Compositeurs, opéra russe

Alexandre BORODINE (1833 – 1887)

Alexandre BORODINE est né à Saint-Pétersbourg le 12 novembre 1833. Durant ses études, il étudie à la fois la flûte et la médecine, avant de se spécialiser en chimie.

Ses premières œuvres musicales sont de la musique de chambre et des mélodies (si on excepte une polka écrite à l’âge de neuf ans pour une dame dont il était « follement amoureux ».)

De 1856 à 1859, il exerce comme médecin militaire. C’est là qu’il rencontre MOUSSORGSKI (qui était également militaire à cette époque). En 1859, il rencontre une pianiste de talent avec qui il se mariera.

Son œuvre musicale est relativement étique, car Borodine a consacré plus de temps à sa carrière de chimiste qu’à sa carrière musicale.

En 1860, il écrit sa Sonate pour piano et violoncelle (il était lui-même violoncelliste).

Borodine sonate pour piano et violoncelleCliquez sur l’image

En 1862 à Saint-Pétersbourg, Borodine rencontre BALAKIREV et rejoint le Groupe des Cinq, avec RIMSKI-KORSAKOV et César CUI.

En 1864, il devient professeur de chimie à l’académie de Moscou, et c’est là qu’il travaille avec MENDELEÏEV, « l’inventeur » du tableau périodique des éléments.

En 1869, il écrit sa première symphonie, ainsi qu’une farce, les Preux, qui est un échec. (Il écrira trois symphonies, dont la troisième est restée inachevée.)

Borodine Symphonie n° 1 adagioCliquez sur l’image

En 1879, il écrit son premier quatuor à cordes.

Borodine quatuor n° 1Cliquez sur le quatuor

En 1880, il écrit, à l’occasion des 25 ans du règne d’Alexandre II, le poème symphonique Dans les Steppes de l’Asie centrale, sans doute son œuvre la plus connue de nos jours.

Borodine Dans les steppes de l'Asie centrale

En 1881, il compose son deuxième quatuor, dont le mouvement « nocturne » (« notturno ») est resté relativement connu.

Borodine quatuor n° 2 nocturneCliquez sur le quatuor

En 1869, il commence son opéra le Prince Igor, opéra sur lequel il travaillera jusqu’à sa mort le 27 février 1887 à Saint-Pétersbourg, et qui sera terminé par GLAZOUNOV et Rimski-Korsakov. Ses « Danses polovtsiennes » sont également un morceau de bravoure pour les orchestres symphoniques.

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennesCliquez sur les polovtsiennes

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Borodine à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ].

Mes opéras préférés, opéra russe

LE PRINCE IGOR, de BORODINE (1869 – 1890)

S’il fut créé en 1890 (la même année qu’Eugène Onéguine de TCHAÏKOVSKI), le Prince Igor a occupé son compositeur Alexandre BORODINE de 1869 à 1887, année de sa mort. (1869 est l’année du Boris Godounov de MOUSSORGSKI, autre pièce maîtresse de l’histoire de l’opéra russe). Le livret du Prince Igor a été écrit par Borodine d’après une ancienne épopée russe, le Dit de l’ost Igor (XVe siècle). Resté inachevé, le Prince Igor a été complété et orchestré par GLAZOUNOV et RIMSKI-KORSAKOV à partir du matériel musical laissé par Borodine. Il existe donc plusieurs versions de cet opéra, et le troisième acte, considéré comme n’étant pas de Borodine, est rarement joué. [J’ai comparé le déroulement de la version vue à l’opéra de Paris en 2019 et celle proposée par le MET, malgré quelques changements dans l’ordre des scènes, l’histoire reste (heureusement) la même.]

Le pitch : le prince (russe) Igor part faire la guerre en Polovtsie, confiant sa femme Iaroslavna à son beau-frère le prince Galitski. Les Russes sont battus et Igor est fait prisonnier. Un Polovtsien converti à la chrétienté lui propose de s’évader, mais c’est contraire à son sens de l’honneur et il refuse. Kontchak, le chef polovtsien, admire son courage et lui propose de devenir son ami. Iaroslavna se lamente dans sa ville dévastée par l’ennemi, quand deux cavaliers arrivent. C’est Igor et Ovlour qui viennent libérer la ville.

Ouverture.

Borodine le Prince Igor OuvertureCliquez sur l’orchestre

Première partie : Dans la ville de Poutivl, le prince Igor s’apprête à partir combattre les polovtsiens, des barbares de l’Asie centrale. Une éclipse de soleil survient, ce qui est un mauvais présage, mais Igor persiste dans son idée de partir bouter le polovtsien hors de Russie, malgré le pressentiment de sa femme Iaroslavna. Igor confie sa femme à son beau-frère, le prince Galitski. Deux soldats, Skoula et Iérochka désertent, préférant la vie de débauche qui règne à la cour de Galitski aux dangers de la guerre.

Deuxième partie : Après le départ d’Igor, Galitski manœuvre pour devenir prince à la place du prince. Il se sert de Skoula et Iérochka et la cour de Galitski est vite devenue un lieu de plaisirs, pour essayer de gagner le cœur de la population. Mais la soldatesque enlève les plus belles femmes. Des jeunes filles viennent supplier Galitski qu’on leur rende une de leurs amies enlevée, mais on se moque d’elles.

Iaroslavna se désespère de n’avoir pas de nouvelles de son Igor de mari quand les jeunes filles viennent se plaindre à elle.

Borodine le Prince Igor IaroslavnaCliquez sur Iaroslavna

Elles s’enfuient quand Galitski arrive, mais Iaroslavna ordonne à son frère de libérer les filles enlevées et le chasse.

Une mauvaise nouvelle arrive. L’armée russe a été battue et Igor et son fils Vladimir sont prisonniers du khan Kontchak. Le tocsin sonne, car l’ennemi approche.

Troisième partie : Dans le camp polovtsien, les amies de Kontchakovna, la fille de Kontchak font la fête. Kontchakovna attend Vladimir, car les deux jeunes gens s’aiment.

Borodine le Prince Igor VladimirCliquez sur Vladimir

Leur duo est interrompu par Igor qui se plaint de son sort. Ovlour, un Polovtsien converti à la religion catholique lui propose de s’évader, mais ceci est contraire au sens de l’honneur d’Igor, qui refuse. Kontchak, qui a entendu leur entretien admire la force de caractère d’Igor et lui propose son amitié, ce qu’Igor refuse également.

Borodine le Prince Igor Igor et KontchakCliquez sur Igor et Kontchak

Pour le distraire, Kontchak organise une fête (les fameuses « danses polovtsiennes » du Prince Igor.)

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennesCliquez sur les polovtsiennes

Quatrième partie : À Poutivl, Iaroslava se lamente après la prise de la ville par les barbares, quand on voit un nuage de poussière dans le lointain. C’est Igor et Ovlour qui sont venus délivrer la ville.

Les deux traîtres Skoula et Iérochka, sentant le vent tourner, font sonner le tocsin pour prévenir la population, et être ainsi les premiers à annoncer le retour du prince. Igor et Iaroslavna sont réunis et tout le monde se réjouit.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2019, et son livret)

Cinéma, Divers, Grands chœurs, opéra russe

QUELQUES GRANDS CHŒURS RUSSES

Je vous ai présenté il n’y a guère quelques grands chœurs de TCHAÏKOVSKI. Alors que pendant près de deux siècles, l’opéra s’est chanté soit en italien, soit en français, le réveil des écoles nationales vers le milieu du XIXe siècle a permis l’expression de l’âme russe en musique, et particulièrement à l’opéra.

Le « père » de la musique russe est GLINKA (1804 – 1857), qui a écrit principalement deux opéras, Ruslan et Ludmila et Une Vie pour le tsar (Ivan Soussanine). Voici le chœur final de Ruslan et Ludmila (1837 – 1842).

Glinka Rouslan et Ludmila Chœur final

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Un des successeurs de Glinka, le plus grand peut-être pour avoir su allier la musicalité de la langue russe et ses racines musicales, est MOUSSORGSKI. Dans son Boris Godounov (1869 – 1872), le chœur, fidèle en cela à la tragédie grecque, représente le peuple, et accompagne de bout en bout le drame qui se joue.

Moussorgski Boris Godounov Scène du couronnementCliquez sur la scène du couronnement

J’ai déjà parlé des chœurs de Tchaïkovski, mais je ne peux résister au plaisir de vous (re)présenter l’hymne des Chérubins, extrait des Liturgies de saint Jean Chrisostome.

Tchaïkovski Hymn of the CherubimCliquez sur l’image

De BORODINE, je vous propose les danses polovtsiennes du Prince Igor.

Borodine le Prince Igor danses polovtsiennesCliquez sur les polovtsiennes

De RIMSKI-KORSAKOV, le « ciment » du Groupe des cinq, je vous propose le Notre Père :

Rimski-Korsakov Notre pèreCliquez sur l’image

RACHMANINOFF a également été inspiré par la liturgie orthodoxe. Écoutons un extrait des Vêpres.

Rachmaninov les VêpresCliquez sur le chœur

PROKOFIEV a écrit des opéras (j’y reviendrai), mais aussi des musiques pour les films d’EISENSTEIN. Il a ainsi composé une musique impressionnante pour Alexandre Nevsky.

Prokofiev Alexandre NevskyCliquez sur l’image

Mes opéras préférés, opéra russe

IOLANTA, de TCHAÏKOVSKI (1892)

Dernier opéra de TCHAÏKOVSKI, composé sur un livret de son frère Modeste, cet opéra en un acte est écrit et créé en 1892, en même temps que le ballet Casse-Noisette (d’après E.T.A. HOFFMANN).

Tchaïkovski Casse-Noisette danse de la fée dragéeCliquez sur la fée Dragée

Moins connu que Eugène Onéguine ou la Dame de pique, Iolanta est un authentique chef-d’œuvre de Tchaïkovski, tiré de la pièce La Fille du roi René (1853) du Danois Henrik HERTZ.

Acte I : Iolanta, la fille du roi René, est aveugle de naissance, mais ignore son infirmité car son père a interdit à son entourage de lui en parler. Elle mène une vie protégée, ne connaissant que l’univers des sons, des odeurs, du goût et du toucher. (Air : « Pourquoi n’ai-je pas souffert autrefois ? »)

Tchaïkovski Iolanta Pourquoi n'ai je pas souffert autrefoisCliquez sur Iolanta

Le roi fait venir un médecin maure pour guérir sa fille. (Air du roi René : « Seigneur, si j’ai péché »).

Tchaikovski Iolanta Seigneur si j'ai péchéCliquez sur le roi René

Celui-ci déclare qu’il peut la guérir à une condition : qu’on révèle son infirmité à Iolanta. Dans un discours sur l’inséparabilité des mondes spirituels et charnels, il déclare qu’avant d’ouvrir les yeux à la lumière, il faut que l’âme soit prête à découvrir ce sens (Air du docteur : « Il y a deux mondes », un petit bijou d’émotion !).

Tchaikovski Iolanta air du docteur il y a deux mondesCliquez sur le docteur

Mais le roi refuse et déclare que celui qui révélera son infirmité à sa fille devra mourir.

Deux chevaliers qui se sont perdus lors d’une partie de chasse arrivent. Il s’agit de Robert, duc de Bourgogne, et de Godefroid, comte de Vaudémont. Robert est promis de longue date à Iolanta, qu’il ne connaît pas, mais il est tombé amoureux d’une autre femme, Mathilde, et voudrait rompre ses fiançailles. (Air de Robert « Qui peut égaler ma Mathilde ? »)

Tchaikovski Iolanta air de Robert qui peut égaler ma MathildeCliquez sur Robert

Malgré l’interdiction qui figure à l’entrée du jardin, ils entrent et découvrent Iolanta endormie. Godefroid en tombe immédiatement amoureux (Air de Godefroid « Non ! Les charmes de la beauté agitée ne me disent rien »).

Tchaikovski Iolanta air de Godefroid non la beauté...Cliquez sur Godefroid de Vaudémont

Iolanta se réveille, mais ne reconnaît pas leurs voix. Ils disent être des chevaliers perdus. Robert part, laissant Godefroid seul. Iolanta lui offre à boire. Godefroid lui déclare sa passion, mais elle le repousse. Avant de partir, il demande à Iolanta de cueillir pour lui une rose rouge, qu’il gardera en souvenir d’elle. Mais par deux fois, elle cueille une rose blanche. Godefroid comprend alors qu’elle ne voit pas. Il s’efface, la laissant seule et désemparée. Quand il revient, il veut sécher ses pleurs. Lui demandant à quoi servent les yeux, elle répond qu’ils servent à pleurer. Elle demande ce qu’est la lumière, et il répond que c’est la première merveille de la création (Duo : « Je ne comprends pas ton silence »).

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Godefroid

Le roi arrive avec sa suite. Ils découvrent que Iolanta n’est plus seule dans le jardin. Il est mécontent qu’on ait dévoilé à sa fille son infirmité, mais le docteur dit que c’est peut-être là le salut de sa fille. Le roi dit à Iolanta qu’il est venu avec son médecin pour la guérir, si elle le veut. Pour la convaincre, il use d’un subterfuge, et rappelant que ceux qui entrent dans le jardin encourent la mort, déclare que Godefroid mourra si Iolanta ne retrouve pas la vue.

Iolanta se déclare alors prête et demande ce qu’elle doit faire. Le docteur déclare qu’il lui suffit de désirer ardemment la lumière. Elle se confie aux mains du médecin.

Robert arrive au secours de son camarade ! Godefroid lui rappelle qu’il doit tout avouer au roi, mais Robert a changé d’avis, et se dit prêt à honorer sa promesse, mais que son cœur restera fidèle à Mathilde. Le roi le libère de sa parole donnée, et accepte de donner sa fille à Godefroid si elle recouvre la vue. On annonce que l’opération a réussi et que Iolanta n’est plus aveugle. Bien sûr, quand elle ouvre les yeux, elle ne reconnaît pas ce qu’elle n’a déjà vu. Le médecin lui demande de lever les yeux au ciel. Découvrant le monde, elle demande à son père d’être son protecteur, mais il répond qu’il est trop vieux, et que ce sera Godefroid son protecteur.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur l’image

Grands chœurs, opéra russe

LES GRANDS CHŒURS DE TCHAÏKOVSKI

Après les grands chœurs de WAGNER et les grands chœurs de VERDI, je suis heureux de vous présenter quelques grands chœurs écrits par TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893).

Tchaïkovski, compositeur fécond de musique symphonique, concertante, de chambre ou d’opéras, a également écrit de la musique religieuse, qui contient d’extraordinaires chœurs a cappella.

En 1873, il écrit une musique de scène pour Snégourotchka, la fille de neige, du dramaturge OSTROVSKY. (RIMSKI-KORSAKOV écrira un opéra d’après le même drame.) Écoutons la danse et le chœur des oiseaux de cette musique de scène.

Tchaïkovsky Snegourotchka danse et chœur des zoziauxCliquez sur l’image

Dans Eugène Onéguine (1877 – 1878), il y a la fameuse scène du bal et de la valse du 2e acte (Vot tak syurpriz [Ah, quelle surprise].)

Tchaïkovsky Onéguine choeur des paysans

Dans La Pucelle d’Orléans (1881), une version assez romancée de Jeanne-d’Arc, d’après la pièce de SCHILLER, on peut entendre ce chœur (« Slava, slava ».)

Tchaïkovski La Pucelle d'Orléans choeurCliquez sur l’image

De 1881 à 1883, il écrit Mazeppa, d’après POUCHKINE, opéra dans lequel on peut entendre ce chœur.

Tchaïkovski Mazeppa choeurCliquez sur la pochette du disque

C’est durant ces mêmes années qu’il écrit les Vigiles nocturnes, une musique pour les Vêpres de la liturgie orthodoxe (RACHMANINOV aussi, j’y reviendrai dans un prochain article sur les grands choeurs russes.)

Tchaïkovski Vêpres

Et dans la période 1884 – 1885, il écrit une musique pour la liturgie de Saint Jean Chrisostome, d’où est extrait ce sublime « Hymn to the Cherubin ».

Tchaïkovski Hymn to the cherubinsCliquez sur l’image

Au début de La Dame de pique (1890), Tchaïkovski, qui adorait le Carmen de BIZET, glisse un chœur d’enfants, jouant les petits soldats !

Tchaïkovski La Dame de pique chœur d'enfantsCliquez sur l’image

 

Mes opéras préférés, opéra russe

LADY MACBETH DE MZENSK

Lady Macbeth de Mzensk est un opéra de CHOSTAKOVITCH créé en 1934. Écrit d’après un roman de LESKOV datant de 1865, il se passe dans une ville de province russe où l’héroïne, Katerina, s’ennuie. (Le roman Madame Bovary de FLAUBERT est paru en 1857.) L’œuvre a été jouée avec succès pendant deux ans, avant que STALINE ne l’entende début 1936, qualifie cette musique de « chaos musical » et ne l’interdise. Il faudra attendre 1962 pour que cette interdiction soit levée.

Stylistiquement, on entend des influences mahlériennes dans la superbe orchestration, et on retrouve des rythmes entendus chez PROKOFIEV dans la rythmique. Pour l’aspect dramatique, l’influence de JANACEK est forte avec ses opéras Katia Kabanovna ou Souvenirs de la maison des morts (pour l’acte IV).

Acte I : Katerina, mal mariée avec le fils de Boris, le propriétaire de l’abattoir industriel de la ville, s’ennuie ferme. Elle dit à son beau-père qui la presse de faire un enfant que son mari, Zinovy, n’est pas capable de lui en faire un. Comme celui-ci doit quitter l’usine quelque temps, le beau-père fait promettre à Katerina de rester fidèle. Un nouvel ouvrier, Sergueï, est embauché à l’abattoir, précédé d’une réputation de grand séducteur.

Les ouvriers s’en prennent à la servante Aksinia. Katerina intervient et leur fait des reproches. Sergueï la met au défi de se battre contre lui, mais elle perd très vite. Comme le beau-père arrive, elle invente une histoire pour se disculper, ainsi que Sergueï.

Chostakovitch lady Macbeth acte I serguei katerinaCliquez sur Katerina et Sergueï

Le soir, Katerina chante sa frustration, seule dans sa chambre. Sergueï, arrive, prétextant vouloir emprunter un livre, mais ses motivations sont évidentes, et très vite Katerina succombe à ses avances.

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur l’image

Acte II : Boris victime d’insomnie se rappelle sa jeunesse fougueuse. Quand il voit Sergueï sortir de la chambre de sa belle-fille, il alerte tout le monde. Sergueï est attrapé et Boris lui donne le fouet avant de le faire enfermer. Puis, satisfait, il demande à Katerina de lui préparer son repas. Ulcérée par la scène qu’elle vient de vivre, elle met de la mort-aux-rats dans son repas. Boris est pris de souffrances atroces, mais Katerina les ignore et lui prend les clés de l’entrepôt où est enfermé Sergueï.

Le lendemain, les ouvriers trouvent Boris mourant et vont chercher le pope. Boris dit qu’il a été empoisonné par sa belle-fille, mais le pope l’ignore.

Sergueï passe la nuit avec Katerina. Il est inquiet du retour de Zinovy, mais Katerina le rassure, lui disant qu’il sera bientôt son mari. Elle est quand même hantée par le fantôme de Boris qu’elle voir revenir toutes les nuits. Zinovy rentre à l’improviste et Sergueï se cache, mais le mari trouvant sa ceinture bat Katerina avec. Zinovy sort de sa cachette et pendant qu’il l’immobilise le mari, Katerina étrangle son mari.

Chostakovitch lady Macbeth acte IICliquez sur l’image

Acte III : Zinovy, dont le corps a été caché, est considéré comme disparu. On va célébrer les noces de Katerina et Sergueï. Un numéro de cabaret est prévu pour les réjouissances, numéro présenté par le balourd miteux (sic). Alors que tout le monde se réjouit, Katerina a le pressentiment qu’on va trouver le cadavre de Zinovy. Elle prévient Sergueï qu’il est temps de fuir, mais celui-ci a du mal à abandonner les richesses acquises lors de son mariage avec Katerina. Quand la police arrive, il est trop tard, et Katerina avoue. Les deux amants sont arrêtés.

Acte IV : Katerina et Sergueï font partie d’un convoi de détenus en route vers le camp pénitentiaire. Sergueï renie Katerina à qui il fait porter la faute de sa déchéance. Il s’occupe d’une autre prisonnière, qui lui demande une paire de bas chauds. Sergueï va alors demander à Katerina sa paire de bas, disant que c’est pour lui, mais dès qu’il les a, il va les offrir à l’autre prisonnière, qui vient la remercier. Ulcérée, Katerina la pousse dans le fleuve avant de s’y jeter elle-même.

Chostakovitch lady Macbeth acte 4Cliquez sur l’image

 

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LA DAME DE PIQUE (PIKOVAYA DAMA), de TCHAÏKOVSKI (1890)

La Dame de pique est un opéra de TCHAÏKOVSKI composé sur un livret de son frère Modeste d’après une nouvelle de POUCHKINE, et créé à Saint-Pétersbourg en 1890. C’est avec Eugène Onéguine un des deux plus connus de ce compositeur, et on y retrouve sa francophilie, notamment avec le chœur d’enfants introductif et avec le personnage de la Comtesse qui se rappelle sa jeunesse à Paris.

Acte I : Le rideau se lève à Saint-Pétersbourg, au parc où les gouvernantes emmènent les enfants. On voit ceux-ci jouer les petits soldats, comme dans Carmen de BIZET que Tchaïkovski révérait. Sourine et Tchékalinski parlent de leur ami Herrmann. Celui-ci, taciturne, passe ses nuits dans les cercles de jeu, mais sans toucher aux cartes. Herrmann se confie à Tomski : il est amoureux d’une belle et riche inconnue.

Le Prince Eletski se joint à ses amis pour annoncer son mariage. Tout le monde s’en réjouit, sauf Herrmann tout à son désespoir. Alors que Lisa approche avec sa grand-mère, la comtesse, Herrmann reconnaît en Lisa sa belle inconnue. L’air sombre de Herrmann fait peur aux deux femmes qui l’ont déjà remarqué tournant autour d’elles. Tomski raconte une anecdote sur la comtesse. Dans sa jeunesse, elle avait perdu sa fortune au jeu à Paris. En échange d’un rendez-vous galant avec le comte de Saint-Germain, elle avait obtenu le secret de trois cartes gagnantes, qui lui avaient permis de regagner sa fortune. Sourine et Tchékalinski, par plaisanterie, proposent à Herrmann d’obtenir ce secret, mais Herrmann, lui, ne pense qu’à obtenir l’amour de Lisa. L’orage se déchaîne sur le parc.

Dans son salon, Lisa fait de la musique avec ses amies (Duo).

Tchaïkovsky Dame de pique Duo Lisa PolinaCliquez sur le salon de musique

Son amie Pauline chante une chanson mélancolique, puis pour consoler Lisa, un air populaire russe que toutes reprennent en chœur. La gouvernante vient les gronder de la part de la Grand-Mère, disant que c’est l’heure d’aller se coucher. Restée seule dans sa chambre, Lisa confie son chagrin à la nuit. Elle n’aime pas Eletski, c’est vers Herrmann que vont ses pensées. Herrmann apparaît à la fenêtre et lui confie son amour, et son souhait de mourir maintenant qu’il sait qu’elle va se marier avec un autre. Il se cache lorsque la comtesse vient dire à Lisa qu’il est l’heure de se coucher, mais en la voyant, il se rappelle le secret des trois cartes de la comtesse. Il renonce à la mort à laquelle il aspirait pour s’en emparer. Quand ils sont à nouveau seuls, il supplie Lisa qui finit par céder et se donne à lui.

 Acte II : Lors d’un bal, le Prince Eletski s’étonne de la froideur de sa fiancée. Déclarant son amour dans un air plein de noblesse, il dit à Lisa que si elle ne l’aime pas, il est prêt à renoncer à elle pour assurer son bonheur.

dame de pique amour herrmannCliquez sur l’image

Herrmann paraît, obsédé par le secret des trois cartes. Sourine et Tchékalinski poursuivent leurs plaisanteries au sujet des trois cartes de la comtesse.

Suit une très mozartienne pastorale sur le thème de l’amour triomphant de la richesse. Quand Herrmann se trouve face à face avec la comtesse, l’idée des richesses qu’il pourrait obtenir avec les trois cartes le hante.

dame de pique pastoraleCliquez sur l’image

Lisa lui confie une clé qui lui permettra de la rejoindre la nuit dans sa chambre, en passant par celle de sa grand-mère. Il accepte le rendez-vous de Lisa, mais c’est bien le secret de la comtesse qu’il compte ravir.

Herrmann pénètre dans la chambre de la comtesse. Entendant des bruits de pas, il se cache et la vieille dame entre avec ses suivantes. Se remémorant sa jeunesse, elle évoque les réceptions auxquelles elle allait à Paris. (Air de Grétry qui personnellement m’émeut toujours : « Je crains de lui parler la nuit ».)

dame de pique comtesseCliquez sur l’image

Comme elle s’assoupit, elle voit Herrmann se dresser devant elle, qui la menace et lui demande de révéler son secret. Terrifiée, elle meurt sans parler. Lisa entre alors et réalise que ce n’est pas pour elle que Herrmann est venu, mais pour le secret de sa grand-mère.

Acte III : Après un prologue orchestral, le rideau s’ouvre sur Herrmann lisant une lettre de Lisa, qui lui donne rendez-vous à la nuit pour lui permettre de se disculper de la mort de sa grand-mère. Dans un demi-sommeil, Herrmann revit les événements de la nuit précédente, il croit entendre un requiem, il veut fuir, mais le spectre de la comtesse se dresse devant lui et lui donne la formule des cartes : le trois, le sept, l’as, en lui demandant d’épouser Lisa.

Lisa, qui attend Herrmann, veut croire à son innocence (grand air de Lisa).

dame de pique air de lisa acte IIICliquez sur l’image

Quand il arrive enfin, il répète machinalement les mots d’amour que Lisa lui dit. Il est obsédé par l’idée d’aller à la salle de jeu. Finalement, tout à son obsession, il repousse Lisa qu’il ne reconnaît même plus. Désespérée, celle-ci va se jeter dans la Neva.

Le prince Eletski arrive au cercle de jeu. Il déclare aux joueurs qui s’étonnent de sa présence qu’il a perdu sa fiancée et qu’il vient pour se venger. Après une chanson légère de Tomski et un chœur des joueurs, le jeu peut commencer. Herrmann arrive et mise sur les cartes révélées par la comtesse et gagne sur les deux premières. Il remet tous ses gains en jeu sur la troisième carte, et le prince Eletski relève le défi. Herrmann joue donc l’as, mais c’est la Dame de Pique qui sort. Regardant cette carte funeste, il croit voir le visage ricanant de la comtesse. Il se suicide et, en mourant, demande pardon au prince. Il croit voir Lisa, implore son amour, et meurt.

 

Mes opéras préférés, opéra russe

Eugène ONÉGUINE, de TCHAÏKOVSKI (1877)

Parmi la dizaine d’opéras écrits par TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine est certainement un des plus populaires. Écrit en 1877 d’après une nouvelle de POUCHKINE, il a été créé à Moscou en 1879. Sixième opéra écrit par Tchaïkovski, c’est le premier à avoir rencontré un vrai succès.

Je l’ai vu l’année dernière à l’Opéra de Paris à Bastille, dans une distribution qui devait comporter la (très) grande soprano Anna Netrebko. Avant le lever de rideau, il y a eu une annonce informant qu’Anna ne serait pas présente ce soir-là. Bronca dans la salle, les gens étant venus du monde entier pour entendre la Netrebko. Une petite jeune a chanté/joué le rôle « au pied levé » : Elena Stikihina.  Et à la fin, la bronca est devenue une ovation comme j’en ai rarement entendu.

Acte I : Un soir d’été à la campagne, madame Larine et la nourrice évoquent le passé sur le thème : l’habitude finit par l’emporter sur l’amour. Les deux filles de la maison entrent, Tatiana la rêveuse et Olga la pragmatique. Lenski, le fiancé d’Olga arrive accompagné de son voisin Onéguine. Onéguine demande à Tatiana ce qu’elle trouve à faire dans cette campagne reculée. Tatiana répond qu’elle lit et rêve.

Le soir venu, Tatiana troublée par sa rencontre avec Onéguine n’arrive pas à dormir. Elle décide de lui écrire une lettre dans laquelle elle lui révèle son amour (extraordinaire Air de la lettre !) qu’au matin elle lui fait porter. Onéguine arrive et répond qu’il ne peut pas s’engager.

renée fleming air de la lettreCliquez sur l’image

Acte II : Il y a bal ce soir chez les Larine en ce jour de la fête de Tatiana (Chœur Vot tak Syurpriz). Tatiana et Onéguine dansent, mais très vite les cancans des vieilles l’exaspèrent. Il décide de rendre Lenski jaloux en dansant avec Olga. Lenski en fait le reproche à Olga qui lui répond qu’elle trouve Onéguine charmant. Un invité français (et ridicule), monsieur Triquet chante des couplets qu’il a écrits pour Tatiana. Onéguine propose une autre danse à Olga, mais c’en est trop pour Lenski qui s’énerve et provoque Onéguine.

Lenski arrivé sur le lieu du duel pense à sa mort prochaine et se rappelle sa jeunesse (air de Lenski). Onéguine arrive et pense à leur amitié passée (Duo), mais le duel a lieu et Onéguine tue Lenski.

duel onéguine
Duo Onéguine Lenski

Acte III : Plusieurs années plus tard, Onéguine est de retour d’exil. La scène se passe chez le prince Grémine, qui est accompagné d’une ravissante jeune femme qui attire l’attention d’Onéguine. Le prince chante son amour pour sa femme (air de Grémine) avant de la présenter à Onéguine : c’est Tatiana. À sa vue, Onéguine sent renaître les jours passés de sa jeunesse et l’amour qu’il a laissé échapper.

air de grémineCliquez sur l’image

Quelques jours plus tard, dans la demeure des Grémine, Tatiana est troublée : elle a reçu une lettre d’Onéguine, qui demande à la voir. Quand Onéguine paraît, il se jette à ses pieds et lui déclare son amour. Elle lui rappelle la lettre qu’elle lui avait écrite plusieurs années auparavant, et le mépris avec lequel il lui avait répondu. Elle l’accuse de ne s’intéresser à elle que parce qu’elle est devenue riche et célèbre. Onéguine s’obstine. Tatiana finit par lui avouer qu’elle aussi l’aime, mais qu’elle restera fidèle à son mari. Elle se lève et s’en va, laissant Onéguine à sa douleur.

Mes opéras préférés, opéra russe

Boris GODOUNOV, de MOUSSORGSKI

Boris Godounov est un des plus puissants opéras russes.

Chef-d’œuvre de la musique, la genèse de Boris Godounov ne fut pas facile. Adaptée de POUCHKINE, une première version datant de 1869 fut refusée par la censure impériale. Moussorgski reprend alors sa partition en 1872, ajoute un acte dit « acte polonais » et surtout un personnage féminin, pour se rapprocher des canons de l’opéra qui voulaient qu’il y ait une héroïne.

Outre le rôle-titre, le personnage principal de Boris Godounov est le peuple, Moussorgski retrouvant l’idéal de l’opéra, hérité du théâtre antique où le chœur est partie prenante au drame.

L’orchestration brute de Moussorgski, musicien quasi autodidacte, a heurté les oreilles de ses contemporains, notamment TCHAÏKOVSKY, qui ne comprenait rien à cette partition. RIMSKI-KORSAKOV a cru bon de réorchestrer Boris en 1896, pour le rendre plus audible. Il ira même plus loin en 1906 en faisant une « adaptation » de l’œuvre.

À titre de curiosité, DVORAK a écrit un opéra, Dimitri (1881), qui reprend l’action là où celle de Boris Godounov se termine.

Toutes ces transformations font qu’il est difficile de résumer la trame de l’histoire, selon que l’on prend la version originale de 1869, la version complétée en 1872 ou la version améliorée de 1896, voire l’adaptation de 1906.

Prologue: Dans la cour d’un couvent, le peuple, rudoyé par un policier, se lamente et demande à Boris d’accepter la couronne de tsar. Un boyard annonce que Boris refuse la couronne. Des pèlerins demandent au peuple de se rendre à la rencontre de leur tsar et le boyard leur ordonne de se rendre au Kremlin le lendemain.

À Moscou, devant le Kremlin, le prince Chouïski souhaite longue vie au tsar Boris. Le peuple chante en son honneur (Réjouis-toi, peuple de Russie), mais Boris est sombre, agité de pressentiments.

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Acte I : Dans sa cellule, le moine Pimenn rédige la chronique des faits passés. Grigori, un jeune moine, se réveille. Pimenn lui parle de sa jeunesse, du tsar Ivan le Terrible et de son fils Féodor. Il révèle que le tsar actuel est un régicide et que le tsarévitch assassiné aurait le même âge que Grigori, qui imagine alors de se faire passer pour lui.

Dans une auberge à la frontière, deux moines, Varlaam et Missaïl, font la quête. Ils sont suivis par Grigori, déguisé, qui est en fuite. Varlaam chante les combats contre les Tatars quand des policiers entrent à la recherche de Grigori. Celui-ci détourne l’attention sur un des moines, mais les policiers finissent par se rendre compte que c’est bien lui qu’il recherchent. Grigori prend la fuite.

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Acte II : Xénia, la fille de Boris et fiancée du tsarévitch assassiné pleure celui-ci. Féodor, le fils de Boris, arrive et chante une chanson à sa nourrice. Boris arrive, très fier de l’intelligence de son fils, mais il est toujours hanté par le remords. Le peuple l’accuse de tous les maux qui frappent la Russie. Chouïski entre, porteur de mauvaises nouvelles, un imposteur venu de l’étranger se fait passer pour Dimitri, le tsarévitch assassiné.

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Acte III : Dans une clairière, des gamins entourent un innocent et lui volent un kopeck. L’innocent demande alors à Boris qu’on égorge ces gamins, comme lui a égorgé le Tsarévitch. Il appelle à pleurer sur les malheurs de la Russie.

Au Kremlin, des boyards statuent sur le sort qu’ils réserveront à Dimitri quand ils le captureront. Boris arrive, très troublé, mais Chouïski lui dit qu’un vieillard, Pimenn, veut lui parler. Pimenn entre et lui raconte l’histoire d’un homme qui a vu le tsarévitch lui apparaître en songe et lui a demandé d’aller prier sur sa tombe. Il l’a fait, et sa cécité a été guérie. Boris s’évanouit. Quand il revient à lui, il dit à son fils Féodor qu’il va mourir et lui recommande de prendre soin de sa sœur. Il demande la clémence de Dieu et meurt (mort de Boris) alors que dehors, le peuple se lamente.

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