Thomas Corneille naît à Rouen le 20 août 1625. C’est le petit frère de Pierre Corneille qu’il suivra tout au long de sa vie.
Comme son grand frère, il fait des études de droit avant de s’orienter vers l’écriture.
Thomas se marie avec Marguerite de Lamperière, avec qui ils auront un enfant, François. Marguerite était la sœur de Marie, la femme de Pierre.
Lorsque Pierre quitte Rouen pour Paris, Thomas le suit. Il commence sa carrière littéraire par des comédies.
En 1656, il s’essaye à la tragédie avec Timocrate, qui connaît un très beau succès.
En 1675, il écrit la tragédie en musique Circé, une « pièce à machines », c’est-à-dire pleine d’effets spéciaux, qui était accompagnée d’une musique de Marc-Antoine Charpentier.
Cliquez sur l’image
En 1677, après la mort de Molière et à la demande d’Armande Béjart, il versifie le Festin de pierre (Dom Juan), de celui-ci.
En 1681, il écrit une pièce, La Pierre philosophale, avec une musique de scène de Charpentier. Peut-être à cause de son sujet ésotérique, cette pièce n’a aucun succès.
Cliquez sur l’image
Parmi les livrets d’opéra de Thomas Corneille, on peut citer Psyché (1678), mis en musique par Lully,
Cliquez sur l’image
Bellérophon (1679), écrit en collaboration avec Fontenelle et mis en musique par Lully,
Issu d’une famille intellectuelle, Arrigo étudie le violon, le piano et la composition entre 1855 et 1860 au Conservatoire de Milan. En 1860, à l’époque de l’unification de l’Italie, il compose une cantate patriotique, Il quattro Giugno, et se rapproche de Garibaldi. En récompense, le roi Victor-Emmanuel II lui octroie une bourse lui permettant de voyager pendant deux ans. Il se rend à Paris où il découvre la musique française de son époque.
Revenu à Milan, Boïto se lance dans la composition de son premier opéra, Mefistofele, d’après le Faust de Goethe. La création le 5 mars 1868 à la Scala de Milan est un échec, et l’œuvre est vite retirée de l’affiche.
Cliquez sur le final de Mefistofele
Compositeur ET librettiste, Boïto écrit des livrets d’après Shakespeare (Amleto pour Faccio) ou Victor Hugo (La Gioconda pour Ponchielli).
Cliquez sur l’image
En 1875, Ricordi, l’éditeur de Verdi, met les deux hommes en relation. Leur collaboration commence par une réécriture du livret de Simon Boccanegra,
Cliquez sur Simon
et se poursuit avec les deux derniers opéras de Verdi, Otello et Falstaff.
Cliquez sur Otello et Desdemona
Cliquez sur le final de Falstaff
Outre Mefistofele, Boïto travaille à la fin de sa vie à Nerone, un second opéra qu’il n’achève toutefois pas.
Cliquez sur l’image
Arrigo Boïto meurt à Milan le 10 juin 1918, à l’âge de 76 ans.
Eugène Ionesco est né le 26 novembre 1909 en Roumanie. Son père est licencié en droit et sa mère est la fille d’un ingénieur français travaillant aux chemins de fer roumains.
En 1911, la famille s’installe à Paris. En 1916, quand l’Allemagne entre en guerre contre la Roumanie, Eugène Ionesco père rentre à Bucarest, laissant sa femme et ses deux enfants à Paris. À Bucarest, le père entame une procédure de divorce au titre que sa femme aurait quitté le domicile conjugal ! Eugène Ionesco junior supporte mal cette situation, Thérèse et ses enfants vivant pauvrement chez la mère de celle-ci.
En 1922, le jeune Eugène rejoint son père à Bucarest. Il ne supporte ni l’autorité de son père ni le caractère de sa marâtre. En 1926, il part habiter chez sa mère. Au lycée, il découvre la poésie de Tzara, ainsi que les surréalistes français, Breton, Soupault, Aragon et Crevel.
En 1929, bac en poche, Eugène s’inscrit à la faculté de lettres, contre l’avis de son père qui veut en faire un ingénieur. Il commence à écrire et publier des poèmes. De 1929 à 1935, il a une importante activité de poète et de critique dans divers journaux roumains.
En 1936, Eugène épouse Rodica Burileanu, une amie qu’il avait rencontrée à l’université.
En 1938, Ionesco obtient une bourse d’études en France. En août 1940, il retourne en Roumanie où il occupe un poste d’enseignant. En 1942, le couple Ionesco revient en France et s’installe à Marseille. Fin 1944, ils ont une fille, Marie-France. En 1945, ils s’installent à Paris et Ionesco retrouve son ami Mircea Eliade qu’il avait connu quelques années auparavant à Bucarest.
En 1948, Eugène Ionesco traduit en français une pièce écrite en 1942 et en roumain. C’est la Cantatrice chauve ! La Cantatrice chauve est créée le 11 mai 1950, sans grand succès critique, mais attire l’attention des surréalistes. 1950 est également l’année de la Leçon, de Jacques ou la soumission et des Salutations. Sa première pièce sera aussi son plus grand succès, avec des traductions dans tous les pays. La Cantatrice chauve fera l’objet d’un opéra de Luciano Chailly, créé à Vienne le 5 novembre 1986 et un de Gérard Calvi, créé en 1990 à Paris.
Cliquez sur la cacophonie finale
Début 1951, création de la Leçon. Ionesco écrit les Chaises, le Maître et l’Avenir est dans les œufs. Il entre au Collège de Pataphysique où il aura le grade de transcendant satrape, comme Raymond Queneau ou Boris Vian. L’Avenir est dans les œufs évoque le même thème nataliste que l’on trouvait dans Les Mamelles de Tiresias d’Apollinaire.
La Leçon fera en 1963 l’objet d’un ballet sur une musique de George Delerue.
Cliquez sur la leçon
En 1952, il écrit Victimes du devoir, et la Cantatrice chauve commence son extraordinaire carrière au théâtre de la Huchette. Depuis cette époque, la pièce n’a jamais quitté l’affiche et est toujours jouée tous les soirs à 18h30. Ionesco écrit aussi une pièce radiophonique pour le club d’essai de la radio animé par Jean Tardieu, Le Salon de l’automobile.
En 1954, les éditions Gallimard publient le Théâtre I. Création de Amédée ou comment s’en débarrasser, une pièce écrite l’année précédente. Ionesco reçoit à Honfleur le « prix séculaire d’horticuture allaisienne ». En 1955, Ionesco écrit l’Impromptu de l’Alma alors que l’on crée la pièce Jacques ou la soumission.
En 1957, on crée une pièce dont le texte est perdu : l’Impromptu pour la duchesse de Windsor. La musique est signée Pierre Boulez. En 1958, Ionesco écrit Rhinocéros qui sera créé l’année suivante en Allemagne et en France et en Angleterre en 1960. Il écrit l’argument d’un ballet, Apprendre à marcher, sur une musique de Malec.
Rhinocéros fera l’objet d’une adaptation musicale en 1990 sous le titre Born again, avec une musique de Jason Carr.
En 1962, Ionesco écrit Le Roi se meurt ainsi que Le Piéton de l’air. Le Roi se meurt sera porté à l’opéra par Sutermeister en 1985, sous le titre Le Roi Bérenger alors que Le Piéton de l’air sera créé en France avec une musique de Delerue.
En 1964, Ionesco écrit à la demande d’une université américaine les Exercices de conversation et de diction françaises pour étudiants américains. Ces exercices feront l’objet d’un opéra-bouffe de Gérard Calvi en 1975. En 1983, Isabelle Aboulker en fera également une adaptation lyrique.
Cliquez sur l’image
1964 est aussi l’année de la version opéra de la Photo du colonel, musique et livret de Humphrey Searle, pièce créée le 30 décembre à Düsseldorf.
En 1965, la télévision danoise crée le ballet le Jeune Homme à marier de Per Nørgård.
En 1970, Eugène Ionesco est élu à l’Académie française. Il publie des contes pour enfants. En 1972, il écrit Macbett et en 1975 L’Homme aux valises et Ce formidable bordel.
En 1971, le Danois Thomas Koppel écrit un ballet sur Le Triomphe de la mort.
Cliquez sur l’image
Sur la fin de sa vie, Ionesco écrit moins, mais est honoré partout dans le monde. Il se consacre à la peinture.
En 1988, il écrit le livret de Maximilien Kolbe, un opéra sur une musique de Dominique Probst. Cet opéra est créé le 20 août à Rimini.
En 1993, Isabelle Aboulker écrit La Lacune d’après une de ses pièces.
Eugène Ionesco meurt le 28 mars 1994 à Paris, à l’âge de 84 ans.
(Source principale : Eugène Ionesco, theâtre complet, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1990.)
Jean Racine naît le 22 décembre 1639, à La Ferté-Milon. Il est issu d’une famille de « contrôleurs du petit grenier à sel » de La Ferté-Millon sur plusieurs générations.
Sa mère meurt alors qu’il était âgé d’un an, et son père deux ans plus tard. Jean Racine est alors élevé, avec sa sœur, par son grand-père.
On l’envoie à Beauvais apprendre le latin. Il sort du collège en 1655 et on l’envoie à Port-Royal, où il reste trois ans avant de partir à Paris pour faire sa philosophie.
En 1661, Racine se rend à Uzès auprès d’un de ses oncles jouissant d’un bénéfice ecclésiastique. Il se destine alors à la prêtrise pour recevoir ce bénéfice de la part de son oncle, mais ne va pas jusqu’au bout de la démarche et revient à Paris en 1663.
En 1664, il fréquente Molière. La première pièce de Racine, la Thébaïde, est jouée par la troupe de Molière après l’interdiction du Tartuffe par Loulou XIV. Le sujet de la Thébaïde est tiré de l’Antigone de Sophocle.
En 1665, le peu connu (de nos jours) Alexandre le Grand lui vaut les faveurs du roi Louis XIV et de Mme de Montespan. Dès lors ses tragédies seront très bien reçues à la cour. Alexandre a inspiré un opéra à Lefroid de Méreaux en 1783. Cet Alexandre le Grand sera la cause de la brouille entre Molière et Racine, pour une question de partage des droits d’auteur.
Dès lors et pendant quelques années, Racine enchaînera les tragédies, qui sont toutes entrées dans le répertoire classique. Andromaque (1667) a inspiré à Grétry un opéra du même nom en 1780, ainsi qu’à Rossini son Ermione en 1819. Saint-Saëns a écrit une musique de scène pour Andromaque en 1903.
Cliquez sur l’image
En 1668, Racine écrit sa seule comédie, les Plaideurs. En 1669, c’est Britannicus, pièce pour laquelle André Jolivet a écrit une musique de scène en 1946.
En 1670, c’est Bérénice. La Clémence de Titus de Mozart, dont le livret est une adaptation de celui écrit par Métastase, est indirectement inspiré de Bérénice (1670).
En 1672, Racine écrit Bajazet, et en 1673 Mithridate, dont Mozart encore s’est inspiré pour son Mithridate, Roi du Pont.
Fin 1672, Racine est nommé à l’Académie française.
En 1674, il écrit Iphigénie dont Gluck s’inspirera pour son Iphigénie en Aulide.
Cliquez sur l’image
Encore un chef-d’œuvre en 1677 avec Phèdre, pièce pour laquelle Racine s’est inspiré d’Euripide avec son Hippolyte. Phèdre a inspiré Rameau pour son opéra Hippolyte et Aricie (1733). En 1786, c’est Jean-Baptiste Moyne qui écrit la tragédie lyrique Phèdre et deux siècles plus tard, Britten écrira la cantate Phaedra.
Cliquez sur l’image
En 1677, Racine abandonne l’écriture de ses pièces pour devenir historiographe de Loulou XIV. Il se réconcilie avec ces Messieurs de Port-Royal, et abandonne sa maîtresse pour épouser Catherine de Romanet, issue comme lui de la bourgeoisie. Ils auront sept enfants. Parmi ses charges d’historiographe, il y avait l’écriture des hauts faits du roi sous les médailles représentant ses hauts faits. Ainsi en 1683, il entre avec son ami Boileau à l’Académie royale des inscriptions et médailles (aujourd’hui Académie des inscriptions et belles lettres.)
En 1689, à la demande de Mme de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques pour les demoiselles de Saint-Cyr :
Esther (1689) qui a été écrit avec des chœurs de Moreau. Haendel en tirera l’argument de son premier oratorio (1714). Deux ans après le même Moreau a écrit la musique accompagnant Athalie (1691), ses chœurs étant réécrits par Gossec un siècle plus tard, puis par Boïeldieu en 1813. Comme Esther, cette pièce a inspiré un oratorio à Haendel, Athalia (1733) et Mendelssohn a également composé une musique de scène pour Athalie, et Boris Yoffe un opéra en 2006.
Cliquez sur l’image
En 1694, il écrit, toujours à la demande de Madame de Maintenon, quatre Cantiques spirituels, dont trois furent mis en musique par Jean-Baptiste Moreau, Michel-Richard de Lalande, Pascal Colasse et Jean-Noël Marchand. Plus tard, c’est Fauré qui écrit son Cantique de Jean RACINE (1865), si agréable à chanter (et à écouter).
Cliquez sur l’image
Ce cantique a également été mis en musique par Mel Bonis.
Cliquez sur l’image
Pascal Colasse (1649 – 1709) (qui a également écrit des opéras sur des livrets de La Fontaine et de Rousseau) a mis en musique les Cantiques spirituels.
Cliquez sur l’image
Jean Racine meurt le 21 avril 1699 à Paris, à l’âge de 59 ans.
(Source : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions FAYARD 1992.)
Le petit William Shakespeare naît en avril 1564 à Stratford-upon-Avon, sous le règne d’Elisabeth 1re.
Sa découverte dans sa jeunesse des Métamorphoses d’Ovide le marque, et on en trouvera des traces dans son œuvre. Shakespeare quitte l’école vers treize ans, son père ne pouvant plus lui payer ses études.
En 1582, William doit se marier en urgence avec Anne Hathaway, de sept ans plus âgée, enceinte de Susanna, leur premier enfant. Trois ans plus tard naîtront des jumeaux, Judith et Hamnet.
Que devient-il entre 1585, où il quitte Stratford et 1592, où on retrouve sa trace comme dramaturge et acteur à Londres ? Nul ne sait. Lors de la fermeture des théâtres pendant deux ans en 1592 à cause de la peste, Shakespeare écrit deux poèmes, Vénus et Adonis (1593) et le Viol de Lucrèce (1594). Ces œuvres sont dédiées au comte de Southampton, probable amant de William, pour qui il aurait aussi écrit ses Sonnets.
En 1595, Shakespeare aborde le théâtre avec la Tempête, qui sera adaptée à l’opéra par Thomas Adès en 2005.
En 1595 ou 1596, il écrit le Songe d’une nuit d’été, qui a inspiré Purcell avec the Fairy Queen (1692), Weber avec Obéron (1826), Mendelsssohn qui a écrit une musique de scène pour cette pièce, Ambroise Thomas avec le Songe (1850) et encore Britten avec son opéra du même nom datant de 1960.
Cliquez sur l’image
En 1597, il écrit Roméo et Juliette, Richard II et Richard III. Roméo et Juliette est certainement une des pièces les plus mises en musique avec notamment Bellini et son I Montaigu et I Capuletti (1830), Berlioz avec sa Symphonie dramatique du même nom (1839), Gounod et son grand opéra de 1867, Tchaïkovski et son Ouverture Fantaisie de 1869, Prokofiev et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).
Cliquez sur l’image
En 1602 paraît les Joyeuses commères de Windsor, une comédie probablement écrite en 1597 où apparaît le personnage de sir John Falstaff. Les Joyeuses commères de Windsor a fait l’objet d’une adaptation à l’opéra par Otto Nicolaï (1849), et Falstaff est le héros du Falstaff de Salieri (1799), du Songe d’une nuit d’été d’Ambroise Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff amoureux de la reine Elisabeth 1re, et surtout du dernier opéra de Verdi, Falstaff (1893).
Cliquez sur l’image
En 1603, Shakespeare écrit une autre de ses œuvres majeures, Hamlet, qui a inspiré Ambroise Thomas (Hamlet) en 1868, mais aussi Liszt avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et Chostakovitch qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.
Cliquez sur l’image
1603 est probablement l’année de composition d’un des drames de la jalousie, Othello, qui sera mis en musique par Rossini (1816) et par Verdi (Otello, 1887).
Cliquez sur l’image
En 1613, Shakespeare arrête d’écrire, avec Henry VIII et les Deux Nobles Cousins. Il se retire alors à Stratford.
William Shakespeare meurt le 23 avril 1616 à Stratford, à l’âge de 52 ans.
(Source principale, pour la partie biographique : l’album de la Pléiade 2016, de Denis Podalydès, éditions Gallimard, 2016.)
Étienne Mallarmé, dit Stéphane, naît le 18 mars 1842 à Paris. Son père était employé à l’administration de l’Enregistrement et des Domaines. En 1844 naît sa sœur Maria (qui mourra à l’âge de 13 ans). Stéphane perd sa mère en 1847 et son père se remarie l’année suivante.
En 1850, Stéphane entre en pension à Auteuil. Ses études sont assez médiocres. Ses premiers écrits connus datent de 1854, et en 1855, il est renvoyé de la pension de Passy. Stéphane part alors en pension à Sens.
En 1860, il entre comme surnuméraire à l’administration des enregistrements à Sens, ce qu’il appelle « ses premiers pas dans l’abrutissement ».
En 1862, Mallarmé publie pour la première fois : des articles ainsi que son poème Placet (Placet futile). Il courtise Christina (Maria), une jeune Allemande avec qui il s’installe à Londres en fin d’année.
En 1863, il se marie à Londres avec Maria. Mallarmé obtient son certificat d’aptitude à l’enseignement de l’anglais, et est nommé professeur à Tournon, en Ardèche.
En 1864, il commence une œuvre qui l’occupera toute sa vie, Hérodiade. 1864 est aussi l’année de la naissance de sa fille, Geneviève.
En 1865, il écrit Faune (première version du Prélude à l’après-midi d’un faune) et Sainte.
En 1866, des poèmes de Mallarmé paraissent dans le Parnasse contemporain. Après la parution de ces poèmes, il est renvoyé du lycée de Tournon sous la pression des parents d’élèves. Il est alors nommé au lycée de Besançon. Cette année-là, il rencontre « le néant » qui le lancera dans sa recherche vers l’absolu. Vers la fin de l’année, il commence une correspondance avec Verlaine.
En 1871, c’est la naissance de son fils Anatole. La mort d’Anatole à l’âge de 8 ans marquera profondément Mallarmé.
En 1872, lors d’un « dîner des Vilains Bonshommes », Mallarmé côtoie Rimbaud.
En 1874, Mallarmé se lance dans une aventure originale : il lance La dernière Mode, un journal de mode pour femmes dont il écrit tous les articles, et qui aura 8 numéros !
En 1875, il traduit des poèmes de Poe, dont le fameux Corbeau, qui paraîtra avec un frontispice de son ami Manet. Mallarmé s’installe rue de Rome, à Paris. C’est là que se tiendront ses fameux « mardis ».
En 1876, il fait paraître le Prélude à l’après-midi d’un faune, illustré par Manet, ainsi que le Tombeau d’Edgar Poe (Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.)
En 1884, son ami Debussy met en musique le poème Apparition. C’est cette même année que Mallarmé fait allusion à son amie Méry Laurent.
Cliquez sur l’image
Mallarmé faisait partie du cercle des premiers admirateurs français de Wagner (mort en 1883). À la demande de « la Revue wagnérienne », il salue sa mémoire dans le poème Hommage (« Le silence déjà funèbre d’une moire »).
En 1891, à l’occasion d’un de ses « mardis », il rencontre Oscar Wilde qui écrira, sur le même sujet qu’Hérodiade, Salomé. Salomé sera adapté à l’opéra par Richard Strauss.
En 1892, Debussy commence la mise en musique du Prélude à l’après-midi d’un faune.
Cliquez sur l’image
En 1893, Mallarmé fait valoir ses droits à la retraite. En 1894, il donne deux conférences sur « la Musique et les Lettres » à Oxford et à Cambridge.
En 1896, il travaille sur Un coup de dés jamais, pour lequel son éditeur a le projet du « plus beau livre du monde ».
Mallarmé meurt le 9 septembre 1898 à Valvins, à l’âge de 56 ans. Hérodiade reste définitivement inachevée.
Ses poèmes ont également inspiré Ravel (trois poèmes de Mallarmé) ou encore Boulez (Pli selon pli) et Graciane Finzi (Un coup de dés jamais n’abolira le hasard).
Cliquez sur l’image
Cliquez sur l’image
(source principale : la chronologie des Œuvres complètes dans la bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1998.)
Cet article est une refonte complète d’un de mes tout premiers articles, que vous pouvez retrouver ici : « Mallarmé et la musique« .
Retrouvez ci-dessous des liens vers quelques poèmes mallarméens illustrés sur ce blog :
Alfred de Musset naît à Paris le 11 décembre 1810. Fils d’une famille aristocratique, il suit des études classiques, qui ne l’intéressent guère, et commence à écrire très tôt. En 1829, il publie son premier recueil de poésies, les Contes d’Espagne et d’Italie.
Fin 1830, Musset a donc 20 ans quand il publie sa première pièce de théâtre, la Nuit vénitienne. L’insuccès de cette pièce fera qu’il se bornera ensuite à écrire pour la Revue des deux mondes, sans chercher à faire représenter son œuvre. La Coupe et les Lèvres (1831), paru ainsi dans un Spectacle dans un fauteuil, le premier recueil de ces pièces, servira d’argument à Puccini pour son deuxième opéra, Edgar.
Cliquez sur l’image
En 1832, il écrit André del Sarte, qui sera adapté à l’opéra 150 ans plus tard par Daniel-Lesur, sous le titre Andrea del Sarto (1968).
Cliquez sur l’image
En 1833, Musset part à Venise avec son amante, George Sand, mais le couple ne dure pas longtemps, Alfred fréquentant les grisettes pendant que George est malade. Elle se réfugie alors dans les bras de son médecin alors qu’Alfred tombe malade à son tour. Il restera de cette liaison un des chefs-d’œuvre de Musset, Lorenzaccio (1834), écrit sur un texte aimablement fourni par Sand, ainsi que le roman autobiographique les Confessions d’un enfant du siècle (1836).
Auparavant, il avait écrit les Caprices de Marianne en 1833, qui fera l’objet d’une adaptation à l’opéra par Henri Sauguet en 1954.
Cliquez sur l’image
1834 est l’année d’On ne badine pas avec l’amour. Saint-Saëns écrira une musique de scène en 1917. C’est aussi l’année de Fantasio, qui sera mis en musique en 1872 par Offenbach, alors qu’Ethel Smyth écrira son premier opéra, Fantasio, en 1898.
Cliquez sur l’image
En 1835, c’est le Chandelier. Offenbach écrira une suite avec l’opéra-comique la Chanson de Fortunio (1861), et Messager Fortunio (1907).
Cliquez sur l’image
Musset se sépare définitivement de George Sand. Musset tombe amoureux d’une femme mariée. Leur liaison dure trois semaines, mais les deux êtres resteront amis pendant 22 ans. C’est chez elle qu’il rencontre une cousine, avec qui il entame une liaison durable, elle lui proposera même de l’épouser, mais Musset rencontre Pauline Viardot et se désintéresse de sa cousine. Pauline n’est pas intéressée par les amours du poète, mais a écrit de la musique sur ses textes.
Cliquez sur l’image
Entre-temps, il écrit les Nuits de 1835 à 1837, un recueil de quatre longs poèmes très représentatifs du romantisme à la française.
En 1845, Musset est nommé chevalier de la Légion d’honneur et en 1852, il entre à l’Académie française. Mais la santé de Musset, alcoolique et syphilitique décline.
En 1850, il écrit encore Carmosine, qui fera l’objet d’une mise en musique en 1907 par Henry Février et en 1928 par Ferdinand Poise.
Musset meurt de la tuberculose à Paris le 2 mai 1857, à l’âge de 46 ans.
Outre son théâtre, certaines poésies ont été également mises en musique. C’est le cas de Nous venions voir le taureau que Léo Delibes a transformé en les Filles de Cadix, alors que Lalo a composé les mélodies À une fleur, Chanson de Barberine et la célébrissime Ballade à la lune.
Cliquez sur l’image
(Source principale : Musset Théâtre complet, Gallimard, la bibliothèque de la Pléiade, 1934)
Prosper Mérimée, l’auteur de la nouvelle Carmen, est né à Paris le 28 septembre 1803.
Jeune homme, il fréquente dans les salons littéraires Stendhal ou Sainte-Beuve. Il a aussi l’occasion de traduire les vers d’Ossian. Attiré par la redécouverte du gothique au début du XIXe siècle, Mérimée est un préfigurateur du romantisme en France.
Comme beaucoup d’autres, Prosper suit des études de droit avant d’entamer une carrière d’écrivain. Il prend également des cours de piano, de chant et de direction de chœur et apprend plusieurs langues, dont le russe. En 1825, il prend un pseudonyme pour publier ses premières pièces sous le nom de Théâtre de Clara Gazul, dont le Carrosse du saint-Sacrement. Le Carosse du Saint Sacrement a inspiré la Périchole à Offenbach, ainsi qu’un opéra de Lord Berners en 1924, et un opéra d’Henri Busser en 1948.
Cliquez sur la Périchole
En 1829, Mérimée publie, toujours sous pseudonyme, les Chroniques du règne de Charles IX. Cette œuvre a inspiré à Hérold son Pré aux clercs,
En 1830, il travaille dans les ministères de la Marine et du Commerce avant d’accéder au poste d’Inspecteur général des monuments historiques, poste qui le mène à effectuer de nombreux voyages dans toute la France. Il confie alors, pour le meilleur et pour le pire, à l’architecte Viollet le Duc la restauration d’un certain nombre de monuments très dégradés, dont Notre-Dame de Paris.
En 1830 également, lors d’un voyage en Espagne, il fait la connaissance de la famille Montijo. C’est la comtesse de Montijo qui lui donne l’idée de Carmen. Mérimée est proche de ses filles, Maria et Eugénie et bien plus tard, quand Eugénie deviendra impératrice, Mérimée entrera dans le cercle des proches de la famille impériale. En 1853, il est nommé sénateur. C’est pour l’impératrice qu’il écrit en 1857 sa fameuse dictée.
En 1833, Mérimée a une brève liaison avec George Sand, avec qui il allait à l’opéra.
En 1835, il publie sous son nom la nouvelle fantastique la Vénus d’Ille. Cette nouvelle inspirera Schoek en 1922 et Büsser en 1964.
Ses voyages en Corse inspirent Mérimée qui, après Matteo Falcone en 1829, publie Colomba en 1840. Mateo Falcone inspirera César Cui en 1906-1907 et Colomba Büsser en 1921 et Jean-Claude Petit en2004.
Cliquez sur l’image
Entre-temps, en 1844, Mérimée est entré à l’Académie des Inscriptions et belles lettres et à l’Académie française. En 1845, il publie sa nouvelle la plus connue, Carmen.
C’est encore pour faire frémir la famille impériale qu’il écrit en 1869 sa dernière œuvre, la nouvelle fantastique Lokis.
Prosper Mérimée meurt à Cannes le 23 septembre 1870, à l’âge de 66 ans, et cinq ans avant la création de l’adaptation de Carmen à l’opéra par Bizet.
« Dico Homerum Caecum fuisse », disait le grand Gaffiot ! (traduction : On dit qu’Homère était aveugle.)
La tradition attribue à Homère deux des plus anciennes œuvres occidentales, l’Iliade et l’Odyssée. L’Odyssée raconte le périple qu’a dû suivre Ulysse pour retourner chez lui après la guerre de Troie.
De par leur portée archétypale, les aventures d’Ulysse ont toujours inspiré les compositeurs, et ce dès Monteverdi avec son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (il Rittorno d’Ulisse in patria sua).
Ulysse était le roi d’Ithaque, marié à Pénélope dont il a eu un fils, Télémaque. Héros de la guerre de Troie, et donc de l’Iliade. Il mettra dix ans à rentrer chez lui, dix ans d’aventures plus merveilleuses les unes que les autres. En effet, Poséidon s’opposera à ce retour, mais heureusement la déesse Athéna protège Ulysse.
Dans son périple, il échappe aux pièges des monstres marins Charybde et Scylla, combat le cyclope Polyphème, réussit à écouter le terrible chant des sirènes, passe un an auprès de l’enchanteresse Circé.
On trouve le personnage de Polyphème dans Acis et Galathée, de Lully (1686), dans Polyphème (1700) de Clérambault et dans Acis and Galatea d’Haendel (1718) ou encore dans Polifemo (1735) de Porpora.
Plus près de nous, Jean Cras écrira Polyphème (1914) sur un texte du poète symboliste Albert Samain.
Poséidon envoie le navire d’Ulysse aux confins du monde connu, dans l’île de la nymphe Calypso auprès de qui il reste sept ans avant d’être repris par la nostalgie de sa patrie. Destouches a écrit en 1714 un curieux Télémaque et Calypso où la nymphe est amoureuse du fils d’Ulysse!
Quand enfin, il parvient à revenir chez lui, Ulysse doit encore combattre les prétendants à sa succession, qui poussent Pénélope à se remarier. Pénélope, symbole de la fidélité, leur a promis qu’elle se marierait avec l’un d’entre eux quand elle aurait fini de faire sa tapisserie, mais ce qu’elle ne leur a pas dit, c’est que toutes les nuits, elle défait ce qu’elle a tapissé le jour.
Outre Destouches, Télémaque a inspiré Campra (Télémaque, fragmens des modernes [1704]), Scarlatti (1718), Lesueur et Boïeldieu.
Le personnage de Pénélope a inspiré Scarlatti (1696), Galuppi (1741), Piccini (1785) et enfin Fauré (1913).
Plus près de nous, Ulysse continue à inspirer les compositeurs, puisqu’on trouve un Ulisse (1968)de Dallapicola, un Ulysses (1904) de Samuel Coleridge-Taylor.
Enfin en 2018, le jeune compositeur Jules Matton écrit un opéra pour enfants, l’Odyssée, créé au théâtre impérial de Compiègne. Il s’agit d’une pièce pour 12 paysages, solistes, quatuor à cordes et orphelins d’après l’œuvre de Homère.
« Dico Homerum Caecum fuisse », disait le grand Gaffiot ! (traduction : On dit qu’Homère était aveugle.)
En fait on ne sait pas si l’aède Homère a réellement vécu. La tradition lui attribue pourtant deux des plus anciennes œuvres occidentales, l’Iliade et l’Odyssée. L’Iliade raconte la fin de la guerre de Troie alors que l’Odyssée raconte le périple qu’a dû suivre Ulysse pour retourner chez lui après la guerre de Troie.
De par leur portée archétypale, ces deux œuvres ont inspiré un grand nombre de compositeurs, et ce dès Monteverdi, le fondateur du genre opéra, qui a écrit en 1640 le Retour d’Ulysse dans sa Patrie d’après l’Odyssée. J’y reviendrai dans l’article sur l’Odyssée.
Parmi les nombreux personnages de l’Iliade, la plus connue est certainement Hélène (dite Hélène de Troie). Hélène était la fille de Léda, issue de ses amours avec Zeus métamorphosé en cygne pour la séduire. C’est donc aussi la sœur des jumeaux Castor et Pollux. Femme du roi Ménélas, elle fut enlevée par Pâris, ce qui déclencha la guerre de Troie. On la retrouve dans l’opérette la Belle Hélène d’Offenbach.
Autre héros qui apparaît dans l’Iliade, Enée combat Diomède et est protégé par sa mère Aphrodite. À la fin de la guerre de Troie, il se réfugie sur le mont Ida, puis part en Italie avec la reine Didon, mais c’est une autre histoire. C’est l’Enéide, racontée par Virgile.
Le personnage d’Achille a été mis en musique par Lully et Colasse en 1688 dans Achille et Polyxène. Achille était un héros qui, offensé par Agamemnon, se retire du combat, laissant les grecs mourir. C’est à la mort de son ami Patrocle qu’il se décide à revenir au combat, où il tuera Hector.
(Sources principales : Dictionnaire des personnages, collection Bouquins Laffont, 1999 et Dictionnaire de la Musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, éditions Fayard 1992.)