Si l’invention du poème symphonique est souvent attribuée à Franz LISZT, il faut noter que César FRANCK avait déjà employé cette forme, deux ans avant Liszt. Le poème symphonique est une forme qui se distingue de la forme Symphonie très codifiée, avec ses quatre mouvements. Il s’agit souvent d’une musique descriptive, ou à programme, s’appuyant sur des sujets littéraires ou philosophiques.
Dans son abondante production musicale, Franz Liszt a écrit treize poèmes symphoniques.
Le premier de ces poèmes symphoniques est Ce qu’on entend sur la montagne, qui date de1847 et a été créé en 1850, d’après un poème des Feuilles d’automne de Victor HUGO. (Le poème symphonique que Franck avait écrit avant Liszt était une illustration de même poème d’Hugo.)
Le deuxième est Tasso, Lamento e triomfo, date de 1849 et a été cré pour le centième anniversaire de la naissance de GOETHE, qui avait écrit une pièce d’après la vie du TASSE.
L’Héroïde funèbre date de 1849-1850, dans l’esprit du mouvement révolutionnaire qui soufflait sur l’Europe à cette époque. On peut y entendre une citation de la Marseillaise.
Prométhée a été composé entre 1850 et 1855, à l’origine pour servir de musique de scène à Prométhée libéré, de HERDER, et ce à l’occasion du centenaire de la naissance de ce dramaturge.
Je vous en parlais il n’y a guère avec MESSIAEN et l’Ange musicien de son Saint-François d’Assise, voici donc maintenant une petite sélection d’anges musicaux.
En 1835, à la fin de Lucia di Lammermoor de DONIZETTI, Edgardo désespéré se donne la mort, après avoir évoqué évoqué Lucia « cet ange monté au ciel ».
En 1936, POULENC compose ses Sept chansons sur des poèmes d’APOLLINIARE et d’Eluard. La première, « la blanche Neige » évoque des anges officiers et d’autres cuisiniers.
Et en 1960, dans son cycle la courte Paille, sur des poèmes de Maurice CARÈME, il a écrit ces « Anges musiciens ».
J’en parlais au début de cet article, mais en fait, dans Saint-François d’Assise (1983) de MESSIAEN ce n’est pas un ange qu’il y a, mais deux : l’ange voyageur et l’ange musicien.
Hugo von HOFMANNSTHAL naît à Vienne le 1er février 1874, dans une famille de la bourgeoisie viennoise (son père était banquier).
Il suit ses études dans un des lycées les plus réputés de Vienne de 1884 à 1892, se forgeant une solide formation littéraire, et il publie en 1890 ses premiers poèmes, à l’âge de seize ans.
L’année suivante, il rencontre le poète allemand Stefan GEORGE qui le publie dans sa revue « Blätter für die Kunst » (des Feuilles pour l’art).
À sa sortie du lycée, Hofmannsthal commence des études de droit, tout en poursuivant son activité littéraire. À côté de ses poèmes, il publie en 1892 le drame la Mort de Titien (der Tod des Tizian).
Il sort de l’université en 1901, et décide de poursuivre sa carrière littéraire. Cette même année, il se marie avec Gertrud SCHLESINGER. Le couple aura trois enfants.
En 1902, il publie un bref essai, la Lettre à Lord Chandos. où il défend une littérature se rapprochant de l’idéal mallarméen.
Sous l’influence des récents travaux de Sigmund FREUD, il s’attache à réinventer les mythes de la tragédie antique. Ainsi en 1903, il fait d’Électre (Elektra) une hystérique. Richard STRAUSS, qui avait déjà écrit son opéra Salomé d’après WILDE, demande à Hofmannstahl d’écrire une adaptation d’Elektra pour l’opéra. La création d’Elektra en 1909 sera le début d’une riche collaboration entre les deux hommes, avec Le Chevalier à la Rose (Der Rosenkavalier) (1910-1911), Ariane à Naxos (1912), la Femme sans ombre (1919), Hélène d’Égypte (1928), d’après Hélène d’EURIPIDE et enfin Arabella, créé en 1933 (Hofmannsthal est mort en 1929).
Une autre œuvre d’Hofmannsthal rapprochant les apports de la psychanalyse dans la littérature est Œdipe et la Sphinge (1905), d’après SOPHOCLE, qui explore la psyché d’Œdipe, meurtrier de son père et époux de sa mère.
Comme pour Strauss, l’hystérie se calme avec les opéras qui suivent Elektra. Le Chevalier à la Rose (1909-1910) est un retour vers la Vienne de MOZART, les auteurs reconnaissant leur dette envers lesNoces de Figaro.
En 1914, Strauss et Hofmannsthal signent le ballet la Légende de Joseph (Josefs legend), créé à Paris par les Ballets russes.
L’effondrement de l’Autriche en 1918 va changer son regard sur le monde, et son humanisme devient désenchanté.
En 1920, Hofmannsthal fonde le festival de Salzburg avec son ami Max REINHARDT.
En 1921, il écrit l’argument de Achilles auf Skyros, et en 1923, celui de Alketis (Alceste) des ballets mis en musique par WELLESZ.
De 1918 à 1927, il travaille à la Tour, une adaptation de la Vie est un Songe de CALDERON.
Son fils se suicide le 13 juillet 1929, et c’est en préparant ses funérailles qu’Hugo von Hofmannsthal décède à son tour le 15 juillet, victime d’une attaque d’apoplexie, à l’âge de 55 ans.
Compositeur français majeur du XXe siècle, Olivier MESSIAEN est né le 10 décembre 1908 à Avignon. Sa mère était la poétesse Cécile Sauvage.
Messiaen passe sa jeunesse à Grenoble et dans le Dauphiné.
Il compose sa première œuvre, la Dame de Shalott, en 1917, à l’âge de neuf ans.
De 1919 à 1930, Messiaen fait ses études musicales au Conservatoire de Paris, où il reçoit les prix d’accompagnement au piano, d’orgue, de contrepoint et de composition musicale. En 1930, il écrit sa première œuvre pour orchestre, les Offrandes oubliées.
Parallèlement à ces études relativement classiques, il s’intéresse également à la rythmique hindoue, à la théologie ou encore à l’ornithologie.
Synesthésiste, il « voyait » les accords en couleur.
En 1932, il se marie avec Claire Delbios, une violoniste et compositrice avec qui ils auront un fils. Il compose Thème et Variations comme cadeau à sa femme pour leur mariage, et plus tard, Poèmes pour Mi. Malheureusement pour la jeune femme, des problèmes de santé de plus en plus graves font qu’elle finira sa vie dans un hôpital psychiatrique, où elle mourra en 1959.
En 1936, il fait partie du groupe « Jeune France », avec André Jolivet, Daniel Lesur et Frédéric Baudrier.
En 1940, Messiaen est prisonnier au stalag VIII-A. c’est là qu’il écrit son Quatuor pour la fin du temps, qui sera créé le 15 janvier 1941, avec d’autres musiciens en captivité comme lui.
Libéré, il est nommé en mai 1941 professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris. Il y rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui créera la plupart de ses œuvres pour piano. Après la mort de sa première femme, Messiaen se remarie en 1961 avec Yvonne.
En 1944, il publie les Trois petites liturgies de la présence divine, ainsi que les Vingt regards sur l’Enfant Jésus.
En 1947, Messiaen est professeur d’analyse musicale puis en 1966 professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il a de nombreux élèves, dont Pierre Boulez, Pierre Henry, Ianis Xenakis ou encore Mikis Theodorakis et Betsy Jolas.
De 1947 à 1949, il écrit sa monumentale Turangâlila-Symphonie, une commande de l’Orchestre symphonique de Boston. Le titre fait référence à deux termes sanscrits Turangâ et Lila, qui pourraient signifier Chanson d’amour, hymne de joie. Il intègre à son orchestre les ondes Martenot, le premier instrument électrique.
Dans ses travaux d’ornithologie, il entreprend de transcrire musicalement le chant de tous les oiseaux de France, et de 1953 à 1958, il publie Réveil des oiseaux (1953), Oiseaux exotiques (1955) et son Catalogue d’oiseaux (1956, 1957, 1958).
En 1964, Messiaen honore une commande de Malraux, à la mémoire des victimes des deux premières guerres mondiales, son « Requiem » : Et expecto resurrectionem mortuorum.
Ce mois-ci, Carnets Paresseux nous a mijoté un thème et quelques contraintes pour l’Agenda Ironique:
Janvier achevé, l’année passe à février, et l’agenda ironique fait de même ; et voilà qu’en même temps Tiniak me passe le relais. De koikil va être question, pour ce mini-mois raccourci ? D’écrire, bien sûr ; et puis de lire, après. D’écrire un texte (nouvelles, poèmes, pamphlets, chansonnette et tutti frutti…) Le thème ? Il y en aura deux, à mélanger : rien de bien terrible ! j’aimerai qu’il y soit question de légumes d’une part, et des jours de la semaine. Les jours, parce que l’agenda, quand même. Les légumes, parce qu’on n’en parle jamais assez. Et puis yôra quatre mots à placer ça et là : nuage, tapage, dindon, bouillon. Mais vous pouvez en utiliser d’autres, bien sûr.
Rien de plus, rien de moins. Ah, si. ça me plairait aussi – mais c’est facultatif – que vous vous zinspiriez des Images à colorier d’Elena Pavlona Guertick, qui sont là sur Gallica. Donc, des légumes, des jours, une image si vous voulez, quatre mots et un peu d’ironie. Et puis on peut évidemment écrire plusieurs textes, disons au moins un et pas plus de vingt-huit, pour donner un cadre raisonnable.
Le mardi ce seront des Pasta à la Norma. Le site spécialisé dans la gastronomie et l’opéra nous précise qu’il s’agit de pâtes cuisinées avec des tomates, des aubergines grillées et de la ricotta.
Le samedi, la malheureuse Manon, sur le point de trahir son amant, se souviendra des repas de légumes cuits à l’eau qu’ils mangeaient sur leur petite table.
Et enfin, le dimanche, le directeur de l’opéra de Saint-Glinglin, cette grosse légume, offre un potlatch de tapas, provoquant au passage un gros tapage !
Et si vous voulez encore du dindon, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.
Après le Nuage de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)
Aujourd’hui donc, Quand l’ombre menaça de la fatale loi, un poème de 1883 qui marque un changement de paradigme chez Mallarmuche. De la recherche d’un idéalisme religieux, il passe à la recherche d’un idéalisme poétique. Ainsi le poète passe de l’obscurité (la nuit) à la lumière (l’astre en fête).
Quand l’ombre menaça de la fatale loi
Tel vieux rêve, désir et mal funèbre de mes vertèbres,
Il a ployé son aile : SAINT-SAËNSLe Cygne. On sait que dans l’idéal mallarméen, le poète est souvent comparé à un cygne (un peu comme BAUDELAIRE et son Albatros).
des guirlandes : PUCCINITosca « e lucevan le stelle ». ces guirlandes qui brillent dans la nuit peuvent être les étoiles qui percent l’obscurité, comme au début du troisième acte de Tosca, quand au lever du jour, Cavaradossi salue les dernières étoiles.
un orgueil : WEILL Les sept péchés capitaux l’orgueil
cette nuit : BERLIOZBéatrice et Bénédict « Nuit paisible et sereine »
Après une première série d’étoiles brillant à l’opéra il y a un an, je vous en propose une seconde série.
Dans Orlando Furioso (1727) de VIVALDI, Angelica répond à Médor son bonheur d’être avec lui (Air : Andromède , fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée.Chiara al pari di lucida stella.)
Andromède était la fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée. CORNEILLE écrira en 1750 une tragédie qui sera mise en musique par DASSOUCY. Cette musique aujourd’hui perdue avait été précédée par l’Andromeda liberata de MANELLI, dès 1637.
À la fin de Castor et Pollux de RAMEAU (1754), Jupiter ému par le comportement des jumeaux leur assure l’éternité en leur réservant une place dans le ciel.
Propulsons-nous d’un siècle dans le temps et retrouvons GOUNOD et son Roméo et Juliette (1869) avec le fameux air de Roméo « Ah, lève-toi, soleil ! ».
Je pensais il n’y a guère, en écrivant mon billet sur Pelléas et Mélisande, qu’il ne faisait pas toujours bon être bébé à l’opéra. En effet, à la fin de ce drame, la malheureuse Mélisande a tout juste le temps de voir son nouveau-né avant que de mourir. Le sort de ces bébés est en effet souvent tragique. Dès lors, me suis-je demandé, quel sort est réservé aux bébés à l’opéra ?
Fierrabras de SCHUBERT s’ouvre sur un chœur de femmes qui tissent, chantant l’allégorie de la vie, telles les Parques. Pour elles, leur ouvrage représente les langes du bébé, le voile de la mariée et le linceul du mort (ou de la morte).
Dans le Trouvère (Il Trovatore) de VERDI, Azucena raconte à son fils Manrico, blessé, qu’elle a voulu venger sa mère, brûlée par le père du comte, en enlevant le fils de celui-ci, mais dans un accès de folie, c’est son propre fils qu’elle a jeté au feu (Air: « Condotta ell’era in ceppi »).
Le sort du bébé de Jenufa de JANACEK est particulièrement cruel, puisque la belle-mère de Jenufa profite de la forte fièvre qui cloue l’héroïne au lit pour lui voler son bébé, et le noyer dans la rivière gelée.
Finalement, l’enfant de L’enfant et les sortilèges de RAVEL, que sa mère appelle bébé bien qu’il ait déjà sept ans, a un sort beaucoup plus enviable, puisqu’après sa grosse colère destructrice, il se repent et sa maman lui pardonne.
Enfin, dans On purge bébé de Philippe BOESMANS, opéra créé en 2022 au théatre royal de la Monnaie (De Munt), les adultes n’ont qu’une envie de purger l’enfant, que sa mère appelle bébé bien qu’il ait déjà sept ans.
En 1893, DEBUSSY assiste à une représentation de Pelléas et Mélisande, de MAETERLINCK. Dès 1894, il se met à la mise en musique de ce drame lyrique, qui est enfin créé à l’Opéra-Comique en 1902. Debussy avait obtenu l’autorisation de l’auteur à condition que Georgette LEBLANC, sœur de Maurice Leblanc (l’auteur des Arsène Lupin) et compagne de Maeterlinck, tienne le rôle de Mélisande. Mais à la création, le rôle est confié à Mary GARDEN, une jeune soprano écossaise, ce que Maeterlinck prend pour une trahison.
Debussy a dû rajouter ou allonger les interludes orchestraux entre scènes, les changements de décor durant plus longtemps qu’il ne l’avait prévu.
La trame générale de l’histoire est celle de Tristan et Iseult.
Cette œuvre symboliste, presque exclusivement composée en parler/chanter, tient une place à part dans l’histoire de l’opéra, par son refus du lyrisme propre à ce genre. On est dans une atmosphère mortifère, sans lumière, où tout va vers le bas (grotte, souterrain).
Le pitch : Golaud recueille Mélisande. Ils se marient. Mélisande rencontre Pelléas, ils tombent amoureux. Golaud jaloux tue Pelléas. Mélisande meurt.
Acte I : Au royaume d’Allemonde, Golaud à la poursuite d’une bête blessée s’est perdu dans la forêt. Il rencontre Mélisande en pleurs à côté d’une fontaine. Elle a fait tomber sa couronne dans l’eau. Golaud cherche à consoler la jeune fille, craintive, qui demande qu’on ne la touche pas. Elle dit qu’on lui a fait du mal. Il l’emmène avec lui dans son château.
Geneviève, la mère de Golaud et de son demi-frère Pelléas, lit une lettre de Golaud où il annonce à son grand-père presque aveugle, le roi Arkel, son retour avec sa nouvelle femme, Mélisande. Il n’a pas percé son secret après six mois de mariage. Arkel qui destinait une autre femme à Golaud accède à sa requête. Pelléas paraît et demande à Arkel l’autorisation d’aller au chevet de son ami Marcellus, mourant. Le roi refuse et lui ordonne de rester pour veiller sur son père, lui-même malade.
À son arrivée, Geneviève a emmené Mélisande dans les jardins qui surplombent la mer. Mélisande a peur de la forêt, si sombre qu’elle cache le soleil. Geneviève interpelle Pelléas qui passe, puis part s’occuper du petit Yniold, le fils d’un premier mariage de Golaud. Pelléas tend la main à Mélisande, mais celle-ci commence par refuser, avant d’accepter. Pelléas lui annonce qu’il doit partir le lendemain, Mélisande lui demande pourquoi.
Acte II : Pelléas conduit Mélisande près de la fontaine des Aveugles, où ils discutent. Mélisande regardant ses mains, semble découvrir l’anneau de son mariage. Pelléas demande si c’est près d’une fontaine que Golaud l’a trouvée. Elle enlève sa bague et joue avec dans le soleil, quand elle le fait tomber dans la fontaine. Elle la déclare perdue, déjà si loin d’eux.
Au moment précis où Mélisande faisait tomber son anneau dans la fontaine, Golaud a eu un accident de cheval, et on le retrouve alité, soigné par Mélisande. Mélisande déclare qu’elle se sent malade dans ce château. Cherchant à comprendre Mélisande, il remarque qu’elle ne porte plus sa bague. Elle prétend l’avoir perdue dans une grotte près de la mer. Golaud lui ordonne d’aller la rechercher. Il demande à Pelléas de l’accompagner.
Pelléas et Mélisande se rendent donc à la grotte. Pelléas lui tend la main. Ils ne trouvent (évidemment) pas l’anneau, mais ils y rencontrent des pauvres qui y habitent, car il y a une famine dans le pays. Mélisande demande à partir.
Acte III : Mélisande, à sa fenêtre, peigne ses longs cheveux dénoués. (Air : mes longs cheveux descendent.)
Par jeu, Pelléas s’enroule dedans, et les noue aux branches du saule. Il demande la main de Mélisande, qui la lui tend en se penchant par la fenêtre. Soudain, il se rend compte qu’il ne peut plus démêler les cheveux. Golaud surprend la scène, et leur dit qu’ils ne sont que des enfants.
Golaud conduit Pelléas dans les souterrains. Il évoque l’odeur de la mort qui émane de l’eau stagnante. Pelléas manque d’y tomber. Remontant au jour, ils voient Geneviève et Mélisande sur la terrasse. Il demande à Pelléas de ne plus jouer avec Mélisande, qui est enceinte.
Sous les fenêtres de Mélisande, Golaud demande à Yniold, fils d’un premier mariage, de lui dire ce que font Pelléas et Mélisande quand ils sont ensemble, est-ce qu’ils se disputent, est-ce qu’ils s’embrassent ? Sentant monter la jalousie de son père, Yniold prend peur et s’enfuit.
Acte IV : Le père de Pelléas est guéri et envoie son fils à l’étranger. Pelléas donne rendez-vous à Mélisande le soir près de la fontaine des Aveugles. Il semble présager que la séparation à venir sera définitive. (Je serai si loin que tu ne pourras plus me voir)
Arkel s’entretient avec Mélisande, et lui confie sa compassion de la voir vivre dans l’ambiance mortifère du château. Golaud arrive, blessé au front. Il refuse que Mélisande le soigne, et, fou de jalousie, la brutalise en la jetant à terre. Quand il sort, Arkel les plaint (Si j’étais Dieu, j’aurais pitié du cœur des hommes).
Le jeune Yniold essaie de déplacer une pierre derrière laquelle sa balle est tombée, mais il est trop faible. Il voit un berger conduire son troupeau de moutons. Ceux-ci cherchant à suivre le chemin connu de l’étable, le berger les en empêche en les envoyant sur une autre voie (à l’abattoir). Les moutons passent (on ne les entend déjà plus).
Près de la fontaine, Pelléas arrive, conscient que c’est le dernier soir. Il voudrait fuir, mais veut voir Mélisande encore une fois. Pelléas et Mélisande s’avouent leur amour.
Le soir venu, on ferme les portes de la ville, et ils sont enfermés dehors. (tout est perdu, tout est sauvé ce soir. Ce n’est plus nous qui le voulons). Ils échangent un baiser quand Golaud arrive et frappe Pelléas. Mélisande s’enfuit, mais Golaud la frappe aussi et la blesse.
Acte V : Mélisande a donné naissance à une fille. Golaud explique son geste, fait malgré lui. Quand Mélisande se réveille, très affaiblie, elle trouve Arkel à son chevet avec le médecin. Elle demande qu’on ouvre la fenêtre, pour voir le soleil couchant. Elle a le sentiment que quelque chose lui échappe. Arkel lui dit que Golaud est là, dans un coin. Elle lui dit de venir. Golaud demande à rester seule avec elle. Il lui demande de lui pardonner, mais elle ne sait pas de quoi elle doit le pardonner. Toujours jaloux, il cherche à lui faire avouer qu’elle l’a trompé. Arkel rentre avec le médecin et sent qu’elle est en train de partir (elle est déjà si loin de nous). Il présente à Mélisande la petite fille qu’elle vient de mettre au monde. Elle meurt en silence sans avouer (Je n’ai rien entendu, elle s’en va sans rien dire).
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Mélanie BONIS est née à Paris le 21 janvier 1858. Issue des classes moyennes, elle apprend seule la musique sur le piano qui était chez elle. À 18 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle a comme professeur César FRANCK et Charles KOECHLIN (et est condisciple de DEBUSSY et Gabriel PIERNÉ). Las, elle tombe amoureuse d’un chanteur, mais sa famille voit cette liaison d’un mauvais œil.
En 1881, alors qu’elle signe son opus 1, un Imprompu, Mel doit quitter et son chanteur, et le Conservatoire, et deux ans plus tard, alors qu’elle a 25 ans, sa famille la marie à un homme deux fois veuf et qui a déjà 5 enfants. Commence alors un tunnel musical de 10 ans, occupée qu’elle est à remplir ses tâches de bonne épouse et de mère de famille. En effet, outre ses cinq beaux-enfants, elle a eu avec son mari trois autres enfants.
Heureusement (!), quelques années plus tard, elle retrouve son chanteur chéri, qui lui fait la cour et la pousse à reprendre la musique. Elle entame une liaison avec lui, et a alors un quatrième enfant, Madeleine, qui n’est pas de son mari. Mel Bonis, imprégnée d’une forte culture religieuse, vit mal cette situation. Elle se fera passer pour la marraine de cette petite Madeleine.
Consciente que son prénom, Mélanie, pouvait poser un problème pour la diffusion et l’exécution de sa musique, elle préférera signer son œuvre Mel Bonis, pour ne pas attirer l’attention sur le fait qu’elle était femme, et ce dès son opus 1.
Sous l’impulsion de son amant, Mel renoue alors avec la composition. Son œuvre comporte beaucoup de pièces de piano,
Mel deviendra en 1910 la seule femme à être secrétaire de la Société des Compositeurs !
Son activité musicale se déroulera des années 1890 aux années 1910 environ, avant que l’évolution de la musique ne déroute cette grande post-romantique, qui s’isole alors et retourne à ses préoccupations mystiques.
En 1934, elle écrit le Cantique de Jean Racine, à la mémoire d’un de ses fils mort en 1932.
(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Debussy à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).