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Contes et légendes, Mythologie

DRACULA, ET AUTRES VAMPIRES

Dracula, de Bram Stoker, est sans doute le plus connu des romans de vampires. Pourtant, publié en 1897, ce roman n’est que l’aboutissement d’un long processus s’étant opéré au XIXe siècle, et issu du roman gothique anglais.

L’un des premiers romans « vampirique » est le Vampire (1819) de Polidori. Polidori était un jeune médecin attaché au service de Lord Byron, et il était avec celui-ci et Mary Shelley en Italie lors du fameux « concours » d’histoires macabres. La participation de Mary Shelley à ce concours a été son roman Frankenstein (1818).

En tant que texte fondateur de la littérature vampirique, le Vampire n’a pas tardé à être adapté à l’opéra par Marschner, avec Der Vampyr (1829). Cette même année, une autre adaptation a été faite par Von Lindpaintner.

Marschner der Vampyr ouvertureCliquez sur l’image

Dès 1820, Charles Nodier adapte ce roman pour en faire un mélodrame en français sur une musique de Piccini.

En 1854, c’est un autre texte fondateur du roman gothique, le Moine de Lewis, que Scribe adapte pour Gounod avec sa Nonne sanglante. Le caractère vampirique de cette nonne est clairement indiqué avec « Cette religieuse fantomatique aux vêtements tachés de sang qui inflige au héros des baisers vampiriques ».

Gounod La Nonne sanglante 2Cliquez sur la Nonne sanglante aux baisers vampiriques

Après la parution du Dracula de Stoker, la carrière des vampires est entrée durablement dans notre culture, et on ne compte pas le nombre d’adaptations, au cinéma notamment, de ce mythe.

En 2002 Pierre Henry, l’inventeur de la musique électroacoustique revisite certains thèmes wagnériens avec Dracula, ou la lumière troue le ciel.

Henry Dracula épisode 1Cliquez sur l’image

Cette pièce a elle-même été revisitée par le jeune et brillant Othman Louati et Augustin Muller en 2017, qui ont orchestré certains des passages enregistrés sur bande magnétique par Henry.

Louati DraculaCliquez sur la bande-annonce

(Source principale : la remarquable introduction d’Alain Morvan au volume Dracula, et autres écrits vampiriques de la bibliothèque de la Pléiade, 2019.)

Mes opéras préférés, Mythologie

HERCULES, de HAENDEL (1744)

Hercules a été écrit par Haendel en 1744, et créé sans succès à Londres début 1745.

Techniquement parlant, Hercules de Haendel est, comme l’était Semele, un oratorio, et pas un opéra. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire une présence du chœur renforcée, avec un effectif plus conséquent, se rapprochant, par exemple, de cet autre chef-d’œuvre qu’est le Messie (Messiah).

On a heureusement pris l’habitude au XXxe siècle de donner Hercules en représentation à l’opéra. Le scénario est inspiré des Trachiniennes, de Sophocle, et raconte comment Déjanire, la femme d’Hercule jalouse de la princesse Iole, va faire mourir son mari.

L’histoire commence alors qu’Hercule est parti au combat, pour se venger d’Eurytos, roi d’Oechalie, qui lui avait promis sa fille Iole comme prix d’un concours et n’avait pas tenu sa promesse. Hercule a ravagé le royaume d’Oechalie et a fait prisonnière Iole. Pendant ce temps en Thrace, son peuple et sa femme Déjanire sont sans nouvelle du héros.

Acte I : Une conseillère de Déjanire déplore l’inconsolable chagrin de celle-ci, persuadée que son mari Hercule est mort au combat. Les oracles consultés confirment cette mort, mais Hyllus, leur fils, ne veut pas les croire. Il veut partir à sa recherche, encouragé par le peuple quand Lichas annonce le retour d’Hercule. Celui-ci arrive avec des captifs, dont Iole, la fille d’Eutyros qu’Hercule était parti combattre. Sa grande beauté ne manque pas d’intéresser Hyllus ! Se trouvant face à Hercule, Iole revoit et revit la mort de son père.

Haendel Hercules My father Ah methinks I seeCliquez sur Iole

Hercule annonce que le temps des combats est fini, laissant la place au temps de ses amours avec Déjanire

Acte II : Iole chante sa nostalgie d’un bonheur simple, tandis que Déjanire est persuadée qu’Hercule la trompe avec la trop belle jeune fille.

Haendel Hercules When beauty sorrow's livery wearsCliquez sur l’image

Lichas observe la montée de la jalousie chez Déjanire, alors qu’Hyllus se désespère face à l’indifférence d’Iole, qui n’éprouve aucune sympathie pour le fils de celui qui a tué son père. Hyulle se défend en rappelant le pouvoir universel de l’amour.

Haendel Hercules Jealousy Infernal PestCliquez sur l’image

Pendant qu’Hercule doit faire respecter les rites liés à sa victoire, Déjanire confie à Lichas une tunique destinée à son mari. C’est la tunique de Nessus, une des victimes d’Hercule, tunique qui imbibée de son sang est censée ramener la fidélité dans le cœur de son mari.

Acte III : Lychas raconte qu’Hercule, ayant revétu la tunique offerte par sa femme, a été empoisonné par ce vêtement.

Haendel Hercules Ye sons of Trachin, mourn you valiant chiefCliquez sur l’image

Il est mort dans d’atroce souffrances, en maudissant Déjanire et sa vengeance. Il demande à son fils de mourir sur un bûcher au sommet du mont Oeta.

Quand on informe Déjanire de l’arrivée d’Hercule à l’Olympe, elle se rend compte qu’elle est responsable de la mort de son mari et sombre dans la folie.

Haendel Hercules Where shall I flyCliquez sur Déjanire sombrant dans la folie

Tant de malheur suscite la pitié de Iole.

haendel Hercules My breast with tender pity swellsCliquez sur Iole prise de pitié pour Déjanire

Jupiter décrète alors l’union d’Iole et d’Hyllus ! Le peuple se réjouit de cette fin heureuse.

Haendel Hercules To him your grateful notes of praise belongCliquez sur le peuple se réjouissant de cette fin heureuse

(Source principale : le DVD/Blue Ray du spectacle de l’Opéra de Paris en 2004).

Et si vous en voulez un peu plus, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous en voulez un peu plus

Compositrices, Religion

ILS OU ELLES ONT ÉCRIT DES « STABAT MATER »

L’assomption est une fête catholique célébrée le 15 août, en mémoire de la Vierge Marie, qui serait montée directement au Ciel, sans passer par la case « mort ».

Les cinq chants adressés à la Vierge Marie sont l’Ave Maria, le Magnificat, le Stabat Mater, le Regina Caeli et le Salve Regina.

J’ai déjà consacré des billets aux « Ave Maria » (Je vous salue Marie), cette prière que les catholiques font à la mère de Dieu pour lui demander d’intercéder pour le salut de leurs âmes auprès de Dieu, ainsi qu’aux Magnificats. Voici donc maintenant quelques Stabat Mater, un chant sur la douleur de la Vierge Marie au pied de la Croix.

« Stabat Mater dolorosa. Juxta crucem lacrimosa, Dum pendenat Filius »/

« la Mère de douleur se tient en larmes près de la Croix où pendait son Fils ».

Une des toutes premières mises en musique date de 1616 et a été l’œuvre d’une compositrice, Sulpitia Cesis :

Cesis Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Une des premières mises en musique de ce texte est celle réalisée par Vivaldi en 1712.

Vivaldi Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Une des mises en musique les plus connues de ce texte est celle de Pergolèse, écrite en 1736.

Pergolèse stabat materCliquez sur le Stabat Mater

Un peu moins connu et à peu près de la même époque est celui de Bononcini.

Bononcini Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

Le XIXe siècle connaît encore quelques Stabat Mater, par exemple avec Schubert :

Schubert Stabat MaterCliquez sur le Stabat Mater

ou Rossini (j’ai choisi ici l’extrait « Cujus animam ».

« Cujus animam gemetem, Contristam et delentem, Peretransivit gladius ».

« Un glaive transperça son âme, gémissante, affligée et toute désolée ».)

Rossini Stabat Mater (Cujus animam)Cliquez sur le Stabat Mater

ou Clémence de Grandval en 1870 :

(J’ai choisi ici l’extrait « Juxta crucem ».

« Juxta crucem tecum stare, et me tibi sociare in planctu desidero »

« Je veux me tenir avec vous près de la Croix et m’unir à vous dans votre deuil ».)

de Grandval Stabat Mater Juxta CrucemCliquez sur le Stabat Mater

et jusqu’au tardif Dvorak :

(J’ai choisi ici l’extrait « Eja Mater »

« Eja Mater, fons amoris, me sentire vim doloris fac, ut tecum lugeam ».

Ô Mère, source d’amour, faîtes moi sentir la violence de vos douleurs afin que je pleure avec vous ».)

Dvorak Stabat Mater Eia mater, fons amorisCliquez sur le Stabat Mater

Au XXe siècle, c’est Poulenc qui nous livre un de ses chefs-d’œuvre :

Poulenc Stabat MaterCliquez sur l’image

Divers

MUSIQUE BAROQUE DU NOUVEAU MONDE – LES SOIRÉES BAROQUES DE MONFLANQUIN 2023

Le thème des Soirées baroques de Monflanquin 2023 était le Baroque du Nouveau Monde. Nous y avons donné une sélection de musique baroque soit importée d’Europe par les jésuites partis évangéliser les Amériques, soit de musique baroque écrite par les indigènes dans les missions évangéliques.

Je vous propose ici de retrouver une partie du programme travaillé, puis donné en concert pendant le seconde quinzaine de juillet 2023. Les œuvres sont en latin (Messe, Beatus Vir), en espagnol, voire en quechua !

Bocanegra (XViie siècle) Hanacpachap.

Bocanegra HanacpachapCliquez sur l’image

Zipoli (1688-1726) Beatus Vir.

Zipoli Beatus VirCliquez sur l’image

Sumaya (1678-1755) Misa a cinco voces.

Sumaya Misa a cinco voces (Kyrie Gloria)Cliquez sur l’image

Zéspedes (1619-1678) Convidando esta la noche.

Zéspedes convidando esta la nocheCliquez sur l’image

de Araujo (1648-1712) Los Coflades de la Estleya.

Araujo Los Coflades de la EstleyaCliquez sur l’image

de Salazar -1659-1709) A la estrella.

de Salazar A la EstrellaCliquez sur l’image

Salas (1725-1803) Una noticia alegre.

Salas Una noticia alegreCliquez sur l’image

Fernandes (1565-1629) Xicochi xicochi.

Fernandes Xicochi xicochiCliquez sur l’image

Fernandes Tleycantimo choquililla.

Fernandes Tleycantimo choquilillaCliquez sur l’image

de Araujo Baya de Gira.

de Araujo Baya de GiraCliquez sur l’image

(Source principale : le programme des Soirées baroques de Monflanquin 2023.)

Agenda Ironique

LES CIGALES DU PHARAON

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique prend ses quartiers d’été chez Gibulène. Et qu’est-ce qu’elle demande, Gibulène ?

Vous nous raconterez la conversation de deux cigales observant les vacanciers dans un camping. Elles commentent, bien sûr, avec ironie et causticité.

Les mots à caser : calinotade, patito, cabinets, et fada.

Il vous faudra glisser quelque part « l’homme de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses enfants » (citation empruntée à l’aphoriste Gaëtan Faucer).

Voilà ! à vos plumes, stylos, crayons, feutres, claviers, tout est bon pour y arriver.

Mais tout celà est tellement mieux esspliqué ici :

Les plus tintinophiles d’entre vous auront reconnu dans le titre de cet article le 3e album des aventures de Tintin, reporter au petit XXe.

Dans cet album, qui date de 1932, le dessinateur Hergé qui était encore très jeune à cette époque envoie son fameux reporter au pays des pharaons, qu’il a confondu avec le sud de la France. Ce n’est en effet qu’avec l’album suivant, le Lotus rouge, qu’il a pris l’habitude de se documenter pour nous narrer les aventures de son reporter. Comme les exégètes n’ont pas manqué de le souligner, le dessinateur de BD de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses petits lecteurs. Ce n’est que plus tard qu’il corrigera son album, et lui donnera son titre définitif : les Cigares du pharaon.

Mais foin de calinotade, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cigales. D’où viennent-elles, ces cigales qui enchantent (ou pas) nos festivals d’été. Pour le savoir remontons à l’antiquité, grecque, et intéressons-nous à Éos, la déesse de l’aurore. Condamnée par Aphrodite à collectionner les jeunes amants, elle demanda à Zeus l’immortalité pour Thiton, un de ses préférés. Mais la distraite oublia de demander la jeunesse qui allait avec, et Thiton se mit à vieillir de plus en plus, se ridant et devenant de plus en plus fada, avant que de se métamorphoser en cigale qui dès lors ne s’arrêta plus de chanter.

C’est avec Jean de La Fontaine que les choses ont commencé à se gâter pour la cigale. Il en fit sa patito (ou peut-être convient-il de dire sa patita ?), et la ridiculisa dans une de ses plus fameuses fables, la Cigale et la Fourmi, fable mainte fois mise en musique. On peut en trouver plusieurs versions dans les cabinets de curiosité musicale.

Par exemple, écoutez son chant vu par Camille Saint-Saëns.

Saint-Saëns la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

par Benjamin Godard :

Godard la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

ou par André Caplet :

Caplet la Cigale et la FourmiCliquez sur l’image

Mézalor, demanderez-vous avec raison, elle est où la discussion des cigales demandée dans le cahier des charges initial ? Eh bien, c’est simple, il vous suffit de cliquer sur les trois vidéos précédentes, en même temps, et vous aurez un sextuor composé de trois cigales et de trois fourmis ! Il faut de plus faire l’hypothèse, réaliste, que ces trois cigales se sont donné rendez-vous dans un campigne pour fourmis, appelé le campigne du pharaon, et qu’elles ont passé l’été à chanter en se glosant de la petite vie menée par les fourmis. Alors, elle est pas belle, la vie ?

Et si vous voulez un peu plus de chant des cigales, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez encore un peu plus de chant des cigales.

Écrivains, littérature, Théâtre

Charles-Simon FAVART (1710-1792)

Charles-Simon Favart est né à Paris le 13 novembre 1710.

Après ses études au Collège Louis-le-Grand, il écrit, en 1732, pour le Théâtre des Marionnettes de la Foire Saint-Germain. Il se fait connaître avec l’opéra-comique la Chercheuse d’esprit (1741). En 1743, il devient metteur en scène à l’Opéra-Comique et, après la fermeture de ce théâtre, travaille sous pseudonyme à la Foire Saint-Laurent. Cette même année, Joseph Bodin de Boismortier met en musique son Don Quichotte chez la duchesse.

Bodin de Boismortier Don Quichotte chez la DuchesseCliquez sur l’image

En 1745, il se marie à une chanteuse, Marie-Justine Duronceray, alias Mlle Chantilly.

En 1746, il entre comme chansonnier au service du Maréchal de Saxe. Ce rôle consistait à diriger la troupe de comédiens et de chanteurs qui accompagnaient le maréchal en campagne. Le Maréchal, grand amateur de femmes, a des vues sur madame Favart, et le couple doit prendre la fuite. Ils se réfugient à Bruxelles, où Charles prend la direction du Théâtre de la Monnaie. En 1750, la mort du maréchal les délivre de ses poursuites et ils peuvent rentrer à Paris, sous la protection de madame de Pompadour.

En 1753, Antoine Dauvergne se sert de cet épisode pour sa Coquette trompée.

Dauvergne la Coquette trompéeCliquez sur l’image

Un gros siècle plus tard, c’est Offenbach qui en a tiré en 1878 une opérette, Madame Favart.

Offenbach Madame Favart OuvertureCliquez sur l’image

À Paris, Charles travaille pour l’Opéra-Comique, réouvert en 1752 et la Comédie Italienne. Il écrit des livrets pour les compositeurs célèbres de son époque tels que Philidor, Monsigny, ou l’inévitable Grétry. Il envoie également ses livrets à Vienne où Gluck les met en musique. C’est d’ailleurs à Favart que Gluck demandera de traduire son Orfeo ed Euridice en français.

Gluck Orphée et EuridyceCliquez sur l’image

En 1753, Marie-Justine écrit les Amours de Bastien et Bastienne, une parodie du Devin du Village de Rousseau. Son argument est repris par les librettistes qui ont fourni à Mozart son deuxième opéra, Bastien und Bastienne.

Mozart Bastien et Bastienne Diggi, daggiCliquez sur l’image

En 1761, Favart écrit les trois Sultanes.

En 1772, sa femme Marie-Justine meurt.

Co-directeur (et co-fondateur) de l’actuel Opéra-Comique, on donne le nom de Favart au Théâtre des Italiens, l’actuelle salle Favart, en 1783.

Charles Favart meurt à Belleville le 12 mai 1792, à l’âge de 81 ans.

(Source principale : Dictionnaire de la Musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, Fayard, 1992.)

littérature, Oulipo, Poésie

LE BATEAU IVRE, de RIMBAUD (Quatrains 16 à 20)

Après les première , deuxième et troisième tranches du Bateau ivre d’Arthur (Arc-en-ciel) Rimbaud, voici la quatrième tranche, soit les quatrains 16 à 20. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui donc, la suite de ce morceau de bravoure. Ce poème étant assez vaste dans ses proportions (vingt-cinq quatrains, soit cent vers, ou encore 1200 pieds, et donc l’équivalent de 1,2 myriapode), je dois le découper en fines tranches pour le traiter entièrement, au fil des mois (Arthur, si tu me lis, pardonne-moi !)

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…

Debussy le Martyre de Saint-SébastienCliquez sur l’image

Poulenc Stabat MaterCliquez sur l’image

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Janacek Jenufa Zdravas kralovno (Ave Maria)Cliquez sur l’image

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

Britten Peter Grimes scène finaleCliquez sur l’image

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

les-eclairs-solistes-cheffe-echenoz-et-hersantCliquez sur l’image

Citations musicales :

Martyr : Debussy, le Martyre de Saint-Sébastien.

Une femme à genoux : Poulenc, Stabat Mater. Cette femme à genoux pourrait être la Vierge Marie, pleurant au pied de la Croix.

Des noyés descendaient : Dans Jenufa, de Janacek, la marâtre de Jenufa profite de la maladie de celle-ci pour lui voler son bébé et aller le noyer dans les eaux de la rivière qui va bientôt geler.

La carcasse ivre d’eau : Dans Peter Grimes de Britten, le héros accusé par les villageois d’avoir tué ses mousses finit par prendre la mer avec son bateau et le fait couler au large.

Lunules électriques: Hersant, Les Éclairs. Dans cette adaptation à l’opéra du roman Des Éclairs de Jean Echenoz, le héros est l’inventeur Nikola Tesla, célèbre pour ses inventions dans le domaine de l’électricité.

Divers

QUELQUES SÉRÉNADES – PARTIE 2 (PAS À L’OPÉRA)

Après les sérénades chantées à l’opéra, voici une deuxième série de sérénades, écrites cette fois pour des instruments (et des voix). (Rappel : la sérénade est un concert que l’on donne en début de soirée (ou la nuit), à une personne à qui on veut plaire, souvent dans un contexte amoureux.)

Mozart a écrit plusieurs sérénades. Parmi celles-ci, la sixième est appelée Sérénade nocturne (Serenata notturna).

Mozart Sérénade nocturneCliquez sur l’image

SCHUBERT a écrit Standchen (Sérénade), un lied repris dans le recueil posthume le Chant du Cygne.

Schubert Standchen (Sérénade)Cliquez sur l’image

Quant à TCHAÏKOVSKI, il nous a proposé cette Sérénade pour cordes op. 48.

Tchaïkovski Sérénade pour cordes op. 48Cliquez sur l’orchestre

Parmi les premières œuvres orchestrales de BRAHMS figurent deux sérénades. La seconde est dédiée à Clara SCHUMANN :

Brahms Sérénade n 2Cliquez sur la sérénade

En 1890, Ethel Smyth écrit la Sérénade en Ré majeur.

Smyth Sérénade en ré majeur

Dans les Préludes de DEBUSSY, le neuvième est intitulé « la Sérénade interrompue« .

Debussy Préludes la sérénade interrompueCliquez sur le pianiste

BRITTEN, lui, a écrit cette Sérénade pour ténor, cor et cordes op. 31

Britten sérénade pour cor, ténor et cordes op 31Cliquez sur le corniste et le ténor

Divers

QUELQUES SÉRÉNADES : PARTIE 1, À L’OPÉRA

La sérénade est un concert que l’on donne en début de soirée (ou la nuit), à une personne à qui on veut plaire, souvent dans un contexte amoureux. Il ne faut pas la confondre avec l’aubade, qui est un concert donné à l’aube. Comme il est souvent question d’amour à l’opéra, il n’est dès lors pas étonnant d’y trouver moult sérénades !

Mozart en était un spécialiste, ainsi dans Cosi fan tutte :

Mozart Cosi Secondate, aurette amicheCliquez sur l’image

ou dans Don Giovanni :

Mozart Don Giovanni Deh, vieni alla finestraCliquez sur Don giovanniCliquez sur Don Giovanni

Il sera suivi par Rossini avec son Barbier de Séville :

Rossini Barbier ecco ridente in cieloCliquez sur l’image

puis par Donizetti et son Don Pasquale (1843)

Cliquez sur l’image

plus tard ce seront Berlioz et sa Damnation de Faust :

voici des rosesCliquez sur l’image

et Gounod et son Faust :

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur l’image

Dans les Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner, le héros David croyant que son rival Beckmesser donne la sérénade à son aimée provoque un beau charivari en plein milieu de la nuit.

Wagner les Maîtres Chanteurs final acte II

LeonCavallo nous propose dans Paillasse la sérénade « O Colombina ».

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) O ColombinaCliquez sur l’image

Divers, Mythologie

AUBES ET AURORES (AU PETIT MATIN…)

« – Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
– Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »

Giraudoux : Électre

Après le billet consacré au crépuscule du soir, en voici un consacré au crépuscule du matin, encore appelé aube ou aurore.

Éos, déesse grecque de l’aurore était sœur d’Hélios (le soleil) et de Séléné (la lune). On la trouve dans un mythe souvent mis en musique, celui de Céphale et Procris, et ce dès 1694 avec la tragédie lyrique d’Élisabeth Jacquet de la Guerre, puis dans le premier opéra écrit en russe par l’Italien Araja en 1755, et en 1773 dans l’opéra de Grétry et encore en 1934 dans l’opéra de Krenek.

céphale et procris jacquet de la guerre

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céphale et procris araja

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La Khovantchina de Moussorgski commence à l’aube quand une patrouille de soldats se rémémore avec joie les massacres qu’ils ont fait la veille.

Moussorgski la Khovantchina danses persanes 2Cliquez sur l’image

Dans Tosca (1899) de Puccini, au début du 3e acte, on entend un extraordinaire concert des cloches de Rome qui sonnent pour saluer le lever du jour. Juste après, Cavaradossi, le héros condamné à mort, chante l’air  » E lucevan le stelle  » (un des grands airs du répertoire), dans lequel il se souvient des bons moments passés sous les étoiles auprès de son amante Flora Tosca.

tosca acte 3

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