Agenda Ironique

17 OCTOBRE 2026 (A.I. d’OCTOBRE 2026)

Ce mois-ci, c’est chez Tiniak que se passe l’Agenda Ironique. Et koukinousdmande ? Tiniak, et bien voici :

Chez Tiniak : Octobre, bouge ! —A.I. — — poLétique et tocs

Je ne développe pas davantage.
Je réponds à la nécessité — notamment celle de prolonger l’activité de notre bel atelier d’écriture, L’Agenda Ironique…

L’ironie me semble être aujourd’hui, d’une impérieuse nécessité.
Je vous invite à la manifester sur un mode poésique.
Oui, poésique…
Comme matière à opposer à la violence du moment, une autre dialectique, un regard alerte, indigné peut-être, mais paisible et bienveillant.
Pour mettre de la poésie au cœur de la situation tendue qui nous afflige.

Aucun mot imposé ! À vous de surligner, dans vos textes, ceux que vous tenez pour importants.


Un seul souci (pas si simple, en fait) : pourriez-vous mettre en regard, dans la forme qui vous convient le mieux, quelque chose de pénible, voire qui vous insupporte, avec — qui sait ? une fleur, une odeur, un geste, une musique, un moment paisible… ? Ou un oxymore…

Un souhait encore (facultatif) : ce serait sympa d’ajouter, pour illustrer ou enrichir votre propos, une musique, une chanson, un poème… (un « lien vers » ou un « insert », à vous de voir).

Thèse : Si il y a une chose qui m’insupporte, c’est le niveau d’incompétence crasse auquel est arrivée la classe politique de mon pays (et d’autres pays alentour d’ailleurs). Ce niveau n’est que le résultat de dix ans (au moins) d’ultralibéralisme (je vous file le tuyau : si vous voulez avoir l’air sérieux, mettez des ultras un peu partout dans vos textes), ultralibéralisme qui se manifeste par l’abandon de tout ce qui ne permet pas d’enrichir des actionnaires, et par la mise sur le marché privé des exercices régaliens de l’état. Au bout de suffisamment de temps, on arrive à un système à bout de souffle.

Cliquez sur la B.O.

Prothèse : Un système à bout de souffle où on meurt aux urgences, où la culture est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité (et puis, c’est dangereux la culture, ça peut faire réfléchir…) et où les élèves n’ont plus de profs, ont froid en hiver dans des classes non chauffées et crèvent de chaud en été dans ces mêmes classes, non isolées. Depuis quelque temps déjà, les lycéens réclament et manifestent pour avoir le droit d’étudier dans des conditions décentes. (Au passage, cela fait des années que le personnel enseignant réclame les mêmes choses).

Là, face à ses revendications, je suis stupéfait et indigné de la manière dont est traitée et méprisée la jeunesse de notre pays. Bon d’accord, ces jeunes ne votent pas, donc ils n’existent pas, mais comment la classe politique dans son ensemble a-t-elle pu oublier que la jeunesse, c’est l’avenir du pays ? Que si il y a un endroit où il faut investir, c’est bien dans la jeunesse. Face à un mouvement de protestation qui va s’amplifiant, la journée du 17 octobre (2026) devait être un moment important, annoncé par tous les toutologues qui se pavanent sur les chaînes de désinformation continue.

Cliquez sur la Pavane pour une jeunesse en train de défuncter

Et qu’a-t-on vu ce jour là, des policiers gazant des lycéens mabifestant pacifiquement pendant que les ultras (droite et gauche réunie) s’en prenaient aux symboles de la république.

Quel scandale ! C’est l’ensemble du gouvernement qui devrait démissionner.

Antithèse : Arrivés là de votre lecture, vous devez vous demander « mais qu’est-ce qui lui prend, à monsieur toutl’op ? ». Et bien voilà, sachez que ce 17 octobre (2026), alors que je prenais le métro en direction de Roubaix et Tourcoing, je me suis trouvé en présence de trois jeunes gens, d’une quatorzaine d’années. À un moment, le plus jeune d’entre eux, qui chantonnait, m’adresse la parole et me demande, eh monsieur, vous connaissez cette chanson ? Et de me chanter « je m’baladais, sur ml’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu… ». Bien sûr, lui répondijes alors, c’est les Champs Élysées, de Joe Dassin.

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La conversation s’engagea alors, les jeunes me demandant :

– Connaissez-vous tel film? et le chanteur arménien qui a raccourci son nom.

– Oui, c’est Charles Aznavour. – Ah oui c’est ça, on l’a appris au collège !

Cliquez sur la chanson de Charles Aznavourian

Du coup, je leur demande leur âge, il avaient quatore et quinze ans et étaient soit en troisième soit en seconde.

À mon tour, je leur pose des questions :

– qu’est-ce que vous voulez faire plus tard ?

– moi architecte, me répond l’un d’eux (le plus jeune), moi infirmier en Suisse, me répond un autre (celui qui est en seconde) qui m’apprend que dans son lycée, à propos d’une manifestation autorisée par les autorités, les lycéens avaient été gazés par la police !

Quelques instants de silence, et le plus jeune me demande :

– Quel conseil vous pouvez nous donner pour notre vie, monsieur ?

– J’ai répondu « Soyez vous-même, et croyez en vous ! » Ils sont descendus quelques stations plus loin, et sont sortis en me serrant la main et en me souhaitant une bonne journée. Brèfle, une rencontre que l’on ne fait pas tous les jours. Mais que j’ai été heureux de les avoir croisés, et de voir que tout n’est pas foutu, que l’espoir est encore là !

Synthèse : La jeunesse, c’est l’avenir, sacrifier la jeunesse, c’est sacrifier l’avenir.

Agenda Ironique

C’EST LA RENTRÉE

Ce mois-ci, c’est Sabrina qui a aimablement proposé de prendre les rênes de l’Agenda Ironique.

Et kwakèlnoud’man’, Sabrina ? et bien voilà :

C’est la rentrée scolaire, et littéraire. Pour s’amuser sur ce double-évènement et éviter le redoublement, il faudra parler, à l’instar d’un titre de roman de la rentrée littéraire, des Récidives (ou plutôt même, des Récits d’Yves). Imaginez sous forme de carnet, de journal, les confessions & les tribulations d’un certain Yves (St-Laurent, Montand, Rocher…), en intégrant a minima, quatre (comme la date du jour) titres de cette liste. Pour les plus joueurs, glissez cette phrase de Pennac dans Chagrin d’école « Statistiquement tout s’explique ; personnellement tout se complique. »
Bonheur, chagrin, chafouin, l’école (les colles) & les souvenirs se dessinent sur les pages d’un vieux carnet…

Mais tout cela est tellement mieux esspliqué chez elle : Entre les lignesÀ vos styl’oh, autour la rentrée (A.I septembre 2026)

Sabri’Na nous propose d’en insérer au moins quatre sur la série de vingt-six, que voici : Croire au code — Oroppa — Dessine-moi un royaume — Lait cru — La première phrase du premier livre — Le bal des foudroyés — Le fabuleux piano — Le chat de Montaigne — Mémoire, mode d’effroi — Le petit cosmonaute — Si nous étions captives — Stay free – Liberty — Halte au feu — Debout dans tes rêves — Fuir la lumière — En l’absence de corps — Le diable rit avec nous — La désabondance — La peau neuve — Heure sauvage — Demi Lune au soleil — Soleil d’abandon — L’enfant grise — Les récidives [sélections « Premiers romans » et « Littérature française »].

Or donc, je commence :

Tous les mois, c’est pareil, et je me dis que c’est bien la dernière fois que je me prête au jeu de l’Agenda Ironique, et tous les mois je plonge et je récidive. Mais par quoi commencer ? Le plus simple doit être de commencer par la première phrase du premier livre. Joseph Haydn va m’y aider avec l’ouverture de son oratorio la Création.

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Las, très vite, l’aventure tourna vite en eau de boudin, et le diable, déguisé en serpent, induisit les humains à désobéir à Dieu. Adam et Éve s’en trouvèrent chassés du paradis. Et ça l’a bien fait rire, le diable, Gounod s’en est d’ailleurs souvenu dans son Faust avec le rire méphistophélique du tentateur dans l’air « Vous qui faites l’endormie ».

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Pour le Bal des foudroyés, c’est plus facile, il suffit de convoquer Edgar Allan Poe et son Masque de la mort rouge, mis en musique par André Caplet.

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Mais revenons aux choses sérieuses. Quid du fabuleux piano ? Peut-être une écoute de l’opus 111 de Beethoven nous aidera à y entendre plus clair.

Cliquez sur le pianiste

Beethoven, qui toute sa vie à lutté pour la liberté, sa devise n’était-elle pas « Toujours aimer la liberté » ? a mis cette liberté en musique dans le chœur des prisonniers de son opéra Fidelio, mais il a aussi su se servir d’un chant révolutionnaire français (« mieux vaut la mort que l’esclavage ») pour son concerto pour violon.

Cliquez sur l’image
Cliquez sur la violoniste
Agenda Ironique

LA PARENTHÈSE

Ce mois-ci, c’est Tiniak qui s’y colle pour l’Agenda Ironique de l’été

La chaleur ne fait pas fondre que le bitume, elle dilate aussi les heures qui s’allongent, non sans une pointe d’ironie, sur les agendas calendaires.
Aussi bien, notre atelier familier (L’Agenda Ironique) se complaît à jouer les prolongations et s’étire déjà jusqu’à la fin août, autour de ce thème générique : la parenthèse.
À chanter, peut-être ?

C’est vous qui (pour— ) voyez…
Ce que vos textes mettront entre parenthèses vous appartient, en propre et au figuré.
Belle ironie de la forme : c’est précisément ce qui se trouve dans cet intervalle qui attirera notre attention !

Que vous optiez pour un style journalistique, romantique, poétique (ou… musical ?), il vous faudra intégrer, dans votre contribution [au lien idoine vers sa publication, dûment déposé en commentaire de ce post] :

  1. autant de synonymes de « parenthèse » qu’il vous plaira ;
  2. votre adaptation de cette citation : « J’ouvre une parenthèse. Si vous avez un peu trop d’air, je la refermerai tout de suite. » (Alphonse Allais) ;
  3. ces quelques mots ou expressions au choix (au moins trois) : Sophie tourne de l’œil — carabistouilles — pépite — ordoncques — pâte à ballon — Avoir l’air d’un âne qui vole — Antenne 2 — Monaco — dispensaire.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué sur son site : Un crochet vers l’A.I. de l’été ? — poLétique et tocs

Tout d’aborrd, j’ouvrre une parrenthèse avec un peu d’histoirre (si vous avez trop d’R, vous pouvez en enlever, de toute manière, je ne manque pas d’R.). Or donc, à la fin du XVIIe siècle à Naples, qui est la patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des opéras des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes étaient comme une parenthèse dans l’opéra principal et ont fini par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).

Ainsi, La Servante Maîtresse (La Serva Padrona) est un intermezzo de Pergolèse datant de 1733, qui a joué un rôle dans la querelle des bouffons. En effet, Rousseau, dont l’opéra le Devin du Village s’était fait démolir par Rameau, lui donnant l’air d’un âne qui vole, décréta que la seule vraie et bonne musique était la musique italienne, arguant que le français n’était pas une langue chantée. Que de carabistouilles de la part de notre philosophe genevois !

Ciquez sur l’image

Si l’opéra buffa a connu quelque fortune, les intermèdes ont à peu près disparu. On en retrouve la trace chez Mascagni dans son Cavalleria Rusticana (1890)

Cliquez sur l’intermède symphonique

ainsi que chez Richard Strauss, avec son opéra Intermezzo (1924).

Cliquez sur l’interlude de l’intermède

En 1935, Alban Berg place un interlude orchestral en forme de palindrome musical à l’exact milieu de son opéra Lulu (qui, soit dit en passant, se passe en partie dans un dispensaire).

Cliquez sur le palindrome orchestral

Une autre forme de parenthèse est l’incise, qui est une proposition insérée dans une phrase pour exprimer un détail de la pensée. Peut-être est-ce en pensant à Berg que son presque élève, Pierre Boulez, a écrit la pièce Incises, qui sera elle-même développée dans une autre pièce, Sur incises.

Cliquez sur Incises
Agenda Ironique, Oulipo

LA POISSONNE ET L’OISEAU

Ce mois-ci, c’est Max-Louis qui s’y colle pour l’Agenda Ironique.

Et kouakil nous demande, Max-Louis ? Et bien voilà :

Le thème de A.I. juin 2026 : Animal
J’explique : l’animal (au sens très large et propre ou au figuré), par ce mot est un éventail qui ne devrait pas vous laisser indifférent. En effet, qui de nous n’a pas eu affaire un jour ou l’autre à l’animal ? Qu’il soit de tous les jours, ou par le hasard d’une rencontre, de l’enfance ou de l’adulte, il est celui qui fait partie de notre environnement.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie — long ou court) avec la langue écrite de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…), le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, cinq mots imposés :
– Demi-lieue
– Héros
– Émail
– Emberlificoter
– Bulle
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Mais tout cela est tellement mieux esspliqué chez lui : Agenda Ironique de juin 2026.

Une petite poissonne, sans doute une demi-lieue,

Cliquez sur l’image

Aimait un tit’ oiseau, sans doute un colibri.

Mais comment s’y prendre, pensait la poissonne qui faisait des bulles, quand on est dans l’eau ?

Mais comment s’y prendre, disait l’oiseau, quand on est si haut ?

La petite poissonne alla voir Jezibaba la sorcière.

Cliquez sur Jezibaba

Rien de plus simple dit la sorcière : de nos jours, il vous faut communiquer par é-mail.

La poissonne et l’oiseau prirent ainsi rendez-vous.

Nos deux héros s’emberlificotèrent si bien

Que croyez-vous qu’il arriva de cette union virtuelle ?

Une créature virtuelle, une jolie sirène, au corps d’oiseau et à la queue de poisson.

Cliquez sur l’image

Citations musicales :

La petite poissonne : Boby Lapointe, la Maman des poissons.

Jezibaba : Dvorak, Rusalka

La jolie sirène : Lili Boulanger, Sirènes.

Et si vous voulez prolonger cet Agenda Ironique, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le point d’interrogation si vous voulez prolonger cet agenda Ironique
Agenda Ironique

MIROIR SANS FIL (Agenda Ironique d’avril 2026)

Ce mois-ci, c’est Tiniak qui est aux manettes de l’Agenda Ironique. Et quel en est le sujet, de cet A.I. ? Et bien voilà :

Au mois d’avril, dit-On (ce fameux konkidirapa son nom) : “ne te découvre pas d’un fil”. Et si c’était là, belle et bien bonne occasion de se poser cette question : “Perdu le fil, que ferait-On ?”
Pardon, pour les marris, comme j’en suis, d’avoir un parent frappé d’Alzheimer. En fait, je pensais à Raymond (que si ? Quenaud 
! Mais, si !).

Lors, imaginez un peu : perdre le fil de son histoire, par exemple en se brossant les dents -et, pour comble ! devant son miroir…

Je vous ai perdu.e.s ?
Tant mieux. C’est tout l’enjeu de ce mois-ci, ayant pour thème générique : “miroir sans fil”.

Partez donc en vrille(s), Agendaironistes, avec certains de ces quelques mots de ma liste – bon, pas simplistes, j’en conviens, et qu’ faut s’asseoir dessus pour les placer : tasse Mobil (hin hin), Tchao Pantin (ou “Ciao.. du même blase”), nombril du monde, Cunégonde (pour la rime), “Et mon courroux coucou !” (sic), pâte-fix, remix (et/ou) slam, bam, amstamgram, Pamella et blâme. Et puis miroir… pour finir ?

Rien que les mots sans italique, nous sommes raccords ?
J’en demande quatre. Plus OK, mais pas moins.
Avec en sus, quand même, la mention en toutes lettres : “perdu [,] le fil”.

Mais tout cela est tellement mieux esspliqué ici.

Avez-vous le formidable roman la Passe-miroir, de Christelle Dabos ? J’espère que oui, sinon vous pouvez toujours vous rattraper en lisant les quatre volumes qui constituent cette série, ou encore en lisant l’adaptation en bande dessinée par Vanyda dont le premier volume vient de paraître chez Gallimard Bande dessinée (voir la dédicace cidsous.).

Parmi les airs que chante l’héroïne figure, ou pas, le grand air des bijoux du Faust de Gounod : « Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir ». Cet air a été popularisé par Hergé et sa fameuse Bianca Castafiore.

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Un autre personnage de la Passe-miroir est Cunégonde. Cunégonde apparaît dans le deuxième volume, et c’est une mirage qui a créé des endroits appelés imaginoires. Peut-être est-ce dans un de ses endroits que l’Apprenti sorcier vole le balai magique de son maître, balai qu’il essaye, en vain, de domestiquer à grands coups d’amstramgram.

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Même atmosphère de magie pour Petrouchka, de Stravinsky, où un vieux mage anime par magie un pantin de bois, Petrouchka.

Cliquez sur l’image

L’Apprenti sorcier et Petrouchka font partie du répertoire de base de la maison d’opéra fondée par Raymond Queneau à Saint-Glinglin, le fameux Opéra de Saint-Glinglin.

Dans Guillaume Tell, drame de Schiller mis en musique par Rossini, le héros suisse exprime son courroux coucou (suisse) contre l’envahisseur autrichien.

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Arrivé à cet endroit de mon histoire, vous aurez peut-être perdu le fil, mais n’ayez crainte, je vais vous en faire un remix accéléré : pantin, passe-miroir, Cunégonde, courroux coucou, perdu le fil, remix.

Agenda Ironique, Divers

LE DOUZE DANS TOUS SES ÉTATS

J’avais déjà commencé à écrire cet article quand le sujet de l’Agenda Ironique de mars 2026 est tombé. J’ai donc décidé de le réorienter de manière à ce qu’il réponde au cahier des charges proposé par Amélie (voir cidsous).

Ce mois-ci, c’est Plume dans la main (Amélie) qui nous propose le sujet de l’Agenda Ironique. Et kwaquèle nous demande, Plume dans la main ? Elle nous demande d’accueillir le printemps (c’est de saison) : nouveau départ, recommencement, nouvelle ère, bref, nouveauté ! sous forme de cercle circulaire, ou à la rigueur, de rond, et avec « des émojis qui n’existent toujours pas en 2026 alors qu’on n’en peut plus de les réclamer ! » comme :

– le drapeau breton alors que chacun sait que s’il y a du public, il y a un drapeau breton.

– la framboise alors que qui se sert de l’émoji tête d’ail ?

– l’entonnoir alors que c’est quand même un must have.

– le rein parce qu’on a tous un pote néphrologue.

– le pangolin parce que rendez-nous 2018. 

Et pour les plus joueurs, essayer de faire quelque chose de l’émoji tête d’ail dont on se demande bien pourquoi à quoi il peut servir, à part tenir à distance les vampires et garnir les émojis gigots.

Donc, en bref, du nouveau, du cercle, des émojis et une tête d’ail.

Comme d’habitude, c’est mieux expliqué chez Plume dans la main, ouskil faudra aller déposer, dans les commentaires, les liens des textes, comme d’habitude.

Le douze est souvent considéré comme le symbole d’un cycle achevé. On le retrouve donc dans les douze mois de l’année ou dans les douze signes du zodiaque (cycles annuels). Un exemple de constellation dont l’explication se trouve dans un opéra est la constellation des Gémeaux, avec l’opéra Castor et Pollux de Rameau.

Cliquez sur les jumeaux Castor et Pollux

Le douze est aussi à la base de la décomposition d’un temps plus présent. Ainsi, la journée est décomposée en deux fois douze heures, chaque heure étant décomposée en cinq fois douze minutes, chaque minute étant décomposée en cinq fois douze secondes. Le douzième coup de minuit, qui marque à la fois la fin d’une journée et le début d’une nouvelle, est souvent associé à des scènes infernales, comme dans le Freischütz de Weber, ou encore dans cette scène du Vampire de Marschner (un conseil, munissez vous d’une gousse d’ail avant de regarder la vidéo.)

Ne cliquez sur l’image que si vous vous êtes munis d’une gousse d’ail

Toujours en symbolique, douze est le produit de trois et de quatre, le trois représentant l’univers céleste (voir la Sainte Trinité de la chrétienté) et le quatre l’univers terrestre, délimité par les quatre points cardinaux.

En mythologie, on trouve le douze notamment dans les douze travaux d’Hercule. Hercule est un de ces personnages de la mythologie qui a été abondamment porté à l’opéra. Claude Terrasse a ainsi écrit ses Travaux d’Hercule (1901).

Cliquez sur les travaux d’Hercule

Douze est aussi le nombre d’apôtres de Jésus. Das liebesmahl der apolstel (la Cène des apôtres) est une cantate de Wagner écrite en 1853 à Dresde pour célébrer la Pentecôte.

Cliquez sur l’image

En musique, douze est le nombre de degrés de la gamme chromatique occidentale (Do – Do dièse – Ré – Ré dièse – Mi – Fa – Fa dièse – Sol – Sol dièse – La – La dièse – Si – Do).

Au début du XXe siècle, quand l’évolution de notre musique savante a fait disparaître la notion de tonalité en vigueur depuis de nombreux siècles, Arnold Schönberg a appelé dodécaphonisme la manière d’écrire une musique où aucune hiérarchie ne s’imposait entre les douze sons de la gamme. Douze est aussi le nombre de temps du blues, qui associe ainsi rythmes binaires et rythmes ternaires.

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En géométrie, le dodécaèdre régulier est un des cinq solides de Platon. Il est très joli et je n’arrive pas à comprendre pourquoi il n’a pas droit à son émoji.

Je suis désolé, mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil depuis la géniale invention de l’alexandrin, ce vers de douze pieds qui sied si bien à la prosodie française. Que seraient les tragédies de Racine ou de Corneille sans la perfection de leurs alexandrins, genre « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » ou encore « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » !

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HASARD CALENDULAIRE (A.I. de Février 2026)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique s’en revient chez Jérôme (Carnets paresseux), qui nous propose de souhaiter un joyeux anniversaire à l’Agenda Ironique qui est né il y a tout pile onze ans.

Le hasard calendulaire ne fait pas toujours bien les choses. Ainsi du malheureux Serge Prokofiev qui a eu le mauvais goût de mourir le même jour de 1953 que Staline. La couverture médiatique de la mort du dirigeant soviétique a fait passer sous silence la disparition du compositeur ukrainien.

Prokofiev, qui a mis sa musique au service de Sergeï Eisenstein, n’a pu le faire pour Octobre, film qui datant de 1928 était muet. Il s’est rattrapé avec sa cantate Octobre écrite pour le 40e anniversaire de la révolution d’Octobre.

Cliquez sur Octobre

Ceux qui ont lu Je me souviens de Georges Perec se souviennent peut-être qu’il nous rappelle que la violoniste Ginette Neveu est morte dans le même accident d’avion que le boxeur Marcel Cerdan, en 1949. C’est peut-être pour ça que le grand public a ignoré la mort de la célèbre violoniste.

Cliquez sur la célèbre violoniste dont la mort a été occultée par un non moins célèbre boxeur

Et à propos de Cerdan, Edith Piaf est morte le même jour d’octobre que Jean Cocteau. C’est peut-être pour ça que le grand public a ignoré la mort du célèbre écrivain.

En tout cas Francis cabrel, lui, s’en est souvenu, en écrivant pour eux sa chanson Octobre.

Cliquez sur l’image
Agenda Ironique

VOIR DIEU EN FACE (A.I. de janvier 2026)

Ce mois-ci, c’est Jobougon qui est aux manettes de l’Agenda Ironique. Et koikilnoudmande, Jo ? Rien moins que d’interviewer Dieu.

En ce mois de janvier, pour bien commencer l’année et bien aiguiser vos plumes artistiques, je vous propose donc d’aller interviewer Dieu.
Vous le faites sous toutes les formes qui vous conviendront, de la manière qui vous plaira, à la condition toutefois d’insérer au moins quatre de ces neuf morceaux de phrases à votre convenance. L’ordre d’arrivée dans les textes de ces bouts est toutafé relatif, c’est votre interview qui en décidera.

Voici ces bouts de phrases (Tous les extraits de phrases viennent des 366 réels à prise rapide de Raymond Queneau) :

1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague

3 – Succession de bruits
4 – Comme un avis à la population
5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique
8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour

Ne vous privez ni d’humour, ni d’ironie, ni de sarcasme, ni même de tendresse…
Avec raillerie, dérision, gaîté, fantaisie, surréalisme…

Mais brèfle, c’est tellement mieux esspliqué chez Jo : https://jobougon.wordpress.com/2026/01/11/agenda-ironique-de-janvier-2026/

Dans les mythologies, il n’est pas rare que des humains cherchent à interviewer les dieux, ou des dieux interviewant des humains, ou des dieux interviewant des dieux. Voyons donc ces différents cas de figure.

Sémélé était une mortelle qui aimait Jupiter et était aimée par lui Elle a voulu voir à tout prix Jupiter sous sa forme de dieu (il y a une petite manipulation de Junon derrière ça). Mal lui en en a pris, car la mortelle ne pouvant supporter la vue divine s’est trouvée brûlée vive. Ce sujet brûlant nous a été raconté par Haendel dans l’opératorio Semele.

Cliquez sur Sémélé

Ça a l’air vieux mais, dans la Grèce (très) antique, Cupidon est tombé malencontreusement amoureux de la belle Psyché (il s’était blessé avec sa propre flèche, ce gros maladroit !). Le père de Psyché se rend alors à Delphes pour interviewer Apollon pour savoir quoi faire de sa fille. Las, l’oracle est formel, Psyché doit être abandonnée sur un rocher. Cette histoire a inspiré bien des compositeurs, à commencer par Lully.

Cliquez sur l’image

L’histoire de Tirésias, eh bien, ça ressemble presque à une blague. Figurez vous que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et que Junon prétendait le contraire. Le couple divin a interviewé le devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était le seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir. Cette histoire racontée par Guillaume Apollinaire a été mise en musique par Francis Poulenc, sous le titre Les Mamelles de Tirésias.

Au début du troisième acte de Siegfried, de Wagner, le dieu en chef Wotan, inquiet de la tournure que prennent les choses depuis qu’il a violé les runes sacrées gravées sur sa lance provenant de l’Yggdrasil, interviewe Erda, la déesse de la Terre, pour essayer de voir l’avenir. Mais il n’y a plus de place pour les prévisions d’Erda, et Wotan comprend que le crépuscule des dieux est proche.

Cliquez sur Erda
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LE REGARD DU RENARD – agenda ironique de décembre 2025

Ce mois-ci, c’est Carnets paresseux qui pilote, avec un peu de retard, l’Agenda Ironique.

Ekoikinousdmande, Carnets Paresseux ? eh bien voilà :

Alors dekoikil va être question ce décembre ? Hé bien, puisque retard à l’allumage il y a (quoique comme le demandait John Duff et comme le rappelle encore aujourd’hui La Licorne, « l’escargot pressé perd sa maison »), je vais vous demander de parler de Retard (avec ou sans esse à la fin).

Et puis quoi plus ? Quand même quelques mots imposés : Galapiat (désidérata de John), renard (parce que j’aime bien les renards), regard (pour l’allitération) et gourgandin. Et puis, des mots à éviter : Noël, sapin, ratiocination et budget. Et encore : une couleur, une saveur, une coquille, une odeur ou un parfum. Pour la forme, ce que vous voulez : ici règne une certaine liberté. Vous pouvez aussi vous inspirer de la photographie de la rue Dupuytren, mais personne ne vous en voudra de ne pas le faire. Et puis du mystère, du calendrier (après tout, on est en plein avent, et ensuite on sera après), du suspense, des jours et des dates ; enfin, évidemment, de l’ironie.

Mais tout est tellement mieux esspliqué chez lui :

Dans la Petite Renarde rusée, de Janacek, Momo le renard est un gourgandin qui ne pense qu’à séduire les petites renardes et grignoter les poules du fermier. Il serait même prêt à gober les œufs des poules, mais sans leurs coquilles, évidemment. Après avoir lancé son fameux regard qui tue à Yuja, la petite renarde rusée, celle-ci, enivrée par les sons et les parfums qui tournent dans l’air du soir d’été, finit par lui céder.

Cliquez sur les sons et les parfums tournant dans l’air du soir

Bientôt l’état de la renarde est tel qu’il n’y a plus qu’une chose à faire, organiser le mariage des deux canidés. De cette union naîtront plein de petits renardeaux roux comme leur mère et galapiats comme leur père.

Cliquez sur l’image

Et aussi, comme retards à l’opéra, j’ai ceux-ci :

Au début de la Servante maîtresse, de Pergolèse, le vieux Roberto est en colère contre sa servante qui est en retard pour lui porter sa tasse de chocolat matutinale.

Cliquez sur l’image

Un autre retard, plus connu, est celui des carabiniers d’Offenbach, dans l’opérette les Brigands.

Cliquez sur les carabiniers
Agenda Ironique

HIBERNATION (Agenda Ironique de novembre 2025)

Ce mois-ci, c’est John Duff qui nous propose le thème de l’Agenda Ironique. Et quel est-il, ce thème, et bien voilà :

En ce mois de novembre où les jours raccourcissent, où la pluie nous mouille et où le froid s’installe, j’aimerais vous proposer pour thème ma réponse à ces rigueurs de l’automne : l’hibernation.
En référence culturelle, il serait intéressant d’utiliser les mots suivants : Sérendipité, Nitescence, Melliflu, Alacrité, Anachorète, ainsi que Yuja Wang.

Pour donner un peu de tenue morale à ces agendas, je vous propose d’y placer cette belle morale de Jean de la Fontaine :

« Un escargot pressé perd sa maison. »

Et comme John Duff n’a pas de blogue, c’est l’ami Tiniak qui l’héberge. Ça se passe ici :

N’ayant pas d’autre méthode que celle du grattage occiputal pour trouver mes idées répondant aux contraintes de l’A.I., je dois m’en remettre à une sérendipité naturelle pour ce faire.

Au début de l’acte III de King Arthur, de Purcell, le génie du froid voulait imposer l’hibernation au genre humain.

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Mais c’était compter sans la curiosité de Snegourotchka, la fille de neige. Snegourotchka était la fille du Père Gel et de Dame Printemps. À la séparation de ses parents, Snegourotchka est élevée par son père, qui décide de l’envoyer chez les Berendeïs, ce qui est du goût de la jeune fille, attirée par les chants d’un humain appelé Lel.

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Le soir, sous la nitescence des étoiles, elle se laisse ainsi bercer par les airs melliflus du beau Lel, sentant grandir son amour pour lui.

Hélas, quand vient la fête du printemps, tout le monde chante et danse avec alacrité, mais c’est à une autre que Lel donne son cœur, et Snégourotchka est désespérée. Elle va voir sa mère, la suppliant de lui donner le don d’aimer et d’être aimée en retour. Quand un anachorète sorti des bois lui propose le vrai amour, Snegourotchka la fille de neige fond dans ses bras sous la chaleur de cet amour.

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L’histoire de Snegourotchka nous a été racontée par Ostrovski, et mise en musique par Tchaïkovski, puis par Rimski-Korsakov. Je vous la raconterai un jour un peu plus en détail si vous êtes sages.

C’est peut-être(ou pas) en souvenir de Snegourotchka que Debussy a composé des Pas sur la neige, que je vous propose interprété ici par Momo, le fidèle compagnon de jeu de Yuja Wang.

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Et comme je ne voudrais pas frustrer John Duff, je vous propose une autre pièce de Debussy, jouée cette fois par la jeune Yuja.

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Moralité : un petit cœur pressé perd sa raison.