Elle voulait qu'on l'appelle..., Géographie, Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE SÉVILLE

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après New York, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Séville.

Séville (Sevilla) est la capitale de la province de Séville et de la communauté autonome d’Andalousie. Elle a un riche passé historique et culturel (VELAZQUEZ est né à Séville), et de nombreux opéras se passent à Séville ou dans ses environs. 

Ainsi, deux opéras de MOZART ont lieu à Séville.

Les Noces de Figaro (Le Nozze di Figaro) (1786) d’abord, qui se passe chez le comte Almaviva, au château d’Aguas Frescas, près de cette ville.

Mozart Figaro Voi che sapeteCliquez sur Chérubin

Don Giovanni ensuite, dont l’action se passe également à Séville.

don giovanni bisognaCliquez sur le trio des masques

La prison d’État où est enfermé Florestan dans le Fidélio de BEETHOVEN se trouve près de Séville.

Beethoven Fidélio Mir ist so wunderbarCliquez sur le quatuor

Comme son nom l’indique, Le Barbier de Séville (Il Barbiere di Seviglia) de ROSSINI célèbre la ville.

rossini largo al factotumCliquez sur Figaro

Le premier acte de La Force du destin (La Forza del destino) de VERDI se passe dans la cité andalouse.

Verdi la Forza del destino ouvertureCliquez sur l’ouverture

La Favorite de DONIZETTI (1840).

Donizetti la Favorite O mon FernandCliquez sur Leonor

Dans Carmen de BIZET, un des airs les plus célèbres est la séguedille : « Près des remparts de Sévi-i-iille ».

Bizet Carmen SéguedilleCliquez sur Carmen

Et puis, puisqu’on est en Espagne, retrouvons une zarzuela se situant à Séville, El Gato montés (le chat sauvage) de PENELLA.

Penella El Gato montésCliquez sur la banda

Retrouvez plus d’opéras se passant en Espagne en cliquant sur le lien.

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ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE NEW YORK…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Paris, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui New York.

Pays jeune, les États-Unis d’Amérique n’ont pas une longue tradition d’opéras ou de musique dite classique.  Toutefois, de nombreux compositeurs européens ont été invités à diriger aux U.S.A.

Un des premiers « grands » compositeurs à traverser l’Atlantique a été TCHAÏKOVSKI, qui a été invité au Carnegie HALL de New York pour son inauguration. Il y a dirigé, le 5 mai 1891, sa Marche solennelle du couronnement.

Tchaïkovski Marche solenelle du couronnementCliquez sur l’image

Le Tchèque Antonin DVORAK l’a suivi de peu. On lui a confié la direction du Conservatoire de New York, où il sera également professeur de composition de 1892 à 1895. La découverte des musiques et rythmes américains lui inspirera sa neuvième symphonie, dite « du nouveau Monde », ou son Quatuor américain

Dvorak Quatuor américain lentoCliquez sur le quatuor

En 1907, Giacomo PUCCINI vient en Amérique où il assiste à la création américaine de Madame Butterfly au Metropolitan Opera (le MET). Il a l’occasion de voir la pièce The Girl of the Golden West de David BELASCO (également l’auteur de la pièce dont il s’était inspiré pour Butterfly), ce qui lui donne l’idée d’écrire un opéra-western. Ce sera La Fanciulla del West (la Fille du Far West) dont la création mondiale aura lieu au MET en 1910, sous la direction de TOSCANINI.

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur Dick Johnson (Jonas Kaufmann)

L’autrichien Gustav MAHLER a été chef du MET de New York en 1908, mais il est reparti à Vienne au bout d’un an.

Suite à la révolution russe de 1917, on voit partir aux Amériques les deux Sergeï, PROKOFIEV (en 1918) et RACHMANINOV. L’exil de Rachmaninov, coupé de ses racines slaves, tarira une partie de sa verve créatrice. Prokofiev, lui, fera le choix de retourner en URSS au début des années ’30. Son opéra l’Amour des trois oranges est une commande de l’opéra de Chicago.

Maurice RAVEL fera une tournée à travers tous les États-Unis. Ce sera pour lui l’occasion de faire la connaissance de Georges GERSHWIN. Cette tournée aux États-Unis occupe une bonne partie du Ravel de Jean ECHENOZ.

Côté austro-allemand, nombreux sont les musiciens, souvent d’origine juive, qui ont été chassés par le régime nazi comme des artistes dégénérés. Ne pouvant se faire jouer, presque tous ont dû fuir l’Allemagne.

Ainsi, Alexandre ZEMLINSKY (1871 – 1942), digne héritier de Richard STRAUSS, Arnold SCHÖNBERG (1874 – 1951), Erich KORNGOLD (1897 – 1957) et le Tchèque Ernst KRENEK (1900 – 1991) ont dû migrer aux U.S.A, et leur production musicale (hormis celle de Schönberg), pourtant reconnue avant 1933, est aujourd’hui pratiquement inconnue.

Le Hongrois Béla BARTÓK (1881 – 1945) a lui aussi dû migrer aux States en 1940. Il vit, pauvrement, des commandes que ses confrères admiratifs lui passent, et c’est ainsi qu’il crée la sonate pour violon seul, une commande de Yehudi MENUHIN, le 3e concerto pour piano ou encore son concerto pour orchestre. Il meurt à New York en 1945.

Bartok sonate pour violon seulCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas écrire un billet sur New York sans mentionner la comédie musicale West Side Story, ce Roméo et Juliette contemporain dont la musique est signée Léonard BERNSTEIN.

Bernstein West Side Story PrologueCliquez sur l’image

Et puisque je suis au cinéma, je ne peux pas résister à l’ouverture du génial Manhattan (1979) de Woody ALLEN.

Gershwin Rhapsody in blue ManhattanCliquez sur Manhattan

Contes et légendes, Géographie, littérature, Shakespeare, Théâtre

L’ÉCOSSE

L’Écosse a inspiré de nombreux compositeurs, suivant principalement un axe historique et deux axes littéraires, OSSIAN et Walter SCOTT.

Mais avant de développer notre étude selon ces axes, un petit hommage à BEETHOVEN, dont on fête cette année le 250e anniversaire (si, si, c’est vrai !) avec une transcription d’une mélodie écossaise pour flûte et piano.

Beethoven mélodie écossaiseCliquez sur l’image

La pièce Macbeth de SHAKESPEARE se passe en Écosse. Elle a inspiré VERDI pour son opéra du même nom. On y voit apparaître le fantôme du roi assassiné (on est en Écosse !)

Verdi Macbeth fin acte IICliquez sur l’image

Suivant deux des axes précités, DONIZETTI a composé son opéra Lucia di Lammermoor (1835), d’après Walter Scott, une œuvre pleinement romantique avec fantôme (on est en Écosse) et scène de folie dont l’argument est une sorte de Roméo et Juliette à la sauce écossaise.

Donizetti Lucia di Lammermoor Chi mi frena (sextuor)Cliquez sur l’image

MENDELSSOHN a titré sa troisième symphonie, dont l’idée lui était venue lors d’un voyage en Grande-Bretagne, « Écossaise ».

Mendelssohn symphonie écossaiseCliquez sur l’image

Il a aussi écrit, suivant l’axe ossianique, la merveilleuse ouverture La Grotte de Fingal.

Mendelssohn La Grotte de FingalCliquez sur ce paysage d’Écosse

Parmi les œuvres inspirées de l’univers de Walter Scott, on peut citer La Dame blanche (1825) de BOÏELDIEU. (Il y a aussi un fantôme [on est en Écosse.])

Boïeldieu la dame blanche Ah quel plaisir d'être soldatCliquez sur le soldat

 

BIZET aussi a écrit son opéra scottish, la jolie Fille de Perth (1867).


Bizet La jolie Fille de Perth À la voix d'un amant fidèleCliquez sur l’image

Elle voulait qu'on l'appelle..., Géographie, Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE PRAGUE

Quelle drôle d’idée… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC, qui s’était arrêté à Venise.

Prague, aujourd’hui capitale de la Tchéquie, est une ville au riche passé historique et culturel. Sans surprise donc, on la retrouve souvent quand on feuillette le grand livre de l’opéra.

Ainsi, le jeune GLUCK se rend à Prague dans sa jeunesse (en 1732). Il y étudie la musique et gagne sa vie comme violoniste.

Une cinquantaine d’années plus tard, c’est pour l’opéra de Prague que MOZART écrit Don Giovanni (1787) et La Clémence de Titus (1791).

Mozart Le Clémence de Titus ouvertureCliquez sur la partition

En 1813, c’est WEBER qui arrive à Prague où il restera trois ans. Il y dirige les opéras de Mozart, Fidelio de BEETHOVEN, mais aussi les œuvres de ses contemporains que sont CHERUBINI, MÉHUL ou BOÏELDIEU.

Dans la famille des compositeurs originaires de cette région, je demande le grand-père :  SMETANA (1824 – 1884). En 1863, il ouvre à Prague une école de musique pour promouvoir la musique tchèque. EN 1866, il devient chef d’orchestre de l’opéra de Prague, dans l’orchestre duquel joue DVORAK. Son premier opéra, Les Brandebourgeois de Bohème (1863), est le premier opéra écrit en langue tchèque. Un autre de ses opéras, la Fiancée vendue, est resté aux programmes de nos concerts, au moins pour son ouverture.

Smetana La Fiancée vendue ouvertureCliquez sur l’orchestre

Dans la famille des compositeurs originaires de cette région, je demande le père : DVORAK (1841 – 1904).

Après avoir joué comme altiste dans l’orchestre de l’opéra et dirigé le conservatoire de New York, il deviendra à la fin de sa vie directeur du Conservatoire de Prague. Il meurt dans cette ville en 1904.

Dvorak danse slave

Dans la famille des compositeurs originaires de cette région, je demande le fils : JANACEK (1854 – 1928).

Né à Brno, en Moravie, il fait ses études à Prague où, en 1874, il rencontre Dvorak qui l’encourage dans sa vocation de compositeur. Sa réputation ne sortira longtemps pas de sa Moravie natale et il faudra attendre la création en 1916 à Prague d’un de ses chefs-d’œuvre, Jenufa, pour qu’il voie s’élargir le cercle de ses admirateurs. Sa dernière œuvre, De la Maison des morts, d’après DOSTOÏEVSKI, fut créée de manière posthume à Prague en 1931. Un autre de ses opéras, l’opéra fantastique l’Affaire Makropoulos (1925), se passe à Prague.

Dans la famille des compositeurs originaires de cette région, je demande le petit-fils : Hans KRÁSA (1899 – 1944).

Né à Prague, il fait ses études auprès de ZEMLINSKY. En 1938, il écrit l’opéra pour enfants Brundibár. En 1942, il est déporté au camp de Theresienstadt où il en réécrit par cœur la partition, en l’adaptant aux instruments disponibles et le fait jouer. Krása meurt à Auschwitz en 1944.

Krasa BrundibarCliquez sur l’image

Dans la famille des compositeurs originaires de cette région, je demande la petite-fille : Vítězslava KAPRÁLOVÁ (1915 – 1945).

Née à Brno, elle commence ses études musicales au conservatoire de cette ville, avant de les compléter à Prague, puis à Paris avec Nadia BOULANGER. Tous ceux qui l’ont connue se sont accordés à lui reconnaître de grandes capacités de compositrice, et de chef d’orchestre, et lui avaient prédit une brillante carrière. Malheureusement, elle meurt à Montpellier en 1945, à l’âge de 30 ans.

Kapralova Con brioCliquez sur la compositrice

Divers, Géographie, Histoire de l'opéra

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (1) : MUSICIENS ESPAGNOLS

Si l’Italie, la France et l’Allemagne sont reconnues comme « terres d’opéra », les liens entre l’Espagne et l’opéra (et plus généralement la musique classique) sont peut-être moins évidents du coté nord des Pyrénées.

Ce billet est donc le premier d’une série de quatre, et traite de quelques musiciens espagnols connus. Il sera suivi par un billet sur les opéras écrits par des Espagnols, puis par un sur la représentation de l’Espagne par des musiciens étrangers, en enfin par un sur les opéras qui se passent en Espagne.

Dans l’arbre phylogénétique de l’opéra, le rameau espagnol a poussé sur la zarzuela, du théâtre chanté qui date du milieu du XVIIe siècle (la première date de 1648) qui a été très populaire pendant un siècle environ. Cependant la déferlante italienne qui s’est répandue sur l’Europe a atteint l’Espagne, et du milieu du XVIIIe jusqu’au milieu du XIXe, point de salut pour l’opéra en Espagne si ce n’est chanté en italien.

La zarzuela donc (des représentations données pour Philippe IV d’Espagne qui ont ensuite atteint les couches populaires), est proche du Singspiel allemand.

Le XVIIIe siècle est marqué par la personnalité du padre SOLER (1729 – 1783), auteur de nombreuses pièces pour le clavecin.

Soler fandangoCliquez sur l’image

Felipe PEDRELL (1841 – 1922) fera revivre la zarzuela. Il a également écrit un opéra, Quasimodo (1875), d’après Notre-Dame de Paris de VH.

Pedrell QuasimodoCliquez sur le livre

Enrique GRANADOS (1867 – 1916) a écrit principalement pour le piano. Il a également composé des opéras autour des années 1900. Le plus connu d’entre eux est Goyescas (1916), écrit d’après une œuvre éponyme écrite pour le piano.

Granados GoyescasCliquez sur Granados au piano

Isaac ALBENIZ (1860 – 1909) écrira pour la guitare, par exemple son célébrissime Asturias.

Albeniz AsturiasCliquez sur le guitariste

Il composera également des opéras, dont un Merlin (1909).

Il sera suivi par Manuel DE FALLA (1876 – 1946) qui écrira, outre des zarzuelas, Le Tricorne (el Sombrero de tres picos), l’Amour sorcier, La Vie brève (1904 – 1905) et Les Tréteaux de Maître Pierre (1922). Il écrira également une de ses pièces les plus connues, les Nuits dans un jardin d’Espagne (1915).

De Falla Nuits dans les jardins d'EspagneCliquez sur l’image

Plus proche de nous figure le très subtil Federico MOMPOU (1893 – 1986), qui a écrit pour le piano mais aussi pour la voix. Et puisque je vous ai présenté des Ave Maria il n’y a guère, je vous propose d’écouter celui de Mompou. Je vous avais déjà parlé de Mompou dans mon billet consacré à Wladimir JANKÉLÉVITCH.

Mompou Ave MariaCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas ne pas citer ici Joachin RODRIGO (1901 – 1990) et son œuvre la plus connue, le Concierto de Aranjuez.

Rodrigo concierto de AranjuezCliquez sur le guitariste

Retrouvez la suite des aventures de l’Espagne musicale avec les opéras écrits par des Espagnols.

Bande dessinée, Divers, Géographie, histoire, Shakespeare

L’ÉGYPTE ET L’OPÉRA

Après le billet consacré à Aïda de VERDI, je vais faire un zoume sur la représentation que l’Occident s’est faite de l’Égypte antique à l’opéra. J’en ai eu l’idée en écoutant une passionnante émission sur l’Égypte et l’opéra sur la chaîne Canal Académie.

En 1723, HAENDEL met en musique Jules César en Égypte, qui raconte la rencontre entre Jules César et Cléopâtre, et en 1737, alors qu’il avait abandonné la production d’opéras pour se consacrer à l’écriture d’oratorios, il écrit Israël en Égypte.

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur Cornélie et Sextus

Si le livret de SCHIKANEDER ne mentionne pas explicitement que l’action de La Flûte enchantée (1791) de MOZART se passe en Égypte, la question ne se pose pas pour de nombreux metteurs en scène, surtout à cause du fameux air de basse O Isis und Osiris.

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

En 1807, MÉHUL écrit La légende de Joseph en Égypte, opéra tiré d’un sujet biblique racontant la fuite en Égypte.

joseph laurence daleCliquez sur l’image

En 1818, ROSSINI écrit son Moïse en Égypte. Cet opéra sera adapté en français par Rossini en 1827 sous le titre Moïse et Pharaon, le passage de la mer Rouge.

Rossini Moïse en ÉgypteCliquez sur l’image

En 1869, VERDI reçoit d’Égypte une commande pour un opéra, à l’occasion de l’ouverture du canal de Suez et de l’inauguration de l’opéra du Caire en 1869. Écrit sur un livret de l’égyptologue MARIETTE, Verdi compose une de ses œuvres les plus connues, l’opéra péplum Aïda, qui ne sera finalement créé qu’en 1871.

Verdi Aïda O terra addioCliquez sur la scène finale d’Aïda

MASSENET y est allé de son opéra égyptien, avec Thaïs (1894), dont on joue encore la célèbre méditation pour violon.

En 1914, les Ballets russes montent La Légende de Joseph, une œuvre commandée à Richard STRAUSS. Celui-ci reviendra en Égypte en 1925 – 1926 avec Hélène d’Égypte.

1914 est aussi l’année de composition de Mârouf, savetier du Caire, un opéra-comique de Henri RABAUD, d’après un conte des Mille et une nuits.

En 1920, le compositeur Florent SCHMITT écrit une musique de scène pour la pièce Antoine et Cléopâtre de SHAKESPEARE.

Arnold SCHOENBERG commence en 1932 un opéra, Moïse et Aaron, qui restera inachevé et ne sera créé qu’en 1954.

Le baryton et auteur de bande dessinée E.P.JACOBS s’est servi de l’imaginaire égyptien dans un de ses chefs d’œuvre : Le secret de la grande pyramide au début des années 50, soit à peine 30 ans après la découverte du tombeau de Toutankhamon.

Et le pape du minimalisme Philip GLASS écrit Akhnaten (Akhénaton) en 1983.

 

Glass Akhnaten The Window of AppearancesCliquez sur l’image