Mes opéras préférés

BENVENUTO CELLINI de BERLIOZ (1834-1837)

Composé entre 1834 et 1837 sur un livret de Léon de Wailly et Auguste Barbier, Benvenuto Cellini est une tentative de Berlioz d’écrire du Grand Opéra à la française, le genre dans lequel un musicien devait triompher s’il voulait connaître la gloire. En partie à cause de la faiblesse du livret, en partie à cause des audaces musicales de Berlioz, la création en 1838 sera un échec.

En 1844, il reprend deux des airs de Benvenuto Cellini pour écrire la fameuse Ouverture du Carnaval romain.

Il faut attendre 1852 pour que Liszt, cet infatigable ami des musiciens, le monte à Weimar et que l’opéra rencontre le succès.

Le livret est tiré des mémoires du sculpteur de la renaissance Benvenuto Cellini, protégé du pape Clément V, dont la vie aventureuse ne pouvait laisser indifférent Berlioz le romantique.

Le pitch : Cellini doit fondre une statue pour le pape. Il projette de s’enfuir avec Teresa. Après des péripéties, il finit la statue et gagne sa main.

Acte I : Balducci, trésorier du pape, cherche sa fille Teresa. Il est convoqué chez le pape, et se plaint de ce que celui-ci s’occupe tant de Benvenuto Cellini, orfèvre qu’il a fait venir de Florence, alors qu’il a déjà à Rome un très bon sculpteur, Fieramosca. Par la fenêtre, on entend le chant des masques du carnaval. Teresa s’approche de la fenêtre. Elle reçoit une pluie de fleurs et un billet de Cellini, qui lui fixe un rendez-vous pour le soir même. Elle ne sait qu’en penser (Air : « Entre l’amour et le devoir »).

Cliquez sur Teresa

Cellini arrive. Pendant leur duo sur la musique du Carnaval romain, Fieramosca arrive, portant un bouquet pour Teresa. En voyant Cellini, il se cache dans la chambre de Teresa. Cellini donne rendez-vous pour le lendemain, jour du Mardi gras : il veut profiter du carnaval pour, lui déguisé en moine et son élève Ascanio en pénitent, l’enlever et l’emmener à Florence. Fieramosca, caché, a tout entendu. Balducci revient, et s’étonne de voir sa fille encore dehors à cette heure tardive. Cellini se cache. Teresa prétexte un bruit entendu dans sa chambre, où un homme se serait introduit. Cellini s’éclipse pendant que le père va voir dans la chambre. Il en ressort avec Fieramosca, qu’il accuse d’être libertin, et appelle les servantes pour le chasser de sa maison. Elles le jettent dans le bassin.

Le lendemain, Cellini attend ses amis près d’une taverne. Les ciseleurs veulent boire (Chœur des ciseleurs « à boire »).

Cliquez sur l’image

Cellini leur demande de chanter autre chose qu’une « ignoble chanson à boire » (Chœur des ciseleurs : « Si la terre aux beaux jours se couronne »).

Cliquez sur l’image

Le cabaretier apparaît, et présente la note de tout ce qu’ils ont déjà bu sans payer. Le chœur reprend ses paroles dans un joyeux charivari. Arrive Ascanio qui apporte un sac d’argent donné par le pape pour que Cellini fonde la statue. Il veut que Cellini s’engage à fournir le travail avant de lui donner l’argent (Air : « Cette somme t’est due »). Mais quand ils ouvrent le sac, ils n’y trouvent qu’une somme mesquine. Ils décident alors de se venger du trésorier du pape en le ridiculisant pendant une représentation théâtrale où il sera représenté. Fieramosca, qui a tout entendu, retrouve son ami Pompeo. Il lui explique que pendant qu’on va donner le change à Balducci, Cellini, déguisé en moine a prévu d’enlever sa fille. Pompeo lui conseille alors de se déguiser lui-même en moine, et de tromper Teresa sous ce déguisement pour empêcher l’enlèvement.

Cette idée plaît à Fieramosca (Air : « Ah, qui pourrait me résister »). Balducci arrive avec sa fille au moment où va commencer la pantomime qui le ridiculisera. La pantomime commence, accompagnée par le chœur et des instruments populaires. C’est le Carnaval romain.

Cliquez sur l’image

Pierrot et Arlequin miment un concours de chant. Le faux Balducci donne la palme à Pierrot et Arlequin le bat. Furieux d’être ainsi moqué, le vrai Balducci monte sur scène pour faire cesser ce spectacle. C’est le moment où Cellini et Ascanio d’une part, Fieramosca et Pompeo d’autre part, choisissent pour s’avancer vers Teresa qui, découvrant deux moines et deux pénitents, ne comprend plus rien. Cellini, tirant son épée, tue Pompeo qui tombe au sol. Horrifiée, la foule se précipite et veut arrêter Cellini. Mais quand les lumières s’éteignent, Cellini en profite pour se sauver. Quand la lumière revient, Balducci, trouvant Fieramosca toujours en habit de moine, croit tenir l’assassin et l’arrête.

Acte II : Le lendemain matin, dans l’atelier de Cellini. Teresa et Ascanio, sans nouvelles de Cellini, s’inquiètent. Un chœur de pénitents, louant la Vierge Marie, s’avance. Cellini arrive, toujours dans sa robe de bure ensanglantée, et dit qu’il faut fuir. Teresa et Cellini chantent leur joie d’être réunis. Mais voilà Balducci et Fieramosca, vite suivis du pape (Air : « À tous péchés, pleine indulgence ») qui vient voir où en est la statue que Cellini doit fondre pour lui.

Cliquez sur le pape

Balducci et Fieramosca accusent Cellini du meurtre de Pompeo et de l’enlèvement de Teresa. Cellini, Teresa et Ascanio nient (« Sextuor »).

Cliquez sur le sextuor d’élite

Quand le pape apprend que la statue n’est pas fondue, il menace de la faire fondre par un autre (Fieramosca). Cellini se rebelle, et menace de détruire le moule de la statue. Le pape arrête son geste. Cellini négocie. Le pape lui laisse la journée pour achever le travail, faute de quoi, il sera pendu le soir même.

Dans l’atelier, Lascanio chante l’épisode qui vient de se passer (Air : « Tra la la la la »).

Cliquez sur l’image

Il sort, laissant Cellini seul (Air : « Seul pour lutter… »). Dans l’atelier, les fondeurs entonnent une chanson triste (Chœur : « Bienheureux les matelots »).

Cliquez sur l’image

Cellini leur rend le courage, mais, quand ils s’apprêtent à fondre la statue, Fieramosca se présente avec deux spadassins et le défie en duel pour venger la mort de Pompeo. Cellini demande alors sa rapière à Ascanio, mais Teresa arrive à son tour. Elle veut fuir avec Cellini, contre la volonté de son père. Cellini sort pour se battre avec Fieramosca.

Les fondeurs, voyant Cellini quitter l’atelier veulent cesser le travail (Chœur : « Peuple ouvrier, que l’atelier… »). Teresa les supplie de rester et d’attendre le retour de Cellini. Mais c’est Fieramosca qui arrive. À sa vue, Teresa croit qu’il a tué Cellini, et l’accuse de meurtre. Les ouvriers s’en prennent à lui. De l’or tombe de ses poches, avec lequel il voulait débaucher les ouvriers de Cellini. Mais Cellini rentre à son tour, il n’a pas trouvé Fieramosca au rendez-vous. Le trouvant chez lui, accusé d’avoir voulu reprendre son atelier, il explique lâchement qu’il voulait juste aider un confrère dans la difficulté. Le prenant au mot, Cellini lui demande de se mettre à la fonte du métal. Le travail reprend. Mais le métal vient à manquer, la statue ne pourra être terminée. Cellini demande alors que l’on fonde toutes les pièces d’orfèvrerie qui se trouvent dans son atelier.

Cliquez sur l’image

On charge la fournaise quand la chaudière surchauffée explose, mais tout le métal fondu coule dans le moule, et la statue est achevée. Cellini a gagné, et le pape et Balducci lui accordent la main de Teresa.

(Source principale : les représentations de l’opéra de Paris dans une mise en scène de Terry Gilliam (un Monthy Python) en 2018, et le programme associé.)

Cliquez sur la bande-annonce
Agenda Ironique

LA PARENTHÈSE

Ce mois-ci, c’est Tiniak qui s’y colle pour l’Agenda Ironique de l’été

La chaleur ne fait pas fondre que le bitume, elle dilate aussi les heures qui s’allongent, non sans une pointe d’ironie, sur les agendas calendaires.
Aussi bien, notre atelier familier (L’Agenda Ironique) se complaît à jouer les prolongations et s’étire déjà jusqu’à la fin août, autour de ce thème générique : la parenthèse.
À chanter, peut-être ?

C’est vous qui (pour— ) voyez…
Ce que vos textes mettront entre parenthèses vous appartient, en propre et au figuré.
Belle ironie de la forme : c’est précisément ce qui se trouve dans cet intervalle qui attirera notre attention !

Que vous optiez pour un style journalistique, romantique, poétique (ou… musical ?), il vous faudra intégrer, dans votre contribution [au lien idoine vers sa publication, dûment déposé en commentaire de ce post] :

  1. autant de synonymes de « parenthèse » qu’il vous plaira ;
  2. votre adaptation de cette citation : « J’ouvre une parenthèse. Si vous avez un peu trop d’air, je la refermerai tout de suite. » (Alphonse Allais) ;
  3. ces quelques mots ou expressions au choix (au moins trois) : Sophie tourne de l’œil — carabistouilles — pépite — ordoncques — pâte à ballon — Avoir l’air d’un âne qui vole — Antenne 2 — Monaco — dispensaire.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué sur son site : Un crochet vers l’A.I. de l’été ? poLétique et tocs

Tout d’aborrd, j’ouvrre une parrenthèse avec un peu d’histoirre (si vous avez trop d’R, vous pouvez en enlever, de toute manière, je ne manque pas d’R.). Or donc, à la fin du XVIIe siècle à Naples, qui est la patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des opéras des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes étaient comme une parenthèse dans l’opéra principal et ont fini par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).

Ainsi, La Servante Maîtresse (La Serva Padrona) est un intermezzo de Pergolèse datant de 1733, qui a joué un rôle dans la querelle des bouffons. En effet, Rousseau, dont l’opéra le Devin du Village s’était fait démolir par Rameau, lui donnant l’air d’un âne qui vole, décréta que la seule vraie et bonne musique était la musique italienne, arguant que le français n’était pas une langue chantée. Que de carabistouilles de la part de notre philosophe genevois !

Ciquez sur l’image

Si l’opéra buffa a connu quelque fortune, les intermèdes ont à peu près disparu. On en retrouve la trace chez Mascagni dans son Cavalleria Rusticana (1890)

Cliquez sur l’intermède symphonique

ainsi que chez Richard Strauss, avec son opéra Intermezzo (1924).

Cliquez sur l’interlude de l’intermède

En 1935, Alban Berg place un interlude orchestral en forme de palindrome musical à l’exact milieu de son opéra Lulu (qui, soit dit en passant, se passe en partie dans un dispensaire).

Cliquez sur le palindrome orchestral

Une autre forme de parenthèse est l’incise, qui est une proposition insérée dans une phrase pour exprimer un détail de la pensée. Peut-être est-ce en pensant à Berg que son presque élève, Pierre Boulez, a écrit la pièce Incises, qui sera elle-même développée dans une autre pièce, Sur incises.

Cliquez sur Incises
Mythologie

JEPHTÉ ET IPHISE

Jephté était un des douze juges d’Israël. Avant de combattre les Ammonites, Jephté fait le vœu (imprudent) d’offrir à Dieu la première personne qui viendrait à sa rencontre après la victoire. C’est sa fille Iphise qui se présente à lui, et Jephté se voit obligé de la sacrifier. Cette histoire nous rappelle celle du roi de Crête Idoménée qui, pour se sauver d’une tempête, fait le vœu de sacrifier à Poséidon la première personne qu’il rencontrerait en rentrant chez lui. Las, c’est son propre fils, Idamante, qui vient à sa rencontre, et Idoménée se voit obligé de le sacrifier. Comme pour Jephté, la légende d’Idoménée a été souvent portée à l’opéra, notamment par Campra et par Mozart.

Cliquez sur le quatuor

Mais revenons à Jephté. Carissimi écrit en 1648 un oratorio, l’Histoire de Jephté (Historia di Jephte).

Cliquez sur l’image

Moins connu est l’oratorio de Draghi, Historia di Jephte, créé à Vienne en 1687.

En France, on trouve des traductions musicales chez Élisabeth Jacquet de la Guerre avec sa cantate Jephté (1711).

Cliquez sur l’image

En 1732, c’est Michel Pignolet de Montéclair qui écrit la tragédie lyrique Jephté, peut-être son chef-d’œuvre dans le domaine de l’opéra.

Cliquez sur l’image

En 1752, c’est l’inévitable Haendel qui compose l’oratorio Jephta.

Cliquez sur l’image
littérature, Oulipo, Poésie

« OFFRANDES OBSCURES », de Maeterlinck (1887)

Après « Il pleure dans mon cœur », de Paul Verlaine, je vous propose ce mois-ci un poème de Maeterlinck, « Offrandes obscures », paru en 1887 dans le recueil Parnasse de la jeune Belgique.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

J’apporte mon mauvais ouvrage
Analogue aux songes des morts,

Et la lune éclaire l’orage

Cliquez sur l’image

Sur la faune de mes remords :

Sur la faune de mes remords :

Les serpents violets des rêves
Qui s’enlacent dans mon sommeil,
Mes désirs couronnés de glaives,

Cliquez sur l’image

Des lions noyés au soleil,

Des lys au fond des eaux lointaines
Et des mains closes sans retour,
Et les tiges rouges des haines
Entre les deuils verts de l’amour

Cliquez sur l’image

Seigneur, ayez pitié du verbe !

Cliquez sur l’image

Laissez mes mornes oraisons
Et la lune éparse dans l’herbe
Faucher la nuit aux horizons.

Citations musicales :

La lune éclaire lorage : Weber, le Freischütz, « scène de la gorge aux loups ».

Couronnés de glaive : Rossini, Stabat mater, « Cujus anima ».

Les tiges rouges des haines entre les deuils verts de l’amour : Prokofiev, Roméo et Juliette.

Seigneur, ayez pitié : Fauré, Requiem, « Introït et Kyrie ».

Mythologie

IPHIGÉNIE

Iphigénie est la fille d’Agamemnon, lui-même petit-fils de Tantale (celui du supplice). En tant que descendante de Tantale, elle est victime de la malédiction des Atrides, qui veut que ses descendants s’entretuent. C’est ainsi qu’elle doit être sacrifiée par son père Agamemnon pour apaiser la colère de Diane, et permettre ainsi aux Grecs de commencer la guerre de Troie.

La légende d’Iphigénie nous est parvenue par Euripide avec ses deux tragédies Iphigénie à Aulis et Iphigénie en Tauride.

En France, Racine écrit son Iphigénie en 1674, tragédie qui se déroule au moment du fameux sacrifice. C’est sur la base de cette pièce que Gluck écrit en 1774 son premier opéra pour Paris, Iphigénie en Aulide.

Cliquez sur l’image

En 1785, Ignace Pleyel écrit une Ifigenia in Aulide

Cliquez sur l’image

En 1788, cest Cherubini qui écrit son Ifigenia in Aulide.

Cliquez sur l’image

En Allemagne, c’est Goethe qui s’inspire du personnage d’Iphigénie dans son Iphigénie en Tauride (1779-1786), où l’on retrouve Iphigénie dix ans plus tard, au service de la déesse Diane qui l’a sauvée du sacrifice en la remplaçant par une biche et en la transportant dans un de ses temples, en Tauride.

Cette partie de l’histoire, qui avait déjà été mise en musique par Campra en 1704, sera également portée par Gluck en 1779 dans son Iphigénie en Tauride.

Cliquez sur Iphigénie

En Espagne, José de Nebra écrit la zarzuela Iphigenia en Tracia (1747).

Zarzuela Philippe IV
Cliquez sur l’image

Iphigénie en Tauride a été mis en musique en France par Piccinni en 1781

Cliquez sur l’image

et en Italie par Galuppi en 1768 et par Jomelli en 1771 et par Ignace Pleyel en 1785.

Contes et légendes

LA LÉGENDE ARTHURIENNE

Comme beaucoup de grandes œuvres littéraires, la légende arthurienne a suscité son lot d’opéras au travers des siècles.

Arthur, Merlin, Viviane, Morgane, Lancelot. Ces noms font rêver, mais qui se cachaient derrière ces noms ?

Arthur était, au Ve siècle, roi de Bretagne. Une fois par an, il réunissait à sa cour les meilleurs chevaliers de son temps autour d’une table ronde, chacun étant là pour raconter ses exploits.

Le premier et le plus célèbre des opéras sur Arthur est certainement le King Arthur (1691) de Purcell.

Cliquez sur l’image

En France, Chausson a écrit un Roi Arthus (1886 – 1895).

Cliquez sur l’image

Marcel Samuel-Rousseau a écrit Le roi Arthur en 1903.

Arthur était marié à Guenièvre, qui le trompait avec Lancelot du lac. Plus tard, sur les conseils de son ami Merlin, Arthur transformera la fameuse table ronde pour en faire celle où les chevaliers, devenus protecteurs du Graal, se réunissaient une fois par an, pour célébrer le mystère pascal.

L’opéra le plus connu sur ce mystère pascal est le Parsifal (1877-1882) de Wagner, avec son préquel Lohengrin (1845-1848).

Cliquez sur l’image
Cliquez sur l’ouverture du prequel

Isaac ALBENIZ compose l’opéra Merlin en 1909.

Albeniz Merlin
Cliquez sur l’image

Hervé, rival et ami d’Offenbach, a écrit l’opérette Les Chevaliers de la Table ronde  (1867).

Cliquez sur l’image

Arthur avait une sœur, ou une demi-sœur, selon les légendes : la fée Morgane (en italien Fata Morgana). Morgane avait été initiée à la magie par Viviane, une fée dont la beauté avait le pouvoir de déclencher l’amour même chez le plus sage des hommes. Un jour qu’elle se promenait dans la forêt de Brocéliande, elle croisa Merlin, en qui elle reconnut le plus sage des hommes. Elle manœuvra alors de manière à acquérir de celui-ci tous les secrets de sa magie.

À la fin du cycle arthurien, quand Arthur est mortellement blessé, Morgane l’emporte chez elle, sur l’île d’Avalon, une île à la frontière entre la Terre et le monde des morts.

Plus tard, Viviane, encore appelée la Dame du lac, enleva le jeune Lancelot à la mort du père de celui-ci et l’emporta au plus profond de son lac où elle l’éleva en science et en sagesse, faisant de lui un véritable chevalier. La fée Viviane a inspiré, via Walter Scott, La Dona del Lago (La Dame du lac) (1819) de Rossini et on retrouve la fée Morgane (Fata Morgana) dans l’Amour des trois oranges (1919) de Prokofiev.

Cliquez sur l’image
Cliquez sur l’image

Dans le Roland furieux de l’Arioste, Morgana est la sœur de la magicienne Alcina et on la trouve naturellement dans la kyrielle d’opéras inspirés par ce roman, comme dans l’Alcina de Haendel.

Cliquez sur l’image

(Sources principales : Dictionnaire des personnages, éditions Robert Laffont, collection Bouquins, 1999.)

Écrivains, littérature

Edward BULWER-LYTTON (1803 -1873)

Edward Bulwer-Lytton est né le 25 mai 1803 à Londres. Son père, Lord Bulwer, était général et meurt en 1807. Sa mère, Elysabeth Barbara Lytton, prend alors le nom de Bulwer-Lytton et élève seule ses trois enfants. Elle restera près de son troisième fils, Edward, jusqu’à sa mort en 1843.

En 1822, Edward entre au Trinity College de Cambridge, mais à cette époque, il avait déjà publié un ensemble de poèmes, salué par Walter Scott.

En 1825, il obtient un prix pour son recueil Sculptures. Il s’essaye aussi au roman avec Rupert de Lindsay (1825) et Devereux (1829).

En 1827, Edward se marie avec Rosina Doyle Weeler, elle-même femme de lettres. Ils ont un fils en 1831, mais le couple se séparera en 1836.

En 1829, Edward Bulwer-Lytton entre en politique et est élu au parlement anglais. Intéressé par l’histoire, il écrit une Histoire de l’Angleterre (1833), son œuvre aujourd’hui la plus connue, les Derniers Jours de Pompeï (1834), Rienzi (1835) et Athènes, grandeur et décadence (1837). Rienzi sera mis en musique par Wagner dès 1842, sous le titre Rienzi, der letzte der Tribunen (Rienzi, le dernier des tribuns).

Cliquez sur l’image

Les Derniers jours de Pompeï donnera en 1858 Jone, ossia l’ultimo giorno di Pompeï, avec une musique de Petrella.

Cliquez sur l’imag

En 1838, Edward écrit Leyla, or the Siege of Granada, qui fournira le sujet de L’Ebreo (1855), un opéra d’Apolloni.

Clqiuez sur l’image

En 1836, après la séparation d’avec Rosina, il revient vivre au château familial auprès de sa mère, dont il hérite du titre de baron. Après la poésie et le roman historique, Bulwer-Lytton se tourne vers la dramaturgie et il écrit the Lady of Lyons (1838) ou Richelieu, or the Conspiracy (1839). En 1841, il quitte son siège au parlement. Entretemps, les Communes ont mis fin à l’esclavage en Angleterre. The Lady of Lyons a donné lieu à l’opéra Pauline en 1876 sur une musique de Cowen et à l’opérette Der Bettelstudent (1882) de Millöcker.

Cliquez sur l’image

En 1848, il publie un nouveau roman historique, Harold, sur la conquête de l’Angleterre par les Normands. Ce roman est à l’origine de l’opéra de Verdi Aroldo (1857).

Cliquez sur l’image

En 1852, Edward entre à nouveau au Parlement, où il restera jusqu’en 1866. À l’issue de ces mandats, il est nommé pair de la Couronne et entre donc à la Chambre des Lords.

En 1871, il écrit un roman futuriste the coming Race (la race futuriste).

Edward Bulwer-Lytton meurt le 18 janvier 1873 à Torquay, à l’âge de 69 ans.

Compositrices

SOFIA GOUBAÏDOULINA (1931-2025)

Sofia Goubaïdoulina naît le 24 octobre 1931 à Tchistopol, en république tatare. Sa famille s’installe à Kazan, la capitale.

À l’âge de cinq ans, elle se découvre une aspiration religieuse. Sofia suit des études musicales à l’Académie de musique, puis au conservatoire de Kazan de 1946 à 1954, année où elle obtient son diplôme. Elle entre ensuite au conservatoire de Moscou et elle obtient son diplôme supérieur en 1963. Peu académique, on lui dit qu’elle suit une voie erronée, mais Chostakovitch lui conseille de poursuivre dans cette voie erronée.

À sa sortie du conservatoire, Sofia Goubaïdoulina écrit des musiques de film pour vivre. Elle fait partie de l’Union des Compositeurs Soviétiques, mais avec ce paradoxe qu’on n’a pas le droit de jouer sa musique ! c’est de cette époque que date cette Chaconne (1962).

Cliquez sur la chaconne

En 1969, elle fonde un studio de musique électronique, et, dès l’année suivante, sa musique est interdite, tout comme celle d’Alfred Schnittke ou d’Edison Denisov. En 1975, elle crée un groupe d’improvisation musicale, Astreya.

En 1979, sa situation s’aggrave et Sofia Goubaïdoulina est inscrite sur la liste noire de sept compositeurs décadents.

Pour autant, son activité créatrice débute dès 1950. Pianiste peu à l’aise avec les contraintes d’un enseignement académique, elle s’intéresse à l’improvisation et à la recherche sur les possibilités qu’offre le piano.

En 1971, Sofia Goubaïdoulina écrit son quatuor n° 2.

Cliquez sur le quatuor n° 2

Heureusement pour elle, elle fait en 1980 une rencontre décisive avec le violoniste et chef d’orchestre Gidon Kremer qui la fera connaître et jouer en dehors des frontières de la Russie. En 1981, il crée à Vienne son concerto pour violon Offertorium.

Cliquez sur l’image

En 1984, elle quitte l’URSS et s’installe en 1992 à Aspen, en Allemagne. Elle a ainsi l’occasion d’entendre sa musique jouée par les plus grands ensembles ou les plus grands chefs.

En 1991, Sofia Goubaïdolina écrit Silenzio pour bayan, violon et violoncelle. (le bayan est un accordéon slave, pour lequel Sofia a écrit plusieurs pièces.)

Cliquez sur Silenzio

En 2007, elle écrit In Tempus prarsens pour violon et orchestre.

Cliquez sur l’image

Sofia Goubaïdoulina meurt le 13 mars 2025 à Aspen, à l’âge de 93 ans.

Mes opéras préférés

LA GIOCONDA, de PONCHIELLI (1876)

La Gioconda est un opéra d’Amilcare Ponchielli créé à Milan le 8 avril 1876. Le livret, signé Arrigo Boïto est inspiré de la pièce Angelo, tyran de Padoue, de Victor Hugo. Boïto transporte l’action de Mantoue à Venise. Il s’est certainement souvenu de l’argument de la Gioconda quand il a écrit le livret d’Otello (1884) pour son ami Verdi.

Acte I : Le peuple est massé devant le plais des doges, à Venise, pour assister à la régate annuelle. Dans la foule se cache Barnaba, un espion de l’Inquisition. Il cherche à séduire la Gioconda, une chanteuse de rue, qui vit avec sa mère aveugle, la Cieca. Cieca chante une prière à la vierge et la Gioconda sort rejoindre Enzo.

Cliquez sur l’image

Barnaba l’arrête, mais elle le repousse. (Enzo, lui, n’aime pas la Gioconda, mais une autre jeune fille, Laura, qui lui a été prise par un haut fonctionnaire, Badoero.)

Barnaba est furieux de s’être fait jeter par la Gioconda et il veut se venger en dressant la foule contre la chanteuse et sa mère. Il prétend que la Cieca a ensorcelé le bateau de Zuane, le perdant de la régate. La foule se jette sur l’aveugle pour la brûler. Enzo sauve Cieca, mais Barnaba renouvelle ses accusations auprès de Badoero, qui vient de sortir du palais avec Laura. Laura prend la défense de Cieca, arguant qu’une sorcière n’aurait pas de chapelet. Badoero la libère et Cieca lui offre son chapelet pour la remercier.

Barnaba suggère à Enzo de voir sa maîtresse le soir, sur son bateau. Il cherche ainsi à montrer à la Gioconda qu’Enzo ne l’aime pas, et donc qu’elle peut céder à ses avances. Enzo parti, Barnaba dicte une lettre pour Badoero, où il lui dit qu’Enzo s’apprête à s’enfuir avec Laura. Gioconda, qui a tout entendu, veut sauver l’homme qu’elle aime.

Acte II : À un marin qui lui demande ce qu’il fait là, Barnaba répond qu’il n’est qu’un simple pêcheur.

Cliquez sur l’image

Enzo et Laura se sont retrouvés sur le bateau. Enzo va donner ses ordres à l’équipage quand la Gioconda apparaît.

Cliquez sur Enzo

Les deux femmes se disputent quand la Gioconda reconnaît le chapelet au poignet de Laura. Elle voit arriver un second bateau, celui de Badoero. Elle prévient Enzo de la traîtrise de Barnaba, et s’en va avec Laura. Barnaba et Badoero les poursuivent en vain. Des navires de guerre attaquent Enzo alors qu’il veut aider Laura.

Acte III : Dans son palais, Badoero a décidé d’empoisonner sa femme infidèle pendant qu’il offre une fête à ses invités (célébrissime « Danse des heures », popularisée par Disney dans Fantasia.)

Cliquez sur la danse des heures

La Gioconda, qui a réussi à s’introduire dans le palais, remplace le poison par un somnifère. Badoero montre sa femme morte à ses invités. Enzo, qui est présent, veut tuer Badoero, mais il est arrêté par ses gardes. Pour sauver Enzo, la Gioconda s’offre à Barnaba (telle Flora Tosca dans l’opéra de Puccini). Barnaba, prudent, fait arrêter la Cieca

Acte IV : Les amis de la Gioconda l’ont sortie de son caveau. Quand Enzo arrive, furieux qu’on ait déplacé la dépouille mortelle de son amie, Laura se réveille et les deux jeunes gens tombent dans les bras l’un de l’autre. Ils se rendent compte de tout ce que la Gioconda a fait pour eux. Ils la bénissent et s’en vont, sans savoir ce qui attend la malheureuse chanteuse.

Quand Barnaba arrive pour réclamer sa récompense, la Gioconda prend un couteau et se suicide. Elle n’a pas le temps d’entendre Barnaba qui se flatte d’avoir fait exécuter sa mère.

Cliquez sur la Gioconda

(Source principale : la production de l’opéra de Vienne en 1986, et le DVD associé.)

littérature, Oulipo, Poésie

« IL PLEURE DANS MON CŒUR », de Verlaine

Après « Les Erreurs », de Jean Tardieu, je vous propose ce mois-ci un poème de Paul Verlaine, « Il pleure dans mon cœur », paru en 1874 dans le recueil Romances sans paroles.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Cliquez sur l’image

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Cliquez sur l’image

Il pleure sans raison
Dans ce c
œur qui s’écœure.
Quoi
! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

Cliquez sur l’image

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon c
œur a tant de peine!

Citations musicales :

Quelle est cette langueur : Verdi La Traviata « Adio del passato ».

Ô le chant de la pluie : Debussy Jardins sous la pluie.

Ce deuil est sans raison : Verdi Otello « Niun mi tema ».

Bien avant mes divagations poético-musicales, ce poème avait inspiré Gabriel Fauré, sous le titre Spleen

Cliquez sur l’image

et Claude Debussy.

Cl11iquez sur l’image