Agenda Ironique, Cinéma

CALME BLOC ICI-BAS CHU D’UN DÉSASTRE OBSCUR

Ceci est ma contribution à l’agenda Ironique de septembre 2021, dont le thème nous a été proposé par Tout l’Opéra (ou presque) (c’est moi). Voici donc le thème, détaillé ici.

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

Une légende urbaine prétend qu’en 1968, l’écrivain de S.F. Arthur C. CLARK s’était rendu à Baltimore avec le réalisateur Stanley KUBRICK pour discuter d’un projet de film d’animation qu’ils avaient ensemble. Passant devant le tombeau d’un de leur héros, l’écrivain Edgar Allan POE, ils se recueillirent devant l’étrange monolithe que les humains avaient déposé sur sa tombe, pour leur tranquillité que son esprit n’en ressorte jamais. C’est alors que l’écrivain fantastique instilla dans leur esprit, l’histoire suivante.

Il y a de cela fort longtemps, avant que l’homme ne devienne l’animal sage et avisé que l’on connaît aujourd’hui, vivait sur Terre une tribu d’hominidés, qui subsistaient comme ils pouvaient en cherchant la rare nourriture qu’ils trouvaient. David Guetteur de Lune était leur « chef ».

La tribu était régulièrement la proie d’un léopard, bestiole contre laquelle ils étaient mal armés. Une nuit, un aboli bibelot d’inanité sonore se fit entendre. Au matin, en sortant de la grotte où la tribu se réfugiait pendant la nuit, ils se trouvèrent en présence d’un calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Kubrick le monolithe (début)Cliquez sur le calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur

David Guetteur de lune fixa alors l’étrange bloc, sans savoir qu’en face, le monolithe le scrutait attentivement. Après ce contact avec une intelligence extraterrestre, David Guetteur eut l’idée de se servir d’os d’animaux pour massacrer ses ennemis. On peut considérer qu’il s’agissait là de l’acte fondateur de la civilisation.

Brel les SingesCliquez sur le grand artiste belge

Mais retrouvons nos amis humains quelques millions d’années plus tard. L’Homme s’est lancé dans la conquête de l’espace, mais v’là t’y pas qu’il a trouvé une anomalie magnétique sur le cratère de Tycho, sur la Lune. En creusant, il a trouvé un étrange monolithe noir qui, lors de son excavation, a émis un mystérieux signal vers Jupiter (pour les habitués de mon blog, je dois préciser que par Jupiter, je ne désigne pas le dieu grec déjà mainte fois mentionné ici, mais d’une planète de notre système solaire).

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’alignement des astres

Il (l’Homme) décide alors d’envoyer une mission tout là-haut, pour trouver la cible de ce mystérieux signal. Deux astronautes sont envoyés vers Jupiter, accompagnés d’un ordinateur doté d’une Intelligence Artificielle, HAL. (Pour le fun, essayez de translater d’une place chacune des lettres du mot HAL, et vous trouverez l’origine du nom de l’ordinateur.)

Les choses se gâtent vite quand l’ordinateur estime que les deux hommes qui l’accompagnent dans sa mission vont plus le gêner qu’autre chose. Il se débarrasse habilement de l’un deux, l’envoyant dans l’espace pour réparer une (fausse) panne qu’il a signalée. Quand le deuxième astronaute voit son collègue passer par le hublot, il décide de sortir pour essayer de le secourir.

Strauss le beau Danube bleu (Kubrick)Cliquez sur l’image d’un célèbre film

Il n’y parvient pas, mais heureusement pour lui, il réussit à déconnecter HAL, carte après carte (et l’on voit alors l’ordinateur perdre la tête, retomber en enfance, avant que de s’éteindre définitivement.)

Le cosmonaute restant poursuit alors son voyage vers Jupiter, où se trouve un autre monolithe en orbite autour de la planète. Comme il s’en approche, il se sent aspiré et part pour un fabuleux voyage dans le temps et dans l’espace. Malheureusement, la communication télépathique entre Poe et Clarke et Kubrick s’est arrêtée là, et on ne comprend donc pas très bien la fin de l’histoire.

En tout cas, cette rencontre ne fut pas vaine, car Arthur C. Clarke a relaté cet événement dans un de ses livres les plus connus, 2001, Odyssée de l’espace (2001, a Space Odyssey), alors que Stanley Kubrick en a tiré un de ses films, portant le même nom.

Agenda Ironique, Mallarmé, Oulipo

AGENDA IRONIQUE DE SEPTEMBRE 2021

Hop hop hop, on ne bouge plus, on écoute (ou plutôt on lit.)

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a proposé (en second) pour animer l’Agenda Ironique de septembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style (hihihi, tant pis pour vous.)

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

J’ai fait un POC (Proof of Concept) pour tester la solidité de ma proposition en demandant à mon ami Stéphane ce qu’il en pensait, il m’a immédiatement répondu en me proposant deux textes, que je vous livre ici à titre d’exemple.

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Aboli bibelot d’inanité sonore.

J’ai donc considéré que le concept était valide et je vous le soumets. Je vous rassure, mon ami Stéph’ sera hors concours, d’autant que ses amphibolies ne sont pas si jolies que ça !

À vos blogs ! 🙂

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire cidsous jusqu’au 26 septembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 septembre.

Agenda Ironique, Fables de la Fontaine, Oulipo

LE CHÊNE ET LE CORPS BEAU, d’après La FONTAINE

ESOPE RESTE ICI ET SE REPOSE

Ce palindrome mériterait de figurer sur la tombe du fabuliste ÉSOPE, un des inspirateurs de ce bon monsieur de La FONTAINE, l’ineffable homme à fables. La fable qui suit, très librement inspirée du corpus La Fontainien, est donc ma contribution à l’Agenda Ironique d’août 2021, dont le thème est proposé par l’affable Max-Louis.

Le thème : Fable

J’explique : la fable est de tout temps parmi nous entre le mensonge et l’imaginaire en passant par l’érotisme et le pamphlet, elle couvre tous les pans de la société. Le récit nous transporte où nous enfonce qu’importe la fable est la chair de notre chair sans nous en rendre compte, qu’elle soit anodine ou prégnante.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :

« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus » Edmond Jabès : Le Livre des Questions Tome 2

Agenda Ironique Août 2021 | Le dessous des mots (wordpress.com)

La raison du plus fort n’est toujours la meilleure

Nous l’allons montrer tout à l’heure

Le chêne un jour dit au corps beau

Blow Vénus & AdonisCliquez sur l’image

Que vous êtes joli, que vous me semblez beau

Sans mentir, tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilea

Mais que faisiez-vous au temps chaud ?

Vous chantiez, j’en suis fort aise

et bien dansez maintenant

Rameau les Indes galantes Forêts paisiblesCliquez sur les danseurs

À ces mots, le corps beau ne se sent plus de joie

Il pousse un large contre-ut

Donizetti La Fille du régiment pour mon âme quel destinCliquez sur « l’air aux neuf contre-ut »

En vain le chêne lutte

Le corps beau souffle si fort qu’à la fin il déracine

Celui de qui la tête au Ciel était voisine

C’en est fini de lui

Une lettre se détache de son nom, le chne n’est déjà plus

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées.

Citations : le corps beau, ce ne peut-être que celui d’Adonis, mis en musique par John BLOW dans son masque Venus & Adonis.

Dansez maintenant : RAMEAU Les Indes galantes Air : « Forêts paisibles »

un large contre-ut : DONIZETTI La Fille du régiment air : « pour mon âme »

Tout me semble zéphyr : MOZART Idoménée air « Zeffireti lusinghieri ».

Et si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici, vous pouvez cliquer sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici

Agenda Ironique, Divers

PLAN PLAN RATAPLAN, C’EST LE BRUIT DU TAMBOUR

Quelques jours avant la célébration de la fête nationale française, et des marches martiales qui l’accompagnent, intéressons-nous au bruit du tambour.

L’onomatopée qui représente (en français) le bruit du tambour est ran plan plan, ran rataplan. On peut d’ailleurs en entendre dans mon article consacré aux onomatopées. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, le thème de l’Agenda Ironique de juillet 2021 est précisément onomatopées, répétitions et accumulations, comme il est dit cidsous.

 » Tchachacha, froufrou, splat, et scouic. « 

 » Je vous propose d’utiliser onomatopées, répétitions et accumulations pour relater une étape de la vie d’une personne, ou un moment particulier, comme par exemple les préparatifs du matin, ou du soir. Quelques borborygmes seraient aussi les bienvenus. « 

 » Vous avez jusqu’au 26 juillet, et puis après on vote. Clap clap clap ! « 

AGENDA IRONIQUE DE JUILLET! | Grain de sable (victorhugotte.com)

 » Si vous êtes nouveau ou nouvelle, vous postez votre texte sur votre blog, shlak!, et puis hop, vous copiez-collez le lien dans les commentaires ci-dessous.
Tic toc, tic toc…
« 

Et donc (roulement de 🥁), place au son du tambour !

Roulements de tambourCliquez sur le roulement de tambour

Commençons par Henry PURCELL, qui a composé en 1695 cette émouvante Musique pour les funérailles de la reine Marie, pour tambours et cuivres.

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

On trouve de nombreuses scènes avec des soldats à l’opéra, et les compositeurs se sont fait un malin plaisir à faire chanter aux chœurs des plan plan rataplan, ou des rataplan plan plan.

Ainsi en 1832, dans l’Élixir d’amour, DONIZETTI fait arriver la garnison du sergent Belcore au son des tambours :

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

En 1836, MEYERBEER va plus loin dans ses Huguenots en faisant chanter Rataplan plan plan au chœur.

Meyerbeer les huguenots C'est le jour RataplanCliquez sur l’image

Dans La Fille du régiment (1840) de Donizetti, on peut entendre l’air avec chœur « Au bruit de la guerre ».

Donizetti La Fille du régiment au bruit de la guerreCliquez sur la fille du régiment

On trouve une répétition de cette trame, réutilisée en 1879 par OFFENBACH dans son opérette la Fille du tambour-major. (Offenbach était familier des onomatopées puisqu’une de ses opérettes à pour titre Ba-Ta-Clan, titre qui a donné son nom à la salle de spectacle parisienne.)

Offenbach la Fille du tambour-majorCliquez sur la fille du tambour-major

En 1862, c’est VERDI qui nous propose un « rataplan rataplan » dans La Force du destin (La Forza del destino).

Verdi La forza Acte III RataplanCliquez sur l’image

Et si vous avez eu le courage ou la patience d’arriver jusqu’ici, cliquez donc sur le lien cidsous, vous pourriez être surpris(e).

Point d'interrogation

Agenda Ironique, Fantaisie

UNE QUESTION DE LANGUE

Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui nous propose le thème de l’Agenda Ironique, sur le thème de la langue :

Agenda Ironique Juin 2021 ‹ Le dessous des mots ‹ Reader — WordPress.com

Max-Louis explique : la langue organe de communication parmi d’autres est protéiforme dont les voies portent les voix d’actions parfois inattendues. Voici des exemples : langue bien pendue, donner sa langue au chat, sur le bout de la langue, avoir la langue déliée, avoir un cheveu sur la langue, langue de vipère, tenir sa langue… etc., etc.

Il nous propose donc de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– Insomniaque
– Chouette
– Frigoriste
– Narine

Le secret avait été bien gardé. Pour le 500e billet de son blog, monsieur Toutl’op ! s’apprêtait à mettre les petits opéras dans les grands en organisant une grande fête. Tout le monde dans son entourage avait su tenir sa langue.

Seul Papageno avait la langue bien pendue, mais trois très étranges dames étaient venues lui mettre un cadenas sur la bouche avant qu’il n’en dise trop.

Mozart La Flûte enchantée Hm Hm HmCliquez sur Tamino et Papageno

Petit appétit, les invités arrivaient dans la salle de concert. Il y avait là nos héros favoris, Faust et Marguerite, Tristan et Isolde, Violetta et Alfredo, Roméo et Juliette, Carmen et Don José,… qui devisaient plus ou moins gaiement de leurs aventures.

Un deuxième groupe arriva, il s’agissait des habitués de l’Agenda Ironique? Il y a avait là Onésime et Anapodoton, ainsi qu’Arnoldo POIVRIERI accompagné de Yuja. Onésime était suivi par un poussin qui n’avait pas la langue dans sa poche et qui pioutait à qui mieux mieux.

Mozart marche turqueCliquez sur Yuja

Les conversations allaient bon train.

« Sais-tu pourquoi GOUNOD était fâché avec VERDI ? », demandait Faust à Otello.

« Euh, je ne sais pas, je donne ma langue au chat« , répondait Otello.

« C’est parce que chaque fois que Gounod voulait laver Maria, Verdi ôtait l’eau », s’esclaffait alors Faust en lui tirant la langue.

C’est alors que Iago, une vraie langue de vipère, fit remarquer à Otello que Desdémone semblait prendre langue avec un toréador qui venait d’entrer.

otello credi un un dio crudeleCliquez sur ce traître de Iago

Aussitôt, cette mauvaise langue de Basile enchaîna sur son fameux « air de la Calomnie » pour charger cette malheureuse Desdémone de tout un tas de rencontres infondées.

Rossini le barbier de Sévilla La CalunniaCliquez sur Basile

Le poussin, fatigué d’avoir tant piouté, voulait dormir. « Si tu veux faire un somme n’y a qu’à te mettre dans un coin », lui conseilla Onésime.

ROSSINI qui, le succès arrivé, avait troqué son piano de compositeur contre un piano de cuisine donnait sa recette de langue de bœuf à Verdi, autre gastronome qui lui préférait les langues de chat.

STRAVINSKY racontait à qui voulait l’entendre que dans les années 1915 – 1920, il s’était installé dans le canton de Vaud et c’est là qu’avec RAMUZ, il écrivit, en langue de Vaud, l’Histoire du Soldat (1918).

Stravinsky Histoire du soldatCliquez sur l’image

Quant à CHOSTAKOVITCH, il racontait comment lui était venu l’idée d’écrire un opéra d’après le conte le Nez de GOGOL.

Chostakovitch le NezCliquez sur les narines géantes

Voilà, à ce moment de mon histoire, j’ai encore quelque chose sur le bout le la langue, mais ça ne me revient pas. C’est le moment alors de signaler que le chouette duo de frigoristes constitué par Jean Yanne et Tito TOPIN avait écrit un ouvrage ultime sur la conservation des langoustes par le froid. Son titre : La Langue, ouste, ne passera pas !

Agenda Ironique, Fantaisie, Mythologie

POLYPHÈME (ET ULYSSE…)

Ce mois-ci, l’A.I. est organisé par Laurence Délis sur son blog Palettes d’expressions.

Pour l’agenda ironique que j’accueille avec plaisir ce mois-ci, je vous propose « Un bruit étrange et beau »

De cette phrase tirée du titre du roman graphique de ZEP, vous avez toute latitude pour écrire ce qu’elle vous inspire, sous la forme qui vous convient : récit, poésie, article, dialogue, photo, collage, conte, légende, ou toute autre idée qui vous traverse. Deux contraintes seront cependant à intégrer :

« Un bruit étrange et beau »

ainsi que trois mots : cyclo-pousse – île – poirier.

Voir le lien cidsous :

Un bruit étrange et beau (agenda ironique) | Palette d’expressions-Laurence Délis (wordpress.com)

Sur son île, dans sa caverne, le cyclope Polyphème entendit un bruit étranger, beau comme le chant aviné de marins en goguette. C’était Ulysse et ses compagnons qui s’étaient aventurés dans sa grotte, et avaient festoyé sur place avec la nourriture du cyclope, buvant force amphores de vins aigrelets et vidant moult pots à rillettes.

Wagner Le Vaisseau fantôme Steuermann, lass die WachtCliquez sur les marins en goguette

Polyphème, fort courroucé, roula une pierre devant son antre, et demanda son nom à Ulysse, qui répondit « Personne » (il est futé, Ulysse). Ulysse l’enivra et, profitant de son sommeil, lui creva l’œil à l’aide d’un épieu rougi au feu. On entendit alors crier le cyclope « Oussque t’es, Personne ? montre-toi si tu es un homme ». Mais personne ne lui répondit. Ulysse et ceux de ses compagnons qui n’avaient pas encore été boulottés par Polyphème réussirent à sortir de la caverne, en se cachant sous le ventre de ses moutons, quand ceux-ci sortirent de la grotte.

Cette histoire nous est contée à peu près dans ces termes par HOMÈRE dans son Odyssée, qui raconte les heurs et malheurs d’Ulysse lors de son retour dans sa patrie. La dernière partie de ce périple nous est racontée par MONTEVERDI dans son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (Il ritorno d’Ulisse in patria sua).

Monteverdi Le retour d'Ulysse dans sa patrie Illustratevi O CieliCliquez sur Pénélope et Ulysse

C’est un autre épisode de la vie de Polyphème, rapporté par OVIDE dans ses Métamorphoses, que LULLY met en musique dans sa pastorale héroïque Acis et Galatée. Le cyclope, amoureux de la néréide Galathée, est jaloux d’Acis et l’écrase sous un rocher.

Lully Acis et Galatée Marche pour l'entrée de PolyphèmeCliquez sur l’image

En 1700, c’est CLÉRAMBAULT qui publie sa cantate Poliphème.

Clérambault PoliphèmeCliquez sur le terrible cyclope

Alors que HAENDEL écrit, lui aussi, une pastorale : Acis and Galatea (1732) toujours d’après Ovide.

Haendel Acis and Galatea O ruddier than the cherryCliquez sur le terrible cyclope

Plus près de nous, le Breton Jean CRAS écrit le rare opéra Polyphème (1914).

Cras Polyphème Acte I Elle dortCliquez sur l’image

(Source principale : Dictionnaire des personnages, Bouquins Laffont 1984.)

Agenda Ironique

CAUSE TOUJOURS, TU M’INTÉRESSES !

Après les Mamelles de Tirésias, ma participation à l’Agenda Ironique de mars 2021, voici « Cause toujours, tu m’intéresses », celle du mois d’avril.

Cause toujours, tu m’intéresses
Tout ce qui cause m’intéresse
Tout ce qui communique m’ennuie

Ce mois-ci, L’Agenda Ironique est proposé par Jean Pierre Lacombe du blog des Arts et Mots . Il nous propose trois tableaux évoquant une rencontre, des dialogues, du langage, de la parole…

Nous pouvons nous en inspirer (un seul ou les trois [je n’en ai retenu que deux]) pour imaginer un récit, des dialogues, un poème, un haiku etc…(l’agenda ironique semble laisser pas mal de latitude à l’inspiration) avec comme contraintes de placer la phrase « cause toujours, tu m’intéresses », et quelques jeux de mots:
Anagrammes, boutades, homophonies voire un marabout ou un trompe-oreilles.
Et puis, tiens, une citation de notre choix à mêler au texte.
Le tout avant le 30 avril, sans dépasser un rayon de 10 km autour de votre stylo, clavier, burin, pinceau, etc.

Cause toujours, tu m’intéresses, Jean-Pierre. Moi ce que je veux, c’est parler musique et littérature, pas peinture ! D’ailleurs, les seuls peintres que je connaisse à apparaître sur la scène de l’opéra, c’est Mario CAVARADOSSI, dans Tosca de PUCCINI, Marcello dans la Bohème du même Pucccini et le peintre qui fait le portrait de Lulu dans l’opéra de BERG.

Puccini Tosca E lucevan la stelle (Kaufmann)Cliquez sur Cavaradossi, le peintre

Il y en a un autre, mais j’y reviendrai à la fin de ce billet.

Au début de l’opéra, le genre ne parlait que des héros ou des dieux de l’antiquité et, petit à petit, les sujets se sont rapprochés de la vraie vie des vrais gens.

Ainsi, dans Orphée et Euridyce (1762 – 1774) de GLUCK, Orphée est allé chercher son Eurydice aux enfers. Il aurait bien dû lui dire « Cause toujours tu m’intéresses » alors qu’elle s’étonnait de son silence. Au lieu de quoi, il s’est retourné et, l’ayant vu, l’a définitivement perdu, n’ayant plus que ses yeux pour pleurer et sa voix pour chanter.

Gluk Orfeo ed Euridice Che faro senza EuridiceCliquez sur l’image

À partir de la fin du XVIIIe siècle, avec l’adaptation des pièces de BEAUMARCHAIS (Les Noces de Figaro, le Mariage de Figaro) le vrai monde commence à s’inviter sur la scène de l’opéra.

Dans L’Élixir d’amour (1832) de DONIZETTI, le sergent Belcore cherche à séduire Adina, mais celle-ci n’en a cure et semble lui répondre « Cause toujours, tu m’intéresses ».

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

Au XIXe siècle, c’est l’aspiration à la liberté des peuples qui se dessine, avec l’éveil des écoles nationales.

Dans Rigoletto (1851) de VERDI, le héros est un bouffon difforme au service du duc de Mantoue. Les courtisans adoraient se moquer de lui quand il arrivait le matin et le saluait d’un « Bonjour, monsieur courbé » car ils aimaient bien rigoler tôt, les vils courtisans.

Verdi rigoletto Cortigiani, vil razza dannataCliquez sur Rigoletto

Dans Carmen (1875) de BIZET, tous les hommes voudraient se faire aimer de la belle cigarière (Carmen, sois gentille et au moins réponds-nous), mais Carmen leur répond « cause toujours, tu m’intéresses » (quand je vous aimerai, ma foi je n’en sais rien, peut-être demain, peut-être jamais, mais pas aujourd’hui, c’est certain.)

Bizet Carmen Carmen sois-gentille et au moins réponds nousCliquez sur l’image

Plus tard, le XXe siècle est l’époque du vérisme en Italie, et des avancées de la psychologie dans les livrets, avec JANACEK ou BERG.

Je vous avais promis en début de billet d’un autre peintre, il s’agit de Mathis der Maler (Mathis le Peintre), un opéra d’HINDEMITH de 1935. Si dans une conversation sur Matisse, on vous parle de cet opéra, sachez que le Mathis en question est Matthias GRÜNEWALD, un peintre de la Renaissance contemporain de DÜRER.

Hindemith Mathis der MalerCliquez sur le tableau

Un peu plus tard dans le siècle, dans Tommy (1969), des WHO, le héros Tommy, suite à un choc psychologique subi dans sa jeunesse, est devenu sourd, aveugle et muet. Sa mère aimerait bien entrer en communication avec lui, mais il reste indifférent à ses appels.

The Who Tommy Smash the MirrorCliquez sur l’image

Et pour ceux d’entre vous qui ont eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous pouvez cliquer sur le cadeau bonus :

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Agenda Ironique, Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Théâtre

LES MAMELLES DE TIRÉSIAS, D’APOLLINAIRE (1917)

Cet article s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de mars 2021, hébergé par Joséphine LANESEM sur son blog « Nervures et entailles« . Le thème en est : « Nous sommes le courage l’une de l’autre« . Quelques règles stylistiques : une ou plusieurs amphores anaphores, et quelques chiasmes; et glisser « Nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie » serait bien vu ».

Les Mamelles de Tirésias est un drame surréaliste de Guillaume APOLLINAIRE qui date de ses jeunes années (en 1903, Guillaume avait 23 ans) et achevé en 1916. La première représentation a eu lieu en 1917, et c’est pour cette œuvre qu’il a inventé le mot surréaliste, terme qui sera emprunté plus tard par André BRETON et sa bande.

Dans le domaine de la musique, on connaît (ou pas) l’adaptation musicale faite par Francis POULENC, mais on ignore assez généralement que la création de 1917 s’est faite avec une musique de scène de Germaine ALBERT-BIROT. Germaine Albert-Birot (1877 – 1931), née Germaine Reynaud d’Arc de Surville, fait partie de ces compositrices totalement méconnues, que l’on confond souvent avec son mari. Elle semble n’exister sur le net que dans les articles consacrés à Pierre Albert-Birot, et ne figure pas (encore) dans CLARA, le répertoire des compositrices.

Albert-Birot les Mamelles de Tirésias

Le pitch : Thérèse, refusant le rôle de procréatrice que lui assignent les hommes, se métamorphose en homme et prend le nom de Tirésias (du nom de Tirésias, dont Ovide nous relate les aventures dans le livre 3 de ses Métamorphoses [cf. ci-dessous]). Dès lors, c’est un homme, le mari de Thérèse/Tirésias, qui portera les enfants. On assiste donc à un entrelacement femme/homme – homme/femme, où les maris/femmes femmes/maris ne sont pas le courage l’une de l’autre (sauf à la fin 😉).

(On dit que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et Junon prétendait le contraire. Ils ont fait appel au devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir.)

Ce thème « Faites des enfants » qui revient tout au long de la pièce est une véritable anaphore, puisqu’on pourrait la résumer ainsi, du prologue : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère », au final : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère, cher public faites des enfants ».

Francis Poulenc a assisté à la création de 1917, et est resté très fidèle à la pièce dans son adaptation. L’idée de prendre les Mamelles de Tirésias comme sujet de son premier opéra lui vient dès 1938. Il achève sa partition en 1945, mais l’œuvre ne sera créée qu’en 1947, le temps pour Poulenc de trouver la chanteuse idéale (Denise DUVAL). Les Mamelles de Poulenc étaient une de ses œuvres favorites.


Prologue : Le directeur du théâtre annonce le sujet de l’opéra : le problème de la dépopulation. « Écoutez, ô Français, la leçon de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère. »

Poulenc Les Mamelles de Tirésias PrologueCliquez sur le prologue

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Pardonnez moi cher publicCliquez sur le prologue et le début du 1er acte

Acte I : L’action se passe dans un Zanzibar d’opérette. Thérèse, une féministe, refuse le rôle de procréatrice que veulent lui imposer les hommes, et réclame de pouvoir être, soldat, artiste, députée, sénatrice, ministre, et même directrice de la chose publique (en latin, la Res Publica).

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Non monsieur mon mariCliquez sur Francis Poulenc et Denise Duval

Elle se transforme en homme en faisant exploser ses mamelles. À son mari qui arrive, elle annonce qu’elle n’est plus sa femme et qu’elle a masculinisé son nom en Tirésias. Le Mari apparaît « habillé en femme et les mains ligotées. » Il se fait courtiser par le Gendarme à qui il/elle plaît bien. Dès lors, il ôte ses vêtements de femme et annonce que puisque la femme ne veut plus faire d’enfants, il les fera tout seul !

Entr’acte : Les choristes : « Voyez l’impondérable ardeur naître du changement de sexes », alors qu’un chœur de nouveau-nés se fait entendre à l’orchestre.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias EntracteCliquez sur l’entracte

Acte II : Le même jour, au même endroit. La scène est encombrée de berceaux et le Mari est fier de sa nombreuse progéniture (40049 enfants). Un Journaliste parisien vient l’interviewer pour connaître son secret, mais il se fait chasser. Le Mari veut faire d’un des fils un journaliste, mais vite celui-ci veut le faire chanter pour avoir un peu d’argent de poche.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

Le Gendarme survient et lui reproche d’affamer la population de Zanzibar avec ses 40049 enfants. Le Mari conseille alors d’acheter des cartes de rationnement chez la Cartomancienne. Celle-ci arrive et glorifie la procréation, la véritable source de richesses. Le Gendarme veut l’arrêter, mais elle l’étrangle. Le Mari reconnaît sa femme Thérèse sous les voiles de la Cartomancienne et ils retombent amoureux l’un de l’autre, tandis que le Gendarme ressuscite.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias FinalCliquez sur le final

Retrouvez ma participation à l’A.I. d’avril ici : Cause toujours, tu m’intéresses.

Agenda Ironique, Fantaisie

FAFNER DANS LA VILLE ÉTRANGÈRE

Cet article s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de Février 2021, A.I. dont le cahier des charges se trouve ici :

Hydres et chimères (Agenda ironique de février) ‹ In the Writing Garden ‹ Reader — WordPress.com

Pour faire simple, le narrateur doit être un dragon venant s’emparer de l’objet de sa convoitise, mais importuné par un moins que rien venu lui en contester la jouissance.

Le dragon doit alors se débarrasser du fâcheux, mais sans se servir de l’arme galvaudée des dragons qui consiste à calciner ses adversaires !

Ceux qui connaissent mon appétence pour la musique dite classique, voire pour l’opéra, m’auront vu venir avec mes gros sabots, mon héros s’appellera Fafner !

Je m’présente, je m’appelle Fafner, j’aimerai bien, réussir ma vie, être aimé-é ! Je suis le frère de Fasolt. Nous étions deux gentils géants gérants d’un petite entreprise de construction qui marchait plutôt bien. Mes problèmes ont commencé quand, avec mon frère, nous avons reçu une grosse commande pour la construction d’une ville destinée à recevoir les héros morts au combat. Notre client était le dieu en chef, un certain Wotan (en emporte le vent) qui voulait l’habiter avec les autres dieux. Mais v’là-t’y pas qu’au moment de nous payer, il y a eu un léger problème. Nous devions recevoir en paiement Freia, la belle-sœur de Wotan. Ça nous intéressait, parce que Freia faisait pousser des pommes qui donnaient la jeunesse à ceux qui les mangeaient. Et rogntudju ! ce scélérat de Wotan n’a pas voulu tenir sa promesse, alors même qu’il tenait sa légitimité de dieu en chef par le respect de sa parole.

Wagner Rheingold FreiaCliquez sur mon frère et moi transigeant pour savoir si on garde Freia ou pas

Bref, on a transigé, et accepté de recevoir en paiement l’Or du Rhin, un trésor volé par un nain lubrique laid comme un pou qui avait abjuré l’amour. Le seul problème, c’est que cet or était maudit, et que celui ou celle qui serait en sa possession s’exposerait à des ennuis terribles. En effet, nous n’avions pas plus tôt été payés qu’une fâcheuse dispute s’en est suivie avec mon frère Fasolt, et que j’ai dû le tuer un petit peu (un petit peu beaucoup même), pour rester seul possesseur de l’or. Dès lors, j’ai pris une forme de dragon, et suis allé veiller sur mon or dans une caverne perdue au fin fond de la forêt.

Wagner Rheingold HAlt, du GierigerCliquez sur la dispute fâcheuse entre moi et mon frère

J’m’ennuie tout seul dans ma caverne. J’irai bien visiter la ville que nous avons construite, mon frère et moi. Walhalla City, qu’elle s’appelle ! Et qui sait, peut-être y rencontrerai-je l’amour. Je me suis donc retransformé en humain et ai pris la route pour Walhalla City. Le gardien, un certain Onésime, m’a fait visiter. Je n’ai rien reconnu. Ils ont fait des aménagements, cette ville m’est devenue étrangère.

D’abord, ils ont transformé le portail d’entrée en arc-en-ciel, deuxièmement, ils ont réservé un coin arboré où Freia cultive ses pommes magiques. Quand je la vois, c’est à me faire regretter de l’avoir abandonnée il n’y a guère en échange de l’or ! Tertio, il y a aussi une sorte d’espèce de caserne sur une esplanade qui n’était pas sur nos plans. C’est là qu’ils logent tous les héros morts au combat. Comme ils viennent des quatre coins du globe, ils s’expriment dans un véritable baragouin pour se faire comprendre. Ils ont appelé ça Esplanade des Invalides.

Mais revenons à mon sujet. Onésime m’a appris que dans ma forêt, il y a une vierge endormie sur un rocher, protégée par un cercle de feu, et qui attend le héros qui viendra la réveiller.

Wagner die Walküre scène du feuCliquez sur le rocher protégé par le feu

À sa description, je me suis senti devenir prince charmant, je l’aime déjà ! Je serai ce héros ! Je suis donc retourné à mon antre, et après un bon repas, me suis octroyé une petite pause postprandiale, avant que de me mettre à la recherche de ma bien-aimée. Eh bien non, pas moyen de se reposer en paix. V’là t’y pas qu’un jeune freluquet, vêtu d’une peau de buffle et à l’haleine méphitique est venu me chercher noise.

Wagner Siegfried Fafner, Erwache, WurmCliquez sur le jeune freluquet

Il avait entendu parler de mon trésor, et entendait me le dérober, ainsi que le nouvel objet de ma convoitise. Mais je ne me suis pas laissé faire, et ai usé de tous les moyens de la dialectique pour l’en dissuader. Comme il avait un cor, je lui ai demandé d’en jouer, et l’ai flatté bassement sur son jeu de cor.

« Hé, bonjour, monsieur Siegfried. Sans mentir, si votre jeu se rapporte à votre peau de buffle, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois ».

Wagner Siegfried Combat contre le dragonCliquez sur le jeune freluquet venant me réveiller

La flatterie, ça marche à tous les coups, et il est tombé dans le panneau. Il a décidé de postuler pour l’emploi de premier cor solo dans l’orchestre de l’opéra de Walhalla City, le Festspielhaus comme on l’appelle là-bas, et m’a laissé tranquille. J’ai enfin pu partir à la quête de ma belle endormie.

Wagner Siegfried Fanfare d'appelCliquez sur les cuivres du Festspielhaus

Et ce qui s’est passé après, c’est une autre histoire !

Note 1 : Aucun dragon n’a été blessé ni maltraité pour la rédaction du présent billet.

Note 2 : Pour les ceusses qui voudraient en savoir plus sur l’histoire de Fafner, se reporter aux billets suivants:

Rheingold (L’Or du Rhin)

Die Walküre (La Walkyrie)

Siegfried (Siegfried)

Et Richard WAGNER, si du haut de ton Walhalla tu me vois, pardonne-moi.

Agenda Ironique, Fantaisie

LA VILLE DE MAHAGONNY ET LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX

Ce billet s’inscrit dans l’Agenda Ironique de Janvier 2021, dont le thème est proposé par Carnets Paresseux.

Il s’agit de raconter la première semaine dans une ville, en utilisant les mots réverbère et Onésime, et si possible avec une liste en sept points (et non pas une coccinelle à sept points).

Pour tout savoir sur cet Agenda Ironique, c’est ici :

En villes étrangères (agenda ironique de janvier) ‹ Carnets Paresseux ‹ Reader — WordPress.com

Voici donc ma relation de ma première semaine passée dans la ville de Mahagonny, la ville de tous les péchés dont Bertold BRECHT et Kurt WEILL ont chanté la grandeur et la décadence.

Le lundi, en arrivant, j’ai été pris de jalousie pour les habitants de cette merveilleuse ville de Mahagonny.

Verdi Otello final de l'acte IICliquez sur Otello

Le mardi, devant les splendeurs de la ville, c’est l’orgueil qui m’a dominé.

Rossini Cenerentola Questo è un nodo avviluppatoCliquez sur l’ébouriffant sextuor final célébrant la victoire de la beauté sur l’orgueil

Le mercredi soir, constatant que les réverbères n’étaient pas encore allumés, la colère m’a pris.

Bellini la Somambule D'un pensiero e d'un accentoCliquez sur Elvino et Amina

Le jeudi, j’ai cédé à mon péché mignon, la gourmandise. Au menu, Onésime a préparé un Tournedos ROSSINI, des œufs MEYERBEER, et des Poires Belle Hélène et Dames blanches. C’est un bon cuisinier, Onésime.

poire belle-hélèneCliquez sur la poire Belle Hélène

Le vendredi a été consacré à la luxure.

Weill the Doors Alabama SongCliquez sur les portes

Le samedi, comme je n’avais plus beaucoup d’argent pour finir la semaine, un accès d’avarice m’a pris.

Rachmaninov le Chevalier avareCliquez sur l’image

Et enfin, le dimanche, traditionnellement jour de repos, je me suis offert une petite journée de paresse.

Poulenc Banalités HôtelCliquez sur l’image de ma chambre d’hôtel

Citations musicales :

la jalousie : Parmi les grands jaloux représentés à l’opéra, Otello est une figure majeure (notons qu’il concourrait également dans la catégorie colère.)

l’orgueil : à la fin de Cenerentola (Cendrillon) de ROSSINI, tous célèbrent la victoire de la beauté (de Cendrillon) face à l’orgueil de ses demi-sœurs.

la colère : Dans la Sonnambula (la Somnambule) de BELLINI, Elvino, trompé par les apparences (il trouve la femme qu’il aime dans le lit d’un autre), se met en colère contre celle-ci.

la gourmandise : les compositeurs d’opéras (du moins ceux qui étaient célèbres et riches) n’étaient pas les derniers à apprécier les plaisirs de bouche.

la luxure : Dans Grandeur et Décadence de la Ville de Mahagonny, de Weill, les pensionnaires du bordel chantent cette chanson, connue sous le nom de Alabama Song.

l’avarice : Le Chevalier avare est un opéra de RACHMANINOV.

la paresse : Dans « Hôtel », extrait des Banalités de POULENC, la cantatrice chante qu’elle veut rester dans sa chambre à ne rien faire, juste fumer.

(P.S. je consacrerai des billets spécifiques à chacun des sept péchés capitaux, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère, la paresse, ainsi qu’à Brecht et Weill).