et charmant » (« Zeffiretti lusinghieri »)

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilia

L’air de la calomnie du Barbier de Séville de ROSSINI nous dit que la calomnie est comme un petit vent, qui nous caresse, puis s’amplifie en faisant de plus en plus de dégâts.

Rossini le Barbier de Séville air de la calomnieCliquez sur Bartolo et Basile

Dans La Walkyrie de WAGNER, c’est le souffle tiède du printemps qui fait naître l’amour entre Siegmund et Sieglinde.

Wagner La Walkyrie Chant du printempsCliquez sur le chant du printemps

Dans son Faust, GOUNOD fait appel à la brise légère pour introduire sa célèbre Valse.

Gounod Faust Ainsi que la brise légèreCliquez sur l’image

Et je vous ai réservé un petit cadeau bonus, comme d’habitude réservé à ceux qui ont eu le courage d’aller jusqu’au bout de ce billet.

Point d'interrogationNe cliquez sur ce cadeau bonus que si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Contes et légendes, Le MET s'invite chez vous, Mythologie

LE MET INVITE DES MYTHES ET LÉGENDES CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 mars

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 mars 2021.

Cette semaine, le MET nous propose une sélection d’œuvres tirées des mythes et légendes.

Lundi 22 mars GLUCK Orfeo ed Euridice

Gluck Orfeo ed Euridice (Met 2009)Cliquez sur l’image

Mardi 23 mars BERLIOZ La Damnation de Faust

Berlioz la Damnation de Faust (MET 2008)Cliquez sur les feux follets

Mercredi 24 mars Gluck Iphigénie en Tauride

Gluck Iphigénie en Tauride (MET)Cliquez sur la bande-annonce de ce très beau spectacle

Jeudi 25 mars STRAUSS Elektra

Strauss Elektra (MET 2016)Cliquez sur Electre et Oreste

Vendredi 26 mars MOZART Idomeneo

Mozart Idomeneo (MET 1982)Cliquez sur l’image

Samedi 27 mars Mozart Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant avec horreur le corps de son père lâchement assassiné

Dimanche 28 mars WAGNER Der Fliegende Holländer (Le Vaisseau fantôme)

Wagner Fliegende Höllander (MET 2020)Cliquez sur Senta

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des triangles amoureux !

Écrivains, littérature, Mythologie, Théâtre

LES TRAGIQUES GRECS – 2 – SOPHOCLE (- 495, – 406)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Sophocle a écrit plus de cent pièces, mais seules huit d’entre elles nous sont parvenues.

Trois d’entre elles font partie de la mythologie associée à la ville de Thèbes (Antigone, Œdipe roi et Œdipe à Colone) et trois autres à la guerre de Troyes (Ajax, Électre, Philoctète).

Antigone (- 441) est certainement la pièce de Sophocle la plus connue de nos jours. Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste (Jocaste étant elle-même la mère d’Œdipe se trouve donc être à la fois la mère et la grand-mère d’Antigone). Elle est aussi la sœur d’Étéocle, Polynice et Ismène. À la mort d’Œdipe, les deux frères Étéocle et Polynice se disputent le trône laissé par leur père, et meurent dans un combat fratricide. Leur oncle Créon ordonne que le corps d’Étéocle ne soit pas enseveli comme le voudrait la loi divine, ce qu’Antigone refuse. Elle se fait surprendre alors qu’elle enterre le corps de son frère, et est condamnée à être emmurée vivante. Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone intervient auprès de son oncle qui se laisse fléchir et gracie Antigone, mais trop tard, Antigone s’est pendue dans la grotte où elle devait être emmurée.

Cette pièce a inspiré de très nombreux artistes, notamment COCTEAU et Anouilh au XXe siècle et a inspiré moult opéras.

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

Dans Œdipe roi, l’action se passe à Thèbes ravagée par la peste. Œdipe, devenu roi, cherche à savoir d’où vient la malédiction qui frappe et sa famille, et Thèbes. Il demande au devin Tirésias, qui refuse de répondre. Devant la colère d’Œdipe, il finit par lui révéler qu’il est à la fois le meurtrier de son père et l’époux de sa mère. Devant cette horrible découverte, il se crève les yeux, et demande à partir en exil, après avoir confié ses filles, Antigone et Ismène, à Créon.

Une adaptation à l’opéra de cette tragédie est Œdipus Rex, de STRAVINKY, sur un livret de Jean Cocteau.

Stravinsky Oedipus rexCliquez sur la toile de Max Ernst

Le troisième volet de la trilogie thébaine est Œdipe à Colone. Après s’être crevé les yeux et avoir quitté Thèbes, Œdipe se trouve à Colone, une ville proche d’Athènes. Seules ses filles le soutiennent tandis qu’il cherche à se disculper. Créon, averti par les dieux que la victoire sera à ceux qui seront avec lui veut le ramener à Thèbes, aidé de ses fils Étéocle et Polynice. Aidé par Thésée, le roi d’Athènes, il se retire dans une cachette où il disparaît, après avoir promis sa protection à Athènes.

Le texte a inspiré plusieurs œuvres, dont un opéra d’Antonio Sacchini datant de 1786 (Œdipe à Colone), ainsi qu’une pièce chorale de Iannis Xenakis, À Colone (1977). Le compositeur roumain ENESCO (1881 – 1955) a écrit un Œdipe (1931) reprenant les deux pièces de Sophocle.

Enescu œdipeCliquez sur l’image

Dans Les Trachiniennes, Sophocle nous raconte la mort d’Héraclès, tué par sa femme Déjanire qui, jalouse, a enduit la tunique de Nessus (un centaure vaincu par Héraclès dans ses douze travaux) du sang de l’hydre de Lerne (un autre monstre tué par Héraclès), pour le rendre fidèle. Malheureusement, c’est en revêtant cette tunique empoisonnée que le héros trouve la mort. Déjanire se tuera quand elle comprendra son erreur. Cette pièce a servi de base à Haendel pour son oratorio Hercules.

La légende de Déjanire a également été portée à l’opéra par Camille SAINT-SAËNS en 1898 aux arènes de Béziers. (Attention, rareté !)

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

La trilogie liée à la guerre de Troie commence avec Ajax (- 445). Ajax veut se venger des Atrides, mais Athéna trouble sa raison, et dans un accès de folie, il massacre du bétail. Revenu à lui, et se rendant compte du ridicule auquel il s’est soumis, il se suicide. Ulysse réussit toutefois à persuader Agamemnon de sa vaillance et lui obtient une sépulture digne.

Vient ensuite Électre (- 415). À Mycènes, Électre attend le retour de son frère Oreste. Quand elle apprend la mort de celui-ci, elle envisage de tuer elle-même Clytemnestre qui avait tué son mari Agamemnon (le père d’Électre). Quand finalement Oreste revient, elle l’exhorte à assassiner leur mère Clytemnestre et son amant Egisthe.

Parmi les nombreuses adaptations de ce drame, on peut noter l’Elektra de Richard STRAUSS.

Strauss ElektraCliquez sur Elektra

Philoctète (- 409). Philoctète est le héros qui a allumé le bûcher d’Héraklès pour mettre fin à ses souffrances, empoisonné par la tunique de Nessus que sa femme Déjanire lui avait envoyée pour le rendre fidèle. En récompense, Héraklès lui légua ses flèches magiques trempées dans le sang de l’hydre de Lerne. Philoctète mordu par un serpent fut laissé seul sur une île. Le jeune Néoptolème, fils d’Achille, est envoyé par Ulysse pour le ramener à Troie, lui et ses précieuses flèches, car un devin a révélé aux Grecs qu’ils ne pourraient prendre la ville de Troie qu’avec l’aide de Philoctète et de ses fameuses flèches. Mais le jeune homme ne peut se résoudre à tromper Philoctète, et lui révèle les desseins d’Ulysse qui voulait récupérer les flèches. Dès lors Philoctète veut reprendre son arc pour tuer ce dernier, et il faut une apparition d’Héraklès pour le convaincre d’aller à Troie, où il sera guéri. Dès lors, c’est avec une de ses flèches qu’il tuera Pâris, mettant ainsi fin à la guerre de Troie.

Le personnage de Philoctète apparaît dans le Déjanire (1898) de Camille SAINT-SAËNS (cf. cidsus)

Il y a encore une œuvre de Sophocle, les Limiers, dont on a retrouvé des fragments au début du XXe siècle. Le sujet traite du vol des troupeaux d’Apollon par Hermès, tout juste né. À la fin, Apollon et Hermès se réconcilient grâce à la lyre de ce dernier.

Cette pièce a inspiré Albert ROUSSEL (1869 – 1937) avec son conte lyrique La Naissance de la lyre, créé en 1925.

Roussel La Naissance de la lyreCliquez sur l’enregistrement historique (1930)

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont, 1999)

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ZOROASTRE, de RAMEAU (1749)

Zoroastre est une tragédie lyrique de RAMEAU, sur un livret de Louis de Cahusac, créée en 1749.

Le sujet, maçonnique, en est l’affrontement entre les forces du bien, représentées par Zoroastre et Amélite, et les forces du mal, représentées par Abramane et Erinice. La version de 1749, trop novatrice pour son époque, n’a connu qu’un succès d’estime et Rameau a remis son ouvrage sur le métier en 1756 (année de naissance de MOZART). C’est cette version qui a connu le plus grand succès. On peut noter que c’est dans cet opéra qu’apparaissent pour la première fois les clarinettes dans l’orchestre.

Zoroastre est une préfiguration de ce que sera la Flûte enchantée, composée par Mozart quarante ans plus tard, et dont le héros a pour nom Sarastro. Il faut dire qu’on était à la grande époque de la franc-maçonnerie, franc-maçonnerie qui joue un grand rôle dans la Comtesse de Rudolstadt de George SAND, roman qui est censé se passer au cours de ces mêmes années 1750.

Le pitch : Zoroastre, représentant le bien, aime Amélite, qui est enlevée par Abramane, représentant le mal. Erinice, l’alliée d’Abramane, aime Zoroastre. À la fin, Zoroastre bat Erinice et Abramane.

Suivant la typologie de G.B.SHAW, nous sommes là avec un schéma (S+T/A+B) où un ténor (voire un contre-ténor), Zoroastre, et une soprano, Amélite, voient leur amour contrarié par une basse, Abramane, et une alto, Erinice.

Contrairement à la tradition lullienne, il n’y a pas de prologue à Zoroastre, Rameau commençant son opéra directement par une ouverture.

Rameau Zoroastre OuvertureCliquez sur l’Ouverture de Zoroastre

Acte I : Le tyran Abramane et ses prêtres ont vaincu. Abramane qui aime Amélite en veut à celle-ci de lui avoir préféré son rival Zoroastre, alors qu’Erinice, qui aime Zoroastre, en veut à celui-ci de lui avoir préféré Amélite. Abramane et Amélite se mettent alors d’accord pour régner ensemble, en abandonnant l’amour et faire régner le mal (on reconnaît là le thème de la Tétralogie de WAGNER, écrite un siècle plus tard) (Duo : « Unissons nos fureurs »).

Ils se retirent comme Amélite paraît, avec sa suivante Céphise. Amélite se plaint de l’ennui que lui cause l’absence de Zoroastre. Céphise lui fait valoir que les retrouvailles seront douces. Soudain, la terre tremble, la nuit tombe ! C’est Erinice qui invoque les Esprits cruels qui font régner la terreur et le désespoir. Ils s’emparent d’Amélite.

Acte II : Dans le palais d’Oromasès, le maître des bons esprits, Zoroastre soupire, car Amélite est loin de lui. Oromasès lui apprend qu’en dehors du palais, un monstre faisant régner la terreur sur terre s’est emparé d’Amélite. Zoroastre doit délivrer la terre du pouvoir d’Abramane. Oromasès demande aux cieux de s’ouvrir, et confiant les Livres de Vie (livres sacrés) à Zoroastre, l’envoie sur terre.

Rameau Zoroastre acte IICliquez sur Oromasès

On retrouve Amélite aux mains des Esprits cruels. Erinice s’apprête à la tuer quand Zoroatre apparaît. Erinice retient son bras, et lui avoue son amour pour lui. Zoroastre la rejette. Alors, au comble de la fureur, Erinice projette de les tuer tous deux. (Air : « Je confondrai dans ma fureur »). Zoroastre rompt l’enchantement et le jour revient. Le peuple chante son allégresse. Zoroastre a chassé les dieux criminels, les malheurs vont cesser et les plaisirs renaître (Ensemble : « Tendres amants, formez les plus beaux nœuds »).

Acte III : Abramane reproche à Erinice de n’avoir pas su frapper Amélite quand elle le pouvait. Il la fait disparaître pour assouvir sa vengeance. (Air : « Osons achever de grands crimes »). Le jour se lève. Zoroastre, Amélite et leurs suites se préparent au mariage. (Air : « Ô lumière vive et pure »).

Rameau Zoroastre Accourez jeunesses brillantes (Acte III)Cliquez sur Zoroastre

Les jeunes filles et les jeunes gens se préparent à l’hymen. Au moment où ils vont prononcer leur serment, le tonnerre retentit, le jour disparaît, c’est Abramane qui vient les accabler de son feu. Amélite tombe, foudroyée. Zoroastre déclare que seul l’amour d’Amélite peut lui rendre courage. Il appelle les Esprits bienfaisants pour qu’ils s’occupent d’Amélite, puis court secourir le peuple que menace Abramane.

Rameau Zoroastre Mille rayons brillantsCliquez sur l’image

Acte IV : Dans un temple souterrain, Abramane est en proie à sa propre noirceur (Air : « Cruels tyrans, qui régnez dans mon cœur »).

Rameau Zoroastre Cruels tyransCliquez sur Abramane

Ses prêtres lui annoncent que Zoroastre triomphe. Erinice regrette d’avoir uni son destin à celui d’Abramane, mais celui-ci n’a pas dit son dernier mot. Il fait un sacrifice à son dieu Ariman et fait venir la Vengeance, la Haine et le Désespoir. Tous ensemble, dans une extraordinaire messe noire, s’apprêtent à répandre la terreur et la mort.

Rameau Zoroastre Ah, nos fureurs ne sont point vaines Acte IV scène VICliquez sur la Vengeance

Acte V : Erinice cherche Zoroastre, mais son cœur hésite toujours.

Rameau Zoroastre Quel tourment (Acte V)Cliquez sur l’image

Zoroastre paraît. Elle lui exprime son amour, mais comme le peuple chante les louanges d’Amélite, elle se reprend et retourne à sa haine. Les chants se transforment en pleurs : Erinice a enlevé Amélite. Abramane, face à Zoroastre, lui dit que s’il le frappe, il fera tomber Amélite sous les coups de ses sujets infernaux. Zoroastre le frappe quand même, confiant dans la justice du ciel. Abramane tombe, et les Esprits bienveillants libèrent Amélite. Oromasès lui annonce qu’il a passé la dernière épreuve, et que désormais il peut régner avec Amélite. L’œuvre se termine dans un dernier duo d’amour, accompagné du chœur (Duo : « Que ces nœuds sont charmants »).

(Source principale : je me suis servi pour rédiger ce billet du très beau DVD enregistré au théâtre de Drottningholm en 2006 (et le hasard faisant décidément bien les choses, c’est dans ce même bijou d’opéra que BERGMAN a enregistré sa Flûte enchantée [Trollflöjten]! 🙂)

Compositrices, Jazz, Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (6 JANVIER)

L’épiphanie est une fête chrétienne qui a lieu, traditionnellement, le 6 janvier (ou le premier dimanche de janvier). Dans la culture populaire, ce sont les rois mages, venus d’Orient et guidés par une étoile, pour saluer l’Enfant-Jésus qui vient de naître.

Ce qu’on appelle l’étoile du berger, un des objets célestes les plus brillants du ciel nocturne, est en fait une planète. Il s’agit de Vénus, la deuxième planète du système solaire. Sa proximité avec le soleil fait qu’on ne la voit qu’au lever et au coucher de celui-ci. Au milieu de la nuit, étant proche du soleil, elle est donc cachée en même temps que lui, et au milieu du jour, sa clarté est éclipsée par celle du soleil.

Vénus, c’est évidemment la déesse de l’Amour (Aphrodite chez les Grecs). C’est pour s’être réfugié chez elle que Tannhäuser, dans l’opéra de WAGNER, est rejeté par les hommes. Amusamment, dans cet opéra, on retrouve à la fois son côté pécheresse dans la « bacchanale » qui ouvre le premier acte, et son côté poétique dans la « romance à l’étoile » que Walter chante au 3e acte.

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au mont de Vénus

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur l’image

Mais revenons aux rois mages suivant leur étoile. BIZET s’est inspiré d’un vieux chant provençal pour sa « Marche des Rois », dans la musique qu’il a composée pour la pièce L’Arlésienne de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne (Stutzmann)Cliquez sur l’orchestre et sa cheffe

Pour rester sur le thème de l’épiphanie, écoutons l’opéra jazz de COSMA Marius et Fanny, d’après PAGNOL.

Cosma Marius et FannyCliquez sur Marius et pis Fanny

Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius. Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon.

Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de LA COSTE (1728) à Kaija SAARIHAO (2002).

Orion de de LA COSTE (1728)

de La Coste OrionCliquez sur la partition

Saariaho OrionCliquez sur les percussionnistes

Retrouvez prochainement d’autres histoires liées aux étoiles, constellations et héros de la mythologie, mais en attendant, je ne peux résister au plaisir de vous offrir « E lustevan le stelle », de la Tosca de PUCCINI. Le héros, Cavaradossi, au matin qui précède son exécution, voit le jour se lever sur Rome, et les étoiles s’éteindre dans le ciel.

Puccini Tosca E lucevan le stelleCliquez sur Cavaradossi

Cliquez sur Cavaradossi

Point d'interrogationCliquez sur le bonus (habilement) caché

Et retrouvez une autre série d’éoiles à l’opéra en cliquant sur le lien.