Divers, Maria Callas

DRAMES DE LA JALOUSIE À L’OPÉRA

Je vous en avais parlé dans ma série sur les sept péchés capitaux, on rencontre beaucoup d’histoires d’amour à l’opéra. Malheureusement ces histoires d’amour sont parfois accompagnées par ce revers de la médaille amoureuse qu’est la jalousie.

Voici donc une deuxième série de drames provoqués par la jalousie sur les scènes d’opéras (je ne parle évidemment pas ici des tensions et rivalités qui peuvent exister entre les chanteurs et les chanteuses.)

Ainsi dans l’Orlando furioso (1727) de VIVALDI, le héros Orlando est jaloux de Médor, que la magicienne Alcina a ramené à la vie.

Vivaldi Orlando furioso Troppô é fiero,il nume arcieroCliquez sur l’image

Peu de temps après, son contemporain HAENDEL met en musique le même drame tiré de l’ARIOSTE avec son Alcina. À la fin du deuxième acte, Alcina se plaint d’avoir été trahie par l’homme qu’elle aime.

Haendel Alcina Ombre pallide et mi restano le lagrimaCliquez sur Alcina

La même année (1735) en France, RAMEAU met en scène la jalousie de Tacmas dans la troisième entrée des Indes galantes. Heureusement, tout se termine bien et les quatre protagonistes joignent leur voix pour chanter le bonheur retrouvé.

indes galantes 3

Retour en Angleterre en 1738 avec Xerxès (Serse) de Haendel et cette scène où Romilda qui se croit trahie par son fiancé chante sa jalousie.

Haendel Serse E gelosia quella tirannaCliquez sur Romilda

Changeons de siècle et de pays avec La Somnambule (La Sonnambula) (1831) de BELLINI, où Elvino, jaloux des avances faites à sa fiancée Adina, lui fait une scène avant que les amoureux ne se réconcilient.

Bellini la Sonnambula Son geloso del zefiro erranteCliquez sur Adina

35 ans plus tard, dans Aïda (1870) de VERDI, Amnéris laisse éclater sa fureur jalouse quand elle se rend compte que son cher Radamès aime l’esclave Aïda.

Verdi Aïda Pieta ti prendra del mio dolorCliquez sur l’image

Et vers la fin du siècle, c’est LEONCAVALLO dans son Paillasse (1892) qui fait chanter à son héros trompé cet air où il exprime tout son malheur.

Leoncavallo Paillasse No Pagliaccio non sonCliquez sur Paillasse

Et comme il me reste quelques opéras traitant de la jalousie, vous en aurez peut-être prochainement une nouvelle série.

9 réflexions au sujet de “DRAMES DE LA JALOUSIE À L’OPÉRA”

  1. Je me disais bien que tu avais d’autres choses à raconter 😀 Effroyable la jalousie. Di seulement ce n’était qu’à l’opéra ! Merci pour ce chapitre 1 Jean-Louis, belle soirée

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  2. Comme c’est beau tout ça ! Grave beau ! Je ne parle pas de la jalousie, ce truc de ouf – hein, mais de Vivaldi, Haendel, Rameau ( Tendre amour), Verdi, Bellini … La Callas, Pavarotti in Paillasse; même si j’aurais préféré par mon cher Roberto. Qui, il me semble bien, doit être à Liège pour Otello, cet autre gros jaloux ( pour lequel j’ai un faible – j’avoue)…
    MERCI monsieur Toutlop’. Bon week-end, à bientôt.
    PS: me suis réabonnée du coup 😊

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    1. Voui, ils ont écrit de la bien belle musique, tous ces gens.
      Roberto à Liège ? C’est vrai que Liège et Bruxelles sont plus près de Lille que de Paris, alors pourquoi pas? (enfin, quand le grand méchant virus sera devenu un peu moins méchant, ou nous un peu plus résistants, parce que pour l’instant, changer de pays avec les protocoles anti-covid qui ne sont pas les mêmes partout, ce n’est pas facile.)
      Bon après-midi, SOlène.

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  3. Tiens revoilà Alcina, j’aurai bien un faible pour elle.
    Amusant comme l’amour et la jalousie sont exactement le même sentiment.C’est juste une question d’aboutissement. Dans la jalouse, il n’y a pas de retour de la personne aimée. Du coup la jalousie à une connotation négative car on fait porter d’office la responsabilité de la non-symétrie de cet amour à la personne jalouse.
    La trahison dans le référentiel de la personne jalouse devient un amour total submergeant tout le reste dans le référentiel de la personne aimée.

    Bon, j’aurais peut-être mieux fait de rester couché 🙂 .

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    1. En fait, ce n’est pas tout à fait un hasard si revoila Alcina. C’est en écrivant le billet sur elle (vie par Haendel) que je me suis souvenu que j’avais une deuxième livraison d’airs sur la jalousie dans mes tiroirs.
      Je ne suis pas certain d’avoir bien compris ta théorie de la relativité appliquée à la jalousie et à l’amour, mais c’est bien intéressant quand même. 😉
      Bon après-midi John Duff.
      (P.S. je suis pressé d’être mardi soir prochain pour entendre Sabine Devieilhe dans le rôle d’Alcina au palais Garnier.)

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  4. Cette Alcina est très impressionnante, de même que la mise en scène avec les « ombre palide ».
    J’ai écouté aussi la voix déchirante de Pavarotti et j’en ai été toute remuée…
    Merci Jean-Louis pour ces instants de jalousie mémorables !

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      1. Je t’avouerai que je ne suis jamais allée à l’Opéra Garnier (mais suis allée une fois à l’Opéra Bastille, pour voir Carmen). Je ne sais pas si j’oserai sauter le pas un jour. Peut-être, à force de fréquenter ton blog ça finira par me décider 🙂 Bonne journée Jean-Louis !

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