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LES POÈMES SYMPHONIQUES DE FRANZ LISZT – Partie 1 LES ANNÉES 1847-1851

Si l’invention du poème symphonique est souvent attribuée à Franz LISZT, il faut noter que César FRANCK avait déjà employé cette forme, deux ans avant Liszt. Le poème symphonique est une forme qui se distingue de la forme Symphonie très codifiée, avec ses quatre mouvements. Il s’agit souvent d’une musique descriptive, ou à programme, s’appuyant sur des sujets littéraires ou philosophiques.

Dans son abondante production musicale, Franz Liszt a écrit treize poèmes symphoniques.

Le premier de ces poèmes symphoniques est Ce qu’on entend sur la montagne, qui date de1847 et a été créé en 1850, d’après un poème des Feuilles d’automne de Victor HUGO. (Le poème symphonique que Franck avait écrit avant Liszt était une illustration de même poème d’Hugo.)

Liszt ce qu'on entend sur la montagneCliquez sur l’image

Le deuxième est Tasso, Lamento e triomfo, date de 1849 et a été cré pour le centième anniversaire de la naissance de GOETHE, qui avait écrit une pièce d’après la vie du TASSE.

Liszt Tasso - Lamento e trionfoCliquez sur l’image

Le troisième, les Préludes, a été écrit en 1845 et 1853, et créé en 1854. Il s’inspire des Nouvelles Méditations poétiques de LAMARTINE.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

L’Héroïde funèbre date de 1849-1850, dans l’esprit du mouvement révolutionnaire qui soufflait sur l’Europe à cette époque. On peut y entendre une citation de la Marseillaise.

Liszt Héroïde funèbreCliquez sur l’image

Les Idéaux (Die Ideale) date de 1849 – 1850 et a été créé en 1857.

Liszt les IdéauxCliquez sur l’image

Prométhée a été composé entre 1850 et 1855, à l’origine pour servir de musique de scène à Prométhée libéré, de HERDER, et ce à l’occasion du centenaire de la naissance de ce dramaturge.

Liszt ProméthéeCliquez sur l’image

Mazeppa date de 1851 et a été créé en 1854. Son origine se trouve dans les Orientales de VH le poète.

Liszt MazeppaCliquez sur l’image

Et retrouvez prochainement la suite des aventures des poèmes symphoniques de Liszt dans « le Retour des poèmes symphoniques de Franz Liszt »!

Divers

LES ANGES

Je vous en parlais il n’y a guère avec MESSIAEN et l’Ange musicien de son Saint-François d’Assise, voici donc maintenant une petite sélection d’anges musicaux.

En 1835, à la fin de Lucia di Lammermoor de DONIZETTI, Edgardo désespéré se donne la mort, après avoir évoqué évoqué Lucia « cet ange monté au ciel ».

Donizetti Lucia di Lammermoor Tu che a Dio spiegasti l'aliCliquez sur l’image

Onze ans plus tard, dans sa Damnation de Faust BERLIOZ nous propose l’air « Ange adoré, dont la céleste image ».

Berlioz la Damnation de faust Ange adoréCliquez sur les amoureux

Faust encore, mais celui de GOUNOD. À la fin, c’est sur l’air « anges purs anges radieux » que l’âme de Marguerite s’envole (quand même) aux cieux.

Gounod Faust Anges purs anges radieuxCliquez sur Marguerite

Et voyez comme tout s’enchaîne, on retrouve Gounod et son Roméo et Juliette avec l’air « Ange adorable ».

Gounod Roméo & Julioette Ange adorableCliquez sur Roméo et Juliette

De 1922 à 1927, PROKOFIEV a composé son opéra l’Ange de feu.

Prokofiev l'Ange de feuCliquez sur l’image

Dans son « triptyque » (1918), PUCCINI fait intervenir une Suor Angelica.

En 1935, BERG interrompt l’écriture de son opéra Lulu pour écrire le Concerto à la mémoire d’un ange.

Berg Concerto à la mémoire d'un angeCliquez sur la partition

En 1936, POULENC compose ses Sept chansons sur des poèmes d’APOLLINIARE et d’Eluard. La première, « la blanche Neige » évoque des anges officiers et d’autres cuisiniers.

Et en 1960, dans son cycle la courte Paille, sur des poèmes de Maurice CARÈME, il a écrit ces « Anges musiciens ».

Poulenc les Anges musiciensCliquez sur l’image

J’en parlais au début de cet article, mais en fait, dans Saint-François d’Assise (1983) de MESSIAEN ce n’est pas un ange qu’il y a, mais deux : l’ange voyageur et l’ange musicien.

Messiaen Saint-François d'Assise l'Ange voyageurCliquez sur l’ange voyageur

Les anges sont toujours présents au XXIe siècle, avec la création en 2023 des Ailes du désir, d’Othman Louati.

Écrivains, littérature

Hugo von HOFMANNSTHAL (1874-1929)

Hugo von HOFMANNSTHAL naît à Vienne le 1er février 1874, dans une famille de la bourgeoisie viennoise (son père était banquier).

Il suit ses études dans un des lycées les plus réputés de Vienne de 1884 à 1892, se forgeant une solide formation littéraire, et il publie en 1890 ses premiers poèmes, à l’âge de seize ans.

L’année suivante, il rencontre le poète allemand Stefan GEORGE qui le publie dans sa revue « Blätter für die Kunst » (des Feuilles pour l’art).

À sa sortie du lycée, Hofmannsthal commence des études de droit, tout en poursuivant son activité littéraire. À côté de ses poèmes, il publie en 1892 le drame la Mort de Titien (der Tod des Tizian).

Il sort de l’université en 1901, et décide de poursuivre sa carrière littéraire. Cette même année, il se marie avec Gertrud SCHLESINGER. Le couple aura trois enfants.

En 1902, il publie un bref essai, la Lettre à Lord Chandos. où il défend une littérature se rapprochant de l’idéal mallarméen.

Sous l’influence des récents travaux de Sigmund FREUD, il s’attache à réinventer les mythes de la tragédie antique. Ainsi en 1903, il fait d’Électre (Elektra) une hystérique. Richard STRAUSS, qui avait déjà écrit son opéra Salomé d’après WILDE, demande à Hofmannstahl d’écrire une adaptation d’Elektra pour l’opéra. La création d’Elektra en 1909 sera le début d’une riche collaboration entre les deux hommes, avec Le Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier) (1910-1911), Ariane à Naxos (1912), la Femme sans ombre (1919), Hélène d’Égypte (1928), d’après Hélène d’EURIPIDE et enfin Arabella, créé en 1933 (Hofmannsthal est mort en 1929).

Strauss Elektra FinalCliquez sur l’image

Une autre œuvre d’Hofmannsthal rapprochant les apports de la psychanalyse dans la littérature est Œdipe et la Sphinge (1905), d’après SOPHOCLE, qui explore la psyché d’Œdipe, meurtrier de son père et époux de sa mère.

Comme pour Strauss, l’hystérie se calme avec les opéras qui suivent Elektra. Le Chevalier à la Rose (1909-1910) est un retour vers la Vienne de MOZART, les auteurs reconnaissant leur dette envers les Noces de Figaro.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur l’image

En 1912, Hofmannsthal adapte une pièce anglaise pour écrire Jedermann (Chacun), œuvre qui sera mise en musique en 1946 par Franck MARTIN.

Martin Jedermann n 3Cliquez sur l’image

En 1914, Strauss et Hofmannsthal signent le ballet la Légende de Joseph (Josefs legend), créé à Paris par les Ballets russes.

L’effondrement de l’Autriche en 1918 va changer son regard sur le monde, et son humanisme devient désenchanté.

En 1920, Hofmannsthal fonde le festival de Salzburg avec son ami Max REINHARDT.

En 1921, il écrit l’argument de Achilles auf Skyros, et en 1923, celui de Alketis (Alceste) des ballets mis en musique par WELLESZ.

De 1918 à 1927, il travaille à la Tour, une adaptation de la Vie est un Songe de CALDERON.

Son fils se suicide le 13 juillet 1929, et c’est en préparant ses funérailles qu’Hugo von Hofmannsthal décède à son tour le 15 juillet, victime d’une attaque d’apoplexie, à l’âge de 55 ans.

(Sources principales : Encyclopedia Universalis)

Compositeurs

Olivier MESSIAEN (1908-1992)

image olivier Messiaen

Compositeur français majeur du XXe siècle, Olivier MESSIAEN est né le 10 décembre 1908 à Avignon. Sa mère était la poétesse Cécile Sauvage.

Messiaen passe sa jeunesse à Grenoble et dans le Dauphiné.

Il compose sa première œuvre, la Dame de Shalott, en 1917, à l’âge de neuf ans.

De 1919 à 1930, Messiaen fait ses études musicales au Conservatoire de Paris, où il reçoit les prix d’accompagnement au piano, d’orgue, de contrepoint et de composition musicale. En 1930, il écrit sa première œuvre pour orchestre, les Offrandes oubliées.

Parallèlement à ces études relativement classiques, il s’intéresse également à la rythmique hindoue, à la théologie ou encore à l’ornithologie.

Synesthésiste, il « voyait » les accords en couleur.

En 1932, il se marie avec Claire Delbios, une violoniste et compositrice avec qui ils auront un fils. Il compose Thème et Variations comme cadeau à sa femme pour leur mariage, et plus tard, Poèmes pour Mi. Malheureusement pour la jeune femme, des problèmes de santé de plus en plus graves font qu’elle finira sa vie dans un hôpital psychiatrique, où elle mourra en 1959.

En 1936, il fait partie du groupe « Jeune France », avec André Jolivet, Daniel Lesur et Frédéric Baudrier.

En 1940, Messiaen est prisonnier au stalag VIII-A. c’est là qu’il écrit son Quatuor pour la fin du temps, qui sera créé le 15 janvier 1941, avec d’autres musiciens en captivité comme lui.

Messiaen Quatuor pour la fin du temps V Louange à l'Éternité de JésusCliquez sur l’image

Libéré, il est nommé en mai 1941 professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris. Il y rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui créera la plupart de ses œuvres pour piano. Après la mort de sa première femme, Messiaen se remarie en 1961 avec Yvonne.

En 1944, il publie les Trois petites liturgies de la présence divine, ainsi que les Vingt regards sur l’Enfant Jésus.

Messiaen Trois petites liturgies de la présence divine Psalmodie de l'ubiquité de l'amourCliquez sur l’image

En 1947, Messiaen est professeur d’analyse musicale puis en 1966 professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il a de nombreux élèves, dont Pierre Boulez, Pierre Henry, Ianis Xenakis ou encore Mikis Theodorakis et Betsy Jolas.

De 1947 à 1949, il écrit sa monumentale Turangâlila-Symphonie, une commande de l’Orchestre symphonique de Boston. Le titre fait référence à deux termes sanscrits Turangâ et Lila, qui pourraient signifier Chanson d’amour, hymne de joie. Il intègre à son orchestre les ondes Martenot, le premier instrument électrique.

Messiaen Turangâlila-Symphonie finalCliquez sur l’image

Dans ses travaux d’ornithologie, il entreprend de transcrire musicalement le chant de tous les oiseaux de France, et de 1953 à 1958, il publie Réveil des oiseaux (1953), Oiseaux exotiques (1955) et son Catalogue d’oiseaux (1956, 1957, 1958).

En 1964, Messiaen honore une commande de Malraux, à la mémoire des victimes des deux premières guerres mondiales, son « Requiem » : Et expecto resurrectionem mortuorum.

Messiaen Et expecto resurrectionem mortuorum 5 Et j'entendis la voix d'une foule immenseCliquez sur l’image

En 1970, il publie encore la Fauvette des jardins dans sa série des oiseaux.

De 1971 à 1974, il écrit des Canyons aux étoiles, une commande d’une mécène américaine lors d’un voyage en Utah.

Messiaen Des Canyons aux étoiles 3 Ce qui et écrit sur les étoilesCliquez sur l’image

En 1983, on crée enfin à Paris son opéra Saint-François d’Assise, commencé en 1975 pour une commande de cette institution.

Messiaen Saint-François d'Assise J'ai peur sur la routeCliquez sur l’image

Olivier Messiaen meurt à Clichy le 27 avril 1992, à l’âge de 83 ans.

(Source principale : le programme de la création de Saint-François d’Assise, plus deux ou trois choses que je connais sur Olivier Messiaen.)

Agenda Ironique

MENU CONCOCTÉ POUR L’A.I. DE FÉVRIER 2023

Ce mois-ci, Carnets Paresseux nous a mijoté un thème et quelques contraintes pour l’Agenda Ironique:

Janvier achevé, l’année passe à février, et l’agenda ironique fait de même ; et voilà qu’en même temps Tiniak me passe le relais. De koikil va être question, pour ce mini-mois raccourci ? D’écrire, bien sûr ; et puis de lire, après. D’écrire un texte (nouvelles, poèmes, pamphlets, chansonnette et tutti frutti…)  Le thème ? Il y en aura deux, à mélanger : rien de bien terrible ! j’aimerai qu’il y soit question de légumes d’une part, et des jours de la semaine. Les jours, parce que l’agenda, quand même. Les légumes, parce qu’on n’en parle jamais assez.  Et puis yôra quatre mots à placer ça et là : nuage, tapage, dindon, bouillon. Mais vous pouvez en utiliser d’autres, bien sûr.

Rien de plus, rien de moins. Ah, si. ça me plairait aussi – mais c’est facultatif – que vous vous zinspiriez des Images à colorier d’Elena Pavlona Guertick, qui sont là sur Gallica. Donc, des légumes, des jours, une image si vous voulez, quatre mots et un peu d’ironie. Et puis on peut évidemment écrire plusieurs textes, disons au moins un et pas plus de vingt-huit, pour donner un cadre raisonnable.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué sur le blog de Carnets Paresseux.

Voici donc le menu de la semaine proposé à la cantine de Tout l’opéra (ou presque).

Pour le lundi, nous vous proposerons un velouté d’asperges (me) à la DONIZETTI :

Donizetti Miserere Asperges meCliquez sur le Miserere de Donizetti

Le mardi ce seront des Pasta à la Norma. Le site spécialisé dans la gastronomie et l’opéra nous précise qu’il s’agit de pâtes cuisinées avec des tomates, des aubergines grillées et de la ricotta.

callas casta divaCliquez sur l’image

Le mercredi, ce sera le fameux Dindon entier aux 5 légumes rotis.

Audran la Mascotte duo des dindonsCliquez sur l’image

Le jeudi, ce sera un nuage de courgettes.

Le vendredi ce sera maigre avec un bouillon de poisson, poisson péché par Peter Grimes, avec bien entendu une julienne de légumes.

Britten Peter Grimes Ole John has gone fishingCliquez sur les pécheurs

Le samedi, la malheureuse Manon, sur le point de trahir son amant, se souviendra des repas de légumes cuits à l’eau qu’ils mangeaient sur leur petite table.

Massenet Manon Adieu, notre petite tableCliquez sur la malheureuse Manon sur le point de trahir son amant

Et enfin, le dimanche, le directeur de l’opéra de Saint-Glinglin, cette grosse légume, offre un potlatch de tapas, provoquant au passage un gros tapage !

Et si vous voulez encore du dindon, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez encore du dindon

Et si vous voulez d’autres idées de menu, vous pouvez reprendre celui de septembre 2022.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« QUAND L’OMBRE MENAÇA DE LA FATALE LOI », de MALLARMÉ

Après le Nuage de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, Quand l’ombre menaça de la fatale loi, un poème de 1883 qui marque un changement de paradigme chez Mallarmuche. De la recherche d’un idéalisme religieux, il passe à la recherche d’un idéalisme poétique. Ainsi le poète passe de l’obscurité (la nuit) à la lumière (l’astre en fête).

Quand l’ombre menaça de la fatale loi

Tel vieux rêve, désir et mal funèbre de mes vertèbres,

Affligé de périr sous les plafonds funèbres

Il a ployé son aile indubitable en moi.

le cygne saint-saënsCliquez sur l’image

Luxe, ô salle d’ébène où, pour séduire un roi

se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,

Puccini Tosca e lucevan le stelleCliquez sur l’image

Vous n’êtes qu’un orgueil menti par les ténèbres

Weill Les 7 Péchés capitaux l'orgueil (Stolz)Cliquez sur l’image

Aux yeux du solitaire ébloui par sa foi.

Oui, je sais qu’au lointain de cette nuit, la Terre

berlioz nuit paisible et sereine

Jette d’un grand éclat l’insolite mystère,

Sous les siècles hideux qui l’obscurcissent moins.

L’espace à soi pareil qu’il s’accroisse ou se nie

Roule dans cet ennui de feux vils pour témoins

Que s’est d’un astre en fête allumé le génie.

Gounod Roméo et Juliette Ah, lève-toi, soleilCliquez sur l’image

Citations musicales :

Il a ployé son aile : SAINT-SAËNS Le Cygne. On sait que dans l’idéal mallarméen, le poète est souvent comparé à un cygne (un peu comme BAUDELAIRE et son Albatros).

des guirlandes : PUCCINI Tosca « e lucevan le stelle ». ces guirlandes qui brillent dans la nuit peuvent être les étoiles qui percent l’obscurité, comme au début du troisième acte de Tosca, quand au lever du jour, Cavaradossi salue les dernières étoiles.

un orgueil : WEILL Les sept péchés capitaux l’orgueil

cette nuit : BERLIOZ Béatrice et Bénédict « Nuit paisible et sereine »

un astre en fête : GOUNOD Roméo et Juliette « Ah, lève-toi soleil ! ».

Mythologie, Nature

DES ÉTOILES À L’OPÉRA (2e série)

Après une première série d’étoiles brillant à l’opéra il y a un an, je vous en propose une seconde série.

Dans Orlando Furioso (1727) de VIVALDI, Angelica répond à Médor son bonheur d’être avec lui (Air : Andromède , fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée.Chiara al pari di lucida stella.)

Andromède était la fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée. CORNEILLE écrira en 1750 une tragédie qui sera mise en musique par DASSOUCY. Cette musique aujourd’hui perdue avait été précédée par l’Andromeda liberata de MANELLI, dès 1637.

Manelli Andromeda liberataCliquez sur l’image

À la fin de Castor et Pollux de RAMEAU (1754), Jupiter ému par le comportement des jumeaux leur assure l’éternité en leur réservant une place dans le ciel.

Propulsons-nous d’un siècle dans le temps et retrouvons GOUNOD et son Roméo et Juliette (1869) avec le fameux air de Roméo « Ah, lève-toi, soleil ! ».

Gounod Roméo et Juliette Ah, lève-toi, soleil

En 1877, CHABRIER écrit l’opéra-bouffe l’Étoile.

Chabrier l'Étoile Couplets du palCliquez sur l’image

En 1880, le tout jeune DEBUSSY écrit sa mélodie Nuits d’étoiles

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur l’image

Passons à présent au XXe siècle, avec Peter Grimes de BRITTEN.

Britten Peter Grimes Now the great bearCliquez sur Peter Grimes

De 1971 à 1974, MESSIAEN écrit son œuvre des Canyons aux Étoiles, inspirée par un voyage en Utah.

Messiaen des Canyons aux étoiles les Ressuscités et le chant de l'étoile d'AldébaranCliquez sur l’image

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous en voulez encore plus

Divers, Maria Callas

DUR DUR D’ÊTRE UN BÉBÉ (À L’OPÉRA)

Je pensais il n’y a guère, en écrivant mon billet sur Pelléas et Mélisande, qu’il ne faisait pas toujours bon être bébé à l’opéra. En effet, à la fin de ce drame, la malheureuse Mélisande a tout juste le temps de voir son nouveau-né avant que de mourir. Le sort de ces bébés est en effet souvent tragique. Dès lors, me suis-je demandé, quel sort est réservé aux bébés à l’opéra ?

Fierrabras de SCHUBERT s’ouvre sur un chœur de femmes qui tissent, chantant l’allégorie de la vie, telles les Parques. Pour elles, leur ouvrage représente les langes du bébé, le voile de la mariée et le linceul du mort (ou de la morte).

Schubert Fierrabras Der runde SilberfadenCliquez sur l’image

Dans le Trouvère (Il Trovatore) de VERDI, Azucena raconte à son fils Manrico, blessé, qu’elle a voulu venger sa mère, brûlée par le père du comte, en enlevant le fils de celui-ci, mais dans un accès de folie, c’est son propre fils qu’elle a jeté au feu (Air: « Condotta ell’era in ceppi »).

Verdi Il trovatore Condotta ell'era in ceppiCliquez sur Azucena Callas

Dans le Conte du tsar Saltan, de RIMSKI-KORSAKOV, la tsarine et le tsarévitch nouveau-né sont placés dans un tonneau et jeté dans le fleuve.

Dans la Femme sans ombre de STRAUSS, on entend les cris des enfants non nés.

Strauss die Frau ohne Schatten Schweigt doch, ihr Stimmen (début acte III)Cliquez sur l’image

Le sort du bébé de Jenufa de JANACEK est particulièrement cruel, puisque la belle-mère de Jenufa profite de la forte fièvre qui cloue l’héroïne au lit pour lui voler son bébé, et le noyer dans la rivière gelée.

Janacek Jenufa Co chvila et fin acte IICliquez sur la marâtre Kostelnicka

Finalement, l’enfant de L’enfant et les sortilèges de RAVEL, que sa mère appelle bébé bien qu’il ait déjà sept ans, a un sort beaucoup plus enviable, puisqu’après sa grosse colère destructrice, il se repent et sa maman lui pardonne.

Ravel l'enfant et les sortilèges finalCliquez sur Bébé et sa maman

Malgré le sort tragique de sa mère, le bébé dans Porgy & Bess de GERSHWIN a bien de la chance aussi d’être endormi au son de Summertime.

Gershwin Porgy and Bess SummertimeCliquez sur Clara chantant pour son bébé

Enfin dans Tommy des WHO, le pauvre Tommy a bien du mal à vivre sa vie après sa naissance (Air : « it’s a boy »).

The Who Tommy It's a boyCliquez sur la mythique pochette de l’album

Enfin, dans On purge bébé de Philippe BOESMANS, opéra créé en 2022 au théatre royal de la Monnaie (De Munt), les adultes n’ont qu’une envie de purger l’enfant, que sa mère appelle bébé bien qu’il ait déjà sept ans.

Boesmans On purge bébéCliquez sur la bande annonce

Enfin, si vous n’avez pas peur, vous pouvez toujours cliquer sur le bonus surprise mystère (mais vous n’êtes pas obligés).

point-dinterrogation

Si vous n’avez pas peur, vous pouvez toujours cliquer sur le bonus surprise mystère

Mes opéras préférés

PELLÉAS ET MÉLISANDE, de DEBUSSY (1894-1902)

… calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur…

En 1893, DEBUSSY assiste à une représentation de Pelléas et Mélisande, de MAETERLINCK. Dès 1894, il se met à la mise en musique de ce drame lyrique, qui est enfin créé à l’Opéra-Comique en 1902. Debussy avait obtenu l’autorisation de l’auteur à condition que Georgette LEBLANC, sœur de Maurice Leblanc (l’auteur des Arsène Lupin) et compagne de Maeterlinck, tienne le rôle de Mélisande. Mais à la création, le rôle est confié à Mary GARDEN, une jeune soprano écossaise, ce que Maeterlinck prend pour une trahison.

Debussy a dû rajouter ou allonger les interludes orchestraux entre scènes, les changements de décor durant plus longtemps qu’il ne l’avait prévu.

La trame générale de l’histoire est celle de Tristan et Iseult.

Cette œuvre symboliste, presque exclusivement composée en parler/chanter, tient une place à part dans l’histoire de l’opéra, par son refus du lyrisme propre à ce genre. On est dans une atmosphère mortifère, sans lumière, où tout va vers le bas (grotte, souterrain).

Le pitch : Golaud recueille Mélisande. Ils se marient. Mélisande rencontre Pelléas, ils tombent amoureux. Golaud jaloux tue Pelléas. Mélisande meurt.

Acte I : Au royaume d’Allemonde, Golaud à la poursuite d’une bête blessée s’est perdu dans la forêt. Il rencontre Mélisande en pleurs à côté d’une fontaine. Elle a fait tomber sa couronne dans l’eau. Golaud cherche à consoler la jeune fille, craintive, qui demande qu’on ne la touche pas. Elle dit qu’on lui a fait du mal. Il l’emmène avec lui dans son château.

Geneviève, la mère de Golaud et de son demi-frère Pelléas, lit une lettre de Golaud où il annonce à son grand-père presque aveugle, le roi Arkel, son retour avec sa nouvelle femme, Mélisande. Il n’a pas percé son secret après six mois de mariage. Arkel qui destinait une autre femme à Golaud accède à sa requête. Pelléas paraît et demande à Arkel l’autorisation d’aller au chevet de son ami Marcellus, mourant. Le roi refuse et lui ordonne de rester pour veiller sur son père, lui-même malade.

À son arrivée, Geneviève a emmené Mélisande dans les jardins qui surplombent la mer. Mélisande a peur de la forêt, si sombre qu’elle cache le soleil. Geneviève interpelle Pelléas qui passe, puis part s’occuper du petit Yniold, le fils d’un premier mariage de Golaud. Pelléas tend la main à Mélisande, mais celle-ci commence par refuser, avant d’accepter. Pelléas lui annonce qu’il doit partir le lendemain, Mélisande lui demande pourquoi.

Acte II : Pelléas conduit Mélisande près de la fontaine des Aveugles, où ils discutent. Mélisande regardant ses mains, semble découvrir l’anneau de son mariage. Pelléas demande si c’est près d’une fontaine que Golaud l’a trouvée. Elle enlève sa bague et joue avec dans le soleil, quand elle le fait tomber dans la fontaine. Elle la déclare perdue, déjà si loin d’eux.

Debussy Pelléas et Mélisande Scène de la fontaineCliquez sur Mélisande et Pelléas

Au moment précis où Mélisande faisait tomber son anneau dans la fontaine, Golaud a eu un accident de cheval, et on le retrouve alité, soigné par Mélisande. Mélisande déclare qu’elle se sent malade dans ce château. Cherchant à comprendre Mélisande, il remarque qu’elle ne porte plus sa bague. Elle prétend l’avoir perdue dans une grotte près de la mer. Golaud lui ordonne d’aller la rechercher. Il demande à Pelléas de l’accompagner.

pelléas anneauCliquez sur Golaud et Mélisande

Pelléas et Mélisande se rendent donc à la grotte. Pelléas lui tend la main. Ils ne trouvent (évidemment) pas l’anneau, mais ils y rencontrent des pauvres qui y habitent, car il y a une famine dans le pays. Mélisande demande à partir.

Acte III : Mélisande, à sa fenêtre, peigne ses longs cheveux dénoués. (Air : mes longs cheveux descendent.)

Debussy Pelléas et MélisandeCliquez sur Mélisande

Par jeu, Pelléas s’enroule dedans, et les noue aux branches du saule. Il demande la main de Mélisande, qui la lui tend en se penchant par la fenêtre. Soudain, il se rend compte qu’il ne peut plus démêler les cheveux. Golaud surprend la scène, et leur dit qu’ils ne sont que des enfants.

Golaud conduit Pelléas dans les souterrains. Il évoque l’odeur de la mort qui émane de l’eau stagnante. Pelléas manque d’y tomber. Remontant au jour, ils voient Geneviève et Mélisande sur la terrasse. Il demande à Pelléas de ne plus jouer avec Mélisande, qui est enceinte.  

Sous les fenêtres de Mélisande, Golaud demande à Yniold, fils d’un premier mariage, de lui dire ce que font Pelléas et Mélisande quand ils sont ensemble, est-ce qu’ils se disputent, est-ce qu’ils s’embrassent ? Sentant monter la jalousie de son père, Yniold prend peur et s’enfuit. 

Acte IV : Le père de Pelléas est guéri et envoie son fils à l’étranger. Pelléas donne rendez-vous à Mélisande le soir près de la fontaine des Aveugles. Il semble présager que la séparation à venir sera définitive. (Je serai si loin que tu ne pourras plus me voir)

Arkel s’entretient avec Mélisande, et lui confie sa compassion de la voir vivre dans l’ambiance mortifère du château. Golaud arrive, blessé au front. Il refuse que Mélisande le soigne, et, fou de jalousie, la brutalise en la jetant à terre. Quand il sort, Arkel les plaint (Si j’étais Dieu, j’aurais pitié du cœur des hommes).

Le jeune Yniold essaie de déplacer une pierre derrière laquelle sa balle est tombée, mais il est trop faible. Il voit un berger conduire son troupeau de moutons. Ceux-ci cherchant à suivre le chemin connu de l’étable, le berger les en empêche en les envoyant sur une autre voie (à l’abattoir). Les moutons passent (on ne les entend déjà plus).

Près de la fontaine, Pelléas arrive, conscient que c’est le dernier soir. Il voudrait fuir, mais veut voir Mélisande encore une fois. Pelléas et Mélisande s’avouent leur amour.

Debussy Pelléas acte 4 scène 4Cliquez sur Pelléas et Mélisande

Le soir venu, on ferme les portes de la ville, et ils sont enfermés dehors. (tout est perdu, tout est sauvé ce soir. Ce n’est plus nous qui le voulons). Ils échangent un baiser quand Golaud arrive et frappe Pelléas. Mélisande s’enfuit, mais Golaud la frappe aussi et la blesse.

Acte V : Mélisande a donné naissance à une fille. Golaud explique son geste, fait malgré lui. Quand Mélisande se réveille, très affaiblie, elle trouve Arkel à son chevet avec le médecin. Elle demande qu’on ouvre la fenêtre, pour voir le soleil couchant. Elle a le sentiment que quelque chose lui échappe. Arkel lui dit que Golaud est là, dans un coin. Elle lui dit de venir. Golaud demande à rester seule avec elle. Il lui demande de lui pardonner, mais elle ne sait pas de quoi elle doit le pardonner. Toujours jaloux, il cherche à lui faire avouer qu’elle l’a trompé. Arkel rentre avec le médecin et sent qu’elle est en train de partir (elle est déjà si loin de nous). Il présente à Mélisande la petite fille qu’elle vient de mettre au monde. Elle meurt en silence sans avouer (Je n’ai rien entendu, elle s’en va sans rien dire).

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Compositrices

MEL BONIS (1858-1937)

Mel Bonis par Adrian

Mélanie BONIS est née à Paris le 21 janvier 1858. Issue des classes moyennes, elle apprend seule la musique sur le piano qui était chez elle. À 18 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle a comme professeur César FRANCK et Charles KOECHLIN (et est condisciple de DEBUSSY et Gabriel PIERNÉ). Las, elle tombe amoureuse d’un chanteur, mais sa famille voit cette liaison d’un mauvais œil.

En 1881, alors qu’elle signe son opus 1, un Imprompu, Mel doit quitter et son chanteur, et le Conservatoire, et deux ans plus tard, alors qu’elle a 25 ans, sa famille la marie à un homme deux fois veuf et qui a déjà 5 enfants. Commence alors un tunnel musical de 10 ans, occupée qu’elle est à remplir ses tâches de bonne épouse et de mère de famille. En effet, outre ses cinq beaux-enfants, elle a eu avec son mari trois autres enfants.

Heureusement (!), quelques années plus tard, elle retrouve son chanteur chéri, qui lui fait la cour et la pousse à reprendre la musique. Elle entame une liaison avec lui, et a alors un quatrième enfant, Madeleine, qui n’est pas de son mari. Mel Bonis, imprégnée d’une forte culture religieuse, vit mal cette situation. Elle se fera passer pour la marraine de cette petite Madeleine.

Consciente que son prénom, Mélanie, pouvait poser un problème pour la diffusion et l’exécution de sa musique, elle préférera signer son œuvre Mel Bonis, pour ne pas attirer l’attention sur le fait qu’elle était femme, et ce dès son opus 1.

Sous l’impulsion de son amant, Mel renoue alors avec la composition. Son œuvre comporte beaucoup de pièces de piano,

Bonis il pleutCliquez sur la pianiste

Bonis Femmes de légende MélisandeCliquez sur Mélisande

mais on y trouve aussi de la musique de chambre,

Bonus Quatuor avec piano finalCliquez sur le très fauréen Quatuor avec piano

Bonis SoirCliquez sur le trio

des mélodies,

Bonis Ave MariaCliquez sur l’image

des pièces symphoniques,

Bonis Trois femmes de légende CléopâtreCliquez sur l’orchestre

ainsi que des pièces pour la jeunesse.

Bonis Album pour les tout petits la PuceCliquez sur l’image

Mel deviendra en 1910 la seule femme à être secrétaire de la Société des Compositeurs !

Son activité musicale se déroulera des années 1890 aux années 1910 environ, avant que l’évolution de la musique ne déroute cette grande post-romantique, qui s’isole alors et retourne à ses préoccupations mystiques.

En 1934, elle écrit le Cantique de Jean Racine, à la mémoire d’un de ses fils mort en 1932.

Bonis Cantique de Jean RacineCliquez sur l’image

Mel Bonis meurt à Sarcelles le 18 mars 1937, à l’âge de 79 ans.

Et si vous avez aimé cette courte biographie de Mel Bonis, retrouvez donc le podcast de la sémillante Aliette de Laleu :

Bonis par AlietteCliquez sur la sémillante Aliette de Laleu

Source principale : le site internet à elle consacré : https://www.mel-bonis.com/FR/Accueil/

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Debussy à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).