Agenda Ironique, Contes et légendes

CONTES ET LÉGENDES DU TEMPS DE NOËL

Ce mois-ci l’Agenda Ironique est hébergé sur le site Peinture chamanique de Patrick Blanchon.

Décembre, les premières neiges, les pas dans la ouate qui craque sous la semelle, vers l’école, les batailles de boules de neige, la décoration du sapin, et cette interrogation lancinante : Le Père Noël existe t’il vraiment ?

Donc un texte concernant la période qui évoquerait à nouveau l’espoir, ça serait chouette. Et tant pis ma foi si ça finit en déception ou pas. C’est pas le résultat qui compte.

Je ne mets donc rien derrière l’espoir, chacun peut espérer ce qu’il voudra mais quelques contraintes malgré tout

D’abord être un enfant et connaître le nom du premier renne tirant le char du père Noël me semble essentiel.

Ensuite il faut évidemment que le paysage commence à se recouvrir de neige et de silence, Peut être que le mot tintinnabuler tomberait à pic comme orange, étincelles, écarquiller, introït ( celui-là vraiment pour le fun) jeûne, moyeu, rayon, centre, Saint ( ou sain et sein si la phonétique vous inspire) Etoile bien sûr, et conifère allez tiens ça change de sapin.

Introït (Introduction) :

Fauré Requiem Introït et KyrieCliquez sur l’Introït du Requiem de Fauré

21 décembre, solstice d’hiver. C’est le jour le plus court de l’année, mais c’est aussi le jour à partir duquel la durée du jour recommence à augmenter, pour atteindre son point culminant au solstice d’été. Avec l’hiver, la nature se met en sommeil, mais c’est pour mieux repartir au printemps avec la germination et le début de la floraison, avant que la nature nous offre ses fruits bienfaisants.

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur le vieil hiver qui fait place au printemps

La religion catholique ayant calé son calendrier sur les grandes dates païennes, il est normal que Noël (25 décembre) tombe si près de ce jour particulier de l’année. Avec l’arrivée de l’Enfant Jésus, le fils de Dieu, c’est en effet l’espoir qui nous est donné, espoir que l’homme sera sauvé et pourra, s’il en a la force, gagner le paradis. C’est le sens porté par « la Speranza » de ROSSINI, extraite de ses Pêchés de vieillesse.

Rossini La SperanzaCliquez sur la Speranza de Rossini

Pour ceux qui ont perdu le sens du message de Noël, ce jour est maintenant marqué par le passage du père Noël qui vient distribuer des cadeaux aux enfants, sur son traîneau tiré par des rennes aux grelots tintinnabulants, menés par le premier d’entre eux, Tornade. Que d’étoiles scintillent alors dans les yeux écarquillés des plus jeunes enfants, qui croient encore au père Noël.

Allwright Petit garçonCliquez sur Graeme Allwright

Il n’y a pas de roues au traîneau du père Noël, et donc pas de rayon qui relie le moyeu de la roue à sa périphérie, puisque le traîneau du père Noël vole, survolant ainsi les forêts de conifères qui entourent sa maison, là-bas dans le Grand Nord.

La tradition du père Noël n’est qu’un avatar récent de celle de Saint-Nicolas (Santa Klaus) qui est fêté en Allemagne, en Belgique ou dans les régions de l’Est de la France, le 6 décembre. Ce jour-là, Saint-Nicolas venait avec son âne (dont on ne sait s’il s’appelait Tornade) porter des présents aux enfants sages (les enfants pas sages, eux, devaient craindre le père Fouettard qui accompagnait parfois Saint-Nicolas pour les battre.)

Autrefois (il n’y a pas si longtemps que ça), l’orange était un fruit exotique et rare (et donc cher) et on offrait une orange à Noël aux enfants. Pour beaucoup de gens, c’était là l’unique occasion de manger une orange dans l’année ! Ainsi, dans l’Amour des trois oranges de PROKOFIEV, le héros doit affronter un voyage périlleux pour trouver les trois oranges.

Prokofiev 3 oranges NinetteCliquez sur la princesse Ninette sortant de son orange

Toujours dans les contes et légendes attachés à la période de Noël, il y a la légende des rois mages venus d’Orient apporter l’or, l’encens et la myrrhe à l’enfant venu sur Terre pour (tenter de) sauver l’humanité, rois mages guidés sur leur route par l’étoile du berger. Cette marche a été illustrée par BIZET dans son Arlésienne, musique écrite pour accompagner le drame de DAUDET.

Bizet l'Arlésienne FarandoleCliquez sur la marche des rois de Bizet

Conclusion. Puisque j’ai commencé ce billet avec le début du Requiem de FAURÉ, je vous propose de le terminer avec la fin de ce même Requiem.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur In Paradisum

Agenda Ironique

PLUIE EN NOVEMBRE, NOËL EN DÉCEMBRE

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est embarqué chez Laurence Délis, et voici ce qu’elle nous propose comme thème.

https://palettedexpressions.wordpress.com/2021/11/01/y-a-de-la-joie-par-dessus-les-toits-agenda-ironique/

Aussi pour pour parer aux jours gris de novembre, novembre de brume et de mélancolie, je vous propose de débuter votre récit par une phrase empruntée à Charles Trenet « Y a de la joie […] par-dessus les toits […] du soleil dans les ruelles » à laquelle j’ajoute et novembre.

Ce qui donne la phrase suivante : « Y a de la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles et novembre… »  

À vous d’écrire une suite où il sera question de ce mois novembre. Que fait novembre ou que faire de novembre ou que faire en novembre, avec qui ou quoi… bref, c’est à vous de le dire, comme bon vous plaira avec un zeste d’ironie agenda oblige.

Il faudra ajouter trois mots à votre inspiration du mois  :

un puits – le passage – se taire

Avec lui, y a d’la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles, et novembre et sa pluie sera vite oubliée ! Voyons celà.

Comme le dit l’adage populaire, « Pluie en novembre, Noël en décembre ». Et comme nous avons eu un peu de pluie en ce mois de novembre, il y a de fortes chances que nous ayons Noël en décembre. 🎅

Le 22 novembre 1913 naissait Benjamin BRITTEN, un de mes compositeurs préférés du XXe siècle. En 1942, à son retour des États-Unis, il écrit A Ceremony of Carols, une sublime cantate pour chœur d’enfants et harpe, pour le temps de Noël.

Britten A Ceremony of CarolsCliquez sur le chœur de jeunes

Deux siècles avant lui, c’était HAENDEL qui chantait la joie de la venue de l’Enfant Jésus sur Terre, dans son oratorio le Messie (1741).

Haendel Messiah For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Entre eux deux, WEBER, né le 18 novembre 1786 a composé cette Nuit de Noël :


Weber Weinacht ist's im ganzen LandCliquez sur l’image

Et dans sa quelque peu mystique Turangalila Symphonie, MESSIAEN fait pleuvoir les notes dans le passage intitulé « Joie du Sang des étoiles ».

Messiaen Turangalila Symphonie Joie du sang des étoiles

Mais de nos jours, le caractère sacré de Noël est un peu oublié et Noël, dans le genre profane, c’est aussi le père Noël qui arrive par les toits apporter de la joie aux enfants. Avec lui, y a d’la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles, et novembre et sa pluie est vite oubliée !

Retrouvez le frère de Tom NOVEMBRE interpréter en duo avec ELSA cette chanson de Graeme ALLWRIGHT.

Allwright Petit garçonCliquez sur le père Noël

Voilà, après une prestation aussi capillo-tractée, il n’y a plus qu’à se taire. Et puisque Laurence veut un puits, écoutons Lawrence (Dale) chanter la complainte de Joseph, jeté dans un puits par ses méchants frères, dans l’opéra Joseph, de MÉHUL.

joseph laurence daleCliquez sur Joseph

Retrouvez ici ma participation à l’A.I. de décembre 2021 : Contes et légendes au temps de Noël.

Agenda Ironique

22 OCTOBRE 1811 – NAISSANCE DE FRANZ LISZT

Ce billet est écrit dans le cadre de l’Agenda Ironique d’octobre 2021.

Ce mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui s’y colle pour nous proposer l’agenda ironique.

Et bien il va s’agir de raconter une histoire de premier jour.  Et pourquoi ça, alors que les jours raccourcissent et que l’année tire au bout de sa ficelle ? Tout simplement en hommage à James Ussher, archevêque d’Armagh et Primat d’Irlande qui, après de très savants calculs – avant qu’on se moque de lui, rappelons que Kepler et Newton ont tenté la même opération –  assigna au premier jour de la Création du monde la date du 22 octobre*.

Donc, une histoire de premier jour, de genèse, de commencement, bref, de début, sous forme de chanson, de conte, de thèse, d’opéra, de feuilleton (j’ai beaucoup d’affection pour les feuilletons), recette de cuisine, pièce de théâtre, poésie animalière, cinématographe ou aquarelle, ce que vous voulez, en un épisode ou en vingt livraisons ; avec – si vous voulez – une écrevisse, et – obligé –  deux vers empruntés à l’ami Norge , au choix entre ces quatre-là :

« la porte était lourde / ça faisait des heures »

ou

« j’attends de savoir / ce qu’il faut attendre »

Si vous choisissez d’ajouter une autre, ou d’autres norgerie ça marchera aussi bien (attention toutefois qu’elles ne prennent pas toute la place !). Bref, une histoire de début, une écrevisse facultative, deux vers de Norge – ou plus. Voilà. Et bien évidemment, un peu d’ironie et une dose de calendrier.

Il y a 210 ans, le 22 octobre 1811, jour de la Sankt Ekrevitz dans l’empire austro-hongrois, naissait Franz LISZT, génie de la musique encore imparfaitement connu. Ce jour-là était le début de quelque chose dans l’histoire de la musique. En effet, si on connaît de Liszt essentiellement ses œuvres virtuoses pour piano, son génie novateur s’est exercé dans bien d’autres domaines.

Si vous n’êtes pas encore convaincus, attendez de savoir ce qu’il faut attendre de cet éclairage sur la vie de Liszt.

Pour le piano, Liszt a su relever le défi lancé par BEETHOVEN avec ses dernières sonates. Comment en effet écrire après le géant de Bonn, qui lui-même avait laissé inachevée sa 32e et dernière sonate, s’arrêtant après le 2nd mouvement ? La réponse de Liszt sera sa Sonate en si mineur, vaste monument d’une demi-heure, sans le découpage traditionnel en mouvements.

Liszt Sonate en si mineurCliquez sur la pianiste

Pour l’orchestre, Liszt n’a pas non plus écrit de symphonie avec le classique découpage en quatre mouvements. Non, il a inventé le concept de poème symphonique, ou encore de symphonie à programme avec chœurs (Beethoven avait introduit le chœur dans la symphonie avec le 4e mouvement de sa 9e symphonie.)

Liszt les PréludesCliquez sur l’image

Dès lors, la seconde moitié du XIXe siècle verra (relativement) peu de symphonies, alors que les poèmes symphoniques de cette époque sont légion. Par exemple, BORODINE dédiera Dans les steppes de l’Asie Centrale à Liszt.

Borodine Dans les steppes de l'Asie CentraleCliquez sur l’orchestre

Sur la fin de sa vie, ses avancées musicales étaient telles qu’on a pu dire qu’il écrivait des œuvres sans tonalité. Ainsi en 1885, un an avant sa mort, il écrivit la pièce Bagatelle sans tonalité, environ vingt ans avant SCHOENBERG.

Liszt Bagatelle sans tonalitéCliquez sur l’image

Il a aussi ouvert la porte aux compositeurs dits impressionnistes, comme DEBUSSY ou RAVEL avec une pièce comme les Jeux d’eau à la Villa d’Este (extraite des Années de pèlerinage).

Liszt Jeux d'eau à la Villa d'EsteCliquez sur les Jeux d’eau de Liszt

Ravel Jeux d'eauCliquez sur les Jeux d’eau de Ravel

Un autre apport majeur de Franz Liszt à l’histoire de la musique aura été son dévouement pour faire jouer les œuvres de ses contemporains. Il y a évidemment son amitié avec WAGNER (sa fille Cosima se mariera d’ailleurs avec ce dernier). Lohengrin sera créé en 1850 à Weimar sous sa direction.

Liszt Wagner Lohengrin marche nuptialeCliquez sur le pianiste

Mais il y a aussi BERLIOZ et Béatrice et Bénédict, créé en 1862 à Baden Baden grâce à l’ami Franz,

Berlioz Béatrice et Bénédict Nuit paisible et sereineCliquez sur l’image

SAINT-SAËNS et Samson et Dalila, créé à Weimar en 1877 grâce toujours à l’ami Franz,

Saint-Saëns Samson et Dalila BacchanaleCliquez sur l’image

SMETANA, MASSENET, et tant d’autres.

Enfin, je vais laisser la place à Richard Wagner pour souhaiter un bon anniversaire à son ami et beau-père, dans un télégramme envoyé le 22 octobre 1881 :

Tu lui as donné la vie; tu m’as rendu à la vie. Aussi longtemps que tu répandras autour de toi de la bonté et de la beauté – et tu ne saurais agir autrement – cette vie reste tienne, et nous te l’offrons avec reconnaissance. Salut à toi !

Et si vous voulez un petit supplément de musique, cliquez sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous voulez un petit supplément de musique

Retrouvez l’Agenda Ironique de novembre 2021 sur le thème Y a d’la joie par-dessus les toits.

Agenda Ironique

CALMES VOTES ICI-BAS – LES RÉSULTATS DE SEPTEMBRE 2021

A voté !

Les résultats de la votation de septembre 2021 pour l’Agenda Ironique sont tombés.

Votre texte préféré a été Loin du renard, loin du corbeau, proposé par Carnets Paresseux. Le deuxième texte à recueillir vos suffrages est Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur, de Tout l’opéra (ou presque).

Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. d’octobre 2021, le résultat est quasi unanime, avec une très large majorité en faveur de Carnets Paresseux, que l’on applaudit bien fort 👏.

Et laissez moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à la contrainte de l’hypallage ou de l’amphibolie, souvent avec beaucoup d’ingéniosité.

Agenda Ironique

A.I. DE SEPTEMBRE 2021, LE TEMPS DU VOTE

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique de septembre 2021, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier les clés.

Place donc aux votes de fin de mois difficiles (rappel, il fallait placer une amphibolie ou une hypallage.)

Voici le récapitulatif des participations pour cet Agenda de septembre :

Gibulène le petit escargot nous propose une enquête d’Onésime, pimentée à la jumeleine.

Tout l’opéra (ou presque) s’est intéressé aux origines du livre et du film 2001 Odyssée de l’Espace en nous livrant quelques éclairages inédits sur la naissance de cette histoire.

John Duff nous propose une aventure d’Arnoldo POIVRIERI et de son assistante Ioulia, à la recherche de météorites pour préparer des tisanes (ça ne s’invente pas.)

https://touslesdrapeaux.xyz/agenda_ironique.html

Prokofiev Sonate n 8Cliquez sur la jeune et non moins talentueuse assistante d’Arnoldo Poivrieri

Max-Louis du blog Le dessous des mots nous livre un conte à sa façon : J’ai le bibelot du carafon qui tinte.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Et Carnets paresseux revisite une fable de ce bon monsieur de La FONTAINE, où il est question de corbeau et de piaf, mais aussi de trois petites pommes…

Et maintenant, place aux votes :

Et encore un petit effort pour savoir qui organisera l’Agenda Ironique d’octobre 2021 (vous pouvez proposer des candidats qui ne figurent pas sur cette liste) :

Et allez, un petit bonus surprise avant de nous quitter.

Point d'interrogation

Et pour voir le résultat des votes, c’est ici.

Agenda Ironique, Cinéma

CALME BLOC ICI-BAS CHU D’UN DÉSASTRE OBSCUR

Ceci est ma contribution à l’agenda Ironique de septembre 2021, dont le thème nous a été proposé par Tout l’Opéra (ou presque) (c’est moi). Voici donc le thème, détaillé ici.

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

Une légende urbaine prétend qu’en 1968, l’écrivain de S.F. Arthur C. CLARK s’était rendu à Baltimore avec le réalisateur Stanley KUBRICK pour discuter d’un projet de film d’animation qu’ils avaient ensemble. Passant devant le tombeau d’un de leur héros, l’écrivain Edgar Allan POE, ils se recueillirent devant l’étrange monolithe que les humains avaient déposé sur sa tombe, pour leur tranquillité que son esprit n’en ressorte jamais. C’est alors que l’écrivain fantastique instilla dans leur esprit, l’histoire suivante.

Il y a de cela fort longtemps, avant que l’homme ne devienne l’animal sage et avisé que l’on connaît aujourd’hui, vivait sur Terre une tribu d’hominidés, qui subsistaient comme ils pouvaient en cherchant la rare nourriture qu’ils trouvaient. David Guetteur de Lune était leur « chef ».

La tribu était régulièrement la proie d’un léopard, bestiole contre laquelle ils étaient mal armés. Une nuit, un aboli bibelot d’inanité sonore se fit entendre. Au matin, en sortant de la grotte où la tribu se réfugiait pendant la nuit, ils se trouvèrent en présence d’un calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Kubrick le monolithe (début)Cliquez sur le calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur

David Guetteur de lune fixa alors l’étrange bloc, sans savoir qu’en face, le monolithe le scrutait attentivement. Après ce contact avec une intelligence extraterrestre, David Guetteur eut l’idée de se servir d’os d’animaux pour massacrer ses ennemis. On peut considérer qu’il s’agissait là de l’acte fondateur de la civilisation.

Brel les SingesCliquez sur le grand artiste belge

Mais retrouvons nos amis humains quelques millions d’années plus tard. L’Homme s’est lancé dans la conquête de l’espace, mais v’là t’y pas qu’il a trouvé une anomalie magnétique sur le cratère de Tycho, sur la Lune. En creusant, il a trouvé un étrange monolithe noir qui, lors de son excavation, a émis un mystérieux signal vers Jupiter (pour les habitués de mon blog, je dois préciser que par Jupiter, je ne désigne pas le dieu grec déjà mainte fois mentionné ici, mais d’une planète de notre système solaire).

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’alignement des astres

Il (l’Homme) décide alors d’envoyer une mission tout là-haut, pour trouver la cible de ce mystérieux signal. Deux astronautes sont envoyés vers Jupiter, accompagnés d’un ordinateur doté d’une Intelligence Artificielle, HAL. (Pour le fun, essayez de translater d’une place chacune des lettres du mot HAL, et vous trouverez l’origine du nom de l’ordinateur.)

Les choses se gâtent vite quand l’ordinateur estime que les deux hommes qui l’accompagnent dans sa mission vont plus le gêner qu’autre chose. Il se débarrasse habilement de l’un deux, l’envoyant dans l’espace pour réparer une (fausse) panne qu’il a signalée. Quand le deuxième astronaute voit son collègue passer par le hublot, il décide de sortir pour essayer de le secourir.

Strauss le beau Danube bleu (Kubrick)Cliquez sur l’image d’un célèbre film

Il n’y parvient pas, mais heureusement pour lui, il réussit à déconnecter HAL, carte après carte (et l’on voit alors l’ordinateur perdre la tête, retomber en enfance, avant que de s’éteindre définitivement.)

Le cosmonaute restant poursuit alors son voyage vers Jupiter, où se trouve un autre monolithe en orbite autour de la planète. Comme il s’en approche, il se sent aspiré et part pour un fabuleux voyage dans le temps et dans l’espace. Malheureusement, la communication télépathique entre Poe et Clarke et Kubrick s’est arrêtée là, et on ne comprend donc pas très bien la fin de l’histoire.

En tout cas, cette rencontre ne fut pas vaine, car Arthur C. Clarke a relaté cet événement dans un de ses livres les plus connus, 2001, Odyssée de l’espace (2001, a Space Odyssey), alors que Stanley Kubrick en a tiré un de ses films, portant le même nom.

Agenda Ironique, Mallarmé, Oulipo

AGENDA IRONIQUE DE SEPTEMBRE 2021

Hop hop hop, on ne bouge plus, on écoute (ou plutôt on lit.)

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a proposé (en second) pour animer l’Agenda Ironique de septembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style (hihihi, tant pis pour vous.)

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez : récit épique, essai philosophique, critique littéraire, roman d’amour, thriller, poésie… et faire intervenir tous les personnages récurrents qu’il vous plaira. C’est avec plaisir que nous aurions des nouvelles d’Onésime, d’Anna Podoton, de Dupin et Lilly, des trois (plus une) petites pommes ou de la mystérieuse pianiste chinoise (liste non limitative, évidemment).

J’ai fait un POC (Proof of Concept) pour tester la solidité de ma proposition en demandant à mon ami Stéphane ce qu’il en pensait, il m’a immédiatement répondu en me proposant deux textes, que je vous livre ici à titre d’exemple.

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Aboli bibelot d’inanité sonore.

J’ai donc considéré que le concept était valide et je vous le soumets. Je vous rassure, mon ami Stéph’ sera hors concours, d’autant que ses amphibolies ne sont pas si jolies que ça !

À vos blogs ! 🙂

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire cidsous jusqu’au 26 septembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 septembre.

Agenda Ironique, Fables de la Fontaine, Oulipo

LE CHÊNE ET LE CORPS BEAU, d’après La FONTAINE

ESOPE RESTE ICI ET SE REPOSE

Ce palindrome mériterait de figurer sur la tombe du fabuliste ÉSOPE, un des inspirateurs de ce bon monsieur de La FONTAINE, l’ineffable homme à fables. La fable qui suit, très librement inspirée du corpus La Fontainien, est donc ma contribution à l’Agenda Ironique d’août 2021, dont le thème est proposé par l’affable Max-Louis.

Le thème : Fable

J’explique : la fable est de tout temps parmi nous entre le mensonge et l’imaginaire en passant par l’érotisme et le pamphlet, elle couvre tous les pans de la société. Le récit nous transporte où nous enfonce qu’importe la fable est la chair de notre chair sans nous en rendre compte, qu’elle soit anodine ou prégnante.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :

« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus » Edmond Jabès : Le Livre des Questions Tome 2

Agenda Ironique Août 2021 | Le dessous des mots (wordpress.com)

La raison du plus fort n’est toujours la meilleure

Nous l’allons montrer tout à l’heure

Le chêne un jour dit au corps beau

Blow Vénus & AdonisCliquez sur l’image

Que vous êtes joli, que vous me semblez beau

Sans mentir, tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilea

Mais que faisiez-vous au temps chaud ?

Vous chantiez, j’en suis fort aise

et bien dansez maintenant

Rameau les Indes galantes Forêts paisiblesCliquez sur les danseurs

À ces mots, le corps beau ne se sent plus de joie

Il pousse un large contre-ut

Donizetti La Fille du régiment pour mon âme quel destinCliquez sur « l’air aux neuf contre-ut »

En vain le chêne lutte

Le corps beau souffle si fort qu’à la fin il déracine

Celui de qui la tête au Ciel était voisine

C’en est fini de lui

Une lettre se détache de son nom, le chne n’est déjà plus

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées.

Citations : le corps beau, ce ne peut-être que celui d’Adonis, mis en musique par John BLOW dans son masque Venus & Adonis.

Dansez maintenant : RAMEAU Les Indes galantes Air : « Forêts paisibles »

un large contre-ut : DONIZETTI La Fille du régiment air : « pour mon âme »

Tout me semble zéphyr : MOZART Idoménée air « Zeffireti lusinghieri ».

Et si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici, vous pouvez cliquer sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’ici

Agenda Ironique, Divers

PLAN PLAN RATAPLAN, C’EST LE BRUIT DU TAMBOUR

Quelques jours avant la célébration de la fête nationale française, et des marches martiales qui l’accompagnent, intéressons-nous au bruit du tambour.

L’onomatopée qui représente (en français) le bruit du tambour est ran plan plan, ran rataplan. On peut d’ailleurs en entendre dans mon article consacré aux onomatopées. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, le thème de l’Agenda Ironique de juillet 2021 est précisément onomatopées, répétitions et accumulations, comme il est dit cidsous.

 » Tchachacha, froufrou, splat, et scouic. « 

 » Je vous propose d’utiliser onomatopées, répétitions et accumulations pour relater une étape de la vie d’une personne, ou un moment particulier, comme par exemple les préparatifs du matin, ou du soir. Quelques borborygmes seraient aussi les bienvenus. « 

 » Vous avez jusqu’au 26 juillet, et puis après on vote. Clap clap clap ! « 

AGENDA IRONIQUE DE JUILLET! | Grain de sable (victorhugotte.com)

 » Si vous êtes nouveau ou nouvelle, vous postez votre texte sur votre blog, shlak!, et puis hop, vous copiez-collez le lien dans les commentaires ci-dessous.
Tic toc, tic toc…
« 

Et donc (roulement de 🥁), place au son du tambour !

Roulements de tambourCliquez sur le roulement de tambour

Commençons par Henry PURCELL, qui a composé en 1695 cette émouvante Musique pour les funérailles de la reine Marie, pour tambours et cuivres.

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

On trouve de nombreuses scènes avec des soldats à l’opéra, et les compositeurs se sont fait un malin plaisir à faire chanter aux chœurs des plan plan rataplan, ou des rataplan plan plan.

Ainsi en 1832, dans l’Élixir d’amour, DONIZETTI fait arriver la garnison du sergent Belcore au son des tambours :

Donizetti l'Elisir d'amore Come Paride vezzosoCliquez sur l’image

En 1836, MEYERBEER va plus loin dans ses Huguenots en faisant chanter Rataplan plan plan au chœur.

Meyerbeer les huguenots C'est le jour RataplanCliquez sur l’image

Dans La Fille du régiment (1840) de Donizetti, on peut entendre l’air avec chœur « Au bruit de la guerre ».

Donizetti La Fille du régiment au bruit de la guerreCliquez sur la fille du régiment

On trouve une répétition de cette trame, réutilisée en 1879 par OFFENBACH dans son opérette la Fille du tambour-major. (Offenbach était familier des onomatopées puisqu’une de ses opérettes à pour titre Ba-Ta-Clan, titre qui a donné son nom à la salle de spectacle parisienne.)

Offenbach la Fille du tambour-majorCliquez sur la fille du tambour-major

En 1862, c’est VERDI qui nous propose un « rataplan rataplan » dans La Force du destin (La Forza del destino).

Verdi La forza Acte III RataplanCliquez sur l’image

Et si vous avez eu le courage ou la patience d’arriver jusqu’ici, cliquez donc sur le lien cidsous, vous pourriez être surpris(e).

Point d'interrogation

Agenda Ironique, Fantaisie

UNE QUESTION DE LANGUE

Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui nous propose le thème de l’Agenda Ironique, sur le thème de la langue :

Agenda Ironique Juin 2021 ‹ Le dessous des mots ‹ Reader — WordPress.com

Max-Louis explique : la langue organe de communication parmi d’autres est protéiforme dont les voies portent les voix d’actions parfois inattendues. Voici des exemples : langue bien pendue, donner sa langue au chat, sur le bout de la langue, avoir la langue déliée, avoir un cheveu sur la langue, langue de vipère, tenir sa langue… etc., etc.

Il nous propose donc de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– Insomniaque
– Chouette
– Frigoriste
– Narine

Le secret avait été bien gardé. Pour le 500e billet de son blog, monsieur Toutl’op ! s’apprêtait à mettre les petits opéras dans les grands en organisant une grande fête. Tout le monde dans son entourage avait su tenir sa langue.

Seul Papageno avait la langue bien pendue, mais trois très étranges dames étaient venues lui mettre un cadenas sur la bouche avant qu’il n’en dise trop.

Mozart La Flûte enchantée Hm Hm HmCliquez sur Tamino et Papageno

Petit appétit, les invités arrivaient dans la salle de concert. Il y avait là nos héros favoris, Faust et Marguerite, Tristan et Isolde, Violetta et Alfredo, Roméo et Juliette, Carmen et Don José,… qui devisaient plus ou moins gaiement de leurs aventures.

Un deuxième groupe arriva, il s’agissait des habitués de l’Agenda Ironique? Il y a avait là Onésime et Anapodoton, ainsi qu’Arnoldo POIVRIERI accompagné de Yuja. Onésime était suivi par un poussin qui n’avait pas la langue dans sa poche et qui pioutait à qui mieux mieux.

Mozart marche turqueCliquez sur Yuja

Les conversations allaient bon train.

« Sais-tu pourquoi GOUNOD était fâché avec VERDI ? », demandait Faust à Otello.

« Euh, je ne sais pas, je donne ma langue au chat« , répondait Otello.

« C’est parce que chaque fois que Gounod voulait laver Maria, Verdi ôtait l’eau », s’esclaffait alors Faust en lui tirant la langue.

C’est alors que Iago, une vraie langue de vipère, fit remarquer à Otello que Desdémone semblait prendre langue avec un toréador qui venait d’entrer.

otello credi un un dio crudeleCliquez sur ce traître de Iago

Aussitôt, cette mauvaise langue de Basile enchaîna sur son fameux « air de la Calomnie » pour charger cette malheureuse Desdémone de tout un tas de rencontres infondées.

Rossini le barbier de Sévilla La CalunniaCliquez sur Basile

Le poussin, fatigué d’avoir tant piouté, voulait dormir. « Si tu veux faire un somme n’y a qu’à te mettre dans un coin », lui conseilla Onésime.

ROSSINI qui, le succès arrivé, avait troqué son piano de compositeur contre un piano de cuisine donnait sa recette de langue de bœuf à Verdi, autre gastronome qui lui préférait les langues de chat.

STRAVINSKY racontait à qui voulait l’entendre que dans les années 1915 – 1920, il s’était installé dans le canton de Vaud et c’est là qu’avec RAMUZ, il écrivit, en langue de Vaud, l’Histoire du Soldat (1918).

Stravinsky Histoire du soldatCliquez sur l’image

Quant à CHOSTAKOVITCH, il racontait comment lui était venu l’idée d’écrire un opéra d’après le conte le Nez de GOGOL.

Chostakovitch le NezCliquez sur les narines géantes

Voilà, à ce moment de mon histoire, j’ai encore quelque chose sur le bout le la langue, mais ça ne me revient pas. C’est le moment alors de signaler que le chouette duo de frigoristes constitué par Jean Yanne et Tito TOPIN avait écrit un ouvrage ultime sur la conservation des langoustes par le froid. Son titre : La Langue, ouste, ne passera pas !