En 1837, Richard Wagner était directeur musical du théâtre de Riga. Il avait déjà deux opéras de jeunesse à son actif, les Fées (1833) et la Défense d’aimer (1836), quand il a eu l’idée d’un opéra plus ambitieux, Rienzi, d’après un roman de Bulwer Lytton.
Les deux premiers actes étaient achevés quand Wagner se met en route pour Paris, dans l’espoir de s’y faire jouer. C’est pendant la traversée que son bateau subit une grosse tempête, et dut faire une halte pour s’en protéger. Le chant des marins lui donne alors l’idée d’un autre opéra, le Vaisseau fantôme. Arrivé à Paris après une halte à Londres, il reçoit le soutien de Meyerbeer, mais le directeur de l’opéra de Paris ne veut pas de sa musique. C’est à Paris que Wagner termine Rienzi. Il envoie la partition à Dresde, et c’est dans cette ville que Rienzi est créé le 20 octobre 1842.
Rienzi va entrer au répertoire du Festspielhaus à l’été 2026, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire du festival Wagner.
L’action se passe à Rome, au XIVe siècle, sur fond de lutte entre deux familles patriciennes, les Orsini et les Colonna.
Acte I : Paolo Orsini essaye d’enlever Irène Rienzi, la sœur du tribun Riensi, notaire du pape. Adriano Colonna défend la jeune fille, provoquant ainsi une bagarre à laquelle la population romaine est mêlée. Adriano libère Irène quand Rienzi survient, demandant aux deux familles rivales de faire la paix. Il annonce que le pape va bientôt quitter Avignon pour revenir à Rome, et promet la fin de la toute-puissance des grandes familles. Voyant que l’amour entre Irène et Adriano est partagé, il confie sa sœur au jeune homme.
Acte II : Rienzi annonce la paix et la liberté au peuple romain, mais les grandes familles, qui ont perdu leurs prérogatives, complotent contre lui. Orsini tente d’assassiner le tribun, mais son action échoue. Les comploteurs sont condamnés à mort, mais Adriano et Irène demandent leur grâce, suivis en cela par Rienzi.
Acte III : Le peuple commence à être mécontent de Rienzi. En effet, les nobles graciés se sont enfuis, et commencent à attaquer la ville. Rienzi réussit une fois de plus à calmer le peuple. Adriano est partagé entre son amour pour la sœur de Rienzi, et son devoir familial. Irène essaye de l’empêcher de participer aux combats, mais les amis de Rienzi lancent l’offensive contre les factieux. Le peuple fait un triomphe au tribun, alors qu’on apporte les dépouilles mortelles de Paolo Orsini et Steffano Collona. Adriano fait le serment de venger la mort de son père.
Acte IV : Nouveau revirement du peuple vis-à-vis de Rienzi. L’Allemagne et l’empereur du Saint Empire romain germanique se méfient de lui, et même l’Église lui retire son soutien. Adriano complote contre le tribun. Quand celui-ci se dirige vers l’église pour entendre un Te Deum composé en son honneur, on lui en refuse l’accès. Pire, Rienzi est finalement excommunié et tout le monde se détourne de lui, sauf sa sœur qui lui reste fidèle.
Acte V : Rienzi s’est retiré au Capitole. Il implore le secours divin (« Prière de Rienzi »).
Le Capitole est pris d’assaut par la foule qui y met le feu. Adriano essaye de persuader sa sœur de le suivre. Il essaye de la soustraire à l’incendie provoqué par la foule, mais il meurt avec Rienzi et Irène, enseveli sous les ruines fumantes du Capitole.
(Source principale : Albert Lavignac, le Voyage artistique à Bayreuth, éditions Delagrave, 1898.)


