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Mes opéras préférés, opéra russe

LA KHOVANTCHINA, de MOUSSORGSKI (1872 – 1880)

La Khovantchina est la dernière œuvre sur laquelle a travaillé MOUSSORGSKI. Il l’a commencée en 1872, réunissant le matériel historique qui allait lui permettre d’en écrire le livret. À la fin de 1873, celui-ci est à peu près achevé, et certaines idées musicales sont déjà couchées sur le papier. Il la délaissera en suite pratiquement pendant toute l’année 1874, au cours de laquelle il s’est consacré à la publication de Boris Godounov après sa création à Saint-Pétersbourg, ainsi qu’aux Tableaux d’une exposition.

Il consacrera ensuite les années 1875 et 1876 à l’écriture des quatre premiers actes, et il faudra attendre 1880 pour qu’il se mette au cinquième acte. Malheureusement, son état de santé allant en se dégradant ne lui permit pas d’achever la partition, son delirium tremens lui faisant perdre une grande partie des facultés créatrices.

C’est l’infatigable RIMSKI-KORSAKOV qui orchestrera la partition ce qui en permettra la création en 1886 à Saint-Pétersbourg. Au XXe siècle, CHOSTAKOVITCH en fera une nouvelle orchestration, probablement plus fidèle au langage musical âpre de Moussorgski.

Le pitch : Dans la Russie de Pierre le Grand (vers 1682), deux factions s’opposent aux réformes que le tsar a entreprises, sur fond de querelles religieuses et politiques. Le camp des streltsy, mené par les princes Khovanski, se révolte contre le tsar. Pierre le Grand qualifie cette révolte de Khovantchina (soit la barbarie des Khovanski) et fait massacrer ses opposants.

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Ouverture : L’ouverture est le seul morceau qui soit devenu « grand public » et est régulièrement donnée en concert. Le soleil se lève sur la Moskova, éclairant les bulbes dorés des églises.

Moussorgski la Khovantchina préludeCliquez sur l’image

Acte I : À l’aube, une patrouille de streltsy arrive et se remémore avec joie les massacres qu’ils ont effectués la veille. Un clerc entre à son tour (en ces temps-là, il n’était pas donné à tout le monde de savoir lire et écrire.) Le boyard Chakloviti lui demande d’écrire pour son compte une lettre de dénonciation des princes Khovansky, Ivan le père et André son fils, affirmant qu’ils cherchent à détruire la Russie. Comme le boyard sort, des hommes et des femmes du peuple arrivent et, trouvant sur la place un poteau couvert d’inscriptions, demande au clerc de lire ce qui est écrit. Il s’exécute : c’est le compte-rendu des exécutions faites par les streltsy la veille.

Le prince Ivan arrive en grande pompe et les Moscovites le saluent avec ferveur. Quand il sort arrive Emma, une Allemande que le prince André poursuit de ses assiduités pressantes. Entre à son tour Marfa, l’ancienne maîtresse d’Ivan, qui aime toujours celui-ci. Elle prend la défense d’Emma quand le prince Ivan revient. Frappé par la beauté d’Emma, il demande à ses streltsy de s’emparer d’elle, mais André s’oppose à la volonté de son père. À ce moment le prêtre Dosifei entre avec ses Vieux-Croyants (les tenants de la liturgie orthodoxe ancienne). Il sépare les deux princes, confie Emma à Marfa, et appelle à marcher sur Moscou pour défendre la vraie foi.

Acte II : Le prince Golitisine lit une lettre de la tsarine, qu’il a aimée mais dont il se méfie à présent. Marfa entre, proposant de lui lire son avenir. Elle lui prédit la disgrâce et l’exil. Quand elle sort, Golitisne se rappelle ses hauts faits au service de la Russie et demande que l’on tue Marfa.

Le prince Ivan entre et reproche à Golitsine d’avoir affaibli le pouvoir des boyards. Le ton monte entre les deux hommes quand Dosifei arrive et tente de les calmer. Comme les princes veulent le remettre à sa place, il leur révèle qu’il était lui-même prince avant que de devenir un homme au service de Dieu. Il recommande à Ivan de mieux surveiller ses hommes, qu’il juge au service du diable.

Marfa entre en demandant du secours parce qu’on a cherché à la tuer, et que seule l’arrivée des troupes du tsar lui a permis de se sauver. Elle prévient les deux hommes que les soldats du tsar arrivent pour mater la Khovantschina.

Acte III : Dans le camp des Vieux-Croyants, les hommes chantent qu’ils ont vaincu l’hérésie. Marfa arrive discrètement et chante une chanson d’amour. La mère Susanna la surprend et lui reproche cette chanson inspirée par le diable. Mais Dosifei arrive et la défend auprès de Susanna, lui disant que c’est elle l’impie.

Moussorgski la Khovantchina chanson d'amour de MarfaCliquez sur Marfa

Chakloviti s’est approché du camp, et prédit la fin des streltsy avant de partir. Ceux-ci surgissent et chantent des chansons à boire, alors que les femmes les rudoient pour leur mauvais comportement. L’un d’entre eux, Kouzka, chante la ballade de la médisance.

Le clerc arrive, épouvanté, disant que des mercenaires sont en train de cerner le camp des streltsy. En outre, les troupes du tsar arrivent et ont massacré les mercenaires. Les hommes demandent à Ivan quelle attitude tenir, mais celui-ci leur dit de rentrer chez eux et d’attendre dans le calme.

Moussorgski la Khovantchina fin de l'acte IIICliquez sur la fin de l’acte III

Acte IV : Chez le prince Ivan, les servantes chantent pour distraire le prince. Il demande à ses esclaves persanes de danser pour lui.

Moussorgski la Khovantchina Danses persanesCliquez sur l’image

Moussorgski la Khovantchina danses persanes 2Cliquez sur l’image

La danse est interrompue par un messager qui arrive pour le prévenir d’un malheur qui le menace. Chakloviti entre à son tour, porteur d’une convocation de la part de la tsarine. Flatté, Ivan met ses plus beaux habits, mais il est tué dès qu’il sort de chez lui.

À Moscou, le peuple voit une charrette conduire le prince Govitsine en exil. Marfa prévient Dosifei que les mercenaires vont encercler les streltsy pour les massacrer. Le prêtre conclut que le temps de leur disparition dans les flammes est arrivé.

Le prince André entre, à la recherche de Marfa. Il menace celle-ci, qui lui dit qu’il n’a rien compris, que son père est mort et que l’heure de sa fin est proche. Entrent les streltsy portant des billots et des haches. Alors qu’ils s’apprêtent à mourir, on apprend que le tsar les gracie.

Acte V : Dans un ermitage dans une forêt, refuge des vieux-croyants, Dosifei annonce la fin de l’ancienne religion orthodoxe.

Marfa entre accompagnée d’Ivan. Elle espère toujours sauver son amour, mais lui ne pense qu’à son Emma. Elle met enfin le feu au bûcher funèbre, et tous périssent dans le feu, sous le regard horrifié des soldats du tsar qui arrivent à ce moment.

(Sources principales : la production de l’opéra de Paris de février 2022, et le programme associé.)

Et si vous en voulez encore un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous en voulez encore un peu plus

Divers

QUELQUES DUOS D’AMOUR POUR LA SAINT VALENTIN

Il ne vous a certainement pas échappé, avec la pression mise par les réclamiers de toutes sortes, que le 14 février, jour de la Saint-Valentin, est la fête des amoureux.

À l’opéra, qui dit amoureux dit duos d’amour ! Je vais donc vous proposer une nouvelle sélection de ces duos parmi les plus beaux que les compositeurs nous ont offerts.

À la fin du Couronnement de Poppée, de MONTEVERDI, Néron couronne Pompée en tant qu’épouse et impératrice. Duo « Pur ti miro ».

Monteverdi le Couronnement de Poppée Pur ti miroCliquez sur Pompée et Néron

À la fin de Zoroastre de RAMEAU, Zoroastre vainqueur des forces du mal peut enfin régner avec Amélite. Duo « Que ces nœuds sont charmants ».

Rameau Zoroastre Que ces nœuds sont charmantsCliquez sur l’image

Dans Cosi fan Tutte, MOZART fait chanter la double sérénade entre les deux jeunes hommes et les deux jeunes femmes. « Secondata, aurette amiche ».

Mozart Cosi fan Tutte Secondate, aurette amicheCliquez sur l’image

Dans La Cenerentola (Cendrillon) de ROSSINI, c’est le coup de foudre assuré quand le prince rencontre Cendrillon. Duo « Un soave non so che. »

ROSSINI La Cenerentola Un soave non soche

Cliquez sur Don Ramiro et Cendrillon

Rossini encore avec dans Guillaume Tell avec le duo « Oui, vous l’arrachez à mon âme » où Arnold avoue son amour à Mathilde.

Rossini guillaume Tell Oui, vous l'arrachez à mon âme

Cliquez sur Arnold et Mathilde

Dans Don Pasquale, DONIZETTI nous offre ce beau duo entre Ernesto et Dorina « Tornami a dir che m’ami ».

Donizetti Don Pasquele Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Dorina

Enfin (pour cette livraison) dans ZE opéra of ZE amour, Tristan und Isolde, WAGNER consacre presque tout le second acte à ce qui doit être le plus long duo d’amour de l’histoire de l’opéra.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Clicken Sie über Tristan und Isolde

J’ai encore tout plein de duos d’amour à vous proposer, mais en attendant et si vous voulez encore, des duos d’amour, cliquez donc sur les liens cidsous :

Les plus beaux duos d’amour (XVIIIe siècle).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1800 – 1850).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1850 – 1880).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1880 – 1915).

Écrivains

Bernard de FONTENELLE (1657 – 1757)

Bernard le BOUYER (ou le BOVIER) de FONTENELLE est né à Rouen le 11 février 1657 et mort à Paris le 9 janvier 1757. À un mois près, il mourait centenaire.

Paradoxe de l’histoire : il fait ses études au lycée Corneille de Rouen (comme moi), alors que le lycée Fontenelle se trouve à à peine 500 mètres de là !

Neveu de Pierre CORNEILLE, il suit les traces de son oncle en suivant des études de droit. Après avoir plaidé (et perdue) une unique cause, il se rend à Paris pour rejoindre son oncle Thomas Corneille qui écrivait pour le Mercure Galant (l’ancêtre du Mercure de France.) Dans son Dialogue des morts, il prend parti pour les modernes dans la Querelle des Anciens et des Modernes, ce qui lui vaut l’inimitié de Racine et Boileau.

Il écrit des poésies et des livrets d’opéra : Psyché (1678) et Bellérophon (1679) qui seront mis en musique par LULLY, mais joués sous le nom de son oncle.

Lully Fontenelle PsychéCliquez sur l’image

Bellérophon

Lully - Fontenelle BellérophonCliquez sur l’image

En 1689, il écrit le livret de Thétis et Pélée d’après la légende de la néréide Thétis mariée de force avec le roi Pélée, de qui elle eut sept fils. Seul le plus jeune d’entre eux, le bouillant Achille survivra. Il se rendra célèbre pour son rôle dans la guerre de Troie. Pascal COLASSE écrira la musique de Thétis et Pélée.

Collasse - Fontenelle Thétis et PéléeCliquez sur l’image

En 1691, Fontenelle écrit, toujours pour Colasse, le livret de Enée et Lavinie.

Collasse - Fontenelle Enée et LavinieCliquez sur l’image

1691 est aussi l’année où Fontenelle devient membre de l’Académie française, dont il sera secrétaire perpétuel pendant presque 60 ans.

En 1731, on donne à l’Académie royale de musique la pastorale héroïque Endymion avec une musique de COLLIN de BLAMONT.

Fontenelle meurt à Paris le 9 janvier 1757.

La tragédie Enée et Lavinie a fait l’objet d’un nouvel opéra par Antoine DAUVERGNE, représenté en 1758.

Agenda Ironique, Contes et légendes, littérature

UNIS COMME LES CINQ DOIGTS DE LA MAIN

Ce mois-ci, le cahier des charges est chez Joséphine, du blog « Nervures et entailles ». (voir cidsous.)

Choisir une partie du corps. Membre organe tissu cellule liquide substance. Coin pli bout trou articulation ou protubérance. Quelconque élément que vous arrivez à personnifier. Oreille œil poumon synapses pieds nuque coude genou coccyx omoplate nez mitochondrie langue cœur sang ADN cuisse grain de beauté pouce paume auriculaire ou la main entière poignet cheville épaule cheveux nombril cicatrice ride. Défaut ou qualité. Je ne vais pas tout énumérer. Cet élément, unique, double ou multiple, que vous isolez comme vous souhaitez, à grande ou petite échelle, depuis l’intérieur ou l’extérieur, cet élément prend la parole et il se trouve qu’il a plein, vraiment plein de choses à dire à son propriétaire. Gratitude ou reproches, secrets ou nostalgie, exigences bien précises ou rêveries diffuses. C’est vous qui savez. Consignez son monologue, qui comprend moult parenthèses – ou tirets si vous préférez. Son discours se déroule par imbrications comme lui-même s’imbrique dans le corps. Langage qui ne se limite pas à dire oui ou non au plaisir et à la douleur. Dans le corps reposent la sagesse des gestes, des expressions et des réflexes, un esprit de finesse et d’à-propos, une vérité que l’esprit cherche à camoufler. Fiction, autofiction, autobiographie. Le corps peut être le vôtre, celui d’un autre. On ne demandera pas. Intimité oblige. Érotisme possible.

Fichtre diantre, Joséphine, une fois de plus me voici me grattant de l’index l’occiput, au risque de rouvrir la fontanelle et en me demandant comment je vais bien pouvoir remplir ce cahier des charges ! m’exclamai-je alors en lisant ce cahier des charges !

Ce à quoi Joséphine me répondit :

😂
Un opéra sur la fontanelle et l’occiput ? Ce serait étonnant.

Et moi de rétorquer : FONTENELLE a écrit des livrets d’opéra, dont un « Psyché » écrit à quatre mains avec Thomas CORNEILLE, le frère de l’autre.

Carnets Paresseux prenant la balle au bond me suggéra : une version chantée de la Tirade du nez ?

Et moi de répondre à nouveau : Tu ne crois pas si bien dire, Jérôme. Cyrano, comme (presque) toutes les œuvres de ROSTAND, a fait l’objet d’une adaptation lyrique (un de mes nombreux billets en préparation…) en 1936 par ALFANO.

Alfano cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano


Après ces échanges, je n’étais pas plus avancé, et continuais de me gratter l’occiput avec l’index, au risque toujours de me rouvrir la fontanelle.

Prenant mon courage à deux mains, je me lançais toutefois dans une tentative d’essai d’Agenda Ironique. La main, l’index, bon sang, mais c’est bien sûr ! Je tenais là mon sujet majeur ! Mon organe, ce ne sera pas mon organe vocal (et pourtant), ce seront mes mains et mes doigts.

Commençons par le pouce. Le petit Poucet est le titre d’un conte de PERRAULT, qui a été mis en musique par RAVEL dans son œuvre pour piano à quatre mains Ma mère l’Oye.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains 

L’index ensuite. Dans toute l’histoire de l’opéra, des œuvres ont été victimes de censure. C’est le cas notamment des opéras italiens qui abordaient des sujets trop politiques pour l’occupant autrichien. Mais c’est au XXe siècle que ces mises à l’index ont été les plus drastiques, que ce soit sous le régime nazi ou sous le régime stalinien. Ce fut le cas notamment de Lady Macbeth de Mzensk, de CHOSTAKOVITCH, interdit par Staline pour cause de « chaos musical ».

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur Lady Macbeth de Mzensk

Pour le majeur, mon souci majeur est de trouver une illustration musicale majeure. Un grand merci à Photonanie pour m’avoir conseillé une œuvre en sol majeur !

Ravel Concerto en sol majeur 2nd mvt (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Le cas de l’annulaire est beaucoup plus facile à traiter. En effet, l’opéra nous racontant très souvent des histoires d’amour, il est assez logique de voir le héros passer la bague au doigt qui porte l’anneau, l’annulaire de l’héroïne (ou l’héroïne passer la bague à l’annulaire du héros.)

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur Jacques MARTIN (si, si) et Samuel RAMEY

Quant à l’auriculaire, ce petit doigt a l’avantage de pouvoir se glisser dans conduit auditif de l’oreille pour la déboucher, permettant ainsi aux auditeurs de mieux entendre la musique.

Et Fontenelle dans tout ça ? me demanderez-vous ! Eh bien, revenez donc le 11 février, et vous verrez.

littérature

SEULE EN SA DEMEURE, de Cécile COULON (2021)

Cela fait déjà quelque temps que j’ai fini Seule en sa demeure, le dernier roman en date de Cécile COULON (éditions de l’Iconoclaste, 2021), un thriller très efficace écrit avec un art sublime de l’écriture. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le recommande fortement.

D’entrée de jeu, ce roman est placé sous le signe de la musique avec la citation mise en exergue :

Forêts paisibles / jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs / S’ils sont sensibles, / Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

Il s’agit d’un extrait des Indes galantes de RAMEAU et FUZELIER.

Rameau les Indes galantes Forêts paisiblesCliquez sur l’image

Je ne vous raconterai pas l’histoire (pas d’espoilage ici), mais sachez seulement que la forêt joue un grand rôle dans ce roman, et que ce qui s’y passe n’est pas forcément paisible.

L’héroïne de ce roman gothique, Aimée, se marie avec Candre, le riche propriétaire d’un vaste terrain couvert d’une forêt. Elle part vivre chez son mari, dans une grande maison, presque un château, isolée au milieu de cette forêt. Les autres protagonistes sont Henria, la domestique de Candre, une femme au caractère très fort, et Angelin son fils muet (je ne vous dirai pas pourquoi il est muet, lisez le livre pour le savoir.)

Page 55, à l’occasion de la cérémonie de leur mariage, on apprend que Candre n’aime pas la musique, hormis celle de l’orgue, des psaumes et des chants sacrés. Bien entendu, le mariage se fait au son de l’orgue.

Mendelssohn Marche nuptialeCliquez sur l’orgue

Un peu plus tard, toujours pendant le mariage, on chante le Cantique des cantiques.

Palestrina Canticum canticorumCliquez sur l’image

Aimée s’ennuyant seule en la demeure de Candre, celui-ci fait venir de Genève Émeline, une professeur de flûte réputée.

Mozart concerto pour flûte et harpe 2e mouvementCliquez sur la harpiste (et sur la harpiste et sur l’orchestre)

Un peu plus avant dans le roman, Cécile COULON évoque un quatuor de personnages.

Fauré Quatuor avec piano n° 1 adagioCliquez sur le quatuor

Citations musicales :

Rameau, les Indes galantes, « Forêts paisibles ».

MENDELSSOHN, Marche nuptiale.

PALESTRINA Canticum canticorum.

MOZART Concerto pour flûte et harpe.

FAURÉ Quatuor avec piano n°1, « Adagio ».

(Source principale : Cécile COULON, Seule en sa demeure, éditions de l’Iconoclaste, 2021.)

Couleurs, Divers

ROUGE

Carré rouge sur fond rouge, d’après Malevitch

Après le bleu et le blanc, continuons cette série des couleurs avec le rouge.

Voyons d’abord ce que nous en dit le grand spécialiste en couleurs Arthur Arc-en-ciel RIMBAUD, dans son Sonnet des voyelles : « I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles dans la colère ou les ivresses pénitentes. »

Arrivé là, je pourrais m’arrêter car l’homme aux semelles de vent a déjà tout dit (ou presque) du rouge : la pourpre, le sang, les lèvres, la colère, l’ivresse. Mais si je m’arrête là, il n’y aura pas de zizique dans mon billet ! Détaillons donc.

Le rouge est une couleur ambivalente par les sentiments qu’elle inspire. En effet, le rouge, c’est le sang, c’est le feu, mais le feu, on l’a vu, c’est aussi la passion ! Une illustration de ce caractère est la Vestale (1807), de SPONTINI. Les vestales étaient dans l’antiquité des vierges gardiennes du feu sacré. Dans l’opéra de Spontini, la vestale Julia est amoureuse de Licinius. Alors qu’il la rejoint dans le temple, Julia laisse s’éteindre le feu pendant qu’elle perd sa virginité (ce qui lui vaut un double carton rouge.) Elle est condamnée à mort, mais un miracle final lui accorde le pardon des dieux.

Spontini la Vestale Feu créateur, âme du mondeCliquez sur l’image

Parmi les planètes de notre système solaire, il en est une qui nous apparaît rouge, à cause de la présence d’oxyde de fer à sa surface, même à l’œil nu. Aussi les anciens l’ont-ils appelée Mars, lui donnant le nom du dieu de la guerre, qui avait le rouge comme attribut. Quelques noms de mois ayant une origine latine, le mois de mars vient de ce dieu. Cinq-Mars est le nom d’un opéra peu connu de GOUNOD datant de 1877.

Gounod Cinq-Mars À vous ma mèreCliquez sur l’image

Au début du sulfureux Salomé de STRAUSS, les soldats sont en admiration devant la princesse Salomé et comparent la lune, qui est rouge ce soir-là, avec Salomé. Salomé représente, au début du XXe siècle, la femme fatale emportée par des pulsions morbides et criminelles.

Strauss Salome scène 1 La lune est rouge ce soir Wie schön ist die Prinzessin Salome heute NachtCliquez sur l’image

Dans sa nouvelle le Masque de la mort rouge, Edgar Allan POE décrit les invités à un bal masqué qui se tient dans un château bien isolé du dehors, où la peste sévit. Survient un inconnu, porteur d’un masque rouge, survient. Il s’agit de la peste qui s’est ainsi invitée. CAPLET, un élève de DEBUSSY a mis ce conte en musique.

Caplet le Masque de la mort rougeCliquez sur l’image

Le rouge, c’est aussi le symbole de la révolution, que l’on trouve donc sur de nombreux drapeaux de pays, comme le drapeau chinois. Il y en a une belle représentation dans l’opéra Nixon in China de GLASS.

Adams Nixon in China METCliquez sur l’image

Autre pays se réclamant de l’idéal révolutionnaire, la Russie accumule le rouge, avec sa place rouge à Moscou ou son armée rouge et ses célèbres chœurs.

Hvorostovsky et Netrebkjo sur la place rougeLaissez-vous emporter sur la place rouge avec Dima et Anna

Si le rouge est la couleur de l’interdit ou du danger, avec les feux rouges ou les cartons rouges, c’est aussi une couleur qui évoque le luxe, comme ces théâtres ou opéras aux fauteuils de velours et aux rideaux de scène rouges.

À propos de la symbolique de la rose rouge, je vous ai déjà présenté un extrait de Iolanta de TCHAÏKOVSKI dans l’article consacré au blanc. Je vais donc vous proposer aujourd’hui un autre air, celui extrait de l’opérette Monsieur Vaucaire.

Opérette monsieur Vaucaire la Rose rougeCliquez sur l’image

Et si vous voulez un bonus surprise mystère, yakacliquer.

point-dinterrogationYakacliquer pour avoir un bonus surprise mystère

Retrouvez d’autres articles consacrés aux couleurs :

Vert

Rose

Compositrices, Fables de la Fontaine, Oulipo

LE CHÊNE ET LE ROSEAU, de La FONTAINE

Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, encore un classique parmi les classiques, le Chêne et le Roseau, fable qui a été mise en musique par Pauline VIARDOT.

Viardot le chêne et le roseauCliquez sur l’image

Le Chêne un jour dit au Roseau :

Debussy SyrinxCliquez sur le flûtiste

Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui d’aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.

Beethoven sonate n 17 la Tempête (Grimaud)Cliquez sur la tempête

Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l’orage ;

Beethoven Symphonie pastorale l'OrageCliquez sur l’orage

Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.

Rameau les Boréades Suite des ventsCliquez sur les royaumes du vent

La Nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur Alceste s’apprêtant à rejoindre l’empire des morts

Citations :

Roseau : mythe de Pan et Syrinx dans les Métamorphoses d’OVIDE. DEBUSSY a écrit une pièce pour flûte qui porte ce nom de Syrinx.

la tempête : BEETHOVEN sonate n° 17 « la Tempête ».

l’orage : Beethoven « l’orage » extrait de la 6e symphonie « Pastorale »

des Royaumes du vent : Dans les Boréades, RAMEAU nous raconte l’histoire d’Alphise qui doit se marier avec un des deux boréades, les fils du dieu des vents Borée.

l’Empire des Morts : GLUCK Alceste Pour sauver son mari Admète, la reine Alceste décide de prendre sa place dans l’empire des morts.

Contes et légendes, Divers

VOYAGE ET ERRANCE

Je vous ai présenté il n’y a guère le Voyage d’hiver (Der Winterreise) de SCHUBERT. On retrouve souvent le thème du voyage ou de l’errance dans l’opéra.

Schubert Winterreise ErstarrungCliquez sur la partition

Restons un moment avec Schubert qui a également écrit pour le piano une extraordinaire Wanderer Fantasie (Fantaisie du Voyageur).

Schubert Wander Fantasie (Pollini)Cliquez sur le voyageur observant la montagne au-dessus des nuages

Dès les débuts de l’opéra, on y voit passer un fameux voyageur, puisqu’Ulysse, victime du courroux de Poséidon, a erré pendant 10 ans avant de pouvoir rejoindre Ithaque, sa patrie où la fidèle Pénélope l’attendait. MONTEVERDI mettra en musique ce Retour d’Ulysse dans sa patrie en 1640.

Monteverdi Il ritorno d'Ulisse finalCliquez sur Pénélope et Ulysse enfin réunis après dix ans

WAGNER a mis en scène de grandes figures d’errants, à commencer en 1842 par celle du Hollandais volant (der Fliegende Holländer), qui reprend le thème d’un marin condamné à errer sans fin sur les mers pour avoir défié Dieu dans une tempête.

wagner vaisseau fantome ouvertureCliquez sur le vaisseau fantôme

Wagner reprend ce thème de l’errance dans Siegfried où Wotan incognito se fait appeler Der Wanderer (le voyageur) pour interroger Mime dans la forêt.

Wagner Siegfried Wotan der WandererCliquez sur Wotan et Mime

On peut rester dans l’univers wagnérien avec Le Voyage artistique à Bayreuth, écrit à la fin du XIXe siècle par LAVIGNAC, qui est une somme indispensable sur cet univers, et comporte notamment une explication très détaillée des livrets de ses opéras et des leitmotivs qui parcourent la musique.

ROSSINI a écrit en 1825, pour le sacre du roi Charles X, le Voyage à Reims.

Rossini le Voyage à Reims sextuorCliquez sur le sextuor d’élite

En 1969, dans leur opéra-rock Tommy, THE WHO font vivre à leur héros un voyage halluciné avec « the amazing journey ».

The Who Tommy Amazing journeyCliquez sur la pochette culte de l’album culte

En 1983, au second acte de son seul opéra, Saint-François d’AssiseMESSIAEN fait intervenir un impressionnant Ange voyageur. Voyons ce que Messiaen lui-même nous en dit dans le programme de la création à l’Opéra de Paris. « L’Ange voyageur » Un chemin en forêt, au mont de la Verna. L’Ange apparaît sur le chemin. Son magnifique costume et ses ailes quinticolores sont vus seulement par les spectateurs. Les autres personnages le prennent pour un voyageur. L’Ange frappe à la porte du couvent et cela fait un bruit terrible qui symbolise l’irruption de la grâce.

Messiaen Saint-François d'Assise l'Ange voyageurCliquez sur l’image

Et parmi les âmes damnées, condamnées à errer sans pouvoir mourir, citons Rusalka de DVORAK, qui a perdu sa condition d’ondine pour l’amour d’un homme.

Dvorak Rusalka Mladosti své pozbavenaCliquez sur Rusalka

Une autre de ces âmes damnées est la nourrice dans La Femme sans ombre de STRAUSS, qui est ainsi condamnée pour un trafic d’ombre.

Divers

LA SOLUCE DU CALENDRIER DE L’APPRÊT

Le 1er janvier, je publiais le calendrier de l’apprêt, vous proposant 24 morceaux de musique parmi mes préférés. Maintenant que vous avez eu le loisir de découvrir chacun de ces morceaux, et pour le Gibulène’s day, je voudrais prolonger le plaisir en les resituant dans leur environnement.

1er janvier : À tout seigneur, tout honneur je me suis fait un devoir de commencer par le premier opéra de l’histoire, l’Orfeo de MONTEVERDI.

2 janvier : C’était l’« Ave Maria » de BACH, chanté par Maria Callas.

3 janvier : « Je crois entendre encore », la romance de Nadir, extraite des Pêcheurs de perles, de BIZET.

4 janvier : Prélude de Lohengrin, de WAGNER

5 janvier : « Adio del passato », extrait de la Traviata de VERDI.

6 janvier : chœur « Va pensiero », extrait de Nabucco de Verdi.

7 janvier : « Il y a deux mondes », air du médecin maure extrait de Iolanta de TCHAÏKOVSKI.

8 janvier : Ouverture du Barbier de Séville de ROSSINI

9 janvier : Les trompettes d’Aïda, de Verdi.

10 janvier : la « Barcarolle » des Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH.

11 janvier : Chœur des prisonniers du Fidelio de BEETHOVEN

12 janvier : Air « When I am laid in earth », extrait de Didon et Enée de PURCELL

13 janvier : Duo « Nuit paisible et sereine  » extrait de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ.

14 janvier : Ouverture du Freischütz de WEBER

15 janvier : Air de la lettre, extrait d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski

16 janvier : Chœur des pèlerins de Tannhäuser de Wagner

17 janvier : « Andante » du Trio op. 100 de SCHUBERT

18 janvier : « Duo des fleurs », extrait de Lakmé de DELIBES

19 janvier : Air « Sol da te » d’Orlando furioso de VIVALDI

20 janvier : Air « Pourquoi me réveiller » de Werther de MASSENET.

21 janvier : « Oui, c’est elle, c’est la déesse » Duo des Pêcheurs de perles de Bizet

22 janvier : Air « Voi che sapete » (« mon cœur soupire ») des Noces de Figaro de MOZART

23 janvier : Duo « Son nata a lagrimar » de Jules César en Égypte de HAENDEL

24 janvier : Air « Hymne à la lune » de Rusalka de DVORAK.

Et pour le Gibulène’s day, pourquoi ne cliqueriez-vous pas sur le bonus surprise mystère ?

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Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Nature

LIKE FLESH, de Sivan ELDAR (2022)

Grande émotion en ce mois de janvier 2022 à l’Opéra de Lille avec la création mondiale de l’opéra Like Flesh, de la compositrice israélienne Sivan ELDAR, sur un livret de la Britannique Cordelia LYNN. L’équipe artistique était complétée par la metteuse en scène italienne Silvia COSTA et le chef d’orchestre français Maxime PASCAL.

Like Flesh présentation opéra de LilleCliquez sur Caroline SONRIER, directrice de l’Opéra de Lille

Commandé par les opéras de Lille, Montpellier et Nancy en 2018, Like Flesh est donc l’aboutissement de plus de 3 ans de travail, pour lequel la compositrice a dû mettre en musique les mots de la librettiste, alors que la metteuse en scène a dû pour une fois, non pas déconstruire une histoire déjà connue de tous (ou presque) pour en proposer une autre lecture, mais au contraire nous proposer une scénographie nous permettant de comprendre une histoire que nous ne connaissons a priori pas déjà. Pour cela, elle s’est appuyée sur les avancées permises par la technologie, notamment avec un dispositif s’appuyant sur une intelligence artificielle pour animer les vidéos qui accompagnent le déroulement de l’action.

Eldar Like Flesh inteview Silvia CostaCliquez sur l’image pour entendre Silvia COSTA

La musique est composée pour un orchestre de chambre amplifié (sonorisé) et un second « orchestre » de 64 haut-parleurs disséminés dans la salle pour permettre au public d’être immergé dans le son des arbres.

Eldar Like Flesh Teaser de l'IRCAMCliquez sur la bande-annonce de l’IRCAM 

Eldar Like Flesh Maxime PascalCliquez sur l’image pour entendre Maxime PASCAL

Les personnages principaux de Like Flesh sont la Forêt, le Forestier (qui coupe les arbres), sa femme et une étudiante venue dans la forêt pour apprendre.

Le pitch : La Femme est malheureuse en mariage et aspire à un monde au-delà des frontières de la chair. L’arrivée dans la forêt de l’étudiante va lui faire découvrir un autre amour, et la poussera à se métamorphoser en arbre. Mais le monde est dur même pour les arbres, et après sa métamorphose, elle sera encore convoitée par le forestier pour l’argent qu’il pourra tirer de son bois et par l’amante qui continue à l’aimer.

Le thème de la métamorphose en arbre est librement inspiré des Métamorphoses d’OVIDE, et notamment de la légende de Daphné qui, poursuivie par Apollon, se transforme en laurier pour lui échapper.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la bande-annonce de l’Opéra de Lille

La construction narrative se fait suivant une alternance de scènes où la forêt (représentée par le chœur) s’exprime et d’autres où les humains parlent.

I : Ce que savait la forêt. La forêt nous raconte son passé depuis les temps immémoriaux.

II : Les oiseaux ne viennent plus ici. Pendant que le forestier expose sa vision de la forêt : du capital, la femme se désole de voir tout bétonné et la vie – plantes, insectes et oiseaux – qui s’en va.

III : Ce qu’ont fait les arbres. Les arbres annoncent la désertification de la Terre.

IV : La couleur rouge. L’étudiante arrive pour essayer de comprendre la vie, les arbres, la communion entre tous les arbres.

V : Leçons qu’apprend la gentillesse. La femme demande à son mari ce que ressentent les arbres quand il les coupe.

VI : Ce qu’a fait l’humain. L’humain est venu dans la forêt avec une hache, et nous avons crié de joie : « Regardez, le manche est des nôtres ! ».

VII : Le troisième rêve. La femme et l’étudiante découvrent leur amour naissant. La femme se métamorphose en arbre.

VIII : Ce qu’a fait l’humain après. Dans un crépitement de mots, la forêt égrène une litanie de tous les objets que créent les humains.

IX : Donc. Ta femme s’est changée en arbre. L’étudiante a appris au forestier que sa femme s’est changé en arbre. L’homme voit déjà le bénéfice qu’il pourra en tirer.

X : Regrets. Le forestier et sa femme discutent. Il se demande comment il aurait dû faire pour que leur amour perdure.

XI . Ce qu’a vu la forêt. La forêt sait la violence dont sont capables les hommes. Elle a la mémoire des juifs pendus à ses branches.

XII : Un arbre se souvient. L’étudiante et l’arbre discutent. Le forestier dit que l’étudiante dort dans les branches de son arbre. Mais les machines humaines arrivent , qui vont tout dévaster.

XIII : Entrelacement. Dans ce duo forêt, femme/arbre, la femme répond à la forêt que l’étudiante l’a blessée en voulant graver son amour sur l’écorce.

XIV : Comportement du bois. Le forestier et l’étudiante échangent leur perception de la femme devenue arbre.

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XV : L’hiver, à nouveau. Le forestier et l’étudiante concluent. L’étudiante a cherché à devenir arbre, comme son aimée, mais n’a pas réussi, alors elle en a fendu le tronc pour venir s’y loger/lover alors que le forestier, lui, ne cherche qu’à entretenir ce bois qu’il pourra un jour couper pour le vendre.

La forêt a le dernier mot : Écoutez. La vie, pleine d’espoir se forme dans les failles. Nos racines poussent en chantant, trouvent d’étranges fossiles : un arbre, un squelette, une hache.

(Sources principales : le dossier de presse de l’Opéra de Lille, la présentation par l’équipe artistique le 12 janvier, et bien sûr la création le 21 janvier 2022.)