Contes et légendes, Mythologie, Nature

TROIS PETITES POMMES (ET UN DRAGON ?)

Et même quatre petites pommes si l’on considère le début de la cinquième Symphonie de BEETHOVEN pour ce qu’il est : Pomme pomme pomme pomme.

Beethoven Pom pom pom pomCliquez sur les instrumentistes

Carnets paresseux avait commencé une histoire avec trois petites pommes qui chantaient et un dragon, mais il semble que la suite se soit perdue dans une faille spatio-temporelle. Pour vous permettre de patienter en attendant cette suite, voici un entremets sur le thème de la pomme. [Le dragon dans la pomme – Carnets Paresseux (wordpress.com).]

La pomme est un fruit très ancien, puisqu’on en trouve trace dans la Bible, et même dans le premier livre de la Bible, la Genèse, autant dire au commencement de tout. Il y est dit qu’au jardin d’Eden, la pomme était le fruit de l’arbre de la Connaissance. Ce fruit était interdit aux deux premiers humains, mais le malin, tentateur, s’est débrouillé pour qu’Adam croque la pomme. Pour cela, Adam et Eve ont été chassés du Paradis.

On trouve des pommes dans presque tous les grands mythes de l’humanité. Ainsi chez les Grecs, Dionysos, le dieu du vin, aurait créé la pomme pour l’offrir à Aphrodite, la déesse de l’amour. Un peu plus tard, la déesse de la discorde (eh oui, il y avait une déesse de la discorde !) jeta une pomme d’or au milieu des dieux, la fameuse pomme de la discorde. Il revint au berger Pâris de remettre cette pomme à la plus belle des déesses.

En 1667, l’Italien CESTI écrira à l’occasion du mariage de l’empereur Léopold et de l’infante Marguerite d’Espagne un opéra sur cette légende, Il pomo d’oro, qui devait dépasser en fastes tout ce qui s’était fait jusque là, et qui durait dix heures (sur deux soirées).

Cesti Il pomo d'OroCliquez sur l’image

Deux siècles plus tard, en 1864, OFFENBACH nous rappellera la légende dans son opérette la belle Hélène, (air « Au mont Ida trois déesses ».)

Offenbach la belle Hélène Au mont Ida trois déessesCliquez sur Pâris

Encore des pommes pour Héraklès (Hercule), puisque dans ses douze travaux, il a dû aller cueillir les Pommes d’or du jardin des Hespérides.

Dans la mythologie nordique, c’est la déesse Idunn qui possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Cette déesse a été recyclée par WAGNER dans sa lecture des mythologiques Germano-Nordiques qu’est la Tétralogie, en la personne de Freia. Freia, donc, possédait des pommes qui donnaient la jeunesse éternelle à ceux qui les mangeaient. Malheureusement Wotan, le dieu en chef, avait promis Freia pour le paiement de la construction du Walhalla aux deux géants Fafner et Fasholt. (Cette histoire nous est racontée dans l’Or du Rhin [Rheingold].) Suite au vol de l’Or du Rhin par le gnome Alberich, Wotan propose aux géants cet or (qu’il va voler) en échange de Freia. Et c’est là que nous retrouvons le dragon du titre, puisqu’après avoir reçu l’or du Rhin, Fafner tue son frère Fasholt pour garder l’or et va se retirer dans une grotte, métamorphosé en dragon pour mieux veiller sur son or.

Wagner Das Rheingold FreiaCliquez sur Freia, ses pommes, et Wotan

On trouve une pomme plus récente dans la légende de Guillaume Tell, mise en musique par ROSSINI. Au troisième acte, Guillaume n’ayant pas voulu se prosterner devant le chapeau du bailli Gessler, le bailli le fait arrêter avec son fils Jemmy, et demande qu’on place une pomme sur la tête de celui-ci, Guillaume devant transpercer cette pomme avec une flèche (ce qui est très dangereux, n’essayez pas ce tour à la maison).

Rossini Guillaume Tell Ah que ton âme se rassure (Jemmy)Cliquez sur l’image

Rossini était un fin gourmet et aimait donner des noms de ses œuvres à ses créations culinaires, c’est donc très logiquement qu’il a appelé une recette de Tarte aux pommes « Tarte Guillaume Tell ».

On retrouve Offenbach avec son opérette Pomme d’Api (1873).

Offenbach Pomme d'ApiCliquez sur l’image

Quand les explorateurs occidentaux sont revenus d’Extrême-Orient avec des oranges, ce fruit inconnu chez nous a été appelé « pomme de Chine » ou « pomme d’orenge ». On en trouve trace dans l’opéra de PROKOFIEV, l’Amour des trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette et le prince

(Source principale [pour la mythologie] : Encyclopédie des Symboles, le Livre de poche, collection la Pochothèque, 2013.)

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Nature

IL FAUT CULTIVER NOTRE JARDIN – Partie 2 – le jardin la nuit.

Jardins d’amour, ou jardins de sabbat ? Après les jardins vus le jour, voici une nouvelle sélection de musiques inspirées par les jardins, la nuit.

« Il faut cultiver notre jardin », telle est la conclusion en forme de morale du conte Candide de VOLTAIRE. Mais quelle est la place du (des) jardin(s) dans le monde merveilleux de l’opéra (et plus généralement de la musique dite classique) ?

Tout le dernier acte des Noces de Figaro (Le Nozze di Figaro) de MOZART se passe de nuit dans le jardin du comte Almaviva, où se résout le piège tendu au comte par la comtesse et Suzanne.

Mozart les Noces de Figaro L'ho perdutaCliquez sur Barberine, la fille du jardinier

Dans le jardin des Capulet, la nuit, Roméo est au pied de la fenêtre de Juliette et chante son air « Ah lève toi soleil » dans le Roméo et Juliette de GOUNOD.

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleil (Spyres)Cliquez sur Roméo

DEBUSSY a intitulé la troisième de ses Estampes pour piano « Jardins sous la pluie ». Il n’a pas spécifié si ses « Jardins sous la pluie » se passent le jour ou la nuit.

Debussy Estampes Jardins sous la pluieCliquez sur le pianiste

Dans Rusalka de DVORAK, alors que Rusalka devenue (presque) humaine s’est réfugié dans le jardin pendant la fête de nuit, son père l’ondin qui s’est rapproché pleure sur le sort de sa fille.

Dvorak Rusalka Cely svet neda ti, nedaCliquez sur Rusalka réfugiée dans le jardin sous le regard de son père

La deuxième partie du merveilleux conte pour enfants L’enfant et les Sortilèges de COLETTE et RAVEL se passe au jardin, où les arbres et les insectes vont se venger des mauvais traitements infligés par l’enfant méchant.

Ravel l'enfant et les sortilèges les insecetesCliquez sur l’enfant, de nuit, dans le jardin inquiétant

Dans son ballet l’Oiseau de feu, STRAVINSKY nous offre cette danse infernale dans les jardins du roi Katscheï.

Stravinsky l'Oiseau de feu danse infernale des sujets du roi KatcheïCliquez sur les sujets du roi Katscheï

Et dans Le château de Barbe bleue de BARTÓK, la quatrième porte s’ouvre sur le jardin secret de Barbe bleue. Mais si les fleurs blanches y sont rouges, c’est parce qu’elles sont teintées de sang.

Bartok le Château de Barbe bleue la porte 4 (le jardin)

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Divers, Nature

IL FAUT CULTIVER NOTRE JARDIN – Partie 1 – le jardin le jour.

« Il faut cultiver notre jardin », telle est la conclusion en forme de morale du conte Candide de VOLTAIRE. Mais quelle est la place du (des) jardin(s) dans le monde merveilleux de l’opéra (et plus généralement de la musique dite classique) ?

Dans son opéra Xerxes (Serse), HAENDEL confie un de ses plus beaux airs à son héros, près d’un platane dans son jardin : « Ombra mai fu ».

Haendel xerxes Serse ombra mai fuCliquez sur le célèbre contre-ténor

Une bonne partie du Cosi fan tutte de MOZART se passe dans un jardin. Au premier acte, les deux sœurs Dorabella et Fiordiligi chantent leur bonheur d’aimer et d’être aimées quand survient Don Alfonso qui leur apprend que leurs fiancés doivent partir à la guerre.

Mozart Cosi fan Tutte Soave sia il ventoCliquez sur Dorabella, Fiordiligi et Don Alfonso

Au premier acte du trop rare Fierrabras de SCHUBERT, Emma et Eginhard chantent un duo passionné dans le jardin.

Schubert Fierrabras Der abend sinkt auf stiller FlurCliquez sur l’image

Dans Iolanta de Tchaïkovski, l’héroïne, aveugle de naissance, vit dans une maison isolée et entourée d’un jardin. C’est dans ce jardin qu’elle va rencontrer l’amour en la personne de Vaudémont.

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Vaudémont

Alors qu’il y a une belle scène de nuit dans le jardin des Capulet dans le Roméo et Juliette de GOUNOD, il y a également une scène de jour quand, le lendemain, le page revient chercher Roméo dans le jardin (Air : « Que fais-tu, blanche tourterelle ».)

Gounod Roméo et Juliette Que fais-tu blanche tourterelleCliquez sur le page

Au début d’Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI, madame Larine et la nourrice de ses deux filles sont dans le jardin en début de soirée et devisent du passé quand on entend un le chœur des paysans qui célèbrent la fin des moissons.

Tchaïkovski Eugène Onéguine Chœur et danse des paysans

À l’acte II de Parsifal de WAGNER, le magicien (noir) Klingsor fait apparaître son jardin enchanté, et ses filles-fleurs chargées détourner les chevaliers du Graal du droit chemin.

Wagner Parsifal Filles-fleursCliquez sur la fille-fleur

Avant de terminer ce billet, écoutons Olivier MESSIAEN et sa fauvette des jardins, un catalogue de chants d’oiseaux retranscrits pour le piano.

Messiaen la fauvette des jardinsCliquez sur la fauvette des jardins

Mais revenons à notre cher Candide avec l’opérette éponyme de Léonard BERNSTEIN et son final « Let our garden grow » (« Cultivons notre jardin ».)

Bernstein Candide Make our Garden GrowCliquez sur Lenny

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Et ne ratez pas, prochainement sur ce blog, la seconde partie des jardins avec les jardins la nuit.

Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (4) : L’AIR

Oups, je crois que j’ai raté le printemps il y a trois jours, et donc le quatrième billet lié à la symbolique des quatre éléments.

Après l’eau, l’élément symbolisant l’hiver, voici donc, puisque débute le printemps, un billet traitant de celui des quatre éléments (le feu – la terre – l’eau – l’air) qui symbolise cette saison. C’est à l’air que le printemps est associé.

L’air est ce qui sépare la terre du ciel, et assure ainsi le lien entre le monde matériel, la terre, et le monde spirituel, le ciel.

Cet élément est réputé chaud et humide, et il est associé au sang et au cœur.

Il représente la légèreté, et est associé au vent, puis par association au vent de l’esprit, c’est-à-dire le souffle qui anime toutes choses. Mais attention, le vent peut aussi se changer en tempête.

Dans la mythologie, l’air est le domaine des elfes.

Musicalement, on trouve un elfe dans le Didon et Enée de PURCELL, quand la sorcière en chef demande à un de ses elfes de prendre l’apparence d’Apollon pour tromper Enée et lui demander de quitter Carthage pour l’Italie (et y fonder une nouvelle cité.)

Purcell Didon et Enée la Caverne des sorcièresCliquez sur la sorcière

Restons avec Purcell et son King Arthur. Au début du cinquième acte, l’enchanteur Merlin invoque Éole, le dieu du vent pour faire cesser la tempête.

Purcell King Arthur The British Worthy (Acte V)Cliquez sur l’image

Dans Les Boréades de RAMEAU, la reine Céphyse doit choisir pour mari un descendant de Borée, le dieu du Vent, amis elle aime un étranger, Abaris, ce qui met Borée en fureur.

Rameau les Boréades Tout cède aux efforts de l'orage (la Tempête)Cliquez sur Abaris, abattu par la force de la tempête

Dans Idoménée de MOZART, le vent invoqué est nettement plus sympathique. Ilia, la fille de Prima prend la nature à témoin de sa douleur dans l’air » Zéphir léger et charmant » (« Zeffiretti lusinghieri »)

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilia

L’air de la calomnie du Barbier de Séville de ROSSINI nous dit que la calomnie est comme un petit vent, qui nous caresse, puis s’amplifie en faisant de plus en plus de dégâts.

Rossini le Barbier de Séville air de la calomnieCliquez sur Bartolo et Basile

Dans La Walkyrie de WAGNER, c’est le souffle tiède du printemps qui fait naître l’amour entre Siegmund et Sieglinde.

Wagner La Walkyrie Chant du printempsCliquez sur le chant du printemps

Dans son Faust, GOUNOD fait appel à la brise légère pour introduire sa célèbre Valse.

Gounod Faust Ainsi que la brise légèreCliquez sur la Valse du Faust de Gounod

Et je vous ai réservé un petit cadeau bonus, comme d’habitude réservé à ceux qui ont eu le courage d’aller jusqu’au bout de ce billet.

Point d'interrogationNe cliquez sur ce cadeau bonus que si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 3 – LA LUXURE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, la luxure est donc le troisième péché capital. Comme la gourmandise, on pourrait la qualifier de péché capiteux.

La luxure, c’est la recherche sans retenue du plaisir sexuel.

En 1746, l’Anglais FIELDING publie Tom Jones, enfant trouvé dans lequel on trouve deux lords luxurieux. Ce roman très riche a été adapté par PHILIDOR dès 1765 dans son opéra-comique Tom Jones.

Philidor Tom JonesCliquez sur Tom Jones et ses compagnons

Il précède de peu MOZART et son héros libertin, Don Giovanni. Au XVIIe siècle, le libertin, c’était le libre penseur, celui qui s’affranchissait de Dieu. Au XVIIIe siècle, le sens avait déjà évolué vers une personne qui cherchait le plaisir, et s’était donc rapproché de la luxure.

Mozart Don Giovanni Madamina, il catalogoCliquez sur Leporello lisant le catalogue des conquêtes de son maître à Dona Elvira

Le duel entre l’amour physique et l’amour courtois est au cœur du dilemme qui s’impose à Tannhaüser, le héros de WAGNER. En effet, ayant succombé à l’ivresse de la luxure au Mont de Vénus, comment pourra-t-il, revenu chez les humains, retrouver l’amour d’Élisabeth ?

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au Venusberg

MASSENET semble s’être fait une spécialité des femmes luxurieuses, avec Manon qui veut « vivre pleinement sa jeunesse », ou Thaïs, la prostituée qui fait perdre la tête au moine Abigaïl.

Massenet Manon Profitons bien de la jeunesseCliquez sur Manon

Massenet Thaïs Oh mon miroir fidèle (Acte II)et cliquez sur Thaïs

Le XXe siècle n’est pas avare non plus en scène de luxure. Ainsi du personnage de Lulu mis en musique par Alban BERG.

Berg Lulu HanniganCliquez sur Lulu

BRECHT et WEILL ont écrit, outre le ballet les sept Péchés capitaux, l’opéra Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny. Retrouvons Lotte LENIA, la créatrice de la chanson « Alabama song ».

Weill Mahagonny Alabama SongCliquez sur l’image

Pour écrire son Rake’s progress (la Carrière d’un libertin), STRAVINSKY s’est inspiré d’une série de peintures de HOGARTH.

Stravinsky The Rake's ProgressCliquez sur Tom Rakewell et Ann Trulove

Enfin, la Lady Macbeth de Mzensk de CHOSTAKOVITCH, insatisfaite avec son mari, trouve le plaisir dans les bras d’un autre.

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur le lit

Et pour finir, je vous propose un petit bijou d’Erik SATIE, « Je te veux ».

Satie je te veux

À bientôt pour un nouveau péché capital, l’avarice.

Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 2 – LA GOURMANDISE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil, le deuxième péché capital est la gourmandise. On pourrait même le qualifier de péché capiteux.

Si on boit beaucoup à l’opéra, le péché de chère y est aussi représenté. (Le péché de chair également, mais ça, ce sera pour la luxure, troisième billet, encore à venir, de cette série.)

Commençons donc par un « classique » du XVe siècle, le Tourdion de Pierre ATTAIGNANT, une chanson à boire et à manger, qui se chante en canon.

Attaignant TourdionCliquez sur les gras jambons

Dans le Don Giovanni de MOZART, le héros invite la statue du commandeur à souper. C’est lors de ce souper qu’il perdra la vie, entraîné dans les flammes de l’enfer.

Mozart Don Giovanni final (le souper)Cliquez sur le souper final

L’acte II de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ se déroule aux cuisines pendant qu’un festin se déroule en coulisses. Les serviteurs se plaignent d’avoir à servir les hôtes, pendant que ceux-ci improvisent un chœur à boire.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Au début de Manon de MASSENET, les voyageurs appellent en vain l’hôtelier pour se faire servir à manger.

Massenet Manon Holà Monsieur l'hôtelierCliquez sur l’image

Le plus « beau » personnage de gourmand de l’opéra est Falstaff, qui a inspiré à Verdi son dernier chef-d’œuvre. Falstaff de VERDI. L’action débute à l’auberge où Falstaff et ses valets ont laissé une lourde ardoise.

Verdi Falstaff début Act ICliquez sur Sir John à l’auberge

Dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, Truffaldino, assoiffé, ouvre les 3 oranges dérobées à la cuisinière de la sorcière, ce qu’il n’aurait pas dû faire.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges les 3 orangesCliquez sur les 3 oranges et découvrez ce qui va se passer…

Dans le conte pour enfants Hänsel und Gretel, d’HUMPERDINCK, les deux enfants ont tort de céder à leur gourmandise en mangeant la maison en pain d’épices de la sorcière.

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur l’image

Enfin, les compositeurs étant parfois eux aussi attirés par la bonne chère, certains d’entre eux ont laissé leur nom dans le domaine de la gastronomie.

Et voilà, à bientôt pour un nouveau péché : la luxure !

Compositrices, Jazz, Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (6 JANVIER)

L’épiphanie est une fête chrétienne qui a lieu, traditionnellement, le 6 janvier (ou le premier dimanche de janvier). Dans la culture populaire, ce sont les rois mages, venus d’Orient et guidés par une étoile, pour saluer l’Enfant-Jésus qui vient de naître.

Ce qu’on appelle l’étoile du berger, un des objets célestes les plus brillants du ciel nocturne, est en fait une planète. Il s’agit de Vénus, la deuxième planète du système solaire. Sa proximité avec le soleil fait qu’on ne la voit qu’au lever et au coucher de celui-ci. Au milieu de la nuit, étant proche du soleil, elle est donc cachée en même temps que lui, et au milieu du jour, sa clarté est éclipsée par celle du soleil.

Vénus, c’est évidemment la déesse de l’Amour (Aphrodite chez les Grecs). C’est pour s’être réfugié chez elle que Tannhäuser, dans l’opéra de WAGNER, est rejeté par les hommes. Amusamment, dans cet opéra, on retrouve à la fois son côté pécheresse dans la « bacchanale » qui ouvre le premier acte, et son côté poétique dans la « romance à l’étoile » que Walter chante au 3e acte.

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au mont de Vénus

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur l’image

Mais revenons aux rois mages suivant leur étoile. BIZET s’est inspiré d’un vieux chant provençal pour sa « Marche des Rois », dans la musique qu’il a composée pour la pièce L’Arlésienne de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne (Stutzmann)Cliquez sur l’orchestre et sa cheffe

Pour rester sur le thème de l’épiphanie, écoutons l’opéra jazz de COSMA Marius et Fanny, d’après PAGNOL.

Cosma Marius et FannyCliquez sur Marius et pis Fanny

Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius. Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon.

Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de LA COSTE (1728) à Kaija SAARIHAO (2002).

Orion de de LA COSTE (1728)

de La Coste OrionCliquez sur la partition

Saariaho OrionCliquez sur les percussionnistes

Retrouvez prochainement d’autres histoires liées aux étoiles, constellations et héros de la mythologie, mais en attendant, je ne peux résister au plaisir de vous offrir « E lustevan le stelle », de la Tosca de PUCCINI. Le héros, Cavaradossi, au matin qui précède son exécution, voit le jour se lever sur Rome, et les étoiles s’éteindre dans le ciel.

Puccini Tosca E lucevan le Stelle (Kaufmann)Cliquez sur Cavaradossi

Point d'interrogationCliquez sur le bonus (habilement) caché

Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (3) : L’EAU

Puisque nous entrons en hiver, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est à l’eau que l’hiver est associé.

Dans l’étude de la symbolique de ces quatre éléments, l’eau est d’abord la source de toute vie. Mais comme le feu avait le double pouvoir de réchauffer comme celui de détruire ou de brûler, l’eau, source de vie, a aussi le pouvoir de dissoudre ou de noyer. Le caractère symbolique de l’eau, c’est d’être humide et froide.

Il faut distinguer l’eau calme et pure, celle de la source ou de la rivière (ou des lacs) et l’eau violente, celle de la tempête sur la mer. En symbolique, on distingue également l’eau souterraine, ou chtonienne de l’eau de pluie, la plus pure, celle qui vient du ciel.

Dans pratiquement toutes les civilisations, on trouve une légende des dieux qui inonde la Terre pour en faire disparaître l’homme, coupable d’offenses envers eux. On en trouve un exemple rapporté par OVIDE dans ses Métamorphoses où Jupiter choisit l’eau pour soulager la Terre de la présence des hommes. Ce déluge a été mis en musique par FALVETTI dans son Diluvio Universale.

falvetti il diluvio universaleLaissez vous aller au plaisir d’écouter Il Diluvio Universale en cliquant sur l’image

WAGNER a été inspiré par l’eau puisque son premier opéra « de la maturité » est le Vaisseau fantôme, que le deuxième acte de son chef-d’œuvre Tristan und Isolde se passe sur la mer, et que la Tétralogie commence sur le Rhin, par le vol de l’Or du Rhin par le nain Alberich, et se termine seize heures de musique plus tard par le Rhin qui déborde et éteint l’incendie qui a détruit le Walhalla, laissant la place à l’homme sur la Terre à la fin du Crépuscule des dieux.

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur le prélude de l’Or du Rhin

On retrouve cette notion d’engloutissement dans les légendes des villes englouties. Par exemple, le Roi d’Ys de LALO ou la légende de Kitège, la ville engloutie de RIMSKI-KORSAKOV.

Lalo le roi d'Ys Vainement ma bien aiméeCliquez sur Mylio

Bien entendu, les mythologies sont riches en créatures de l’eau, les sirènes, ondines, naïades ou nixes. Une de mes préférées, à l’opéra, est Rusalka. L’héroïne de Rusalka est une naïade, une des filles de l’ondin, le génie des eaux. Elle habite un lac, mais pour son malheur tombe amoureuse d’un prince qui vient s’y baigner tout le jour. Quittant son statut de naïade par amour pour le prince, elle finit par errer entre les deux mondes des humains et de l’eau.

Dvorak rusalka mladosti zve pozbavenaCliquez sur Rusalka

DEBUSSY, qui était terrien avant que d’être marin nous a laissé, outre son poème symphonique la Mer, un prélude qu’il a appelé la Cathédrale engloutie (rappelons que Debussy écrivait d’abord la musique, et qu’il ne posait un titre dessous qu’après avoir composé ses morceaux).

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur Lenny

La mer peut être associée à l’amour (comme dans Tristan). Écoutons le Poème de l’Amour et de la Mer de CHAUSSON.

Chausson poème de l'amour et de la merCliquez sur l’image

Retrouvez le quatrième élément avec l’air, symbolisant le printemps.

Mythologie, Nature

LES 4 ÉLÉMENTS (2) : LA TERRE.

Puisque nous sommes en automne, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est à la terre que l’automne est associé.

Dans l’étude de la symbolique de ces quatre éléments, la terre est réputée sèche, et l’automne est une saison froide et sèche.

Par « la terre », il faut comprendre le monde sous-terrain, et le dieu associé dans la mythologie gréco-romaine est donc Hadès / Pluton, le dieu des enfers. Pluton est un des frères de Zeus / Jupiter. Alors que Jupiter règne sur le monde « d’en haut », Pluton règne sur le monde « d’en bas ». Il est considéré, de par son pouvoir sous-terrain, comme maître de la mort et de la renaissance qui s’en suit. C’est le même symbole qui est rattaché à l’automne, la saison où la végétation se met en sommeil, pour disparaître en hiver, et réapparaître toute jeune au printemps.

Amusamment, la femme de Pluton, Proserpine (ou Perséphone), qui est une fille de Jupiter enlevée par Pluton qui en a fait le reine des enfers, est aussi la déesse du… printemps ! Vous pouvez donc vous attendre à réentendre parler d’elle dans six mois.

Les différentes légendes liées à une descente aux enfers pour y retrouver, voire récupérer, un être cher peuvent être considérées comme des mythes de l’automne.

En premier lieu, il faut citer le mythe d’Orphée, du nom de ce héros musicien dont le pouvoir était tel qu’il était capable de charmer les dieux eux-mêmes par son chant. Ayant perdu son Eurydice, mordue par un serpent, il décide d’aller la rechercher aux enfers.

Monteverdi Orfeo Nulla impresa per uom si tenta invanoCliquez sur Claudio

Un autre mythe est celui d’Alceste et Admète, dans lequel le roi Admète est mourant. Apollon lui a toutefois accordé le droit de vivre s’il se trouve quelqu’un pour mourir à sa place. Alceste se dévoue. Alcide, qui était amoureux (secret) d’Alceste décide d’aller la rechercher aux enfers si Admète accepte de la lui céder à son retour du royaume des morts. Sa tâche accomplie, il décide de renoncer à Alceste, « le vainqueur des tyrans ne devant pas devenir tyran à son tour ». (Toute cette histoire sera racontée en détail dans des billets à venir consacrés au mythe d’Alceste et aux opéras qu’en ont tirés LULLY et GLUCK.)

Gluck Alceste Ah divinités implacablesCliquez sur Alceste

Dans Hippolyte et Aricie de RAMEAU, c’est Thésée qui descend aux enfers chercher son ami Pirithoüs.

Rameau Hippolyte et Aricie Puisque Pluton est inflexibleCliquez sur Thésée

Rameau a également mis en musique le mythe de Castor et Pollux, où Pollux se propose de descendre aux enfers prendre la place de son frère jumeau. Castor et Pollux étaient les fils de Léda, mais issus de deux œufs différents. Pollux, en tant que fils de Jupiter, était un demi-dieu et donc immortel, alors que Pollux, fils de Tyndare était mortel. Jupiter finit par accepter, soulignant que Pollux allait perdre son immortalité. À la fin Jupiter, ému par cet amour fraternel, leur réserve une place au ciel, et depuis ils forment la constellation des Gémeaux.

Rameau Castor et Pollux Tombez, rentrez dans l'esclavageCliquez sur l’image

Retrouvez ici le troisième élément, l’eau.

Nature

LES QUATRE SAISONS (8) L’AUTOMNE (2)

Après le billet consacré l’année dernière à l’automne, voici une nouvelle sélection d’œuvres se rapportant à cette saison.

L’automne marque l’équinoxe, ce jour si particulier où la durée diurne est égale à la durée nocturne. À partir de cette date, la durée de la nuit est plus longue que celle du jour.

Comme pour mes précédents billets sur les saisons, ouvrons le bal avec les fameuses Quatre saisons d’Antonio VIVALDI.

Vivaldi l'automne Max RichterCliquez sur la violoniste

L’automne, c’est la saison des vendanges, aussi dans son oratorio Les Saisons, Joseph HAYDN nous offre ce chœur « le Vin est là » :

Haydn les Saisons l'automne le Vin est làCliquez sur l’image

Dans son cycle Les Saisons, Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI a composé ce très beau et très lyrique « Chant d’octobre » :

Tchaïkovski les Saisons OctobreCliquez sur la pianiste

Parmi ses nombreuses mélodies, Gabriel FAURÉ a composé cet « Automne » sur un poème d’Armand SILVESTRE.

Fauré Automne d'Armand SylvestreCliquez sur l’image

Jules MASSENET a également mis en musique ce même poème.

Massenet AutomneCliquez sur l’image

Et Ernest CHAUSSON évoque si bellement cette saison (et l’hiver) dans sa mélodie « Dans la forêt chauve et rouillée », sur un poème de Théophile GAUTIER :

Chausson la dernière feuille NormanCliquez sur l’image

Et pour finir, ce chant qui fait partie de nos traditions familiales, où il n’est pas rare qu’une soirée ne se termine par « Colchique dans les prés » de Jacqueline DEBATTE pour les paroles et Francine COCKENPOT pour la musique (c’est aussi un classique des veillées au coin du feu dans les camps scouts). Autant la version interprétée par Francis CABREL est rapide, autant celle de Patricia PETIBON est lente et étirée.

Cockenpot Colchique dans les présCliquez sur l’image

P.S. Que les amoureux et les amoureuses du printemps se rassurent, le printemps reviendra. Il revient toujours le printemps.