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Mes opéras préférés

LE NEZ, de CHOSTAKOVITCH (1927-1928)

Composé entre 1927 et 1928 par Chostakovitch alors âgé de 21 ans, le Nez est inspiré d’une nouvelle de Gogol extraite des Nouvelles de Pétersbourg. Le jeune Chostakovitch avait eu connaissance des avancées musicales effectuées par Stravinsky ou Berg (Wozzeck date de 1922). Le Nez a été créé partiellement en 1929 à Leningrad mais, dans la Russie soviétique de l’époque, ses hardiesses ont été critiquées. Il quitte l’affiche en 1930 et il faudra attendre 1974 pour que le Nez soit à nouveau joué en Russie.

L’œuvre requiert un orchestre très important, notamment chez les percussions (cf. l’interlude du 1er acte), et on y trouve aussi l’influence de la musique de jazz.

Acte I : À Saint-Pétersbourg, l’assesseur Kovaliov se fait raser chez le barbier Yakovlévitch. Le lendemain matin, le barbier trouve un nez humain dans sa miche de pain fraîchement cuite. Sa femme l’accuse d’avoir coupé le nez d’un de ses clients, et lui demande de s’en débarrasser. Yakovlévitch cherche à s’en débarrasser dans la rue, mais il rencontre tout le temps des gens qu’il connaît. Finalement, il réussit à jeter le nez dans la Neva, mais un policier l’a vu faire et commence à le questionner.

Chostakovith le nez percussion interludeCliquez sur l’interlude percussif

Quand Kovaliov se réveille, il découvre que son nez a disparu.

Chostakovitch le Nez scène 3Cliquez sur Kovaliov

Il sort de chez lui pour retrouver son appendice nasal. En entrant dans la cathédrale, il le trouve enfin, mais son nez a maintenant la taille d’un humain, et il est habillé comme un conseiller d’État. Kovaliov lui demande de reprendre sa place, mais le nez refuse de parler à quelqu’un de condition inférieure et s’échappe.

Chostakovitch The Nose (MET)Cliquez sur la cathédrale

Acte II : Toujours à la recherche de son nez, Kovaliov arrive à l’appartement du commissaire de police, qui n’est pas chez lui. Déçu, il décide de passer une annonce dans le journal. Aux bureaux du journal, l’employé est occupé par une histoire de chien perdu par une comtesse. Quand enfin arrive le tour de Kovaliov, l’employé refuse de passer son annonce, arguant du fait que le journal y perdrait sa réputation de sérieux. Kovaliov se découvre et montre son visage, révélant que son nez est réellement parti. L’employé étonné lui recommande de vendre son histoire et, dans un geste de sympathie, lui offre un peu de tabac à priser. Vexé qu’on se moque ainsi de lui, Kovaliov rentre à la maison, et découvre son domestique dans le sofa, jouant de la balalaïka.

Chostakovith le nez chanson d'IvanCliquez sur Ivan

Kovaliov fait sortir Ivan et se plonge dans un monologue où il s’apitoie sur lui-même.

Acte III : La police se met à la recherche du nez. Ils vont à la gare où des voyageurs s’apprêtent à partir. Une jeune vendeuse de bretzels apparaît, semant la confusion chez les policiers. Le nez en profite pour essayer de partir, lui aussi, mais la police le rattrape et le bat tant qu’il retrouve sa taille normale. Le commissaire l’enveloppe dans un papier.

Chez Kovaliov qui a récupéré son nez, non sans avoir dû graisser la patte au commissaire corrompu, Kovaliov essaye de remettre son nez au milieu du visage, mais celui-ci ne tient pas. Il fait venir le médecin, qui avoue son impuissance face à ce cas. Kovaliov est persuadé d’avoir été ensorcelé par madame Podtotchina, car il a refusé d’épouser sa fille, et il lui écrit une lettre pour se plaindre du mauvais traitement qu’elle lui a infligé, mais sa réponse lui montre qu’elle n’a rien à voir avec son affaire.

Chostakovitch le Nez Acte III scène 2Cliquez sur l’image

Dans toute la ville, les curieux se pressent pour essayer de voir le nez, dont la rumeur dit qu’il se promène dans la ville. La police finit par disperser les badauds.

Épilogue : Kovaliov se réveille un matin avec le nez bien au milieu du visage. Après s’être fait raser par son serviteur, il se promène sur la perspective Nevski, saluant amis et connaissances.

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Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

Alexandre DUMAS père (1802-1870) et fils (1824-1895)

Dans la famille Dumas, je demande le grand-père :

Le grand-père Dumas était Thomas-Alexandre DUMAS (1762-1806). Né à Saint-Domingue, ce militaire est le premier général mulâtre de l’armée française. En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie le Chevalier de Saint-Georges. Sous Napoléon, Thomas-Alexandre participe à la campagne d’Égypte, mais plus tard son opposition à Napoléon lui vaudra d’être démis de ses fonctions. On peut lire cette opposition en filigrane dans le roman le Comte de Monte-Cristo écrit par son fils entre 1844 et 1846.

Dans la famille Dumas, je demande le père :

Alexandre Dumas (père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts et mort le 5 décembre 1870 au hameau de Puys, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, aujourd’hui intégrée à Dieppe. Ses œuvres les plus connues sont le Comte de Monte-Cristo et les trois Mousquetaires (ainsi que ses suites Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne).

En 1834, sa pièce Charles VII chez les grands vassaux est adaptée à l’opéra par Donizetti sous le nom Gemma di Vergy.

Donizetti Emma di Vergy OuvertureCliquez sur l’image

En 1837, il se lance dans un genre à la mode avec l’opéra Piquillo dont le livret est écrit en collaboration avec Gérard de Nerval et une musique d’Hippolyte Mompou.

Monpou Puquillo TrioCliquez sur l’image

En 1843, c’est son ami Berlioz qui met en musique la Belle Isabeau (conte pendant l’orage).

Berlioz la Belle Isabeau, Conte pendant l'orageCliquez sur l’image

En 1846, c’est un autre de ses amis, Liszt, qui met en musique cette Jeanne d’Arc au bûcher.

Liszt Jeanne d'Arc au bûcherCliquez sur l’image

Le Comte de Monte-cristo a fait l’objet d’un opéra sous le nom de Haydé, un opéra portugais écrit par la compositrice Felicita Casella en 1849.

En 1860, Dumas récidive dans le genre opéra avec le Roman d’Elvire, dont la musique est signée Ambroise Thomas.

Après sa mort, son œuvre continue à être portée sur les scènes lyriques avec en 1888 la Dame de Monsoreau, opéra de Salvayre, en 1890, Ascanio, un opéra de Saint-Saëns, en 1896, le Chevalier d’Harmental un opéra-comique de Messager et en 1899, le Sarrazin, un opéra de César Cui, toujours d’après Charles VII chez ses grands vassaux.

Saint-Saëns Ascanio ValseCliquez sur l’image

Autre « tube » musical tiré d’un écrit de Dumas père, le Casse noisette, conte adapté d’E.T.A. Hoffmann, qui sera mis en musique par Tchaïkovski.

Tchaïkovski Casse NoisetteCliquez sur l’image

Dans la famille Dumas, je demande le fils :

Alexandre Dumas dit Alexandre Dumas fils est un écrivain français né le 27 juillet 1824 à Paris et mort le 27 novembre 1895 à Marly-le-Roi. Fils naturel d’Alexandre Dumas père, il ne sera reconnu par son géniteur qu’à l’âge de sept ans.

Son roman la Dame aux Camélias, après avoir été adapté au théâtre où Verdi de passage à Paris a pu le voir, sera ensuite adapté à l’opéra par Verdi, sous le nom de la Traviata.

Verdi traviata BrindisiCliquez sur l’image

Bien dans son époque, Dumas fils faisait partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Baudelaire, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.

Il était également ami avec George Sand, chez qui il s’est rendu plusieurs fois, dans son château de Nohant, dans le Berry.

Lorsqu’en 1836 Louise Bertin écrira son opéra la Esmeralda sur un livret de Victor Hugo, ses adversaires, dont Alexandre DUMAS faisait partie, reconnaissant la qualité de la musique iront jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz, mais feront tomber l’œuvre pour des raisons politiques, le mari de Louise Bertin n’étant pas du même bord qu’eux.

Bertin La Esmeralda air des clochesCliquez sur l’image

Compositrices, histoire

CLÉOPÂTRE

Cléopâtre, dont on connaît la vie par Plutarque, donne l’image d’une des plus anciennes femmes fatales de l’histoire. Grande amoureuse, à la vie un peu sulfureuse, il n’est pas étonnant que les musiciens se soient attachés à mettre de la musique à ses pieds.

Cléopâtre, reine d’Égypte, est née à Alexandrie en 69 av. J.-C. Quand César (Jules) débarque dans cette ville en -48, elle s’offre à lui. Pendant une croisière fastueuse sur le Nil, ils font un enfant, Césarion. Puis César rentre à Rome, et appelle Cléopâtre à ses côtés en -45.

Une partie de cette partie de la vie de Cléopâtre nous est narrée par Haendel dans son Jules César en Égypte.

Haendel Jules César Se pieta di me senti

Cliquez sur le nez de Cléopâtre

Après l’assassinat de Jules César en -44, son successeur Antoine fait venir Cléopâtre, et tombe à son tour sous son charme. Il la suit en Égypte où il passe l’hiver -41 -40. Antoine reparti à Rome, Cléo s’arrange pour faire mourir ses frères et sœurs et ainsi garder seule le pouvoir.

Antoine reviendra en Égypte vivre avec Cléopâtre, répudiera sa femme Octavie, mais ne se mariera pas avec Cléopâtre. Ils auront pourtant trois enfants ensemble.

Antony and Cleopatra (Antoine et Cléopâtre) est une pièce de Shakespeare qui relate, à sa façon, cette période de la vie de notre héroïne. Elle servira de trame à pas mal d’œuvres lyriques.

Quand Octave (rival d’Antoine) se présente devant Alexandrie, Cléo fait courir le bruit de sa mort. Désespéré, Antoine se donnera la mort. Elle essaiera ensuite de séduire Octave, mais n’y réussissant pas, elle se donnera la mort, à l’âge de 39 ans.

Avec la cantate Cléopâtre, plus connue sous le nom de la Mort de Cléopâtre, qu’Hector Berlioz n’obtiendra pas le grand prix de Rome en 1828. Il devra attendre l’année suivante pour obtenir, enfin, ce grand prix.

Berlioz la mort de CléopâtreCliquez sur Véronique « Cléopâtre » Gens

Théophile Gautier écrira la nouvelle Une nuit de Cléopâtre, qui sera adaptée à l’opéra par Victor Massé en 1885.

En 1909, Mel Bonis écrit dans ses Femmes de légende la pièce Cléopâtre.

Bonis CléopâtreCliquez sur l’image

Massenet aussi s’est frotté à Cléopâtre avec un « drame passionnel » qui porte ce nom (1914) sur un livret de Louis Payen.

Massenet Cléopâtre J'ai versé le poisonCliquez sur l’image

Et en 1920, c’est Florent Schmitt qui écrit une musique de scène pour la pièce de Shakespeare.

Schmitt Antoine et CléopâtreCliquez sur l’image

Et plus près de nous, Kamel Ouali a écrit une comédie musicale sur le personnage de Cléopâtre.

(Source principale, pour la partie historique : Dictionnaire des personnages, Laffont-Bompiani, collection bouquins Laffont, 1960).

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Mes opéras préférés

STARMANIA, de Michel BERGER (1978)

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L’opéra-rock Starmania a été inspiré à Michel Berger par l’enlèvement en 1974 de Patricia Hearst, la fille du milliardaire américain Randolph Hearst, qui a pris fait et cause pour ses ravisseurs et a rejoint la lutte armée contre la société capitaliste.

Acte I : Starmania s’ouvre sur le journal télévisé qui annonce les candidatures pour les prochaines élections présidentielles de l’Occient du milliardaire Zéro Janvier et du Gourou Marabout. Le journal se termine par l’évocation des méfaits d’une bande de zonards menés par Johnny Rockfort qui sèment la terreur à Monopolis. (Air : « Quand on arrive en ville » ».)

Berger Starmania Quand on arrive en villeCliquez sur Johnny Rockfort

À l’Underground café, le repaire de Johnny et sa bande, Sadia propose à Johnny de passer à un niveau supérieur de violence, pour empêcher Zéro de devenir président. Restée seule, Marie-Jeanne, la serveuse, chante sa complainte (Air : « la complainte de la serveuse automate ».)

Berger Starmania La Complainte de la serveuse automateCliquez sur la serveuse aux tomates

Johnny et Sadia ont formé les Étoiles noires pour commettre leurs attentats. Sadia révèle sa véritable identité d’homme travesti (Air: « Travesti »). Au sommet de sa tour, Zéro est content de découvrir les attentats (Air : « il se passe quelque chose à Monopolis » » et se prépare à passer à l’émission Starmania, présentée par Cristal son animatrice vedette. Zéro proclame son ambition d’être un artiste (Air : « le blues du businessman [J’aurais voulu être un artiste] ».)

Berger Starmania le Blues du businessmanCliquez sur Zéro

À l’Undeground café, Marie-Jeanne chante son amour pour Ziggy, amour impossible car celui-ci aime les garçons (Air : « Un garçon pas comme les autres »).

Berger Starmania Un garçon pas comme les autresCliquez sur Marie-Jeanne

Ziggy arrive et lui montre sa lettre de candidature à Starmania (Air : « la chanson de Ziggy »). Les Étoiles noires arrivent dans le café et Sadia se moque de Ziggy. Elle appelle Cristal pour lui proposer une interview exclusive de Johnny Rockfort.

Cristal arrive au café et c’est tout de suite le coup de foudre entre elle et Johnny. Johnny commence par raconter son parcours de jeune des banlieues (Air : « Banlieue Nord ») avant que les deux ne s’avouent leur amour réciproque (La petite fille en rose / coup de foudre).

Le débat politique a lieu à la télévision entre Zéro et Gourou, mais un flash spécial l’interrompt. Cristal a été kidnappée par les Étoiles noires. En fait, Cristal a décidé de fuir avec les zonards (Air : « Besoin d’amour »).

Berger Starmania Besoin d'amour (France Gall)Cliquez sur Cristal Gall

Acte II : Seule chez elle, la star du cinéma Stella Spotlight veut mettre fin à ses jours quand elle reçoit un télégramme de Zéro lui proposant de le rejoindre pour sa campagne présidentielle (Air : « le télégramme de Zéro à Stella »).

Les Étoiles noires préparent leurs nouveaux plans et Cristal propose de pirater Télé-Capitale. Sadia n’est pas d’accord, mais Johnny l’écarte des Étoiles noires (Trio de la jalousie).

Zéro tient un grand meeting, dans lequel il commence à exposer sa vision fasciste du monde qu’il veut. Stella est stupéfaite. Le meeting est interrompu par une vidéo pirate de Cristal, qui annonce son ralliement aux Étoiles noires.

Stella s’introduit au QG du Gourou Marabout. Elle participe à la cérémonie orgiaque de celui-ci. Quand elle retrouve Zéro, qui l’a fait suivre, il la somme de s’expliquer. Après une dispute, ils décident quand même de se marier. (Air : « Ego Trip »).

Dans leur repaire, Johnny et Cristal élaborent leur plan ultime, l’explosion de la tour de Zéro, et se jurent d’aller jusqu’au bout, unis jusquà la mort. (Duo : « quand on n’a plus rien à perdre »).

Ziggy annonce à Marie-Jeanne qu’il la quitte, car il vient d’être engagé au Naziland, la discothèque de zéro. (Duo : « Nos planètes se séparent »).

Berger Starmania nos planètes se séparentCliquez sur Ziggy et Marie-Jeanne

Le soir des élections, les partisans de Zéro sont réunis au Naziland pour attendre le résultat. Cristal et Johnny ont décidé de poser une bombe à l’étage du dessous. Sadia prévient Zéro de l’attentat qui se prépare et Zéro envoie ses vigiles les intercepter. Quand on apprend que Zéro est le nouveau président, Stella va en haut de la tour et se jette dans le vide.

Cristal a été blessée, et Johnny la retrouve agonisante. Elle meurt dans ses bras et Johnny décide d’amorcer la bombe. (Air : « S.O.S. d’un Terrien en détresse »).

Berger Starmania S.O.S. d'un terrien en détresse (Balavoine)Cliquez sur Johnny

Berger Starmania S.O.S. d'un terrien en détresse only the very best (Cock Robin)Click upon Johnny

Marie-Jeanne, seule survivante, pleure un monde devenu complètement stone (Air : « Le monde est stone »).

Berger Starmania Le monde est stone (Thibeault)Cliquez sur Marie-Jeanne

(Source principale : le spectacle Starmania 2022, en tournée un peu partout dans le monde, et le programme associé).

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Agenda Ironique, littérature, Maria Callas

LA PASSE-MIROIR, de Christelle DABOS

Je ne sais pas comment je fais, mais tout me ramène toujours à l’opéra. Alors que j’ai enfin commencé la série de la Passe-miroir, de Christelle Dabos, une passionnante uchronie steam-punk, et histoire de me purger un peu le cerveau de tous ces opéras, je tombe dès le premier chapitre sur un vieux gramophone où un disque rayé bégaye : « Si je… Si je… Si je… » avant que la soprano du disque ne proclame triomphalement « Si je t’aime, prends garde à toi ». Ça commence bien, m’exclamé-je alors en mon for intérieur !

Bizet Carmen habaneraCliquez sur l’image

L’héroïne de ce roman s’appelle Ophélie, comme l’Ophélie d’Hamlet (et de l’opéra d’Ambroise Thomas) et entre au service d’une noble d’une autre famille, Dame Berenilde (dont le nom « sonne » comme Brünnehilde.)

Thomas Hamlet Des larmes de la nuitCliquez sur Ophélie

Un accord entre les deux familles veut qu’elle devienne l’épouse de Thorn, le neveu de Berenilde. Thorn a une demi-sœur, Freyja, qui devient vite l’ennemie d’Ophélie. Freia est un des personnages de l’Or du Rhin, c’est la déesse de la jeunesse qui assure l’immortalité aux dieux en leur faisant manger ses pommes « magiques ».

Une des scènes les plus importantes du tome I est le chapitre intitulé « l’Opéra », où Berenilde doit interpréter le rôle d’Isolde devant le chef tout puissant de ce monde.

Wagner Tristan und Isolde mort d'Isolde (Norman)Cliquez sur Brünnehilde chantant la mort d’Isolde

Tome II : Le journal de la cour s’appelle Le Nibelungen (et le directeur de ce journal s’appelle Tolstoï). Ophélie est mise sous la protection de personnages appelées Valkyries.

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur l’image

Un peu plus tard, il y a un conteur qui raconte l’histoire d’un nain qui forge une épée dans sa caverne, puis l’histoire du voyageur borgne qui modifie le destin de personnages. On se croirait dans du Wagner !

wagner walkyrie Leb wohlCliquez sur le voyageur borgne qui modifie le destin des personnages

Un peu plus tard encore, Berenilde chante dans son bain le dernier air d’opéra à la mode. Christelle Dabos ne nous précise toutefois pas s’il s’agit d’un air de l’occis Maure, Otello.

otello ave mariaCliquez sur Desdémone

Un lieu s’appelle le Clairdelune, comme la sonate de Beethoven du même nom.

Beethoven Sonate 14 Clair de lune Adagio sostenutoCliquez sur la sonate de Beethoven qui porte le même nom

Il y a un comte Harold, comme l’œuvre de Berlioz Harold en Italie inspirée par l’œuvre de Lord Byron.

Berlioz HArold en Italie marche des pélerinsCliquez sur Harold (en Italie)

Et à la toute fin du tome IV, on retrouve Bizet et sa Carmen, puisqu’on peut entendre :

L’oiseau que tu croyais surprendre

Battit de l’aile et s’envola

L’amour est loin, tu peux l’attendre

Tu ne l’attends plus, il est là.

Bizet Carmen Habanera (Callas)Cliquez sur Carmen Callas

(sources principales : les quatre volumes de la Passe miroir, de Christelle Dabos, éditions Gallimard, se trouvent chez Gallimard Jeunesse et en Folio).

littérature, Oulipo, Poésie

LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (QUATRAINS 6 A 10)

Après la première tranche du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la deuxième tranche, soit les quatrains 6 à 10. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, la suite de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer
, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Chausson poème de l'amour et de la merCliquez sur le poème de la mer

Britten Peter Grimes scène finaleCliquez sur le chœur final de Peter Grimes

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

Wagner Parsifal finalCliquez sur l’image

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

monteverdi couronnement de Poppée prologueCliquez sur l’image

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

pour avoir la suite dubateau ivre, cliquez sur les quatrains 11 à15.

Citations musicales :

Le Poème de la mer : Chausson Poème de l’amour et de la mer.

un noyé pensif parfois descend : Britten, Peter Grimes. À la fin de cet opéra, Peter Grimes, le marin qui pense trop, part se noyer dans la mer.

l’alcool : Poulenc Alcools sur des poèmes de Guillaume Apollinaire.

Un peuple de colombes : Wagner Parsifal « final ». À la toute fin de Parsifal, une colombe apparaît dans les cieux et vole au-dessus de la tête de Parsifal. Celui-ci devient alors le roi chargé de garder le Saint-Graal.

drames très antiques : Dans le prélude du Couronnement de Poppée, de Monteverdi, la Fortune et la Vertu se disputent pour savoir qui d’entre elles gouvernera les humains. Mais Amour les départage, c’est lui qui règne sur le cœur des hommes. N’est-ce point là le résumé du drame le plus antique qui soit ?

La circulation des sèves : Dans Like Flesh, de Sivan Eldar, l’étudiante se transforme peu à peu en arbre, et la compositrice traduit de manière impressionnante cette circulation inouïe de la sève.

Eldar Like Flesh Teaser de l'IRCAM

Cliquez ici pour avoir la troisième tranche (quatrains 11 à 15).

Compositrices, Oulipo

Kaija SAARIAHO (1952-2023)

image Saariaho

© Priska Ketterer

Kaija Saariaho, qui vient de disparaître, est née le 14 octobre 1952 à Helsinki.

Elle commence à apprendre la musique à l’âge de six ans, à l’école.

Après des études à l’académie des Beaux-Arts d’Helsinki, elle s’oriente vers la musique.

Kayja Saariaho se marie à 18 ans avec un architecte. À 24 ans, elle entre à l’académie Sibelius d’Helsinki où elle aura comme camarade d’études le compositeur et chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen.

En 1980, elle se rend à Darmstadt où elle découvre la musique spectrale française avant de venir travailler à l’IRCAM à Paris. Elle s’installe donc à Paris où elle vit depuis 1982.

En 1986, elle crée Lichtbogen, une commande du ministère de la Culture. En 1987, c’est Io, et Nymphéas, cette dernière œuvre inspirée par Monet.

Saariaho LichtbogenCliquez sur l’aurore boréale (Lichtbogen)

En 1988, elle écrit avec son conjoint Du cristal…

Saariaho du Cristal...Cliquez sur du Cristal

En 1994, Kaija Saariaho compose un concerto de violon, Graal Theatre, d’après l’œuvre de Jacques Roubaud.

Saariaho Graal ThéâtreCliquez sur Graal Theatre

En 1996 elle compose, pour la chanteuse Dawn Upshaw, Château de l’âme.

Saariaho Château de l'âme 1 la lianeCliquez sur Château de l’âme

C’est encore avec Dawn Upshaw qu’elle créera, en 2000, son premier opéra l’Amour de loin, sur un livret d’Amin Maalouf. Il sera créé au Festival de Salzbourg sous la direction d’Esa-Pekka Salonen.

Saariaho L'Amour de loinCliquez sur l’Amour de loin

En 2006, elle crée l’oratorio La Passion de Simone, d’après la vie de Simone Weil sous l’occupation. Cette même année, elle écrit son second opéra Adriana Mater, une commande de l’Opéra de Paris, toujours sur un livret de Maalouf.

Saariaho la Passion de SimoneCliquez sur la Passion de Simone

En 2010, c’est Émilie et en 2016 Only the sound remains.

Saariaho Only the Sound remainsCliquez sur Only the Sound remains

Enfin, son dernier opéra Innocence est créé en 2021 au festival d’Aix-en-Provence.

Saariaho Innocence (bande annonce)Cliquez sur la bande-annonce d’Innocence

En 2022, Kaija Saariaho entre à l’Académie des Beaux-Arts.

Elle meurt d’un cancer à Paris le 2 juin 2023, à l’âge de 70 ans.

(Sources principales : France Musique et Wikipedia, plus deux ou trois choses que je connais de Kaija Saariaho.)

Et cliquez sur le pont d’interrogation pour avoir une bonne surprise.

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Agenda Ironique

L’AGENDA IRONIQUE DE JUIN 2023

Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de Juin 2023, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde.

Pink Alice through the looking glassCliquez sur Alice se préparant à découvrir ce qu’il y a de l’autre côté du miroir (ou pas…)

Histoire de l'opéra, Maria Callas

LE BEL CANTO

J’ai souvent parlé sur ce blog de bel canto, notamment au sujet de Rossini, Donizetti et Bellini. Mais qu’est-ce donc que ce fameux bel canto ?

Étymologiquement, le bel canto vient de l’italien « bel canto », qu’on peut traduire littéralement par « beau chant ». À ce titre, toute l’histoire de l’opéra pourrait donc baigner dans le bel canto. En fait, on réserve ce terme à une manière de chanter qui cherche une certaine beauté de l’interprétation.

Donc, quand vous écoutez ce lamento d’Ariane, de Monteverdi, c’est du bel canto.

Monteverdi lamento d'ArianeCliquez sur le bel canto d’Ariane

Malheureusement, la définition de cette soi-disant beauté varie à travers les âges et les pays. Très vite les castrats, et les autres interprètes, ont cherché à mettre en valeur leur technique vocale, souvent virtuose, au détriment de la beauté de la musique (l’orchestre étant alors réduit à une simple mise en valeur des moyens vocaux des chanteurs).

Parmi les compositeurs du XVIIIe siècle encore connus de nos jours, c’est chez Vivaldi et Haendel qu’on peut entendre ces airs de bravoure.

Haendel Sémélé No no, I'll take no lessCliquez sur Sémélé

Vivaldi Orlando furioso nel profundoCliquez sur l’image

Il faudra un Gluck pour essayer de revenir à la primauté de la musique sur l’art purement vocal.

Gluck j'ai perdu mon Eurydice imageCliquez sur l’image pour retrouver la primauté de la musique sur l’art purement vocal

Le bel canto jettera ses derniers feux avec une trilogie de compositeurs italiens : Rossini, Donizetti et Bellini. Rossini est certainement le dernier compositeur à s’être plié aux exigences de ses interprètes.

rossini una voce poco faCliquez sur Rosine

Bellini Norma Casta Diva (Yoncheva)Cliquez sur Norma

Donizetti Lucia di Lammermoor Il dolce Suono dessayCliquez sur Lucia

Puis viendront Verdi et Wagner, qui sonneront définitivement le glas du bel canto. Verdi assurera la transition entre une écriture encore bel cantiste dans sa jeunesse (Rigoletto) et l’écriture beaucoup plus dramatique à laquelle il arrivera avec Otello.

Verdi Rigoletto Caro nomeCliquez sur Gilda

otello ave mariaCliquez sur Desdemona

Wagner, lui, dynamitera les codes du découpage traditionnel de l’opéra en airs, duos, récitatifs, chœurs… et en développant la mélodie continue. Si on trouve encore de grands airs chez Verdi, on n’en trouve plus guère chez Wagner, surtout dans ses œuvres de la maturité.

Wagner Lohengrin Mon cygne aimé (Georges Thill)Cliquez sur l’image

Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE BUDAPEST…

… comme ne l’a pas chanté Julien Clerc.

Budapest est aujourd’hui la capitale de la Hongrie. C’est une ville qui est née de la fusion, en 1873, de trois villes, Buda sur la rive droite du Danube, Pest sur la rive gauche et Òbuda (le vieux Buda).

Au XVIIIe siècle, cette partie de l’actuelle Hongrie a été « germanisée » par une volonté des Habsbourg d’unifier l’empire austro-hongrois. La capitale était Presbourg (l’actuelle Bratislava, aujourd’hui capitale de la Slovaquie) jusqu’en 1847.

Il y avait en Hongrie depuis la fin du XVIIIe siècle une forme de danse dite du recrutement, que les militaires recruteurs jouaient dans les villages pour faire danser (et boire) les jeunes hommes et ensuite les recruter dans l’armée. Elles s’appelaient les verbunkos et Janos Biari s’est fait une spécialité de ces danses qui alternent des mouvements rapides et lents. On retrouve certains verbunkos dans les Rhapsodies hongroises de Liszt.

Hongrie VerbunkosCliquez sur le recueil de verbunkos

Liszt Rhapsodie hongroise n° 2Cliquez sur le pianiste

En 1838, les inondations du Danube noient une partie de la ville de Pest. Franz Liszt, d’origine hongroise, donnera un concert visant à lever des fonds pour la reconstruction de la ville. Ces inondations provoqueront un choc et modifieront profondément le visage de la ville, notamment avec la construction du pont des Chaînes qui relie les deux rives du fleuve.

Liszt est certainement une des personnalités musicales hongroises les plus célèbres, et je vous parlais récemment de Liszt et la Hongrie.

En 1846, Berlioz se rend à Pest, après son séjour à Vienne en 1845. C’est là qu’il a entendu parler de Rakoczy, un Hongrois opposé à la famille régnante des Habsbourg. Berlioz a alors l’idée d’écrire une marche dans le style hongrois, la fameuse marche de Rakoczy qu’il intégrera à sa Damnation de Faust !

Berlioz la Damnation de Faust Marche hongroiseCliquez sur la marche hongroise

En 1848, le mouvement nationaliste qui secoue toutes les capitales d’Europe se manifeste bien évidemment à Budapest aussi, et répand l’idée d’une Hongrie autonome, sous l’impulsion du poète Petofi.

Ce n’est qu’en 1867 que l’empereur François-Joseph signe le compromis austro-hongrois, qui autorise les Hongrois à former leur propre gouvernement.

Pour le côté institutions musicales, l’orchestre philharmonique de Budapest a été créé en 1853, son premier chef étant Ferenc Erkel (1810-1893). En 1875 Liszt, encore lui, fonde l’académie de musique qui porte aujourd’hui son nom.

En 1884, c’est l’inauguration de l’opéra d’État hongrois avec une reprise de Bank Ban (1861), de Ferenc Erkel, son premier directeur.

Herkel Bank BanCliquez sur Bank Ban

Parmi les compositeurs hongrois, on ne peut pas ne pas citer Béla Bartok (1881-1945) et ses travaux d’ethno- musicologie hongroise, qui ont irrigué sa musique savante. Je vous propose ici un de ses Verbunkos :

Bartok VerbunkosCliquez sur l’image

Le seul opéra de Bartok, le Château de Barbe-bleue a été créé à Budapest en 1919.

Un de ses collègues en musicologie (et en composition) est Zoltan Kodaly (1882-1967). Kodaly a écrit des opéras, dont Harry Janos (dont un des chœurs était un véritable tube lors du rassemblement « Europa Cantat » en 1986, année où j’ai découvert Budapest en me rendant à ce rassemblement avec mon chœur de l’époque).

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Outre ses opéras, il écrit en 1923, pour le cinquantième anniversaire de la création de la ville de Budapest, le Psalmus Hungaricus.

Kodaly Psalmus hungaricusCliquez sur le Psalmus hungaricus

(Source principale [pour la partie historique] : la conférence passionnante de Béatrice Vaida sur le M/S Amadeus Silver II, prononcée le 18 avril 2023.)