Cinéma, Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (2e SÉRIE)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est également vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques.

Comme pour le premier billet, commençons par Francis BLANCHE, avec sa version de la Cinquième symphonie de BEETHOVEN (dite « la Pince à linge ») interprétée par les QUATRE BARBUS.

4 Barbus la Pince à lingeCliquez sur la Pince à linge

Richard ANTHONY a mis des paroles sur le Concierto de Aranjuez (de RODRIGO).

Anthony Rodrigo concerto de AranjuezCliquez sur Anthony Rodrigo

Nana MOUSKOURI nous a chanté un « chœur des esclaves », extrait du Nabucco de VERDI, vibrant d’émotion.

Nana Mouskouri Verdi NabuccoCliquez sur Nana Verdi

Pendant le confinement, Marie-Paule BELLE nous offrait tous les jours une chanson interprétée de chez elle. Écoutons « Wolfgang et moi ».

Belle Wolfgang et moiCliquez sur Marie-Paule Mozart

Henri TACHAN a chanté « Comme dans un opéra », bel hommage à l’opéra.

Tachan Comme dans un opéraCliquez sur l’image

Et Henri SALVADOR, avec Juanita Banana, rend hommage à VERDI et l’air Caro nome de son Rigoletto. (Dans le film Le Goût des autres d’Agnès JAOUI, le héros interprété par Jean-Pierre BACRI, un homme plutôt inculte qui cherche à se faire accepter par un groupe d’artistes est tout content de montrer qu’il connaît cet opéra en citant Salvador et Juanita Banana.)

Verdi Salvador Juanita BananaCliquez sur Giuseppe Salvador

Poursuivons avec Barbra STREISAND : « Après un rêve », de FAURÉ

Fauré Streisand Après un rêveCliquez sur Barbra Fauré

Serge GAINSBOURG avait une bonne culture musicale, et il s’en est servi pour ses chansons. Par exemple, la chanson « Baby alone in Babylon » est bâtie sur la troisième symphonie de BRAHMS.

Brahms Birkin Symphonie n 3 Baby alone in BabylonCliquez sur Johannes Birkin

Après Symphonicity, un album de reprise de ses grands succès accompagné avec un orchestre symphonique (je vous le conseille !), STING a enregistré un album consacré à John DOWLAND (1523 – 1626).

Dowland Come again with StingCliquez sur Sting Dowland

Voilà, c’est tout pour cette livraison. Si vous êtes sages, vous pouvez cliquer sur le lien suivant pour avoir une troisième livraison de ces interprétations.

Agenda Ironique, Fantaisie, Oulipo, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE D’AOÛT 2020

Ce mois-ci c’est Max-Louis qui nous donne le thème de l’agenda ironique :

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la plage de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaira (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique …) le tout … Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
Flot
Argile
Perche
Monoï
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Voici donc ma contribution participative à l’édification de ce monument de la littérature qu’est l’Agenda Ironique, contribution qui sera faite sous la forme de haïkus.

Sur la plage B

De cet ancien disque usé

Carmen a chanté.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

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Assis sur la plage

Eischenbach songe au destin

La Mort à Venise.

Britten The death in Venice la plageCliquez sur Eischenbach face aux flots

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La plage chauffée,

Au soleil une fille s’est

Mise à danser (Brel)

Brel sur la placeCliquez sur Jacques BREL

+ + +

Haïkaï ou haïkus

Poésie en kïmono

Pauvre Cio-Cio-San.

Puccini madama Butterfly Un bel di vedremo CallaCliquez sur le kimono de Cio-Cio-San

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Colosse, pied d’argile

Benvenuto Cellini

Statue de Persée.

Berlioz Benvenuto Cellini Si la terre aux beaux jours se couronneCliquez sur l’image

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Renard et corbeau

Un corbeau perché sur l’arbre

Fable de La Fontaine.

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

Citations :

Carmen, de BIZET : « L’amour est un oiseau rebelle ».

La Mort à Venise, de BRITTEN.

Sur la place, de Jacques Brel.

Madame Butterfly, de PUCCINI : « Un bel di vedremo ».

Benvenuto Cellini, de BERLIOZ : « Chœur des ciseleurs ».

OFFENBACH, Six fables de la Fontaine, « le Corbeau et le renard ».

 

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 10 au 16 août 2020

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 10 au 16 août 2020.

Au programme de cette semaine, trois PUCCINI, deux VERDI, un WAGNER et un BIZET.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre la France et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi).

Lundi 10 août Puccini Manon Lescaut

Puccini Manon Lescaut fin acte IV (MET 2008)Cliquez sur Manon et Des Grieux

Mardi 11 août Bizet Carmen

Bizet Carmen Parle moi de ma mère (MET 2019)Cliquez sur Micaela et Don José

Mercredi 12 août Verdi Rigoletto

Verdi Rigoletto Addio addio (MET 1981)Cliquez sur l’image

Jeudi 13 août Puccini Turandot

Puccini Turandot In questa reggia (MET 2016)Cliquez sur Turandot

Vendredi 14 août Wagner Tristan und Isolde

tristan au METCliquez sur Isolde et Tristan

Samedi 15 août Puccini La Bohème

Puccini La Bohème Si, mi chiamano Mimi (MET 2017)Cliquez sur Mimi

Dimanche 16 août Verdi Luisa Miller

Verdi Luisa Miller Quando le sere al placido (MET 1979)Cliquez sur Placide Domingue

Voilà pour cette semaine. See you a next week !

Cinéma, Maria Callas, Mes opéras préférés

LUCIA DI LAMMERMOOR, de DONIZETTI (1835)

Opéra romantique de DONIZETTI, créé en 1835, d’après un roman de Walter SCOTT. L’argument en est un « Roméo et Juliette » dans l’Écosse du XVIe siècle. Cette œuvre a connu d’emblée le succès et a été remaniée en 1839, pour une version en français.

C’est dans Lucia di Lammermoor que se trouve un des airs les plus célèbres du bel canto, la « scène de la folie » de Lucia. FLAUBERT l’évoque dans son Madame Bovary, et il sera encore célèbre au XXIIIe siècle puisqu’on peut l’entendre dans le 5e élément de Luc BESSON.

Suivant la classification de G.B.SHAW, nous sommes ici dans une structure [(S+T)/(B+B)], puisqu’une soprano (Lucia) aime un ténor (Edgardo) alors qu’un baryton (Enrico) et une basse (Raimondo) cherchent à les séparer.

Acte I : Les hommes d’Enrico Ashton évoquent sa famille ruinée. Enrico entre. Dans un dialogue avec son veneur, Normann, on apprend qu’il voudrait que sa sœur Lucia accepte un mariage avec Lord Arturo, ce qu’elle refuse. Elle est en effet amoureuse d’Edgardo de Ravenswood, qui lui a sauvé la vie, mais dont la famille est rivale des Ashton.

Donizetti Lucia di Lammermoor Cruda funesta smaniaCliquez sur Enrico

Dans le parc du château, Lucia confie à son amie Alisa qu’elle a vu le spectre d’une jeune femme tuée par son amant, un Ravenswood. Son corps aurait été jeté dans la fontaine du parc.

Donizetti Lucia di Lammermoor Regnava nel silenzioCliquez sur Lucia i Alisa

Alisa comprend que cette vision est prémonitoire et conjure Lucia de renoncer à son amour. Edgardo arrive et dit à Lucia qu’il doit partir le lendemain pour la France. Il compte demander sa main à son frère, mais Lucia craint ses réactions. Furieux, Edgardo lui rappelle son serment de vengeance contre les Ashton, responsables de la mort de son père.

Donizetti Lucia di Lammermoor Lucia perdona... Sulla tomba...Cliquez sur Lucia i Edgardo

Lucia le calme, et il s’éloigne, après qu’ils aient scellé leur amour avec un anneau nuptial. (Duo: « Verranno a te sull’aure ».)

Acte II : Enrico attend Lucia en tremblant. Pour que sa famille retrouve la fortune, il a arrangé un mariage entre sa sœur et Arturo Bucklaw, mais il craint qu’elle ne refuse. Normann lui dit qu’il a intercepté toutes les lettres qu’Edgardo lui envoie, pour qu’elle croie que celui-ci l’a oubliée. Les invités et Arturo arrivent au château lorsque Lucia entre, pâle. Elle reproche à son frère son manque d’humanité et les tourments qu’il lui inflige. Elle lui rappelle qu’elle a promis sa main  à Edgardo. Enrico lui montre alors une fausse lettre censée prouver l’infidélité d’Edgardo. Elle veut mourir en voyant cette trahison. Enrico lui explique que si elle ne se résout pas au mariage, c’est lui qui va mourir, car la situation politique a changé en Écosse avec l’arrivée au pouvoir de la reine Mary. Le chapelain, évoquant la mémoire de sa mère et le devoir qu’elle a envers son frère,  réussit à convaincre Lucia d’épouser Arturo. (Duo : « Ah, cedi, cedi ! »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Ebben di tua speranzaCliquez sur Lucia i Arturo

Arturo est accueilli par un chœur. Il se présente en sauveur de la famille et demande où est Lucia. Enrico le prépare à la réaction de sa sœur. Cette dernière arrive et signe le contrat de mariage comme si elle signait son arrêt de mort. Edgardo survient, réclamant sa fiancée. Enrico, Arturo et Edgardo s’apprêtent à se battre lorsque le chapelain Raimondo produit le contrat de mariage signé de la main de Lucia. Edgardo reprend l’anneau de sa fiancée et part en la maudissant. (Sextuor « Chi mi frena in tal momento? »)

Donizetti Lucia di Lammermoor Chi mi frena (sextuor)Cliquez sur le sextuor d’élites

Acte III : Enrico rendu fou de rage par l’intrusion d’Edgardo chez lui se rend chez celui-ci et, attisant sa jalousie, le provoque en duel pour le lendemain à l’aube.

Alors que se déroulent les festivités du mariage, Raimondo bouleversé surgit et annonce que Lucia est devenue folle et vient de tuer Arturo. La jeune fille arrive, hagarde. Elle songe à son mariage avec Edgardo, et se revoit près de la fontaine, où le spectre qu’elle a vu vient s’interposer entre elle et Edgardo. (Scène de la folie.)

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur Lucia

Enrico qui revient de chez Edgardo apprend la nouvelle du meurtre d’Arturo et, sans se rendre compte de l’état de sa sœur, la menace d’une peine exemplaire. Lucia prenant son frère pour son bien aimé Edgardo implore son pardon avant de le prier de veiller sur sa tombe. Elle s’effondre et on l’emporte, inanimée.

Edgardo attend Enrico avec l’intention de se jeter sur l’épée de son ennemi, croyant toujours à la trahison de Lucia. Les hommes d’Enrico lui apprennent le sort tragique de la jeune femme. Dans sa démence elle le réclame avant de mourir. Entendant sonner le glas, il comprend que Lucia est morte, ce que le chapelain confirme. Désespéré, Edgardo se donne la mort, non sans avoir évoqué une dernière fois son aimée, cet ange monté au ciel.

Donizetti Lucia di Lammermoor Tu che a Dio spiegasti l'aliCliquez sur Edgardo

Comme je ne peux pas terminer comme ça ce billet concernant un joyau du bel canto, retrouvons le prélude à l’air de la Folie, interprété par Maria CALLAS.

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono callasCliquez sur Lucia

Cinéma, Compositeurs, littérature, Shakespeare, Théâtre

Antonio SALIERI (1750 – 1825)

Contemporain de MOZART, BEETHOVEN et SCHUBERT, Antonio SALIERI ne connaît pas aujourd’hui une reconnaissance à la hauteur de son talent.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour avoir accès à la liste de lecture

Né dans la région de Vérone le 18 août 1750, il part à 15 ans faire ses études musicales à Venise. En 1766, il suit son professeur à Vienne où il est présenté à METASTASE et à GLUCK. En 1774, il est nommé compositeur de la Cour et directeur de l’opéra italien de Vienne. Il voyage en Italie et en France pour assister aux représentations de ses opéras. C’est ainsi qu’à Paris, Gluck donne un opéra, les Danaïdes, sous son propre nom, avant de révéler que Salieri en est l’auteur.

Parmi ses élèves à Vienne, il faut relever les noms de Beethoven et Schubert, déjà cités, mais aussi ceux de LISZT ou de MEYERBEER.

Salieri était à Vienne en même temps que Mozart, mais avec des fonctions et une reconnaissance beaucoup plus importantes que celles de Wolfgang Amadeus. En fait, Salieri admirait l’œuvre de son cadet. Il a écrit plusieurs opéras sur des livrets de Lorenzo DA PONTE, et il a confié à Mozart le livret du Cosi fan Tutte que Da Ponte avait écrit pour lui, n’ayant pas le temps d’en composer la musique.

Une légende colporte que Salieri aurait fait empoisonner ce dernier. C’est POUCHKINE qui est à l’origine de cette infox, dans sa nouvelle intitulée Mozart et Salieri (1830), reprise par RIMSKY-KORSAKOV dans son opéra éponyme (1898).

Rimsky-Korsakov Mozart et SalieriCliquez sur l’image

Au XXe siècle, Peter SCHAFFER en a fait une pièce, Amadeus, brillamment portée à l’écran par Milos FORMAN.

Forman Amadeus affiche

Ne cliquez par sur l’affiche

Parmi les nombreux opéras de Salieri, on peut citer un Don Quichotte (Don Chisciotte alle nozze di Gamace) (1771) d’après CERVANTES,

Salieri Don QuichotteCliquez sur l’image

un Armida (1771) d’après Le TASSE,

Salieri ArmidaCliquez sur l’image

la Locandiera d’après GOLDONI,

Salieri la LocandieraCliquez sur l’image

Semiramide sur un livret de Métastase et les Horaces (1786), d’après CORNEILLE,

Salieri les horacesCliquez sur l’image

Tarare (1787) sur un livret de BEAUMARCHAIS,

Salieri tarareCliquez sur l’image

ou encore Falstaff (1799) d’après SHAKESPEARE.

Salieri FalstaffCliquez sur l’image

Avec le XIXe siècle, Salieri se consacre à de la musique pour son employeur, l’empereur François II, et à de la musique religieuse (Te Deum, Requiem). Il tombe malade en 1820, prend sa retraite et meurt le 7 mai 1825.

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 3 au 9 août

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 3 au 9 août 2020.

Cette semaine s’ouvre et se ferme avec MOZART et nous proposera aussi HAENDEL, WAGNER, VERDI, OFFENBACH et PUCCINI.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 3 août Mozart La Flûte enchantée (Die Zauberflöte)

Mozart la Flûte enchantée final acte I (MET 2006)Cliquez sur l’image

Mardi 4 août Offenbach Les Contes d’Hoffmann

Offenbach Les Contes d'Hoffmann septuor (MET 2015)Cliquez sur l’image

Mercredi 5 août Verdi Simon Boccanegra

Verdi Simon Boccanegra (MET 1995)Cliquez sur Simon Bouche noire

Jeudi 6 août Puccini Madama Butterfly

Puccini madama Butterfly Opolais (MET 2016)Cliquez sur Cio-Cio-San

Vendredi 7 août Wagner Parsifal

Wagner Parsifal Enchantement du Vendredi saint (MET 1992)Cliquez sur l’enchantement du Vendredi saint

Samedi 8 août Haendel Agrippina

Haendel Agrippina DiDonato (MET 2020)Cliquez sur Agrippine

Dimanche 8 août Mozart Don Giovanni

Mozart Don Giovanni la ci darem la mano (MET 2016)Cliquez sur Zerline et Don Giovanni

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next week.

littérature, Oulipo, Poésie

« L’ALBATROS », de Charles BAUDELAIRE

Après Le tombeau de Charles BAUDELAIRE, écrit par Stéphane MALLARMÉ à la mémoire de Baudelaire, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de… Baudelaire (comme quoi le hasard fait parfois bien les choses).

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un classique des classiques : L’Albatros.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

Wagner Vaisseau fantôme ouverture (Janowski)Cliquez sur l’image

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Schubert Wanderer FantasieCliquez sur le pianiste

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

Zemlinsky le Nain finalCliquez sur l’image

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Purcell King Arthur Fairest IsleCliquez sur l’image

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’image

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Citations :

Ce navire glissant sur les gouffres, ce peut être le Vaisseau fantôme (der fliegende Holländer) de Richard WAGNER, bateau condamné à errer sans fin dans la tempête, jusqu’à ce que son capitaine trouve l’amour absolu capable de le délivrer de sa malédiction.

Ce voyageur ailé m’évoque la Wanderer Fantasie (Fantaisie du Voyageur), de SCHUBERT, ce poète qui s’exprimait en musique et qui a traversé sa courte vie à peu près totalement incompris par ses contemporains.

Cet être comique et laid pourrait être Le Nain (der Zwerg) de ZEMLINSKY. Par jeu, on a fait croire à ce petit être difforme que la princesse, à qui il a été offert pour son anniversaire, pourrait être amoureuse de lui. L’opéra finira très mal pour lui et il meurt foudroyé par la vérité aux pieds de la princesse.

Le prince des nuées ! À l’acte V du King Arthur de PURCELL, l’enchanteur Merlin convoque Éole, le prince des nuées, pour calmer la tempête. Une île surgit des flots, Britannia !

L’archer peut-être Guillaume Tell, héros de l’opéra de ROSSINI.

Et puis quand il y a matière, il y a matière, alors pour célébrer le mois d’août qui commence, voici une deuxième lecture de l’Albatros de Baudelaire.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

Verdi Otello ouvertureCliquez sur l’image

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Schubert Winterreise EstarrungCliquez sur la partition

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

Verdi Rigoletto La MaledizioneCliquez sur Rigoletto

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Rameau les Boréades Borée en fureur (Acte III)Cliquez sur Borée en fureur

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Monteverdi le retour d'Ulysse dans sa patrieCliquez sur Ulysse

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Citations :

Ce navire glissant sur les gouffres pourrait être celui du général vénitien Otello rentrant après sa victoire sur les Turcs, et pris dans une tempête en arrivant à Chypre, dans l’opéra de VERDI.

Ce voyageur ailé m’évoque le Voyage d’hiver (Winterreise) de Schubert, ce poète qui s’exprimait en musique et qui a traversé sa courte vie à peu près totalement incompris par ses contemporains.

Cet être comique et laid, ce pourrait être Rigoletto, dans l’opéra de VERDI portant ce nom.

Le prince des nuées pourrait être Borée, le dieu du vent, dans les Boréades de RAMEAU. À la fin de l’acte III, Borée fait éclater sa fureur et provoque une tempête qui emportera la reine Alphise, qui dédaigne ses fils.

Et l’archer pourrait être Ulysse. Au deuxième acte du retour d’Ulysse dans sa patrie (Il Ritorno d’Ulisse in Patria) de MONTEVERDI, Pénélope, pressée par ses prétendants de choisir un nouveau mari, déclare qu’elle choisira celui qui saura bander l’arc d’Ulysse. Seul Ulysse, que personne n’a encore reconnu, réussit cet exploit et tue les prétendants.

Et en bonus, retrouvez l’albatros mis en musique par Ernest CHAUSSON.

Chausson Baudelaire l'AlbatrosCliquez sur l’image

Écrivains, littérature

LE TASSE (TORQUATO TASSO) (1544 – 1595)

Auteur adulé à son époque, le Tasse (1544 – 1595) écrit son œuvre majeure La Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata) entre 1566 et 1575, sans la publier. Elle est publiée par ses admirateurs entre 1580 et 1581, et deviendra vite une œuvre de référence pendant plus de deux siècles.

Né dans la province de Parme le 11 mars 1544 le jeune Torquato étudie le droit à Padoue, puis la philosophie à Bologne. À 18 ans, il dédie son poème Renaud (Rinaldo), inspiré du Roland furieux de l’ARIOSTE, au cardinal d’ESTE, suivant en cela l’exemple de son père, homme de cour et poète. Torquato entre alors à la cour du cardinal, où les princesses d’Este, Eleonora et Lucrezia, lui inspirent des vers enflammés. La parution de son œuvre majeure lui vaut des ennuis avec l’Église, et il passe sept ans en prison, à Saint-Anne de Ferrare.

En 1590, il est l’invité du cénacle d’intellectuels florentins dont on peut dire que l’opéra est indirectement issu.

Le Tasse meurt le 25 avril 1595 à Rome, à l’âge de 51 ans.

GOETHE écrira en 1790 une pièce d’après la vie du Tasse (où il brode sur la passion impossible du poète avec la princesse Eleonora d’Este), pièce qui inspirera à LISZT le deuxième de ses poèmes symphoniques (Tasso, lamento e triompho).

Liszt Tasso, lamento e TrionfoCliquez sur l’orchestre

Le poète Lord BYRON a publié Les Lamentations du Tasse où il imagine notre héros à Sainte-Anne.

Le compositeur italien Gaetano DONIZETTI a composé un opéra intitulé Torquato Tasso s’inspirant des écrits de Goethe et Byron (et d’autres…)

Donizetti Torquato TassoCliquez sur Torquato

La Jérusalem délivrée a inspiré de nombreux compositeurs, et ce dès 1624 avec MONTEVERDI et son Combat de Tancrède et Clorinde (Il Combattimento di Tancredi i Clorinda).

Monteverdi Le combat de Tancrède et ClorindeCliquez sur Tancrède et Clorinde

Mais parmi les personnages qui ont le plus inspiré les compositeurs est la magicienne Armide (Armida), et outre l’Armide de LULLY, on trouve des opéras portant ce titre chez VIVALDI (1718),

Vivaldi ArmidaCliquez sur Armida

Giuseppe SCARLATTI (1766), HAYDN (1784), SALIERI (1771), CHERUBINI (1782), GLUCK (1777) (sur le livret de QUINAULT qui avait servi à Lully), ROSSINI (1817) et DVORAK (1904). (Je reviendrai sur Armide dans un billet qui lui sera spécifiquement consacré.)

Dvorak ArmidaCliquez sur l’image

HAENDEL, lui, fait le choix d’appeler son opéra d’après la Jérusalem délivrée : Rinaldo.

Haendel Lascia ch'io pianga imageCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – SEMAINE DU 27 juillet au 2 août

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 27 juillet au 2 août 2020.

Cette semaine encore, beaucoup de classiques : DONIZETTI, WAGNER, VERDI, PUCCINI et surtout, Rusalka de DVORAK !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 27 juillet Donizetti Lucia di Lammermoor

Donizetti Lucia di Lammermoor final acte II (MET)Cliquez sur Lucia

Mardi 28 juillet Puccini Tosca

Puccini Tosca trailer (MET 2009)Cliquez sur Floria Tosca

Mercredi 29 juillet Verdi Rigoletto

Verdi Rigoletto La Donna e Mobile (MET 1977)Cliquez sur le Duc

Jeudi 30 juillet Verdi Il Trovatore

Verdi Il Trovatore Il balen del suo sorriso (MET 2011)Cliquez sur le Comte

Vendredi 31 juillet Dvořák Rusalka

Dvorak Rusalka Song to the moon Opolais (MET 2017)Cliquez sur Rusalka

Samedi 1er août Verdi Ernani

Verdi Ernani (MET 1983)Cliquez sur l’image

Dimanche 2 août Wagner Die Walküre (La Walkyrie)

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur la chevauchée des Walkyries

 Voilà, bonne semaine à tous, see you a next week !

Cinéma, Elle voulait qu'on l'appelle..., Géographie, Grandes villes, Histoire de l'opéra, Woody Allen

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE NEW YORK…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Paris, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui New York.

Pays jeune, les États-Unis d’Amérique n’ont pas une longue tradition d’opéras ou de musique dite classique.  Toutefois, de nombreux compositeurs européens ont été invités à diriger aux U.S.A.

Un des premiers « grands » compositeurs à traverser l’Atlantique a été TCHAÏKOVSKI, qui a été invité au Carnegie HALL de New York pour son inauguration. Il y a dirigé, le 5 mai 1891, sa Marche solennelle du couronnement.

Tchaïkovski Marche solenelle du couronnementCliquez sur l’image

Le Tchèque Antonin DVORAK l’a suivi de peu. On lui a confié la direction du Conservatoire de New York, où il sera également professeur de composition de 1892 à 1895. La découverte des musiques et rythmes américains lui inspirera sa neuvième symphonie, dite « du nouveau Monde », ou son Quatuor américain

Dvorak Quatuor américain lentoCliquez sur le quatuor

En 1907, Giacomo PUCCINI vient en Amérique où il assiste à la création américaine de Madame Butterfly au Metropolitan Opera (le MET). Il a l’occasion de voir la pièce The Girl of the Golden West de David BELASCO (également l’auteur de la pièce dont il s’était inspiré pour Butterfly), ce qui lui donne l’idée d’écrire un opéra-western. Ce sera La Fanciulla del West (la Fille du Far West) dont la création mondiale aura lieu au MET en 1910, sous la direction de TOSCANINI.

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur Dick Johnson (Jonas Kaufmann)

L’autrichien Gustav MAHLER a été chef du MET de New York en 1908, mais il est reparti à Vienne au bout d’un an.

Suite à la révolution russe de 1917, on voit partir aux Amériques les deux Sergeï, PROKOFIEV (en 1918) et RACHMANINOV. L’exil de Rachmaninov, coupé de ses racines slaves, tarira une partie de sa verve créatrice. Prokofiev, lui, fera le choix de retourner en URSS au début des années ’30. Son opéra l’Amour des trois oranges est une commande de l’opéra de Chicago.

Maurice RAVEL fera une tournée à travers tous les États-Unis. Ce sera pour lui l’occasion de faire la connaissance de Georges GERSHWIN. Cette tournée aux États-Unis occupe une bonne partie du Ravel de Jean ECHENOZ.

Côté austro-allemand, nombreux sont les musiciens, souvent d’origine juive, qui ont été chassés par le régime nazi comme des artistes dégénérés. Ne pouvant se faire jouer, presque tous ont dû fuir l’Allemagne.

Ainsi, Alexandre ZEMLINSKY (1871 – 1942), digne héritier de Richard STRAUSS, Arnold SCHÖNBERG (1874 – 1951), Erich KORNGOLD (1897 – 1957) et le Tchèque Ernst KRENEK (1900 – 1991) ont dû migrer aux U.S.A, et leur production musicale (hormis celle de Schönberg), pourtant reconnue avant 1933, est aujourd’hui pratiquement inconnue.

Le Hongrois Béla BARTÓK (1881 – 1945) a lui aussi dû migrer aux States en 1940. Il vit, pauvrement, des commandes que ses confrères admiratifs lui passent, et c’est ainsi qu’il crée la sonate pour violon seul, une commande de Yehudi MENUHIN, le 3e concerto pour piano ou encore son concerto pour orchestre. Il meurt à New York en 1945.

Bartok sonate pour violon seulCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas écrire un billet sur New York sans mentionner la comédie musicale West Side Story, ce Roméo et Juliette contemporain dont la musique est signée Léonard Bernstein.

Bernstein West Side Story PrologueCliquez sur l’image

Et puisque je suis au cinéma, je ne peux pas résister à l’ouverture du génial Manhattan (1979) de Woody ALLEN.

Gershwin Rhapsody in blue ManhattanCliquez sur Manhattan