littérature, nature, poésie, Shakespeare

LA TEMPÊTE (LES TEMPÊTES)

La tempête a béni mes éveils maritimes
Plus léger qu’un bouchon, j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’œil niais des falots.
                                                                Arthur (Arc-en-ciel) RIMBAUD, le Bateau ivre

Alors qu’une tempête vient à nouveau de traverser la France et l’Europe, il m’est venu à l’idée de chercher les plus belles mises en musique de tempêtes à l’opéra.

La Tempête (1610) est une des pièces de SHAKESPEARE qui a été le plus mise en musique. Dès 1695, PURCELL a écrit un semi-opéra sur ce thème. Cette pièce a également inspiré BEETHOVEN pour sa sonate n°17, dite La Tempête.

Beethoven sonate la TempêteCliquez sur le pianiste

Fromental HALÉVY, le beau-père de BIZET a lui aussi écrit un opéra sur La Tempête, en 1850.

Outre ces adaptations du grand William, la tempête (maritime) a inspiré bien des compositeurs. Dès 1706, Marin MARAIS met en musique une des premières scènes de tempête à l’opéra, dans son Alcyone, d’après OVIDE.

Marais Alcyone la tempêteCliquez sur l’image

Une vingtaine d’années plus tard, VIVALDI écrit la Tempesta di mare, un concerto pour flûte, dans son opus 10.


Vivaldi la tempesta di mareCliquez sur l’image

Le thème du voyageur perdu dans la tempête et rejeté sur un rivage inconnu est un thème récurrent, que l’on retrouve par exemple chez VIVALDI dans Orlando Furioso (1727), chez RAMEAU dans Les Indes galantes (1735), chez GLUCK dans Iphigénie en Tauride (1779)

Gluck Iphihénie en Tauride ouverture et airCliquez sur cette malheureuse Iphigénie

et jusqu’à ROSSINI avec son Italienne à Alger (1813). (Cf. à ce sujet l’orientalisme à l’opéra.)

Le mouvement intellectuel « Sturm und Drang » (« Tempête et passion« ) est consubstantiel au romantisme allemand. Aussi est-ce sans surprise que l’on retrouve une tempête dans la scène de la Gorge aux loups du Freischütz (1821) de WEBER. WAGNER, impressionné par la découverte de cet opéra alors qu’il avait sept ans, met en musique une tempête au début de son Vaisseau fantôme (1843).

Wagner Vaisseau fantôme ouverture KarajanCliquez sur le bateau en détresse dans la tempête

Et on continue à trouver de belles évocations de tempête dans le Guillaume Tell (1829) de ROSSINI, dans l’ouverture de l’Otello (1884) de VERDI.

Verdi Otello ouvertureCliquez sur l’image

Le XXe siècle continue la représentation de tempêtes avec par exemple Porgy and Bess (1935) de GERSHWIN ou le Peter Grimes (1944) de BRITTEN.

Britten peter Grimes la tempêteCliquez sur Benjamin Britten

Cinématographe, Mythologie, nature, Valse

LES QUATRE SAISONS (5) – L’HIVER (2)

Après un premier billet sur la mise en musique de l’hiver, billet paru il y a un an (déjà), voici une suite des aventures musicales de l’hiver.

Évidemment, quand on dit Quatre saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI.

Vivaldi l'hiver

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Mais avant Vivaldi, LULLY avait écrit en 1687 Isis, d’après les Métamorphoses d’Ovide. On y apprend que Junon, jalouse de Io courtisée par Jupiter, poursuit celle-ci jusqu’à l’embouchure du Nil. Jupiter demande alors à Junon de l’épargner, ce qu’elle accepte de faire en la transformant en déesse. Dès lors, Io s’appellera Isis et sera vénérée par les Égyptiens. Il y a dans Isis un très bel air tremblé « Hiver qui nous tourmente ».

Lully ISIS Hiver qui nous tourmente

Cliquez sur les Pages du roi

PURCELL s’en souviendra quelques années plus tard (en 1691) quand il écrira l’air du génie du froid du King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song Orlinski

Cliquez sur le génie du froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur en hiver.

Schubert Winterreise Erstarrung

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En 1882, WALDTEUFEL écrit la Valse des patineurs (peut-être la seule partition de lui qui soit restée au répertoire).

Waldteufel Valse des patineurs

Cliquez sur Émile Waldteufel

En 1892, CATALANI écrit La Wally dont l’action se déroule au Tyrol. La fin de cet opéra se passe à Noël, dans une tempête de neige. Je vous propose d’écouter le fameux air « Ebben ? Ne andro lontana », dont DVORAK se souviendra probablement quand il écrira Rusalka en 1900. Les plus cinéphiles d’entre vous reconnaîtront cet air rendu fameux par Jean-Jacques BEINEIX dans son film Diva (1981).

Catalani La Wally ebben ne andro lontana

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En 1899, GLAZOUNOV écrit un ballet pour Marius PETIPA, Les Saisons. Écoutons l’hiver.

Glazounov les saisons l'hiver

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En 1938, PROKOFIEV écrit la musique du film Alexandre Nevski de Sergueï EINSENSTEIN. On y trouve la fameuse scène de la bataille sur le lac gelé.

Prokofiev Alexandre Nevski

Cliquez sur l’image du film

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérez que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)

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Les quatre saisons (4) : l’automne

Après le billet consacré au solstice d’été, voici celui sur l’automne.

L’automne marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, la durée de la nuit est plus longue que celle du jour.

Comme pour mes précédents billets sur les saisons, ouvrons le bal avec les fameuses Quatre saisons de VIVALDI.

Vivaldi 4 saisons l'automneCliquez sur l’image

Dans son oratorio Les Saisons, HAYDN illustre l’automne avec ce chœur de chasseurs :

Haydn les Saisons l'automneCliquez sur papa Haydn

TCHAÏKOVSKI a composé ce très beau et très lyrique « Chant d’automne » :

Tchaikovski Chant d'automneCliquez sur Tchaïkovski

Parmi ses nombreuses mélodies, MASSENET nous a gratifiés d’une « sérénade d’automne » et d’une « pensée d’automne » :

Massenet Pensée d'automneCliquez sur l’image

Et CHAUSSON évoque si bellement cette saison (et l’hiver) dans sa mélodie « Dans la forêt chauve et rouillée », sur un poème de Théophile GAUTIER :

Chausson la dernière feuilleCliquez sur l’image

L’automne de la vie, c’est quand on sent que nos forces vives s’estompent. On ressent cet état d’âme crépusculaire chez la comtesse des Noces de Figaro de MOZART comme chez celle du Chevalier à la rose de STRAUSS.

Enfin, je m’en voudrais de consacrer un billet à l’automne sans citer la « Chanson d’automne » de VERLAINE.

Verlaine Chanson d'automneCliquez sur Hugues AUFRAY

 

 

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Les quatre saisons (3) : l’été

Après le billet consacré au printemps, voici celui consacré au solstice d’été.

Le solstice d’été correspond au jour le plus long de l’année, et donc à la nuit la plus courte. À partir de cette date, la durée du jour diminue jusqu’à l’équinoxe d’automne, date à laquelle la durée du jour devient égale à celle de la nuit.

Pour les poètes, l’été est la saison de la chaleur et des moissons. Et c’est un thème qui a inspiré les compositeurs.

La première trace sur mon radar musical en rapport avec l’été est the Fairy Queen de PURCELL, tiré du Songe d’une nuit d’été du grand William.

Purcell the Fairy QueenCliquez sur l’image

Je ne peux évidemment pas passer à côté de VIVALDI et de ses célèbres quatre Saisons, avec son concerto l’Été.

Vivaldi 4 saisons l'étéCliquez sur l’image

Un des oratorios les plus connus de Joseph HAYDN est Les Saisons (1801). Écoutons l’orage, extrait de l’été.

haydn les saisons l'étéCliquez sur l’image

L’opéra de DONIZETTI L’Élixir d’amour (1832) se passe en été, et commence pendant la pause de midi, quand il fait trop chaud pour les moissons.

donizetti Élixir d'amour étéCliquez sur l’image

En 1841 BERLIOZ compose son cycle de mélodies Les Nuits d’été sur des poèmes de Théophile GAUTIER.

Berlioz Nuits d'été 4 absenceCliquez sur l’image

Eugène Onéguine (1877 – 1878) de TCHAÏKOVSKI débute par une belle soirée d’été. On y entend un chœur de paysans qui chantent la fin des moissons.

Tchaïkovsky Onéguine choeur des paysansCliquez sur l’image

Tchaïkovski a également composé un cycle pour piano intitulé Les Saisons. Écoutons Juin extrait de ce cycle peu connu.

Tchaikovsky les saisons juinCliquez sur l’image

Dans Porgy and Bess (1935) de GERSHWIN, un des airs les plus célèbres est certainement Summertime.

Gershwin Porgy & Bess SummertimeCliquez sur Bess

Et enfin, pour boucler la boucle, retrouvons le Songe d’une nuit d’été avec l’opéra du même nom de BRITTEN, datant de 1960.

Britten a midsummer night dream I know a bankCliquez sur l’image

Et pour avoir plus de musique sur ce Songe d’une nuit d’été, je vous invite à aller voir le billet La Vie est un songe

Rendez-vous à présent pour l’automne.

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Au crépuscule

Dans l’expressionnisme musical propre à l’univers de l’opéra, le crépuscule, cette période où le jour cède la place à la nuit, a inspiré bien des compositeurs.

Ainsi, dans la quatorzième mélodie de son crépusculaire Voyage d’Hiver (Winterreise) (1828), SCHUBERT nous parle de ces têtes qui blanchissent en une nuit, du crépuscule au petit matin.

schubert crépusculeCliquez sur l’image

Un des plus beaux airs de La Damnation de Faust, de BERLIOZ, est  » Merci doux Crépuscule  » chanté par le héros éponyme.

berlioz merci doux crépusculeCliquez sur l’image

Sur ce thème, on pense évidemment au Crépuscule des dieux, le dernier volet de la tétralogie de WAGNER. Dans l’extrait qui suit, le héros, Siegfried, a été lâchement assassiné, et on descend son corps sur le Rhin. Au bout de son voyage funèbre, la walkyrie Brünnhilde dressera un bûcher pour Siegfried, y mettra le feu, et se précipitera dedans pour rejoindre son Siegfried dans la mort.

Crépuscule des dieuxCliquez sur l’image

Un des descendants de Wagner, Richard STRAUSS, qui œuvrait dans la Vienne de la première moitié du XXe siècle a également bercé certains de ses opéras d’une atmosphère crépusculaire, notamment dans son très mozartien (eh oui !) Chevalier à la Rose.

Rosenkavalier finalCliquez sur l’image

On retrouve cette sublime atmosphère crépusculaire dans le dernier de ses 4 derniers lieders : Au soleil couchant (Im Abendrot).

Strauss im abendrotCliquez sur l’image

C’est également une atmosphère crépusculaire qui règne sur le Mort à Venise de BRITTEN écrit d’après le livre de Thomas MANN.

britten mort à VeniseCliquez sur l’image

Mais le crépuscule, qui est le moment, avant le lever ou après le coucher du soleil, mais où il fait déjà ou encore jour, s’applique donc aussi au matin (merci Solène pour cette précision). Il y aura donc un autre billet consacré à ces crépuscules du matin, dont l’atmosphère n’est pas la même que celle des crépuscules du soir.

 

 

 

 

 

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Les quatre saisons (2) : le printemps

Après le billet consacré au solstice d’hiver, voici le printemps.

Le printemps marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, le taux d’allongement du jour décroît pour aller s’annuler au solstice d’été.

Pour les poètes, le printemps est la saison du renouveau de la nature, de la jeunesse, et des amours naissantes. C’est donc un thème qui a inspiré les compositeurs.

À tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par VIVALDI et ses quatre Saisons, avec son célébrissime Printemps.

vivaldi printempsCliquez sur l’image

En 1802, BEETHOVEN écrit sa sonate pour piano et violon Le printemps.

Dans la onzième mélodie de son crépusculaire Voyage d’hiver (Winterreise) (1828), SCHUBERT aspire à retrouver le printemps qui mettra fin à l’hiver.

schubert rêve de printempsCliquez sur l’image

Au début de la Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust qui voit le vieil hiver céder la place au printemps s’interroge sur sa vie dévouée à la science.

WAGNER a chanté le printemps. Dans Tannhaüser (1845) d’abord où, après avoir vécu dans la volupté avec Vénus au Mont de Vénus, Tannhäuser regrette sa vie passée sur terre, et notamment la douceur de la nature qui s’éveille au printemps. Quand il revient à la vie terrestre, un pâtre chante ce printemps bucolique.

tannhauser printempsCliquez sur l’image

Ensuite dans La Walkyrie (1855), c’est l’entrée du printemps, passionné, dans la maison où se trouvent Sieglinde et Siegmund, qui révèle leur amour.

En 1877, SAINT-SAËNS dans son Samson et Dalila, Dalila veut séduire Samson en lui chantant  » Printemps qui commence « .

saint-saens prrintemps qui commenceCliquez sur l’image

Dix ans plus tard, MASSENET fait chanter à son Werther de héros le fameux air « Pourquoi me réveiller ? »

pourquoi me réveiller spyresCliquez sur l’image

En 1913, Stravinsky bouleverse les codes de la musique dans son ballet écrit pour les Ballets russes Le Sacre du printemps.

le sacre du printemps bauschCliquez sur l’image

À l’acte II de son Saint François d’Assise (1983), MESSIAEN illustre le printemps par le chant des oiseaux.

 

 

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La nuit (1) : La nuit des amants

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La nuit, cette suspension du temps et de la vie où tout devient possible…

Nuits lumineuses, nuits bénies des amants, où les esprits et les corps se fondent…

Nuits obscures où se trament les complots, les trahisons et où s’opère la magie noire…

Je vais traiter dans ce premier billet consacré à la nuit de la nuit par les amants bénie.

En 1818, SCHUBERT écrit ses Hymnes à la nuit, d’après les très beaux textes de NOVALIS.

Schubert Hymne 1 D 659Cliquez sur l’image

En 1841, BERLIOZ écrit un cycle de mélodies sur des vers de Théophile GAUTIER : Les Nuits d’été.

En 1853, VERDI fait chanter à l’héroïne du Trouvère son Tacea la notte placida

verdi tacea la notteCliquez sur l’image

Berlioz encore, dans Béatrice & Benedict (1862), avec Nuit paisible et sereine.

Berlioz B&BCliquez sur l’image

GOUNOD nous offre dans Roméo et Juliette (1867) et dans son Faust (1868) deux beaux nocturnes.

gounod nuit d'hyménéeCliquez sur l’image

faust gounod o nuit d'amourCliquez sur l’image

Tout le 2e acte de Tristan und Isolde de WAGNER (Tristan, ze opéra de l’amour !) est l’acte de la nuit, où a lieu une des plus belles scènes d’amour écrites pour l’opéra, avec son crescendo amoureux qui finit dans une extase quasi mystique.

En 1881, OFFENBACH nous livre dans ses Contes d’Hoffman sa célébrissime Barcarolle.

barcarolleCliquez sur l’image

Dans la continuité lyrique de Tristan figure une des premières œuvres de SCHÖNBERG : La nuit transfigurée (Verklärte Nacht) écrite en 1899.

Voilà, je suis obligé de m’arrêter, mais il y aurait encore tant de belles nuits à vous souhaiter, avec les Nocturnes de Chopin ou de Fauré, par exemple. Et le cas de la mise en musique du Songe d’une nuit d’été du grand Bill fera l’objet d’un billet spécifique.

Qui sait, peut-être y aura-t-il une deuxième livraison de Nuits d’amour, qu’en pensez-vous ?