Compositrices, Jazz, Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (6 JANVIER)

L’épiphanie est une fête chrétienne qui a lieu, traditionnellement, le 6 janvier (ou le premier dimanche de janvier). Dans la culture populaire, ce sont les rois mages, venus d’Orient et guidés par une étoile, pour saluer l’Enfant-Jésus qui vient de naître.

Ce qu’on appelle l’étoile du berger, un des objets célestes les plus brillants du ciel nocturne, est en fait une planète. Il s’agit de Vénus, la deuxième planète du système solaire. Sa proximité avec le soleil fait qu’on ne la voit qu’au lever et au coucher de celui-ci. Au milieu de la nuit, étant proche du soleil, elle est donc cachée en même temps que lui, et au milieu du jour, sa clarté est éclipsée par celle du soleil.

Vénus, c’est évidemment la déesse de l’Amour (Aphrodite chez les Grecs). C’est pour s’être réfugié chez elle que Tannhäuser, dans l’opéra de WAGNER, est rejeté par les hommes. Amusamment, dans cet opéra, on retrouve à la fois son côté pécheresse dans la « bacchanale » qui ouvre le premier acte, et son côté poétique dans la « romance à l’étoile » que Walter chante au 3e acte.

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au mont de Vénus

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur l’image

Mais revenons aux rois mages suivant leur étoile. BIZET s’est inspiré d’un vieux chant provençal pour sa « Marche des Rois », dans la musique qu’il a composée pour la pièce L’Arlésienne de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne (Stutzmann)Cliquez sur l’orchestre et sa cheffe

Pour rester sur le thème de l’épiphanie, écoutons l’opéra jazz de COSMA Marius et Fanny, d’après PAGNOL.

Cosma Marius et FannyCliquez sur Marius et pis Fanny

Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius. Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon.

Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de LA COSTE (1728) à Kaija SAARIHAO (2002).

Orion de de LA COSTE (1728)

de La Coste OrionCliquez sur la partition

Saariaho OrionCliquez sur les percussionnistes

Retrouvez prochainement d’autres histoires liées aux étoiles, constellations et héros de la mythologie, mais en attendant, je ne peux résister au plaisir de vous offrir « E lustevan le stelle », de la Tosca de PUCCINI. Le héros, Cavaradossi, au matin qui précède son exécution, voit le jour se lever sur Rome, et les étoiles s’éteindre dans le ciel.

Puccini Tosca E lucevan le Stelle (Kaufmann)Cliquez sur Cavaradossi

Point d'interrogationCliquez sur le bonus (habilement) caché

Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (3) : L’EAU

Puisque nous entrons en hiver, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est à l’eau que l’hiver est associé.

Dans l’étude de la symbolique de ces quatre éléments, l’eau est d’abord la source de toute vie. Mais comme le feu avait le double pouvoir de réchauffer comme celui de détruire ou de brûler, l’eau, source de vie, a aussi le pouvoir de dissoudre ou de noyer. Le caractère symbolique de l’eau, c’est d’être humide et froide.

Il faut distinguer l’eau calme et pure, celle de la source ou de la rivière (ou des lacs) et l’eau violente, celle de la tempête sur la mer. En symbolique, on distingue également l’eau souterraine, ou chtonienne de l’eau de pluie, la plus pure, celle qui vient du ciel.

Dans pratiquement toutes les civilisations, on trouve une légende des dieux qui inonde la Terre pour en faire disparaître l’homme, coupable d’offenses envers eux. On en trouve un exemple rapporté par OVIDE dans ses Métamorphoses où Jupiter choisit l’eau pour soulager la Terre de la présence des hommes. Ce déluge a été mis en musique par FALVETTI dans son Diluvio Universale.

falvetti il diluvio universaleLaissez vous aller au plaisir d’écouter Il Diluvio Universale en cliquant sur l’image

WAGNER a été inspiré par l’eau puisque son premier opéra « de la maturité » est le Vaisseau fantôme, que le deuxième acte de son chef-d’œuvre Tristan und Isolde se passe sur la mer, et que la Tétralogie commence sur le Rhin, par le vol de l’Or du Rhin par le nain Alberich, et se termine seize heures de musique plus tard par le Rhin qui déborde et éteint l’incendie qui a détruit le Walhalla, laissant la place à l’homme sur la Terre à la fin du Crépuscule des dieux.

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur le prélude de l’Or du Rhin

On retrouve cette notion d’engloutissement dans les légendes des villes englouties. Par exemple, le Roi d’Ys de LALO ou la légende de Kitège, la ville engloutie de RIMSKI-KORSAKOV.

Lalo le roi d'Ys Vainement ma bien aiméeCliquez sur Mylio

Bien entendu, les mythologies sont riches en créatures de l’eau, les sirènes, ondines, naïades ou nixes. Une de mes préférées, à l’opéra, est Rusalka. L’héroïne de Rusalka est une naïade, une des filles de l’ondin, le génie des eaux. Elle habite un lac, mais pour son malheur tombe amoureuse d’un prince qui vient s’y baigner tout le jour. Quittant son statut de naïade par amour pour le prince, elle finit par errer entre les deux mondes des humains et de l’eau.

Dvorak rusalka mladosti zve pozbavenaCliquez sur Rusalka

DEBUSSY, qui était terrien avant que d’être marin nous a laissé, outre son poème symphonique la Mer, un prélude qu’il a appelé la Cathédrale engloutie (rappelons que Debussy écrivait d’abord la musique, et qu’il ne posait un titre dessous qu’après avoir composé ses morceaux).

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur Lenny

La mer peut être associée à l’amour (comme dans Tristan). Écoutons le Poème de l’Amour et de la Mer de CHAUSSON.

Chausson poème de l'amour et de la merCliquez sur l’image

Mythologie, Nature

LES 4 ÉLÉMENTS (2) : LA TERRE.

Puisque nous sommes en automne, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est à la terre que l’automne est associé.

Dans l’étude de la symbolique de ces quatre éléments, la terre est réputée sèche, et l’automne est une saison froide et sèche.

Par « la terre », il faut comprendre le monde sous-terrain, et le dieu associé dans la mythologie gréco-romaine est donc Hadès / Pluton, le dieu des enfers. Pluton est un des frères de Zeus / Jupiter. Alors que Jupiter règne sur le monde « d’en haut », Pluton règne sur le monde « d’en bas ». Il est considéré, de par son pouvoir sous-terrain, comme maître de la mort et de la renaissance qui s’en suit. C’est le même symbole qui est rattaché à l’automne, la saison où la végétation se met en sommeil, pour disparaître en hiver, et réapparaître toute jeune au printemps.

Amusamment, la femme de Pluton, Proserpine (ou Perséphone), qui est une fille de Jupiter enlevée par Pluton qui en a fait le reine des enfers, est aussi la déesse du… printemps ! Vous pouvez donc vous attendre à réentendre parler d’elle dans six mois.

Les différentes légendes liées à une descente aux enfers pour y retrouver, voire récupérer, un être cher peuvent être considérées comme des mythes de l’automne.

En premier lieu, il faut citer le mythe d’Orphée, du nom de ce héros musicien dont le pouvoir était tel qu’il était capable de charmer les dieux eux-mêmes par son chant. Ayant perdu son Eurydice, mordue par un serpent, il décide d’aller la rechercher aux enfers.

Monteverdi Orfeo Nulla impresa per uom si tenta invanoCliquez sur Claudio

Un autre mythe est celui d’Alceste et Admète, dans lequel le roi Admète est mourant. Apollon lui a toutefois accordé le droit de vivre s’il se trouve quelqu’un pour mourir à sa place. Alceste se dévoue. Alcide, qui était amoureux (secret) d’Alceste décide d’aller la rechercher aux enfers si Admète accepte de la lui céder à son retour du royaume des morts. Sa tâche accomplie, il décide de renoncer à Alceste, « le vainqueur des tyrans ne devant pas devenir tyran à son tour ». (Toute cette histoire sera racontée en détail dans des billets à venir consacrés au mythe d’Alceste et aux opéras qu’en ont tirés LULLY et GLUCK.)

Gluck Alceste Ah divinités implacablesCliquez sur Alceste

Dans Hippolyte et Aricie de RAMEAU, c’est Thésée qui descend aux enfers chercher son ami Pirithoüs.

Rameau Hippolyte et Aricie Puisque Pluton est inflexibleCliquez sur Thésée

Rameau a également mis en musique le mythe de Castor et Pollux, où Pollux se propose de descendre aux enfers prendre la place de son frère jumeau. Castor et Pollux étaient les fils de Léda, mais issus de deux œufs différents. Pollux, en tant que fils de Jupiter, était un demi-dieu et donc immortel, alors que Pollux, fils de Tyndare était mortel. Jupiter finit par accepter, soulignant que Pollux allait perdre son immortalité. À la fin Jupiter, ému par cet amour fraternel, leur réserve une place au ciel, et depuis ils forment la constellation des Gémeaux.

Rameau Castor et Pollux Tombez, rentrez dans l'esclavageCliquez sur l’image

Retrouvez ici le troisième élément, l’eau.

Nature

LES QUATRE SAISONS (8) L’AUTOMNE (2)

Après le billet consacré l’année dernière à l’automne, voici une nouvelle sélection d’œuvres se rapportant à cette saison.

L’automne marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, la durée de la nuit est plus longue que celle du jour.

Comme pour mes précédents billets sur les saisons, ouvrons le bal avec les fameuses Quatre saisons d’Antonio VIVALDI.

Vivaldi l'automne Max RichterCliquez sur la violoniste

L’automne, c’est la saison des vendanges, aussi dans son oratorio Les Saisons, Joseph HAYDN nous offre ce chœur « le Vin est là » :

Haydn les Saisons l'automne le Vin est làCliquez sur l’image

Dans son cycle Les Saisons, Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI a composé ce très beau et très lyrique « Chant d’octobre » :

Tchaïkovski les Saisons OctobreCliquez sur la pianiste

Parmi ses nombreuses mélodies, Gabriel FAURÉ a composé cet « Automne » sur un poème d’Armand SILVESTRE.

Fauré Automne d'Armand SylvestreCliquez sur l’image

Jules MASSENET a également mis en musique ce même poème.

Massenet AutomneCliquez sur l’image

Et Ernest CHAUSSON évoque si bellement cette saison (et l’hiver) dans sa mélodie « Dans la forêt chauve et rouillée », sur un poème de Théophile GAUTIER :

Chausson la dernière feuille NormanCliquez sur l’image

Et pour finir, ce chant qui fait partie de nos traditions familiales, où il n’est pas rare qu’une soirée ne se termine par « Colchique dans les prés » de Jacqueline DEBATTE pour les paroles et Francine COCKENPOT pour la musique (c’est aussi un classique des veillées au coin du feu dans les camps scouts). Autant la version interprétée par Francis CABREL est rapide, autant celle de Patricia PETIBON est lente et étirée.

Cockenpot Colchique dans les présCliquez sur l’image

P.S. Que les amoureux et les amoureuses du printemps se rassurent, le printemps reviendra. Il revient toujours le printemps.

Divers, Nature

VOICI DES ROSES

De toutes les fleurs, la rose est peut-être la plus universelle pour l’être humain, et chaque type de rose porte un sens différent suivant sa couleur.

Je vous propose ici un bouque d’airs parfumés à la rose.

« Mignonne allons voir si la rose »…

En 1821, dans le Freischütz de WEBER, Agathe et ses demoiselles d’honneur chantent devant le bouquet de roses blanches d’Agathe.

Weber Der Freischütz Cavatine d'AgatheCliquez sur Agathe

En 1846, c’est BERLIOZ qui fait chanter à Méphistophélès « Voici des roses » dans sa Damnation de Faust.

voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, avec « le Spectre de la rose », extrait des Nuits d’été.

Berlioz Nuits dété NormanCliquez sur l’image

En 1883, MASSENET dans Manon fait chanter le duo : « À nous les amours et les roses. »

Massenet Manon A nous les amours et les rosesCliquez sur l’image

Dans Iolanta (1892) de TCHAÏKOVSKY, c’est quand il comprend que Iolanta ne voit pas les couleurs et qu’elle ne peut lui offrir que des roses blanches au lieu de la rose rouge qu’il lui demande en souvenir d’elle que Godefroy se rend compte de la cécité de Iolanta.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur le final de Iolanta

En 1911, dans Le Chevalier à la rose de  STRAUSS, la scène de la présentation de la rose d’argent aux fiancés est une des scènes majeures de l’opéra.

Parmi les mélodies de FAURE figure « Les Roses d’Ispahan » (1894), sur un poème de LECONTE DE LISLE.

Fauré Les roses d'IspahanCliquez sur la pochette de disque

 

 

Cinématographe, Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (1) : LE FEU

Puisque nous sommes en été, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est bien évidemment au feu qu’elle est associée, puisque l’été est la saison du soleil et de sa chaleur.

Le feu est un élément ambivalent. D’un côté, il apporte la chaleur et la lumière. Il permet de cuire les aliments et, anciennement, il écartait les bêtes sauvages du foyer. Le foyer, qui désignait le lieu du feu, est devenu par métonymie le terme qui signifie l’endroit où l’on vit, la maison. Par un second glissement de sens, il désigne aussi la famille (pensez au foyer fiscal des impôts.)

Le feu, c’est aussi l’amour. On brûle d’amour ou on déclare sa flamme à l’être aimé. Ainsi le duo final de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ : « L’amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

(Vous pouvez aussi réécouter l’air « d’amour l’ardente flamme » de la Damnation de Faust du même Berlioz.)

D’un autre côté, le feu brûle et détruit. Il est aussi associé aux flammes de l’enfer, où les damnés vont brûler pour l’éternité. C’est ce qui arrive à don Giovanni à la fin de l’opéra de MOZART, où le spectre du commandeur vient le chercher.

Mozart don giovanni scène finaleCliquez sur don Giovanni emporté dans les flammes de l’enfer

Dans la mythologie, le Titan Prométhée a volé le feu sacré des dieux afin de l’offrir aux hommes. Pour le punir, Zeus l’a condamné à être attaché sur un rocher où un aigle venait tous les jours lui manger le foie. GOETHE a repris cette légende dans un poème en 1774, poème que SCHUBERT a mis en musique en 1819.

Schubert PrometheusCliquez sur l’image

Environ un siècle plus tard, SCRIABINE écrit sur le même thème une de ses œuvres les plus connues, le poème symphonique Prométhée ou le poème du feu.

Scriabine Prométhée le poème du feuCliquez sur l’image

Toujours dans la mythologie gréco-latine, la divinité grecque du feu et du foyer était Hestia (en latin Vesta). Et les vestales, c’étaient ces jeunes filles qui chez les romains entretenaient le feu sacré. La vestale la plus connue à l’opéra est celle mise en scène par SPONTINI dans son opéra du même nom.

Spontini la Vestale O nume TutelarCliquez sur la vestale

Vulcain, le dieu romain du feu, est aussi le protecteur des forgerons. Ce n’est peut-être pas un hasard si dans le Trouvère de VERDI, qui contient la scène hallucinante où la gitane Azucena avoue avoir jeté son enfant dans le feu, croyant qu’il s’agissait de celui de son ennemi juré, on trouve un des chœurs les plus célèbres de Verdi, le chœur des forgerons.

Verdi Il Trovatore chœur des forgeronsCliquez sur les enclumes

La figure géométrique associée au feu est le tétraèdre. Ce qui me conduit naturellement à la tétralogie de WAGNER, où le feu occupe une grande place. Il est personnalisé par Loge (Loki), le demi-dieu scandinave du feu, qui va aider Wotan dans sa tentative désespérée de rétablir l’ordre du monde ancien. À la fin de la Walkyrie, c’est lui qui protège la walkyrie endormie sur un rocher par un cercle de feu que seul un héros n’ayant jamais connu la peur pourra franchir. À la fin de Siegfried, le héros éponyme va enfin franchir ce cercle de feu pour réveiller la belle endormie. Et à la fin (décidément) du Crépuscule des dieux, Brünnhilde met fin à l’histoire en dressant un bûcher funéraire sur lequel elle brûlera le corps de son Siegfried adoré, lâchement assassiné par le traître Hunding.

Wagner Crépuscule des dieux fin du finalCliquez sur l’embrasement final du Walhalla

 

Dans les mythologies indo-persanes, le temple de la religion zoroastrienne est le temple du feu. On retrouve ce personnage sous ce nom dans l’opéra Zoroastre de RAMEAU, sous le nom de Zarastro dans la Flûte enchantée de MOZART ou dans le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra de Richard STRAUSS, d’après l’œuvre de NIETZSCHE.

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

Dans l’opéra pour enfant L’enfant et les Sortilèges, de RAVEL, le feu participe à la fronde des animaux et des objets qui se rebellent contre l’enfant.

Ravel l'enfant et les sortilèges le feuCliquez sur la révolte du feu contre l’enfant méchant

Dans son opéra l’Amour sorcier, DE FALLA compose cette très belle Danse rituelle du feu.

De Falla Danse rituelle du feuCliquez sur l’image

 

Divers, Nature

LES QUATRE SAISONS (7) – L’ÉTÉ (2)

Comme le disait Edgar Allan POE, « l’été, la nuit les bruits sont en fête ».

(Eh oui, ce billet s’inscrit dans le cadre de l’agenda ironique de juin 2020

https://palettedexpressions.wordpress.com/2020/06/02/agenda-ironique-de-juin/ .)

Je reviendrai ultérieurement sur les adaptations de Poe à l’opéra, dans un billet qui lui sera consacré.

Après le billet consacré il y a un an à l’été, voici une nouvelle livraison d’airs en rapport avec la saison chaude.

Le solstice d’été correspond au jour le plus long de l’année, et donc à la nuit la plus courte. À partir de cette date, la durée du jour diminue jusqu’à l’équinoxe d’automne, date à laquelle la durée du jour devient égale à celle de la nuit.

Pour les poètes, l’été est la saison de la chaleur et des moissons. Et c’est un thème qui a inspiré bien des compositeurs.

Je ne peux évidemment pas passer à côté de VIVALDI et de ses célèbres quatre Saisons, avec son concerto l’Été. Écoutons en le « Presto » !

Vivaldi l'étéCliquez sur l’image

Un des oratorios les plus connus de Joseph HAYDN est Les Saisons (1801). Écoutons le chœur qui annonce l’orage, extrait de « l’Été ». (Je ne suis pas certain que le bruit de l’orage soit un bruit de fête.)

Haydn les saisons l'étéCliquez sur l’image

En 1841 BERLIOZ compose son cycle de mélodies Les Nuits d’été sur des poèmes de Théophile GAUTIER.

Berlioz Nuits d'été VillanelleCliquez sur l’image

Parmi les nombreuses adaptations du Songe d’une nuit d’été de SHAKESPEARE figure la musique de scène écrite par Félix MENDELSSOHN-BARTHOLDY en 1843, avec sa fameuse « marche nuptiale ». (Alors là, pour le coup, le « bruit organisé » qu’est la musique devient une fête.)

Mendelssohn le songe d'une nuit détéCliquez sur l’image

TCHAÏKOVSKI a composé un cycle pour piano intitulé Les Saisons, à raison d’une pièce par mois. Écoutons « Juillet » extrait de ce cycle peu connu.

Tchaïkovski les Saisons JuilletCliquez sur l’image

De Tchaïkovski également, on trouve au début d’Eugène Onéguine (1877) un chœur des paysans faisant la fête pour célébrer la fin des moissons (tiens, encore un chœur de Tchaïkovski !).

Tchaïkovski Eugène Onéguine Choeur des paysansCliquez sur le chœur des paysans

Et enfin, pour boucler la boucle, retrouvons le Songe d’une nuit d’été avec l’opéra du même nom de BRITTEN, datant de 1960.

Britten a midsummers night's dream

Cliquez sur l’image

Et pour avoir plus de musique sur ce Songe d’une nuit d’été, je vous invite à aller revoir le billet La Vie est un songe

Et puisque j’ai commencé avec Poe, je terminerai par cette citation de Lewis CAROLL : « Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive ».

Talbot Alice in wonderlandCliquez sur le chapelier fou

 

Nature

LE PRINTEMPS S’INVITE CHEZ VOUS. LES QUATRE SAISONS (6) – LE PRINTEMPS (2)

Comme je l’écrivais il y a un an, le printemps marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, le taux d’allongement du jour décroît pour aller s’annuler au solstice d’été.

Pour les poètes, le printemps est la saison du renouveau de la nature, de la jeunesse, et des amours naissantes. C’est donc un thème de choix qui a inspiré les compositeurs.

À tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par VIVALDI et ses quatre Saisons, avec son célébrissime Printemps. (Merci Ysabel pour ton cadeau de Noël qui m’a fait découvrir cette version.)

Vivaldi le Printemps Max RichterCliquez sur l’image

Dans son oratorio Les Saisons (1799 – 1801), HAYDN met évidemment le printemps en musique.

Haydn Les Saisons le printempsCliquez sur l’image

En 1802, BEETHOVEN écrit sa sonate pour piano et violon Le printemps. Écoutons le sublime mouvement lent.

Beethoven sonate le printemps 2e mvtCliquez sur l’image

Dans son très romantique recueil de mélodies Liederkreis (1840), Robert SCHUMANN termine par un Frühlingsnacht (Nuit de printemps.)

Schumann Liederkreis FrühlingstnachtCliquez sur Dietrich F.D.

Dans sa « Vilanelle » des Nuits d’été (1841), BERLIOZ fait chanter le printemps.

Berlioz Nuits d'été vilanelleCliquez sur Hector B.

Dans La Walkyrie (1855) de WAGNER, c’est l’entrée du printemps, passionné, dans la maison où se trouvent Sieglinde et Siegmund, qui révèle leur amour.

Wagner Walkyrie le printempsCliquez sur Jonas K.

RACHMANINOV a écrit sa cantate pour baryton, chœur et orchestre Le printemps, opus 20, en 1902. Écoutons-en le début.

Rachmaninov Le printemps (début)Cliquez sur l’image

 

littérature, Nature, Poésie, Shakespeare

LA TEMPÊTE (LES TEMPÊTES)

La tempête a béni mes éveils maritimes
Plus léger qu’un bouchon, j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots.
                                                                Arthur (Arc-en-ciel) RIMBAUD, le Bateau ivre

Alors qu’une tempête vient à nouveau de traverser la France et l’Europe, il m’est venu à l’idée de chercher les plus belles mises en musique de tempêtes à l’opéra.

La Tempête (1610) est une des pièces de SHAKESPEARE qui a été le plus mise en musique. Dès 1695, PURCELL a écrit un semi-opéra sur ce thème. Cette pièce a également inspiré BEETHOVEN pour sa sonate n°17, dite La Tempête, ainsi que le compositeur Thomas ADÈS (The Tempest 2004).

Beethoven sonate la TempêteCliquez sur le pianiste

Fromental HALÉVY, le beau-père de BIZET a lui aussi écrit un opéra sur La Tempête, en 1850.

Outre ces adaptations du grand William, la tempête (maritime) a inspiré bien des compositeurs. Dès 1706, Marin MARAIS met en musique une des premières scènes de tempête à l’opéra, dans son Alcyone, d’après OVIDE.

Marais Alcyone la tempêteCliquez sur l’image

Une vingtaine d’années plus tard, VIVALDI écrit la Tempesta di mare, un concerto pour flûte, dans son opus 10.


Vivaldi la tempesta di mareCliquez sur l’image

Le thème du voyageur perdu dans la tempête et rejeté sur un rivage inconnu est un thème récurrent, que l’on retrouve par exemple chez VIVALDI dans Orlando Furioso (1727), chez RAMEAU dans Les Indes galantes (1735), chez GLUCK dans Iphigénie en Tauride (1779)

Gluck Iphihénie en Tauride ouverture et airCliquez sur cette malheureuse Iphigénie

et jusqu’à ROSSINI avec son Italienne à Alger (1813). (Cf. à ce sujet l’orientalisme à l’opéra.)

Le mouvement intellectuel « Sturm und Drang » (« Tempête et passion« ) est consubstantiel au romantisme allemand. Aussi est-ce sans surprise que l’on retrouve une tempête dans la scène de la Gorge aux loups du Freischütz (1821) de WEBER. WAGNER, impressionné par la découverte de cet opéra alors qu’il avait sept ans, met en musique une tempête au début de son Vaisseau fantôme (1842).

Wagner Vaisseau fantôme ouverture KarajanCliquez sur le bateau en détresse dans la tempête

Et on continue à trouver de belles évocations de tempête dans le Guillaume Tell (1829) de ROSSINI, dans l’ouverture de l’Otello (1884) de VERDI.

Verdi Otello ouvertureCliquez sur l’image

Le XXe siècle continue la représentation de tempêtes avec par exemple Porgy and Bess (1935) de GERSHWIN ou le Peter Grimes (1944) de BRITTEN.

Britten peter Grimes la tempêteCliquez sur Benjamin Britten

Cinématographe, Mythologie, Nature, Valse

LES QUATRE SAISONS (5) – L’HIVER (2)

Après un premier billet sur la mise en musique de l’hiver, billet paru il y a un an (déjà), voici une suite des aventures musicales de l’hiver.

Évidemment, quand on dit Quatre saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI.

Vivaldi l'hiver

Cliquez sur l’image

Mais avant Vivaldi, LULLY avait écrit en 1687 Isis, d’après les Métamorphoses d’Ovide. On y apprend que Junon, jalouse de Io courtisée par Jupiter, poursuit celle-ci jusqu’à l’embouchure du Nil. Jupiter demande alors à Junon de l’épargner, ce qu’elle accepte de faire en la transformant en déesse. Dès lors, Io s’appellera Isis et sera vénérée par les Égyptiens. Il y a dans Isis un très bel air tremblé « Hiver qui nous tourmente ».

Lully ISIS Hiver qui nous tourmente

Cliquez sur les Pages du roi

PURCELL s’en souviendra quelques années plus tard (en 1691) quand il écrira l’air du génie du froid du King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song Orlinski

Cliquez sur le génie du froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur en hiver.

Schubert Winterreise Erstarrung

Cliquez sur la partition
En 1882, WALDTEUFEL écrit la Valse des patineurs (peut-être la seule partition de lui qui soit restée au répertoire).

Waldteufel Valse des patineurs

Cliquez sur Émile Waldteufel

En 1892, CATALANI écrit La Wally dont l’action se déroule au Tyrol. La fin de cet opéra se passe à Noël, dans une tempête de neige. Je vous propose d’écouter le fameux air « Ebben ? Ne andro lontana », dont DVORAK se souviendra probablement quand il écrira Rusalka en 1900. Les plus cinéphiles d’entre vous reconnaîtront cet air rendu fameux par Jean-Jacques BEINEIX dans son film Diva (1981).

Catalani La Wally ebben ne andro lontana

Cliquez sur l’image
En 1899, GLAZOUNOV écrit un ballet pour Marius PETIPA, Les Saisons. Écoutons l’hiver.

Glazounov les saisons l'hiver

Cliquez sur l’image

En 1938, PROKOFIEV écrit la musique du film Alexandre Nevski de Sergueï EINSENSTEIN. On y trouve la fameuse scène de la bataille sur le lac gelé.

Prokofiev Alexandre Nevski

Cliquez sur l’image du film

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérez que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)