Compositeurs

Hector BERLIOZ (1803 – 1869)

Hector BERLIOZ is THE french romantic composer.

Hector Berlioz, contemporain de Victor HUGO (né en 1802, d’où l’erroné Ce siècle avait deux ans), est LE musicien romantique français.

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Né le 11 décembre 1803 en Isère, Hector apprend la musique en autodidacte dans le Traité d’harmonie de RAMEAU. Son père, médecin, l’envoie faire ses études de médecine à Paris, mais Hector s’évanouit devant son premier cadavre, et il se consacre alors à sa passion, la musique, fréquentant plus les théâtres que les amphithéâtres.

Il entre au Conservatoire de Paris en 1823, et en 1829, il met en musique Huit scènes de Faust, de Goethe. En 1828, il écrit pour le prix de Rome la cantate Cléopâtre (plus connue de nos jours sous le nom de la Mort de Cléopâtre), mais n’obtient pas ce prix. En 1830, l’année de son Grand Prix de Rome, il se met en scène dans la Symphonie fantastique, où il relate ses amours rêvées avec une actrice anglaise, Harriet SMITHSON, avec qui il se marie en 1833.

requiem

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Entre 1834 et 1837, il compose son premier opéra, Benvenuto Cellini, et en 1837 son très théâtral Requiem. (Je suis sur la photo ci-dessus, dans le cercle rouge 😄). C’est à la même époque qu’il écrit Les nuits d’été, un recueil de six poèmes de Théophile Gautier qu’il met en musique.

nuit d'été image

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En 1844, il compose son Traité d’instrumentation dans lequel il expose sa science de l’instrumentation. Entre 1845 et 1847, il fait des tournées en Allemagne et en Russie. En 1852 et 1854, l’incontournable LISZT organise des semaines Berlioz à Weimar, où Hector peut faire jouer ses œuvres.

En 1845 – 1846, il reprend ses scènes de Faust pour composer La Damnation de Faust, œuvre qui ne rencontre pas de succès. L’opéra Béatrice et Bénédict créé à Baden-Baden en 1862 est enfin un succès, mais en 1863, il échoue à faire représenter son dernier opéra Les Troyens.

berlioz damnation d'amour l'ardente flamme crespin

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Il meurt le 8 mars 1869, après une dernière tournée en Allemagne, Autriche et Russie.

Toute sa vie, Berlioz a souffert du sentiment de n’être pas reconnu, mais il a pourtant obtenu la légion d’honneur à l’âge de 35 ans, son Requiem était une commande de l’état, ainsi que le Te Deum écrit à l’occasion du couronnement de Napoléon III en 1854, mais créé en 1855.

Berlioz était également feuilletoniste dans les gazettes musicales de l’époque, ce qui nous vaut des volumes passionnants sur la vie musicale de son temps.

Compositeurs, littérature, Shakespeare

Giuseppe VERDI (1813 – 1901)

Giuseppe VERDI is one of the greatest composers of the XIXth century.

Verdi par Adrian

Giuseppe VERDI (1813 – 1901) est contemporain de WAGNER (1813 – 1883), à qui on l’a opposé stylistiquement.

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La province de Parme où il est né le 10 octobre en 1813 était à l’époque sous occupation napoléonienne. On peut donc considérer que Verdi est français! (cocorico!)

Stylistiquement, il a traversé tout le XIXe siècle en débutant avec des opéras romantiques, puis en se tournant vers le GOf avant de finir, dans une ultime métamorphose, par la comédie.

S’il a connu une très grande célébrité, son destin personnel a été tragique. En effet, entre 1836 et 1838, il se marie, a deux enfants, puis voit mourir ses deux enfants puis sa femme.

Un de ses premiers grands succès est Nabucco (1841), Verdi devenant un symbole de la lutte contre l’occupant autrichien, et son nom devenant l’acronyme de Victor Emmanuel Roi D‘Italie. Le chœur des hébreux (« Va pensiero ») va vite devenir un second hymne pour les Italiens.

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur l’image

En 1844, Verdi entame une collaboration avec le librettiste Piave, qui lui écrira quelques-uns de ses meilleurs livrets (dont Ernani, Macbeth, Rigoletto, et La Traviata).

En 1846, il reçoit commande d’un Macbeth, d’après SHAKESPEARE, qui sera créé en 1847. En 1849, il met en chantier Rigoletto, d’après V.HUGO, opéra qui sera créé à Venise en 1851.

En 1852, il assiste à Paris à une représentation de La Dame au camélia, d’Alexandre DUMAS fils. Sa situation personnelle (il vivait maritalement avec une chanteuse, provoquant ainsi scandale et réprobation autour de lui), lui donne l’idée de tirer un opéra de cette pièce. Ce sera La Traviata (1853) qui après des débuts difficiles à cause de son sujet scabreux finira vite par s’imposer.

Après le triomphe de sa trilogie Rigoletto, Le Trouvère, La Traviata, il se frotte au Grand Opéra à la française avec la création en 1855 des Vêpres siciliennes pour l’opéra de Paris, sur un livret de SCRIBE.

En 1857, il écrit Simon Boccanegra, opéra qui sera remanié en 1881.

Sa renommée croissante lui vaut alors des commandes un peu partout dans le monde. La Forza del Destino (1862) pour Saint Pétersbourg, Don Carlos (1867) pour Paris, et surtout Aïda (1871), commandé pour l’ouverture du canal de suez et l’inauguration de l’opéra du Caire. celeste aida                                                                           source

Sa production d’opéra ralentit sur la fin de sa vie et il écrit, outre de la musique de chambre, son Requiem (1874) qui reste très théâtral. Il rencontre Arigo BOÏTO qui lui apporte le livret d’Otello (1887) et son ultime opéra Falstaff (1892).

verdi otello ave mariaCliquez sur l’image

Il écrit encore les très belles 4 pièces sacrées, créées en 1898.

Verdi meurt à Milan le 27 janvier 1901.

Il a été en phase avec les écrivains de son époque, puisqu’il a écrit Ernani et Rigoletto d’après V.HUGO (1802 – 1885), La Traviata d’après A.DUMAS fils (1824 – 1895) et que SCHILLER (1759 – 1805) dont il a adapté Jeanne d’Arc était presque son contemporain.

Et un petit jeu de mots pourri pour terminer (il ne faut jamais reculer devant un jeu de mots pourri): Savez-vous pourquoi GOUNOD et Verdi étaient fâchés? C’est parce que quand Gounod voulait laver Maria, Verdi ôtait l’eau.

Liste des opéra des Verdi chroniqués sur ce blog :

Macbeth (1847)

Rigoletto (1851)

Le Trouvère (Il Trovatore) (1853)

La Traviata (1853)

La Force du destin (La Forza del destino) (1862)

Aïda (1871)

Simon Boccanegra (1857, puis 1881)

Otello (1887)

Falstaff  (1892 – 1893)

Cinéma, Compositeurs, littérature

TCHAÏKOVSKI, le retour

J’avais laissé notre ami Piotr Illitch en 1875, année où la partition de Carmen l’a bouleversé. Voyons la suite…

En 1876, il compose Francesca da Rimini, un poème symphonique d’après l’œuvre de DANTE.

En 1877, TOLSTOÏ, un demi-dieu pour Tchaïkovski, demande à le rencontrer. Nadejda von MECK, une riche veuve passionnée de musique, le prend sous sa protection en lui versant une rente, ce qui lui permet de vivre pour sa musique. Tchaïkovski a l’idée d’un opéra d’après Eugène Onéguine, de POUCHKINE. Mais une femme entre dans sa vie qui, comme la Tatiana d’Eugène Onéguine, lui envoie une lettre brûlante d’amour.

tchaikovsky air de la lettreCliquez sur l’image

Tchaïkovski accepte le mariage, pensant ainsi faire taire les rumeurs qui commençaient à circuler sur son homosexualité. Très vite, le mariage vire au cauchemar, et Tchaïkovski tente de se suicider.

En 1878, il achève sa quatrième symphonie et Eugène Onéguine. La 4e est créée à Moscou, déclenchant l’indifférence générale. Il commence son Concerto de violon et démissionne du conservatoire de Moscou.

tchaikovsky concerto de violonCliquez sur l’image

Il songe à un nouvel opéra d’après Jeanne d’Arc de SCHILLER, la Pucelle d’Orléans. En 1879, Onéguine est créé à Moscou. Sans rencontrer un succès extraordinaire, l’œuvre s’installe quand même au répertoire.

Nadejda négocie avec le chef d’orchestre Édouard COLONNE pour que l’on monte à Paris la 4e symphonie, dont elle est dédicataire. Tchaïkovski part à Paris, puis en Italie, où il écrit le Capriccio italien. Il accepte une commande officielle pour une exposition, ce sera l’ouverture 1812, qui célèbre la victoire des Russes face à Napoléon (si vous écoutez bien, peut-être y reconnaîtrez-vous un thème). Il songe à un nouvel opéra, Mazeppa, et à la demande de Nadejda, écrit son Trio pour piano, violon et violoncelle. En 1884, Mazeppa est achevé et créé simultanément à Moscou et Saint-Pétersbourg. À cette occasion, il est décoré par le tsar.

En 1886, il écrit un opéra, la Charmeuse et à la fin de l’année 1887, il part en tournée en Europe. En Allemagne, il rencontre BRAHMS et GRIEG et en Bohème, DVORAK. De retour en Russie, il écrit la cinquième Symphonie, qui sera créée en 1888. Il compose un nouveau ballet, La Belle au bois dormant qui sera créé en 1890. Il commence un nouvel opéra, la Dame de pique, d’après Pouchkine. La création de la Dame de pique en fin d’année sera enfin un succès. La francophilie de Tchaïkovski s’y retrouve puisqu’il fait chanter à la comtesse se remémorant sa jeunesse un air de GRÉTRY, extrait de Richard Cœur de lion.

Tchaïkovski la Dame de pique air de la comtesseCliquez sur l’image

En 1891, il reçoit une commande de l’opéra de Saint-Pétersbourg : un ballet, Casse-Noisette d’après DUMAS et un opéra, Iolanta.

Tchaikovski Iolanta Netrebko VillazonCliquez sur Iolanta et Godefroid

Cette année-là, sa tournée de chef d’orchestre le mène jusqu’aux États-Unis, où il dirige au Carnegie Hall. À la fin de l’année, les deux œuvres Casse-Noisette et Iolanta sont créées lors de la même soirée.

Début 1893, il écrit sa sixième symphonie, dite Pathétique, et il meurt du choléra le 6 novembre, juste après la création de cette dernière.

tchaikovsky 6e symphonieCliquez sur l’image

Pour les cinéphiles, on peut noter que la symphonie pathétique est le titre français de la « biographie » que le cinéaste Ken RUSSELL a consacré à Tchaïkovski en 1969 (titre original: The music lovers).

Compositeurs, littérature

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) – Partie 1

Piotr Illitch TCHAÏKOVSKI (1840 – 1893) est un compositeur russe, qui a su allier ses racines slaves à sa culture occidentale, voire francophile.

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Piotr Illitch est né le 7 mai 1840 et, d’une manière inhabituelle, il ne montre pas de signe de précocité musicale lors de ses études. En 1859, il termine des études de droit et entre au ministère de la Justice. En 1861, des amis l’emmènent comme interprète lors d’un voyage en Europe. Cette même année, il apprend l’harmonie et la basse continue. En 1863, il démissionne du ministère pour se consacrer à la musique et en 1865, il passe son diplôme du Conservatoire avant d’entrer comme professeur au Conservatoire de Moscou. Très vite, il pense à l’opéra et il demande au dramaturge OSTROVSKI d’adapter une de ses pièces, le Voïvode.

La prise de pouvoir musical à Saint-Pétersbourg par les représentants de l’école nationaliste russe (le groupe des cinq, mené par BALAKIREV) l’éloigne de cette ville. En 1867, à l’occasion de concerts donnés par BERLIOZ à Moscou, il se rapproche de Balakirev. En 1868, il fait un nouveau voyage à Paris, et la découverte du Grand Opéra à la française le marque fortement.

En 1868, on crée le Voïvode au Bolchoï, mais cette œuvre ne rencontre pas le succès. Tchaïkovski écrit un nouvel opéra, Ondine, qui ne connaît pas plus de succès et il brûle les partitions de ces premiers ouvrages lyriques. Sur les conseils de Bala (qui rêve), il écrit une ouverture pour Roméo et Juliette, qui ne rencontre qu’un  accueil poli (cette pièce s’est depuis imposée dans les programmes classiques.

Tchaikovski roméo et julietteCliquez sur l’image

En 1870, il met en route un nouvel opéra, l’Oprichnik, qui sera créé avec succès en 1873. Entre temps, et pour renflouer ses finances, il organise un concert de ses œuvres à Moscou, concert ou TOURGUENIEV viendra en personne. En 1873, il écrit une musique de scène pour Snegourotchka d’Ostrovski (RIMSKI-KORSAKOV écrira un opéra sur la même pièce : Snegourotchka ou La Fille de neige).

En 1875, il écrit son fameux premier concerto de piano, dédié à Hans von Bülow, qui le jouera dans le monde entier.

tchaikovsky concerto de pianoCliquez sur l’image

Il reçoit une commande du Bolchoï : le ballet Le Lac des cygnes. 1875 est l’année de la création en France de Carmen de BIZET, dont il étudie la partition avec une « passion presque maladive ».

tchaikovsky le lac des cygnesCliquez sur l’image

Ne manquez pas la suite des aventures de notre ami Piotr Illitch dans Tchaïkovski, le retour.

Animation 1, Écrivains, Cinéma, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Victor HUGO (1802 – 1885) ET LA MUSIQUE

                                                              (Victor HUGO and opera)

« Défense de déposer de la musique sur mes vers » aurait déclaré Victor HUGO (1802 – 1885).

Son œuvre dramatique a pourtant inspiré bien des compositeurs, puisqu’une centaine d’opéras ont été composés d’après cette œuvre.

VH donc, chef de file du romantisme français, a créé le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par VERDI, avec Ernani (1844). Ce n’est pas la seule adaptation de VH par Verdi puisqu’à partir de la pièce Le Roi s’amuse (1832), il composera Rigoletto en 1851.

Verdi rigoletto La done e mobile

Autre Italien à adapter VH, on peut citer DONIZETTI qui mettra en musique Lucrèce Borgia (1833), avec Lucrezia Borgia, et ce dès 1833, soit l’année même de la création du drame d’Hugo !

Donizetti Lucrezia Borgia Maffio Orsini son io

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VH a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise BERTIN (notez bien ce nom, il n’y a pas beaucoup de femmes compositrices dans le monde décrit par ce blog). Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre Dame de Paris (1831).

Bertin La Esmeralda air des cloches

C’est ce même livret qui servira à DARGOMIJSKY, un élève de GLINKA pour son Esméralda (1839).

En 1872, c’est MASSENET qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de DUMANOIR, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que MENDELSSOHN a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

Mendelssohn Ouverture Ruy Blas

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Un peu plus tard, PONCHIELLI adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt DISNEY. Cette même année, le Russe César CUI créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre de VH figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si, de mémoire, VH n’apparaît pas au générique).

Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, de très nombreux poèmes de VH ont été mis en musique, que ce soit par LISZT, GOUNOD, FAURÉ ou SAINT-SAËNS… ou BRASSENS !

Fauré les Djinns

Cliquez sur le chœur

Notamment avec les Orientales (1829) où Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

Ce thème a particulièrement inspiré Franz LISZT, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

Cinéma, Compositeurs, littérature

AIMEZ-VOUS LISZT (1811 – 1886)…

… comme ne l’a pas écrit Françoise SAGAN.

Que vient faire Franz LISZT dans un blog consacré à l’opéra ? me demanderez-vous. Eh bien, il y a toute sa place.

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Né le 22 octobre en Hongrie, Liszt était un enfant et un pianiste prodige. Il a écrit un opéra à l’âge de douze ans, Don Sanche. Certes, ce n’est pas la plus connue de ses œuvres, et ce n’est donc pas pour elle que j’écris ce billet.

Liszt Don Sanche OuvertureCliquez sur l’image

Si j’ai choisi de parler de Liszt, c’est parce qu’il a soutenu ou aidé tous les compositeurs de son époque, de BERLIOZ à MASSENET, en passant par WAGNER, SMETANA et SAINT-SAËNS, soit en montant leurs œuvres à Weimar où il a été chef d’orchestre dans les années 1850 (Lohengrin de Wagner, Benvenuto Cellini de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns), soit en écrivant des transcriptions d’opéras pour le piano (MOZART, BELLINI, GLINKA, VERDI, AUBER…)

Liszt transcriptionCliquez sur l’image

Tsigane et franciscain comme il se définissait lui-même, Liszt serait de nos jours un « people ». Ses talents de virtuose du clavier poussaient en effet ses admirateurs à lui baiser les doigts après les concerts et ses admiratrices dans son lit ! Et ses frasques amoureuses alimentaient les gazettes de l’époque.

En tant que pianiste virtuose, Liszt compose des pièces pianistiquement redoutables.

Liszt CampanellaCliquez sur l’image

À Paris, il fréquente les salons et y rencontre Berlioz, George SAND et Alfred de MUSSET, HUGO, BALZAC, CHOPIN et DELACROIX (entre autres…)

En 1833, il commence une liaison avec la comtesse Marie d’AGOULT et en 1835, ils s’enfuient à Genève. Ils auront trois enfants, dont Cosima qui se mariera avec le chef d’orchestre Hans von BÜLOW (puis avec Wagner). Cette liaison durera jusqu’en 1844, et inspirera Balzac pour son roman Béatrix (1839).

En 1853, il relève le défi laissé par BEETHOVEN avec la forme sonate avec sa formidable Sonate en Si bémol mineur.

Liszt Sonate en si bémol mineurCliquez sur le pianiste

À Weimar où il est chef d’orchestre, il développe la notion de poème symphonique ébauchée par Berlioz, avec des œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

Parmi les compositeurs qu’il a aidés, citons en particulier Wagner, dont il a assuré la création de Lohengrin à Weimar en 1850. Une de ses filles, Cosima, se mariera avec Wagner et assurera la direction du Festival de Bayreuth après la mort de celui-ci. Quelques mois avant la mort de Wagner, Liszt écrit, prémonition ? une Lugubre gondole. C’est d’ailleurs à Bayreuth que Liszt meurt le 31 juillet 1886 et qu’il est enterré.

liszt funèbre gondoleCliquez sur l’image

Outre ses œuvres pour piano et ses poèmes symphoniques, il est l’auteur de nombreuses musiques d’inspiration religieuse et d’oratorios).

Le cinéaste Ken RUSSELL a réalisé une biographie (?) de Liszt sous le nom de Lisztomania. C’est ce même K.RUSSELL qui a adapté pour le cinéma l’opéra-rock Tommy des WHO. On peut noter que le rôle de Liszt est tenu par Roger DALTREY, des Who.

Et si vous voulez un aperçu de Liszt le novateur, cliquez sur le lien.

Compositeurs, littérature

Léos JANACEK (1854 – 1928)

Janacek par Adrian

Léos JANACEK (prononcer ianatchèque) est un compositeur majeur du XXe siècle, trop méconnu en France. Peut-être est-ce dû à ce que sa musique se chante en tchèque, langue qui nous est moins familière que l’italien ou l’allemand.

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Né à Brno, capitale de la Moravie, il rencontre DVORAK (1841 – 1904) à Prague en 1874, qui l’encourage à suivre sa voie musicale. Pendant longtemps, son aura ne dépassera pas sa Moravie natale, et il faudra attendre 1916 et une représentation de son opéra Jenufa à Prague pour qu’il commence à connaître le succès.

janacek Jenufa

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Janacek faisait partie du cercle russe de sa ville, et il en découlera des compositions comme la pièce symphonique  Tarass Bulba, d’après Gogol ou l’opéra De la maison des morts d’après DOSTOÏEVSKI.

Parmi ses autres opéras, il faut citer Katia Kabanova (1921), d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI, le ravissant conte pour enfants La petite renarde rusée, ou l’opéra fantastique L’Affaire Makropoulos.

janacek petite renarde

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On peut encore citer l’opéra de chambre le Journal d’un disparu, un cycle de 22 mélodies pour ténor, piano, et un chœur de trois femmes, au travers duquel on peut entendre sa passion cachée pour une jeune femme de trente-huit ans sa cadette.

En dehors de l’opéra, Janacek a écrit des pièces pour piano, la Messe glagolitique, de la musique de chambre dont de très beaux quatuors (quatuor Lettres intimes), la Sinfonietta pour instruments à vent.

Comme ses contemporains BARTOK ou KODALY, Janacek a réalisé un important travail ethno-musicologique en recueillant les airs populaires de son pays.

Liste des principaux opéras de Janacek :

Jenufa (1893 – 1903)

Katia Kabanova (1921)

La petite Renarde rusée (1924)

L’Affaire Makropoulos (1923-1925)

De la Maison des morts (1927 – 1928)

Compositeurs, littérature

Jules MASSENET (1842 – 1912)

Jules MASSENET est né en 1842 près de Saint-Étienne. C’est sa mère, professeur de piano, qui lui donne ses premières leçons quand il avait six ans.

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Il entre au Conservatoire de Paris en 1853, où il se fait remarquer par le directeur, Daniel François Esprit AUBER (oui, c’est le même que celui de la station de RER qui dessert l’opéra Garnier à Paris), et étudie la composition auprès d’Ambroise THOMAS.

Avec l’appui de BERLIOZ, il gagne le prix de Rome en 1863. Durant son séjour à la Villa Médicis, il se noue d’amitié avec l’incontournable Franz LISZT.

Sa musique est caractérisée par un épanchement lyrique qui donne une impression de facilité tout en véhiculant beaucoup d’émotions.

En 1871, après la défaite de 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique, qui avait pour but d’affirmer la grandeur de la musique française face à la musique germanique.

Après un opéra-comique passé inaperçu en 1872, il crée avec succès Le Roi de Lahore en 1877, opéra qui sera joué en Italie dès 1878.

En 1878, il entre comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il est également nommé membre de l’Institut.

Son opéra Hérodiade (1881), tiré d’un des trois Contes de Gustave FLAUBERT, est refusé à Paris, mais monté avec succès au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Cette même année, il entame Manon, d’après l’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l’Abbé PRÉVOST. Cet opéra créé en 1884 reste une de ses œuvres les plus connues et les plus jouées.

massenet manon adieu notre dessayCliquez sur Manon

En 1887, il fait jouer Werther, écrit d’après les Souffrances du jeune Werther de GOETHE.

massenet werther pourquoi me réveiller kaufmannCliquez sur Werther

En tout, il a écrit plus de vingt opéras, dont Le Cid (1885), Thaïs (1894), Cendrillon (1895) ou Don Quichotte (1910).

Massenet Thaïs (Fleming) (MET)Cliquez sur l’image

Massenet meurt à Paris en 1912.

Pour accéder à l’article sur Werther, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Manon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Cendrillon, c’est ici.

Pour accéder à l’article sur Don Quichotte, c’est ici.

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, littérature, Mythologie, Philosophie, Valse

LE MYTHE DE FAUST

L’adaptation du Faust de MARLOW (Christopher [1564 – 1593], pas Philip [1934 – 1961]) par le grand GOETHE (1749 – 1832) en 1808 a produit un grand nombre d’œuvres musicales. Goethe a par ailleurs écrit un second Faust en 1832.

Schématiquement, le thème de Faust est celui du savant qui a consacré sa vie à la science et qui, arrivé au soir de sa vie, se demande s’il a suivi la bonne voie. Il passe alors un pacte avec le diable Méphistophélès par lequel en échange de son âme, il a droit à une seconde chance. Il découvre alors les plaisirs terrestres avant de tomber amoureux d’une jeune fille, Marguerite.

On peut noter que l’Allemand Louis SPOHR a écrit un Faust dès 1813, mais son opéra n’était pas inspiré par le drame de Goethe.

Enthousiasmé par la traduction de Gérard de NERVAL, le romantique BERLIOZ met en musique huit scènes de Faust en 1829, avant de compléter son drame avec La Damnation de Faust en 1845.

Louise BERTIN, une compositrice proche de Berlioz, écrira Fausto (sur un livret en italien) en 1831.

Après lui, GOUNOD écrira son Faust en 1859, mais le thème en est si dénaturé (il n’y a pas trace de philosophie là-dedans) que les Allemands prendront l’habitude d’appeler son œuvre Gretchen (Marguerite). Ce Faust sera d’ailleurs parodié par HERVÉ qui écrira l’opérette le petit Faust en 1869.

Hervé le petit FaustCliquez sur Valentin

BOÏTO, le librettiste de Verdi, écrira un Mefistofele en 1868 et plus près de nous, BUSONI écrira un Docktor Faust  de 1916 à sa mort en 1924.

Outre ses adaptations à l’opéra, les personnages de Faust ont beaucoup inspiré les compositeurs romantiques, que ce soit SCHUBERT et son Marguerite au rouet,

Schubert Marguerite au rouetCliquez sur l’image

MENDELSSOHN et sa Nuit de Walpurgis, SCHUMANN et ses Scènes de Faust, LISZT et sa Faust-Symphonie et ses Méphisto valses, et même WAGNER qui a écrit une Ouverture pour Faust.

Liszt Méphisto ValseCliquez sur l’image

En 1880, la compositrice Emilie MAYER écrit cette Faust Ouverture.

Mayer Faust OvertureCliquez sur l’image

En 1914, Lili BOULANGER est la première femme à remporter le Grand prix de Rome, avec sa cantate Faust et Hélène.

Boulanger Faust et Hélène

On retrouve partiellement le thème faustien dans Phantom of the Paradise, le film culte de Brian de PALMA, une transposition dans le milieu du rock du Fantôme de l’opéra (1910) de Gaston LEROUX. On peut noter que dans ce roman qui se passe au palais Garnier, l’héroïne chante le rôle de Marguerite dans le Faust de Gounod.

Et côté bande dessinée, Bianca Castafiore, la célèbre héroïne des aventures de Tintin chante souvent le grand air des bijoux, du même Faust. Et quant à Edgar P. JACOBS, le créateur de Blake et Mortimer, son passé de baryton l’a mené à chanter le personnage de Méphistophélès sur les scènes lyriques.

Gounod Faust le veau d'or FurlanettoCliquez sur l’image

Compositeurs, Mallarmé, Mythologie

Richard WAGNER (1813 – 1883)

Wagner par Adrian

le dieu richard

Ainsi se termine le poëme écrit par MALLARMÉ en hommage à Richard WAGNER dont il était un des premiers admirateurs français.

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Wagner, donc, est né à Leipzig le 22 mai 1813 (la même année que VERDI). Très jeune, il est attiré par le théâtre. En 1821, il assiste au Freischütz de WEBER, ce qui déterminera sa vocation musicale. Il entreprend des études littéraires et à quatorze ans, il écrit un drame « shakespearien » (il fait mourir tous les personnages à la fin). Il compose une ouverture musicale pour son drame.

Après quelques œuvres de jeunesse, il entame son troisième opéra Rienzi, alors qu’il est directeur musical du théâtre de Riga. Il a l’ambition de monter Rienzi à Paris et s’embarque pour Paris via Londres, mais la traversée est terrible. Une tempête oblige le bateau à s’arrêter dans une crique, et le chant des matelots inspire à Wagner une nouvelle idée d’opéra. Ce sera le Vaisseau fantôme (Der fliegende Holländer). Wagner en écrit lui-même le livret d’après une nouvelle d’Heinrich HEINE. Terminé en 1842, c’est le premier de ses opéras à être resté au répertoire.

wagner vaisseau fantome ouverture

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Suivront Tannhäuser (1845) et Lohengrin (1850), tous deux écrits d’après des légendes médiévales.

wagner tannhauser ouverture

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En 1848, après avoir fait le coup de poing sur les barricades de Dresde avec son ami BAKOUNINE, il doit fuir et part à Weimar où il rencontre LISZT puis se rend à Zürich. Là, il rencontre un riche industriel, Otto WESENDONCK et surtout sa jeune femme, Mathilde, de qui il tombe amoureux. Il écrira les Wesendonck Lieder sur des poèmes de Mathilde. Il travaille sur le livret d’un opéra: La mort du jeune Siegfried, (qui deviendra Le Crépuscule des dieux) mais il se rend compte qu’il doit raconter ce qui s’est passé avant, il entreprend donc le livret de Siegfried, puis remontant toujours le temps, la Walkyrie. Il compose alors un prologue à sa trilogie: L’Or du Rhin (Rheingold). La composition des livrets est terminée en 1852 et il peut commencer la mise en musique.

Il s’interrompt deux fois pendant l’écriture de sa trilogie avec prologue (plus familièrement appelée tétralogie). Une première fois pour écrire Tristan und Isolde, sous le coup de sa découverte de SCHOPENHAUER et de son amour impossible pour Mathilde, une deuxième fois pour écrire sa seule comédie: Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867).

Wagner Tristan prélude

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En 1859, il retourne à Paris où Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser. Mais l’époque était au Grand Opéra à la française (le GOf), et Wagner se voit contraint de rajouter une scène de ballet. Il insère alors la scène du Vénusberg dès le début de premier acte, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que les membres du Jockey Club, qui avaient leurs petites amies dans le corps du ballet, soupaient avant d’aller au spectacle voir leurs amies danser. Furieux du traitement de Wagner, ils organisent alors une cabale et Tannhaüser est vite retiré de l’affiche.

Aimant le luxe et les femmes, Wagner était toujours à cours d’argent. L’arrivée en 1864 sur le trône de Bavière du roi Louis II le favorisera. En effet, Louis II, grand admirateur de son œuvre lui donnera les moyens de composer sa musique sans souci d’ordre matériel.

Entre temps, il avait retrouvé Cosima, la fille de LISZT à l’époque mariée à Hans von BÜLOW, un chef d’orchestre qui a beaucoup œuvré pour faire connaître sa musique. En 1865, c’est la naissance d’Isolde, le premier enfant qu’ils auront avec Cosima. Ils se marieront en 1870.

En 1876, il ouvre à Bayreuth un théâtre qu’il a fait construire pour la représentation de son Œuvre. Depuis, cette date, et à de très rares exceptions près (la guerre 39 – 45), on n’y joue que l’œuvre du Maître au cours d’un festival qui se tient en juillet – août.

Son dernier opéra est un drame mystique, Parsifal (1882) reprenant des thèmes de la légende du Graal. Wagner meurt à Venise le 13 février 1883.

wagner parsifal prélude rattle

Retrouvez ici les arguments des principaux opéras de Wagner :

Rienzi

Le Vaisseau fantôme.

Tannhäuser.

Lohengrin.

L’Or du Rhin (Rheingold).

La Walkyrie.

Siegfried.

Tristan & Isolde.

Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867)

Le Crépuscule des dieux.

Parsifal.